Plongée dans les réseaux criminels étatiques nord-coréens – Partie 1

Photo : Le Monde

Connu pour la nature totalitaire et répressive de son régime, les frasques de ses dirigeants, le culte de la personnalité les entourant ou ses menaces répétées notamment par le biais de son programme nucléaire, le régime nord-coréen est aussi un acteur majeur de la criminalité organisée au niveau international.

Le phénomène criminel dans la péninsule coréenne

Le phénomène des gangs n’est pas propre au monde occidental et en Corée du Nord il ne concerne pas seulement les cercles étatiques menant des activités criminelles, leurs intermédiaires et sous-traitants locaux de rang inférieur ou certaines couches de la population nord-coréenne. Ce phénomène n’est pas uniquement le résultat de deux décennies de crise socio-économique catastrophique ou d’une brutalisation extrême de la société dans la mesure où il s’inscrit dans une certaine tradition historique remontant aux XIXème et XXème siècles, lorsque naquirent les premiers gangs coréens (« Geondal » ou « Jopok » désignant en coréen le crime organisé alors que « Kkangpae » désigne la criminalité de rue non-organisée) sous la dynastie Joseon puis sous l’occupation japonaise.

Jopok et Kkangpae sont des termes utilisés à l’origine pour les gangs en Corée du Sud et non dans le Nord. A cause de la structure capitaliste de l’économie au Sud, ces syndicats du crime diffèrent des gangs du Nord dans la mesure où ils ne sont pas contrôlés par l’État et opèrent sous le nom de compagnies ou de conglomérats dûment enregistrés, similaires à de nombreux autres groupes criminels organisés asiatiques. L’appartenance ethnique est un facteur très fort dans les sociétés asiatiques et dans une plus large mesure dans le monde des affaires. Le Japon, par exemple, connaît un phénomène de forte discrimination ethnique faisant que la majorité des yakuzas sont des « burakumin » (un groupe de proscrits qui sont historiquement au plus bas de l’échelle sociale) ou des Coréens, d’où la volonté et l’aisance des ces groupes à faire des affaires [1]. Après la guerre de Corée les autorités du Sud luttèrent contre le crime organisé mais elles ne purent juguler son développement et certains groupes comme le « Chil Sung Pa » (groupe des Sept Etoiles), le « Ssang Yong Pa » (groupe des Deux Dragons) et le « Hwan Song Sung Pa » devinrent des structures criminelles importantes.

Au Nord la répression et le contrôle de la société portèrent un coup extrêmement dur aux structures criminelles locales mais le phénomène des gangs ne disparut pas complètement et put d’une certaine manière se perpétuer au sein de groupes restreints comme les gangs d’écoliers et d’étudiants. Ces groupes sont constitués sur la base du rang social ou hiérarchique des parents d’élèves et plus particulièrement des pères de famille comme l’a expliqué Dong Young-jun, un défecteur nord-coréen : « Ce ne sont pas des groupes formels, mais ceci s’est poursuivi durant des années, sur plusieurs générations. Dans la plupart des cas, si votre père est d’un rang très élevé vous obtenez le pouvoir. Vous sortez dehors avec des jeunes venant de milieux familiaux similaires » [2].

Lorsque Dong Young-jun était plus jeune ces groupes de jeunes se battaient le dimanche loin du terrain de jeu de leur école, généralement sur un terrain destiné au travail manuel ou allaient voler les montres des passants [3]. Les médias du régime de Pyongyang n’ont jamais abordé la question de la délinquance juvénile et beaucoup de ces gangs étaient constitués de membres de la « jeunesse dorée » nord-coréenne, fils de hauts fonctionnaires, membres du Parti ou militaires : « Les enfants des gens ordinaires pouvaient difficilement être membres de ces gangs. Disons que vous ayez à vous battre et que vous blessiez quelqu’un. Vous devriez aller en prison. Si vos parents ont de l’influence, ils peuvent vous en sortir alors que les gens ordinaires n’ont aucune chance d’en sortir donc ils ne rejoignent pas ces gangs » [4]. Chaque gang est dirigé par le garçon dont le père détient les plus hautes fonctions et les groupes sont également hiérarchisés entre eux : « Le premier groupe était composé d’enfants de membres du Parti ou de la Sécurité d’Etat. Les membres du second groupe étaient des enfants de personnes travaillant dans l’administration ou dans la technologie; le troisième, [des enfants] de militaires ; le quatrième, de négociants et de commerçants » [5]. Le premier gang recevait des cigarettes en tribut de la part des autres groupes et certaines bagarres ont dégénéré au point qu’il y ait des blessés graves et des morts [6].

Un autre défecteur, Kim Dae-ho, raconte qu’il vola pour un gang d’étudiants dont certains étaient des coréens rapatriés du Japon avant d’aller à Tanchon (province du Hamgyong du sud), où sa position de leader d’un groupe similaire, fit de lui un véritable caïd à qui on venait quémander de la nourriture et des tickets de rationnement ou comme le faisaient certains parents d’élèves, un traitement de faveur pour leurs enfants [7]. Certaines bagarres impliquaient parfois de 50 à 60 jeunes et en 1974, d’après un transfuge du nom d’Ahn Choong-hak, le régime commença à sévir face au phénomène de la délinquance juvénile en le présentant comme l’œuvre d’espions sud-coréens cherchant à troubler l’ordre public et en qualifiant les membres de ces gangs de dissidents : en 1976 les combats opposant ces groupes de jeunes cessèrent [8].

 

L’État-parrain, une spécificité de la criminalité organisée en Corée du Nord

L’élite nord-coréenne a établi un mode de gestion politique et économique patrimonial dans lequel les revenus en devises étrangères tirés des activités criminelles lui permettent de se maintenir au pouvoir [9].

Les envois d’argent effectués par les Coréens du Japon ne suffisent plus à maintenir certains pans de l’économie nord-coréenne, ceux provenant des défecteurs échappent à la nomenklatura et le détournement d’une aide financière chinoise accrue la rendrait trop dépendante de Pékin [10]. Le recours aux activités criminelles et aux devises étrangères qu’elles peuvent générer permet de maintenir le train de vie fastueux et les dépenses somptuaires de l’élite dirigeante nord-coréenne mais aussi de tenter de maintenir en vie un système économique peu viable et de combler le déficit commercial du pays (385 millions de dollars en 2003 , environ 500 millions de dollars en 2005 ; 15,8 milliards de dollars de déficits accumulés depuis 1990 soit 56% du PIB nord-coréen en 2009) [11]. Les revenus générés par les activités criminelles atteignaient 86 millions de dollars en 1997 : 71 millions $ provenaient du trafic de stupéfiants (59 millions $ pour l’opium / héroïne et 12 millions $ pour les amphétamines) et 15 millions $ de celui de fausse monnaie mais certaines sources indiquent que ces chiffres auraient pu être plus élevés et atteindre 100 millions de dollars uniquement pour les stupéfiants [12].

Le Wall Street Journal indiquait qu’en 2003 les revenus dégagés par le trafic de drogue atteignaient les 500 millions de dollars mais d’autres sources indiquaient quant à elles qu’en 2004 ces revenus se montaient seulement à 200 millions de dollars pour les stupéfiants et 500 millions de dollars pour l’ensemble des activités criminelles soutenues par le régime de Pyongyang [13]. Les activités criminelles menées à l’étranger et le trafic d’armes « sont devenus des sources de plus en plus importantes d’échanges extérieurs pour la République Démocratique Populaire de Corée » : « Ces revenus ont permis de soutenir l’économie militarisée de la Corée du Nord et contribué à rendre Pyongyang apte à résister aux demandes de la communauté internationale visant à mettre fin à son programme d’armes nucléaires » [14].

L’apparition de certains biens de consommation étrangers dans certaines villes nord-coréennes et l’amélioration du niveau de vie des élites ont profité aux réseaux criminels nord-coréens ou à leurs collègues étrangers faisant des affaires avec le Royaume Ermite. La pénétration de l’économie nord-coréenne par le crime organisé est telle que « le secteur criminel représenterait de 35 à 40% des exportations de la République Démocratique Populaire de Corée et un plus haut pourcentage du total de ses revenus en espèces » [15]. La détérioration des conditions socio-économiques dans les années 90 et 2000 a permis un développement significatif de la criminalité organisée en Corée du Nord ainsi que de ses activités [16].

Au cours des 30 dernières années plus d’une centaine d’incidents ou d’affaires à caractère criminel ont été imputés au régime de Pyongyang ainsi qu’à ses représentations diplomatiques: « La Corée du Nord est peut-être le seul pays au monde dont les ambassades et le personnel à l’étranger sont censés contribuer au revenu du Parti et ne pas dépendre des fonds du gouvernement central pour leurs opérations » [17]. L’arrestation à l’étranger de certains diplomates imprudents a poussé les services de sécurité nord-coréens à fournir une assistance opérationnelle dans le cadre de certaines activités criminelles comme ce fut le cas dans les années 1990 en Extrême Orient : afin de rembourser sa dette contractée auprès de la Russie le régime de Pyongyang fit travailler de nombreux prisonniers dans des camps de bûcherons et des membres de ses services de renseignements auraient ainsi utilisé les expéditions de bois vers la Russie afin d’y acheminer de la drogue [18].

Le régime nord-coréen a articulé sa politique étrangère avec ses activités criminelles et « Ces actions illicites répétées depuis des locaux diplomatiques sont équivalentes à une violation en série des articles 31 et 41 des Conventions de Vienne sur les Relations Diplomatiques » qui stipulent que des diplomates accrédités ne peuvent se livrer à des activités commerciales – et par extrapolation, criminelles – pour leur propre profit ou par le biais de leurs représentations diplomatiques et que ces mêmes membres des personnels diplomatiques accrédités doivent obéir aux lois des pays dans lesquels ils sont en poste [19]. Les diplomates ou les membres du Comité Central ne sont pas les seuls à se livrer à des activités criminelles ou à la limite de la légalité afin d’obtenir des devises étrangères pour le compte du gouvernement ainsi que dans une moindre mesure pour leur propre profit mais ce phénomène s’est aussi étendu dans les années 1980 à l’ensemble des ministères nord-coréens puis à de nombreuses entreprises tout en suscitant des vocations entrepreneuriales chez certains cadres ou citoyens ordinaires, que ce soit par goût du lucre ou simplement pour survivre [20].

