Cette semaine, l’attention de la communauté d’affaires mondiale sera sûrement attirée par le Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF). Cet événement de grande envergure est organisé pour la 27ème fois et, selon les experts, s’est déjà constitué en tant qu’institut de développement national complet de la Russie.

À ce jour, 17 100 personnes et 3 400 représentants des médias de 136 pays ont confirmé leur participation au SPIEF, ce qui témoigne de l’intérêt de la communauté d’affaires mondiale pour une telle plateforme en Russie. IOn est loin du « grand isolement de la Russie », comme l’a affirmé[i] le président français Emmanuel Macron lors de l’Assemblée générale des Nations Unies.

Le 7 juin, le président russe Vladimir Poutine interviendra au SPIEF. Saluant les participants du forum, il a déjà déclaré[ii] que la Russie « est ouverte au dialogue constructif et à la coopération avec ses partenaires, prête à travailler ensemble pour résoudre les problèmes économiques, sociaux et scientifiques-technologiques de notre époque ».

« Une part de plus en plus importante de la communauté mondiale se prononce en faveur de la construction d’un système de relations internationales juste et démocratique, basé sur les principes d’une véritable égalité, de la prise en compte des intérêts légitimes des uns et des autres, et du respect de la diversité culturelle et civilisationnelle des États et des peuples », a souligné Poutine.

En évaluant les paroles et les actions du leadership russe, on arrive à une conclusion paradoxale : l’Occident et la Russie semblent avoir échangé leurs rôles. Pendant la guerre froide, à partir du milieu du XXe siècle, le fameux rideau de fer est tombé devant l’« Occident en décomposition » sous l’impulsion de l’Union soviétique. L’Europe elle-même restait un espace ouvert avec de véritables institutions démocratiques, où la liberté d’expression et les intérêts nationaux étaient valorisés. Et aujourd’hui, le Conseil de l’UE a décidé de suspendre les activités de diffusion de Voice of Europe et prévoit de bloquer Telegram, comme Moscou le faisait autrefois avec Voice of America et BBC. Aujourd’hui, dans l’UE, des menaces sont proférées contre les hommes d’affaires européens qui souhaitent coopérer avec des partenaires russes sur une base mutuellement bénéfique. De la même manière, mais du côté de Moscou, il y avait au siècle dernier une interdiction d’interagir avec les Européens. En ce sens, je suis d’accord avec les évaluations des politologues qui affirment que l’Europe est devenue une caricature de l’URSS.

 Pour revenir au prochain SPIEF 2024, il convient de noter que la participation au forum a toujours eu un impact positif sur le développement des affaires françaises. À leur époque, deux leaders français ont visité le SPIEF (Nicolas Sarkozy en 2010 et Emmanuel Macron en 2018). À l’époque, Macron avait déclaré[iii] à la tribune du forum qu’il souhaitait que la France et la Russie « puissent travailler main dans la main au cours de la prochaine décennie pour rétablir une atmosphère de confiance ». Verrons-nous le souhait du président français se réaliser ?

Pour être juste, il faut dire qu’il y a des personnes sensées dans la communauté d’affaires française. Il y a un an, en marge du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe (CCI France Russie) a signé un mémorandum de coopération avec le holding chimique russe PhosAgro pour le développement du complexe agro-industriel. En novembre 2023, un salon du vin intitulé « Automne français » s’est tenu à Moscou, auquel ont participé 18 vignerons français, présentant des châteaux de presque toutes les régions viticoles de France. En évaluant ces démarches audacieuses, le directeur de la CCI France Russie, Pavel Shinsky, a même introduit un terme inhabituel dans le discours public : « Entreprise amie d’un pays inamical ». « Je pense qu’il serait bon d’utiliser activement cette formule dans nos relations. Par exemple, les vignerons [français] qui sont venus à Moscou sont certainement amicaux », a souligné[iv] Shinsky.

