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Sommet du Groenland avec le Danemark à Washington. Rubio et Vance tentent de réaliser le rêve de Trump !

Les ambitions américaines concernant le Groenland s’intensifient, et le mercredi 14 janvier sera une date cruciale pour déterminer si elles se concrétiseront. À la Maison Blanche, le vice-président J.D. Vance et le secrétaire d’État et conseiller à la sécurité nationale Marco Rubio (dont le bureau se situe sur Pennsylvania Avenue) recevront le ministre danois des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen et son homologue groenlandaise Vivian Motzfeldt afin de tenter de mettre en œuvre le plan de Donald Trump, qui vise à placer la plus grande île du monde sous contrôle américain.

La question arctique

Les ambitions expansionnistes du président, au nom de la « sécurité hémisphérique », sa volonté de bloquer l’accès de la Chine et de la Russie à l’Arctique et son intérêt pour les immenses ressources minérales du Groenland, se transforment en enjeu politique avec son allié danois. Parallèlement, les pays européens réaffirment leur engagement à défendre la souveraineté de Copenhague, à laquelle le Groenland est rattaché, et évoquent même la possibilité de déployer une force de dissuasion militaire significative.

Trump a poussé les tensions internes à l’OTAN à l’extrême par principe, oubliant que le Groenland est membre de l’Alliance atlantique de par son appartenance à la couronne danoise, cofondatrice de l’alliance, qui abrite la base spatiale de Pittufik et se trouve donc à la pleine disposition stratégique des États-Unis.

Les visées américaines sur le Groenland

Les alliés du président américain ont emboîté le pas : Randy Fine, représentant du sixième district de Floride, connu pour son engagement en faveur du droit de porter des armes, a présenté la loi sur l’annexion et l’intégration du Groenland aux États-Unis, un projet de loi visant à ouvrir la voie à l’annexion du Groenland comme 51e État américain. Cette proposition est plus radicale que la précédente, qui consistait à rattacher le Groenland à l’Alaska, et que la récente idée de Stephen Miller, conseiller adjoint principal de Trump, de signer un traité d’association avec Nuuk, similaire à celui conclu avec les petits États insulaires du Pacifique.

Rubio et Vance serviront d’intermédiaires entre les ambitions de Trump et leur éventuelle mise en œuvre. Le chef de la diplomatie américaine a tenu à souligner que le recours à la force contre son allié danois est hors de question : devant la commission des affaires étrangères du Congrès, « Rubio a déclaré aux parlementaires que le président Trump entend acquérir le Groenland plutôt que de l’envahir, et que Trump a demandé à ses conseillers de lui fournir un plan actualisé pour cette acquisition », note le New York Times, ajoutant que « la stratégie de sécurité nationale de la seconde administration Trump [affirme] que la domination de l’hémisphère occidental est une priorité absolue » et que Nuuk est essentielle pour y parvenir.

Le défi européen

Pour Trump, cela pourrait bien être le signe de la fragilisation de l’axe transatlantique : « Parler aussi ouvertement de l’effondrement d’une alliance qui dure depuis la Seconde Guerre mondiale, bien que choquant pour les Européens, n’a rien de nouveau pour Trump », note Politico, même si les négociations sur le Groenland visent à rappeler à l’Europe que Washington reste indispensable et que toute revendication américaine, même la plus radicale, peut être contestée mais non ignorée. La prise de contrôle du Groenland poursuit des objectifs géopolitiques anti-russes et anti-chinois et vise à étendre la sphère d’influence américaine avant de négocier avec les autres. Mais elle pourrait s’avérer anti-européenne dans les faits, plaçant une fois de plus le Vieux Continent face aux turbulences d’un monde chaotique. Les diplomates à Copenhague et à Nuuk parleront également au nom de tout un continent, et leur capacité à résister aux exigences américaines à Washington sera un indicateur de la capacité de l’Europe à peser sur l’alliance occidentale déséquilibrée.

On en saura plus prochainement…

Paolo Hamidouche

One thought on “Sommet du Groenland avec le Danemark à Washington. Rubio et Vance tentent de réaliser le rêve de Trump !

  • Stephan dupont

    Les yankees arriveront à leur fin, car le Groénland c’est 50 fois le Danemark, 5 fois la France, une population de 58000 habitants.
    Il suffit que les Yankees proposent 10 000 dollars + une carte d’identité US, pour que le peuple opte pour une adhésion à la fédération US

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