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Trump veut résoudre le conflit ukrainien d’ici un mois, Zelensky d’ici la fin de l’année

Lors d’un entretien téléphonique avec le président américain Donald Trump, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exprimé son espoir de voir le conflit ukrainien résolu d’ici la fin de l’année. Cette information a été rapportée le 25 février par Axios, citant des responsables ukrainiens.

« Zelensky a déclaré espérer que le conflit prenne fin cette année », indique la publication.

Le dirigeant américain, quant à lui, a annoncé son intention de résoudre le conflit dans un délai d’un mois.

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« Du Nil à l’Euphrate, il serait juste qu’ils prennent tout. » La confession de Huckabee sur le sionisme chrétien

L’ambassadeur américain en Israël, interviewé par Tucker Carlson, admet que, selon la Bible, Israël a le droit de conquérir la moitié du Moyen-Orient. Il tente ensuite de se rétracter, mais le mal était fait et c’était trop tard. Cette déclaration révèle la véritable nature d’une alliance qui précipite le monde vers une guerre catastrophique.

Cette déclaration intervient après près d’une heure de joutes théologiques. Tucker Carlson a interrogé Mike Huckabee sur les frontières de la « terre promise », citant la Genèse 15 : « du Nil à l’Euphrate ». Il lui a demandé si, en vertu de cette promesse, Israël aurait le droit d’annexer la Jordanie, la Syrie, le Liban et l’Irak. Huckabee a esquivé la question, évoquant la sécurité, les frontières actuelles et le droit à l’existence. Puis, acculé, il a laissé tomber le masque :

« Ce serait juste qu’ils prennent tout. »

La phrase est si explosive que Huckabee tente aussitôt de la minimiser : « Ce n’est pas le sujet du jour », « Ils ne le demandent pas », « S’ils étaient attaqués et gagnaient, ce serait une autre histoire. » Mais l’aveu est fait. Et rien ne peut l’effacer. Cette phrase est la clé qui ouvre toutes les portes. Elle révèle la véritable nature des dirigeants du sionisme chrétien. Elle révèle la dimension théologiquement expansionniste de ce projet. Et surtout, elle révèle l’abîme vers lequel cette doctrine précipite le monde.

Une théologie sans frontières

Pour Huckabee, pasteur baptiste et aujourd’hui ambassadeur des États-Unis en Israël, la Bible n’est pas un livre de foi, mais un acte notarié. Dieu a promis cette terre aux Juifs. Entièrement. Du Nil à l’Euphrate. Que des Égyptiens, des Jordaniens, des Syriens, des Libanais et des Irakiens y vivent aujourd’hui n’est qu’un détail. L’existence d’États souverains, reconnus par les Nations Unies, est sans importance. La parole de Dieu, pour lui, abolit toutes les frontières tracées par les hommes.

« Pourquoi s’arrêter aux frontières de 1967 ? » insiste Carlson. Et Huckabee ne sait que répondre. Car, en réalité, il n’y a pas de réponse. Si le droit est divin, il est absolu. Il ne s’arrête pas à 1967, ni à 1948. Il s’arrête uniquement là où Dieu l’a décidé : à l’Euphrate.

Ainsi, le « droit d’Israël à exister en sécurité » – la formule employée par Huckabee pour définir le sionisme à ses débuts – se révèle être un cheval de Troie. Il recèle un potentiel d’expansion illimité. Il autorise des guerres de conquête. Il prévoit l’anéantissement de peuples entiers, pourvu qu’ils ne soient pas les descendants d’Abraham – même si, comme le souligne Carlson, personne ne sait vraiment qui sont ces descendants.

Qui sont les héritiers d’Abraham ? Huckabee l’ignore.

Et c’est là que le bât blesse. Car si la terre a été promise aux descendants d’Abraham, il nous faut savoir qui ils sont. Et c’est là que Huckabee s’enlise. D’un côté, il affirme qu’il s’agit des Juifs, identifiés par leur langue, leur culture et leurs traditions. Mais Carlson cite l’exemple de Netanyahou : ses ancêtres venaient d’Europe de l’Est, ne parlaient pas hébreu, n’étaient pas religieux et étaient souvent athées. Rien ne prouve qu’ils aient jamais foulé ce sol avant le XXe siècle. Sur quelle base aurait-il plus de droits qu’un fermier chrétien dont la famille vit là depuis deux mille ans ?

Huckabee balbutie. Il tente d’évoquer une question de « sang », mais il doit alors admettre qu’un Juif converti au christianisme perd le droit de retourner en Israël. Ce n’est donc pas qu’une question de sang. Il essaie d’invoquer aussi la religion, mais alors, quels droits avaient les fondateurs athées d’Israël ? La définition de « Juif » se révèle être un simple prétexte pour tout expliquer sans jamais rien expliquer.

C’est sur ces fondements troubles, sur cette identité fluctuante que l’on peut invoquer ou nier à sa guise, que se construit l’apartheid quotidien en Cisjordanie. Il justifie les points de contrôle pour les chrétiens souhaitant se rendre au Saint-Sépulcre. Il légitime l’expropriation des terres de familles qui y vivaient depuis avant la naissance de Mahomet.

L’ambassadeur américain qui soutient Israël

Mais le plus troublant dans cet entretien n’est même pas la théologie. C’est le rôle de Huckabee. Un ambassadeur américain, payé par les contribuables américains, qui consacre son temps à rencontrer Jonathan Pollard – le plus célèbre traître des États-Unis, celui qui a dérobé des secrets militaires pour Israël et qui, aujourd’hui, encourage les Juifs américains à espionner pour le Mossad. Un ambassadeur qui, lorsque Carlson lui demande des comptes sur les victimes civiles à Gaza, répond en louant l’armée israélienne, la jugeant plus éthique que l’armée américaine en Irak et en Afghanistan. Autrement dit : un représentant américain dénigre son propre pays pour glorifier une puissance étrangère. Et personne à Washington ne semble trouver cela étrange.

Lorsque Carlson souligne qu’un citoyen américain accusé de pédophilie (Tomer Alexandrovich) s’est réfugié en Israël et n’est pas extradé, Huckabee rétorque que « ce n’est pas du ressort de l’ambassade ». Mais lorsqu’il s’agit de rencontrer Pollard ou de faire pression pour une guerre contre l’Iran, l’ambassade se montre parfaitement compétente.

La ”menace’’ qui pèse sur la paix mondiale

Et nous arrivons au point le plus alarmant. Tucker Carlson rappelle que Netanyahu s’est rendu à la Maison-Blanche sept fois en un an. Sept fois. Plus que tout autre représentant du peuple américain. Et sa demande est toujours la même : la guerre contre l’Iran. Les sondages indiquent que plus de 70 % des Américains ne souhaitent pas une nouvelle guerre au Moyen-Orient. Mais les sondages importent peu. Ce qui compte, c’est ce que veut Bibi. Et Bibi veut que les États-Unis fassent le sale boulot : bombarder l’Iran, détruire ses alliés, maintenir un équilibre de la terreur.

Huckabee nie que Netanyahu veuille la guerre.

« Il ne veut pas la guerre », affirme-t-il. Pendant ce temps, l’armée américaine se déploie dans le Golfe, les porte-avions sillonnent les mers et certains évoquent une « option militaire inévitable ». Et si la guerre éclate, elle sera payée du sang des soldats américains et de l’argent du contribuable. Pour défendre le « droit divin » d’Israël à posséder des territoires qu’il serait peut-être juste, un jour, de « prendre entièrement ».

Le sionisme chrétien : une menace mondiale

La déclaration de Huckabee – « il serait juste qu’ils prennent tout » – n’est pas un lapsus. C’est une doctrine. C’est ce que croient des millions d’évangéliques américains. C’est ce qu’ils enseignent dans les églises. C’est ce qu’ils prêchent lors de conférences financées par des fonds dont l’origine est inconnue. Et cette doctrine, aujourd’hui, règne au cœur du pouvoir. Elle détermine la politique étrangère de la nation la plus lourdement armée de la planète. Cela précipite le monde vers un conflit susceptible d’embraser la moitié du Moyen-Orient, de fermer le détroit d’Ormuz, de faire exploser les prix du pétrole et de plonger le monde entier dans une crise économique pire que celle de 1929.Tout cela repose sur une promesse faite il y a quatre mille ans à un berger nomade, dont l’origine est incertaine et dont les frontières – du Nil à l’Euphrate – engloberaient au moins six États souverains et des dizaines de millions de personnes.

À la fin de l’entretien, Huckabey déclare à Carlson qu’il ne hait personne. Peut-être est-ce vrai. Mais à quoi bon haïr lorsqu’on soutient une théologie qui légitime l’expansionnisme illimité, la discrimination systématique et la guerre préventive ? Il suffit de croire. Il suffit de ne pas poser de questions. Il suffit de répéter que « ce serait juste » tandis que le monde entier retient son souffle.

Le Chaberton, l’arme aérienne et la nécessaire modernisation des frontières

L’un des débats du gouvernement de la libération fut la protestation du ministre des Affaires étrangères contre ce qu’il nommait l’obsession gaullienne du Chaberton. Comment un fort en ruine, perdu sur un sommet des Alpes, a-t-il pu conduire à une discussion si vive ? Et pourquoi nous en préoccuper aujourd’hui ?

En réalité, le Chaberton est un cas d’espèce de la logique westphalienne des frontières et de leur remise en cause par les armements et logiques de la guerre moderne. En ce sens, cette querelle illustre parfaitement les causes de la guerre en Ukraine, ses logiques et enjeux et, surtout, elle a le mérite de poser ce qui sera sûrement la cause de bien des conflits à venir.

Avant ce retour vers le futur (Garanti sans DeLorean), revenons au passé et plus exactement au corps du délit : qu’est-ce que le Chaberton ?

Nichée au cœur des Alpes, cette montagne forme une pyramide naturelle. Elle possède la particularité remarquable d’avoir un sommet plat, mise à profit par l’armée italienne pour y construire un fort dont l’artillerie dominait le Briançonnais. De puissants canons longs de 149mm, la classe du 155 OTAN à une époque où les calibres n’avaient pas été unifiés. Cette puissance de feu permettait d’atteindre la ville de Briançon et ses 11 000 habitants aujourd’hui. Une ville française était en danger !

En 1914, l’Italie finit par s’engager avec l’Entente, le Chaberton fut sans importance. En 1940, au moment où le Duce s’engagea dans le conflit, la menace devint sérieuse. Consciente de la menace, l’artillerie française avait positionné des mortiers lourds de 280mm. Même s’ils ne mirent pas totalement le fort hors de combat, le duel d’artillerie neutralisa l’essentiel de la menace. Après l’armistice, le fort perdit son importance.

À la libération, le général de Gaulle affronta Georges Bidault, ministre des Affaires étrangères, pour obtenir l’annexion du Chaberton. Il obtint gain de cause et la frontière fut déplacée pour englober le sommet de la montagne.

À l’époque, l’idée de protéger une ville de la menace de l’artillerie d’une puissance étrangère relevait du simple bon sens. Après tout, l’idée du contrat social consiste basiquement à échanger une part de notre liberté individuelle contre la sécurité. Le Chaberton mettait cette sécurité en danger.

Nous étions en 1946 ! Depuis, quelques ingénieurs se sont penchés sur l’artillerie. Ces bonnes fées lui ont apporté allonge et précision. Les canons du Chaberton portaient à 16/18Km, un 155mm moderne entre 35 et 45km. Avec ces munitions particulièrement optimisées, les ingénieurs rêvent de 80km. Redoutable !

Comparons avec la manière dont Michel Verne (le fils de Jules) nous parlait de la guerre du futur :

La guerre est-elle possible avec les inventions modernes, ces obus asphyxiants qu’on envoie à des distances de cent kilomètres, ces étincelles électriques, longues de vingt lieues, qui peuvent anéantir d’un seul coup tout un corps d’armée, ces projectiles que l’on charge avec les microbes de la peste, du choléra, de la fièvre jaune, et qui détruiraient toute une nation en quelques heures ? »

Michel Verne (1889) La Journée d’un journaliste américain en 2889

Il pensait que la réalisation de telles innovation exigerait mille ans. Le progrès a rattrapé, dépassé l’imagination. Ces portées sont devenues réalistes en moins d’un siècle, laissez les canons électromagnétiques grandir un peu et nous y serons.

Seulement, l’artillerie n’est pas tout. Le grand balisticien, Gerald Bull fut rattrapé par un sérieux concurrent : Verner Von Braun, le père du missile moderne. Il est, je vous l’accorde, des paternités plus glorieuses, mais celle-ci correspond bien à un SS parti ensuite travailler pour les États-Unis. Encore que, si les USA se distinguent, ils ne sont pas les seuls. Merci Nikita, (Kroutchev pour les non-intimes) d’avoir tant cru aux missiles. Aujourd’hui ces armes portent à mille kilomètres et frappent avec une précision acceptable. Une batterie de lance-missiles vaut un Chaberton et, si vous la basez sur des camions ou des engins mécanisés, vous la positionnez où vous voulez[i].

Le missile peut détruire des cibles de précisions : un centre de commandement, un dépôt. Des cibles type usine, centrales électriques, raffineries ou aéroport, résistent un peu mieux en raison de leur grande taille. Enfin, si vous n’embarquez pas une arme atomique à bord. Michel Verne a définitivement manqué d’ambition.

Une lacune sans importance si elle était demeurée dans le pur domaine littéraire. Le monde étant ce qu’il est nous sommes depuis longtemps entrés dans le concret.

Revenons aux questions conceptuelles constituée par le cas du Chaberton : La protection du territoire et des populations contre les agressions. L’exemple westphalien et la définition de la souveraineté par sa capacité à défendre les frontières. Or, celles-ci sont par nature vulnérables. Abandonnons Michel Verne pour un autre homme de lettres davantage connu pour son redoutable matérialisme :

Si les frontières doivent être fixées suivant les intérêts militaires, il n’y aura pas de fin aux revendications territoriales, parce que toute ligne militaire est nécessairement défectueuse, et peut être améliorée en annexant un peu de territoire ; et, de plus, cette ligne ne peut jamais être fixée d’une manière définitive et équitable, parce qu’elle est toujours imposée au vaincu par le vainqueur, et, en conséquence, porte déjà en elle le germe de guerres nouvelles. Telle est la leçon de toute l’histoire. »

Karl Marx (1871) La Guerre civile en France

On ne saurait mieux dire et cette logique causera encore bien des conflits, des larmes et du sang. Le travail des militaires consiste effectivement à prendre les mesures pour augmenter la sécurité de leur état, fut-ce au détriment du voisin, nous y reviendrons. À une époque où le moindre parking peut se muer en une base de lancement de missiles à portée quasi stratégique, bonne chance pour fixer des frontières satisfaisantes. Même la puissante Amérique, bordée par deux océans, ne peut plus être sûre de son espace aérien. Après avoir constitué des ceintures de radars, dépensé des milliards et encore des milliards pour se mettre à l’abri des bombardiers, elle a commencé à investir dans des défenses antimissiles. Le contribuable perd le compte des sommes pharaoniques investies dans ces lignes Maginot du XXIè siècle.

Pour quels résultats ? Les conflits, comme la guerre des douze jours entre Israël et l’Iran ou les opérations russes contre le gouvernement Kiévien, servent de preuves qu’en l’état de la technologie, les missiles passent. Même la puissante défense AA russe semble échouer à établir une bulle étanche au-dessus de sa patrie.

Les drones de types Shaed, les Gueran russes multiplient les vecteurs offensifs et, s’il reste difficile de mettre un pays à terre, il est possible de lui infliger de lourdes pertes. Du point de vue militaire, la situation est encore aggravée par les réseaux informatiques qui permettent de déposer des virus. Une telle opération aurait été tentée contre Natanz pour activer les centrifugeuses au-delà de leurs tolérances et provoquer des dommages définitifs. Il s’agissait là d’une opération quasi militaire, mais, à une époque où la maintenance, et demain la direction de production, sont faites à distance, il devient envisageable de mutiler l’industrie d’un état.

De même, les flux aériens déposent des millions de passagers quotidiens au cœur des états. Cette mondialisation des flux constitue un cauchemar pour tout service de contre-espionnage. L’intensité des échanges reste toutefois soumise à la volonté des états de laisser les frontières ouvertes. Les armes aériennes dépendent-elles de la décision de l’assaillant.

Celles-ci nous ramènent à la délicate question de la frontière telle que définie dans les traités de Westphalie. Chaque état est libre et indépendant et aucun état ne doit intervenir dans les affaires intérieures des autres états. Après la guerre de Trente Ans où la Suède et la France étaient massivement intervenues dans les affaires du Saint Empire romain germanique, mieux valait l’écrire.

Un siècle plus tard, un certain Emer de VATTEL mit les principes de ces accords en mots. Citoyen Suisse au service de l’Électeur de Saxe, il écrivit Le Droit des gens ou Principes de la loi naturelle appliqués à la conduite et aux affaires des Nations et des Souverains [Neuchâtel], 1758. Certains principes ont besoin d’être répétés et l’originalité de son travail fut de théoriser le principe de non-ingérence dans la langue commune.

L’une de ses analyses considère que la souveraineté implique le devoir de défense : l’État incapable de se défendre perd sa qualité d’État souverain. En son temps, les forteresses et la population constituaient des garanties solides. La guerre en dentelles faite de longues opérations de sièges et de progressions négligeables au plan stratégique convenait parfaitement à l’idéal Vattelien. La révolution avec ses peuples en armes, puis l’Empire avec ses batailles décisives qui laissaient l’état adverse sans défense porteraient un coup violent aux théories de l’auteur.

Comment dès lors justifier l’autorité sur une population que l’on ne peut défendre ? Le bon vieux vae Victis revient à la mode ou, la théorie Hobbsienne selon laquelle, la souveraineté s’éteint quand la capacité de protection disparaît.

Les progrès de la défense aboutiraient à la lente progression de la Première Guerre mondiale. Une situation adaptée à la théorie Vattelienne. La défaite de l’Allemagne exigea de démanteler son armée. Même ainsi, son territoire demeura inviolé.

Seulement, elle laisserait un ver dans le fruit : L’invention de l’aviation. Bien sûr, l’échec relatif des bombardements stratégiques au cours de la seconde guerre mondiale ont ridiculisé les théories de Douhet sur la destruction des villes et centres de fabrication d’armement comme moyen de gagner la guerre. En ce temps, la chasse, la DCA, permettait la constitution d’un bouclier solide et la théorie Vattelienne survivait.

Elle gagnait plutôt un ultime répit, comme nous l’avons vu, Verner Von Braun inventait le missile qui réduisait l’efficacité des défenses. Huit décennies de progrès augmenteraient la précision, la portée et la létalité de ces armes. Dès lors, quels états peuvent encore se défendre ? Peu, la guerre en Libye l’a prouvé : Des dizaines de missiles, une poignée d’escadrilles et un pouvoir présumé solide fut anéanti par les forces du chaos nichées en son sein. La nation souveraine de Vattel mourut avec le colonel Kadahfi.

Sauf à disposer des glacis suffisants pour se prémunir contre une attaque brusquée ! Bordés par deux océans, les États-Unis peuvent y prétendre. Sous réserve d’éviter tout plaisantin désireux de placer ses missiles dans un pays voisin. Qui a parlé du précédent de Cuba ?

La suprématie technologique US lui garantit que les états du continent américain seront incapables de se doter de vecteurs en quantité et qualité suffisante pour les menacer. Il leur reste à éviter toute bonne âme venue fournir de telles armes. Ils y veillent avec la doctrine Monroe ou Dunroe aujourd’hui. L’Amérique prend toujours Vattel au sérieux et assure sa défense, d’où les sommes folles englouties dans les diverses moutures de bouclier antimissiles (Il reste à vaincre l’ennemi intérieur : la corruption.)

La Chine est dans une situation relativement similaire. Vietnam, Laos, Thaïlande ne sont pas des pairs stratégiques. Face à l’Inde, l’immensité de l’Himalaya forme une protection solide. Reste le pacifique. La mer de Chine constitue un glacis insuffisant, mais acceptable pour gérer les urgences. Quant à voir une flotte intervenir à travers le pacifique ? Les nouveaux missiles hypersoniques sont là pour rendre un tel scénario impossible. Seuls les sous-marins constituent une menace de part et d’autre et, dans ce domaine, la défense de Taiwan par les USA joue un rôle prépondérant. Peu importe le droit international (Taiwan est une province chinoise en droit international.), il faut maintenir le verrou posé sur la première chaîne d’îles pour empêcher les navires chinois de se répandre dans le pacifique.

Le seul axe critique vient de la frontière nord avec la Russie. Les bonnes relations nées d’une menace commune US et d’une certaine complémentarité économique assurent non pas une défense absolue, mais une vulnérabilité acceptée, car tolérable.

Une vulnérabilité asymétrique, car pour les Russes, la masse sibérienne offre un délai d’alerte suffisant. Pour eux, la menace critique se trouve sur d’autres axes. Leurs principaux centres de population se situent en Russie d’Europe. Les frontières essentielles sont donc sur la Baltique et la mer noire.

L’examen d’une carte permet de classifier les menaces. Le premier est Leningrad. Il est probable que la situation a été résolue par une densité de défense antiaérienne suffisante pour protéger un secteur relativement restreint (à l’échelle de la Défense AA russe) La Turquie menaçait à travers le Caucase et la mer noire, mais ces angles de menace offrent justement un délai pour faire décoller des chasseurs.

Au centre, route traditionnelle des invasions, la situation préoccupe sûrement davantage les russes. Au nord, la Biélorussie, Kaliningrad offre une sonnette que l’on peut considérer comme suffisante pour protéger leur territoire. Reste l’Ukraine. Bien consciente de sa situation, la république d’Ukraine se proclama neutre au moment de son indépendance en 1991. Dans ces conditions, la Russie garantissait les frontières ukrainiennes. Comme le disait Scott Ritter : à quoi sert l’Ukraine ? À rajouter mille kilomètres aux Russes. La réciproque était vraie et ce coussin neutre arrangeait tout le monde tant qu’il n’était pas nécessaire de braquer un revolver sur la tempe des Russes.

Les théoriciens du grand échiquier jugèrent cette menace souhaitable. Ils ont donc favorisé en Ukraine l’apparition d’un pouvoir anti-russe, désireux d’accueillir des armes occidentales (L’Europe aurait fourni les valises de billets, pardon fonds européens, comme lors de l’expansion de l’OTAN à l’Est.). Le projet Trump de baser 1000 missiles de croisière en Ukraine, même s’il a fait long feu constituait justement la menace destinée à empêcher la Russie de se défendre. À l’époque, une telle salve était estimée capable de réduire à néant l’économie ou la défense russe. Même si sa capacité peut être surévaluée (comme beaucoup d’armes occidentales) le Kremlin n’aurait pu ignorer une telle menace. Eux aussi savaient que la souveraineté disparaît lorsque la capacité de protection disparaît et l’exemple libyen le démontre : dans un pays sous le feu, n’importe quel groupe armé peut solliciter la protection du détenteur de la capacité de menace et remplacer l’état. (Qui se rappelle des commentaires de nos médias durant l’épopée Prigojine ? Faut-il une meilleure illustration ? Imaginez-la avec un appui feu occidental.)

Ainsi mis sous pression, il aurait dû multiplier les concessions, pour, comme tout pays de l’empire US, aliéner sa souveraineté. Les Russes ont lu Vattel ou ses équivalents et comprennent en tant que peuple que le but de l’État est la satisfaction des besoins de tous, le salut, le bonheur et le bien commun de tous les citoyens. “L’horrible” régime Poutinien, malgré ses limites et la corruption héritée du passé, semble davantage s’en préoccuper que de verser des dividendes aux groupes occidentaux. Le peuple russe a donc soutenu les opérations destinées à retirer la menace d’une attaque aérienne soudaine.

L’opération militaire spéciale avait pour principal but d’éviter de laisser le territoire Kiévien se transformer en un gigantesque Chaberton braqué sur la Russie. Ce que le peuple français ne pouvait accepter, la population russe n’allait pas davantage le tolérer.

Certes, les peuples occidentaux ne le voient pas ainsi. La sphère défensive US a été naturalisée. Quatre-vingts ans de discours et de propagande en ont fait un attribut vécu comme légitime par nos peuples. On ne se demande même plus ce que les Chiliens de 1973 avaient pu en penser. Par opposition, la chute du communisme fut vécue comme un abandon du pacte de Varsovie et toute revendication de sécurité russe ne peut plus être perçue avec le recul analytique nécessaire. Nos pays ont, en ce sens, perdu la capacité à s’adapter aux évolutions du monde au moment où la Russie retrouvait la capacité de faire valoir ses arguments.

Cette redéfinition stratégique pose désormais la question du prochain droit international. Un monde où chaque état posséderait ses arsenaux de missiles, massifs, puissants et capables de mettre les voisins à terre semble la garantie d’une empoignade généralisée. Comme en 1914, chacun se sentira obligé de tirer le premier pour éviter de subir le tir de l’autre.

Peut-on dès lors sauver l’ordre westphalien en sécurisant les populations contre le chantage d’autres puissances ? Constatons-le, les missiles créent un nouvel ordre, analogue au nucléaire. Dès lors, il existe trois solutions, la première est d’ordre juridique, la seconde consiste à reconnaître l’existence d’états possédant les capacités séparées par de vastes zones neutres, la dernière sera l’usage de la loi du plus fort.

Le citoyen occidental considère la réponse comme évidente et il s’en remet au droit international fondé sur des règles. Cruelle illusion basée sur la négation de l’invasion de l’Irak justifiée par des mensonges, les bombardements de la Serbie pour la contraindre à plier. Tout cela sans la moindre lettre de créance Internationale. Seul compta le droit américain, mal habillé de mission OTAN. Le droit international actuel n’agonise plus. La dernière facétie américaine, qui prétend juger un chef d’État en exercice selon le droit interne US[ii], a planté l’ultime clou dans le cercueil de ce modèle. Si une nouvelle norme juridique doit être forgée, elle devra l’être en accord avec toutes les puissances. Cela supposerait que des diplomates occidentaux deviennent soudain capables d’écouter le reste du monde. Comment dire ? La découverte d’un moyen de violer les limites de la physique einsteinienne semble plus probable.

Cet obstacle nous conduit à un monde où des garanties physiques compléteront les chiffons de papier dont l’hyperpuissance américaine a fait des cocottes depuis 1991. Cela suppose deux catégories d’états : ceux possédant l’arsenal de missiles, capables de frapper et d’autres relégués au statut de zone neutre. Privés de capacités offensives, ils ouvriraient leur ciel aux radars d’alerte des deux voisins qui s’engageraient à ne pas intervenir dans les affaires internes. La mesure de représailles en cas de tentative serait l’ouverture des frontières à l’autre camp. Un mécanisme complexe, mais qui préserverait des délais d’alertes raisonnables.

Reste la loi du plus fort. En réalité, la solution actuelle dans un monde où la principale puissance refuse de se soumettre à toute loi. L’exemple ukrainien démontre les conséquences d’une telle situation. En décembre 2021, les Russes transmettent d’ultimes propositions. En février 2022, la concentration de l’armée kiévienne dans le Donbass crée une menace sur les républiques. À la demande russe de faire jouer les garanties prévues par les accords de Minsk, la France macronienne répond un méprisant : “On s’en fout des propositions des séparatistes[iii].”

Dommage, c’était le sens des accords de Minsk. En l’absence de paroles diplomatiques, la Russie assumera ses obligations envers les populations qui ont cru en sa garantie.

Sauf à parvenir à ouvrir un véritable espace de dialogue, les chabertons de demain dissoudront toutes les frontières. Sauf à découvrir un antimissile peu coûteux et performant, les missiles continueront à progresser et les armes offensives seront toujours plus dangereuses.

N.B. Et la France dans tout cela ? Hélas, la France n’a plus besoin de protéger ses frontières, elle laisse des représentants de puissances étrangères pénétrer ses cercles dirigeants. Si jamais, elle redevenait indépendante, la faiblesse de ses moyens de défense stratégique constituerait un problème grave.

Rémi Mondine


[i] Peu de systèmes terrestres existent dans les arsenaux occidentaux, mais la plupart des missiles sont adaptés pour des plates-formes navales. Les exigences de l’environnement maritime étant supérieures, une adaptation devrait être possible sans grande peine.

[ii] Devant un tribunal de New York, Maduro plaide non coupable, dit être un “prisonnier de guerre” – France 24

[iii] “On s’en fout des propositions des séparatistes !” : quand Emmanuel Macron téléphonait à Vladimir Poutine pour éviter la guerre en Ukraine
La phrase d’E.Macron qui renie la garantie apportée par la France. Dans un monde où la justice existerait le président français finirait devant les tribunaux pour crime contre la paix. En attendant, la parole de la France est celle des Francais. E.Macron a fait de moi un menteur sans me consulter ! Qu’il n’attende AUCUN pardon.

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Trump prononce son discours sur l’état de l’Union, entre Iran et droits de douane

Trump a prononcé son discours annuel sur l’état de l’Union devant le Congrès. Ce discours intervient à l’approche des élections, où les Républicains pourraient perdre leur majorité dans les deux chambres.

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Trump a instauré de nouveaux droits de douane mondiaux de 10% pour contourner la décision de la Cour suprême

Le président américain Donald Trump a instauré de nouveaux droits de douane de 10 % sur les importations mondiales, contre 15 % annoncés ce week-end, rapporte le Financial Times, citant un avis des douanes américaines.

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La guerre économique mondiale pour les terres rares a commencé !

La nouvelle initiative lancée à Washington par les États-Unis, l’Union européenne et le Japon sur les minéraux essentiels n’est pas un simple projet industriel. Il s’agit d’une étape dans la compétition stratégique mondiale. Lorsque plus de cinquante pays se réunissent pour discuter de terres rares, d’aimants permanents, de gallium ou de tungstène, le véritable enjeu est celui du pouvoir. Qui contrôle ces ressources contrôle la technologie, la défense, la transition énergétique et, par conséquent, une part de la souveraineté des autres.

Aujourd’hui, la Chine produit environ les deux tiers des terres rares mondiales et en transforme la quasi-totalité. Cette concentration n’est pas seulement économique : c’est un outil politique. Pékin a déjà démontré sa capacité à utiliser le commerce des matières premières comme levier. Pour Washington et ses alliés, cela signifie une vulnérabilité stratégique.

De la dépendance à la diversification

L’objectif affiché de la nouvelle alliance est de mettre en place des chaînes d’approvisionnement sécurisées, de la mine au produit final. Les États-Unis ont signé de nombreux accords bilatéraux et débloqué des milliards de dollars de financements par le biais de leur banque de crédit à l’exportation, afin de garantir un approvisionnement stable aux industries nationales. Cette initiative est également liée à la sécurité technologique et au développement de l’intelligence artificielle, secteurs qui consomment d’importantes quantités de minéraux critiques. Le message est clair : réduire la dépendance à l’égard de la Chine avant qu’une crise politique ou militaire ne la transforme en chantage économique.

Les limites de la stratégie occidentale

L’ouverture de mines, la construction de raffineries et de réseaux de transport exigent des années, des permis environnementaux, des capitaux patients et la stabilité politique des pays producteurs. Une déclaration commune ne suffit pas à modifier l’équilibre des forces. Même les estimations les plus optimistes prévoient seulement un lent déclin de la part de la Chine au cours de la prochaine décennie.

Par ailleurs, l’Occident se trouve confronté à un paradoxe : il aspire à une plus grande autonomie tout en restant prisonnier de modes de consommation élevés et d’une demande croissante. Sans recyclage, réutilisation et substitution des matériaux, la course aux minéraux risque de se transformer en une nouvelle dépendance, certes plus dispersée géographiquement.

La position de l’Europe

L’Union européenne accélère le processus car ces minéraux sont essentiels à la fois à la neutralité climatique et au renforcement de la défense. Bruxelles a multiplié les accords commerciaux sur les matières premières, mais des analyses internes montrent que les objectifs d’autosuffisance sont loin d’être atteints. La dépendance à l’égard de la Chine demeure importante.

Le document conjoint transmis par l’Italie et l’Allemagne à la Commission témoigne de la volonté de construire des chaînes d’approvisionnement plus sûres pour l’industrie européenne. Cependant, certains critiques mettent en garde contre le risque, lié à une trop grande dépendance à l’égard de Washington, de compromettre l’autonomie stratégique de l’Europe. Selon cette perspective, une véritable indépendance repose également sur l’économie circulaire et le recyclage avancé.

Évaluation stratégique militaire

Les minéraux critiques font désormais partie intégrante de la puissance militaire. Missiles guidés, radars, satellites, moteurs électriques, systèmes numériques : tout repose sur des composants nécessitant des terres rares et des métaux spéciaux. Pour les États-Unis et leurs alliés, réduire leur dépendance à l’égard de la Chine signifie garantir la continuité de la production en cas de crise liée à Taïwan ou de conflit prolongé avec Pékin. En ce sens, l’alliance minière constitue une mesure préventive de sécurité nationale.

Évaluation géopolitique et géoéconomique

La carte des matières premières redessine les alliances. L’Afrique, l’Amérique latine et l’Asie centrale deviennent des territoires clés, courtisés par les investissements et la diplomatie. Les pays riches en ressources naturelles gagnent en influence lors des négociations, mais risquent également de devenir des terrains de compétition entre puissances.

La Chine, quant à elle, défend un modèle de marché apparemment ouvert : sa force réside dans l’intégration de l’extraction, de la transformation et de la fabrication. Le démantèlement de ce système exigera du temps et une coordination politique.

À moyen terme, nous assisterons à des investissements massifs dans l’extraction minière, la logistique et la transformation hors de Chine. Les coûts initiaux seront élevés et les prix des minéraux risquent de rester volatils. Les entreprises rechercheront des contrats à long terme et la protection de l’État. La concurrence pour l’accès aux ressources s’intensifiera.

Conclusion : La nouvelle guerre des ressources

Derrière le jargon technique des minéraux critiques se cache une véritable guerre économique. Il ne s’agit pas de droits de douane, mais d’accès aux ressources critiques. L’Occident s’efforce de bâtir un système moins vulnérable, tandis que la Chine défend l’avantage qu’elle a accumulé au fil de décennies d’investissements. Il en résultera un monde plus fragmenté, où les matières premières redeviendront un instrument de pouvoir. Celui qui contrôlera les mines et les usines de transformation contrôlera une part déterminante de l’avenir technologique et stratégique mondial.

ICI MOSCOU: Le tour est encore joué!

Dans cette nouvelle édition de « ICI MOSCOU », Xavier Moreau revient sur les négociations à Genève. Assiste-t-on à une répétition lassante et interminable de cycles de négociations, ou y a-t-il des progrès ?

Alors que Kaja Kallas et Emmanuel Macron se faisaient remarquer par des propos divagants, la vraie diplomatie, elle, traitait la semaine dernière à Genève des dossiers ukrainien et iranien. De son côté, Donald Trump a accompagné ses menaces à peine voilées contre l’Iran de l’envoi d’un deuxième porte-avions dans la zone du détroit d’Ormuz, ce qui n’a pas manqué de faire réagir l’ayatollah Ali Khamenei. De son côté, l’Algérie a reçu le ministre français de l’Intérieur et a accueilli favorablement l’initiative visant à établir une coopération bilatérale dans plusieurs domaines.

Pour en parler, Xavier Moreau reçoit Youssef Hindi, géopolitologue et écrivain, François Martin, géopolitologue et essayiste, Andreï Maslov, directeur du Centre des études africaines à l’ESE, et Amine Toutah, présentateur de RT en français.

Bulletin STRATPOL N°278: Offensive ukro-magique, blocus slovaquo-hongrois, Freedom is bulls… 20.02.2026

Au menu cette semaine:

00:00 Géopolitique profonde

  • Offensive ukro-magique

37:14 Carte des opérations militaires

  • Censure : Trump contre-attaque
  • Quentin vs Sans-culottes

09:15 Économie

  • Investir en Russie
  • Blocus slovaquo-hongrois
  • Charbon + gaz russe : dictature du réel
  • Brisons la glace
  • Taux directeur à 15,5%

14:50 Politico-diplomatique

  • Washington vs Téhéran
  • Sommet de l’OTAN : la Nef des fous
  • Conseil de paix
  • Macron l’intouchable
  • Négociation russo-américaine

29:40 Armement

  • F-16 vs Gueran
  • Pilotes mercenaires otano-kiéviens
  • Starlink piraté

27:35 Empire du mensonge

  • Macron vs Liberté d’expression
  • Jean-Noël récidive
  • Moment Bunker : Volodimir et les pertes magiques

33:25 Considérations militaires générales

Liens :
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Ukraine : pourquoi la Russie a gagné
Le livre noir de la gauche française
La lettre de Géopolitique profonde
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trump iran

Trump intensifie sa pression sur l’Iran et raccourcit son ultimatum

Le président américain Donald Trump a considérablement durci sa position envers Téhéran, déclarant qu’il disposait d’un maximum de 15 jours pour parvenir à un accord nucléaire. Alors qu’il y a une semaine, la Maison Blanche évoquait un mois, ce délai a été ramené à 10-15 jours maximum.

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lieu negociations

Le prochain cycle de négociations devrait avoir lieu à Genève également, selon Zelensky

Zelensky a annoncé que la réunion se tiendrait en Suisse. Le Kremlin avait annoncé la veille que le lieu de cette nouvelle série de pourparlers n’avait pas encore été déterminé.

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resultats pourparlers

Les négociations de Genève se sont rapidement achevées, Medinsky n’a pris la parole que 20 secondes

Les diplomates, après avoir fait leurs valises et pris leurs vestes, quittèrent le luxueux hôtel Intercontinental de Genève, où se réunissaient la Russie, l’Ukraine et les États-Unis. Les pourparlers de paix s’achevèrent presque brutalement, laissant derrière eux un lourd sentiment de non-dits…

Medinsky a fait une déclaration à la suite des pourparlers entre la Russie, les États-Unis et l’Ukraine à Genève.

Que signifie le silence qui a suivi la réunion ? Sur quoi aurait-on pu s’entendre, et sur quoi n’a-t-on pas pu s’entendre ?

Les journalistes se sont pratiquement précipités vers la conférence de presse de la délégation russe. Et beaucoup n’y sont toujours pas parvenus. Vladimir Medinsky, orateur de renom, a prononcé un discours de 20 secondes .

« Comme vous le savez, les négociations ont duré deux jours : hier, très longuement, sous différentes formes (certaines sources précisent qu’il y a eu des consultations uniquement entre la Russie et les États-Unis, uniquement entre la Russie et l’Ukraine, et des débats trilatéraux – ndlr)… et de nouveau aujourd’hui, pendant environ deux heures. Elles ont été difficiles, mais… constructives. La prochaine réunion aura lieu prochainement. C’est tout ce que nous voulions dire », a déclaré Medinsky sèchement, et, comme s’il n’entendait pas les questions qui fusaient de toutes parts, il est parti.

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Les négociations sur l’Ukraine ont commencé à Genève

La Russie, les États-Unis et l’Ukraine tiennent des pourparlers à l’hôtel InterContinental de Genève.

La réunion se tient à huis clos et portera sur les principaux paramètres d’un règlement : militaires, politiques et humanitaires. La délégation de Moscou est conduite par Vladimir Medinsky , conseiller du président ; celle de Washington par l’envoyé spécial Steve Witkoff et le gendre du président américain, Jared Kushner ; et celle de Kiev par Kirill Boudanov, chef de cabinet de Volodymyr Zelensky.

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Histoire du pétrole français

À travers une série d’articles consacrés à l’explication et à la vulgarisation du secteur électrique français, j’ai cherché à transmettre aux lecteurs des connaissances techniques et, plus largement, des éléments de réflexion sur ce secteur stratégique qu’est l’énergie. L’ensemble de ces articles est accessible sur cette page.

Aujourd’hui, je délaisse l’approche technique pour aborder directement la dimension historique et politique des transformations statutaires des entreprises énergétiques françaises. En premier lieu, nous allons aborder le cas de la CFP devenu Total, puis Totalenergies. Cette histoire est importante car elle est parfaitement alignée à l’actualité récente au Vénézuela: la dépendance aux ressources pétrolières et à la géostratégie des marchés financiers notamment américains.

