République féodale d’Ukraine – Saison 1 / Episode 2 : Le “populicide” du Donbass

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Image : Press TV

« Il faut prendre de grandes mesures, il faut exterminer tous les hommes qui ont pris les armes, et frapper avec eux leurs pères, leurs femmes, leurs sœurs et leurs enfants. La Vendée doit n’être qu’un grand cimetière national »
Louis Marie Turreau, 9 avril 1794.

« American way of war » :

Le parti de la guerre est en passe de l’emporter à Kiev. Les déclarations de Petro Porochenko sur les enfants du Donbass condamnés à vivre dans les caves doivent être remises dans la perspective de la triple pression de Washington, des chefs néonazis et du parti de la guerre menée par Iatsenouk. Le Président ukrainien cherche à éviter une offensive militaire, dont le résultat est loin d’être garanti. Il mène donc une « guerre américaine », qui cible non plus les FAN (forces armées de Nouvelles Russie), mais les populations civiles du Donbass (ici une famille exterminée sous les bombes ukrainiennes à Gorlovka, ici à Kirovsk). Nous assistons donc à une destruction systématique des infrastructures énergétiques, sanitaires ou tout simplement des habitations elles-mêmes.

Les Etats-Unis qui ne comptent sans doute pas aider les Kiéviens de manière décisive, tiennent cependant à ce que ces derniers se battent jusqu’au bout. Le voyage de Joe Biden avait donc un triple objectif :

  • Vérifier que son fils s’épanouit dans son nouvel emploi au sein de la compagnie de gaz ukrainienne, “Burisma Holdings”.
  • S’assurer que la guerre civile se prolonge le plus longtemps possible, en espérant qu’elle aboutisse à la destruction ou au départ des populations du Donbass.
  • Faire accélérer la création d’un gouvernement de coalition, car tant que celui-ci ne sera pas nommé, l’aide internationale sera bloquée. Washington compte bien faire pression sur l’Union Européenne pour financer la guerre civile ukrainienne.

Notons que l’aide militaire américaine létale pose un problème d’escalade militaire à Washington. Tant que celle-ci consiste à envoyer du vieux matériel soviétique, stationné dans les anciens pays du Pacte de Varsovie, cela pouvait se passer discrètement. En revanche, la livraison de système typiquement américain provoquera une réponse proportionnée de Moscou. Pour résumer, si Washington livre des « Javelin », les Russes livreront des « Kornet ». En signant un traité avec l’Abkhazie, Vladimir Poutine a montré aux occidentaux que leurs menaces et le chantage n’avaient aucune chance d’influencer la politique du Kremlin.
En résumé, Kiev compte utiliser son artillerie pour empêcher les habitants de Nouvelle Russie de passer l’hiver tranquillement, espérant ainsi effrayer les populations de Slaviansk et Marioupol, qui souhaitent massivement rejoindre le nouvel Etat. D’un côté les habitants des villes occupées subissent les exactions quotidiennes des unités de représailles, de l’autre ils vivent dans la menace de se voir couper les vivres par Kiev, en cas d’adhésion à la Nouvelle Russie.

Schizophrénie énergétique et destruction économique :
Dans le même temps où Kiev prétend être en guerre contre Moscou, elle se tourne vers la Russie pour son approvisionnement énergétique. Nous l’avions expliqué pour le gaz et le charbon, mais cela concerne également l’électricité. Le Président Porochenko a en effet demandé à son ministre de l’énergie d’importer de l’électricité de Russie, afin d’économiser son mazout. Il en va de même pour le combustible nucléaire, que la Russie livrera l’année prochaine pour les quatre centrales ukrainiennes.

A cette situation énergétique catastrophique s’ajoute l’explosion de l’insécurité (même le pauvre Gerashenko le reconnaît, tout en disant, bien entendu, que c’est la faute des Russes) et du chômage. « AvtoZAZ » a quasiment arrêté son activité, « Antonov » est en faillite et espère naïvement, passer de la production d’avions de transport à celle d’avions de chasse, pour l’Ukraine. « Yuzhmash » et « Motorsitch » sont au chômage technique, faute de commandes russes. Pour « Yuzhmash », les perspectives américaines, brésiliennes ou turques sont bien insuffisantes, surtout depuis le dernier accident aux Etats-Unis.

Le secteur agricole est également touché. La holding « Mriya », un des gros acteurs ukrainiens qui exploite 320 000 hectares, n’a pu honorer $130 millions d’obligations en août dernier. L’agence Fitch a dégradé sa dette jusqu’à « RD » (restricted default). La dette totale de « Mriya » vis-à-vis des institutions financières se monte à $1,3 milliards. Il ne s’agit pas là d’un cas isolé. Dans les six prochains mois, les entreprises ukrainiennes devront payer $50 milliards d’obligations. Peu seront en état de le faire. L’Ukraine devra donc faire face à un double « default » de sa dette publique et de dette privée. Autre signe de la banqueroute annoncée, l’incapacité de Kiev à entretenir ses propres infrastructures. Sur les 22 oblasts (découpage administratif) contrôlés par Kiev, 17 ne disposent pas des moyens de déneigement nécessaires pour l’hiver.
L’Ukraine est définitivement retournée vivre dans les années 90. Faute de pouvoir mettre la main sur les actifs industriels du Donbass, l’oligarque Igor Kolomoïski a jeté son dévolu sur Odessa. Il y a envoyé ses bataillons du « Pravy Sektor » s’emparer d’une usine de produits pétroliers. Les raids sont de plus en plus fréquents dans la « nouvelle Ukraine démocratique ».
Comme nous l’avions annoncé dans notre précédente analyse, l’UE et même l’OTAN s’apprêtent à lâcher l’Ukraine, et ce, de plus en plus ouvertement, que ce soit dans la bouche de Franck-Walter Steinmeier ou du Président tchèque.

Exactions :

Les exactions des bataillons de représailles et du SBU se multiplient. A Marioupol, selon notre correspondant, les disparitions de femmes se multiplient. Les habitants vivent dans la terreur, des centaines de véhicules ont disparu. La police n’est même plus joignable. Les exactions se poursuivent désormais en dehors du Donbass. A Kharkov un jeune père de famille, Alexandre Agafonov, a été enlevé lors d’un contrôle routier, alors qu’il ramenait de Minsk, sa femme et son fils nouveau-né. Il a été livré au SBU et torturé à mort (images particulièrement dures). Le jeune homme a été enterré le 18 novembre dernier. Ses bourreaux n’ayant pas tenu de propos homophobes, la presse française a préféré éviter le sujet.

Conclusion :

En résumé, en 9 mois, les Etats-Unis ont siphonné la quasi-totalité des réserves d’or ukrainienne, détruit son complexe militaro-industriel et ont transformé cette improbable nation européenne en une dictature de type sud-américain, où la torture et le meurtre sont monnaie courante. Le gouvernement français, après avoir laissé le fisc américain extorquer $9 milliards à la plus grande banque française, a fermement sanctionné… la Russie. Il existe, au sein du parti socialiste, de sincères patriotes qui se sentent plus proche de Georges Clémenceau que de Pierre Laval. C’est désormais à eux de se faire entendre. Tout comme à l’UMP, où Alain Juppé, sorte de Tchernenko centriste, et Bruno Lemaire, sont déterminés à enterrer l’industrie navale française.

Xavier Moreau

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