AfriqueArticleConflict StudiesEtats-UnisGéostratégieGuerre économiqueLibyeRédacteursRelations InternationalesRussieSyrieUkraine

La Russie face aux autres fronts de la guerre menée par l’Occident

La Fédération de Russie gère actuellement un point de fixation majeur face à Kiev, proxy occidental, toutefois il est loin d’être un théâtre unique dans la lutte mondiale en cours qui voit l’application maîtrisée de la Grande stratégie états-unienne 1:

1) Le contrôle de l’hinterland et du pivot eurasiatique :

1-1 On peut considérer qu’il existe un front intérieur en Russie, dans le cadre de la tentative de déstabiliser la société via l’économie, en frappant sur son territoire des cibles énergétiques (raffineries, points de stockage), économiques (aires de stockage Wildberries), transports (autoroutes, voies ferres, ports et hubs maritimes), et les populations. Cela vise à générer peur, appauvrissement et défiance politique, sur le modèle « à la 1917 » préconisé par la RAND2 qui est conforme à la philosophie militaire anglo-saxonne de stratégie périphérique et d’étouffement. Ces actions ont largement dépassé en nombre les frappes d’objectifs militaires sur le sol russe (radars de défense stratégique, flotte de bombardiers stratégiques, bâtiments de combat au port) spectaculaires mais plus rares, ces objectifs faisant l’objet de mesures de protection.

Cependant, comme en témoignent les exemples du IIIème Reich ou celui de la République islamique d’Iran, le succès de cette politique est incertain, malgré la présence au sein même de l’administration russe d’élites souhaitant le retour au statu quo ante avec l’Occident. Ces souffrances imposées aux civils pourraient même resserrer la population autour de sa direction et susciter un sentiment de réponse vengeresse. On peut même se demander si la retenue du pouvoir russe n’a pas pour objectif de créer une situation de crise justifiant les mesures de reprise en main drastique qui étaient possible dans l’URSS stalinienne mais plus dans la Russie libérale poutinienne. En effet le président Poutine a longtemps espéré mener une guerre « à l’économie » comparable à une intervention limitée ne remettant pas en cause des projets de développement intérieur. Devant le changement de paradigme qu’a entraîné l’engagement de plus en plus massif de l’Occident, il est devenu apparent que la Fédération ne pouvait mener cette guerre existentielle à moindre coût, économique comme social. Face à Kiev, la stratégie prudente de grignotage territorial et d’attrition était pertinente et efficace, mais avec un engagement massif du bloc occidental, le temps ne joue plus pour Moscou et la réponse minimale et graduée apparaît insuffisante.

Les fameux « quarante jours » de pilonnage par drones proclamés par le président automaintenu Zelinsky se sont inscrit dans cette stratégie énoncée par Kyril Budanov dès 2023. Le ministre de la Défense déchu Fedorov3 a également massivement appuyé la stratégie des FAU sur l’usage de drones. Ses partisans opposaient cette vision à celle de l’ex CEM Syrsky, supposé davantage favorable aux unités d’assaut. En réalité, il est toujours nécessaire de tenir le terrain avec des humains même si le déploiement en nombre de drones permet des actions offensives sur le terrain et à longue portée sur le territoire ennemi pour tenter de miner le support logistico-économique de ses armées. Malgré une injection croissante de drones occidentaux et leur perfectionnement continu, il ne semble pas que la DCA russe soit saturée, manque d’intercepteurs ou soit dépassé technologiquement4. La campagne kiévienne a obtenu des résultats contre les cibles dont la protection n’a pas été jugé prioritaires par l’EM russe :

  • stations-services en Crimée, en faveur des ponts,
  • raffineries, le pétrole brut étant transféré pour être raffiné en Biélorussie et au Kazakhstan,
  • entrepôts de sociétés privée,
  • transports civils…

