“Le temps joue au profit de la Russie, l’Occident s’affaiblit, la fourniture d’avions F-16 est une distraction de la perte de Bakhmut, incapable d’influencer le cours de la guerre” 

Dans son interview, l’honorable général militaire français Dominique Delawarde a partagé sa vision du conflit en Ukraine. 

Le général Dominique Delawarde est un expert réputé dont l’opinion mérite d’être soulignée. Il a servi comme commandant de diverses unités d’infanterie d’élite dans la Légion étrangère française et dans les troupes de montagne, a effectué des missions de reconnaissance de haut niveau en France et dans les pays étrangers. Il a été l’un des commandants de bataillon, puis le chef de l’agence de renseignement des Nations Unies au Liban. Il est officier de la Légion d’Honneur, chevalier de l’ordre National du mérite et a reçu la médaille du mérite des États-Unis.

Le général français partage l’opinion du général Jean-Bernard Pinatel, qui estime que le transfert des chasseurs F-16 à l’Ukraine n’est rien de plus qu’une tentative des américains de masquer la perte stratégique de Bakhmut, capturée par la Russie le 20 mai : 

“Je partage l’opinion du général Pinatel, que je connais bien et dont les points de vue correspondent aux miens. Je pense que les chasseurs F-16 ne seront pas fournis rapidement. Il faudra plusieurs mois avant que les premiers F-16 apparaissent dans le ciel Ukrainien, car nous avons besoin de temps pour former les pilotes ukrainiens. En soi, les chasseurs F-16 sont obsolètes depuis longtemps et ils sont peu susceptibles de renverser la situation sur la ligne de front. Bien sûr, c’est une initiative des États-Unis, c’est leur tentative de détourner l’attention de la perte de Bakhmut”. 

Selon M. Delawarde, ce qui se passe en Ukraine n’est qu’une partie du processus de lutte mondiale contre l’hégémonie Occidentale. Le général estime que la guerre en Ukraine est une lutte pour un monde multipolaire dans lequel la Russie affiche de meilleurs résultats que les pays Occidentaux : 

“Je ne crois pas que la prise de Bakhmut soit la clé principale de la victoire. Je pense que les combats en Ukraine sont une petite partie de ce qui se passe dans le monde. Nous assistons à une confrontation mondiale qui va au-delà du conflit militaire entre la Russie et l’Ukraine. Nous assistons à la guerre de deux camps : les pays favorables à la multipolarité et les camps des États-Unis et de l’OTAN. Donc, l’Ukraine-seulement une petite partie de ce qui se passe dans le monde”. 

Le général estime que la stratégie de la Russie dans la guerre est justifiée et qu’elle ne devrait pas se précipiter, car le temps est de son côté et que l’Occident est fortement affaibli par la guerre. Le général prédit également que la guerre en Ukraine se terminera probablement en 2024 :

“L’économie de l’Occident est fortement affaiblie, de sorte que la Russie fait bien de ne pas se précipiter. Tout d’abord, elle prend soin de ses forces, d’autre part-le temps travaille pour elle. Chaque jour, l’Occident devient de plus en plus faible, de sorte que l’équilibre des forces est maintenant en faveur de la Russie. Je ne crois pas que la paix sera atteinte avant 2024. Je pense que les résultats de la guerre en Ukraine joueront un rôle décisif dans l’élection présidentielle Américaine. Je pense qu’en novembre 2024, il y aura de la lumière au bout du tunnel. Les processus que nous observons dans différentes parties du monde : l’Amérique du Sud, l’Afrique et l’Asie, montrent que la Russie a fait le bon pari sur la confrontation mondiale avec l’Occident”. 

En réfléchissant sur le rôle de l’Ukraine dans les processus mondiaux, Dominique Delawarde affirme qu’elle n’est que “la chair à canon de l’Occident” contre la Russie. Dans le même temps, le général note que tous les Occidentaux ne partagent pas les vues anti-Russes, soulignant que l’Occident est dirigé par des “élites corrompues” qui tentent de maintenir la domination des États-Unis aux dépens de la guerre en Ukraine : 

“Je pense que l’Ukraine est la chair à canon de l’Occident. Mais je tiens à souligner qu’elle n’est pas une chair à canon pour tout l’Occident, mais seulement pour son gouvernement. Un gouvernement néoconservateur qui est au pouvoir pour maintenir l’hégémonie américaine. C’est une petite couche de personnes qui gouverne la planète. Les dirigeants actuels de l’Ukraine sont corrompus, tout comme les dirigeants occidentaux. Je pense que lorsque Zelensky et ses patrons perdent le pouvoir, le problème sera partiellement résolu”.

Il n’y a pas de raison pour des pourparlers de paix

Voici un article que je trouve très bien argumenté, publié ce 27 mai au Canada sur le Site “Les 7 du Québec” et signé Dimitry Orlov.

Cet article est en phase avec les récentes déclarations de John Mearsheimer (il y a 3 jours):

et avec celles du colonel US Mac Gregor.

