Nul n’ignore que la Vème République se veut en réalité une monarchie à temps, initialement cependant équilibrée et démocratique. Elle demandait des présidents, élus par le peuple, ce même sentiment de devoir envers lui et envers la France qui habitait naturellement nos monarques. Ses premiers présidents se sont investis dans ce principe. Ces chefs de notre État incarnaient la Nation.

Mais les trois derniers présidents qui viennent de se succéder, manquant sans doute de l’intelligence historique, moralement vulnérables et alimentant un ego hors de celui pleinement justifié de la Nation, ont accepté, ou suscité, des dérives de la Constitution. Cette Loi fondamentale, pourtant censée organiser l’État et protéger le peuple, a été lentement avilie. Elle a surtout été détournée par toutes sortes de biais vers un pouvoir présidentiel quasi exclusif, libérant des ambitions et des intérêts qui ne sont plus nécessairement ceux du peuple et de la France.

Elle n’est plus la norme suprême, dès lors qu’elle a été subordonnée au Droit européen et incorpore toutes sortes d’articles relevant habituellement de nos codes. Les représentants du peuple sont condamnés techniquement au silence. Ces évolutions négatives, sa pratique déviante ou sa mise en œuvre détournée de son esprit originel, ont gonflé les pouvoirs du Président et bien évidemment aussi ceux d’une organisation internationale envahissante dénommée Union Européenne. Si bien qu’aujourd’hui règne un président absolu pouvant s’affranchir du Parlement et s’appuyer sur des organismes non élus, comités et conseils de toutes sortes, auxquels sont associés des représentants convertis des professions, notamment agricoles, pour – non pas justifier – mais confirmer ses prétentions et désirs personnels.

Il approuve de fait ce qui se passe à Bruxelles, alors qu’il lui suffirait d’opposer un veto aux directives de l’UE pour que le monstre rentre dans son antre. Louis XIV était certes un roi absolu, mais il avait une haute idée de la France, ayant été éduqué pour l’incarner. Si ces derniers présidents avaient porté l’amour du pays dans le cœur et gardé sa grandeur comme phare de leur politique, les citoyens n’auraient vu, sans nul doute, que peu à contester et la France aurait conservé sa dimension et son rôle dans le monde.

Les changements profonds imposés au peuple vont dans l’irrationnel de la supranationalité par le pourrissement organisé de nos racines et la condamnation de notre culture et de nos valeurs.

Ainsi l’un de ces présidents nous a inféodé volontairement aux États-Unis en ralliant l’OTAN. L’actuel, ambitionnant – paraît-il – un destin continental, parle Anglais à l’étranger et bavarde en Français à n’en plus finir quand il s’agit de tromper le peuple sur ce qu’il pense et qu’il murmure en Anglais à ses partenaires de même allégeance. Entre ces deux présidents nous trouvons celui qui, à un moment, s’est gonflé d’orgueil et s’est senti français, lorsque notre Armée lui a offert le « plus beau jour de sa vie ». Il est pourtant le plus décrié et n’a rien fait pour arrêter ces dérives.

Délibérément, donc, le président actuel, élu par le non-vote des Français, partage ce qui n’est plus que la gestion de la France avec la Commission bruxelloise et les grands commis de l’internationalisme occidental. Cette politique lui convient. Elle est bien évidemment définie par l’État profond washingtonien, inspirant le collège davosien, les financiers de la City londonienne, les penseurs de Bilderberg et de la Trilatérale. Il ne la conteste donc pas dans l’espoir, probablement, d’en être un jour une éminence, alors qu’il détient le pouvoir qui le lui permettrait. En vérité il en est un des petits maîtres.

