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« Du Nil à l’Euphrate, il serait juste qu’ils prennent tout. » La confession de Huckabee sur le sionisme chrétien
L’ambassadeur américain en Israël, interviewé par Tucker Carlson, admet que, selon la Bible, Israël a le droit de conquérir la moitié du Moyen-Orient. Il tente ensuite de se rétracter, mais le mal était fait et c’était trop tard. Cette déclaration révèle la véritable nature d’une alliance qui précipite le monde vers une guerre catastrophique.
Cette déclaration intervient après près d’une heure de joutes théologiques. Tucker Carlson a interrogé Mike Huckabee sur les frontières de la « terre promise », citant la Genèse 15 : « du Nil à l’Euphrate ». Il lui a demandé si, en vertu de cette promesse, Israël aurait le droit d’annexer la Jordanie, la Syrie, le Liban et l’Irak. Huckabee a esquivé la question, évoquant la sécurité, les frontières actuelles et le droit à l’existence. Puis, acculé, il a laissé tomber le masque :
« Ce serait juste qu’ils prennent tout. »
La phrase est si explosive que Huckabee tente aussitôt de la minimiser : « Ce n’est pas le sujet du jour », « Ils ne le demandent pas », « S’ils étaient attaqués et gagnaient, ce serait une autre histoire. » Mais l’aveu est fait. Et rien ne peut l’effacer. Cette phrase est la clé qui ouvre toutes les portes. Elle révèle la véritable nature des dirigeants du sionisme chrétien. Elle révèle la dimension théologiquement expansionniste de ce projet. Et surtout, elle révèle l’abîme vers lequel cette doctrine précipite le monde.
Une théologie sans frontières
Pour Huckabee, pasteur baptiste et aujourd’hui ambassadeur des États-Unis en Israël, la Bible n’est pas un livre de foi, mais un acte notarié. Dieu a promis cette terre aux Juifs. Entièrement. Du Nil à l’Euphrate. Que des Égyptiens, des Jordaniens, des Syriens, des Libanais et des Irakiens y vivent aujourd’hui n’est qu’un détail. L’existence d’États souverains, reconnus par les Nations Unies, est sans importance. La parole de Dieu, pour lui, abolit toutes les frontières tracées par les hommes.
« Pourquoi s’arrêter aux frontières de 1967 ? » insiste Carlson. Et Huckabee ne sait que répondre. Car, en réalité, il n’y a pas de réponse. Si le droit est divin, il est absolu. Il ne s’arrête pas à 1967, ni à 1948. Il s’arrête uniquement là où Dieu l’a décidé : à l’Euphrate.
Ainsi, le « droit d’Israël à exister en sécurité » – la formule employée par Huckabee pour définir le sionisme à ses débuts – se révèle être un cheval de Troie. Il recèle un potentiel d’expansion illimité. Il autorise des guerres de conquête. Il prévoit l’anéantissement de peuples entiers, pourvu qu’ils ne soient pas les descendants d’Abraham – même si, comme le souligne Carlson, personne ne sait vraiment qui sont ces descendants.
Qui sont les héritiers d’Abraham ? Huckabee l’ignore.
Et c’est là que le bât blesse. Car si la terre a été promise aux descendants d’Abraham, il nous faut savoir qui ils sont. Et c’est là que Huckabee s’enlise. D’un côté, il affirme qu’il s’agit des Juifs, identifiés par leur langue, leur culture et leurs traditions. Mais Carlson cite l’exemple de Netanyahou : ses ancêtres venaient d’Europe de l’Est, ne parlaient pas hébreu, n’étaient pas religieux et étaient souvent athées. Rien ne prouve qu’ils aient jamais foulé ce sol avant le XXe siècle. Sur quelle base aurait-il plus de droits qu’un fermier chrétien dont la famille vit là depuis deux mille ans ?
Huckabee balbutie. Il tente d’évoquer une question de « sang », mais il doit alors admettre qu’un Juif converti au christianisme perd le droit de retourner en Israël. Ce n’est donc pas qu’une question de sang. Il essaie d’invoquer aussi la religion, mais alors, quels droits avaient les fondateurs athées d’Israël ? La définition de « Juif » se révèle être un simple prétexte pour tout expliquer sans jamais rien expliquer.
C’est sur ces fondements troubles, sur cette identité fluctuante que l’on peut invoquer ou nier à sa guise, que se construit l’apartheid quotidien en Cisjordanie. Il justifie les points de contrôle pour les chrétiens souhaitant se rendre au Saint-Sépulcre. Il légitime l’expropriation des terres de familles qui y vivaient depuis avant la naissance de Mahomet.
L’ambassadeur américain qui soutient Israël
Mais le plus troublant dans cet entretien n’est même pas la théologie. C’est le rôle de Huckabee. Un ambassadeur américain, payé par les contribuables américains, qui consacre son temps à rencontrer Jonathan Pollard – le plus célèbre traître des États-Unis, celui qui a dérobé des secrets militaires pour Israël et qui, aujourd’hui, encourage les Juifs américains à espionner pour le Mossad. Un ambassadeur qui, lorsque Carlson lui demande des comptes sur les victimes civiles à Gaza, répond en louant l’armée israélienne, la jugeant plus éthique que l’armée américaine en Irak et en Afghanistan. Autrement dit : un représentant américain dénigre son propre pays pour glorifier une puissance étrangère. Et personne à Washington ne semble trouver cela étrange.
Lorsque Carlson souligne qu’un citoyen américain accusé de pédophilie (Tomer Alexandrovich) s’est réfugié en Israël et n’est pas extradé, Huckabee rétorque que « ce n’est pas du ressort de l’ambassade ». Mais lorsqu’il s’agit de rencontrer Pollard ou de faire pression pour une guerre contre l’Iran, l’ambassade se montre parfaitement compétente.
La ”menace’’ qui pèse sur la paix mondiale
Et nous arrivons au point le plus alarmant. Tucker Carlson rappelle que Netanyahu s’est rendu à la Maison-Blanche sept fois en un an. Sept fois. Plus que tout autre représentant du peuple américain. Et sa demande est toujours la même : la guerre contre l’Iran. Les sondages indiquent que plus de 70 % des Américains ne souhaitent pas une nouvelle guerre au Moyen-Orient. Mais les sondages importent peu. Ce qui compte, c’est ce que veut Bibi. Et Bibi veut que les États-Unis fassent le sale boulot : bombarder l’Iran, détruire ses alliés, maintenir un équilibre de la terreur.
Huckabee nie que Netanyahu veuille la guerre.
« Il ne veut pas la guerre », affirme-t-il. Pendant ce temps, l’armée américaine se déploie dans le Golfe, les porte-avions sillonnent les mers et certains évoquent une « option militaire inévitable ». Et si la guerre éclate, elle sera payée du sang des soldats américains et de l’argent du contribuable. Pour défendre le « droit divin » d’Israël à posséder des territoires qu’il serait peut-être juste, un jour, de « prendre entièrement ».
Le sionisme chrétien : une menace mondiale
La déclaration de Huckabee – « il serait juste qu’ils prennent tout » – n’est pas un lapsus. C’est une doctrine. C’est ce que croient des millions d’évangéliques américains. C’est ce qu’ils enseignent dans les églises. C’est ce qu’ils prêchent lors de conférences financées par des fonds dont l’origine est inconnue. Et cette doctrine, aujourd’hui, règne au cœur du pouvoir. Elle détermine la politique étrangère de la nation la plus lourdement armée de la planète. Cela précipite le monde vers un conflit susceptible d’embraser la moitié du Moyen-Orient, de fermer le détroit d’Ormuz, de faire exploser les prix du pétrole et de plonger le monde entier dans une crise économique pire que celle de 1929.Tout cela repose sur une promesse faite il y a quatre mille ans à un berger nomade, dont l’origine est incertaine et dont les frontières – du Nil à l’Euphrate – engloberaient au moins six États souverains et des dizaines de millions de personnes.
À la fin de l’entretien, Huckabey déclare à Carlson qu’il ne hait personne. Peut-être est-ce vrai. Mais à quoi bon haïr lorsqu’on soutient une théologie qui légitime l’expansionnisme illimité, la discrimination systématique et la guerre préventive ? Il suffit de croire. Il suffit de ne pas poser de questions. Il suffit de répéter que « ce serait juste » tandis que le monde entier retient son souffle.
La France critique vivement Francesca Albanese pour ses propos sur Israël. Voici ce qu’a réellement déclaré la rapporteuse de l’ONU
Les propos de Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations Unies pour les territoires palestiniens, lors du récent Forum Al Jazeera organisé par la chaîne qatarie, suscitent la polémique. Ce mercredi, la France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé son intention de présenter une proposition de destitution de la juriste campanienne, en poste depuis 2022. M. Barrot a justifié sa décision en affirmant que ses déclarations « visent non pas le gouvernement israélien, dont la politique est légitimement critiquable, mais Israël en tant que peuple et nation, ce qui est absolument inacceptable ».
Cette polémique fait référence à un passage du discours d’Albanese où elle déclare : « En tant qu’humanité, nous avons un ennemi commun », une expression que le Quai d’Orsay interprète comme une allusion implicite à Israël. Mme Albanese évoque cet ennemi commun après avoir condamné le génocide palestinien, et des extraits de son discours, artificiellement montés et filmés, ont été diffusés. En réalité, aux alentours de la deuxième minute, Mme Albanese mentionne cet « ennemi commun » après une longue digression sur le système qui soutient Israël. La rapporteuse italienne auprès de l’ONU a elle-même eu l’occasion d’expliquer sa position hier.
Les positions d’Albanese, exprimées ici ou ailleurs, peuvent être appréciées ou non, et l’intervenante elle-même a été interpellée à plusieurs reprises sur des déclarations et des positions spécifiques. Un fait demeure cependant incontestable : aussi claires et radicales soient-elles, les paroles d’Albanese ne mentionnent jamais l’expression « Israël, l’ennemi commun de l’humanité », citée par de nombreux médias italiens et que le gouvernement français semble avoir utilisée pour justifier sa demande d’interdiction.
En réalité, aucune trace de ces propos explicites n’a été trouvée dans la version d’Albanese. Et la France risque fort de transformer ce qui n’est qu’une querelle politique intérieure en enjeu international. La polémique a été déclenchée par Caroline Yadan, députée d’Ensemble pour la République, le camp présidentiel centriste et libéral qui soutient le président Emmanuel Macron et le Premier ministre Sébastien Lecornu. C’est Yadan elle-même qui a diffusé cette citation apocryphe lors d’une question parlementaire adressée à Barrot, qui dirige la diplomatie française depuis 2024.
Yedan critique fréquemment Hillel Neuer, directeur du think tank pro-israélien UN Watch, sur ses réseaux sociaux. Barrot a fait écho à la position de son alliée, réaffirmant dans ses déclarations qu’elle considère Albanese comme « une militante politique qui attise des discours haineux portant atteinte à la cause du peuple palestinien, qu’elle prétend défendre, et aux Nations Unies. En aucun cas, Mme Albanese ne peut parler en leur nom et trahit leur esprit. » Des propos durs qui témoignent de la nécessité d’apaiser les tensions politiques internes.
Le gouvernement Lecornu vient de survivre à un vote de confiance sur le budget, où les centristes, les socialistes et le centre-droit des Républicains ont confirmé leur soutien. Chez les gaullistes, la jeune député républicaine Shannon Seban est depuis longtemps à la pointe de l’opposition à Albanese et dénonce la montée de “l’antisémitisme” dans la société française. Lors de la séance de questions au Parlement, le 11 février, Albanese a été attaqué par de nombreux députés centristes. Pour Barrot, s’en prendre au rapporteur de l’ONU était une manœuvre visant à apaiser une coalition gouvernementale fragile et divisée. Le problème est que cette manœuvre s’est appuyée sur des propos trompeurs. On peut être d’accord ou non avec l’argument d’Albanese concernant l’existence d’un système cohérent agissant comme un ennemi commun contre l’humanité en soutenant les massacres à Gaza. Cependant, on ne peut pas construire un récit politique et journalistique sur la base de déclarations apocryphes et jamais prononcées, telles qu’elles sont rapportées littéralement. La France instrumentalise la question internationale pour une dynamique purement locale. Un désastre politique et communicationnel qui illustre la crise du déclin de la macropuissance.
Dossiers Epstein : L’ésotérisme au service du pouvoir !
Les dossiers Epstein concernent la moitié du monde : de l’élite des géants de la tech aux véritables maîtres du monde, en passant par la finance qui tire les ficelles, des hauts responsables du renseignement israélo-américain aux politiciens et membres de la royauté occidentaux, sans oublier les Arabes et d’autres, et même des journalistes et acteurs de renom.
L’élite juive américaine n’y figure pas, du moins pour l’instant, et seul Ehud Barak apparaît pour Israël, ainsi que quelques informations concernant Netanyahu, car l’agence pour laquelle il travaillait l’empêchait probablement d’avoir tout contact avec eux, qui connaissent pourtant bien les pratiques des élites qu’ils fréquentaient.
La pédophilie, largement documentée, va de pair avec le sadisme, même extrême (torture), ainsi qu’avec les rituels et le cannibalisme. Ce dernier point est controversé : rien ne prouve que certaines expressions codées dans les Archives fassent référence au cannibalisme, et bien que le mot « cannibale » apparaisse plus de cinquante fois et « cannibalisme » six fois, rien ne prouve qu’il se réfère à cette pratique, du moins selon le site de vérification des faits Snopes. Quant aux rituels impliquant prétendument des sacrifices humains, il n’existe aucune preuve, seulement un témoignage anonyme.
Il est bien connu que la vérification des faits sert à façonner le récit selon les désirs de ceux qui la financent (c’est-à-dire l’establishment que les dossiers Epstein révèlent en partie), puisque personne ne la lit mais qu’elle n’est mentionnée par les sites grand public que pour nier les informations inappropriées.
Ainsi, indépendamment du prétendu manque de preuves (recherchaient-ils des vidéos immortalisant les pratiques ou des témoignages des personnes présentes ?), nous nous contenterons de constater que sur l’île de Saint-James, propriété d’Epstein, se trouvait un temple. Seul bâtiment outre le manoir, il devait nécessairement avoir une fonction. Et si certaines expressions dans les Archives restent indéchiffrables, la mention du cannibalisme n’est certainement pas fortuite.
Mais au-delà de cela, ce qui ressort des Archives, c’est un aperçu – parmi tant d’autres d’Epstein dans ce monde – de certaines dynamiques des élites occidentales (et des élites arabes, ainsi que de ceux qui leur sont liés). On ne peut évidemment pas généraliser, mais cela parle des élites qui ont dominé le monde, et qui le dominent encore.
Lorsque certains écrivaient dans une note qu’en 1978, des cercles ésotériques avaient commencé à prendre le pas sur les cercles précédents qui concevaient le pouvoir de manière plus laïque, exempte de certaines tendances psychopathiques, ils faisaient précisément référence à cela (un ésotérisme qui bascule aisément dans le satanisme).
Dans cette même note, ils mentionnaient comment ils avaient triomphé en 1989, lorsqu’ils avaient pris le destin du monde en main – du moins, c’est ce que croyaient leurs fantasmes malsains.
D’où cette unipolarité, qui n’était pas seulement une dynamique géopolitique, comme dans l’exercice du pouvoir, mais un système ; un système idéaliste qui imposait des valeurs aux peuples soumis ou voués à l’assujettissement par la force et faisait des élites une classe à part, totalement affranchie des valeurs qu’elle prônait, des règles imposées aux autres (un exemple parmi d’autres : la déréglementation de la technofinance), et qui n’était soumise ni à la critique ni, surtout, à aucune limite.
C’est précisément cette absence de limites, que nous n’étions manifestement pas les seuls à remarquer, qui était caractéristique d’une classe dirigeante qui se considérait potentiellement, et souvent réellement, comme une sorte de dieu.
De ce fait, leurs agissements étaient et demeurent incontestables et irresponsables, tout comme les discours et réglementations imposés sur les questions qu’ils jugeaient essentielles étaient incontestables et acritiques (non seulement en géopolitique, mais aussi sur des sujets plus vastes tels que la Covid-19, le changement climatique, le travailisme, la mondialisation, etc.).
La réalité elle-même ne constituait pas une limite, comme l’a souligné avec insistance Karl Rove, le stratège de George W. Bush : « Nous sommes désormais un empire, et lorsque nous agissons, nous créons notre propre réalité. Et pendant que vous étudiez cette réalité – avec toute la rigueur que vous voudrez –, nous agirons de nouveau, créant d’autres réalités nouvelles […]. Nous sommes les acteurs de l’histoire… et vous, vous tous, n’aurez qu’à observer nos actions.» (C’est Rove qui, lors d’une visite dans une école, a mis Bush en garde contre les attentats du 11 septembre…)
Quant à Epstein, il n’était pas seulement un piège à miel permettant à des personnes puissantes de faire chanter (un chantage irréversible, impossible à annuler après avoir commis ou été témoin de certaines pratiques) pour le compte du Mossad ou de la CIA, mais il était aussi, et surtout, un trait d’union entre elles, un facilitateur de relations et d’intérêts, et, en même temps, leur jouet.
Ses archives ont mis en lumière les individus se prétendant demi-dieux qui entretenaient des liens avec lui. Mais ces révélations sont partielles et le resteront même si elles étaient publiées intégralement ; d’autant plus que, comme mentionné précédemment, il existe plusieurs Epstein à travers le monde, à différents niveaux, et ce, encore aujourd’hui.

La publication de millions de pages a un effet à la fois choquant et limitant. À l’instar de ce qui s’est passé avec WikiLeaks, le public mondial ne sera exposé qu’à ce qu’il choisira de voir (avec un minimum de dégâts) ; et même les chercheurs indépendants seront incapables de discerner et de révéler toute la corruption qui y est dissimulée.
Et, comme pour WikiLeaks, les documents tomberont dans l’oubli, tandis que d’autres Epstein continueront de prospérer… Il y aurait encore beaucoup à dire ; nous nous limiterons à trois remarques finales. Premièrement : il est désormais établi qu’Epstein avait des liens avec le Mossad et la CIA (et le MI6 ?). Les dirigeants de ces agences ne pouvaient pas ignorer la situation.
Deuxièmement : la guerre en Ukraine fait des orphelins, surtout des enfants, dont beaucoup tombent entre les mains de ces puissants réseaux. Une raison de plus pour laquelle il est si difficile d’y mettre fin.
Troisièmement : les révélations sur les « Files » n’ont eu aucun impact sur la technofinance, tout au plus quelques excuses publiques. Le seul véritable effet à ce jour a été le séisme qui a secoué Londres, le Premier ministre Starmer étant ébranlé par la pression des manifestations et des démissions, notamment celle, très remarquée, de Lord Peter Mandelson, mentor de Blair (qui, ce n’est pas un hasard, siège au Conseil de paix pour Gaza), et de plusieurs dirigeants britanniques.
Dans les médias, Mandelson a été surnommé le « Prince des Ténèbres » (voir The Independent en 2003), et ce n’était certainement pas sans raison. Tout le monde le savait, mais…

Comment l’état français tente d’étouffer les ramifications de l’affaire Epstein
La France, autrefois mère des arts, des armes et des lois, ne rate jamais une occasion de montrer à quel point elle est soumise, dirigée par une élite pervertie et prompte à manipuler l’opinion pour conserver sa domination.
Nouvelle illustration, et de taille : l’affaire Epstein.
Dès que les fichiers ont été publiés par l’administration Trump, « l’État profond français » a tout mis en œuvre pour que surtout les Français ne comprennent pas, en recourant tout à la fois à la manipulation de l’opinion par l’ingénierie sociale et à la docilité des principaux médias, moins bêtes que soumis.
La première méthode, le silence – aucun article dans la presse mainstream et langue de bois des politiques – a rapidement montré ses limites dans un monde de 2026 où l’information circule sur les réseaux sociaux. Quand même, le bon peuple a commencé à s’interroger.

La deuxième étape est alors enclenchée : la manœuvre de diversion. Il faut à tout prix cacher le sujet sous le tapis. Soit on décrédibilise le sujet en créant le doute ; ainsi, la première fois que Le Monde traite le sujet, le 2 février, c’est pour affirmer que le grand nombre de documents jette le trouble – on a rarement entendu des journalistes se plaindre d’avoir trop de sources, les documents Snowden c’était 1,7 million en 2013, avant le grand développement de l’IA… Soit on fait semblant de traiter le sujet, en utilisant un angle anecdotique, accessoire. Ainsi, le journal gratuit 20 minutes pose une question cruciale le 5 février : « Affaire Epstein : comment prononce-t-on son nom ? » Ou alors on évoque d’autres sujets dont le manque d’à-propos est particulièrement sidérant : au moment où les Français se jettent sur X ou Telegram pour comprendre quelque chose aux 3 millions de fichiers, l’hebdomadaire Le Point s’exclame le 9 février : « Donner le prix Nobel de la paix à Emmanuel Macron, quelle bonne idée ! »
Mais le peuple veut qu’une tête tombe, n’est-ce pas une passion française depuis des siècles et les exécutions en place publique, où l’intensité de la souffrance subie par le coupable doit lui permettre de racheter ses fautes – encore faut-il que le coupable désigné le soit réellement, et qu’il cherche sincèrement son repentir et donc son salut… Intervient alors la troisième méthode, la cartouche : le bouc émissaire.
La théorie de René Girard est particulièrement intéressante : il démontre que le bouc émissaire est celui qui est injustement sacrifié, pour le bien de la collectivité, pour mettre fin à la violence et rétablir l’ordre. On dit en creux que celui qui est jeté en pâture paie pour les autres. Tous contre lui, pour le confort de tous. Les rituels maçonniques, avec l’importance de la fraternité du groupe, le désir d’imitation des autres, vont dans le même sens.

Le bouc émissaire est donc Jack Lang, un choix intéressant à plus d’un titre. Comme souvent, la justice tape à côté… C’est le Parquet national financier qui intervient, et ouvre une enquête préliminaire pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée ». Un peu comme si Marc Dutroux avait été poursuivi pour un délit financier… Par ailleurs, les soupçons de pédophilie circulent à son sujet depuis longtemps, donc rien de nouveau sous le soleil, et désigner un vieux socialiste de l’époque Mitterrand dévie l’interprétation sur l’affaire Epstein vers les scandales des années 1980, comme si ces agissements pervers étaient d’un autre temps – heureusement, les hommes actuellement au pouvoir ne sont plus faits de ce bois. Mais encore, on nous fait croire qu’il s’agit de la pédophilie « à l’ancienne mode » pourrait-on dire, à la façon de Cohn-Bendit, de l’affaire du Coral ou de Matzneff, interprétation biaisée qui passe complètement sous silence la spécificité de la pédophilie époque Epstein, les rites sataniques et l’implication des services secrets de qui on sait.
Le prince Andrew constitue un autre exemple de ce phénomène : par contraste, son exposition publique montre que le reste de la famille royale britannique serait exempte de tout vice. On a expulsé le mouton noir, tous les autres sont blancs.
Accuser quelques hommes permet d’éviter que le réseau qui est derrière soit montré du doigt, on occulte la domination qu’il a exercée par des pratiques abusives.
La méthode du bouc émissaire peut aussi être utilisée dans sa version géopolitique, tout est bon pour sauver Zelensky : et revoici les Russes. Ainsi, Le Parisien titre le 4 février : « affaire Epstein, la piste russe », et BFMTV le 6 février : « une opération d’ingérence russe visant à faire croire à une implication d’E. Macron dans l’affaire Epstein a été détectée par les autorités ». Idem au Royaume-Uni, bel exemple d’unanimisme journalistique, dans le Daily mail du 3 février : « Jeffrey Epstein helped Russian spies collect blackmail ‘kompromat’ on western elites for DECADES, says former MI6 agent Steele ».

Les Russes sont partout : ils sont derrière de faux comptes acharnés sur les réseaux à salir l’image de notre valeureuse élite française, et évidemment ils tirent les ficelles du réseau Epstein. On ne voit pas le nom de V. Poutine parmi les noms des amateurs de chair juvénile ? Au lieu d’en conclure (bon sens et logique) que la classe politique russe ne compte pas de B. Gates, de G. Bush ou de B. Clinton, et que peut-être (!) les propos de V. Poutine sur la décadence et la perversion de l’Occident sont justes, les médias français affirment que s’ils ne sont pas sur la scène c’est parce qu’en coulisses ils tirent les ficelles ! Encore plus fort, Le Monde écrit le 10 février : le « souhait [d’Epstein], réitéré maintes fois, de rencontrer Vladimir Poutine n’a pas été exaucé, semble-t-il, pas plus que son désir de se rendre en Russie, malgré moult demandes de visa ». On nous explique donc que Poutine a refusé de voir Epstein et même de le faire entrer en Russie, mais pourtant les Russes seraient à la manœuvre…

À ceux qui s’étonneraient de la bêtise, ou de la naïveté de l’opinion française, rappelons qu’on a malheureusement compris depuis le covid que « plus c’est gros, plus ça passe » – ceux qui ont gobé qu’un vaccin ne protège pas, qu’une relation entre un adolescent de 14 ans et son professeur de 39 ans serait une merveilleuse histoire d’amour, que la France est encore une grande puissance.
Les réseaux sociaux s’agitent tout de même encore. Alors, l’État verrouille : perquisition dans les locaux français du réseau social X le 3 février, nettoyage des fichiers Epstein (par exemple, le nombre d’occurrences concernant Rothschild a diminué entre le 1er février et le 4 février), déclaration du président Macron le 9 février affirmant que l’affaire Epstein concerne « surtout les États-Unis d’Amérique ». For sure ! Epstein a été arrêté venant de France, il y possédait un hôtel particulier, G. Maxwell en a la nationalité, la justice française disposait de la boîte mail d’Epstein depuis 6 ans, en 2020 Paris a fait une demande d’entraide judiciaire visant Jean-Luc Brunel pour « viols sur mineures », etc. Mais la France est devenue le lieu où l’enquête judiciaire est la plus inerte. La justice française n’a ouvert aucune enquête pour traquer les trafiquants d’êtres humains. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, s’oppose à la création d’une commission d’enquête sur le volet français de l’affaire Epstein – Braun-Pivet a travaillé dans le cabinet d’avocats Temime qui a défendu Jean-Luc Brunel.
Quand le verrouillage ou l’étouffement ne suffit pas, il faut alors décrédibiliser. C’est-à-dire crier au complotisme, mi-paranoïa mi-antisémitisme. Un débat sur France Culture, le 6 février, fait intervenir un doctorant (les stagiaires de BMTV n’étaient sans doute pas disponibles), qui évoque « le cadrage complotiste contemporain » (sous-entendu : la déformation) et « la fantasmagorie des théories sataniques les plus anciennes » (les contes de Perrault et les légendes pour faire peur aux enfants). Où est le problème si les fichiers rendus publics confirment ce que les « complotistes » disent depuis des années ?
Comme toujours, les « experts de plateau télévisé » vont asséner au bon peuple la bonne interprétation. Il y a le premier degré, démagogique simpliste : la classe politique n’est remplie que de pervers. Puis, pour les demi-savants, on ajoutera : c’est seulement le fait de quelques-uns, quelques brebis galeuses, mais le ménage va être fait, dormez bien, braves gens et surtout continuez à payer vos impôts et à aller voter. Ou, un degré au-dessus : seuls les plus pourris réussissent à atteindre les plus hauts postes. C’est cela qu’on veut nous faire croire, et qui est faux : ceux qui sont mis aux plus hauts postes sont justement les plus déviants, ou pervers, en tout cas ceux sur qui des dossiers existent, et qui de ce fait sont totalement manipulables, de parfaits exécutants dociles. Un bon ministre, un bon président, c’est celui dont les vices (les casseroles) sont la garantie de sa soumission. Sous de Gaulle, la plus petite tache pouvait vous disqualifier à vie et vous empêcher toute carrière ministérielle ; aujourd’hui, le plus pourri, le plus détraqué pourra aller très loin.
L’autre fausse interprétation qui est martelée ramène l’affaire Epstein à un réseau de prostitution pour hommes riches et puissants. En gros, une nouvelle Madame Claude, mais Rachel Claude. C’est occulter des réalités considérables aux enjeux terribles : d’abord, la pédophilie, il s’agit d’enfants qui sont offerts en pâture ; deuxièmement, les tortures, les meurtres, le cannibalisme, le lien avec les trafics d’organes, etc. ; troisièmement, les rites sataniques, kabbalistes ; et enfin, le gigantesque système de manipulation des États et d’ingérence politique. Rien à voir avec un réseau de call-girls : un système puissamment organisé de pédo-criminalité sataniste pour servir les intérêts politiques et financiers d’un petit groupe.
Un élément intéressant est à noter : la gauche radicale a franchi un pas dans la détestation de la « communauté organisée ». En effet, sur Instagram, sur Tiktok, très vite l’information a circulé, et toutes les tentatives de manipulation par les grands médias (presse, télévision) ont été complètement inefficaces sur des jeunes qui ont de toutes autres sources d’information. Les esprits qui avaient déjà été préparés par le génocide perpétré à Gaza – une bonne partie de la jeunesse française de gauche brandit aujourd’hui avec détermination le drapeau palestinien, on le voit dans des concerts etc., – ont embrayé aussitôt avec l’affaire Epstein. Les génocidaires sont devenus en plus de dangereux pervers qui manipulent les leaders des États, Epstein est un agent du Mossad et s’il est tombé c’est parce qu’il a désobéi…
Concluons en soulignant un fait dont il serait dommageable qu’il passe inaperçu : le poids des socialistes dans cette affaire. Il ne s’agit pas seulement de J Lang, de Jacques Attali, de Pierre Moscovici… Quand Fabrice Aidan, le diplomate pédophile en poste à New York, est sauvé d’une enquête du FBI par le Quai d’Orsay, qui le rappelle opportunément, le ministre des Affaires étrangères est alors… Laurent Fabius ; Aidan rejoindra ensuite la banque Edmond de Rotshschild. Quand Macron constitue une commission sur la pédophilie, il nomme à sa tête Elisabeth Guigou. Et n’oublions pas qu’E. Macron sortant de la banque Rothschild est apparu d’abord dans les sphères socialistes, dans l’entourage de F. Hollande.
Une seule conclusion s’impose : il est temps de nettoyer les écuries d’Augias.
Alice de Stermaria
Netanyahou en visite à Washington, Trump menace d’amener un deuxième porte-avions au Moyen-Orient
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a entamé sa visite aux États-Unis par une rencontre avec l’envoyé spécial Steven Witkoff et le gendre du président américain, Jared Kushner. Des responsables américains supervisant les négociations avec l’Iran à Oman ont informé le Premier ministre du contenu de leurs consultations. Selon les médias israéliens, la visite du Premier ministre à Washington pourrait s’avérer déterminante quant au calendrier d’une frappe contre Téhéran. La partie américaine, comme l’a publiquement admis le président Donald Trump, pourrait, si nécessaire, déployer un second groupe aéronaval au Moyen-Orient.
« Quand on parle de pizza, de fromage et de hot-dogs dans les dossiers Epstein, on parle en réalité d’enfants et de bébés tués et maltraités.»
L’analyste du renseignement Pietrobon prend la parole !
Epstein est de nouveau au centre de l’attention mondiale, et ce n’est pas un hasard. Emanuel Pietrobon, analyste géopolitique et expert en renseignement, déconstruit les versions officielles et les théories du complot simplistes : documents déclassifiés, langages cryptés, pédophilie et géopolitique. À qui profite réellement l’ouverture des archives ?
Avant même que le nom de Jeffrey Epstein ne fasse le tour du web, provoquant la crise de nerfs de Trump et la volonté des Démocrates d’instrumentaliser le dossier à des fins politiques, certains fouillaient déjà depuis des années les papiers, les courriels, les archives et les zones d’ombre du « système Epstein ». Emanuel Pietrobon est de ceux-là. Analyste géopolitique spécialisé dans le renseignement, la sécurité internationale et la guerre hybride, Pietrobon collabore depuis longtemps avec des magazines et des centres d’analyse stratégique, en Italie et à l’étranger, sur les services secrets, la désinformation et les rapports de force entre États. Il dirige aujourd’hui le département renseignement et sécurité du think tank MasiraX. Un homme qui ne se laisse pas facilement convaincre par la version officielle. Ces derniers mois, alors que la vie politique américaine était divisée entre ceux qui criaient au complot et ceux qui dénonçaient la dissimulation, Pietrobon étudiait minutieusement les documents déclassifiés de l’affaire Epstein : documents, correspondance, images, langages codés et réseaux de relations liant affaires, pédophilie, renseignement et géopolitique mondiale. Mais la question la plus gênante est de savoir pourquoi ces fichiers sont publiés maintenant, et qui en profite réellement.

Pourquoi les dossiers Epstein sont-ils publiés et dans quel but ?
La vérité est que l’affaire Jeffrey Epstein a toujours suscité un vif intérêt public. Cet homme aux multiples talents, qui a été tour à tour mathématicien, analyste financier, gestionnaire de patrimoine, consultant politique et investisseur immobilier, a fait l’objet de ses premières plaintes à la fin des années 1990 et est resté sous le feu des projecteurs, parfois gênant, des organisations luttant contre les violences faites aux femmes et aux mineurs. Le tournant a clairement eu lieu le 10 août 2019, jour où son corps sans vie a été retrouvé, en pleine administration Trump, dans sa cellule du Metropolitan Correctional Center de New York. Sa mort a paru suspecte dès le départ : quelques jours avant son suicide, il avait déclaré aux gardiens s’être réveillé avec des marques de strangulation au cou et n’avoir aucun souvenir de ce qui s’était passé, raison pour laquelle il avait été transféré dans une autre cellule, à l’isolement.
La nuit fatidique du prétendu suicide, les deux gardiens chargés de sa surveillance s’endormirent et ne purent effectuer les rondes obligatoires de trente minutes – qui ne furent d’ailleurs pas réalisées pendant trois heures. Se pose ensuite la question des caméras : elles aussi s’endormirent cette nuit-là, filmant trop peu, aux mauvais moments, ce qui entraîna des lacunes dans les enregistrements.
L’histoire semble s’arrêter là, et Epstein continue d’être évoqué uniquement sur les forums complotistes d’extrême droite et parmi les partisans du mouvement « Make America Great Again ». Puis, l’inattendu se produit : Donald Trump n’est pas réélu. Pressentant l’importance de l’affaire Epstein pour son électorat, qui, quelques années auparavant, avait été totalement séduit par la campagne de désinformation Pizzagate-QAnon, une opération pédophile et sataniste menée dans les cercles démocrates, Trump décide d’exploiter l’affaire Epstein et commence à promettre que, s’il est réélu, il fera la lumière sur ce qui apparaît à ses électeurs comme le prolongement naturel du complot Pizzagate-QAnon. En 2024, pour de multiples raisons, les Démocrates ont perdu la Maison-Blanche face à Trump. Malgré ses promesses de campagne et les déclarations initiales tonitruantes de son équipe – n’oublions pas une Pam Bondi ravie qui, en février 2025, annonçait avoir « la liste des clients d’Epstein sur son bureau » –, Trump a opéré un revirement soudain : non seulement cette liste n’existe pas, mais les archives d’Epstein ne contiennent rien d’intrigant ni de digne d’être déclassifié. Au sein du camp Trump, certains estiment qu’Epstein ne devrait pas bénéficier d’une telle attention médiatique.
Le monde pro-Trump est divisé entre ceux qui pensent qu’Epstein ne mérite pas autant d’attention et ceux qui soupçonnent une tentative d’étouffement de l’affaire. Les politiciens et influenceurs républicains commencent à soupçonner que les archives Epstein pourraient contenir des noms de leur propre cercle. D’une seule voix, de Candace Owens à Tucker Carlson, un cri s’élève : « Rendez publics ! » Les démocrates saisissent l’occasion. En juin 2025, Ro Khanna évoque la possibilité de demander la déclassification des archives avec le républicain dissident Thomas Massie. Massie, en conflit ouvert avec Trump, dont il abhorre le style autoritaire et la tolérance à la corruption, accepte la proposition. Les deux hommes signent une résolution bipartite contraignant le ministère de la Justice à publier tous les éléments rassemblés sur l’affaire Epstein au fil des ans. Ils obtiennent gain de cause. La suite appartient à l’histoire.
Cela paraît incroyable, mais les théoriciens du complot avaient raison. Epstein était bel et bien un pédophile, et des témoignages ont même fait surface concernant des actes de torture et des meurtres d’enfants, garçons et filles, amenés sur cette île désormais tristement célèbre. Vous qui avez analysé les dossiers en profondeur, pouvez-vous expliquer comment on peut arriver à cette conclusion ? Quels documents circulent à ce sujet ?
Le contenu explicite est abondant : des photos d’Epstein dans des poses ambiguës avec des fillettes de 7 ou 8 ans, des photos de ses clients avec de jeunes hommes et femmes – à la fois troublantes et grotesques, par exemple, une photo « traîtresse » du prince Andrew, terrifié, tentant de réveiller une femme inconsciente – et des courriels évoquant des vidéos de torture, des femmes assassinées et des femmes à assassiner.
Le mot « pizza » est un nom de code pour quoi ? De quelles personnes parle-t-on ?
Epstein, Maxwell, leurs associés et leurs clients discutaient tranquillement de leurs affaires, de leurs intrigues politiques et de leurs fêtes, échangeant messages, photos et vidéos des « bons moments » passés sur l’île de Saint-James et dans d’autres lieux dont le défunt pédophile avait la charge. Malgré leur ton désinvolte, ils utilisaient un langage codé pour éviter d’aborder ouvertement les crimes, probablement de nature sexuelle, commis sur les propriétés d’Epstein afin de satisfaire les perversions de ses clients les plus dépravés et d’accomplir des rituels – cette histoire, en effet, présente un aspect ésotérique très marqué. Parmi les mots codés les plus fréquemment utilisés dans les courriels figuraient « pizza » (861 mentions), « fromage » (1 141 mentions) et « hot-dog » (99 mentions), termes que les interlocuteurs employaient d’ailleurs dans des échanges manifestement sans rapport avec l’achat de pizzas ou la consommation de fromage. Prenons l’exemple du document EFTA01829017, jeu de données 10, où Epstein écrit : « Je ne sais pas si le fromage à la crème et les nouveau-nés sont comparables », et une personne dont le nom est masqué répond : « Il y a des millions de nouveau-nés, alors qu’on trouve très peu de bon fromage à la crème végétal.»
D’après les dictionnaires régulièrement publiés et mis à jour par les organisations qui traquent les prédateurs sexuels en ligne, qu’il s’agisse d’entités privées comme la Fondation Innocent Lives ou d’agences de police comme le FBI, dans les milieux pédophiles, le mot « pizza » était traditionnellement utilisé pour désigner les victimes en général (garçons et filles), « cheese pizza » pour désigner les « vidéos de pornographie infantile » et « hot dog » pour désigner les « hommes ».
Quelles sont les conséquences politiques potentielles aux États-Unis et dans le reste du monde ?
On espère que la déclassification des archives n’entraînera pas tant les démissions et l’ostracisme social de ceux qui fréquentaient ce que notre collègue Elham Makdoum a appelé le « système Epstein », mais plutôt l’arrestation de toute personne ayant participé aux crimes commis sur l’île de Saint-James et dans d’autres lieux fréquentés par le pédophile décédé. Les arrestations sont peu probables. Cependant, nous assisterons certainement à d’autres suicides, aussi improbables soient-ils, de victimes et d’auteurs de ces crimes, ainsi qu’à quelques démissions. L’Europe est à l’avant-garde des démissions spontanées de personnes ayant eu des liens avec Epstein, sans nécessairement avoir participé à ses soirées sulfureuses ni à ses activités criminelles. Il me semble essentiel de surveiller de près la possibilité d’une résurgence de la gauche à l’approche de l’élection présidentielle américaine de 2028, visant à saper non pas tant le mouvement MAGA que l’internationalisme souverainiste dans son ensemble. À cet égard, il ne faut pas sous-estimer les conséquences de la déclassification de documents en France et en Italie, pays clés dans la stratégie anti-européenne de l’équipe Trump, suite à la révélation d’une correspondance compromettante entre Epstein et Steve Bannon concernant le financement de la famille Le Pen et de la Ligue. Et la déclassification n’est pas encore terminée.

Il existe une théorie selon laquelle Epstein serait encore en vie. Est-ce plausible ou non ?
Depuis le 10 août 2019, Epstein est en compagnie de l’un de ses personnages préférés. Et ce personnage, c’est le cher Satan, dont il aimait beaucoup parler avec ses amis, comme Bannon, citant avec précision des vers entiers du « Paradis perdu » de John Milton.
Qui était vraiment Jeffrey Epstein ? Il avait des liens avec Poutine et bien plus encore.
Beaucoup sont arrivés à la conclusion qu’Epstein est mort pour une raison : un homme habitué au luxe, incarcéré pour des crimes commis avec ses complices, est un homme qui s’apprête à faire une excellente affaire avec les enquêteurs. Je m’explique : Epstein n’a jamais été le propriétaire de ce réseau de contacts politiques, universitaires et d’affaires grâce auquel il planifiait ses investissements et assouvissait les pires perversions qui soient – il en était le gestionnaire.
Pourtant, il est fort probable que le cerveau derrière tout cela a toujours été Ghislaine Maxwell, la partenaire d’Epstein, fille du tristement célèbre Robert. Robert Maxwell était le roi du renseignement britannique et l’un des plus importants espions du Mossad pendant la Guerre froide. Il a reçu de l’argent de Tel-Aviv pour bâtir un empire médiatique, qu’il a ensuite utilisé pour influencer l’opinion publique britannique en faveur des intérêts israéliens.
Mais il a aussi fait d’autres choses : transmettre des informations secrètes sur la famille royale, faire des compromissions, identifier des informateurs clés – c’est lui-même qui a révélé à la presse occidentale l’existence d’armes nucléaires en Israël. Peut-être parce qu’il a tenté de jouer un triple jeu avec le MI6 et le KGB, ou peut-être parce qu’il a essayé de faire chanter ses supérieurs, Robert s’est noyé en 1991. Il a eu droit à des funérailles nationales au mont des Oliviers, en présence des plus hautes instances des institutions israéliennes.
Nous savons que Ghislaine a hérité du réseau social de son père, ainsi que de sa fortune, et que la réussite du jeune Jeffrey a débuté précisément après sa rencontre déterminante avec elle. Il me semble plus que plausible que Jeffrey ait été choisi par le Mossad pour poursuivre l’œuvre de Robert Maxwell. Cela expliquerait non seulement sa proximité avec des personnalités comme Ehud Barak, mais aussi les raisons de sa recherche constante – dans chacune de ses interactions, avec ses clients et collaborateurs des États-Unis, de Grande-Bretagne, de France, d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, etc. – d’opportunités politiques pour promouvoir les intérêts israéliens à travers le monde, de la Libye à la Syrie.
Des liens avec la Russie ?
Une analyse approfondie des archives révèle que Jeffrey avait un besoin urgent d’escortes de luxe pour satisfaire les vices de ses clients les plus fortunés. Ce besoin a conduit Jeffrey et ses associés en Russie, où ils ont contacté des agences d’escortes gérées par les services secrets de Moscou. Je crois que les Russes, maîtres incontestés du chantage affectif, ont immédiatement perçu qu’Epstein menait une opération de renseignement et ont ainsi obtenu, sans être associés au Mossad, des informations compromettantes sur de puissants Occidentaux et d’autres personnes fréquentant ses propriétés. Les échanges entre Epstein et ses contacts russes, comme Sergueï Bélyakov, ancien élève de l’académie du KGB et principal pourvoyeur d’escortes russes, révèlent que leurs relations étaient loin d’être idylliques.
Dans une série de courriels datés de juillet 2015, Epstein se plaignait qu’une des escortes trouvées par Bélyakov, une certaine Guzel Gunieva, faisait chanter ses clients. Furieux, Epstein demanda conseil à Bélyakov sur la marche à suivre, sachant où elle logeait : au Four Seasons de New York. Il cherchait l’autorisation de l’éliminer. À la surprise d’Epstein, Bélyakov lui conseilla vivement de ne pas s’en occuper et de laisser l’affaire se poursuivre aux États-Unis. Et que dire des innombrables tentatives pour entrer en contact avec des hommes politiques et d’affaires russes ? Epstein souhaitait également que de puissants Russes fréquentent son île.
Ni Belyakov ni les autres Russes avec lesquels il avait établi des contacts n’ont jamais accédé à sa demande, se contentant de fournir des escortes peu fiables et de recueillir des informations sur ce qui se passait dans l’entourage d’Epstein. Non, Epstein ne travaillait absolument pas pour les Russes. Ces derniers ont simplement compris qu’il y avait matière à exploiter Epstein et en ont profité. Ce qui est certain, en revanche, c’est que, outre le Mossad, Epstein avait également des contacts entre le MI6 et la CIA. Impossible de savoir s’il a tenté de mener un triple jeu. Quoi qu’il en soit, il en savait trop, et ses supérieurs ne pouvaient ni ne voulaient prendre le risque de le laisser en vie.
Israël partage l’avis du Hamas : le bilan des morts à Gaza s’élève à au moins 70 000 morts. De quoi embarrasser les négationnistes de salon.
Je me demande si les prétendus « libéraux » finiront par être un peu gênés d’apprendre que Tsahal a elle aussi affirmé, pour la première fois, comme l’ont rapporté plusieurs médias israéliens (non seulement le journal antigouvernemental Haaretz, mais aussi le Jerusalem Post, le Times of Israel et d’autres), qu’environ 70 000 personnes sont mortes lors de l’opération Épées de fer dans la bande de Gaza. Bien entendu, les Forces de défense israéliennes contestent simultanément le bilan des victimes civiles avancé par les Nations Unies, soulignant que, selon elles, « aucune personne en bonne santé n’est morte de faim ». Il ne fait toutefois aucun doute qu’il s’agit d’un aveu extrêmement significatif à plusieurs égards. À moins, bien sûr, que Tsahal ne soit elle aussi accusée d’« antisémitisme ».

Chiffres sous-estimés. Voici pourquoi.
Il s’agit avant tout d’une défaite humiliante pour les libéraux et divers commentateurs de salon (à la télévision) qui ont maintes fois ridiculisé les chiffres fournis par le ministère de la Santé du Hamas, selon lesquels 71 667 Palestiniens sont décédés depuis le 7 octobre 2023. Ces estimations ont désormais été confirmées par un haut responsable de Tsahal et relayées par plusieurs médias israéliens. C’est un premier pas vers la vérité, car, comme nous l’avons rapporté à plusieurs reprises, ces chiffres sont sous-estimés pour diverses raisons, comme l’ont clairement démontré des analyses indépendantes et validées par des pairs. De plus, beaucoup de médias sérieux dénoncent cela depuis octobre 2024, date à laquelle ils se sont appuyés sur les positions de 99 médecins américains de renom.
L’estimation officielle du ministère de la Santé du Hamas semble prudente, car elle ne tient pas compte des milliers de personnes portées disparues et probablement ensevelies sous les décombres des bâtiments détruits. Leurs corps n’ont pu être retrouvés ni identifiés faute de matériel lourd, de carburant et de moyens de sécurité pour les opérations de recherche.
De plus, le système de santé de Gaza a été gravement endommagé par les bombardements et les incursions militaires. Hôpitaux et morgues ont été touchés ou rendus inopérants, ce qui limite considérablement la capacité d’enregistrer les décès avec précision et exhaustivité. Une étude publiée dans The Lancet en janvier 2025, menée par des chercheurs de la London School of Hygiene & Tropical Medicine (LSHTM) et d’autres institutions, a utilisé une analyse de trois sources indépendantes (listes hospitalières du ministère de la Santé, enquêtes en ligne et avis de décès sur les médias sociaux) pour estimer qu’au cours des neuf premiers mois de la guerre (octobre 2023-juin 2024), les décès dus à des blessures traumatiques étaient d’environ 64 260 (avec un intervalle de confiance de 55 298 à 78 525), soit 41 % de plus que les 37 877 victimes officiellement signalées par le ministère de la Santé au cours de cette période.
Les auteurs expliquent que cet écart provient précisément de l’effondrement du système de santé et que l’estimation ne tient pas compte des décès indirects (dus à la faim, aux maladies ou au manque de soins) ni des corps non retrouvés ; en projetant le taux de sous-déclaration, le total pour octobre 2024 dépasserait probablement les 70 000 décès. Comme l’admet également une autre revue scientifique prestigieuse, Nature, certains chercheurs estiment que les chiffres fournis par le ministère de la Santé de l’enclave sont sous-estimés, « en raison des énormes difficultés à recenser les décès lors de conflits armés ». D’autres, en revanche, affirment que le nombre de victimes est plausible, mais certainement pas inférieur aux estimations officielles.
Jean-Pierre Filiu, professeur d’histoire à Sciences Po Paris, pense lui aussi que les chiffres fournis par le ministère de la Santé du Hamas (et désormais confirmés par les Forces démocratiques) sont sous-estimés. Pourquoi ? Comme l’explique le professeur dans Le Monde, « les décès dus à des évacuations ratées et à des soins inadéquats ne sont pas inclus dans le bilan officiel des décès, pas plus que ceux qui sont morts d’épidémies, de faim, de soif et des nombreuses souffrances qui ont affligé une population plongée dans des conditions inhumaines.
La minorité chrétienne examinée par Le Monde
Une évaluation du rapport entre les victimes directes et indirectes après près de deux ans d’offensives terrestres israéliennes peut être tentée en utilisant l’échantillon bien documenté de la minorité chrétienne de Gaza, souligne-t-il. Estimée à 1 000 personnes en octobre 2023, la communauté chrétienne a rapidement diminué pour atteindre environ 800 membres après le départ de 200 chrétiens au début du conflit, un départ facilité par la double nationalité de certains d’entre eux. Six cents chrétiens sont restés dans leurs paroisses de la ville de Gaza, tandis que 200 autres ont trouvé refuge dans l’enclave sud suite à des ordres d’expulsion. Même le propagandiste le plus virulent aurait du mal à accuser ces 800 chrétiens d’avoir un quelconque lien avec le Hamas. Le bilan de leurs pertes est cependant dévastateur. Vingt-trois chrétiens ont été tués lors d’attaques israéliennes à l’intérieur d’églises où ils se croyaient en sécurité : 17 lors du bombardement de l’église orthodoxe Saint-Porphyrios le 19 octobre 2023 ; trois par des tireurs embusqués à l’intérieur de l’église catholique de la Sainte-Famille (un le 13 novembre et deux le 16 décembre 2023) ; et trois lors du bombardement de cette même église le 17 juillet 2025.

