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Pourquoi des négociations sur la base d’une option « à la coréenne » ne sont-elles pas souhaitables pour finaliser la SVO ?

Au fur et à mesure que la fameuse “offensive” ukrainienne s’enlisait dans la boue et le sang, conduisant à un carnage sans résultat stratégique, ni même tactique, l’idée d’un gel de la situation était de plus en plus évoquée en Occident. La presse anglosaxonne, imitée par certains auteurs français1, évoquait une solution “à la coréenne” (armistice de facto sur une ligne figée avec une zone démilitarisée -DMZ- au milieu des deux parties antagonistes, appuyées par leurs alliés respectifs) comme possible option de cessation des hostilités. Curieusement, comparaison n’étant cependant pas raison, on note que la riposte israélienne à l’attaque terroriste de grande ampleur du Kippour 2013 par le Hamas fait l’objet de commentaires assez semblables, avec des demandes pressantes pour arrêter les opérations dans la bande de Gaza2 avant qu’elles n’aient pu délivrer leur effet majeur. La notion de statu quo ante, de pat ou de gel des combats, est ainsi présentée comme vertueuse, humainement et politiquement -sinon militairement- souhaitable.

La guerre, continuation de la politique

Cette position est biaisée et inexacte. La guerre étant la continuation de la politique par d’autres moyens selon le célèbre axiome de Clausewitz, la question des buts de guerre est fondamentalement plus importante que celle des moyens déployés (qui peuvent d’ailleurs obéir à la logique du point culminant définie par le génial prussien). Un conflit armé est un mode de règlement dont les modalités et l’issue dépendent de facteurs dirimants. Lorsqu’il s’agit d’intérêts ponctuels ou périphériques, la logique d’équilibre prévaut. On fait un bilan des coûts et des avantages, et cela conduit souvent à un choix de négociation, la victoire militaire étant alors un critère favorable pour négocier en position de force. Cette vision qui s’ancre dans la conception occidentale de la guerre3, considère celle-ci comme une ordalie, un duel collectif, au terme duquel le vainqueur remporte la mise. Cette conception de l’affrontement ne remet pas en cause l’existence du vaincu, dont l’acceptation est requise ; c’est la politique de « guerre de cabinets » héritée de la définition westphalienne de l’Etat européen, où la diplomatie ne conçoit la guerre que comme un moyen déterminant, mais pas unique.

Dès la guerre de Sept ans, les Anglais ont créé un nouveau paradigme, fondé sur une vision idéologique puritaine et manichéenne au profit d’un capitalisme global thalassocratique naissant : Il fait de l’adversaire le représentant du Mal4 et implique une direction du conflit visant à la capitulation sans condition. Cette tendance, qui verra progressivement le fait national remplacer la vision dynastique, a conduit à l’idéologisation de la guerre, sur des bases formulées par la Révolution française alimentée par les Lumières et les mutations sociales favorables à la bourgeoisie et au capitalisme. C’est une vision caractéristique des guerres civilisationnelles, dans lesquelles les moyens prennent le dessus sur les fins (initiée en 1792 « la victoire ou la mort », parachevée lors du premier conflit mondial dans la formule de la « Guerre totale »). La confrontation de ces philosophies sociales et politiques conduit souvent la victoire militaire à un échec diplomatique, dès lors que la partie adverse n’accepte pas le verdict des armes, sauf si des moyens d’annihilation de masse sont disponibles pour le vainqueur et si ce dernier a la capacité morale d’y recourir5. Le cas coréen comme celui du conflit entre la Fédération de Russie et l’OTAN et Kiev, entrent dans l’autre cas de figure, lorsque l’essence du conflit ne concerne pas des aménagements frontaliers ou d’intérêts ponctuels, mais constitue un affrontement ontologique. Dans ce cadre, une négociation parvenant à un accord ne tenant pas compte du potentiel de reprise du conflit (comme ce fut le cas pour l’Allemagne en 1918, mais plus en 1945) ne réglerait pas le fond et ne pourrait déboucher que sur une relance de la guerre, lorsque la partie actuellement la plus faible aurait retrouvé un potentiel de combat suffisant, avec l’aide de l’OTAN. C’est d’ailleurs peu ou prou le schéma de 2015, avec l’intervention russe au Donbass et les accords de Minsk6.

