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210 années d’agression de l’Occident contre la Russie

La présence française en Russie

La présence d’une colonie française de quelque importance s’est déroulée en deux phases dont la première remonte à la seconde moitié du XVIIIème siècle.

Dès son sacre en 1762 comme impératrice de Russie, la Grande Catherine (Catherine II) souhaitait développer au mieux son immense territoire. Ainsi, favorisa-t-elle l’installation d’étrangers dont particulièrement d’agriculteurs français, partout où cela était possible. Toutefois, diverses difficultés étant survenues alliées à celle d’un éventuel retour en France, nombreux furent ceux qui se replièrent sur Moscou, constituant ainsi la première colonie française locale, essentiellement marchande.

Cependant, dès 1810, les velléités de conquête de l’empire russe par Napoléon 1er, sacré empereur des Français et non de la France, ce qui n’est pas la même chose, se traduisit par sa campagne militaire de 1812, laquelle s’achèvera par une débâcle. En prime et sous différents aspects, évidemment un coût élevé pour le pays de Molière ce qui conduira également la colonie à subir un retournement de comportement de la part des Russes, s’estimant trahis.

Pourtant, même s’ils étaient préalablement animés des meilleures intentions à l’égard des Français, l’invasion napoléonienne changea la donne. On peut le comprendre… Quoi qu’il en soit, avec l’arrivée de l’empereur aux portes de Moscou, beaucoup de ces Français y laisseront leur vie, que ce soit du fait des Russes, ou que ce soit par enrôlement de force dans la Grande Armée puis durant sa terrible retraite hivernale à travers l’Europe.

Ce fut la première tentative de conquête venant de l’Occident.

Malgré ce qu’il faut bien appeler le traumatisme de 1812, dès les années 1820 des Français retentent l’aventure mais cette fois sous forme industrielle. C’est ainsi qu’ils construisirent et exploitèrent de grandes usines modernes à tel point d’ailleurs que l’on peut considérer qu’au début du XXème siècle, Nicolas II étant empereur, ils tenaient l’économie du pays dont celle de la capitale qu’était Moscou.

On constate immédiatement au moins trois choses :

  • La diversité des productions et des commerces,
  • La puissance financière que cela représente et encore, ne s’agit-il que d’une partie des investissements venant de France,
  • L’osmose qui s’est établie entre les deux pays.

Toutefois, il convient de bien distinguer ceux qui ont fui la France et les catastrophiques conséquences post révolution de 1789/1792 pour devenir des Russes à part entière, de ceux qui cherchent des gains financiers à travers des solutions multinationales naissantes, voire les deux. 

La Guerre de Crimée

Un conflit dont on parle désormais très peu en Occident et même plus du tout… Pourtant, la péninsule étant, parait-il, l’objet de toutes les attentions du régime néo-nazi de Kiev comme des USA et de leurs affidés, normalement, ce sujet devrait revenir à l’honneur pour ces belligérants ce qui n’est pas le cas. La raison en tient peut-être au fait que cette affaire s’est déroulée sous Napoléon III, souverain régulièrement fustigé alors que de grandes choses furent pourtant engagées sous son règne même si tout fut loin d’être positif, à savoir :

  • Paris in vitro tel qu’il est aujourd’hui grâce aux travaux poursuivi sous la direction de Georges Eugène Haussmann.[1]
  • Le grand essor du chemin de fer.
  • Celui de la marine à vapeur.
  • L’abolition effective de l’esclavage par la France.[2]

Quoi qu’il en soit, cette guerre de Crimée se déroula de 1853 à 1856. Son origine relèverait d’une querelle concernant le contrôle des lieux saints, à l’époque sous domination ottomane.

Or, il est important de considérer l’avènement d’un nouveau moyen de locomotion que fut l’utilisation de la machine à vapeur qui permettait de grandement améliorer les moyens de transport et ainsi les voyages des pèlerins, qu’ils soient catholiques ou orthodoxes. S’ensuivit une rivalité entre les deux empires, particulièrement pour celui de la France en pleine gestation[3]. Pour finir, on retrouve ici l’un des arguments bien connus pour entreprendre un conflit, ce qui ne s’est pas démenti depuis.

Nicolas 1er étant empereur, les possessions de l’empire ottoman interdisaient, pour la Russie, l’accès à la Mer noire et ainsi à la Méditerranée. Par suite d’une succession de conquêtes locales, l’empire ottoman n’eut d’autre choix que de déclarer la guerre à la Russie le 4 octobre 1853. Dans le principe, cela satisfaisait le Tzar dont l’objectif était ainsi d’envisager le démembrement de l’empire ottoman, assurant alors à la flotte russe l’accès à la Méditerranée.