La catastrophe humanitaire à Gaza est confirmée par un rapport exclusif publié par Reuters ces dernières heures. Selon ce rapport, dès début 2024, des responsables de l’USAID (Agence des États-Unis pour le développement international) avaient rédigé une note d’alerte destinée à l’administration Biden. Cette note décrivait le nord de Gaza comme un « paysage apocalyptique et désolé », marqué par de graves pénuries de nourriture et d’aide médicale, comme l’ont confirmé des organisations humanitaires telles qu’Amnesty International.
Ce message interne, basé sur les observations du personnel de l’ONU lors de missions d’évaluation humanitaire en janvier et février 2024, rapportait des détails macabres : un fémur et d’autres ossements humains jonchant les rues, des cadavres abandonnés dans des voitures et une situation catastrophique, notamment en ce qui concerne la nourriture et l’eau potable. Cependant, l’ambassadeur des États-Unis à Jérusalem, Jack Lew, et son adjointe, Stephanie Hallett, ont bloqué la diffusion de cette note au sein du gouvernement fédéral, la jugeant partiale, comme l’ont révélé des entretiens avec quatre anciens responsables et des documents consultés par Reuters.
Qui sait si, confronté à cette vérité crue et effrayante, quelqu’un aura enfin le courage d’admettre son erreur, ou préférera faire comme le dernier Japonais…
Tsahal reconnaît que son opération a tué 70 000 Gazaouis
L’armée israélienne a reconnu officiellement pour la première fois qu’environ 70 000 personnes sont mortes dans la bande de Gaza durant la guerre contre le Hamas, selon un journal israélien. Elle conteste cependant les estimations de l’ONU concernant le nombre de victimes civiles.
Selon le Jerusalem Post, les autorités israéliennes affirment qu’aucune personne en bonne santé n’est morte de faim parmi les victimes. Cependant, malgré les déclarations de plusieurs organisations internationales selon lesquelles la grande majorité des victimes étaient des civils, Tsahal conteste ce chiffre. Elle estime qu’environ 25 000 des morts étaient des militants du Hamas.
Club fermé ou alternative à l’ONU ? Ce que pourrait impliquer le Conseil de la paix de Trump
D’après les médias occidentaux, les États-Unis prévoient de facturer un milliard de dollars à chaque pays souhaitant devenir membre permanent du Conseil de la paix. Le mandat des autres États membres devrait être limité à trois ans. Donald Trump présidera l’organisation et décidera également des pays invités à y adhérer. Les analystes estiment que ce Conseil de la paix pourrait être une tentative des États-Unis de créer une alternative à l’ONU, que Washington critique depuis longtemps.
Vers une nouvelle opération américaine contre l’Iran ?
L’Iran frappera des cibles militaires israéliennes et américaines au Moyen-Orient en cas d’attaque, a déclaré le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, aux parlementaires locaux le 11 janvier. Il a affirmé que des « militants armés » liés à des agences de renseignement étrangères tentent de transformer des « manifestations légitimes d’hommes d’affaires et d’autres groupes professionnels » en affrontements violents.
Israël a placé ses troupes en état d’alerte maximale, a rapporté Reuters, citant des sources. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et le secrétaire d’État américain Marco Rubio ont évoqué par téléphone, le 10 janvier, la possibilité d’un affrontement avec l’Iran. La dernière confrontation armée remonte à juin 2025, lorsque le programme nucléaire et les installations de défense aérienne de la République islamique ont été gravement endommagés par les forces aériennes israéliennes et américaines. Dans un entretien accordé à The Economist le 9 janvier, M. Netanyahou a menacé les dirigeants iraniens de représailles en cas d’attaque.
Israël devient le premier pays à reconnaître le Somaliland
Israël est devenu le premier pays à reconnaître la République du Somaliland, jusque-là non reconnue, comme un État souverain. Cette avancée diplomatique a été critiquée par l’Union africaine, qui a déclaré qu’elle pourrait avoir des « conséquences importantes pour la paix et la stabilité sur le continent ».
Chypre, la Grèce et Israël se sont réunis pour s’opposer à la puissance turque
Le 10e sommet trilatéral entre Israël, la Grèce et Chypre s’est tenu à Jérusalem le lundi 22 décembre. Les participants se sont engagés à renforcer leur coopération en matière de défense et d’énergie. La question centrale avant la réunion était de savoir si ces voisins méditerranéens allaient créer leurs propres forces de réaction rapide pour intervenir en cas de crise en mer, dans les airs et sur terre. Selon des responsables, cette idée est à l’étude en raison de la montée en puissance de la Turquie, que les trois pays perçoivent comme une menace pour leur sécurité. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré lors du sommet que la coopération trilatérale devait être une réponse à « ceux qui rêvent de restaurer leurs empires ».
Le Premier ministre qatari révèle une coordination avec les États-Unis et Israël pour lutter contre le Hamas !
Les États-Unis et Israël sont « pleinement conscients » de la manière dont le Qatar a acheminé des fonds vers Gaza, contrôlée par le Hamas, durant la longue décennie précédant les attaques du 7 octobre 2023 contre l’État hébreu.
Le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, Mohammed ben Abdelrahmane Al Thani, s’est exprimé lors du Forum de Doha qui se tenait dans sa capitale. Dans une interview accordée au présentateur Tucker Carlson, il a expliqué l’origine des scénarios qui ont souvent conduit à accuser le Qatar de « financement du terrorisme » en raison de ses liens avec le Hamas, dont il abrite le siège politique depuis 2012.
Al Thani dévoile le triangle Qatar-États-Unis-Israël
S’adressant à Carlson, Al Thani n’a pas révélé d’éléments nouveaux particuliers, mais il s’est exprimé clairement d’un point de vue institutionnel, révélant ce qui s’est passé politiquement au début des années 2010, période chaotique marquée par le Printemps arabe au Moyen-Orient et la proximité de Doha avec l’Occident, tant pour soutenir le changement de régime en Libye que pour déstabiliser le dictateur syrien Bachar el-Assad.
Al Thani a déclaré à Carlson que ce sont les États-Unis qui ont demandé au Qatar d’accueillir le bureau politique du Hamas lorsque l’organisation, qui gouverne Gaza depuis 2006, a quitté la Syrie en 2012. « L’établissement de relations et de communications avec le Hamas remonte à plus de dix ans, treize ans, à la demande des États-Unis », a-t-il affirmé. Par ailleurs, le Premier ministre et membre de la famille royale qatarie a soutenu que le Qatar avait envoyé des fonds à Gaza, insistant sur le fait qu’il ne s’agissait pas d’un financement du Hamas, mais d’un soutien à la population palestinienne, et que toutes ces actions avaient été menées en coordination avec Israël et les États-Unis.
L’article de Meshal sur le Hamas et les craintes américaines concernant la Turquie
Il est certain que la distinction entre « financement de Gaza » et « financement du Hamas » est fallacieuse, d’autant plus que dans la bande de Gaza, le Hamas constitue un État-parti à part entière. Cependant, les propos d’Al Thani sont fondamentalement exacts. De 2012 à 2023, le Qatar a transféré environ 1,8 milliard de dollars à Gaza, sous forme de versements mensuels pouvant atteindre 30 millions de dollars, en coordination avec Washington et Tel-Aviv.
En 2012, l’invitation faite au Qatar d’accueillir le Hamas visait à empêcher la Turquie d’acquérir une hégémonie et une prépondérance régionales excessives. La Turquie était le protecteur de Khaled Mashal, alors chef et véritable stratège politique du groupe. Ce n’est pas un hasard si ce dernier réside aujourd’hui dans ce pays d’Anatolie et a été la cible d’une tentative d’assassinat israélienne visant lui et d’autres négociateurs du Hamas, qui a frappé Doha le 9 septembre.
C’est ainsi qu’Israël a légitimé le Hamas.
Dans les années qui ont suivi, pour Israël et Benjamin Netanyahou, autoriser le Qatar à ouvrir des flux financiers vers Gaza leur permettait de légitimer, sans l’admettre ouvertement, le Hamas au sein de la sphère palestinienne, promouvant ainsi une politique de division et de domination à l’encontre de l’Autorité palestinienne basée en Cisjordanie.
Pour les États-Unis, ces deux mesures garantissaient la résolution de tout risque de conflit entre Israël et les Frères musulmans, considérés comme deux des trois piliers, avec l’Arabie saoudite, du confinement de l’influence iranienne dans la région. Les liens entre le Qatar et le Hamas ont ensuite été activement exploités par le président américain Donald Trump pour faciliter une médiation entre les militants de Gaza et le Hamas au cours du second semestre 2025, et Al Thani, s’exprimant auprès de Carlson, a réaffirmé le rôle régional de Doha.
L’interview du Premier ministre avec le présentateur américain est donc l’occasion de rappeler la complexité du passé et, surtout, la nécessité de rejeter toute explication simpliste. Lorsque, en Israël, ces derniers mois, l’extrême droite a qualifié le Qatar d’État « soutenant le terrorisme », elle a souvent oublié que ce même État a été aidé dans son expansion à Gaza par celui qui, aujourd’hui, se présente comme le champion de la lutte contre le terrorisme : Benjamin Netanyahou. Et par une Amérique désireuse d’instrumentaliser Israël et les fractures régionales pour contenir ses adversaires au Moyen-Orient, quitte à rendre la région ingouvernable.
Qui est Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, à la croisée des chemins entre affaires et diplomatie ?
Jared Kushner, entrepreneur et figure emblématique des États-Unis, est connu pour son rôle au sein de l’administration Trump et pour ses activités dans l’immobilier et la finance. Son parcours, intimement lié à la politique internationale et à d’importantes initiatives diplomatiques, continue de faire de lui l’une des personnalités les plus influentes de la scène américaine.
Origines
Jared Corey Kushner est né le 10 janvier 1981 à Livingston, dans le New Jersey, au sein d’une famille juive orthodoxe. Son grand-père paternel, Joseph Kushner, était un survivant de l’Holocauste originaire de Novogrudok, aujourd’hui en Biélorussie.
Jared Kushner est le fils de Charles Kushner, promoteur immobilier, et de Seryl Stadtmauer. Il a un frère cadet, Joshua, et deux sœurs, Dara et Nicole.
Il a obtenu une licence en administration publique à l’université Harvard en 2003. Il a ensuite intégré le programme de double diplôme de la faculté de droit et de la Stern School of Business de l’université de New York, dont il est sorti diplômé en 2007.
Kushner mesure 1,91 m, soit une taille similaire à celle de Donald Trump.

Milieu familial
Kushner est marié à Ivanka Trump, la fille de Donald Trump, depuis le 25 octobre 2009. Ils se sont rencontrés en 2005 par l’intermédiaire d’amis communs.
Le couple a trois enfants : une fille aînée, Arabella Rose (née en 2011), et deux fils, Joseph Frederick (né en 2013) et Theodore James (né en 2016).
Carrière
Après la crise de 2008, Jared Kushner a hérité et développé Kushner Companies, acquérant des propriétés emblématiques telles que le 666 Fifth Avenue pour 1,8 milliard de dollars.
En 2006, il a racheté le New York Observer et, après l’acquisition, a transformé le journal en tabloïd. Kushner a quitté son poste de rédacteur en chef en janvier 2017 pour rejoindre l’administration du président Trump.
Nommé conseiller principal de Donald Trump en 2017, malgré les critiques concernant un possible népotisme, il a piloté le plan de paix pour le Moyen-Orient qui a abouti aux accords d’Abraham en 2020.
Après avoir quitté la Maison-Blanche en 2021, il a fondé Affinity Partners, une société de capital-investissement principalement financée par le PIF, le fonds souverain saoudien.
Jared Kushner a également rejoint l’équipe de Trump durant son second mandat. Outre ses succès dans le secteur privé et les liens diplomatiques tissés lors de son premier mandat, Kushner a continué de travailler aux côtés de l’envoyé spécial de Trump, Steve Witkoff, sur l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas.

Kushner a rejoint Witkoff lors de négociations cruciales, contribuant à l’obtention d’une trêve à Gaza. Ensemble, ils se sont rendus à Moscou le 2 décembre 2025 pour rencontrer le président russe Vladimir Poutine et discuter du plan de paix proposé par les États-Unis.
L’interview de Carlson-Fuentes divise les partisans de Maga : conflit total sur l’alliance américano-israélienne !
Le conflit interne au sein des conservateurs américains et du mouvement MAGA soutenant le président Donald Trump persiste. Au cœur du débat se trouve le soutien du Parti républicain à Israël. D’un côté, des journalistes et influenceurs comme Tucker Carlson et Nick Fuentes, ainsi que les paléoconservateurs de Pat Buchanan, souhaitent réduire l’influence de Tel-Aviv et du lobby pro-israélien aux États-Unis ; de l’autre, des personnalités proches des néoconservateurs, comme le commentateur Mark Levin, le journaliste Ben Shapiro et le sénateur texan Ted Cruz, qui, à l’inverse, de concert avec la communauté évangélique, estiment qu’une alliance avec Israël est essentielle. Sans oublier le lobby des millionnaires pro-israéliens, allant du fondateur de fonds spéculatifs Elliott, Paul Singer, à Les Wexner, ancien PDG de Victoria’s Secret.
Ce soutien s’explique aussi – et surtout – par des raisons religieuses : après tout, comme l’affirme l’historien Ilan Pappé, le « sionisme » n’est pas né en 1897 à Bâle avec Theodor Herzl. Il est apparu un siècle plus tôt dans les milieux évangéliques britanniques et américains, convaincus que le retour des Juifs en Palestine était le signe eschatologique de l’imminente seconde venue du Christ.
Carlson et Fuentes au cœur de la polémique
Au cœur de la controverse se trouve le dernier épisode du podcast de Tucker Carlson, dans lequel l’ancien présentateur de Fox News recevait Nick Fuentes, influenceur et militant conservateur. Au cours de leur conversation, les deux hommes s’en sont pris aux républicains qui soutiennent Israël, les qualifiant de victimes d’un « virus cérébral ». Dans le podcast, comme le souligne The Guardian, Carlson a cité des personnalités telles que le sénateur Ted Cruz, l’ancien président George W. Bush et l’ambassadeur en Israël Mike Huckabee, qu’il a qualifiés de « sionistes chrétiens » qui « haïssent plus que quiconque ».
Carlson obtient le soutien de la Heritage Foundation
L’épisode a immédiatement suscité des critiques de la part des républicains pro-Tel Aviv, mais la défense la plus surprenante est venue de Kevin Roberts, président de la Heritage Foundation, le think tank à l’origine du Projet 2025, le manifeste conservateur qui a guidé la seconde administration Trump.
Dans une déclaration, Roberts a qualifié Carlson de « cher ami de la Heritage Foundation, aujourd’hui comme hier ».
« Les Américains attendent de nous que nous nous concentrions sur nos adversaires politiques de gauche, et non que nous attaquions nos amis de droite », a déclaré Roberts, ajoutant que, si l’antisémitisme est condamnable, les conservateurs n’ont pas toujours l’obligation de soutenir Israël. Selon des sources au sein de la Heritage Foundation, le conseil d’administration se réunira cette semaine pour envisager de prendre ses distances avec Carlson. Parallèlement, le podcast a dépassé les 12 millions de téléchargements en 48 heures, signe que la base des partisans de Trump partage les positions de Carlson et Fuentes.
Reflet de cette profonde division au sein du camp conservateur, le commentateur Ben Shapiro s’en est pris à Tucker Carlson, le qualifiant de « plus virulent propagateur d’idées abjectes en Amérique ». Dans le dernier épisode de son émission, The Ben Shapiro Show, Shapiro a fustigé l’ancien journaliste de Fox News pour avoir invité Nick Fuentes. « Le problème n’est pas que Tucker Carlson ait invité Fuentes la semaine dernière – il en avait parfaitement le droit », a expliqué Shapiro. « Le problème, c’est que Carlson a choisi de banaliser l’événement, de le minimiser, et que la Heritage Foundation a ensuite défendu avec vigueur cette initiative. »
La Coalition juive à l’attaque
Alors que le podcast faisait le buzz sur les réseaux sociaux, le congrès annuel de la Coalition juive républicaine (RJC) se tenait à Las Vegas (du 31 octobre au 2 novembre). Cette année, le congrès célébrait son 40e anniversaire avec une programmation prestigieuse : Donald Trump par visioconférence, le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, les sénateurs Ted Cruz et Lindsey Graham, et la gouverneure de l’Arkansas, Sarah Huckabee Sanders. Depuis la tribune de la principale organisation républicaine juive-américaine – dont le conseil d’administration comprend les milliardaires Miriam Adelson (principal donateur de Trump), Paul Singer et Bernie Marcus – un déluge de critiques s’est abattu sur Tucker Carlson en les accusant sans détour d’« antisémitisme ». Lindsey Graham a exhorté l’auditoire à ne pas s’inquiéter de « ces stupides interviews » car « le Parti républicain a tout prévu », soulignant l’amour des conservateurs pour Israël.
Mark Levin a prononcé un discours enflammé contre Tucker Carlson et Nick Fuentes, les accusant de propager la haine antisémite et de trahir les principes judéo-chrétiens américains. Levin a qualifié la députée républicaine Marjorie Taylor Greene de « traîtresse » et d’« ennemie » pour ses critiques du soutien inconditionnel à Israël, déclarant : « Je me bats contre ces salauds depuis six mois ! »
Répondant à ceux qui s’opposaient à la « culture de l’annulation », il a rétorqué avec véhémence : « Comment ça, on n’annule personne ?… On a annulé Pat Buchanan. On a annulé la John Birch Society. On a annulé Joseph Sobran… On annule des choses tout le temps, bon sang ! » Levin a exhorté les dirigeants républicains à isoler ces « fanatiques » en boycottant leurs plateformes et leurs financements, les avertissant que les politiciens réticents « doivent avoir peur de nous », et a qualifié Fuentes de « petit Adolf » et Carlson d’« antisémite sorti de nulle part ».
La mort de Charlie Kirk en toile de fond
La mort mystérieuse de Charlie Kirk divise également les milieux pro-Trump et conservateurs. Selon des informations récentes, le jeune militant et fondateur de Truning Point USA, tué lors d’un rassemblement dans l’Utah par Tyler Robinson, 22 ans, aurait pris ses distances avec sa position pro-israélienne antérieure – du moins selon la version officielle. Cette information est confirmée non seulement par des enquêtes journalistiques, comme celles de Grayzone de Max Blumenthal, mais aussi par les propres déclarations publiques de Kirk et confirmés par son amie de toujours Candace Owens.
Selon des informations parues ces dernières semaines, le milliardaire pro-israélien Bill Ackman a organisé une réunion dans les Hamptons au cours de laquelle, d’après certaines sources, lui et d’autres personnes auraient vivement attaqué Kirk pour ses critiques de l’influence israélienne à Washington. Ackman avait organisé cette rencontre dans les Hamptons pour discuter de la menace que représenterait pour l’Occident Zohran Mamdani, récemment élu à la mairie de New York. Au cours de cet événement, Ackman s’est heurté à Kirk au sujet de ses positions sur Israël, tandis que Natasha Hausdorff, représentante de UK Lawyers for Israel, a élevé la voix contre le jeune homme de 31 ans, selon un participant à la réunion.
Ces derniers jours, le directeur du FBI, Kash Patel, a brutalement interrompu l’enquête menée par Joe Kent, directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme et proche collaborateur de Tulsi Gabbard, qui explorait une piste suggérant une possible implication étrangère dans le meurtre. L’hypothèse d’un rôle d’Israël, en particulier, a provoqué une vive émotion au sein de la droite internationale.
États-Unis: Quand le FBI enquête sur des “groupes criminels” Israëliens mais évite d’en parler publiquement !
Le FBI dispose d’une unité dédiée au crime organisé basée en Israël, désignée par l’acronyme IBOCS (Israeli Based Organized Crime Syndicates – Syndicats du crime organisé basés en Israël). Cette information a été révélée par une enquête publiée dans le magazine The American Conservative et menée par le journaliste Daniel Boguslaw, qui s’appuie sur des documents internes et des témoignages d’anciens agents. Des documents confidentiels du FBI et des dossiers judiciaires mettent en lumière un vaste réseau de blanchiment d’argent, de fraude fiscale et de trafic de drogue opéré aux États-Unis par des citoyens israéliens liés à de puissantes organisations criminelles israéliennes.
Malgré des années d’investigations en cours, le Bureau d’enquête a toujours évité de divulguer les ressources déployées et les résultats obtenus : en 25 ans, très peu de poursuites ont été engagées et aucune communication officielle n’a jamais reconnu l’existence de ces mafias transnationales. Un ancien agent fédéral cité dans l’article explique : « Il existe un programme IBOCS officiel. Lorsque le profil du suspect devient complexe, un lien avec des institutions israéliennes est présumé ; à ce stade, le dossier est transmis à la Division de la sécurité nationale.» Un deuxième ancien agent ajoute : « Les accusations restent des cas individuels. Présenter un “réseau israélien” n’a jamais été populaire. »
Enquêtes du FBI
En 2020, le FBI, dans un rapport divulgué par « Blue Leaks » et archivé par DDoSecrets, a mis en cause le clan IBOCS pour le détournement de millions de dollars du Programme de protection des salaires (PPP), le plan de relance économique mis en place face à la crise de la COVID-19. Actif au Nevada et en Floride, ce clan falsifie des états financiers et des déclarations de revenus depuis 2015 afin de dissimuler du blanchiment d’argent et de réduire ses impôts. Il utilise des sociétés écrans et des sociétés de façade pour obtenir des prêts fédéraux en quelques clics.
Mais les activités de cette organisation criminelle ne s’arrêtent pas là : elle se livre également à des activités frauduleuses en utilisant des fonds destinés aux victimes de catastrophes naturelles, gère des tripots clandestins, extorque des hommes d’affaires, se livre au trafic de drogue et blanchit de l’argent sale dans plusieurs villes américaines, dont Las Vegas, Los Angeles, Miami et New York. Cette organisation est si répandue qu’elle utilise les fonds publics pour alimenter sa propre guerre privée.
Au cœur de Manhattan, le tribunal fédéral du district sud de New York a récemment condamné celui qu’on appelle le banquier caché d’IBOCS, le syndicat du crime organisé basé en Israël déjà connu du FBI pour avoir inondé les États-Unis d’ecstasy pure à 91 %.
Entre 2019 et 2024, cet homme a blanchi 28 millions de dollars via des sociétés écrans, des cryptomonnaies et des comptes aux îles Caïmans, tandis que ses « mules » atterrissaient à JFK avec des valises remplies de pilules orange. Outre le blanchiment d’argent, il avait accès aux laboratoires néerlandais et aux numéros de téléphone de videurs à Brooklyn : une ligne directe entre les raves de Tel Aviv et les clubs de Williamsburg. Pour ces faits, le juge l’a condamné à 188 mois de prison, cinq ans de mise à l’épreuve, la confiscation de villas en Floride, de montres Rolex et de portefeuilles numériques, ainsi qu’à une amende de 2,5 millions de dollars.
En 2016, le chef du crime organisé Moshe Matsri, connu sous le nom de « Moshe le Religieux » et lieutenant de la puissante famille Abergil, a été condamné à 384 mois (32 ans) de prison fédérale par le juge Terry J. Hatter Jr. à la suite d’un procès qui a démantelé l’un des réseaux de trafic de cocaïne et de blanchiment d’argent les plus sophistiqués d’Israël, des États-Unis, d’Amérique latine et d’Europe.
L’organisation Abergil
En 2022, Yitzhak Abergil, chef de l’un des six plus importants cartels israéliens et figurant parmi les 40 plus gros importateurs d’ecstasy aux États-Unis, a été condamné à trois peines de prison à perpétuité consécutives pour le triple meurtre de civils, perpétré lors d’un attentat à la bombe rue Yehuda Ha-Levi en 2003 : une tentative d’attentat manquée contre son rival Ze’ev Rosenstein, qui a coûté la vie à trois innocents. L’organisation d’Abergil gérait des casinos, se livrait au blanchiment d’argent, à l’extorsion et au trafic de drogue entre Jérusalem et Los Angeles. Extradé aux États-Unis en 2011 pour meurtre et trafic de drogue, Abergil y a purgé sa peine avant de retourner en Israël.
Israël lance de nouvelles frappes contre Gaza
Mardi soir, le cabinet du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a annoncé avoir consulté l’armée et lui avoir ordonné de lancer immédiatement de puissantes frappes sur la bande de Gaza. Auparavant, Israël avait accusé le Hamas d’avoir violé l’accord de cessez-le-feu à Gaza. Selon l’État hébreu, le Hamas a restitué à Israël non pas les restes des otages, mais une partie des restes d’un soldat dont le corps a été découvert par Israël il y a environ deux ans.
Gaza et l’ombre du Cessez-le-feu: Hamas contre des groupes armés soutenus par Israël !
L’accord de cessez-le-feu à Gaza ne tient qu’à un fil. Suite à l’entrée en vigueur de l’accord négocié par l’administration Trump et les pays arabes, Israël et le Hamas s’accusent mutuellement d’en avoir violé les termes ces derniers jours. Le vice-président américain J.D. Vance, arrivé en Israël, a rencontré le Premier ministre Benjamin Netanyahou à Jérusalem pour discuter du cessez-le-feu en cours. S’adressant aux médias, le vice-président américain a reconnu que le maintien du cessez-le-feu « n’est pas facile », mais s’est dit optimiste quant à sa viabilité, soulignant l’engagement des États-Unis à le soutenir. Par ailleurs, l’UNRWA rapporte que 6 000 camions d’aide humanitaire attendent toujours d’entrer à Gaza, malgré l’accord prévoyant une augmentation des livraisons d’aide.
La repressione a Gaza
Ces derniers jours, des images choquantes de Gaza ont également circulé sur les réseaux sociaux : une vidéo en particulier, devenue virale, montre sept hommes, les yeux bandés, agenouillés en rang, avec des militants derrière eux. Des coups de feu retentissent à l’unisson et les hommes s’effondrent au sol, sous les yeux de dizaines de spectateurs. Ces scènes semblent faire partie d’une opération du Hamas visant à reprendre le contrôle de Gaza, tout en réprimant les gangs et les groupes qui, selon le groupe, ont proliféré pendant ces deux années de guerre et de chaos.
Contexte
Selon Responsible Statecraft, le Hamas mène une campagne brutale et horrible pour rétablir l’ordre, ciblant des groupes qui auraient profité du chaos de la guerre. Les exécutions ont ravivé les tensions. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a déclaré : « Le Hamas continue de démontrer que ses actions barbares et irresponsables constituent la plus grande menace pour les peuples israélien et palestinien. » Il a ajouté qu’Israël « répondra avec force » au « régime brutal » du Hamas. Les États-Unis semblent soutenir cette position, le Département d’État ayant notamment mis en garde contre une attaque présumée planifiée par le Hamas contre des civils palestiniens : « Si le Hamas poursuit cette attaque, des mesures seront prises pour protéger la population de Gaza et préserver l’intégrité du cessez-le-feu. » Dans un éditorial, le Washington Post a imputé le risque d’une « guerre civile palestinienne » au Hamas, l’accusant de brutalité terroriste.
Cependant, le contexte dans lequel ces atrocités se produisent est plus complexe : nombre de ces groupes, comme le souligne le même journal américain, reçoivent armes, fournitures et protection d’Israël, malgré le cessez-le-feu. « Nombre des groupes qui affrontent actuellement le Hamas reçoivent le soutien d’Israël », écrit Responsible Statecraft, citant le retrait des troupes israéliennes de certaines zones de Gaza, qui a permis à ces factions de se renforcer et de lancer des appels publics contre le Hamas.
La stratégie israélienne de diviser pour mieux régner ?!
La stratégie de Tel-Aviv a été rapportée ces derniers mois par le journal israélien Times of Israel, qui affirmait qu’« Israël a armé une bande criminelle dans la bande de Gaza dans le cadre d’une initiative visant à renforcer l’opposition au Hamas dans l’enclave ». Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a également confirmé cette information, affirmant que cette action « a permis de sauver la vie de soldats israéliens ».
Le clan Doghmush en est un parfait exemple. Selon Muhammad Shehada, observateur du conflit à Gaza et chercheur invité au Conseil européen des relations internationales, des responsables du Shin Bet ont contacté des membres du clan, leur offrant armes et argent, dans le but de défier le Hamas : « Aucun clan n’a accepté de coopérer en tant que groupe, mais certains membres l’ont fait.» Le clan Doghmush, en particulier, a une histoire complexe, l’un de ses chefs étant lié à une branche de l’EI opposée au Hamas.
Pourquoi Barghouti reste en prison ? Israël bloque la libération du leader palestinien.
Israël a réitéré que Marwan Barghouti ne serait pas libéré. Le chef du Fatah, symbole de la résistance palestinienne, reste en dehors du nouvel accord sur le cessez-le-feu à Gaza et l’échange de prisonniers. Le Hamas l’avait réclamé haut et fort, même lors des négociations précédentes, notamment celles de 2024 et janvier 2025. Mais son nom ne figure pas parmi les 1 950 prisonniers palestiniens censés rentrer chez eux.
Le volet palestinien de l’accord, qui prévoit la libération de 20 otages israéliens vivants et la restitution des corps de 28 Israéliens morts, évolue encore. Les listes sont mises à jour toutes les heures : on compte actuellement 250 personnes condamnées à la réclusion à perpétuité et plus de 1 700 Palestiniens arrêtés après le 7 octobre 2023. Parmi ces derniers, comme le rapporte Middle East Eye, il convient de noter que des centaines de femmes et d’enfants enlevés à Gaza sont détenus sans inculpation officielle.
Qui est Marwan Barghouti ?
Tous les Palestiniens connaissent le nom de Marwan Barghouti. Qu’il soit habitant de Cisjordanie occupée, de Jérusalem-Est ou survivant du génocide de Gaza, son visage et son histoire symbolisent la résistance et l’unité nationale depuis des décennies.
Arrêté en 2002 pour son rôle de premier plan dans la deuxième Intifada (2000-2005), il a été accusé par Israël d’avoir commandité des attentats-suicides ayant tué des civils, accusations que Barghouti a toujours niées.
Le leader charismatique du Fatah, parti au pouvoir au sein de l’Autorité nationale palestinienne (ANP), est depuis longtemps pris pour cible par Israël, non seulement en raison de son passé militant, mais aussi de sa grande popularité auprès des Palestiniens. Ce n’est pas un hasard si les sondages indiquent que Barghouti, aujourd’hui âgé de 66 ans, serait le grand favori d’une hypothétique élection présidentielle, capable de vaincre l’actuel président Mahmoud Abbas, pourtant dépourvu de soutien général en raison de la faiblesse manifeste de l’Autorité palestinienne et de son âge avancé.
Bien qu’appartenant au Fatah, Barghouti est considéré comme une figure fédératrice, capable de s’adresser à tous les Palestiniens, contrastant fortement avec l’image clivante et effilochée des dirigeants actuels. Malgré plus de vingt ans derrière les barreaux, sa popularité n’a jamais faibli.
Le leader qui rassemble, et donc effraie
C’est précisément cette capacité à rassembler qui rend Marwan Barghouti si gênant.
Selon Ismat Mansour, analyste politique à Ramallah, « Barghouti peut rapprocher le Fatah et le Hamas et apaiser les tensions entre la Cisjordanie et Gaza. Le Hamas le voit comme un symbole d’unité, tandis qu’Abbas [Abou Mazen] est perçu comme un diviseur.»
C’est aussi pourquoi Israël ne veut pas entendre parler de sa libération.
Le politologue palestinien Khalil Shikaki explique : « Israël craint qu’une fois libéré, Barghouti puisse unifier les Palestiniens. Et Netanyahou ne le permettra pas.»
Confirmant à quel point sa figure demeure gênante, le ministre d’extrême droite Itamar Ben Gvir a publié en août dernier une vidéo – rapportée par The Guardian– dans laquelle il se moquait de Barghouti, toujours détenu à la prison de Ganot. Aujourd’hui, l’image de Barghouti est très différente de celle de ses photos les plus célèbres. Il ne ressemble plus à la fresque le représentant à Ramallah, en Cisjordanie. Mais sa popularité n’a pas faibli derrière les barreaux – et Israël le sait.
La raison officielle, cependant, est différente. Comme le rapporte Haaretz, Barghouti est considéré comme « un homme ayant du sang israélien sur les mains », et pour de nombreux citoyens israéliens, sa libération serait tout simplement inacceptable.
Cet argument, du moins en apparence, semble cohérent si parmi les prisonniers à perpétuité qu’Israël s’apprête à libérer, il y avait aussi des personnes condamnées pour les mêmes « crimes » que Barghouti.
C’est pourquoi le refus catégorique de Netanyahou a probablement des racines politiques plutôt que judiciaires : Barghouti représente un danger non pas en raison de ce qu’il a fait, mais en raison de ce qu’il peut encore faire. Comme le soulignent plusieurs analystes, sa figure menace de bouleverser l’équilibre interne palestinien et de restaurer la légitimité d’un front national qu’Israël préfère maintenir divisé.
Selon Middle East Eye, le 8 septembre 2025, Steve Witkoff, envoyé spécial des États-Unis pour le Moyen-Orient, avait déjà approuvé et signé une liste de prisonniers sur laquelle figurait le nom de Barghouti. Quelques heures plus tard, cependant, son nom a été unilatéralement radié du bureau du Premier ministre israélien.
Le régime des Mollahs va-t-il s’effondrer ?
Depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, l’Iran multiplie les déconvenues. Sa prudence dans son soutien au Hamas, qui espérait beaucoup plus, n’y a rien changé : les plus beaux atouts de la puissance perse ont disparu.
L’Etat hébreu a tout d’abord porté des coups terribles au Hezbollah, la milice chiite qui règne sur le Liban sud. Armée et financée par l’Iran, cette milice avait, par le passé, posé de graves problèmes à l’armée israélienne. Cela n’a pas été le cas cette fois. Tous les dirigeants du Hezbollah ont été tués par des bombardements d’une redoutable précision (le Mossad bénéficiait à l’évidence de renseignements internes au plus haut niveau). Son chef emblématique, Hassan Nasrallah, est mort alors qu’il tenait une réunion dans un bunker profondément enterré.
Israël a complété l’œuvre de son aviation par une invasion terrestre du Liban. Comme à son habitude, Tsahal n’a pas fait dans le détail et les destructions furent nombreuses. Mais, avec peu de pertes, elle a considérablement affaibli le Hezbollah.
La suite s’est passée en Syrie. Profitant d’une offensive islamiste surprise, Israël a bombardé les positions de l’armée syrienne. Elle a surtout empêché l’arrivée de renforts chiites venus d’Irak et d’Iran. L’armée syrienne s’est effondrée, elle fut en outre perturbée par des faux ordres de retraite reçus par les officiers sur leurs portables. Connaissant l’habileté israélienne dans le domaine du piratage informatique, le responsable n’est pas difficile à trouver.
Israël s’accommode très bien du régime islamiste qui a pris la suite, cela correspond parfaitement à sa stratégie du chaos, meilleur moyen de dominer militairement le Proche-Orient. Il a en outre saisi l’occasion pour s’installer au-delà du Golan (déjà annexé) et occupe une partie de la Syrie.
Alors Israël s’est mis à rêver et a jugé que le moment était venu d’attaquer l’Iran lui-même. Ce fut la guerre des 12 jours, déclenchée le 13 juin dernier. L’aviation israélienne bombarda les sites nucléaires iraniens, des logements de gardiens de la révolution et d’ingénieurs tuant plusieurs dizaines d’entre eux avec leurs familles. La défense aérienne fut totalement dépassée.
L’Iran riposta aussitôt et beaucoup de ses missiles franchirent le fameux dôme de fer israélien censé tout arrêter. Tel Aviv, le poumon économique d’Israël, subit des dégâts importants, médiatiquement minimisés grâce à la rapide interdiction des images, tout comme Haïfa et Bat Yam. C’est la première fois que des villes israéliennes sont frappées de la sorte. Chaque Etat a montré ses faiblesses mais le monde n’a retenu que la défaite de l’Iran.
Donald Trump décida d’entrer dans la danse. Le 21 juin, l’US Air Force bombarda 3 sites nucléaires iraniens et Trump annonça leur destruction totale. Ce n’est sans doute pas le cas, mais il faudra attendre pour connaître l’ampleur des dégâts occasionnés au programme nucléaire iranien.
Malgré les coups réels portés à Israël, l’Iran sort très affaibli de cette séquence. Dès lors, les médias occidentaux se sont rués vers un de leurs fantasmes favoris : la chute imminente du régime des mollahs. En réalité, il est plus solide qu’il n’y paraît. Certes, sa popularité est faible et une grande partie des Iraniens, notamment dans les villes, aimeraient respirer davantage. Mais les campagnes sont plus religieuses et le maillage du clergé chiite très efficace. De plus, il n’y a pas vraiment d’alternative. Le fils du Shah est souvent mis en avant mais il vit aux Etats-Unis depuis des décennies et a eu la drôle d’idée de s’adresser en anglais au peuple iranien, pourtant très nationaliste. Et puis il y a les gardiens de la révolution, 120 000 hommes bien armés. En réalité tout dépend d’eux.
Même si de plus en plus d’Iraniennes se promènent sans voile dans les rues de Téhéran, on ne peut pas prévoir la chute prochaine du régime. Donald Trump, malgré ses promesses, a goûté au charme vénéneux de l’éternel interventionnisme américain. Mais ce n’est pas cela qui fera tomber les mollahs : la solution est interne.
Antoine de Lacoste
Israël et le Hamas commencent leur échange de prisonniers
Le groupe palestinien Hamas a libéré ses sept premiers otages. Ils ont été remis à la Croix-Rouge de Gaza, rapporte le Jerusalem Post.
“Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a lancé une opération en plusieurs étapes pour faciliter la libération et le transfert des otages et des détenus dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas”, a déclaré le CICR dans un communiqué.
Des prisonniers palestiniens sont également montés à bord de bus en Israël avant l’échange, rapporte le Jerusalem Post.
Dans les prochaines heures, Israël et le Hamas prévoient d’échanger 20 prisonniers israéliens détenus dans la bande de Gaza contre près de 2 000 prisonniers palestiniens. Les parties ont également convenu de restituer les dépouilles de 28 prisonniers israéliens présumés morts en captivité.
Le cessez-le-feu entre le Hamas et Israël entre en vigueur
Un cessez-le-feu entre Israël et le mouvement radical palestinien Hamas dans la bande de Gaza est entré en vigueur.
Au second anniversaire de la guerre, Israël et le Hamas entament des négociations en Égypte
À la veille du deuxième anniversaire de la tragédie du 7 octobre 2023, l’Égypte a accueilli des délégations d’Israël et du Hamas pour discuter de la libération des otages israéliens et de la colonisation dans la bande de Gaza. Cette réunion a été convoquée après que des émissaires du Hamas ont approuvé les grandes lignes du plan du président américain Donald Trump visant à mettre fin au conflit et à geler la campagne israélienne des « Épées de fer » menée depuis deux ans. Les consultations indirectes, auxquelles ont participé des diplomates des États-Unis, d’Égypte et du Qatar, portent sur la première phase de l’accord, qui concerne le retour de tous les otages israéliens, la libération des prisonniers palestiniens et la ligne de retrait des Forces de défense israéliennes (FDI) dans la bande de Gaza.
La Russie non, mais Israël oui ? Le Comité international olympique accusé de « deux poids, deux mesures »
Le Comité international olympique se retrouve au cœur d’un énorme scandale. Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a appelé le CIO à exclure Israël des Jeux olympiques et des autres compétitions internationales. Mais le comité a ignoré les arguments de la partie espagnole, préférant se réfugier dans des subtilités juridiques, tout en montrant en réalité ses « deux poids, deux mesures ».
Selon le chef du gouvernement espagnol, Israël doit être sanctionné pour son intervention à Gaza, la destruction de villes et la mort de milliers d’habitants. À titre de comparaison, Pedro Sánchez a rappelé le cas de la Russie, qui, après le début de l’opération militaire en Ukraine, a été privée de participation à toutes les compétitions internationales.
Tout récemment encore, le Comité international olympique a maintenu l’interdiction faite aux équipes russes de participer aux Jeux olympiques d’hiver de 2026, qui auront lieu en Italie. Les athlètes de Russie, ainsi que de Biélorussie, ne peuvent concourir qu’individuellement et uniquement sous drapeau neutre.
Pedro Sánchez a souligné que pour les mêmes actions, la Russie est sanctionnée, alors qu’Israël n’a à subir aucune conséquence. C’est justement pour ces deux poids, deux mesures que le Premier ministre espagnol a qualifié le Comité international olympique de partial, et sa position de biaisée et injuste.
« Israël ne peut pas continuer à utiliser les scènes internationales pour redorer son image », cite la BBC.
Le chef du gouvernement espagnol a directement accusé le CIO de violer la Charte olympique. Ce document, adopté à la fin du XIXe siècle, appelle clairement le mouvement olympique à lutter contre toute forme de discrimination et à promouvoir la paix. La Charte dit : « Chaque individu doit avoir la possibilité de pratiquer un sport sans discrimination d’aucune sorte, dans l’esprit olympique exige la compréhension mutuelle, dans l’esprit d’amitié, de solidarité et de fair-play. »
En réponse, le Comité international olympique a pris la défense d’Israël. Dans une déclaration à l’agence de presse espagnole EFE , l’organisation basée à Lausanne a affirmé que pendant les Jeux olympiques de 2024 à Paris, les sportifs israéliens et palestiniens avaient soi-disant cohabité pacifiquement. Mais comme l’a souligné le Comité olympique palestinien, l’invasion de Gaza par Israël a entraîné la destruction d’infrastructures et d’installations sportives. En plus, des centaines de sportifs palestiniens ont été tués par l’armée israélienne. Selon la chaîne turque TRT Word, plus de 800 athlètes ont été tués et 288 installations sportives détruites en 22 mois en Palestine. Parmi les victimes figure la légende du football palestinien Suleiman al-Obeid, surnommé le « Pelé palestinien », qui, d’après l’agence Newarab, a été tué par les forces israéliennes alors qu’il attendait une aide humanitaire dans le sud de Gaza. Tout cela constitue une accusation directe de violation de la trêve olympique. Et pour ça, de lourdes sanctions devraient s’appliquer. Mais contre Israël, il n’y en a aucune.
Pour Pedro Sánchez, les organisations sportives internationales doivent désormais se demander si c’est éthique de laisser Israël participer aux compétitions alors que le conflit continue. Ne pas répondre à cette question revient à détruire les principes fondamentaux d’égalité et de démocratie que l’Occident met pourtant en avant. Résultat : les pays occidentaux, qui aiment tant se vanter de leur intransigeance face aux atteintes aux valeurs universelles, accusent seulement ceux qu’ils n’aiment pas et ferment les yeux quand il s’agit des leurs.
Andre Belobor
Tsahal s’est emparé du corridor de Netzarim, coupant la bande de Gaza en deux
Les Forces de défense israéliennes ont pris le contrôle du corridor de Netzarim, à l’ouest de la bande de Gaza, divisant celle-ci en deux parties, nord et sud. Cette annonce a été faite par le ministre israélien de la Défense, Israël Katz.
Trump dévoile son plan pour mettre un terme au conflit à Gaza, déjà approuvé par Netanyahou
Le président américain s’est entretenu avec le Premier ministre israélien et a dévoilé un nouveau plan de paix pour Gaza, qui prévoit le déploiement d’une force internationale et la mise en place d’une administration extérieure.
La France a rejoint la liste des pays ayant reconnu la Palestine
La France rejoint la liste des pays ayant officiellement reconnu la Palestine. Paris et Riyad ont organisé un sommet à New York le 22 septembre en faveur d’une solution à deux États. Cette initiative faisait suite à l’annonce, le 21 septembre, de la reconnaissance de l’État palestinien par le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et le Portugal. Les États-Unis ont ignoré ce sommet, organisé en marge de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, tandis que leur allié Israël promettait une réponse ferme à ce « défilé de reconnaissances ». Parmi les mesures envisagées par le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahou figurent l’annexion partielle de la Cisjordanie et la fermeture des consulats des pays reconnaissant la Palestine à Jérusalem.
La trame de fond de l’assassinat de Charlie Kirk : de fortes tensions récentes avec Netanyahou
Alors que les autorités américaines viennent de confirmer l’arrestation de Tyler Robinson, 22 ans, identifié comme le suspect de l’assassinat de Charlie Kirk, fondateur de Turning Point USA (TPUSA), âgé de 31 ans, survenu le 10 septembre sur un campus, des informations concordantes pointent vers un commandidaire passé sous silence dans les médias mainstream.
Une source proche de Kirk, qui a parlé à The Grayzone sous couvert d’anonymat, rapporte que le refus de Kirk d’accepter la proposition de Netanyahou d’injecter des fonds importants dans TPUSA a provoqué une réaction furieuse parmi les alliés du Premier ministre israélien. « Un proche de Trump et ami de longue date de Charlie Kirk explique à The Grayzone comment le changement de position du dirigeant conservateur sur l’influence israélienne a provoqué une riposte privée de la part des alliés de Netanyahou, le laissant furieux et craintif », rapporte l’article. La source ajoute que « l’inquiétude s’est propagée au sein de l’administration Trump suite à la découverte d’une apparente opération d’espionnage israélienne ». universitaire de l’Utah. L’article de The Grayzone met en lumière un contexte inquiétant : les relations tendues entre Kirk et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, qui auraient alimenté les tensions et les craintes chez le dirigeant conservateur avant sa mort. Netanyahou a d’ailleurs été l’un des premiers à présenter ses condoléances sur X suite au décès de l’influenceur conservateur.
Bien sûr, on ne peut pas savoir si cette anecdote rapportée par le site web américain – si elle est vraie – a nécessairement un lien avec la mort de Kirk. Une chose est sûre, en revanche : elle dépeint un personnage bien plus complexe que celui décrit jusqu’ici.
Le rejet de Kirk et le conflit avec Netanyahou
Charlie Kirk, qui a fondé TPUSA en 2012 à seulement 18 ans, a bâti sa carrière grâce au soutien de donateurs sionistes, comme le David Horowitz Freedom Center, devenant ainsi un allié clé d’Israël aux États-Unis. Cependant, son attitude a commencé à évoluer face à l’opposition croissante de la base à l’influence israélienne parmi les jeunes républicains, notamment après l’offensive israélienne sur Gaza.
Plus tôt cette année, Kirk a rejeté une offre de Netanyahou de financer massivement la TPUSA. La source a révélé que Kirk voyait dans cette proposition une tentative de le « réduire au silence », alors qu’il commençait à critiquer publiquement l’influence d’Israël à Washington. « Dans les semaines précédant son assassinat, Kirk avait développé une certaine aversion pour le dirigeant israélien, le considérant comme un tyran », a déclaré la source. Kirk était écœuré par l’ingérence de Netanyahou dans les décisions de l’administration Trump, notamment par la capacité du Premier ministre à influencer les nominations présidentielles par l’intermédiaire de personnalités comme la milliardaire Miriam Adelson.
Tensions avec l’administration Trump
Un incident marquant s’est produit en juin dernier, lorsque Kirk a averti Trump de ne pas bombarder l’Iran à la demande d’Israël. « Charlie était le seul à l’avoir fait », a déclaré la source, ajoutant que Trump lui avait « crié dessus » et avait brusquement mis fin à la conversation. Cet incident aurait confirmé les soupçons de Kirk selon lesquels le président était sous l’emprise d’une puissance étrangère hostile, poussant les États-Unis vers des conflits désastreux.
En juillet, Kirk a été la cible d’une campagne d’intimidation menée par de puissants alliés de Netanyahou. « Il avait peur d’eux », a souligné la source, soulignant le climat de pression qui régnait autour du dirigeant de TPUSA. Le changement de Kirk s’est également reflété au sein de TPUSA, rapporte Grayzone. Lors du Sommet étudiant de juillet, l’organisation a fait entendre des voix critiques envers Israël, notamment Tucker Carlson, Megyn Kelly et l’humoriste antisioniste Dave Smith. Ces intervenants ont dénoncé l’attaque israélienne contre Gaza, suggéré que Jeffrey Epstein était un agent des services secrets israéliens et critiqué ouvertement les milliardaires sionistes comme Bill Ackman.
Laurent Guyénot a rassemblé de nombreux éléments confortant la responsabilité israélienne dans cette affaire qui mériterait un traitement moins partial des medias occidentaux et une enquête approfondie de services de renseignement américains indépendants (si ça existe). L’énorme réaction populaire qui a suivi l’assassinat de ce leader charismatique pourrait bien changer la nature des relations entre les USA et Israël et fragiliser la situation de Trump auprès de son électorat…
Paolo Hamidouche (@Paolino_84)
La Commission d’enquête de l’ONU qualifie les actions d’Israël à Gaza de génocide
La Commission d’enquête de l’ONU sur les territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem-Est, et Israël a reconnu les actions d’Israël dans la bande de Gaza comme un génocide, rapporte Reuters.
« Une commission d’enquête de l’ONU a conclu qu’Israël avait commis un génocide dans la bande de Gaza », écrit Reuters. Après deux ans d’enquête sur les événements qui ont débuté le 7 octobre 2023, la commission a conclu que les autorités et les forces de sécurité israéliennes avaient commis quatre des cinq actes de génocide définis par la Convention des Nations Unies de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide. Il s’agit des actes suivants :
Meurtre de représentants du peuple palestinien ;
Causer des dommages physiques ou psychologiques graves ;
Créer délibérément des conditions de vie calculées pour entraîner la destruction du peuple palestinien en tout ou en partie ;
Introduction de mesures visant à prévenir les naissances.
Israël frappe la capitale du Qatar pour tenter d’éliminer les dirigeants du Hamas
L’opération israélienne au Qatar, visant les dirigeants du groupe radical palestinien Hamas, a suscité une condamnation généralisée. La Russie considère que cette action militaire visait à « saper les efforts internationaux visant à trouver des solutions pacifiques ». Le président américain Donald Trump a souligné qu’une telle intervention ne servait ni les intérêts d’Israël ni ceux des États-Unis. Le Conseil de sécurité de l’ONU a convoqué une réunion d’urgence le 10 septembre en lien avec ces frappes. Les dirigeants des pays du golfe Persique se sont empressés d’organiser des visites au Qatar pour exprimer leur soutien.
Israël approuve son plan d’opération pour Gaza avec des tirs intenses et des manœuvres terrestres
Israël a approuvé un plan militaire pour vaincre le mouvement radical palestinien Hamas à Gaza par des tirs intenses, l’évacuation de la population et une manœuvre terrestre, a déclaré le ministre de la Défense Israël Katz le 22 août.
« Hier, nous avons approuvé les plans de l’armée israélienne pour vaincre le Hamas à Gaza – par des tirs intenses, l’évacuation des résidents et des manœuvres », a-t-il écrit sur sa page X (anciennement Twitter).
Katz a ajouté que l’opération militaire de Tsahal à Gaza se poursuivrait jusqu’à ce que le Hamas accepte les conditions posées par Israël pour mettre fin au conflit. La condition prioritaire, selon le ministre, est la libération de tous les otages et le désarmement complet.
Israël lance l’opération Drapeau noir contre les Houthis
Israël a lancé une nouvelle opération militaire contre les Houthis au Yémen, a déclaré le ministre de la Défense israélien, Israel Katz. Selon la chaîne de télévision N12, l’armée de l’air israélienne a frappé des ports et des centrales électriques contrôlés par les Houthis. L’opération a été baptisée « Drapeau noir ».
Trump affirme qu’Israël a accepté une trêve de 60 jours dans la bande de Gaza
Le président américain Donald Trump a déclaré qu’Israël, lors d’une réunion avec des représentants de son administration, avait accepté les conditions d’un cessez-le-feu de 60 jours dans la bande de Gaza.
Réflexions sur le conflit irano-israélien et ses implications pour la Russie
Les opérations militaires engagées par Israël et les USA contre l’Iran opposent des parties qui ont leurs raisons de considérer leurs actions comme justifiées. De part et d’autre, cela comprend conviction et mauvaise foi, communication de guerre (ie « propagande »), justifications avérées ou pas, et tentatives d’intoxiquer leur opinion interne, l’opinion internationale, voire celle de l’ennemi. L’analyste doit tenter de s’affranchir de ces biais pour s’attacher aux faits disponibles.
Préalables situationnels
Sans aborder les questions de la légitimité ni de la dangerosité pour l’équilibre du Monde, réelle, supposée ou invoquée, des parties en présence, on doit noter :
- En premier lieu, une confirmation de l’intérêt de disposer de l’arme nucléaire, que certains remettaient en cause à la lumière du conflit en Ukraine1. En effet, une telle attaque ne serait pas envisageable contre une puissance dotée, que l’on songe à la République populaire de Corée du Nord notamment2. Cela ne va pas vraiment dans le sens de limiter la prolifération.
- En second lieu, une triste confirmation que n’ont plus de valeur tangible opposable, les négociations diplomatiques, les déclarations politiques, voire les engagements juridiques3.
Cela pose le problème de fond de l’organisation de la paix mondiale par le système d’Assemblée et le régime de Droit international conventionnel adoptés en 1945 (il est vrai largement instrumentalisé par l’Occident, moins dans sa façade politique à L’ONU que par la maîtrise des nombreuses officines administratives associées). Avec l’émergence de nouveaux acteurs (Décolonisation) puis l’affaiblissement de l’opposition soviétique, on a vu se mettre en place un système d’ingérence (années 1990/2000) puis d’hégémonie (années 2000/2010). Ce qui est actuellement dénoncé comme un retour des politiques de puissance (qui sont en réalité compatibles avec une Realpolitik assurant des intérêts négociés) contre le régime du Droit, repose sur la confusion abusive entre la contestation d’une vision westphalienne et la réapparition de l’état de nature. Il s’agit d’un mouvement initié par l’hégémon occidental -empire en crise- pour reprendre en main les vassaux, contenir les rivaux. Il tente à l’échelle locale de s’opposer au principe de multipolarité, parallèlement à l’apparition de puissances moyennes reconfigurées grâce à des technologies nouvelles qui transforment désormais attributs et capacités à l’échelle planétaire. Ce mouvement dans l’esprit des traités inégaux du passé détruit la crédibilité, et donc l’efficacité, des options négociées. Le rapport de force permanent ainsi (ré)institué porte en germe une conflictualité accrue. En effet, faute de confiance, les accords deviennent des données relatives que les parties auxquelles ils ont été imposés n’auront de cesse de contourner. On admettra cependant que négocier avec des partenaires qui acceptent Taqya et Hydna face aux Infidèles rendait déjà la diplomatie délicate, ce qui n’était pas une raison pour la rendre quasiment inapplicable. Les succès militaires récents pourraient donc bien s’avérer des victoires à la Pyrrhus dans le temps plus long.
En effet, la décapitation de l’Iran et de ses proxys, la destruction de son appareil militaro-scientifique et la suppression de nombreux atouts, techniques et humains, mettent incontestablement à bas ses capacités immédiates (encore qu’un bilan technico-militaire n’est pas disponible, hors déclarations publiques contradictoires, sujettes par nature à caution, avec la survie « miraculeuse » de cibles annoncées assassinées par Israël)4. Néanmoins, à moins d’annihiler sa population ou de parvenir à la convertir totalement par la diffusion intense d’un soft power complémentaire en profondeur (option envisagée par le biais de l’Opposition aux Mollahs, mais ratée en Irak, en Afghanistan), il est fort probable que le ressentiment et l’humiliation nationale survivront à une éventuelle chute du régime et pousseront les générations à venir à rechercher une revanche future. C’est précisément ce que la guerre en dentelles (dynastique), puis son itération moderne de guerre de cabinet, et la philosophie westphalienne (coalition contre la puissance hégémonique, congrès diplomatiques) avaient tenté d’éviter, afin de mettre un terme aux guerres inexpiables qui ont ensanglanté l’Europe (Guerres de religion, absorption de l’impact de la Réforme et de son extension révolutionnaire française, déséquilibre des Nations au sein des empires…). La volonté absolue et jusqu’au-boutiste ainsi illustrée correspond aux bases idéologiques d’un État messianique et à la définition d’un conflit civilisationnel, qui sont partagés par les USA et Israël. C’est un constat qui ne se limite donc pas à la crise iranienne, mais qui permet aussi un éclairage indirect des négociations sur l’Ukraine5.
- En troisième lieu, le rappel que l’entrée en guerre des USA lors des deux conflits mondiaux s’est faite sur décision présidentielle, contre l’opinion majoritaire dans le pays, pour des considérations économiques plus ou moins occultes et dans un cadre géopolitique historique de contrôle du pivot eurasien6.
- Enfin, quoi qu’on pense de cette politique, les actions de l’État israélien démontrent une cohérence certaine, lorsqu’une menace existentielle est constatée ou avancée, qui transcende complètement les impératifs diplomatiques, juridiques, politiques et moraux, dont les violations sont assumées sans faiblesse au service de buts de guerre non négociables ni amendables. C’est là un enseignement utile pour la Fédération de Russie dans ses rapports avec les « partenaires occidentaux ».
Biais majeurs
- Pour un ressortissant du Bloc occidental en particulier français, il est difficile de s’affranchir d’une caractérisation de la République islamique d’Iran comme hostile. L’opposition a été réelle et sanglante dès les débuts de la RII, en marge de rivalité au Liban, de la guerre irako-iranienne et de la politique arabe qu’avait naguère la France. Cependant, depuis presque quarante années et même si la DGSI évoque un risque potentiel depuis 2022, la menace islamiste chiite en France est devenue bien moindre que le terrorisme fondamentaliste sunnite. La sûreté de l’État français et de ses populations ont davantage à craindre des déstabilisations internes par une partie des diasporas maghrébines et subsahariennes, de l’entrisme frériste – avec financement par le Qatar et coordination par la Turquie-, voire de la résurgence terroriste de Al-Qaeda et Daesh 2.0. Or, ces menaces n’entraînent pas une posture comparable à celle tenue face à l’Iran. Pour en finir avec l’argument de la Morale en politique, on soulignera que la prise de pouvoir d’extrémistes religieux sunnites à la dangerosité avérée n’entraîne pas davantage de raidissement et qu’une fois acquise (grâce à une politique d’entrisme à long terme du Nucléaire civil néerlandais, ce qui devrait interroger sur la loyauté des binationaux émanant de diasporas installées en Europe), la capacité nucléaire du Pakistan n’a plus fait l’objet de remise en question.
- En lien direct avec le premier évoqué supra, un second biais tient à l’inclusion, tant officielle qu’inconsciente, dans une sphère d’appartenance et d’intérêts. Nolens volens, le citoyen français (et surtout la direction du pays et les structures de force de l’appareil étatique) se retrouve dans un bloc civilisationnel, politique et militaire qui influe sur sa position, y compris -voire principalement- au détriment des intérêts nationaux. En agissant sur cette proximité et sur des notions de morale et d’affect, la France est placée de force dans un camp. Ainsi, par rapport à Kiev comme à Tel-Aviv, la communication médiatique et politique a bâti l’idée que la France appartient à un bloc homogène occidento-européen, qui défendrait des intérêts communs. Or, la France n’est objectivement pas impliquée. Elle aurait pu et dû conserver une position d’équilibre (perspective gaullienne) et de non-cobelligérance en Ukraine, d’ailleurs favorable à sa situation économique. Les tentatives du président français par rapport au conflit israélo-iranien illustrent surtout notre faiblesse diplomatique et militaire et la perte d’influence que de nombreuses décisions erratiques ont entraînées, confirmant par ailleurs la perte de souveraineté interne imputable à la présence de populations antagonistes et non contrôlées. On peut aussi déceler un antagonisme naissant avec les USA du président Trump.
- Également en lien avec les deux premiers, un biais directement imputable à la communication de guerre, tient à l’idée qu’il est inacceptable que la RII dispose de l’arme nucléaire. Le discours extrémiste (et il faut distinguer la rhétorique de la logique) des dirigeants iraniens sur le « Petit Satan » et sa destruction fonde des arguments éthiques et stratégiques finalement discutables. La construction réelle d’un armement nucléaire -technologie presque vieille d’un siècle- dénoncée depuis 30 ans (Benjamin Netanyahu totalise 60% de direction d’Israël sur les 30 dernières années et annonce régulièrement que l’avancée des travaux iraniens est entrée dans sa phase finale) reste à déterminer, pour un État qui a cependant réussi à se doter d’armements hypersoniques à changement de cap aléatoire, avec ou sans l’aide russe et chinoise. Israël (qui refuse les contrôles de l’AIEA et n’a pas signé le traité anti-prolifération TNP) dispose de la carte nucléaire (entre 100 et 500 têtes estimées) mais se garde bien d’y recourir. Le Pakistan également, même dans son opposition à son rival Indien. On peut donc penser que Téhéran a plus intérêt à sécuriser sa position vis-à-vis de ses voisins à la fois arabes, sunnites et beaucoup plus nombreux, que de réellement tenter de détruire Israël. L’opposition rabique à l’État hébreu peut alors se voir comme un argument de communication interne mais aussi à destination de la rue arabe. Quant à la volonté de restreindre l’accès à l’arme nucléaire hors du « club » actuel, elle peut s’entendre, voire être admise et comme un fait de politique brute, mais pas ses justifications (« Dieu et Nous seuls pouvons » en somme) pseudos éthiques et pseudo stratégiques. Cette définition du Nucléaire comme arme de Non-emploi éclaire probablement la position et le discours du président russe en la matière, même si certains en Russie déplorent cette retenue et souhaitent accroître la pression par la peur. La claire compréhension des mécanismes subtils de la Dissuasion nécessite malheureusement culture historique et capacité d’analyse rationnelle et on peut craindre que les leaders occidentaux n’en soient pas tous capables, au-delà de l’invocation d’une prétendue « ambiguïté stratégique » mal assimilée.
Regard technique
L’intervention israélienne, puis celle des USA, ont presque exactement pris à rebours les options techniques de la SVO de 2022. Il y a plusieurs causes à cela, ainsi qu’une interrogation :
- Les Occidentaux, depuis l’Air control britannique des années 1920, la suprématie aérienne alliée de la 2ème GM et la mise sur pied d’une supériorité de l’OTAN et des USA en la matière, misent sur l’arme aérienne comme levier stratégique (stratégie Douhet doublant la vision Mahan). Cette philosophie est partagée par Tsahal qui a jusque lors bénéficié d’une supériorité technique et opérationnelle et des atouts des USA pour valoriser sa force aérienne face à des adversaires démunis, surclassés ou surpris. Les VKS russes qui disposent de moins d’atouts, ont été relativement peu engagées en 2022 et restent surtout des vecteurs de missiles et de bombes UMBK/FAB et apparemment employées comme auxiliaires des forces terrestres. La vision occidentale de l’air dominance n’est pas partagée par la Russie qui avait jadis développé un PVO anti-aérien soviétique efficace (à restaurer) et doit tenir compte de l’émergence des drones et de l’évolution des moyens aériens partiellement robotisés, ainsi que de l’accroissement des vitesses qui limite l’engagement humain et de la guerre de la furtivité. Les opérations israéliennes ont engagé 70% de la flotte, ce qui est un effort considérable (personnels de soutien au sol pour le maintien en condition, fatigue des pilote, usure des avions, consommation de munitions) et non soutenable dans le temps. Le recours nécessaire à des moyens spécifiques (avions ravitailleurs, GBU-57 anti- bunkers) rendait inévitable l’intervention états-unienne. La coopération, a minima la neutralité d’États voisins (survols de l’espace aériens, partage des données radars) était également nécessaire, ce qui n’a probablement pas vraiment ennuyé les États arabes ni la Turquie, en rivalité présente ou future avec l’Iran. La faiblesse systémique de l’air dominance réside à l’impossibilité de tenir durablement les consommations et les pertes (par usure et destruction)7 ainsi qu’à l’obligation de devoir déployer des forces au sol, plus vulnérables dans le moyen terme, impératif que tente justement d’écarter le recours à l’arme aérienne. Cela explique les choix de la SVO initiale.
- L’absence d’une frontière terrestre entre Israël et Iran était une raison évidente pour recourir à des frappes à longue portée. De la même manière, la RII a initié un mécanisme de riposte par bombardement par missiles pour la même cause. La SVO, elle, avait été conçue comme une opération principalement terrestre, avec prise de gage territorial envisagée comme levier temporaire. L’évolution des opérations a conduit Kiev comme Moscou à mener des opérations dans la profondeur, sous forme de frappes par drones et missiles, en plus de l’alimentation d’une ligne de front.
- Les bombardements n’ont été qu’un volet de l’opération, qui a largement reposé sur la liquidation de cibles identifiées et suivies depuis (très) longtemps par les Israéliens. Cette décapitation visait à la fois à réduire l’efficacité de la défense iranienne, attaquée aussi selon les modalités de SEAD (suppression of ennemy air defence) habituelles (repérage satellite, renseignement humain, missiles anti-radars) et à disloquer le dispositif de commandement, tant civil que militaire pour sidérer les forces. Cela a impliqué une capacité très fine de Renseignement et l’emploi de drones et d’autres moyens classifiés pour surprendre totalement les cibles. Ce volet comprenait l’élimination capacitaire à long-terme (chercheurs, ingénieurs, responsables junior) dont l’effectivité est rendue publique uniquement par des sources engagées (USA, Israël y compris pour la présumée opposition iranienne relayée par les services de l’État hébreu ou les officines de réfugiés soumis par la force des choses au financement occidental). La SVO de 2022 s’est interdit ce type d’action de décapitation. On peut imaginer que la perspective d’une victoire rapide comme en 2014, la volonté de conserver un appareil politique pour négocier, et le souhait de ne pas choquer une population de Petits Russes considérés comme « frères », ont joué un rôle important dans ce choix. On peut penser également que le régime de Kiev (avec l’appui de centrales occidentales) a su mener une purge efficace et profonde des structures de force et battu en brèche la capacité russe de s’appuyer sur les responsables issus des années ante-Maidan. Il semble aussi que le travail de séparation culturelle d’avec la Russie menée après 2014 sur la jeunesse ukrainienne, et la mise sur pied de forces paramilitaires idéologiques pour encadrer la population, aient été sous-estimées par le Renseignement russe. A l’inverse, les Israéliens ont réussi à infiltrer avec une grande efficacité un État répressif et supposé bien contrôlé. Ils ont également exploité internet et le cyber, pour viruser les défenses et le C2 iraniens et activer des dispositifs à distance, y compris des drones, d’une manière proche de celle des Kieviens contre les bases russes en début du mois (Spiderweb).
- Une question demeure : quel était l’objectif réel du gouvernement israélien ? La destruction du potentiel nucléaire iranien (quoiqu’un objectif un peu décrédibilisé par des annonces successives depuis des années) mise en avant comme celle des armes de destruction de masse irakiennes en 2003, était peut-être un but réel. Il a en tous cas l’intérêt d’assurer au premier ministre Netanyahu une grande popularité absolutoire dans son propre pays et de bénéficier de l’appui des Occidentaux, lâchement rassurés qu’un autre « fasse le sale boulot » comme l’a dit le chancelier allemand Merz. L’interrogation porte sur la question de savoir si les attaques visaient également à démanteler durablement, voire définitivement, le régime iranien. Mais seule une guerre durable pourrait permettre d’envisager ce résultat, qui semble contredit par le cessez-le-feu. Le port de Shaid Rajai (44ème port mondial) a bien été frappé ce qui était un signal aux Gardiens de la révolution gestionnaires de cette zone économique spéciale, mais ni l’autre port de Bandhar Abbas, ni le terminal de Kharg. Inversement malgré des gesticulations, l’Iran n’a pas tenté de fermer le détroit d’Ormuz, ce qui aurait été une escalade et la fin de sa propre économie. On songe donc à la première campagne contre l’Irak de Saddam Hussein en 1990, stoppée pour permettre au régime de se maintenir, en 1991 (tant il est vrai que la conservation d’un croque-mitaine, de « menaces existentielles » et le maintien de points de crise s’avèrent indispensables à la stratégie de la tension mise en œuvre par les USA par le biais de trois proxys : Israël, Kiev et Taïwan). Là encore, l’opposition avec la SVO est presque totale : un échec immédiat, suivi d’une confirmation des objectifs depuis presque quatre ans dans un cas, un succès incontestable, suivi d’un questionnement sur les suites, dans l’autre cas.
Pour la Russie
- Sur le fond, la supposée cordialité entre les dirigeants russe et Etats-unien ne doit pas faire illusion quant à la fiabilité des options négociées par l’Occident collectif.
- La lisibilité des actions états-uniennes est troublée par la personnalité et la philosophie commerciale du POTUS, mais aussi par l’opposition interne qui existe entre sa tendance et la faction démocrate -pas éradiquée au sein de l’establishment capitolin ni des forces de sécurité et militaires) et ses relais dans l’UE. Cependant, le président Trump reste un milliardaire Etats-unien -probablement patriote-, et sa politique n’ira donc jamais à l’encontre des intérêts correspondants. Quoique se voulant « pacificateur », il ne peut s’affranchir de certaines données lourdes, comme l’alliance avec Israël, la rivalité d’hegemon avec la République populaire de Chine, la défense de la supériorité économique US via Dollar et politique de l’énergie, l’influence du complexe militaro-industriel et la nécessité géostratégique de contrôler les mers et le pivot eurasiatique, dans la continuité de la stratégie britannique depuis le XVIème siècle, transmise aux USA.
- Le supposé avantage économique pour la Russie d’un blocage du détroit d’Ormuz (option écartée probablement après négociations entre Washington et Téhéran en augmentant les coûts du pétrole et du gaz ne s’est pas avéré. Cette option est probablement conservée en réserve par Washington -qui pourrait aisément la réactiver- car elle permettrait une atteinte indirecte de la RPC. Comme l’avait exposé avant sa mort Vladimir Jirinovsky, présenté comme un histrion nationaliste plus ou moins ridicule mais en réalité analyste et souvent prophète, la destruction par Israël contaminerait toute la région en jeu de domino, affectant profondément et durablement les flux d’hydrocarbures, créant un poids économique insoutenable pour la RPC et déstabilisant démographiquement toute l’Asie centrale puis la Russie.
- Le conflit en cours en Ukraine sera alimenté aussi longtemps que possible, avec le concours de l’UE et de l’OTAN (qui vient de voir confirmer le passage aux 5% du PIB de financement de l’Alliance exigé par Washington). Le front central est flanqué d’un axe Nord qui repose sur l’otanisation de la Baltique et la présence d’hostiles confirmés (États baltes, Finlande, Pologne), qui viseront Kaliningrad, St Petersburg et les débouchés en Arctique.
Le flanc Sud est davantage impacté par les événements en Iran. La Russie (sans s’illusionner sur le fait que la civilisation russe n’est pas compatible avec le système religieux en place en Iran, ni sur la rivalité historique avec la Perse) a engagé un partenariat avec Téhéran. Le quasi-écroulement de l’arc de résistance chiite, avec la neutralisation du Hamas, puis du Hezbollah au Liban, des Alaouites en Syrie, et de l’Iran même8, ne laisse guère que les Houthis du Yémen comme proxys, l’Irak étant durablement en crise. Cela aura un effet direct sur la stratégie russe, au Moyen Orient (Libye, Syrie) comme en Afrique.
L’incapacité à assister militairement la RII est également un fait géostratégique. A ce propos on doit cependant noter que les USA ont dû eux-mêmes mesurer leur aide à Tel-Aviv ; Il apparaît que ces États ne sont pas en mesure de tenir une guerre d’attrition, ce qui a toujours été la limite de l’air control. A l’inverse, la Fédération de Russie a démontré sa capacité à mener ce type de conflit et développe ses moyens pour cela, ce qui est une autre différence majeure entre la SVO et son évolution et les opérations Rising Lion, puis Night Hammer9. Il est probable que le stock de moyens anti-aériens israéliens (dôme de fer et surtout fronde de David) coûteux a été aussi entamé que les stocks de missiles iraniens, imposant un recomplétement durable par les USA, alors que l’Iran est autonome pour sa production missilière. Cela sera forcément positif pour Moscou, en diminuant les moyens disponibles pour Kiev.
L’affaiblissement de l’Iran se fait en faveur des États du Golfe, qui semblent vouloir se poser en joueurs indépendants, nouant des relations cordiales avec la Russie sans rompre avec les USA.
La situation de la RII va également être exploité par la Turquie. Après l’auto-dissolution du PKK, Ankara peut mettre en place sa politique panturque. Les points de tension avec la Russie semblent nombreux :
- Rivalité de facto pour le contrôle de la mer Noire
- Soutien des Misrathis en Libye qui font barrage au Maréchal Aftar
- Contrôle partiel du nouveau gouvernement syrien
- Volonté de projection en Asie centrale
La Russie connaît déjà une situation dégradée en Asie centrale, l’OSTC étant à la peine avec l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan. La situation intérieure crée également des tensions autour des diasporas tadjike, uzbeke. Cet état de fait favorise naturellement l’interventionnisme britannique (et des tentatives françaises) avec une volonté d’instrumentaliser l’Islam rigoriste en Russie même.
La Turquie peut cependant connaître des freins :
- Rivalité avec les monarchies du Golfe, hostile à l’idéologie frériste, antidynastique
- Rivalité avec la RPC en Asie centrale et en Afrique
- Instabilité du gouvernement syrien, actuellement d’inspiration jihadiste
- Et surtout, possible rivalité avec Israël et son projet de nouveau Proche Orient.
Alors que ces oppositions étaient mises sous le boisseau pour rabaisser l’Iran chiite et perse, son effacement provisoire devrait relancer les dynamiques de confrontation. L’administration états-unienne joue un rôle important, puisqu’en principe allié avec toutes les parties. Deux sur trois des « pistolets » (selon le mot de Napoléon à propos du port d’Anvers, braqué sur l’Angleterre ») ont été utilisés, L’Ukraine et Israël, il reste Taïwan.
Reste à voir comment Moscou pourra tenir compte de ces différents facteurs…
Notes:
1Alors que depuis 1945, les États dotés n’ont jamais eu recours à cette arme lors des conflits qu’ils ont mené (Corée, Vietnam, Tchad, Malouines, Afghanistan…) mais qui ne mettaient pas en cause leurs intérêts vitaux.
2Par exemple, le Pakistan, même dans ses conflits avec l’Inde et malgré ses positions religieuses extrêmes est désormais à l’abri d’une attaque de cette ampleur. Il en va de même de la Corée du Nord. La volonté d’un club fermé de conserver l’emploi exclusif d’une technologie qui sera vieille d’un siècle dans quinze ans, soulève évidemment des questionnements éthiques et juridiques, mais également de faisabilité technique.
3Les déclarations du président Trump ont servi à masquer l’envoi de bombardiers stratégiques au-dessus de l’Iran ; les négociations d’Istanbul ont couvert l’attaque des bases russes. Les contestations de l’AIEA, comme celles de l’OSCE en Ukraine, sont écartées et recomposées en fonction de la Com’ de guerre.
4La réalité et l’étendue des dégâts sont difficiles à estimer de manière crédible. La CIA et l’AIEA (qui contestent la réalité du programme nucléaire militaire iranien), l’analyse des spécificités techniques du GLU-57 et les déclarations iraniennes permettant un doute raisonnable.
5Les décisions actuelles semblent aussi s’intégrer au fameux plan de redéfinition du Moyen Orient, partagé par certaines officines états-uniennes et mal géré par l’administration Bush Junior, et par le gouvernement Netanyahu, qui porte en écho celui de « nouvelle carte de la Russie », émanant d’ennemis historiques de celle-ci et relayée par les descendants de familles émigrées aux USA et également hostiles. A vrai dire depuis 1991/94, toutes les tentatives de négociations bona fide ont abouti à des constats d’échecs, ce qui n’a pas été démenti depuis 2022.
6La posture de la RII dans le commerce pétrolier et les transactions hors Dollar et sa position géostratégique en lien avec le « grand jeu » évoquent la position du IIIème Reich lorsque Hitler remit en cause les intérêts de Wall street et des grands trusts ayant des ramifications dans les géants économiques allemand et, comme le Kaiser Wilhem en 1917, menaçait d’unir sous la férule allemande le heartland eurasiatique. Comparaison ne vaut pas raison, mais des logiques de temps long et d’intérêts constants sont à l’œuvre.
7De plus, les coûts des unités étant de plus en plus prohibitifs, la perte en nombre d’appareils dans le cadre un cadre de guerre d’attrition ne peut être supporté que par les États les plus puissants. C’est aussi certainement une des causes de la sagesse russe dans l’engagement de ses atouts ariens, sa puissance industrielle n’étant plus celle de l’URSS.
8On peut d’ailleurs se demander si le narratif médiatique qui présente Donald Trump et les USA se faisant forcer la main par B. Netanyahu et Israël, ne devrait pas être inversé : l’opération de Tsahal (en bon proxy) donne en effet (légitimant les investissements d’argent public dans l’industrie de guerre, mouvement déjà amorcé contre la prétendue « menace russe ») justifie une intervention US qui restaure le rôle de « protecteur » indispensable en zone et temps de crise, raffermissant la position dominante dans le bloc occidental et rassurant/dissuadant les monarchies arabes. En tous cas, mieux que l’invasion du Groenland ou l’Anschluss du Canada…
9En essayant de s’écarter d’un biais complotiste, on peut tout de même s’étonner que ces opérations successives, incontestablement des succès remarquables des services israéliens, aient été déclenchées par une faillite aussi totale face à l’attaque terroriste du Hamas en octobre 2023. On remarquera aussi qu’une ancienne directrice de la CIA a rencontré en octobre 2023 les responsables des Moudjahidine du Peuple réfugiés en France, sans l’aval de Paris.
La technique de l’assassinat ciblé: une spécialité israélo-ukrainienne
Les opérations de décapitation israéliennes contre l’arc chiite ont impliqué des éliminations efficaces de l’appareil politico-administratif et militaire, du Hamas, puis du Hezbollah, et enfin en Iran même (il semble que le cas syrien ait été traité différemment, plutôt en recourant à la corruption). Les considérations éthiques n’ayant aucun sens dans le cadre d’une guerre, en particulier clandestine, on peut en revanche étudier ces actions pour en tirer des conclusions relatives à l’affrontement en cours en Ukraine.
Persistance historique
L’assassinat ciblé est une technique ancienne : non exhaustivement, on rappellera l’assassinat de Holopherrne par Judith, celui de Caius Julius Cesar aux Ides 44, les affrontements dynastiques des Perses, les remplacements par élimination de nombreux empereurs romains et de Basileus byzantins, le schisme après la mort du Prophète Mohamed et les querelles de succession (aux racines du Chiisme), les assassinats de la secte des Haschach’in au Moyen âge et ceux des Nihilistes et anarchistes contre les dirigeants en Russie et en Europe de la fin XIXème/début XXème siécles, la mort de l’archiduc François Ferdinand à Sarajevo et celle de Raspoutine et ses conséquences sur le régime tsariste, pour finir par ceux qui ont emporté des présidents états-uniens, en particulier JFK et – presque – Donald Trump.
Intérêt de la technique
Supprimer une seule tête ne peut évidemment entraîner d’effet majeur que dans des systèmes hypercentralisés, a minima organisés et hiérarchisés. On notera que cette technique peut s’employer aussi bien contre un système constitué, que par ce dernier contre des forces d’opposition, interne ou externe. Cette technique est donc employée par les États, qui disposent de moyens idoines pour trier et identifier les cibles, ainsi que de formations spécialisées compétentes, éventuellement deniable, (réfutable) ou expandable (jetable), pour être projetées et mener la frappe. Mais elle est aussi à la portée de structures plus réduites, organisations, groupes, groupuscules, cellules, voire individus (souvent manipulés par les États). L’assassinat peut ainsi s’avérer une technique mise en œuvre sur un mode offensif comme défensif (ou réactif).
En excluant les motivations personnelles (plutôt utiles pour brouiller les pistes et détourner les recherches des véritables instigateurs) plus ou moins rationnelles, les objectifs d’un tel acte sont divers :
- Action de suppression capacitaire d’un leader ou de réduction de l’efficacité de fonctionnement de son système centralisé
- Action de suppression du détenteur d’une capacité spécifique et vitale
- Action symbolique visant un effet psychologique sur le système-support
- Action ponctuelle et limitée d’avertissement adressé au système adverse
- Action inhibitrice instillant la crainte au sein des cadres et dirigeants
- Action de revendication coalisant des oppositions
- Action de déstabilisation du système par destruction de la chaîne de commandement
- Action préventive visant à éviter la fédération des hostiles sous un leadership accepté.
- Action d’intoxication visant un allié de l’agresseur afin de jeter le discrédit sur son ennemi en lui attribuant la responsabilité de l’assassinat (v. notion d’action sous faux drapeau)
C’est finalement une occurrence plutôt rare, qui atteste d’une capacité d’action relativement limitée
ou d’une volonté de donner un « signal » sans amorcer une escalade. Il est donc plus commun que l’assassinat ciblé soit dirigé vers des groupes, au-delà de la perte symbolique d’un responsable centralisant tout le pouvoir (cas des empires historiques et des régimes autoritaires modernes). Généralement, le point culminant d”une campagne d’agression vise à l’élimination de plusieurs cibles pour affaiblir/paralyser/disjoindre le fonctionnement interne du système attaqué :
- Responsables et décideurs au sein du système attaqué (OPA, organisation politico-administrative)
- Collaborateurs et Agents du système étant en lien avec le public (pour décrédibiliser l’État et instaurer une fracture avec sa population)
- Détenteurs des moyens de force (forces armées et de police, milices ou gardes spécifiques)
- Détenteurs des moyens économiques et de financement, incluant des partenaires externes
- Personnels experts et détenteurs de savoir-faire vitaux pour le système (ingénieurs, scientifiques, voire techniciens)
- Personnalités incarnant des idées ou tendances opposées à celles de l’agresseur (leaders politiques ou figures sociales)
- Relais médiatiques de tous types (médias, influenceurs, autorités morales, enseignants…) s’opposant à la diffusion des principes de l’agresseur ou développant des idées facilitant la résistance à l’agression
Décider un ou des assassinats implique l’échec ou l’impossibilité des autres techniques de neutralisation, telles que la conviction, la corruption, l’intimidation et la décrédibilisation, par la pression psychologique et sociale, la contrainte administrative et judiciaire, l’infiltration, le retournement, voire des opérations d’intoxication (pseudo-gangs, faux drapeau, par exemple). L’assassinat peut aussi s’imposer comme technique du faible au fort, lors de confrontations interétatiques.
Il faut remarquer que, hors la politique de « dronage » dans le cadre de la « guerre au terrorisme », les deux États qui adoptent actuellement une politique officielle d’assassinat comme modalité d’action internationale sont Israël et L’Ukraine de Kiev.
Réalité contemporaine
Le recours à l’assassinat est un thème prisé des scénarios paranoïaques de romans et de films, mais c’est aussi une réalité.
- Confrontés à une situation de faiblesse en 1941, les Britanniques ont développé une vision stratégique impliquant l’assassinat (ex Heydrich)1 et l’action terroriste, confiée au S.O.E (special operations executive). La Hagannah, dans la même situation d’infériorité, a bénéficié de ce transfert de compétences qu’elle a ensuite retourné contre les Britannique et les populations arabes. Les Britanniques ont continué à recourir à ce mode d’action, théorisé par le général Kitson, dans leurs conflits anti-insurrectionnels, jusqu’en Ulster.
- Cet héritage a été partiellement transmis aux « cousins » US, avec un apport français de la contre-insurrection coloniale (Trinquier, Galula, Hogard, Aussaresses) et fut appliqué en Amérique latine (operation Condor) et au Viet Nam (programme Phoenix), plus récemment en Irak (avec des tentatives moins réussies en Afghanistan). La « guerre contre le terrorisme » à partir de 2001, a généré un emploi massif aux drones armés pour liquider des cibles d’intérêt. Curieusement (?) la « guerre à la drogue » n’a pas eu la même efficacité dans les années 1990/2000.
- La France a su développer une compétence du SDECE lors de la lutte contre le FLN algérien2 (assassinat de l’avocat Ould Oudia, attentats contre les trafiquants d’armes Beisner, Geitser, Schlüter et Leopold et la persistance du terme « opération Homo » atteste de la non disparition du concept, même si l’efficacité semble avoir diminué après 1965 (notamment dans les années 1980, face à la Libye, à l’Iran, et au Pakistan une décennie plus tard, la disparition des « réseaux » en Afrique y ayant réduit la capacité française après 1991 et dans les vingt dernières années). La France a également « sous-traité » l’élimination de Djihadistes par drones.
Le cas ukrainen
Kiev bénéficie d’un lourd héritage en matière d’assassinat, le bandérisme ayant largement eu recours à cette technique avant d’accéder à suffisamment de pouvoir pour être capable d’agir militairement et massacrer les populations polonaises, juives et russes, sous la tutelle nazie.
Depuis 2014 au moins, les Anglo-saxons ont transféré au SBU et au GUR des techniques de contrôle des populations, sous couvert de formation de police (FBI, NPCC/IPAS), de formation de commandos (SAS, SBS, Rangers) ou totalement clandestinement (CIA, MI6). Les structures ont été lourdement purgées pour repérer et détruire les éléments potentiellement pro-Russes au sein de l’appareil d’État et des structures de force, puis de la société civile elle-même. Au- delà du territoire sous contrôle kievien, les responsables militaires, politiques et administratifs civils des DPR et LPR ont fait l’objet de campagnes d’assassinats. On rappellera l’extension sur le territoire de la Fédération de Russie, avec les assassinats de personnalités politiques, médiatiques et sociales et désormais de cadres et techniciens civils. Le fameux site Myrotvorets mollement désavoué par Kiev lite les personnalités dont l’élimination serait souhaitable, dont un grand nombre d’Occidentaux, dont Eric Denecé récemment disparu.