Les buts de guerre du président russe

Un arrêt des hostilités ne saurait donc se concevoir que lorsque les buts de guerre fixés ont été atteints. Ces objectifs définis par le président Poutine dès février 2022, reprenaient ceux retenus par les Alliés à l’encontre de l’Allemagne nazie en 1945, qui étaient considérés comme indispensables à une paix durable et juste, conformément au Droit international fondé à cette occasion.

  1. L’opération spéciale visait la protection des populations russes7 de l’Est de l’Ukraine, soumises à la répression armée de Kiev. Avec la prise de Marinka qui éloigne les batteries kiéviennes de Donetsk et l’intégration des oblasts dans le giron de la Fédération, une avancée significative a été accomplie. Cependant, pour compenser les revers militaires terrestres, l’extension des attaques par drones aériens ou marins, par missiles8 et par actes de terrorisme sur le sol russe, est très probable. On peut imaginer que cette forme de combat irrégulier accompagnera un effort majeur sur l’instrumentalisation de l’Islam et des séparatismes ou des oppositions ethniques, en marge de l’élection présidentielle.
  2. L’objectif de dénazification, mal compris en Europe, consistait non seulement à détruire le potentiel humain instrumentalisé par Kiev pour contrôler la population après le Maidan de 2014, à partir de troupes irrégulières (par la suite intégrées aux FAU) issues de volontaires étrangers idéologiquement proches des forces locales d’obédience bandériste9, c’est à dire ultranationaliste ukrainienne, raciste et extrémiste. Ces forces ne renient aucunement le passé de l’OUN-B et de l’UPA, les pogroms et massacres de masse, la collaboration militaire avec le Reich, justifiant le qualificatif de “néonazis” (et non nazis, le national-socialisme étant une idéologie des années 30 qui n’est plus pertinente, ni active en tant que telle en 2023) employés par Vladimir Vladimirovitch Poutine. Ce substrat idéologique a servi à l’établissement en Ukraine par un coup d’Etat d’un pouvoir favorable à l’hégémon occidental (OTAN, UE sous tutelle US) et diffusant un soft power russophobe qui a éloigné les populations jeunes d’Ukraine10 et crée une menace permanente pour Moscou, par l’existence d’un Etat voisin hostile et appuyé par des forces étrangères. La destruction biologique a bien fonctionné, mais le conditionnement idéologique sera plus difficile à modifier ; il parait utopique et irréaliste de le tenter sur les populations de l’Ouest, qui ne sont pas historiquement ni culturellement assimilées. En revanche, une récupération des habitants petits russes réintégrés dans la Fédération semble un but crédible, grâce à la victoire militaire et politique qui se profile, à la perte d’attractivité du modèle occidental11 et aux capacités économiques de la Russie, qui manque par ailleurs de bras pour son industrie de plus en plus florissante. Cela paraît nécessaire pour que la Russie, actuellement plafonnée à 140 millions d’habitants pour un territoire gigantesque, malgré les efforts d’aide à la natalité, atteigne une masse critique suffisante12 pour continuer à exister dans le monde moderne de huit milliards d’habitants.
  3. La démilitarisation d’un Etat voisin et hostile a ainsi été menée depuis le début de la SVO. Les matériels hérités de l’URSS ont été quasiment totalement détruits, les remplacements issus de pays de l’OTAN et les dons d’équipements occidentaux connaissant également une réelle attrition, mise en avant par Kiev comme justificatif de son échec estival. Les miraculeux game changers occidentaux13 sont apparus pour ce qu’ils sont, des dispositifs sophistiqués ne permettant pas de délivrer un effet de masse. Précision, légèreté et modernité, critères adaptés à des opérations expéditionnaires et asymétriques ne se sont pas avérés capables de compenser masse, durée et profondeur, qui restent les facteurs majeurs d’un conflit de haute intensité. A l’inverse, la Russie, au fil de ses déboires, a entrepris d’identifier ses faiblesses, de moderniser son arsenal à l’imitation des produits occidentaux performants, de mettre son économie sur le pied de guerre et de valoriser ses points forts en réformant son organisation administrativo-opérationnelle.