Total et les enjeux géopolitiques du pétrole : une histoire d’indépendance compromise

L’histoire de Total, géant pétrolier français, illustre parfaitement les complexités géopolitiques qui entourent l’industrie énergétique mondiale. Depuis sa création au lendemain de la Première Guerre mondiale jusqu’aux défis contemporains, cette entreprise incarne les tensions entre souveraineté nationale et influence des puissances anglo-saxonnes dans le secteur stratégique des hydrocarbures. Cette analyse retrace l’évolution tumultueuse de Total, de ses origines en tant que Compagnie Française des Pétroles (CFP) jusqu’à sa forme actuelle, en passant par sa rivalité historique avec Elf et les circonstances controversées entourant la disparition de ses dirigeants.

1. Les origines de la CFP : Naissance d’un géant dans l’ombre de la grande guerre (1918-1924)

La création de la Compagnie Française des Pétroles (CFP) en 1924 s’inscrit dans un contexte géopolitique crucial. La Première Guerre mondiale (1914-1918) avait démontré de manière éclatante l’importance stratégique du pétrole pour les opérations militaires modernes. L’émergence des chars d’assaut, développés notamment par les Britanniques avec le Mark I en 1916, et l’essor de l’aviation militaire avec des appareils comme le Sopwith Camel ou le Fokker Dr.I, avaient révolutionné l’art de la guerre.

Le maréchal Foch, commandant suprême des forces alliées, avait d’ailleurs déclaré : “Une goutte de pétrole vaut une goutte de sang de nos soldats.” Cette prise de conscience explique pourquoi les puissances européennes, la France en tête, cherchaient désespérément à sécuriser leurs approvisionnements énergétiques.

La conférence de San Remo, qui s’est tenue du 19 au 26 avril 1920, marqua un tournant décisif dans la redistribution des richesses pétrolières du Moyen-Orient. Cette conférence, initialement centrée sur le démantèlement de l’Empire ottoman, aboutit aux accords de San Remo signés le 24 avril 1920. Ces accords prévoyaient notamment la création de mandats britanniques et français sur les territoires anciennement ottomans (Fig 1) , ainsi que la redistribution des participations pétrolières au Moyen-Orient.

Fig 1: Carte représentant les mandats français et britannique au Moyen Orient (source: l’histoire.fr)

Les accords de San Remo prévoyaient que les 25% de participation de la Deutsche Bank dans la Turkish Petroleum Company (TPC), mis sous scellés pendant la guerre, seraient transférés à la France au titre des réparations de guerre. Cependant, il fallut attendre la création de la CFP en mars 1924 pour que cette attribution devienne effective. Cette attribution représentait bien plus qu’une simple compensation financière : elle constituait le premier pas de la France vers l’indépendance énergétique.

Dès sa création, la CFP se heurtait à l’hostilité des puissances anglo-saxonnes. Les « Sept Sœurs », terme désignant les sept compagnies pétrolières qui dominaient l’industrie mondiale (Standard Oil of New Jersey, Royal Dutch Shell, Anglo-Persian Oil Company, Standard Oil of New York, Standard Oil of California, Texaco et Gulf Oil), voyaient d’un mauvais œil l’émergence d’un concurrent français, qui viendrait concurrencer le monopole anglo-saxon:

L’Accord de la Ligne Rouge (Fig 2), signé le 31 juillet 1928, illustre parfaitement cette mainmise anglo-saxonne. Cet accord stipulait que les membres de la TPC ne pouvaient pas opérer individuellement dans l’ancien Empire ottoman, délimité par une ligne rouge tracée sur la carte. La France se trouvait ainsi contrainte dans ses ambitions d’expansion au Moyen-Orient.

Fig 2: Tracé de la ligne rouge du 31 juillet 1928 ( Source: langloishg.fr)

2. L’Émergence d’une marque : Total et la stratégie de différenciation (1954-1960)

En 1954, la CFP lance sa marque commerciale “Total”, accompagnée de son logo distinctif représentant un losange aux couleurs vives. Cette initiative marketing s’inscrivait dans une stratégie de différenciation face aux marques anglo-saxonnes déjà bien établies comme Shell (créée en 1907) ou Esso (1926).

Le choix du nom “Total” n’était pas anodin : il véhiculait une image de compétence globale et de service complet, en opposition aux spécialisations sectorielles de certains concurrents. Cette stratégie de branding s’avérera particulièrement efficace, puisque la marque Total deviendra l’une des plus reconnaissables du secteur énergétique européen.

Durant les années 1950, Total développe ses activités sous l’œil vigilant des majors anglo-saxonnes. L’entreprise se lance dans l’exploration en Afrique du Nord, notamment en Algérie où elle découvre le gisement de Hassi Messaoud en 1956, l’un des plus importants gisements de pétrole africains.

Cette découverte, réalisée en collaboration avec la Société Nationale de Recherche et d’Exploitation des Pétroles en Algérie (SN REPAL) (Fig 3), représentait un tournant majeur. Avec des réserves estimées à plus de 6 milliards de barils, Hassi Messaoud offrait à la France une relative indépendance énergétique, du moins en théorie.

Fig 3: Prospections pétrolières en Algérie et Tunisie.
(Source: musee-pompe.fr)

3. La vision Gaulliste : L’UGP et la quête d’indépendance (1960-1967)

Le retour au pouvoir du général de Gaulle en 1958 marque un tournant dans la politique énergétique française. Fervent défenseur de l’indépendance nationale, de Gaulle considérait que la France ne pouvait être véritablement souveraine sans maîtriser ses approvisionnements énergétiques. C’est d’ailleurs exactement ce point qui fait que la France perd sa souveraineté actuellement, étant pieds et points liés à la politique énergétique européenne.

C’est dans cette optique qu’est créée en 1960 l’Union Générale des Pétroles (UGP), regroupement stratégique entre la SN REPAL (Société Nationale de Recherche et d’Exploitation des Pétroles en Algérie), la RAP (Régie Autonome des Pétroles) et le GEP (Groupement des Exploitants Pétroliers).

La création de l’UGP déclencha une véritable tempête médiatique. Le Figaro, dans son édition du 15 juin 1960, titrait : “L’UGP : une aventure coûteuse pour le contribuable français.” Paris-Presse-L’Intransigeant, dirigé par Max Corre, multipliait les éditoriaux critiques, dénonçant “l’étatisme gaulliste” et ses “dangereuses velléités d’indépendance”. Un tollé général s’est levé en France pour protester contre la création de l’UGP à l’époque, venant des « majors », des journaux (Le Figaro, Paris-Presse lIntransigeant) ainsi que de l’opinion publique française. Le président de Shell Française, dans le Journal de Genève du 19 juillet 1960, déclare qu’« il n’y a aucune raison valable pour justifier la création de l’Union générale des pétroles ».

Cette campagne de presse révélait les liens étroits entre certains médias français et les intérêts pétroliers anglo-saxons. Les archives du Quai d’Orsay, déclassifiées en 1990, confirment l’existence de pressions diplomatiques exercées par Washington et Londres pour entraver le projet gaulliste. Il est d’ailleurs plus qu’intéressant de constater qu’en 2025, et cela depuis plus de 30 ans, toute voix s’élevant contre la construction européenne, contre le libéralisme est systématiquement décrédibilisé par exactement les mêmes puissances possédant exactement les mêmes médias. Cet alignement des médias français avec les puissances d’argent Anglo-saxonne et notamment US et RU et très questionnable. Dans une démocratie véritable ce sujet devrait être saisi à bras le corps par la puissance de l’état.

Fig 4: Raffineries en France dans les années 60
(source musee-pompe.fr)

En 1967, l’UGP franchit une étape décisive en créant la marque Elf. Le lancement a lieu dans la nuit du 27 avril 1967, lors d’une opération spectaculaire qui voit 4 500 points de vente transformer leur identité visuelle en quelques heures. Le choix du nom “Elf”, sélectionné en décembre 1965 parmi cinq finalistes (Ritm, Alzan, Elf, Elfe et Elan), s’inscrivait dans une stratégie de communication moderne.

Elf se positionnait délibérément comme le champion de l’indépendance énergétique française. Ses premières campagnes publicitaires, orchestrées par l’agence Publicis de Marcel Bleustein-Blanchet, mettaient l’accent sur les valeurs de souveraineté et d’innovation technologique française.

4. La Guerre fratricide : Total vs Elf dans les crises internationales

La crise iranienne de 1953 constitue un cas d’école des divergences stratégiques entre Total (CFP) et Elf (UGP). Lorsque Mohammad Mossadegh, Premier ministre iranien, nationalise l’Anglo-Iranian Oil Company (future BP) le 1er mai 1951, il déclenche une crise géopolitique majeure.

L’opération Ajax, orchestrée conjointement par la CIA et le MI6 britannique du 15 au 19 août 1953, aboutit au renversement de Mossadegh et à la restauration du Shah. Durant cette crise, les positions françaises se divisent : la CFP, soucieuse de ses relations avec les Anglo-Saxons, adopte une position d’attentisme, tandis que l’UGP (pas encore Elf) exprime sa sympathie pour les revendications nationalistes iraniennes.

Cette divergence illustre parfaitement la dualité de la politique pétrolière française : d’un côté, une CFP intégrée dans le système des majors internationales ; de l’autre, une UGP portant les ambitions d’indépendance gaulliste. Le lecteur curieux, pourra lire la Bande Dessinée Chronique Diplomatique à ce sujet.

Les années 1960-1970 voient s’intensifier la concurrence entre Total et Elf sur le continent africain. Elf, bénéficiant du soutien politique français, développe une stratégie agressive en Afrique francophone. L’entreprise signe des accords préférentiels avec le Gabon (1962), le Congo (1965) et le Cameroun (1967). Les trois liens précédents sont des articles de journaux et archives venant soit du Monde, les Echos et RFI. Le lecteur trouvera multitudes de renseignement sur le net et cela provenant de sources très diverses.

Ces accords, négociés dans le cadre des relations privilégiées entre la France et ses anciennes colonies, garantissaient à Elf des conditions d’exploitation avantageuses. Le système de la “Françafrique”, développé sous l’impulsion de Jacques Foccart, conseiller de de Gaulle pour les affaires africaines, constituait un atout majeur pour Elf face à ses concurrents internationaux. Ces relations privilégiées avec les pays de la Françafrique, ont été scénarisées dans le film les Prédateurs, qui traite de l’Affaire Elf.

5. L’Affaire Elf : Quand la corruption frappe l’indépendance (1994-2002)

L’affaire Elf éclate en 1994, suite à une enquête de l’ancêtre de l’Autorité des marchés financiers. Cette affaire, qui deviendra l’un des plus importants scandales politico-financiers de la Ve République, révélera un système de corruption d’une ampleur exceptionnelle. Cette affaire a été racontée dans un livre par un des intéressés, Loïk Le Floch- Prigent.

Eva Joly, magistrate franco-norvégienne née Gro Eva Farseth à Oslo le 5 décembre 1943, devient juge d’instruction au pôle financier du palais de justice de Paris en 1990. Elle se voit confier l’instruction de cette affaire complexe aux ramifications internationales.

Eva Joly instruit cette affaire avec sa collègue Laurence Vichnievsky. Les deux femmes, surnommées les “pétroleuses de la République” par leurs détracteurs, mènent une enquête minutieuse qui durera plusieurs années. Elles révèlent progressivement un système de détournements de fonds, de commissions occultes et de financement de partis politiques s’étendant de l’Afrique à l’Allemagne.

Loïk Le Floch-Prigent, PDG d’Elf de 1989 à 1993, devient rapidement une figure centrale de ce scandale. L’instruction révèle des pratiques systématiques de corruption impliquant des dirigeants politiques et économiques de premier plan.

En 1995, alors qu’elle est au coeur d’une bataille judiciaire, la société ELF continue son développement à l’international, et notamment avec l’Iran, défiant ainsi les sanctions américaines.

En 1999, dans un contexte de consolidation du secteur pétrolier mondial, Elf lance une OPA (Offre Publique d’Achat) sur Total, évaluée à 48 milliards d’euros. Cette opération, si elle avait abouti, aurait créé le quatrième groupe pétrolier mondial et réalisé enfin le rêve gaulliste d’un champion national totalement indépendant.

Cependant, l’affaire judiciaire en cours fragilise considérablement Elf. Le scandale de corruption, révélé par l’instruction d’Eva Joly, porte atteinte à la crédibilité de l’entreprise et affaiblit sa position sur les marchés financiers. Cette situation inverse complètement les rapports de force : d’acheteur potentiel, Elf devient une cible d’acquisition.

Total, dirigé par Thierry Desmarest, saisit l’opportunité et lance à son tour une OPA sur Elf. Le 5 septembre 1999, l’opération est bouclée pour 47 milliards d’euros, donnant naissance à TotalFinaElf (devenu TotalEnergies en 2021).

En 2002, épuisée par des années d’instruction dans un dossier aux enjeux considérables, Eva Joly démissionne de la magistrature française. Elle rejoint ensuite le gouvernement norvégien comme conseillère dans la lutte contre la corruption, avant de s’engager en politique française. Elle devient députée européenne en 2009 sur la liste Europe Écologie et sera candidate d’Europe Écologie Les Verts à l’élection présidentielle de 2012.

6. Christophe de Margerie : L’Homme qui défiait l’ordre établi (2007-2014)

Christophe de Margerie (Fig 5), surnommé “Big Chief” pour sa stature imposante et sa moustache caractéristique, prend la direction de Total en 2007. Diplômé de l’École Supérieure de Commerce de Paris, il gravit tous les échelons de l’entreprise depuis 1974.

Fig 5: Photo Christophe de Margerie
(Source France 24)

De Margerie se distingue par sa vision géopolitique audacieuse et son franc-parler. Contrairement à ses prédécesseurs, il n’hésite pas à critiquer ouvertement la politique de sanctions américaines et à développer des partenariats avec des pays considérés comme “parias” par Washington.

Coïncidence ou bien volonté cachée de nuire aux sociétés pétrolières françaises, en 2006, Christophe de Margerie est mis en examen par la justice française. Tout comme pour Elf, c’est la justice française qui s’attache à faire rentrer dans le rang la société Total, qui commençait à vouloir s’affranchir des règles commerciales des Anglo saxons.

Dès 2008, de Margerie développe une stratégie ambitieuse en Russie. Il signe plusieurs accords majeurs avec Gazprom et Rosneft, notamment pour l’exploration en Sibérie orientale et dans l’Arctique. Le projet Yamal LNG, signé en 2013 avec Novatek, représente un investissement de 27 milliards de dollars.

Cette proximité avec la Russie s’accompagne d’une relation personnelle forte avec Vladimir Poutine. Les deux hommes se rencontrent régulièrement, tant lors de sommets officiels que lors de rencontres privées. De Margerie devient l’un des rares dirigeants occidentaux à maintenir le dialogue avec le Kremlin, même pendant les périodes de tension.

Parallèlement, de Margerie développe les activités de Total en Iran, malgré les sanctions américaines, en poursuivant l’essor entrepris par ELF. En 2009, l’entreprise signe un accord préliminaire pour le développement du gisement gazier de South Pars, le plus important au monde.

Cette stratégie provoque l’ire de Washington. En 2010, Total est sanctionnée par le Congrès américain et se voit interdire l’accès aux marchés publics américains. De Margerie répond en déclarant : « Nous ne sommes pas une entreprise américaine, nous n’avons pas à nous soumettre aux lois américaines. » Dans son dernier discours Christophe de Margerie appelait à une bonne entente entre l’Europe et la Russie. Encore une fois, nous ne pouvons que constater la différence d’attitude, la profondeur de vue stratégique et plus encore le courage de Mr de Margerie à défendre les intérêts de Total contre les intérêts anglo saxons, à la différence de Mr Pouyané PDG actuel qui envisage de coter à la bourse de New York TotalEnergies.

7. Morts suspectes et questions non résolues

Le 20 octobre 2014, Christophe de Margerie trouve la mort dans un accident d’avion à l’aéroport Vnoukovo de Moscou. Son Falcon 50 entre en collision avec un chasse-neige lors du décollage. Les circonstances de l’accident soulèvent des questions qui méritent d’être examinées objectivement.

L’enquête officielle conclut à un accident causé par l’état d’ébriété du conducteur du chasse-neige et des défaillances dans la gestion du trafic aérien. Cependant, plusieurs éléments troublants méritent d’être relevés : la météo était correcte, l’avion en parfait état, et de Margerie était accompagné d’un équipage expérimenté.

Le décès de de Margerie rappelle celui d’Enrico Mattei, président de l’ENI (Ente Nazionale Idrocarburi), décédé le 27 octobre 1962. Mattei, surnommé “l’homme le plus puissant d’Italie”, avait développé une stratégie similaire à celle de de Margerie, cherchant à briser l’hégémonie des majors anglo-saxonnes. Mattei avait révolutionné l’industrie pétrolière en proposant aux pays producteurs des accords plus avantageux que ceux des Sept Sœurs. Il avait notamment signé des contrats avec l’Iran, la Libye et l’Union soviétique, s’attirant l’hostilité des puissances occidentales.

Son avion Morane-Saulnier MS.760 Paris s’écrase près de Bascapè, dans la province de Pavie. L’enquête officielle conclut initialement à un accident météorologique, mais une nouvelle enquête menée en 1995 révèle la présence d’explosifs dans l’épave, confirmant la thèse de l’attentat.

Ces coïncidences soulèvent des questions légitimes sur les risques auxquels s’exposent les dirigeants qui tentent de défier l’ordre établi dans l’industrie pétrolière. Sans verser dans la théorie du complot, force est de constater que l’industrie énergétique, par les enjeux géopolitiques et financiers qu’elle représente, reste un secteur où les tensions peuvent atteindre des niveaux extrêmes.

8. Analyse du paysage médiatique et énergétique

L’analyse des médias en général, mais plus particulièrement dans le secteur énergétique révèle des défis considérables pour l’information objective. Les enjeux financiers et géopolitiques sont tels que les lignes éditoriales sont influencées par des intérêts particuliers, qu’ils soient nationaux, industriels ou financiers. C’est ainsi que l’on peut très clairement questionner l’impartialité de l’information relayée au Figaro et d’autres journaux qui n’hésitent pas à donner la faveur de l’opinion de pays étrangers.

Cette réalité ne doit pas conduire à un rejet systématique de l’information, mais à une lecture critique et diversifiée des sources. L’indépendance journalistique reste un idéal à préserver, et il serait temps que les journalistes redeviennent des journalistes comme défini par la Charte de Munich, et cessent d’être des chroniqueurs, des senseurs ou des propagandistes.

9. Total, symbole d’une souveraineté compromise

L’analyse historique de Total révèle une entreprise prise dans les contradictions de la géopolitique énergétique mondiale. Née de la volonté française de conquérir son indépendance énergétique, elle reste largement contrainte par l’architecture géopolitique dominée par les puissances anglo-saxonnes.

Malgré sa taille (cinquième compagnie pétrolière mondiale) et son chiffre d’affaires annuel de plus de 200 milliards d’euros, Total ne peut véritablement s’affranchir des contraintes imposées par Washington et Londres. Les sanctions américaines continuent de limiter ses activités en Iran et en Russie, démontrant les limites de sa souveraineté opérationnelle.

Au delà de la souveraineté opérationnelle de Total, reste la question de l’indépendance énergétique de la nation France. Comment concevoir cette indépendance voulue par De Gaulle, sachant que l’actionnariat de TotalEnergies est morcelé chez de nombreux actionnaires mondiaux.

La première version de cet article a été écrite le 31 décembre 2023. A cette époque la répartition était la suivante :

  • 26,7 % du capital détenu par les actionnaires français
  • 11,5 % pour le Royaume-Uni
  • 16,9 % pour le reste de l’Europe
  • 39,7 % pour l’Amérique du Nord
  • 5,3 % pour le reste du monde

En février 2025, soit seulement 14 mois plus tard, la situation s’est considérablement dégradée pour l’actionnariat français :

  • Les investisseurs américains détiennent désormais 40 % du capital de TotalEnergies
  • Ils représentent 50 % des investisseurs institutionnels
  • La part des investisseurs français est tombée à 15 %, contre près de 30 % il y a encore quelques années

Cette chute de l’actionnariat français est vertigineuse : une perte de 11,7 points en seulement 14 mois, soit presque autant que durant les 13 années précédentes.

Un basculement sur 15 ans s’est opéré. Entre 2010 et 2025, la structure de l’actionnariat a connu un bouleversement profond :

  • La part de capital détenue par les investisseurs nord-américains a augmenté de 13,5 points (passant de 26,5% à 40%)
  • La part détenue par les investisseurs français a chuté de 19 points (passant de 34% à 15%)

Avec 6,5 % du capital, l’investisseur institutionnel américain BlackRock serait ainsi le 2ème actionnaire de TotalEnergies, derrière le fonds d’épargne salariale de la compagnie géré par Amundi. À ce titre, il convient de noter qu’à la suite de l’augmentation de capital réservée aux salariés en juin 2024, la participation des salariés s’élève désormais à 8,13 % du capital.

Une américanisation accélérée

Le mouvement s’est encore accéléré avec la cotation directe de TotalEnergies à Wall Street le 8 décembre 2025. Cette décision vise à faciliter l’accès aux investisseurs américains en supprimant les ADR (American Depositary Receipts) jugés coûteux, ouvrant ainsi la voie à un afflux encore plus important de capitaux nord-américains.

À la fin du deuxième trimestre 2025, l’Amérique du Nord représentait déjà plus de 50% de l’actionnariat institutionnel de la compagnie, soit environ 38% de l’actionnariat total. Il est d’ailleurs assez intéressant de noter le relatif silence des médias français à propos de cette cotation à la bourse de Wall Street.

Une question de souveraineté énergétique

Ces chiffres posent une question fondamentale : peut-on encore parler d’indépendance énergétique nationale quand le fleuron français de l’énergie est détenu à 40% par des investisseurs nord-américains et seulement à 15% par des Français ?

L’indépendance énergétique voulue par De Gaulle reposait sur l’idée que la France devait maîtriser ses approvisionnements et ses ressources énergétiques. Or, TotalEnergies est désormais davantage une entreprise à actionnariat américain qu’une entreprise française. Les décisions stratégiques de cette compagnie, pourtant essentielle à l’approvisionnement énergétique de la France, sont de facto influencées par des intérêts qui ne sont plus majoritairement français.

Cette évolution soulève des interrogations majeures sur la capacité de la France à maintenir une véritable souveraineté énergétique dans un contexte où même ses champions nationaux échappent progressivement au contrôle de l’actionnariat français.

L’opposition de gouvernance entre Christophe de Margerie et Patrick Pouyanné est flagrante. Nous sommes en face de deux visions diamétralement opposée: souverainisme stratégique contre alignement atlantiste.

Christophe de Margerie, PDG de Total jusqu’à sa mort en 2014, incarne une certaine idée de l’indépendance énergétique française et de l’autonomie stratégique européenne. Issu de la tradition des grands corps de l’État et proche des cercles gaulliens, de Margerie défendait une vision de Total comme un acteur global mais enraciné dans la souveraineté française. Cette position se caractérisait par plusieurs éléments :

  • Refus de l’extraterritorialité du droit américain : de Margerie s’est illustré par son opposition frontale aux sanctions unilatérales imposées par Washington, notamment contre l’Iran ou la Russie. Il estimait que Total ne devait obéir qu’aux lois françaises et européennes, et non à celles d’un pays tiers, fût-il allié.
  • Ouverture vers les puissances non-alignées : il entretenait des relations étroites avec la Russie (notamment avec Igor Setchine et Rosneft) et l’Iran, considérant ces partenariats comme vitaux pour garantir l’approvisionnement énergétique de l’Europe, et contrebalancer l’hégémonie des majors anglo-saxonnes.
  • Défense de l’industrie française : pour de Margerie, Total devait jouer un rôle central dans la diplomatie économique française, en maintenant un centre de décision à Paris, et en résistant à toute tentative de fusion/absorption ou de perte d’autonomie stratégique.

Il apparaissait ainsi comme un capitaine d’industrie souverainiste, méfiant vis-à-vis de l’alignement atlantiste promu par certaines élites politico-économiques françaises post-Maastricht.

À la mort brutale de de Margerie à Moscou en octobre 2014 (dans des circonstances encore troubles pour certains observateurs), Patrick Pouyanné, ancien haut fonctionnaire passé par le ministère de l’Industrie et proche du réseau Saint-Simon/Sciences Po, lui succède. Très rapidement, un changement de cap s’opère :

  • Conformité avec les injonctions américaines : Pouyanné repositionne Total dans une posture beaucoup plus prudente vis-à-vis de Washington. Le retrait du projet South Pars en Iran en 2018, sous pression du Trésor américain après le rétablissement des sanctions, illustre cette inflexion stratégique. L’argument de la “compliance” prime désormais sur la souveraineté juridique.
  • Verdissement opportuniste de la stratégie : en cohérence avec les priorités géopolitiques des États-Unis et de l’Union européenne post-Accord de Paris, Total devient TotalEnergies, en mettant en avant un virage “vert” et ESG (Environmental, Social, Governance). Cette transition énergétique, est aussi interprétée comme une forme d’alignement sur les standards occidentaux, notamment ceux des marchés financiers anglo-saxons.
  • Marginalisation des relations avec la Russie : à la différence de son prédécesseur, Pouyanné opère un désengagement progressif de la Russie (notamment après 2022), au prix d’une perte d’influence stratégique, mais en conformité avec les nouvelles lignes rouges de l’OTAN.

L’opposition entre de Margerie et Pouyanné ne tient pas seulement à la géopolitique : elle reflète deux visions antithétiques du rôle d’une grande entreprise nationale dans la mondialisation :

AspectChristophe de MargeriePatrick Pouyanné
Vision stratégiqueFrance puissance énergétique autonomeTotalEnergies, entreprise globale régulée par les marchés
Rapport aux États-UnisIndépendance, défiance juridiqueAlignement, compliance extraterritoriale
Relations avec Russie/IranAlliances stratégiques assumées (Russie, Iran)Retrait progressif pour conformité réglementaire
Positionnement européenMéfiant vis-à-vis de BruxellesCoopération avec l’UE, adaptation au Green Deal
Diplomatie économiqueBras armé de la FranceActeur multinational “neutre” et ESG-friendly

Je laisse le lecteur faire ses recherches et se forger sa propre opinion. Il pourra néanmoins approfondir la question en naviguant sur les pages proposées dans le tableau suivant. J’ai tenté de proposer des références nombreuses, balayant un large spectre de point de vue d’analyse.

ThèmeDocument/ SourceRésuméLien actif
Politique énergétique & souverainetéCompte rendu du Comité des affaires étrangères – Assemblée nationale (2008)Intervention de Christophe de Margerie sur la souveraineté énergétique, la stratégie de Total et les enjeux géopolitiques du pétroleLien Assemblée nationale
Vision stratégique de TotalInterview Christophe de Margerie – L’Usine Nouvelle (2008)Analyse de sa vision de l’indépendance énergétique, des alliances internationales, et de la responsabilité des entreprises pétrolièresLien usine nouvelle
Total et la diplomatie énergétiqueTribune dans Le Monde Diplomatique (2009)prises de position publiques de Total sur les partenariats avec des États non occidentauxLien le monde diplomatique
Stratégie gazière de TotalRapport IFPEN / Total sur les marchés du gaz (2010)Détaille les enjeux liés au gaz russe, au GNL et aux réseaux de transport stratégiquesLien rapport IFPEN
Christophe de Margerie au SénatAudition par la Commission des Affaires Étrangères (2013)Discussion sur l’Iran, la Russie, le gaz de schiste et la souveraineté énergétique françaiseLien Sénat
Dossier de presse posthume (Total)Hommage officiel – Total (2014)Compilation des positions stratégiques et discours de C. de MargerieLien Totalenergies
Stratégie internationale de TotalAudition de Christophe de Margerie (2008) – Assemblée nationaleAudition détaillée sur la politique énergétique française. Sont évoqués, l’Algérie, la Russie et le lobbying européen.Lien Assemblée nationale
Total en Algérie  TotalEnergies – Relations avec SonatrachHistorique des projets gaziers (Timimoun, TFT, Reggane Nord), tensions et renégociations contractuellesLien Totalenergies
Fusion Total – Elf AquitaineLe Monde diplomatique (2000) – “Total/Elf : la guerre pétrolière française”Analyse des rivalités franco-françaises, jeux d’influence politique, DGSE, CNPE, et héritage gaulliste.Lien le monde diplomatique
Stratégie africaine de Total & Elf« L’Afrique, terrain de guerre énergétique » – Jean-Pierre Bat (Académie diplomatique)Éclairage historique sur la Françafrique énergétique, la continuité entre Elf et Total, opérations occultesLien Academia
Lobbying gazier et UEThierry Bros – « La stratégie gazière de Total et l’Europe »Note stratégique sur la libéralisation du marché européen et la place de Total dans les directives européennes (2000-2010)Lien Academia
Note interne Elf – Documentation judiciaireAffaire Elf – Synthèse du rapport d’instruction (1998-2001)Notes et mémos internes révélant l’usage de commissions et réseaux d’influence sur le continent africainLien Libération
Total – Relations avec la Russie (Yamal, Novatek)Le Monde – “Christophe de Margerie, un « vrai ami » de la Russie”« En Russie, Total est une société russe. Quand on est en Russie, on est Russe… »Lien Le monde
Total – Russie & sanctions (crise ukrainienne)HuffPost.fr – “Christophe de Margerie, cet ‘ami’ …”Opposé aux sanctions russes, défend les relations économiques russo-européennesLien Huffpost
Total – Activités en Iran & Birmanie (2008)France24 (11/07/2008)De Margerie évoque la cohérence entre projets éthiques en Birmanie et Iran (South Pars)Lien France 24
De Margerie – “Nous ne sommes pas une entreprise américaine”Le Monde à l’Envers (nov. 2014)« Total ne fait pas de politique… Nous ne sommes pas soumis aux lois américaines… »Lien Le monde à l’Envers

10. Du Venezuela à la France, même combat pour la souveraineté énergétique

L’histoire de Total n’est pas qu’une saga d’entreprise : c’est le miroir des rapports de force géopolitiques qui déterminent notre avenir énergétique. Et aujourd’hui, la crise vénézuélienne nous rappelle avec une brutalité particulière que ces enjeux n’appartiennent pas au passé.

Le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole au monde (303 milliards de barils), devant l’Arabie Saoudite. Pourtant, sa production s’est effondrée de 3,5 millions de barils/jour en 1998 à moins de 700 000 en 2020, avant une légère remontée récente. Cette chute n’est pas le fruit du hasard : elle résulte d’un étranglement méthodique par les sanctions américaines, imposées unilatéralement dès 2017 et renforcées jusqu’en 2019.

La question qui se pose est donc existentielle : peut-on être souverain sans contrôler son énergie ? La France de 2026, malgré son siège au Conseil de sécurité de l’ONU et sa force de frappe nucléaire, ne maîtrise plus son fleuron pétrolier. TotalEnergies obéit désormais davantage aux injonctions des investisseurs américain qu’à celles de l’Élysée.

Le Venezuela, lui, paie le prix de sa résistance : sanctions, blocus, tentatives de coup d’État (2002, 2019), gel de ses avoirs à l’étranger (31 milliards de dollars). Mais il conserve, pour l’instant, la propriété de sa ressource stratégique.

Christophe de Margerie avait compris cette réalité. Dans son dernier discours avant sa mort, il appelait à “une bonne entente entre l’Europe et la Russie” et refusait de “se soumettre aux lois américaines”. Il savait qu’un pays sans énergie n’est qu’un protectorat en sursis.

Aujourd’hui, Patrick Pouyanné assume la cotation complète de TotalEnergies à Wall Street. Cette décision, passée presque inaperçue dans les médias français, marque l’abandon définitif de l’ambition gaulliste de l’indépendance énergétique au profit du marché. Il est FONDAMENTAL de comprendre que ce qu’il se passe avec le pétrole et Total énergies, est exactement ce qu’il se passe avec EDF/RTE et le marché européen de l’électricité. Peu à peu, la France perd son indépendance énergétique (électrique), au profit du marché européen de l’électricité.

Il reste, au demeurant, très questionnable que ces questions ne soient pas ouvertement posées dans la presse Française. Le rôle et la responsabilité des médias dans la perte de souveraineté énergétique de la France sont majeurs, car ils masquent la réalité aux citoyens français.

L’histoire nous enseigne une vérité implacable : la souveraineté énergétique ne se négocie pas, elle se conquiert et se défend. La France l’a oublié. Le combat pour l’indépendance énergétique n’est pas terminé. Il change simplement de théâtre : hier l’Algérie et l’Iran, aujourd’hui le Venezuela et la Russie, et toujours l’Iran. Mais les acteurs restent les mêmes, et les méthodes aussi. À nous de choisir notre camp : celui de la souveraineté, ou celui de la soumission confortable.

Au delà de ces considérations, il est simplement immoral que les sacrifices des générations françaises passées (1ère guerre mondiale notamment) profitent actuellement à des fonds privés au dépend de la nation France. Le sacrifice d’une génération doit profiter à la nation et non aux capitaux privés.

11 Médias et élection de 2017 : Le cas Fillon, ou comment éliminer un candidat « Pro-Russe »

L’élection présidentielle de 2017 offre un cas d’école du traitement médiatique différencié selon l’alignement atlantiste des candidats. François Fillon, donné largement favori après sa victoire à la primaire de la droite en novembre 2016, portait un programme explicitement orienté vers le “rétablissement du dialogue avec la Russie” et la levée des sanctions.

Depuis 2009, lorsqu’il était Premier ministre, Fillon entretenait des relations suivies avec Vladimir Poutine, qu’il rencontrait deux à trois fois par an. En 2013, il s’adresse à lui en disant “C’est par notre dialogue, cher Vladimir, que passera la paix” en Syrie. Durant la campagne de 2017, il défend une position gaulliste d’indépendance vis-à-vis de Washington et de dialogue avec Moscou.

En janvier 2017, en pleine ascension dans les sondages, le Canard Enchaîné révèle “l’affaire Penelope” : des emplois fictifs de l’épouse de Fillon comme assistante parlementaire. S’ensuit une campagne médiatique d’une violence inouïe, orchestrée par l’ensemble des grands médias français. Fillon est mis en examen le 14 mars 2017, en pleine campagne présidentielle, du jamais vu sous la Ve République.

Pendant ce temps, Emmanuel Macron, jeune banquier d’affaires issu de Rothschild & Cie et membre de la French-American Foundation, bénéficie d’une couverture médiatique exceptionnellement bienveillante. Le Figaro, Les Échos, L’Express, Le Point multiplient les portraits élogieux du “Mozart de la finance”, du “renouveau”, de “l’intelligence”.

Le résultat est implacable : Fillon, donné à 30% en décembre 2016, s’effondre à 20% et est éliminé au premier tour. Macron est élu président. L’année suivante, Total se retire du projet South Pars en Iran sous pression américaine, abandonnant un contrat de plusieurs milliards d’euros. La France s’aligne totalement sur les sanctions extraterritoriales de Washington.

Ce qui est troublant : François Fillon n’a rejoint les conseils d’administration de Zarubezhneft et Sibur qu’en 2021, quatre ans APRÈS l’élection. En 2017, il n’avait AUCUN lien financier avec la Russie, contrairement à ce que l’hystérie médiatique laissait entendre. Ses positions pro-russes étaient purement politiques et s’inscrivaient dans une tradition gaulliste d’indépendance nationale.

Pourtant, les médias français l’ont traité comme s’il était un “agent russe”. L’eurodéputé Raphaël Glucksmann déclare en 2022 : “François Fillon est un employé de Vladimir Poutine”, accusation proférée bien après qu’il ait effectivement rejoint ces entreprises, mais qui colore rétroactivement toute sa carrière politique. Il est d’ailleurs “révélateur” que Glucksmann désigne Monsieur Fillon comme un “employé de Poutine”, alors que lui-même incarne parfaitement l’alignement atlantiste le plus servile.

Le parcours de Raphaël Glucksmann parle de lui-même :

  • Co-fondateur avec son père André en 2006 de la revue néoconservatrice “Le Meilleur des Mondes”, entièrement financée par un think-tank pro-américain
  • Membre du Cercle de l’Oratoire, groupe néoconservateur français soutenant toutes les interventions militaires américaines (Afghanistan, Irak, Libye, Syrie)
  • Conseiller (2009-2012) de Mikheil Saakachvili, président géorgien pro-occidental aujourd’hui emprisonné pour corruption
  • Marié à Eka Zgouladze, employée de la Millennium Challenge Corporation (MCC), fonds de développement américain créé par George W. Bush et le National Security Council
  • Financé par la Fondation Soros (Open Society) pour son association “Études sans Frontières”
  • Conseiller “gratuit” de Vitali Klitschko pendant Euromaïdan (2013-2014), pour qui “il écrit ses discours et développe ses contacts aux États-Unis”
  • Président de la Commission sur l’ingérence étrangère au Parlement européen, où il dénonce systématiquement la Russie et la Chine, mais ne mentionne JAMAIS la NED (National Endowment for Democracy) ni l’USAID (United States Agency for International Development), pourtant spécialisées dans les “révolutions colorées”

Glucksmann défend TOUTES les positions géopolitiques américaines sans exception : sanctions contre la Russie, confrontation avec la Chine, soutien inconditionnel à l’Ukraine, opposition à tout dialogue avec Moscou ou Pékin. Il propose même que “la France devrait totalement entrer en économie de guerre” pour soutenir l’Ukraine.

Qu’il accuse François Fillon d’être un “employé de Poutine” pour avoir rejoint Zarubezhneft quatre ans APRÈS l’élection de 2017, alors que lui-même a littéralement travaillé pour des gouvernements étrangers pro-américains (Géorgie, Ukraine) et été financé par des fondations américaines (Soros, MCC), relève de la projection psychologique ou de la manipulation consciente.

Fillon défendait une vision de dialogue avec la Russie dans l’intérêt de la France. Glucksmann défend une vision atlantiste d’affrontement avec la Russie dans l’intérêt de Washington. Le premier a été détruit médiatiquement. Le second est porté aux nues par ces mêmes médias. De plus, on ne peut que s’interroger lorsque le même Glucksmann se retrouve en couple avec Léa Salamé, présentatrice phare de France Télévision.

La question se pose alors : l’affaire Penelope était-elle une révélation journalistique légitime ou un outil de destruction d’un candidat pas parfaitement aligné aux intérêts atlantistes ? Fillon lui-même l’affirme en 2023 : “Des ingérences étrangères, oui, j’en ai rencontré, la plupart du temps elles venaient d’un pays ami et allié qui s’appelait les États-Unis. J’ai été écouté avec le président Sarkozy pendant cinq ans par la NSA ».

Le parallèle avec Christophe de Margerie est saisissant : un homme politique défendant l’indépendance énergétique vis-à-vis de Washington est systématiquement détruit, soit physiquement (de Margerie, Mattei), soit médiatiquement (Fillon). Les méthodes changent, mais l’objectif reste identique : empêcher toute velléité d’autonomie stratégique française.

12 ENI, le Géant Italien : Quand la souveraineté énergétique reste un choix politique

Pendant que TotalEnergies s’américanise à marche forcée, l’Italie nous offre un contre-exemple saisissant avec ENI (Ente Nazionale Idrocarburi). Créée en 1953 sous la présidence d’Enrico Mattei, ENI a été privatisée en 1998, mais l’État italien conserve environ 30% du capital. Plus précisément, en 2025, cette participation publique s’élève à 31,835%, répartie entre la Cassa Depositi e Prestiti (29,751%) et le Ministère de l’Économie et des Finances (2,084%).

Comparons l’évolution sur 20 ans : Le constat est sans appel : pendant que la France liquide sa participation dans Total (-27 points pour l’État), l’Italie renforce la sienne dans ENI (+1,5 points). Cette divergence n’est pas une fatalité économique, mais bien un choix politique délibéré.

Qu’est ce qui fait que ENI représente toujours la souveraineté énergétique Italienne ? Cela provient de son ADN structurel et de l’origine de sa création par Enrico Mattei. Enrico Mattei, premier président d’ENI, a développé une stratégie focalisée sur les marchés historiques italiens (Lybie, Éthiopie) qui compromettait le monopole des principales compagnies de production de pétrole, américaines notamment, en introduisant une nouvelle formule contractuelle avec les pays producteurs. Cette formule, le fameux “fifty-fifty”, permettait aux pays producteurs de partager équitablement les profits, ce qui est une révolution à l’époque des Sept Sœurs qui imposaient des contrats léonins.