Cependant, c’était sans compter avec les intérêts de l’Angleterre qui voyait d’un très mauvais œil l’arrivée de cette flotte en mer rouge puisque le canal de Suez fut inauguré en 1869[4] mais à cela s’ajoutait également l’accès à l’Atlantique, sous réserve toutefois de passer le détroit de Gibraltar, possession anglaise depuis le traité d’Utrecht en 1713. Quoi qu’il en soit, cela risquait de compromettre le trafic du Royaume Uni vers les Indes, toujours en sa possession.

Or, les relations ancestrales entre la France et l’Angleterre étaient toujours affectées de mauvais souvenirs, ce que Napoléon III, empereur des Français depuis la proclamation de l’empire le 2 décembre 1852, cru bon d’assouplir en se joignant d’une façon inattendue à l’épopée guerrière anglaise.

La guerre étant devenue quasiment inévitable, le 27 mars 1854, l’Angleterre et la France déclarèrent la guerre à la Russie avec comme argument de soutenir l’empire ottoman, exigeant ainsi la libération des territoires occupés par la Russie, ce qu’elle ne fit pas.

Sans entrer dans les détails de cette opération militaire, considérons simplement que le plan retenu fut celui proposé par Napoléon III, autrement dit : marcher et prendre Sébastopol, ce que les franco-britanniques mettront à exécution dès le 29 avril 1854 avec un débarquement à Varna, en Bulgarie qui contraignit l’armée russe à reculer. Cette tête de pont établie, le débarquement final eut lieu en Crimée vers mi-septembre 1854 puis s’ensuivit la bataille de l’Alma et le siège de Sébastopol qui ne dura pas moins de onze mois.

Ce conflit s’achèvera par le traité de Paris le 30 mars 1856 signé par Alexandre II, héritier d’Alexandre 1er après son décès le 2 mars 1856, lequel prévoit le maintien et les possessions de l’empire ottoman, confirmant les intérêts britanniques.

Pour la France, c’est à la fois un succès militaire et diplomatique qui efface quelque peu celui du congrès de Vienne en 1815. Toutefois, cette affaire qui fut un revers pour la Russie participa en germe à la révolution de 1905 que Nicolas II aura beaucoup de peine à juguler[5].

Que retenir ?

L’affaire a comme raison la Crimée et déjà, contre toute attente, une coalition franco-anglaise contre la Russie. Même si la France s’y joignit avec réserve et ne souhaitait pas étendre le conflit, elle y sera néanmoins largement engagée puis en conservera un certain nombre de souvenirs, tels que le pont de l’Alma ou par exemple, l’avenue Mac-Mahon dans le 17è arrondissement de Paris.

Pour mémoire, en est également issu le nom de Malakoff pour une partie de la commune de Vanves en banlieue de Paris depuis le 10 novembre 1860 avec l’accord de l’empereur, commune des Hauts de Seine.[6] Son nom sera officiellement entériné le 8 novembre 1883.

La connaissance de l’Histoire étant indispensable pour qui veut comprendre l’évolution du monde, il est évidemment intéressant de rapprocher la guerre de Crimée aux événements actuels et à leur déroulement, ce qui, dans une certaine mesure, explique l’acharnement de l’Occident contre la Russie mais les conditions ne sont plus les mêmes et la leçon fut très certainement bien retenue au pays des ours.

L’on ne manquera pas de remarquer que les arguments pour justifier un conflit ont peu varié, tels qu’une cause religieuse, la démocratie, la liberté, l’oppression des peuples, etc. autant de mots creux qui cachent en réalité les véritables objectifs qui sont toujours ailleurs, les peuples concernés en faisant généralement les frais.

La triple entente

Pour cela, il faut remonter au 17 août 1892 pour constater la signature d’une convention militaire entre la Russie et la France dont l‘objet consiste à une aide mutuelle en cas de conflit, sous-entendu avec l’Allemagne, Nicolas II pour la Russie et Guillaume II (Wilhem II) étant empereurs en ces pays et cousins.  Cette convention se transformera en alliance franco-russe dès le 27 décembre 1893.

Indépendamment, le 8 avril 1904, la France et le Royaume unis signeront à leur tour ce qui est appelé l’entente cordiale, laquelle pour l’heure, marque plutôt un rapprochement diplomatique.

