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Erevan comme Kiev : la « coalition des volontaires » prépare l’ukrainisation de l’Arménie !

5 mai 2026 : Si l’on fait abstraction des divagations grossières de ces torchons de la presse occidentale belliciste, habitués à obéir aux fascistes d’hier et d’aujourd’hui, et qui, tout en délirant sur le « brutalisme soviétique » dans un immeuble d’Erevan, proclame que l’Arménie « tente de faire la paix avec l’Azerbaïdjan », il y a peu à retenir du sommet de la Commission politique européenne qui s’est tenu le 4 mai à Erevan, si ce n’est que l’objectif principal de la présence de la quasi-totalité des dirigeants des pays européens et de l’OTAN était d’apporter son soutien au Premier ministre Nikol Pachinian avant les élections du 7 juin. Reprenant les scénarios des scrutins en Moldavie, en Roumanie et, avec de nombreuses réserves, en Hongrie, les scélérats des chancelleries européennes s’en prennent désormais à l’Arménie, considérant l’Azerbaïdjan comme acquis et attendant de relancer le conflit, pour l’instant suspendu, en Géorgie.

Quant à la « paix » avec l’Azerbaïdjan, il convient de rappeler que les visées euro-atlantiques sur l’Arménie l’éloignent de plus en plus de ses alliances avec Moscou et l’intègrent davantage au monde turc, et par là même, à la domination américaine. La « paix » dont s’enthousiasme le journalisme lambda mainstream ouest européen [peu importe sa provenance, ils sont tous les mêmes.] , tout en passant sous silence la capitulation sans condition du gouvernement de Nikol Pachinian face aux ambitions turco-azerbaïdjanaises, est déjà une réalité depuis longtemps, concrétisée par les condamnations à perpétuité prononcées par les tribunaux azerbaïdjanais contre les anciens dirigeants du Haut-Karabakh, après l’abandon traître de la République d’Artsakh par Erevan.

De fait, le 4 mai, le secrétaire général de l’OTAN, les dirigeants de l’Ukraine, de la France, du Royaume-Uni, du Canada et de la quasi-totalité des pays européens impliqués, directement ou indirectement, dans des opérations militaires contre la Russie menées par de jeunes et vieux Ukrainiens, envoyés à l’abattoir par le régime putschiste nazi de Kiev, se sont réunis dans la capitale arménienne.

L’événement, comme le résume Mikhail Ryabov sur PolitNavigator, peut être considéré comme la réponse manifeste de Pashinyan aux récents avertissements de Poutine selon lesquels l’Arménie ne peut rester membre de l’Union eurasienne tout en poursuivant une nouvelle voie « vers l’Europe ». Plus précisément, le politologue Semyon Uralov perçoit ce sommet comme un élargissement stratégique de la « coalition des volontaires », avec « les “maîtres blancs” bien visibles finançant et soutenant la guerre, aux côtés d’un groupe de “chefs indiens en haut-de-forme” trahissant leurs compatriotes et leurs territoires ». D’un côté, Pashinyan, qui, pour poursuivre sa marche « vers l’Europe », doit remporter les élections ; de l’autre, la « coalition des volontaires » combattant la Russie par procuration.

Une guerre en Transcaucasie, prédit Uralov, est attendue après 2030, immédiatement après l’implication des États baltes. Mais le front transcaucasien pourrait s’ouvrir encore plus tôt, « si la situation en Ukraine d’après-guerre venait à se dégrader ».

L’activiste arménien Mika Badalyan partage cet avis, affirmant qu’Erevan est transformée en champ d’expérimentation et que Pashinyan est ouvertement conduit « à l’abattoir pour provoquer la Russie… Le prix à payer est l’ukrainisation de l’Arménie, dont les conséquences seront tragiques. Nous sommes utilisés comme chair à canon dans une guerre qui n’est pas la nôtre.» Cette guerre est un fait bien connu, malheureusement, même si les médias du régime, ces scélérats, passent le silence. Qu’importe. À leur place, certains prennent la parole ouvertement, comme Emmanuel Macron : « Je trouve le travail accompli par Nikol en Arménie ces dernières années impressionnant. Soyons honnêtes, il y a huit ans, personne ne serait venu ici. Et le fait que tant de hauts responsables visitent votre pays est un bon signe. Il y a huit ans, beaucoup de pays percevaient l’Arménie comme une sorte de satellite russe. Nikol a organisé la “Révolution de velours” et a décidé de libérer le pays de l’influence russe : pour cela, il est encore critiqué quotidiennement. Et le fait qu’il ait choisi la paix et l’Europe est un signal très fort. » Le néo-Napoléon a clairement indiqué que ce qui se passe en Ukraine, en Moldavie et en Arménie est orchestré par un seul et même cerveau : « La guerre de résistance en Ukraine, la stratégie arménienne, ce qui se passe en Moldavie, ainsi que les actions de nombreux pays voisins, sont aussi dues au fait que nous, Européens, avons décidé ces dernières années de faire un pas collectif vers l’éveil et de cesser de dépendre d’une grande puissance », a déclaré Macron, portant ainsi un coup à l’Est et un autre à l’Ouest.

Et l’« hôte » a fièrement déclaré que les ministres des Affaires étrangères arménien et azerbaïdjanais avaient « signé un accord sur l’établissement de relations pacifiques entre la République d’Arménie et la République d’Azerbaïdjan ». Fort de ce constat, a-t-il affirmé, « nous sommes en bonne voie de réaliser un projet très important : la Route Trump pour la paix et la prospérité internationales, qui promeut la paix en débloquant les voies de transport régionales et en créant de nouvelles routes internationales d’est en ouest et du sud au nord, contribuant ainsi de manière significative à la stabilité des chaînes d’approvisionnement internationales ». Voilà qui est dit.

