Rapport juin 2026 : La situation de la Russie sur le front correspond-elle à l’image pessimiste qui en est faite dans les médias ?
Comme tous les conflits, mais davantage encore du fait des évolutions des sociétés modernes, la guerre actuelle en Ukraine est multimodale ; outre les combats, elle dépend de stratégies économiques et sociales et se livre sur le plan cognitif où la propagande et la modification de la réalité factuelle est constante. Cela crée une situation paradoxale pour l’analyste : dans un conflit médiatisé, la réalité du terrain, prégnante pour les victimes et acteurs directs, coexiste et parfois passe au second plan par rapport aux narratifs et à la représentation pour les opinions.
Ainsi, l’actualité du début d’été a mis l’accent sur des déboires russes : ralentissement de la progression territoriale,1 attaques sur la logistique au moyen de drones plus nombreux et performants (Hornet, Skat, Ram2x…) fournis par l’Occident (accords de partenariat technologique de l’Ukraine avec la Pologne, la Finlande, le Danemark, le Royaume Uni, l’Allemagne…), frappes à longue distance sur l’intérieur de la Russie, grandes villes et infrastructures pétrolières grâce aux missiles (Flamingo, FP5 Falcon…) et au Renseignement ISR occidentaux,2 asphyxie de la Crimée3.
Cette vision repose sur certaines réalités, mais opère une distorsion négative selon trois objectifs :
- Renforcer la position médiatique internationale de Kiev pour rassurer les bailleurs occidentaux et continuer à bénéficier de leur supports militaro-industriel et financier4, vital (après les 90 milliards d’Euros débloqués par l’UE suite à la chute d’Orban en Hongrie, le ministre des finances de Kiev, Marchenko, annonce le 26 juin 2026 un besoin de 146 milliards supplémentaires).
- Présenter une situation défavorable à la Russie qui s’intègre dans la planification « escalate to de-escalate » que l’administration Trump met en place5.
- 3Dissimuler les revers militaires et le coût humain croissant de la guerre pour les ZSU6.
État des lieux tactico-opérationnel
Dans les faits, la stratégie de grignotage russe, faite d’infiltration d’éléments très réduits à cause de la menace des drones, appuyés par bombes planantes FAB7, drones tactiques et feux d’artillerie, dans le cadre d’un enserrement logistique et d’un encerclement opérationnel, continue. C’est un schéma tactique favorable aux « zones grises » qui facilite une exploitation biaisée par la propagande. D’autant que le succès impose du temps et de la persistance, les narratifs tentant de montrer que le temps ne joue plus en faveur de la Russie pour créer un effet démoralisateur.
Mais même si les ZSU sont encore capables de monter des offensives, de transférer des réserves et d’appuyer les troupes menant un combat âpre et acharné, la tendance s’affirme : Après la chute de Pokrovsk, les ZSU ont mené de nombreuses contre-attaques et les combats sont meurtriers, mais l’avancée russe (à Lyman et vers Mykolaivka et Oleksandrivka, autour de Konstantynovka qui sécurise Kramatorsk) permet désormais de menacer les pivots fortifiés de Slaviansk et Kramatorsk, clefs de la défense du Donbass. Les Russes avancent aussi dans l’Oblast de Kharkov (Vovchansk au Nord et Kupyansk8au Sud). Les contre-attaques ukrainiennes du début 2026 dans les oblasts de Zaporidjia et Dniepropetrovsk se sont essoufflées, la priorité politiquement donnée aux troupes d’assaut pour afficher des « reconquêtes » conduisant à des pertes croissantes pour des succès éphémères. Le « mur de drones » promis à Kiev crée certes une menace constante pour les forces russes, mais les drones russes (Mavic, Gerna, Herons, Lancets, Molniyas) écrasent également les forces kiéviennes sous leur nombre. Les drones d’observation sont désormais systématiquement utilisés pour orienter les frappes aériennes et d’artillerie (les artilleurs de Kiev et de Moscou ont su s’adapter et opérer la transition vers une arme moderne à partir de leur base postsoviétique) et la « crise des obus » est passée, permettant de saturer les positions9, d’écraser les tentatives de manœuvre et les transports logistiques ainsi que les transferts de maigres réserves vers les unités au contact.10
En résumé, il semble que les plans du Genshtab russe sont pertinents et efficaces, tenant compte des nouvelles contraintes du combat et suivant une ligne opérationnelle cohérente dans la tradition des opérations déroulées et combinées de l’art opératif . En ne recourant toutefois plus aux offensives mécanisées blindées massives désormais trop risquée devant la menace des drones et l’observation fournie par l’OTAN. L’épaulement de Kiev sur une frontière Occidentale amie et permettant des transferts systématiques, pour recevoir des renforcements comme pour mettre les moyens de production à l’abri des frappes russes, repose également la question de l’action sur les arrières. D’un point de vue militaire, la reconquête du Donbass, indispensable au discours russe et inacceptable du point de vue de Kiev, semble à portée.
