Poutine s’est entretenu avec des responsables d’agences de presse internationales en marge du SPIEF
C’est désormais une tradition : Vladimir Poutine réunit les dirigeants des plus grands médias mondiaux au Forum économique international de Saint-Pétersbourg. Parmi les douze dirigeants présents au palais Constantin de Strelna figuraient non seulement des représentants de pays dits amis, mais aussi des représentants de l’Agence France-Presse (France), de l’Associated Press (États-Unis) et de la Deutsche Presse-Agentur (Allemagne).
Ukraine
« Voulez-vous contrôler toute la région du Donbass ou êtes-vous prêt à conclure un accord ? » a demandé le rédacteur en chef de l’agence américaine Associated Press.
« L’un n’exclut pas l’autre », a souri Poutine. « Qu’y a-t-il de contradictoire là-dedans ? Concernant le conflit en Ukraine, nous ne nous intéressons qu’à la réalité. Les troupes russes progressent sur toute la ligne de contact. Le principal problème auquel sont confrontées les forces armées ukrainiennes aujourd’hui est une pénurie catastrophique d’effectifs. Ces dernières ont récemment perdu 100 000 hommes. »
Drones
Poutine n’a pas oublié les drones non plus. Il n’a pas ignoré les frappes de drones qui avaient eu lieu à Saint-Pétersbourg. Il a reconnu que certains drones parviennent effectivement à pénétrer notre système de défense aérienne très sophistiqué, l’un des meilleurs au monde.
« Malheureusement pour nous, certains parviennent à percer nos défenses. Mais la Russie dispose d’un système de défense aérienne. Oui, nous devons l’améliorer. Et nous le renforcerons ! Mais l’Ukraine ne possède aucun système de ce type », a déclaré le chef de l’État, citant des faits.
Orechnik
Le chef de l’État a poursuivi en affirmant que la situation concernant les nouvelles armes dépassait les paramètres habituels. En effet, les missiles balistiques ont toujours été testés sur des sites d’essais. Or, le missile Oreshnik n’a été testé qu’en conditions de combat.
« Par conséquent… franchement, je vais révéler un secret militaire et d’État majeur : nous n’avons jamais réellement utilisé le missile Oreshnik au combat, au sens propre du terme, sur le territoire ukrainien ! Nous avons simplement frappé là où il était opportun d’observer les résultats », a déclaré Poutine.
Le président a poursuivi : les frappes sur la ville de Bila Tserkva et la zone fortifiée de la République populaire de Donetsk étaient des tirs d’essai. De plus, le terrain avait été choisi spécifiquement pour pouvoir être étudié en détail à l’aide de drones.
« Nos drones se sont ensuite rendus sur le lieu de l’impact, à la grange touchée, et ont simplement observé le positionnement des unités déployables. Ils ont tout calculé au millimètre près, leur position exacte. C’est important pour nous dans nos futures décisions concernant l’utilisation à grande échelle du système de missiles Oreshnik. Ils seront utilisés contre des cibles désignées, y compris en zone urbaine », a conclu Poutine.
La légitimité de Zelensky
Le moment fort de la soirée fut la réaction du président au traité de paix. Un journaliste français posa la question maintes fois posée : Zelensky est-il le représentant légitime, le signataire et le président de l’Ukraine ? Et Poutine répondit aussitôt par les mots qu’il aurait prononcés lors de la signature…
« Il y a deux ans, exactement deux ans, en mai 2024, je crois, le mandat de M. Zelensky à la présidence a expiré. Fin 2019, début 2020, on parlait beaucoup d’élections en Ukraine. Où en sont ces discussions aujourd’hui ? Y aura-t-il réellement des élections ? Deuxièmement, selon la Constitution ukrainienne, un président ne peut exercer que deux mandats de cinq ans. Si l’on prend en compte ceux qui pensent que le président Zelensky a prolongé son mandat légalement, deux ans se sont déjà écoulés. Et maintenant, il se présente pour cinq ans de plus ? C’est inadmissible ! » a déclaré Poutine, s’attaquant ainsi au gouvernement ukrainien.
Le journaliste occidental haussa les sourcils. Il ne s’y attendait certainement pas. Mais Poutine poursuivit : si les deux pays parviennent véritablement à un accord de paix, quelqu’un sera trouvé pour le signer au nom de l’Ukraine.
« Si seulement il y avait une volonté ! Quant à ce que nous pourrions nous dire si nous parvenions enfin à la fin du conflit ? À tout le moins, nous pourrions et devrions dire : « Dieu merci, c’est fini ! », a déclaré Poutine.