 

Les mystérieux bureaux n°38 et n°39 du Comité Central du Parti des Travailleurs de Corée

Le centre de commandement de ces activités illégales est constitué par deux officines, les bureaux n°38 et n°39 du Comité Central du Parti des Travailleurs de Corée aussi connus sous le nom de « Troisième Etage » qui emploie une vingtaine d’agents répartis dans plusieurs pays à travers le monde [21].

Par le passé Kim Jong-il avait fait du bureau n°38 sa chambre forte pour ses activités bancaires ainsi qu’un département en charge de son violon d’Ingres, les films et le cinéma, dirigé depuis juin 2010 par le Vice Premier Ministre Kang Neung Su [22]. Après avoir été fusionné avec le bureau n°39 en 2009, le bureau n°38 en fut séparé en 2010 et ses activités principales sont liées à la gestion des hôtels, restaurants (basés en Corée du Nord ainsi qu’à l’étranger) et bureaux de change de devises étrangères [23]. Le bureau n°38 est dirigé par Kim Tong-il qui est également responsable de trois départements régionaux chargés d’obtenir des devises étrangères fortes [24]. Responsable des questions techniques et logistiques liées à la gestion des fonds du clan Kim le bureau n°38 a aussi été chargé d’importer du matériel hi-fi, des télévisions, des « Ipods », des lecteurs de DVD, des automobiles, des bateaux de type « hors-bord », des meubles, de la nourriture et de l’alcool destinés à la famille du Grand Leader ou aux membres du gouvernement, du Parti et de l’Armée [25].

Crée vers la fin des années 1970 et devenu indépendant en 1988, le bureau n°39 a été dirigé des années 1980 à 2010 par Kim Tong-un (géologue de formation et président du groupe Taesong) puis par son ancien camarade de lycée occupant les fonctions de président de la National Development Bank, de vice-président du groupe économique Taesong et de vice-directeur du bureau n°39 depuis 1998, Jon Il-chun [26]. Il est probable que Ri Chol ait aussi brièvement dirigé le bureau n°39 jusqu’à sa disgrâce ainsi que très possible exécution [27]. Le bureau n°39 est en charge du trafic d’armes, d’or, de zinc, de fausse monnaie, de cigarettes contrefaites et de stupéfiants ainsi que de l’obtention de devises étrangères, tout en menant des fraudes aux assurances et en gérant certains magasins, hôtels pour étrangers, fermes et entreprises de pêche; des activités rapportant entre 500 millions et 1 milliard de dollars par an [28].

Ce bureau secret contrôle la Neng-Ra 888 Trading Company qui a importé du Japon pour trois générations successives de dictateurs des cargaisons de télévisions, réfrigérateurs, costumes, nourriture, épices, bière et whisky [29]. Un ancien membre de cette société écran, Kang Myong-do, fut par exemple chargé d’importer des voitures japonaises de marque Toyota (au prix unitaire de 3000 $ pour une centaine de véhicules) vers les ports nord-coréens de Chongjin et Rajin puis de les exporter vers la Chine, où leur prix unitaire passait de 8000 à 12 000 dollars, en leur faisant franchir le fleuve Tumen [30]. La complicité des services portuaires était achetée par des cargaisons de cigarettes et lorsque la Chine décida de stopper l’importation de ces véhicules en 1993, Kang Myong-do poursuivit ses affaires en passant « des exportations légales à la contrebande » [31]. Ces activités lui rapportèrent 600 000 dollars et avec une partie de ces fonds il put importer du pétrole, ce qui lui valut une distinction reçue de Kim Il-sung [32].

Durant les années 1990 le produit de la vente d’or à LG et Samsung aurait rapporté 200 millions de dollars au régime de Pyongyang et cette somme serait allée sur les comptes du bureau n°39 qui détenait le monopole dans le négoce de ressources minérales [33]. Lee Jong Keun, responsable du marché nord-coréen chez LG International Corporation, confessa à un journaliste du Wall Street Journal en 2003 que sa société avait acheté cet or par le biais d’intermédiaires basés à Pékin et Macao [34]. En 2003 un journaliste du Wall Street Journal avait estimé que les activités du Bureau n°39 avaient permis de dégager 5 milliards de dollars et que cette fortune avait été cachée à l’étranger [35].

Le bureau n°39 supervise également certains restaurants nord-coréens installés à l’étranger et liés à un réseau de compagnies commerciales chargées de générer des profits pour le régime et d’en blanchir une partie [36]. Une douzaine de restaurants nord-coréens sont ainsi disséminés à travers l’Asie de la Chine à la Thaïlande en passant par le Vietnam ou le Cambodge où, dans la capitale Phnom Penh, un restaurant moderne du nom de « Pyongyang » propose différents plats traditionnels comme le « kimchi », les nouilles froides de Pyongyang ou du « dangogi » (viande de chien), uniquement payables en dollars américains [37]. Ce restaurant a été ouvert en 2003 suite aux efforts de Ho Dae-sik, le représentant local de la Fédération Internationale de Taekwondo, une organisation sous influence nord-coréenne, et une année auparavant, en 2002, un premier restaurant avait été ouvert dans la zone touristique de Siem Reap, près des temples d’Angkor, rencontrant un franc succès auprès des nombreux touristes sud-coréens [38]. Suite à cette implantation couronnée de succès d’autres restaurants furent ouverts à Vientiane (Laos) ainsi qu’en Thaïlande, à Bangkok et dans la station balnéaire de Pattaya [39]. Selon Bertil Lintner (l’auteur de Great Leader, Dear Leader: Demystifying North Korea under the Kim Clan, Silkworm Books, 2005), « Les restaurants et les autres entreprises à fortes liquidités sont communément utilisées comme canaux intermédiaires pour [transférer] de grosses masses de billets que les banques n’auraient autrement pas accepté comme dépôts » [40]. Chaque année un réseau d’intermédiaires gérant ces restaurants doit envoyer une somme définie à Pyongyang et selon Kim Myung Ho, un défecteur ayant géré un de ces établissements nord-coréens dans le nord de la Chine, le montant de ce paiement annuel oscillerait entre 10 000 et 30 000 dollars américains [41]: « Le montant renvoyé au Nord est de 10 000 $ si le nombre d’employés est inférieur ou égal à 15 mais si celui-ci excède 20, alors le montant du paiement est de 20 000 $, et au-delà, le montant est plafonné à 30 000 $ » [42].

Les mauvais payeurs ou les filous sont vite rappelés à l’ordre et menacés de rapatriement, une sanction lourde de conséquences pour des individus choisis pour leur loyauté, privilégiés mais placés sous le contrôle strict de la Sécurité d’État nord-coréenne [43]. En 2000 une serveuse nord-coréenne employée dans un restaurant nord-coréen de Yanji (Chine) avait fui, avant d’être imitée en 2006 par deux de ses compatriotes employées dans un restaurant nord-coréen de Qingdao (province chinoise du Shandong) puis en 2007 par une autre employée d’un de ces établissements basé dans la province du Jilin [44]. Ces défections ont mené à la fermeture temporaire de certains de ces restaurants : en 2009 celui de Phnom Penh avait été fermé durant six mois et afin d’éviter de tels incidents de 2 à 3 agents de la Sécurité d’Etat nord-coréenne vivent désormais sur place et contrôlent plus étroitement le personnel [45]. La Chine connaît la plus forte implantation de restaurants nord-coréens, à Dandong, Yanji, Shenyang, Dalian, Changchun et Qingdao qui comptait à elle seule, en 2006, six de ces établissements employant 70 citoyens nord-coréens [46].

Le département n°39 contrôle également la Taesong Bank, la société Zokwang Trading dirigée par Park Ja Byong, l’exportation de produits agricoles ou marins [47] et plus généralement 17 filiales localisées outre-mer ainsi qu’une centaine de banques de commerce et de compagnies de négoce [48]. Zokwang Trading est basée à Macao où le régime de Pyongyang a procédé à des transferts de faux billets et tenté d’acheter des composants pour ses systèmes d’armements [49]. Cette société est « connue » dans la mesure où en 1994 cinq de ses membres avaient été arrêtés par la police de Macao alors qu’ils avaient changé 100 000 dollars en faux billets auprès d’une banque commerciale locale et s’apprêtaient à effectuer une autre transaction portant sur 150 000 dollars, également en faux billets [50].

La plus grande partie des fonds gérés par le département n°39 appartiennent à la famille Kim et servent à couvrir son train de vie dispendieux ou à acheter la loyauté des membres du gouvernement, du Parti ou de l’Armée : en 2008 le régime de Pyongyang avait ainsi acheté pour plus de 100 millions de dollars de produits de luxe et en prévision de la commémoration de la naissance de Kim Il-sung 200 voitures de luxe avaient été importées depuis la Chine [51]. Les sanctions internationales visant le régime nord-coréen lui interdisent d’acheter certains produits de luxe mais à l’image de certains fournisseurs ou certaines marques de luxe le régime n’en a cure : en juin 2013 un yacht fut acheté à la société Princess Yachts de Plymouth (Grande Bretagne) [52]. En 2009 la Corée du Nord avait déjà acheté deux yachts de luxe en Italie en effectuant un dépôt sur le compte bancaire autrichien d’un intermédiaire du nom de Josef Schwartz, propriétaire de Schwartz Motorboot Service : faisant l’objet d’une enquête et souhaitant masquer l’identité du destinataire réel de cet achat, « Schwartz réassigna ce contrat à une seconde compagnie, Complant International Transportation Co. Ltd », localisée à Dalian (Chine) et qui fut chargée de verser plus de 5 millions d’euros au constructeur de ces yachts [53].