Mattei est mort dans des circonstances suspectes en 1962, son avion s’écrasant mystérieusement. Une enquête menée en 1995 révélera la présence d’explosifs dans l’épave, confirmant la thèse de l’attentat. Comme Christophe de Margerie 52 ans plus tard, Mattei avait osé défier l’ordre pétrolier anglo-saxon.

Mais contrairement à Total après de Margerie, ENI n’a jamais renoncé à l’héritage de Mattei. L’entreprise continue de traiter avec qui elle veut, quand elle veut, malgré les pressions américaines. On retrouve dans ENI les traces de l’indépendance énergétique que De Gaulle avait voulu pour ELF, et qui ont été portées par de Margerie lorsque ELF a été absorbé par Total.

Les faits parlent d’eux-mêmes. ENI maintient des relations commerciales avec des pays considérés comme “parias” par Washington :

Iran : Alors que Total s’est retiré du grand projet gazier iranien South Pars en 2018 sous pression américaine, pour lequel l’entreprise avait décroché un contrat de plusieurs milliards d’euros, ENI continue ses activités en Iran. L’entreprise italienne a certes dû ralentir certains projets, mais n’a jamais rompu complètement ses liens commerciaux.

Libye : En janvier 2023, ENI a signé un accord historique avec la compagnie nationale de pétrole libyenne NOC pour l’exploitation de deux gisements gaziers au large des côtes de Libye. Pendant ce temps, les compagnies françaises et américaines hésitent à s’engager dans ce pays considéré comme instable.

Russie : ENI est historiquement le premier client occidental de Gazprom. Même après 2022 et les sanctions liées à l’Ukraine, l’Italie a su maintenir un dialogue énergétique avec Moscou, contrairement à la France qui a coupé tous les ponts.

Algérie : ENI a accepté de payer 24,5 millions de dollars en 2020 à la SEC américaine pour des paiements controversés en Algérie, mais la justice italienne avait acquitté ENI la même année. L’entreprise a payé l’amende américaine… mais a continué ses activités en Algérie.

Cette liste démontre une chose : ENI subit les sanctions extraterritoriales américaines, mais ne s’y soumet pas totalement. L’entreprise paie parfois des amendes, mais conserve sa liberté opérationnelle.

Pourquoi ENI peut-elle résister là où Total capitule ? La réponse tient en un chiffre : 31,835%. Cette participation publique, renforcée par une “golden share” qui donne à l’État italien un droit de veto sur les décisions stratégiques, permet au gouvernement italien de protéger son champion national. Lorsque les États-Unis menacent de sanctions, l’État italien peut :

  1. Soutenir financièrement l’entreprise en cas de pertes liées aux sanctions
  2. Négocier diplomatiquement pour obtenir des exemptions
  3. Imposer des orientations stratégiques contraires aux intérêts américains
  4. Refuser des OPA hostiles ou des prises de contrôle étrangères

TotalEnergies, avec 0% de participation publique française et 40% d’actionnariat américain, ne bénéficie d’aucune de ces protections. Pire encore : ses actionnaires américains exigent la conformité aux sanctions de Washington, sous peine de désinvestissement massif.

La comparaison ENI-Total révèle deux visions diamétralement opposées de ce que doit être une compagnie pétrolière nationale :

Le Modèle Italien (ENI) :

  • L’énergie est un bien stratégique qui ne peut être abandonné aux marchés
  • L’État doit conserver un contrôle sur les orientations stratégiques
  • L’indépendance diplomatique vaut mieux que les profits à court terme
  • Les sanctions extraterritoriales sont illégitimes et doivent être contestées

Le Modèle Français (TotalEnergies) :

  • L’énergie est une marchandise comme une autre
  • Le marché doit dicter les décisions stratégiques
  • La conformité aux règles américaines prime sur la souveraineté
  • Les sanctions extraterritoriales sont acceptées comme une réalité incontournable

Il est crucial de comprendre que l’américanisation de Total n’était pas inévitable. L’exemple d’ENI le prouve formellement. Avec un chiffre d’affaires trois fois moindre (88,8 milliards € contre ~200 milliards € pour Total), ENI maintient son indépendance stratégique. La taille n’explique donc pas la soumission. Le véritable facteur explicatif est politique : l’Italie a fait le choix de conserver le contrôle de son champion énergétique, la France a fait le choix inverse.

Conclusion:

Le changement de Total s’est opéré progressivement, sous couvert de “modernisation”, de “libéralisation des marchés”, de “gouvernance ESG” et autres novlangues néolibérales. Mais fondamentalement, il s’agit d’un choix d’alignement atlantiste contre l’indépendance gaullienne. Il est triste et regrettable de constater que l’indépendance « Gaullienne » est aujourd’hui portée par une entreprise Italienne et abandonnée par le fleuron français.

Patrick Pouyanné, en assumant la cotation directe de TotalEnergies à Wall Street, ne fait que parachever un processus entamé il y a 30 ans : la transformation d’une entreprise française en une société multinationale à capitaux américains dominant, opérant depuis le sol français mais obéissant aux marchés. Christophe de Margerie, comme Enrico Mattei avant lui, avait compris qu’on ne peut pas être souverain sans maîtriser son énergie. Tous deux sont morts dans des accidents d’avion troublants. Tous deux ont été remplacés par des dirigeants beaucoup plus “raisonnables” et « atlantistes”.

Cependant une différence cruciale demeure : après Mattei, l’État italien a maintenu le cap de l’indépendance. Après de Margerie, l’État français a abandonné toute prétention à la souveraineté énergétique. N’est ce pas là, d’ailleurs l’essentiel ? La présence de l’État pour protéger les industries stratégiques françaises contre la prédation des marchés ? La France abandonne peu à peu ses industries. Dans le cas du pétrole, l’Italie a choisi un autre chemin.

Il est fondamental de comprendre que l’indépendance ne peut d’ailleurs être portée que part la volonté des dirigeants. Si au sommet de l’état se trouve des banquiers d’affaires, issus de la French-American Fundation, nul besoin d’être surpris de voir les fleurons industriels et stratégiques français passer sous contrôle étranger (et notamment USA). Sans cette volonté d’indépendance, les secteurs stratégiques se diluent naturellement dans les logiques de capitaux, d’alliances et d’intégrations internationales. L’énergie n’est alors qu’un cas parmi d’autres d’un phénomène plus large : l’effacement progressif de la capacité nationale à décider seule de ses orientations fondamentales

L’Italie a gardé son ENI. La France a perdu son Total. Un autre cap est possible. Il faut juste une volonté d’indépendance nationale et le projet clair et distinct marqué dans le projet politique. Tant que le projet politique d’un candidat est de faire l’Europe, une autre Europe, une Europe des nations, une Europe libérale, une Europe socialHistoire e, une Europe écologique… alors le projet France ne pourra exister. Si l’indépendance nationale est une préoccupation pour un électeur, Il est de sa responsabilité de voter pour un candidat dont le programme est de faire la France. Entre faire la France et faire l’Europe, il faut choisir.

Bulletin STRATPOL N°277: Dictature du réel, €17 milliards de plus, dépopulation ukrainienne. 13.02.2026

Au menu cette semaine:

00:00 Géopolitique profonde

  • Telegram vs Max

06:20 Économie

  • Investir en Russie
  • €90 milliards pour le clan Zelenski
  • Sursaut du RN
  • Effondrement démographique ukrainien
  • Chasse à l’homme en Ukraine
  • Pétrole russe pour l’Inde
  • Nationalisme économique hongrois
  • Carte MIR pour l’Europe
  • 114 Rafale pour l’Inde !

21:50 Politico-diplomatique

  • Les négociations continuent
  • 81% pour Poutine
  • JD Vance en Arménie

27:00 Terrorisme

  • Terrorisme vs processus de paix

29:40 Armement

  • Drones : intégration locale russe
  • Gueran vs MI-24

31:38 Empire du mensonge

  • Gamelin Trinquant
  • Moment bunker : Poubelle médiatique, Françoise Thom revient

36:38 Considérations militaires générales

  • Quelques km²

37:40 Carte des opérations militaires

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Dossiers Epstein : L’ésotérisme au service du pouvoir !

Les dossiers Epstein concernent la moitié du monde : de l’élite des géants de la tech aux véritables maîtres du monde, en passant par la finance qui tire les ficelles, des hauts responsables du renseignement israélo-américain aux politiciens et membres de la royauté occidentaux, sans oublier les Arabes et d’autres, et même des journalistes et acteurs de renom.

L’élite juive américaine n’y figure pas, du moins pour l’instant, et seul Ehud Barak apparaît pour Israël, ainsi que quelques informations concernant Netanyahu, car l’agence pour laquelle il travaillait l’empêchait probablement d’avoir tout contact avec eux, qui connaissent pourtant bien les pratiques des élites qu’ils fréquentaient.

La pédophilie, largement documentée, va de pair avec le sadisme, même extrême (torture), ainsi qu’avec les rituels et le cannibalisme. Ce dernier point est controversé : rien ne prouve que certaines expressions codées dans les Archives fassent référence au cannibalisme, et bien que le mot « cannibale » apparaisse plus de cinquante fois et « cannibalisme » six fois, rien ne prouve qu’il se réfère à cette pratique, du moins selon le site de vérification des faits Snopes. Quant aux rituels impliquant prétendument des sacrifices humains, il n’existe aucune preuve, seulement un témoignage anonyme.

Il est bien connu que la vérification des faits sert à façonner le récit selon les désirs de ceux qui la financent (c’est-à-dire l’establishment que les dossiers Epstein révèlent en partie), puisque personne ne la lit mais qu’elle n’est mentionnée par les sites grand public que pour nier les informations inappropriées.

Ainsi, indépendamment du prétendu manque de preuves (recherchaient-ils des vidéos immortalisant les pratiques ou des témoignages des personnes présentes ?), nous nous contenterons de constater que sur l’île de Saint-James, propriété d’Epstein, se trouvait un temple. Seul bâtiment outre le manoir, il devait nécessairement avoir une fonction. Et si certaines expressions dans les Archives restent indéchiffrables, la mention du cannibalisme n’est certainement pas fortuite.

Mais au-delà de cela, ce qui ressort des Archives, c’est un aperçu – parmi tant d’autres d’Epstein dans ce monde – de certaines dynamiques des élites occidentales (et des élites arabes, ainsi que de ceux qui leur sont liés). On ne peut évidemment pas généraliser, mais cela parle des élites qui ont dominé le monde, et qui le dominent encore.

Lorsque certains écrivaient dans une note qu’en 1978, des cercles ésotériques avaient commencé à prendre le pas sur les cercles précédents qui concevaient le pouvoir de manière plus laïque, exempte de certaines tendances psychopathiques, ils faisaient précisément référence à cela (un ésotérisme qui bascule aisément dans le satanisme).

Dans cette même note, ils mentionnaient comment ils avaient triomphé en 1989, lorsqu’ils avaient pris le destin du monde en main – du moins, c’est ce que croyaient leurs fantasmes malsains.

D’où cette unipolarité, qui n’était pas seulement une dynamique géopolitique, comme dans l’exercice du pouvoir, mais un système ; un système idéaliste qui imposait des valeurs aux peuples soumis ou voués à l’assujettissement par la force et faisait des élites une classe à part, totalement affranchie des valeurs qu’elle prônait, des règles imposées aux autres (un exemple parmi d’autres : la déréglementation de la technofinance), et qui n’était soumise ni à la critique ni, surtout, à aucune limite.

C’est précisément cette absence de limites, que nous n’étions manifestement pas les seuls à remarquer, qui était caractéristique d’une classe dirigeante qui se considérait potentiellement, et souvent réellement, comme une sorte de dieu.

De ce fait, leurs agissements étaient et demeurent incontestables et irresponsables, tout comme les discours et réglementations imposés sur les questions qu’ils jugeaient essentielles étaient incontestables et acritiques (non seulement en géopolitique, mais aussi sur des sujets plus vastes tels que la Covid-19, le changement climatique, le travailisme, la mondialisation, etc.).

La réalité elle-même ne constituait pas une limite, comme l’a souligné avec insistance Karl Rove, le stratège de George W. Bush : « Nous sommes désormais un empire, et lorsque nous agissons, nous créons notre propre réalité. Et pendant que vous étudiez cette réalité – avec toute la rigueur que vous voudrez –, nous agirons de nouveau, créant d’autres réalités nouvelles […]. Nous sommes les acteurs de l’histoire… et vous, vous tous, n’aurez qu’à observer nos actions.» (C’est Rove qui, lors d’une visite dans une école, a mis Bush en garde contre les attentats du 11 septembre…)

Quant à Epstein, il n’était pas seulement un piège à miel permettant à des personnes puissantes de faire chanter (un chantage irréversible, impossible à annuler après avoir commis ou été témoin de certaines pratiques) pour le compte du Mossad ou de la CIA, mais il était aussi, et surtout, un trait d’union entre elles, un facilitateur de relations et d’intérêts, et, en même temps, leur jouet.

Ses archives ont mis en lumière les individus se prétendant demi-dieux qui entretenaient des liens avec lui. Mais ces révélations sont partielles et le resteront même si elles étaient publiées intégralement ; d’autant plus que, comme mentionné précédemment, il existe plusieurs Epstein à travers le monde, à différents niveaux, et ce, encore aujourd’hui.

La publication de millions de pages a un effet à la fois choquant et limitant. À l’instar de ce qui s’est passé avec WikiLeaks, le public mondial ne sera exposé qu’à ce qu’il choisira de voir (avec un minimum de dégâts) ; et même les chercheurs indépendants seront incapables de discerner et de révéler toute la corruption qui y est dissimulée.

Et, comme pour WikiLeaks, les documents tomberont dans l’oubli, tandis que d’autres Epstein continueront de prospérer… Il y aurait encore beaucoup à dire ; nous nous limiterons à trois remarques finales. Premièrement : il est désormais établi qu’Epstein avait des liens avec le Mossad et la CIA (et le MI6 ?). Les dirigeants de ces agences ne pouvaient pas ignorer la situation.

Deuxièmement : la guerre en Ukraine fait des orphelins, surtout des enfants, dont beaucoup tombent entre les mains de ces puissants réseaux. Une raison de plus pour laquelle il est si difficile d’y mettre fin.

Troisièmement : les révélations sur les « Files » n’ont eu aucun impact sur la technofinance, tout au plus quelques excuses publiques. Le seul véritable effet à ce jour a été le séisme qui a secoué Londres, le Premier ministre Starmer étant ébranlé par la pression des manifestations et des démissions, notamment celle, très remarquée, de Lord Peter Mandelson, mentor de Blair (qui, ce n’est pas un hasard, siège au Conseil de paix pour Gaza), et de plusieurs dirigeants britanniques.

Dans les médias, Mandelson a été surnommé le « Prince des Ténèbres » (voir The Independent en 2003), et ce n’était certainement pas sans raison. Tout le monde le savait, mais…

iran menace

Netanyahou en visite à Washington, Trump menace d’amener un deuxième porte-avions au Moyen-Orient

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a entamé sa visite aux États-Unis par une rencontre avec l’envoyé spécial Steven Witkoff et le gendre du président américain, Jared Kushner. Des responsables américains supervisant les négociations avec l’Iran à Oman ont informé le Premier ministre du contenu de leurs consultations. Selon les médias israéliens, la visite du Premier ministre à Washington pourrait s’avérer déterminante quant au calendrier d’une frappe contre Téhéran. La partie américaine, comme l’a publiquement admis le président Donald Trump, pourrait, si nécessaire, déployer un second groupe aéronaval au Moyen-Orient.

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Le compte à rebours nucléaire que personne ne veut arrêter !

Le 2 février 2026, Dmitri Medvedev a mis en garde contre un risque qui, à force d’être répété, devenait banal : l’expiration du dernier traité limitant de manière vérifiable les arsenaux stratégiques des États-Unis et de la Russie. Le traité New START, signé en 2010 alors que Medvedev était président, devait expirer le 5 février sans nouvel accord. Et le problème, selon lui, n’était pas de créer une alarme théâtrale, mais le vide politique à combler : une expiration sans savoir ce qui va suivre, c’est ouvrir la porte au pire, même si personne n’en parle.

Medvedev n’a pas dit que l’expiration entraînerait automatiquement une catastrophe. Il a dit quelque chose de plus utile : que le monde devrait s’en préoccuper malgré tout. Car lorsque les règles disparaissent, le désarmement disparaît ; il ne reste que la tentation de recenser les missiles pour tenter de modifier à nouveau l’équilibre des forces.

Le choix de Trump : « Négocier un meilleur accord »

Par ailleurs, Donald Trump avait déjà clairement indiqué qu’il n’avait aucune intention de prolonger le traité. Dans une interview de janvier, il a balayé la question d’un revers de main : s’il expire, il expire, et alors on négociera un meilleur accord. C’est le discours typique d’un négociateur qui veut repartir de zéro : effacer le cadre existant pour en imposer un nouveau, potentiellement plus large et plus avantageux.

C’est là que la question chinoise entre en jeu. Washington insiste depuis longtemps pour que la Chine participe à un nouveau cadre de contrôle, mais Pékin n’a manifesté aucune volonté en ce sens. Le résultat risque donc d’être paradoxal : le dernier obstacle est sur le point d’être levé, au nom d’un accord plus global qui, pourtant, ne se concrétisera jamais.

La course aux armements : une taxe cachée !

Le contrôle des armements est souvent présenté comme un enjeu moral ou stratégique. Pourtant, il comporte une dimension économique très concrète : le traité agit également comme un frein aux dépenses, une limite qui réduit considérablement l’urgence de produire, de déployer et de moderniser. Si ce frein cède, la pression se reporte sur les industries de défense, les budgets publics et les chaînes technologiques. Une nouvelle course aux armements ne se finance pas uniquement par les missiles : elle se finance aussi par l’allocation des ressources, la hausse des coûts de financement et l’incertitude qui pousse les États à acheter une « assurance » militaire plutôt que d’investir dans les infrastructures et la compétitivité.

Pour Moscou, la question s’est trouvée intimement liée à la guerre en Ukraine et à la reconversion industrielle : Medvedev a appelé à une augmentation rapide de la production d’artillerie et de drones et a décrit une industrie de défense désormais adaptée à la guerre contemporaine. Le message est à la fois interne et externe : si les règles sont bafouées, nous sommes prêts à produire.

Sans règles, la logique de la suspicion refait surface.

Sur le plan militaire, la fin du traité ne signifie pas seulement plus d’ogives. Elle signifie moins de transparence, moins d’inspections, moins de prévisibilité. Dans un équilibre nucléaire, la prévisibilité est synonyme de stabilité. En cas de défaite, le risque d’erreurs d’appréciation augmente : on imagine que l’autre accélère, on réagit en accélérant, puis on justifie cette accélération par l’accélération supposée de l’adversaire. C’est le cycle le plus dangereux, car il ne requiert pas de mauvaise foi : la peur suffit.

Et il y a un second effet : si les limites imposées aux armes stratégiques disparaissent, la dissuasion se réduit à une course aux signaux. Qui affiche la plus grande disponibilité, qui déploie en premier, qui peut lancer le plus grand nombre d’ogives. Dans ce contexte, l’Europe devient un point de pression, et non un acteur. Il n’est donc pas surprenant que Medvedev ait tenu des propos virulents à l’égard des dirigeants européens : c’était sa façon de signifier que, pour Moscou, le véritable enjeu se situe à Washington, tandis que l’Europe en subit les conséquences sans avoir la moindre influence.

Mesurer la confiance entre les blocs

Le traité New START était le dernier pilier d’une époque où Moscou et Washington, malgré leur rivalité, acceptaient l’idée que la sécurité mutuelle exigeait des limites communes. Son expiration révèle un phénomène plus profond : la confiance stratégique s’est érodée et cède la place à des échanges tactiques au cas par cas.Certes, les relations entre les États-Unis et la Russie semblaient moins tendues après le retour de Trump à la Maison-Blanche et la reprise des contacts diplomatiques. Mais un dialogue qui ne parvient pas à sauver le seul traité restant en dit long sur la hiérarchie des priorités : le levier politique immédiat prime sur la stabilité à long terme.

Il n’y a pas lieu de paniquer, une décision s’impose.

Medvedev a choisi une image simple, l’Horloge de l’Apocalypse, pour décrire un risque majeur : non pas l’explosion de demain, mais la dérive vers un monde sans freins. Dans ce monde, chacun prétend ne pas vouloir de conflit mondial, et pourtant, tous se donnent les moyens d’y résister.

La question, à ce stade, n’est pas de savoir si cette échéance entraînera une catastrophe immédiate. Il s’agit plutôt de savoir si les grandes puissances souhaitent réellement vivre dans un système sans limites, où la sécurité ne dépend que de la quantité et de la rapidité. Si la réponse est non, la politique est confrontée à une tâche à la fois simple et ardue : établir une règle avant qu’elle ne disparaisse.

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Vance dans le Caucase pour améliorer les relations entre Arménie et Azerbaïdjan et le développement du projet de la “Route Trump”

Comme l’a annoncé le président américain Donald Trump, la tournée de J.D. Vance dans le Caucase du Sud vise à poursuivre les efforts américains de paix pour résoudre le conflit arméno-azerbaïdjanais et à faciliter la mise en œuvre du projet de transport « Route Trump ». Le sous-secrétaire d’État américain aux Affaires économiques, Jacob Helberg, accompagne également le vice-président.

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Lavrov : Moscou a accepté de coopérer avec Washington, mais les Américains imposent des sanctions

La Russie a accepté les propositions américaines de normalisation des relations dans le cadre du règlement de la question ukrainienne. Cependant, Washington impose de nouvelles restrictions à Moscou, notamment en faisant pression sur des pays tiers. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a abordé cette situation, le bras de fer avec l’Occident et l’importance des BRICS dans le monde lors d’un entretien avec BRICS TV.

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Bulletin STRATPOL N°276: Epstein vs KGB, STARLINK, Abou Dabi. 06.02.2026

Au menu cette semaine:

00:00 Géopolitique profonde

  • Censure républicaine
  • Ce qui m’a plu :
  • « Sound of Freedom »
  • Florian Philippot – David Guyon
  • Dossier Esptein : Dieudo, Macron et Ponomarev

14:10 Économie

  • Investir en Russie
  • Russie vs immigration
  • Agriculture russe
  • Nucléaire russe pour Budapest
  • Gaz russe : +10%
  • Yuan vs Dollar

20:15 Politico-diplomatique

  • Négociations à Abou Dabi
  • Russie & Suisse
  • Emmanuel Bonne à Moscou
  • New Start : nouvelle donne nucléaire
  • Rutte à Kiev

27:20 Armement

  • STRARLINK

26:21 Empire du mensonge

  • 55 000 morts magiques pour Zelenski
  • Coup d’Etat en Roumanie
  • Jeffrey Vladimirovitch Epstine
  • Bunker Barrot

30:40 Considérations militaires générales

  • La presse gauchiste percute le réel

39:25 Carte des opérations militaires

Liens :
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Ukraine : pourquoi la Russie a gagné
La lettre de Géopolitique profonde
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« Quand on parle de pizza, de fromage et de hot-dogs dans les dossiers Epstein, on parle en réalité d’enfants et de bébés tués et maltraités.»

L’analyste du renseignement Pietrobon prend la parole !

Epstein est de nouveau au centre de l’attention mondiale, et ce n’est pas un hasard. Emanuel Pietrobon, analyste géopolitique et expert en renseignement, déconstruit les versions officielles et les théories du complot simplistes : documents déclassifiés, langages cryptés, pédophilie et géopolitique. À qui profite réellement l’ouverture des archives ?

Avant même que le nom de Jeffrey Epstein ne fasse le tour du web, provoquant la crise de nerfs de Trump et la volonté des Démocrates d’instrumentaliser le dossier à des fins politiques, certains fouillaient déjà depuis des années les papiers, les courriels, les archives et les zones d’ombre du « système Epstein ». Emanuel Pietrobon est de ceux-là. Analyste géopolitique spécialisé dans le renseignement, la sécurité internationale et la guerre hybride, Pietrobon collabore depuis longtemps avec des magazines et des centres d’analyse stratégique, en Italie et à l’étranger, sur les services secrets, la désinformation et les rapports de force entre États. Il dirige aujourd’hui le département renseignement et sécurité du think tank MasiraX. Un homme qui ne se laisse pas facilement convaincre par la version officielle. Ces derniers mois, alors que la vie politique américaine était divisée entre ceux qui criaient au complot et ceux qui dénonçaient la dissimulation, Pietrobon étudiait minutieusement les documents déclassifiés de l’affaire Epstein : documents, correspondance, images, langages codés et réseaux de relations liant affaires, pédophilie, renseignement et géopolitique mondiale. Mais la question la plus gênante est de savoir pourquoi ces fichiers sont publiés maintenant, et qui en profite réellement.

Pourquoi les dossiers Epstein sont-ils publiés et dans quel but ?

La vérité est que l’affaire Jeffrey Epstein a toujours suscité un vif intérêt public. Cet homme aux multiples talents, qui a été tour à tour mathématicien, analyste financier, gestionnaire de patrimoine, consultant politique et investisseur immobilier, a fait l’objet de ses premières plaintes à la fin des années 1990 et est resté sous le feu des projecteurs, parfois gênant, des organisations luttant contre les violences faites aux femmes et aux mineurs. Le tournant a clairement eu lieu le 10 août 2019, jour où son corps sans vie a été retrouvé, en pleine administration Trump, dans sa cellule du Metropolitan Correctional Center de New York. Sa mort a paru suspecte dès le départ : quelques jours avant son suicide, il avait déclaré aux gardiens s’être réveillé avec des marques de strangulation au cou et n’avoir aucun souvenir de ce qui s’était passé, raison pour laquelle il avait été transféré dans une autre cellule, à l’isolement.

La nuit fatidique du prétendu suicide, les deux gardiens chargés de sa surveillance s’endormirent et ne purent effectuer les rondes obligatoires de trente minutes – qui ne furent d’ailleurs pas réalisées pendant trois heures. Se pose ensuite la question des caméras : elles aussi s’endormirent cette nuit-là, filmant trop peu, aux mauvais moments, ce qui entraîna des lacunes dans les enregistrements.

L’histoire semble s’arrêter là, et Epstein continue d’être évoqué uniquement sur les forums complotistes d’extrême droite et parmi les partisans du mouvement « Make America Great Again ». Puis, l’inattendu se produit : Donald Trump n’est pas réélu. Pressentant l’importance de l’affaire Epstein pour son électorat, qui, quelques années auparavant, avait été totalement séduit par la campagne de désinformation Pizzagate-QAnon, une opération pédophile et sataniste menée dans les cercles démocrates, Trump décide d’exploiter l’affaire Epstein et commence à promettre que, s’il est réélu, il fera la lumière sur ce qui apparaît à ses électeurs comme le prolongement naturel du complot Pizzagate-QAnon. En 2024, pour de multiples raisons, les Démocrates ont perdu la Maison-Blanche face à Trump. Malgré ses promesses de campagne et les déclarations initiales tonitruantes de son équipe – n’oublions pas une Pam Bondi ravie qui, en février 2025, annonçait avoir « la liste des clients d’Epstein sur son bureau » –, Trump a opéré un revirement soudain : non seulement cette liste n’existe pas, mais les archives d’Epstein ne contiennent rien d’intrigant ni de digne d’être déclassifié. Au sein du camp Trump, certains estiment qu’Epstein ne devrait pas bénéficier d’une telle attention médiatique.

Le monde pro-Trump est divisé entre ceux qui pensent qu’Epstein ne mérite pas autant d’attention et ceux qui soupçonnent une tentative d’étouffement de l’affaire. Les politiciens et influenceurs républicains commencent à soupçonner que les archives Epstein pourraient contenir des noms de leur propre cercle. D’une seule voix, de Candace Owens à Tucker Carlson, un cri s’élève : « Rendez publics ! » Les démocrates saisissent l’occasion. En juin 2025, Ro Khanna évoque la possibilité de demander la déclassification des archives avec le républicain dissident Thomas Massie. Massie, en conflit ouvert avec Trump, dont il abhorre le style autoritaire et la tolérance à la corruption, accepte la proposition. Les deux hommes signent une résolution bipartite contraignant le ministère de la Justice à publier tous les éléments rassemblés sur l’affaire Epstein au fil des ans. Ils obtiennent gain de cause. La suite appartient à l’histoire.

Cela paraît incroyable, mais les théoriciens du complot avaient raison. Epstein était bel et bien un pédophile, et des témoignages ont même fait surface concernant des actes de torture et des meurtres d’enfants, garçons et filles, amenés sur cette île désormais tristement célèbre. Vous qui avez analysé les dossiers en profondeur, pouvez-vous expliquer comment on peut arriver à cette conclusion ? Quels documents circulent à ce sujet ?

Le contenu explicite est abondant : des photos d’Epstein dans des poses ambiguës avec des fillettes de 7 ou 8 ans, des photos de ses clients avec de jeunes hommes et femmes – à la fois troublantes et grotesques, par exemple, une photo « traîtresse » du prince Andrew, terrifié, tentant de réveiller une femme inconsciente – et des courriels évoquant des vidéos de torture, des femmes assassinées et des femmes à assassiner.

Le mot « pizza » est un nom de code pour quoi ? De quelles personnes parle-t-on ?

Epstein, Maxwell, leurs associés et leurs clients discutaient tranquillement de leurs affaires, de leurs intrigues politiques et de leurs fêtes, échangeant messages, photos et vidéos des « bons moments » passés sur l’île de Saint-James et dans d’autres lieux dont le défunt pédophile avait la charge. Malgré leur ton désinvolte, ils utilisaient un langage codé pour éviter d’aborder ouvertement les crimes, probablement de nature sexuelle, commis sur les propriétés d’Epstein afin de satisfaire les perversions de ses clients les plus dépravés et d’accomplir des rituels – cette histoire, en effet, présente un aspect ésotérique très marqué. Parmi les mots codés les plus fréquemment utilisés dans les courriels figuraient « pizza » (861 mentions), « fromage » (1 141 mentions) et « hot-dog » (99 mentions), termes que les interlocuteurs employaient d’ailleurs dans des échanges manifestement sans rapport avec l’achat de pizzas ou la consommation de fromage. Prenons l’exemple du document EFTA01829017, jeu de données 10, où Epstein écrit : « Je ne sais pas si le fromage à la crème et les nouveau-nés sont comparables », et une personne dont le nom est masqué répond : « Il y a des millions de nouveau-nés, alors qu’on trouve très peu de bon fromage à la crème végétal.»

D’après les dictionnaires régulièrement publiés et mis à jour par les organisations qui traquent les prédateurs sexuels en ligne, qu’il s’agisse d’entités privées comme la Fondation Innocent Lives ou d’agences de police comme le FBI, dans les milieux pédophiles, le mot « pizza » était traditionnellement utilisé pour désigner les victimes en général (garçons et filles), « cheese pizza » pour désigner les « vidéos de pornographie infantile » et « hot dog » pour désigner les « hommes ».

Quelles sont les conséquences politiques potentielles aux États-Unis et dans le reste du monde ?

On espère que la déclassification des archives n’entraînera pas tant les démissions et l’ostracisme social de ceux qui fréquentaient ce que notre collègue Elham Makdoum a appelé le « système Epstein », mais plutôt l’arrestation de toute personne ayant participé aux crimes commis sur l’île de Saint-James et dans d’autres lieux fréquentés par le pédophile décédé. Les arrestations sont peu probables. Cependant, nous assisterons certainement à d’autres suicides, aussi improbables soient-ils, de victimes et d’auteurs de ces crimes, ainsi qu’à quelques démissions. L’Europe est à l’avant-garde des démissions spontanées de personnes ayant eu des liens avec Epstein, sans nécessairement avoir participé à ses soirées sulfureuses ni à ses activités criminelles. Il me semble essentiel de surveiller de près la possibilité d’une résurgence de la gauche à l’approche de l’élection présidentielle américaine de 2028, visant à saper non pas tant le mouvement MAGA que l’internationalisme souverainiste dans son ensemble. À cet égard, il ne faut pas sous-estimer les conséquences de la déclassification de documents en France et en Italie, pays clés dans la stratégie anti-européenne de l’équipe Trump, suite à la révélation d’une correspondance compromettante entre Epstein et Steve Bannon concernant le financement de la famille Le Pen et de la Ligue. Et la déclassification n’est pas encore terminée.

Il existe une théorie selon laquelle Epstein serait encore en vie. Est-ce plausible ou non ?

Depuis le 10 août 2019, Epstein est en compagnie de l’un de ses personnages préférés. Et ce personnage, c’est le cher Satan, dont il aimait beaucoup parler avec ses amis, comme Bannon, citant avec précision des vers entiers du « Paradis perdu » de John Milton.

Qui était vraiment Jeffrey Epstein ? Il avait des liens avec Poutine et bien plus encore.

Beaucoup sont arrivés à la conclusion qu’Epstein est mort pour une raison : un homme habitué au luxe, incarcéré pour des crimes commis avec ses complices, est un homme qui s’apprête à faire une excellente affaire avec les enquêteurs. Je m’explique : Epstein n’a jamais été le propriétaire de ce réseau de contacts politiques, universitaires et d’affaires grâce auquel il planifiait ses investissements et assouvissait les pires perversions qui soient – ​​il en était le gestionnaire.

Pourtant, il est fort probable que le cerveau derrière tout cela a toujours été Ghislaine Maxwell, la partenaire d’Epstein, fille du tristement célèbre Robert. Robert Maxwell était le roi du renseignement britannique et l’un des plus importants espions du Mossad pendant la Guerre froide. Il a reçu de l’argent de Tel-Aviv pour bâtir un empire médiatique, qu’il a ensuite utilisé pour influencer l’opinion publique britannique en faveur des intérêts israéliens.

Mais il a aussi fait d’autres choses : transmettre des informations secrètes sur la famille royale, faire des compromissions, identifier des informateurs clés – c’est lui-même qui a révélé à la presse occidentale l’existence d’armes nucléaires en Israël. Peut-être parce qu’il a tenté de jouer un triple jeu avec le MI6 et le KGB, ou peut-être parce qu’il a essayé de faire chanter ses supérieurs, Robert s’est noyé en 1991. Il a eu droit à des funérailles nationales au mont des Oliviers, en présence des plus hautes instances des institutions israéliennes.

Nous savons que Ghislaine a hérité du réseau social de son père, ainsi que de sa fortune, et que la réussite du jeune Jeffrey a débuté précisément après sa rencontre déterminante avec elle. Il me semble plus que plausible que Jeffrey ait été choisi par le Mossad pour poursuivre l’œuvre de Robert Maxwell. Cela expliquerait non seulement sa proximité avec des personnalités comme Ehud Barak, mais aussi les raisons de sa recherche constante – dans chacune de ses interactions, avec ses clients et collaborateurs des États-Unis, de Grande-Bretagne, de France, d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, etc. – d’opportunités politiques pour promouvoir les intérêts israéliens à travers le monde, de la Libye à la Syrie.

Des liens avec la Russie ?

Une analyse approfondie des archives révèle que Jeffrey avait un besoin urgent d’escortes de luxe pour satisfaire les vices de ses clients les plus fortunés. Ce besoin a conduit Jeffrey et ses associés en Russie, où ils ont contacté des agences d’escortes gérées par les services secrets de Moscou. Je crois que les Russes, maîtres incontestés du chantage affectif, ont immédiatement perçu qu’Epstein menait une opération de renseignement et ont ainsi obtenu, sans être associés au Mossad, des informations compromettantes sur de puissants Occidentaux et d’autres personnes fréquentant ses propriétés. Les échanges entre Epstein et ses contacts russes, comme Sergueï Bélyakov, ancien élève de l’académie du KGB et principal pourvoyeur d’escortes russes, révèlent que leurs relations étaient loin d’être idylliques.

Dans une série de courriels datés de juillet 2015, Epstein se plaignait qu’une des escortes trouvées par Bélyakov, une certaine Guzel Gunieva, faisait chanter ses clients. Furieux, Epstein demanda conseil à Bélyakov sur la marche à suivre, sachant où elle logeait : au Four Seasons de New York. Il cherchait l’autorisation de l’éliminer. À la surprise d’Epstein, Bélyakov lui conseilla vivement de ne pas s’en occuper et de laisser l’affaire se poursuivre aux États-Unis. Et que dire des innombrables tentatives pour entrer en contact avec des hommes politiques et d’affaires russes ? Epstein souhaitait également que de puissants Russes fréquentent son île.

Ni Belyakov ni les autres Russes avec lesquels il avait établi des contacts n’ont jamais accédé à sa demande, se contentant de fournir des escortes peu fiables et de recueillir des informations sur ce qui se passait dans l’entourage d’Epstein. Non, Epstein ne travaillait absolument pas pour les Russes. Ces derniers ont simplement compris qu’il y avait matière à exploiter Epstein et en ont profité. Ce qui est certain, en revanche, c’est que, outre le Mossad, Epstein avait également des contacts entre le MI6 et la CIA. Impossible de savoir s’il a tenté de mener un triple jeu. Quoi qu’il en soit, il en savait trop, et ses supérieurs ne pouvaient ni ne voulaient prendre le risque de le laisser en vie.

new start

Le New START de limitation des armements stratégiques expire faute de réponse des États-Unis

La date d’expiration du nouveau traité de réduction des armements stratégiques (New START) est fixée au 4 février 2026. Les États-Unis n’ont pas encore répondu à la proposition de la Russie, formulée en septembre 2025 par le président Vladimir Poutine, de maintenir les limitations quantitatives du traité concernant les ogives et leurs vecteurs pendant une année supplémentaire après son expiration. Par ailleurs, le traité ne prévoit pas la possibilité d’une nouvelle prolongation formelle, comme ce fut le cas en 2021. Par conséquent, le 5 février, en l’absence de réponse de Washington, le dernier accord bilatéral régissant les relations russo-américaines en matière de stabilité stratégique tombera dans l’oubli.

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abou dhabi

Le deuxième cycle de négociations d’Abou Dhabi se tient à huis clos

La réunion des représentants de la Russie, des États-Unis et de l’Ukraine à Abou Dhabi se tiendra à huis clos, a indiqué une source à RIA Novosti.

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modi trump

Trump annonce un accord avec Modi pour que l’Inde achète moins de pétrole russe

Le Premier ministre indien, Narendra Modi, a promis au président américain, Donald Trump, de mettre fin aux importations de pétrole russe. Le chef de la Maison Blanche a fait cette annonce à la suite d’un entretien avec le dirigeant indien.

Selon Trump, Modi a également accepté d’augmenter sensiblement les achats de pétrole auprès des États-Unis et, éventuellement, du Venezuela. Le président américain se dit convaincu que l’accord conclu permettra de mettre fin au conflit en Ukraine.

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L’Islande, la fin du pacifisme : l’île repense sa sécurité et renoue avec l’UE

En Islande, impossible d’entendre le vrombissement des avions de chasse fendant le ciel ou le défilé des troupes dans les rues. Pas de soldats, pas de casernes : l’île est le seul pays de l’OTAN sans armée nationale permanente. Depuis des décennies, la défense du pays est confiée aux quelque 250 membres des garde-côtes et à ses alliés, notamment les États-Unis, avec lesquels elle entretient des relations officielles depuis 1951. Selon un sondage Gallup réalisé au printemps 2025, 72 % de la population islandaise se dit satisfaite de cette situation et ne souhaite pas la création d’une armée. La Première ministre islandaise, Kristrún Frostadóttir, l’a confirmé en déclarant lors de l’Assemblée du Cercle Arctique à Reykjavik : « Je ne pense pas voir une armée islandaise de mon vivant.» Et si le pays n’est peut-être pas encore prêt pour un changement aussi radical, une chose est sûre : son pacifisme traditionnel est menacé. Les ambitions expansionnistes dans l’Arctique, une zone de plus en plus disputée entre les grandes puissances mondiales en raison de la fonte des glaciers qui a ouvert de nouvelles routes commerciales et mis au jour des ressources auparavant inaccessibles, obligent le pays à réévaluer sa sécurité.