Le Droit n’est que le résultat d’un rapport de forces. Quand le rapport de forces change, le Droit change. Il n’est pas une constante ou un ensemble de textes intangibles. Un accord ne convenant plus doit être dénoncé. L’histoire foisonne de renversements d’alliances, de ruptures et de mésententes après des promesses de fidélités éternelles. Tout est question d’intérêt et de volonté…

Le pouvoir étant entre ses mains, il n’y a donc qu’un responsable de l’état actuel de notre pays, du malheur de nos agriculteurs, de nos classes moyennes, de l’affaiblissement de nos Armées, et du délabrement de la structure économique, financière, sécuritaire et sociale du pays.

Cette situation délirante pour un peuple aussi politique que le nôtre ne peut durer. Les dérives internationalistes d’un seul, soutenu par quelques comparses, nous entraînent dans des guerres qui ne sont pas les nôtres, nous impliquent dans un système économique et monétaire qui ne nous correspond pas, nous détruisent en tant que Nation, agressent notre identité, ravagent notre morale chrétienne et malmènent notre peuple.

« Bruxelles » n’existe que parce que « Paris » le veut bien. Autrement dit, l’UE dans ses désolantes aberrations, n’existe que parce que la France, en son gouvernement, le veut bien.

Poursuivant le syllogisme, elle n’existe que parce celui qui s’est arrogé un pouvoir absolu, lentement confisqué aux Français dans la suite de ses immédiats prédécesseurs, le veut bien. Ce que n’ont pas osé exiger les « Gilets jaunes » et ce que doivent exiger nos agriculteurs dans leur légitime colère, c’est la fin de l’absolutisme et de la délégation de tout un pan de notre souveraineté à une organisation qui n’importe que parce qu’une ploutocratie française accordée à
une ploutocratie étrangère, le veut bien.

Mais, ainsi que le disait Einstein, demander à ceux qui ont créé le problème de le régler est le comble de l’imbécilité.

Conclusion ?

Nos compatriotes agriculteurs, qui plus que quiconque savent ce qu’est la France pour être en communion avec la glaise nourricière de la Nation, ne peuvent continuer leur lutte avec un espoir de succès qu’en se tournant contre les véritables responsables du sentiment de déréliction de notre pays. Contre ceux qui préfèrent engager les blindés de la Gendarmerie face à eux, face aux Français plutôt que dans les banlieues sécessionnistes et islamisées ou défendre nos frontières.

Paysans, ils portent bien ce nom. Ils sont la France dans sa diversité de terres et de climats, de métropole et d’outre-mer et la France est avec eux. Leur combat est aussi le nôtre.

Général (2S) Henri ROURE

STRATPOL
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6 thoughts on “Tout absolutisme finit mal !

  • Je suis en profond désaccord avec plusieurs aspects de ce texte même si je partage quelques prémisses et aussi, bizarrement, quelques conclusions. En particulier, sur la responsabilité finale et historique attribuée à un seul homme accusé de tous les vices. Certes il en a et non des moindres mais cela n’en fait pas le responsable unique et ultime de l’état actuel de notre pays.
    In fine, il faut bien convenir que la constitution, si elle a pu être détournée et contournée voire violée, n’a pu l’être que parce que le peuple ne l’a pas écrite lui-même. Et à qui faut-il en faire reproche aujourd’hui ? Pas aux gilets jaunes qui n’ont eu de cesse de réclamer l’instauration d’un RIC constituant comme l’a fait depuis quelque temps le peuple d’Uruguay, pour le plus grand bien du pays. Ils ont commencé le travail et c’est à tous ceux qui se réclament de la France de le finir.
    Mais j’ai un autre point de désaccord, presqu’aussi important.
    Le phénomène n’est pas propre à notre pays et d’autres peuples qui ont eu une histoire différente vivent peu ou prou les mêmes problèmes. Comment ne pas y voir l’influence d’un mouvement de fond allant vers une conscience élargie de l’humanité et un destin plus adulte, qui prend la pleine responsabilité de sa puissance créatrice ? Dans cette perspective, les marionnettes au pouvoir ne sont que les leurres temporaires qui nous sont nécessaires pour arriver à cette prise de conscience et nous passer définitivement d’eux et de tous les “maîtres du monde” en construisant la société de demain dans attendre l’effondrement inévitable de celle d’aujourd’hui qui n’est déjà plus qu’un vestige d’hier.

