Cher ami, me permettrez-vous de vous dire ce que je pense des manifestations paysannes actuellement en
cours ? Si oui, voici ce qu’il en est, pour moi.

L’enjeu de ces mouvements, ce n’est pas, et de loin, ce qu’on en dit, à savoir quelques revendications, pour parfaitement légitimes qu’elles soient, portant sur le prix du gazole, la complexité administrative excessive, la concurrence déloyale avec les producteurs étrangers, etc… mais la survie, je dis bien la survie, du monde agricole français, naturellement français.

Une armée de prédateurs financiers étrangers, essentiellement anglo-saxons (on les appellera ici les PFAS), celle-là même qui, créancière de l’État français à hauteur des montants colossaux que l’on sait, lui dicte la politique qu’il doit suivre, à travers ses hommes-liges tels Macron et son clone Attal, a entrepris de détruire méthodiquement la classe paysanne française en l’ asphyxiant économiquement par des règlements iniques et inapplicables.

Toutes les difficultés à vivre du monde agricole actuel, alors que notre pays est en paix depuis quatre-vingt ans, qu’il est prospère comme il ne l’a jamais été, que l’agriculture est la première richesse française, sont purement artificielles, voulues, organisées, cyniquement organisées. Ces prédateurs impitoyables prévoient de racheter leurs terres aux paysans français, toutes leurs terres, à vil prix, comme ils l’ont déjà fait en Ukraine, et de constituer de vastes domaines, de mille hectares ou plus, en substitution aux domaines actuels tournant autour de la centaine d’hectares, détenus par des Français. Ce sera la fin de la paysannerie française.

C’est ce qui est prévu, et en route. Ce mouvement de concentration entre des mains étrangères, facilité par un gouvernement corrompu qui a été mis en place pour cela, a déjà commencé (y compris ici, en Charente, voir en particulier le vignoble du Cognaçais, mais pas seulement). Rien ne l’arrêtera si le peuple français ne
se lève pas, pas seulement le monde paysan.

Rappelons, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire à propos de la guerre en Ukraine, que les sommes énormes mises sur la table par ces PFAS pour corrompre et tout acheter sur la planète, dont maintenant les terres agricoles françaises, ne sont pas des fonds provenant du travail de leurs concitoyens, comme le sont les réserves monétaires chinoises, japonaises ou indiennes, mais produits par la planche à billet américaine qui émet à tout-va, sans contrepartie, ses dollars en quantité phénoménale, et dont le cours est artificiellement maintenu par sa puissance militaire écrasante et agissante. En d’autres termes, cette appropriation est parfaitement illégitime. C’est du vol, de la piraterie.

À propos de l’Ukraine, dont on vient de parler, où les Américains ont mis en place en 2014 un gouvernement qui leur est totalement inféodé, les PFAS y ont acquis depuis cette date 30 % des terres du pays , ces fameux “tchernozioms” parmi les meilleurs terres agricoles au monde, terres acquises avec des “dollars de papier”. C’est le sort qui attend la France agricole si on ne réagit pas.

Il est évident que la guerre que Poutine mène sur ce territoire, est, aussi, une guerre pour empêcher / limiter ces acquisitions pirates par les PFAS. On peut être certain que les terres repassées sous souveraineté russe ne redeviendront jamais la propriété de Monsanto, Cargill et autres Black Rock. Si la population russe approuve Poutine à 80 %, c’est bien évidemment, aussi, pour ça.

C’est pourquoi, malheureusement, je pense que les négociations qui finiront par avoir lieu entre les représentations paysannes et le gouvernement n’ont strictement aucune chance d’aboutir, ce dernier n’étant que le bras armé de ceux qui organisent la destruction du modèle paysan français, tant économique qu’anthropologique. Ce gouvernement est le premier ennemi du monde paysan.

Le monde paysan français, s’il veut survivre, se débarrasser de l’emprise de ces prédateurs conquérants, ce cette nouvelle forme de colonisation par l’argent artificiel, doit s’appuyer sur les forces politiques du pays encore à même de soutenir ce combat, d’abord pour être conscient de sa nécessité. Attention aux mauvaises réactions à prévoir de la part du pouvoir quand les manifestations vont commencer à peser sur la vie du pays. Attisé par les PFAS , comme au temps des gilets jaunes, il aura recours à la violence, la brutalité. Attention à préserver votre matériel. L’agriculteur qui perdra son tracteur dans la bagarre, qu’il ne pourra pas remplacer, aura perdu vraisemblablement aussi tout son outil de travail . Les PFAS auront gagné. Et ce ne sont pas les bourgeois parisiens égoïstes et pour beaucoup dégénérés qui viendront à leur secours.

Prenez donc bien garde à vous. Bien amicalement

Yves Maillard (Capitaine de vaisseau en retraite, ancien attaché naval à l’ambassade de France à Moscou).
Villejoubert le 30 janvier 2024

STRATPOL
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6 thoughts on “Lettre à un ami paysan

  • Où sont les forces politiques à même de soutenir le combat ????? Merci.

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  • Cette manifestation a été trop médiatisée pour desservir le système . La preuve , c’est qu’elle a permis d’obtenir l’arrêt du moratoire sur les pesticides . Dès lors que la FNSEA a obtenu la suspension de la réduction du recours aux pesticides , tous les tracteurs rentrent chez eux !!!’ Cinéma ! Si ils étaient vraiment contre ce système ils seraient restés ! Et n’auraient pas cède ! Cette manif n’était pas pour La Défense des petits agriculteurs mais pour La Défense du droit à polluer et à empoisonner les citoyens ! Ça sonnait faux depuis le début

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  • Entièrement d’accord avec cette analyse modulo qu’un soulèvement général ne pourra être valide QUE si les corps d’armée et la police, les CRS…etc, se mettent en marche avec le peuple et non contre le peuple sinon cela finira encore plus mal qu’avec les gilets jaunes….c’est à mon sens le seul moyen de virer Manu militari la caste au pouvoir qui détruit notre beau pays.