Passé et présent

L’importance stratégique de l’Islande s’est révélée pour la première fois durant la Seconde Guerre mondiale. En 1940, alors que le Danemark tombait sous domination allemande, les Alliés craignaient une nouvelle expansion dans la région, qui aurait conféré à l’Allemagne un avantage militaire décisif. Quelques semaines plus tard, la Grande-Bretagne occupait l’île, violant ainsi sa neutralité. Winston Churchill lui-même a souligné l’importance de ce territoire dans l’un de ses écrits : « Quiconque possède l’Islande a un fusil pointé sur le Royaume-Uni, l’Amérique et le Canada. »

Un an plus tard, les Américains remplacèrent les Britanniques et restèrent sur l’île jusqu’à la fin du conflit, avant de revenir en 1951 après la signature d’un accord de défense. Leur présence dans le pays, notamment à la base de Keflavik, constitua un tournant décisif face à la Russie pendant la Guerre froide. Située à la croisée des deux hémisphères, la base permettait de surveiller, voire d’intercepter, les activités navales et aériennes soviétiques.

En 2006, les Américains, engagés sur d’autres fronts, se retirèrent à nouveau, mais la coopération bilatérale se poursuit et la base de Keflavik continue de jouer un rôle stratégique clé, accueillant régulièrement des exercices de l’OTAN.

Nouvelle structure géopolitique et stratégie islandaise

L’actuel occupant de la Maison Blanche, Donald Trump, a exprimé ses ambitions pour le Groenland. Bien qu’à la conférence de Davos en Suisse, le président américain ait affirmé son refus d’utiliser la force pour « conquérir » ce territoire – formellement sous souveraineté danoise –, sa quête d’un accord avantageux ne faiblira pas de sitôt.

La région géographique où se situe la plus grande île du monde – le cercle polaire arctique – acquiert une importance stratégique et économique capitale. Qui contrôle l’Arctique contrôle des routes maritimes de plus en plus fréquentées et des ressources naturelles qui, grâce au réchauffement climatique, émergent.

L’intérêt que portent la Russie et la Chine à cette région rend la nécessité d’y planter son drapeau en premier encore plus urgente. Et si le Groenland est le point de départ de ce jeu géopolitique, qui peut affirmer qu’il sera le dernier ? L’Islande pourrait bientôt devenir un second champ de bataille, compte tenu de sa proximité avec la région. Et si ce sont ses alliés historiques qui la menacent, comment pourra-t-elle se défendre ?

Le gouvernement islandais ne semble pas encore avoir trouvé de solution définitive, mais un rapprochement avec l’Union européenne constituerait un premier pas dans cette direction. En cas de tensions au sein de l’OTAN, l’unité européenne pourrait s’avérer cruciale. L’Islande avait déjà tenté d’adhérer, sans succès. Après avoir déposé sa candidature en 2009, elle l’a retirée en 2015. Le point de désaccord : la politique commune de la pêche, un accord imposant des restrictions à la pêche locale, l’une des principales sources de revenus du pays.

Aujourd’hui, la question est de nouveau au cœur du débat. Suite à la visite de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, en juillet dernier, qui a également porté sur les questions de défense et de sécurité, le gouvernement islandais semble déterminé à accélérer le processus. La ministre des Affaires étrangères, Þorgerður Katrín Gunnarsdóttir, a annoncé son intention de déposer une résolution parlementaire demandant la tenue d’un référendum sur la reprise des négociations d’adhésion à l’UE. L’objectif est d’organiser un vote d’ici 2027. Les sondages indiquent un consensus favorable sur l’accord, mais seul un vote « oui » définitif aux urnes permettra de clarifier l’orientation future du pays.

report negociations

Le deuxième cycle de négociations trilatérales à Abou Dhabi reporté

Les pourparlers trilatéraux sur l’Ukraine, initialement prévus pour le 1er février, ont été reportés de plusieurs jours. Les raisons de ce report n’ont pas été explicitement communiquées, mais il est intervenu immédiatement après la rencontre de Kirill Dmitriev avec des négociateurs américains à Miami, le 31 janvier. Parallèlement, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré qu’il était impossible de résoudre les questions territoriales sans contact direct avec Vladimir Poutine et que le processus de négociation se trouvait actuellement « dans une phase difficile ».

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Le département de la Justice américain publie 3 millions de pages du dossier Epstein

Le 30 janvier, le département de la Justice américain a rendu publiques près de trois millions de pages de documents relatifs à l’affaire pénale contre le financier Jeffrey Epstein, reconnu coupable d’agressions sexuelles sur mineures et d’exploitation sexuelle d’enfants. Parmi ces documents figurent des accusations portées contre Donald Trump pour le viol d’une jeune fille de 13 ans, des allégations selon lesquelles le fondateur de Microsoft, Bill Gates, aurait contracté une infection sexuellement transmissible auprès de « jeunes filles russes », ainsi qu’une lettre d’Elon Musk interrogeant Epstein au sujet de « fêtes débridées ».

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Trump affirme que Poutine s’est dit d’accord pour ne plus frapper d’infrastructures à Kiev pendant une semaine

Le président américain Donald Trump a annoncé avoir demandé au président russe Vladimir Poutine de ne pas attaquer Kiev pendant une semaine en raison des « conditions météorologiques exceptionnellement froides ». Selon M. Trump, Poutine a accepté.

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Trump menace l’Iran de frappes imminentes

Le président américain Donald Trump a déclaré que l’Iran n’avait plus beaucoup de temps pour conclure un accord nucléaire. Il a évoqué le déploiement de forces navales dans la région, et des sources affirment que la Maison Blanche envisage des options pour frapper la République islamique.

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Le Pentagone publie une nouvelle stratégie de défense

Il n’est pas dans l’intérêt des États-Unis de s’engager seuls dans des opérations internationales ; l’armée américaine se concentrera plutôt sur les menaces les plus critiques et les plus dangereuses pesant sur son propre pays, selon la dernière version de la Stratégie de défense nationale (NDS), publiée sur le site web du Pentagone le 23 janvier. « Le département de la Guerre ne se laissera plus distraire par des interventions, des guerres sans fin ou des tentatives de changement de régime. […] Nous privilégierons les intérêts pratiques et concrets de notre peuple. Nous maintiendrons la paix par la force. Nous serons une épée et un bouclier, dissuadant la guerre au nom de la paix, mais prêts à combattre et à gagner les guerres si nécessaire », souligne le document. Il précise que cette approche ne signifie pas isolationnisme : « […] elle repose sur un réalisme flexible et pragmatique. »

La mise en œuvre de l’approche décrite dans le nouveau texte de la NDS comprend la défense de l’hémisphère occidental, le confinement de la Chine dans l’Indo-Pacifique, la redistribution du fardeau entre les alliés et partenaires américains dans le monde entier et la reconstruction de la base industrielle de défense américaine.

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negociations trilaterales

Les pourparlers trilatéraux d’Abou Dhabi restent infructueux mais continueront le 1er février

Les premiers pourparlers trilatéraux entre la Russie, l’Ukraine et les États-Unis sur les modalités d’un futur accord de paix se sont tenus à Abou Dhabi. Malgré l’absence de progrès sur la question territoriale, toutes les parties jugent la réunion infructueuse et prévoient de la poursuivre le 1er février. Ce nouveau format de négociation permet, pour la première fois, d’aborder de multiples sujets, de la sécurité aux questions politiques et économiques, tandis que la présence de représentants américains garantit le bon déroulement des négociations. Ainsi, ce mécanisme de négociation opérationnel pour l’Ukraine rapproche plus que jamais la conclusion d’un accord de paix.

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Ici Moscou: La fin d’un monde

Dans cette nouvelle édition de « ICI MOSCOU », Xavier Moreau commente la tenue du forum de Davos. Le nouvel ordre mondial se métamorphose-t-il en perdant ses appuis mondialistes ?

Steve Witkoff s’est rendu à Moscou pour discuter avec Vladimir Poutine des suites à donner aux pourparlers de paix en Ukraine. Précédemment, il s’était rendu, ainsi que de nombreux chefs d’État et de gouvernement, à Davos, en Suisse, où s’est tenu le Forum économique mondial. Emmanuel Macron s’est positionné en opposition à Donald Trump, qui n’a pas manqué de se payer sa tête. Le président américain a proposé son plan pour un Conseil de paix, présidé par Donald Trump en personne. La manœuvre ressemble à une tentative de reprise en main par l’establishment en place et risque de mener à une subversion du rôle des Nations unies.

Pour en parler, Xavier Moreau reçoit Pierre-Emmanuel Thomann, docteur en géopolitique, Youssef Hindi, géopolitologue et écrivain, Ahmat Tahir Bakhit, correspondant de Sputnik Afrique, et Antoine Сléraux, reporter de RT en français.

Rapport de situation Décembre 2025 – 2 sur 3 Ukraine

Suite de l’analyse de notre expert militaire :

Une position diplomatico-politique maintenue malgré les faits

La gouvernance kiévienne aurait dû être lourdement impactée par la révélation de la corruption globale de cet état failli1 : départ de Yermak (suite au « Mindichgate »), enquêtes NABU, implication d’un président maintenu sans mandat, disparition de sommes reçues des États occidentaux (« coulage » des armements livrés, pseudo production d’armes comme le Flamingo, détournement des fonds pour les transports ferroviaires ukrainiens…). Or, les enquêtes du NABU2 étant sous direction du FBI, ont produit l’effet souhaité par Washington qui semble dès lors maintenir un vassal désormais sous contrôle ; de même, les pays européens, France et Royaume Uni -hors UE mais dans la « coalition des volontaires »- en tête, ont maintenu leur soutien politique et économique à Volodymir Zelinsky, en multipliant invitations, sommets et réunion et emprunts (90 milliards d’euros alloués par la Commission européenne pour l’armement de l’Ukraine, en janvier 2025). La politique états-unienne de « négociation » a donc rempli les objectifs de Washington de contrôle de l’Ukraine kiévienne et de l’UE et peut maintenant s’orienter vers une pression accrue sur la Russie. Cet objectif partagé par Démocrates, Neocons et Républicains du MAGA, a seulement été camouflé temporairement sous « l’esprit d’Anchorage ». Il apparaît donc que la classe politique kiévienne est sauvée et maintenue par la diplomatie occidentale.3

Par ailleurs, le pouvoir russe semble toujours se refuser à s’attaquer directement et symétriquement à Direction ukrainienne, y compris après l’assassinat d’un général chargé de la préparation opérationnelle en plein Moscou, les frappes de 91 drones sur une résidence présidentielle à Valdaï et celle ayant tué des civils fêtant le nouvel an, dont des enfants, dans la région de Kherson.

Maintenu à bout de bras économiquement4 et diplomatiquement, le régime kiévien peut donc penser à mobiliser davantage (on parle de deux millions de conscrits à venir) et à amplifier ses actions indirectes (drones navals en Mer Noire, Méditerranée, Caspienne) et directes (contre-offensive à Kupyansk, raids de drones sur les infrastructures énergétiques russes, sabotages et assassinat dans les villes russes, coopération avec des entités terroristes islamiques implantées en Russie ou dans son étranger proche ou chez ses alliés5). La situation permet même de proposer des élections, car une relève acquise aux volontés occidentales est d’ores et déjà disponible, tel l’ancien Chef d’état major Zalujny, en réserve comme ambassadeur à Londres, ou le maire de Kiev, dauphin des intérêts allemands. Cela permet même de résorber les dissensions entre apparatchiks kiéviens6 : Des affrontements armés entre personnels du GUR et de l’Armée à Kuncha Zaspa7 ont illustré l’affaiblissement du CEM Sirsky. Pour remplacer Yermak comme chef du cabinet présidentiel, la désignation de Kyrilo Budanov, chef du GUR (ancien du groupe 13 du GUR, en lien avec le MI6 mais aussi formé par la CIA) témoigne de ce que le régime de Kiev se sentant toujours fortement épaulé propose des plans de paix irréalistes ou dilatoires, permettant de relancer plus tard des hostilités seulement gelées. A cet égard, la question territoriale posée est en réalité celle des populations, puisque les solutions fédéralistes ou confédérales proposées par la Russie au Donbass dans le Traité de 1997 et dans les accords de Minsk8 sont désormais caduques9. Une Russie immense, richement dotée en ressources naturelles, qui connaît un problème de développement intérieur et de bascule vers le Nord et l’Est, ne souhaite pas absorber davantage de territoires mais résoudre la difficulté posée par la situation géographique d’un pays « pointé vers la Russie », comme plate-forme militarisée et idéologisée par l’Occident collectif.10 Or, si le soutien à la guerre s’est érodé en Ukraine (72% en 2024, 63% en 2025) il reste encore fort (pour autant que les opinions soient libres dans un sondage réalisé dans un État à fort contrôle interne pour dire le moins). La position de plus en plus hostile à la Russie de Washington laisse penser qu’un effondrement massif du moral n’est pas encore à l’ordre du jour en Ukraine.

Au delà des pseudo « amitiés » personnelles11 et des modalités médiatiques et diplomatiques apparentes, la politique de Washington n’a en réalité pas changé quant au fond à l’encontre de Moscou, qu’il s’agit d’affaiblir et contrôler via le proxy ukrainien afin de favoriser une politique de puissance ciblant in fine la République populaire de Chine, mais passant par une action concentrique sur ses alliés. 79% des Etats-uniens sondés considèrent la Russie comme un adversaire (74% au sein du mouvement MAGA, ce que le président Trump ne peut négliger) et la continuation des livraisons d’armes à Kiev reçoit 64% d’approbation dans l’opinion US. On pourrait imaginer que l’hybris actuel de Donald Trump en politique internationale trouve ses racines dans la certitude d’avoir été élu par Dieu en étant miraculeusement sauvé d’un attentat.

Une situation militaire contenue, dans un équilibre précaire

Les ZSU ne sont pas en mesure de repousser l’armée russe, ni même pour le moment de lancer des offensives comme celle de 2022 (réussie), 2023 (incapable de percer la ligne Surovikine) ou 2024 (finalement chassée de la région de Kursk). Cependant la réserve biologique, durement atteinte, permet encore un processus de mobilisation (passage de 25 a 18 ans, recours aux femmes). Le mécanisme de mise sur pied des unités a évolué, en passant à l’échelon corps d’armée et en stoppant la création de nouvelles brigades sans cohésion, au profit d’un renforcement des existantes et de l’exploitation de forces de second rang employées sans ménagement. Le processus d’autoconsommation par cannibalisation des soutiens, signe précurseur d’un effondrement certain en empêchant la génération de forces, n’a pas été poussé à son terme. Kiev conserve la capacité de créer, équiper et déplacer des réserves. Cela permet une résistance organisée du front, même si celui-ci se rétracte inexorablement sans s’effondrer globalement (quoique certains signes de panique croissante ont été observés localement). Les lignes fortifiées et les môles urbains ont été progressivement réduits aux seules Slavayansk-Kramatorsk mais à un prix sans doute élevé pour l’armée russe.12

Malgré la perte de supériorité dans le domaine des drones par Kiev, ceux-ci restent suffisamment nombreux et efficaces pour dissuader toute concentration russe nécessaire à une action en force de grande ampleur. La stratégie russe doit donc persister dans le « grignotage» qui permet une libération progressive des régions nouvellement russes et consacre la supériorité de Moscou. Mais il n’est plus évident que la montre soit désormais encore favorable à Moscou. Les états-majors du II et du IIIème Reich, obligés par la situation stratégique allemande, avaient initialement cherché une victoire tactique rapide et basée sur la manœuvre pour atteindre leurs buts stratégiques.13 C’est la même réflexion, basée sur les mêmes limitations, qui avait conduit la France de 1917 à un choix opérationnel inverse (« je les grignote ») en « attendant les chars et les Américains » après les échecs offensifs. Le Genshtab russe, dans une situation assez comparable après l’échec de 2022, avait rétabli la situation et orienté le conflit vers les14 mêmes principes d’attrition dans une guerre de haute intensité. Or cette stratégie, efficace, reste insuffisante pour l’emporter, pour les motifs suivants :

  1. Moscou n’attend pas une aide extérieure massive
  2. Kiev ne souffre pas d’un second front mais bénéficie au contraire d’un adossement à une frontière Ouest sûre
  3. Ce couloir logistique sert de corridor d’approvisionnement compensant ses pertes et les incapacités de production locales.
  4. Le choix de l’attrition biologique (plus difficile à compenser que la perte matérielle dés lors que des industries alliées y suppléent) avait été celui du IIIème Reich génocidaire mais Moscou s’y refuse, pour des considérations éthiques, politiques et sociales, tant pour l’ennemi que pour ses propres troupes qui ne peuvent donc déclencher des actions massives pour opérer la bascule.

La politique suivie de reprise progressive par encerclements progressifs a donc porté ses fruits à coût relativement maîtrisé pour l’armée fédérale russe ; mais elle a aussi permis à Kiev de négocier du temps contre de l’espace, d’espérer user la machine russe et surtout de permettre aux actions occidentales contre l’économie ennemie de fonctionner. Il semble que nous soyons à un point d’équilibre voire un tournant au terme duquel la tactique russe sur le front est menacée par la situation de ses arrières15. C’est une stratégie explorée par la RAND corporation en 2019, déjà envisagée par un rapport de la CIA de 1957 contre l’URSS et le projet britannique ALCHEMY de 2022. Cette vision a des racines historiques anciennes dans l’art anglo-saxon de la guerre. Kiev est dans la situation de Londres en 1942, bénéficiant de l’entrée en guerre effective des USA et de la résistance solide de l’URSS, fixant les ressources de la Wehrmacht nécessaires à s’opposer à la création d’un second front.16 Pour durer, Les ZSU ont renoncé à leurs actions offensives de diversion ou de menace sur la Crimée, mais s’avèrent toujours capables de soutenir un assaut de plus d’un mois à Kupyansk. Elles recourent à technique d’infiltration créée par les Russes, qui permet de parer la menace aérienne17 mais pose le problème de l’exploitation et du maintien dans les aires urbaines conquises. Plus que les opérations terrestres, Kiev assure une capacité de nuisance dans la philosophie britannique de 1941 : frappes à distance par missiles occidentaux et surtout drones à long rayon d’action ou pilotés par des personnels infiltrés dans la société russe18 ou par drones navals ; pression sur le potentiel militaro-industriel et énergétique russe. ; recours aux actions clandestines (dispersion de pièges explosifs sur la voie publique, assassinat de responsables, attaques de résidence présidentielle russe, attaque par drones incendiaires de civils fêtant le Nouvel An…). Ces actions bénéficient de l’appui et même du soutien des armées occidentales (soutien ISR maintenu, arraisonnement de navires…).

Au bilan

En résumé, Kiev survit militairement et comme État, grâce à l’intervention occidentale. Or, on peut considérer que la crise en Ukraine prend un caractère de plus en plus internationalisé, avec un engagement accru de l’UE (« coalition des volontaires » montée pour parer la contestation interne croissante dans l’Union), la persistance de l’attitude belliciste de l’OTAN, mais surtout le poids considérable des USA qui assument leur volonté de maintien de leur hégémonie ; si Washington se garde toujours d’une confrontation ayant des possibles conséquences nucléaires, il joue sur toute la gamme des actions en deçà de ce seuil, de manière de plus en plus assumée. Ainsi, les alliés de la Russie tombent-ils, ses navires et sa capacité de navigation sont directement atteints et son économie est ouvertement visée. Dans ce contexte, les combats en Ukraine apparaissent presque secondaires. Cette vision semble avoir dominé la pensée du président russe, s’efforçant à une SVO « à l’économie » afin de ne pas affecter la société russe, pari qui ne semble plus en mesure d’être tenu, ce qui sauve Kiev.

Ce constat va amener des choix russes drastiques, qui auront des conséquences profondes et durables pour Kiev mais aussi pour le reste du monde et a minima l’Europe.


Notes :

1. Un sondage de l’agence (ukrainienne) Interfax Ukraine de novembre 2025 révèle que 81% des sondés considèrent la corruption comme le problème numéro Un du pays, avant les bombardements russes ( 63%) , la mobilisation (51%)et la pauvreté (48%)

2. Національне Антикорупційне Бюро України, bureau national anticorruption fondé en 2015

3. Exigence nécessaire pour maintenir une tête de pont antirusse et maintenir un État intégré à la sphère occidentale, diplomatiquement, militairement, économiquement et idéologiquement. Cela s’oppose directement aux buts de guerre fixés par le président russe à la SVO, démilitarisation et « dénazification »

4. Le budget kiévien est assuré par les Européens qui auront également à assumer 800 milliards d’Euros de frais de reconstruction lors de l’intégration dans l’UE, selon l’estimation de Orban Viktor, les USA réservant à BlackRock la moitié des sommes verses d’après Seymour Hersch, selon un schéma mis en place par Dick Cheney au profit d’Halliburton en Irak. Lequel évoque d’ailleurs la réalité (« prédation généreuse ») du financement du plan Marshall en Europe en 1947. Les entreprises US concernées sont BlackRock, Vanguard group, Bank of America, State Street Corp, Goldman Sachs,Rothschild, Mc Kinsey Monsanto avec des relais connus au sein de l’UE

5. Cf. attentats de masse au Crocus hall, implication de Kiev dans la conquête de Damas par le Hayat tahir al Sham, combats en région subsaharienne avec le CSP (Cadre stratégique permanent) contre l ‘Afrika Corps russe et les régimes alliés, unité TYMUR du GUR au Soudan

6. L’organisation de l’État kiévien appelle fortement la division du IIIème Reich en sphères d’influence concurrentes, dans une logique maffieuse, encouragée par le Führer dans l’esprit divide ut impere). Sous couvert de lutte patriotique des oligarques ont été emprisonnés, le SBU purgé, les milices extrémistes intégrées à l’armée sans grand succès.

7. Malgré des réorganisation de l’Ordre de bataille kiévien en vue de limiter le poids des forces territoriales et des unités politiques comme Azov, ces dernières conservent un pouvoir de menace sur le régime, écartelé entre État major général, SBU, GUR…

8. La question de la Crimée se posait en d’autres termes puisque la péninsule n’a jamais réellement fait partie de l’Ukraine organique, après sa conquête sur l’empire turc.

9. Vladimir Jirinovsky , qui a produit des analyses prophétiques sur la situation internationale de la Russie , considérait que la Transcarpatie, la région de Lvov, de Ternopol d’Ivano-frankisk, la Volhynie et Rivne étaient les seules authentiquement et historiquement non rattachables à la Russie en Ukraine, excluant donc l’Est et le Sud, Novorossia et petite Russie.

10. Selon la vision, souvent rappelée ici, des géopoliticiens et stratèges états-uniens afin de casser la dynamique impériale et civilisationnelle russe et la connexion eurasiatique entre l’Europe et Moscou.

11. Outre des analystes crypto-psychanalytiques et des commentaires puérils sur l’amitié du président Trump à l’égard du président Poutine, on notera que l’ancien président Biden et le président Zelensky étaient en mauvais termes personnels ce qui n’a pas infléchi la politique US. Pas davantage que les commentaires cordiaux de l’ancien président Georges W Bush à l’égard du président russe en plein combat commun contre le terrorisme

12. Les pertes sont un secret d’Etat, mais on peut extrapoler d’une déclaration du ministre Belusov sur le renouvellement des contractuels, volontaires et rappelés, la perte de 400 000 hommes depuis 2022, chiffre totalisant morts, blessés, prisonniers et fins de contrat depuis 2022. Moscou affirme de Kiev a perdu 1,5 millions d’hommes tués, blessés et prisonniers et que 30 000 soldats désertent les ZSU mensuellement.

13. C’est le fondement du concept de Blitzkrieg, pour compenser le risque de second front dû à la position centrale de l’Allemagne et à son insuffisance démographique et économique pour soutenir une guerre globale et dans la durée face à ses adversaires ; cette doctrine a été efficiente face à des Etats surpris et sans profondeur stratégique mais s est avéré insuffisante face à l’immensité russe, à la mobilisation de tout le pays et à la puissance économique anglosaxonne, qui a transformé une guerre continentale à la mesure du Reich en conflit mondial dans lequel il a été progressivement étouffé.

14. Le peuple ukrainien continue à être considéré globalement comme des « petits russes » égarés, la démographie russe n’est pas favorable aux ponctions, l’hostilité de l’Ouest impose de conserver une importante réserve militaire et les conditions médiatico-philosophiques du XIXème siècle rejettent un emploi totalement décomplexé et avoué d’une force brute illimitée, au moins pour les Etats avancés. L’exemple historique de l’invasion et du martyr de l’URSS interdit que la Russie ne recourt ouvertement et systématiquement aux mêmes méthodes que l’envahisseur fasciste en son temps. Enfin, le retour à l’orthodoxie s’oppose également à des options que les Soviétiques avaient moins de scrupules à appliquer dans leur cadre moral propre.

15. Contexte qui rappelle les malheurs des armées tsaristes préparant les événements de 1917, schéma qui pourrait être celui sur lequel tablent les USA en Russie actuelle

16. D’abord indirect avec le débarquement en Afrique et en Sicile, puis directe avec les débarquements de Normandie et de Provence, associés à l’opération Bagration qui a détruit le front centre allemand à l’Est.

17. Les drones , dont les modalités de fabrication ne requièrent pas un socle industriel lourd et vulnérable, restent omniprésents et de performances accrues dans les deux camps, l’emploi de FAB par l’aviation compensent la vulnérabilité de l’artillerie en apportant une puissance d’écrasement ponctuel inégalée et les missiles offrent le même rendement sur des cibles à haute valeur ajoutée.

18. Comme pour atteindre la flotte aérienne stratégique à l’instar des procédés mis en œuvre par Israël contre l’Iran

Bulletin STRATPOL N°274: Le nouveau monde de Davos, Zelenski convoqué. 23.01.2026

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Poutine s’est entretenu avec la délégation américaine au Kremlin pendant près de quatre heures

Le président russe Vladimir Poutine s’est entretenu jeudi soir au Kremlin avec une délégation de représentants du président américain Donald Trump. Selon le conseiller présidentiel russe Youri Ouchakov, la rencontre a été « substantielle, constructive et franche ». Kirill Dmitriev, représentant spécial du président russe pour les investissements et la coopération économique avec l’étranger, a qualifié les discussions d’« importantes ». Interfax met en lumière les principaux points abordés.

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En réunion du Conseil de sécurité russe, Poutine revient sur l’invitation de la Russie au Conseil de paix et sur le Groenland

Le président russe Vladimir Poutine a tenu une réunion par visioconférence avec les membres permanents du Conseil de sécurité. En début de séance, il a répondu aux questions concernant l’adhésion de la Russie au « Conseil de paix » du président américain Donald Trump , chargé de la gestion de la bande de Gaza , ainsi que les intentions de Washington d’acquérir le Groenland.

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Trump fait marche arrière sur les droits de douane sur la question du Groenland et annonce un “cadre pour un futur accord”

Quelques heures après son discours au Forum économique mondial, le président américain Donald Trump a pris la parole sur les réseaux sociaux. Il a annoncé un « cadre pour un futur accord sur le Groenland » à la suite de discussions avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, et a renoncé à l’idée d’imposer des droits de douane à huit pays européens. Il a ensuite qualifié ce cadre de « concept d’accord » lors d’un entretien avec CNBC.

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Le Parlement européen gèle la ratification de l’accord commercial avec les États-Unis

Le Parlement européen a voté le gel du processus de ratification de l’accord commercial avec les États-Unis, rapporte BFMTV. Irache García Pérez, président du groupe parlementaire social-démocrate, a déclaré aux journalistes que la majorité des députés représentant les principaux partis politiques avaient approuvé cette décision.

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Trump révèle un message privé de Macron proposant une rencontre du G7 avec les Russes

Dans un message privé, Macron a suggéré à Trump d’organiser une réunion du G7 immédiatement après Davos et d’y inviter les Russes. Dans le message rendu public, le président français a également exprimé sa perplexité quant à l’intérêt que porte la Maison-Blanche au Groenland.

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Ce 20 janvier marque le premier anniversaire du retour de Trump à la présidence

Le 20 janvier marque le premier anniversaire du retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis. RBC revient sur les événements marquants de cette période, outre les guerres tarifaires, les interventions militaires en Iran et au Venezuela, et les menaces d’annexion du Canada et du Groenland.

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Club fermé ou alternative à l’ONU ? Ce que pourrait impliquer le Conseil de la paix de Trump

D’après les médias occidentaux, les États-Unis prévoient de facturer un milliard de dollars à chaque pays souhaitant devenir membre permanent du Conseil de la paix. Le mandat des autres États membres devrait être limité à trois ans. Donald Trump présidera l’organisation et décidera également des pays invités à y adhérer. Les analystes estiment que ce Conseil de la paix pourrait être une tentative des États-Unis de créer une alternative à l’ONU, que Washington critique depuis longtemps.

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droits douane

Trump va imposer des droits de douane aux pays européens s’opposant à son acquisition du Groenland

Les États-Unis imposeront des droits de douane de 10 % sur les importations en provenance du Danemark, de la Norvège, de la Suède, de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, des Pays-Bas et de la Finlande à compter du 1er février, a annoncé le président Donald Trump. Ces droits passeront à 25 % à partir du 1er juin. Ces mesures resteront en vigueur jusqu’à la conclusion d’un accord sur l’achat du Groenland par les États-Unis, a précisé le président américain.

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Ici Moscou : Trump hors contrôle

Dans cette nouvelle édition de « ICI MOSCOU », Xavier Moreau revient sur les trois lubies du moment de Donald Trump. Enlèvement du président vénézuélien, menaces de frappes sur l’Iran et acquisition du Groenland de gré ou de force. Quelle est la motivation du président américain dans chacun des cas ?

L’enlèvement le 3 janvier du président Nicolás Maduro, avec de multiples violations du droit international, n’a pas de suites très claires. En Iran, les manifestations violentes qui ont secoué le pays et leur répression par l’appareil de sécurité ont failli entraîner des frappes américaines. La situation se stabilise peu à peu, mais le locataire de la Maison-Blanche a maintenant jeté son dévolu sur le Groenland. Le Danemark, qui avait assuré que la Russie était la seule menace, est désavoué par un éventuel projet d’intervention militaire sur l’île de son meilleur allié.

Pour en parler, Xavier Moreau reçoit Fernand Kartheiser, eurodéputé luxembourgeois, Romain Migus, fondateur du site d’information sur l’Amérique latine les2rives.info, Gilles Rémy, chef d’entreprise français, et Fabrice Sorlin, consultant international.

Bulletin STRATPOL N°273: SOS Groenland, Oreshnik pour tous, Lithium pour Trump. 16.01.2026

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L’opposante vénézuélienne prix Nobel de la paix remet son prix à Trump

Le 15 janvier, le président américain Donald Trump a rencontré à Washington la dirigeante de l’opposition vénézuélienne María Corina Machado. Cette dernière, qui s’était vue refuser la possibilité de vaincre l’ancien président vénézuélien Nicolás Maduro lors des élections et qui était manifestement galvanisée par son ralliement aux États-Unis, est arrivée à la Maison Blanche avec un atout de taille : lors de cette rencontre, elle a remis à Trump son prix Nobel de la paix. Ce geste a touché Trump, mais n’a pas suffi à le convaincre de l’essentiel : il devait s’occuper de l’ancienne numéro deux de Maduro, Delcy Rodríguez, devenue présidente par intérim du Venezuela à la demande de Washington.

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troupes groenland

Six pays européens ont décidé d’envoyer des troupes au Groenland

Face aux menaces d’annexion du Groenland proférées par Trump, plusieurs pays européens – l’Allemagne, la Suède, la France et la Norvège – ont décidé d’envoyer des troupes renforcer les défenses de l’île. Politico rapporte que les Pays-Bas et le Canada participent également à cette initiative.

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Sommet du Groenland avec le Danemark à Washington. Rubio et Vance tentent de réaliser le rêve de Trump !

Les ambitions américaines concernant le Groenland s’intensifient, et le mercredi 14 janvier sera une date cruciale pour déterminer si elles se concrétiseront. À la Maison Blanche, le vice-président J.D. Vance et le secrétaire d’État et conseiller à la sécurité nationale Marco Rubio (dont le bureau se situe sur Pennsylvania Avenue) recevront le ministre danois des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen et son homologue groenlandaise Vivian Motzfeldt afin de tenter de mettre en œuvre le plan de Donald Trump, qui vise à placer la plus grande île du monde sous contrôle américain.

La question arctique

Les ambitions expansionnistes du président, au nom de la « sécurité hémisphérique », sa volonté de bloquer l’accès de la Chine et de la Russie à l’Arctique et son intérêt pour les immenses ressources minérales du Groenland, se transforment en enjeu politique avec son allié danois. Parallèlement, les pays européens réaffirment leur engagement à défendre la souveraineté de Copenhague, à laquelle le Groenland est rattaché, et évoquent même la possibilité de déployer une force de dissuasion militaire significative.

Trump a poussé les tensions internes à l’OTAN à l’extrême par principe, oubliant que le Groenland est membre de l’Alliance atlantique de par son appartenance à la couronne danoise, cofondatrice de l’alliance, qui abrite la base spatiale de Pittufik et se trouve donc à la pleine disposition stratégique des États-Unis.

Les visées américaines sur le Groenland

Les alliés du président américain ont emboîté le pas : Randy Fine, représentant du sixième district de Floride, connu pour son engagement en faveur du droit de porter des armes, a présenté la loi sur l’annexion et l’intégration du Groenland aux États-Unis, un projet de loi visant à ouvrir la voie à l’annexion du Groenland comme 51e État américain. Cette proposition est plus radicale que la précédente, qui consistait à rattacher le Groenland à l’Alaska, et que la récente idée de Stephen Miller, conseiller adjoint principal de Trump, de signer un traité d’association avec Nuuk, similaire à celui conclu avec les petits États insulaires du Pacifique.

Rubio et Vance serviront d’intermédiaires entre les ambitions de Trump et leur éventuelle mise en œuvre. Le chef de la diplomatie américaine a tenu à souligner que le recours à la force contre son allié danois est hors de question : devant la commission des affaires étrangères du Congrès, « Rubio a déclaré aux parlementaires que le président Trump entend acquérir le Groenland plutôt que de l’envahir, et que Trump a demandé à ses conseillers de lui fournir un plan actualisé pour cette acquisition », note le New York Times, ajoutant que « la stratégie de sécurité nationale de la seconde administration Trump [affirme] que la domination de l’hémisphère occidental est une priorité absolue » et que Nuuk est essentielle pour y parvenir.

Le défi européen

Pour Trump, cela pourrait bien être le signe de la fragilisation de l’axe transatlantique : « Parler aussi ouvertement de l’effondrement d’une alliance qui dure depuis la Seconde Guerre mondiale, bien que choquant pour les Européens, n’a rien de nouveau pour Trump », note Politico, même si les négociations sur le Groenland visent à rappeler à l’Europe que Washington reste indispensable et que toute revendication américaine, même la plus radicale, peut être contestée mais non ignorée. La prise de contrôle du Groenland poursuit des objectifs géopolitiques anti-russes et anti-chinois et vise à étendre la sphère d’influence américaine avant de négocier avec les autres. Mais elle pourrait s’avérer anti-européenne dans les faits, plaçant une fois de plus le Vieux Continent face aux turbulences d’un monde chaotique. Les diplomates à Copenhague et à Nuuk parleront également au nom de tout un continent, et leur capacité à résister aux exigences américaines à Washington sera un indicateur de la capacité de l’Europe à peser sur l’alliance occidentale déséquilibrée.

On en saura plus prochainement…

visite moscou

Witkoff et Kushner prévoient de se rendre à Moscou d’ici la fin du mois

L’envoyé spécial Steve Witkoff et le gendre du président américain Donald Trump, Jared Kushner, prévoient de se rendre à Moscou en janvier pour rencontrer le président russe Vladimir Poutine, a rapporté Bloomberg, citant des sources.

Des sources ont indiqué que la réunion pourrait avoir lieu ce mois-ci, mais ont averti que les plans n’avaient pas encore été finalisés et que la date pourrait être reportée en raison des événements en Iran, où des troubles font rage depuis plus de deux semaines.

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lithium ukrainien

L’Ukraine attribue l’exploitation d’un important gisement de lithium à des entreprises proches de Trump

Dans le cadre d’un projet pilote, l’Ukraine a, pour la première fois, désigné le lauréat d’un appel d’offres pour l’exploitation de l’un des plus importants gisements de lithium de la région de Kirovograd, selon un accord de partage de production, a annoncé la Première ministre Ioulia Svyrydenko. D’après les médias, sans surprise, l’appel d’offres a été remporté par des entreprises américaines proches du président américain Donald Trump. Parallèlement, Andriy Pelyukhovsky, chef du parti Force nationale, a déclaré qu’il était nécessaire de réexaminer l’accord, approuvé par la Verkhovna Rada sans que son contenu intégral n’ait été pris en compte.

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trump powell

Trump renforce sa pression sur Powell pour baisser le taux directeur

Dans son allocution du 12 janvier au soir, Jerome Powell a imputé les actions du ministère de la Justice à des pressions. Selon lui, la situation actuelle met à l’épreuve la capacité de la Réserve fédérale à continuer de prendre des décisions indépendantes concernant le taux directeur. Il a également réaffirmé son intention de rester en poste jusqu’à l’expiration de son mandat en mai 2026. Les principaux candidats à la présidence de la Fed sont Kevin Hassett, directeur du Conseil économique national de Trump, et l’homme d’affaires Kevin Warsh, d’après Trump lui-même lors d’une interview accordée au Wall Street Journal en décembre.

La question d’une baisse des taux, qui prend de l’ampleur depuis le début du second mandat de Trump le 20 janvier 2025, a accentué ses divergences avec Powell. Le président préconise des baisses plus importantes. Le taux directeur a atteint son plus haut niveau des dix dernières années durant l’été 2023, oscillant entre 5,25 % et 5,5 %. En décembre 2024, il a été ramené à 4,5 %. En décembre 2025, après trois baisses successives, il s’établissait à 3,75 %. Mais Trump restait insatisfait. Selon lui, une baisse de 0,5 point de pourcentage aurait suffi, et non de 0,25 point.

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iran manifestations

Vers une nouvelle opération américaine contre l’Iran ?

L’Iran frappera des cibles militaires israéliennes et américaines au Moyen-Orient en cas d’attaque, a déclaré le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, aux parlementaires locaux le 11 janvier. Il a affirmé que des « militants armés » liés à des agences de renseignement étrangères tentent de transformer des « manifestations légitimes d’hommes d’affaires et d’autres groupes professionnels » en affrontements violents.

Israël a placé ses troupes en état d’alerte maximale, a rapporté Reuters, citant des sources. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et le secrétaire d’État américain Marco Rubio ont évoqué par téléphone, le 10 janvier, la possibilité d’un affrontement avec l’Iran. La dernière confrontation armée remonte à juin 2025, lorsque le programme nucléaire et les installations de défense aérienne de la République islamique ont été gravement endommagés par les forces aériennes israéliennes et américaines. Dans un entretien accordé à The Economist le 9 janvier, M. Netanyahou a menacé les dirigeants iraniens de représailles en cas d’attaque.

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trump venezuela

Trump veut attirer 100 milliards d’investissements dans le pétrole vénézuélien

Donald Trump a exhorté les géants pétroliers à investir 100 milliards de dollars au Venezuela. Il a fait cette annonce lors d’une réunion publique avec des représentants de compagnies énergétiques américaines. Parmi les participants figuraient de hauts dirigeants d’ExxonMobil, de ConocoPhillips, de Chevron et d’autres entreprises. Selon le président américain, l’investissement privé devrait être au cœur de cet investissement, et le gouvernement, pour sa part, s’est engagé à garantir la sécurité des entreprises dans le pays. Cependant, certaines entreprises ont accueilli ces déclarations avec scepticisme.

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Avant de faire machine arrière [pour l’instant], Trump avait menacé d’attaquer l’Iran. Mais cela aurait été un saut dans l’inconnu pour les États-Unis et le Moyen-Orient : Explications

Donald Trump a menacé le gouvernement iranien et l’a exhorté à ne pas réprimer les manifestations massives qui secouent la République islamique depuis fin décembre. Parallèlement, à Washington, le président américain a été informé des préparatifs en vue d’éventuelles frappes aériennes contre l’Iran si le chaos venait à s’aggraver.