Lors de ses voyages à Pyongyang en septembre et décembre 2013 puis janvier 2014, Dennis Rodman reçut en cadeau de Kim Jong-un plusieurs bouteilles de vodka et de whisky, un décanteur à whisky et un sac Mulberry, des produits de luxe tous placés sous sanctions européenne et américaine [54]. Une autre partie des fonds du bureau n°39 sert à financer le programme nucléaire du régime de Pyongyang, ce qui a poussé le gouvernement japonais de Shinzo Abe en 2013 à geler des avoirs de 9 entités nord-coréennes parmi lesquelles la Daesong Bank ainsi que le Bureau Général de Reconnaissance qui était aussi accusé d’être impliqué dans un réseau de cybercriminalité [55]. Le bureau n°39 est également dans le collimateur du Département du Trésor américain, du Département de la Justice, de celui de la Défense, de la DEA, du FBI et de la CIA qui ont confirmé l’ensemble de ces accusations [56].

Jon Il-chun a longtemps été un personnage-clé des réseaux financiers nord-coréens et il a joué un rôle au sein du Daepung International Investment Group qui a été chargé en 2009 d’attirer les investissements étrangers par le biais de ses 27 sociétés fonctionnant sur le modèle de « joint ventures » [57]. Un autre acteur important de ce groupe est Kim Yang Gon qui dirige le Département du Front Uni du Parti des Travailleurs de Corée et est en charge de certains contacts avec la Corée du Sud [58]. En juillet 2009 une structure gouvernementale concurrente chargée d’attirer également les investissements étrangers fut mise en place et Ri Chol en assuma la direction jusqu’en janvier 2012 [59]. En août 2010 un groupe d’investisseurs étrangers fut approché par un autre membre de la Commission de la Défense Nationale et il semblerait « que ces trois groupes ne communiquent pas entre eux » mais qu’ils seraient plutôt en compétition [60].

Ces clans politico-financiers rivaux et intimement liés au pouvoir sont aussi très actifs dans le développement des très rentables et très capitalistes Zones Economiques Spéciales : ils entendent faire de Rason (l’ancienne Rajin-Sonbong) [61], dans le nord-est, le « prochain Singapour » et en juin 2011 Wang Qishan, le Vice-Ministre chinois en charge de l’Economie, et Chen Deming, le Ministre chinois du Commerce, avaient rencontré le beau-frère de Kim Jong-il, Jaeng Song-taek (oncle de Kim Jong-un et partenaire de longue date des milieux d’affaires chinois, exécuté en décembre 2013), ainsi que Ri Chol (connu aussi sous le nom de Ri Su-yong et très probablement exécuté en décembre 2013) [62] dans la zone économique spéciale nord-coréenne de Hwanggumpyong [63]. En 2012 Hwanggumphyong avait attiré l’attention du groupe sud-coréen Daewoo [64] et la zone économique spéciale de Wihwado, en face de Sinuiju, dispose quant à elle depuis longtemps de solides relations avec la Chine [65].

Les Zones Economiques Spéciales sont, comme en Chine il y a plusieurs décennies, un moyen de contrôler un processus de réformes économiques sans créer de turbulences politiques et d’aider à maintenir au pouvoir l’actuelle élite dirigeante. Suivant cette logique le régime nord-coréen a autorisé en janvier 2012 l’ouverture d’un centre commercial du nom de Kwangbok où on peut y échanger yuans, dollars et euros mais aussi s’y procurer des aliments ou du matériel ménager et électronique [66]. La Taesong General Trading Corporation dirigée par O Ryong Il a mis en œuvre ce projet commercial conçu par Kim Jong-il et l’inauguration de ce centre a vu la présence de membres de l’ambassade chinoise en Corée du Nord, de Xue Rifei, le directeur exécutif de la société pékinoise Feihaimengxin Trading [67] et pour le bureau n°39 celle de Jon Il-chun [68].

L’Afrique est un continent profitable pour le régime nord-coréen qui y a développé ses activités dans le domaine de la construction et Jon Il-chun a notamment exercé la fonction de vice-président des Amitiés Corée du Nord-Rwanda, un pays où Pyongyang vendrait plus de missiles que de monuments [69]. Depuis 2000 les projets de construction menés en Afrique par le consortium Mansudae regroupant diverses compagnies de BTP opérant outre-mer et l’Institut d’Art Mansudae ont rapporté « des quantités colossales de dollars » au régime nord-coréen, 160 millions de dollars selon certaines estimations [70]. Cet institut artistique a réalisé la Tour du Juché et l’Arc de Triomphe de Pyongyang ainsi que d’autres monuments en Ethiopie durant les années 1970 ou plus récemment, en Namibie, le palais présidentiel (49 millions $), le cimetière dédié aux héros nationaux (5,23 millions $), un musée militaire (1,8 millions $) et le Hall de l’Indépendance (10 millions $) qui ont lui ont rapporté 66,03 millions de dollars [71]. En Angola la construction du Centre Culturel Agostinho Neto (40 millions $), du Parc du Cabinda (13 millions $) et du monument dédié à la Paix (1,5 millions $) lui ont permis de toucher près de 55 millions de dollars [72]. En République Démocratique du Congo, un stade de basket-ball (14,4 millions $) et un centre universitaire sportif (4,8 millions $) ont permis à l’Institut Mansudae et à son consortium de toucher près de 20 millions de dollars alors qu’au Sénégal l’édification du Monument de la Renaissance Africaine lui fit gagner 12 millions de dollars [73]. En Guinée Equatoriale Mansudae a été le maître d’œuvre d’un lieu de détente présidentielle de 19 km² (800 000 $) destiné à Teodoro Obiang, d’un bâtiment gouvernemental (1,5 millions $) et d’un centre de conférences (3,5 millions $) [74]. Le bureau n°39 est en charge des fonds générés par ces activités : une partie est utilisée à des fins de politique intérieure « alors que le reste part vers des comptes secrets en Suisse ou à Macao pour constituer les fonds secrets de Kim Jong-il » puis Kim Jong-un [75].

Les bureaux n°38 et n°39 ont parfois coordonné leurs actions clandestines avec le bureau n°35, le Département d’Enquêtes et Renseignements Extérieurs, qui supervise la collecte et l’analyse de renseignements en Corée du Sud, au Japon, en Europe et en Amérique du Nord [76]. Le bureau n°35 dépendait formellement du Bureau Général de Reconnaissance de la Commission de la Défense Nationale et de son vice-président le Général O Kuk Ryol [77] mais dans les faits il dépendait directement des plus hautes instances du Parti des Travailleurs de Corée et a parfois agi de concert avec le Ministère de la Sécurité d’État tout en faisant partie d’un groupement comprenant le Département des Opérations du Comité Central du Parti des Travailleurs de Corée et le Département du Front Uni du Comité Central du Parti des Travailleurs de Corée [78]. Ho Myong Uk [79] a dirigé le bureau n°35 dont « les agents opérationnels ont été impliqués dans des trafics d’armes et de narcotiques afin d’obtenir des devises étrangères pour soutenir leurs opérations de collecte de renseignements » [80]. Le bureau n°35 et le Département des Opérations ont fusionné en 2009 avec le Bureau Général de Reconnaissance a pris en charge l’exportation d’armes conventionnelles et dont la direction a été confiée au Général Kim Yong Chol [81].

Par le passé une autre structure a parfois été également mentionnée, le bureau n°99 : il s’agit officiellement d’un organisme de commerce international contrôlé par le Second Comité Économique mais il fut en réalité chargé au début des années 1990 du transport et de la distribution de fausse monnaie ainsi que de certaines activités liées au trafic d’armes dont les bénéfices étaient directement reversés à Kim Jong-il (désormais à Kim Jong-un), certains officiels et dans certains cas au bureau n°39 [82]. En parallèle des membres du Parti des Travailleurs et des services de sécurité se livrant à des activités criminelles ou des groupes criminels locaux plus ordinaires, la Corée du Nord a également accueilli dans le passé des membres de groupes criminels asiatiques, plus particulièrement chinois ou même sud-coréens [83]. Les activités criminelles nord-coréennes ont aussi eu pour effet de renforcer certains groupes criminels asiatiques et d’établir des liens criminels transfrontaliers : « En Chine, les provinces mandchoues du nord-est profitent du marché noir et de gangs plus organisés dans les villes coréennes de Sunchon, Chongjin, Nampo et Sinuiju » alors que « d’imposantes voitures de luxe, notamment des Mercedes de grosse cylindrée, traversent ainsi en provenance du Japon les fleuves Tumen et Yalu, avant de finir entre les mains de personnalités chinoises influentes dans leur région » [84].

Le régime de Pyongyang a pu entretenir des liens avec les organisations criminelles sud-coréennes mais ces dernières restent prudentes dans la mesure où les services de renseignement de Séoul (dans le passé la KCIA, puis l’ANSP puis enfin le National Intelligence Service) mènent depuis plusieurs décennies une lutte implacable contre les agents du Nord et leurs sympathisants. A l’origine le régime de Pyongyang, initiateur de cette politique criminelle d’État, avait pu exercer un contrôle total sur ses activités criminelles mais certaines arrestations et les sanctions internationales l’ont poussé à en déléguer une partie à la mafia russe, aux yakuzas japonais, aux triades chinoises ou à d’autres organisations criminelles tout en focalisant sa stratégie commerciale sur la production de produits contrefaits de haute qualité [85]. Cette sous-traitance ou « outsourcing » a permis de masquer ou complexifier le traçage de ces activités mais il a pu, tout en réduisant certains risques, réduire du même coup la marge bénéficiaire du régime [86].