Mais cela ne garantit nullement la victoire finale, en l’absence d’une volonté de mettre fin à la guerre.
Evolution prévisible
Les progrès militaires russes et l’attrition biologique ukrainienne peuvent conduire à certains choix, parfois déjà avérés.
1- Porter la guerre sur d’autres fronts, afin de disperser les efforts russes et de rassurer les bailleurs internationaux tout en accentuant la pression sur l’opinion russe. Une action amphibie et terrestre contre la Crimée est envisageable, à l’image du « coup » sur Koursk. Des actions périphériques vers Bryansk seraient aussi possibles.
Les menaces du président automaintenu Zelinsky au président biélorusse Lukashenko (retirez les moyens russes en Biélorussie ou nous viendrons le faire nous mêmes) s’inscrivent dans la même logique mais avec un potentiel accru d’aggravation (la doctrine nucléaire russe permettant une riposte nucléaire dans ce cas). La réunion Poutine/Lukashenko du 27 juin 2026 à Valdaï n’a donné lieu à aucune déclaration. Malgré la mis en place d’Oreshnik sur son sol, la position de Minsk est délicate, entre volonté de devenir un intermédiaire diplomatique et financier avec l’Ouest et de rester en dehors du conflit, et dépendance à la Russie dans le cadre de l’Union, des accords économiques et énergétiques et de relations complexes entre les deux dirigeants. La position de Lukashenko semble cependant assez faible (excuses à Zelensky, qui évoque le démantèlement de répéteurs russes). Sa visite à Pékin semble témoigner de cette volonté de non-alignement (qui s’interprète donc comme un désengagement de l’Union avec la Russie, qui a vrai dire a toujours été achetée économiquement) et de pousser la Russie à négocier, confirmant un effritement des capacités de la Russie de faire pression, tant militaro-diplomatiques qu’économico-financières.
Il semble en tous cas que l’administration Trump ne freine plus le président ukrainien, comme l’avait fait Joe Biden en empêchant les frappes à l’intérieur de la Fédération de Russie. Cela s’inscrit dans la stratégie trumpiste de pousser à une crise majeure pour imposer ensuite une résolution négociée, ce qui redonne à Kiev un rôle central de proxy et d’outil d’escalade.
2- Recourir à des stratégies indirectes à dominante terroriste. C’est déjà la cas, avec les frappes à longue portée sur des cibles industrielles et énergétiques, mais aussi des objectifs civils (lycée, bus de sportifs, St Petersbourg, Volgograd, Moscou…) et la continuation de la politique d’assassinat de responsables militaires ou scientifiques.
Cette tendance est vouée à s’accentuer au fur et à mesure des reculs militaires et elle correspond bien à la culture professionnelle et aux moyens de l’Ukraine. Elle trouve aussi sa place dans la grande stratégie d’action indirecte qui caractérise les Anglo-saxons depuis le XVIème siècle11.La décision occidentale de fournir les moyens de frappes à longue portée va accroître la portée de cette stratégie qui avait permis quelques actions spectaculaires à base de drones (cf. SpiderWeb) et qui s’étend désormais à toute la profondeur du territoire russe qui ne peut plus compter sur son immensité pour assurer sa protection. Le système anti-aérien soviétique (PVO) a été partiellement démantelé par la Russie moderne et les moyens de défense sont incapables de traiter efficacement des attaques de saturation, comme l’a démontré la guerre des États-Unis et d’Israël contre l’Iran.
Autres risques
La position états-unienne permet désormais l’escalade de Kiev et de la « coalition des volontaires ». La stratégie nationale de sécurité des USA posait le principe d’un recentrage des moyens US pour contrôler l’hémisphère occidental tout en relaçant l’économie au moyen de la prédation habituelle aux États-uniens. Vis à vis de la Russie, il s’agit d’assurer des « deals » économiques et financiers sur les ressources russes tout en la maintenant sous la menace d’une UE militarisée à ses frais. Cela inclut le contrôle des richesses et des voies arctiques. Indirectement, la neutralisation du pivot eurasiatique garantit la non-émergence d’un pôle concurrentiel germano-russe. C’est aussi un moyen de saper la Multipolarisation, les BRICS la dédollarisation et de reprendre le contrôle hydrocarbure et gazier afin d’impacter RPC et Inde12. Cette stratégie thalassocratique repose sur le recours à des proxys13 dans les différentes zones de challenge de l’espace russe.
Concernant la situation en Ukraine, un front Sud se dessine autour de la Mer noire avec l’appui de la Turquie et de l’UE qui a neutralisé les pays balkaniques et centrasiatiques14. Un front Nord est déjà établi en Baltique15, avec une action directe sur les flux maritimes au départ de Russie et une menace croissante sur Kaliningrad.