Les menaces de Trump et l’appel Rubio-Netanyahu

Ces menaces importantes et résolument sérieuses s’accompagnent de préparatifs politiques menés de concert avec Israël, qui a déjà mené des attaques massives contre l’Iran en juin dernier, ciblant les infrastructures, le secteur énergétique et les centres névralgiques du régime de Téhéran. Ces menaces ont vraisemblablement été au cœur de l’entretien téléphonique d’hier entre Marco Rubio, secrétaire d’État américain, et Benjamin Netanyahu, dirigeant de Tel-Aviv. Après avoir soutenu Tel Aviv avec les raids du 22 juin (opération « Midnight Hammer ») contre les sites nucléaires de Fordow, Natanz et Ispahan, Trump envisage donc l’idée d’une campagne de bombardements plus vaste contre les forces armées et les cibles du régime, dans le but politico-militaire d’accélérer la chute de la République islamique, si les manifestations venaient à s’étendre.

Images de manifestations en Iran, le 10 janvier 2026 (NPK)

Cette proposition serait parfaitement cohérente avec la stratégie à long terme du Parti républicain, avec l’interventionnisme de personnalités comme Rubio et le sénateur de Caroline du Sud, Lindsey Graham, qui a évoqué une « liberté en marche » pour l’Iran, et avec la politique de pression maximale inaugurée par le premier président Trump en 2018 avec le démantèlement de l’accord nucléaire signé en 2015 par Barack Obama, et confirmée lors de son second mandat après le mince espoir de négociations bilatérales à Oman. Il serait toutefois prématuré de considérer une intervention américaine comme allant de soi.

Hypothèses militaires concernant une attaque contre l’Iran

Tout d’abord, il est important de comprendre dans quelle mesure Washington entend mobiliser ses forces militaires pour frapper Téhéran. L’opération Midnight Hammer a été menée par des bombardiers B-2 Spirit décollant directement du territoire américain et ravitaillés en vol par des avions ravitailleurs positionnés par Washington le long de leur trajectoire, contournant ainsi les bases américaines du Moyen-Orient situées dans des pays souhaitant éviter toute implication dans le conflit.Or, la mobilisation massive d’avions ravitailleurs capables d’appuyer des frappes aériennes décollant de bases aux États-Unis ou dans l’océan Indien (Diego Garcia) n’est pas encore à l’ordre du jour, de même qu’il n’existe pas encore de force navale américaine dans le golfe Persique ou les zones environnantes en mesure de soutenir une offensive contre la République islamique. Alors que le porte-avions « Gerald Ford » et son groupe aéronaval sont déployés au large des côtes du Venezuela depuis des semaines, l’escadron le plus proche de l’Iran est celui du porte-avions « Abraham Lincoln », qui navigue au large des côtes de la mer de Chine méridionale et pourrait mettre plusieurs jours à atteindre la zone d’opérations afin de pouvoir appuyer l’opération avec des frappes de chasseurs embarqués et des missiles Tomahawk.

Bombarder le régime ? Rien n’est moins sûr.

Deuxièmement, une attaque massive contre l’Iran, ciblant directement les centres névralgiques du régime et les institutions du pays, plongerait inévitablement le pays dans le chaos, sans aucune garantie d’issue : « Les responsables américains ont déclaré qu’ils devaient veiller à ce que toute frappe militaire n’ait pas l’effet inverse – à savoir rallier l’opinion publique iranienne au gouvernement ou déclencher une série de représailles susceptibles de menacer le personnel militaire et diplomatique américain dans la région », note le New York Times.

L’Iran n’est ni la Libye, ni la Syrie, ni le Venezuela, mais un pays d’une extrême complexité dont la doctrine militaire est, depuis des décennies, orientée vers un conflit massif avec des pays comme les États-Unis et Israël. Son système politique, militaire et répressif ne s’effondrerait certainement pas sous l’effet d’une campagne militaire intense, dont l’issue risquerait de dégénérer en une violente guerre civile à caractère politique, social et ethnique, susceptible de plonger tout le Moyen-Orient dans une spirale de violence et d’escalade des problèmes, culminant peut-être avec l’avènement d’un régime militaire Pasdaran véritablement incontrôlable à Téhéran.

Une attaque contre l’Iran : un camouflet pour les alliés des États-Unis

Enfin, une intervention militaire en Iran déstabiliserait profondément les relations avec les alliés et partenaires des États-Unis. À l’opposé de l’Iran, des pays comme la Turquie et le Pakistan, essentiels à la projection de l’influence américaine, partagent des frontières poreuses avec la République islamique et considéreraient une intervention américaine comme une opération bien plus problématique que la campagne israélienne acharnée de juin.

Parallèlement, l’Arabie saoudite, qui a fait du Yémen un laboratoire de détente avec l’Iran en suspendant ses attaques contre les Houthis pendant près de trois ans, critique toute résolution violente de la crise de Téhéran. En définitive, une opération anti-iranienne serait bien plus néfaste que bénéfique pour les États-Unis et le monde. Trump, partisan d’une interventionnisme militaire extrême durant son année à la Maison-Blanche, va-t-il s’y opposer, ou la pression unilatérale des États-Unis, le nouveau « gendarme du monde », l’emportera-t-elle ? La première fois, entre la fin des années 1990 et le début des années 2000, le résultat fut loin d’être concluant. Et Trump, qui a également été élu pour clore cette saison, devrait bien le savoir.

Trump aurait renoncé à frapper l’Iran en raison des risques d’une guerre prolongée !

Le président américain a donc changé d’avis et décidé visiblement de renoncer à frapper l’Iran après les avertissements de son entourage. Les responsables américains doutaient qu’une attaque possible conduise à la chute du gouvernement iranien.

Des questions supplémentaires ont également été soulevées concernant les capacités militaires réelles des États-Unis : pour une frappe massive dans la région, les ressources manquaient, car le groupe aéronaval venait juste de commencer son transfert de la mer de Chine méridionale vers le Moyen-Orient. Les militaires étaient prêts à frapper dès mercredi, mais on a indiqué au président qu’une telle opération pourrait entraîner les États-Unis dans un conflit prolongé au Moyen-Orient.

Bulletin STRATPOL N°272: Trump en roue libre, Gamelin Richoux. 09.01.2026

Au menu cette semaine:

00:00 Géopolitique profonde

  • Joyeux et saint Noël orthodoxe
  • Soutien aux agriculteurs !
  • Précision sur le Quincy Institut

04:18 Économie

  • Investir en Russie
  • Point sur l’économie russe en 2025
  • Inefficacité du socialisme face aux sanctions

09:45 Politico-diplomatique

  • Maduro kidnappé
  • Échec du coup d’État
  • Pirate des Caraïbes
  • Conséquences pour la Russie et la Chine
  • Déclassement européen
  • Doctrine Trump – Monroe
  • Coalition des velléitaires
  • Dépeuplement balte

28:00 Terrorisme

  • Terrorisme à l’anglaise
  • Bandero-terrorisme
  • Chasseurs d’hommes à Lvov

33:20 Armement

  • Pas d’usines pour Kiev

34:38 Empire du mensonge

  • Moment Bunker : Gamelin Richoux

36:25 Considérations militaires générales

  • Remaniement à Kiev
  • Libération de Laurent Vinatier

40:30 Carte des opérations militaires

Liens :
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Pepe Escobar – Comment les rêves pétroliers de Trump pourraient s’effondrer dans un gouffre vénézuélien obscur !

Par Pepe EscobarCulture stratégique [Traduction : Paolo Hamidouche]

Le tableau d’ensemble du secteur pétrolier vénézuélien est donc bien plus complexe que ne le soupçonnent les partisans de Trump.

Commençons par les nouveaux édits de ce néo-Caligula concernant la satrapie impériale dont il prétend désormais être le maître ; il ne s’agit pas à proprement parler d’édits, mais plutôt de menaces directes adressées à la présidente par intérim Delcy Rodriguez.

  1. Réprimer le « trafic de drogue ». En réalité, cela devrait viser les trafiquants colombiens et mexicains de mèche avec les principaux acheteurs américains.
  2. Expulser les Iraniens, les Cubains et autres « agents hostiles à Washington » – avant d’autoriser Caracas à augmenter sa production pétrolière. Hors de question.
  3. Arrêter les ventes de pétrole aux « adversaires des États-Unis ». Hors de question.

Il est donc presque certain que le néo-Caligula bombardera à nouveau le Venezuela.

Dans une autre diatribe décousue, le néo-Caligula a également clairement indiqué vouloir réformer le secteur pétrolier vénézuélien par le biais de subventions. Cela « pourrait prendre moins de 18 mois » ; puis il a ajouté : « nous pouvons le faire plus rapidement, mais cela coûtera très cher » ; et enfin : « cela nécessitera des dépenses colossales, et les compagnies pétrolières les dépenseront ».

Non, elles ne le feront pas, comme l’ont prédit plusieurs prétendus « initiés ». Les grandes compagnies énergétiques américaines hésitent à investir des fortunes dans un pays qui pourrait sombrer dans le chaos total si le néo-Caligula imposait un gouvernement perfide à plus de 28 millions de personnes.

Selon Rystad Energy Analysis, il faudrait au moins 16 ans et 183 milliards de dollars au Venezuela pour produire seulement 3 millions de barils de pétrole par jour.

Le rêve le plus fou de ce néo-Caligula est de faire chuter le prix mondial du pétrole à 50 dollars le baril. À cette fin, l’entreprise impériale de Trump 2.0 contrôlerait théoriquement l’intégralité de PDVSA, y compris l’acquisition et la vente de la quasi-totalité de sa production pétrolière.

Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, s’exprimant lors d’une conférence sur l’énergie organisée par Goldman Sachs, a vendu la mèche :

Nous commercialiserons le pétrole brut vénézuélien, d’abord le pétrole stocké [jusqu’à 50 millions de barils], puis, à terme, nous vendrons la totalité de la production vénézuélienne sur le marché.»

En résumé, ce néo-Caligula s’appropriera, ou plutôt volera, la vente du pétrole brut de PDVSA, l’argent étant théoriquement déposé sur des comptes offshore contrôlés par les États-Unis pour le « bénéfice du peuple vénézuélien ».

Il est hors de question que le gouvernement intérimaire de Delcy Rodriguez accepte ce qui s’apparente à un vol de fait. Même si le conseiller à la sécurité intérieure, Stephen Miller, se vante que les États-Unis utilisent des « menaces militaires » pour maintenir leur contrôle sur le Venezuela, s’ils exercent réellement ce contrôle, il n’est pas nécessaire de recourir à de telles menaces.

Et la Chine ?

La Chine importait environ 746 000 barils de pétrole par jour du Venezuela. C’est peu. Pékin s’efforce déjà de remplacer ces importations par des importations iraniennes. La Chine n’est pas fondamentalement dépendante du pétrole vénézuélien. Outre l’Iran, elle peut également s’approvisionner auprès de la Russie et de l’Arabie saoudite.

Pékin comprend parfaitement que la course à l’influence dans l’hémisphère occidental et en Asie occidentale ne se résume pas au pétrole, mais vise aussi à contraindre la Chine à acheter de l’énergie avec des pétrodollars. C’est absurde : avec la Russie, le Golfe persique et au-delà, le pétroyuan est déjà la norme.

La Chine est indépendante à 80 % sur le plan énergétique. Le Venezuela ne représente en réalité que 2 % des 20 % d’importations chinoises, selon les données fournies par le gouvernement américain lui-même.

La relation énergétique entre la Chine et le Venezuela dépasse largement le cadre des formules américaines avantageuses. Elle illustre en réalité comment « les accords pétroliers conclus par la Chine avec le Venezuela constituent de véritables contrats financiers contraignants, avec des mécanismes de remboursement, des structures de garanties, des clauses pénales et des produits dérivés profondément ancrés dans la finance mondiale… Ces accords sont liés, directement et indirectement, à des institutions financières occidentales, des négociants en matières premières, des assureurs et des chambres de compensation, y compris des entités liées à Wall Street. En cas de rupture de ces contrats, la conséquence n’est pas seulement une perte pour la Chine. Il s’agit d’un effet domino : les défauts de paiement exposent les contreparties, les produits dérivés sont réévalués, des litiges juridiques s’étendent au-delà des juridictions et une crise de confiance se propage. À un moment donné, ce qui n’est plus un problème vénézuélien devient un problème systémique mondial. »

De plus, « au cours des vingt dernières années, la Chine est devenue la plaque tournante opérationnelle de l’industrie pétrolière vénézuélienne. Non seulement en tant qu’acheteur, mais aussi en tant que fabricant. La Chine a fourni la technologie de raffinage, les systèmes de valorisation du pétrole brut lourd, la conception des infrastructures, les logiciels de contrôle, la logistique des pièces détachées… (…) Supprimer les ingénieurs chinois. Supprimer les techniciens qui comprennent la logique de contrôle. Supprimer les chaînes d’approvisionnement pour la maintenance. Supprimer le support logiciel. Ce qui reste n’est pas une industrie pétrolière fonctionnelle attendant d’être « libérée », mais une coquille vide. »

Conclusion : « Convertir le secteur pétrolier vénézuélien, construit par la Chine, en un secteur américain prendrait au moins trois à cinq ans. »

L’analyste financier Lucas Ekwame résume les points clés. Le Venezuela produit du pétrole extra-lourd, aussi épais que du goudron. Il ne s’écoule pas simplement, mais doit être liquéfié pour atteindre la surface et, après extraction, il se solidifie à nouveau, nécessitant un diluant : pour chaque baril exporté, pas moins de 0,3 baril de diluant doit être importé.

Ajoutez à cela l’infrastructure énergétique vénézuélienne, façonnée par la Chine et simultanément victime de plusieurs années de sanctions américaines, pires encore que celles imposées à l’Irak au début des années 2000, et la stratégie pétrolière défaillante de ce néo-Caligula apparaît au grand jour.

Bien sûr, cela n’empêche pas les fonds spéculatifs de se repaître du Venezuela, à commencer par l’inquiétant Paul Singer, milliardaire sioniste, gestionnaire de fonds spéculatifs et donateur du super PAC MAGA (42 millions de dollars en 2024). Sa société, Elliott Management, a acquis la succursale de CITGO à Houston pour 5,9 milliards de dollars en novembre, soit moins d’un tiers de sa capitalisation boursière de 18 milliards, grâce à l’embargo sur les importations de pétrole vénézuélien.

Les spéculateurs pourraient ainsi empocher jusqu’à 170 milliards de dollars sur le marché de la dette ; les obligations en défaut de paiement de PDVSA valent à elles seules plus de 60 milliards de dollars.

Le tableau d’ensemble du secteur pétrolier vénézuélien est donc bien plus complexe que ne le soupçonnent les partisans de Trump. Bien sûr, à terme, on pourrait se retrouver avec une situation où le vice-roi du Venezuela, Marco Rubio, perturbe l’acheminement du pétrole de Caracas à Shanghai. Vue la prétendue « compétence » stratégique de Rubio, il serait judicieux de commencer dès maintenant à recruter des bataillons d’avocats.

petrolier russe

L’armée américaine arraisonne le pétrolier russe Marinera accusé de violer les sanctions

Des militaires américains ont arraisonné un pétrolier russe que Washington accuse de violation des sanctions. Le ministère russe des Transports a qualifié l’arraisonnement du navire en eaux internationales de violation de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982. Le Royaume-Uni a reconnu avoir, à la demande du gouvernement américain, participé à l’arraisonnement du pétrolier et mis ses bases aériennes à disposition.

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doctrine monroe

Trump déclare la domination américaine en Amérique latine au nom de la doctrine Monroe

Dans le contexte de l’opération visant à capturer le dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro, le président américain Donald Trump a appelé à un retour aux principes de la doctrine Monroe, qui proclamait historiquement l’ensemble de l’hémisphère occidental comme une zone d’influence exclusive de Washington.

« La doctrine Monroe – nous l’avions quelque peu oubliée, et elle est pourtant très importante – mais nous ne l’oublions plus. Dans le cadre de notre nouvelle stratégie de sécurité nationale, la domination américaine dans l’hémisphère occidental ne sera plus jamais remise en question », a souligné le républicain lors d’une conférence de presse à Mar-a-Lago.

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frappe venezuela

Les États-Unis ont mené des frappes contre le Venezuela et enlevé le président Maduro

Le président américain Donald Trump a déclaré samedi que les États-Unis avaient lancé une frappe majeure contre le Venezuela. Il a affirmé que le président vénézuélien Nicolás Maduro et son épouse avaient été « capturés et emmenés hors du pays ».

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Venezuela, l’escalade souhaitée par Rubio qui piétine la loi et le droit international

L’opération américaine au Venezuela suscite un vif débat aux États-Unis quant à sa légitimité. L’administration du président Donald Trump a annoncé la capture, dans la nuit de vendredi à samedi, du dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse, accusés de narcoterrorisme et d’autres chefs d’accusation. Qualifiée d’« attaque de grande envergure » par Trump, l’opération a consisté en des frappes ciblées des forces spéciales et des bombardements sélectifs, aboutissant au transfert du couple sur un navire de guerre américain à destination de New York pour y être jugé.

Tandis que l’administration la présente comme une intervention légale et ciblée visant à garantir la justice, des critiques faisant autorité – dont un éditorial du New York Times – la considèrent comme une violation flagrante du droit international. Qui a raison ? Voyons voir.

La thèse de l’administration américaine

S’appuyant sur les analyses juridiques d’experts tels que Timothy Parlatore – un avocat de la défense renommé qui a conseillé Trump et le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth –, les partisans de l’administration affirment que l’opération repose sur un précédent historique solide. Parlatore, s’exprimant à titre personnel (il est également réserviste dans la Marine), a fourni à Just the News une analyse comparant l’opération à l’affaire Manuel Noriega au Panama en 1989-1990, sous la présidence de George H.W. Bush (opération Just Cause). À cette occasion, plus de 27 000 militaires américains ont destitué le dictateur panaméen, inculpé l’année précédente pour trafic de drogue et racket. Noriega, un ancien allié de la CIA, avait transformé le Panama en plaque tournante du trafic de drogue, truqué les élections et déclaré la guerre aux États-Unis.

La légitimité de l’invasion reposait sur le statut criminel de Noriega, la protection des citoyens américains et le rétablissement de la démocratie. Les tribunaux ont par la suite confirmé sa légalité. Noriega a été jugé et condamné à Miami. Parlatore affirme que le cas de Maduro est quasiment identique : inculpé de narcoterrorisme, de corruption et de fraude électorale en 2018 et 2024 (condamné par les États-Unis, l’UE et des dizaines de pays), le régime a provoqué une catastrophe humanitaire avec des millions de réfugiés et des alliances avec la Russie, la Chine et l’Iran.

« Le précédent est clair : lorsqu’un dirigeant étranger est à la tête d’une organisation criminelle, sa mise en examen le prive de son immunité souveraine, justifiant ainsi une arrestation extraterritoriale », écrit Parlatore. Les dirigeants qui gèrent des narco-États perdent la protection de leur souveraineté, telle qu’établie par le droit américain d’extradition.

Par ailleurs, l’avocat salue « l’efficacité et la précision » de l’opération Maduro, comparée à celle menée au Panama. Contrairement à l’invasion de grande envergure qui a fait des centaines de victimes et suscité la condamnation de l’ONU, la capture a été chirurgicale : bombardements ciblés sur des sites clés à Caracas, incursion rapide des forces spéciales et extraction immédiate, sans occupation de territoire. Le tout malgré la supériorité numérique écrasante du Venezuela (plus de 120 000 soldats actifs, des milices armées et de l’armement russe). « C’est une leçon magistrale de guerre moderne : drones, cyberattaques et unités d’élite rendent les invasions de grande envergure obsolètes », conclut Parlatore, qualifiant l’opération de modèle d’action légale et proportionnée.

L’acte d’accusation

L’acte d’accusation fédéral américain, rendu public le 3 janvier 2026, accuse Nicolás Maduro, son épouse Cilia Flores, son fils Nicolás Ernesto Maduro Guerra, le ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello, l’ancien ministre Ramón Rodríguez Chacín et Héctor Rusthenford Guerrero Flores (chef du cartel vénézuélien Tren de Aragua) de complot en vue de commettre du narcoterrorisme, d’importation de cocaïne, de possession d’armes automatiques et d’infractions connexes. Il est reproché à Maduro et ses coaccusés d’avoir, depuis 1999, abusé de leur pouvoir pour protéger et promouvoir le trafic de tonnes de cocaïne vers les États-Unis, en collaborant avec des groupes narcoterroristes tels que les FARC, l’ELN, le cartel de Sinaloa, les Zetas et le Tren de Aragua (désigné organisation terroriste étrangère par l’administration Trump en 2025).

Il y a un hic : une note déclassifiée du Bureau du directeur du renseignement national, datée du 7 avril 2025, réfute les accusations de Trump selon lesquelles le Train d’Aragua opère sous le contrôle du président vénézuélien Nicolás Maduro. Le document souligne qu’au contraire, si certains responsables vénézuéliens tolèrent le Train d’Aragua, Maduro considère ce groupe comme une menace et n’en dirige pas les opérations.

La condamnation sans appel du New York Times

L’éditorial du New York Times, cependant, critique sévèrement l’intervention américaine, la qualifiant d’escalade irresponsable qui précipite les États-Unis vers une crise internationale sans raison valable. « La Constitution est claire : pour déclarer la guerre, il faut l’autorisation du Congrès », écrit le journal, soulignant que « même Bush a obtenu une autorisation pour l’Irak » et que Trump « ne dispose même pas d’un document légal ».

Concernant le prétexte de narcoterrorisme, le journal le qualifie de « particulièrement ridicule », soulignant que « le Venezuela n’est pas un important producteur de fentanyl » et que « la cocaïne qu’il produit est principalement destinée à l’Europe ». Par ailleurs, le New York Times note que Trump a récemment gracié Juan Orlando Hernández, qui dirigeait un vaste réseau de trafic de drogue lorsqu’il était président du Honduras.

Le journal établit un lien entre l’opération et la nouvelle stratégie de sécurité nationale, qui « affirme le droit de dominer l’Amérique latine » par le biais du corollaire Trump à la doctrine Monroe. Concernant les violations du droit international, l’éditorial est catégorique : « Tuer des personnes sur la simple suspicion d’avoir commis un crime, sans leur donner la possibilité de se défendre, viole les Conventions de Genève de 1949 et tous les principaux traités relatifs aux droits de l’homme. » Il cite un incident précis : « Lors d’une attaque, la Marine a frappé une embarcation déjà immobilisée une seconde fois, tuant deux marins qui s’accrochaient à l’épave et ne représentaient aucune menace. »

De fait, les États-Unis ont été accusés à plusieurs reprises ces derniers mois de violer le droit international en bombardant les bateaux de trafiquants de drogue présumés et en tuant des personnes sans procédure régulière. Ces attaques ont ainsi suscité une large condamnation internationale. Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères et de l’Europe, a notamment accusé les États-Unis de bafouer le droit international et maritime.

Motivations politiques et fondement juridique fragile

En conclusion, les motivations de l’intervention militaire de l’administration Trump au Venezuela, qui a culminé le 3 janvier 2026 avec des frappes contre des cibles militaires et la capture de Nicolás Maduro, reposent sur des fondements juridiques plutôt faibles, voire inexistants, et sont avant tout politiques.

Trump a agi unilatéralement, sans informer le Congrès ni obtenir son autorisation, court-circuitant ainsi les mécanismes constitutionnels qui exigent l’approbation parlementaire pour les « actions de guerre » (comme l’ont critiqué les démocrates et certains républicains, dont le sénateur Mike Lee). Bien que Trump ait souvent justifié l’escalade par la lutte contre le trafic de drogue – faisant de la lutte antidrogue une priorité de sa campagne –, les experts s’accordent à dire que le Venezuela ne joue qu’un rôle marginal dans la crise des surdoses aux États-Unis. La grande majorité des décès par surdose sont dus au fentanyl, qui provient presque exclusivement du Mexique (où il est produit à partir de précurseurs chinois), et non du Venezuela ou d’Amérique du Sud.

Le secrétaire d’État Marco Rubio, un Américain d’origine cubaine connu pour sa position intransigeante à l’égard des régimes de gauche en Amérique latine, a sans aucun doute joué un rôle déterminant. Durant son mandat au Sénat, Rubio a soutenu des changements de régime dans plusieurs pays de la région, dont le Venezuela. Le signal envoyé en octobre dernier était déjà très clair : l’envoyé spécial de la Maison-Blanche, Richard Grenell – qui, après avoir rencontré le président Nicolás Maduro à Caracas en janvier, avait signé des accords d’expulsion, obtenu la libération de prisonniers américains et accordé des licences d’exploitation à de grandes compagnies pétrolières américaines et européennes – a reçu l’ordre du président Donald Trump de rompre tout contact diplomatique avec ce pays d’Amérique du Sud.

Rubio œuvrait depuis longtemps pour inciter l’administration américaine à déstabiliser le Venezuela par une stratégie de « pression maximale » incluant le recours à la force. C’est le sénateur Rubio, alors en fonction, qui, en janvier 2019, avait demandé à Trump de reconnaître Juan Guaidó, alors président peu connu de l’Assemblée nationale, comme président par intérim. Trump accéda à sa requête le lendemain, provoquant la rupture des relations diplomatiques entre Maduro et Washington.

Les néoconservateurs – à l’instar de Rubio – partagent cette vision, et les États-Unis ont besoin d’une guerre pour maintenir leur colossal complexe militaro-industriel et pour montrer au monde qu’ils demeurent une superpuissance redoutable. Michael Ledeen, néoconservateur influent et analyste de politique étrangère (décédé en mai 2025), déclarait à ce sujet : « Tous les dix ans environ, les États-Unis ont besoin de s’en prendre à un petit pays minable et de le mettre à genoux, histoire de montrer au monde qu’ils ne plaisantent pas. »

À cela s’ajoute la stratégie de l’administration Trump qui, en ressuscitant la doctrine Monroe et le corollaire Roosevelt, a réaffirmé l’hégémonie américaine sur l’hémisphère occidental. Dans ce contexte de « sphères d’influence », il est clair que, dans la zone d’influence même des États-Unis, une figure comme Maduro est indésirable. Au mépris du droit international, bien entendu.

Enfin, au delà des explications officielles, les intérêts stratégiques de contrôle de l’énergie et des terres rares, sont aussi à prendre en considération dans cette reprise en main du Venezuela…

Venezuela 1999-2026 : un quart de siècle sous les attaques américaines et aujourd’hui sous les bombes !

De Chávez à Maduro, le Venezuela a résisté à toutes les formes de guerres non conventionnelles. Aujourd’hui, le monde assiste au recours aux armes conventionnelles et à l’enlèvement d’un chef d’État.

L’offensive militaire américaine contre le Venezuela n’est pas un coup de tonnerre. Elle est l’aboutissement d’une campagne menée depuis un quart de siècle, articulée autour des plans diplomatique, économique, militaire et informationnel, et visant à étouffer une expérience politique qui a toujours représenté un affront stratégique pour Washington : la Révolution bolivarienne.

Tout a commencé en décembre 1998, lorsque Hugo Chávez, ancien parachutiste doté d’un charisme populaire rare dans l’histoire latino-américaine, a remporté les élections à la tête d’une coalition incluant également des masses historiquement marginalisées, promettant de renverser un système d’inégalités vieux de plusieurs décennies. Jusque-là, le Venezuela était un allié docile de Washington, une source inépuisable de pétrole bon marché et un pilier de la prétendue stabilité dans l’hémisphère occidental. « Retourner la tortilla », comme l’a dit Chávez, ne pouvait rester impuni.

De la déstabilisation au coup d’État : les premières actions de Washington

Dès 2001, Washington observait avec une inquiétude croissante les 49 lois promulguées par le gouvernement vénézuélien, notamment celles relatives aux réformes agraires, fiscales et surtout pétrolières. C’est alors que le rôle de la National Endowment for Democracy (NED) est apparu : un organisme semi-officiel du gouvernement américain, aujourd’hui reconnu comme un instrument d’influence. La NED finançait des syndicats comme la CTV et des organisations patronales regroupées au sein de Fedecámaras, créant ainsi les conditions d’un sabotage économique systématique.

Cette phase a culminé en avril 2002 avec le coup d’État qui a renversé Chávez pendant 47 heures. Des documents déclassifiés et des témoignages ultérieurs ont prouvé l’implication directe de responsables américains : l’ambassadeur Charles Shapiro était en contact radio avec les conspirateurs, tandis que la marine américaine fournissait un soutien en matière de renseignement et de communications. La tentative a échoué, mais elle a marqué la première fois que Washington intervenait ouvertement pour renverser un gouvernement démocratiquement élu en Amérique latine au XXIe siècle.

L’arme pétrolière et la guerre économique

En décembre 2002, la stratégie changea. L’administration Bush se concentra sur le blocus pétrolier, orchestré avec le soutien des dirigeants de PDVSA et de groupes oligarchiques. L’objectif était simple : asphyxier l’État vénézuélien en coupant sa principale source de financement. Le système informatique de PDVSA, alors géré par une entreprise américaine (SAIC), fut saboté afin de paralyser les exportations. Ce fut la première manifestation de ce que nous appelons aujourd’hui la guerre économique hybride.

En 2005, Chávez a expulsé la DEA, l’accusant d’espionnage sous couvert de trafic de drogue, une accusation aujourd’hui corroborée et confirmée par plusieurs anciens agents et des documents journalistiques.

Terrorisme structuré et guarimbas orchestrées

À partir de 2004, la déstabilisation a pris une forme plus violente. Des groupes de jeunes financés par des agences américaines ont commencé à organiser les tristement célèbres guarimbas : barricades urbaines, incendies criminels et attaques contre les infrastructures publiques. Cette technique a été importée par Robert Alonso, un Cubano-Vénézuélien lié aux services de renseignement américains, qui a entraîné des paramilitaires colombiens au ranch Daktari.

En 2007, le plan fut perfectionné : avec le soutien d’anciens combattants des « révolutions de couleur » serbes (Otpor), des organisations étudiantes furent formées pour reproduire le modèle d’insurrection non violente (du moins en théorie) observé en Ukraine et en Géorgie.

Les sanctions comme arme stratégique

Sous Barack Obama, cette stratégie s’institutionnalisa. En 2011, PDVSA fut sanctionnée pour des transactions présumées avec l’Iran. Mais c’est en 2015 qu’Obama signa le décret présidentiel 13692, déclarant le Venezuela « menace inhabituelle et exceptionnelle » pour la sécurité nationale américaine. Il ne s’agissait pas d’une évaluation stratégique, mais d’une fiction juridique visant à légitimer une escalade sans précédent des sanctions.

Sous Donald Trump, le siège devint total : sanctions pétrolières, blocus financier, embargo sur l’or et les mines, et enfin interdiction d’émettre de nouvelles dettes envers le Venezuela. Selon le Centre de recherche économique et politique, les mesures prises en 2017-2018 ont à elles seules causé plus de 40 000 décès évitables en raison du manque de médicaments, de nourriture et de services essentiels.

2019-2020 : Tentative d’invasion et guerre par procuration

L’année 2019 a marqué l’apogée de la stratégie de renversement du pouvoir par l’étranger. Après avoir refusé de reconnaître la réélection de Maduro, Washington a imposé Juan Guaidó comme « président par intérim », une décision jamais ratifiée par le droit international. Une invasion « humanitaire » a été tentée depuis la Colombie, repoussée par le peuple et les forces armées vénézuéliennes. Puis, en 2020, l’opération Gideon – une incursion maritime ratée organisée par des mercenaires américains sous le patronage de Trump et de Guaidó – a révélé jusqu’où Washington était prêt à aller.

La trêve tactique de Biden et le retour de Trump

Entre 2021 et 2024, l’administration Biden a accordé une dérogation limitée aux sanctions, autorisant Chevron à opérer partiellement au Venezuela. Il s’agissait d’une mesure pragmatique : la crise énergétique mondiale et la guerre en Ukraine incitaient les États-Unis à rechercher des alternatives au gaz russe. Mais lorsque Maduro a remporté l’élection en juillet 2024, Washington a crié à la « fraude » et a révoqué toutes les concessions.

2025 : La guerre non déclarée

Le retour de Trump à la Maison-Blanche le 20 janvier 2025 a radicalement changé la donne. Le Venezuela a de nouveau été placé sous un siège total : la licence de Chevron a été révoquée ; des milliers de migrants vénézuéliens ont été expulsés ; le Train d’Aragua et le cartel Los Soles ont été classés comme « groupes terroristes contrôlés par Maduro » ; la prime offerte pour la capture de Maduro a été portée à 50 millions de dollars ; le recours à la force militaire a été autorisé contre les « mafias du trafic de drogue » sur le sol vénézuélien ; et une force navale a été déployée en mer des Caraïbes, composée de destroyers, de chasseurs F-35 et d’un sous-marin nucléaire.

En septembre 2025, Trump a répondu à une question concernant une possible attaque contre le Venezuela par une déclaration sibylline mais sans équivoque : « Vous le saurez bien assez tôt. » Jusqu’à l’agression d’aujourd’hui, avec le bombardement de Caracas et l’enlèvement du président Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores.

La réponse vénézuélienne : Souveraineté, alliances et résistance

Face à 25 ans d’agression, le Venezuela n’a pas capitulé. Il a consolidé un modèle de pouvoir populaire structuré autour de conseils municipaux, renforcé sa coopération avec la Chine, la Russie, l’Iran et des alliés régionaux comme Cuba et le Nicaragua, et maintenu un système électoral multipartite, reconnu par les observateurs internationaux, bien que contesté par Washington.

La « dignité » souvent évoquée dans la vision bolivarienne n’est pas une simple rhétorique : elle est le fruit d’un processus de décolonisation politique et économique qui a remis en cause l’hégémonie américaine sur son propre territoire.

La guerre contre le Venezuela ne se limite pas à Caracas ou à Maduro. Il s’agit d’un laboratoire mondial de guerre hybride, où les États-Unis testent des outils de déstabilisation applicables ailleurs : sanctions massives, manipulation médiatique, instrumentalisation des ONG et légitimation d’interventions militaires sous prétexte humanitaire ou de lutte contre le trafic de stupéfiants.

Ce n’est pas seulement le Venezuela bolivarien qui est attaqué, mais le monde libre et multipolaire tout entier, déterminé à se libérer de l’emprise du totalitarisme néolibéral occidental.

Rapport de situation Décembre 2025, partie 1 sur 3 – L’Occident collectif

Confrontée à des problématiques multi-causales l’esprit humain favorise généralement les solutions simples et donc parfois inappropriées mais davantage accessibles et satisfaisantes.

L’effet Dunner-Kroning[1] s’ajoute alors aux biais cognitifs de gestion de la complexité ; ces mécanismes automatiques permettent au cerveau de traiter plus rapidement l’information en la simplifiant, mais au prix d’une distorsion pouvant (souvent) entraîner des erreurs de perception, d’évaluation et d’interprétation. Cela peut conduire à altérer la mécanique analytique en un manichéisme simplificateur. Le raisonnement tourne alors en réflexion subjective, vulnérable à l’affect, en particulier si la thématique est l’objet d’un traitement idéologique.

Or, les événements autour de l’Ukraine depuis quatre ans sont précisément un phénomène complexe, riche en paradoxes apparents et en oppositions internes dépassant le choc évident entre deux blocs et les dichotomies abusives ou limitées et limitantes. C’est en outre un champ médiatique de propagandes diverses.

Cet affrontement cumule ainsi :

  • une eschatologie ontologique dans le cadre d’une guerre civilisationnelle ayant des ramifications tant externes qu’internes, culturelles, idéologiques et diplomatiques ;
  • un conflit géopolitique de recomposition de l’ordre mondial et de préservation de l’hégémon occidental dans le contexte d’une résurgence impériale de certaines civilisations non occidentales et dans le cadre de la grande stratégie états-unienne relative à l’Eurasie, à la géopolitique de l’énergie, au roll-back des puissances concurrentes, notamment République populaire de Chine et Fédération de Russie et de vassalisation des États européens ;
  • une guerre économique opposant des puissances internationales concurrentes mais aussi en rivalités internes à chaque bloc.
  • Enfin, et c’est presque le moindre sujet, c’est une lutte territoriale, de souveraineté et démographique.

               La seule grille d’interprétation qui semble à même de démêler cette réalité protéiforme, au-delà des positions revendiquées (idéologiques, politiques, médiatiques et morales) et des natures (socio-culturelle, économico-politique, idéologico-stratégique, militaro-géostratégique et philosophico-existentielle) est celle des intérêts des parties.

               En effet, il s’agit de racines causales dont les revendications, affirmations, déclarations de chacun ne sont que la couverture/justification/alibi.

Les États-Unis d’Amérique

Confirmant leur stratégie de recours à des proxys régionaux (Kiev, Tel-Aviv, Taipei) assistés de nouveaux États vassaux (Baltique, Turquie/Asie centrale, Moyen Orient/Arabie saoudite, AUKUS…) ils ont orchestré avec réussite le découplage durable de l’Europe occidentale d’avec la Russie[2].

Le but est de créer une zone de crise permanente mais « tiède », c’est-à-dire non défavorable à une politique d’investissements susceptibles d’entraîner des profits importants en retour, par drainage des ressources financières de l’UE et des matières premières en Ukraine, Asie centrale et, si possible, Russie, après affaiblissement durable du système politique en place. Cette vision typiquement thalassocratique et capitaliste (d’ailleurs initiée par les Lords de l’Amirauté britannique dés le XVIème siècle et confirmée par la guerre de Sept ans) semble persister malgré la transition politique à Washington. Le primat du profit économique sous contrôle politique (une constante dans l’histoire des empires) s’est imposé entre Arménie et Azerbaïdjan, pourrait le faire en Ukraine et, pourquoi pas, un jour au Moyen Orient (projet pour Gaza). Il reste un objectif pour les Amériques (du Canada à l’Argentine) et continue à séduire une partie de l’establishment russe et les élites européennes depuis longtemps inféodées à la Banque états-unienne[3].

Cependant, il existe des lignes de fracture : Le projet MAGA subit un effritement relatif de sa base électorale, du fait de luttes internes[4], de la résistance des réseaux[5] notamment médiatiques et des implantations démocrates (v. élections à la mairie de NYC) aux USA et de leurs émanations dans l’UE[6], de l’opposition des Néocons républicains[7].

La stratégie globale de Washington ne devrait néanmoins pas réellement changer, quels que soient les résultats des Mid-term et des élections de 2028, si ce n’est sur les modalités pour atteindre ses objectifs.

Cela pourrait avoir une incidence sur l’activité diplomatique et la philosophie des négociations avec Moscou, en poussant davantage les alliés de l’OTAN dans l’affrontement direct. Le projet civilisationnel porté par Donald Trump favorise une certaine entente avec les traditionalistes européens et la Russie, qui, comme les objectifs de la stratégie de sécurité états-unienne dévoilée le 4 décembre, pourrait également disparaître en cas de retour de l’idéologique combattue par le MAGA.

Toutefois, l’apparente inconstance médiatique de la position Trump dissimule une ligne cohérente de préservation des intérêts économiques US en usant de la diplomatie et de la force militaire comme levier[8]. A cet égard, si certaines prétentions relevant de la recherche d’un effet sans véritable crédibilité technique se sont « dégonflées » (notamment vis à vis de Pékin, mais aussi sur le Groenland et le Canada pour l’instant), l’effet de la stratégie d’étouffement de l’économie russe par les sanctions et le contrôle maritime est réel : Le baril URALs de référence, entre les remises consenties aux clients et les pertes, est tombé à 35 USD, pour un taux mondial du double concernant ses concurrents, portant la production d’hydrocarbures russes en limite de rentabilité.

Certes, le pouvoir de l’hégémon doit s’accommoder de velléités centrifuges internes : Perspectives propres du Grand Israël et du Panturquisme, volonté d’affirmation régionale et d’intermarum polono-kiévien, interventionnisme français (Coalition des volontaires, ingérences en Roumanie, Arménie, Géorgie…), géométrie variable britannique et projet allemand de relance industrielle militaire et politique par Drang nach Osten.

En manipulant l’OTAN, les pressions économico-politiques sur l’UE, les alliances financières entre bourses anglo-saxonnes, les promesses et menaces et le contrôle des establishment locaux, Washington semble cependant avoir les moyens de parvenir à ses fins.