Il n’est pas impossible que certains officiels aient pu utiliser par le passé des fonds d’État ou leur position pour conduire des activités criminelles pour leur propre compte mais il est très probable que le renforcement des relations établies avec des organisations criminelles puisse amener à l’avenir certains officiels ou citoyens nord-coréens à développer des compétences et un carnet d’adresse pouvant les pousser à faire cavaliers seuls [87]. Des vocations personnelles auraient ainsi été suscitées et certains groupes criminels autonomes ou indépendants de l’État nord-coréen se seraient lancés dans la contrefaçon de billets de qualité inférieure [88]. La situation économique catastrophique et la consommation de stupéfiants au sein de la population fournissent un contexte favorable à cette dynamique que le régime a tenté de freiner en procédant par exemple à Chongjin en 2005 à l’exécution de deux individus accusés de trafic de drogue, en arrêtant 150 pour le même motif à la fin de l’année 2006 à Pyongyang et dans les provinces du Nord et Sud- Hamgyong ainsi que la responsable de l’Union des Femmes à Hoeryong en mars 2007 [89].

 

Production et commerce de stupéfiants

Suite à sa mise en défaut de paiement de sa dette internationale en 1975 la Corée du Nord ordonna à ses représentations diplomatiques à l’étranger de s’autofinancer : certains diplomates nord-coréens commencèrent ainsi à acheter de la drogue, principalement des opiacés, afin de la revendre en tirant avantage de leur statut et immunité diplomatiques [90]. Depuis 1976 une cinquantaine d’arrestations et de saisies de stupéfiants ont visé des citoyens nord-coréens dans une vingtaine de pays [91]. La première affaire de trafic fut reportée en mai 1976 lorsqu’un diplomate nord-coréen en poste en Egypte fut arrêté pour la possession de 400 kg de hashish [92].

Les autorités nord-coréennes se seraient lancées dans le trafic d’héroïne dans les années 1980 et tenu la population à l’écart de cette drogue mais durant les années 1990, suite à l’effondrement de l’économie et à la famine, de nombreux citoyens ordinaires se seraient également livrés à ce trafic afin de survivre [93]. Le Bureau n°39 a été accusé de contrôler des fermes cultivant du pavot dans le comté de Pukjong (province du Hamgyong du Sud) [94], dans les provinces du Hamgyong du Nord et du Pyongan du Nord alors que la production d’opium et d’héroïne serait localisée à Hamhung et Nachin [95].

L’étendue des surfaces cultivées dans ces fermes était de 4000 hectares au début des années 1990 puis de 7000 hectares en 1995 avant de chuter en-dessous du niveau de 1995 à cause de problèmes climatiques ainsi que d’un manque d’engrais et d’insecticides [96]. En 1995, 40 tonnes d’opium brut furent produites et en 1998 la capacité de production de la Corée du Nord avait atteint 50 tonnes d’opium par an [97]. En mars 2000 le Département d’Etat américain estima de son côté que l’étendue de ces surfaces cultivables était comprise entre 4200 et 7000 hectares, ce qui équivaut à une production annuelle d’opium allant de 30 à 44 tonnes par an alors que les laboratoires pharmaceutiques nord-coréens disposaient de leur côté d’une capacité de production de 100 tonnes par an [98]. L’étendue de la production d’opium serait telle qu’en 2003 des membres du Département de la Défense américain ont indiqué que la Corée du Nord s’était hissée au troisième rang, juste après l’Afghanistan et la Birmanie [99]. Des fonctionnaires nord-coréens corrompus ont vendu de l’héroïne à des réseaux criminels basés de l’autre côté de la frontière, en Chine, mais suite à de mauvaises conditions climatiques faisant chuter la production d’opium en 1996 l’accent fut mis sur la métamphétamine [100] et cette nouvelle activité mena à une croissance du marché de cette drogue en Thaïlande, au Japon et aux Philippines [101].

Le Bureau 39 a supervisé la production de métamphétamine à Sangwon (province du Pyongan du Sud) et en a fourni aux petits trafiquants chargés de l’écouler en Chine ou en Corée du Sud [102]. Une usine de production de cette drogue serait localisée près de Sinuiju et « fournirait du produit par sachets de trois cent trente grammes » : « La marchandise serait écoulée au prix de dix mille dollars le kilo en territoire chinois » [103]. Certaines sources indiquent que la ville de Hamhung, spécialisée dans la chimie, serait également devenue un centre de production de métamphétamine [104]. La Corée du Nord pourrait produire au maximum 10 à 15 tonnes par an de métamphétamine de la meilleure qualité destinée à l’exportation mais ses achats de précurseurs sont contrôlés et il est apparu qu’elle a détourné par le passé 20 tonnes d’éphédrine alors que son industrie n’en a besoin que de 2,5 tonnes par an [105].

L’usage de métamphétamine par les nord-coréens a dopé le trafic de cette substance et l’Etat nord-coréen a été forcé de réprimer un marché dont il détenait autrefois le monopole. La diffusion de cette substance au sein de la population a été autant le résultat d’un certain appât du gain habitant certains éléments secondaires ou intermédiaires de ce trafic que de difficultés conjoncturelles liées aux mesures prises par les gouvernements chinois et japonais [106]. Un trafic domestique de stimulants a pu se mettre en place grâce à la complicité de scientifiques financés par des investisseurs privés et leur consommation s’est étendue à certaines couches pauvres de la population qui trompent ainsi la faim mais aussi à certains officiers de l’Armée Populaire ou des forces de sécurité et certains cadres du Parti [107]. Certaines sources affirment également que des stupéfiants seraient vendus ouvertement sur certains marchés et même utilisés comme monnaie d’échange lors de transactions [108]. Kim Jong-il aurait eu beaucoup de difficulté à contrôler ce marché et aurait été forcé d’envoyer des agents à l’étranger afin de ramener à la raison quelques mauvais payeurs ou autres trafiquants jugés trop indépendants [109] : en mars 1999 des agents de la Sécurité d’Etat nord-coréenne avaient ainsi tenter d’arrêter clandestinement à Bangkok un diplomate nord-coréen accusé d’avoir détourné de l’argent, de s’être livré au trafic de drogue et – accusation suprême – d’avoir tenté de faire défection [110].

Des militaires nord-coréens ont rencontré des membres de la mafia russe, des triades chinoises ou des yakuzas japonais afin de procéder à des transferts de cargaison de drogue en pleine mer [111] et les premiers pays étrangers concernés par le trafic de stupéfiants en provenance de Corée du Nord sont la Chine et le Japon: « Près du tiers de la drogue saisie au Japon et en Chine proviendrait de Corée du Nord » [112]. La Chine, qui est le marché le plus important, est affectée à un point tel qu’en mars 2004 le Vice Ministre de la Sécurité Publique déclara qu’il souhaitait en finir avec les réseaux de trafiquants de drogue nord-coréens opérant dans la province de Jilin [113]. Certains officiels de la police chinoise ont admis à l’époque que la situation dans cette province était devenue « hors de contrôle » [114]. De 1999 à 2001 les forces de l’ordre chinoises ont ainsi saisi 1780 kg de métamphétamine, ce qui représente 38% des saisies de drogue effectuées en Chine [115] et depuis 2002 le volume du trafic de drogue entre la Corée du Nord et la Chine aurait décuplé [116].

Le Japon est le second marché de stupéfiants pour la Corée du Nord et de 1998 à 2002 les autorités locales ont saisi au cours de six enquêtes distinctes 1500 kg de « meth » nord-coréenne (75 millions de dollars au prix de gros, 300 millions de dollars au détail et dans la rue), soit 35% de toutes les saisies de cette drogue effectuées dans l’archipel nippon au cours de la même période [117]. Le pays du Soleil Levant « reste de loin la destination principale de ces produits dopants qui jouissent par ailleurs d’une excellente réputation en raison de leur grande pureté » [118] et en 1999 40% de la métamphétamine saisie provenait de Corée du Nord [119]. Le Japon représente un marché de la drogue lucratif et en 2003 il aurait rapporté 100 millions de dollars à la Corée du Nord [120]. La principale caractéristique de la méthamphétamine nord-coréenne est effectivement son haut niveau de pureté et les autorités japonaises ont également reconnu que la majeure partie de cette drogue en provenance du nord de la Chine est d’origine nord-coréenne [121]. Au Japon comme ailleurs les réseaux criminels nord-coréens délèguent leurs activités aux gangs locaux, yakuzas, triades et autres [122] et les yakuzas iraient désormais se fournir directement en métamphétamine nord-coréenne en Chine [123].

Au cours des dernières décennies la Corée du Nord a été mise en cause dans une cinquantaine d’affaires de trafic d’héroïne et de métamphétamine. En juillet 1994 un citoyen chinois fut arrêté dans son pays pour y avoir vendu 6 kg d’héroïne nord-coréenne fournis par l’ambassade locale de Corée du Nord et un mois plus tard un agent des services de renseignement nord-coréens fut appréhendé en Russie pour avoir tenté de vendre de l’héroïne à un groupe criminel russe [124]. En janvier 1995 la police chinoise saisit 6 kg d’héroïne et arrêta deux ressortissants nord-coréens dont un en possession d’un passeport diplomatique [125]. En janvier 1998 deux diplomates nord-coréens furent arrêtés à Moscou en possession de 35 kg de cocaïne provenant du Mexique ; en juillet un de leurs collègues fut appréhendé en Egypte alors qu’il transportait 500 000 tablettes de rohypnol et en octobre 1998, l’arrestation d’un autre diplomate nord-coréen à Berlin mena à la saisie d’un stock d’héroïne produite en Corée du Nord [126].