Les attaques de bases aériennes n’ont pas permis d’effectuer des destructions nombreuses et la PVO du ciel moscovite s’enorgueillit d’un taux d’interception de 90%. Les opérations de Kiev ont cependant contraint les Russes à redéployer leurs atouts antiaériens au détriment des unités du front. En retour, les frappes russes ont fortement dégradé les capacités économiques de Kiev notamment en asphyxiant le port d’Odessa et le débouché danubien, et en accentuant la pression sur Kiev. La puissance de la réaction russe, longtemps bridée, semble avoir poussé les Occidentaux à tenter des négociations pour soulager la pression sur Kiev (propositions à demi ouvertes du président kiévien, sollicitations turques sur les céréales, voyage Kushner/Witkoff, passage du directeur Ratcliff). Néanmoins la politique ukrainienne de repli à l’abri des rétorsions derrière les frontières occidentales, pose le problème de l’efficacité dans le temps du pilonnage russe, soulevant l’inquiétante interrogation sur une action directe sur les fournisseurs et hébergeurs européens. La retenue de la direction russe, analysée comme de la faiblesse par certains, s’explique par le fort potentiel d’escalade. Les récentes déclarations de la porte -parole du MAE russe sur la possibilité de frapper les atouts britanniques et la destruction de plusieurs sites industriels appartenant à des sociétés occidentales en Ukraine pourrait cependant illustrer un durcissement après presque cinq années de violations des « lignes rouges » successives et de référence à une menace nucléaire qui ne fonctionne visiblement plus. Dans tous les cas, la population, les élections et l’économie russe, forment un front intérieur dont l’importance pourrait croître.

1-2 La perte d’influence en Asie centrale est certainement liée au conflit mené en Ukraine. Les USA ont su exploiter leur position dominante, la présence d’un allié turc et de son proxy azéri pour faire pièce à la fois à l’héritage soviétique et aux velléités de Pékin, et dans une moindre mesure de l’Inde, dans la région. L’OTSC est en piteux état et l’Azerbaïdjan agit comme un État hostile alors que l’Arménie rompt ses liens de manière accélérée avec Moscou. La diplomatie russe s’efforce de maintenir les relations avec les autres ex-Républiques soviétiques de la Zone, qui adoptent une position de recherche d’équilibre, dans une alliance certes fragile, mais non rejetée. Avec le durcissement de la Baltique, le glissement du flanc Sud constitue une claire menace pour Moscou.

2) Le contrôle du Rimland périphérique

Face à un ennemi océanique et thalassocratique dont la stratégie repose sur le contrôle des flux et l’étranglement économique, l’enjeu maritime est fondamental. La Russie ne dispose pas de la relative autarcie et des implantations extérieures dont pouvait se prévaloir l’URSS, car elle s’est insérée dans la mondialisation, ce qui crée d’importantes vulnérabilités. A la différence de celles de l’UE, les sanctions US se sont avérées un obstacle immatériel mais très contraignant au commerce russe, qui s’ajoutent à des contraintes physiques :

2-1 La mer Noire est quasi interdite depuis la perte du Moskva et le repli sur Novorossissk il y a quatre ans ; d’un autre côté, les attaques accrues sur Odessa asphyxient le poumon ukrainien via le Danube. L’OTAN se repose sur la Turquie (qui joue son propre jeu panturciste, moins contrôlable, v. infra) et sur l’UE, en exploitant les positions littorales de la Bulgarie et surtout de la Roumanie (Après Bucarest, la Moldavie a été mise sous contrôle pour sécuriser la base prévue à Constanta). Finalement, la Mer Noire présente un intérêt majeur comme pourtour de la Crimée et comme aire d’interdiction (A2/AD, anti access aera denial), mais son importance est moindre que celle de la Baltique, tant pour le commerce maritime que pour les perspectives de développement russes.

2-2 La Turquie qui contrôle les détroits, adopte une attitude sinueuse et ambiguë (après avoir aidé à tramer des pièges occidentaux à deux reprises lors des pseudos rencontres diplomatiques pour traiter la question ukrainienne). L’attitude de plus en plus hostile du proxy azéri et la neutralisation de l’Arménie qui bascule dans le camp occidental et quitte la sphère d’influence de Moscou, étendent la projection turque au-delà du littoral.