Les pertes humaines considérables constituent malheureusement un autre volet de démilitarisation, dans la mesure ou la résilience d’un Etat est proportionnelle à sa démographie. Amputée des terres et des populations petite russiennes, peut-être objet d’un futur remaniement de son leadership politique pro-OTAN, la future Ukraine présentera une dangerosité considérablement diminuée pour Moscou, en même temps qu’un exemple à méditer pour la Pologne et l’UE. Le coût considérable de la reconstruction, qu’il soit supporté ou pas par une UE elle-même en dévissage économique, limitera nécessairement l’effort de réarmement à moyen et long terme.

L’exemple coréen n’est pas pertinent

L’option “coréenne” n’est pas appropriée dans la SVO pour d’autres motifs. Elle ne s’est imposée dans certaines analyses superficielles qu’à cause d’apparents points communs :

  1. La mise en place de postes avancés contrôlés par l’Etranger, en tant que satellites de deux puissances majeures et opposées.
  2. La révélation d’une désindustrialisation militaire temporaire de l’Occident
  3. Une apparente similitude des opérations terrestres (retour à une phase statique et une forme de neutralisation réciproque)
  4. Une “ligne rouge” volontairement acceptée pour éviter l’escalade nucléaire ou l’affrontement direct.
  5. L’intérêt des puissances de tutelle à maintenir les puissances satellites en état d’opposition, au-delà du discours.

Toutefois, géographiquement, la situation pourrait davantage se comparer à l’Allemagne post 1945 (et ante 1954), avec la confrontation ouverte mais maitrisée de deux blocs antagonistes contrôlant chacun une partie du territoire divisé. Mais le charcutage d’un Etat ne supprime pas toutes les différences : A bien des égards le Reich n’avait été unifié que de 1933 à 1945 et le territoire n’avait jamais été sous une tutelle étrangère, alors que la Corée était une réalité historique ancienne, réduite à une colonie nippone avant 1945. Les tentatives d’unification après la chute du Japon impérial avaient été refusées par les suppôts des USA puis par les communistes, chacun tentant de s’implanter dans une moitié du pays avant de convertir l’autre. On peut donc considérer que division et réunification par des puissances étrangères répondaient à des objectifs diamétralement opposés en Allemagne et en Corée.

Une solution favorable au perdant

La notion de gel du conflit postule également que les parties sont incapables de vaincre, une forme d’équilibre étant apparu et constaté ; tel n’est pas le cas en Ukraine, où les forces russes ont poussé Kiev, voire l’Alliance atlantique à bout de ressources. Ce résultat ayant nécessité des sacrifices importants, notamment au plan humain, il serait moralement discutable et politiquement délicat de ne pas engranger les bénéfices de la victoire sur le terrain, sous peine de ressusciter une vision de guerre de cabinets porteuse de nouveaux affrontements et illisible par l’opinion. C’est bien ce qui pousse l’Occident à évoquer des négociations, jusque lors écartées d’un revers de main, en vertu du Unconditionnal surrender. Naturellement la survie des dirigeants de Kiev est liée à la forme de la fin de guerre, ce qui pousse à un certain jusqu’au-boutisme, qui se concrétise par l’opposition à peine voilée entre le président Zelensky et son chef d’Etat major Zalujni14. Dans la tradition bandériste, cette dichotomie s’incarne dans des déclarations, des limogeages, mais aussi des assassinats, avec en toile de fond la responsabilité de la défaite vis-à-vis des bailleurs occidentaux (consommation des crédits et des équipements) et de la population locale (consommation biologique avec les “assauts de viande”).