Cependant, l’entrevue du 11 juillet 1905[7] près de Björkö en Finlande entre les deux empereurs conduit l’Angleterre à s’inquiéter d’un rapprochement entre l’Allemagne et la Russie ce qui la conduit à signer une convention avec cette dernière dont l’objet est de délimiter leurs empires respectifs.

En effet, il ne faut pas oublier qu’à cette époque, tant la France que l’Angleterre disposaient de toutes leurs colonies, sauf en ce qui concerne la France, le Maroc qui lui sera alloué par un vote favorable des USA au déficit de l’Allemagne lors de la conférence d’Algésiras en 1906.[8] Cette dernière en conservera beaucoup d’amertume à l’égard du pays de Molière ce qui explique également la suite de l’Histoire militaire entre les deux pays…

Cette entrevue de Björkö s’accompagnera de la signature d’un projet d’accord secret entre les deux empereurs. Cependant, une modification de dernière minute imposée par Guillaume II revenait dans les faits à remettre en cause l’alliance franco-russe.

Au retour de Nicolas II, ce projet présenté à ses ministres fut rejeté car ils souhaitaient conserver l’alliance avec la France ce que Nicolas II, bien peu convaincu par cette affaire, souhaitait également. Il en fut de même du côté des diplomates russes en poste à Paris mais aussi pour Maurice Rouvier, Président du Conseil comme pour son gouvernement.

En conséquence, le 23 novembre 1905 le Tzar écrivit à son cousin pour dénoncer sa signature, ce qui ne fut évidemment pas du goût de Guillaume II car cela conduisait à un renforcement de l’alliance entre Anglais, Français et Russes.

En conclusion, on peut ici vérifier la fidélité de la Russie à la France. Naturellement, elle y avait ses intérêts dont financiers mais ceci doit être souligné car tout laisse à penser que sans cela, la guerre ne se serait pas déclenchée en 1914 mais plus tôt, ce qui était de l’intérêt de l’Allemagne après sa victoire contre la France en 1870 où cette dernière perdit l’Alsace et une partie de la Lorraine. 

L’affaire du canon français de 75 mm modèle 1897 et l’affaire de la légation de Pékin

Pour la “petite histoire“, cette arme était équipée d’un dispositif révolutionnaire pour l’époque : le frein de recul du canon sous forme de vérins à huile, principe toujours en vigueur de nos jours sur les matériel modernes.

Or, en 1900, une révolte populaire survint à Pékin contre le quartier des légations[9] durant laquelle l’ambassadeur d’Allemagne fut assassiné. Fomentée par des organisations politiques locale, soutenues par l’empereur, elle visait à chasser les Européens de la capitale. L’emblème des insurgés était le poing tendu, d’où le nom de guerre des boxers (Les boxeurs en langue française). Cette situation mettait en péril des intérêts de divers pays dont ceux de l’Angleterre, de la France, de l’Allemagne, etc. mais également des USA et de la Russie comme du Japon.

L’ampleur prise par cette révolte provoqua l’organisation d’un corps militaire expéditionnaire destiné à rétablir l’ordre. Ce fut au maréchal allemand Waldersee que revint la charge de coordonner l’action de ce corps expéditionnaire. Parallèlement, le général français Bailloud prit la tête d’un groupe de trois batteries, soit 12 pièces d’artillerie, du nouveau canon de 75 mm modèle 1897 mais il se trouvait ainsi sous les ordres du maréchal allemand.

Il va sans dire que l’occasion permettait de tester cette arme en conditions réelles ce qui fut fait dès le 31 décembre 1900 contre 2 000 Boxers rassemblés sur le sommet d’une colline. En quelques rafales, les canons français avaient déjà vaincu une partie de la révolte qui s’acheva de la même manière en mai 1901.