L’analyse révèle une certaine symétrie entre les récentes opérations SpiderWeb de Kiev et Rising lion de Tel Aviv (emploi de drones prépositionnés prés de leurs cibles, infiltration de la société civile, recours aux nouvelles technologies et notamment internet pour activer à distance…). A cet égard, on peut se demander si le système russe est actuellement en mesure de résister à des attaques aussi étendues que celles qui ont frappé le Hezbollah et le leadership iranien. La tentative de destruction de l’hélicoptère du président russe dans la région de Kursk fait écho à celle du crash mortel du président iranien Raissi survenu en Iran en 2024. Le FSB procède à des arrestations quotidiennes de Russes recrutés contre argent sur internet pour mener des actions contre les réseaux, parfois pour commettre des meurtres (Vladen Tatarsky). Les diasporas ukrainiennes et d’Asie centrale en Russie constituent d’évidents viviers.

Le système russe, centralisé mais pas idéologiquement homogène, souffrirait certainement de frappes de décapitation comme celle qui a été menée très efficacement en Iran. Il est parfois évoqué une réactivation du Smersh (Smert’ shpionam « mort aux espions ») mais un fait est notable : Alors que les Occidentaux imputaient à Vladimir Poutine des assassinats commis à l’Ouest3 et que les services de l’URSS et des alliés du Pacte de Varsovie (parapluie bulgare du cas Markov) avaient défini des techniques efficaces4, il semble que la lutte contre Kiev ne comporte pas ce volet. Cela correspond à une politique de communication, le président Poutine ayant publiquement exclu toute élimination de V. Zelensky, voire de ses collaborateurs. A l’inverse, les Israéliens se font une joie de rapporter l’efficacité de leurs frappes ciblées (It’s never an accident). Les raisons de ces positions respectives ne sont pas évidentes concernant Moscou. Dans le cas de Tel-Aviv, cela est plus transparent, il s’agit de compenser une infériorité numérique par l’affirmation d’une supériorité technique rendant la menace crédible (une forme de dissuasion), de rassurer et fédérer la population d’Israël actuellement divisée, en s’inscrivant dans un certain hybris à la fois technologique et moral à l’encontre de leurs adversaires. S’agissant de Moscou, cela ne semble pas dicté par un souci d’efficacité opérationnelle du secret, car si des actions nombreuses et réussies avaient eu lieu, Kiev s’en serait fait l’écho. Quant à obtenir de l’occident un jugement plus nuancé et appréciatif de la position russe, il semble qu’on en soit bien loin, même en faisant preuve de retenue.

En France ?
Enfin, un bruit (on le classera en F6 en termes de fiabilité/véracité) évoque depuis peu la création d’une cellule dédiée à cette mission en France. La soi-disant « Lys blanc » aurait été activée, aurait commencé à travailler en Afrique et procéderait à l’assassinat de personnes jugées dangereuses par le pouvoir. On cite les noms de disparus comme le général (2S) Delawarde, le chercheur et ex-agent de renseignement Eric Denecé et des agents de la DGSI. L’histoire française n’est pas exempte de telles initiatives, le pouvoir du moment a déjà eu par le passé recours aux criminels pour assurer ses basses œuvres, de la Carlingue sous l’Occupation aux Barbouzes lors de la guerre d’Algérie. La Vème République connut aussi différentes morts mystérieuses (Stefan Markovic, Henri Curiel, Stéphane Fontanet, les députés de Broglie et Yann Piat, les ministres Bérégovoy et Boulin, Conseiller De Grossouvre, les juges Renaud, Michel et Borrel, le pasteur Doucet, René Lucet, Commandant Bernard Nut de la DGSE, Jean-Edern Hallier, Patrice Pelat, Akim Rouichi et André Rigault, liste non limitative). Cette réalité historique explique pourquoi, sans souscrire à des théories du complot rarement avérées, ni propager comme authentique ce qui reste une rumeur émanant d’opposants5, il paraît pertinent d’y réfléchir.
- Il semble hautement improbable que les professionnels des services acceptent de se commettre dans de telles actions sur le sol national, pour des considérations morales, juridiques et techniques. La méthode n’a été utilisée en France que dans des contextes extrêmes, pendant une guerre, officielle ou de facto. On peut évidemment s’interroger sur la rhétorique guerrière adoptée actuellement par les autorités, et leurs possibles conséquences.
- L’implication de « rogue elements » appartenant aux structures de force est davantage envisageable, car déjà attestée de la part de la Gendarmerie nationale (Cellule des Irlandais de Versailles, affaire des paillottes) comme de la Police nationale (implication avec le SAC, tuerie d’Auriol, infiltration de milieux classés comme extrémistes, affaire Duprat). L’emploi « d’anciens » (forces spéciales ou unités de choc des Armées, ex-policiers ou gendarmes) plus ou moins connectés, plus ou moins politisés et donc plus ou moins manipulés, est une possibilité. Elle est validée par le nombre d’anciens militaires français servant dans les forces ukrainiennes à des titres divers. Des personnels de bas niveau de la DGSE et de la DGSI ont été impliqués dans des tentatives de chantage et/ou meurtres, illustrant la possibilité de recruter dans ce milieu. En 2019, l’ancien de la DGSE Daniel Forestier, lui-même suspecté d’avoir projeté un assassinat, a été abattu en Haute- Savoie. A priori, il s’agit (affaire Pasquali, affaire Dini, voire tuerie de Chevaline) de dérives criminelles plus que d’actions politiques et sanctionnées par l’État.
- Le recours à un ancien Lieutenant-colonel de Réserve (cité dans la rumeur sur le « lys blanc » en Afrique, où il se rend effectivement, sous passeport de service ou ordinaire) pour doubler le SPHP en montant une cellule associant des membres de profils divers a défrayé la chronique en 2018, attestant de la possibilité théorique de cette sorte de montage. On ne peut non plus ignorer la tentative de créer un « SAC de gauche » qui a abouti à celle d’Action directe. De même, l’évolution criminelle de structures issues des cellules Stay behind Gladio de l’OTAN (tueurs du Brabant en Belgique, Loge P2 en Italie) démontre la possibilité de dérive de formations officielles mais clandestines.
Objectivement, déployer la technique extrême de l’élimination extra-judiciaire sur le Territoire National et contre des citoyens français, paraît à la fois risqué et inutile : L’appareil répressif est sous contrôle, les médias également, et il y a une gamme étendue de moyens de pression efficaces à la disposition du pouvoir, administratifs, sociaux, économiques, fiscaux et judiciaires. Le bilan coût/avantage d’une telle action postulerait que les disparus disposaient d’un levier potentiel assez considérable pour justifier la prise de risque. Une autre hypothèse serait que, comme l’UE en Roumanie contre Cailin Georgescu (qui est resté en vie), en Allemagne contre l’AFD, en Pologne et Hongrie contre les dirigeants, comme Londres contre Farrage6 et comme X (?) contre Fico en Slovaquie, des dirigeants considèrent être suffisamment menacés pour décider de mesures extrêmes. Les collusions entre Politique, Finance, crime organisé et appareil étatique, officiel et clandestin, restent un sujet complexe où l’on peut se demander qui contrôle qui. Mais cette opacité n’est-elle pas, après tout, la raison d’être des services spéciaux ?
Dans le cas de la Fédération de Russie, sans prétendre jouer les devins, on peut craindre que la technique de l’assassinat et la méthode terroriste en général vont perdurer dans son conflit avec Kiev et ses sponsors occidentaux, tant en complément qu’en substitution aux opérations militaires. On peut même anticiper que cela s’étende au-delà de la durée de la guerre, car la société ukrainienne, son leadership et ses structures de force, sont profondément imprégnés par cette idéologie et sa traduction opérationnelle7. Moscou a anticipé le retour des frontoviki en favorisant des structures d’accueil et de soutien, pour éviter qu’un vivier de combattants démobilisés ne bascule dans le Crime organisé, comme cela fut le cas dans les années 90 en Russie, en Ex-Yougoslavie ou en Amérique latine. Mais il n’y aura probablement pas de système social de retour pour les vétérans ukrainiens et un terrorisme endémique est donc envisageable, d’autant que la cessation des hostilités ne signifiera pas forcément la fin des opérations des services Anglo-saxons, voire de l’UE. Le succès des dernières opérations israéliennes ne peut que renforcer la conviction dans l’efficacité de cette carte.
Notes:
1C’est la résistance du BCRA gaulliste puis des Américains qui a empêché la mise en œuvre des plans britanniques d’assassinats généralisés en France ; cette campagne devait décapiter les grands subordonnés de la Wehrmacht en France, détruire le vivier de « collaborateurs » pour affecter l’OPA de l’État français. Comme pour l’opération Anthropoid, il s’agissait surtout de faire basculer la population vers une résistance plus active, devant les représailles que l’Occupant aurait effectuées en réponse aux assassinats. Tropisme britannique, le sort des civils n’était pas davantage un souci que lors des bombardements, et la Résistance était considérée comme « consommable » (cf. liquidation des réseaux pour protéger le décryptage d’Enigma, sacrifice des maquis pour couvrir le débarquement…).
2Constantin Melnik, agissant dans le cadre du plan confié à Foccard par le premier ministre Michel Debré en 1958, estime à 243 le nombre d’assassinats opérés en 1960 et 61. A noter que la pratique était antérieure, datant de l’activation d’une pseudo « main rouge » dès 1954.
3Cas dont l’exploitation médiatique, la localisation et le suivi judiciaire posent question : Mort par empoisonnement au polonium 210 de Litvinenko, Ex-KGB devenu proche des Tchétchènes puis consultant du MI6, intoxication à la dioxine de l’ex -président ukrainien Ioutchentko, exposition des Skripal au novi chok, plus un certain nombre de défenestrations.
4Hors opérations clandestines, la doctrine des Spetsnatz de la guerre froide comportait un volet d’élimination des chefs militaires occidentaux. Les actions symboliques (Hans Martin Schleyer, général Haig pour les Rote Armee Fraktion, Aldo Moro pour les Brigate rosse, Général Audran pour Action directe, les nombreux actes de l’OLP et du FPLP) menées par des groupuscules terroristes plus ou moins liés, supportés ou influencés par le Bloc de l’Est témoignaient d’un véritable savoir-faire en la matière et de la volonté d’y recourir, de manière limitée et proportionnée toutefois.
5La nouvelle émane du SVR russe, ce qui peut éventuellement attester d’une lutte avec les services français dans l’ancien pré carré africain de Paris.
6La voiture de Nigel Farrage, leader de l’UKIP britannique, a perdu une roue près de Boulogne en 2015 ; après intervention du journal Libération pour nier le sabotage, l’intéressé a souhaité ne plus communiquer sur le sujet ; il quitte le parti l’année suivante. Après une campagne avortée sur sa prétendue homosexualité, Georg Haider est mort en Autriche d’un accident de voiture en 2008, l’enquête évoque une imprégnation alcoolique ; son parti Bzö ne gagnera pas les élections législatives. Le véhicule du président serbe Vucic a également perdu une roue en roulant au début de 2025 ; la Serbie est désormais devenue le premier fournisseur d’armes et munitions de l’Ukraine (via des end users établis pour des États tiers) et d’Israël. Pour le plaisir, évoquons la thèse « Elizabeth en rêvait, les SAS l’ont fait » dans la mort par accident de voiture de Lady Di et de son amant Al Fayed.
7Le maréchal Vatoutine a été assassiné à Kiev en 1944 (comme l’avait été le Feldmarschall gouverneur allemand de l’Ukraine von Eichhorn en 1918).
L’Iran et Israël acceptent l’initiative de cessez-le-feu de Trump
Israël a accepté l’initiative du président américain Donald Trump d’un cessez-le-feu avec l’Iran, a annoncé le cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahou.
Plus tôt dans la journée, la chaîne iranienne Press TV a également rapporté qu’un cessez-le-feu avec Israël était entré en vigueur.
Dans le même temps, l’État hébreu a promis de réagir avec fermeté à toute violation de ces engagements.
Le Corps des gardiens de la révolution assure avoir établi son contrôle sur l’espace aérien israélien
Le Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran a annoncé avoir établi un contrôle total sur l’espace aérien israélien, rapporte l’agence de presse officielle IRNA.
“L’attaque de missiles d’aujourd’hui a montré que nous avons pris le contrôle total du ciel des territoires occupés et que leurs habitants sont complètement sans défense contre les attaques de missiles iraniens”, indique le communiqué.
Trump quitte subitement le G7 pour s’occuper du conflit Iran-Israël
Le président américain Donald Trump a quitté inopinément le sommet du G7. Cet événement s’est produit alors que l’Iran et Israël échangeaient des tirs de missiles. Trump a annoncé la convocation d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité nationale, qui devrait se réunir au Centre de situation en attendant l’arrivée du président depuis le Canada.
Le baril de Brent risque d’atteindre les 100 dollars si l’Iran décide de bloquer le détroit d’Ormuz
Lundi 16 juin, le prix du Brent est tombé sous la barre des 71 dollars le baril, après avoir grimpé à près de 79 dollars vendredi. Le coût des matières premières fluctue dans un contexte d’incertitudes entourant le conflit entre l’Iran et Israël. Les investisseurs craignent qu’en cas de nouvelles attaques de l’État hébreu, la République islamique soit contrainte de réduire ses exportations d’hydrocarbures, voire de fermer le détroit d’Ormuz, privant ainsi le marché mondial de près d’un quart de l’approvisionnement mondial en pétrole et en GNL. Cependant, les experts estiment que la probabilité d’un règlement pacifique est plus élevée que le risque de poursuite des hostilités.
L’Iran prêt à des concessions sur le nucléaire
L’échange de frappes aériennes sans précédent entre Israël et l’Iran, qui a débuté le 13 juin au matin, a déjà fait de nombreuses victimes et causé d’importantes destructions des deux côtés. En réponse à la première vague de frappes aériennes israéliennes, l’Iran, après des heures de confusion, a lancé des centaines de missiles et de drones sur Israël. Les frappes aériennes mutuelles se sont poursuivies pendant trois jours consécutifs. Les autorités israéliennes affirment que leur opération ne prendra fin qu’avec la destruction de l’usine souterraine d’enrichissement d’uranium de Fordo, mais si l’Iran continue de riposter, sa capitale sera rayée de la carte. Dimanche 15 juin, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a annoncé sa volonté de conclure un accord avec les États-Unis garantissant que Téhéran ne se doterait pas d’armes nucléaires, ce qui peut être interprété comme une volonté de concessions.
Macron s’oppose à ce que Poutine joue le rôle de médiateur entre l’Iran et Israël
Poutine a déjà exprimé sa volonté de jouer un rôle de médiateur dans la résolution du conflit entre Israël et l’Iran. Trump s’est dit ouvert à cette idée. Cependant, Macron a déclaré que l’implication de la Russie dans le conflit en Ukraine constituait un obstacle au rôle de Poutine.
L’Iran riposte aux bombardements israéliens avec des vagues de drones
En réponse aux bombardements massifs de ses installations nucléaires, l’Iran a attaqué Israël. Plus de 100 drones ont été utilisés, a déclaré le porte-parole de Tsahal, Efi Defrin.
“Plus de 100 drones ont été lancés sur Israël”, a déclaré un porte-parole de Tsahal, selon le Times of Israel.
Israël bombarde l’Iran et tue le chef d’état-major général et le chef du Corps des gardiens de la révolution
Israël a mis le feu aux poudres au Moyen-Orient en lançant des campagnes de bombardements massifs contre l’Iran qui, selon les experts, pourraient conduire à une guerre à grande échelle.
Israël et le Hamas acceptent les nouvelles conditions d’un cessez-le-feu temporaire à Gaza
L’administration Donald Trump est optimiste quant aux perspectives d’un accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza et de la libération des otages israéliens détenus par le groupe palestinien Hamas. L’envoyé spécial du président américain au Moyen-Orient, Stephen Witkoff, l’a annoncé aux journalistes dans le bureau ovale le soir du 28 mai ; une vidéo de son discours a été publiée sur la chaîne YouTube de l’AFP. « J’ai de très bonnes raisons de penser qu’un cessez-le-feu temporaire et une résolution pacifique à long terme de ce conflit pourraient être obtenus », a-t-il ajouté.
Le nouvel accord de cessez-le-feu de Witkoff prévoit la libération de 10 otages israéliens vivants et la remise des corps de 18 morts en échange d’une trêve de 60 jours et d’un retrait israélien partiel de Gaza, a déclaré une source gouvernementale israélienne au Times of Israel. Dans le même temps, selon la source de la publication, le document ne mentionne pas les obligations d’Israël de mettre fin à la guerre.
Deux employés de l’ambassade d’Israël tués à Washington
Deux employés de l’ambassade d’Israël à Washington, D.C., ont été tués mercredi soir devant le musée juif de la capitale, a déclaré la secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Kristi Noem.
Plan Yinon pour la Russie et nouveau désordre européen
Chaque jour dévoile davantage les véritables ambitions d’Israël, qui ne se limitent pas à l’élimination des Palestiniens de Gaza, ni même, peut-être, de Cisjordanie. Certes, l’idéal d’un État ethniquement homogène, purgé de toute présence étrangère à la foi juive, hante les esprits extrémistes liés au Likoud de Netanyahou. Des figures comme Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale et chef du parti sioniste Otzma Yehudit (« Pouvoir juif »), ou Bezalel Smotrich, ministre des Finances et leader de Tkuma (« Résurrection »), rêvent de cette uniformité, voire de la reconstruction du troisième Temple de Jérusalem. Mais un dessein plus vaste se profile : provoquer une réaction iranienne, un casus belli qui, sous prétexte d’une attaque de Téhéran mobilisé pour défendre les Palestiniens, rallierait les États-Unis à une guerre contre cet ennemi désigné. Une tentative s’est esquissée en avril, lorsque l’Iran, en représailles au bombardement de son consulat à Damas par Israël, lança une étrange salve de missiles, heureusement sans grands dommages.
En 1982, un article singulier d’Oded Yinon, conseiller d’Ariel Sharon, parut dans la revue juive Kivunim (« Directives »). Il y exposait une stratégie : déstabiliser les rivaux arabes d’Israël en exploitant leurs fractures ethnico-religieuses, les morcelant en petits États hétérogènes et querelleurs, pour asseoir une hégémonie israélienne au Moyen-Orient. Tel était le « Plan Yinon », écho du divide et impera des Romains, visant à faire d’Israël une puissance régionale incontestée, libre d’imposer son influence politique, économique et militaire sur ses voisins, sans craindre de rivaux. Les guerres américaines, menées au nom des intérêts israéliens, ont depuis réduit en cendres les principaux États arabes. Ne reste que l’Iran, seule puissance capable de rivaliser militairement et technologiquement avec Israël – bien que ce dernier dispose de l’arme nucléaire, contrairement à Téhéran. L’activisme iranien, drapé d’une posture anti-israélienne, demeure une menace que l’État hébreu ne peut ignorer.
Mais un horizon plus inquiétant se dessine : transposer ce plan à la Russie. En 2019, l’analyste géopolitique anglo-polonais Janusz Bugajski, dans un article intitulé « Management’s Russian Dissolution » publié par The Hill, esquissait cette vision. Les sanctions occidentales, loin d’affaiblir Moscou, auraient convaincu le Kremlin du déclin de l’Occident – un Occident qui, paradoxalement, s’est lui-même fragilisé par ces mesures inefficaces. Bugajski propose une autre voie : exploiter la mosaïque ethnico-religieuse de l’immense territoire russe pour semer la discorde, fragmenter le pays et dresser ses peuples les uns contre les autres. « La Russie n’a pas su se muer en État-nation doté d’une identité ethnique ou civique forte, écrit-il. Elle demeure une construction impériale, héritage de son passé tsariste et soviétique. » Il rêve d’attiser le mécontentement dans les régions les moins russifiées, comme la Sibérie ou le Caucase du Nord, pour qu’elles se soulèvent contre les gouverneurs locaux, nommés par le Kremlin, et exigent leur sécession. « La pression monte à travers le pays, avec une colère croissante contre ces gouverneurs et un ressentiment face à l’appropriation des ressources par Moscou. Des régions comme Sakha ou Magadan, riches en minerais, pourraient prospérer sans l’exploitation de la capitale », soutient-il.
Ce tableau, pourtant, ne résiste pas aux faits. Poutine, plébiscité à plus de 87 % lors des élections de 2024, ne semble guère menacé par des soulèvements. Ce projet relève davantage du fantasme américain que d’une réalité tangible. L’objectif de Bugajski ? Réduire la Russie à un agrégat d’États insignifiants, inoffensifs, livrant leurs immenses ressources – alimentaires, énergétiques, minérales – au pillage des entreprises occidentales, américaines en tête. Israël, allié indéfectible des États-Unis, s’inscrit dans cette logique néocoloniale, où le vol des richesses d’autrui sert l’hégémonie globale de Washington.
Ce schéma n’est pas nouveau. En 2008, Israël arma et entraîna la Géorgie de Saakachvili – un pion américain façonné pour contrer la Russie – lors de son conflit avec les provinces russophones d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie. Puis vint l’Ukraine, théâtre de révolutions colorées : celle de 2004, dite « orange », et celle de Maïdan en 2014, déclenchée lorsque le président Ianoukovitch suspendit l’adhésion à l’Union européenne – une intégration qui n’a jamais abouti et ne le fera peut-être jamais, pas plus que celle à l’OTAN – pour privilégier des liens avec Poutine, choix logique au vu des affinités culturelles, géographiques et historiques entre les deux nations. Euromaïdan, financé par le Département d’État américain sous Nuland et soutenu par Soros – qui y investit un milliard de dollars en 2015 –, renversa Ianoukovitch. Les nationalistes ukrainiens, dans la foulée, orchestrèrent le massacre d’Odessa. Les accords de Minsk, signés en 2014 entre la Russie, l’Ukraine et les républiques de Donetsk et Lougansk, promettaient un cessez-le-feu, une démilitarisation et un statut spécial pour ces régions russophones. Mais Kiev les viola, le bataillon néo-nazi Azov – arborant les symboles de la division SS « Das Reich » – bombardant les civils et interdisant la langue russe. En février 2022, face à l’inaction des États-Unis, qui pilotent le régime de Kiev, la Russie lança son opération spéciale pour protéger ces territoires et rétablir la paix. L’Occident y vit l’avènement d’un « nouvel Hitler », diabolisant Poutine et prêtant à Moscou des visées impérialistes sur l’Europe – une fable bien éloignée de la vérité. Si l’Ukraine doit craindre un voisin, c’est plutôt la Pologne, nostalgique d’une Grande Pologne incluant Lviv, ou la Roumanie, lorgnant la Bucovine.
La Biélorussie de Loukachenko a résisté, mais la Moldavie est désormais dans le viseur. Maia Sandu, façonnée par Harvard et la Banque mondiale, marionnette pro-européenne, s’emploie à couper les ponts avec la Transnistrie russophone, utilisant l’arme énergétique. « La Moldavie ne dépend plus de la Transnistrie, déclare son ministre des Affaires étrangères, Mihai Popșoi, à Politico le 29 avril 2024. Nous achetons le gaz sur le marché international et construisons des lignes à haute tension vers la Roumanie. » Une folie économique : troquer le gaz russe bon marché contre des prix exorbitants dictés par les spéculateurs, au risque de désindustrialiser et d’endetter le pays, comme tant d’autres vassaux européens de Washington. Cette stratégie vise à provoquer une crise en Transnistrie, à rallier cette région à la Moldavie et à susciter une réaction russe, contrainte de défendre ses frères russophones – une escalade que les élites européennes, muettes ou impuissantes, sauf rares exceptions comme Orbán, laisseraient s’accomplir. Politico évoque un prétendu complot russe pour renverser Sandu, prétexte idéal à un false flag américain: « L’année dernière, les services de renseignement de Kiev ont averti qu’ils avaient intercepté un plan de Moscou visant à organiser un coup d’État et à chasser Sandu, en utilisant un parti d’opposition pro-russe pour renverser le gouvernement ». Espérons qu’il ne réussisse pas.
Ainsi se tisse un nouveau désordre, menaçant d’engloutir l’Europe de l’Est dans le chaos…
Filippo Zicari
Israël reprend ses attaques contre le Hamas à Gaza
Israël a repris ses opérations militaires contre le mouvement palestinien Hamas dans la bande de Gaza. Le journaliste d’Axios Barak Ravid a écrit à ce sujet sur le réseau social X, citant le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.
Ravid a expliqué qu’Israël a repris ses attaques contre le Hamas parce que le mouvement a rejeté les offres américaines de prolonger la trêve.
Netanyahou en visite à Washington, Trump sanctionne la CPI et coupe l’aide à l’Afrique du Sud
La visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu aux États-Unis, qui s’est terminée samedi, s’est avérée plutôt fructueuse pour lui. Le président américain Donald Trump, qui l’a accueilli, n’a pas lésiné sur les mots gentils et les cadeaux pour son invité. Il a notamment imposé des sanctions à la Cour pénale internationale, qui avait auparavant émis un mandat d’arrêt contre Benjamin Netanyahu et l’ancien ministre israélien de la Défense Yoav Galant. Il a ensuite coupé l’aide américaine à l’Afrique du Sud, devenue ces dernières années l’un des principaux adversaires non régionaux d’Israël.
Le cessez-le-feu très précaire entre le Hamas et Israël est entré en vigueur
Dimanche 19 janvier, malgré diverses incohérences et retards, l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le mouvement palestinien Hamas est entré en vigueur. Les deux parties menacent de reprendre les hostilités si les conditions convenues ne sont pas remplies. Cependant, le coût de telles déclarations est faible, puisque nous assistons à une opération classique d’imposition de la paix menée avec la participation de médiateurs arabes et des États-Unis. Cela signifie que la désobéissance de l’une des parties au conflit est inévitable et renforcera considérablement la position de l’autre. Avant l’investiture de Trump prévue pour le 20 janvier, la bascule au Moyen-Orient était figée, dans l’attente de voir ce que le président américain élu ferait ensuite et dans quelle mesure « l’héritage » de politique étrangère laissé par Biden lui serait acceptable.
Israël et le Hamas ont convenu de principe d’une trêve et de la libération des otages
Israël et le groupe palestinien radical Hamas ont convenu de principe d’un accord prévoyant la libération des otages capturés le 7 octobre 2023. Il est prévu que dans un premier temps, plus de 30 prisonniers seront libérés. En échange, Israël acceptera la libération massive des prisonniers palestiniens. Dans un premier temps, Israël est prêt à limiter la durée et la zone d’activité de ses troupes dans la bande de Gaza, mais, apparemment, il n’est pas encore question d’un retrait complet du contingent. Le Hamas devra composer avec l’émergence de zones tampons.
Les Houthis annoncent une frappe de missile sur le ministère de la Défense israélien
Le mouvement militaro-politique chiite au pouvoir Ansar Allah (Houthis) dans le nord du Yémen a annoncé une attaque de missile Palestine 2 contre le ministère israélien de la Défense à Tel Aviv.
“Nous avons mené une opération militaire contre le prétendu ministère de la Défense de l’ennemi israélien à Jaffa occupé (Tel Aviv, ndlr) en utilisant un missile balistique hypersonique”, indique la chaîne Telegram du mouvement.
Rapport de situation sur l’évolution stratégique : l’effondrement syrien
La situation stratégique évolue fortement ; l’invasion et le maintien kiévien à Koursk, la rétractation du front ukrainien dans le Donbass, l’élection de D. Trump, l’avertissement Oreshnik, la relance de la guerre au Moyen Orient et l’effondrement syrien, ont des conséquences sur la Russie, tout autant que la gestion des diasporas sur le sol de la Fédération. L’analyse « à chaud » est toujours risquée (et un peu présomptueuse). Tentons donc d’étudier divers événements isolément avant de les intégrer dans une analyse globale à venir. Comme toujours, il s’agit d’une réflexion à partir de sources ouvertes, en essayant de se garder au maximum des biais courants et des manipulations diverses. Commençons par la chute de l’État syrien.
La chute d’un régime n’est pas sans précédent
Il est facile de poser un diagnostic après coup, mais si la chute du régime Assad a pu surprendre par sa rapidité, il faut rappeler certains éléments explicatifs.
La population syrienne, Kurdes exceptés, comprend 15 % d’Alaouites, 10% de Chrétiens, face à 75% de Sunnites relativement mal traités par l’idéologie baassiste. Or, il est historiquement avéré que les armées mal soutenues par la population et ne bénéficiant pas d’axes idéologiques forts, sont sujettes à de tels effondrements lorsqu’elles sont soumises à la pression de forces cohérentes et bénéficiant d’une assistance extérieure décidée. C’est le principe même de la guerre insurrectionnelle, observable lors des guerres de décolonisation, mais aussi très récemment :
- par exemple lors de la disparition de l’ANA face au Talibans afghans malgré le support occidental,
- ou encore lors de la dissolution de l’armée irakienne face à l’État islamique1, qui ne put être confiné (temporairement?) qu’avec l’apport chiite, kurde, et occidental.
- On pourrait évoquer la fin de l’ARVN face au Viet-Nam communiste.
- La dissolution rapide de nombreuses armées subsahariennes (zaïroise, rwandaise, ivoirienne, sierraléonaise…) est un fait documenté.
- L’honnêteté oblige à rappeler « l’étrange défaite » française en 1940 et à s’interroger sur la robustesse et la résilience de l’appareil sécuritaire, militaire et civil, de notre pays, si les circonstances l’imposaient.
Le maintien de l’État syrien est incertain
Il paraît très probable que la Syrie actuelle subisse une partition comme le Liban l’a connu : On se souvient des mandats de la SDN après 1919 ; pour découper et gérer les anciennes possessions de l’Empire ottoman dans la région, Liban et Syrie furent confiés aux Français, Jordanie et Palestine et Irak aux Britanniques, avec un jeu trouble de ces derniers, à travers leur politique arabe, transmise aux USA après 1945.
- Cette logique centrifuge se traduit par un repli des anciens Assadistes, notamment certains militaires des unités spéciales du régime, les désertions en masse observées étant apparemment plutôt le fait de conscrits non motivés2 sur des réduits défavorables aux rebelles.
- Il paraît également vraisemblable que les Kurdes vont maintenant faire l’objet de toutes les attentions (le ministre des affaires étrangères turc a évoqué « l’élimination des forces armées kurdes »), et pour leur malheur, de tentatives militaires téléguidées par Ankara. La volonté de non ingérence de D. Trump pourrait signifier l’absence du soutien nécessaire au Rojava, la relative coexistence avec les autorités irakiennes et iraniennes ne paraissant pas susceptible de déboucher sur une implication majeure aux profit des Kurdes, en butte à l’hostilité des nouveaux maîtres de la Syrie et des Turcs.
- En revanche, il semble qu’ Israël puisse aider Kurdes au Nord et Druzes au Sud, à l’appui de son invasion du pays. Une semblable politique au Liban Sud, après l’invasion de 1982, en instrumentalisant les Chrétiens, a cependant tourné court au pays du Cèdre.
- Washington paraît pousser un statu quo ante en Syrie, afin d’éviter un affrontement entre deux alliés régionaux, Israël et la Turquie.