La prise de contrôle de la Syrie, qui ouvre sur le Liban et rappelle l’implantation ottomane sur la façade méditerranéenne, est cependant susceptible de créer une tension croissante avec Tel Aviv5 et la qualité de membre de l’OTAN impose des circonvolutions au projet Panturciste. La présence d’Israël amène à considérer prudemment la position turque, pays sunnite et frériste, allié au Pakistan et à l’Arabie saoudite dynastique mais encore membre des accords d’Abraham6, vis à vis de l’Iran chiite, qui a perdu un proxy d’importance lors de la chute de Damas. In fine, Ankara est globalement défavorable à la Russie, qui reste une puissance rivale depuis l’affrontement des Tsars et de la Sublime porte.

2-3 Mais cette périphérie, stratégiquement importante par ses implications sur les anciens objets de l’étranger proche, cède le pas au rôle de la Baltique et à l’ouverture de corridors arctiques. La doctrine Patrushev semble finalement avoir été prise en compte par le président Poutine qui a rappelé les capacités russes dans le domaine des brise-glaces et la possibilité de procéder à des rétorsions proportionnelles en cas de persistance d’attaques des marines occidentales sur la flotte russe et ses vecteurs sous pavillon étrangers (la « « flotte fantôme » selon l’Occident). La Norvège a cependant récemment rejoint la Suède et la Finlande dans la politique de patrouille et de saisie des navires russes (en application d’une décision de justice favorable à la société ukrainienne des pétroles).

Les moyens navals russes ne permettent pas une escorte systématique, mais une action tous azimuts, possible en revanche, pourrait créer une pression comparable à celle des actions iraniennes dans le détroit d’Ormuz7. Cela a été dit devant les responsables de la flotte du Pacifique, et sur une île des Kouriles, un message clair à l’attention du Japon, qui comme l’Allemagne est poussé au réarmement8 comme fer de lance de l’AUKUS, contre la RPC et la Russie d’extrême orient. Cette évolution menace le détroit de Malacca et la stabilité du Pacifique mais aussi les contournements austraux circumterrestres (nonobstant le contrôle du Groenland).

2-4-La perte du Venezuela et les tensions internes en Amérique latin font planer une menace considérable sur Cuba, mais l’action russe y demeurera vraisemblablement limitée, tant à cause d’un manque de moyens que par la politique d’apaisement voulue par la direction russe à l’égard du POTUS Trump.

3- État des alliances et points d’appui

Après avoir subi les conséquences de la chute de l’URSS et la perte de prestige du départ d’Afghanistan dans les années 1990, puis tenté de reprendre la main sur le cercle des anciennes républiques soviétiques en crise – interposition dans les conflits en Arménie, en Transnistrie, intervention directe au Daghestan, en Tchétchénie et en Géorgie – la Russie avait frappé les observateurs, avec une intervention moderne et efficace en Syrie pour mettre fin à la guerre civile, prouvant la capacité de la Russie à mener une stratégie périphérique de projection.

Mais avec la difficulté à réduire les FAU depuis 2022 et la chute du régime Assad, cette capacité est remise en question. La solidité de la protection de Moscou -qui avait permis l’éviction de la France en Afrique- a été remise en cause par la chute de Damas, par l’éloignement progressif de l’« étranger proche », par l’interventionnisme direct des USA dans les Caraïbes selon la doctrine Monroe/Trump, par le bellicisme israélien face à l’Iran et par le durcissement interne de l’UE.

3-1 La Syrie avait offert pour 49 ans les emprises de Shmeim et de Tartous (point d’appui soviétique dès 1971), respectivement comme base aérienne et port militaire. Quoique relativement modestes (une trentaine d’aéronefs et une douzaine de voilures tournantes au pic des opérations, protégés par des S-400, Tor et des Pantsir, trois frégates, un sous-marin et des navires auxiliaires) les forces stationnées donnaient une fenêtre sur la Méditerranée (Suez, Chypre et Turquie) et surtout offraient un hub logistique (les pistes pouvant accueillir les gros porteurs) nécessaire en Afrique au soutien de l’Afrika Corps et à l’appui des nouveaux alliés sahéliens.