Quels intérêts et quelle négociation de fin de guerre ?

La décision d’interrompre un conflit, dans la mesure où il existe encore un choix, est subordonnée à divers facteurs, militaires, politiques, démographiques, économiques et psychologiques notamment. Si l’Occident semble souffrir à des leaders trop animés par les émotions, moteur premier de l’ingénierie sociale appliqué à leurs populations, les choix rationnels restent prépondérants (tout au plus peuvent-ils paraître ne pas l’être lorsqu’ils répondent à des intérêts dissimulés). Pour la Russie (et probablement pour l’hégémon nord-américain), le conflit en Ukraine est en réalité, sinon un épiphénomène, du moins un facteur périphérique et secondaire dans un contexte plus étendu et profond. Le développement de la Fédération et le maintien de sa position dans un monde multipolaire, sa situation eurasiatique, l’ouverture au Nord liée au changement climatique et sa faiblesse démographique sont les sujets qui motivent l’intérêt de son président. L’intervention en Ukraine n’a été motivée que par une nécessité stratégique immédiate pour faire pièce à la stratégie otanienne, dénoncée par le fameux discours de Munich en 2007. La guerre a pris une portée plus fondamentale du fait de la réaction occidentale, probablement plus importante qu’envisagée, en acquérant une dimension civilisationnelle. Les termes de la victoire doivent donc désormais s’analyser à cette aune. Outre les trois buts de guerre, il est crucial d’interdire toute reprise des hostilités à court et moyen terme, pour éviter que Kiev ne demeure (selon les mots de Napoléon à propos de Anvers) « un pistolet braqué vers Moscou », comme Taiwan l’est pour la RPC. Il est également nécessaire pour l’avenir que la victoire russe sur le terrain militaire s’accompagne d’une revalorisation de son image interne et internationale, et que son modèle social suscite une adhésion majoritaire. Un des enjeux est probablement le fait démographique, une vulnérabilité de la Fédération de Russie, si l’on songe que les 14 RSS totalisaient 290 millions d’habitants, auxquels s’ajoutaient les 103 millions de citoyens des Etats du Pacte de Varsovie, dans un monde qui ne comptait alors que 5 milliards d’habitants.

Politiquement et militairement, les ambitions russes devraient s’étendre au-delà des républiques libérées dans le Donbass, autour de centres historiques et culturels rattachables au passé partagé, pôles économiques comme Kharkov, stratégique comme Odessa ou tout simplement prolongements des territoires réintégrés comme Kherson ou Dniepopetrovsk, avec une interrogation majeure et symbolique sur Kiev elle-même.

Il découle de ce qui précède que la fin de la guerre n’est probablement pas si proche, et qu’un excès d’optimisme serait contre-productif pour la Russie. En effet, un Etat moderne de plusieurs millions d’habitants, même s’il a déjà souffert de pertes et de départs nombreux, présente une résilience et une capacité de régénérer ses forces militaires considérables, comme en témoigne la seconde guerre mondiale15. La stratégie terroriste risque de fortement s’amplifier et avec le concours des services britanniques les mesures d’action indirecte sur les ceintures, notamment en Asie centrale, et au sein des diasporas.

La question de négociations, toujours laissée ouverte par la Russie, est désormais ouvertement évoquée par les médias occidentaux et la ligne Zelinsky apparait de plus en plus irréaliste16. Le président Poutine, le Ministre Lavrov et le vice-président du conseil de sécurité et ex-président russe Medvedev ont tous récemment précisé la position russe sur le sujet, qui tient compte des éléments résumés supra. Sans un écroulement militaire et politique massif de Kiev, il est vraisemblable que la solution diplomatique attendra encore plusieurs mois.