Les causes de la chute
Les facteurs centrifuges appliqués à la Syrie n’ont été que retardés par le rétablissement militaire grâce à l’Iran et à la Russie, faute d’une politique intérieure raisonnable (malgré les demandes des États arabes qui avaient accepté un retour diplomatique) et compte-tenu de la pression extérieure constante sur un État paria.
- Les conditions économico-sociales se sont dégradées au delà du supportable, par suite à la persistance de menaces sur le territoire syrien, de l’ingérence militaire israélienne, du travail de sape continu par la Turquie et de l’effort destructeur des pays occidentaux sur l’économie locale, déjà impactée par la guerre, ses destructions et l’exode d’une partie de la population active3. On rappellera que la souveraineté territoriale de la République arabe syrienne était violée par la quasi-autonomie Kurde (20% du territoire), la non-liquidation des forces terroristes dans leur sanctuaire d’Idlib, la présence d’une base étasunienne et de forces militaires turques au Nord à l’issue de trois offensives sur le sol syrien, et les raids israéliens visant l’armée syrienne et les formations pro-iraniennes.
- Au plan strictement militaire, le régime syrien a refusé les réformes proposées par les militaires russes sur place (le frère de Bachar, Maher, était relativement défavorable à l’influence russe).
- Il a également rejeté la main tendue par le président Erdogan en juin 2024.
- La pression militaire s’était accrue depuis deux mois et demi, laissant anticiper la défaite survenue en décembre. L’objectif de destruction de la force équilibrante à Israël dans la Région, quels que soient ses maîtres localement -dynastie Assad ou responsables islamistes- est évidente dans les 450 raids aériens israéliens (plus que les opérations au Liban et à Gaza) effectués APRES la chute d’Assad, qui ont permis de détruire les capacités militaires syriennes. Cela n’est peut-être pas si mal vu par la Russie, pour laquelle les systèmes anti-aériens livrés à Damas notamment, risquaient de devenir des menaces pour ses propres forces aérospatiales sur place.
L’État syrien était donc, au mieux, dysfonctionnel, et subordonné à l’assistance directe de l’Iran, du Hezbollah et de la Russie, et indirecte de l’Irak.
Cet état de fait ne pouvait persister que si l’opposition avait été également affaiblie dans les mêmes proportions. Or, après la campagne de 2016, si l’opposition n’était plus en mesure de s’imposer sur le terrain, elle disposait d’atouts importants, notamment l’aide d’Ankara et l’hostilité occidentale contre le régime.
- Le lancement d’une nouvelle stratégie pour le Moyen Orient annoncé par B. Netenyahu anticipant la présidence Trump, et malheureusement apparemment calquée sur celle de la période Bush Jr, activant le terrorisme islamique et le proxy israélien, dans le cadre du « nouveau Moyen Orient », a drainé les ressources Chiites vers le Liban et créé un risque d’escalade pour l’Iran.
- Au Nord, la politique d’Ankara a bénéficié de cette situation en lançant ses propres proxys mis en place depuis 2019.
- Compte tenu du front ukrainien et des perspectives de contournement au Nord (Baltique) et au Sud (Asie centrale), les possibilités de la Russie étaient limitées et un calcul rationnel ne pesait pas en faveur d’une implication accrue dans un engrenage oriental.
Nous y reviendrons, mais la grande stratégie états-unienne repose sur l’extension des fronts au-delà des ressources de l’adversaire, en privilégiant la multiplication des sources de tension et l’action indirecte par enveloppement à l’échelle de la planète. Face à ce défi, il est indispensable de définir les priorités et de réallouer les moyens en fonction, quitte à faire des sacrifices et des abandons. L’exemple du fardeau économique et social de l’Afghanistan de 1979 à 1989, lorsque la 40ème armée soviétique fut installée pour soutenir un régime « ami », a certainement pesé sur les choix russes relatif au soutien à Damas.
Quant à la décision du dirigeant Bachar El Assad de quitter son pays et de faciliter une « transition », sans tenter de « baroud » d’honneur, on peut suspecter un deal russo-turco-iranien (cf. réunion diplomatique sur le sujet), à la lumière des exemples respectifs de Saddam Hussein en Irak ou Kadhaffi en Libye (liquidés pour avoir tenté une résistance appuyée par les tribus encore fidèles) et de Ben Ali en Tunisie (parti dans un confortable exil après avoir lâché les commandes). Dans cet esprit, maintenir une armée nationale et la logistique sociale, industrielle et technique, nécessaire pour cela, paraissait impossible ; cette décision se compare à celle de l’État-major sud-africain conseillant au président de la RSA de mettre fin à l’Apartheid, faute de pouvoir garantir le fonctionnement de la chaîne économico-militaire en 1994.
Quel était l’intérêt de la Syrie pour la Russie ?
Initialement, la position géographique de Damas permettait de bloquer un projet de pipe-line du Qatar vers l’UE via la Syrie et la Turquie, qui va très probablement repartir désormais. L’approvisionnement de l’Europe par Gazprom/gasnapht ayant été terminé par la politique de sanctions économiques suicidaires maintenue par l’UE et par le sabotage des Nord Stream, cette option est désormais stratégiquement non pertinente.
La question des bases militaires semble également surévaluée. Le port de Tartous n’abrite que six navires de surface dont deux frégates et un sous-marin ; c’était seulement le double lors du pic d’intervention, suffisant pour mener une intervention de contre-insurrection mais pas pour jouer un rôle stratégique face aux poids lourds régionaux. Comme le repli de la flotte de la Mer Noire l’a démontré, à l’ère des drones et du missile, et sous observation satellitaire occidentale constante, cette unité navale ne peut pas espérer grand chose, surtout face aux flottes de l’OTAN en Méditerranée. Le fameux « accès aux mers chaudes » est tout relatif, car les détroits restent sous contrôle turc. De plus, la géopolitique actuelle redonne plutôt aux mers du Nord (lac otanien de la Baltique, mais aussi Arctique et Atlantique Nord) une nouvelle importance, en termes militaires et économiques. Disposer d’une facilité maritime était surtout important pour le soutien des forces terrestres déployées sur place et comme hub logistique pour l’Afrique. La base aérienne de Khmeimim dans la région de Lattaquié avait un rôle important comme plate-forme des vecteurs de bombardement (25 à 30 appareils, de transport et d’attaque); dés lors qu’il n’y aura plus de combats au sol, cela tend à devenir inutile. Face à la menace aérienne de Jérusalem et à celle d’Ankara (qui a déployé des batteries de missiles AA d’origine russe pour appuyer les rebelles wahabites et dissuader les VKS russes sur place) une telle base ne présente plus qu’un intérêt relatif. La base d’El-Dafhra en Libye pourrait se substituer pour le support des actions en Afrique. Mais cela ne sera peut-être pas nécessaire car il y a un consensus pour laisser les bases russes en Syrie. Le ministre turc de la défense Güler l’a confirmé, Israël ne s’y dit pas hostile et les pseudo-autorités locales non plus.
On affirme que « Dix années sur place ont donné à l’armée russe un savoir-faire en conditions réelles de combat ». C’était vrai pour les capacités expéditionnaires et la contre-insurrection. À l’instar des forces occidentales et notamment françaises, les forces russes ont tiré des avantages finalement réduits de ces enseignements lorsqu’elles ont dû mener un combat symétrique de haute intensité ; la re-découverte de la masse, de la durée et de l’attrition, du rôle des armements modernes (drones, FAB, engins de haute précision à longue portée) comme traditionnels (missiles, chars, artillerie), ou celui des tactiques d’infanterie, a dû être acquise « à la dure ». L’avancée russe dans le domaine des drones d’observation par exemple, et l’aptitude à déjouer les MANPADS en 2016, n’a pas aidé en 2022, face à une masse et une technologie sans commune mesure avec celles des rebelles syriens.
Le maintien du régime Assad renforçait « l’arc de résistance » chiite (Liban, Syrie, Irak, Iran) face aux Occidentaux, au profit de Téhéran, l’Iran faisant pièce à la stratégie étasunienne mondiale, et israélienne dans la région. L’affaiblissement de cet axe impacte indirectement la Russie dans sa lutte contre l’hégémon occidental et l’impérialisme pan-turc. Cependant les États n’ont pas d’amis (seulement l’armée et la marine, pour la Russie) mais uniquement des intérêts communs à un moment donné. La politique russe favorise certainement la coopération avec l’Iran, mais doit tenir compte de la proximité turque (et de son rayonnement en Asie centrale) et des accords avec les pays arabes, deux oppositions historiques aux Perses.
Le sauvetage de Damas avait permis de montrer que « la Russie était revenue », avec un investissement raisonnable et à l’étonnement des analyses occidentaux. En termes diplomatiques, de prestige et de relations internationales, c’était un contrepoint puissant à l’attitude états-unienne, favorablement perçu dans les pays émergents, dont les dirigeants savent souvent avoir besoin de protecteurs et dont les opinions nourrissent une attitude revancharde à l’égard des anciennes puissances coloniales. Cette dimension était certainement favorable à la cohésion des entités montantes comme les BRICS dans le nouvel ordre mondial multipolaire. A cet égard, la chute de Damas porte un coup à la crédibilité russe. Cependant, la fiabilité et la pérennité des nouveaux accords en Afrique (après l’éviction des Français, du Mali, du Niger, du Tchad et du Sénégal, en attendant la RCI et le Gabon) étaient et restent sujettes à caution. Les difficulté du Corps africain (ex Wagner group) au Mali illustrent la difficulté de collaborer avec des pays en proie à une instabilité endémique ; la France a porté le fardeau près de six décennies. Compte-tenu de la richesse en matières premières de la Fédération de Russie, le contrôle de ces régions n’est pas critique. Quant au potentiel économique de l’Afrique, il réside davantage dans la sphère australe que dans les anciennes colonies de l’AEF. Les relations avec la RPC et l’Inde sont probablement plus essentielles et ces deux nations n’envisagent de toutes façons pas de relations sous prépondérance russe.
Le soutien à Damas était stratégiquement intéressant pour faire pièce à Washington, Jérusalem et Ankara dans la zone. Il est probable que la volonté d’éviter une confrontation régionale pour ne pas obérer les possibilités en Ukraine ait donc pesé.
Il a été peu commenté par les médias mainstream (« de grands chemins » selon le mot excellent de Xavier Moreau) la présence de formateurs ukrainiens pour transmettre des compétences en matière de drones (25 formateurs et 200 drones environ), ainsi que les relations entre Kiev et les fondamentalistes islamiques, sous les auspices du MI6. Des échanges ont eu lieu entre ces terroristes et les VSU, particulièrement GUR et SBU. La carte islamiste est jouée par l’Occident (Washington, Londres et Jérusalem) depuis des décennies malgré des retours de flammes, comme l’illustre la conversion de Al Julani, passé de chef terroriste recherché dont la tête était mise à prix 10 millions d’USD, à leader modéré respectable4. L’attaque terroriste du Hamas en Israël en novembre 2023 paraît d’ailleurs un excellent timing pour la relance des hostilités et des tentatives de façonner le Moyen Orient5.
Idlib, fief de HTC, était notoirement site d’accueil de terroristes religieux Ouzbeks et Ouighours soutenus par Ankara, ce qui ne peut laisser Pékin indifférent. Les premières vidéos apparues de la déroute de l’armée d’Assad étaient d’ailleurs tournées en langue russe. Il paraît évident que ces groupes sont manipulés pour contaminer les populations musulmanes du Caucase, d’Asie centrale, et sur le sol même de la Fédération de Russie. A cet égard, les connections entre les terroristes du Crocus avec les diasporas et les services kiéviens, dénoncées par le chef du FSB, semblent trouver une forme de confirmation. Le récent assassinat à Moscou du général responsable des forces NRBC (RKhBZ)de la Fédération, par un Ouzbek, confirme cette implication inquiétante. Il est cependant probable que les commanditaires se trouvaient à Langley ou prés du Vauxhall bridge, car le Lieutenant-général Kirillov communiquait sur les plans de guerre biologiques étasuniens, exposant les projets et travaux de divers laboratoires et contredisant la propagande anglo-saxonne sur le sujet.
Au delà de la dégradation de l’image, cette implication des diasporas est probablement la conséquence la plus négative pour la Russie de la chute du régime syrien. La société russe connaît des tensions à l’égard des migrants des ex-républiques d’Asie centrale ; même le fidèle Kadyrov tient un discours ambigu et sur une base ethno-religieuse. La résilience de l’État islamique, qui vient d’emporter Damas même sous une forme apparemment édulcorée et la persistance de l’idéologie des Frères musulmans, notamment auprès du président Erdogan, créent des exemples et des motivations pour les populations peu éduquées et ouvertes au fondamentalisme. La population russe n’est que de 145 millions d’habitants, à mettre en rapport avec 15 millions estimés d’immigrés des ex-républiques voisines (6,8 millions officiellement), qui totalisent 70 millions d’habitants, et 91 millions de Turcs. L’activation de ces populations sur le sol russe fait partie de la stratégie subversive occidentale, dans le cadre des méthodes indirectes mises en oeuvre, nous le verrons dans une autre analyse, plus globale. Les procédés sont ceux de l’État islamique et de Daesh lorsque la branche « mondialiste » a pris le dessus sur la branche favorable à la fondation d’un califat sanctuaire (un peu comme lorsque Staline à éliminé la faction mondialiste). Le recrutement d’agents de piètre qualité, auto-radicalisés, appâtés par le gain et « jetables » au sein même de la société d’accueil, permet de mener des attentats à moindre coût, car nécessitant des moyens relativement bon marché (armes légères et explosifs). L’internet et les réseaux sociaux permettent le recrutement et le management de ces agents par des officiers traitants avec une prise de risque minimale, parfois à travers une galaxie de proxys.

En guise de conclusion (très) provisoire
L’affaire est évidemment loin d’être terminée.
- La capacité des groupes rebelles à devenir une force de gouvernement est, au mieux, douteuse, le potentiel de luttes intestines étant très élevé. → l’hypothèse de la réduction de l’État à un noyau environné d’une myriade de régions satellites sous domination étrangère et apparente autonomie locale est vraisemblable.
- Israël apparaît comme le principal bénéficiaire de la chute de Damas, mais cela pourrait entraîner des conséquences négatives pour Jérusalem, dans ses rapports avec les autres puissances régionales comme dans la gestion du terrorisme (comme l’exemple du Hamas l’a amplement démontré) et de l’antisionisme dans des sociétés occidentales fortement soumises à une immigration arabo-musulmane. → une influence étasunienne forte (mais a priori non désirée) et l’installation de relais tampons localement efficaces et durables, pour éviter une confrontation directe entre Turquie et Israël sont des préalables nécessaires mais incertains.
- La Turquie apparaît également comme bénéficiaire, mais cela aussi pourrait être à court-terme. Le contrôle du HTC s’avérera plus compliqué que celui de l’armée syrienne libre, l’engagement direct pose davantage de problème que l’action directe, le coup de poignard dans le dos de la Russie ne sera probablement pas oublié par Moscou, le cas ouïghour ne le sera pas par Pékin, les Arabes ont un vieux contentieux avec les Turcs depuis la fin de l’empire ottoman et la 1 GM et la politique frériste d’Ankara heurte les monarchies du Golfe. → le triomphe immédiat apparent conduit à devoir assumer un leadership direct beaucoup plus exposé et coûteux si les proxys ont besoin d’une assistance pour durer, ce qui est crédible. Le rôle d’acteurs extérieurs à l’égard des Kurdes va jouer un rôle majeur. La disparition de Fetullah Gulen en 2024 prive les USA d’un levier contre Reccep Erdogan et pourrait avoir des conséquences sur la politique antikurde et les relations avec Jérusalem. L’axe Turquie/Qatar se met en place , ce qui impacte non seulement l’Iran mais aussi les royaumes du Golfe, hostiles à l’idéologie des Frères musulmans.
- Une dérive extrémiste trop visible pourrait conduire l’Occident à revoir sa position, comme ce fut le cas en 2014 lorsque l’EI menaça l’Irak. → la position de Donald Trump risque de ne pas créer un changement de cap brutal, car il se focalise sur la politique intérieure et ne bénéficie d’une relative acceptation par les structures souterraines de force qu’à la condition qu’il ne remette pas drastiquement en cause les stratégies en cours. De plus il reste animé par la volonté de protéger les intérêts états-uniens et considère Téhéran et Pékin comme des rivaux dangereux.
Pour Moscou, la chute de l’allié syrien présente des aspects très négatifs. Cependant, de manière apparemment paradoxale, la Russie, en perdant le statut d’acteur majeur, acquiert certains avantages :
Un investissement plus réduit devient acceptable et les différentes parties en présence ont toutes un intérêt pour un partenaire qui ne soit plus assez puissant pour leur imposer une suzeraineté, mais encore suffisamment pour jouer le rôle d’allié/épouvantail dans leurs jeux complexes avec les autres partenaires/adversaires.
A cet égard, on rappellera les réalités de « l’Orient compliqué » qu’évoquait le général de Gaulle ; à la lumière de l’exemple irakien après la chute de Saddam Hussein, et entre autres exemples, on citera :
- que les « rebelles « se divisent entre forces concurrentes voire adverses.
- que Bachar El Assad avait semblé manifester un rapprochement vers les Émirats Arabes Unis, ce qui ne pouvait que déplaire à la fois à la Turquie, et au Qatar, mais aussi à l’Iran, dont il avait apparemment négligé les avertissements depuis trois mois,
- l’évolution de l’Arabie saoudite, les perspectives par rapport au Dollar et aux BRICS, la rivalité en matière de domination religieuse avec la Turquie en Asie, et enfin les relations turco-israéliennes.
- S’il est évident que Jérusalem et Ankara ont œuvré à la chute d’Assad, sous l’égide du MI6 et avec l’aval de Washington, leurs intérêts vont rapidement s’opposer, au fur et à mesure de l’affaiblissement de leur rival iranien et de leur propres appétits territoriaux.
Un autre constat évident est que les processus diplomatiques débouchant sur des « accords » se sont révélés des pièges. Valable pour le Traité de Minsk, celui d’Ankara, cette constatation l’est aussi pour celui d’Astana. On peut imaginer que cela sera pris en compte par Moscou alors que les communications sur des négociations, un gel du conflit et des accords avec Kiev sont largement diffusés.
NOTES
1 Le premier effondrement face à la coalition menée par les USA en 2003 pourrait bien s’expliquer par un intensif travail de sape et de corruption des responsables militaires irakiens, thèse qui ne semble pas totalement invraisemblable dans le récent cas syrien.
2 Le frère du président déchu, Maher, a gagné l’Irak avec la totalité de sa 4ème division blindée, et des unités de l’ancienne armée nationale arabe syrienne et membres des chabiha (quid des tigres de Souleil el Hassan?), semblent s’adosser aux régions alaouites.
3 Avant guerre, la Syrie produisait 15 millions de tonnes de pétrole pour son usage intérieur plus 3,5 exportés. Depuis, la production est tombée à 3 mt, dont le produit de la vente est confisquée par les Kurdes et les USA. Des études envisagent la présence de 200 mt dans le sous-sol syrien, notamment sous le Golan (!). Les phosphates étaient la richesse du pays, mais la production s’est aussi effondrée avec la guerre. L’économie syrienne reposait à 80% sur l’Iran, qui investissait 5 milliards d’USD annuellement ; ce chiffre est à comparer avec la rente de 1,2 milliards d’USD versée par l’UE à la Turquie pour bloquer les flots de migrants et les 5 milliards déversés en Ukraine pour le Maidan et la politique russophobe selon V. Nuland.
4 En 2012, le ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius vantait déjà « le bon boulot » des Djihadistes de Al Nosra. CQFD, puisque Abou Mohammed al-Joulani, nom de guerre d’Ahmed Hussein al-Chara, né en 1982 à Riyad, était fondateur et le chef du Front al-Nosra en 2012, puis de Hayat Tahrir al Cham après avoir rompu avec AL Qaeda en 2016. Il est passé en 2006 par un internement au camp Bucca en Irak sous contrôle US, une pépinière de cadres de l’EI. Al Julani s’oppose au Djihad global et son mouvement Hayat Tahir al Cham (HTC) n’est pas directement inféodé à Ankara comme l’armée syrienne libre. On voit que l’exemple des bricolages des service spéciaux pour créer et téléguider les différentes factions terroristes n’a toujours pas été assimilé dans ses conséquences à long terme, lorsque la créature échappe à son créateur.
5 Il ne s’agit pas ici de prendre parti, de nier les atrocités du Hamas en octobre 2023, ni l’écrasement aveugle des civils Gazaouis puis Libanais par Tsahal. Cependant la froide analyse fait apparaître que les tensions entre Sunnites et Chiites s’apaisaient, qu’une communauté hostile à l’imperium occidental se mettait en place, et que les relations entre Israël et les États du Golfe se pacifiaient également, ces derniers faisant en réalité assez peu de cas du sort de Palestiniens. On observe que l’attaque de novembre 2023 a réinitialisé un cycle de violences, réactivé les oppositions datant de 70 ans voire plus et rendu quasi-impossible une solution négociée et d’essence locale, alors que l’appui de l’hégémon US redevenait indispensable pour un Israël dirigé par B. Nétanyahu, pour lequel la guerre signifie une immunité judiciaire et politique dans son propre pays. En revivifiant la suzeraineté états-unienne, cette situation permet de prolonger la stratégie de tension, comme l’a fait l’Ukraine en redonnant à un OTAN « en état de mort cérébrale » selon Emmanuel Macron, un rôle prépondérant sur l’UE. Cela permet également d’impacter les politiques économiques visant à dépasser le pétrodollar et à créer des espaces d’échanges échappant au contrôle occidental. Seul un choc très violent pouvait permettre d’initier cette dynamique et on peut s’interroger sur la possibilité du Hamas d’avoir fourni ce détonateur, comme l’effondrement des tours du WTC le fut en 2001.
Poutine accuse Erdogan d’avoir parrainé malgré lui la victoire géopolitique d’Israël en Syrie
“J’ai commencé à moins plaisanter et j’ai presque arrêté de rire”, c’est ainsi que, lors de sa “Ligne directe” avec le peuple et les médias, Vladimir Poutine a répondu à la question de savoir comment près de trois ans d’opération spéciale l’avaient changé. Lors de la grande conférence de presse, le président russe a pris pour cible le président turc Recep Tayyip Erdogan – le principal instigateur du renversement de Bachar el-Assad en Syrie – lequel, comme Poutine l’a laissé entendre, est ainsi devenu le « père » de la grande victoire géopolitique de son ennemi juré : Israël.
Une lumière sur la Syrie
Pour comprendre la réalité de ce qui vient de se passer en Syrie, sur la chute du gouvernement de Bashar al-Assad cédant la direction du pays au néo-groupe pseudo-terroriste islamiste fraichement rasé de près, rebaptisé HTS (Hay’at Tahrir al-Sham, je ne l’écrirai au complet qu’une seule fois!), il faut d’abord comprendre l’enjeu réel caché derrière la Syrie sur l’échiquier géopolitique.
Qui contrôle le pétrole, contrôle le monde»
Le projet du Grand Israël publié en 1982 sous la plume de l’ex-fonctionnaire sioniste Oded Yinon trouve ses origines beaucoup plus loin, au début du 20e siècle. Un pays «Du Nil à l’Euphrate» engloberait le Liban, la Jordanie, la Syrie, le Koweït, la moitié de l’Irak, un tiers de l’Arabie saoudite et le Sinaï égyptien. L’agrandissement d’Israël n’a jamais rien eu de messianique, mais a toujours été un plan mondialiste des banques internationales pour accaparer le pétrole de la péninsule arabique, ou par projection métaphorique, pour contrôler le marché mondial du pétrole. Vladimir Poutine l’a très bien compris, et c’est pourquoi il s’est interposé devant les «terroristes» à la solde des Occidentaux en Syrie, en septembre 2015. Il faut savoir que la Syrie est le tout dernier rempart bloquant le plan du Grand Israël. Depuis 2015, le contrôle de Vlad sur le marché mondial du pétrole s’est beaucoup accru puisque l’Iran, l’Arabie saoudite et les Émirats Arabes Unis ont joint l’alliance alternative des BRICS. On parle maintenant du Venezuela, de l’Algérie, du Nigeria, de l’Indonésie… Cela devrait sonner une alarme retentissante aux oreilles, mêmes non-averties.
L’ignorance répandue de l’enjeu réel du Grand Israël explique pourquoi personne ne comprend rien à ce qui se passe en Syrie. La plupart des analystes croient vraiment au narratif, pourtant tricoté par les mainstreams, d’un «projet messianique» des sionistes intégristes guidés par un passage du livre sacré au chevet de Netanyahou. Cette idée est grotesque, puisque les élites qui utilisent les différentes confessions religieuses pour manipuler les peuples depuis des générations ne font des projets messianiques que dans les bulletins de nouvelles. En vérité, Israël n’existe que pour le pétrole, plus précieux que l’or et la planche à billets. On ne peut faire fonctionner un moteur à essence en le bourrant de billets verts. Si tu vends du pétrole, ton pays s’enrichit, si tu en achètes, tu enrichis tes ennemis. Il faut décider de l’approvisionnement et des prix. Si l’Amérique ne contrôle pas le prix, elle continuera de rouler sa coûteuse exploitation locale à perte. Le Grand Israël est un plan centenaire pour le contrôle du pétrole moyen-oriental, et ainsi, avoir le doigt sur l’interrupteur qui fait bouger les armées, l’agriculture, les camions, les cargos et les avions du monde. Bref, la défense, la production industrielle et le transport des marchandises. Encore plus bref : l’économie mondiale.

«Le chemin de Damase»
Du point de vue de Poutine, le contrôle de la Syrie pour bloquer le plan mondialiste du Grand Israël est absolument crucial. Sa main de fer sur le pétrole est celle qui martèle l’hégémonie mondialiste, condamnée à s’en remettre au réchauffement climatique par le CO2, scientifiquement plus risible que Big Foot et la terre plate. Quand les hordes de terroristes-à-louer sont apparues à l’horizon d’Alep, peu importe que les armées syrienne et iranienne s’impliquent ou pas, la Russie aurait déployé le nécessaire pour stopper la croisade HTS vers Damase, quitte à alléger le front ukrainien le temps d’en finir avec les mercenaires barbus, 35 fois moins nombreux que les soldats ukrainiens qui bénéficient d’un financement 200 fois plus élevé et qui pourtant se font aplatir en Novorussie. Vlad aurait même pu appeler ses amis chinois, Houtis ou nord-coréens en renfort. Or, Poutine n’a absolument rien tenté pour stopper HTS.
L’Iran, en apparence, perd avec la Syrie la possibilité de soutenir le Hezbollah et laisse tomber les Palestiniens et le Liban, ses causes principales, et on doit croire qu’elle permettrait volontiers à Israël d’élargir son territoire jusqu’aux frontières iraniennes, en retirant leurs prestigieux Gardiens de la Révolution d’Homs, en ne faisant absolument rien?
Cela fait deux générations d’Assad qu’Israël tente de coucher la Syrie, qui n’a jamais bronché en un demi-siècle, mais nous devons maintenant croire que moins de 30 000 pseudo-terroristes en Toyota aient soudainement réussi le coup en 12 jours avec leurs mitraillettes? L’Armée syrienne comptait sur 270 000 hommes aguerris, mais elle a décidé de déposer les armes devant les idéologues à géométrie variable, livrant du coup ses familles à cette bande de coupe-gorges, parce qu’elle se sentait soudainement «fatiguée»?
Ce qui vient de se passer en Syrie, plutôt qu’un mystère épais, explique enfin pourquoi ni la Russie, ni l’Iran, ni le Hezbollah, ni la Syrie n’ont voulu en finir avec le nœud de vipère terroriste planqué à Idlib depuis 5 ans. On les a gardés au frais, exactement pour les ressortir au bon moment : il fallait que Trump soit au pouvoir pour achever la formidable bascule qui s’en vient, à très court terme. Ce serait arrivé en 2020, mais les machines Dominion en ont décidé autrement.
Dernier élément de compréhension : n’oubliez jamais que la CIA a fait une tentative d’assassinat sur le président turc Recep Tayiip Erdogan en 2017, et que ce sont les services secrets Russes qui lui ont sauvé la vie. Depuis ce jour, la Turquie est le seul membre de l’OTAN à travailler avec la Russie. Sans surprise, les Turcs étaient justement chargés de financer, approvisionner et divertir les terroristes tapis à Idlib.
Le samedi 7 décembre, les ministres des affaires étrangères Hakan Fidan de la Turquie, Serguei Lavrov de la Russie et Abbas Aragchi de l’Iran se sont réunis en marge du Forum de Doha. Ils ont ajusté leurs montres et le lendemain, Assad déposait les armes, déménageait à Moscou, et les bases russes de Tartous et Lattaquié en Syrie ne seraient pas inquiétées. Depuis, les terroristes se sont fait une beauté et disent ne plus vouloir enquiquiner le peuple syrien.
«Le deal du siècle»
Le monde va basculer très rapidement en 2025.
Vous ne vous êtes pas questionnés sur le fait qu’en ce moment, Israël masse ses troupes sur le plateau du Golan et bombarde la Syrie de loin, alors que la Turquie est le seul pays à se déplacer librement en Syrie? Demandez à tous ceux qui prétendent «qu’Israël est le grand gagnant de la chute d’Assad» pourquoi elle bombarde la Syrie de loin, ou même perdrait son temps à le faire, puisque Israël serait maintenant à la manœuvre avec HTS? En réalité, Israël est dans une course contre la montre pour gruger la Syrie, avant que Donald Trump s’installe à la Maison Blanche, le 20 janvier 2025. En fait, le secret sur ce qui vient réellement de se passer en Syrie doit être contenu, pour ne pas déclencher une riposte mondialiste massive avant l’arrivée de Trump.
La vérité, c’est plutôt que de retrouver la petite armée syrienne supportée par la Russie et l’Iran sur son chemin de l’agrandissement, Israël trouvera maintenant la Turquie. La même Turquie qui ne sait pas comment fermer la base d’Incirlik, la Turquie qui n’en peut plus du financement américain des Kurdes, la Turquie qui dénonce le génocide des Palestiniens, la Turquie dépitée par l’Union Européenne, la Turquie qui veut devenir le hub des pipelines de gaz et pétrole de la péninsule, la Turquie qui veut entrer dans les BRICS, la Turquie menée par Erdogan qui a une vendetta contre la CIA et qui promet un nouveau royaume Ottoman. Tout ça, Poutine peut lui offrir, mais pas l’Occident. Tout ce qu’Erdogan doit faire est d’empêcher Israël de réaliser son rêve, plus énergétique que messianique. En plus d’accomplir ses objectifs les plus fous, Erdogan fermera enfin la trappe de tous ceux qui l’accusaient de ne rien faire pour les Palestiniens. Et il ne sera pas inquiété par les États-Unis, ni l’OTAN, à partir de l’assermentation de Trump, dont le premier objectif est de débarrasser toutes les officines gouvernementales de «l’état profond», contrôlé par les mondialistes.
«Le soleil se lève toujours sur le monde multipolaire»
Donald Trump est un nationaliste parfaitement aligné sur la même idéologie non-interventionniste des grands leaders du BRICS, qui veulent faire des affaires et faire rouler l’économie. Trump souhaite rebrancher les États-Unis au monde sur une base très différente et bien sûr, il jure quotidiennement d’amener la paix. Ainsi, Netanyahou est à la veille de subir le même sort que Zelensky et voir le soutien américain fondre comme bonhomme de neige au printemps. Soudainement éclairé, votre blogueur local vous expliquera alors que l’apparent sionisme de Trump était intéressé, et uniquement lié à l’AIPAC et son élection. Il aurait dû le savoir avant ; Trump est anti-mondialiste et Israël n’est absolument rien d’autre qu’un plan mondialiste.
Israël devra bientôt se plier à une solution avec les Palestiniens. Puis, Trump troquera la fin de l’OTAN contre la paix en Ukraine. On en a presque fini avec le mondialisme; encore quelques mois et on se refait un Bretton-Woods, mais sur des monnaies nationales.
Sylvain Laforest
Qui a pris le contrôle de la Syrie, et comment ?
La Prise de contrôle éclair de la Syrie par une coalition des oppositions au régime de Bachar El Assad constitue incontestablement une belle victoire pour le camp des néocons israélo-US-OTAN. Elle a été rendue possible par la conjonction de plusieurs facteurs :
La Syrie était très affaiblie par 13 années de guerre civile et de sanctions économiques qui avaient gravement affecté les populations civiles, prêtes à se tourner vers n’importe quelle solution nouvelle pouvant apporter un espoir, même incertain. Le lecteur notera que cet affaiblissement économique de l’État syrien était aussi très largement lié à l’occupation du territoire de la Syrie par l’Armée des États-Unis sous le prétexte mensonger de combattre le terrorisme. Les États-Unis qui n’avaient pas été invités par le gouvernement légal du pays, seul reconnu à l’ONU, étaient donc en contravention flagrante avec le droit international, en occupant illégalement un pays souverain.
En fait, ce corps expéditionnaire US n’a jamais vraiment combattu le terrorisme, bien au contraire. Il s’est contenté d’armer, d’entraîner, d’instrumentaliser les terroristes dans le seul but de combattre et de renverser Bachar El Assad. Ils ont largement contribué à répandre le «chaos constructif ou créateur » cher à Condoleeza Rice et à Georges Friedman.
Par ailleurs, les Forces Armées US établies en Syrie se sont organisées pour piller les ressources pétrolières du pays et pour détruire ou polluer les récoltes par des bombardements. Le but à atteindre étant d’appauvrir le pays et d’interdire son autosubsistance pour amener les populations civiles désespérées à se révolter contre la gouvernance de Bachar El Assad. C’est ce qui a fini par arriver ces jours derniers.
- Dans la charge éclair menée contre la Syrie, l’opposition au régime de Bachar el Assad était largement soutenue, financée, équipée, armée, entraînée et même encadrée et renseignée par la coalition israélo-US-OTAN, les premiers rôles étant tenus par Israël et son proxy US, ainsi que par une Turquie dont le chef d’État était personnellement intéressé au succès de cette opération.
- Les principaux soutiens du régime de Bachar El Assad avaient d’autres priorités qui rendaient leur intervention difficile. Le Hezbollah était engagé contre les forces israéliennes pour assurer la défense du territoire libanais et pouvait difficilement intervenir sur un deuxième front en Syrie. La Russie ne pouvait divertir une partie de ses forces du théâtre ukrainien, alors même qu’elle souhaitait y intensifier son effort pour conquérir un maximum de territoires avant une éventuelle ouverture de négociation. L’Iran ne souhaitait ni disperser, ni user ses forces et risquer d’en manquer lors d’une confrontation majeure qui pourrait survenir demain contre une coalition israélo-US.
A qui profite la situation ?
Les grands perdants de cette belle opération israélo-US-OTAN sont bien sûr, d’abord, les palestiniens qui voient certains de leurs principaux soutiens affaiblis et surtout qui ont vu les médias détourner leur attention vers la Syrie, ce qui permet au génocide dont ils sont les victimes de se poursuivre dans un silence médiatique assourdissant.
Le Hezbollah figure lui aussi parmi les perdants puisqu’il se voit coupé de sa base arrière et de ses soutiens iraniens. Plus généralement, l’axe de la résistance du croissant chiite qui allait de Téhéran à Beyrouth en passant par Bagdad et Damas est incontestablement affaibli, car coupé en deux et l’Iran a montré ses limites en choisissant, sans doute avec raison, de ne pas intervenir.
Enfin, l’image de la Russie ne sort pas forcément grandie, aux yeux de la majorité planétaire, en laissant tomber un allié de longue date. En outre, elle risque de perdre ses deux bases de Tartous et de Hmeimim, ce qui constituera(it), pour elle, un revers stratégique majeur.
La grande gagnante est incontestablement la gouvernance génocidaire d’Israël qui a posé les bases des futures étapes menant au «Grand Israël» et réussi à divertir les médias de l’opération de nettoyage ethnique en cours en Palestine. Ne doutons pas que des annexions nouvelles de terres syriennes par Israël seront réalisées dans les prochains mois, notamment dans le Golan syrien, sous le prétexte prévisible de ne pas voir de méchants islamistes s’installer à ses frontières.
J’avais écrit tout cela de manière très précise en avril 2017. Ce qui est arrivé aujourd’hui me donne raison, en tout cas sur les objectifs à long terme d’Israël.
La Turquie d’Erdogan sort également gagnante de cette opération, même si son rôle dans cette opération n’aura probablement pas été très apprécié par Moscou et Téhéran.

Ce renversement du régime de Bachar El Assad n’est donc, en aucun cas, le résultat des actions menées par une prétendue coalition des oppositions, mais c’est, sans l’ombre d’un doute, le résultat de l’action, en coulisse, d’une coalition de quatre États: Israël (Mossad), meneur de Jeu; ses proxies US (CIA) UK (MI6) et la Turquie. Sans le soutien coordonné de ces quatre États, le régime laïc Syrien serait toujours en place. Il est regrettable que nos médias nous servent un tout autre narratif. Pour mémoire revoir cette interview de Roland Dumas.
Pour les journalistes naïfs, ou qui font semblant de l’être, revoir ce témoignage du général US Wesley Clark. Et pour ceux qui veulent plus de détails, voir cette autre conférence. Enfin, cette photo extraite d’une vidéo prise en Syrie, il y a 48h, en dit long:
Si certains de mes lecteurs n’avaient toujours pas compris à ce stade, je ne peux plus rien pour eux.
Et maintenant ?
Il est peu probable que les occidentaux, après l’avoir instrumentalisé pour renverser le régime syrien, acceptent que Hayat Tahrir al-Cham (HTS), classé terroriste par l’ONU, les USA, l’UE et la Russie puisse exercer le pouvoir bien longtemps en Syrie, aux frontières même d’Israël. Les Forces israéliennes ont déjà pénétré en Syrie et occupent une large part du Golan. Il paraît peu probable qu’elles s’en retirent un jour. Les israéliens ont déjà effectué 250 frappes sur la Syrie depuis la prise de pouvoir par HTS. Les chars israéliens sont désormais à moins de 20 kilomètres de Damas.
Il est encore trop tôt pour donner des pronostics sur l’avenir de la Syrie. La seule conviction qui est la mienne, c’est qu’Israël cherchera, comme toujours, à grignoter toujours plus de terre syrienne sur le Golan et ailleurs au prétexte que l’installation d’Islamistes à ses frontières constitue une menace grave pour sa sécurité nationale. Israël a déjà d’ailleurs commencé à élargir sa «zone tampon» sur le Golan …. La violence au Proche Orient est donc loin d’être éteinte.
La finalisation du projet à long terme «Eretz Israël» qui a toujours prévalu depuis la création de l’État devrait constituer un fil directeur pour tous ceux qui réfléchissent aux équilibre géopolitique de la région. HTS restera probablement beaucoup moins longtemps au pouvoir que la dynastie Assad. Israël saura se débarrasser d’HTS, le moment venu, après l’avoir utilisé comme proxy.
Je suis intervenu à plusieurs reprises sur des chaînes alternatives sur ce sujet syrien : au Canada et Sur Géopolitique Profonde.
La Syrie appelle le Conseil de sécurité de l’ONU à mettre fin à l’agression israélienne
La Syrie, « sur instructions » du gouvernement actuel, a envoyé un appel au Conseil de sécurité de l’ONU et au secrétaire général de l’organisation, Antonio Guterres, pour appeler à mettre fin à l’agression israélienne, a déclaré le représentant permanent de la Syrie auprès de l’ONU, Qusay al-Dahak.
Tsahal étend son contrôle sur le plateau du Golan
Les Forces de défense d’Israël étendent la zone de sécurité à la partie syrienne du plateau du Golan, a déclaré Dmitry Gendelman, conseiller au cabinet du Premier ministre israélien, sur sa chaîne Telegram.
“Israël continue d’étendre son contrôle sur la zone de démarcation et d’autres points stratégiques sur le mont Hermon et ses environs. Afin de neutraliser les menaces et d’établir des contacts avec les Druzes locaux et d’autres communautés, Israël crée une zone de sécurité supplémentaire en dehors de la zone de démarcation”, a déclaré Gendelman.
Trump souhaite mettre fin à la guerre de Gaza
L’équipe du président élu américain Donald Trump s’efforce d’atteindre un cessez-le-feu pour la bande de Gaza avant l’investiture du 20 janvier 2025. L’investisseur Steve Witkoff, le républicain qui doit devenir représentant spécial pour le Moyen-Orient, a mené plusieurs négociations en Israël et au Qatar en vue d’une solution de paix. Résultat, Doha, qui refusait un mois plus tôt de devenir intermédiaire dans le conflit, s’est dit d’accord pour revenir à la question du règlement.
Le cessez-le-feu entre Israël et le Liban est entré en vigueur
Le cessez-le-feu entre Israël et le Liban est entré en vigueur mercredi à 16 heures, heure locale (5 heures, heure de Moscou).
Les militaires des deux pays n’ont signalé aucun bombardement ni attaque de drone après cette heure.
Conséquences des élections états-uniennes
La défaite des médias mainstream
On découvre progressivement l’arnaque des sondages biaisés, des médias arrogants et des experts bidons: un excellent article de France Soir, le seul grand quotidien français, dans lesquels les journalistes font encore leur boulot sans chercher à nous manipuler, nous montre en examinant les faits, comment les médias et les instituts de sondage US ont délibérément falsifié la réalité, et pas qu’un peu, pour favoriser Harris, dans le but de donner confiance à l’électorat démocrate et de faciliter les collectes de fonds.
Il explique aussi comment les meutes des médias de l’UE et de la France ont suivi bêtement et jusqu’à la dernière minute, les affirmations mensongères des «experts» de CNN, du New York Times, du Washington Post visant à manipuler l’électorat US et accessoirement l’opinion publique des pays UE-OTAN.
Non contents de s’être trompés (délibérément? Ou par incompétence?), nos médias grand-public arrogants, dominateurs et sûrs d’eux-mêmes, à l’image de ceux qui les contrôlent, continuent aujourd’hui de critiquer le vainqueur de l’élection US et, indirectement, les électeurs états-uniens, forcément beaucoup plus stupides que les français, sans prendre garde au retour de bâton qui pourrait affecter, demain, les intérêts de notre pays, alors même que le bateau France prend l’eau de toute part.
Avec ces journalistes les plus bêtes du monde, les français sont plutôt mal partis pour être informés de la situation réelle du pays et pour pouvoir voter en conséquence. Ils risquent de le payer fort cher, à moins qu’un réveil salutaire ne les incite à chasser les «marchands du temple» et à «nettoyer les écuries d’Augias.»
Aujourd’hui, plus que la victoire de Trump, je célèbre la défaite cuisante de nos médias, de nos instituts de sondages et de nos experts, seuls habilités par les médias nationaux à nous délivrer doctement leurs analyses en vue de nous (dés)informer. Il y a pour moi, je dois l’admettre, une grande jouissance à les voir s’indigner du résultat (pourtant plus démocratique que celui de 2020) et à les voir critiquer le gagnant du scrutin avec la rage du perdant et leur inébranlable certitude d’avoir toujours raison.
Les résultats officiels ne sont toujours pas proclamés. A la chambre des représentants, la majorité républicaine restera étroite et, à très peu près, celle qu’elle était déjà. Selon le site Real Clear Politics, elle serait aujourd’hui de 220 à 213 alors que 2 sièges restent encore à pourvoir. A ce jour, les républicains n’ont gagné qu’un seul siège à la chambre par rapport aux élections de 2022.