Quant à la situation interne à la Russie, les élections de 2027 montreront si le peuple fait preuve de résilience et détermination comme dans son histoire, ou si la stratégie occidentale habituelle (agir sur les communications pour saper l’économie, afin de créer une insatisfaction sociale engendrant un changement politique), officiellement revendiquée (cf. Alexander Stubb premier ministre finlandais), produira un effet comparable à celui de 1917.16
L’insatisfaction à l’encontre des élites russes, du management politico-administratif (pressions du VKN sur Telegram et l’internet, taux de la banque centrale, pression fiscale, gestion de l’agriculture et de l’hydraulique, le traitement des diasporas ethniques, la corruption généralisée et mis en lumière par la SVO…) paraît menacer la primauté de Russie unie, dont le président Poutine a accepté de rester la tête de file, exagérant peut-être son aura pour faire passer les nombreuses critiques qui s’élèvent.
On peut s’étonner de la retenue confinant à la passivité dont fait montre le Suprême russe, confronté à la pression contradictoire des élites compromises avec la finance et la culture occidentales visant le rétablissement du statu quo ante, et à celle des « turbopatriotes » (populations périphériques, nostalgiques du stalinisme, tenants de l’Empire, Orthodoxes panslaves…) souhaitant un affrontement direct (afin de restaurer une dissuasion qui semble en effet avoir perdu sa crédibilité). Outre le pragmatisme réaliste et la tendance à la réflexion dépassionnée, la confiance en soi et la ténacité qui semblent caractériser Vladimir Poutine, on peut envisager trois causes explicatives :
- Une carence d’analyse due aux filtres des cercles du pouvoir (effet de Cour, peur de déplaire) et à des biais cognitifs (culture professionnelle passée, perte de lucidité due à l’usure du pouvoir).
- Exploitation de données inconnues (accord secret, informations sur les capacités respectives des ennemis, prospective d’extension du conflit à d’autres puissances…) permettant d’orienter sa stratégie de manière calculée et projetée dans le temps dans l’indifférence aux impératifs médiatiques et politiques à court terme.
- Calcul d’exploitation d’une situation très dégradée, souhaitée et maintenue comme telle afin de justifier une reprise en main massive et brutale de la société, en éliminant les élites non fiables et en imposant une nouvelle génération dévouée et axée vers la victoire, rendant caduc tout souhait occidental de créer une agitation intérieure pour déstabiliser le régime.17
Conclusion (provisoire)
Non, les médias ne traduisent pas la réalité d’une situation militaire qui semble sous contrôle pour l’Armée russe. Mais une montée aux extrêmes semble à craindre, entre accentuation du terrorisme, ouverture de nouveaux fronts approvisionnés par les USA (à titre onéreux) et l’UE (à ses frais) et agitation intérieure alimentée par une efficace stratégie d’étranglement économique orchestrée par Washington. La solution militaire sera donc insuffisante et une résolution diplomatique apparaît comme extrêmement improbable, à cause de la duplicité occidentale réitérée, du bellicisme européen, du raidissement états-unien et des reculs diplomatiques et géostratégiques russes.
Dans ces nouvelles conditions, même si Kiev était vaincue, une solution à la coréenne ne résoudrait pas les risques créés par la radicalisation militaire européenne et les menaces à longue portée sur le territoire russe, du fait de la proximité géographique ; un démembrement, voire une une complète annexion transférant simplement le problème plus à l’Ouest et créant des conditions très difficiles de contrôle du territoire.
Par rapport aux buts de guerre de la SVO fixés en 2022 puis 2024, même formellement hors de l’OTAN, l’Ukraine est devenue une plate-forme menaçant la Russie ; sa population a basculé dans une russophobie qui contredit l’objectif de dénazification ; les populations du Donbass resteront sous la menace des bombardements par drones et missiles, le support européen empêchant la démilitarisation. Cela s’est même étendu à l’ensemble de la population et de l’économie russes.
Il semble que la seule solution de stabilisation repose sur un nouvel équilibre de la terreur si la Russie retrouve sa crédibilité en matière de dissuasion, avant que l’UE sous domination de Berlin ne s’estime revenue en capacité d’attaquer.18 Mais cette option porte elle-même en germe le risque d’une dérive catastrophique et non contrôlée d’autant que les 160 millions d’habitants de la Fédération de Russie sont concentrées en quelques mégapoles vulnérables à une frappe anticités, option qui ne paraît plus inimaginable.
1 Cette assertion repose sur un comparatif avec 2024, année qui avait vu l’Ukraine s’emparer d’une partie de la zone de Sudja prés de Koursk, qui a nécessité une reprise progressive en 2025. Ramenée aux situations précédentes, la progression russe en 2026 reste stable et n’ a pas ralenti en réalité, malgré des abcès de fixation, comme Kupyansk.