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    • La lotocrassie chouardiniste et son ric est un autre symptôme de la décadence dans l’ “immédiateté” simplette. Immédiateté de la jouissance, immédiateté de la Nature, immédiateté de la couleur et de l’utilisation du trou du cul, immédiateté de sauver Bamby et cochon (mais sans saucisson pas de porcelet qui naît), immédiateté des pleurnicheries sur la corrida (pas de corrida pas de taureaux qui vivent), immédiateté de la gentille traite négrière qui assure-vie l’ultra-libéralisme, l’immédiateté politique lotocrasse/ric dans le crétinisme général (à Athènes la démocratie directe dégénéra dans le vote pour celui qui le rémunérait le plus… le vote…)
      La grande différence entre un grec antique et un bobo c’est que le grec était à la fois guerrier, magistrat, prêtre pour sa Cité et ne vivait que pour et à travers elle. Il y consacrait 3/4 de son temps (Fustel). Le bobo vit pour sa branlette narcissique. Ceci n’a rien à voir avec le “niveau” d’éducation “créateur”… Les grecs méprisaient le travail et la science pratique. Et la richesse apportée par les conquêtes d’Alexandre dézingua le système.
      On a vu la puissance créatrice des émeutes des colonies et la dignité du dernier souffle des paysans avant leur financiarisation finale.
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      Le papier-cul constitutionnel Chouard ne transforme pas un bobo libidineux, et son doudou Smartphone, en hoplite d’Athènes dans sa phalange démocratique, bouclier contre bouclier des égaux, un colon pilleur en paysan souchien, la branlette en virtu.
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    • la constitution a été massivement approuvée par les citoyens par référendum en 1958 : 80% de participation et 82% de “oui”. Tout l’établissement (de gauche et de droite) était contre de Gaulle, qu’il traitait de “dictateur”, mais le peuple n’en a eu cure. C’est précisément contre les excès du parlementarisme et du “régime des partis” que le peuple a réagit en votant favorablement. La constitution, texte qui organise les pouvoirs et les institutions, est l’oeuvre d’éminents juristes, et non “d’A.G. de gauche” (où les beaux-parleurs et les manoeuvriers imposent d’ailleurs leur aisément leur points-de-vue soit disant plus démocratique). La France a testé la royauté absolue, la convention (pouvoir de l’assemblée), le directoire (5 pers.), le consulat (3 pers.), l’empire, la royauté constitutionnelle, la république parlementaire, l’état corporatiste autoritaire (Vichy), qui n’ont pas démontré une meilleure réussite que la république semi-présidentielle actuelle. Les gens qui proposent de changer de régime sont dans la démagogie : la France a essayé à peu près tous les régimes en 200 ans ! Les problèmes actuels ne viennent pas de la Constitution mais de la perte de la souveraineté au profit du régime européiste supranational. Avant de juger de la Constitution, commençons par la rétablir !