Pouvant tirer jusqu’à 20 coups par minute, soit un coup toutes les 3 secondes, l’affaire remonta prestement jusqu’en Allemagne où elle fit l’effet d’un séisme car le matériel national était beaucoup plus primaire et bien loin d’une telle performance, soit au mieux un coup par minute avec nouveau pointage entre chaque tir. Dès 1905, sur ordre du Kaiser Guillaume II, il fallut reprendre tous les canons et toutes les munitions au calibre de 77 mm en copiant l’invention française qui fera ultérieurement des ravages dans l’armée allemande, invention qui sera également copiée par les Anglais et les Américains. Coût total de cette refonte : 12 milliards de marks…

En conclusion

Une affaire qui n’est pas anodine et qui méritait d’être rappelée car s’il en était encore besoin, on voit ici :

  • Une période très importante de l’Histoire, soit entre 1904 et 1906.
  • Déjà l’influence de l’Occident et ainsi des USA dans la politique extrême orientale dont vis-à-vis de la Chine. Comme quoi, cette même Histoire se répète aujourd’hui mais sur d’autres bases.
  • A travers l’OTAN, la tentative actuelle de mise en ordre de combat des mêmes protagonistes qu’en 1900, incluant le Japon mais contre la Russie et la Chine.
  • Estimer que l’alliance actuelle russo-chinoise serait de circonstance reviendrait à oublier cette Histoire de guerre des Boxers qui risque fort de ne pas se répéter à l’identique…
  • La nécessité d’avoir conscience des intérêts des autres puissances, de ne pas oublier l’Histoire vécue et de savoir se protéger en conséquence sous peine de revivre le passé.

Un peuple qui oublie son histoire est condamne à la revivre”

Jorge Agustín Nicolás Ruiz de Santayana y Borrás, écrivain philosophe américain né à Madrid (16 décembre 1863 – 26 septembre 1952). Citation improprement attribuée à Winston Churchill

Rien de ce qui touche à la politique ne relève du hasard !

Soyons sûrs que tout ce qui se passe en politique a été bel et bien programmé !”

Franklin Delano Roosevelt – Président démocrate des Etats Unis d’Amérique (04 mars 1933 – 12 avril 1945).

Les relations russo-françaises

Les relations avec la France étaient alors des meilleures et la langue française largement enseignée, surtout dans la cour impériale, la bourgeoisie et l’industrie pour ceux qui le souhaitait. Quant aux grands auteurs, plusieurs écrivaient dans les deux langues.

Cependant, avec la révolution bolchevique de novembre 1917 suivant le calendrier julien, dès le début de 1918 la colonie revint précipitamment en France et ceux qui souhaitèrent rester en Russie furent en majorité emprisonnés, voire éliminés d’une manière ou d’une autre.

Une révolution qui tomba fort à propos et qui ne doit rien au hasard car sans elle, il est à peu près certain que cette même Russie aurait quelques années plus tard dépassé les USA[10]. Toutefois, 70 années de communisme laisseront alors le champ libre à l’Occident pour sa tentative d’hégémonie mondiale. Ce sera la seconde fois, non de conquête mais d’action malveillante.

L’armée blanche contre le bolchevisme

Il s’agit d’une force assez disparate réunie en divers lieux de Russie, constituée d’éléments hostiles aux bolchéviques mais dont une partie était favorable à la restauration des descendants de la famille impériale.[11] Dès août 1917, un premier regroupement s’organise, commandé par le général Alekseïev puis dans la région du Don dès le mois de décembre suivant, autour du général Kornilov.

En 1918, d’autres armées blanches s’organisent également, soutenues par la France et l’Angleterre. Sous le commandement du général Koltchak puis avec succès, celles-ci convergeront vers Moscou. A ce soutien extérieur s’ajouta différents pays constituant ce qui est appelé aujourd’hui l’Occident dont le Canada, l’Allemagne, la Grèce, l’Australie, la Pologne, les USA, etc.

Sans entrer dans trop de détails, partout sur le territoire différentes armées blanches opéraient contre les bolchéviques, si bien que dès la mi-1919 la majeure partie du territoire sera sous le contrôle des insurgés dont toute la région sud composée de volontaires et de Cosaques. Toutefois, le succès sera de courte durée car dès l’automne 1919, la situation s’inversera au profit des bolchéviques avec la fracturation des armées blanches puis leur totale disparition dès 1922.

Le retour de fortune de l’armée blanche

Il sera attribué à une organisation plus rigoureuse de l’armée rouge, aux dissentions qui régnaient au sein de l’armée blanche mais également à la participation des forces étrangères dont l’action fut très limitée. Il est d’ailleurs très curieux de constater que les principaux organisateurs de la révolution rouge de l’automne 1917 seront hébergés à Paris mais également soutenus par l’Allemagne.[12]

La participation militaire russo-soviétique

Durant la Grande guerre, celle de 1914-1918, entre janvier et octobre 1916, la Russie du Tsar Nicolas II enverra environ 13 400 hommes se battre aux côtés de la France sur divers lieux. A cela, s’ajoutent à partir de décembre 1917, par conséquent cette fois sous régime bolchevik de l’ex-URSS, quatre bataillons, soit environ 11 000 hommes, qui seront versés dans la Légion étrangère pour 2 000 d’entre eux et dans des travaux civils pour les autres. 