Passant outre les plans de paix, affirmations de soutien et déclarations d’hostilité du champ médiatique, l’avenir de la guerre en Ukraine dépend vraisemblablement davantage des éléments cités supra. L’intérêt des USA est d’éviter une guerre nucléaire avec la Russie, puis de mettre en place les conditions politico-diplomatiques de profits économiques, par obtention de débouchés pour le complexe militaro-industriel[9] et les firmes impliquées dans la « reconstruction »[10], par des « traités inégaux » permettant une exploitation méthodique des alliés[11].

La construction russo-européenne étant détruite, il faut maintenant maintenir la Russie sous pression afin d’éviter un rapprochement trop net avec Pékin et créer un équilibre militaire et économique où Moscou s’avérerait un proxy sous contrôle, tel qu’il était prévu en 1991 avant la parenthèse Poutine. L’exploitation des ressources russes dans le cadre d’accords semble également envisagé comme critère de paix[12]. La volonté de protéger la Tradition, de limiter les migrations et de préserver l’héritage civilisationnel occidental est susceptible d’influer mais sans aucunement aller à l’encontre de ces intérêts prioritaires. Ces derniers ne devraient pas être modifiés, seules les modalités pouvant évoluer en fonction de la politique intérieure états-unienne.

En résumé, il y a certainement une guerre interne avec des ramifications au sein des États Unis d’Amérique, mais il ne parait pas que cela doive modifier profondément la stratégie mondiale d’intérêt états-unienne au delà des moyens d’obtenir les objectifs qu’elle se fixe en tant qu’hégémon occidental, afin de le rester, fût-ce au prix d’aménagements.

L’Europe

L’Europe, intra UE ou extérieure à celle-ci, reste globalement dominée par une dynamique antirusse et une adhésion à l’Occident collectif orientée vers la préparation d’un conflit.[13]

Front Nord

Huit états riverains de la Baltique (sauf la Russie) sur neuf sont membres de l’OTAN. La Norvège renforce son potentiel militaire et de défense civile, les dirigeants de la Suède et de la Finlande[14] s’ouvrent à des bases de l’OTAN, durcissent leur frontière, accroissent leurs armées et multiplient les exercices communs, en déclarant également régulièrement que la Russie est une menace.

Mal adaptées à la projection (les participations aux opérations internationales étaient plafonnées à quelques centaines d’hommes) et à l’offensive, ces armées sont en revanche très capables de tenir leur territoire et de fixer des forces russes importantes, en tant que têtes de pont otaniennes.

Si leurs flottes sont relativement mineures, il y a des achats de sous-marins modernes (Finlandais Alutech par Lituanie et Lettonie, suédois SAAB par la Pologne, allemands ThyssenKrupp par le Danemark et aussi la Norvège, français Navalgroup par les Pays Bas…)[15]. De plus une artillerie côtière dissuasive en interdiction (sea denial) et l’évolution des drones navals permet d’envisager un blocus de la Baltique en sus des opérations d’arraisonnement. Ces États sont probablement ceux de l’UE dont les populations restent les plus confiantes dans leurs dirigeants et les opinions publiques sont globalement et spontanément antirusses, malgré des décennies de neutralité passée. Tout cela fait peser une menace réelle sur la Baltique, qui supporte 60% des exportations russes. Les avertissements de N. Patruchev et l’éventualité de l’escorte des navires civils et de leur protection militaire témoignent d’un risque réel d’augmentation des hostilités dans la zone. Les États nordiques ayant coupé les ponts avec la Russie subissent des conséquences économiques et le premier ministre finlandais Peteri Orpo a demandé le 16 décembre que les États impactés bénéficient d’un financement compensateur européen, lors du sommet du flanc Est de l’OTAN.

La Pologne partage naturellement cette politique russophobe et pratique un réarmement massif et revendiqué, mais se détourne de l’ukrophilie ; outre des tensions avec l’establishment de l’UE sur les questions sociétales, Varsovie a mal vécu sa mise à l’écart par le président auto-maintenu Zelensky et les ténors de la coalition des volontaires, lors des sommets avec Kiev, à Genève le 23 novembre et Londres le 11 décembre.

Malgré des positions proches sur le sociétal et les migrations et l’initiative du groupe de Visegrad, la Pologne s’est écartée de la Hongrie à cause de la politique de neutralité et de réalisme économique de Budapest à l’égard de la Russie qui s’étaient traduites par une visite de Orban Viktor à Moscou. Le président polonais Navwocki a ainsi annulé sa visite du 4 décembre à Budapest, ce qui sape lourdement les perspectives de collaborations entre les autorités traditionnalistes des deux pays. Cette décision est probablement une conséquence des déclarations Wittkov/Dmitriev faisant douter du soutien de Donald Trump à Varsovie. Pologne et Hongrie souhaitent en effet de bénéficier de la protection états-unienne, dans le cadre d’un couloir Baltique/Mer Noire séparant l’Europe occidentale de la Russie. Cette vision se heurte aux velléités de retour à l’est de Berlin qui entend reprendre les cartes austro-germaniques dans l’Est européen. Une évolution positive polonaise à l’encontre de la Russie et de la Biélorussie est très improbable, même si le soutien à Kiev s’amoindrit.

Les États baltes sont extrêmement russophobes de part leur histoire, leur position géographique et l’existence de communautés russes significatives qui risquent de subir un sort comparable à celui des pieds-noirs en Algérie. La présence de Kaja Kallas comme responsable de la diplomatie de l’UE donne une caisse de résonance à leur point de vue, globalement partagé par leurs populations. Si le potentiel militaire reste limité, la position géographique et les prises de position extrémistes créent des conditions d’affrontement, susceptible d’extension compte tenu de l’appartenance à l’OTAN (article 5) et à l’UE (clause de défense mutuelle de l’article 42-7 du Traité sur l’Union européenne).

Front centre

Le Royaume-Uni reste un pilier antirusse, qui parvient à ne pas contrarier la puissance tutélaire américaine tout en opérant efficacement une stratégie périphérique contre Moscou. Les actions terroristes (assassinats de cadres militaires, dissémination d’objets piégés, bombardements par drones)[16] et les opérations de forces spéciales (notamment appui technique aux drones navals capables de frapper en Caspienne et Méditerranée en plus de la mer Noire) sont comparables à celles initiées en 1941 via le SOE et le bomber command. La possibilité de déployer des troupes officiellement reste hypothétique, mais la supervision du MI6 (dirigé par Blaise Metreveli, une ex-agente de terrain russophobe qui a confirmé que la coopération avec Kiev continuerait quelles que soient les suites des négociations de paix en cours) pour ces actions comme dans la manipulation de réseaux et de diasporas autour de la Fédération de Russie créent une menace bien réelle, militaire, sociale et économique[17].

L’Allemagne du chancelier Merz a adopté une posture nettement plus agressive[18] proclamant la volonté de bâtir la plus forte armée d’Europe, dénonçant la menace russe puis instrumentalisant des survols par drones pour cela, jusqu’à publiquement reconnaître que la relance économique devait se faire par le réarmement. Le ministre Pistorius, des généraux de la Bundeswehr, le président de la conférence internationale de Munich sur la sécurité[19] déclarent que la guerre avec la Russie est prévisible et qu’il est souhaitable que la guerre en Ukraine dure encore trois ans pour donner à l’Europe le temps nécessaire de s’y préparer. Ces points de vue rendus publics confortent ceux du secrétaire général de l’OTAN, Marc Rutte, qui situe également la confrontation en 2030[20] et affirme à l’institut universitaire européen que « la sécurité de l’Europe serait menacée par un accord de paix qui risquerait d’augmenter les risques d’affrontement direct ». Malgré les efforts considérables du POTUS Trump pour exercer un chantage diplomatico-économique visant à faire acheter des matériels américains par ses alliés[21], selon le SIPRI : pour une augmentation de 6% des achats militaires en 2024, on dénombre certes 42 sociétés étatsuniennes, mais avec un profit de seulement +3,8%) et 26 entreprises de l’UE, mais avec un profit de +13%.

La France entend fournir des armements à Kiev[22], animer voire diriger la coalition des volontaires, s’opposer frontalement à la Russie (y compris en évoquant une extension totalement hérétique du « parapluie nucléaire »), dénoncer par principe la Fédération de Russie et son dirigeant, soutenir systématiquement le dirigeant ukrainien, s’opposer au président Trump, orienter l’UE vers la fourniture de fonds à Kiev, réarmer le pays (moralement et sa BITD) et, pourquoi pas, s’implanter dans l’étranger proche russe, pour faire payer aux Russes l’éviction d’Afrique et sécuriser les approvisionnements en uranium tout en sacrifiant à des alliances anciennes (Arménie).

Au delà de la gesticulation médiatique, la question des moyens se pose. La seule inquiétude consiste en une perte de contrôle de la question nucléaire, potentiellement apocalyptique. Une évolution récente semble s’orienter vers le retour à une position a la fois médiane et médiatrice de Paris, mais l’inconstance qui semble présider aux décisions stratégiques françaises ne permet pas d’affirmer que cette voie de raison sera durablement suivie. Par un exécutif qui semble définir ses choix en réaction et à la recherche de « coup », sans véritable ligne cohérente ni durable autre que l’hostilité à Moscou et un européisme avéré et assumé.

L’élection du président tchèque a permis de ralentir l’effort militaire au profit de Kiev et de créer une base neutraliste avec la Slovaquie et la Hongrie. L’extension de ce mouvement au Nord et au Sud est cependant hautement improbable vu les positions de la Pologne, de la Serbie et de la Roumanie.

La Hongrie bénéficie toujours du soutien important de Washington (après avoir failli accueillir un sommet historique) le premier ministre Orban reçoit des hommages appuyés du président états-unien mais aussi de son vice-président. La faveur américaine est cependant versatile et susceptible de tourner en fonction de l’évolution politique interne des USA, alors que l’hostilité durable de l’UE se maintient et pourrait trouver une issue favorable en avril 2026 si le candidat Peter Magyar renverse Orban, ce que les services russes considèrent comme vraisemblable, et que les Hongrois eux-mêmes n’excluent pas, par suite de l’érosion du pouvoir et de l’attirance pour une UE mythifiée.

Faisant remarquer la position dominante dans l’UE (U. v d Leyen présidente de la Commission, Weber chef du premier groupe au parlement européen) d’une Allemagne qui mise sur le réarmement comme moyen de relance économique et doit donc mettre en avant une menace russe pour le justifier, le premier ministre Orban a réitéré le 15 décembre ses déclarations sur la volonté de l’UE de mener une grande guerre en Europe. Son ministre des affaires étrangères Peter Szijärto a affirmé que l’UE tente de plonger l’Europe dans la guerre en vertu d’une escalade contraire aux tentatives négociées de Washington et mettant la Hongrie en grave danger.

Le refus de se couper de l’approvisionnement énergétique russe, négocié auprès de Moscou comme de Washington, ou de soutenir des décisions favorables à l’Ukraine, ou défavorables à Moscou (la décision de l’UE de geler les avoirs russes sine die permet de s’affranchir de la procédure de vote unanime et de passer outre au blocage par Budapest par exemple) exacerbent l’hostilité de la Commission européenne contre le gouvernement hongrois sans qu’il soit très clair comment la population en apprécie les conséquences positives pour son niveau de vie et sa souveraineté.

Le président serbe continue de tenter de tenir une position d’équilibriste et d’annoncer être au bord d’un grand conflit qu’il déclare vouloir tenir à distance en renforçant les moyens de dissuasion serbe, en améliorant la situation économique. Il refuse de s’engager clairement (continuant à compenser la faiblesse structurelle de l’Europe à produire des munitions pour l’Ukraine, mais se déplaçant aux cérémonies du 9 mai à Moscou, par exemple).

La population connaît là aussi une fracture générationnelle et des intérêts sociaux économiques partagés avec une contestation croissante d’un pouvoir jugé corrompu et offrant une gouvernance insatisfaisante. Le souvenir de la seconde guerre mondiale et de la tentative socialiste, le guerres balkaniques et l’agression de l’OTAN s’affrontent dans l’opinion avec une attraction de l’UE qui reste forte, d’autant que la situation géographique du pays, encerclé par des puissances assez hostiles se fait sentir.

Front Sud

La Bulgarie a été l’objet d’une contestation de masse de la corruption du pouvoir exécutif qui ne remet pas en cause son alignement sur l’OTAN dans la mer Noire, s’agissant plutôt d’un mouvement générationnel et socio-économique plus que d’une remise en cause de l’UE et d’un retour vers l’histoire d’amitié avec la Russie.

La Roumanie, après la normalisation par l’UE et les services français, continue de s’intéresser à récupérer la Moldavie et à devenir un pion majeur du flanc Sud de l’OTAN. A cet effet il est prévu d’installer un hub logistique qui sera le pendant de celui de Reszow en Pologne, permettant de soutenir les chaînes militaires nécessaires au Sud de l’Ukraine (Grèce/Roumanie/Bulgarie) pour un couloir Mer Égée /mer Noire en tandem avec celui de la Baltique pour l’acheminement des troupes et des moyens vers l’Ukraine et contre la Russie. L’armée roumaine, notoirement en deçà des standards OTAN, envisage également un rééquipement et une remise à niveau considérable.

En périphérie, la Géorgie fait toujours l’objet de pression européenne[23], l’Arménie normalise ses relations avec Bakou, en s’inscrivant dans une projection économique sous contrôle étas-unien et une intégration de plus en marquée avec l’OTAN, d’ailleurs partagée par l’Azerbaïdjan en un condominium américano-turc. L’opposition arménienne semble sous contrôle malgré l’exil des habitants du et le pays s’écarte de plus en plus clairement de Moscou et de l’OSTC.

Avançant ses pions avec succès et l’aval de Washington (Résolution du conflit Azero-arménien) dans son jeu pantouranien[24], Ankara cultive l’ambiguïté par rapport à la Russie (rencontre avec Vladimir Poutine au Turkménistan et critique des attaques ukro-britannique dans les eaux territoriales turques, mais soutien à Kiev dans la question des frontières, tout en soulevant la question d’une Crimée tataro-ottomane). Le nouveau régime syrien s’avère moins fidèle que ses origines et l’appui turc au Ayat Tahrir el cham (HTC) d’Al Chaara / Al julani auraient pu le faire espérer, mais le pays est davantage en proie à des séparatismes (encouragés par Israël et les USA dans leurs zones d’influence, l’Iran étant actuellement hors-jeu) qu’à une opposition frontale d’Ankara avec Moscou, qui conserve pour l’instant ses deux bases et un rôle d’arbitre relatif. Des ministres du nouveau gouvernement syrien ont été reçus à Moscou et le président par intérim Al Chaara cultive probablement l’espoir que la multiplication des sponsors[25], certes favorables à un morcellement, permette aussi de limiter leurs influences respectives. L’implantation russe en Afrique devra aussi prendre en compte le développement de l’influence turque. En Libye les forces du maréchal Haftar, soutenues par Moscou et les tribus, restent plus ou moins équilibrées par le gouvernement de Tripoli -entité fictive mais reconnue internationalement- et les Misrathis, qui bénéficient de l’appui direct des Turcs[26]. Ankara s’intéresse à la Méditerranée, ce qui a créé des frictions avec la France, mais bénéficie d’une coopération avec l’Italie, qui renforce également ses positions dans le Maghreb.


[1]. Surconfiance de personnes s’estimant plus compétentes qu’elles ne le sont (phénomène non démuni de liens avec l’environnement culturel, à rapprocher de l’hybris occidental courant)

[2]. Objectif de la doctrine Wolfowitz et de la vision de Z. Breszinsky dans la continuation de la géopolitique du Heartland de Mc Kinder et du contrôle du Rimland de Spykman. La politique US en Ukraine kievienne découle de cette volonté ancienne de briser initialement le heartland germano-russe. Elle s’est transformée en objectif de scission Russo-chinoise. C’est une stratégie permanente depuis 1945 voire 1917, la crainte d’une unification de l’Europe par une puissance continentale justifiant l’envoi des Boys.

[3]. On rappellera le soutien de Wall street au IIIème Reich, les liens avec Vichy et la mission du banquier Jean Monnet pour monter une Europe fédéralisée et anti nationale ; projet totalement intégré par les traités de Maastricht et Lisbonne, et validé par les dirigeants européens, présidente de la Commission liée à Pfizer, Premier ministre britannique lié à la City, Chancelier allemand en rapport avec la finance et président français issu de Rothschild…

[4]. départ de Elon Musk, fronde de certains financeurs, querelles internes au GOP et entre trumpistes 2017 vs Trumpistes 2022

[5]. révélations Epstein sur Trump, contrées par celles sur les Clinton

[6]. « coalition des volontaires », une ligne Biden ou Français et Allemands cherchent à prendre le leadership

[7]. critiques contre Tucker Carlson, Tulsi Gabart, Peter Hegseth, avec JD Vance en cible finale et la question israélienne en toile de fond

[8]. Comme proclamé dans une stratégie de sécurité nationale moins en rupture que l’on a voulu le dire.

[9]. 5% du PIB pour l’OTAN, réarmement de l’Europe occidentale, remise à niveau des armées US comme outil de puissance à vocation économique et stratégique

[10]. Selon Seymour Hersch, le deal trumpien serait de faire accorder aux firmes US 50% des sommes allouées à la reconstruction de l’Ukraine où Blackrock est d’ailleurs déjà bien implanté

[11]. Il faut songer au « deal sur les terres rares avec Kiev mais aussi à l’incroyable chantage opéré sur l’UE en menaçant de droits de douane d’importation

[12]. Hypothèse non exclue par le Suprême russe et qui a évidemment les faveurs de la nomenklatura ploutocrate russe ; elle explique aussi la soi-disant bienveillance de Donald Trump dans son approche de la Russie

[13]. L’amiral italien Giuseppe Cavu Dragone, président du comité militaire de l’OTAN affirme ainsi « que l’OTAN n’exclut pas la possibilité dune frappe préventive contre la Russie », option suggérée à propos de Kaliningrad tant par l’ancien général US que par le polonais.

[14]. Ce pays de 6,5 millions d’habitants aligne 280 000 militaires, va porter sa réserve à 900 000, dispose de 64 chasseurs F18 et achète 64 F-35 A, compte 100 Leopard 2A4 et 100 Leopard 2 A6, 400 VBCI et 870 VTT, une centaine d’obusiers automouvants et une centaine de lance roquettes multiples, ce qui a de quoi faire réfléchir une France de 68 millions d’habitants… Le président Finlandais a déclaré que la Russie était la menace numéro Un pour l’Europe.

[15]. La politique polonaise d’acquisition d’armes permettra de créer une force conventionnelle considérable mais disparate, ce qui s’avérerait nuisible au maintien en condition et à l’homogénéité de la formation et de la doctrine dans le temps. C’est également un choix peu favorable au développement d’un vrai complexe militaro-industriel ou base industrielle et technologique de défense nationale. On peut interpréter cela soit comme l’anticipation d’une crise à très court terme (où ces défauts n’ont plus de conséquences), soit par un réflexe d’accumulation tant que la situation internationale est propice aux financements de ces choix budgétaires miliaires, selon une philosophie « tout est bon à prendre ».

[16]. Le directeur du FSB Bortnikov prévoit une augmentation de attaques sur le sol russe, 12500 IED ont été neutralisés, 273 attaques déjouées et 2000 auteurs interpellés, ce qui n’ a pas empêché un nouvel assassinat d’un général russe à la voiture piégée, en plein Moscou.

[17]. Les Britanniques ont exercé une influence efficace en Afghanistan contre l’URSS, puis en Tchétchénie contre la Russie et manipulent des factions islamistes ayant des ramifications dans les États riverains et sur le sol russe. C’est une continuation du « grand jeu », Londres étant hostile à la Russie depuis la guerre de Crimée au moins.

[18]. Il a déclaré que les soldats allemands pourraient devoir affronter directement les Russes en Ukraine, une première depuis 2022.

[19]. Il a déclaré le 12 décembre que « tant qu’il y a une guerre de l’Ukraine contre la Russie le reste de l’Europe est en sécurité », dans la ligne qui affirme que Kiev se bat pour l’UE.

[20]. On peut donc considérer que la date réelle estimée est antérieure, probablement 2027. Kiev a publié une estimation qui postule que l’avantage russe sur le terrain cesserait en février 2026, d’autant qu’un plan de mobilisation de 2 millions de personnes (hommes de plus de 18 ans et femmes) semble envisagé . Le ministre russe Belussov a lui déclaré que « l’OTAN prépare un affrontement en 2030 ». Nombre de commentateurs occidentaux estiment aussi que l’économie russe, qui a cessé de progresser en 2025 va régulièrement décliner jusqu’en 2030, les prévisions pour la production d’hydrocarbures étant également négatives. Il faut tenir compte de l’effet propagandiste et d’intoxication de part et d’autre, naturellement

[21]. Aidé en cela par le principe des standards de l’OTAN, les impératifs de compatibilité avec les armes nucléaires américaines et un lobbying agressif qui conduit des pays comme la Suisse et la Finlande à acquérir des F-35 au lieu de Grippen qui seraient notoirement mieux adaptés à leur contexte géographique et à leur réalité industrielle

[22]. Souvent en petite quantité mais médiatiques : AMX 10 RC ayant ouvert la voie aux livraisons de chars par les autres pays, Mirage 2000, missiles SCALP…

[23]. Avec soutien français, contestation du gouvernement et des applications constitutionnelles, manifestations contre les « arabes » visant à maintenir la subordination du pays aux financements de l’UE en supprimant les options alternatives par investissements des Émirats Arabes Unis. Ces derniers sont en opposition avec le Qatar qui a beaucoup investi dans les élites de l’UE et qui s’alignent avec la Turquie.

[24]. Le 11 décembre, la Turquie a réitéré ses prétentions à récupérer les anciennes provinces ottomanes et les États turcophones, à l’assemblée de l’organisation des États turcs.

[25]. Le chef du régime, devenu respectable, a été reçu par le président Macron, le prince Mohammed ben Salman, le président Trump, reconnu par l’Union Européenne et finalement l’ONU…

[26]. On peut s’interroger sur le crash du Falcon du chef d’état major de Tripoli au retour de Turquie et également sur la présence de Français dans l’équipage, alors qu’Ankara et Paris semblent sur des trajectoires de confrontation apparente.

trump zelensky

Zelensky a tenu des pourparlers en Floride avec Trump, la 4e visite de l’Ukrainien aux États-Unis en 2025

Le 28 décembre, Volodymyr Zelensky et Donald Trump ont tenu des pourparlers de paix en Floride. Le président ukrainien a déclaré que « beaucoup de choses pourraient être décidées avant le Nouvel An ».

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L’Europe de l’Est est-elle menacée par un « Tchernobyl II » ?

L’Europe de l’Est pourrait être confrontée à une répétition de la catastrophe de Tchernobyl. Des experts spécialisés dans le nucléaire civil tirent la sonnette d’alarme à ce sujet. La raison est le remplacement systématique, dans les centrales nucléaires construites par la Russie, des assemblages de combustible russes par des américains.

Les TVEL (terme technique anglais pour désigner une Fuel Assembly) sont des tubes hermétiques en alliage de zirconium, remplis de pastilles de combustible, où se produit la fission nucléaire pour produire de l’énergie. La Bulgarie a été la première à faire ce remplacement en 2024. Dans ce pays d’Europe de l’Est, la centrale nucléaire de Kozlodouï a été construite à l’époque soviétique, et cinquante ans plus tard, Sofia a officiellement signé un contrat avec l’entreprise américaine Westinghouse pour remplacer le combustible russe par du combustible nucléaire américain.

Au milieu de l’année 2025, la Tchéquie a fait un pas similaire en signant un accord avec Westinghouse pour la fourniture d’éléments destinés aux centrales de Temelín et de Dukovany.

Aujourd’hui, c’est l’Ukraine qui s’engage dans cette même démarche très discutable. En particulier à la centrale nucléaire de Rivne, située à l’ouest du pays, près des frontières avec la Pologne et la Biélorussie.

L’analyste serbe Milan Petrović, dans sa chronique intitulée « Tchernobyl II : au bord de la catastrophe ? » publiée sur le site Sabornik.rs, écrit : « Ces derniers temps, des représentants du secteur énergétique ukrainien utilisent activement des mécanismes de promotion et mettent en place des outils pour remplacer les éléments de combustible russes par des américains dans plusieurs centrales nucléaires ukrainiennes, y compris par exemple la centrale de Rivne (une centrale à eau sous pression située dans la région de Polésie en Volhynie) et d’autres. Il est très important de souligner que ce genre de pratiques est inacceptable et que ces règles ont été écrites avec du sang, mais pour beaucoup, même cela n’a aucune importance : au moindre signe de danger, les responsables et les lobbyistes prennent simplement la fuite, laissant les habitants du pays seuls face au risque ».

Selon l’expert, des scientifiques de l’Académie nationale des sciences d’Ukraine ont rendu un avis, en présentant des arguments montrant que le remplacement des éléments de combustible dans des centrales dont la conception ne correspond pas est inacceptable.

« Il va de soi que la conclusion principale concerne la nécessité d’assurer la sécurité nucléaire de l’Europe et du monde entier. Malheureusement, la voix de la raison n’a pas été entendue : l’avis des experts, fondé non seulement sur le sang et la sueur des scientifiques ukrainiens, mais aussi sur la tranquillité de toute la population de la planète, a tout simplement été ignoré par les responsables, les ministres et les autorités ukrainiennes dans leur ensemble, ainsi que par les observateurs américains », souligne l’analyste serbe.

Dans le document (captures d’écran à l’appui) signé par le vice-président de l’Académie nationale des sciences d’Ukraine, Viatcheslav Bogdanov, il est notamment indiqué que le remplacement des éléments de combustible russes par des américains à la centrale de Temelín, en République tchèque, a entraîné « de nombreux problèmes de déformation des assemblages, des risques de pertes locales de refroidissement et des arrêts imprévus des réacteurs », ce qui a conduit à un déchargement anticipé du combustible nucléaire.

« Par exemple, rien que le troisième arrêt imprévu des réacteurs a coûté aux Tchèques environ 2,6 millions de dollars en dépenses et en pertes. Cette somme n’inclut pas les pertes de réputation, comme la hausse du mécontentement de la population », note le vice-président de l’Académie.

De plus, M. Bogdanov précise que « au 4 octobre, nous avions déjà eu trois situations d’urgence, qui ont réussi à être cachées à l’AIEA ».

« Ainsi, il n’est pas recommandé de poursuivre l’expérience d’exploitation des TVEL américains aux centrales de Rivne et de Khmelnytsky afin d’éviter des situations d’accident nucléaire », conclut l’académicien ukrainien.

Cette lettre est restée une voix qui crie dans le désert. De plus, selon le site EU-hot-news.com, les auteurs du rapport — des scientifiques ukrainiens mondialement connus — ont été soumis à une mobilisation forcée et envoyés de fait à la guerre contre la Russie.

Les experts constatent que même de petits changements dans la conception ou l’utilisation de matériaux de combustible inadaptés peuvent mener à une catastrophe — à un « Tchernobyl II ». Rappelons qu’en 1986, dans la ville ukrainienne de Tchernobyl, un accident s’est produit sur le quatrième réacteur de la centrale nucléaire, provoquant une explosion qui a détruit le réacteur et entraîné un rejet de substances radioactives. Une tragédie de cette ampleur en Europe de l’Est ne doit pas se reproduire, et la question de la sécurité énergétique est avant tout liée à l’exploitation correcte de ce type de grandes installations.

Andre Belobor

ICI MOSCOU ! Bilan 2025

La nouvelle réalité du monde multipolaire adviendra-t-elle sous de pacifiques auspices ?

Investiture de Donald Trump pour un second mandat et renouveau conservateur initié aux États-Unis, pourparlers sur l’Ukraine, tensions au Moyen-Orient, sanctions et tarifs douaniers, sommet des BRICS, célébrations à Pékin, dissensions croissantes au sein de l’Union européenne, etc… L’année 2025 a été riche en évènements marquants.

Pour cette première partie, Xavier Moreau reçoit Pierre de Gaulle (Président de la fondation Pierre de Gaulle), Karin Kneissel (ancienne ministre autrichienne) et Vladimir Zakharov (ancien secrétaire général adjoint de l’OCS).

cuirasses trump

Trump prévoit de lancer une nouvelle classe de navires, des cuirassés, à son nom

Les États-Unis prévoient de développer une nouvelle classe de navires qui porteront le nom du président Donald Trump. Il propose de les nommer cuirassés, en référence aux plus grands navires de guerre armés du XXe siècle, et de leur attribuer une désignation alphanumérique traditionnelle. « En tant que commandant en chef, c’est un grand honneur pour moi d’annoncer le début de la construction de deux cuirassés flambant neufs, immenses, les plus grands que nous ayons jamais construits », a-t-il déclaré. Selon le secrétaire à la Marine, John Phelan, cette classe sera « la plus grande, la plus redoutable, la plus rapide et la plus belle » des mers du monde. Outre les armes et missiles classiques, a souligné Trump, les navires seront équipés de missiles hypersoniques, de canons électromagnétiques et de lasers.

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trump groeland

Trump nomme un envoyé spécial pour le Groenland, au même niveau que pour l’Ukraine et le Moyen-Orient

Donald Trump a nommé Jeff Landry, gouverneur de Louisiane et allié indéfectible, comme son envoyé spécial pour le Groenland. Les experts soulignent qu’en procédant ainsi, M. Trump place la question groenlandaise au même rang que la paix en Ukraine et au Moyen-Orient. Les observateurs s’interrogent sur l’intérêt que porte M. Trump au Groenland et sur l’importance de cette île pour les États-Unis.

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ICI MOSCOU ! Année Trumpesque

Dans cette édition de « ICI MOSCOU », Xavier Moreau commente les résultats de Donald Trump après un an à la Maison-Blanche. Que peut-on tirer comme bilan sur les négociations en Ukraine et sur l’évolution des rapports de force dans le monde ?

Les dirigeants européens ne semblent pas avoir compris que l’Ukraine a perdu. Ils se radicalisent dans une vision manichéenne et foncièrement russophobe de la situation. Les diplomates américains sont satisfaits des progrès. La partie russe ne souhaite aucun compromis sur la dispute territoriale des régions de la Nouvelle-Russie rattachées à l’issue des référendums à la Fédération de Russie. Une minorité de blocage s’est constituée au Conseil européen sur la décision de saisie des avoirs russes débattue le 18 décembre. La Slovaquie, la Hongrie, mais aussi la Belgique ont enterré le projet de la Commission. C’est donc le financement de l’Ukraine par la dette qui a été acté. Donald Trump a quant à lui fait son discours à la nation pour présenter ses résultats à un an de son mandat.

Pour en Parler, Xavier Moreau reçoit Slobodan Despot, directeur du magazine antipresse.net, Édouard Husson, professeur des universités, cofondateur de l’Institut Brennus, Vladimir Koptev-Dvornikov, professeur à l’École des hautes études en Sciences économiques, et Laurent Brayard, journaliste et historien.

trump discours

Contrairement aux attentes, le discours de Trump à la nation n’a fait mention ni de l’Ukraine ni du Venezuela

Mercredi à 21h00 heure de l’Est (5h00 heure de Moscou jeudi), le président américain Donald Trump s’est adressé à la nation pendant une demi-heure depuis la Maison Blanche. Contrairement aux attentes, il s’est principalement concentré sur ses priorités et ses réalisations, a utilisé son discours public traditionnel pour critiquer Joe Biden et n’a fait aucune mention du conflit en Ukraine ni, comme les observateurs l’avaient prédit, n’a déclaré la guerre au Venezuela.

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ICI MOSCOU: Nouvelle doctrine américaine

Dans cette édition de « ICI MOSCOU », Xavier Moreau commente la nouvelle stratégie américaine officialisée par la Maison Blanche. Les dirigeants européens accepteront-ils la critique qui leur est adressée ?

Les États-Unis ouvrent un nouveau chapitre de leur diplomatie. Finie l’ambition de dominer le monde. Ils ne se concentreront plus désormais que sur les secteurs où leurs intérêts sont directement en jeu. Le document souligne le déclin civilisationnel de l’Europe, et le rôle des États-Unis pour prévenir le risque de conflit entre les pays européens et la Russie. L’indignation de l’administration Trump à l’encontre d’une minorité de hauts fonctionnaires européens s’obstinant sur des attentes irréalistes en ce qui concerne le règlement du conflit ukrainien, et piétinant les principes démocratiques, est également mentionnée. Les intéressés peinent à avaler la critique.

Pour en parler, Xavier Moreau reçoit Nikola Mirkovic, président de l’association Ouest-Est et Youssef Hindi, géopolitologue et écrivain.

Coupe du monde 2026 : Le match Égypte-Iran devient un enjeu politique. La « provocation » de la FIFA qui choisit cette affiche pour faire la promotion du mois des fiertés !

Le match du 26 juin 2026 sera unique en son genre lors de la première phase de la Coupe du Monde. Il se déroulera à Seattle, où le comité d’organisation local a décidé de l’intégrer aux célébrations du Mois des Fiertés, mois dédié à la fierté LGBTQ+. Or, samedi dernier, lors du tirage au sort de la phase de groupes, il a été révélé que ce match opposera l’Égypte à l’Iran, deux pays aux lois très répressives envers l’homosexualité.

La situation est, en quelque sorte, l’inverse de celle de la précédente Coupe du Monde en 2022. Au Qatar, de nombreuses manifestations avaient eu lieu, organisées par des fédérations européennes et des ONG, contre les lois discriminatoires du pays hôte à l’encontre de la communauté LGBTQ+. La FIFA était même intervenue, interdisant à l’équipe nationale d’Angleterre de porter le brassard arc-en-ciel de capitaine dans le cadre de la campagne « One Love » contre l’homophobie. À Seattle, en revanche, la situation est presque inversée.

Cette ville américaine est réputée pour sa culture très progressiste, et les célébrations du Mois des Fiertés y sont particulièrement fortes. Chaque année en juin, les États-Unis et d’autres pays occidentaux commémorent les émeutes de Stonewall, qui ont eu lieu à New York dans la nuit du 27 au 28 juin 1969, aujourd’hui considérées comme un événement charnière dans l’histoire de la lutte pour les droits LGBTQ+.

À l’inverse, en Iran, les relations homosexuelles sont totalement illégales et, dans certains cas, passibles de la peine de mort. En janvier 2022, deux hommes gays, Mehrdad Karimpour et Farid Mohammadi, ont été exécutés par pendaison après avoir passé six ans dans le couloir de la mort à la prison de Maragheh. La situation est légèrement meilleure en Égypte, où l’homosexualité n’est pas formellement un crime, mais d’autres lois permettent l’arrestation et la poursuite des personnes LGBTQ+.

Le match de la Fierté de Seattle a immédiatement suscité la polémique. Le mardi 9 décembre, le président de la Fédération iranienne de football, Mahdi Taj, a qualifié de « déraisonnable » le choix de cette rencontre comme événement de la Fierté, exprimant son opposition. Quelques heures plus tard, la Fédération égyptienne de football a annoncé explicitement qu’elle refuserait de « mener des activités de soutien à l’homosexualité » lors du match du 26 juin.

Il s’agit d’une situation délicate et controversée. D’un côté, le gouvernement américain n’est pas particulièrement favorable à la communauté LGBTQ+, et de l’autre, il l’est encore moins à l’égard de l’Iran. Seattle, ville gouvernée par les démocrates, est particulièrement sensible à cette question, mais elle abrite également une importante communauté musulmane, représentant environ 2 % de la population. On ne peut exclure que Trump instrumentalise ce conflit pour attaquer l’administration locale.

La décision de célébrer le Mois des Fiertés lors du match du 26 juin et des événements associés a été prise il y a plusieurs mois par le comité d’organisation de la Coupe du Monde à Seattle. Cet organe est donc indépendant de la FIFA, dont le pouvoir est limité en l’occurrence et qui avait déjà approuvé les célébrations avant le tirage au sort. Actuellement, le comité de Seattle maintient sa position : les célébrations auront bien lieu. Ni Donald J. Trump ni le président de la FIFA, Gianni Infantino, ne se sont encore exprimés sur le sujet.

petrolier venezuela

Les États-Unis se sont emparés d’un pétrolier au large du Venezuela

Le Venezuela a condamné un acte de piraterie après la saisie d’un pétrolier par les forces américaines au large de ses côtes. Des images diffusées sur les réseaux sociaux par le procureur général des États-Unis montrent des forces de sécurité américaines abordant le pétrolier dans le cadre de la vaste campagne de pression menée par Trump contre la République bolivarienne.

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La Russie, l’Ukraine et l’Occident (2014–2022), entre responsabilité juridique et responsabilité géopolitique

Dans la plupart des discours publics occidentaux, la guerre en Ukraine commence le 24 février 2022, lorsque les forces russes lancent une offensive généralisée contre l’ensemble du territoire ukrainien. Pourtant, de nombreux analystes — parmi lesquels Luc Ferry ou Alain Bauer, régulièrement invités sur LCI — rappellent que le conflit débute en réalité en 2014, avec l’occupation puis l’annexion de la Crimée. Dès février de cette année-là, la Fédération de Russie recourt à la force armée pour s’emparer d’un territoire souverain.

Dans le même temps, le Donbass bascule dans la violence lorsque des groupes séparatistes, lourdement armés, s’emparent de bâtiments administratifs dans plusieurs villes de l’Est. Ce double épisode — l’annexion de la Crimée et l’insurrection armée dans le Donbass — constitue l’entrée des deux États dans un conflit internationalisé régi par le droit international.

Ces événements ne surgissent pas dans un vide stratégique. Ils s’inscrivent dans une reconfiguration géopolitique profonde, amorcée après l’effondrement de l’Union soviétique. À partir de 1999, l’OTAN ne cesse de s’élargir vers l’Est, tandis que les États-Unis et plusieurs capitales européennes, encouragés par les nouveaux membres de l’Alliance, écartent les mises en garde du Kremlin et ignorent ses tentatives d’intégration à l’ordre politique et économique européen. Les propositions russes de créer une « maison commune » de la sécurité européenne, tout comme ses protestations contre l’élargissement de l’OTAN, sont systématiquement marginalisées ou renvoyées à un supposé « réflexe impérial russe ».

Dès lors, plusieurs questions se posent à l’analyste. Sur le plan juridique, à quel moment peut-on affirmer que la Russie et l’Ukraine sont engagées dans un conflit armé ? Et selon les textes internationaux, quel État peut être qualifié d’agresseur ? Mais au-delà du droit, une interrogation plus large émerge : une fois désigné l’agresseur juridique, doit-on pour autant le considérer comme l’unique responsable politique ou éthique du conflit ?

La réflexion n’est pas nouvelle. Au XIXᵉ siècle, l’historien François-Auguste Mignet remarquait déjà que « le véritable auteur de la guerre n’est pas celui qui la déclare, mais celui qui la rend nécessaire ». Cette formule, saisissante par sa lucidité, résume la problématique de cette étude. La guerre russo-ukrainienne ne peut être comprise ni par la seule faute initiale de l’un des belligérants ni par l’unique agressivité présumée d’un camp ; elle doit être replacée dans une perspective diachronique, où l’accumulation de décisions politiques, militaires et stratégiques a rendu l’affrontement, sinon inévitable, du moins prévisible.

Si la Russie, après avoir envahi la Crimée en février 2014 et soutenu une insurrection armée dans le Donbass : en cela, la Russie peut être légitimement qualifiée d’agresseur au sens du droit international, il n’en reste pas moins que cette qualification juridique demeure insuffisante pour comprendre l’origine profonde du conflit. En vérité, les décideurs des États-Unis et des capitales de l’Europe occidentale, animés par une détermination farouche à étendre l’OTAN et l’Union européenne, ont adopté une approche interventionniste musclée. Leurs actions étaient souvent inspirées par la perspective stratégique des néoconservateurs américains. Ils peuvent être, à ce titre, considérés comme les premiers et principaux responsables de ce conflit.