Pour ce qui est du vote populaire, le décompte définitif n’est toujours pas arrêté. Trump aurait obtenu, à ce jour: 77,611 millions de voix, et Harris: 74,897 millions de voix, selon Bloomberg. Les autres candidats auraient obtenu 2,5 millions de voix. L’écart entre Trump et Harris s’est donc réduit à 2,72 millions de voix et la population US apparaît bien coupée en deux parts quasi-égales.
J’ai beaucoup apprécié l’humour du tweet d’Elon Musk présentant la carte des résultats électoraux aux USA le 7 novembre 2024 en écrivant : «Ils disent que la lumière rouge vous aide à mieux dormir.» Ce tweet va faire rugir de fureur nos élites mondialistes bien pensantes qui vont bien devoir s’incliner devant le bon sens des électeurs de l’Amérique profonde. Vous cherchez où sont la majorité des bobos, wokistes et «progressistes autoproclamés» aux USA? Ils sont concentrés sur les points bleus de la carte.
Liens de l’administration Trump avec Israël
S’agissant de la future administration, beaucoup de mes amis s’inquiètent de la nomination par Trump de présumés sionistes à certains postes clefs et de l’amitié et du soutien que Trump porterait à Netanyahou. Ils en déduisent que les palestiniens seraient en grand danger. Pour moi, les choses ne peuvent pas être présentées de manière aussi simpliste.
Trump est tout sauf un imbécile. Il sait, comme Obama, Sarkozy et Chirac qui l’ont dit à qui voulait l’entendre, que Netanyahou est un menteur, un faux cul et un opportuniste. Il se souvient qu’en 2020, alors que le résultat de l’élection présidentielle US contestée n’était pas encore proclamé, Netanyahou s’était empressé de féliciter son concurrent Biden et ça, Trump ne l’a pas pardonné.
Trump se méfie, tient rancune et, in fine, méprise Netanyahou tout en tenant compte de son pouvoir de nuisance. Il avait déjà refusé ostensiblement, en lui tournant le dos, de lui serrer la main lors d’une rencontre. Il a su s’entourer de conseillers et de proches auxquels il accorde sa confiance pour rééquilibrer sa politique au Proche orient avec Tulsie Gabard, Elon Musk, Robert Kennedy, Tucker Carlson et Massaad Boulos, beau-père de Tiffany Trump, un conseiller de l’ombre dont les liens familiaux et culturels avec le Liban joueront un rôle dans la formulation de la politique de Trump au Moyen-Orient.
Je partage les conclusions de l’analyse originale en lien ci-dessus. Les présumés sionistes mis en place à différents postes importants par Trump ne sont sionistes que par intérêt carriériste et non par conviction profonde. La plupart ne sont pas membres de la communauté juive. Rien à voir avec les sionistes néocons viscéraux de l’équipe Biden: Blinken, Victoria Nulland, Wendy Sherman, Janet Yellen, Merrick Garland, Mayorkas…
L’allégeance de conviction de ces derniers va avant tout à Israël, alors que l’allégeance évolutive des trumpistes va avant tout à leur carrière, donc à Trump, puis aux USA et enfin seulement à Israël lorsque les conditions du moment sont favorables à cette prise de position. L’administration Trump soutiendra Israël, mais pas nécessairement l’équipe de génocidaires jusqu’au-boutistes qui dirigent cet État aujourd’hui (Netanyahou, Smotrich, Ben Gvir, Gallant, Katz, etc…).
Par ailleurs, Trump ne doit pas grand-chose à la communauté juive américaine puisqu’il sait que 79% des électeurs de cette communauté ont voté pour Kamala Harris. Moins d’un million d’électeurs sur les 4,5 millions d’électeurs de la communauté juive US (de 6 millions d’individus) ont donc voté pour lui. Son élection n’est donc pas due au vote juif et pas non plus à l’influence des médias sionisés qui ont fait campagne contre lui…
Trump sait aussi que le sayan Doug Hemoff, époux de Kamala Harris, a été classé à la première place mondiale du Palmarès confessionnel de l’influence du Jerusalem Post 2024 dans une anticipation malheureuse et foireuse de sa probable entrée à la maison Blanche, faite par des gens qui prenaient leurs rêves pour des réalités et qui espéraient rééditer le joli coup de 1963. Ils avaient réussi à l’époque à placer le vice-président sayan Lyndon B. Johnson à la Maison Blanche, après le mystérieux attentat contre John Kennedy qui avait eu l’audace de s’opposer au programme nucléaire israélien et aux plans d’extension par la conquête de Ben Gourion (qui allaient se réaliser en 1967 grâce au feu vert, aux fournitures d’armements et à l’appui financier du Président sayan Lyndon B. Johnson).
En conclusion, l’habileté de Trump consiste à laisser s’exprimer les partisans des deux camps qui s’opposent au Proche et Moyen Orient, tout en sachant que c’est lui, plutôt partisan du retour à la Paix, qui tranchera en dernier ressort. Si j’étais Netanyahou, je ferais en sorte de ne pas indisposer Trump par un jusqu’au-boutisme de mauvais aloi qu’il n’appréciera sûrement pas.
QUI dirige vraiment le monde ?
Alors qu’en France, les accusations en tout genre pleuvent dès que vous osez éclairer l’opinion publique sur des informations factuelles permettant de répondre à cette question, les Japonais n’hésitent pas à mettre les pieds dans le plat. Dans cette très courte vidéo, tirée de la télévision Japonaise, l’intervenant explique que si les USA soutiennent Israël, c’est parce que les juifs dominent dans les positions d’influence US et qu’ils ont créé des lobbies puissants comme l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee). En clair, même au Japon, on sait QUI mène le monde et COMMENT.
En France, les médias refusent d’entendre ce genre de discours et préfèrent inviter des sayanims néoconservateurs, atlantistes et sionistes jusqu’au bout des ongles comme Nicolas Tenzer, expert autoproclamé de la Russie pour développer ses délires et sa paranoïa russophobe et réciter sa leçon atlantiste lorsqu’il dit par exemple que «la Russie n’a pour seul objectif que de détruire l’Ukraine et d’exterminer les ukrainiens.» (voir mn 50 à 52 sur ce lien).
Entendre un tel discours dans la bouche d’un professeur sayan de Science-Po, soutien forcené des néocons US et du génocide à Gaza, devant des journalistes complaisants d’une chaîne nationale est tout simplement ahurissant. On est dans une sorte d’inversion accusatoire qui ne dit pas son nom. La Russie en Ukraine agresserait dans le but d’exterminer toute une population, et selon le sayan Tenzer, Israël extermine toute une population civile gazaouie pour se défendre et pour punir. «On ne peut pas effectivement accepter que [les crimes contre l’humanité à caractère génocidaires du 7 octobre] ne soient pas punis. Pas plus qu’on ne peut pas accepter les crimes équivalents de la Russie en Ukraine, en Syrie, etc. […] disait-il à BFMTV le 6 novembre 2023.
Moyen et Proche Orient
En Palestine occupée
Depuis le 7 octobre 2023, le bilan des pertes palestiniennes directes, liées aux opérations des forces israéliennes, largement soutenues par l’occident otanien, s’alourdit tous les jours dans l’indifférence passive et coupable des gouvernances occidentales et d’une partie de l’opinion publique, anesthésiée par les médias grand public. Voici le bilan au 19 novembre 2024 :
Pour Gaza : 43 972 tués dont plus de 17 492 enfants, plus de 104 008 blessés
Cisjordanie : 785 tués dont plus de 167 enfants, plus de 6 250 blessés
Total Palestine : 44 757 tués dont plus de 17 659 enfants, plus de 110 258 blessés
Si l’on rajoute les pertes indirectes (Famines, épidémies, défaut de soin, en appliquant le facteur 4 du Lancet), le montant total des pertes palestiniennes serait de près de 223 800 morts.
«Les femmes et les enfants représentaient “près de 70%” des morts dans la bande de Gaza sur la période novembre 2023 à avril 2024, affirme l’ONU après une minutieuse vérification d’un décompte partiel des victimes de la guerre menée par Israël contre le Hamas.» Eh oui, monsieur le sayan Tenzer, on peut parler d’extermination !
Bilan des pertes libanaises au 19 novembre 2024
Selon les derniers chiffres du ministère de la santé du Liban, cette guerre a déjà faits sous les bombardements israéliens, et depuis le 8 octobre 2023 plus de 3 544 morts, dont 812 femmes et enfants tués et 15 036 blessés dont plus de 3 802 femmes et enfants, et au moins 1,4 million de personnes déplacées, dont plus de 400 000 enfants.
Outre les femmes et les enfants, les forces israéliennes semblent prendre un malin plaisir, comme à Gaza, à frapper les infrastructures médicales et à tuer ou blesser le personnel hospitalier. Le secteur de la santé libanais déplore la perte de 180 membres, ainsi que 306 blessés parmi le personnel médical; 244 véhicules médicaux, 86 centres de soins ambulatoires, et 40 hôpitaux ont été directement touchés. Les attaques contre les hôpitaux se sont multipliées, atteignant 64 frappes recensées, et 212 attaques ont été documentées contre les services d’urgence. Eh oui, messieurs le Sayan Tenzer et les journalistes complaisants qui font mine de l’écouter béatement…
Je sais que ces bilans qui se succèdent, jour après jour, comme une litanie funèbre peuvent lasser le lecteur, mais ce qui importe, c’est de garder ces chiffres en mémoire (et leurs sources) pour l’histoire. Il ne s’agit plus d’une guerre depuis longtemps, mais d’une extermination de civils qu’ils soient libanais ou palestiniens dont une très forte majorité de femmes et d’enfants. Répandre la terreur en tuant sans compter pour faire fuir les populations et s’approprier de nouveaux territoires, voilà la méthode utilisée par les Forces Armées israéliennes avec l’approbation des élites corrompues US et le silence complice des politiques de l’UE, non moins corrompues par l’argent de la diaspora, mais qui continuent de se poser en conscience du monde.
OTAN-Ukraine vs Russie
La Russie poursuit inexorablement ses avancées sur plusieurs secteurs du front. La saga de l’autorisation de frapper le territoire Russe accordée par le président Biden à l’Ukraine suscite trois commentaires.
- Biden cherche peut-être à échapper à l’accusation d’être responsable de la défaire ukrainienne pour ne pas lui avoir accordé tout le soutien qu’il pouvait. Il préfère transférer à Trump cette responsabilité au regard de l’histoire.
- Poutine est un dirigeant à sang froid qui n’est pas né de la dernière pluie. Il adaptera sa réponse qui restera proportionnelle aux dommages subit. Il ne surréagira pas. Il frappera en riposte et probablement par proxy interposé, telle ou telle base US, navire en opération, intérêts de tous ordres du gang des trois (US, UK et FR) quelque part dans le monde et probablement loin de l’Ukraine où il poursuivra son opération spéciale avec la sérénité et l’assurance du vainqueur.
- Cette décision, comme les sanctions économiques, est une décision boomerang. Elle permet à Vladimir Poutine de justifier, aux yeux de sa population, la nécessité d’aller jusqu’au bout pour désarmer l’Ukraine et le risque qu’il y aurait à ne pas le faire. Elle permettra de poser des conditions toujours plus dures et draconienne dans les négociations à venir.
Je suis intervenu ce matin sur le média alternatif Géopolitique profonde après Xavier Moreau et Sylvain Ferreira dans une émission sous le titre: «l’Ukraine bombarde le sol russe : propagande de peur ou escalade finale ?»
A chacun de se forger son opinion, bien sûr.
Le procureur de la CPI accusé de harcèlement sexuel peu avant de demander un mandat d’arrêt contre Netanyahu
La Cour pénale internationale (CPI) ouvre une enquête sur les allégations d’agression sexuelle contre son procureur en chef, Karim Khan. Coïncidence ou non, les premières allégations contre lui ont fait surface peu de temps avant que M. Khan ne demande un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ministre de la Défense de l’époque, Yoav Galant. La personne impliquée dans le scandale, qui nie sa culpabilité, n’a pas directement accusé Israël d’être impliqué dans l’émergence de telles accusations, mais a noté qu’au cours des derniers mois, lui et le tribunal ont été soumis à « un large éventail d’attaques et de menaces ».
L’élection de Trump donne le feu vert à un raidissement de la position d’Israël
L’administration du président américain Joe Biden est alarmée par la situation entourant la démission du ministre israélien de la Défense Yoav Galant. Au cours des derniers mois, il a été le principal interlocuteur de Washington au sein de la direction de l’État hébreu. La décision du dirigeant israélien Benjamin Netanyahu de remplacer M. Galant par un ministre des Affaires étrangères fidèle, Israël Katz, qui n’a aucune expérience des affaires militaires, semble être une tentative d’endiguer le mécontentement à l’égard du leadership politique parmi les hauts gradés de l’armée, dans un contexte de guerre en cours sur deux fronts. La performance convaincante du républicain Donald Trump lors de l’élection présidentielle américaine du 5 novembre semble n’avoir fait qu’enhardir M. Netanyahu.
Israël frappe l’entrée de la ville portuaire de Lattaquié, en Syrie
Israël a frappé à l’entrée de la ville syrienne de Lattaquié, rapporte la télévision d’État de la République arabe.
“L’agression israélienne à l’entrée de Lattaquié a provoqué des incendies qui sont actuellement éteints par les pompiers”, indique le communiqué.
Le conflit Iran-Israël risque d’entraîner une plus grande participation des États-Unis
Téhéran craint que le gouvernement israélien dirigé par Benjamin Netanyahu aille au-delà des limites acceptables lors d’une prochaine série d’échanges de frappes. Les députés iraniens ont exigé que les autorités révisent la doctrine nucléaire et préparent des attaques contre les infrastructures énergétiques de l’État hébreu. Les tensions croissantes inquiètent les États-Unis, qui souhaitent un rapport complet de leur allié sur les actions militaires à venir. Selon les experts, il est impossible de mener de puissantes attaques contre les infrastructures iraniennes sans l’aide des États-Unis.
L’attentat du Drakkar: retour sur un drame français au Liban en 1983
Très récemment la presse mainstream, dont le Figaro, s’est faite l’écho d’une revendication du gouvernement israélien et du gouvernement américain selon laquelle l’assassinat de Hassan Nasrallah vengerait l’horrible attentat contre les parachutistes français au Liban en 1983.
Extrait :
« La réaction de Joe Biden à la mort du chef suprême du Hezbollah, tué par les Israéliens, contraste avec celle d’Emmanuel Macron. C’est « une mesure de justice », a déclaré le président des États-Unis. Hassan Nasrallah était « un terroriste avec du sang américain sur les mains », a renchéri Kamala Harris. L’intéressé, sans être encore, en 1983, un des dirigeants du Hezbollah, faisait partie de ses fondateurs l’année précédente. Or les GIs, de même que les soldats français, avaient subi un double attentat suicide exceptionnellement meurtrier à Beyrouth, le 23 octobre 1983, attribué au mouvement chiite ou ses satellites. Les autorités américaines n’oublient pas leurs morts et nomment les coupables présumés. Les autorités françaises, comme Emmanuel Macron, se taisent ou, tel Michel Barnier à l’Assemblée, ont le mérite de rendre hommage à nos soldats assassinés mais ne disent mot des auteurs ou commanditaires du crime ». Cette dernière phrase en dit long sur le narratif que l’on veut de nouveau nous imposer !
Ce lundi 7 octobre, sur France Info, La députée européenne « macroniste » Nathalie Loiseau s’est de nouveau réjouie de l’assassinat de Nasrallah en « rappelant » le sang des parachutistes français qu’il avait sur les mains !
Cette récriture de l’histoire et cette manipulation de l’opinion est vraiment ignoble !
Pour tenter de réduire le caractère criminel de leur acte et se donner bonne conscience, les assassins et leurs complices tentent par tous les moyen de discréditer leur victime, c’est une réactions humaine bien connue. Par ce mensonge, Ils essayent ainsi de renforcer le sentiment dans l’opinion française que le « terrorisme Hezbollah, » serait à l’origine d’un attentat qui a humilié les militaires et une partie de la population française alors que cet attendant a été exécuté 2 ans avant la création du Hezbolla, et qu’il a été attribué sans aucune preuve aux services iraniens.
J’ai ressenti à ce moment-là un tel dégout que je me suis décidé à réouvrir ce dossier que je connaissais un peu car j’étais tombé sur un article en 2014 qui présentait cet événement comme le premier attentat d’une série qui allait nous amener au 11 septembre 2001 !
Puis au cours de mes vacances en Espagne en 2016, j’avais rencontré par hasard un ancien parachutiste (Luc) qui était à Beyrouth et qui avait échappé à la tuerie car il n’était pas au Drakkar au moment de l’explosion. Il n’avait toujours pas compris ce qui s’était passé mais il ne croyait pas à l’histoire du camion bourré d’explosifs car d’après lui les abords étaient bien sécurisés contre ce type d’action. On peut voir sur la photo ci-dessous, tirée de cet article, une partie des mouvements de terre qui avait été créés par les bulldozers du génie autour de l’immeuble. Par ailleurs l’entrée principale était équipée de chicanes et fortement défendue avec des armes lourdes :

Pour revenir à la situation actuelle (septembre / octobre 2024) au proche orient et plus particulièrement au Liban et en se remémorant tous les évènements qui ont marqué l’histoire de ce malheureux pays depuis les années 80, il devient évident que le suspect principal est le pays qui travaille depuis longtemps a la déstabilisation du Liban et à l’entretien du chaos (vous l’avez compris je ne parle pas du Hezbollah).
C’est vrai qu’il est plus facile d’analyser aujourd’hui ce qui s’est passé et de réaliser à quel point les opinions publiques et le gouvernement Français avec le président Mitterrand ont été manipulés lors de ces évènements.
Un François Mitterrand qui « gobe » immédiatement, sans aucun recul, la culpabilité de l’Iran et qui déclenche une riposte à la hâte dans laquelle la DGSE n’a même pas été capable de faire exploser une voiture piégée en face de l’ambassade d’Iran : c’est le comble du ridicule ! Ça montre bien que ce type d’opération n’est pas si simple à organiser ! Finalement un bombardement de représailles de l’aviation française dans la plaine de la Bekka, qui aura des effets très limités (1 innocent berger et 3 moutons comme victimes et un bâtiment vide détruit ), permettra à Mitterrand de restaurer son autorité.
Les Américains eux n’ont pas réagi et ont même abandonné la riposte prévue avec les Français, la CIA devait avoir une bonne idée du coupable mais la raison d’état les a condamnées au silence et à la diversion (Attaque de la Grenade).
On peut donc s’interroger aussi légitiment sur le rôle de la DGSE, crée en 1981 à la suite du SDECE, qui durant cette période a produit des analyses envoyant les présidents français successifs sur de fausses pistes (Iran, Syrie : l’axe du « Mal »). Incompétence ? Aveuglement idéologique ? noyautage par des services « amis » ?
Cela étant dit la DGSE n’est pas la seule source à pouvoir influencer les Présidents !
Par exemple Charles Hernu, ministre des armées, qui a pris une position définitive sur la réalité du camion « kamikaze » était peut-être sous la pression de bons amis qui lui évitaient que l’on reparle de ses erreurs de jeunesse sous Vichy ?
« Évoquant cette période, Le Monde explique en 1996, en s’appuyant sur la biographie écrite par Jean Guisnel : « Charles Hernu était prisonnier d’un secret de jeunesse : son appartenance en 1944 à l’administration de Vichy. »
Rappel du contexte libanais dans la période 1979 à 1983
Pour être objectif la situation au Liban était devenue très complexe avec une lutte d’influence entre les différents groupes politiques et confessionnels (Palestiniens, Chiites, Sunnites, Druzes, Chrétiens, prosyriens, phalangistes…) dont l’antagonisme était attisé à dessein par leur voisin de Tel Aviv.
En premier lieu, ce malheureux pays a été victime d’un afflux de palestiniens chassés par Israël lors de la première guerre israélo-arabe de 1948-1949. En avril et mai 1948, entre 250 000 et 300 000 Arabes palestiniens, fuyant devant l’approche des combats, chassés par ceux-ci, parfois expulsés par les troupes juives, s’engagent sur les routes de l’exode pour se réfugier en Galilée, en Samarie – qui deviendra la Cisjordanie – ou dans les pays limitrophes : Liban, Syrie et dans la zone de Gaza. En quelques mois, une centaine de milliers de réfugiés arrivent au Liban. Ils constituent alors près de 10 % de la population de ce pays qui n’est indépendant que depuis quelques années.
Les années 80
On peut lire dans Wikipédia qui est pourtant une source plutôt contrôlée :
De 1979 à 1983, les services secrets israéliens mènent une campagne à grande échelle d’attentats à la voiture piégée qui tue des centaines de Palestiniens et de Libanais, civils pour la plupart. Le général israélien David Agmon indique qu’il s’agissait de « créer le chaos parmi les Palestiniens et les Syriens au Liban, sans laisser d’empreinte israélienne, pour leur donner l’impression qu’ils étaient constamment sous attaque et leur instiller un sentiment d’insécurité ». Le chroniqueur militaire israélien Ronen Bergman précise que l’objectif principal était de « pousser l’Organisation de libération de la Palestine à recourir au terrorisme pour fournir à Israël la justification d’une invasion du Liban ».
Le 16 juillet 1981, des roquettes palestiniennes tuent trois civils israéliens. Le lendemain, l’aviation israélienne bombarde massivement des bureaux de l’OLP à Beyrouth, tuant entre 200 et 300 personnes, principalement des civils libanais.
Le 3 juin 1982, un commando de l’organisation terroriste palestinienne d’Abou Nidal tente d’assassiner l’ambassadeur israélien à Londres, Shlomo Argov, le blessant grièvement.
Les services de renseignement israéliens étaient conscients que l’OLP n’avait aucun rapport avec l’attentat contre l’ambassadeur Shlomo Argov mais celui-ci constituait un prétexte recherché depuis plusieurs années par Israël afin de procéder à l’invasion du Liban. Le lendemain, l’armée israélienne bombarde au Liban des camps de l’OLP, en représailles contre l’attentat, dans lequel l’organisation de Yasser Arafat n’était pas impliquée (Abou Nidal et l’OLP étant en conflit depuis 1974).
Le 6 juin 1982, l’armée israélienne déclenche l’opération Paix en Galilée et entre au Liban, avançant jusqu’à Beyrouth. Les troupes de Tsahal traversent les lignes tenues par la FINUL, force d’interposition placée par l’ONU, franchissent la ligne des 40 km au nord initialement annoncée comme objectif limite par le ministre de la Défense Ariel Sharon et atteignent la capitale, où ils font leur jonction avec les Forces libanaises de Bachir Gemayel. Les forces armées syriennes, qui déploient essentiellement de l’aviation et des unités de défense antiaériennes face à l’armée israélienne, s’effondrent avec des pertes importantes.
Environ une semaine après le début de leur invasion, les Israéliens commencent le siège de Beyrouth Ouest (où habitent 200 000 civils) où l’OLP se mélangeait à la population civile. Le Sud de la ville, où les fédayins palestiniens avaient trouvé refuge, fut exposé à des bombardements quasi constants. Le 21 août, à la suite d’un accord américain, l’OLP quitta Beyrouth sur des navires de la Marine nationale française sous surveillance internationale (arrivée du premier contingent, français, le 21 août ; départ du dernier contingent, français, le 13 septembre). Beaucoup interprétèrent cette évacuation comme la victoire maronite de la guerre. Le dirigeant des phalangistes, Bachir Gemayel, considéré comme l’homme fort du Liban, fut élu président.
Trois semaines plus tard, le 14 septembre 1982, une énorme bombe fut placée dans le quartier général phalangiste, tuant le président Bachir et 60 de ses partisans. Cet attentat non revendiqué déclencha la colère des phalangistes contre les Palestiniens, d’abord soupçonnés. Par la suite, un Libanais, Habib Chartouni, fut arrêté sous de sérieuses présomptions. Il était membre du Parti social nationaliste syrien, favorable à l’union du Liban à la Syrie, et hostile à Israël ; mais ce parti n’a pas revendiqué l’attentat, ou tout du moins a nié l’avoir commandité.
Les forces internationales arrivèrent à Beyrouth à partir de septembre 1982. Toutefois, les Américains étant considérés comme des alliés d’Israël, l’opposition se renforça. En avril 1983, un attentat-suicide contre l’ambassade américaine tua 63 personnes et laissa 100 blessés.
Deux attentats suicides simultanés revendiqués par le Jihad islamique causèrent la mort de 256 marines (attaque du QG américain sur l’aéroport international de Beyrouth) et 58 militaires français (attaque du poste Drakkar). C’est la première fois que des attentats-suicides sont utilisés à une telle échelle, et cette tactique sera bientôt imitée et utilisée à très grande échelle par les Tigres tamouls au Sri Lanka. (voir le rapport de Dimitri A. Khalezov qui parle aussi de cette affaire)
Les contingents de la force multinationale se retirent du Liban entre le 8 février et le 31 mars 1984.
L’affaire du drakkar

Immeuble du Drakkar à l’époque avant les travaux du génie :

On peut observer que l’immeuble est relativement isolé et desservi par un seul accès routier facile à protéger. Des sentinelles sur le toit sont capables d’observer de loin les approches éventuelles de véhicules suspects. D’après les militaires, l’entrée était protégée par une chicane contre un assaut à la voiture ou au camions bélier et le poste de garde bien armé avec des moyens anti-char et des mitrailleuses 12,7. Il ne faudrait quand même pas prendre nos militaires pour des enfants de cœur. C’est dommage que nous n’ayons aucune photo de l’époque du dispositif côté route !
Voici le récit des faits présentés par le général Cardinal, Chef de Corps du 1er RCP de 1982 à 1984 :
Nous sommes au mois d’août 1983. Le Groupement Aéroporté repart au Liban représenter pour la deuxième fois la France au sein de la Force Multinationale de sécurité. L’Opération est baptisée DIODON IV. La force française est composée du 3ème RPIMA, du 7ème RPCS, et d’un Régiment de Marche le 6ème RIP, qui est composé d’une compagnie du 1er RCP d’une compagnie du 6ème RPIMA d’une compagnie du 9ème RCP et d’éléments du 35ème RALP. Les hommes composant ce Régiment de marche sont des Appelés Parachutistes Volontaires pour un service long. Le chef de Corps du 1er RCP désigne la 3ème compagnie pour effectuer la Mission. Elle est Commandée par le Capitaine Jacky Thomas. l’effectif du détachement est de 96 hommes répartis en quatre Officiers, quinze Sous-officiers et soixante-dix-sept Militaires du Rang. La compagnie quitte Pau à la mi-septembre et débarque à Beyrouth le 27 septembre 1983.
Elle est accueillie par son Capitaine et le Sous-lieutenant Rigaud partis quelques jours plus tôt en précurseur. Elle se dirige immédiatement vers le Poste qui lui est affecté, un immeuble de huit étages baptisé IRMA situé au sud de la ville face à la plaine des JHAH en bordure du quartier Chatila, à 800 mètres de l’Ambassade d’Iran. C’est un excellent observatoire dans cette partie Sud de Beyrouth à la frontière des quartiers Palestiniens. Ceci explique sans doute son occupation par l’Armée Syrienne en septembre 1982 et sa nécessaire dépollution par le Génie français avant l’arrivée de la compagnie. Le Bâtiment sans doute autrefois luxueux, est en très mauvais état. Il n’y a ni eau ni électricité et pas de vitres, mais les Parachutistes s’attèlent avec enthousiasme aux travaux de remise en état et de protection du Poste. 5000 sacs de sable sont montés dans les étages et sur le toit. Des emplacements de Combat sont aménagés, des barbelés interdisent les accès. Les Sections s’installent. Le Capitaine rebaptise le Poste du nom de… DRAKKAR.
les activités opérationnelles s’enclenchent très vite. Les journées sont occupées par des patrouilles en VAB pour prendre contact avec la population résidant dans le secteur, par des gardes à la Résidence des Pins, Poste de Commandement du Général Cann patron de la Force, et par de nombreuses patrouilles à pied pour rassurer la population qui a peur.
A la mi-octobre, la situation se tend. Les civile ne parlent plus. Des véhicules suspects sont signalés et repérés. Des renseignements pronostiquent une Opération imminente contre les Français.
Le 22 octobre 1983, la 1ère Section (NOIR 1) est de garde à la Résidence des Pins, mais son Chef le Sous-lieutenant Rigaud n’ayant pas de Mission propre est resté au Poste Drakkar. La 2ème Section (NOIR 2) de l’Adjudant Bagnis est d’alerte Régimentaire, prête à intervenir en moins de 15 minutes au profit des Postes voisins. La 3ème Section (NOIR 3) du Lieutenant de la Batie est de jour et assure la garde du Poste .
Vers 22 heures, le Capitaine Thomas Rassemble les Chefs de Section pour leur annoncer que le Poste ESCORTEUR, situé à 500 mètres de là, a reçu des menaces.
LE 23 OCTOBRE 1983 à 6 heures du matin, après une nuit calme, l’Adjudant de compagnie réveille les Sections. Le Sergent Hartung et deux autres Parachutistes désignés la veille partent en ville chercher les croissants du dimanche.
A 6 heures 15, une forte explosion retentit du côté de l’ aéroport. De nombreux Parachutistes se ruent vers les balcons pour voir ce qu’il en est. La section de garde est appelée à ses postes de Combat. Le Sergent-chef Blanchot et le Caporal Guillemette, de garde sur le toit rendent compte au Capitaine que le Poste américain des Marines vient de sauter.
Au moment où Guillemette repose le téléphone, une très forte secousse ébranle le bâtiment.
Blanchot rattrape Guillemette qui basculait dans le vide. Un bruit assourdissant retentit : les planchers s’effondrent puis les murs cèdent. Le cuisinier en train de répartir les bols du petit déjeuner sur les tables est projeté sous un banc de bois. Les bols se brisent lui causant de nombreuses contusions au bras, mais le banc le sauve. L’immeuble de 8 étages est devenu un amas de gravats de cinq mètres de haut.
Après le vacarme, un terrible silence lui succède. Puis les hommes s’appellent. Ils ne comprennent pas et se croient victimes d’un tir de roquette. Les secours arrivent très vite, en premier lieu les porteurs de croissants qui n’en croient pas leurs yeux. Les premiers rescapés sont évacués, hébétés, certains avec seulement quelques égratignures tel le Caporal-Chef Laloue qui se retrouve assis dans l’herbe après une chute de 7 étages. D’autres plus gravement blessés, commencent à être extirpés des ruines, mais les autres…
Pendant quatre jours et quatre nuits, les sauveteurs s’acharnent pour tenter d’extraire ce qui reste de vie de cet amas de pierres. Tous sont unis dans l’effort et dans l’espoir, parmi eux le père Lallemand, aumônier de la Force.
L’attentat a tué 58 Parachutistes, dont 3 du 9ème RCP détachés à la compagnie comme conducteurs de V.A.B. Il y a 41 survivants dont 15 blessés. Les cercueils sont rassemblés à la Résidence des Pins pour un dernier Adieu.

Voilà le résultat de l’attentat. A la lecture de ce que vous avez pu lire ci-dessus, alors que l’on s’attend à une attaque avec une alerte renforcée, est-ce qu’un camion chargé d’explosifs aurait pu rentrer dans le bâtiment ? la réponse est « non » et elle est confirmée par le témoignage des survivants. Le minage du bâtiment semble beaucoup plus logique. On peut avoir l’impression que le bâtiment a été comme aspiré dans son sous-sol.
Voici maintenant Les informations officielles sur cet attentat avec la partie américaine et française, du moins, telles que fournies par Wikipédia (version officielle à prendre avec beaucoup de précautions car elle reprend la version officielle du gouvernement) :
Le 23 octobre 1983, deux camions piégés ont explosé contre des bâtiments à Beyrouth, au Liban, abritant des militaires américains et français de la Force multinationale au Liban (FML), une opération militaire de maintien de la paix pendant la guerre civile libanaise. L’attaque a tué 307 personnes : 241 militaires américains et 58 militaires français, six civils et deux assaillants.
Tôt ce dimanche matin, le premier kamikaze a fait exploser un camion piégé dans le bâtiment servant de caserne au 1er bataillon du 8ème régiment de Marines (Battalion Landing Team – BLT 1/8) de la 2ème division des Marines, tuant 220 marines, 18 marins et trois soldats, faisant de cet incident le bilan journalier le plus meurtrier pour le Corps des Marines des États-Unis depuis la bataille d’Iwo Jim pendant la Seconde Guerre mondiale et le bilan journalier le plus meurtrier pour les forces armées des États-Unis depuis le premier jour de l’offensive du Têt pendant la guerre du Vietnam. On a estimé plus tard que les explosifs utilisés équivalaient à 5 400 kg de TNT.
Quelques minutes plus tard, un deuxième kamikaze s’est abattu sur le bâtiment de neuf étages Drakkar, à quelques kilomètres de là, où était stationné le contingent français. 55 parachutistes du 1er régiment de chasseurs parachutistes et trois parachutistes du 9ème régiment de chasseurs parachutistes ont été tués et 15 blessés. Il s’agit de la plus lourde perte militaire française depuis la fin de la guerre d’Algérie. L’épouse et les quatre enfants d’un concierge libanais du bâtiment français ont également été tués, et plus de vingt autres civils libanais ont été blessés.
Un groupe appelé Jihad islamique a revendiqué la responsabilité des attentats et a déclaré que l’objectif était de forcer la FMN à quitter le Liban. Selon Caspar Weinberger, alors secrétaire à la Défense des États-Unis, on ne sait pas qui a commis l’attentat.
Certaines analyses (lesquelles ?) mettent en évidence le rôle du Hezbollah et de l’Iran, le qualifiant d’« opération iranienne de haut en bas ». Il n’y a pas de consensus sur l’existence du Hezbollah au moment des bombardements. Les attaques ont finalement conduit au retrait de la force internationale de maintien de la paix du Liban, où elle était stationnée après le retrait de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) à la suite de l’invasion du Liban par Israël en 1982.
Fin de la citation de Wikipédia
Contre-enquête vidéo réalisée suite à la plainte du père d’un para décédé
Après cette version de Wikipédia, je vous invite à visionner cette vidéo qui conteste la thèse du camion suicide. Cette vidéo est particulièrement touchante avec les témoignages des jeunes soldats rescapés :
D’après un spécialiste en démolition contrôlé témoignant dans la vidéo, il serait possible qu’une charge ait été déposée dans une galerie creusée ou existante sous le bâtiment. L’hypothèse du camion suicide n’a pas été démontré et elle est même contesté par les survivants français (cf. article du monde du 20 octobre 2023) :
« Le compte rendu lapidaire, le seul qui figure dans les archives officielles de l’armée, est mis en doute par les survivants interrogés par Le Monde. Robert Guillemette, qui était de garde sur le toit du Drakkar, assure n’avoir jamais entendu de tirs. Lucien Jacquart et Dominique Grattepanche non plus. “Je n’ai pas vu de camion“, assurent Daniel Tamagni et Eric Mohamed, qui étaient sur le balcon face à l’entrée par où serait arrivé le véhicule piégé. »
Certains ont suggéré que ce bâtiment ayant été occupé par l’armée syrienne auraient pu être piégé avant leur départ. Voir l’analyse de cette hypothèse dans Agoravox du 16 juillet 2008 :
« La théorie du minage par l’armée syrienne se heurte à une chose. Les conditions dans lesquelles les Français héritent du bâtiment. Quand les Français entrent dans l’immeuble en septembre 82, le bâtiment a donc été occupé au préalable par l’armée syrienne, et le Génie le nettoie et passe ses murs au peigne fin. Le bâtiment est en piteux état : il n’a plus de vitres, toutes explosées par les combats de la guerre civile depuis 1975 et l’eau courante n’y parvient pas. L’électricité est entièrement à refaire. Le bâtiment est donc sondé de partout, difficile de croire alors à l’effondrement contrôlé. Le premier travail des sapeurs ne sera pas intérieur, mais il sera de faire venir une pelle mécanique, pour remuer le sol devant l’immeuble, pour fabriquer des chicanes, car le bâtiment est au bord de la route et on craint déjà les attentats kamikazes. La veille de l’explosion, un fax reçu dans le bâtiment prévient d’une éventualité d’attaque. Les contrôles sont donc renforcés. Le jour de l’attentat, un militaire est de garde sur le bâtiment. Il en réchappera… et deviendra totalement amnésique sur l’événement. Plus aucun souvenir de l’arrivée d’un camion fou. Des militaires blessés rapatriés en France reçoivent dans leur chambre d’hôtel d’étranges envoyés qui leur dictent ce qu’ils doivent dire : des tirs ont eu lieu sur le camion ou la camionnette avant qu’elle n’explose. On leur force visiblement le témoignage, surtout sur les échanges de tirs qui auraient pu avoir lieu. Retrouvés par des journalistes, leur témoignage est plus que troublant. Il est accablant. Au point que les autorités françaises s’en émeuvent… Vingt-deux ans après le 4 octobre 2005. Sous la houlette de François Léotard, des députés français réactivent une demande de 1989, la n°1039, pour “l’établissement d’une commission d’enquête sur l’attentat”. Renvoyée à la “commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République”, elle y est toujours. Sans suite aucune depuis. »
L’article du Monde du 20 octobre 23 précise :
« On rappelle que l’immeuble et les égouts avaient été préalablement fouillés par le génie et les équipes de déminage, que la taille de la charge (1,4 tonne) exclut qu’elle ait pu être dissimulée, et que le percement après coup d’une galerie pour poser les explosifs aurait été forcément repéré »
On voit ainsi que la taille de la charge a été estimée a 1,4 tonne de TNT par les spécialistes français donc impossible à loger par le percement d’une galerie ou d’un passage par les égouts. Du côté américain on a estimé une charge de 5400 kg de TNT !
Thèse de la mini charge nucléaire
C’est pourquoi nous allons maintenant examiner la thèse de Dimitri Khalezov qui suppose l’utilisation d’une mini charge atomique à Beyrouth en 1983 dans son ouvrage « 9/11 thology » :
Ces extraits sont traduits à partir du paragraphe : Prologue. The largest “non-nuclear” blast ever… Ils sont repris ci-dessous en italique avec mes commentaires en dessous :
D’après sa propre biographie, Mr. Dimitri A. Khalezov est un ancien citoyen soviétique, ancien officier commissionné de l’unité militaire 46179, autrement connue sous le nom de « Service de contrôle spécial » de la 12e direction générale du ministère de la Défense de l’URSS. Le Service de contrôle spécial, également connu sous le nom de renseignement atomique soviétique (plus tard « nucléaire »), était une unité militaire secrète chargée de détecter les explosions nucléaires (y compris les essais nucléaires souterrains) de divers adversaires de l’ex-URSS ainsi que de contrôler le respect de divers traités internationaux liés aux essais nucléaires et aux explosions nucléaires pacifiques. Après le 11 septembre, Khalezov a entrepris des recherches approfondies sur le 11 septembre et a émis l’hypothèse bien documentée que les tours jumelles du World Trade Center, ainsi que son bâtiment 7 avaient été démolies par trois explosions thermonucléaires souterraines –
PourDimitri Khalezov cet attentat de Beyrouth en 1983 a préfiguré les grands attentats « attribués » aux mouvements « islamiques » et qui conduiront au 11 septembre. A l’époque, personne n’a évoqué l’hypothèse de ces fameuses SADM « mini bombes nucléaires valises », qui ne pouvaient être produites que par un état capable de maitriser les armes atomiques : USA, URSS, CHINE, FRANCE, ISRAEL.
SADM signifie « Special Atomic Demolition Munitions » – également appelé « mini-nucke », ou parfois même une « valise nucléaire » – une petite charge nucléaire, qui a une puissance d’explosion d’environ 1 kilotonne en rendement TNT(un kilotonne équivaut à 1 000 tonnes) ; en fait, cela pourrait aussi être supérieur à 1 kt dans certains cas – on considère la charge toujours étant « mini » lorsqu’elle atteint jusqu’à 5 kilotonnes ou 5 000 tonnes de TNT – La charge pèse moins de 70 kg et pourrait être porté par un seul homme. Ce type d’appareil était principalement destiné à être utilisé par des saboteurs militaires spécialement entraînés. Les démolitions de gros objets (tels que des tunnels, des ponts, etc.) qui sont trop gros pour être démolis par une raisonnable quantité d’explosifs ordinaires ; La plupart des « mini-armes nucléaires » ont un rendement variable et pourraient être configurées pour exploser à seulement quelques points de pourcentage de leur pleine capacité prévue ; c’est à dire qu’une charge de 1kt pourrait être configurée pour exploser à seulement 10, 15, 100, 200, 300, etc. tonnes de rendement en TNT. Juste pour comparer : la bombe atomique larguée en 1945 sur Hiroshima avait officiellement une puissance de 20 kilotonnes de TNT, alors que l’explosion n’a pas été pleinement réussie et a été estimée à seulement un maximum de 13 à 15 kt, voire moins
Pourtant cette hypothèse d’un attentat nucléaire, compte tenu de sa puissance et de l’absence de preuve d’un camion suicide (au moins pour le Drakkar), pourrait être plausible, on va comprendre pourquoi ! Côté américain on est habitué à trouver les preuves qui arrange le narratif officiel. Toujours dans la mesure où cette hypothèse serait prouvée alors cet attentat n’a pas pu être pratiqué par le terroriste musulman « conventionnel », car il n’en n’avait pas les moyens.
Pour Mr Dimitri Khalezov, Les malheureux soldats français postés sur le toit du Drakkar ont pu voir l’image d’un nuage de champignon d’une explosion atomique lorsqu’ils s’étaient rassemblés quelques instants plus tôt pour voir ce qui s’était passé à l’aéroport du côté Américain
D’après lui, cette photo remporterait sans aucun doute le premier prix car un nuage de champignon atomique devrait ressembler exactement à celui-ci – la vapeur et la poussière séparément…

Photo de l’explosion du bâtiment américain disponible sur le site du Corps des Marines des États-Unis, dans le domaine public.
Cette affirmation peut été contestée car d’après WIKIPEDIA : « Un nuage en champignon : il s’agit d’un nuage en forme de champignon constitué de vapeur d’eau condensée ou de débris résultants d’une explosion très importante. Ils sont le plus souvent associés à des explosions atomiques (« champignon atomique »), mais toute explosion suffisamment grande donne le même genre d’effet. » Dmitri qui prétend être un spécialiste des explosions atomiques prétend en reconnaitre une ! Je dirais que l’on peut simplement constater que c’était une très forte explosion mais on ne peut pas avoir l’assurance que c’était une explosion atomique.
Jusqu’à ce jour, on ne sait rien du tout de ce mystérieux « Jihad islamique ». Ni l’adresse de son siège, ni les noms de ses dirigeants, ni son agenda politique qui n’a jamais été connu. Tout ce que l’on savait de cette organisation particulière c’est juste que de temps en temps, quelqu’un téléphonait aux médias et affirmait que ce « Jihad islamique » était responsable de cet attentat !
Plus tard, il a été affirmé que le « Jihad islamique » n’était prétendument rien d’autre qu’un nom de guerre pour le Hezbollah (qui était une organisation révolutionnaire chiite, inspirée par les enseignements de l’ayatollah Ruhollah Khomeini). Il faut savoir, cependant, que le Hezbollah au Liban a été officiellement inauguré 2 ans après l’attentat à la bombe de la caserne de Beyrouth. Le Hezbollah n’a vu le jour qu’en 1985.
Bien que les enquêteurs américains aient tenté plusieurs années plus tard d’affirmer que le Hezbollah avait organisé l’attentat à la bombe du 23 octobre 1983 alors qu’il était encore « clandestin », personne n’a pris au sérieux ces affirmations qui font parties d’un narratif bien rodé. Le Hezbollah n’a jamais existé « dans la clandestinité » et c’est un fait bien connu. Une fois créé, il s’est immédiatement proclamé publiquement.
Quoi qu’il en soit, en réponse aux affirmations tardives des enquêteurs américains, le Hezbollah, ainsi que l’Iran et la Syrie (qui n’auraient pu avoir aucune arme nucléaire, pas même mini-nucléaire, dans les années 1980), ont fermement nié toute implication dans ce double bombardement nucléaire méprisable des soldats de la paix américains et français.
De plus, l’apparition du « Jihad islamique » jusqu’alors inconnu, avec des revendications nébuleuses nous fait immédiatement penser à un attentat sous faux drapeaux. Le but recherché qui fait partie de la guerre de l’information est de dramatiser le « danger islamique » dans les populations francophones et chrétiennes. Mais à l’époque, nous n’avions pas internet et pour la plupart on ne savait même pas ce qu’était un attentat « sous faux drapeau ».
Motifs le plus probable : « des personnes », qui avaient été les instigatrices de la guerre civile au Liban, avaient besoin que cette guerre continue, mettant en œuvre un principe bien connu : « diviser pour régner ». Ces soldats de la paix américains et français étaient donc indésirables. L’hypothèse dans ce cas et qu’une ou plusieurs personnes au-dessus de tout soupçon aient déposé la mini-nuke fatale dans chacun des bâtiments. L’explosion étant déclenché à distance et pratiquement simultanément.
Je pense que Dmitri n’a pas envisagé l’hypothèse d’une galerie sous le bâtiment ou l’introduction dans les égouts, cependant sa proposition est toujours plausible car il aurait été possible d’accéder au garage en sous-sol et de cacher « la valise » quelque part. Pour cela il serait intéressant de savoir si le commandement français recevait des visiteurs.
En revanche son hypothèse de charge atomique de moins de 70 kg contre 1,4 tonnes voir 5,4 tonnes de TNT est très intéressante. SI l’on raisonne en TNT cela représente une masse considérable que les spécialistes n’imaginent que transportable en camionnette et impossible à installer dans une galerie souterraine. L’hypothèse de Dmitri valide la possibilité d’un minage relativement facile à mettre en place sans éveiller les soupçons !
Selon un juge d’un tribunal fédéral américain, dans sa décision, il s’agirait de la plus grande explosion non nucléaire (délibérément) déclenchée à la surface de la Terre. D’où l’hypothèse très probable de l’utilisation d’une Mini-Nuke.
Cependant, ce n’était pas tout. Le gouvernement des États-Unis a été pris au piège de cette situation pratiquement « le pantalon baissé ». Pour toutes sorte de raisons, il n’a pas osé admettre publiquement, auprès de qui, que les casques bleus américains n’étaient pas les bienvenus au Liban – Pourtant celui qui a profité de cet attentat n’a pas craint de leur montrer la porte en les expulsant avec l’aide d’une charge nucléaire !
En fait, ce fut la plus grande erreur stratégique du gouvernement américain. Si l’administration américaine avait admis honnêtement à l’époque, en 1983, que l’attentat à la bombe contre la caserne des Marines – étaient effectivement un attentat nucléaire, les responsables américains n’auraient pas eu besoin de mentir continuellement sur tous ces « attentats suicides » avec des « camions », des « fourgonnettes » ou des « voitures piégées » pour les 25 prochaines années à venir.
De plus, il y aurait de fortes chances qu’en raison d’un large intérêt public en ce qui concerne les origines possibles des « mini-bombes nucléaires » entre les mains des soi-disant « terroristes », ces « terroristes » n’auraient plus osé les utiliser à nouveau de peur d’être démasqués, et donc ni l’Oklahoma de 1995, ni le WTC de 1993, ni les tours de Khobar de 1996, ni les ambassades américaines de 1998. Ni aucun autre attentat nucléaire n’aurait jamais eu lieu. S’ils avaient été soumis à l’examen du public dès le début, ces attentats nucléaires n’auraient jamais été imputés à l’Iran, à l’Irak, au Hezbollah, au Sentier lumineux, aux Tigres tamouls, à Al-Qaïda…
Le public averti aurait découvert rapidement qui était vraiment capable de fabriquer des mini-engins nucléaires aussi précis et aurait tiré rapidement les conclusions correctes. Peut-être même le 11 septembre aurait-il pu être évité dans un tel cas ? qui sait ?
Pourtant, le gouvernement américain, qui a décidé de mentir, plutôt que de dire l’horrible vérité, a dû répondre d’une autre manière à un tollé public intense qui a suivi l’attentat. Ainsi, l’administration Reagan s’est aventurée à prendre une mesure sans précédent en réponse à l’attentat à la bombe de la caserne de Beyrouth.
Seulement un jour plus tard, l’armée américaine a lancé l’ invasion surprise de la Grenade, totalement inexplicable et non préparée, qui a suscité des critiques internationales compréhensibles et a finalement coûté aux États-Unis beaucoup plus de dommages que l’explosion « non nucléaire » à Beyrouth dont elle était censée détourner l’attention.
Si les marines américains au Liban le 23 octobre 1983 étaient toujours considérés comme de véritables gardiens de la paix par presque toutes les nations (y compris les Arabes et les autres musulmans), les marines américains qui ont débarqué sur les côtes de la Grenade le 25 octobre 1983 ont été condamnés comme de véritables agresseurs par presque tout le monde, y compris les Américains eux-mêmes.
Pourtant, c’était l’occasion pour le gouvernement américain de détourner l’attention du public de la véritable nature physique de la mystérieuse explosion de Beyrouth, « la plus grande explosion non nucléaire jamais (délibérément) déclenchée sur la surface de la terre »… Et apparemment, cette « petite guerre victorieuse » opportune contre la petite Grenade a fonctionné. Exactement comme le ferait plus tard une autre « petite guerre victorieuse » dans des circonstances similaires dans un film hollywoodien populaire de 1997 « Wag the dog ».
Il est bon de se souvenir de cette histoire, parce qu’elle sera utile pour comprendre la véritable position du gouvernement américain dans sa dissimulation sans précédent du 11 septembre et dans sa tristement célèbre « guerre » en Irak et en Afghanistan contre la soi-disant « terreur » qui a suivi ces événements apocalyptiques.
Ici se termine la thèse de Dmitri Khalezov que certains qualifieront sans doute de conspirateur et qui est peut-être paranoïaque ou mythomane. Peu importe ! Son analyse n’est pas à écarter au regard de la destruction constatée (immeuble complétement effondré qui s’écroule en couches successives et qui apparait comme aspiré dans le sol). Son hypothèse a le grand mérite de résoudre le problème du transport de la charge qui passe de 1500 kg voir 4500 kg de TNT a 75 kg « d’atomes » (le poids d’une valise Mini-Nuke )
Conclusion personnelle
Dans cette courte analyse réalisée à partir de documents publiés sur Internet, j’ai tenté d’apporter ma modeste pierre à l’édifice dans la recherche de la vérité. J’espère que des voix puissantes pourront s’en emparer.
L’hypothèse d’un attentat avec une mini-nuke n’est pas à exclure car sans la présence d’un véhicule kamikaze bourré d’explosifs (jamais prouvée et contestée par les survivants) c’est la seule explication qui tienne. Une telle charge d’explosifs conventionnelle ne pouvait pas être introduite d’une façon ou d’une autre à l’intérieur ou sous le Drakkar sans éveiller les soupçons.
En validant cette hypothèse, il n’est pas difficile de remonter au coupable qui est le seul protagoniste à maitriser la technologie nucléaire et dont on peut penser, à travers tous ses actes récents, qu’il n’hésiterait pas en s’en servir. Il a trop montré à de nombreuses reprises qu’il pouvait agir sans aucune considération morale et sans le moindre respect humain. Pour lui la fin justifie les moyens. L’attentat commis plus tard, en 2005, contre le président Rafic Hariri avec une charge explosive miniature équivalent à 1000 kg de TNT (tiré probablement d’un drone ?) et avec le scenario « bidon » de la voiture kamikaze contestée ne peut, de nouveau, que renforcer l’hypothèse de la main d’Israel.
On sait qu’Israel maitrise, en secret et sans aucun contrôle, la technologie nucléaire depuis le début des années 60. Mais alors, quelle est leur vraie motivation et quel serait le bénéfice pour eux de maitriser et de développer cette technologie ? En 1983, quand on la possède, sans à priori, les vecteurs nécessaires à sa projection, il parait plausible de s’en servir de façon clandestine. La question reste posée. De nouveau, qui avait les moyens et qui avait intérêt à supprimer Rafic Hariri, le « copain » de Chirac ? les Syriens ? c’est grotesque ils n’avaient pas les moyens techniques et opérationnels nécessaires ! Encore bien joué de la part de l’instigateur car, sans l’intervention des Russes, le régime de Bachar el Assad diabolisé depuis cet attentat par la communauté internationale aurait été réduit à néant. Et dans l’intérêt de qui ?
Pour ceux qui s’intéressent de près à la situation au Moyen Orient, le fim des événements qui se succèdent sur la scène internationale depuis de trop nombreuses années devient plutôt clair à analyser. L’implication de plus en plus affichée de la part d’un état qui se vante un peu trop des moyens techniques qu’il est capable de mettre en œuvre, avec un cynisme sans limite et une impunité insolente, devient une évidence pour tout ceux qui sont capables d’observer par eux même avec intégrité.
Le Drakkar est un abominable attentat. Même s’il heurte notre fierté nationale, il ne fait que précéder une série qui n’en finit plus.
N’oublions pas que la réponse la plus pertinente quand on recherche les instigateurs derrière chaque attentat tragique de ces dernières années (j’ai bien écrit les instigateurs pas les exécutants !) est de se poser la question connue depuis l’antiquité : « A qui profite le crime ? »
Pour l’affaire du Drakkar, je vous ai fait part de ma conviction, mais vous pouvez aussi tenter de répondre à ces questions en pensant à un état ou un groupe particulier.
- A qui profitait le départ du Liban des militaires français et américain en 1983 ?
- Qui était furieux que la France ait exfiltré, de Beyrouth, Yasser Arafat et ses combattants ?
- Qui disposait de moyens sophistiqués, voire d’une technologie très avancée si l’on suit la thèse de Dmitri Khalezov, pour monter ces 2 attentats parfaitement minutés ?
- Qui n’avait pas apprécié le discours de Mitterrand à la Knesset en1982 en faveur d’un état palestinien ?
- Qui disposait d’un réseau d’influence bien en place au sommet de l’état pour faire « surréagir » le Président français face à une situation émotionnelle grave ?
- Qui n’était pas satisfait qu’une enquête du Congrès US en 1982 ait conduit l’administration Reagan à interdire la vente de bombes à fragmentation à Israël durant six ans ?
En répondant à ces questions, vous obtiendrez sans difficulté le nom du coupable, c’est-à-dire l’état ou le groupe représenté par celui qui prend la décision politique et stratégique et la fait exécuter par ses services spécialisés.
Georges Evesque
La Russie se dit préoccupée par l’idée qu’Israël frappe les installations nucléaires iraniennes
La Russie est sérieusement préoccupée par les informations selon lesquelles Israël pourrait frapper des installations nucléaires iraniennes. Cela découle du commentaire du vice-ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie Sergueï Ryabkov, qui a souligné qu’il était inacceptable même d’envisager de tels scénarios. Plus tôt, un certain nombre de médias avaient rapporté qu’Israël pourrait attaquer les installations nucléaires iraniennes en réponse à la frappe massive de missiles qu’il avait précédemment infligée. Dans le même temps, les autorités américaines ont clairement indiqué qu’elles ne soutenaient pas cette idée.
L’Iran lance une contre-attaque massive contre Israël
Dans la soirée du 1er octobre, l’Iran a lancé une attaque à grande échelle contre Israël, qui comprenait le lancement de centaines de missiles balistiques. Cela s’est produit moins d’un jour après le début d’une « opération militaire terrestre limitée » de l’armée israélienne contre le groupe chiite libanais Hezbollah, allié à Téhéran, dans les zones frontalières du sud du Liban, et quatre jours après l’assassinat du secrétaire général du mouvement libanais, Hassan Nasrallah.
Tsahal entame une opération terrestre dans le sud du Liban
L’armée israélienne a déclaré avoir lancé une opération terrestre limitée dans les zones frontalières du sud du Liban.
Il est précisé qu’il y a quelques heures, Tsahal a lancé des raids terrestres limités, locaux et ciblés contre les cibles et les infrastructures terroristes du Hezbollah dans le sud du Liban. Les cibles sont situées dans des villages proches de la frontière et constituent donc un danger pour les zones peuplées du nord d’Israël.
« Les Forces de défense israéliennes continuent d’opérer pour atteindre les objectifs de la guerre et font tout ce qui est nécessaire pour protéger les citoyens israéliens et ramener les habitants du nord d’Israël dans leurs foyers », a noté l’armée.
“Moment historique”, “assassinat politique” : Israël a éliminé le chef du Hezbollah au Liban
Israël poursuivra son action militaire au Liban après l’élimination du chef de l’organisation chiite Hezbollah, Hassan Nasrallah, jusqu’à ce que le Hezbollah perde la capacité de constituer une menace pour sa sécurité. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou l’a annoncé dans un discours à la nation, qualifiant l’élimination du chef du Hezbollah, décédé dans un bunker de bombes israéliennes avec l’ensemble des hauts dirigeants de l’organisation, de « moment historique ». Cet autre coup dur porté au groupe le plus hostile à l’État hébreu a été un triomphe pour Israël, un choc pour ses ennemis et une surprise pour les États-Unis. La Russie a qualifié l’élimination de Hassan Nasrallah d’« assassinat politique ». Des scénarios possibles pour l’évolution de la situation sont discutés dans la région et dans le monde. L’un d’eux est la conclusion d’une hudna (trêve).
Israël mène ses plus importantes frappes sur le Liban depuis 2006
Le ministère libanais de la Santé a déclaré qu’au moins 492 personnes avaient été tuées et 1 645 blessées lundi lors d’une vague de frappes aériennes israéliennes contre des cibles présumées du Hezbollah. Cela représente près de la moitié du nombre de morts au cours de la guerre de 34 jours entre Israël et le Hezbollah en 2006. Israël et le Hezbollah opèrent selon le principe du « œil pour œil » depuis le début de la guerre à Gaza. Mais au cours de la semaine dernière, l’escalade des attaques israéliennes contre le groupe a de nouveau alimenté les craintes d’une guerre régionale plus large.
“Pachinyan a vendu l’Arménie aux Américains pour la démolir”
Le général Dominique Delawarde, chevalier de la Légion d’Honneur et ancien officier de l’armée française, s’est exprimé sur l’évolution de la politique intérieure et extérieure de la France, ainsi que sur l’influence croissante des États-Unis à travers leurs actions internationales. Il a particulièrement souligné le rôle des ONG financées par le département d’État américain, qui servent souvent d’agents infiltrés pour promouvoir les intérêts occidentaux et les diffuser globalement.
Un des exemples les plus frappants qu’il cite est celui de l’Arménie, un pays où les États-Unis et les organisations non gouvernementales (ONG) ont exercé une influence notable dès les premières phases de son indépendance.
Delawarde commence par souligner l’importance géostratégique de l’Arménie : « les USA et les organisations non gouvernementales se sont intéressés très tôt à l’Arménie parce que c’est un pays qui bordait à la fois l’Iran et bien sûr qui était à proximité immédiate de la Russie ». L’Arménie, historiquement liée à la Russie, a été progressivement orientée vers l’Occident grâce à une intervention subtile, mais efficace, des puissances occidentales. Le général précise : « les Occidentaux ont réussi à faire gagner les élections, pas par une révolution colorée, mais presque je dirais, et ont réussi à faire gagner les élections à un pro-occidental qui s’appelle Paschignan et qui a, on va le dire, vendu son pays à l’Occident ».
L’élection de Nikol Pashinyan a marqué un tournant dans la politique étrangère arménienne, rompant les relations traditionnelles avec la Russie et orientant le pays vers un partenariat plus étroit avec les États-Unis et l’Europe. Cependant, cette décision a eu des conséquences désastreuses pour l’Arménie, notamment dans le conflit avec l’Azerbaïdjan. Delawarde explique : « en faisant ça, Paschignan a indiqué carrément aux Russes la direction que prenait la politique étrangère de l’Arménie et les Russes en ont tiré la conclusion lorsque l’Azerbaïdjan a attaqué l’Arménie ». Au début, la Russie est intervenue pour protéger l’Arménie, mais « compte tenu de la position de Paschignan, a laissé tomber », laissant l’Arménie seule face à un Azerbaïdjan mieux préparé et soutenu par des alliés puissants.
Le rôle d’Israël dans ce conflit est également mentionné par Delawarde, soulignant l’importance des alliances géopolitiques dans cette région complexe : « parmi les alliés de l’Azerbaïdjan, il y en a un qui était très important et qui influe sur la politique étrangère américaine, c’est l’État d’Israël ». Selon lui, Israël a apporté un soutien militaire et stratégique à l’Azerbaïdjan : « Israël a soutenu par des armes, par des conseillers, la guerre de l’Azerbaïdjan contre l’Arménie. Et la victoire de l’Azerbaïdjan est aussi un peu la victoire d’Israël ».
Cette série de choix politiques a mené à la défaite de l’Arménie dans la guerre du Haut-Karabakh et à la reconquête de ce territoire par l’Azerbaïdjan. Delawarde résume cette situation avec un certain cynisme : « les Arméniens qui ont élu Paschignan ont ce qu’ils méritent ». Il critique le manque de clairvoyance des électeurs arméniens, qui n’ont pas réalisé que « les Occidentaux n’étaient pas aussi intéressés par de bonnes relations avec l’Arménie qu’avec l’Azerbaïdjan ». Finalement, l’Arménie a été « abandonnée à son triste sort », perdant non seulement la guerre, mais aussi son influence régionale face à un Azerbaïdjan soutenu par des puissances majeures.
Delawarde explique que les États-Unis contournent leurs propres lois nationales en externalisant certaines activités scientifiques sensibles dans d’autres pays. Il indique que « les lois aux US interdisent un certain nombre de choses, et que tout ce qu’ils ne peuvent pas faire en toute sérénité et en toute liberté sur leur territoire, ils le délocalisent et ils le font dans d’autres territoires de pays amis ».
Selon lui, cela s’applique non seulement aux expériences scientifiques, mais aussi à des pratiques plus controversées, telles que la torture. « Aux États-Unis, elle a souvent délocalisé les opérations dans des pays où la pratique est beaucoup moins surveillée », ajoute-t-il, précisant que ces opérations se déroulent généralement dans des régions où il est peu probable que les médias ou les enquêteurs découvrent la vérité : « Dans des pays où on ne risque pas d’avoir des médias et des gens qui viennent investiguer, qui viennent chercher ce qui se passe vraiment ».
En ce qui concerne les laboratoires biologiques, Delawarde souligne les dangers potentiels qu’ils représentent, citant notamment un incident survenu aux États-Unis à Fort Detrick, où une fuite de virus a eu lieu. « Alors est ce que c’est dangereux ? Oui, les laboratoires c’est toujours un peu dangereux dans la mesure où de temps en temps, et c’est arrivé aux États-Unis qu’un virus finisse par passer par l’intermédiaire d’un humain qui travaillait à l’époque dans le laboratoire de Fort Detrick. Donc ils ont dû fermer le laboratoire pendant un certain temps et je pense qu’il a été réouvert maintenant », explique-t-il.
Il conclut en affirmant que les États-Unis préfèrent externaliser ces laboratoires à l’étranger pour éviter que de tels incidents ne se produisent sur leur propre territoire : « Mais ils n’ont pas beaucoup de laboratoires déclarés aux États-Unis, très peu, et ils préfèrent les avoir ailleurs. Il vaut mieux que le problème arrive loin des frontières US que sur le territoire des États-Unis ».
Dominique Delawarde dévoile une stratégie inquiétante des États-Unis pour projeter leur influence à l’échelle mondiale. Selon lui, les États-Unis utilisent des ONG et soutiennent des régimes pro-occidentaux tout en délocalisant des activités controversées, telles que la recherche biologique, pour minimiser les risques internes tout en conservant une influence globale. Il affirme que ces organisations ne sont pas aussi indépendantes qu’elles le prétendent et qu’elles bénéficient largement du soutien de l’administration américaine.
Delawarde souligne que les méthodes employées comprennent la manipulation de l’opinion publique par l’intermédiaire d’«influenceurs» locaux et que le financement provient en grande partie du gouvernement américain : « Il suffit de regarder leurs financements (les organisations non gouvernementales). Vous verrez que la plupart du temps vous retrouvez des financements du département d’État américain, c’est à dire, en fait, du ministère des Affaires Etrangères américain, c’est à dire de de l’administration gouvernementale américaine. »
L’exemple de l’Arménie montre les dangers pour les petits pays de se détourner de leurs alliés traditionnels pour se tourner vers l’Occident, souvent au prix de leur stabilité et sécurité. Selon Delawarde, ces actions visent à imposer une forme d’« hégémonie bienveillante » dictée par les néoconservateurs américains, avec les biolaboratoires représentant une menace potentielle pour la stabilité internationale.
Des milliers de victimes au Liban après une cyberattaque sur des téléavertisseurs du Hezbollah
Le ministère libanais des Affaires étrangères a imputé à Israël une cyberattaque à grande échelle au cours de laquelle des milliers de téléavertisseurs ont explosé. Ils étaient utilisés par des membres de l’organisation chiite Hezbollah à des fins de communication. Des milliers de membres de cette organisation et de civils dans tout le pays ont été touchés.
Vladimir Poutine a reçu Mahmoud Abbas à Moscou
Le président russe Vladimir Poutine a reçu mardi le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas dans sa résidence de Novo-Ogarevo. Au cours de la partie publique de la réunion, MM. Poutine et Abbas ont évoqué la nécessité de créer un État palestinien conformément à de nombreuses résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, ainsi que – ce qui semble un peu plus réaliste et réalisable – un cessez-le-feu rapide à Gaza. La mesure dans laquelle cette dernière solution est possible deviendra claire après le début d’un nouveau cycle de négociations indirectes entre Israël et le groupe palestinien Hamas basé à Gaza, le 15 août.
Israël accepte de reprendre les négociations avec le Hamas
Les Etats-Unis, l’Egypte et le Qatar ont appelé Israël et le Hamas à reprendre les négociations de cessez-le-feu le 15 août et se sont dits prêts à présenter une version finale de l’accord en tant que médiateurs. Israël a accepté d’envoyer une délégation.
Une présidence Trump aurait-elle pu prévenir la guerre en Ukraine ?
QUI pousse les USA, l’OTAN, l’UE et l’Ukraine à poursuivre la guerre contre la Russie, POURQUOI et COMMENT ?
John Mearsheimer est aujourd’hui le géopoliticien US le plus écouté sur la planète entière, particulièrement sur la crise ukrainienne. Sur ce sujet, il a multiplié les prises de parole depuis le coup d’état pro-occidental de Maïdan en 2014. Sa conférence sur l’Ukraine de Septembre 2014 relayée par YouTube a été visionnée plus de 27,6 millions de fois sur ce seul site :
Il a été invité le 17 avril 2022 à s’exprimer sur l’Ukraine à la télévision chinoise en continu CGTN (l’équivalent de CNN en Chine):
Des centaines de millions de téléspectateurs ont pu l’entendre défendre son point de vue en direct. Bien que ses thèses ne soient pas favorables à l’OTAN, il a même été invité le 16 juin 2022 à prononcer une conférence devant le Centre des Hautes Études de l’Institut Robert Schumann, organisme incontestablement très européiste et atlantiste. C’est dire que ses propos sont pris au sérieux.
Ses innombrables interventions sur la guerre en Ukraine font désormais de Mearsheimer le géopoliticien le plus connu et reconnu sur ce sujet.
Ce Raoult de la géopolitique n’est donc ni un fantaisiste, ni un charlatan, ni un complotiste, surtout lorsqu’il traite des USA et de l’Ukraine. Or, lors de sa dernière interview du 29 juin 2022 résumée en 8 minutes dans la vidéo ci-après, Mearsheimer fait une déclaration particulièrement intéressante, éclairante et même surprenante à certains égards:
Il répond aux 7 questions suivantes :
- 00:00 | La guerre d’Ukraine – Comment devrait-elle finir ?
- 01:12 | Est ce une bonne chose que d’armer les ukrainiens ?
- 02:30 | Qui est responsable de la guerre d’Ukraine ?
- 03:20 | Pourquoi la Russie n’a-t-elle pas stoppé plus tôt les expansions de l’OTAN ?
- 04:04 | Une présidence Trump aurait-elle pu prévenir la guerre ?
- 05:58 | Neutraliser l’Ukraine et mettre un terme à la guerre ?
- 06:43 | La Russie devrait-elle rendre les villes ukrainiennes conquises ?
La seule véritable surprise pour un initié vient de sa réponse à la question 5 qui va faire l’objet des lignes qui suivent.
Mearsheimer nous dit que la nature de Donald Trump l’aurait probablement poussé à tenter de prévenir la guerre, s’il avait été Président, parce qu’il haïssait l’OTAN et respectait Vladimir Poutine, mais qu’il n’aurait pas pu le faire face à la «puissance de l’Establishment des Affaires étrangères US».
Autrement dit, il y aurait donc aux USA, selon Mearsheimer, un «Establishment des Affaires étrangères US (non élu)» suffisamment puissant pour s’opposer, avec succès, à la volonté d’un Président élu et pour lui imposer, ainsi qu’à l’OTAN, à l’UE et à l’Ukraine une confrontation jusqu’au-boutiste avec la Russie.
Mearsheimer, prudent car déjà échaudé, ne dit pas qui contrôle cet «Establishment», mais ceux qui le connaissent savent fort bien à qui il fait allusion.
Mais qui donc contrôle l’«Establishment belliciste et jusqu’au-boutiste » des Affaires étrangères US évoqué par Mearsheimer ?
Le 27 août 2007, Mearsheimer a co-signé avec Stephen Walt, un livre, qui a été traduit en français sous le titre : Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine. Dans ce livre extrêmement documenté, les deux auteurs démontrent que le soutien apporté à Israël ne peut s’expliquer par des intérêts stratégiques communs ni par des impératifs moraux. Et qu’il est surtout dû à l’influence d’un lobby qui travaille activement à l’orientation de la politique étrangère américaine dans un sens pro-israélien, qui exerce des pressions efficaces sur le Congrès, les présidents et leur administration et qui jouit d’une influence considérable sur l’université et les médias. Ils y expliquent que ce lobby a ainsi joué un rôle clé dans la politique américaine au Moyen-Orient sous l’administration Bush au nom de la « lutte contre le terrorisme », comme en témoignent la désastreuse invasion de l’Irak, la confrontation avec l’Iran et la Syrie, ainsi que la guerre au Liban de juillet 2006.
John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt montrent que cette politique n’était ni dans l’intérêt national des États-Unis, ni dans celui d’Israël sur le long terme. Ils ouvrent un débat nécessaire pour l’avenir de la paix dans cette région du monde.
Bien sûr, ce livre a déclenché, à l’époque, un tollé dans le lobby US pro-Israël, l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee). Les deux auteurs ont été immédiatement ostracisés et ont, sans surprise, fait l’objet d’une campagne de dénigrement et d’accusations d’antisémitisme conduite par l’AIPAC et par une large partie des médias mainstream US. Pour mémoire, le lecteur trouvera ci après une capture d’écran d’un extrait de Wikipédia concernant l’AIPAC. La partie « Objectifs principaux » est particulièrement éclairante:

Bien sûr, Mearsheimer et Walt se sont magnifiquement défendus contre les accusations stupides et sans fondement de l’AIPAC et des médias US en multipliant les conférences dans le monde entier pour expliquer leur livre et justifier leur position. Voir, par exemple, la conférence tenue devant le « Cambridge Forum » en 2012 et la partie questions – réponses :
Par leurs réactions disproportionnées, enragées et aveugles, utilisant la technique bien connue consistant à tenter de « discréditer le messager pour tuer le message », les détracteurs de Mearsheimer et Walt n’ont fait qu’ajouter à leur notoriété et à la diffusion de leur thèse. L’AIPAC et les médias US auraient gagné à se taire, plutôt que d’étaler au grand jour leur connivence. Nous verrons plus loin que de nombreuses preuves sont venues donner raison à Mearsheimer et Walt dans les années qui ont suivi la publication de leur livre.
Existe-t-il d’autres lobbies très puissants susceptibles de constituer l’ « Establishment des Affaires étrangères » US évoqué par Mearsheimer ?
Aux déclarations de Mearsheimer et de Walt, on pourrait ajouter que les lobbies pro-Israël influant sur la politique étrangère américaine ne se limitent pas à l’AIPAC. Le lobby des protestants évangéliques, mais aussi et surtout le mouvement désormais bien connu des néoconservateurs US, se sont toujours distingués par leurs positions philosionistes et se sont montrés et se montrent toujours très actifs dans l’orientation de la politique étrangère US.

The Forward, le plus ancien quotidien juif américain, publie un article le 6 janvier 2006, dans lequel il revendique l’invention du néoconservatisme par leur communauté:

Extrait : « S’il y a un mouvement intellectuel en Amérique dont les juifs peuvent revendiquer l’invention, c’est bien le néoconservatisme. Cette pensée horrifiera sans doute la plupart des juifs américains, majoritairement libéraux. Et
pourtant c’est un fait qu’en tant que philosophie politique, le néoconservatisme est né parmi les enfants des immigrants juifs et qu’il est actuellement le domaine particulier des petits-enfants de ces immigrants ».
L’apologiste du néoconservatisme Murray Friedman explique cela par la bénéficence inhérente au judaïsme, « l’idée que les juifs ont été placés sur terre pour en faire un monde meilleur, peut-être même plus sacré ».
En 1997, la partie la plus militante des néoconservateurs créent un cercle de réflexion (Think Tank) dont l’appellation est, à elle seule, tout un programme :« Project for a New American Century » (PNAC). L’influence des néoconservateurs n’a jamais été aussi forte car nombre d’entre eux ont investi l’administration fédérale depuis la présidence Reagan et y occupent désormais des postes de très haut niveau. Ils rédigent un livre programme sous le titre : « Rebuilding America’s Defense » que certains détracteurs n’ont pas hésité à comparer à « Mein Kampf » (selon Wikipédia).
L’Objectif affiché est de trouver et d’engager tous les moyens pour prolonger au XXIème siècle le leadership mondial des États-Unis acquis depuis la seconde guerre mondiale, que ce soit dans les domaines politique, économique, culturel ou militaire.
Le 3 juin 1997, les 25 fondateurs du PNAC publient un manifeste qui expose 5 principes, dont deux méritent une attention particulière :
- Empêcher l’émergence d’une puissance rivale ;
- Refus du déclin de la puissance américaine parce qu’elle est la première puissance démocratique du monde.
Ces deux principes peuvent expliquer, à eux seuls, la russophobie et la sinophobie exacerbées et pathologiques des néoconservateurs qui règnent aujourd’hui sur « l’Establishment des Affaires Étrangères US » et qui imposent leur agenda au Président US, à l’OTAN, à l’UE et à l’Ukraine.

A noter que sur les 25 signataires du manifeste des principes du PNAC, 10 vont obtenir des postes très importants dans l’administration du président Georges W Bush. A cet égard, le témoignage en 2007 du général US Westley Clark, ancien commandant en chef de l’OTAN (1997-2000) est édifiant:
Tous les noms cités dans ce témoignage sont ceux de personnalités liées aux néoconservateurs et l’on perçoit l’extrême russophobie d’un sieur Wolfowitz, grand prêtre du « Regime Change », il y a un quart de siècle.
Les détracteurs du néoconservatisme lui attribuent les caractéristiques suivantes:
- un dédain pour les organisations multilatérales, donc pour l’ONU;
- la volonté d’employer rapidement la force militaire ;
- une faible tolérance pour la diplomatie ;
- une focalisation sur la protection d’Israël et donc le Moyen-Orient ;
- une insistance sur la nécessité, pour les États-Unis, d’agir de manière unilatérale ;
- une tendance à percevoir le monde en termes binaires (bon/mauvais)
- La certitude d’avoir raison, le cynisme et le jusqu’au-boutisme dans l’erreur.
Les néo-conservateurs ne font pas de la stabilité du monde un bien à maintenir mais au contraire prônent les vertus de la déstabilisation, voire du « chaos constructif »…
Israël, qui entretient des liens privilégiés avec les néoconservateurs US, est-il, ou non, impliqué dans les événements d’Ukraine?
On peut évidemment remarquer que l’Ukraine est fort éloignée du Proche Orient et en déduire, un peu vite, qu’elle n’a donc pas grand chose à voir avec Israël. Et pourtant, une multitude d’indices concordants semblent bien indiquer qu’il pourrait bien y avoir un rapport direct et majeur entre l’État Hébreu et les événements d’Ukraine. Nous n’en retiendrons que 7.
- C’est bien Naftali Bennett, premier ministre israélien qui a, le premier, proposé sa médiation dès le 27 février 2022 dans cette crise. Pourquoi l’aurait-il fait s’il ne comptait pas sur ses bonnes relations avec toutes les parties en cause dans cette affaire: USA, UE, OTAN, Ukraine et Russie et s’il n’espérait pas pouvoir, par la puissance de ses relais d’influence, faire évoluer les positions des uns et des autres? On notera que Vladimir Poutine, qui est tout sauf fou ou idiot, a poliment refusé, comprenant que ce genre de médiateur ne présentait pas les garanties suffisantes d’impartialité pour le règlement de cette crise. Il est vrai que cette médiation israélienne avait été demandée dès le 25 février par Zélenski, probablement sur la suggestion de ses bons amis néoconservateurs états-uniens, qui espéraient peut être «gagner du temps», ou, pourquoi pas, sortir grands gagnants d’une médiation, conduite par leur allié le plus fidèle.
- Il y a des preuves tangibles de l’implication directe d’Israël dans la crise ukrainienne aux côtés du régime de Kiev. D’abord dans l’entraînement des forces du régime de Kiev ; Ensuite à Marioupol, 40 israéliens semblent avoir combattu au sein du bataillon ukro-nazi Azov selon l’aveu même des officiels du régime de Kiev. Enfin, dans la révolution de Maïdan elle même, concoctée, organisée et conduite par Victoria Nuland, une néoconservatrice pure et dure, très liée à l’AIPAC et donc à Israël. Certains iront même jusqu’à évoquer le rôle des snipers de Maïdan en 2014, ces « inconnus » qui ont réussi, en tirant sur les deux camps qui se faisaient face (forces de l’ordre et manifestants) à transformer une manifestation « pacifique » en révolution. Cette technique des tireurs enflammant une situation en tirant, pour tuer, sur les forces de l’ordre et les manifestants est connue des experts en révolution colorée. Elle est particulièrement efficace et a déjà été utilisée le 23 mars 2011 à Deera, en Syrie, pour y déclencher « un printemps syrien ».
S’agissant de Maïdan, l’excellente émission de la chaîne de TV mainstream allemande ARD a levé une partie du voile et pose de bonnes questions. « Tirs mortels à Kiev : Qui est responsable du massacre de Maïdan ». Les mystérieux snipers évoqués par les journalistes d’investigation allemands et qui ont enflammé la révolution de Maïdan étaient-ils de gentils agents de la CIA ou du MI-6 ? Ou beaucoup plus simplement du MOSSAD israélien, seule agence de renseignement, fusionnelle avec la CIA, efficace, et pouvant disposer sur place de relais parlant parfaitement l’ukrainien (des «sayanim» ukrainiens) ? On peut rétorquer à ce qui précède que, sur les 60 000 à 90 000 juifs ukrainiens (selon les sources) 2 000 Ukrainiens auraient une double nationalité ukrainienne et israélienne), bien que cette double nationalité ne soit pas, en théorie, reconnue en Ukraine, et qu’il est naturel, pour un natif d’Ukraine, de participer à la défense de son pays et, pourquoi pas, de participer activement à l’organisation d’une révolution, fût elle de couleur, dans son pays d’origine. Cela est vrai. Mais c’est bien la gouvernance d’Israël qui a invité Zelenski à s’exprimer devant la Knesset le 20 mars 2022 en visio-conférence pour promouvoir sa version de l’Histoire: celle de l’allié otanien, et dans le but de recruter de nouveaux mercenaires israéliens pour défendre la communauté juive d’Ukraine qui, soit dit en passant, n’a jamais été menacée par la Russie, à l’exception peut être, de quelques oligarques, proches de Zelenski, et qui avaient mis leur pays en coupe réglée à leur seul profit personnel, en pactisant avec une petite minorité ukro-nazie. (Igor Kolomoïsky, le sponsor et « parrain » de Zelenski, mais aussi des bataillons ukro-nazis Azov, Aïdar, Donbass, etc., aujourd’hui poursuivi aux USA pour corruption aggravée, par exemple)… Notons, pour l’anecdote, que Kolomoïsky, comme d’autres oligarques ukrainiens très fortunés et corrompus comme lui, a la double nationalité ukrainienne et israélienne…) - Rappelons aussi, que l’Ukraine est le pays qui compte, de loin, le plus de politiciens corrompus au monde impliqués dans le scandale des Pandora Papers (38 exactement dont le Président Zelenski). Les politiques américains, eux mêmes, font semblant de le découvrir aujourd’hui. Ce discours de Zélenski du 20 mars 2022 à la Knesset n’a manifestement pas fait l’unanimité. Heureusement, le «fameux philosophe franco-juif BHL» (selon le Jerusalem Post) a pu rétablir la «vérité historique» en déclarant: «Zelenski est entré au Panthéon de l’héroïsme juif».
- Il y a aussi les réactions épidermiques de Lavrov, ministre des affaires étrangères russes, probablement bien renseigné sur les actions directes ou indirectes menées en coulisse par la gouvernance de l’État Hébreu et qui en est manifestement excédé. Pour qu’un diplomate aussi expérimenté et pondéré que Lavrov « sorte de ses gonds », comme il l’a fait le 2 mai 2022, c’est qu’il doit y avoir un passif très important avec Israël, et que ce pays a du pousser le bouchon un peu trop loin.
- Il y a encore les réactions épidermiques de Poutine et les tensions de plus en plus forte entre la Russie et Israël qui n’ont cessé de s’aggraver depuis le début de l’année 2022. Poutine est parfaitement renseigné, depuis plus de 20 ans, sur les actions (tordues ?) menées en coulisse par son « partenaire » israélien. C’est probablement la raison pour laquelle il vient de suspendre, en ce début juillet, les activités de l’Agence juive en Russie. Cette «agence» opérant en Russie serait-elle sortie de son rôle ? Poutine a sans doute de bonnes raisons de le croire pour prendre la décision qu’il a prise.
- Il y a aussi le comportement étrange d’Israël et des USA en Syrie. Depuis le début de l’opération russe en Ukraine, les USA se sont ré-installés dans la région de Raqqa qu’ils avaient quittée il y a deux ans. Les israéliens, eux, profitent du fait que les russes soient occupés en Ukraine pour redoubler leurs bombardements sur Damas. A observer les évènements depuis 2 ans, en Syrie, mais aussi dans d’autres pays, aux marges de la Russie (Moldavie, Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan, Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Finlande, Suède), on pourrait penser que les deux compères (Israël et USA) font tout ce qu’ils peuvent pour « emmerder » la Russie partout où ils estiment pouvoir le faire indirectement, voire directement, et partout où ils disposent de relais. Ce dernier point n’est pas un obstacle à ceux qui règnent sur la finance internationale et qui peuvent corrompre les élites de ces pays en imprimant quelques centaines de millions de dollars de plus.
- Il y a, pour finir, la couverture médiatique israélienne du conflit en Ukraine, manifestement haineuse envers la Russie, très révélatrice d’un État qui se pose en acteur de premier plan de ce conflit, aux côtés du régime de Kiev et contre la Russie.
En fait, les contentieux entre la Russie et Israël sont beaucoup plus anciens, beaucoup plus nombreux et beaucoup plus profonds qu’il n’y paraît. Ils s’aggravent chaque jour un peu plus et peuvent expliquer, en large part, les actions directes ou indirectes de l’État hébreu à l’encontre de la Russie. Relire à cet égard cet article de février 2017 qui peut explique les évènements d’aujourd’hui.
Cet autre article permet aussi de comprendre l’ingérence d’Israël, en coulisse, aux frontières de la Russie, dans la guerre de 2020 au Haut-Karabagh.
Mais POURQUOI Israël et les lobbies pro-Israël sont-ils si déterminés et agressifs envers un État, la Russie de Poutine, qui ne leur a jamais rien fait, à ce jour ?
En fait, Israël doit sa création, son existence, sa protection, sa prospérité relative et peut être même sa survie à l’allié états-unien. Son budget est largement abondé par les aides fédérales états-uniennes et par les donations des milliardaires de la diaspora qu’ils soient de la finance, des GAFAM, des laboratoires pharmaceutiques, des peoples, etc. Israël a réussi à mettre en place aux États Unis, avec l’AIPAC, ses alliés évangéliques, ses réseaux de sayanims, ses relais médiatiques et néoconservateurs un « contrôle » très efficace du pays le plus puissant du monde.
Il a pu, dans d’autres pays ou sa diaspora est nombreuse, développer des réseaux d’influence à l’imitation de ses réseaux états-uniens. Tout cela lui donne un pouvoir d’influence hors de proportion avec la taille de son territoire, sa population et son PIB.
Chacun comprendra que cette situation lui convienne parfaitement, qu’il défende donc, bec et ongles, ses sponsors et qu’il s’oppose à tout ce qui pourrait remettre en cause cette organisation politique, économique et financière du monde qui lui profite. Parce que le monde unipolaire sous hégémonie US-dollar-OTAN convient à ses sponsors de la gouvernance US, de la finance internationales, des GAFAM, des laboratoires pharmaceutiques, et parce que sa diaspora, répartie sur la planète entière, lui permet d’en tirer un maximum de profits, Israël a épousé avec ferveur l’idéologie mondialiste, tout en restant jaloux, «en même temps», de sa propre souveraineté.
Le problème qui se pose aujourd’hui pour les États-Unis, pour leur allié israélien et pour leurs vassaux otaniens, c’est que ce modèle mondialiste est menacé. Il est menacé parce qu’il repose sur des monnaies (dollars, euros) imprimées sans mesure et sans contrepartie et sur un endettement états-unien et européen qui explose au-delà de toute mesure.
Il est menacé parce que, simultanément, un nombre croissant de pays menés par la Russie et par la Chine, refusent désormais la soumission aux USA, à l’extraterritorialité de son droit, au dollar, à l’OTAN et au reset qui serait nécessaire pour effacer les dettes et poursuivre dans la voie d’une hégémonie US sur un monde unipolaire «pour un nouveau siècle».
Il faut donc frapper à la tête et commencer par abattre le président Poutine et sa Russie, si l’on veut encore espérer l’avènement d’un mondialisme unipolaire sous hégémonie US/OTAN. Ce combat en Ukraine, initié et dirigé par les néocons US depuis 2014, est existentiel pour toutes les parties en cause, ce qui rend la situation particulièrement dangereuse, car c’est un combat à mort.
Il est existentiel pour les USA qui pourraient s’effondrer aussi vite que l’Union soviétique en 1990 si le dollar venait à perdre le premier rôle dans l’économie mondiale ;
Il est existentiel pour Israël qui ne peut se permettre de voir décliner ou s’effondrer sa poule aux œufs d’or et son allié politique et militaire le plus puissant, le contrôle de sa diaspora sur les finances mondiales et sur les entreprises multinationales, mais aussi son influence « mondiale » exercée par l’intermédiaire de son « proxy » US et de ses réseaux planétaires d’influence ;
Il est existentiel pour l’UE qui a trop longtemps voulu imiter, suivre et se soumettre aux USA et à l’OTAN et qui n’a pas de plan B faisant consensus pour s’émanciper;
Il est existentiel pour l’OTAN qui ne peut se permettre de perdre la face aux yeux du monde entier, qui la regarde, goguenarde, faire face à la colère russe;
Il est existentiel pour le régime de Kiev, dont l’élite corrompue actuelle, mise en place par les USA après le coup d’état de Maïdan, a tout misé sur les USA-Israël et sur l’OTAN et fera les frais d’une probable défaite de ses parrains.
Il est existentiel pour la Chine qui ne peut se permettre de laisser triompher l’OTAN, en se sachant seconde, derrière la Russie, des adversaires désignés dans le dernier concept stratégique atlantiste et qui préfère jouer aujourd’hui la partie à deux, avec son compère russe, plutôt que de se retrouver demain seule à mener une guerre économique et militaire contre la coalition occidentale, en cas de défaite ou de soumission de la Russie.
Il est enfin existentiel pour la Russie et pour les souverainistes du monde entier (plus de 80 % de la population mondiale) qui verraient, en cas d’échec ou de soumission russe, triompher le mondialisme sous une hégémonie USA-Israel-OTAN-UE. (12 % de la population mondiale).
COMMENT Israël et les lobbies pro-Israël ont-t-il pu aider leur allié US dans sa tentative d’intégrer l’Ukraine à l’UE et à l’OTAN, dans le but ultime de soumettre la Russie ?
Comme l’ont expliqué clairement Mearsheimer et Walt, les lobbies pro-Israël, AIPAC / néoconservateurs entre autres, ont réussi à prendre le contrôle de « l’Establishment des Affaires étrangères US», un establishment qui serait donc devenu, au fil du temps, plus puissant que le président élu.
Deux premières anecdotes viennent à l’appui de l’affirmation qui précède pour ceux qui savent garder la mémoire des faits.
1 – Après l’élection de Trump de novembre 2016, lors de la période de transition et alors que celui ci était en conflit avec la CIA sur l’ingérence présumée des russes dans la campagne électorale US, c’est le directeur du MOSSAD Yossi Cohen qui est venu, dès le 17 décembre 2016, exposer à l’équipe de Trump SA vision de la situation internationale, notamment au Proche et Moyen Orient et sur le conflit israélo-palestinien, mais pas que… en présence de Yaakov Nagel, chef du conseil de sécurité national israélien et de Ron Dermer, ambassadeur israélien aux États Unis. C’est encore Israël qui a lancé la première invitation pour une visite d’État au nouveau président US, élu mais non encore intronisé.
2 – Benjamin Netanyahou a été le seul chef d’État au monde à avoir pu imposer contre l’avis du Président américain (OBAMA, à l’époque) sa présence au Congrès US et à pouvoir lui faire la leçon, comme il l’a fait le 3 mars 2015 devant une assemblée totalement acquise. Aucun autre chef d’état au monde n’aurait pu se permettre un tel exercice. Observez bien les cinq premières minutes de la vidéo:
et/ou écoutez le podcast.
Le lecteur notera la ferveur de l’accueil du Congrès qui ne devrait surprendre personne lorsqu’on se souvient que Thomas Friedman, un des plus influents journalistes US, membre de la diaspora, éditorialiste au NewYork Times et triple lauréat du Prix Pulitzer, ardent partisan d’Israël, écrivait le 13 décembre 2011, dans le NewYork Times: «J’espère que le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, comprend que, s’il a été gratifié de l’ovation reçue au Congrès cette année, ce n’était pas pour sa politique. Son ovation a été achetée et payée par le lobby israélien . À chaque visite aux États-Unis d’un Premier Ministre israélien, le Congrès l’accueille avec plus de ferveur que le président américain lui-même.»
En clair, selon Thomas Friedman, ce sont l’argent de la diaspora et le contrôle des médias qui peuvent « acheter » et/ou promouvoir ou détruire les carrières des hommes politiques US. Ces derniers le savent et l’énorme majorité d’entre eux, soumise, se lève pour applaudir à tout rompre dès que paraît le Premier ministre d’Israël. C’est éclairant… C’est fou, le pouvoir de l’argent…
Devant ce succès indéniable obtenu, en quelques décennies, aux USA, les lobbies frères pro-Israël de certains grands pays ont suivi cette stratégie néoconservatrice et multipartisane de prise de contrôle progressive du pouvoir en focalisant prioritairement sur les médias, les Affaires étrangères, le Renseignement, la Défense, l’Enseignement, la Justice, le Parlement et bien sûr, les « peoples » et la Police de la Pensée. Cela a été le cas notamment au Canada, en Australie, au Royaume Uni, en France, mais aussi au niveau des institutions européennes et, bien sûr, de l’OTAN. Nous y reviendrons.
L’idéologie néoconservatrice née aux USA dans les années 60, dans les conditions évoquées plus haut, a donc fini par s’étendre à l’Europe et à devenir transatlantique. Les néoconservateurs des 30 pays membres de l’OTAN se parlent et se comprennent. Ils sont frères. Ils ont souvent été sélectionnés pour suivre les mêmes formations anglosaxonnes transnationales (celle des « Young Leaders » par exemple). Ces élites de plus en plus « néoconservatrices » et mondialistes ont souvent été portées au pouvoir grâce à l’aide des médias contrôlés par quelques milliardaires totalement acquis à la cause du néoconservatisme et du mondialisme.
L’extension rapide aux grands pays occidentaux de l’idéologie néoconservatrice a été facilité par une diaspora organisée et par l’existence et l’action de lobbies pro-Israël puissants, influents, efficaces, existant dans la plupart de ces pays. C’est une contribution indirecte, voire directe mais la plupart du temps discrète d’Israël envers ses alliés néoconservateurs et mondialistes états-uniens.
Avant d’aborder plus en détail les moyens et les méthodes utilisés par Israël dans la grande confrontation idéologique et géopolitique planétaire à laquelle nous assistons aujourd’hui, il convient de rappeler que ce sont les gouvernances sous influence néoconservatrice, donc les élites, et non les populations états-unienne, israélienne ou européenne manipulées, comme partout ailleurs, qui sont à l’origine de cette politique étrangère US/OTAN/UE belliciste.
Voyons donc les atouts les plus connus dont disposent Israël, le Mossad et les lobbies pro- Israël néoconservateurs, aux USA et dans quelques grands pays pour «contrôler» les Affaires étrangères et bien d’autres secteurs…
Il y a d’abord le système unique au monde des « sayanim », parfaitement décrit dans un exposé de 37 minutes par Monsieur Jacob Cohen. Les sayanim (« ceux qui aident »), sont des citoyens dont le patriotisme sioniste les amène à collaborer avec le Mossad pour aider Israël dans les domaines de leurs compétences:
Il y en a évidemment dans tous les pays dans lesquels la diaspora est représentée. Ils seraient, selon Jacob Cohen 50 000 dans le monde, 15 000 aux USA, 3 000 à 4 000 en France, 2 000 à 3 000 au Royaume Uni, mais il faut bien noter qu’on peut être un sayan, sans être juif. C’est du moins ce qu’on peut retenir de la très courte déclaration d’arrivée à Tel Aviv, le 13 juillet 2022 du plus puissant sayan du moment: le président des USA lui même, Joe Biden, (proche des néocons et qui «aide beaucoup » Israël) lorsqu’il déclare en parlant de lui, à ses hôtes et face au monde entier, puisque la déclaration est télévisée: «vous n’avez pas besoin d’être un juif pour être un sioniste».
Au delà de ce système de base, directement branché sur le Mossad, donc sur Israël, il y a, dans les pays qui comptent le plus, des systèmes de lobbying très efficaces sur les politiciens et les diverses institutions gouvernementales majeures. Certains sont directement dirigés ou animés par l’ambassade d’Israël dans le pays concerné. La chaîne de télévision mainstream d’information en continu, Al Jazeera, a réussi l’exploit d’infiltrer un journaliste d’investigation pendant plusieurs mois, au coeur de ces lobbies pro-Israël au Royaume Uni et aux USA pour étudier leur organisation, leur fonctionnement, leur méthode, leur pouvoir d’influence. Enregistrant les conversations, filmant en caméra cachée, le journaliste a pu réaliser plusieurs épisodes documentaires remarquables et édifiants sur les lobbies pro-Israël opérant au Royaume Uni et aux USA.
Bien sûr, les thèses et conclusions de Mearsheimer et de Walt se sont trouvées confirmées
Israël a même du présenter des excuses au Royaume Uni, démettre l’un des hauts fonctionnaires de son ambassade et… continuer comme avant en espérant que le temps et l’oubli fassent leur œuvre. Évidemment, Israël et les lobbies qui le soutiennent ont essayé immédiatement, et avec succès, d’interdire, au moins pour un temps, la diffusion de ces documentaires, désastreux pour leur image, sur les chaînes de TV mainstream.
Mais ces vidéos ont fini par filtrer et par être rendues publiques. Il faut les avoir vues, revues, étudiées, si l’on veut pouvoir évaluer les méthodes, les actions et le véritable pouvoir d’influence de l’État d’Israël au niveau planétaire. Voici donc les liens vers ces documents publiés par la chaîne Qatarie sous le titre: Le LOBBY
Pour le Royaume Uni : (sous titrage en français possible par réglage)
1: LOBBY UK : Jeunes amis d’Israël : https://www.youtube.com/watch?v=ceCOhdgRBoc
2: LOBBY UK : Session d’entraînement : https://www.youtube.com/watch?v=Vuk1EhkEctE
3: LOBBY UK : An Anti-Semitic Trope : https://www.youtube.com/watch?v=L3dn-VV3czc
Pour les USA : (sous titrée en français)
1: LOBBY USA : La guerre secrète : https://youtu.be/jl9s09LMp10
2: LOBBY USA : Orienter les élites : https://www.youtube.com/watch?v=rJkEzGid2DY
3: LOBBY USA: La Chasse aux sorcières : https://www.youtube.com/watch?v=A4N4Aj5q_do
4: LOBBY USA : Marketing de l’occupation https://orientxxi.info/magazine/lobby-usa-4-le-marketing-de-l-occupation,2781
5: L’AIPAC : https://www.bitchute.com/video/1iocLbFID3tC/
Au delà de ces organisations puissantes qui s’ingèrent dans les affaires de certains États, grands ou petits, d’autres outils d’influence permettent d’orienter les esprits, les élections, les politiques étrangères, les événements (révolutions colorées par exemple),.
Il y a des cercles de réflexion (Think Tank), des « agences », des organisations non gouvernementales, des fondations, des influenceurs, des réseaux sociaux, qui produisent des analyses, répandent des idées, organisent des actions, sèment les graines de la révolution et bien d’autres choses, tout en se déclarant, bien sûr, indépendants, voire philanthropiques.
Il suffit bien souvent d’étudier leur financement, d’analyser leur leadership (fondateur, directeur, conseil d’administration, conseil scientifique), d’identifier leurs partenaires de travail et leurs mécènes, d’évaluer leur production pour réaliser que leur indépendance et leur prétendue philanthropie est toute relative…
3 exemples parmi une multitude pour illustrer le propos qui précède. Ils ont, tous les trois, joué un rôle pour conduire l’Ukraine dans la situation où elle se trouve aujourd’hui:
La National Endowment for Democracy (NED) (en français, Fondation nationale pour la démocratie), Fondation privée, à but non lucratif, créée et financée par… le Congrès des USA et le Département d’État (ministère des affaires étrangères US) et un dénommé Allen Weinstein, tous sous influence néoconservatrice et mondialiste. On la retrouve depuis les années 80, à soutenir et financer les déstabilisations, les dissidences et les tentatives de révolution dans de nombreux pays souverains (Biélorussie, Ukraine, Pologne, Irak, Nicaragua, Cuba, Serbie, Venezuela, et même Russie avec le financement du blogueur Navalny, et Chine avec les manifestations de Hong Kong et la dissidence ouïghoure dans le Xinjiang. En 2015, la NED est expulsée de Russie, devenant la première association à être frappée par une loi permettant de bannir du pays les organisations non-gouvernementales jugées «indésirables».
L’Open Society Foundations (OSF) est un réseau de fondations créé en 1979 et financé par le milliardaire George SOROS, « progressiste et philanthrope » pour les uns (dont Wikipedia, bien sûr), semeur de trouble, de chaos, de révolutions colorées et de morts pour les autres. L’action de cette fondation a été particulièrement utile pour favoriser l’extension à l’Est de l’UE et de l’OTAN. Elle a été très active en Ukraine et même en Russie jusqu’au 1er décembre 2015, date à laquelle elle a été bannie; elle aussi, par le procureur général russe pour des raisons de « sécurité nationale ».
Stratfor, société privée états-unienne spécialisée dans le renseignement. Fondée en 1996 à par George Friedman, un néoconservateur pur et dur, lié à l’AIPAC et donc à Israël, fréquemment citée par des médias complices, tels que CNN, Bloomberg, Associated Press, Reuters, The New York Times, la BBC, comme un expert du renseignement pour les questions stratégiques et tactiques, elle est qualifiée de « CIA clandestine ». Elle façonne les esprits et les narratifs politiques, notamment ceux des néocons de l’establishment des affaires étrangères US, de l’OTAN et de l’UE. Un exemple:
Friedman a évidemment écrit un livre très néoconservateur, traduit en plusieurs langues, vecteur d’influence, sous le titre : « Les 100 Ans à venir: Un Scénario pour le XXIe siècle ». Il y parle abondamment de la toute puissance des États-Unis, appelés à dominer le XXIe siècle…
Rien d’étonnant à ce que des leaders politiques états-uniens, mais aussi européens, ayant suivi la formation commune des Young Leaders accordent du crédit à ces prédictions optimistes très incertaines et se lancent, sans réfléchir, dans une croisade anti-russe qui risque fort de mal tourner.
A tout cela s’ajoutent une palette très diversifiée, dans une « boite à outil » qui vient appuyer et promouvoir l’idéologie néoconservatrice au sein de « l’Establishment des affaires Étrangères » US/Israël/ OTAN/UE.
On pourrait citer, en vrac, Google et Facecbook, très « néoconservateurs » à leur manière, qui déréférencent et/ou censurent la plupart des propos alternatifs s’opposant, si peu que ce soit, au narratif des néocons qui, seul, est défini comme «LA vérité » politiquement correcte.
On pourrait aussi citer le « Lolita Express » de Jeffrey Epstein, qui permettait à cet agent du Mossad de faire chanter les politiciens de très haut niveau qu’il invitait, grâce aux vidéos enregistrées en caméra cachée de leurs ébats sexuels. Voir capture d’écran de Wikipédia ci après :