Avec la chute d’Assad, ces accords entre la Fédération de Russie et la République arabe syrienne, toujours valides selon la Convention de Vienne sur les traités, sont devenus caducs de facto. Dans un memorandum of understanding, le nouveau régime a finalement concédé le 9 août dernier que la Russie se maintiendrait sur ses deux bases majeures. Toutefois il n’est plus question d’un bail de 49 ans ni d’une totale liberté d’emploi. Les bases vont être cogérées sous autorité syrienne qui gouvernera le volet civil des installations, et vont servir à la formation de la nouvelle armée de Damas, ainsi qu’à l’accueil de compagnies de transport maritime et aérien privées, en lien avec l’aéroport civil de Lattaquié et le quai N°4 du port. En outre, le levier de la maîtrise des armements d’origine soviétiques ou russes a quasiment disparu depuis qu’Israël a bombardé massivement les moyens de l’armée d’Assad en pleine déconfiture. Les stocks restant ne justifient plus une présence de conseil technique étendu. Enfin, les installations souffrent une configuration de terrain dangereuses, étant surplombées par des positions non tenues qui les rendent très vulnérables a d’éventuels feux adverses9. Le renouvellement de l’autorisation par Damas est donc relativement positif car il évite de couper sèchement le cordon ombilical logistique des projections vers l’Afrique mais il s’avère beaucoup plus fragile et moins pérenne que précédemment.

3-2 Bien que toujours relativement favorable (achat de S-400, de Su 57) l’Algérie n’est pas non plus un allié facile. Face à un Maroc de plus en plus intégré aux système occidental, via l’implication des USA et d’Israël, et qui contrôle la route atlantique de l’Afrique occidentale tout en maintenant une fenêtre méditerranéenne, Alger fait face à des difficultés internes importantes. Le soutien au POLISARIO et de la contestable République sahraouie (comme proxy contre Rabat) menace de dégénérer en perte de contrôle ou contamination par ces revendications autonomistes des populations Berbères du pays. Le rôle de puissance pivot dans le conflit de la Bande sahélo-saharienne, notamment par le contrôle des Touaregs, a créé des tensions avec Moscou, qui soutient les États subissant cette rébellion sécessionniste, notamment au Mali. Toutefois, une première depuis l’Indépendance, l’engagement militaire algérien (4 SU-30, un transport lourd IL-76, un ravitailleur en vol IL-78 et des hélicoptères) au Niger après la réduction d’une tentative de putsch, a consacré l’alliance de fond avec Moscou en soutenant ses alliés locaux, contre l’intérêt des proxys Touaregs d’Alger. En effet, cette implication d’Alger a pour objet de sécuriser son projet de gazoduc transaharien Nigéria-Algérie, face à la concurrence croissante du projet marocain (soutenu par Washington) de gazoduc littoral porté par la CEDEAO dans le cadre de l’initiative Atlantique initié par Rabat.

3-3 Le positionnement algérien a été facilité par l’évolution des actions militaires russes au sahel. Les difficultés militaires dès 2024 (Tin Zawaten) puis l’extraction négociée d’éléments de l’Afrika Corps (ex ChVKWagner) de Kidal encerclés par des forces de l’AZAWAD, avaient été interprété comme une faillite. Mais la victoire d’Anéfis le 9 juillet 2026 a rebattu les cartes et raffermi la position russe, déclenchant un processus de négociations qui pourrait apaiser la région10 et améliorer les relations avec Moscou. La Russie ne dispose pas de moyens humains suffisants pour intervenir comme elle l’a fait en Syrie, mais gère une masse critique minimale pour obtenir des effets non négligeables, crédibiliser son discours multipolaire et anti-occidental, et exercer une pression sur les Européens et notamment les Français. Si Alger n’envisage pas d’offrir à la Russie les facilités navales dont celle-ci disposait à Tartous, on peut penser qu’une alliance se maintiendra face aux oppositions extérieures (rivalité avec le Maroc, pressions étrangères en Libye, pression démographique subsaharienne, concurrence du soft power turc…) et au risque intérieur (contestation politique du système autocratique et prédateur mis en place depuis 1962, question Berbère, difficultés économiques croissantes, enkystement sahraoui).