1 Les journalistes des « médias de grand chemin » sont peu originaux et s’appuient généralement sur les études et réflexions anglosaxonnes, on citera aussi le spécialiste X. Bauer, moins inspiré lorsqu’il tente l’analyse stratégique que dans ses études sociétales de criminologie

2 Demandes émanant de l’ONU, du pape et même du département d’Etat US

3 Selon les mots de V.D Hanson dans son ouvrage éponyme

4 Diabolisation qui prend souvent la forme de la reductio ad hitlerum et centre l’analyse des faits sur des perceptions émotionnelles davantage que rationnelles

5 C’est le cas de la République romaine après son écrasante défaite de Cannes face à Hannibal, mais aussi de la France monarchique après ses défaites de Crécy, puis Azincourt ; c’est évidemment l’exemple de la neutralisation définitive de Napoléon Ier lors du retour de la France dans ses frontières, décidé lors du Congrès de Vienne après sa défaite face à la Coalition. C’est encore celui de la France de 1870 après la défaite de l’armée impériale en 1870 face à une Prusse qui tentait de mener une Kabinettskrieg semblable à celles menées face au Danemark ou à l’Autriche Hongrie peu auparavant.

6 L’arrêt des opérations militaires de Kiev contre les populations des Républiques de Lougansk et de Donetsk étant censé être suivi par des options négociées n’impliquant pas de sécession, garanties par Russie, France et Allemagne. Les dirigeants allemands et français de l’époque ont ensuite publiquement convenu que cet accord n’avait pour objectif que de redonner à Kiev le temps nécessaire pour rebâtir son outil militaire, sans volonté d’appliquer les clauses d’apaisement.

7 On peut débattre du lien de rattachement de ces populations à l’Ukraine post-1991, sauf pour la Crimée pour laquelle le lien est totalement artificiel. Le critère linguistique, puis la répression de Kiev et la réactivation des modèles historiques de 1941-1945 ont créé une scission qui a conduit à l’intégration dans la Fédération de Russie, dont la remise en cause semble désormais très improbable.

8 Frappe à Feodosia sur un navire de débarquement, attaques par drones navals de la base maritime de Sébastopol, attaques par drones aériens sur le territoire de la Fédération, attaques par missiles SCALP, bombardements de villes dans la RPD par artillerie.

9 Les ultras formés en bandes de supporters de clubs sportifs financés par des oligarques ont servi de troupes d’assaut dans la tradition des SA nazis lors du Maidan. C’est cette force qui a manqué en Serbie pour provoquer une révolution de couleur le 25 décembre 2023, les différents acteurs possibles restant attachés au patriotisme serbe quelle que soit leur position vis-à-vis du régime Vucich.

10 Y compris linguistiquement, phénomène que l’on observe également dans l’Ex-Yougoslavie

11 Imposition d’une contre-culture idéologique et sociétale (wokisme, déconstruction, athéisme militant, idéologie LGBT, cosmopolitisme, altération de la Réalité…) se conjuguant à une perte d’attractivité économique et sociale

12 En cumulant 10 millions de Biélorusses, 7 millions de Serbes, 7 millions de Bulgares, 6 millions de Slovaques, 10 millions de Hongrois, 12 millions issus de l’Ukraine actuelle, on réalise que les 37 millions de Polonais -nettement plus incertains- et 26 millions de Roumains seraient bienvenus pour équilibrer démographiquement une éventuelle confédération panslave dans le bloc eurasiatique russe, bordé par 74 millions d’habitants en Asie centrale, plus de 400 millions d’Européens de l’Ouest, 340 millions de citoyens nordaméricains et, naturellement, un milliard et demi de Chinois et autant d’Indiens.

13 Dans la tradition d’hybris technologique germanique au service d’une politique économique nourrie de financements étatiques du complexe militaro industriel

14 La stratégie peu lisible de maintien de poches qui consomment le potentiel humain de Kiev peut s’expliquer par la conjonction de deux critères : la nécessité de vendre une possible victoire et de matérialiser l’esprit de résistance pour contenir à recevoir les aides des bailleurs occidentaux, mais peut-être également la destruction consciente de l’élite militaire pour éviter toute tentation putschiste.