Au total, près de 24 400 hommes seront affectés d’une manière ou d’une autre aux côtés de la France qui équipera entièrement les soldats destinés aux différents fronts car il n’y avait pas que celui de l’Est et du Nord. Des survivants, beaucoup resteront sur le sol national et fonderont des familles dont il subsiste de nombreuses associations, y compris issues de l’immigration ayant suivi la révolution de 1917 mais également la fin de l’armée blanche en 1922. De cela, avec difficulté, on en cherche le souvenir comme une quelconque reconnaissance de la part des gouvernements et encore moins dans les livres scolaires d’Histoire…

Rue Royale, à Paris le 14 juillet 1916. Défilé de soldats russes envoyés par le Tzar Nicolas II.

Lors de la seconde guerre mondiale qui s’étendit de l’été 1939 à l’été 1945 avec la défaite du Japon, contrairement à ce qui est généralement allégué, ce ne sont pas les USA essentiellement alliés en cela avec la Grande Bretagne qui gagneront cette guerre sur le front de l’Ouest mais bien l’Armée rouge. Sans cette puissante action de l’ex-URSS, l’affaire aurait été beaucoup plus difficile pour les alliés, ce qui ne les empêche pas chaque année de célébrer leur victoire.

Si l’on peut comprendre, néanmoins, dans la mesure où cela serait possible, au moins en Normandie, on constate qu’elle pourrait bien volontiers être célébrée tous les mois, tel un scénario d’Hollywood avec force défilés et autres démonstrations commémoratives mais toujours accompagnés d’un substantiel retour sur investissement financier et/ou politique.

Politique occidentale

Pourtant, sans doute n’est-il pas utile de rappeler les différents conflits, comme les différentes déstabilisations d’états, menés par les Etats unis avec ou non la participation de leurs alliés, soit : Indochine, Vietnam, Corée du Nord, Géorgie, Balkans, Lybie, Irak, Syrie et aujourd’hui l’Ukraine, sans qu’il soit pour cela nécessaire de se souvenir de l’Afrique et de l’Amérique du Sud, etc.

Conflits directs ou en sous-main dont la raison d’être relève de l’encadrement de la Chine et de l’ex-URSS sans oublier que le fondement de la société américaine repose sur le capitalisme issu de la religion suivante, soit en schématisant :

Investissement financier minimum –> Retour sur investissement le plus rapide possible –> Bénéfice maximum.

A sa base, cette conception de la vie économique et par voie de conséquence sociale, est rendue possible par la nouvelle religion, largement issue de la révolution française, dont l’origine remonte aux grandes idées sociales de la Grande loge maçonnique spéculative d’Angleterre.[13]

Dans la pratique, il est possible de la résumer ainsi mais plutôt appliquée aux autres : la république comme catéchisme, la démocratie comme prophète et le dieu argent comme divinité suprême conduisant à un système politique et social par nature totalement apatride, asexué et déshumanisé, à terme porte ouverte à tous les conflits impérialistes puis à l’esclavage de masse au profit d’une minorité qui sait parfaitement exploiter cette organisation sociale.

Pour les supporters du monde technologique à outrance, la croissance dont la définition reste à bien préciser, accélère sans que l’on puisse en deviner la limite qui répond essentiellement d’un certain horizon.

La démocratie, sans en approfondir la réalité, apparaît donc comme un système politique particulièrement adapté puisqu’il permet, sous couvert d’une séduisante conception des sociétés humaines adoptant ce mode de gestion politique, d’assurer l’accession au pouvoir d’individus choisis ou de leurs clones. Ensuite, il suffit sous couvert de diverses astuces, de les y maintenir. Choix qui s’opère généralement dans des sphères étrangères au peuple.

Plus précisément, ce dernier va ainsi élire, soi-disant démocratiquement, des personnages sensés le représenter et œuvrer en conséquence pour lui apporter satisfaction dans sa vie quotidienne, les véritables instigateurs restant en embuscade et généralement pas ou peu connus du grand public.

Comme ci-dessus mentionné, la liberté d‘action du promu ainsi propulsé, nécessairement avec son consentement, impérativement excellent acteur et toujours habillé de toutes les vertus si ce n’est d’une exceptionnelle intelligence, ne peut en réalité que rester dans le placard les illusions.