En avril 1998 les forces de l’ordre nippones saisirent 58,6 kg de métamphétamine fabriquée en Chine et cachée à bord d’un cargo nord-coréen ; en août l’arrestation de yakuzas permit la saisie de 200 kg de métamphétamine provenant de Corée du Nord et faisant vraisemblablement partie d’une cargaison de 300 kg [127]. Le 12 février 1999 un employé du consulat nord-coréen de Shenyang (Chine) fut à son tour arrêté pour avoir tenté de vendre 9 kg d’opium et le 3 avril la police nippone interpellait de son côté un groupe de yakuzas tentant d’introduire au Japon 100 kg de métamphétamine placés à bord d’un bateau chinois [128]. Le même mois un diplomate nord-coréen en poste en Bulgarie fut intercepté à l’aéroport de Prague avec 55 kg de rohypnol d’origine bulgare et le 3 mai 4 criminels taïwanais étaient arrêtés dans leur pays pour avoir tenté d’y introduire 157 kg de métamphétamine nord-coréenne [129].

Le 3 octobre 1999 les autorités japonaises saisirent 564 kg de métamphétamine nord-coréenne à bord du navire taïwanais Xin Sheng Ho puis 250 kg de la même drogue le 5 février 2000, menant à l’interpellation de yakuzas et de membres d’une société commerciale contrôlée par la Chosen Soren, l’Association Générale des Résidents Coréens au Japon connue aussi sous le nom de Chongryon et servant les intérêts du régime de Pyongyang dans l’archipel nippon [130]. En octobre et novembre 2001 un navire fut détenu à deux reprises par les autorités philippines après avoir chargé à son bord 500 kg puis 300 kg de métamphétamine provenant d’un vaisseau nord-coréen [131]. Le 22 décembre 2001 la marine nippone coula un bateau nord-coréen suspecté de transporter une cargaison de drogue et « le même vaisseau avait été photographié en 1998 transportant de la drogue vers le Japon » [132]. Le 6 janvier 2002 un navire chinois fut à son tour intercepté dans les eaux territoriales japonaises peu après avoir rencontré un bateau nord-coréen et on trouva à son bord 150 kg de métamphétamine nord-coréenne [133]. En juillet la police taïwanaise procéda à la saisie de 79 kg d’héroïne transférée à un gang local par le biais d’un navire de guerre nord-coréen puis en novembre et décembre des ballots de 500 livres de métamphétamine nord-coréenne furent retrouvés sur certaines plages japonaises [134].

En avril 2003, après quatre jours de poursuite, les autorités australiennes purent arrêter le Pong Su, un cargo nord-coréen ayant convoyé 125 kilos d’héroïne (valeur estimée à 160 millions de dollars) [135]. Ce cargo appartenant à la Pong Su Shipping Co., une compagnie contrôlée par le Parti des Travailleurs de Corée, fut saisi par les autorités australiennes et après 7 mois de procès son capitaine, Man Sun Song, ainsi que son second Man Jin Ri, l’officier politique Dong Song Choi et l’ingénieur en chef Ju Chon Ri furent acquittés [136]. Il est intéressant de noter que l’année précédant cet incident la Corée du Nord avait ouvert une ambassade à Canberra [137]. Deux diplomates nord-coréens en poste en Égypte furent arrêtés en juin 2004 pour s’être livrés à un trafic portant sur 150 000 tablettes de Clonazipam et en en décembre 2004 deux de leurs collègues connurent le même sort en Turquie, pays à partir duquel ils tentaient de vendre du Captagon au grand marché que représentent les pays arabes voisins [138] (cette substance a été de nouveau évoquée dans le cadre du conflit syrien, de nombreux combattants en auraient consommé). Ces diplomates arrêtés en Turquie travaillaient pour l’ambassade de Corée du Nord en Bulgarie et ceux-ci transportaient « plus d’un demi-million de tablettes de Captagon, avec une valeur dans la rue estimée à plus de 7 millions de dollars » [139].

En juillet 2006 la police chinoise arrêta à Dalian et Dandong un groupe de nord-coréens et de japonais après que ces derniers aient tenté d’expédier au Japon un stock de métamphétamine acheté près de la frontière sino-coréenne [140]. Un autre groupe d’individus comprenant un nord-coréen fut appréhendé en novembre à Shenyang pour ses liens avec un réseau international de trafic de drogue ayant écoulé de grosses quantités de métamphétamine en Chine [141]. En novembre 2013 cinq individus de nationalité britannique, philippine, slovaque et taïwanaise furent extradés de la Thaïlande vers les États-Unis où ils étaient recherchés pour leur implication dans un trafic portant sur 18 kilos de métamphétamine nord-coréenne ayant une valeur de revente de 1 200 000 dollars [142]. Les 5 accusés étaient visés par une enquête plus large rendue publique en septembre 2013 et menée par des procureurs fédéraux américains suite à l’arrestation par le DEA d’un groupe d’anciens militaires européens et américains accusés de meurtre et de trafic de drogue [143].

Selon un rapport du Bureau pour les Affaires Internationales de Narcotiques et d’Application de la Loi du Département d’État américain de mars 2013 [144], « Il n’y a pas eu de rapports confirmés de trafic de drogue à grande échelle impliquant les entités étatiques de la République Démocratique Populaire de Corée depuis 2004 » et « Ceci suggère que le trafic de drogue soutenu par l’État a peut-être cessé ou a été significativement réduit, ou que le régime de la République Démocratique Populaire de Corée est devenu plus apte à dissimuler le trafic étatique de drogues illicites » [145]. Ce rapport a également évoqué le fait que « la proximité et la disponibilité de précurseurs chimiques en Chine contribue probablement à la production de métamphétamine en Corée du Nord » et que des transactions s’étaient tenues entre trafiquants nord-coréens et des groupes criminels étrangers [146]. Ces réseaux de trafic international impliqueraient des membres corrompus du gouvernement nord-coréen et des forces de sécurité nord-coréennes [147].

Comme dans les autres trafics le personnel diplomatique en poste à l’étranger est mis à contribution et en 2012 une ambassade nord-coréenne d’un pays d’Europe de l’Est aurait ainsi reçut de Pyongyang une cargaison de drogue ainsi que la mission de les vendre afin d’envoyer au pays de fortes sommes en devises étrangères [148]. D’après un défecteur nord-coréen, des paquets de 20 kg de métamphétamines auraient été envoyés en 2012 à différents diplomates basés à l’étranger et le délai pour renvoyer les bénéfices générés par leur vente aurait été fixé au 15 avril, jour de la commémoration de la naissance de Kim Jong-un [149]. La structure en charge de ces trafics de drogue impliquant le réseau diplomatique nord-coréen est le bureau n°39 [150].

Bien que le régime ait tenté dans les années 1980 de tenir la population à l’écart des stupéfiants la terrible crise de la seconde moitié des années 1990 a poussé certains nord-coréens à se lancer dans le trafic de drogue mais également poussé de nombreux nord-coréens qui ne pouvaient pas se procurer de médicaments à consommer de l’opium ou plus récemment de la métamphétamine [151]. Le renforcement des contrôles frontaliers côté chinois aurait poussé les producteurs nord-coréens de « bingdu » à se rabattre sur la clientèle domestique et deux tiers des nord-coréens auraient ainsi déjà consommé de cette drogue: de plus, avec la pénurie de médicaments la métamphétamine est devenue un palliatif fréquemment prescrit pour les maladies chroniques ou simplement pour couper la faim [152]. Aucune estimation fiable ne permet de connaître le nombre réel de nord-coréens dépendants de cette substance mais ce problème est fréquemment évoqué par les défecteurs. Il serait aisé de s’en procurer dans les restaurants et le manque de contrôle s’expliquerait par le fait qu’elle serait « devenue la drogue de prédilection des officiels de haut rang et de la police » [153]. Son prix élevé ne la rendrait cependant pas accessible à tous les nord-coréens mais uniquement à ceux qui disposent de moyens financiers suffisants [154]. Le régime nord-coréen et son industrie pharmaceutique sont aussi impliqués dans la contrefaçon de médicaments et notamment de Viagra [155]. Ces produits pharmaceutiques sont produits à Chongjin et ils seraient identifiables de par leur haut niveau de pureté chimique ainsi que la qualité de leur emballage [156].

 

Gilles-Emmanuel Jacquet & Denzel Locke

 

 