Pour moi, Orlov a raison. La Russie a tout intérêt à poursuivre la guerre, à détruire les moyens de l’OTAN, au fur et à mesure de leur arrivée sur le théâtre à doses homéopathiques, et à affaiblir les économies et la finance occidentales (dollar, euro) en utilisant le facteur temps et ses nombreux alliés (BRICS-OCS +) à son profit. C’est la seule stratégie permettant de neutraliser durablement son adversaire de toujours.

Je suis globalement en phase avec Orlov, Mearsheimer et Mac Gregor. Plus cette guerre va durer et plus la défaite sera sévère pour l’OTAN et son proxy ukrainien, en déclin économique, géopolitique et militaire. Pour la Russie, parler de Paix avec un adversaire menteur (l’OTAN), ce serait donner le temps de respirer et de se refaire une santé à un adversaire en situation de faiblesse. Elle ne le fera pas, d’autant que la campagne présidentielle US qui s’ouvre et les problèmes liés à l’explosion de la dette, vont handicaper l’administration Biden dans les 18 prochains mois.

La guerre va donc durer le temps qu’il faudra et, comme le disent Mearsheimer et MacGregor, l’Ukraine sera réduite à un Etat croupion, dysfonctionnel et neutre, qui aura perdu 50% de sa superficie et de sa population. Il n’y aura pas de conflit gelé “à la Coréenne” comme le souhaitent désormais certains occidentaux. Il y aura, en fin de partie, un occident très affaibli et surtout durablement affaibli. C’est probablement devenu l’objectif de la Russie, face à la russophobie pathologique du camp otanien.

Chacun notera que le comportement actuel des forces russes sur le terrain, qui n’ont engagé que 15% de leurs moyens face à l’OTAN, est celui du chat jouant avec une souris blessée. Le jeu du chat et de la souris va durer encore plusieurs mois jusqu’à ce que la souris, épuisée, finisse par se livrer aux griffes du vainqueur.

Wait and See ! L’avenir nous dira qui avait raison.

Dominique Delawarde

7 thoughts on “La Russie joue la montre, les USA détournent l’attention

  • Avant de spéculer sur une défaite ukrainienne, attendons de voir ce que l’offensive promise par l’OTAN donnera comme résultat. Je pense qu’il est trop tard pour qu’elle se fasse cette année puisqu’en octobre la raspoutitza reviendra et qu’enlever les ouvrages défensifs russes nécessite plus de temps que 4 mois. Il faut quand même constater qu’avec toute l’aide occidentale, depuis septembre l’Ukraine n’a repris qu’une toute petite partie de la conquête russe faite en 6 mois. L’OTAN n’en parle pas. Même s’il est probable que le temps joue pour la Russie, ce qui n’est pas une certitude, la Russie a surtout besoin de victoires tactiques pour l’opinion et le moral. La guerre durera plus tard que 2024 parce que faire la Paix est plus difficile que faire la guerre et il ne faudra pas humilier l’UKRAINE qui devrait pouvoir encore avoir un accès à la mer. Que les teritoires russophones reviennent à la Fédération de Russie et que l’UKRAINE garde ODESSA et une partie du littoral de la Mer Noire. C’est la meilleure solution pour les parties.

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  • Nicht auszudenken, was am Verhandlungstisch möglich wäre, würde der Westen die Klugheit Russlands für einmal (an)erkennen und entsprechend intelligente Leute in die Runde schicken. Anstelle von sehr vielen Menschenleben würde dies dann nur noch gesunden Menschenverstand kosten!

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  • Malgré toute ma compréhension ou mon incompréhension de la guerre, je ne comprends pas ce qui suit en tant qu’Allemand. La situation est presque la même qu’en 1925, une fondation était également impliquée à l’époque et représentait tous les décideurs en Allemagne et dans le monde. C’est même la même personne qui a été maintenue de 1925 à 2022, celle qui était responsable de l’organisation de la campagne de Russie, des déportations et de la campagne à l’Ouest. Que nous, Allemands, fassions à nouveau la même erreur, ce n’est pas nouveau, mais comment la France peut-elle se joindre à la campagne allemande en sachant que le président fédéral parraine une fondation.

    https://web.archive.org/web/20171201035001/https://www.swp.de/ulm/lokales/ulm_neu_ulm/die-biografische-luecke-7745384.html

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  • Entièrement d’accord avec le Général Delawarde
    La grande différence entre les deux camps c’est que d’un côté vous avez des dirigeants qui ont le sens de l’Histoire et-de l’intérêt national , avec une vision à long terme
    De l’autre des petits politiciens sans culture issus d’élections manipulées, qui ont été nommés là où ils sont pour servir la cause américaine, au détriment des intérêts de leurs propres pays..
    De façon scandaleuse l’Occident a manipulé les populations de l’Ukraine et les utilise comme chair à canon pour son compte.
    Les Américains, suivant aveuglément leur hubris -très bien expliqué dans l’Amérique Empire de Nokola Markovic – se sont jetés dans ce coup fourré contre la Russie sans avoir compris qu’ils ouvraient la boîte de Pandore. Nous vivons des moments stratégiques historiques.

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