Cela se comprend aisément puisque son rôle consiste avant tout, à mettre en œuvre le programme assigné. Autrement dit, celui de la grande finance mondialiste, par nature apatride et asexuée, à laquelle il est redevable dont font partie les “renvois d’ascenseur” pour les “amis“, voire les “amis des amis” qui lui ont permis d’accéder en haut du podium du pays considéré, étoffant au passage son réseau de soutiens.

Se constitue ainsi une république indépendante auto-protégée au sein de la république populaire. De même, en tout ou partie, il s’assurera de l’entourage qu’il désigne ou qui lui est désigné afin de garantir au mieux sa mission ou son contrat, si l’on préfère. Il s’agit ici d’un système très performant puisque faisant en apparence appel au libre consentement de chacun lors de l’élection de celui qui est sensé diriger la nation mais aussi, suivant le nombre d’abstentions dont le rôle s’avère primordial afin de faciliter cette ascension.

Ce faisant, le promu peut parfaitement n’être élu qu’avec 10 à 15 % des électeurs, sinon beaucoup moins puisqu’il n’existe pas de limite basse, ce qui ne l’empêchera pas d’annoncer une “éclatante victoire“.

Cependant, cela signifie aussi que 85 à 90% de ces mêmes électeurs se considèreront alors non représentés, et que dire de ceux ayant voté. Qu’à cela ne tienne, détenant alors le pouvoir, le candidat ainsi propulsé aura carte blanche pour gérer le pays suivant divers intérêts qui ne sont généralement pas ceux du peuple que pourtant il est censé représenter et défendre.

Même si elle n’est pas nouvelle, il s’agit néanmoins ici d’une situation que l’on constate particulièrement aujourd’hui entre les décisions des dirigeants d’un pays par rapport à ce que souhaiterait le peuple, initiatives et orientations politiques et/ou sociales qui conduisent généralement à de regrettables confusions, non sans sérieuses conséquences.

L’opération Z dans le Donbass puis en Ukraine

Ainsi, le conflit en Ukraine apparaît parfaitement s’inscrire dans ce schéma mis en œuvre depuis longtemps par les USA contre la Russie et si possible contre la Chine avec le servile concours de ses valets européens par OTAN interposée.[14]

Cette troisième croisade n’est autre qu’une nouvelle tentative parfaitement annoncée et coordonnée pour tenter d’affaiblir durablement la Russie, sinon de l’effacer de la carte puis d’en piller les richesses comme en Irak, en Syrie, en Lybie, en Afrique subéquatoriale et ailleurs dont dépend de plus en plus la survie de ce même Occident.

Cependant, l’orgueil comme la stupidité étant toujours mauvais conseillers, dans la mesure où ces mêmes USA ont toujours attaqué des puissances militairement faibles, ils se sont aujourd’hui nettement trompés d’adresse !…

Si l’on peut effectivement contester cette affirmation, en ce qui concerne la seconde guerre mondiale, néanmoins, quel aurait été son déroulement si l’Armée rouge au prix d’un flot de sang dans ses rangs et au sein du peuple, n’avait pas largement affaibli la puissance allemande puis avancé jusqu’à Berlin ?

Aujourd’hui, l’Histoire se répète-t-elle à nouveau et la Russie sera-t-elle obligée de retourner au cœur de ce que certains souhaitent comme l’avènement du IVème Reich ? En effet, la formation puis l’utilisation d’unités nazies en Ukraine ne s’est pas construite toute seule mais avec l’active participation des USA et de différents pays de l’OTAN dont la France et l’Allemagne.

A ce propos, il n’est sans doute pas inutile de rappeler que le 27 janvier 1945, l’Armée rouge libérait le camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz et non les Alliés, ouvrant ainsi les portes à environ 7 000 survivants de différentes origines.

Etrangement, quasiment jour pour jour, l’Allemagne a pris la décision de livrer quelques dizaines de chars modernes, Léopard II, au régime nazi de Kiev. Tout aussi étrangement, les meilleurs chars allemands durant le dernier conflit mondial étaient les Tigre et les Panthère…

Sauf pour les naïfs et les incrédules, il s’agit manifestement ici d’une évidente symbolique et d’une nouvelle provocation car après les chars suivront vraisemblablement les avions de combat et autres dont l’objectif sera de pousser ainsi la Russie à sortir de chez elle pour aller mettre un terme à la source de cette escalade létale, soit : Pologne, Allemagne, Angleterre, Espagne, Italie et ailleurs en Europe de l’Ouest dont en France.