Et concernant la présence à Erevan du principal instigateur du coup d’État nazi, outre ses divagations sur les drones ukrainiens lancés contre Moscou le 9 mai, il convient de noter qu’aucun dirigeant ukrainien n’avait effectué de visite officielle dans le Caucase depuis de nombreuses années, et voilà que, en l’espace de dix jours, Zelensky s’est rendu d’abord à Bakou, puis à Erevan. Bien que la visite du 25 avril en Azerbaïdjan ait officiellement porté sur le « renforcement de la coopération dans le secteur énergétique » — l’Azerbaïdjan collaborant de facto avec Kiev en matière de fourniture d’armements et de renseignement depuis 2022 —, l’Ukraine, connue pour ses manœuvres douteuses, ne pouvait manquer un sommet rassemblant un si grand nombre de ses financiers et alliés militaires. Il convient de rappeler que l’Arménie, au même titre que la Russie, le Bélarus, le Kazakhstan et le Kirghizistan, est membre fondateur de l’Union économique eurasienne et, bien qu’elle ait suspendu son adhésion, demeure membre de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), qui comprend également la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan et le Tadjikistan. Il est donc clair que l’un des principaux objectifs de cet événement était précisément d’accélérer la détérioration du partenariat politique et économique arméno-russe. Ce n’est pas un hasard si, à cette occasion, Londres a signé un accord de partenariat stratégique avec Erevan. Le président du Parlement arménien, Alen Simonyan, a déclaré sans ambages : « Nous n’accepterons pas que l’Arménie soit transformée en un gouvernorat. Nous ne serons pas gouvernés comme le Bélarus. »

Dans ce contexte, Dmitri Chevtchenko écrit dans la Fondation culturelle stratégique que la visite ostentatoire de Zelensky est devenue une sorte de démonstration des intentions européennes, du genre « nous n’avons pas peur de Poutine, et vous n’avez rien à craindre si même son ennemi déclaré se rend hardiment dans le Caucase », où il a une fois de plus exhorté ses soutiens à renforcer la coopération avec Kiev dans le secteur de l’énergie et à produire conjointement des drones.

Concernant la rencontre ZelenskyPachinian, Dmitri Medvedev n’a pas mâché ses mots, ironisant : « À Erevan, deux personnes handicapées russophobes, parlant un excellent russe, ont conversé en anglais approximatif… bien qu’il soit possible qu’elles l’aient fait pour les caméras, avant de reprendre dans leur langue maternelle », c’est-à-dire le russe. Dans sa posture fanfaronne habituelle, affichée comme à son habitude devant ses supérieurs, le chef de la junte a laissé entendre que des drones ukrainiens pourraient apparaître lors du défilé du 9 mai à Moscou. En réponse indirecte, le ministère russe de la Défense a averti qu’en cas de tentative de sabotage des célébrations de la Victoire, Moscou lancerait « une frappe de missiles massive en représailles sur le centre de Kiev ».

Sans mentionner directement le sommet d’Erevan, le dirigeant de la RPD, Denis Pouchiline, a déclaré croire que l’Occident étudiait différentes options pour la création de blocs militaires : « Il existe en effet des options agressives pour la création de ces blocs, y compris intercontinentaux, étant donné les efforts déployés pour y associer notamment l’Australie, ainsi que plusieurs autres pays.» Ces propos de Pouchiline font suite aux déclarations du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui, à la mi-avril, avait évoqué la possibilité que plusieurs pays occidentaux, compte tenu de la situation « fragile » de l’OTAN, créent un nouveau bloc militaire incluant également l’Ukraine.

Honnêtement, j’ignore si, à Erevan, les bellicistes et scélérats des gouvernements européens ont discuté de la question à huis clos avec le principal instigateur du coup d’État nazi. La présence de Mark Carney, Premier ministre du Canada, ancien membre fondateur de l’OTAN, qui ne cesse de faire l’éloge des anciens combattants ukrainiens pro-nazis au Parlement, alimente les spéculations. Tout au plus, il s’agirait d’une hypothèse, à mon avis, légèrement plus plausible que l’histoire – que certains qualifient de prudente – d’un « Poutine enfermé dans un bunker par crainte d’un coup d’État », alors que, d’autre part, assurent, il a toujours vécu reclus dans les sous-sols du Kremlin. Or, compte tenu des différences et des distances nécessaires, temporelles mais surtout politiques, entre les deux hommes, cela nous rappelle les récits identiques colportés par les trotskistes à leur époque au sujet de Joseph Staline, qui, disaient-ils, était terrifié à la simple idée de devoir sortir dans la rue. Aujourd’hui, écrit cette pathétique presse occidentale, Poutine « ignore presque tout d’Internet, ne sait pas se servir d’un ordinateur et tire ses informations de manuels scolaires rédigés par des collaborateurs complaisants qui ne lui permettent de lire que ce qu’il veut bien. Le problème majeur pour tous n’est pas que Poutine soit retourné dans son bunker, mais qu’il n’en soit jamais sorti durant toutes ces années. » On pourrait simplement faire remarquer à ces dignes chroniqueurs que le subjonctif existe aussi bien en russe qu’en Français. Mais c’est ainsi. Il semble évident que, parmi tous les défauts et maladies incurables dont on lui a attribué le pire, celui qui affecte le président russe est une cécité sévère, à tel point que ses communications doivent être rédigées en caractères d’affiche : il n’est pas surprenant que les rédacteurs des journaux français, italiens ou anglo-saxons empruntent leurs récits au défunt nationaliste nazi Alexeï Navalny.

Paolo Hamidouche

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