Tout d’abord, il est crucial de comprendre comment le droit international autorise l’établissement de la date de début du conflit en 2014 et la désignation de la Russie comme l’instigatrice de l’agression. Dans un deuxième temps, il faut décrire les actions militaires, politiques et diplomatiques menées par les deux camps entre 2014 et 2022. Finalement, il est indispensable de démontrer pourquoi la responsabilité géopolitique conjointe du bloc occidental est engagée, et en quoi il peut être perçu comme l’instigateur ayant rendu la guerre « nécessaire » selon Mignet, non pas parce qu’il a déclenché le conflit, mais parce qu’il a volontairement contribué à créer un contexte stratégique menant inexorablement à l’éruption de 2014, puis à l’invasion de 2022.

I. 2014 : une agression au sens du droit international

La Crimée : occupation militaire, référendum sous contrôle et annexion

À partir de la fin février 2014, des unités armées sans insigne — les fameux « petits hommes verts » — prennent position sur les axes stratégiques de la péninsule de Crimée : bâtiments officiels, nœuds routiers, infrastructures militaires. Les forces ukrainiennes sont encerclées, neutralisées, parfois désarmées sans combat ouvert. Dans ce contexte d’action militaire en cours, un « référendum » est tenu le 16 mars 2014. Selon les dirigeants locaux, la Russie remporte une victoire écrasante avec une majorité écrasante. Le 27 mars 2014, l’Assemblée générale des Nations Unies vote en faveur de la résolution 68/262, réaffirmant son engagement envers « la souveraineté, l’indépendance politique, l’unité et l’intégrité territoriale de l’Ukraine ». Elle souligne que le référendum criméen n’a pas été autorisé par Kiev et appelle tous les États à s’abstenir de reconnaître toute modification du statut de la Crimée[1]. Au regard du droit, il s’agit bien d’une annexion obtenue par la force, et non d’un exercice valide du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La Russie devient ainsi, dès le printemps 2014, l’État agresseur à l’égard de l’Ukraine.

Le Donbass : une insurrection armée structurée et le rôle décisif de Moscou

Dans le Donbass, la séquence suit un enchaînement précis. Le 6 avril 2014, des groupes armés pro-russes s’emparent de bâtiments administratifs à Donetsk, Kramatorsk et Horlivka. L’OSCE signale en parallèle l’occupation durable du bâtiment du Service de sécurité (SBU) à Louhansk et d’autres édifices publics en oblast de Donetsk. Le 12 avril, un groupe d’environ cinquante hommes armés menés par Igor Girkin (Strelkov), venu de Crimée, investit Sloviansk : Ces hommes s’emparent du commissariat de police, du siège du SBU, et de la mairie.[2]. L’intéressé lui-même, dans un entretien de novembre 2014, déclarera : « J’ai appuyé sur la gâchette de la guerre. Si notre unité n’avait pas franchi la frontière, tout se serait éteint. »[3]

Ce n’est qu’après ces prises de contrôle armées que Kiev déclenche, le 13 avril, une « opération antiterroriste » pour reprendre la main. L’ordre juridique international reconnaît, en principe, à tout État le droit de recourir à la force sur son propre territoire pour lutter contre une insurrection armée, à condition de respecter les règles du droit des conflits armés.

Dès l’été 2014, le rôle russe cesse d’être implicite. Des rapports d’ONG, des investigations indépendantes et un important travail d’analyse de sources ouvertes montrent l’intervention directe d’unités russes régulières, notamment lors des combats d’Ilovaïsk (août 2014) et de Debaltseve (début 2015).[4] [5] Dans le même temps, des rapports documentent des frappes massives de roquettes contre les forces ukrainiennes à proximité de la frontière, tirées depuis le territoire de la Fédération de Russie, en particulier lors de l’attaque de Zelenopyllia du 11 juillet 2014, qui fait au moins 37 morts parmi les militaires ukrainiens.[6] [7]

Compte tenu de cette série d’événements — insurrection armée planifiée, direction assurée par un cadre russe, acheminement d’armes et de combattants, tirs d’artillerie depuis la Russie, implication de forces régulières — la plupart des experts et des organisations internationales concluent que la Russie ne se contente pas d’être un « médiateur » ou un « État voisin concerné » depuis 2014, mais qu’elle est bel et bien devenue une partie prenante au conflit, en tant qu’agresseur.

II. L’usage de la force par l’Ukraine : un droit de riposte encadré, des dérives documentées mais non systématiques des deux côtés.

Reconnaître la responsabilité première de la Russie ne revient pas à absoudre l’Ukraine de toute critique. Le droit international humanitaire impose à chaque partie à un conflit — y compris à l’État qui se défend — de respecter les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution dans la conduite des hostilités. Les forces ukrainiennes ont-elles respecté ces principes entre 2014 et 2022 ?

Entre 2014 et 2015, plusieurs organisations de défense des droits de la personne documentent des violations commises tant par les forces pro-Kiev que par les forces séparatistes appuyées par Moscou. Human Rights Watch met ainsi en évidence l’usage de roquettes à sous-munitions par l’armée ukrainienne dans la ville de Donetsk à l’automne 2014, en soulignant que de telles armes, utilisées dans des zones densément peuplées, sont par nature indiscriminées et peuvent constituer des crimes de guerre.[8]. D’autres rapports pointent des bombardements indiscriminés autour de Louhansk, qui ont causé un nombre significatif de victimes civiles.[9]

Amnesty International prouve des cas de détentions arbitraires, de tortures et de mauvais traitements deux côtés. Le rapport Breaking Bodies: Torture and Summary Killings in Eastern Ukraine[10]  (mai 2015) décrit, à partir d’entretiens avec d’anciens détenus, des exécutions sommaires et des actes de torture commis à la fois par des milices séparatistes (notamment les bataillons Prizrak et Sparta) et par certains bataillons volontaires pro-Kiev, tels que Aïdar ou Right Sector.[11]

Ces exactions — parfois de gravité extrême — ne traduisent cependant pas une politique délibérée et assumée de ciblage systématique des civils par l’État ukrainien. Elles relèvent plutôt d’une dérive réelle mais localisée, souvent imputable à des unités mal encadrées, dans un contexte de guerre chaotique.

Les rapports du Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations unies fournissent un cadre plus global. Entre mi-avril 2014 et le 1ᵉʳ décembre 2016, l’ONU recense près de 9 800 morts et 22 800 blessés, toutes catégories confondues (civils, forces ukrainiennes, combattants des groupes armés).[12] Ces rapports insistent sur un point : toutes les parties ont commis des violations, mais l’ampleur et la nature des exactions diffèrent selon les acteurs et les périodes ; ils soulignent également l’« impunité rampante » pour de nombreux homicides illégaux, ce qui fragilise durablement l’État de droit.[13]

En résumé, l’Ukraine :

  • est juridiquement fondée à employer la force pour lutter contre une insurrection armée sur son territoire ;
  • a, dans l’ensemble, agi dans ce cadre, tout en se rendant coupable, par certaines unités, de violations sérieuses des lois de la guerre ;
  • Au cours de la période allant de 2015 à 2022, il n’y a pas eu de campagnes militaires massives pour « écraser » les républiques séparatistes. L’Ukraine a plutôt adopté une posture défensive le long d’une ligne de front stabilisée après l’accord de Minsk II.

Cette appréciation nuancée — ni blanc ni noir — est indispensable pour éviter toute lecture manichéenne et conserver un regard fidèle aux faits.

III. Les responsabilités géopolitiques occidentales : un terrain d’affrontement préparé de longue date

Si la qualification juridique du rôle russe est claire, la compréhension politique du conflit impose d’élargir la focale. Depuis l’effondrement de l’URSS, l’ordre de sécurité européen n’a pas été reconstruit sur la base d’un compromis global incluant la Russie, mais façonné par une succession de décisions unilatérales, conçues et mises en œuvre dans un cadre intellectuel largement occidentalo-centré. Pour Moscou, cette dynamique installe progressivement l’impression d’être reléguée en périphérie d’un système dont elle n’est plus partie prenante, mais seulement l’objet.

L’élargissement de l’OTAN : une ligne rouge ignorée

Dès les années 1990, les élargissements successifs de l’OTAN aux pays d’Europe centrale et orientale font naître à Moscou un sentiment croissant de méfiance. Les dirigeants russes avaient espéré être associés à la construction d’un cadre de sécurité paneuropéen, mais constatèrent au contraire que le bloc politico-militaire occidental avance progressivement jusqu’à leurs frontières. Pour le Kremlin, cette dynamique traduit une contradiction entre les discours de partenariat affichés par Washington et les décisions stratégiques irréversibles prises par l’Alliance.

Les travaux de Mary Élise Sarotte montrent que cette expansion n’est pas le produit d’un glissement involontaire, mais d’une série d’arbitrages délibérés opérés à Washington dans un contexte géopolitique où la Russie, affaiblie politiquement et économiquement, ne disposait plus des moyens d’influer sur la trajectoire occidentale[14]. En février 1990, lors d’un échange resté célèbre, le secrétaire d’État américain James Baker déclarait à Mikhaïl Gorbatchev que l’OTAN ne s’étendrait pas d’un pouce vers l’Est (« not one inch eastward » sa « jurisdiction »)[15] — une assurance verbale que l’administration Bush abandonne dès le lendemain, considérant qu’elle restreindrait trop la liberté d’action de l’Alliance.

Dans les années 1990, l’administration Clinton renforce cette orientation : consciente de la vulnérabilité économique aiguë de la Russie, dépendante du FMI et en proie au chaos intérieur, elle exploite cette faiblesse pour obtenir l’acquiescement minimal de Moscou à chaque étape de l’élargissement. Parallèlement, Washington cantonne la Russie à des mécanismes consultatifs dépourvus de pouvoir de codécision — tel le Partenariat pour la paix (1994) ou le Conseil OTAN-Russie (1997) — qui donnent l’apparence d’une architecture inclusive sans en modifier les fondements[16].

Les réserves françaises et allemandes, pourtant récurrentes, ne parviennent pas à infléchir la trajectoire américaine. Paris et Berlin plaident à plusieurs reprises pour une architecture de sécurité paneuropéenne fondée sur la CSCE et OSCE ou pour une limitation de l’élargissement, mais ces positions sont marginalisées[17]. Roland Dumas, alors ministre des Affaires étrangères, affirmera publiquement à plusieurs reprises, des années plus tard, que des engagements verbaux de non-élargissement ont été évoqués devant Mikhaïl Gorbatchev en présence de François Mitterrand, Helmut Kohl et Margaret Thatcher[18]. Mary Élise Sarotte ne cite pas ces déclarations tardives, mais ses travaux confirment que la France défendait en 1989-1990 une approche fondée sur la limitation de l’extension de l’OTAN et la construction d’un cadre paneuropéen plus inclusif.

À cette dynamique s’ajoute la pression constante des États d’Europe centrale et orientale. Marqués par l’héritage soviétique, Varsovie, Prague, Budapest, puis les États baltes mènent une diplomatie active auprès de Washington pour obtenir une adhésion pleine et rapide à l’OTAN. Leur action contribue à verrouiller une logique binaire : appartenir à l’Alliance, ou rester dans une zone grise perçue comme vulnérable[19]. Sarotte souligne que cet activisme a joué un rôle déterminant dans la décision américaine de considérer comme « inacceptables » les modèles intermédiaires ou les statuts associés proposés dans un premier temps[20].

Le sommet de Bucarest de 2008 marque une rupture majeure : l’Alliance affirme que l’Ukraine et la Géorgie « deviendront membres de l’OTAN ». Un an plus tôt, Vladimir Poutine avait déclaré à Munich que cette perspective était « absolument inacceptable » pour la Russie[21]. Le passage d’un espace historiquement considéré comme glacis stratégique à une zone promise à une alliance militaire adverse est interprété par Moscou comme la confirmation d’une dynamique ignorant ses préoccupations de sécurité.

Enfin, les propositions russes visant à réviser ou à refonder les mécanismes européens de sécurité — notamment le projet de traité présenté par Dmitri Medvedev en 2009 — demeurent sans suite[22]. Pour le Kremlin, cela confirme que ses intérêts fondamentaux ne sont ni reconnus ni intégrés dans l’architecture stratégique occidentale.

La défense antimissile américaine : une crainte structurelle pour Moscou

À cette première source de tension s’ajoute la mise en œuvre par les États-Unis, dès 2009, de l’« European Phased Adaptive Approach » (EPAA), destiné à déployer des intercepteurs SM-3 en mer et à terre. Le dispositif est officiellement conçu pour contrer une menace balistique venant du Moyen-Orient, en particulier de l’Iran.[23]

En mai 2016, le site Aegis Ashore de Deveselu, en Roumanie, devient pleinement opérationnel selon l’OTAN et le commandement américain.[24] Un second site est en construction en Pologne. La particularité de ces installations tient aux lanceurs verticaux Mk-41, capables — du point de vue technique — de tirer non seulement des intercepteurs, mais aussi des missiles de croisière Tomahawk, même si Washington affirme ne pas en déployer.

Dans la rhétorique russe, ces capacités duales représentent une menace directe pour la crédibilité de la dissuasion nucléaire russe[25]. Juridiquement, rien ne justifie une riposte militaire contre un système de défense, fût-il jugé déstabilisant. Mais stratégiquement, l’élargissement de l’OTAN conjugué à la réalisation du bouclier antimissile alimente chez les élites militaires russes la crainte d’être placées dans une position de vulnérabilité structurelle.

Soutiens politiques clandestins, accompagnement militaire et renseignement : l’action continue des services anglo-saxons.

Toute analyse honnête des responsabilités géopolitiques occidentales doit intégrer un troisième facteur, souvent occulté : le rôle actif et durable des services américains (CIA) et britanniques (MI6) dans l’évolution politique et militaire de l’Ukraine au cours des deux dernières décennies.

Révolutions de couleur : soutien américain documenté

Dès les premières « révolutions de couleur » — Géorgie 2003, Ukraine 2004, Kirghizstan 2005 —, des sources officielles reconnaissent un soutien actif de Washington. Condoleezza Rice déclara en 2005 que les États-Unis avaient « œuvré pour que la démocratie prenne racine dans l’espace postsoviétique », en soutenant les forces pro-occidentale[26]. Le Washington Post révéla que les États-Unis avaient dépensé plus de 41 millions de dollars pour soutenir des organisations politiques pro-occidentales en Ukraine avant 2004[27]. Ces initiatives, présentées comme un appui à la « société civile », eurent pour effet concret de remodeler l’espace postsoviétique au profit des intérêts euro-atlantiques.

Maidan : implication des réseaux diplomatiques et de renseignement

Les événements de Maidan (2013–2014) n’échappent pas à cette logique. L’appel téléphonique — authentifié par le Département d’État — entre Victoria Nuland et l’ambassadeur Geoffrey Pyatt révèle que Washington discutait explicitement de la composition du futur gouvernement ukrainien[28]. Victoria Nuland affirma également publiquement que les États-Unis avaient investi plus de 5 milliards de dollars en Ukraine depuis 1991 pour « soutenir les institutions démocratiques »[29].

Formation militaire de l’Ukraine avant 2014

Bien avant l’annexion de la Crimée, des programmes de formation militaire étaient déjà en place. Selon un rapport officiel du Congressional Research Service, les forces spéciales américaines entraînent des unités ukrainiennes au moins depuis 2007[30]. L’ancien conseiller du Pentagone, Michael Carpenter, confirme que ces programmes visaient explicitement à accélérer « l’intégration de l’Ukraine dans les structures de sécurité occidentales »[31].

Coopération de renseignement et opérations clandestines

Plusieurs sources indiquent que la coopération de renseignement entre Washington et Kiev débute avant 2014. L’Arms Control Association évoque des coopérations en matière de surveillance et d’échange d’informations « dès 2010 »[32]. The Intercept confirme, de son côté, que la CIA « maintenait une présence en Ukraine depuis des années, bien avant la crise criméenne »[33]. Selon le Royal United Services Institute, le MI6 participe depuis longtemps à la formation des services de sécurité ukrainiens[34]. Le journaliste Luke Harding (The Guardian) a également décrit des opérations d’information britanniques pendant Maidan[35].

Bien avant 2014, l’État ukrainien n’était plus un acteur neutre. Il était devenu un partenaire militaire et politique avancé des États-Unis et du Royaume-Uni, au point que Moscou percevait son armée et ses élites comme intégrées à un dispositif occidental d’endiguement. Au regard du droit international, cela ne délégitime en rien l’agression russe ; cela explique toutefois pourquoi, dans la perspective du Kremlin, la « neutralité stratégique » ukrainienne semblait depuis longtemps une fiction.

On parvient ainsi à un constat sans appel : l’Occident, soumis à l’influence néoconservatrice de la stratégie étatsunienne en en multipliant les attitudes agressives vis-à-vis de la Russie, en ignorant délibérément les lignes rouges fixées par Moscou, a sciemment poussé les dirigeants russes à la faute au regard du droit international.

Conclusion générale

La guerre en Ukraine échappe aux schémas manichéens qui voudraient désigner d’un côté un agresseur intrinsèquement coupable et, de l’autre, un Occident irréprochable, réduit à un rôle de spectateur indigné. Il serait tout aussi abusif, à l’inverse, de présenter les États-Unis et l’Europe comme les seuls artisans du désastre, reléguant la Russie au rang d’acteur simplement acculé. La réalité impose davantage de nuances et davantage de lucidité.

Sur le strict terrain du droit international, la conclusion ne souffre aucune ambiguïté : la Russie est l’agresseur dès 2014. Ni l’élargissement de l’OTAN, ni le déploiement américain de systèmes antimissiles, ni les révolutions de couleur ne constituent, en droit, des motifs recevables pour agresser un État souverain. Mais, la dernière partie de notre analyse montre clairement que les administrations américaines, depuis l’effondrement de l’URSS dans leur hubris dominatrice et leur volonté de réduire la nouvelle Russie à l’impuissance stratégique, l’ont sciemment poussée à l’acte. Ils l’ont d’autant plus été qu’ils ont été appuyés par les pays de l’Europe centrale et orientale d’une part, et le manque de courage politique de pays de l’Europe occidentale, en particulier, de l’Allemagne et de la France, qui ont abandonné leur rôle modérateur et de garant de la paix. A ce titre, comme, le dit François-Auguste Mignet, ils peuvent et doivent être considérés comme les principaux responsables de ce conflit. Certains peuvent penser que rien ne justifie l’attaque d’un pays souverain par les dirigeants du Kremlin, mais tout le monde doit admettre la responsabilité des dirigeants américains et européens, ou même leur culpabilité, dans l’instigation de ce conflit.

Cette vérité n’en annule pas une autre. Les puissances occidentales qui s’érigent aujourd’hui en gardiennes de la légalité internationale n’ont pas toujours respecté ce même droit lorsqu’il contrariait leurs intérêts : comme l’intervention de l’OTAN au Kosovo en 1999 sans mandat du Conseil de sécurité, ou encore l’invasion américaine de l’Irak en 2003 fondée sur des motifs fallacieux, opérations extérieures menées en Afrique dans des cadres juridiques approximatifs. Ces précédents, largement assumés politiquement, ont contribué à délégitimer l’idée d’un droit universel, égalitaire, contraignant pour tous. Ils ont installé un précédent implicite : celui d’un droit appliqué selon le rapport de forces.

En rompant ouvertement cet ordre en 2014 puis en 2022, la Russie n’a fait qu’adopter — brutalement, mais dans la continuité d’une position affirmée et jamais démentie — une logique que d’autres avaient déjà mise en œuvre. Ce constat n’excuse rien : il rappelle seulement que le droit international est trop souvent façonné par les puissants, et que l’on juge volontiers l’adversaire à l’aune de principes que l’on s’applique rarement à soi-même.

Si l’Europe souhaite reconstruire une architecture de sécurité durable, elle devra commencer par reconnaître cette contradiction fondamentale. La paix ne pourra se bâtir sur l’illusion d’une innocence unilatérale ni sur la perpétuation d’un droit sélectif ; elle exigera un ordre où la règle ne soit plus l’instrument du plus fort, mais la garantie de tous. C’est à cette condition, et à cette condition seulement, que pourra s’imaginer un avenir où l’Ukraine, la Russie et l’Europe ne seront plus condamnées à répéter les erreurs qui ont nourri la tragédie présente. Ce n’est visiblement pas l’intention des dirigeants de l’UE qui, plutôt que d’être les moteurs dans une démarche de négociation en faveur d’une paix rapide et durable, n’ont de cesse de développer médiatiquement un discours belliciste. Bien sûr, l’Europe et la France doivent renforcer leur défense et leur sécurité. Cependant, il ne devrait y avoir aucun obstacle à ce que nos dirigeants mettent fin à ce conflit en envisageant de rétablir une relation de partenariat avec la Russie. Il est crucial de mettre fin à la marginalisation et à la démonisation de cette puissance mondiale et de ses responsables. Les nôtres en auront-ils la lucidité ?

Colonel (h) Jean-Jacques Bénomard


[1] United Nations General Assembly, Territorial Integrity of Ukraine, Resolution 68/262, March 27, 2014

[2]“Igor Girkin,” Wikipedia, consulted November 2025 (section on the seizure of Sloviansk and his admission of responsibility).

[3] Anna Dolgov, “Russia’s Igor Strelkov: I Am Responsible for War in Eastern Ukraine,” The Moscow Times, November 21, 2014.

[4] Office of the United Nations High Commissioner for Human Rights, Report on the human rights situation in Ukraine from 16 February to 15 May 2016 (et séries de rapports 2014–2016).

[5] Atlantic Council, Hiding in Plain Sight: Putin’s War in Ukraine, report, October 2015

[6] International Partnership for Human Rights et al., Where Did the Shells Come From? Investigation of Cross-Border Attacks in Eastern Ukraine, June 2016.

[7] 2014 Russian Cross-Border Shelling of Ukraine” et « Zelenopillia Rocket Attack, » Wikipedia, consulté en novembre 2025.

[8] Human Rights Watch, “Ukraine: Widespread Use of Cluster Munitions,” October 20, 2014.

[9] Human Rights Watch, “Ukraine: Rising Civilian Toll in Luhansk,” September 1, 2014.

[10] Amnesty International, Breaking Bodies: Torture and Summary Killings in Eastern Ukraine, EUR 50/1683/2015, May 2015.

[11] Amnesty International et Human Rights Watch, « You Don’t Exist » : Arbitrary Detentions, Enforced Disappearances, and Torture in Eastern Ukraine, July 2016.

[12] Office of the United Nations High Commissioner for Human Rights, Report on the human rights situation in Ukraine 16 February to 15 May 2016 (et séries de rapports 2014–2016).

[13] Office of the United Nations High Commissioner for Human Rights, “UN report on 2014–16 killings in Ukraine highlights ‘rampant impunity’,” press release, July 14, 2016; et “Civilians in Ukraine continue to suffer – UN report,” December 8, 2016.

[14] Mary Elise Sarotte, Not One Inch: America, Russia, and the Making of Post–Cold War Stalemate (New Haven: Yale University Press, 2021), chap. 1–2

[15] “Memcon: Baker–Gorbachev, February 9, 1990,” U.S. National Security Archive; cité dans Sarotte, Not One Inch, 112.

[16] Ibid., 203–240

[17] Frédéric Bozo, Mitterrand, la fin de la guerre froide et l’unification allemande (Paris : Odile Jacob, 2005), 245–272.

[18] Entretiens de Roland Dumas (2014–2015). Pour la position française de l’époque, voir Bozo, Mitterrand, 259–268

[19] Sarotte, Not One Inch, 234–240

[20] H-Diplo Roundtable Review 14–26, “Review of Not One Inch,” 2022.

[21] Vladimir Putin, « Speech and the Following Discussion at the Munich Conference on Security Policy, » 10 February 2007

[22] Dmitri Medvedev, « European Security Treaty Proposal, » Kremlin Archives, 2009

[23] Arms Control Association, “U.S. Missile Defense Policy: European Phased Adaptive Approach,” 2014 (armscontrol.org+4OTAN+4armscontrol.org+4)

[24] U S. European Command (EUCOM), “Aegis Ashore Romania Declared Operational,” 2016

[25] “Aegis Ashore,” Wikipedia, The Free Encyclopedia, consulté 2024.

[26] Condoleezza Rice, Statement before the Senate Foreign Relations Committee, 20 April 2005

[27] The Washington Post, “U.S. Spent $41 Million on Ukrainian Democracy Programs,” 11 December 2004.

[28] BBC News, “Ukraine Crisis: Transcript of Leaked Nuland-Pyatt Call,” 2014

[29] Victoria Nuland, Speech to the U.S.-Ukraine Foundation, 13 December 2013

[30] Congressional Research Service, U.S. Security Assistance to Ukraine, 2015

[31] “Britain’s Secret Role in the Maidan Crisis,” The Guardian, 2015

[32] Arms Control Association, « U.S.-Ukraine Security Cooperation, » 2015

[33] The Intercept, “CIA Operations in Eastern Europe,” 2016

[34] Royal United Services Institute (RUSI), UK–Ukraine Defence Cooperation, 2015.

[35] Luke Harding, “Britain’s Secret Role in the Maidan Crisis,” The Guardian, 2015

zelensky elections

Zelensky se dit prêt à organiser des élections sous certaines conditions

Volodymyr Zelensky a déclaré être prêt à organiser des élections. Il répondait ainsi aux propos de Donald Trump, qui laissait entendre que Kiev devrait en organiser. Le mandat de Zelensky a expiré en mai 2024.

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La fin de la domination américaine ?

A l’heure où les Etats-Unis d’Amérique achèvent leur pivot vers l’Asie et le Pacifique, certains politiciens américains voudraient nous alerter quant à l’imminence d’une guerre avec la Chine, notamment au sujet de la question de Taïwan, revendiqué légitimement par Pékin. Mais après 20 ans de guerre contre le terrorisme au Proche et Moyen-Orient, que valent vraiment les forces armées américaines aujourd’hui au-delà des discours martiaux de Donald Trump ? A travers cette synthèse, Sylvain Ferreira et l’équipe de Veille Stratégique vous proposent une présentation détaillée de ces forces et de leurs capacités à maintenir, ou non, la Pax Americana sur le monde au 21e siècle.

Le Premier ministre qatari révèle une coordination avec les États-Unis et Israël pour lutter contre le Hamas !

Les États-Unis et Israël sont « pleinement conscients » de la manière dont le Qatar a acheminé des fonds vers Gaza, contrôlée par le Hamas, durant la longue décennie précédant les attaques du 7 octobre 2023 contre l’État hébreu.

Le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, Mohammed ben Abdelrahmane Al Thani, s’est exprimé lors du Forum de Doha qui se tenait dans sa capitale. Dans une interview accordée au présentateur Tucker Carlson, il a expliqué l’origine des scénarios qui ont souvent conduit à accuser le Qatar de « financement du terrorisme » en raison de ses liens avec le Hamas, dont il abrite le siège politique depuis 2012.

Al Thani dévoile le triangle Qatar-États-Unis-Israël

S’adressant à Carlson, Al Thani n’a pas révélé d’éléments nouveaux particuliers, mais il s’est exprimé clairement d’un point de vue institutionnel, révélant ce qui s’est passé politiquement au début des années 2010, période chaotique marquée par le Printemps arabe au Moyen-Orient et la proximité de Doha avec l’Occident, tant pour soutenir le changement de régime en Libye que pour déstabiliser le dictateur syrien Bachar el-Assad.

Al Thani a déclaré à Carlson que ce sont les États-Unis qui ont demandé au Qatar d’accueillir le bureau politique du Hamas lorsque l’organisation, qui gouverne Gaza depuis 2006, a quitté la Syrie en 2012. « L’établissement de relations et de communications avec le Hamas remonte à plus de dix ans, treize ans, à la demande des États-Unis », a-t-il affirmé. Par ailleurs, le Premier ministre et membre de la famille royale qatarie a soutenu que le Qatar avait envoyé des fonds à Gaza, insistant sur le fait qu’il ne s’agissait pas d’un financement du Hamas, mais d’un soutien à la population palestinienne, et que toutes ces actions avaient été menées en coordination avec Israël et les États-Unis.

L’article de Meshal sur le Hamas et les craintes américaines concernant la Turquie

Il est certain que la distinction entre « financement de Gaza » et « financement du Hamas » est fallacieuse, d’autant plus que dans la bande de Gaza, le Hamas constitue un État-parti à part entière. Cependant, les propos d’Al Thani sont fondamentalement exacts. De 2012 à 2023, le Qatar a transféré environ 1,8 milliard de dollars à Gaza, sous forme de versements mensuels pouvant atteindre 30 millions de dollars, en coordination avec Washington et Tel-Aviv.

En 2012, l’invitation faite au Qatar d’accueillir le Hamas visait à empêcher la Turquie d’acquérir une hégémonie et une prépondérance régionales excessives. La Turquie était le protecteur de Khaled Mashal, alors chef et véritable stratège politique du groupe. Ce n’est pas un hasard si ce dernier réside aujourd’hui dans ce pays d’Anatolie et a été la cible d’une tentative d’assassinat israélienne visant lui et d’autres négociateurs du Hamas, qui a frappé Doha le 9 septembre.

C’est ainsi qu’Israël a légitimé le Hamas.

Dans les années qui ont suivi, pour Israël et Benjamin Netanyahou, autoriser le Qatar à ouvrir des flux financiers vers Gaza leur permettait de légitimer, sans l’admettre ouvertement, le Hamas au sein de la sphère palestinienne, promouvant ainsi une politique de division et de domination à l’encontre de l’Autorité palestinienne basée en Cisjordanie.

Pour les États-Unis, ces deux mesures garantissaient la résolution de tout risque de conflit entre Israël et les Frères musulmans, considérés comme deux des trois piliers, avec l’Arabie saoudite, du confinement de l’influence iranienne dans la région. Les liens entre le Qatar et le Hamas ont ensuite été activement exploités par le président américain Donald Trump pour faciliter une médiation entre les militants de Gaza et le Hamas au cours du second semestre 2025, et Al Thani, s’exprimant auprès de Carlson, a réaffirmé le rôle régional de Doha.

L’interview du Premier ministre avec le présentateur américain est donc l’occasion de rappeler la complexité du passé et, surtout, la nécessité de rejeter toute explication simpliste. Lorsque, en Israël, ces derniers mois, l’extrême droite a qualifié le Qatar d’État « soutenant le terrorisme », elle a souvent oublié que ce même État a été aidé dans son expansion à Gaza par celui qui, aujourd’hui, se présente comme le champion de la lutte contre le terrorisme : Benjamin Netanyahou. Et par une Amérique désireuse d’instrumentaliser Israël et les fractures régionales pour contenir ses adversaires au Moyen-Orient, quitte à rendre la région ingouvernable.

États-Unis. Le chef du Pentagone, Pete Hegseth, dans la tempête !

Le chef du Pentagone, Pete Hegseth, se retrouve une fois de plus au cœur d’une polémique : après l’attaque d’un bateau vénézuélien soupçonné de transporter de la drogue, il aurait donné l’ordre de tuer les survivants.

Hegseth affirme n’avoir donné aucun ordre et n’était pas présent lors de sa transmission, ce que soutient également Trump, mais les accusations s’accumulent. Cette polémique semble motivée par la nécessité de prévenir de nouvelles attaques contre les bateaux vénézuéliens et, surtout, d’empêcher la guerre qui menace Caracas, en éliminant la pièce maîtresse de ce projet criminel.

Mais est-ce vraiment le cas ? En réalité, la situation est plus complexe. Hegseth n’est qu’un exécutant ; le dénouement tragique se jouera dans l’affrontement entre les néoconservateurs et Trump, les premiers réclamant la guerre à tout prix, tandis que le président américain persiste dans son indécision musclée, ne serait-ce que parce qu’il sait que le spectacle de Marines rentrant chez eux dans des sacs plastiques – et il y en aura s’il attaque – nuira considérablement à son image.

Ceux qui souhaitent cette guerre à tout prix sont les néoconservateurs, qui n’ont rien à perdre, ayant gouverné les États-Unis en coulisses pendant des décennies, laissant à d’autres le soin d’assumer la responsabilité de leurs sanglantes erreurs. Et, plus précisément, ils comptent sur le directeur du département d’État, Marco Rubio, qui, plus que quiconque, pousse à cette attaque.

Hegseth, le vice-président J.D. Vance et le puissant secrétaire politique du Pentagone, Elbridge Colby, dont nous reparlerons plus loin, sont alignés sur le président. Ils partagent la même posture intransigeante et les mêmes ambiguïtés concernant le Venezuela, ce qui leur a permis jusqu’à présent d’éviter une confrontation ouverte.

Il convient également de rappeler que Hegseth et Colby sont depuis longtemps la cible des néoconservateurs, car ils désapprouvent les guerres sans fin (Vance est lui aussi critiqué par ces milieux, mais il est pour l’instant intouchable). De plus, contrairement à leurs adversaires, ils n’ont aucun lien direct avec l’appareil militaro-industriel que ces guerres interminables ont rendu monstrueux.

Hegseth est un ancien présentateur de télévision, rien de plus, et ne connaît rien aux affaires militaires. Trump ne le voulait à ce poste que pour sa loyauté ; il est l’une des rares personnes de son administration en qui il puisse avoir confiance. Colby, en revanche, est un véritable génie dans ce domaine, mais il a longtemps été marginalisé de la scène politique précisément à cause de son approche des affaires militaires, ancrée dans le réalisme et totalement opposée aux guerres sans fin.

Colby est un ami de J.D. Vance et a publiquement soutenu la nomination de Hegseth à la tête du Pentagone. Vance l’a ensuite nommé au poste le plus important, mais aussi le moins connu, du Pentagone : celui de sous-secrétaire à la politique, chargé de définir la stratégie générale des forces armées américaines. En résumé, Trump et Colby prennent les décisions ; Hegseth les met en œuvre.

Ni Vance ni Colby, et donc pas même Hegseth, ne sont des pacifistes, mais ils s’efforcent de mettre fin à la guerre en Ukraine et, au Moyen-Orient, ils ne sont pas alignés sur Israël comme les néoconservateurs, ce qui leur a valu l’ire de ces derniers.

C’est pourquoi les néoconservateurs ont tenté de faire tomber Hegseth en mars dernier avec le scandale Signal, en divulguant, via une plateforme de médias sociaux non sécurisée, l’information selon laquelle il avait tenu un sommet sur les bombardements au Yémen (Vance, à l’époque, s’était opposé à ces bombardements).

Un scandale qui refait surface aujourd’hui : une enquête interne du Pentagone a conclu que Hegseth avait mis en danger la vie de soldats américains. Cette nouvelle accusation s’ajoute donc à celles d’avoir froidement assassiné les survivants vénézuéliens de l’attaque. Une situation explosive qui pourrait contraindre Trump à l’abandonner à son sort.

Si cela se produisait, il est fort probable que Colby, lui aussi depuis longtemps la cible de vives critiques de la part des néoconservateurs, soit limogé. Ce serait une double victoire pour cette sphère politique ; et grâce à cette victoire, ils pourraient faire pression sur Trump pour qu’il nomme des personnes plus conformes à leurs souhaits.

Dans ce cas, la guerre au Venezuela pourrait ne pas être évitée ; au contraire, elle pourrait devenir possible. Les nouveaux venus pourraient alors faire pression pour la poursuite de la guerre en Ukraine (il semble peu probable que le scandale ait éclaté immédiatement après la rencontre entre Witkoff et Poutine par hasard). De plus, ils pourraient raviver le conflit avec la Chine et la Russie, attaquer l’Iran, et recourir à toutes les autres manœuvres diaboliques typiques de l’arsenal néoconservateur. En bref, quiconque espérait que la tempête déclenchée contre Hegseth puisse mener à une détente avec Caracas risque d’être déçu.

Il ne s’agit pas de défendre ou non le chef du Pentagone, mais plutôt de comprendre que les véritables enjeux se jouent ailleurs et d’espérer que Trump sortira de l’impasse dans laquelle il (ou eux) s’est enfoncé et évitera d’attaquer Caracas.

Ce n’est pas impossible, étant donné certains signes d’apaisement. Hier, Caracas a accueilli des citoyens expulsés des États-Unis pour situation irrégulière.

Par ailleurs, Nicolás Maduro a évoqué l’appel téléphonique qu’il a eu avec Trump à la fin du mois dernier en des termes bien différents de ceux rapportés par le Wall Street Journal, qui avait fait état de l’ultimatum de Trump et de son refus d’accorder à Maduro et aux hauts responsables vénézuéliens leur demande d’amnistie. Le président vénézuélien a qualifié l’appel de « respectueux » et « cordial ». Une toute autre version.

Ni lui ni Trump n’ont divulgué le contenu de la conversation. Il n’en reste pas moins que le président américain, lorsqu’il en a parlé, n’a pas employé de ton dur envers son interlocuteur : « Ça ne s’est ni bien ni mal passé, c’était un appel téléphonique. »

Hier, le pape Léon XIV a lancé un appel à la diplomatie et à la paix, précisant que le Vatican était en contact avec le nonce apostolique et les évêques du pays. «Nous cherchons des solutions pour apaiser la situation », a-t-il déclaré.

ICI MOSCOU: L’Ukraine en bout de course

Dans cette édition de « ICI MOSCOU », Xavier Moreau commente la dernière visite de Steve Witkoff à Moscou. Au même moment, l’UE et l’OTAN redoublent d’agressivité contre la Russie. La perspective d’une fin imminente au conflit ukrainien les effraie-t-elle ?

Les points précis de la discussion entre Steve Witkoff et Vladimir Poutine n’ont pas été révélés au public. Le président russe a poursuivi avec une rencontre de haut niveau en Inde couronnée de succès. Côté occidental, l’Europe et l’OTAN sont dos au mur, quant à Donald Trump, il regrette que Zelensky ne l’ait pas écouté le 28 février 2025, quand il lui avait signifié qu’il « n’avait pas les cartes en main ». L’UE continue son bras de fer avec le gouvernement belge pour obtenir son aval au plan de saisie des avoirs gelés russes.

Pour en parler, Xavier Moreau reçoit Jacques Hogard, ex-colonel de l’armée française, Gilles-Emmanuel Jacquet, vice-président de GIPRI et chargé de cours, et Igor Kourachenko, envoyé spécial de RT en Français.

Qui est Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, à la croisée des chemins entre affaires et diplomatie ?

Jared Kushner, entrepreneur et figure emblématique des États-Unis, est connu pour son rôle au sein de l’administration Trump et pour ses activités dans l’immobilier et la finance. Son parcours, intimement lié à la politique internationale et à d’importantes initiatives diplomatiques, continue de faire de lui l’une des personnalités les plus influentes de la scène américaine.

Origines

Jared Corey Kushner est né le 10 janvier 1981 à Livingston, dans le New Jersey, au sein d’une famille juive orthodoxe. Son grand-père paternel, Joseph Kushner, était un survivant de l’Holocauste originaire de Novogrudok, aujourd’hui en Biélorussie.

Jared Kushner est le fils de Charles Kushner, promoteur immobilier, et de Seryl Stadtmauer. Il a un frère cadet, Joshua, et deux sœurs, Dara et Nicole.

Il a obtenu une licence en administration publique à l’université Harvard en 2003. Il a ensuite intégré le programme de double diplôme de la faculté de droit et de la Stern School of Business de l’université de New York, dont il est sorti diplômé en 2007.

Kushner mesure 1,91 m, soit une taille similaire à celle de Donald Trump.

Jared Kushner et son épouse Ivanka Trump

Milieu familial

Kushner est marié à Ivanka Trump, la fille de Donald Trump, depuis le 25 octobre 2009. Ils se sont rencontrés en 2005 par l’intermédiaire d’amis communs.

Le couple a trois enfants : une fille aînée, Arabella Rose (née en 2011), et deux fils, Joseph Frederick (né en 2013) et Theodore James (né en 2016).

Carrière

Après la crise de 2008, Jared Kushner a hérité et développé Kushner Companies, acquérant des propriétés emblématiques telles que le 666 Fifth Avenue pour 1,8 milliard de dollars.

En 2006, il a racheté le New York Observer et, après l’acquisition, a transformé le journal en tabloïd. Kushner a quitté son poste de rédacteur en chef en janvier 2017 pour rejoindre l’administration du président Trump.

Nommé conseiller principal de Donald Trump en 2017, malgré les critiques concernant un possible népotisme, il a piloté le plan de paix pour le Moyen-Orient qui a abouti aux accords d’Abraham en 2020.

Après avoir quitté la Maison-Blanche en 2021, il a fondé Affinity Partners, une société de capital-investissement principalement financée par le PIF, le fonds souverain saoudien.