On retrouve ici le même stratagème qu’en ce qui concerne l’opération spéciale dénommée Z, laquelle après huit années de bombardements ukrainiens sur le Donbass,[15] obligea l’ancien empire des Tzars à réagir mais toutefois, la frontière est commune entre la Russie et l’Ukraine, comme d’ailleurs la langue, au moins pour une bonne partie de la population.

Cependant, à ce moment-là, il ne n’agira plus de la même étendue, peuplée d’embuches par les forces de l’OTAN, même appauvries. Il est donc particulièrement important de se souvenir que diluer ses forces n’est jamais une bonne idée mais on peut supposer que les stratèges russes en sont parfaitement conscients et qu’ils ont estimé le prix à payer pour leur nation.

La question qui se pose est alors la suivante : auront-ils un autre choix si une telle nécessité doit survenir ce qu’il y a tout lieu d’estimer ? Pas certain car on peut penser que les progrès accomplis en matière tant d’armement que de moyens défensifs permettront de ne plus sortir des murs du pays des ours pour calmer les ardeurs bellicistes des pays occidentaux qui n’auront toujours pas compris les règles de ce triste jeu malsain : celui de qui perd gagne.

Décidément, l’Occident dont la France ont choisi une partie profondément déshonorante de poker-menteur, laquelle inévitablement, s’achèvera comme à chaque fois dans le passé pour les empires, par une sanglante grande bataille qui aura toutes les chances de sonner l’agonie de celui d’Occident dont en premier celle des différents pays d’Europe au service des USA dont inévitablement, celle de la France déjà chancelante sous bien des aspects.

Rappelons qu’à chaque fois que les gouvernements de la France (Et non les Français…), se sont opposés à la Russie, ce ne fut pas pour le bénéfice du pays. Cela le sera encore moins avec son servile alignement sur les intérêts parfaitement égoïstes des actuels dirigeants américains, connus ou en sous-main[16].

Cet affaiblissement de l’Europe, telle qu’actuellement constituée, sinon sa fracturation prévisible, contribuera par ricochet à celui des USA qui ne pourront au mieux que se replier sur eux-mêmes pour sauver ce qui peut l’être.

Rien de nouveau sous le soleil, sauf que l’on ne joue plus avec des arcs et des flèches, voire des canons chargés en poudre noire et à mitraille mais avec d’autres jouets infiniment plus dangereux.

Entièrement dévoués au dieu argent et aveuglés par leur orgueil sans limite qui n’a manifestement d’égal que leur incompétence, les pompiers pyromanes qui peuplent les différents gouvernements d’Europe vieillissante, comme aux Etats-Unis, n’ont manifestement guère conscience quant au résultat réel, y compris pour eux-mêmes.

Pour les nations comme pour les peuples qui les composent, oublier l’Histoire, l’effort et la nécessaire rigueur en toutes choses au profit de la seule jouissance au jour le jour de biens matériels et de l’arrogance qui souvent en découle, conduit à baisser la garde puis à l’affaiblissement général ce qui constitue toujours une affaire à très haut risque…

Jean-Marc TRUCHET

Documentation complémentaire

Note de l’auteur

Ce document, très synthétique, est constitué de recherches à caractère historique, d’extraits de ses livres comme d’analyses géostratégiques et géopolitiques, en particulier :

  • DE LA PYRAMIDE DE LA COMPLEXITE… A LA TOUR DE BABEL – Sous le règne des sociétés multinationales et du dieu argent.
  • LA FRANCE ET L’AFRIQUE DE L’OUEST EN PARTICULIER – De la fin de la françafrique à celle de la France ?.. L’échec d’un empire prometteur pour tous.
  • DE LARGENTIERE A MOSCOU… ET RETOUR A LARGENTIERE. 1901-1918

Par ailleurs, il serait vain de rechercher ou d’estimer dans le texte ci-dessus, un quelconque parti pris pour telle ou telle organisation, pour tel ou tel gouvernement ou telle ou telle personne. Il ne transcrit que des événements connus et vérifiables.


Notes:

[1] Dit le Baron Haussmann par son grand-père, baron d’empire. Georges Eugène Haussmann né le 27 mars 1809 à Paris, décédé en cette même ville le 11 janvier 1891. Haussmann poursuivit les travaux déjà engagés par Rambuteau et Berger.