[1] Sur la question de la criminalité organisée et des minorités voir notamment Andrew Rankin, « Recent trends in organized crime in Japan : Yakuza vs. the Police and Foreign crime gangs – Part 2 », The Asia-Pacific Journal : Japan Focus, vol.10, issue 7, n°1, 20/02/2012 : http://www.japanfocus.org/-Andrew-Rankin/3692].
[2] Bradley K. Martin, Under the loving care of the fatherly leader, North Korea and the Kim dynasty, Thomas Dunne Books, 2006, p.227
[3] Ibid.
[4] Ibid. , pp227-228
[5] Ibid. , p.228
[6] Ibid.
[7] Ibid. , pp230-231
[8] Ibid. , p.232
[9] Sheena Chestnut Greitens, « A North Korean Corleone », The New York Times, 03/03/2012: http://www.nytimes.com/2012/03/04/opinion/sunday/a-north-korean-corleone.html?pagewanted=all&_r=0 ; voir également sur ce sujet le reportage diffusé le samedi 24 mai 2014 sur la chaîne de télévision japonaise NHK, « Hidden Economy : Money and Power in North Korea » et qui est accessible sur Youtube aux liens suivants : https://www.youtube.com/watch?v=jEJqEuM5V68 ou https://www.youtube.com/watch?v=pfgUn4DkAFw
[10] Ibid.
[11] David L. Asher, « The North Korean Criminal State, its ties to Organized Crime, and the possibility of WMD Proliferation », NAPSNet Policy Forum, 15/11/2005 : http://nautilus.org/napsnet/napsnet-policy-forum/the-north-korean-criminal-state-its-ties-to-organized-crime-and-the-possibility-of-wmd-proliferation/#axzz30O1Jjkjf et Kim Tae-gyu, « North Korea suffers trade deficit for two decades », The Korea Times, 24/05/2010: http://www.koreatimes.co.kr/www/news/nation/2010/05/123_66437.html
[12] Raphael Perl, CRS Report for Congress, « Drug trafficking and North Korea : Issues for US policy », 25/01/2007, pp12-13
[13] Ibid. , p.13
[14] David L. Asher, « The North Korean Criminal State, its ties to Organized Crime, and the possibility of WMD Proliferation », NAPSNet Policy Forum, 15/11/2005 : http://nautilus.org/napsnet/napsnet-policy-forum/the-north-korean-criminal-state-its-ties-to-organized-crime-and-the-possibility-of-wmd-proliferation/#axzz30O1Jjkjf
[15] Ibid.
[16] Ian Mills, « North Korea’s collapsing economy opens door for criminal gangs », World Politics Review, 07/04/2011 : http://www.worldpoliticsreview.com/articles/8446/north-koreas-collapsing-economy-opens-door-for-criminal-gangs
[17] David L. Asher, « The North Korean Criminal State, its ties to Organized Crime, and the possibility of WMD Proliferation », NAPSNet Policy Forum, 15/11/2005 : http://nautilus.org/napsnet/napsnet-policy-forum/the-north-korean-criminal-state-its-ties-to-organized-crime-and-the-possibility-of-wmd-proliferation/#axzz30O1Jjkjf
[18] Sophie Quinn-Judge and Shim Jae Hoon, “Opiate of the Party: North Korea fuels Opium Boom in Russia”, Far Eastern Economic Review, 05/12/1996, pp. 28–30 in Sheena Chestnut, « Illicit activity and proliferation – North Korean smuggling networks », International Security, vol.32, n°1, été 2007, p.87
[19] David L. Asher, « The North Korean Criminal State, its ties to Organized Crime, and the possibility of WMD Proliferation », NAPSNet Policy Forum, 15/11/2005 : http://nautilus.org/napsnet/napsnet-policy-forum/the-north-korean-criminal-state-its-ties-to-organized-crime-and-the-possibility-of-wmd-proliferation/#axzz30O1Jjkjf
[20] Bradley K. Martin, Under the loving care of the fatherly leader, North Korea and the Kim dynasty, Thomas Dunne Books, 2006, pp582-587].
[21] Martin Sieff, « North Korea maintains special office for crime empire », Asia Pacific Defense Forum, 24/09/2013 : http://apdforum.com/en_GB/article/rmiap/articles/online/features/2013/09/24/anorthkorea-kim-drugs
[22] Kim So Yeol, « North Korea splits No38 and No39 Departments up again », DailyNK, 15/02/2011 : http://www.dailynk.com/english/read.php?cataId=nk00100&num=7358
[23] Ibid.
[24] « Kim Jong-il restores Special Departments to swell coffers », The Chosun Ilbo, 22/06/2010 : http://english.chosun.com/site/data/html_dir/2010/06/22/2010062201162.html
[25] « Third Floor », North Korea Leadership Watch, 18/10/2012 : https://nkleadershipwatch.wordpress.com/kji-2/third-floor/
[26] « Jon Il Chun », North Korea Leadership Watch : https://nkleadershipwatch.wordpress.com/leadership-biographies/jon-il-chun/ ; http://nkleadershipwatch.wordpress.com/category/jon-il-chun/ ; « Third Floor », North Korea Leadership Watch, 18/10/2012 : https://nkleadershipwatch.wordpress.com/kji-2/third-floor/ et Martin Sieff, « North Korea maintains special office for crime empire », Asia Pacific Defense Forum, 24/09/2013 : http://apdforum.com/en_GB/article/rmiap/articles/online/features/2013/09/24/anorthkorea-kim-drugs
[27] Rapport de NK Leadershop Watch sur Ri Su-yong connu aussi comme Kim Su-yong ou Ri Chol, 2009: http://nkleadershipwatch.files.wordpress.com/2009/10/richol2.pdf et Etienne Dubuis, « Retour simple en Corée du Nord », Le Temps, 27/12/2013: http://www.letemps.ch/Page/Uuid/763970da-69b1-11e3-8c24-db7ddfdc5803/Retour_simple_en_Cor%C3%A9e_du_Nord
[28] Kim So Yeol, « North Korea splits No38 and No39 Departments up again », DailyNK, 15/02/2011 : http://www.dailynk.com/english/read.php?cataId=nk00100&num=7358 http://www.dailynk.com/english/read.php?cataId=nk00100&num=7358 ; Kelly Olsen, « North Korea’s secret: Room 39 », The Salt Lake Tribune, 11/06/2009: http://www.sltrib.com/ci_12566697 ; « Kim Jong-il restores Special Departments to swell coffers », The Chosun Ilbo, 22/06/2010 : http://english.chosun.com/site/data/html_dir/2010/06/22/2010062201162.html ; https://nkleadershipwatch.wordpress.com/kji-2/third-floor/ et Bradley K. Martin, Under the loving care of the fatherly leader, North Korea and the Kim dynasty, Thomas Dunne Books, 2006, p.580
[29] Bradley K. Martin, Under the loving care of the fatherly leader, North Korea and the Kim dynasty, Thomas Dunne Books, 2006, p.580
[30] Ibid. , p.581
[31] Ibid.
[32] Ibid.
[33] Jay Solomon et Hae Won Chi, « In Nort Korea, secret hoard of cash props up a regime », The Wall Street Journal, 14/07/2003 : http://online.wsj.com/news/articles/SB105813345248381600
[36] Sebastian Strangio, « Kingdom Kim’s culinary outposts », Slate, 2010: http://www.slate.com/articles/news_and_politics/foreigners/2010/03/kingdom_kims_culinary_outposts.html
[37] Ibid.
[38] Ibid.
[39] Ibid.
[40] Ibid.
[41] Ibid. et « North Korean restaurants in China send $10,000-30,000 annually back to its native country », DailyNK, 19/06/2007 : http://www.dailynk.com/english/read.php?cataId=nk00100&num=2239
[42] Ibid.
[43] Sebastian Strangio, « Kingdom Kim’s culinary outposts », Slate, 2010: http://www.slate.com/articles/news_and_politics/foreigners/2010/03/kingdom_kims_culinary_outposts.html
[44] Ibid. ; Kim Yong Hun, « Waitresses flee North Korean restaurants in Qingdao, China », DailyNK, 15/12/2006: http://www.dailynk.com/english/read.php?cataId=nk01500&num=1438 et Kwon Jeong Hyun, « North Korean restaurant in China shuts down as receptionist escapes », DailyNK, 21/03/2007: http://www.dailynk.com/english/read.php?cataId=nk00100&num=1806
[45] Sebastian Strangio, « Kingdom Kim’s culinary outposts », Slate, 2010: http://www.slate.com/articles/news_and_politics/foreigners/2010/03/kingdom_kims_culinary_outposts.html et Kwon Jeong Hyun, « North Korean restaurant in China shuts down as receptionist escapes », DailyNK, 21/03/2007: http://www.dailynk.com/english/read.php?cataId=nk00100&num=1806
[46] Kim Yong Hun, « Waitresses flee North Korean restaurants in Qingdao, China », DailyNK, 15/12/2006: http://www.dailynk.com/english/read.php?cataId=nk01500&num=1438
[47] « Kim Jong-il restores Special Departments to swell coffers », The Chosun Ilbo, 22/06/2010 : http://english.chosun.com/site/data/html_dir/2010/06/22/2010062201162.html
[48] Kim Yong Hun, « What is the No.39 Department ? », DailyNK, 30/08/2010 : http://www.dailynk.com/english/read.php?cataId=nk00400&num=6750
[49] Jay Solomon et Hae Won Chi, « In Nort Korea, secret hoard of cash props up a regime », The Wall Street Journal, 14/07/2003 : http://online.wsj.com/news/articles/SB105813345248381600
[50] Ibid.
[51] Kim Yong Hun, « What is the No.39 Department ? », DailyNK, 30/08/2010 : http://www.dailynk.com/english/read.php?cataId=nk00400&num=6750
[52] Report of the Panel of Experts of the United Nations Security Council, S/2014/147, p.41
[53] Ibid. , p.59
[54] Ibid. , p.42
[55] Martin Sieff, « North Korea maintains special office for crime empire », Asia Pacific Defense Forum, 24/09/2013 : http://apdforum.com/en_GB/article/rmiap/articles/online/features/2013/09/24/anorthkorea-kim-drugs
[56] Ibid.
[57] Geoffrey See et Andray Abrahamian, « Economic performance and legitimacy in North Korea », North Korean Economy Watch: http://www.nkeconwatch.com/2011/08/28/economic-performance-and-legitimacy-in-the-dprk/ et Harvard International Review, 23/08/2011 : http://hir.harvard.edu/archives/2845
[58] Ibid. ; biographies de Kim Yang Gon, North Korea Leadership Watch: https://nkleadershipwatch.wordpress.com/leadership-biographies/kim-yang-gon/ et http://nkleadershipwatch.files.wordpress.com/2009/09/kimyanggon.pdf