On pourrait citer aussi « Cambridge Analytica », cette « entreprise » anglosaxonne dont le seul véritable objectif était de manipuler les élections dans le monde entier. Créée en 2014 par un milliardaire néoconservateur US de la diaspora, proche de l’AIPAC, Robert Mercer, elle disparaît officiellement en mai 2018, à la suite du scandale mondial « Face-Book/Cambridge Analytica ». L’entreprise est accusée d’avoir organisé l’« aspiration » des données personnelles de 87 millions d’utilisateurs de Facebook dans le but de cibler des messages favorables au Brexit et à l’élection de Donald Trump en 2016. Il est plus que probable que cette entreprise, qui a transféré une partie de son personnel, ainsi que ses algorithmes et ses données chez Emerdata Limited, ait pu renaître sous un autre nom et qu’elle ait repris ses activités, aujourd’hui, de manière plus discrète.
Au delà du Brexit et de l’élection US, Entre 150 et 200 élections auraient été manipulées dans le monde grâce au travail des deux complices « Facebook et Cambridge Analytica ». Dans la vidéo ci après, prise en caméra cachée et publiée par la chaîne de TV mainstream britannique Channel 4, Alexander Nix, PDG de Cambridge Analytica explique à ses interlocuteurs médusés que le financement des coups tordus montés contre les hommes politiques dont on veut assurer la défaite est assuré via des sociétés israéliennes … ??? Son interlocuteur lui demande de répéter et Alexander Nix répète : « d’Israël »….. ???? Facebook / Cambridge Analytica / Israël… y aurait-il un lien qui nous aurait échappé ?
https://www.youtube.com/watch?v=mpbeOCKZFfQ (voir minute 16’ 30 à 17’ 30)
On ne peut étaler ici, tous les outils dont disposent ou ont pu disposer l’establishment des affaires étrangères US et celui de chacun de ses principaux vassaux européens. Il faudrait un livre entier. Rien d’étonnant, donc, à prendre connaissance des informations suivantes liées aux propos qui précèdent, datant d’une période où elles pouvaient encore être diffusées dans des médias mainstream. De telles informations seraient purement et simplement censurées aujourd’hui.
Pour le Canada : Une émission de TV5 monde de 2011 : « Le Canada sous influence du lobby judéo sioniste » :
Pour mémoire Stephen Harper, hier, comme Justin Trudeau, aujourd’hui, sont des néoconservateurs, globalistes et philosionistes par intérêt et carriérisme, eux aussi.
Pour l’Australie : Mr Bob Car, ancien ministre australien des affaires étrangères écrit un livre : « Journal d’un ministre des affaires étrangères. » commenté dans cet article.
Pour le Royaume Uni : Outre les vidéos sur le documentaire Al Jazeera LE LOBBY, voici une anecdote éclairante que rapporte Wikipédia : « Ian Robert Maxwell, né Ján Ludvík Hyman Binyamin Hoch le 10 juin 1923 à Solotvyno et mort le 5 novembre 1991 en mer au large des îles Canaries, était un homme d’affaires, magnat de la presse écrite britannique et membre du Parlement du Royaume-Uni. Maxwell a été enterré au cimetière juif du Mont des Oliviers à Jérusalem, en Israël, lors de funérailles auxquelles participaient notamment le président Chaim Herzog, le Premier ministre, Yitzhak Shamir et six actuels ou anciens chefs de services secrets israéliens (MOSSAD) ».
Question: Quels éminents services le sayan Robert Maxwell a-t-il rendu au MOSSAD pour mériter une telle reconnaissance et une telle assistance à ses funérailles ?
Réponse : Elle est donnée par Radio J dans une séquence audio de 9 minutes qui concerne sa fille Ghislaine Maxwell et Jeffrey Epstein, le compagnon de celle ci (tiens donc !) : récit édifiant : https://www.radioj.fr/podcast/ghislaine-maxwell-jeffrey-epstein-des-espions-du-mossad-le-decryptage-de-linfo
Pour la France : des vidéos mainstream intéressantes d’un ancien ministre des affaires étrangères français ayant eu la plus longue longévité de l’histoire contemporaine dans cette fonction (10 ans). Les comportements et les propos des intervieweurs et de l’interviewé permettent à chacun de se forger une opinion:
- Il décrit l’influence exercée sur un premier ministre malgré les pressions pour le faire taire
- Un très court article de Georges Malbrunot, grand reporter au Figaro, qui s’interrogeait sur des mouvements d’ambassadeurs. A chacun d’en tirer ses conclusions…
- Dans son livre («La face cachée du quai d’Orsay» publié en avril 2016), le grand reporter du Nouvel Observateur Vincent Jauvert révèle la prise de contrôle du ministère des affaires étrangères français par un groupe de diplomates «néoconservateurs», dont la plupart ont servi aux USA (tiens donc… ???). Ce groupe «militant» est gentiment surnommé «La secte». Y aurait-il, par pure coïncidence, un establishment néoconservateur russophobe et belliciste au ministère des affaires étrangères français?
- Une citation troublante du président Mitterand: avait-il des raisons particulières de tenir ce genre de propos ?
- Une vidéo troublante que certains pourraient avoir du mal à interpréter:
Pour clore cette sélection de morceaux choisis (il y en aurait beaucoup d’autres), je ne résiste pas au plaisir de vous faire découvrir un vrai néocon, pur et dur, dans ses œuvres : c’est l’audition à la Commission de la Défense US au Sénat du Secrétaire à la Défense (ministre de la Défense US, Ashton Carter, et du général Dunford Chef d’État major des Armées US (le numéro 1 dans la hiérarchie militaire des USA) par un « fou furieux »: le sénateur néoconservateur républicain Lindsey Graham qui n’hésite pas à faire les questions et les réponses en s’appuyant sur un mensonge éhonté: «Assad tire sur son peuple et a tué 250 000 personnes en Syrie»…
Puis regardez ce même «fou furieux» russophobe prenant ses ordres à Tel Aviv: Chacun notera avec intérêt le nom de l’auteur de l’article. Il gagne à être connu…
En conclusion
Mearsheimer a très probablement raison lorsqu’il nous explique que le très puissant « Establishment des Affaires Étrangères US » aurait empêché Trump de prévenir la guerre en Ukraine, s’il avait été Président.
Chaque jour, les pièces à conviction s’accumulent et nous amènent à conclure que cette guerre va bien au-delà d’un affrontement entre deux pays voisins, et bien au-delà d’une guerre civile en Ukraine, initiée par les USA en 2014, et qui aurait mal tourné.
C’est une guerre à mort, initiée avec préméditation et entretenue dès 1991, par les néoconservateurs et mondialistes US et leurs petits frères des élites européennes au pouvoir, néoconservateurs et mondialistes, eux aussi, qui s’accrochent à leur hégémonie.
Point n’est besoin d’être un grand spécialiste de la géopolitique pour constater chaque jour que ces élites US et européennes s’entendent comme larrons en foire, parce qu’elles défendent une organisation et un fonctionnement du monde, établis par eux et à leur profit, au sortir de la 2ème guerre mondiale. (Banque mondiale, FMI, dollar, puis OTAN qui s’érige en shérif de la planète au prétexte de défendre « le camp du bien », le leur, contre « le camp du mal » : tous ceux qui s’opposent d’une manière ou d’une autre à leur hégémonie.
Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que cette nouvelle guerre USA-OTAN versus Russie n’a pas commencé en 2022, ni même en 2014. Elle a commencé peu après l’effondrement de l’Union soviétique de 1990 lorsqu’un groupe de néoconservateurs américains a voulu profiter de cette opportunité pour faire en sorte que les USA s’emparent du leadership mondial et le conservent pour un nouveau siècle (Project for a New American Century).
Toutes les actions initiées par les néoconservateurs US (démantèlement de l’ex Yougoslavie, élargissement de l’OTAN à l’Est, multiples révolutions colorées et changements de régime, guerres) l’ont été dans ce seul but. Elles ont semé le chaos, le désordre et la mort bien au-delà de l’espace atlantique et laissé des champs de ruines derrière elles. Comme le disait Mike Pompéo, ex Secrétaire d’État US, lui aussi, néoconservateur promu par l’AIPAC: «Nous avons menti, triché, volé, c’est comme si nous avions suivi des stages de formation pour apprendre à le faire… »
Les présidents chinois et russes savent pertinemment tout cela. Ils ont eu plus de deux décennies, depuis le bombardement de Belgrade, pour préparer leurs pays à une confrontation qu’ils savaient inéluctable. Ils sont prêts. La confrontation vient de démarrer sous nos yeux, en Ukraine.
Poutine et Xi Jingping savent aussi que la puissance états-unienne ne repose plus, aujourd’hui, sur un appareil militaire déclinant, sur une OTAN moribonde pour avoir trop engrangé les dividendes de la paix depuis 1990. Cette puissance US repose encore et surtout sur le quasi-monopole du dollar dans les transactions internationales, financières et commerciales, et sur l’extraterritorialité du droit américain attachée à l’utilisation du dollar. C’est pour prolonger ce système le plus longtemps possible que les néoconservateurs ont entrepris leurs projets expansionnistes visant à soumettre la planète entière.
C’est ce système qui permet aux USA de conduire leurs guerres permanentes sur le terrain des sanctions économiques plutôt que de risquer une enième défaite militaire. C’est ce système qui permet aux USA de continuer de vivre à crédit avec plus de 33 000 milliards de dollars de dettes fédérales qui ne seront jamais remboursées. On notera que les deux ministres US les plus concernés par la crise ukrainienne sont Antony Blinken, Secrétaire aux Affaires étrangères et Janet Yellen, Secrétaire au Trésor. Tous deux sont, par coïncidence bien sûr… des néoconservateurs purs et durs, très liés à l’AIPAC et à Israël. Le Secrétaire à la Défense ? Il n’est malheureusement et manifestement pas aux commandes et se contente d’exécuter…
Si j’avais un pronostic à donner, je dirai que la coalition USA-OTAN-UE- Régime de Kiev perdra cette confrontation sur les trois fronts, économique, politique et militaire:
- Sur le plan économique, la victoire recherchée par les néoconservateurs US ne pouvait être obtenue que par un isolement quasi total de la Russie. Cette tentative d’isolement a échoué et la Russie a peut-être plus d’amis et de soutien aujourd’hui qu’elle n’en avait hier. Les sanctions économiques n’auront donc pas l’efficacité espérée et s’avèrent même contre productives pour les occidentaux. De très nombreux pays semblent reconnaissants à la Russie d’avoir contribué à leur émancipation vis à vis de ce qui est toujours perçu comme une tyrannie prédatrice et oppressive des USA et de leurs satellites otaniens. 51 pays ou territoires seulement ont été classés par la Russie sur la liste des pays «inamicaux» (sur les 193 pays membres de l’ONU + 14 non membres de l’ONU), soit moins d’un pays sur quatre.
- Sur le plan politique, plusieurs grands pays qui ont refusé de s’associer aux sanctions anti-russes ont déjà fait acte de candidature aux organisations interétatiques conduites par la Russie, la Chine et l’Inde. L’Iran et l’Argentine ont déposé une demande formelle d’adhésion aux BRICS. L’Egypte, l’Arabie Saoudite et l’Indonésie ont également manifesté leur souhait de rejoindre les BRICS. La Biélorussie a fait acte de candidature pour être membre à part entière de l’OCS. Ces premières réactions ne sont pas anodines. Elles en entraîneront d’autres, notamment dès Septembre prochain, au sommet annuel de l’OCS. Elles marquent une opposition, voire un rejet de l’hégémonie occidentale qui est désormais perçue comme néocoloniale et prédatrice. L’OTAN, pour sa part, n’a réussi à convaincre que deux « petits » pays, la Suède et la Finlande, de la rejoindre. La balance penche donc nettement en faveur des organisations internationales (BRICS et OCS) qui refusent le statu-quo et plus encore le « mondialisme » sous hégémonie US/OTAN. Ne pas oublier que la Turquie, partenaire de discussion de l’OCS depuis 2012, pourrait, elle aussi basculer dans le camps de l’OCS, voire des BRICS. Depuis la tentative de coup d’État de 2016, Erdogan a fait part, à plusieurs reprises, de son intérêt pour ces deux organisations.
- Sur le plan militaire, l’OTAN est aujourd’hui incapable de gagner une guerre de haute intensité contre la Russie qui, si elle est déclenchée, pourrait rapidement dégénérer en guerre nucléaire. L’inévitable implication, à un moment ou à un autre, d’une Chine en embuscade, devrait faire réfléchir les états-majors otaniens.
La résilience des populations des pays de l’OTAN, dont une majorité est vautrée dans la consommation, le plaisir immédiat, la déculturation, la déchristianisation, le culte du confort et du temps libre, la réluctance au travail, à l’effort, à la souffrance et à la mort, et bien d’autres choses, ne semble pas être à la hauteur de la résilience que les populations russes ont prouvé tout au long de leur histoire et qu’elles semblent avoir conservée mieux que nous.
La détermination des soldats de l’UE invités, le cas échéant, à aller se faire tuer pour maintenir au pouvoir Zélenski, héros des médias et des élites occidentales néoconservatrices, mais corrompu jusqu’à la moelle; le soutien de ces soldats de l’UE par leurs populations qui refuseront majoritairement l’entrée en guerre (dans la rue, comme au parlement) seront probablement très inférieurs à ceux des populations russes qui soutiennent leur président à plus de 80 %.
Quant à l’outil militaire otanien, au-delà des effets de manche et d’une propagande agressive, l’état de décomposition dans lequel il se trouve à la suite de 3 décennies de désinvestissement, ne permet pas d’espérer la victoire. (Manque de munitions, de maintenance, d’entraînement à la haute intensité, de réserves, avec des matériels majeurs peu nombreux et souvent obsolètes, des matériels modernes échantillonnaires, une disponibilité technique opérationnelle très insuffisante, etc.).
En résumé les réponses aux 4 questions posées dans le titre de cette analyse sont les suivantes :
TRUMP AURAIT-IL PU PREVENIR LA GUERRE ? Non (plein accord avec Mearsheimer).
QUI pousse les USA, l’OTAN, l’UE et l’Ukraine à la guerre contre la Russie ? «L’Establishment néoconservateur et mondialiste des Affaires Etrangères US/ISRAEL ; les lobbies frères néoconservateurs et pro-Israel des pays de l’OTAN et les médias qui les soutiennent.
POURQUOI ? Pour tenter de conserver un système économique et financier qui leur a profité, et, pour les USA, l’extraterritorialité de leur droit, fondé sur le dollar, qui leur permet de dominer le monde par l’économie, la finance et la menace permanente de sanctions, voire par l’utilisation de la force. Pour tenter de mondialiser toujours plus, donc d’étendre et de renforcer, si possible, le contrôle US sur les ressources naturelles mondiales et l’hégémonie US sur les gouvernances et sur les peuples. Plus simplement, pour appliquer la doctrine néoconservatrice clairement exposée dans le document : Rebuilding Americas Defense.
COMMENT ? En utilisant tout une panoplie de moyens qui vont du système transnational des sayanim et du MOSSAD, au contrôle des médias de nombreux pays, en passant par la corruption des élites, par la puissances des organisations transnationales qui contrôlent, en large part, la finance, l’économie internationale, les GAFAM, les laboratoires pharmaceutiques, les médias.
Choigou rencontre le nouveau président iranien à Téhéran
L’Iran ne veut pas d’escalade, mais Israël « recevra certainement une réponse pour ses crimes », a déclaré Massoud Pezeshkian. Le ministère iranien des Affaires étrangères a qualifié de « devoir moral » de punir Israël pour la mort d’Ismail Haniyeh à Téhéran.
Le chef du Hamas tué dans une frappe à Téhéran
Mercredi matin, le chef du mouvement palestinien radical Hamas, Ismail Haniyeh, a été tué à Téhéran. Sa mort a été confirmée par le mouvement lui-même et par le Corps des Gardiens de la révolution islamique. Israël, qui a été immédiatement blâmé pour l’incident, s’abstient de tout commentaire. Les hommes politiques et les experts qui ont réagi rapidement à l’assassinat du chef du Hamas ont mis en garde contre une escalade majeure à venir dans tout le Moyen-Orient.
L’Espagne, l’Irlande et la Norvège reconnaissent la Palestine
Les gouvernements norvégien, irlandais et espagnol ont annoncé le 22 mai la reconnaissance de la Palestine comme État indépendant. Israël a répondu en rappelant ses ambassadeurs en Irlande et en Norvège pour des consultations.
“Au milieu d’une guerre, avec des dizaines de milliers de personnes tuées et blessées, nous devons préserver la seule alternative qui offre une solution politique aux Israéliens et aux Palestiniens : deux Etats vivant côte à côte dans la paix et la sécurité”, a expliqué le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre.
La CPI demande des mandats d’arrêt contre Netanyahu et des dirigeants du Hamas
Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, Karim Khan, a demandé à la chambre préliminaire d’émettre des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le ministre de la Défense du pays Yoav Galant, ainsi que trois dirigeants du mouvement radical palestinien Hamas. Khan a déclaré qu’il disposait de suffisamment de preuves qu’ils étaient tous « responsables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité ».
Les tanks israéliens sont entrés dans Rafah, dans le sud de la bande de Gaza
Des chars de Tsahal sont entrés dans Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le matin du 7 mai, ont rapporté le Times of Israel et AP, citant un responsable de la sécurité palestinien et un responsable égyptien. Les véhicules blindés se sont approchés à moins de 200 m du point de passage de la frontière avec l’Égypte.
L’Iran retire ses militaires du sud de la Syrie et de Damas
Le 24 avril, l’Agence France-Presse (AFP) a fait état d’une réduction de la présence militaire iranienne en Syrie, provoquée par les frappes israéliennes sur ce pays. Des sources de l’agence proches du groupe libanais pro-iranien Hezbollah affirment que les unités iraniennes ont été retirées des régions du sud de la Syrie, notamment des provinces de Quneitra et de Daraa, bordant le plateau du Golan. L’Observatoire syrien des droits de l’homme, basé à Londres, a également déclaré à l’agence que les forces iraniennes avaient quitté Damas et que leurs bases étaient occupées par des groupes pro-iraniens du Liban et d’Irak.
Israël aurait mené des frappes de représailles contre l’Iran
Le matin du 19 avril, des rapports ont fait état d’une attaque israélienne contre une installation en Iran. L’agence Fars a fait état d’explosions dans la province d’Ispahan, au centre de la république.
Après les frappes de l’Iran sur Israël, quelle sera la réponse de l’Etat hébreu ?
Dans la nuit du 14 avril, l’Iran a attaqué Israël avec plus de 300 drones et missiles, c’était la première fois qu’il le faisait directement plutôt que par l’intermédiaire d’un mandataire. RBC a demandé aux experts comment Israël réagirait et comment cela affecterait la situation au Moyen-Orient.
Le Conseil de sécurité adopte une résolution pour un cessez-le-feu à Gaza pour la première fois depuis octobre
Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté lundi une résolution appelant à un cessez-le-feu dans la bande de Gaza – le premier depuis octobre de l’année dernière, lorsque la guerre entre Israël et le mouvement palestinien Hamas a commencé. Cette fois, aucun des cinq membres permanents du Conseil de sécurité n’a utilisé son droit de veto. Pendant ce temps, la Russie n’était pas satisfaite du texte du document : le représentant permanent auprès de l’ONU, Vasily Nebenzya, a préconisé un appel à un cessez-le-feu « permanent » (et non « à long terme », comme indiqué dans la résolution). Selon le diplomate russe, cette formulation laisse une fenêtre à Israël pour reprendre sa campagne militaire. Quoi qu’il en soit, la mise en œuvre de la résolution adoptée est extrêmement problématique.
La loi du plus fort
Ce qui se passe au Proche-Orient manifeste une fois encore le mépris du clan Judéo-Protestant, washingtonien et israélien, pour la vie de ceux qui ne sont pas des leurs ou refusent de leur être soumis. Ces gens prospèrent sur le chaos.
J’admets pleinement que le massacre du 7 octobre méritait une riposte à la hauteur de l’attaque. Il me semble, en effet, que le livre de l’Exode impose une sanction égalitaire, si la punition en retour est voulue. Chez nous, après les tueries islamiques, l’État oublie et ne sanctionne pas vraiment, ce que je regrette… La loi du Talion dit bien, œil pour œil, dent pour dent. Le mot lui-même vient du latin Talis signifiant semblable. Or nous constatons une disproportion de la riposte des Israéliens. Elle atteint une cible élargie à de simples personnes étrangères à cet attentat et très certainement davantage impliquées dans leur survie que dans l’idéologie. Des milliers de Palestiniens, hommes, femmes, enfants, meurent ou sont blessés sous les bombes israélo-états-uniennes.
Les Israéliens ne respectent donc même pas les principes anciens de leur propre religion. Je pourrais me réjouir de cette guerre en y voyant la recherche d’un abaissement de l’Islam dont nous subissons en France, à la fois l’invasion et la violence inhérente à l’application intégrale de ses textes fondateurs. Après tout le Coran et les textes annexes regorgent d’appels au meurtre des juifs et des chrétiens; mais je porte un regard plus global sur cette affaire. Outre le fait qu’il y ait aussi des chrétiens parmi les tués, ce qui serait suffisant pour me déterminer contre cette méthode de guerre, je vois surtout un risque majeur qui m’amène à considérer cette opération comme criminelle, hypocrite et dangereuse.
Israël se dévoile tel qu’il est, en appendice des États-Unis qui se veulent les maîtres de l’Occident, à moins plus sûrement, que l’univers des protestants états-uniens soit tellement associé à la diaspora juive qu’il y ait une relation intime entre les intérêts des uns et des autres. Les méthodes de bombardement sont d’ailleurs très visiblement dupliquées des raids aériens états-uniens qui ne font jamais cas des effets collatéraux. Souvenons nous, à cet égard, de Madeleine Albright qui, en 1996, à propos du conflit irakien et la mort de plus de 500 000 enfants à la suite de l’intervention états-unienne, affirma que le prix en valait la peine.
Cet ensemble politico-religieux détenant la plupart des médias européens et nord-américains, disposant des relais politiques au plus haut niveau en Europe et du formidable réseau des Sayanims, peut rester indifférent aux conséquences de ses actions ou même les assumer.
Israël nous implique ainsi dans un conflit que nous ne souhaitons pas, car il est lourd de conséquences possibles pour nous. Si les dirigeants des pays musulmans peuvent faire preuve de pragmatisme, tout comme Israël qui n’hésite pas à flirter avec eux, il en est autrement des peuples.
L’Ouma est par nature rigide et solidaire. La population musulmane vivant en France s’inscrit entièrement dans cette collectivité islamique. Elle se positionne du côté des Palestiniens et du Hamas regardé comme une organisation défendant les musulmans. Il est clair que dans cette guerre, l’éradication du Hamas n’est qu’un prétexte pour vider la bande de Gaza de ses habitants et ainsi avancer vers l’objectif de création de ce Grand Israël qui aurait été celui du roi David. Il n’est donc pas irréaliste de s’interroger sur la trop parfaite réussite du raid du groupe terroriste.
Après tout la CIA a bien monté le piège ukrainien dans lequel la Russie est tombée et a étonnamment installé un président ukrainien de religion juive.
Les Israéliens voudraient apparemment reprendre et achever le combat biblique entre les Hébreux et les Philistins. Mais ni eux ni les Palestiniens ne sont réellement les héritiers de ces deux peuples antiques. Dans cet affrontement nous avons en présence des Occidentaux et des populations arabisées. Il ne s’agit pas d’un affrontement immémorial, mais d’une lutte entre le monde occidental américanisé et un monde dominé par l’Islam. En tout cas c’est ainsi qu’il est perçu par les musulmans.
Cependant, nous Français qui relevons de l’Occident vrai, celui que nous avons en très grande partie bâti, ne pouvons accepter cette façon de procéder à laquelle certains voudraient nous associer.
Dans les circonstances actuelles Israël agit naturellement en harmonie avec les ambitions étatsuniennes. Dans l’idéologie de la caste dominante à Washington, le désordre permet de mieux soumettre les peuples en suscitant de nouveaux dirigeants, de nouvelles entités ou de nouvelles frontières, comme notamment sur le continent européen.
Les États-Unis ont attisé des «révolutions de couleur» dans l’ancienne URSS et fomenté le « printemps arabe » au Proche et Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Ils ont surtout tenté de façonner d’autres pays et de modifier l’ordre mondial au prétexte de la diffusion des principes démocratiques et des «droits de l’homme» et surtout de la supériorité de leur mode de vie, l’american way of life, qu’eux seuls imaginent universel. Leur intervention en Ukraine procédait de cet objectif.
Les « modèles de démocratie » se sont effondrés les uns après les autres. Ils ont créé un chaos propice à leur hégémonie et à l’exploitation, à leur profit, des richesses des sols et des sous-sols. Ne dit-on pas qu’il y aurait des gisements d’hydrocarbures au large de Gaza?
Face à cette menace de déstabilisation les responsables des pays arabisés se taisent. Ils sont certainement satisfaits de l’élimination d’un danger terroriste et se méfient aussi des réactions populaires qui les obligeraient à s’engager. Ils craignent surtout de subir les manœuvres hostiles des deux complices.
Cette guerre s’avérait ainsi inévitable, seule la date de son déclenchement ne pouvait être précisée. Dans la suite des conflits en Irak et en Syrie, face à la montée en puissance iranienne, voire turque, elle est logique. Elle prolonge aussi celle menée en Ukraine, dont les conséquences ne sont cependant pas totalement celles qu’envisageaient les États-Unis. Elle aura ressuscité un géant mais abaissé économiquement les principales puissances européennes, dont la plupart sont devenues plus étroitement dépendantes militairement et politiquement de Washington. Elle précède un nouveau chaos en Asie, à propos de Taïwan, face à la Chine.
La devise du maréchal de Lattre était « ne pas subir ». Or la France subit. Ceux qui la dirigent, espérant une vêture supranationale, ne peuvent plus exprimer la voix traditionnellement puissante de notre pays. Engoncés dans l’européisme, ils font ce qui leur est dit de faire quand bien même ils pourraient faire différemment. Un espoir d’un recouvrement d’autonomie pourrait toutefois être perçu dans le refus des trois pays latins, Italie, Espagne et France, d’engager leurs Marines, en mer Rouge, à côté de la Marine états-unienne, face aux Houthis yéménites associés au Hamas. Il est vrai que ces trois pays méditerranéens se trouvent au contact immédiat des terres et des peuples musulmans. Le danger oblige… Ils ne prendront pas le risque qu’un soutien aussi marqué à Israël les entraîne dans une guerre israélo-étatsunienne qui n’est pas la leur. Plus curieux est le désistement de l’Australie qui bien qu’appartenant à l’univers anglo-saxon, tient sans doute rigueur aux États-Unis de l’avoir grugée dans l’affaire des sous-marins.
Il est donc grand temps de se pencher sur les causes de notre abaissement et d’y remédier. Il est urgent de retrouver notre indépendance pour agir et défendre nos intérêts nationaux. Ils ne sont ni ceux des États-uniens, ni ceux des Israéliens, ni évidemment ceux de l’Union Européenne.
Général (2s) Henri ROURE
Le Hamas rejette la proposition de trêve d’Israël
Le groupe palestinien Hamas a rejeté l’offre d’Israël d’un cessez-le-feu d’une durée d’une semaine en échange de la libération d’otages, rapporte le Wall Street Journal , citant des sources parmi les représentants égyptiens.
Selon la publication, le chef du Hamas, Ismail Haniyeh, lors d’une visite en Égypte et d’une réunion avec des responsables des services de renseignement, “aurait déclaré qu’il était là pour parvenir à un cessez-le-feu complet et à une aide humanitaire accrue” comme condition du début de toute négociation.
Tsahal reprend son opération dans la bande de Gaza
Les Forces de défense israéliennes (FDI) ont repris les hostilités contre le Hamas, accusant le mouvement de violer les termes de la trêve. Le département militaire l’a rapporté sur sa chaîne Telegram.
“Le Hamas a violé l’accord et a en outre bombardé le territoire de l’État d’Israël “, a déclaré le département militaire.
Israël et le Hamas prolongent leur trêve au dernier moment
Les Forces de défense israéliennes (FDI) ont annoncé la prolongation de la trêve dans la bande de Gaza moins de 20 minutes avant l’expiration du dernier accord de cessez-le-feu.
“À la lumière des efforts des médiateurs pour poursuivre le processus de libération des otages <…> la pause opérationnelle a été prolongée”, a indiqué l’armée.
L’AG de l’Onu rappelle à Israël qu’il doit libérer le plateau du Golan syrien
L’Assemblée générale des Nations Unies a de nouveau adopté une résolution appelant Israël à quitter le plateau du Golan syrien, selon les résultats du vote.
Le document a été soutenu par 91 membres de l’Assemblée générale, huit étaient contre et 62 se sont abstenus.
Selon le texte, les membres de l’ONU sont « profondément préoccupés par le fait qu’Israël ne se soit pas retiré du plateau du Golan syrien, occupé depuis 1967, contrairement aux résolutions correspondantes du Conseil de sécurité de l’ONU et de l’Assemblée générale ».
Les résolutions de l’Assemblée générale, contrairement aux résolutions du Conseil de sécurité, ne sont pas contraignantes.
L’agenda du G20 empêtré dans le conflit israélo-palestinien
L’Inde, qui termine sa présidence du Groupe des Vingt, a organisé le dernier sommet du G20 dans un format virtuel. Le président russe Vladimir Poutine y a également participé. Le sommet, conçu pour orienter le G20 vers les problèmes de l’économie mondiale, s’est heurté à un défi imprévu : les combats dans la bande de Gaza. Les discussions qui ont eu lieu mercredi ont montré que la géopolitique continue de dicter l’agenda mondial. Vladimir Poutine, qui a soutenu le président indien au G20 dans sa volonté de résoudre les problèmes économiques mondiaux, a dans le même temps rappelé les chocs provoqués par « le coup d’État sanglant en Ukraine et l’extermination de la population civile en Palestine ».
Le sommet virtuel des pays membres du G20 et des États invités, qui a été ouvert mercredi à 17h30, heure de Delhi, par le Premier ministre indien Narendra Modi, a couronné un marathon diplomatique de plus de 200 événements organisés sous sa présidence du G20. Après s’être fixé pour objectif de dépolitiser les travaux du G20 et de revenir à sa fonction de résolution des problèmes de développement mondiaux, M. Modi a dans un premier temps exclu la crise ukrainienne des discussions. En conséquence, le sommet en personne tenu à Delhi les 9 et 10 septembre, au cours duquel il a été décidé de se réunir à nouveau avant la fin de l’année, s’est terminé sans scandale avec l’adoption d’une déclaration en dix sections et 83 points. Le sherpa indien du G20, Amitabh Kant, a qualifié la déclaration d’« historique et révolutionnaire », adoptée « avec un consensus à 100 % sur toutes les questions de développement et de géopolitique ».
Cependant, la tâche de la présidence indienne du G20 est devenue plus compliquée en raison du conflit dans la bande de Gaza. Après avoir réussi à écarter le principal irritant, le conflit ukrainien, la partie indienne s’est trouvée confrontée de manière inattendue à un nouveau défi : dépolitiser le G20.
Selon le droit international, ce qui se passe à Gaza est un génocide
Gilles Devers, l’un des avocats français les plus connus, est un fervent défenseur des droits des Palestiniens touchés par “l’opération terrestre” d’Israël dans la bande de Gaza. M. Devers a réuni un groupe de 300 avocats pour déposer une plainte contre Israël devant la Cour Pénale Internationale pour ses crimes contre les Palestiniens.
“Le sixième article du statut de Rome stipule que le génocide est l’extermination d’une population. C’est ce qui se passe actuellement à Gaza, sur terre comme dans le ciel, où Israël lance des roquettes. Et ce n’est qu’un des critères du génocide. Il y en a d’autres. Par exemple, la destruction des infrastructures civiles liées à la vie des citoyens. Nous pouvons retenir la destruction de l’infrastructure sociale à Gaza par les forces israéliennes. La privation de l’accès des civils à l’énergie, à la nourriture et aux médicaments a été observée à Gaza. Parallèlement, nous entendons les déclarations des responsables israéliens selon lesquelles les Palestiniens sont des animaux qui doivent être traités comme des animaux. En outre, nous entendons les propositions des dirigeants israéliens concernant le déplacement des Palestiniens en Égypte. Toutes ces actions constituent une violation du droit international.”
M. Devers note les doubles standards des institutions juridiques occidentales, qui changent leurs principes en fonction du contexte politique. Selon un juriste bien connu, la Cour Pénale Internationale fait preuve d’un parti pris sans précédent en prenant des décisions politisées à l’encontre du président russe tout en ignorant les actions d’Israël dans la bande de Gaza.
“Nous avons fourni à la Cour Pénale Internationale suffisamment de preuves des activités criminelles d’Israël. À un moment donné, la CPI a eu besoin de beaucoup moins de temps et d’arguments pour délivrer un mandat d’arrêt au président russe Vladimir Poutine. Le mandat a été délivré très rapidement et il n’y a pas eu de débat particulier sur la question. L’accusation qui lui a été portée est l’organisation de l’adoption illégale d’enfants ukrainiens par des citoyens russes. Mais dans le cas de Gaza, nous ne traitons pas “d’adoption illégale”, mais du meurtre de plus de cinq mille enfants !”
Commentant l’initiative de trois ONG palestiniennes (Al-Haq, Al-Mezan et le Centre palestinien pour les droits de l’homme) qui ont écrit à la Cour Pénale Internationale de la Haye pour condamner les “crimes de guerre” de l’armée israélienne, M. Devers a déclaré qu’il ne s’agissait pas de la seule initiative des organisations non gouvernementales. L’avocat Gilles Devers fait partie des initiateurs d’une vaste campagne de soutien aux Palestiniens par des centaines de défenseurs des droits de l’homme.
“Vous avez mentionné l’initiative de trois ONG palestiniennes qui souhaitent traduire les militaires et les responsables israéliens en justice pour les événements de Gaza. Je tiens à souligner que ce ne sont pas les seules organisations impliquées dans le processus. Donc, en si peu de temps, nous avons réussi à réunir un groupe de centaines d’avocats. Ce sont des défenseurs des droits de l’homme, des spécialistes du droit international. D’autres pays doivent également se joindre à ce mouvement. En outre, les organisations internationales et non gouvernementales doivent être admises sur les lieux du conflit pour pouvoir enregistrer les crimes de guerre en temps voulu et établir toutes les bases factuelles nécessaires à cette fin. Le génocide est un crime de masse, il s’agit de 12 000 morts. Israël déclare qu’il a l’intention de couper l’électricité – et il coupe l’électricité. Le gouvernement israélien détruit des maisons, forçant des centaines de milliers de Palestiniens à se déplacer dans la bande de Gaza et les laissant de fait dans la rue.”
Le juriste français a parlé des projets ambitieux des organisations non gouvernementales en faveur des Palestiniens. La mission de ces organisations n’est pas seulement de défendre les droits du peuple palestinien, mais aussi de défier les structures internationales engagées qui se sont discréditées par les deux poids, deux mesures et la position déséquilibrée à l’égard des ennemis politiques de l’Occident.
“L’un des objectifs des ONG qui défendent aujourd’hui la Palestine est de montrer aux institutions occidentales qu’elles n’ont pas le droit de faire deux poids, deux mesures. Ils ne peuvent pas ajuster les règles de droit selon qu’elles concernent leur allié ou leur ennemi. En ce qui concerne les ennemis politiques de l’Occident, le verdict est rendu immédiatement. Il a fallu 48 heures à la Cour Pénale Internationale pour condamner Poutine ou Kadhafi, mais rien de tel n’a été lancé contre Netanyahu. Et le fait qu’Israël n’ait pas ratifié le statut ne change rien. La décision est la prérogative de la cour. La CPI doit envoyer un mandat d’arrêt au nom de Netanyahu, du ministre de la défense et des autres politiciens israéliens responsables de la tragédie de Gaza. Et même si Israël ne rend pas justice à ces personnes, ils ne pourront pas se déplacer à l’étranger. En outre, ce mécanisme nous permettra de traduire en justice les États-Unis, qui ont financé cette guerre en fournissant à Israël 14 milliards de dollars d’armes”.
S’interrogeant sur les causes de la dégradation des institutions juridiques internationales, Gilles devers souligne le rôle destructeur des États-Unis. À mesure que l’autorité des États-Unis dans le monde diminue, l’autorité des institutions qui leur sont associées diminue également. L’expansion effrénée des États-Unis dans différentes régions du monde a frappé l’image des institutions centrées sur l’ouest, causant des dommages énormes à l’image et à la crédibilité des organisations internationales.
“Je pense souvent à la fin de l’ère de la domination de la droite occidentale dans le monde. Les États-Unis, qui revendiquent le rôle de leaders de la démocratie, ont également lancé la guerre au Vietnam, en Irak, en Afghanistan. Par leurs actions, ils se sont discrédités eux-mêmes et les institutions internationales. Il existe de nombreuses preuves des atrocités commises par des soldats américains en Afghanistan. Après cela, l’armée américaine est-elle reconnue comme terroriste? Non. Ainsi, les deux poids, deux mesures et la domination de l’Occident dans l’espace juridique international se sont formés. Mais l’ère de ce “droit de domination ” touche à sa fin: nous l’observons dans le cas de l’Ukraine, alors que de nombreux pays n’ont pas suivi l’Occident, nous l’observons en Palestine”.
Le Hamas et Israël conviennent d’une trêve et d’un échange de prisonniers
Le Cabinet des ministres israélien a pris une décision positive concernant l’accord avec le mouvement palestinien Hamas pour la libération des otages. Après des heures de discussion, les ministres ont voté en faveur d’un accord prévoyant un cessez-le-feu temporaire en échange de prisonniers israéliens. L’État juif libérera également des centaines de Palestiniens emprisonnés en Israël, rapporte Axios.
Selon les accords, une pause humanitaire sera instaurée dans la bande de Gaza.
Auparavant, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait déclaré que les autorités du pays devaient prendre une décision difficile concernant les otages. “Mais c’est la bonne décision”, a-t-il ajouté.
Selon lui, les forces de sécurité ont pleinement soutenu le gouvernement, sur la base de leurs évaluations professionnelles. Les troupes israéliennes resteront en sécurité pendant le cessez-le-feu et leurs capacités de combat seront améliorées au cours de ces jours.
Le Hamas doit libérer une cinquantaine d’otages et qu’Israël doit libérer des centaines de femmes et mineurs palestiniens.
Le renseignement extérieur russe affirme que Washington pousse secrètement Israël à accélérer son opération à Gaza
Les États-Unis appellent à huis clos les dirigeants israéliens à accélérer l’opération dans la bande de Gaza, car son retard pourrait affecter négativement la position de Joe Biden avant l’élection présidentielle, selon un communiqué du bureau de presse du Service russe de renseignement extérieur.
88 employés de l’Onu tués à Gaza, les plus grandes pertes en conflit de l’histoire de l’organisation
Le nombre de travailleurs de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) tués dans la bande de Gaza s’est élevé à 88, soit plus que dans tout autre conflit, ont déclaré les chefs humanitaires de l’organisation mondiale dans un communiqué commun.
“Le nombre de travailleurs humanitaires tués depuis le 7 octobre inclut 88 membres du personnel de l’UNRWA. Il s’agit des plus grandes pertes jamais enregistrées par l’ONU dans un seul conflit”, souligne le document.
Une foule bloque l’aéroport de Makhatchkala au Daghestan à la recherche de Juifs
La chaîne Telegram « Ostorojno, Novosti » a rapporté qu’une foule a fait irruption dans l’aéroport de Makhatchkala à la recherche de Juifs. Selon la chaîne, des personnes agressives crient des slogans antisémites.
Les arrivants font irruption dans toutes les pièces, ils sont au moins une centaine.
Avant cela, les forces de sécurité avaient annoncé des renforts à l’aéroport de Makhatchkala, mais n’avaient pas empêché les « contrôles » forcés des documents des arrivants par les personnes rassemblées afin « d’identifier les Juifs ». Les personnes rassemblées déclarent qu’elles n’autoriseront pas les réfugiés d’Israël à entrer dans la république en raison du bombardement brutal de la bande de Gaza.
Tsahal étend ses opérations terrestres sur la bande de Gaza
L’armée israélienne continue d’étendre ses opérations terrestres dans la bande de Gaza, frappant ces derniers jours plus de 600 installations militaires du mouvement radical Hamas dans l’enclave. C’est ce que le service de presse de l’armée a rapporté.
“Les unités de Tsahal continuent d’étendre leurs opérations terrestres dans la bande de Gaza. Au cours des derniers jours, Tsahal a frappé plus de 600 cibles terroristes, notamment des dépôts d’armes, des dizaines de lanceurs de missiles antichar et des cachettes et zones de rassemblement du Hamas”, a déclaré le communiqué.
Israël retarde son opération sous pression américaine et pour ses otages
Israël a exposé les conditions dans lesquelles il serait prêt à annuler ses opérations terrestres dans la bande de Gaza. Comme l’ a déclaré le porte-parole de Tsahal, Jonathan Conricus , dans une interview accordée le 23 octobre à la chaîne de télévision australienne ABC , la guerre prendra fin si le Hamas rend les otages, « tous les 212 », et « se rend sans condition ».
Selon les médias américains et israéliens, le début de l’opération terrestre est retardé précisément à cause des otages. Comme l’a rapporté Axios le 24 octobre, citant des responsables israéliens, le cabinet de guerre de Benjamin Netanyahu et l’administration américaine « veulent tout mettre en œuvre pour sauver les otages de Gaza ». “Si le Hamas propose d’échanger un grand nombre de personnes à la fois, nous serons bien sûr prêts à faire quelque chose en réponse”, a déclaré l’un des interlocuteurs de la publication. Si Israël lance une opération terrestre, rapporte Axios, la libération des otages deviendra presque impossible.
BRENNUS: Mais pourquoi donc Emmanuel Macron se rend-il en Israël ?
Emmanuel Macron n’aurait pas dû se rendre en Israël. Comme membre permanent du Conseil de sécurité, le président français peut recevoir à Paris qui il juge bon. Et les autorités israéliennes auraient pu solliciter une rencontre. Le président américain et le Premier ministre britannique ne se sont-ils pas rendus à Tel-Aviv, m’objectera-t-on? Précisément: c’est une terrible erreur. Les puissances anglo-saxonnes soutiennent les moindres initiatives d’ Israël malgré son refus d’appliquer les résolutions de l’ONU, depuis des décennies. Or la France, depuis le Général de Gaulle, a toujours insisté sur le fait que l’Etat d’Israël tirait sa légitimité des Nations Unies (en 1947) et devait en respecter les résolutions. La vocation de la France, c’est de rechercher l’équilibre des puissances au service du droit international,pour préserver la paix, condition de la prospérité et du bonheur des nations. Dans l’affaire de Gaza, la France devrait être du côté de la Russie et de la Chine, au service de la diplomatie et de la paix. De même, en Ukraine, où la Russie est partie prenante, le président français aurait dû suivre l’exemple des Etats qui recherche une médiation: Chine, Turquie, Brésil….
Au moment où nous bouclons ce papier, Emmanuel Macron est arrivé en Israël pour une visite dont on ne comprend pas l’opportunité.
La France est membre permanent du Conseil de sécurité. Le président américain et le Premier ministre britannique se sont déjà rendus à Tel-Aviv ces derniers jours. Il n’est pas sain qu’un troisième membre du Conseil de sécurité effectue le déplacement. Surtout, cela revient à faire basculer, dans la perception mondiale et en réalité, la majorité des membres du Conseil de sécurité des Nations Unies du côté du soutien à Israël.
Or faut-il rappeler deux évidences:1. Israël existe par la volonté des Nations Unies. 2. Israël ne respecte pas les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies concernant la création d’un Etat palestinien.
Louis XVI, jean Jaurès, Charles de Gaulle l’ont dit, chacun à sa manière: la France n’a pas d’autre vocation, dans les relations internationales, que d’être une puissance d’équilibre au service de la justice et de la paix entre les nations.
Macron aurait dû réécouter le Général de Gaulle
Réécoutons ce que disait le Général de Gaulle en novembre 1967:
« L’établissement, entre les deux guerres mondiales, car il faut remonter jusque-là, l’établissement d’un foyer sioniste en Palestine et puis, après la Deuxième guerre mondiale, l’établissement d’un Etat d’Israël, soulevait, à l’époque, un certain nombre d’appréhensions. On pouvait se demander, en effet, et on se demandait même chez beaucoup de Juifs, si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui étaient foncièrement hostiles, n’allait pas entraîner d’incessants, d’interminables, frictions et conflits. Certains même redoutaient que les Juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles.
Cependant, en dépit du flot tantôt montant, tantôt descendant, des malveillances qu’ils suscitaient dans certains pays et à certaines époques, un capital considérable d’intérêt et même de sympathie, s’était accumulé en leur faveur, surtout, il faut bien le dire, dans la Chrétienté ; un capital qui était issu de l’immense souvenir du Testament, nourri par toutes les sources d’une magnifique liturgie, entretenu par la commisération qu’inspirait leur antique malheur et que poétisait, chez nous, la légende du Juif errant, accru par les abominables persécutions qu’ils avaient subies pendant la Deuxième guerre mondiale et grossi, depuis qu’ils avaient retrouvé une patrie, par leurs travaux constructifs et le courage de leurs soldats.
C’est pourquoi, indépendamment des vastes concours en argent, en influence, en propagande, que les Israéliens recevaient des milieux juifs d’Amérique et d’Europe, beaucoup de pays, dont la France, voyaient avec satisfaction l’établissement de leur Etat sur le territoire que leur reconnu les Puissances, tout en désirant qu’ils parviennent, en usant d’un peu de modestie, à trouver avec leurs voisins un « modus vivendi » pacifique.
Il faut dire que ces données psychologiques avaient quelque peu changé depuis 1956 ; à la faveur de l’expédition franco-britannique de Suez, on avait vu apparaître, en effet, un Etat d’Israël guerrier et résolu à s’agrandir. Ensuite, l’action qu’il menait pour doubler sa population par l’immigration de nouveaux éléments, donnait à penser que le territoire qu’il avait acquis ne lui suffirait pas longtemps et qu’il serait porté, pour l’agrandir, à utiliser toute occasion qui se présenterait. C’est pourquoi, d’ailleurs, la Ve République s’était dégagée, vis-à-vis d’Israël, des liens spéciaux et très étroits que le régime précédent avait noués avec cet Etat et s’était appliquée, au contraire, à favoriser la détente dans le Moyen-Orient. Bien sûr, nous conservions avec le gouvernement israélien des rapports cordiaux et, même, nous lui fournissions pour sa défense éventuelle les armements qu’il demandait d’acheter, mais, en même temps, nous lui prodiguions des avis de modération, notamment à propos des litiges qui concernaient les eaux du Jourdain ou bien des escarmouches qui opposaient périodiquement les forces des deux camps. Enfin, nous nous refusions à donner officiellement notre aval à son installation dans un quartier de Jérusalem dont il s’était emparé et nous maintenions notre ambassade à Tel Aviv.
D’autre part, une fois mis un terme à l’affaire algérienne, nous avions repris avec les peuples arabes d’Orient la même politique d’amitié, de coopération qui avait été pendant des siècles celle de la France dans cette partie du monde et dont la raison et le sentiment font qu’elle doit être, aujourd’hui, une des bases fondamentales de notre action extérieure. Bien entendu, nous ne laissions pas ignorer aux Arabes que, pour nous, l’Etat d’Israël était un fait accompli et que nous n’admettrions pas qu’il fût détruit. De sorte que, on pouvait imaginer qu’un jour viendrait où notre pays pourrait aider directement à ce qu’une paix réelle fût conclue et garantie en Orient, pourvu qu’aucun drame nouveau ne vint le déchirer.
Hélas ! le drame est venu. Il avait été préparé par une tension très grande et constante qui résultait du sort scandaleux des réfugiés en Jordanie, et aussi d’une menace de destruction prodiguée contre Israël. Le 22 mai, l’affaire d’Akaba, fâcheusement créée par l’Egypte, allait offrir un prétexte à ceux qui rêvaient d’en découdre. Pour éviter les hostilités, la France avait, dès le 24 mai, proposé aux trois autres grandes puissances d’interdire, conjointement avec elles, à chacune des deux parties, d’entamer le combat. Le 2 juin, le gouvernement français avait officiellement déclaré, qu’éventuellement, il donnerait tort à quiconque entamerait le premier l’action des armes, et c’est ce que j’avais, moi-même, le 24 mai, déclaré M. Eban, ministre des Affaires étrangères d’Israël, que je voyais à Paris. « Si Israël est attaqué, lui dis-je alors en substance, nous ne le laisserons pas détruire, mais si vous attaquez, nous condamnerons votre initiative. Certes, malgré l’infériorité numérique de votre population, étant donné que vous êtes beaucoup mieux organisés, beaucoup plus rassemblés, beaucoup mieux armés, que les Arabes, je ne doute pas que, le cas échéant, vous remportiez des succès militaires, mais, ensuite, vous vous trouveriez engagés sur le terrain, et au point de vue international, dans des difficultés grandissantes, d’autant plus que la guerre en Orient, ne peut manquer d’augmenter dans le monde une tension déplorable et d’avoir des conséquences très malencontreuses pour beaucoup de pays, si bien que c’est à vous, devenus des conquérants, qu’on en imputerait peu à peu les inconvénients ».

On sait que la voix de la France n’a pas été entendue. Israël ayant attaqué, s’est emparé, en six jours de combat, des objectifs qu’il voulait atteindre. Maintenant, il organise, sur les territoires qu’il a pris, l’occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsions, et il s’y manifeste contre lui une résistance, qu’à son tour, il qualifie de terrorisme. Il est vrai que les deux belligérants observent, pour le moment, d’une manière plus ou moins précaire et irrégulière, le cessez-le-feu prescrit par les Nations Unies, mais il est bien évident que le conflit n’est que suspendu et qu’il ne peut y avoir de solution, sauf par la voie internationale. Mais un règlement dans cette voie, à moins que les Nations Unies ne déchirent elles-mêmes leur propre Charte, un règlement doit avoir pour base l’évacuation des territoires qui ont été pris par la force, la fin de toute belligérance et la reconnaissance réciproque de chacun des Etats en cause par tous les autres. Après quoi, par des décisions des Nations Unies, en présence et sous la garantie de leurs forces, il serait probablement possible d’arrêter le tracé précis des frontières, les conditions de la vie et de la sécurité des deux côtés, le sort des réfugiés et des minorités, et les modalités de la libre navigation pour tous, notamment dans le golfe d’Akaba et dans le canal de Suez. Suivant la France, dans cette hypothèse, Jérusalem devrait recevoir un statut international.
Pour qu’un tel règlement puisse être mis en œuvre, il faudrait qu’il y eût l’accord des grandes puissances (qui entraînerait ipso facto celui des Nations Unies) et, si un tel accord voyait le jour, la France est d’avance disposée à prêter sur place son concours politique, économique et militaire, pour que cet accord soit effectivement appliqué. Mais on ne voit pas comment un accord quelconque pourrait naître, non point fictivement sur quelque formule creuse, mais effectivement pour une action commune, tant que l’un des plus grands des Quatre ne se sera pas dégagé de la guerre odieuse qu’il mène ailleurs. Car tout se tient dans le monde d’aujourd’hui. Sans le drame du Vietnam, le conflit entre Israël et les Arabes ne serait pas devenu ce qu’il est et si, demain, l’Asie du Sud-Est voyait renaître la paix, le Moyen-Orient l’aurait recouvrée à la faveur de la détente générale qui suivrait un pareil événement. »
Au lieu de se focaliser sur la formule “peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur”, du reste utilisée au style indirect, on devrait lire et relire ce texte qui posait la France en puissance d’équilibre et en garante du droit international.
Il est essentiel, en effet de souligner que le Général, tout en rendant justice aux périodes les plus sombres de l’histoire du peuple juif, se garde bien de fonder sur elles le à l’existence du peuple d’Israël.
Récemment, j’ai vu circuler une vidéo sur les réseaux sociaux: François Fillon y raconte comment il s’est trouvé idiot, un jour où il échangeait avec des dirigeants iraniens, quand il a justifié le droit à l’existence de l’Etat d’Israël par la présence des Juifs sur place il y a deux mille ans. Ses interlocuteurs ont ridiculisé son point de vue en lui rappelant que les Perses avaient temporairement occupé une partie de l’Inde mais n’avaient aucune raison d’y retourner.
Or il n’y a qu’une manière d’argumenter: l’Israël moderne existe par la volonté des Nations Unies. La France en est garante. Et elle doit se faire garante de l’application par Israël des résolutions des Nations Unies. Faut-il rappeler que la conférence de presse du Général de Gaulle du 27 novembre 1967 suivait de cinq jours le vote de la résolution 242 du Conseil de sécurité?
Les résolutions de l’ONU non respectées par Israël
Le Monde diplomatique avait fait, il y a quelques années, un utile récapitulatif des résolutions de l’ONU non respectées par Israël entre 1947 et 2009:
Assemblée générale
(ayant alors fonction d’organe décisionnaire)
Résolution 181 (29 novembre 1947). Adoption du plan de partage : la Palestine est divisée en deux Etats indépendants, l’un arabe, l’autre juif, et Jérusalem est placée sous administration des Nations unies.
Résolution 194 (11 décembre 1948). Les réfugiés qui le souhaitent doivent pouvoir « rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et vivre en paix avec leurs voisins » ; les autres doivent être indemnisés de leurs biens « à titre de compensation ». Création de la commission de conciliation des Nations unies pour la Palestine.
Résolution 302 (8 décembre 1949). Création de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA).
Conseil de sécurité
Résolution 236 (11 juin 1967). Au lendemain de la guerre de juin 1967, le Conseil de sécurité exige un cessez-le-feu et un arrêt immédiat de toutes les activités militaires dans le conflit opposant l’Egypte, la Jordanie et la Syrie à Israël.
Résolution 237 (14 juin 1967). Le Conseil de sécurité demande à Israël d’assurer « la sûreté, le bien-être et la sécurité des habitants des zones où des opérations militaires ont eu lieu » et de faciliter le retour des réfugiés.
Résolution 242 (22 novembre 1967). Le Conseil de sécurité condamne l’« acquisition de territoire par la guerre » et demande le « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés ». Il affirme « l’inviolabilité territoriale et l’indépendance politique » de chaque Etat de la région.
Résolution 250 (27 avril 1968). Israël est invité à ne pas organiser le défilé militaire prévu à Jérusalem le 2 mai 1968 considérant que cela aggraverait les « tensions dans la région ».
Résolution 251 (2 mai 1968). Le Conseil de sécurité déplore la tenue du défilé militaire de Jérusalem « au mépris » de la résolution 250.
Résolution 252 (21 mai 1968). Le Conseil de sécurité déclare « non valides » les mesures prises par Israël, y compris l’« expropriation de terres et de biens immobiliers », qui visent à « modifier le statut de Jérusalem », et demande à celui-ci de s’abstenir de prendre de telles mesures.
Résolution 267 (3 juillet 1969). Le Conseil de sécurité censure « toutes les mesures prises [par Israël] pour modifier le statut de Jérusalem ».
Résolution 340 (25 octobre 1973). A la suite de la guerre de Ramadan ou de Kippour, création de la deuxième Force d’urgence des Nations unies (FUNU-II) qui vise à « superviser le cessez-le-feu entre les forces égyptiennes et israéliennes » et à assurer le « redéploiement » de ces mêmes forces.
Résolution 446 (22 mars 1979). Le Conseil de sécurité exige l’arrêt des « pratiques israéliennes visant à établir des colonies de peuplement dans les territoires palestiniens et autres territoires arabes occupés depuis 1967 », déclare que ces pratiques « n’ont aucune validité en droit » et demande à Israël de respecter la convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre.
Résolution 468 (8 mai 1980). Le Conseil de sécurité déclare « illégales » les expulsions à l’étranger de notables palestiniens de Hébron et de Halhoul par les autorités militaires israéliennes et demande à Israël de les annuler.
Résolution 592 (8 décembre 1986). Le Conseil de sécurité rappelle que la convention de Genève relative à la protection des civils en temps de guerre « est applicable aux territoires palestiniens et autres territoires arabes occupés par Israël depuis 1967 ». Il condamne « l’armée israélienne qui, ayant ouvert le feu, a tué ou blessé des étudiants » de l’université Bir Zeit.
Résolution 605 (22 décembre 1987). Après le déclenchement de la première Intifada, le Conseil de sécurité condamne les pratiques d’Israël « qui violent les droits de l’homme du peuple palestinien dans les territoires occupés, en particulier le fait que l’armée israélienne a ouvert le feu, tuant ou blessant des civils palestiniens ».
Résolution 607 (5 janvier 1988). Israël doit « s’abstenir d’expulser des civils palestiniens des territoires occupés » et respecter les obligations que lui impose la convention de Genève.
Résolution 608 (14 janvier 1988). Le Conseil de sécurité demande à Israël « d’annuler l’ordre d’expulsion des civils palestiniens et d’assurer le retour immédiat et en toute sécurité » de tous ceux déjà expulsés.
Résolution 636 (6 juillet 1989). Le Conseil de sécurité demande à Israël, en conformité avec ses précédentes résolutions et avec la convention de Genève, de « cesser immédiatement d’expulser d’autres civils palestiniens » et d’assurer le retour en toute sécurité de ceux déjà expulsés.
Résolution 641 (30 août 1989). Le Conseil de sécurité « déplore qu’Israël, puissance occupante, continue d’expulser des civils palestiniens » et lui demande d’assurer le retour de tous les expulsés.
Résolution 672 (12 octobre 1990). Après les violences de l’esplanade des Mosquées – le mont du Temple, le Conseil de sécurité condamne « les actes de violence commis par les forces de sécurité israéliennes » à Al-Haram Al-Charif et dans d’autres lieux saints de Jérusalem et demande à Israël de « s’acquitter scrupuleusement des obligations juridiques et des responsabilités qui lui incombent » vis-à-vis des civils des territoires occupés.
Résolution 673 (24 octobre 1990). Le Conseil de sécurité condamne le refus d’Israël d’appliquer la résolution 672.
Résolution 681 (20 décembre 1990). Israël est sommé d’appliquer la convention de Genève.
Résolution 694 (24 mai 1991). Le Conseil de sécurité déclare que l’expulsion de quatre nouveaux civils palestiniens en mai 1991 par les forces israéliennes constitue une violation de la convention de Genève.
Résolution 799 (18 décembre 1992). Le Conseil de sécurité condamne les quatre cents expulsions de décembre 1992, soulignant qu’elle est contraire aux obligations internationales imposées à Israël par la convention de Genève. Le Conseil réaffirme l’indépendance et l’intégrité territoriale du Liban.
Résolution 904 (18 mars 1994). A la suite du massacre de la mosquée de Hébron, le Conseil de sécurité demande à Israël de prendre les mesures nécessaires « afin de prévenir des actes de violence illégaux de la part des colons israéliens » envers les civils palestiniens.
Résolution 1322 (7 octobre 2000). A la suite du début de la seconde Intifada, le Conseil de sécurité déplore les violences et condamne le « recours à la force excessif contre les Palestiniens ». Il demande à Israël de respecter ses obligations relatives à la convention de Genève.
Résolution 1397 (12 mars 2002). Le Conseil de sécurité demande la « cessation immédiate de tous les actes de violence, y compris tous les actes de terreur et toutes provocations, incitations et destructions », et réclame la coopération des Israéliens et des Palestiniens visant à la reprise des négociations.
Résolution 1402 (30 mars 2002). Après la réoccupation totale de la Cisjordanie, le Conseil de sécurité demande un cessez-le-feu immédiat et le « retrait des troupes israéliennes des villes palestiniennes ».
Résolution 1405 (19 avril 2002). Le Conseil de sécurité déclare qu’« il est urgent que les organismes médicaux et humanitaires aient accès à la population civile palestinienne ».
Résolution 1435 (24 septembre 2002). Le Conseil de sécurité exige « le retrait rapide des forces d’occupation israéliennes des villes palestiniennes ». Il demande à l’Autorité palestinienne de « faire traduire en justice les auteurs d’actes terroristes ».
Résolution 1515 (19 novembre 2003). Le Conseil de sécurité se déclare « attaché à la vision d’une région dans laquelle deux Etats, Israël et la Palestine, vivent côte à côte, à l’intérieur de frontières sûres et reconnues », et demande en conséquence aux parties en conflit de s’acquitter des obligations relatives à la « feuille de route » du Quartet.
Résolution 1544 (19 mai 2004). Le Conseil de sécurité demande qu’Israël respecte « les obligations que lui impose le droit humanitaire international » et « l’obligation qui lui est faite de ne pas se livrer aux destructions d’habitations ».
Résolution 1850 (16 décembre 2008). Le Conseil de sécurité soutient le processus d’Annapolis, et demande aux parties de « s’abstenir de toute mesure suceptible d’entamer la confiance » et de ne pas « remettre en cause l’issue des négociations ».
Résolution 1860 (8 janvier 2009). Après l’incursion de l’armée israélienne dans la bande de Gaza, le Conseil de sécurité exige « l’instauration immédiate d’un cessez-le-feu durable et pleinement respecté menant au retrait total des forces israéliennes de la bande de Gaza ». Il demande de ne pas entraver l’entrée des organisations médicales dans Gaza et d’empêcher le trafic illégal d’armes.
Le Monde diplomatique février 2009
Or, dans les quinze dernières années, les résolutions du Conseil de Sécurité se sont multipliées, au risque d’émousser l’autorités de l’ONU:
En 2022 seulement, Israël a battu tous les records en faisant l’objet de 15 résolutions de l’ONU, pendant que la Russie faisait l’objet de 6 résolutions, et ce, malgré la guerre entre cette dernière et l’Ukraine qui a débuté la même année.
Cette liste, très loin d’être exhaustive, de résolutions non respectées, laisse entrevoir à quel point les violations en matière de droits de l’homme auxquelles sont confrontés les Palestiniens, restent toujours les mêmes presque 70 ans plus tard. Mais les appels désespérés du peuple palestinien semblent malheureusement toujours inaudibles en Occident.
TRTFrançais, 10 octobre 2023
A ce titre, le refus de la France de voter, il y a quelques jours, la résolution russe appelant à un cessez-le-feu à Gaza, sous prétexte que le texte condamnait les crimes de guerre commises par les deux parties (Résistance palestinienne et Israël) – sans les nommer spécifiquement – est une grave faute, qui enlève toute capacité d’influence, sinon toute légitimité, à ce que pourra dire Emmanuel Macron ce jour en Israël.
Surtout, pendant la visite du président français, la guerre continue:
Guerre de Gaza – Jour 18
Selon le Flash Info (8h30) du canal Telegram Rester Libre:
- L’armée israélienne rapporte avoir mené des frappes aériennes sur 400 cibles à Gaza ces dernières 24h. D’intenses tirs d’artillerie ont visé le nord de Gaza cette nuit.
- Google désactive les données traffic en temps réel en Israël en prévision de l’invasion terrestre de Gaza (CNN)
- Les Nations Unies ont rapporté que 6 employés de l’UNRWA ont été tués à Gaza au cours des dernières 24 heures
- Une importante panne d’électricité a eu lieu cette nuit à l’hôpital indonésien de Gaza en raison de la pénurie de carburant (médias locaux)
- L’administration Biden prépare l’évacuation de tous les Américains du Moyen-Orient (Washington Post)
- Des affrontements entre troupes au sol de Tsahal et le Hamas ont eu lieu au abords de la bande de Gaza.
Le Flash info de 11 heures: Les États-Unis ont publié une déclaration selon laquelle tout cessez-le-feu à Gaza profiterait au Hamas
- Selon le porte-parole du département d’État, Matthew Miller, un cessez-le-feu «donnerait au Hamas la possibilité de se reposer, de se rééquiper et de se préparer à continuer à lancer des attaques terroristes contre Israël»
- Selon le New York Times : «L’administration Biden est préoccupée par le fait qu’Israël n’a pas d’objectifs militaires tangibles à Gaza et que les forces de défense israéliennes ne sont pas encore prêtes à lancer une invasion terrestre selon un plan réalisable»
- La Maison Blanche insiste cependant sur le fait que la décision concernant l’opération terrestre dans la bande de Gaza appartient uniquement à Israël. De plus, un diplomate de l’ambassade d’Israël a nié que le gouvernement américain conseillait aux Israéliens de retarder l’invasion terrestre.
Le Flash Info de 13h30: 5 791 tués à Gaza (2360 enfants et 1292 femmes) / le système de santé de la bande de Gaza est en train de s’effondrer
- Le chirurgien palestino-britannique, Ghassan Abu Sitta, a déclaré que les 14000 blessés qui se trouvent dans les hôpitaux de Gaza seront bientôt laissés sans soins, faute de matériel et de carburant pour le générateurs.
- Israël a envoyé un message de mécontentement et de déception à Moscou en raison des déclarations russes concernant la guerre contre Gaza (médias israéliens)
- Déclaration de l’Émir de l’État du Qatar : «il ne sera pas permis à Israël de recevoir un feu vert inconditionnel et une autorisation illimitée de tuer des Palestiniens sans conséquences […] Nous n’acceptons pas qu’il y ait deux poids deux mesures et que l’on agisse comme si la vie des enfants ne comptait pas […] Il n’est pas permis de continuer à ignorer les faits de l’occupation sioniste, du siège et des colonies illégales sur les terres palestiniennes»
Pensez à suivre les flash info réguliers sur ce canal, animé par le Courrier des Stratèges.
Emouvant témoignage sur la communauté catholique de Gaza
Emmanuel Macron se rappellera-t-il, lors de sa visite en Israël, que, depuis le Moyen-Âge, la France est garante de la liberté d’accès aux Lieux Saints sur cette terre sacrée pour les trois descendances d’Abraham: enfants d’Isaac selon la lignée (judaïsme), enfants d’Ismaël selon la lignée (Islam) et disciples de Jésus-Christ, enfants du Père des croyants dans l’Esprit-Saint?
Lisons par exemple cet émouvant témoignage sur la communauté catholique de Gaza, qui garde fidèlement l’église construite en un lieu où s’arrêtèrent Joseph, Marie et Jésus durant la Fuite en Egypte:
Alors que des dizaines de milliers de Palestiniens de la bande de Gaza ont fui vers le sud de l’enclave après l’ultimatum de l’armée israélienne, espérant échapper aux bombardements, un groupe de réfugiés chrétiens dans l’église catholique de la ville de Gaza a célébré le baptême d’un enfant de 11 mois nommé Daniel. L’image du 15 octobre dernier se voulait un message au monde. “Nous avons choisi la vie, bien que nous soyons entourés par la mort”, déclare George Antone, responsable de l’ONG Caritas Jérusalem dans la bande de Gaza. Sa voix se brise lorsqu’il se souvient de ce moment. Il est épuisé et terrifié, admet-il lors d’une conversation téléphonique avec ce journal.
“Nous sommes morts de peur. La plupart des gens pensent que nous ne sortirons pas vivants de l’église, qu’ils vont nous bombarder. Mais il faut continuer, il faut être fort. Nous sommes dans la maison de Jésus, nous sommes entre ses mains”, déclare-t-il depuis l’église de la Sainte-Famille, dans la ville de Gaza.
Parmi les plus de deux millions d’habitants de la bande de Gaza, il existe une minuscule communauté chrétienne d’environ 1 000 personnes. Elle est en déclin depuis des années, en particulier depuis que le mouvement islamiste Hamas a pris le contrôle de Gaza en 2007. Comme les autres habitants de Gaza, ils souffrent de l’isolement et du manque de liberté dus au blocus imposé par Israël depuis 16 ans. Mais les chrétiens doivent également faire face à l’exclusion du travail et de la société, qui est favorisée par des secteurs liés au Hamas et à d’autres mouvements islamistes radicaux présents dans la région.
“Malheureusement, nous avons une grande expérience des guerres et lorsque nous avons vu l’attaque du Hamas le 7 [octobre], nous savions qu’il y aurait une énorme réponse militaire israélienne. Ma femme, mes trois filles et moi-même avons décidé de nous réfugier dans l’église. Petit à petit, d’autres personnes sont arrivées, qui avaient peur dans leur maison ou qui avaient tout perdu. Aujourd’hui, 500 chrétiens sont ici”, explique lentement Antone, 42 ans. Un prêtre égyptien, le père Yussef, et une dizaine de religieuses de différentes congrégations ont rejoint le groupe. Tous savent qu’ils courent un risque énorme et même les plus optimistes se sont sentis découragés jeudi dernier, lorsque l’église orthodoxe grecque, l’église Saint-Porphyre, située à quelques mètres de la leur, a été touchée par un bombardement qui a tué au moins 18 des 350 personnes qui s’étaient réfugiées à l’intérieur.
La communauté chrétienne de la bande de Gaza, consciente que la région était une poudrière prête à exploser, a créé il y a quelques mois un comité de gestion des crises futures et a commencé à se préparer à des temps difficiles, explique Antone. “Nous avons commencé à stocker des matelas, des couvertures, des produits d’hygiène, du carburant et des denrées alimentaires non périssables, à préparer des générateurs et à voir comment nous pourrions rapidement acheter de l’eau et d’autres fournitures en cas d’urgence. Nous vivons ici et nous connaissons la situation. Nous craignions que quelque chose ne se produise parce que la violence à Gaza est cyclique, mais nous avons dépassé nos pires craintes”, reconnaît-il.
Lorsque l’armée israélienne a averti la population civile qu’elle devait se déplacer vers la partie sud de l’enclave pour sauver sa vie, la grande majorité des familles chrétiennes a décidé de ne pas quitter l’église. “En ce moment, nous pouvons tenir jusqu’à deux mois ici. L’idée est de garantir la survie de la communauté chrétienne de Gaza à la fin de la guerre. Nous ne voulons pas être forcés de partir d’ici, notre place est à Gaza”, explique Antone, qui est né dans une famille de réfugiés palestiniens au Liban et qui est retourné dans la bande de Gaza en 1994, encouragé par l’optimisme suscité par les accords d’Oslo et espérant participer à la construction d’un État palestinien.
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“Désolé, nous sommes en train d’évacuer les gens de l’église orthodoxe. Nous allons devoir parler plus tard”, répond, agitée, Nisreen Antone, épouse de George et responsable des projets du Patriarcat de Jérusalem à Gaza, quelques heures après le bombardement de l’église Saint-Porphyre, la plus ancienne de Gaza. “Nous ne savons pas combien de personnes sont mortes, nous pensons qu’il y a encore des gens sous les décombres. Il n’y a pas de mots pour exprimer ce que nous ressentons aujourd’hui”, ajoute la femme.
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Quelques heures plus tard, 18 chrétiens morts dans cet attentat ont été enterrés. Au total, 40 survivants et plusieurs blessés sont hébergés dans l’église de la Sainte-Famille, où des médecins et des infirmières se trouvent parmi les réfugiés. La famille Antone insiste sur le fait que les autorités ecclésiastiques de Jérusalem ont informé l’armée israélienne que les églises et leurs institutions associées, telles que les écoles catholiques, sont des abris pour des centaines de personnes, “des gens de paix qui n’ont rien à voir avec ce conflit”.
“Mais nous sommes tous des Palestiniens, il n’y a pas de différence entre les Palestiniens musulmans et nous. Nous ne sommes pas une exception, et nous sommes en permanence en danger. Nous essayons juste de survivre, mais nous ne savons pas ce qui va se passer, ce que les jours à venir nous réservent”, dit Antone avec angoisse.
Le patriarcat grec orthodoxe de Jérusalem a sévèrement dénoncé l’attaque et a souligné que le fait d’attaquer une église en tant que cible militaire, alors qu’elle “offre un abri à des citoyens innocents” qui ont perdu leur maison, “est un crime de guerre qui ne peut être ignoré”. Un porte-parole de l’armée israélienne a déclaré à Reuters que ses avions de combat avaient attaqué un “poste de commandement d’une organisation terroriste” et que “le mur d’une église de la région avait été endommagé”. Il a ajouté que “l’incident est en cours d’examen”.
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Depuis des années, les chrétiens de Gaza maintiennent un équilibre fragile entre les autorités islamistes de la bande de Gaza, le dialogue avec Israël et la préservation de leurs coutumes. Il est arrivé que l’église et ses fidèles, facilement identifiables par leur nom de famille et leur apparence, en particulier les femmes, fassent l’objet de menaces et de quelques attaques. Dans le passé, les chrétiens occupaient également des postes importants au sein du gouvernement, des universités et des organisations palestiniennes, mais ils ont progressivement disparu de la vie publique à Gaza et, dans le meilleur des cas, ils travaillent dans des organisations catholiques telles que Caritas ou d’autres ONG. Contrairement aux grandes familles chrétiennes de Cisjordanie, qui sont souvent influentes, n’ont pas de difficultés financières et sont bien intégrées dans la société, être chrétien à Gaza implique un parcours compliqué et semé d’embûches au quotidien.
C’est pourquoi beaucoup ont fait leurs valises. En 2007, la bande de Gaza comptait environ 7 000 chrétiens, soit sept fois plus qu’aujourd’hui. Dans l’ensemble des territoires palestiniens, la communauté ne représente pas plus de 2 % de la population. La communauté chrétienne de Gaza ne compte pas plus de 130 catholiques.
La vie quotidienne à l’intérieur de l’église de la Sainte-Famille est parfaitement organisée pour conjurer le sentiment de chaos et étouffer la peur. Il y a deux messes, l’une le matin et l’autre l’après-midi, la prière du rosaire, des moments pour cuisiner et faire le ménage… “Nous sortons peu, car nous risquons notre vie. Seulement si c’est nécessaire pour obtenir des médicaments que nous n’avons pas ou pour soigner quelqu’un qui se trouve dans nos écoles, où nous avons accueilli des familles musulmanes”, explique Antone.
Lorsqu’il y a une menace de bombardement à proximité, les responsables de la sécurité à l’intérieur de l’église organisent rapidement les personnes présentes, les aident à se déplacer vers l’un des abris qui ont été installés dans des zones plus sûres de l’église, où il y a également de l’eau et de la nourriture, et ils s’occupent des enfants, des personnes âgées et des personnes handicapées du groupe.
Pour George Antone, les trois appels du pape François ont été l’un des rares moments de paix de ces derniers jours : “Il était préoccupé par la communauté, par la façon dont nous vivions au sein de l’église, et il souhaitait que nous puissions bientôt rentrer chez nous. Je l’espère”.
Ce texte est publié en partenariat avec l’Institut BrennusAnticipation et Le Courrier des Stratèges
Pourquoi l’offensive israélienne à Gaza pourrait se terminer en catastrophe
Israël va bientôt commencer des opérations terrestres contre les militants du Hamas dans la zone urbaine de Gaza et nous ne pouvons craindre que le pire pour les civils palestiniens qui y vivent. La Bataille de Gaza sera sanglante, en réalité il y a eu sept batailles de Gaza entre Israéliens et Palestiniens depuis 2005, donc l’offensive israélienne à venir sera leur huitième tentative pour réprimer la résistance de l’armée palestinienne. Je pense qu’il y a quelques points clés à analyser concernant l’opération d’Israël.
Les épées de fer
Le point le plus important est que du point de vue militaire, cela sera beaucoup plus difficile que nous pourrions le penser et des défis tactiques attendent les Forces de défense israéliennes (FDI) à Gaza. Si le Hamas s’est préparé à défendre Gaza de la même manière qu’il l’a fait pour attaquer Israël, alors l’armée israélienne pourrait rencontrer de sérieux problèmes.
Facteurs pouvant compliquer la mission de l’armée israélienne à Gaza
Un élément qui pourrait compliquer la mission de l’armée israélienne à Gaza est la situation sur son flanc nord contre les forces du Hezbollah (HSB) au Liban. Au fil des années, le HSB a développé une force militaire bien entraînée et bien équipée d’au moins 30 000 combattants lourdement armés et idéologiquement motivés, avec des années d’expérience au combat. Nous pouvons seulement supposer que les Libanais attendent que l’armée israélienne se retrouve embourbée dans la guerre urbaine de Gaza pour lancer leurs propres opérations terrestres quelque part dans le nord, peut-être dans la région des fermes de Sheba et Avivim. Dans ce cas, il sera difficile pour Israël de gérer une guerre sur deux fronts. Pour l’instant, il ne s’agit que d’escarmouches, mais elles pourraient rapidement s’intensifier.
Nous pourrions voir le début d’opérations de formation de la part des Libanais, par exemple le 15 octobre, une base israélienne à la frontière libanaise a été attaquée par des missiles antichars montés sur des camions et des obus de mortier. Peu après, les forces libanaises ont également réussi à cibler l’équipage d’un char Merkava, causant au moins deux morts. Le lendemain, le 16 octobre, ils ont réussi à endommager un autre char Merkava en patrouille. Il y a également des rapports selon lesquels les Libanais ciblent les capteurs et les caméras situés le long de la frontière entre les deux pays. Cela pourrait certainement expliquer l’impasse actuelle de l’armée israélienne et sa réticence à attaquer immédiatement Gaza. Cela étant dit, je pense que la plus grande faiblesse des Forces de défense israéliennes réside dans leur incapacité à accepter des pertes.
Combien de pertes l’IDF est-il prêt à accepter pour atteindre ses objectifs ? Ce phénomène a commencé dans les années 1980, lorsque l’existence de l’État d’Israël n’était plus en danger. Lors de chaque campagne militaire, les opérations terrestres étaient finalement arrêtées après que les troupes israéliennes aient atteint un certain seuil de pertes, ce qui explique également pourquoi elles ont souvent recours à des frappes aériennes. Le premier exemple remonte à l’opération Paix en Galilée en 1982, dans le sud du Liban. Après un succès initial, Israël a fait face à une résistance acharnée de la part de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et de ses alliés. Bien que les Israéliens assiègent l’OLP, ils craignent les pertes d’une attaque frontale et de combats de rue. Finalement, l’IDF a commencé à retirer ses forces militaires après avoir subi 654 morts en environ 4 mois. Lorsqu’Israël est passé à la deuxième phase et a envahi à nouveau le sud du Liban en 2006, il a fallu 121 pertes militaires et plus de 1200 blessés en un mois pour que l’armée israélienne abandonne son opération contre le Hezbollah. Nous savons que Israël n’a pas réussi dans sa mission car les rapports sur les résultats sont qualifiés ‘‘d’inconclusifs’’.
La guerre de 2014, lorsque les forces israéliennes (l’IDF) sont entrées dans la bande de Gaza, elles ne devaient pas perdre plus de 1000 soldats tués/blessés et cela était déjà considéré comme beaucoup, mais en 2014, en l’espace de quelques jours, elles ont subi 67 pertes militaires et 469 blessés, soit un bataillon anéanti, et Israël a retiré ses forces en affirmant avoir atteint ses objectifs et avoir veillé à ce que le Hamas ne soit plus une menace. En 2014, la faction palestinienne du Hamas a déployé entre 2500 et 3500 combattants pour défendre Gaza, maintenant la situation est complètement différente, portée et échelle des atrocités récentes ont poussé la population israélienne à demander une offensive qui mettrait fin une fois pour toutes au groupe militant. Selon le ministre israélien de la Défense, Yuav Galant, avec l’opération Iron Swords, Israël se prépare non seulement à une contre-attaque, mais également à une expédition punitive en raison des lourdes pertes qu’il vient de subir, les soldats israéliens sont en colère et ils veulent se venger.
Le Washington Post a écrit : Israël s’enlise dans la nature imprévisible de la guerre urbaine cette fois-ci, les forces de défense d’Israël ne feront pas seulement face à deux à trois mille combattants ennemis, mais ils peuvent s’attendre à ce que les brigades Al Qassam déploient tous leurs 40 000 combattants et la bataille sera brutale car les Palestiniens ont le dos au mur. Le Hamas va se battre jusqu’à la fin pour défendre leur seul bastion dans le monde, pire encore, sans autre alternative que la destruction totale imminente de Gaza, toute la population palestinienne de la bande de Gaza pourrait probablement se ranger derrière le Hamas.
Sur Twitter et dans un article du media Wionnews, il y avait ce post montrant des adolescents palestiniens recevant un entraînement militaire, même s’ils peuvent y être contraints, de toute façon, une fois de plus, nous pouvons nous attendre à ce que chaque homme de plus de 16 ans rejoigne le combat, ce qui signifie 600 000 combattants potentiels, mais réalistement, ils ne se battront pas tous car il n’y a pas assez d’armes pour tout le monde. L’armée israélienne pourrait faire face à jusqu’à 150 000 hommes armés qui ne se battront pas seulement pour protéger le Hamas, le Hezbollah ou autre, mais ils se battront pour protéger leurs foyers et leurs familles. Les forces terrestres de l’IDF représentent environ 126 000 militaires en service actif, mais cela ne semble pas suffisant car elles continuent de retarder l’offensive et il semble que les Israéliens prévoient des pertes importantes puisqu’ils ont déjà demandé des renforts. Ici, selon Reuters, Israël mobilise 300 000 réservistes alors qu’il passe à l’offensive, au total, nous parlons d’environ un demi-million de soldats israéliens, ce qui est énorme pour une population de 7 millions de personnes, et ces unités affluent vers le sud du pays où de plus en plus de véhicules blindés prennent position autour de Gaza. Mais ces réservistes sont-ils prêts au combat ou ont-ils besoin de temps pour être réentrainés ? Est-ce pour cela que les opérations terrestres sont constamment retardées ?
Une autre raison semble être que l’IDF n’a pas suffisamment d’équipement militaire comme des gilets pare-balles, des casques et des genouillères pour tous ses réservistes, une théorie confirmée par The Times of Israel. Les soldats de réserve se plaignent du manque d’équipement ou de sa qualité médiocre, ce qui est compréhensible étant donné qu’il s’agit de la plus grande mobilisation de l’histoire du pays. Certaines personnes en ligne pensent que les unités spéciales israéliennes vont simplement entrer en combat, affronter les méchants et récupérer tous les otages.