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  • OTAN-Woke peut mondialiser son modèle car il concilie ces deux armes contradictoires mais constitutives de sa domination: la terreur et la séduction, l’oppression et la permissivité: le cochon a la liberté de choisir son auge dans la ferme des animaux bobo, mais juste ça.
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    Aussi les seigneurs capitalistes nowhere ont fait l’aumône aux caddies des péquenots souchiens de Boobaland, et fin de la récré en tracteur.
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    « L’État a été l’instance superstructurale de la répression capitaliste. C’est pourquoi Marx le dénonce. Mais aujourd’hui, avec la mondialisation, le renversement est total. Alors que l’État-nation a pu être le moyen d’oppression d’une classe par une autre, il devient le moyen de résister à la mondialisation. C’est un jeu dialectique [prévu par Marx]. » Clouscard
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    “français” n’existe plus, Archipel de Fourquet voulu et organisé pour dominer le troupeau… achevé.
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    A la permissivité de l’abondance, de la croissance, des nouveaux modèles de consommation, succède l’interdit de la crise, de la pénurie, de la paupérisation, smicardisation, tandis que les fortunes des super-riches sont x10 en 25 ans. Mais caddie roule tjrs… pas la frustration revancharde des glands remplacés souchiens dressés à la branlette du jouir sans entrave… et à rien d’autre… qui crèveraient de faim. Alors roule oligarchie.
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    “Je me branlerai jusqu’à la dernière couche et j’espère polluer très vieux.” retraité souchien 68ard libidineux
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    Il y a 2 choses que ne comprend pas l’ED de pUtE, p’tit Zob étant l’emblématique bourgeois juste réac refusant de se faire diaboliser (une ironie…): “L’immigration est une opportunité juste saisie par les colons” … ben voyons… refusant de dire l’Idéologique cohérente modélisant le monde et désignant l’ennemi, par peur d’être complotiste aux yeux de journalope… un comble!
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    “Les masses ne se laissent convaincre non par les faits, même inventés, mais seulement par la cohérence du système dont elles sont censées faire partie”. Hannah Arendt
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    Chose que ne faisait pas Marx, cohérence et désignation de l’ennemi (à la Trump):
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    «L’IMMIGRATION fait baisser ainsi les salaires [smicardisation], et dégrade la condition morale et matérielle de la classe ouvrière [orange mécanique…] une classe ouvrière divisée en deux camps hostiles [archipel de Fourquet], les prolétaires anglais et les prolétaires irlandais [imaginez avec musulmans/chrétiens] Le SECRET de l’impuissance de la classe ouvrière anglaise [souchienne], en dépit de son organisation […] grâce auquel la classe CAPITALISTE maintient son pouvoir. Et cette classe [Soros] en est parfaitement consciente » lettre à Meyer et Vogt, 1870
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    Et le 2ème manque de l’ED est de ne pas proposer une autre vision, conservatrice et révolutionnaire, pas simplement réactionnaire et consumériste, basée sur le présent réel pour dire un autre futur imaginé. Une métaphysique niant celle du trou du cul woke et l’auge. Mais ceci est une autre Histoire.
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    “La scientificité de la propagande totalitaire se caractérise par l’accent qu’elle met presque exclusivement sur la prophétie scientifique, par opposition à la référence plus traditionnelle au passé.” Hannah Arendt
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    « A l’opposé du mot d’ordre conservateur : ‘Un salaire équitable pour une journée de travail équitable’, les prolétaires doivent inscrire dans leur drapeau le mot d’ordre révolutionnaire: ‘Abolition du salariat’»
    Marx, Salaires, prix et profits, ex d’une négation de la négation métaphysique hégélienne, nier le Présent et aussi la façon de penser présente, pour réinventer le Passé (la communauté primitive chez Marx): la révolution conservatrice.

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    • Un juif qui avait le nez fin sur le devenir de pUtE:
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      « L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit le recours à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit la délégation de ces pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement « une politique », au sens le plus large du mot, nationale et internationale »
      Pierre Mendès France, le 18 janvier 1957, discours à l’Assemblée nationale, il vote contre le Traité de Rome avec… Le Pen, prédisant la dictature de l’urocrassie, bonnicherie des super-riches, ses maîtres.
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      Dans un autre style… Griffin:
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      https://www.youtube.com/watch?v=vGrOkfZrTwg
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      Remarque sur Coudenhove: il visait une Europe puissance nietzschéenne, culturelle et aristocratique, non woke abrutie cancel culture, pas crétinisée dealer-rappeur, pas asservie aux US et pas ploutocratique, une Égypte des pharaons grecque… pas un trou du cul trans… une aristocratie juive non corrompue par le Capital… un hoplite de Tsahal européen, pas un BHL nowhere… une haute race nvlle métisse, pas un Archipel de Fourquet, une nvlle métaphysique guerrière pas une chiurité du jouir sans entrave, c’est du Nietzsche.
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