2 Le 28 juin 2026 le président Poutine évoque une demande de Kiev, qu’il rejette, de limiter les combats aux quatre régions de Donetsk, Lugansk, Zaporidjia et Kherson, ce qu’il interprète comme un moyen de concentrer les réserves ukrainiennes déclinantes.
3 La situation y est effectivement préoccupante pour la population civile, une offensive des ZSU est considérée comme possible. Cela soulagerait le front du Donbass que Kiev peine à tenir et couper les forces russes en deux et reprendre la péninsule a toujours été dans les objectifs de Kiev.
4 La lettre du président kièvien au président russe participe de la même logique et tente de renforcer ce narratif. Vladimir Poutine a d’ailleurs évoqué la volonté kièvienne de dissimuler des revers militaires derrière cette propagande triomphaliste.
5 Après Minsk 1 et 2, Istanbul 1 et 2, le fameux esprit d’Anchorage apparaît comme un énième piège diplomatique afin de donner du temps à Kiev et de pousser Moscou à limiter ses efforts. Les dénégations de Mike Pompeo sur l’absence d’accord en Alaska, malgré les affirmations contraires de Lavrov, font penser à « l’absence d’accord formel » sur le non élargissement de l’OTAN en marge de l’accord de Moscou en 1990 et le fameux « pas un pouce vers l’Est » de James Baker face à Gorbatchev.
6 Le piratage par les hackers russes Palachpro et Noname057 des données du ministère de la Défense de Kiev fait état de 2,4 millions de morts (400 000 en 2026, les pertes augmentant).
7 Le centre de droniste Rubikon travaille désormais avec les forces aériennes tactiques russes pour orienter les frappes. La perte de Starlink a porté un coup très dur aux forces russes mais des solutions alternatives ont été mises en place, en attendant une constellation russe qui ne sera pas opérationnelle de sitôt.
8 Reprise aux Russes en 2025 mais qui semble en voie d’étouffement
9 Destruction de tous les abris et cantonnement repérés ou potentiels, des bâtiments à grande hauteur, destruction des dépôts et des réservoirs, des sites de télécommunication et de détection. Et des répéteurs. Les agglomérations ukrainiennes bénéficient d’un réseau de détection acoustique repérant les drones subsoniques mais les positions du front sont vulnérables aux frappes d’artillerie guidées par drones d’observation, aux attaques de drones rôdeurs téléopérés ou avec IA ,et aux bombes planantes lourdes.
10 Malgré les contre mesures actives (Guerrelec) et passives (tunnels de grillage au-dessus des voies) les axes sont qualifiés de « route de la mort » où les drones d’attaque coexistent avec des drones de minage.
11 En gros depuis que la perte des territoires continentaux a la fin de la guerre de Cent ans a conduit l’establishment britannique à caractériser sa stratégie en tant que puissance insulaire et maritime, appuyée sur une réorganisation ploutocratique de la finance et de la société, écartant l’absolutisme monarchique. Héritée de la Hollande cette vision s’est transmise aux États-unis d’Amérique.
12 L’Inde s’est soumise au diktat états-unien, le président Xi a rencontré les présidents états-unien et russe ; il ne s’est pas avéré un allié indéfectible de Moscou, négociant sur le GNL US, et l’accès aux puces électroniques, refusant le second gazoduc Force de Sibérie 2, mettant en péril la politique asiatique de Moscou pour remplacer les ventes à l’Europe.
13 Dans le cas israélien on ne sait trop qui a manipulé qui, et les résultats sont médiocres au mieux, peut être en réalité catastrophiques ; mais la Turquie, de toute façon en rivalité potentielle avec Tel Aviv, est en mesure de fournir le service attendu au Moyen Orient, comme cela a été le cas en Asie centrale entre Azerbaïdjan et Arménie, favorisant l’immixtion étasunienne et ruinant l’influence russe tout en fragilisant les projets d’axes économiques chinois dans la région.
14 Démission de Vucic en Serbie, annulation du vote Cailin en Roumanie, contrôle de la Moldavie, de l’Arménie.
15 Rompant avec la philosophie antérieure, la Finlande a entériné la possibilité de stocker des armes nucléaires sur son sol.
16 Cette stratégie requiert la réunion de différents facteurs pour fonctionner. Elle a fonctionné après six coalitions et l’échec du blocus continental contre l’Empire napoléonien, elle a échoué en 1914 contre l’Allemagne Wilhelmienne, elle a nécessité quatre années et une alliance contre nature contre l’Allemagne hitlérienne, elle a échoué contre l’Irak de Saddam Hussein et apparemment contre la République islamique d’Iran.
17 C’est plus ou moins un scénario à l’iranienne.
18 De nombreux discours de dirigeants politiques et militaires vont en ce sens à l’horizon 2030.
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