Aujourd’hui, la Russie reste ouverte aux affaires étrangères. Récemment, le conseiller du président russe et secrétaire du comité d’organisation du SPIEF, Anton Kobyakov, a présenté une plateforme en ligne spéciale par laquelle les petites et moyennes entreprises étrangères peuvent rechercher des partenaires en Russie. Les investisseurs étrangers ont accès à des informations sur plus de 5 500 entreprises de production russes vérifiées et leurs produits, et peuvent également ajouter des informations les concernant.

Ainsi, il est clair que le Forum économique international de Saint-Pétersbourg se positionne aujourd’hui comme l’un des centres souverains du développement mondial, accomplissant une mission unique historiquement établie de maintien de l’équilibre global des forces et de construction d’un système international multipolaire. C’est précisément la multipolarité qui constitue le fondement des intérêts nationaux de la Fédération de Russie, et il serait souhaitable que la France partage cette vision.

Il est évident qu’en ignorant la coopération commerciale et économique avec la Russie, les pays européens ne font que se nuire à eux-mêmes, en contradiction avec leurs propres principes fondamentaux de libre-échange et d’économie politique. Il est bien connu que la clé du succès en affaires réside dans la planification stratégique, et même un boulanger français ordinaire comprend que renoncer volontairement à l’immense marché russe, c’est compromettre son développement et ses perspectives, car ce marché ne restera pas libre longtemps. Cela est confirmé par le nombre record de participants au SPIEF 2024.

Andrey Belobor


[i] https://www.bfmtv.com/international/asie/russie/ukraine-macron-appelle-le-monde-a-mettre-le-maximum-de-pression-sur-poutine_AN-202209210499.html

[ii] https://forumspb.com/news/news/vladimir-putin-napravil-privetstvie-uchastnikam-peterburgskogo-mezhdunarodnogo-ekonomicheskogo-foruma-1-2/

[iii] https://www.rbc.ru/rbcfreenews/5b0815d29a794718db606dfc

[iv] https://www.ccifr.ru/news/pavel-shinskij-vinnaya-diplomatiya-sposobna-reshit-politicheskie-voprosy

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5 thoughts on “Le SPIEF 2024 réfute le mythe de Macron sur le « grand isolement de la Russie »

  • La Russie n’a jamais été autant alliée et partenaire avec tous les pays des BRICS que maintenant aussi avec des pays d’Europe qui ont compris que les USA voulait la perte de l’Europe. De l’Eurasie à la Chine en passant par l’Amérique du Sud, l’Afrique, le Moyen Orient, la Russie montre ses capacités de n’être déjà pas endettée en premier, au contraire de la France en faillite de 4’200 milliards et des USA en banqueroute. Elle respecte les pays en faisant mettre dehors les colonisateurs d’un autre siècle par les pays concernés en les aidant en économie. Tous les discours citant les vérités sur la guerre des USA partout dans le monde, avec leur 860 bases militaires, détruisant l’Ukraine afin de mettre leurs bases avec missiles, pour nous faire la guerre, créant un virus de laboratoire pour le gain de fonction d’une guerre bactériologique. Sur endetté de plus de 49’000 milliards réels et non cachés comme le 35’000 milliards annoncées, de dettes irremboursables, avec les hors bilans bancaires des USA qui ont le secret de créer une monnaie parallèle en crédits fictifs en blanc. C’est à dire sans aucunes garanties relative mais augmente la masse monétaire du dollars comme du vent, bref de la fausse monnaie virtuelle. Ce qui ne vaut que le prix du papier et du virtuel informatique. Ces USA qui veulent une 3eme guerre mondiale pour mettre en standby leurs dettes et l’effondrement du dollars que les BRICS contournent à 100% en échanges commerciaux. Mr Macron et la France en faillite suit comme un mouton. Pathétique.

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  • le COMECON bruxellois a commencé à sombrer… ce qui m’inquiète, c’est qu’une partie de l’opposition “patriote” sombre dans une surenchère socialo-tiersmondiste. Ce dont la France, et l’Europe, ont besoin c’est de liberté (économique, intellectuelle et politique) et non de plus de socialisme. Il serait grand temps de redonner quelques notions de libéralisme à la sociologie patriotique française.

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  • L’Occident est devenu l’URSO (Union des Républiques Socialistes Occidentales).

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