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  • C’est exactement la même chose pour l’immobilier. Il faut dépouiller le petit propriétaire en lui imposant taxes et règlementations de façon à le forcer à céder son bien à bas prix à des grosses structures qui investiront les sommes nécessaires au respect des normes exigées. Une fois entre les mains de quelques oligarques, l’immobilier verra les loyers flamber et les règlementations revues en leur faveur. Le processus est déjà sur la bonne voie.

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    • Que l’on m’explique le réchauffement climatique et l’isolation des logements, pour le peu de faible température sur notre pays,il y a 30 ans ça aurait eu un impact positif,et encore avec le recul on peut se poser la question, mais maintenant……….L’écologie un super biseness.

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  • Ne pas comprendre qu’on est dirigé par ses ennemis, c’est mourir.
    .
    “Une classe au sens marxiste du terme cesse, elle aussi, d’être une réalité purement économique et devient un facteur politique quand elle atteint ce point décisif, c’est-à-dire quand elle prend la lutte des classes au pied de la lettre en traitant l’ennemi de classe en ennemi véritable et en le combattant soit par une lutte d’Etat contre Etat, soit par une guerre civile à l’intérieur d’un Etat.” Carl Schmitt
    .
    Laquais de l’oligarchie ploutocratique d’OTAN-Woke
    =
    ENNEMIS DE CLASSE (kéké président de super-riche)
    ENNEMIS CIVILISATIONNELS (wokistes, éradiquer les souchiens, les paysans, la tradition, la morale ancienne)
    ENNEMIS CULTURELS (il n’y a pas de culture française, rappeurs colons trans tortillant du cul sur le perron de l’Élysée)
    ENNEMIS MORAUX (spéculation, répandre l’orange mécanique, fétichisme de l’Argent)
    ENNEMIS RACIAUX (glands remplacistes, Archipel de Fourquet)
    .
    Comment l’ennemi intérieur du monde blanc agit:
    .
    A ÉCOUTER (5mn) !!!!
    .
    https://www.youtube.com/watch?v=Dbbh9aymEx4&t=271s
    https://dailymotion.com/video/xdvnx8 ..
    .
    Extrait documentaire Arte “Das Netz” (avant journalope), conférences de Macy “tuer le holisme autoritaire du blanc” et son incarnation, l’état social et national; détruire la dangereuse cohésion du peuple en sapant son histoire, ses traditions et ses mœurs communes (la philia, la sittlichkeit) pour instaurer la féodalité d’une Cosmopolis ploutocratique occidentale.
    .
    Pour l’oligarchie nowhere, avec le soutient des crétins qui pensent sauver la Galaxie et qui ne jurent que par le jouir sans entrave de l’individu seul, “bobo narcissique à vomir”.
    .
    “La pensée dominante organise son opposition dominante” Marx
    .
    La classe dominante dicte le paradis et l’enfer aux dominés, qui l’arrangent… Sauver Bamby ne gène pas Soros…Ni gouinisme, ni végan, ni woke, etc…
    .
    .
    Comment progresse une idéologie (marxisme) :
    .
    “La mondanité – le mode d’emploi de la consommation de la nouvelle bourgeoisie – aura connu trois grandes périodes. L’implantation sauvage, d’abord. Celle de la bande, de la subversion. Le règne du provo, du rock, du rythme, du hasch. Il fallait proposer des modèles de rupture, percutants, violents.
    Puis l’implantation de masse. Les usages mondains selon les trois niveaux de la nouvelle hiérarchie sociale. A l’usage des élites, des couches moyennes, du populaire. La pesanteur sociologique du mondain.
    Enfin, la dernière période : après le surgissement du modèle et la vulgarisation des usages, voici l’informatisation au service de la convivialité.
    Alors le système en est à sa vitesse de croisière. «La société de consommation » – celle de la nouvelle bourgeoisie qui exclut la classe ouvrière, mais qui cherche à la séduire et à la manipuler – accède à son idéologie «humaniste». La convivialité est le meilleur usage de la société de «consommation». Le mode d’emploi des modes d’emploi, celui qui subsume tous les moments de l’accession à la consommation mondaine.
    C’est une loi de la production idéologique : le discours humaniste surgit comme couronnement d’une systématique d’usages. Ceux de la consommation «libératrice» d’une production aliénante. Un discours théorique justifie dans une perspective universelle des intérêts de classe. Cette théorisation philosophique surgit à chaque moment important de la croissance du mode de production.
    L’humanisme est donc le véhicule de la bonne volonté (celle qui pave l’enfer), de l’idéologie. Il permet de développer un discours bienveillant, cordial, généreux même. Cet aspect humain s’épanouit d’abord dans le paternalisme.
    La modernité humaniste va faire de ce père un grand frère. Le paternalisme va se donner une dimension protectrice et organisationnelle qui rend encore plus «humain »
    l’humanisme du capitalisme. La larme à l’œil du radical socialiste sincère deviendra celle du social-démocrate convaincu, pathos revu et corrigé par les public-relations de l’américanisation. L’animation idéologique du pouvoir politique et économique est la synthèse de ces deux dynamiques du néo-capitalisme (l’une spécifique de la bourgeoisie française, l’autre caractéristique de l’impérialisme américain).” Michel Clouscard

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