[59] Geoffrey See et Andray Abrahamian, « Economic performance and legitimacy in North Korea », North Korean Economy Watch: http://www.nkeconwatch.com/2011/08/28/economic-performance-and-legitimacy-in-the-dprk/ et Harvard International Review, 23/08/2011 : http://hir.harvard.edu/archives/2845 ; « Ri Chol out as JVIC Chief », North Korean Economy Watch : http://www.nkeconwatch.com/2012/01/10/ri-chol-out-as-jvic-chief/
[60] Geoffrey See et Andray Abrahamian, « Economic performance and legitimacy in North Korea », North Korean Economy Watch: http://www.nkeconwatch.com/2011/08/28/economic-performance-and-legitimacy-in-the-dprk/ et Harvard International Review, 23/08/2011 : http://hir.harvard.edu/archives/2845
[61] Archives concernant la Zone Économique et Commerciale de Rason / Rajin-Sonbong, North Korean Economy Watch: http://www.nkeconwatch.com/category/economic-reform/special-economic-zones-2/special-economic-zones/rajin-sonbong/page/6/ et « North Korea, China break ground on joint development project », The Chosun Ilbo, 09/06/2011: http://english.chosun.com/site/data/html_dir/2011/06/09/2011060901194.html
[62] Koo Jun Hoe, « Mainichi Shimbun: Ri Su Yong executed », DailyNK, 11/12/2013: http://www.dailynk.com/english/read.php?cataId=nk00100&num=11256 et Yoon Min-sik, « Kim Jong-il’s « treasurer » executed: Japanese media », The Korea Herald, 11/12/2013: http://www.koreaherald.com/view.php?ud=20131211000413
[63] Geoffrey See et Andray Abrahamian, « Economic performance and legitimacy in North Korea », North Korean Economy Watch: http://www.nkeconwatch.com/2011/08/28/economic-performance-and-legitimacy-in-the-dprk/ et Harvard International Review, 23/08/2011 : http://hir.harvard.edu/archives/2845 ; « North Korea, China break ground on joint development project », The Chosun Ilbo, 09/06/2011: http://english.chosun.com/site/data/html_dir/2011/06/09/2011060901194.html ; « Hwanggumpyong, un Shenzhen à la nord-coréenne? », L’Oeil de Pékin:, 16/06/2011: http://loeildepekin.over-blog.com/article-76867953.html et archive concernant les Zones Économiques de Hwanggyumphyong et Wihwado (Sinuiju), North Korean Economy Watch: http://www.nkeconwatch.com/category/economic-reform/special-economic-zones-2/special-economic-zones/sinuiju/page/3/
[64] Archive concernant les Zones Économiques de Hwanggyumphyong et Wihwado (Sinuiju), North Korean Economy Watch: http://www.nkeconwatch.com/category/economic-reform/special-economic-zones-2/special-economic-zones/sinuiju/page/3/
[65] Ibid. ; voir également les autres archives à http://www.nkeconwatch.com/category/economic-reform/special-economic-zones-2/special-economic-zones/sinuiju/page/2/ et http://www.nkeconwatch.com/category/economic-reform/special-economic-zones-2/special-economic-zones/sinuiju/
[66] Geoffrey See et Andray Abrahamian, « Economic performance and legitimacy in North Korea », North Korean Economy Watch: http://www.nkeconwatch.com/2011/08/28/economic-performance-and-legitimacy-in-the-dprk/ et Harvard International Review, 23/08/2011 : http://hir.harvard.edu/archives/2845 ; et Kim Young-jin, « NK store « exchanges foreign currency at market rates », The Korea Times, 21/02/2012: http://www.koreatimes.co.kr/www/news/nation/2012/02/113_105385.html
[67] « Kwangbok Department Store », North Korean Economy Watch, 21/02/2012: http://www.nkeconwatch.com/2012/02/21/kwangbok-department-store/ ; « Kim Jong-il visits Kwangbok Department Store », North Korean Economy Watch, 19/12/2011: http://www.nkeconwatch.com/2011/12/16/kim-jong-il-visits-kwangbok-department-store/ ; Kang Mi Jin, « Kim satisfied with « transformed » store », DailyNK, 16/12/2011 : http://www.dailynk.com/english/read.php?cataId=nk01700&num=8542 et « North Korean leader’s slush fund manager reappears in public », Yonhap, 19/12/2011 : http://english.yonhapnews.co.kr/northkorea/2011/12/19/82/0401000000AEN20111219001400315F.HTML ; sur la politique chinoise d’investissements en Corée du Nord voir Jae Cheol Kim, « The Political Economy of Chinese Investment in North Korea, North Korea Economy Watch, 01/11/2006: http://www.nkeconwatch.com/2006/11/01/the-political-economy-of-chinese-investment-in-north-korea/ et http://www.nkeconwatch.com/wp-content/uploads/2007/03/chinainDPRK.pdf
[68] « Kwangbok Department Store », North Korean Economy Watch, 21/02/2012: http://www.nkeconwatch.com/2012/02/21/kwangbok-department-store/ et « Kwangbok Supermarket opens », North Korea Leadership Watch, 07/01/2012: http://nkleadershipwatch.wordpress.com/2012/01/07/kwangbok-supermarket-opens/ et Mo Hong’e, « China-DPRK joint shopping center opens in Pyongyang », Xinhua, 06/01/2012 : http://news.xinhuanet.com/english/video/2012-01/06/c_131346093.htm
[69] « The restoration of Office #38 », North Korea Leadership Watch, 22/06/2012: http://nkleadershipwatch.wordpress.com/2010/06/22/the-restoration-of-office-38/ et « Kim Jong-il restores Special Departments to swell coffers », The Chosun Ilbo, 22/06/2010 : http://english.chosun.com/site/data/html_dir/2010/06/22/2010062201162.html
[70] « The restoration of Office #38 », North Korea Leadership Watch, 22/06/2012: http://nkleadershipwatch.wordpress.com/2010/06/22/the-restoration-of-office-38/ et « Foreign currency earning constructions in Africa », DailyNK, 21/06/2010: http://www.dailynk.com/english/read.php?cataId=nk03100&num=6519
[71] « The restoration of Office #38 », North Korea Leadership Watch, 22/06/2012: http://nkleadershipwatch.wordpress.com/2010/06/22/the-restoration-of-office-38/
[72] Ibid.
[73] Ibid.
[74] « Foreign currency earning constructions in Africa », DailyNK, 21/06/2010: http://www.dailynk.com/english/read.php?cataId=nk03100&num=6519
[75] Ibid.
[76] « Third Floor », North Korea Leadership Watch, 18/10/2012 : https://nkleadershipwatch.wordpress.com/kji-2/third-floor/
[77] Biographie du Général O Kuk Ryol, North Korea Leadership Watch: https://nkleadershipwatch.wordpress.com/leadership-biographies/gen-o-kuk-ryol/ et archives sur le Général O Kuk Ryol, North Korea Leadership Watch: https://nkleadershipwatch.wordpress.com/category/o-kuk-ryol/
[78] « Foreign currency earning constructions in Africa », DailyNK, 21/06/2010: http://www.dailynk.com/english/read.php?cataId=nk03100&num=6519
[79] Biographies de Ho Myong Uk, North Korea Leadership Watch: https://nkleadershipwatch.wordpress.com/leadership-biographies/ho-myong-uk/ et http://www.nkeconwatch.com/nk-uploads/ho_myong_uk.pdf
[80] « Third Floor », North Korea Leadership Watch, 18/10/2012 : https://nkleadershipwatch.wordpress.com/kji-2/third-floor/
[81] Duyeon Kim, « Obama: additional sanctions on North Korea », The Center for Arms Control and Non-Proliferation, 30/08/2010: http://armscontrolcenter.org/issues/nonproliferation/articles/obama_new_sanctions_north_korea_2010/ et biographie du Général Kim Yong Chol, North Korea Leadership Watch: http://nkleadershipwatch.wordpress.com/leadership-biographies/lt-gen-kim-yong-chol/
[82] Jay Solomon, « North Korean pair viewed as key to secret arms trade », The Wall Street Journal, 31/08/2010: http://online.wsj.com/news/articles/SB10001424052748704741904575409940288714852 ; « US freezes assets in DPRK proliferation case », North Korean Economy Watch, 30/08/2010: http://www.nkeconwatch.com/category/dprk-organizations/workers-party/second-economic-committee/office-99/ et Sheena Chestnut, « Illicit activity and proliferation – North Korean smuggling networks », International Security, vol.32, n°1, été 2007, p.86
[83] Ian Mills, « North Korea’s collapsing economy opens door for criminal gangs », World Politics Review, 07/04/2011 : http://www.worldpoliticsreview.com/articles/8446/north-koreas-collapsing-economy-opens-door-for-criminal-gangs
[84] Arnaud Duval, Le dernier testament de Kim Jong-il, Michalon, 2012 : p.89
[85] Sheena Chestnut, « Illicit activity and proliferation – North Korean smuggling networks », International Security, vol.32, n°1, été 2007, p.95
[86] Sheena Chestnut Greitens, « A North Korean Corleone », The New York Times, 03/03/2012: http://www.nytimes.com/2012/03/04/opinion/sunday/a-north-korean-corleone.html?pagewanted=all&_r=0
[87] Sheena Chestnut, « Illicit activity and proliferation – North Korean smuggling networks », International Security, vol.32, n°1, été 2007, p.96
[88] Ibid.
[89] Sheena Chestnut, « Illicit activity and proliferation – North Korean smuggling networks », International Security, vol.32, n°1, été 2007, p.97
[90] Ibid. , p.86
[91] Raphael Perl, CRS Report for Congress, « Drug trafficking and North Korea : Issues for US policy », 25/01/2007, p.7
[92] Ibid. , p.9
[93] Evan Perez et Madison Park, « 5 men extradited to US in North Korean meth case », CNN, 20/11/2013 : http://edition.cnn.com/2013/11/19/world/asia/thailand-north-korea-us-meth-arrests/
[94] « Third Floor », North Korea Leadership Watch, 18/10/2012 : https://nkleadershipwatch.wordpress.com/kji-2/third-floor/
[95] « North Korea : the Criminal State », The Herrick Report : http://herrickreport.com/northkorea.html