L’article de ‘The Times of Israel’ a révélé que le premier jour de l’attaque le 7 octobre, selon certains témoignages, l’armée de l’air israélienne a fait atterrir deux pelotons de ses forces spéciales de l’unité Shalag à Beeri en hélicoptère, mais ils ont apparemment été submergés par les insurgés. Environ 90 insurgés sont entrés à Beeri vers 7 heures du matin le samedi, 2 heures plus tard, le détachement Shalag d’environ 20 soldats est arrivé, mais en peu de temps, la force a été érodée, ce qui est un euphémisme militaire pour dire qu’ils ont tous été tués ou blessés. En visualisant le fait que l’IDF va combattre le Hamas sur son propre territoire et qu’ils ont passé toute leur vie à Gaza, la bataille pourrait ressembler à des positions fortement fortifiées du Moyen-Orient avec des bunkers, des tunnels et des pièges partout.
Les Palestiniens ont passé des années à creuser des tunnels pour se déplacer entre les bâtiments sans être détectés et pour créer de nombreuses positions de combat renforcées avec du béton et de l’acier. Les plus meurtrières se trouvent dans les sous-sols, car elles ne peuvent pas être détruites par des frappes aériennes ou de l’artillerie, mais doivent être détruites par des tirs directs ou prises d’assaut par des soldats d’infanterie. Ce n’est rien de nouveau, les mêmes tactiques étaient utilisées par les insurgés en Irak. Ce qui aggrave les choses, ce sont les vastes réseaux de tunnels qui permettent aux combattants d’apparaître apparemment de nulle part, d’attaquer, puis de se retirer vers les bunkers cachés.
En même temps, les Forces de défense d’Israël sont une armée lourdement blindée, mais tant de choses pourraient mal se passer ici. Nous avons tous vu l’accumulation d’un nombre important de véhicules blindés autour de Gaza, au moins 50 véhicules blindés de tous types, des Merkava 4M aux IFV et APC, tous stationnés juste à l’extérieur de la bande de Gaza. Cependant, comme l’histoire nous l’a montré, la guerre urbaine annule une grande partie de la supériorité technologique et de puissance de feu de l’attaquant. Nous devons nous rappeler que Gaza est l’une des zones urbaines les plus densément peuplées du Moyen-Orient.
Les brigades israéliennes peuvent s’attendre à faire face à de nombreuses armes antichars. Dans certaines vidéos publiées, les véhicules israéliens n’ont même pas atteint la zone urbaine de Gaza qu’ils sont déjà pris pour cible. Dans l’une de leurs dernières vidéos publiées par le Hamas, nous les voyons fabriquer des roquettes artisanales PG29 V Vampire pour leurs RPG 29 massifs, et ils en produisent des dizaines. Ces derniers jours, nous constatons que chaque combattant de leurs unités antichars est fourni avec trois de ces roquettes, et ils nous ont même montré comment ils prévoient de les utiliser. Des images satellites ont révélé leur camp d’entraînement où ils s’entraînent à tendre des embuscades dans des situations réelles. Dans la guerre urbaine, un seul scénario suffit à imaginer que les Palestiniens montreront : Tsahal entrera à Gaza avec un faux sentiment de confiance, puis le Hamas les prendra en embuscade et ouvrira le feu sur eux de tous les côtés.
Quelle tactique pour Israël à l’intérieur de Gaza ?
Pour éviter de tels scénarios, cela signifie que l’infanterie israélienne devra se désengager des véhicules blindés de transport de troupes (IFV) et nettoyer chaque secteur un par un. Cependant, c’est à ce moment-là que toutes les équipes de mortier palestiniennes pourraient intervenir en quelques secondes. Elles pourraient tirer quelques obus sur l’infanterie exposée, puis se replier rapidement et changer rapidement de position. Ce qui est encore pire, ce sont ces positions de mortier souterraines qui, même avec une surveillance accrue par des drones, seront très difficiles à détecter pour les Israéliens. Dans l’ensemble, d’un point de vue tactique, cela signifie beaucoup de combats de maison en maison. Nous pouvons nous attendre à ce que les Palestiniens se positionnent rapidement pour tendre des embuscades aux colonnes en progression, puis se déplacer vers des endroits dissimulés. Ainsi, lorsque les troupes au sol demanderont un appui aérien rapproché, il y a de fortes chances que l’armée de l’air israélienne ou l’artillerie tirent sur des positions vides. Un autre problème que l’on peut imaginer est que chaque fois que les escouades israéliennes parviendront à sécuriser une position, elles devront laisser derrière elles de nombreux soldats d’infanterie pour tenir le terrain. Lors de la bataille de Mossoul en 2016-2017, les commandants irakiens se plaignaient qu’il était difficile de considérer une zone comme libérée, car bien que nous contrôlions la surface, l’ennemi apparaîtrait depuis sous terre.
Au final, on peut s’attendre à ce qu’Israël perde plus de 2500 soldats tués et 14 000 blessés supplémentaires dans cette opération visant à déloger le Hamas de Gaza. Mais il reste une question en suspens : sont-ils prêts à payer ce prix ? Parce que maintenant, ils ont de l’élan (les Forces de défense israéliennes/IDF et le gouvernement de Netanyahu) et je pense que la population israélienne serait prête à accepter de telles pertes. Les Israéliens seront confrontés à de nombreux engins explosifs et à des champs de mines. Si le premier véhicule de la colonne est touché par un engin explosif improvisé (EEI), tous les autres derrière devront également s’arrêter et sans mouvement, toute la colonne deviendra très vulnérable.

La réponse à cela est très compliquée. Israël a besoin de nombreux sapeurs et d’unités du génie. Encore une fois, si nous regardons le passé, cela a été un gros problème pour l’armée irakienne à Mossoul. La progression de leurs colonnes blindées était extrêmement lente. Nous parlons d’éliminer 10 combattants ennemis et de sécuriser un kilomètre carré par jour. Les Palestiniens pourraient très bien combiner des lance-roquettes RPG et des EEI, comme on peut le voir dans cet article de Forbes sur l’avancée de la Brigade Golani dans Gaza en 2014. Le deuxième jour, une équipe de roquettes palestinienne est sortie d’un tunnel et a fait exploser un véhicule blindé de transport de troupes israélien M113 en panne, tuant sept soldats israéliens. On peut également supposer qu’il y avait de nombreux soldats israéliens blessés.
Si l’on considère trois blessés pour un tué dans cette situation, nous avons tout un peloton qui a été décimé après cette embuscade. Les Israéliens ont envoyé des ingénieurs pour nettoyer la zone, récupérer les véhicules endommagés et évacuer les blessés. Pour ce faire, ils disposent de véhicules de combat du génie Puma. Mais comme nous l’avons vu en Ukraine, les armées n’en ont généralement pas suffisamment, comme l’a ajouté Forbes, les pertes israéliennes ont augmenté lorsqu’un combat à courte distance a éclaté autour du convoi des ingénieurs, Et nous n’en avons pas fini, les IDF pourraient également faire face à des munitions volantes, des drones kamikazes. D’après les dernières vidéos du Hamas, il semble qu’ils soient lancés depuis l’intérieur des bâtiments, ce qui signifie qu’ils pourraient cibler les colonnes blindées en progression à l’intérieur de la ville en quelques secondes. Israël aurait besoin d’unités de guerre électronique avançant avec la force principale, car les Palestiniens pourraient mettre en place des embuscades très sophistiquées. Certains véhicules israéliens ont été géolocalisés à seulement 7 km de la frontière avec Gaza et ils sont tous rassemblés en formation de parade.
Maintenant, les Israéliens ont commencé à ajouter des cages de protection sur le dessus de leurs chars, une technologie très rudimentaire apprise du Front de l’Est, qui s’est avérée efficace contre les drones avec ces cages. Mais si nous augmentons le niveau de difficulté, il y a autre chose qui pourrait se produire. Les Palestiniens pourraient réorienter leurs roquettes et, au lieu de les tirer au hasard sur le territoire israélien, ils pourraient les utiliser pour frapper ces formations blindées vulnérables. C’est une menace sérieuse, car dans ce cas, les chars israéliens et leurs équipages seront facilement tués.
Les IDF n’auront pas d’autre choix que de se frayer un chemin à travers Gaza par des bombardements, mais les Israéliens devront également retourner la ville afin de neutraliser tous les tunnels et les cachettes souterraines. Cela pourrait expliquer l’hésitation actuelle de Tsahal. Israël peut remporter cette bataille à 100 %, mais sont-ils prêts à payer le prix ? C’est pourquoi il y a actuellement une forte emphase sur les frappes aériennes et l’artillerie lourde plutôt que sur les engagements terrestres. Ainsi, cela rejoint ce que je vous ai dit dans l’introduction : l’armée israélienne craint énormément les pertes. Pour cette mission, l’armée de l’air israélienne a préparé des centaines de bombes américaines J Glide pour sa flotte de F-16 dans le but de cibler et de détruire les tunnels.
En conclusion, lorsque les véritables combats commenceront, on peut s’attendre à ce qu’ils effectuent beaucoup de tirs de saturation, comme nous l’avons vu sur les réseaux sociaux. Les dernières frappes aériennes ont réduit en ruines des blocs entiers de la ville de Gaza, ce qui rendra très difficile la progression des formations blindées israéliennes lorsque certaines parties de la ville ressembleront à cela. De plus, les bombardements d’artillerie sur des endroits déjà détruits ont des rendements décroissants, tout comme l’ont fait les parachutistes allemands lors de la bataille de Monte Cassino, où ils ont réussi à transformer chaque ruine en forteresse. Malheureusement, ces bombardements ont également entraîné des pertes civiles. La bataille sera particulièrement chaotique en raison de tous les civils qui sont essentiellement assiégés et n’ont nulle part où aller. Gaza compte 2,3 millions d’habitants, dont 45 % ont moins de 18 ans. Jetez un coup d’œil à ce que le Washington Post a écrit : Israël ordonne à un million de Gazaouis d’évacuer, mais l’ONU dit que c’est impossible. C’est pourquoi Israël essaie de déplacer la population civile du nord de la bande de Gaza vers les zones du sud. Idéalement, ils souhaitent que ces personnes évacuent vers l’Égypte, mais les pays arabes savent que si cela se produit, il y a de fortes chances que les Palestiniens ne soient pas autorisés à revenir. Avec toutes ces informations, il est évident que l’intention des forces de défense israéliennes n’est pas seulement risquée pour elles-mêmes, mais aussi dangereuse pour les Palestiniens et l’ensemble de la région, car cela peut entraîner une escalade.
Auteur:
ETOUNDI EKODO II ARNOLD FULLER, est un jeune enseignant d’histoire-géographie et éducation à la citoyenneté du lycée général au Cameroun et par ailleurs étudiant en master Etudes internationales et stratégiques, option Histoire militaire défense et sécurité.
Le sommet de la paix du Caire n’a rien donné pour Ie conflit israélo-palestinien
Les participants au sommet international de paix du Caire, consacré à la résolution du conflit militaire entre Israël et le mouvement palestinien Hamas, n’ont pas pu adopter une déclaration finale commune. Les pays arabes ont appelé à un cessez-le-feu immédiat, les pays occidentaux ont appelé à une solution aux problèmes humanitaires des habitants de la bande de Gaza
Le sommet de la paix du Caire le 21 octobre n’a pas apporté de résultats : ses participants n’ont pas pu adopter une déclaration consolidée. Au lieu de cela, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a publié sa propre déclaration appelant les parties au conflit à entamer un processus de règlement qui conduirait dans un « avenir proche » à la création d’un État palestinien indépendant dans les frontières de 1967, avec sa capitale à Jérusalem-Est. « Le conflit a révélé l’incapacité de la communauté internationale à trouver une solution juste et durable, et les dirigeants du monde ont longtemps cherché à résoudre le conflit plutôt que d’y mettre fin pour toujours », indique le document.
Biden demande au Congrès de le laisser aider l’Ukraine et Israël sans interruption
Le président américain Joe Biden a déclaré qu’il envoyait une demande de budget d’urgence au Congrès pour financer Israël et l’Ukraine.
“Demain, nous enverrons une demande budgétaire urgente au Congrès pour financer les besoins de sécurité nationale de l’Amérique afin de soutenir nos partenaires essentiels, notamment Israël et l’Ukraine”, a déclaré Biden dans un discours à la nation.
Il n’a pas divulgué de chiffres précis, appelant les législateurs à lui donner la possibilité de poursuivre sans interruption les livraisons d’armes à Kiev . Le chef de la Maison-Blanche a qualifié l’aide à l’Ukraine et à Israël d’« investissement intelligent » qui « rapportera des dividendes » aux générations futures.
Explosion dans un hôpital de Gaza : le monde divisé sur l’identité du coupable
Le président américain Joe Biden s’est rendu en Israël mercredi, au lendemain de la tragédie survenue dans la bande de Gaza, où le ministère palestinien de la Santé a déclaré que 471 personnes avaient été tuées lorsqu’une roquette avait touché un hôpital. En Israël, ils prétendent que la roquette était palestinienne, et en Palestine, ils prétendent qu’elle était israélienne. L’opinion internationale est divisée. Par exemple, le président Biden considère la version israélienne comme plus réaliste. Le ministère russe des Affaires étrangères a exigé d’Israël des images satellite prouvant que le missile n’était pas le sien. Moscou considère cet incident comme la preuve que le conflit entre Israël et le mouvement palestinien Hamas doit cesser immédiatement.
Zelensky boudé par Israël malgré son soutien
Blinken et Biden sont tous deux appelés en Israël. Mais Vladimir Zelensky, qui tentait de s’imposer, s’est hélas vu refuser. Il s’apprêtait à partir en voyage de solidarité avec le secrétaire d’État américain Antony Blinken. Comme l’a rapporté la publication locale Ynet, Zelensky s’est fait dire que « ce n’est pas le moment ». Mais ils n’excluent pas la possibilité qu’il puisse tôt ou tard venir en Israël.
Des informations sur une éventuelle visite de Zelensky sont apparues pour la première fois la semaine dernière. Ensuite, le portail Axios a rapporté que le Bureau du Président avait envoyé une demande officielle pour une visite en Israël. Comme indiqué, le but de la visite est d’exprimer sa solidarité avec le peuple israélien. Rappelons que le 11 octobre, lors de son discours à Bruxelles, Zelensky recommandait à tous les dirigeants du monde de se rendre en Israël. Hélas, le chef de l’Ukraine n’a pas pu suivre ses propres conseils.
Questions sur la 3ème intifada en Palestine
Question : Le 7 octobre dernier une attaque organisée par le Hamas contre l’État d’Israël a été particulièrement meurtrière pour cet État. Pouvez vous nous faire connaître vos premières réactions «à chaud».
Réponse DD : Aucune réaction «à chaud» sur une nouvelle et énième péripétie du conflit israélo-palestinien ne peut être pertinente sans prendre la précaution de la replacer dans un contexte historique plus large. Réagir sans prendre de recul et blablater sans fin sur la base d’informations délivrées par les médias occidentaux, dont on connaît l’inculture et la partialité des narratifs sur le sujet, me paraît stérile, voire contre productif. C’est la raison pour laquelle, je ne me suis pas exprimé pendant une semaine, cherchant à diversifier mes sources d’information, et à sortir, si nécessaire, de la bien-pensance occidentale convenue du «tous derrière Israël». On se souvient bien sûr de la bien-pensance totalitaire occidentale qui voulait qu’on soit «tous Charlie» ou qu’on soit «Tous vaccinés, tous protégés» ….
A ceux qui liront ces lignes, je recommande de visionner, avant de s’exprimer, cet excellent documentaire publié par la chaîne nationale de TV publique, Antenne 2, en 1991 et qui n’a pas pris une ride. C’est ce documentaire mainstream sur le conflit israélo-palestinien que je proposais à mes soldats et à mes camarades avant leur engagement au proche orient, dans le cadre de l’ONU. Il me paraît équilibré. C’est peut être la raison pour laquelle les lobbies pro-Israël, et les «sayanim» travaillant à leur profit, avaient tenté d’empêcher sa diffusion, à l’époque, et avaient obtenu de le faire passer à une heure tardive de faible écoute. Regardez bien ce documentaire, car je doute qu’une production de cette qualité et de cette impartialité puisse être encore diffusée, aujourd’hui, sur une télévision occidentale: son titre? Israel-Palestine comprendre par l’histoire (1880-1991):
Question : Vous semblez mettre en doute l’impartialité des médias occidentaux pour traiter du conflit israélo-palestinien, pouvez vous préciser votre pensée?
Réponse DD : Bien sûr. Plusieurs événements très importants se sont déroulés en ce début d’Octobre 2023 dans le monde.
- Un tremblement de Terre en Afghanistan qui a fait, avec ses répliques toujours en cours, plus de 2 400 morts et des dizaines de milliers de blessés et/ou de sans abris.
- Un bombardement non revendiqué (donc parfaitement signé, selon moi) d’une cérémonie de baptême d’une promotion d’élèves officiers en Syrie avec 112 morts dont 21 civils parmi lesquels des femmes et des enfants. Ces morts viennent s’ajouter aux plus de 500 000 victimes d’un conflit suscité et entretenu par une coalition israélo-occidentale au seul profit d’Israël.
- Un exode massif des populations arméniennes du Haut Karabakh, suite à une attaque azérie, l’Azerbaïdjan étant soutenu par deux alliés traditionnels, pour les livraisons d’armes et de conseillers militaires: Israël et la Turquie.
- Une guerre en Ukraine qui continue de faire plus de 5 000 tués par semaine, en ce début d’Octobre 2023.
Lorsque le 7 octobre 2023 survient l’attaque du Hamas contre Israël qui aurait fait, à ce jour, environ 3 000 morts (1 500 israéliens, 1 537 Palestiniens), tous ces événements importants énumérés précédemment disparaissent quasiment du traitement de l’actualité en France pour laisser 90% de l’espace éditorial au conflit israélo-palestinien avec, pour seule ligne éditoriale autorisée: «Tous derrière Israël».
Cette disproportion dans le traitement médiatique des événements en faveur d’Israël appelle évidemment quelques questions :
- La vie d’un afghan, d’un syrien, d’un arménien ou d’un palestinien vaut-elle moins que la vie d’un israélien pour les médias occidentaux ?
- Le lobbying pro-Israélien en occident a-t-il pu jouer un rôle dans la disproportion du traitement médiatique des événements en faveur d’Israël ?
- QUI contrôle vraiment la meute médiatique occidentale ?
On notera avec intérêt que ce traitement médiatique disproportionné en faveur d’Israël, reste une spécificité occidentale. Les médias africains, asiatiques, sud-américains, et russes paraissent beaucoup plus équilibrés que les nôtres sur cette affaire.
Question: Au delà du traitement médiatique qui est fait de cet épisode dramatique, que penser de l’ampleur des pertes subies par l’État hébreu ? Peut-on qualifier l’opération de «terroriste» ?
Réponse DD: Avec plus de 1 500 mort et 4 000 blessés en une semaine et à ce jour, Israël enregistre le bilan humain le plus lourd depuis sa première guerre de 1948-1949 qui avait duré près de dix mois (4 000 soldats + 2 400 civils tués, NB: La guerre des six jours n’avaient fait que 780 morts et 2 600 blessés dans les rangs israéliens, et dans la guerre de 1956 Israël avait compté 299 morts et 900 blessés).
Quant à la «guerre à la Covid 19», elle a coûté 12 691 décès à Israël, pionnier et promoteur de la vaccination expérimentale de masse. 9 791 décès étant survenus après le début de la campagne vaccinale….
Du côté palestinien, on compte 1 537 morts et plus de 6 610 blessés dont près de la moitié de femmes et d’enfants (250 femmes et 447 enfants) à l’heure où j’écris ces lignes. Il y en aura beaucoup plus demain. Dans sa guerre à la Covid, l’État palestinien, moitié moins vacciné qu’Israël, n’a enregistré que 5 504 décès (7 200 de moins qu’Israël).
Des femmes et des enfants ont été tués des deux côtés, dans une proportion de près de 50%. Bien sûr, le bilan est et restera globalement pire dans le camp palestinien qui est moins bien armé. L’observateur éclairé ne peut qu’être surpris de l’ampleur des pertes israéliennes. On n’est plus dans les rapports de perte de un à plus de dix, voire de un à cent, qui ont toujours caractérisé les opérations de répression israélienne, soutenues par l’occident, contre la bande de Gaza.
Les mouvements de résistance ont toujours été qualifiés de terroristes par les puissances occupantes dans tous les conflits que la terre ait porté. C’est un enseignement de l’histoire. Mais il y a plusieurs formes de terrorisme. Celui du faible au fort qui tente, par tous les moyens, de s’opposer à l’oppression qui lui est appliquée, celui du fort au faible, qui est un terrorisme d’État, et qui consiste, par exemple, à enfermer le faible dans des zones concentrationnaires pour mieux le contrôler et le soumettre. L’exemple du ghetto de Varsovie et de son soulèvement le 19 avril 1943 dans un combat sans espoir « pour votre liberté et pour la nôtre » constitue un parfait exemple de ces deux formes de terrorisme: celui de l’oppression et celui de la résistance.
La citation d’un combattant révolté du ghetto de Varsovie devrait aujourd’hui nous revenir en mémoire et nous inciter à réfléchir:
Nous ne voulons pas sauver notre vie. Personne ne sortira vivant d’ici. Nous voulons sauver la dignité humaine 11.» Arie Wilner (pseudonyme Jurek), soldat de la ŻOB
Peut-on établir un parallèle entre le ghetto de Varsovie et la Zone concentrationnaire de Gaza dans laquelle s’entassent 2 millions de palestiniens sur 352 km² soit une densité de 6000 h/km², le tout sous la haute surveillance, voire les provocations de Tsahal ? Je laisse à chacun le soin de répondre à cette intéressante question.
Enfin, s’agissant de terrorisme au proche orient, il n’a jamais été l’exclusivité des palestiniens.
On se souvient du 22 Juillet 1946, et de l’attentat terroriste de l’Irgoun sur l’Hotel King David, 91 tués et 46 blessés.
On se souvient du massacre de Deir Yassin du 9 avril 1948, perpétré par les Israéliens, et qui a fait 254 victimes, femmes, enfants vieillards, assassinés froidement, au point qu’Anna Arendt et Albert Einstein ont co-signé une lettre ouverte le 2 décembre 1948 dans le New York Times, pour dénoncer cette «barbarie.» Menahem Begin, responsable de ce massacre a reçu, lui, le Prix Nobel de la Paix en 1978.
On se souvient de l’assassinat le 17 Septembre 1948 de Folke Bernadotte, envoyé de l’ONU à Jérusalem, par le groupe terroriste juif le Lehi (6 balles reçues) et du colonel français André Serot, chef des observateurs de l’ONU (18 balles reçues). Arrêtés pour la forme, les assassins feront 18 jours de prisons pour leur crime. Le tueur de Bernadotte, Yeoshua Cohen sera élu député, et deviendra garde du corps personnel de Ben Gourion. L’impunité, c’est bien ce qui a toujours caractérisé le terrorisme israélien, y compris le terrorisme d’État.
On se souvient aussi du massacre de Tantura de mai 1948 perpétré par l’Armée régulière israélienne.
Enfin, l’assassinat d’enfants palestiniens désarmés par les snipers de Tsahal a atteint, pour l’année 2023, qui n’est pas finie, un plus haut depuis quinze ans.
Lorsqu’on s’informe correctement, on comprend mieux pourquoi la cocote minute de Gaza a fini par exploser. Pourquoi les hommes ont fini par prendre les armes en si grand nombre tout en sachant qu’ils allaient mourir. Ils ont mis en application la citation du révolté Arie Wilner du ghetto de Varsovie.
Question : De nombreuses rumeurs indiquent que la gouvernance israélienne aurait été prévenue de cette attaque du Hamas et aurait laissé faire. Que pensez vous de ces affirmations ?
Réponse DD : Je ne peux confirmer ce scénario sans preuves suffisantes, très solides et incontestables. Je me limiterai donc à admettre que ce scénario est non seulement plausible mais probable. Il a d’ailleurs été rapporté par des journaux israéliens et repris dans plusieurs pays.
Le premier ministre israélien Netanyahu était en grande difficulté sur son projet visant à réformer la Justice et sur ses démêlés personnels avec la Justice de son pays. La population israélienne était profondément divisée en ce début de mois d’Octobre 2023. Rien de tel qu’une grande peur et qu’une petite guerre pour refaire l’unité du pays face à un ennemi commun surtout lorsqu’on connaît le cynisme et le jusqu’au boutisme du personnage Netanyahu, nominé treize fois, sur les treize éditions annuelles, au palmarès confessionnel de l’influence du Jerusalem Post.
Voir et revoir les deux très courtes vidéos suivantes :
et surtout celle-ci sous le titre: La méthode Netanyahu (sous titrée en français):
Question: Quelles conséquences, selon vous, pour le Proche Orient et pour le monde de cette attaque d’Israël par le Hamas ?
Il est difficile et sans doute trop tôt pour en faire l’inventaire exhaustif.
Le soutien financier et militaire des USA à l’égard d’Israël se fera probablement au détriment du soutien à l’Ukraine. Comme à leur habitude, les européens suivront l’exemple de leur maître US. L’évolution du rapport de force en défaveur de l’Ukraine va donc s’accélérer et faciliter la victoire militaire de la Russie lorsque celle ci estimera le moment opportun. A mon avis, pas avant l’été 2024 pour la signature d’un traité de paix après la capitulation sans condition de l’Ukraine.
Sur le plan économique, le niveau de production et de livraison de l’énergie ( gaz, pétrole) pourrait être impacté. Les pays du Golfe et la Russie, très concernés par la crise israélo-palestinienne, et qui détiennent les clefs de l’approvisionnement énergétique mondial, décideront ensembles de la conduite à tenir en fonction de l’évolution des événements en Palestine et autour. Une crise énergétique n’est pas à exclure pour l’occident, ce qui viendrait accentuer son déclassement dans la hiérarchie économique mondiale.
Notons, pour mémoire, que la position des BRICS sur le problème palestinien est clairement une solution à deux Etats dans les frontières de 1967. Cette position a été réitérée à plusieurs reprises dans les déclarations finales concluant les sommets annuels des BRICS depuis 2008. Tous les États BRICS ont reconnu l’État palestinien dans ses frontières de 1967 à l’ONU.
Sur le plan médiatique, le conflit israélo-palestinien, nouvel os à ronger, va réduire d’autant la focalisation sur l’Ukraine. Les experts de plateau TV vont devoir se reconvertir en experts du Proche et du Moyen Orient. Jugés sur leur aptitude à relayer les narratifs otaniens de leur gouvernance respective, ils devraient réussir leur reconversion sans problème…
Sur le plan géopolitique, on devrait voir s’affirmer toujours davantage les diplomaties de la multipolarité, reconnues plus « impartiales » hors de l’entre-soi otanien, face aux diplomaties moribondes de l’occident global, soumises à l’hégémon Israélo-US, dont elles sont devenues les proxies au fil du temps.
Israël exige que plus d’un million de Palestiniens évacuent dans les 24h
Israël a informé l’ONU que 1,1 million de Palestiniens doivent être évacués vers le sud de la bande de Gaza dans les 24 heures. C’est ce qu’a annoncé le représentant du secrétaire général de l’organisation mondiale, Stéphane Dujarric.
« L’ONU estime qu’un tel déplacement ne peut avoir lieu sans des conséquences humanitaires dévastatrices », souligne son communiqué.
Washington commence à fournir une aide militaire à Israël contre le Hamas
Les États-Unis ont commencé à fournir une aide militaire à Israël et annonceront des fonds supplémentaires dans les prochains jours. C’est ce que John Kirby, coordinateur des communications stratégiques au Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche, a déclaré lors d’un point de presse.
« Nous attendons des demandes supplémentaires de la part d’Israël […] et nous suivrons leur rythme pour garantir que nous répondons à leurs besoins le plus rapidement possible et de la meilleure façon possible », a-t-il déclaré.
Le Conseil de sécurité de l’ONU n’adopte pas de déclaration sur le conflit israélo-palestinien
Le Conseil de sécurité de l’ONU a discuté de la situation autour de la bande de Gaza, mais n’a pas tenté d’adopter un document commun à ce stade. C’est ce qu’ont rapporté les participants à la réunion après sa conclusion.
“Nous n’avons pas discuté d’une déclaration générale, mais personne n’a proposé de texte”, a déclaré à la presse la représentante permanente de Malte auprès de l’ONU, Vanessa Frazier. Elle a ajouté que la discussion a porté sur ce que les parties peuvent faire dans la situation actuelle pour protéger les civils et mettre fin à la violence.
Israël choqué par l’offensive du Hamas
La loi martiale a été déclarée en Israël. Les dirigeants du pays discutent d’une éventuelle opération terrestre dans la bande de Gaza et de la création d’un gouvernement d’urgence. L’armée continue de nettoyer les territoires des combattants qui y ont pénétré. Les Israéliens sont sous le choc alors qu’ils apprennent de plus en plus de détails sur l’attaque de samedi contre Israël par des combattants du mouvement palestinien Hamas. La liste des victimes s’allonge. Israël craint que l’ennemi n’ouvre un deuxième front dans le nord, ainsi que des attaques terroristes contre les Israéliens dans le monde entier. Avec des détails de Tel Aviv de la correspondante de Kommersant, Marianna Belenkaya.
Les armes fournies à l’Ukraine apparaissent déjà aux frontières d’Israël
Des armes que l’Occident a fournies à l’Ukraine apparaissent déjà près des frontières d’Israël, a déclaré le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou dans une interview publiée jeudi avec le Jerusalem Post. Selon lui, c’est l’une des raisons pour lesquelles l’Etat hébreu s’abstient d’apporter une assistance militaire à Kiev, craignant que les armes israéliennes ne tombent de la même manière entre les mains de l’Iran.
Interrogé sur la position de son gouvernement sur la situation autour de l’Ukraine, Netanyahou a souligné qu'”Israël est dans une position particulière, différente de, disons, la Pologne, l’Allemagne ou tout autre pays occidental qui soutient l’Ukraine”. “Premièrement, nous avons une frontière militaire étroite avec la Russie. Nos pilotes volent aux côtés de pilotes russes dans le ciel au-dessus de la Syrie. Et je pense qu’il est important que nous maintenions notre liberté d’action contre les tentatives de l’Iran de prendre pied militairement sur notre frontière nord”, a-t-il rappelé.
Les bouchers de Tel Aviv et de Washington
Retour de Syrie: lettre témoignage de DD à ses amis (17 mai 2023)
Mes chers amis,
Je me suis rendu en Syrie du 27 avril au 4 mai dernier avec un petit groupe militant contre l’embargo imposé par les USA à ce pays, embargo qui frappe principalement les populations civiles depuis douze ans. Rappelons qu’une partie de ces populations a été durement touchée par un tremblement de terre dans un passé très récent et rappelons aussi que ces sanctions US unilatérales et anti-syriennes viennent tout juste d’être prolongées pour un an par l’administration Biden.
Ayant une confiance très limitée dans nos médias mainstream pour traiter objectivement d’un sujet concernant le Proche Orient, l’État d’Israël et les États-Unis, je tenais à me rendre compte par moi-même des dommages causées par cette stratégie des sanctions. Celle ci est utilisée sans modération par les USA et leurs vassaux européens, agissant souvent en «proxies» d’Israël, contre tous les États refusant de se soumettre aux volontés et à l’hégémonie de l’occident global.
Ce type de stratégie consiste en une véritable prise en otage des populations civiles auxquelles on applique la sanction collective dite «de l’embargo» qui va les faire souffrir autant qu’il est possible, pour les punir de s’être choisi un dirigeant qui refuse de servir les intérêts occidentaux, c’est à dire du «camp du bien» auto-proclamé.
Ces sanctions, de nature économique, peuvent être redoutablement efficaces et provoquer indirectement la mort de dizaines, voire de centaines de milliers de civils dans une relative discrétion. Elles peuvent parfois s’avérer plus meurtrières, sur la durée, qu’une guerre ouverte de haute intensité… (souvenons nous des deux croisades «anti-Saddam Hussein» conduites par les USA en Irak, sous des prétextes mensongers).
S’agissant de la Syrie, ces sanctions ont été adoptées à la suite d’une tentative de révolution colorée ratée, organisée en mars 2011 par une « coalition occidentale » (US-UK-FR + UE-OTAN) au profit et à l’instigation d’Israël, avec sa participation active, dans le but de renverser Bachar el Assad, de faire cesser le soutien syrien à la cause palestinienne, de démembrer le pays, à l’image de l’ex-Yougoslavie, de remodeler les frontières de la Syrie, d’en annexer une partie, de créer un Kurdistan allié d’Israël, pour faire obstacle à l’émergence d’un «croissant chiite» perçu, à tort ou à raison, comme une menace existentielle, et de mettre des dirigeants plus complaisants que Bachar el Assad aux frontières de l’État Hébreu. Rappelons nous les propos sans ambiguïté de Roland Dumas, dix ans ministre des affaires étrangères de François Mitterrand:
Et les propos très clairs du général US Westley Clark, tenus en 2007:
La première bonne nouvelle pour la Syrie de Bachar el Assad a été le soutien militaire apporté par la Russie de Poutine en Septembre 2015, à la demande du seul gouvernement légal reconnu par l’ONU. Par ce soutien, la Russie a mis en échec les actions malfaisantes inspirées par Israël à ses proxies anglo-saxons et français, et a fait reculer les terroristes islamistes instrumentalisés, soutenus et armés par les occidentaux.
Jusqu’au-boutiste dans ses objectifs, Israël poursuit aujourd’hui, en mai 2023, les bombardements réguliers sur le territoire de son voisin syrien, alors que cet État ne l’agresse pas. Ces bombardements se font dans l’indifférence totale de l’ONU, des médias et des gouvernements occidentaux qui construisent sans cesse des narratifs visant à noircir l’image de Bachar el Assad.
Certains de ces narratifs vont jusqu’à qualifier Bachar el Assad de « Boucher de Damas » alors même qu’il dispose du soutien de l’écrasante majorité de son peuple, sans lequel il aurait perdu le pouvoir depuis longtemps.
J’ai pu constater, lors de mon séjour en Syrie, l’extraordinaire résilience du peuple syrien qui s’oppose depuis 12 ans, avec succès, aux visées géopolitiques et machiavéliques de l’État hébreu et de ses proxies anglo-saxons et terroristes islamistes.
J’ai pu aussi constater la folie jusqu’au-boutiste israélienne qui va jusqu’à bombarder l’aéroport d’Alep quelques jours après le tremblement de terre qui a frappé la Turquie et la Syrie, alors même que l’aide humanitaire russe et celle des pays arabes y sont acheminées, au profit des populations civiles les plus touchées.
La vérité, c’est que, s’agissant du Proche et Moyen Orient les bouchers se trouvent à Tel Aviv, à Washington et à Londres.
Ce sont bien ces pays qui ont semé le chaos et provoqué, directement ou indirectement, la mort de millions d’êtres humains au Proche et Moyen Orient depuis l’effondrement de l’Union soviétique en se justifiant toujours par des narratifs et des prétextes mensongers. (armes de destruction massive qui n’existaient pas ou lutte contre un terrorisme qu’on instrumentalise en sous main).
Les bonnes nouvelles de 2022-2023, pour la Syrie découlent des conséquences de l’opération militaire spéciale russe en Ukraine.
Incontestablement, les russes ont changé la donne de la géopolitique mondiale en refusant l’extension à l’Est de l’OTAN et l’arrivée à leurs frontières de bases militaires hostiles, comme l’avait fait Kennedy, pour son pays, lors de la crise des missiles de Cuba en 1962.
Avec habileté, la Russie s’est posée en championne de la multipolarité et en opposition à l’hégémonie occidentale jugée tyrannique par de très nombreux pays.
Elle a aussi fait apparaître la faiblesse militaire des pays membres de l’OTAN qui refusent de s’engager militairement contre la Russie (et peut être la Chine) faute de disposer de moyens suffisants pour le faire et pour gagner, et faute de pouvoir rassembler et unir les populations et opinions occidentales sur un objectif russophobe (et sinophobe) qui est loin de faire l’unanimité.
Elle a également fait apparaître grâce aux sanctions boomerang prises par les pays membres de l’OTAN eux mêmes, les vulnérabilités économiques et financières d’un occident accroc à la dette et à la consommation d’une énergie jusqu’alors bon marché.
Dans ce nouveau contexte créé par l’opération russe, de nombreux pays changent de camp. Depuis plus d’un an, la diplomatie occidentale enregistre échec sur échec face aux diplomaties russe et chinoise.
Le nombre de demandes d’adhésion aux BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) et à l’OCS (Organisation de Coopération de Shangaï) explose, ce qui est le signe d’un soutien croissant au camp de la multipolarité et d’un refus de l’hégémonisme des USA et de l’OTAN.
L’Afrique rejette toujours plus l’occident, ses diktats, ses valeurs et ses modes d’action jugés néocoloniaux, et, en particulier, ceux de la France. Elle bascule dans les camps russe et chinois.
Au grand dam des USA (et d’Israël), et sous l’égide de la Chine, l’Iran et l’Arabie Saoudite se sont réconciliés en mars dernier, sept ans après la rupture des relations diplomatiques.
Le président iranien Ebrahim Raïssi s’est rendu en visite officielle le 3 mai dernier à Damas pour y signer d’importants accords économiques et politiques.
La Ligue Arabe (22 états) a voté à l’unanimité la réintégration de la Syrie, exclue en 2011 sous la pression US-Israël. C’est un succès pour la diplomatie russe et une victoire éclatante de Bachar El Assad, qui reviendra donc auréolé de sa résistance à l’occident. Pas un seul État arabe, sur 22, ne s’est soumis aux pressions US-Israël et a voté contre la réintégration. Les ambassades arabes ré-ouvrent les unes après les autres à Damas.
L’unité du monde arabe, cauchemar d’Israël et des USA est en cours de reconstruction avec l’appui de la Russie et de la Chine.
La Turquie, la Syrie et l’Iran se parlent désormais régulièrement, sous l’égide de la Russie, pour mettre un terme à la crise syrienne et à leurs différents.
En Turquie, le candidat d’alternance à Erdogan, Kemal Kiliçdaroglu, soutenu financièrement et politiquement, en coulisse, par l’occident, ne paraît pas en situation d’emporter l’élection présidentielle au second tour du 28 mai prochain. D’autant que le parti d’Erdogan dispose d’ores et déjà de la majorité absolue au parlement turc, suite aux élection du 14 mai. Les médias occidentaux hurleront à la fraude électorale le 28 mai prochain, comme ils le font à chaque fois que les résultats ne correspondent pas à leurs attentes (Syrie, Iran, Russie, Vénézuela…), mais le président Erdogan saura se souvenir de cet épisode, et de l’ingérence occidentale dans cette élection de 2023, comme de la tentative de coup d’État de 2016 concoctée par son bon allié US. Il rapprochera toujours plus son pays, comme il le fait déjà, de la Russie et de la Chine, des BRICS et de l’OCS : en clair, du camp de la multipolarité.
Toutes ces bonnes nouvelles pour la Syrie, sont autant de mauvaises nouvelles pour Israël et ses proxies anglo-saxons toujours plongés dans des difficultés économiques, financières et sociales qui ne sont pas prêtes de s’arranger.
S’agissant d’Israël, la très controversée loi sur la Justice affaiblit la cohésion du pays. Les déclarations insensées d’un ministre israélien suprémaciste en charge des finances et des territoires occupés clamant, en France, et à qui veut l’entendre, que le peuple palestinien n’existe pas, et développant son propos devant une carte du «grand Israël», ne vont pas arranger les affaires de la Région. Il est clair que ce type de provocations haineuses ne peut qu’engendrer, en retour, de la colère, de la haine et de la violence, pouvant aller jusqu’au terrorisme, chez les personnes offensées, humiliées et/ou soumises par la contrainte « armée » depuis 1947.
A ceux qui s’interrogent sur les motivations du gendarme tunisien, auteur de l’attaque contre la synagogue de la Ghriba à Djerba le 11 mai dernier, il y a peut être une piste à creuser … Le comportement des dirigeants de l’état hébreu que ce soit lorsqu’ils bombardent ALEP quelques jours après le tremblement de terre ou lorsqu’ils envoient un ministre en charge des territoires occupés, à Paris, pour cracher sa haine des palestiniens, ne peut laisser les masses arabes indifférentes. On peut regretter, bien sûr, que la LICRA et SOS Racisme, mais aussi le gouvernement français dans son ensemble, soient restés étonnamment discrets sur ce triste épisode de haine raciale du ministre israélien, clairement exposé à la face du monde le 19 mars 2023.
Ma conclusion sera optimiste pour la Syrie.
Grâce à la résilience et à la cohésion de sa population, pourtant multiconfessionnelle, grâce à la détermination de son Président qui a su rester laïc dans sa gouvernance, et ferme face aux agresseurs israéliens, us-otaniens et terroristes islamistes; grâce à l’appui de la Russie qui est intervenue à la demande des autorités légales de l’État, la Syrie a pu résister pendant douze ans aux assauts coordonnés et prémédités de l’OTAN, d’Israël et des terroristes islamistes, instrumentalisés par l’occident pour créer le chaos et remodeler un nouveau Proche Orient conforme aux intérêts et aux souhaits de l’état hébreu.
La préméditation de l’agression anglo-saxonne a été clairement établie par la divulgation des «Wikileaks files», c’est à dire les fuites sur les correspondances diplomatiques entre les représentants US en Syrie et le département d’État états-unien depuis le début des années 2000 .
La collusion entre Israël et les USA a été, elle aussi, établie par une déclaration sans ambiguïté de Biden lui même, le 13 juillet 2022 à Tel Aviv:
Il n’est pas nécessaire d’être Juif pour être sioniste »
https://fr.timesofisrael.com/liveblog_entry/biden-il-nest-pas-necessaire-detre-juif-pour-etre-sioniste/
Cette collusion a été clairement confirmée par les plus connus des géopoliticiens US, Mearsheimer et Walt, dans l’excellente analyse publiée sous le titre: Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine.
Cette collusion apparaît clairement dans le simple constat que les personnes en charge de la politique étrangère et de la politique des sanctions économiques US ont figuré sur la liste des nominés au palmarès mondial de l’influence du Jerusalem Post (Blinken, Sherman, Janet Yellen …)
La bonne nouvelle pour la Syrie, c’est l’émergence en cours d’un monde multipolaire qui remet en cause l’hégémonie sans partage US-OTAN des trois dernières décennies et l’influence des néoconservateurs mondialistes (et sionistes). La Syrie pourra désormais compter sur l’aide de la Russie, des pays du Golfe (dont l’Iran) et de la Chine pour sa reconstruction et sa défense.
Israël assiste aujourd’hui, impuissant, au déclin de son principal allié et de ses soutiens néoconservateurs et mondialistes US, et à la recomposition des équilibres géopolitiques et géo-économiques mondiaux qui ne se fera pas en sa faveur. N’en déplaise à l’État d’Israël qui a raté son coup en Syrie, grâce ou à cause de la Russie, le vrai «Printemps syrien» va pouvoir commencer, sous la gouvernance de… Bachar el Assad !