[2] L’abolition officielle de l’esclavage par la France date du gouvernement révolutionnaire de 1793. Toutefois, il sera rétabli en 1802 par Napoléon 1er qui le supprimera à son retour d’exil en 1815 mais il faudra attendre le 27 avril 1848 sous le gouvernement provisoire de la seconde république pour qu’il soit définitivement aboli. Dans la réalité, il le sera dans les faits à partir de 1852 sous Napoléon III.

[3] Lire avec intérêt : La France et l’Afrique de l’ouest, en particulier – De la fin de la Françafrique à celle de la France ?

[4] A cette époque, il ne permettait que le passage de navires affichant au plus 5 000 tonnes.

[5] Cf. De l’Argentière à Moscou… et retour à l’Argentière – 1901-1918.

[6] Général français qui s’empara de la tour Malakoff dominant Sébastopol dont l’occupation fut jugée nécessaire pour la prise de la ville.

[7] Soit le 24 juillet suivant le calendrier grégorien en vigueur à cette époque en Russie, le décalage étant de 13 jours.

[8] LA FRANCE ET L’AFRIQUE DE L’OUEST… EN PARTICULIER et LA LEGION ET LES SPAHIS DANS LA CONQUETE DU MAROC

[9] Le quartier des ambassades.

[10] Il existe 13 jours de différence entre le calendrier Julien qui était utilisé en Russie et le calendrier Grégorien en usage en Occident depuis la bulle pontificale du 24 février 1582, émise par le pape Grégoire XIII pour les Etats catholiques. Le calendrier grégorien est destiné à corriger les dérives séculaires du calendrier Julien. Autrement dit, la révolution d’Octobre 1917 en Russie a commencé en novembre suivant ce même calendrier.

[11] Plusieurs origines sont discutées concernant cette appellation : nom donné par les bolchéviks mais également provenant de la bande blanche du drapeau tricolore tsariste ou de la décision prise par le général Kornilov d’exiger une bande ou une cocarde blanche sur la casquette des officiers.

[12] DE LARGENTIERE A MOSCOU… ET RETOUR A LARGENTIERE – 1901.1918.

[13] Soit entre 2.2 et 2.5 millions de victime entre 1789 et 1815 qui marqua la fin de l’empire napoléonien ce qui correspond à environ 13 % de la population de l’époque disparue d’une manière ou d’une autre. Ce dramatique événement constituera un recul économique et social de près d’un siècle et facilitera grandement l’émergence de la Germanie et de l’Angleterre au déficit de la France.

[14] Depuis la création le 4 avril 1949, l’OTAN intervint environ 70 fois dans le monde. Les victimes se comptent par millions. L’Union soviétique y répondra par la création du pacte de Varsovie le 14 mai 1955. Pour mémoire, la France quittera l’OTAN le 7 mars 1966.

[15] Soit depuis les événements de la place Maïdan en Ukraine, menés en sous-main par la CIA avec l’aide de snipers lithuaniens. A ce jour, ces bombardements feront près de 18 000 victimes dont plus de 350 enfants dans une région peuplée à 90% de russophones.

[16] Communément appelé DEEP STATE = Etat profond.

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STRATPOL

One thought on “210 années d’agression de l’Occident contre la Russie

  • Article tres enrichissant.
    L’antagonisme entre l’Occident et la Russie remonte au Congres de Vienne au cours duquel s’est revelee un conflit entre une alliance russo-prussienne et une entente entre les “puissances de l’ouest” – France et Angleterre (Instructions aux Ambassadeurs… 10 septembre 1814, et traite secret anglo-franco-autrichien du 1er mars 1815). Cette poliitique d’entente avec l’Angleterre est restee la constante de la politique francaise jusqu’a la rupture declaree par la France le 27 janvier 1945.

    L’alliance franco-russe n’a eu lieu que grace a la stupidite de l’empereur Guillaume II; ce fut une aubaine pour la France.

    Je cois volontiers que la Russie ait ete fidele a la France et que la France a toujours trompe la Russie.

    Au XXe siecle les relations ont ete alterees par le communisme et la strategie stalinienne du Front Populaire, qui est la principale cause de l’effondrement de la France dans la 2e moitie du XXe siecle.

    Il n’en demeure pas moins vai que c’est l’URSS qui a eu le courage mettre fin a la guerre froide; la Russie meritait mieux qu’une paix de vengeance; l’Occident n’a pas eu l’intelligence necessaire; la Russie nouvelle lui fait payer aujourd’hui le prix de son aveuglement.

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