3-4 La Russie a également soutenu le maréchal Haftar en Cyrénaique lybienne11. Les évolutions récentes et contradictoires (plan états-unien Boulos de rapprochement entre Tripoli et Benghazi, Plan 4+4 de l’ONU, feuille de route d’Aguila Salah, président de la Chambre des représentants, Mohamed Takala, président du Haut Conseil d’État, et Mohammed Younes el-Menfi, président du Conseil présidentiel, sous initiative française), si elles ne pourront probablement pas réussir la réunion des trois Libye (Tripolitaine, Cyrénaïque, Fezzan) notamment après l’assassinat du fils Kadhafi, visent à favoriser un accord favorable au régime reconnu par l’Occident. Les ingérences égyptiennes, turques et des EAU, rendent une solution improbable. La Russie avait envisagé le recours à la base de Maaten Al-Sarra et au port de Tobrouk en cas de perte des sites syriens. Depuis 2025 l’armée russe a en effet consolidé le pouvoir de la famille Haftar en déployant des forces sur des sites lybiens : Al-Joufra, Al-Khadim et Al-Qardabiyah et Tamenhant comme bases aériennes. L’alliance avec le clan Haftar est cependant délicat compte tenu de la tension entre la junte et le clan Haftar-Saddam à propos de la passe de Salvador sur le plateau du Mangueni. Le Niger interdit tant à l’armée nationale libyenne qu’à l’armée tchadienne d’y barrer le passage de leurs opposants respectifs (South liberation operations room du Fezzan et Front pour l’alternance et la concorde du Tchad). Niamey a libéré un officier de renseignement détenu au Niger, avec la junte nigérienne, s’alignant donc sur Tripoli, Alger étant par ailleurs hostile à Benghazi et aux Haftar.

Conclusion (provisoire)

Ce bilan rapide fait apparaître que la Russie a pu gérer la crise principale et consommatrice de moyens face au bloc occidental et son proxy kiévien en Ukraine ; il est possible que la guerre y trouve une fin défavorable à Kiev et à l’Occident, probablement temporairement.

Au-delà de cet abcès, pour faire face à la pression globale que crée la grande stratégie états-unienne et les réseaux européens subsistant, Moscou a su maintenir des atouts locaux avec des moyens réduits, et limiter au mieux les pertes.

En revanche, à ses frontières directes avec les « Ex-objets périphériques » les anciennes Républiques socialistes soviétiques, la Russie cède du terrain, en termes de soft power, accords économiques, diplomatiques et militaires.

L’alliance chinoise porte ses propres vulnérabilités et limites12 mais la situation n’est pas figée et si un compromis diplomatique semble très improbable, le comportement de l’adversaire nourri d’hybris poussant à une fuite en avant plus ou moins délirante, pourrait modifier les positions de chacun.


Notes de l’auteur:

1 Quoiqu’on pense des rodomontades de Donald Trump, la stratégie US se déroule avec efficacité d’un point de vue financier, en politique de l’énergie et en contrôle territorial régional au travers de proxys : la prise du pétrole vénézuélien a été un coup de maître, la relance des bellicismes européen et japonais favorisent les intérêts US et menacent Russie et RPC à moindre investissement états-unien, l’échec militaire patent face à l’Iran favorise néanmoins le blocage des flux par les détroits et donc les profits énergétiques et l’étranglement des économies concurrentes, y compris des pays vassaux.

2 Une programmation déjà retenue en 1914 contre le Deuxième Reich par le Royaume Uni dont la politique de blocus n’a pas pleinement réussi, mais a permis l’entrée en guerre des USA lorsque les Allemands ont dû recourir à la guerre sous-marine pour tenter d’équilibrer la pression sur leur économie et leurs populations (famines), mais sans réellement obérer le potentiel militaire. La même stratégie en 1939 contre le Troisième Reich, n’a fonctionné, ponctuellement, qu’avec l’engagement des USA, à une stratégie énergétique mondialisée et grâce à une action conjuguée avec l’URSS.