15 Le constat fut cependant tiré lors de la première, la théorie de l’art opératif développé en URSS en étant une conséquence, remettant en cause le concept de bataille décisive et le primat tactique.

16 Ce qui est injuste, car le président Ukrainien avait accepté dès février 2022 de négocier, et ce sont les Britanniques puis l’UE qui l’on poussé à y mettre un terme, en suscitant opportunément l’affaire de Butcha, en annonçant un appui militaire étendu et en promettant une aide financière considérable.

Olivier CHAMBRIN

7 thoughts on “Pourquoi des négociations sur la base d’une option « à la coréenne » ne sont-elles pas souhaitables pour finaliser la SVO ?

  • L’otan n’y est pour rien,seul poutine et son obsession de grandeur est responsable de ce massacre.

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  • Le plus pathétique dans cette histoire, c’est le niveau des dirigeants occidentaux ! Un niveau d’incompétence et de stupidité jamais égalé. Comment est-ce possible ?
    Ces personnages prennent des décisions sans procéder à une analyse objective des faits, des décisions totalement irrationnelles guidées par une idéologie vaseuse, des décisions qui vont manifestement à l’encontre des intérêts de leur concitoyens et de leur propre pays.
    En temps “normal” ces individus seraient jugées pour trahison !

    Hier encore, j’ai vu chez Calvi un “expert” dire que la France devait passer en économie de guerre ! Complètement dingue ! Sait-il seulement que la Russie n’est pas passée en économie de guerre ? Veut-il vraiment que Renault arrête de produire des twingos pour fabriquer des chars ???
    Faut se ressaisir, là !

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  • Une solution « à la coréenne » aurait les même conséquences que les accords de Minsk.
    Pas sûr que les Russes mordent encore à l’hameçon

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    • Poutine est décrit en France comme un fou sanguinaire. En Russie on lui reproch sa frilosité et sa mollesse.
      Notre presse nous intoxique. Comment peut-on supporter cette propagande intensive qui rappelle l’URSS de l’époque des Goulags ?
      Et ce n’est pas fini … la censure se mets en place … au pays de la liberté d’opinion et d’expression !

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  • En poussant Poutine à envahir l’Ukraine afin de protéger la population russophone du Donbass, les USA ont tenté un coup. Ils pensaient que l’économie russe s’écroulerait en quelques semaines grâce aux sanctions économiques (prêtes depuis des mois auparavant).
    Poutine a anticipé le coup et l’a retourné contre les économies occidentales. Plus précisément les économies de l’UE puisque le but des USA était AUSSI d’affaiblir l’UE en la privant du gaz russe.

    Les USA ont donc atteint 50% de leur objectif. Reste à se sortir du guêpier ukrainien la tête haute. Le problème, c’est qu’ils n’ont pas de plan B et que leur seule tactique consiste à la jouer “comme à la bourse” en se disant que tant qu’ils n’ont pas revendu leurs actions, ils n’ont rien perdu ! Donc, ils n’envisagent pas de négocier en l’état actuel des choses … en attendant que la roue tourne. Tant que ce sont des Ukrainiens qui meurent, tout va bien !

    Les Russes sont lucides et pragmatiques. les Américains, imbibés d’idéologie néocolonialiste se voient comme des suzerains planétaires et n’ont pas l’intention d’abandonner leurs rêves de grandeur.

    Entretemps, Poutine retient ses généraux qui piaffent d’impatience, en espérant que les Américains reviennent à la raison.

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  • Toujours une très bonne analyse.
    Heureusement qu’il y Stratpol pour nous informer correctement sur cette triste guerre en Ukraine dont les États-Unis et la malfaisante UE sont responsables.

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  • Tout est dit ! Maintenant attendons de voir ce que va décider le président Poutine, en fin manœuvrier dont on a pu avoir un aperçu depuis le déclenchement de SVO.

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