[96] Raphael Perl, CRS Report for Congress, « Drug trafficking and North Korea : Issues for US policy », 25/01/2007, p.11
[97] Ibid. , p.11
[98] « 1999 International Control Narcotics Strategy Report », Département d’État des États Unis d’Amérique, mars 2000, p.VIII-39 in Raphael Perl, CRS Report for Congress, « Drug trafficking and North Korea : Issues for US policy », 25/01/2007, p.11 et « US says North Korea sponsors drug smuggling », Kyodo News Service, 13/12/1998 in Raphael Perl, CRS Report for Congress, « Drug trafficking and North Korea : Issues for US policy », 25/01/2007, p.12
[99] Martin Sieff, « North Korea maintains special office for crime empire », Asia Pacific Defense Forum, 24/09/2013 : http://apdforum.com/en_GB/article/rmiap/articles/online/features/2013/09/24/anorthkorea-kim-drugs
[100] Raphael Perl, CRS Report for Congress, « Drug trafficking and North Korea : Issues for US policy », 25/01/2007: http://assets.opencrs.com/rpts/RL32167_20070125.pdf in Evan Perez et Madison Park, « 5 men extradited to US in North Korean meth case », CNN, 20/11/2013 : http://edition.cnn.com/2013/11/19/world/asia/thailand-north-korea-us-meth-arrests/
[101] Raphael Perl, CRS Report for Congress, « Drug trafficking and North Korea : Issues for US policy », 25/01/2007, p.12
[102] « North Korea : the Criminal State », The Herrick Report : http://herrickreport.com/northkorea.html
[103] Arnaud Duval, Le testament de Kim Jong-il, Michalon, 2012 : p.89
[104] Evan Perez et Madison Park, « 5 men extradited to US in North Korean meth case », CNN, 20/11/2013 : http://edition.cnn.com/2013/11/19/world/asia/thailand-north-korea-us-meth-arrests/
[105] Raphael Perl, CRS Report for Congress, « Drug trafficking and North Korea : Issues for US policy », 25/01/2007, p.12
[106] Martin Sieff, « North Korea maintains special office for crime empire », Asia Pacific Defense Forum, 24/09/2013 : http://apdforum.com/en_GB/article/rmiap/articles/online/features/2013/09/24/anorthkorea-kim-drugs
[107] Dick Nanto et Liana Sun Wyler, « North Korean Crime-for-Profit Activities », CRS Report for Congress, 25/08/2008, p.7
[108] Ibid.
[109] Sheena Chestnut Greitens, « A North Korean Corleone », The New York Times, 03/03/2012: http://www.nytimes.com/2012/03/04/opinion/sunday/a-north-korean-corleone.html?pagewanted=all&_r=0
[110] Sheena Chestnut, « Illicit activity and proliferation – North Korean smuggling networks », International Security, vol.32, n°1, été 2007, p.96
[111] Sheena Chestnut Greitens, « A North Korean Corleone », The New York Times, 03/03/2012: http://www.nytimes.com/2012/03/04/opinion/sunday/a-north-korean-corleone.html?pagewanted=all&_r=0
[112] Arnaud Duval, Le testament de Kim Jong-il, Michalon, 2012 : p.89
[113] David L. Asher, « The North Korean Criminal State, its ties to Organized Crime, and the possibility of WMD Proliferation », NAPSNet Policy Forum, 15/11/2005 : http://nautilus.org/napsnet/napsnet-policy-forum/the-north-korean-criminal-state-its-ties-to-organized-crime-and-the-possibility-of-wmd-proliferation/#axzz30O1Jjkjf
[114] Ibid.
[115] Raphael Perl, « Drug trafficking and North Korea : Issues for US policy », CRS Report for Congress, 25/01/2007, p.12
[116] Ibid., p.17
[117] David L. Asher, « The North Korean Criminal State, its ties to Organized Crime, and the possibility of WMD Proliferation », NAPSNet Policy Forum, 15/11/2005 : http://nautilus.org/napsnet/napsnet-policy-forum/the-north-korean-criminal-state-its-ties-to-organized-crime-and-the-possibility-of-wmd-proliferation/#axzz30O1Jjkjf
[118] Arnaud Duval, Le testament de Kim Jong-il, Michalon, 2012 : p.89]
[119] Raphael Perl, CRS Report for Congress, Drug trafficking and North Korea : Issues for US policy, 25/01/2007, p.8].
[120] Raphael Perl, CRS Report for Congress, Drug trafficking and North Korea : Issues for US policy, 25/01/2007, p.13].
[121] David L. Asher, « The North Korean Criminal State, its ties to Organized Crime, and the possibility of WMD Proliferation », NAPSNet Policy Forum, 15/11/2005 : http://nautilus.org/napsnet/napsnet-policy-forum/the-north-korean-criminal-state-its-ties-to-organized-crime-and-the-possibility-of-wmd-proliferation/#axzz30O1Jjkjf
[122] Ibid.
[123] Raphael Perl, « Drug trafficking and North Korea : Issues for US policy », CRS Report for Congress, 25/01/2007, p.17
[124] Ibid. , p.9
[125] Ibid.
[126] Ibid. , p.10
[127] Ibid. , p.12
[128] Ibid. , p.10
[129] Ibid.
[130] Ibid. , p.10 ; sur la Chosen Soren / Chongryon voir « General Association of Korean Residents in Japan », Global Security.org: http://www.globalsecurity.org/intell/world/dprk/chosen_soren.htm ; North Korea Leadership Watch: https://nkleadershipwatch.wordpress.com/category/chosen-soren/ et site internet du Chongryon: http://www.chongryon.com/
[131] Raphael Perl, « Drug trafficking and North Korea : Issues for US policy », CRS Report for Congress : 25/01/2007, p.10
[132] Ibid.
[133] Ibid.
[134] Ibid.
[135] Evan Perez et Madison Park, « 5 men extradited to US in North Korean meth case », CNN, 20/11/2013 : http://edition.cnn.com/2013/11/19/world/asia/thailand-north-korea-us-meth-arrests/ et « North Korean drug ship to be sunk », CNN, 22/03/2006: http://edition.cnn.com/2006/WORLD/asiapcf/03/22/nkorea.pongsu/
[136] Ibid.
[137] David L. Asher, « The North Korean Criminal State, its ties to Organized Crime, and the possibility of WMD Proliferation », NAPSNet Policy Forum, 15/11/2005 : http://nautilus.org/napsnet/napsnet-policy-forum/the-north-korean-criminal-state-its-ties-to-organized-crime-and-the-possibility-of-wmd-proliferation/#axzz30O1Jjkjf
[138] Raphael Perl, « Drug trafficking and North Korea : Issues for US policy », CRS Report for Congress, 25/01/2007, p.10 ; cette substance a été évoquée dans le cadre du conflit syrien, de nombreux combattants en auraient consommé
[139] Ibid.
[140] Ibid. , p.18
[141] Ibid. , p.17
[142] Isaac Stone Fish, « Inside North Korea’s Crystal Meth Trade », Foreign Policy, 21/11/2013 : http://www.foreignpolicy.com/articles/2013/11/21/inside_north_koreas_crystal_meth_trade
[143] Evan Perez et Madison Park, « 5 men extradited to US in North Korean meth case », CNN, 20/11/2013 : http://edition.cnn.com/2013/11/19/world/asia/thailand-north-korea-us-meth-arrests/
[144] « International Narcotics Control Strategy Report, Volume I – Drug and Chemical Control », United States Department of State, Bureau for International Narcotics and Law Enforcement Affairs, mars 2013 : http://www.state.gov/documents/organization/204265.pdf
[145] Ibid. , p.141 in Evan Perez et Madison Park, « 5 men extradited to US in North Korean meth case », CNN, 20/11/2013 : http://edition.cnn.com/2013/11/19/world/asia/thailand-north-korea-us-meth-arrests/
[146] Evan Perez et Madison Park, « 5 men extradited to US in North Korean meth case », CNN, 20/11/2013 : http://edition.cnn.com/2013/11/19/world/asia/thailand-north-korea-us-meth-arrests/
[147] Ibid. et « International Narcotics Control Strategy Report, Volume I – Drug and Chemical Control », United States Department of State, Bureau for International Narcotics and Law Enforcement Affairs, mars 2013, p.141: http://www.state.gov/documents/organization/204265.pdf
[148] Geoffrey Ingersoll, « North Korea allegedly forces diplomats to deal drugs for hard cash », Business Insider, 22/03/2013: http://www.businessinsider.com/north-korea-allegedly-turns-foreign-diplomats-into-big-time-drug-dealers-2013-3 et « North Korean diplomats « sell million of Dollars worth of drugs », The Chosun Ilbo, 20/03/2013: http://english.chosun.com/site/data/html_dir/2013/03/20/2013032001084.html
[149] Geoffrey Ingersoll, « North Korea allegedly forces diplomats to deal drugs for hard cash », Business Insider, 22/03/2013: http://www.businessinsider.com/north-korea-allegedly-turns-foreign-diplomats-into-big-time-drug-dealers-2013-3
[150] Ibid.
[151] Evan Perez et Madison Park, « 5 men extradited to US in North Korean meth case », CNN, 20/11/2013 : http://edition.cnn.com/2013/11/19/world/asia/thailand-north-korea-us-meth-arrests/
[152] Peter Shadbolt, « North Korea in grip of drugs epidemic, report claims », CNN, 30/08/2013: http://edition.cnn.com/2013/08/30/world/asia/north-korea-drugs et Isaac Stone Fish, « Inside North Korea’s Crystal Meth Trade », Foreign Policy, 21/11/2013 : http://www.foreignpolicy.com/articles/2013/11/21/inside_north_koreas_crystal_meth_trade
[153] Peter Shadbolt, « North Korea in grip of drugs epidemic, report claims », CNN, 30/08/2013: http://edition.cnn.com/2013/08/30/world/asia/north-korea-drugs
[154] Ibid.
[155] Sheena Chestnut Greitens, « A North Korean Corleone », The New York Times, 03/03/2012: http://www.nytimes.com/2012/03/04/opinion/sunday/a-north-korean-corleone.html?pagewanted=all&_r=0
[156] Sheena Chestnut, « Illicit activity and proliferation – North Korean smuggling networks », International Security, vol.32, n°1, été 2007, p.91

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