3 Fedorov est soutenu par les « sorosites » et notamment le NABU sous contrôle états-unien et s’oppose au clan Zelinsky qui bénéficie du soutien du SBU avec l’implication du MI6 britannique, et des réseaux criminels et oligarchiques ayant leurs relais en Israël et aux USA. L’un comme l’autre sont partisans de poursuivre une lutte à mort contre Moscou.

4 Les forces russes déploient aussi des drones considérablement améliorés et des missiles plus performants avec une relance notable due la constellation Rossnet analogue de Starlink ; les techniques de contre-mesure notamment contre Starlink et les armements défensifs semblent efficaces. Les délais de mise en place d’efforts toujours en réaction, tant technologiques qu’administratifs, comme la décision d’impliquer les entreprises privées dans la protection de leurs sites- laissent cependant des fenêtres d’efficacité ponctuelle aux attaques kiéviennes.

5 Même si les États islamiques, en particulier arabes, sont plus tièdes que leurs diasporas en Occident sur la question palestinienne, perçue comme un facteur d’instabilité interne, les excès à Gaza et au Liban, la revendication territoriale pseudo biblique et la faveur dont jouit Tel Aviv dans le cadre de la géopolitique états-unienne par rapport aux alliés musulmans, pourraient créer un coin considérable dans les alliances.

6 L’accord de La Mecque, ou « OTAN islamique » présenté comme une alliance dirigée contre Téhéran, n’a pas produit de déclarations en ce sens et pourrait s’interpréter comme une réorientation devant les limites de l’alliance étatsunienne et comme une forme de dépassement multipolaire plus robuste que les BRICS et les projets russes en la matière contre le bloc occidental, grâce à un ciment religieux, et au cumul de ressources démographiques, technologiques et financières.

7 Les marines occidentales, quoique surpassant nettement les flottes russes n’apparaissent pas forcément capables de faire face non plus, comme en témoignent les difficultés des USA face à l’Iran.

8 Il est même envisagé de briser le tabou absolu de l’armement nucléaire du Japon, chose impossible sous Shinto Abe et avant le durcissement antirusse de l’Occident. La guerre contre l’Iran pourrait de même pousser l’Arabie saoudite à tenter d’acquérir un parapluie nucléaire, ce qui conduirait alors Téhéran à nécessairement -et véritablement- entrer dans la course.

9 Les bâtiments ont évacué le port en décembre 2024 et il ne sert plus que d’escale depuis.

10 La France souhaitant naturellement l’échec des efforts russes dans son ancien pré carré d’où elle a été ingratement éjectée par les juntes en place, tout comme Français Britanniques et Allemands sabotent une solution diplomatique en Ukraine pour justifier leur réarmement en passe de remplacer l’économie verte et la fédéralisation par la peur de l’Union européenne.

11 Ce dernier, qui n’avait pas réussi à reprendre le contrôle militaire de la Tripolitaine soutenue par la Turquie, ni surtout du Fezzan où il bénéficie d’appuis tribaux, semble fragilisé par l’assassinat du chef de ses services spéciaux Fawzi al Mansouri à Benghazi le 10 aout dernier.

12 Il est peu probable que Pékin sacrifie son commerce international avec l’Occident même contre un régime de faveur dans l’accès aux ressources naturelles et énergétiques russes. Le projet multipolaire n’implique pas de soutenir à tout prix Moscou non plus. La situation de Taïwan ne rend pas obligatoire une confrontation militaire non plus. En revanche, une politique occidentale agressive d’encerclement et de chantage, caractérisée par l’emploi d’une Russie vaincue et « ukrainisée » contre la RPC serait certainement susceptible de générer une réaction très vive. Il est probable également que Pékin ne tolérerait pas la réalisation de la stratégie de préservation hégémonique développée par Washington à son détriment, prévisible en cas de victoire nette sur la Russie.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.