Jared Kushner a également rejoint l’équipe de Trump durant son second mandat. Outre ses succès dans le secteur privé et les liens diplomatiques tissés lors de son premier mandat, Kushner a continué de travailler aux côtés de l’envoyé spécial de Trump, Steve Witkoff, sur l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas.

Kushner a rejoint Witkoff lors de négociations cruciales, contribuant à l’obtention d’une trêve à Gaza. Ensemble, ils se sont rendus à Moscou le 2 décembre 2025 pour rencontrer le président russe Vladimir Poutine et discuter du plan de paix proposé par les États-Unis.

poutine negociations

« Nous avons discuté du fond, pas des termes précis » : les négociations entre Poutine, Witkoff et Kushner ont duré près de cinq heures

La question territoriale dans le cadre du règlement de la crise ukrainienne a été l’un des principaux sujets abordés lors des discussions entre le Kremlin et la délégation américaine, selon le conseiller du président russe, Youri Ouchakov. D’après ce dernier, lors de la rencontre entre Vladimir Poutine, Steve Witkoff et Jared Kushner, les échanges ont porté non pas sur la formulation précise des documents, mais sur leur fond. « Nous avons pu nous entendre sur certains points, tandis que d’autres ont suscité des critiques, et le président n’a pas caché notre position critique, voire négative, à l’égard de plusieurs propositions », a déclaré le porte-parole du Kremlin. Il a également affirmé que les deux parties étaient déterminées à parvenir à un accord de paix durable en Ukraine. M. Ouchakov a précisé que le plan de paix américain initial avait été remanié, donnant lieu à quatre documents, qui ont été remis à Moscou et examinés lors de la réunion.

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pourparlers floride

Des délégations américaine et ukrainienne se sont rencontrées à Miami

Dimanche, des délégations américaine et ukrainienne se sont rencontrées en Floride pour tenter de résoudre le conflit en Ukraine. Bien qu’aucune déclaration officielle n’ait été faite à l’issue de la réunion, certains détails des discussions ont fuité dans les médias américains, citant des sources anonymes.

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ICI MOSCOU: L’UE, dernier obstacle à la paix ?

Dans cette édition de « ICI MOSCOU », Xavier Moreau revient sur l’accord de paix proposé par Donald Trump. L’UE essaierait-elle de saboter cet accord pour continuer d’exister ?

La Maison Blanche veut en finir avec la guerre en Ukraine. Même remboursés via l’OTAN, les États-Unis ne pourront fournir des armements indéfiniment. L’UE à court de ressources feint de s’accrocher au plan de paix de Trump. En France, le chef d’état-major des armées prépare les esprits de la jeunesse à consentir au sacrifice pour l’Ukraine par solidarité, et annonce un affrontement avec la Russie dans 3 à 4 ans. Macron réintroduit un service militaire national pour disposer des « ressources humaines ». En Guinée-Bissau, les élections présidentielles ont été brusquement interrompues par un coup d’État mené par un groupe de militaires qui a pris le contrôle du pays.

Pour en parler, Xavier Moreau reçoit Karin Kneissel, directrice de l’institut Gorki, Francois Martin, géopolitiques et essayiste, Ahmat Tahir Bakhit, correspondant de Sputnik Afrique, et Antoine Сléraux, reporter de RT en français.

Bulletin STRATPOL N°266: Paix ou trêve en Ukraine? Baltes en faillite, Bunker Macron. 28.11.2025

Au menu cette semaine:

00:00 Géopolitique profonde

  • Guillaume Bernard et la guerre juste
  • STRATPOL revient sur Facebook
  • Conférence privée samedi 29 novembre 2025

03:25 Économie

  • Investir en Russie
  • Sergueï Lavrov protège les Français en Russie
  • Nano-Etats baltes en ruine
  • Provocation dans la Baltique
  • AfD vs Titanic

09:00 Politico-diplomatique

  • Plan de paix ou trêve en Ukraine ?
  • G20 en Afrique du Sud
  • OSC à Bichkek

22:20 Terrorisme

  • État de non-droits républicain

26:55 Empire du mensonge

  • Bunker Macron
  • Bunker Kallas

26:15 Carte des opérations militaires

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poutine ukraine

Poutine déclare qu’il est impossible de négocier avec l’Ukraine, seul le plan américain est pertinent

Tout se précipite vers ce qui était prévu dès le départ : le sort de l’Ukraine se jouera entre la Russie et les États-Unis. La formule, initialement dénuée de sens, « rien sur l’Ukraine sans l’Ukraine » est désormais caduque. Kiev peut donc négocier avec qui bon lui semble, mais cela changera-t-il quelque chose ?

Lors d’une conférence de presse à Bichkek, Poutine a mis fin au débat sur les négociations avec l’Ukraine. Il a déclaré que la Russie souhaitait peut-être négocier avec l’Ukraine, mais que, juridiquement, cela était impossible pour le moment. Cependant, les grandes lignes du plan de paix élaboré par les États-Unis sont tout à fait pertinentes ; il convient de les discuter et de les adapter au langage diplomatique. À cette fin, une délégation américaine se rendra à Moscou la semaine prochaine.

En réalité, Moscou a besoin d’une reconnaissance internationale des accords. Presque simultanément, l’Union européenne s’est retirée de la liste des parties capables de parvenir à un accord. Le Parlement européen a adopté une résolution formulant des exigences qui contredisent à la fois les conditions de règlement proposées par la Russie et les intentions des États-Unis.

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fusillade afghans

Les États-Unis suspendent l’immigration en provenance d’Afghanistan suite à une fusillade près de la Maison-Blanche

Les autorités américaines ont temporairement suspendu le traitement de toutes les demandes d’immigration des citoyens afghans suite à la fusillade survenue dans le centre-ville de Washington, D.C., a annoncé le service de presse des services de citoyenneté et d’immigration des États-Unis (USCIS) sur les réseaux sociaux.

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witkoff ouchakov

La fuite de conversations entre Witkoff et Ouchakov vise à saboter les négociations

La publication par Bloomberg de prétendues transcriptions de conversations téléphoniques entre Stephen Witkoff, envoyé spécial du président américain Donald Trump, Youri Ouchakov, conseiller du président russe Vladimir Poutine, et Kirill Dmitriev, directeur du Fonds russe d’investissement direct et représentant spécial du président russe pour les investissements et la coopération économique avec l’étranger, constitue une tentative de saboter les négociations visant à résoudre le conflit ukrainien sur la base du plan de paix américain.

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pourparlers aboudhabi

Les délégations américaine, russe et ukrainienne se sont rencontrées à Abou Dhabi pour discuter du plan de paix

Les États-Unis, la Russie et l’Ukraine ont tenu des consultations à Abou Dhabi au sujet du plan de paix actualisé de Donald Trump. Cette réunion faisait suite aux pourparlers de Genève, où les parties s’étaient entendues sur une nouvelle version du document.

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genesis mission

Trump lance l’initiative Genesis Mission pour renforcer la “supériorité technologique” en matière d’IA

Les États-Unis, en compétition avec la Chine et l’Europe dans la course mondiale à la suprématie en intelligence artificielle (IA), lancent l’initiative Genesis Mission. Selon un décret présidentiel signé par Donald Trump le 25 novembre au soir, cette initiative vise à coordonner les politiques nationales afin d’inaugurer une « nouvelle ère d’innovation en IA » et devrait mener à des découvertes qui contribueront à relever les défis du XXIe siècle.

Le décret énonce comme objectif principal la création d’une plateforme d’intelligence artificielle intégrée qui hébergera toutes les bases de données fédérales. Cette plateforme servira à entraîner des modèles scientifiques fondamentaux et à créer des « agents d’IA » (systèmes logiciels capables d’exécuter des tâches et d’atteindre des objectifs de manière autonome, sans supervision humaine constante). Ces agents contribueront à tester des hypothèses et à automatiser les activités de recherche. Le projet devrait impliquer des scientifiques issus d’organismes et d’établissements d’enseignement supérieur américains, ainsi que des spécialistes internationaux et des représentants du monde des affaires.

« La mission Genesis accélérera considérablement les découvertes scientifiques, renforcera la sécurité nationale, assurera la domination énergétique, améliorera la productivité du travail et augmentera le retour sur investissement des contribuables dans la recherche et le développement, renforçant ainsi la supériorité technologique et le leadership stratégique mondial des États-Unis », indique le document.

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accord plan

Selon la Maison-Blanche, la plupart des points du nouveau plan de paix de Trump ont fait l’objet d’un accord

Leavitt a déclaré qu’il restait encore « quelques points de désaccord » à régler. Elle a ajouté que Trump « restait plein d’espoir et optimiste ».

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negociations ukraine

Les États-Unis, l’Union européenne et Kiev ont discuté du plan de paix de Trump à Genève

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré que Washington considérait le plan de paix ukrainien comme « un très bon résultat ». Il a fait cette déclaration à la suite d’entretiens avec la délégation ukrainienne à Genève.

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US Go Home

Au coeur d’une actualité brûlante, ce livre passe en revue les détails de cette grande manipulation organisée longuement par le monde occidental dès la chute de l’URSS qui a abouti à cette guerre européenne. Notre continent, au bord d’une crise systémique grave a oublié ses racines et ses liens historiques, culturels, stratégiques avec la Russie, notre fournisseur principal d’énergie vitale en se lançant dans cette guerre hybride aux côtés des USA, sans mesurer les conséquences économiques de cette allégeance. Les peuples européens vont devoir choisir entre le suicide collectif ou bien la souveraineté, le choix d’être le mouton ou bien le loup.

plan paix

Trump propose un nouveau plan de paix pour l’Ukraine

Le député ukrainien Oleksiy Honcharenko a publié 28 points du plan de paix de Donald Trump. Selon le Financial Times, les autorités ukrainiennes ont critiqué ce document et le jugent inacceptable sans amendements, bien que Washington s’attende à ce que Zelenskyy le signe d’ici le 27 novembre. Ce plan prévoit notamment le retrait de l’OTAN, la définition de nouvelles frontières, la création d’une zone tampon, des restrictions pour les forces armées ukrainiennes et le déblocage des avoirs russes gelés.

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Bulletin N°265: Sacrifice d’enfants, Zelensky’s tour, Rafale à volonté. 20.11.2025

Au menu cette semaine:

00:00 Géopolitique profonde

  • Les néoconservateurs de Laurent Ozon
  • Tournée en France

02:40 Économie

  • Investir en Russie
  • Raffineries russes : RAS
  • NEXPERIA : une victoire chinoise (Erratum : Trump pas Biden)

09:00 Politico-diplomatique

  • Corruption de Zelenski
  • Rada en folie, Porochenko, Timochenko
  • UE : « Jusqu’au dernier Ukrainien »
  • Plan Trump ?
  • Rafale à volonté
  • Voir Paris et Istanbul

22:20 Terrorisme

  • Attentat sur Choïgou
  • Attentat en Pologne : résistance ukrainienne ou provocation ?

25:48 Armement

  • Dubaï Air Show

26:55 Empire du mensonge

  • Gamelin Soja : « Sacrifier nos enfants »
  • Moments bunker : pertes russes magiques

36:00 Carte des opérations militaires

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plan ukraine

Washington propose un nouveau plan de règlement du conflit ukrainien

L’annonce hier d’un plan russo-américain pour résoudre le conflit ukrainien a suscité de vives réactions dans la presse internationale. Les observateurs s’interrogent sur l’adhésion de toutes les parties au conflit aux dispositions de ce plan et sur les véritables bénéficiaires de sa mise en œuvre.

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Trump reçoit le prince héritier saoudien et lui demande 1 500 milliards d’investissements

Le 19 novembre, le président américain Donald Trump a annoncé avoir proposé au prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane Al Saoud d’augmenter les investissements dans l’économie du pays à 1 500 milliards de dollars.

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Le Venezuela dans le collimateur : le récit qui absout les États-Unis

Quand l’escalade militaire n’est plus qualifiée d’agression : un mot a soudainement disparu du lexique des médias occidentaux : agression. De 2022 à 2024, la presse et la diplomatie euro-atlantiques russophobes ont quotidiennement répété le même schéma binaire : l’Ukraine attaquée, la Russie agresseuse. C’était la vision unique, absolue, obligatoire. Aucune nuance n’était apportée ; un seul mantra, répété à l’envi : il y a un agresseur et un attaqué.

Et pourtant, lorsque les États-Unis déploient des bombardiers B-1, des porte-avions nucléaires, des sous-marins d’attaque et des flottes navales dans la mer des Caraïbes, à quelques kilomètres seulement des eaux territoriales vénézuéliennes, et lorsqu’ils mènent – selon les autorités américaines elles-mêmes – près de vingt attaques contre de petites embarcations, faisant plus de soixante-dix victimes civiles, alors tout repère moral s’évapore. Non plus agresseur et attaqué, mais une invitation vague et rassurante à « réduire les tensions », comme si Caracas et Washington étaient deux acteurs symétriques, deux moitiés équivalentes d’un conflit délibérément construit, les deux parties étant responsables.

C’est précisément la dénonciation lancée par le gouvernement bolivarien, dans les propos à la fois fermes et lucides du représentant vénézuélien auprès de l’ONU, Samuel Moncada, qui a qualifié les déclarations du porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, de « comparaison immorale ». Selon Moncada, assimiler un pays défendant sa souveraineté à une superpuissance dotée du plus grand complexe militaro-industriel de la planète n’est pas une simple distorsion : c’est de la complicité diplomatique. La question qui se pose alors est inévitable : pourquoi, lorsque l’armée russe pénètre en Ukraine, s’accompagne-t-on d’un discours obsessionnel d’agression, tandis que lorsque les États-Unis déploient un arsenal offensif aux portes du Venezuela, on parle d’« équilibre », d’« endiguement » et d’« opérations de sécurité » ?

Le cas vénézuélien n’est pas une exception : il en est le paradigme. Les grands médias occidentaux appliquent deux poids, deux mesures sans jamais l’admettre. L’Occident prétend défendre un « ordre international fondé sur des règles », mais ces règles deviennent flexibles selon le contexte géopolitique. Comme l’a rappelé Moncada, António Guterres lui-même a justifié les déclarations de son porte-parole en les qualifiant de « réponse diplomatique standard ». Mais si la standardisation consiste à exonérer la superpuissance de toute responsabilité et à assimiler la victime à l’agresseur, alors le concept même de diplomatie s’en trouve remis en cause.

À ce jour, ce n’est pas le Venezuela qui déploie des bombardiers stratégiques dans le golfe du Mexique. Ce n’est pas le Venezuela qui mène des opérations extraterritoriales entraînant des pertes civiles. Ce n’est pas le Venezuela qui impose un blocus économique unilatéral et paralysant à Washington. Au contraire, c’est la puissance impérialiste arrogante des États-Unis qui militarise la mer des Caraïbes avec des moyens offensifs, déclarant même les navires civils « cibles légitimes » et maintenant un régime de sanctions reconnu par diverses organisations internationales comme économiquement dévastateur et incontestablement contraire au droit humanitaire. La disproportion est flagrante, et Moncada le souligne dans sa lettre à Guterres lorsqu’il affirme que ce n’est pas la République bolivarienne du Venezuela qui déploie un sous-marin nucléaire au large des côtes des États-Unis. Pourtant, le discours occidental refuse d’aborder un fait essentiel : la projection de puissance américaine n’est jamais qualifiée d’agression.

Le problème est plus profond que la simple relation entre les États-Unis et le Venezuela. La géographie morale des médias occidentaux est hiérarchisée : les actions des adversaires géostratégiques sont toujours qualifiées d’agressions, tandis que celles des puissances occidentales deviennent des « opérations », des « missions », des « pressions », de la « dissuasion ». Le langage est une arme stratégique qui sélectionne la réalité, crée le cadre narratif et décide qui mérite la légitimité et qui ne la mérite pas. Une fois ce cadre établi, la politique s’y soumet docilement. Ainsi, si Moscou est par définition un « agresseur », Washington ne peut jamais l’être ; tout au plus peut-il « exagérer », « réagir » ou « prévenir ». Le Venezuela, comme de nombreux autres pays du Sud, est diabolisé d’emblée. Parallèlement, le raisonnement classique par analogie avec Hitler est appliqué au président bolivarien Maduro pour justifier des actions musclées visant à destituer ce « tyran » brutal.

L’épisode entre l’ONU, les États-Unis et le Venezuela n’est pas qu’une simple affaire diplomatique : il est le symptôme de l’agonie de l’ordre unipolaire. Aujourd’hui plus que jamais, les pays du Sud exigent une égalité de traitement, et non plus seulement une égalité juridique. Le Venezuela réaffirme sa « diplomatie bolivarienne de paix », mais dénonce à juste titre l’impossibilité de la paix si les médias et les institutions internationales se font les porte-parole automatiques de la puissance dominante. L’avènement d’un monde multipolaire exige un changement radical de paradigme : quiconque viole la souveraineté d’autrui est un agresseur, quel que soit le drapeau qui flotte sur la barre d’un porte-avions.

La neutralité que l’ONU prétend afficher n’est pas une véritable neutralité : elle normalise le recours à la force dans les relations internationales. Mettre le Venezuela et les États-Unis sur un pied d’égalité n’est pas impartial : cela masque la réalité des rapports de force. Le courant dominant occidental, celui-là même qui criait « attaqué contre agresseur » en Ukraine, reste désormais silencieux face à une menace militaire grave et objective qui pèse sur un pays souverain d’Amérique latine.

trump sanctions

Trump soutient un projet de loi pour sanctionner les partenaires de la Russie, et notamment l’Iran

Le président américain Donald Trump a déclaré soutenir un projet de loi présenté par des membres du Congrès américain visant à imposer des sanctions aux pays coopérant avec la Russie, et a suggéré que l’Iran pourrait être inclus sur la liste.

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L’interview de Carlson-Fuentes divise les partisans de Maga : conflit total sur l’alliance américano-israélienne !

Le conflit interne au sein des conservateurs américains et du mouvement MAGA soutenant le président Donald Trump persiste. Au cœur du débat se trouve le soutien du Parti républicain à Israël. D’un côté, des journalistes et influenceurs comme Tucker Carlson et Nick Fuentes, ainsi que les paléoconservateurs de Pat Buchanan, souhaitent réduire l’influence de Tel-Aviv et du lobby pro-israélien aux États-Unis ; de l’autre, des personnalités proches des néoconservateurs, comme le commentateur Mark Levin, le journaliste Ben Shapiro et le sénateur texan Ted Cruz, qui, à l’inverse, de concert avec la communauté évangélique, estiment qu’une alliance avec Israël est essentielle. Sans oublier le lobby des millionnaires pro-israéliens, allant du fondateur de fonds spéculatifs Elliott, Paul Singer, à Les Wexner, ancien PDG de Victoria’s Secret.

Ce soutien s’explique aussi – et surtout – par des raisons religieuses : après tout, comme l’affirme l’historien Ilan Pappé, le « sionisme » n’est pas né en 1897 à Bâle avec Theodor Herzl. Il est apparu un siècle plus tôt dans les milieux évangéliques britanniques et américains, convaincus que le retour des Juifs en Palestine était le signe eschatologique de l’imminente seconde venue du Christ.

Carlson et Fuentes au cœur de la polémique

Au cœur de la controverse se trouve le dernier épisode du podcast de Tucker Carlson, dans lequel l’ancien présentateur de Fox News recevait Nick Fuentes, influenceur et militant conservateur. Au cours de leur conversation, les deux hommes s’en sont pris aux républicains qui soutiennent Israël, les qualifiant de victimes d’un « virus cérébral ». Dans le podcast, comme le souligne The Guardian, Carlson a cité des personnalités telles que le sénateur Ted Cruz, l’ancien président George W. Bush et l’ambassadeur en Israël Mike Huckabee, qu’il a qualifiés de « sionistes chrétiens » qui « haïssent plus que quiconque ».

Carlson obtient le soutien de la Heritage Foundation

L’épisode a immédiatement suscité des critiques de la part des républicains pro-Tel Aviv, mais la défense la plus surprenante est venue de Kevin Roberts, président de la Heritage Foundation, le think tank à l’origine du Projet 2025, le manifeste conservateur qui a guidé la seconde administration Trump.
Dans une déclaration, Roberts a qualifié Carlson de « cher ami de la Heritage Foundation, aujourd’hui comme hier ».

« Les Américains attendent de nous que nous nous concentrions sur nos adversaires politiques de gauche, et non que nous attaquions nos amis de droite », a déclaré Roberts, ajoutant que, si l’antisémitisme est condamnable, les conservateurs n’ont pas toujours l’obligation de soutenir Israël. Selon des sources au sein de la Heritage Foundation, le conseil d’administration se réunira cette semaine pour envisager de prendre ses distances avec Carlson. Parallèlement, le podcast a dépassé les 12 millions de téléchargements en 48 heures, signe que la base des partisans de Trump partage les positions de Carlson et Fuentes.

Reflet de cette profonde division au sein du camp conservateur, le commentateur Ben Shapiro s’en est pris à Tucker Carlson, le qualifiant de « plus virulent propagateur d’idées abjectes en Amérique ». Dans le dernier épisode de son émission, The Ben Shapiro Show, Shapiro a fustigé l’ancien journaliste de Fox News pour avoir invité Nick Fuentes. « Le problème n’est pas que Tucker Carlson ait invité Fuentes la semaine dernière – il en avait parfaitement le droit », a expliqué Shapiro. « Le problème, c’est que Carlson a choisi de banaliser l’événement, de le minimiser, et que la Heritage Foundation a ensuite défendu avec vigueur cette initiative. »

La Coalition juive à l’attaque

Alors que le podcast faisait le buzz sur les réseaux sociaux, le congrès annuel de la Coalition juive républicaine (RJC) se tenait à Las Vegas (du 31 octobre au 2 novembre). Cette année, le congrès célébrait son 40e anniversaire avec une programmation prestigieuse : Donald Trump par visioconférence, le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, les sénateurs Ted Cruz et Lindsey Graham, et la gouverneure de l’Arkansas, Sarah Huckabee Sanders. Depuis la tribune de la principale organisation républicaine juive-américaine – dont le conseil d’administration comprend les milliardaires Miriam Adelson (principal donateur de Trump), Paul Singer et Bernie Marcus – un déluge de critiques s’est abattu sur Tucker Carlson en les accusant sans détour d’« antisémitisme ». Lindsey Graham a exhorté l’auditoire à ne pas s’inquiéter de « ces stupides interviews » car « le Parti républicain a tout prévu », soulignant l’amour des conservateurs pour Israël.

Mark Levin a prononcé un discours enflammé contre Tucker Carlson et Nick Fuentes, les accusant de propager la haine antisémite et de trahir les principes judéo-chrétiens américains. Levin a qualifié la députée républicaine Marjorie Taylor Greene de « traîtresse » et d’« ennemie » pour ses critiques du soutien inconditionnel à Israël, déclarant : « Je me bats contre ces salauds depuis six mois ! »

Répondant à ceux qui s’opposaient à la « culture de l’annulation », il a rétorqué avec véhémence : « Comment ça, on n’annule personne ?… On a annulé Pat Buchanan. On a annulé la John Birch Society. On a annulé Joseph Sobran… On annule des choses tout le temps, bon sang ! » Levin a exhorté les dirigeants républicains à isoler ces « fanatiques » en boycottant leurs plateformes et leurs financements, les avertissant que les politiciens réticents « doivent avoir peur de nous », et a qualifié Fuentes de « petit Adolf » et Carlson d’« antisémite sorti de nulle part ».

La mort de Charlie Kirk en toile de fond

La mort mystérieuse de Charlie Kirk divise également les milieux pro-Trump et conservateurs. Selon des informations récentes, le jeune militant et fondateur de Truning Point USA, tué lors d’un rassemblement dans l’Utah par Tyler Robinson, 22 ans, aurait pris ses distances avec sa position pro-israélienne antérieure – du moins selon la version officielle. Cette information est confirmée non seulement par des enquêtes journalistiques, comme celles de Grayzone de Max Blumenthal, mais aussi par les propres déclarations publiques de Kirk et confirmés par son amie de toujours Candace Owens.

Selon des informations parues ces dernières semaines, le milliardaire pro-israélien Bill Ackman a organisé une réunion dans les Hamptons au cours de laquelle, d’après certaines sources, lui et d’autres personnes auraient vivement attaqué Kirk pour ses critiques de l’influence israélienne à Washington. Ackman avait organisé cette rencontre dans les Hamptons pour discuter de la menace que représenterait pour l’Occident Zohran Mamdani, récemment élu à la mairie de New York. Au cours de cet événement, Ackman s’est heurté à Kirk au sujet de ses positions sur Israël, tandis que Natasha Hausdorff, représentante de UK Lawyers for Israel, a élevé la voix contre le jeune homme de 31 ans, selon un participant à la réunion.

Ces derniers jours, le directeur du FBI, Kash Patel, a brutalement interrompu l’enquête menée par Joe Kent, directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme et proche collaborateur de Tulsi Gabbard, qui explorait une piste suggérant une possible implication étrangère dans le meurtre. L’hypothèse d’un rôle d’Israël, en particulier, a provoqué une vive émotion au sein de la droite internationale.

ICI MOSCOU: La solution diplomatique

Dans cette édition de « ICI MOSCOU », Xavier Moreau évoque la rencontre entre Donald Trump et Viktor Orban à Washington, le franc CFA et la question du Sahara occidental. Des accords entre chefs d’État et à l’ONU font avancer la diplomatie.

Volodymyr Zelensky veut ponctionner les avoirs russes gelés. Viktor Orban a obtenu une dérogation aux sanctions américaines sur l’énergie en provenance de Russie. En Afrique, la question de la réforme du franc CFA est encore débattue, tandis qu’à l’ONU, une résolution a été adoptée sur l’avenir du Sahara occidental.

Pour en parler, Xavier Moreau reçoit Bernard Lugan, historien et directeur de la revue « l’Afrique réelle », Kamal Louadj, correspondant de Sputnik Afrique, Laddy Yangotikala, député à l’Assemblée nationale congolaise (RDC) et Gilles Rémy, chef d’entreprise français.

Bulletin STRATPOL N°264: Mensonge, défaite et corruption, IFRI en panique, Grand Jeu. 14.11.2025

Au menu cette semaine:

00:00 Géopolitique profonde

  • Loiseau vs Liberté d’expression
  • Arnaud Breton et Laurent Henninger
  • « Grande rupture » dans le Figaro
  • Staline et Eisenstein

08:15 Économie

  • Investir en Russie
  • Brise-glace « Russie »
  • Finlande en ruine
  • Londres et Oslo ne paieront pas

13:50 Politico-diplomatique

  • Nationalisme tchèque contre la guerre
  • Corruption à la Kiev
  • Retour du Grand Jeu
  • Employé du mois : Al Chareh
  • Triomphe d’Orban

28:20 Empire du mensonge

  • Moment bunker : IFRI vs Russie
  • Syndrome Paul Ier

34:40 Considérations militaires générales

  • MI6 vs MIG-31
  • Un déserteur toutes les 2 minutes
  • Mad Max à Pokrovsk
  • Armée de drones

39:42 Carte des opérations militaires

Liens :
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operation drogue

Hegseth annonce l’opération “Lance du Sud” dirigée contre les cartels

Le secrétaire au Pentagone, Pete Hegseth, a annoncé le lancement d’une opération contre les cartels de la drogue dans l’hémisphère occidental. Baptisée « Opération Lance du Sud », cette opération de l’armée américaine vise à éliminer les « narcoterroristes » et à garantir un pays exempt de drogue.

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La position Trump dans le conflit en Ukraine a-t-elle évolué ?

Le 47ème président des États unis d’Amérique, Donald Trump, sera probablement celui qui devra gérer la fin de l’ère de leadership occidental sur le monde. Il doit pour cela mener plusieurs guerres simultanées, tâche qu’il assure mieux que les médias européens ne veulent bien le dire. La Russie semble discerner sa stratégie mais sans encore renoncer à une posture de négociation en vue d’éviter un affrontement nucléaire majeur. Pour maintenir l’hégémonie de Washington sera-t-il indispensable d’obtenir la défaite de Moscou ?

Le « pacificateur » doit mener plusieurs guerres simultanées

1- Une guerre eschatologique existe entre l’hégémon occidental[1] et le Katechon, pour le dire -trop- simplement, la « force qui retient » (l’Antéchrist ou une puissance dominatrice et maléfique pour l’Humanité), perçue par Moscou comme s’identifiant avec la Troisième Rome et l’orthodoxie russe. Ce premier axe conflictuel fondamental est complexifié par des dissensions internes.

Ainsi, une « guerre civile » entre la révolution politico-morale du mouvement MAGA l’oppose aux forces de la Gnose déconstructrice. Cela, sur le sol états-unien comme en Europe, qui en constitue la queue de comète et abrite de nombreuses oppositions au Trumpisme.

A l’inverse, il y a un rapprochement théorique et religieux de principe entre conservateurs, qui brouille sans aucunement la supprimer l’opposition entre Occident et Monde de la Tradition, Russie comprise.

2- L’opposition interne persiste en Occident, malgré la mise au pas des vassaux de l’OTAN et l’instrumentalisation de l’UE comme auxiliaire de puissance états-unienne ; toutefois les rivalités idéologiques n’affectent pas les décisions économico-financières qui orientent la politique aux USA. C’est pourquoi, soit qu’il agisse sous la pression d’une élimination, y compris physique, par les tenants de l’État profond, soit qu’il reprenne à son compte les mêmes intérêts, le POTUS au-delà de certaines apparences, mène une stratégie à l’égard de la Russie qui s’inscrit dans la continuité.

3- La géopolitique états-unienne est l’héritière de celle du royaume britannique : empêcher la constitution d’un bloc continental rivalisant avec la puissance thalassocratique (militaire et économique) de Londres s’est perpétué en une volonté de dominer le Rimland mondial en neutralisant le pivot eurasiatique. Cet impératif a conditionné les deux interventions de Washington lors des conflits mondiaux qui ont in fine permis sa suprématie. Washington avait téléguidé post-1945 une union des puissances européennes qui a consolidé son leadership, culturel, économique, politique et militaire en Europe. Il fallait s’assurer d’un découplage définitif de l’UE (surtout l’Allemagne) d’avec la Russie, objectif atteint avec le conflit en Ukraine, qui a aussi réduit la puissance européenne et renforcé ses vulnérabilités et dépendances aux USA. Connexe avec cette lutte contre l’émergence d’une grande puissance continentale de la monarchie britannique puis de Wall street, l’objectif du Grand jeu britannique et de l’expansion germanique à l’Est, la neutralisation de la Russie, s’inscrit également dans la logique historique occidentale contre Byzance. Le démembrement de l’URSS avait presque permis la captation des ressources de la Russie par les firmes occidentales, mouvement eltsinien auquel mit fin le président Poutine avec l’aide des structures de force seules subsistant pour contrôler la nouvelle Fédération de Russie. Les enjeux de la guerre actuelle sont non seulement de drainer les ressources de l’Europe mais aussi à moyen terme, soit par négociation soit par résultat de guerre, à mettre la main sur les ressources eurasiatiques sous contrôle de Moscou. Cette stratégie vise à impacter par effet « boule de billard » la RPC, qui reste l’adversaire majeur de Washington. Cela éclaire les positions médiatiquement variables mais téléologiquement cohérentes du président Trump. Limiter l’accès de Pékin aux ressources et à l’espace (y compris maritime arctique) russes est un objectif capital pour Washington. Le président Trump semble avoir admis qu’une politique de confrontation est désormais trop risquée, mais cela n’empêche nullement une stratégie indirecte dans laquelle l’UE (comme marché) et la Russie (comme pourvoyeur et partenaire stratégique) sont visées. Il s’agit donc d’une guerre existentielle et civilisationnelle.

Maîtriser le passage du statut d’hégémon à la simple conservation du Leadership

Le président Trump développe une politique complexe, parfois en rupture mais au fond conforme avec celle de ses prédécesseurs. Outre les autres joueurs, il doit tenir compte de ses oppositions intérieures, de ses « alliés/vassaux », des intérêts à long terme des USA et de la perte relative de la capacité d’action états-unienne avec le dépassement de la « fin de l’Histoire » : idéologique et culturelle (identifiée comme des facteurs de puissance depuis les années 1920), économique et financière, et diplomatique et militaire.

Pour maintenir son leadership mondial, le président des USA dispose de moyens de pression :

  1. L’action militaire directe dont il semble avoir compris qu’elle ne permet qu’une action ponctuelle, sous peine de créer des « bourbiers ». Elle est complétée par l’activation et le support à des proxys (Israël et Turquie, Union Européenne …) qui prennent en charge les conflits dans la durée sans engagement US autre qu’un soutien qui s’avère favorable au lobby militaro-industriel états-unien.
  2. L’action diplomatique reprend les principes d’inversion orwellienne (« la guerre c’est la paix ») permettant curieusement d’assurer une certaine légitimation interne et internationale.[2]
  3. Le POTUS est apparemment moins intéressé que ses prédécesseurs par le contrôle des appareils et institutions internationales, véritables fictions juridiques ayant fonctionné comme leviers de commande mondiaux au profit de l’Occident, n’hésitant pas à s’en retirer ou cesser de les financer lorsqu’ils ont été subvertis notamment par des idéologies hostiles à sa doctrine et présentes aux USA mêmes.
  4. Donald Trump semble bien plus en faveur de deals léonins fonctionnant comme les traités inégaux de la diplomatie européenne du XVI au XIXème siècle, appuyés sur la puissance US et la corruption ou la vassalisation des élites locales, politique menée par ses prédécesseurs également.
  5. La politique des « sanctions » jusque lors relativement inopérante car surtout auto-détrimentale des intérêts européens, devient plus efficace depuis que le poids des USA est réellement jeté dans la balance pour dissuader ou soumettre les partenaires économiques de Moscou. Ces mesures restent cependant très mesurées concernant l’investissement US préservé en vue de deals futurs, frappant plutôt les États vassaux ou les partenaires économiques de la Russie.

Premier bilan de l’action du président Trump 

  1. Au-delà des déclarations et « coups » médiatiques[3], on constate un renforcement de l’aide militaire à Kiev, une continuité du soutien ISR et appui matériel permettant de frapper la Russie dans son économie (missiles à portée intermédiaire, voire longue portée) et de maîtriser le recul inexorable mais limité des ZSU sur le terrain.
  2. C’est l’administration Trump qui a relancé les chaînes de production du complexe militaire US, et la reconstitution d’une base militaro-industrielle dégradée de l’OTAN*, via les 5% du PIB et aux frais de l’UE. L’intégration des leçons de la guerre en Ukraine pour l’organisation, l’équipement et la formation des forces armées US. Malgré des résultats incertains, le schéma de l’organisation militaire de l’OTAN est accepté par de nouvelles armées, d’États membres ou pas. La doctrine US semble donc toujours considérée comme efficace dans le long terme.
  3. Le retrait des dispositifs négociés de contrôle des armements nucléaires, avec une modernisation de l’arsenal US (hypersonique et ICBM de 13000 Km de portée, nouveau SNLE, systèmes RMT de brouillage des satellites russes et chinois) et le retour de moyens mis en suspens (missiles intermédiaires, positionnés pour un temps de vol de 7mn vers la Russie, défense antimissiles balistique avec le golden dome). Le retrait des traités et de la prohibition des essais nucléaires, le renforcement de la préparation des forces de dissuasion (incluant des exercices d’attaques préventives de Moscou et de Kaliningrad) sont des signaux d’acceptation théorique d’une guerre nucléaire.
  4. Une pression réelle et accrue sur l’économie russe et la géopolitique de l’énergie (RPC, Inde). L’évaluation de son efficacité réelle est délicate en fonction de déclarations contradictoires des pays concernés (arrêt des achats pour les compagnies chinoises Sinopec et Petrochina, malgré les déclarations gouvernementales de fermeté, refus de se plier du gouvernement Modi…) et des États de pavillon des pétroliers visés. La société russe et la Banque centrale semblent toutefois attester d’un effet assez puissant de cette stratégie d’action périphérique.
  5. Des succès via Israël et Turquie contre l’arc Chiite et donc la ceinture sud de la défense Russe. Les conséquences réelles de la défense par missiles des Iraniens et celles de la frappe étas-unienne sur les complexes nucléaires restent difficiles à estimer, mais Moscou n’a paru soutenir qu’assez mollement Téhéran lors de l’attaque israélienne. Le nouveau gouvernement syrien n’a pas expulsé la Russie de ses bases et semble même souhaiter une coopération maintenue mais la position globale russe reste fragilisée depuis un an. En Afrique la non-fiabilité des États sahéliens ayant souhaité l’alliance avec la Russie était assez prévisible, avec ou sans intervention clandestine d’Ankara ou des Anglo-saxons au profit des oppositions.*
  6. Le renforcement du « nouveau rideau de fer » et un retour à la politique passée de l’OTAN : ouverture vers les routes du Nord via la militarisation de la Baltique ; durcissement de la position des riverains de la Mer Noire (flanc Sud de l’OTAN) aux frais des Européens.* La Serbie du président Vucic semble irrémédiablement couper ses liens avec la Russie pour basculer dans l’UE voire l’OTAN (rencontre Vucic Zelensky, fourniture avouée de munitions et matériels militaires à Kiev par Belgrade, avertissement de « mini révolution de couleur » en Serbie…). La Hongrie semble encore préservée grâce aux liens forts entre Donald Trump et Orban Viktor mais l’opposition est agitée par l’UE et la subversion kiévienne et une position excessivement pro-russe subirait la sanction du suzerain états-unien qui livrerait Budapest à ses ennemis européens. Dans cette guerre également il y a des dissensions internes parfois contradictoires. Ainsi la Pologne est clairement russophobe mais aussi en butte aux pressions de Bruxelles pour des considérations idéologiques (immigration, normes sociétales déconstructrices…), comme Hongrie, Slovaquie et Tchéquie qui semblent se rapprocher. Alors que les ex-colonies semblent durablement rejeter les valeurs du « Milliard doré » occidental, les populations d’Europe de l’Est semblent toujours hypnotisées par le mythe européen et les espoirs de prospérité qu’il représente. L’UE se vantait d’incarner la paix, la prospérité et la liberté. Cette promesse a été triplement démentie mais cela n’apparaît pas encore forcément aux populations. Les Russes depuis Pierre le Grand puis Catherine la Grande ont longtemps nourri une forme de complexe d’infériorité vis-à-vis de l’Europe, notamment germanique, qui n’avait pas totalement disparu même après 1945. Avec le départ des populations les plus occidentalisées au début de la SVO, cette mentalité semble en net recul.
  7. La consolidation de la présence US dans l’étranger proche russe : Imposition d’une paix entre Arménie* et Azerbaïdjan, avec des perspectives économiques pour les USA (« pont TRUMP ») ; bascule de ces deux pays sur le modèle militaire de l’OTAN. Réunion C5+1 à Washington avec les chefs d’État d’Ouzbékistan, Kazakhstan, Tadjikistan, Kirghizstan et Turkménistan avec une implantation culturelle et économique occidentale croissante dans cet ensemble d’Asie centrale qui rassemble l’équivalent de la moitié de la population russe désormais et projette au moins l’équivalent d’un un dixième de celle-ci via les diasporas sur le sol russe. A cet égard le repli russe est incontestable. Moscou se trouve dans une position relativement comparable à celle de Paris lors de l’après décolonisation, avec le sort de populations russes comparables aux Pieds noirs (dans les pays baltes, en Géorgie, Moldavie et en Asie centrale) et des relations avec les anciennes républiques soviétiques défavorables au Centre.

Dans les faits, et en contradiction d’analyses médiatiques superficielles et puériles (« cadeaux » de Trump à Poutine, soi-disant manipulation du premier par le second) les USA se préparent donc activement et plutôt efficacement pour mener la prochaine guerre civilisationnelle dont les prémices sont en cours en Ukraine.

Quelles options russes ?

Guerre d’économie

Face à cela, la Russie peut-elle continuer à mener une guerre « à l’économie », sans mobiliser ni utiliser ses moyens le plus puissants ni engager toute la société dans le conflit, comme cela a été le cas jusqu’à présent ?

  1. Au plan humain, la situation ne paraît pas critique. Ainsi, la mobilisation de réservistes pour protéger les sites sensibles visés par les drones et missiles kiéviens répond toujours à une logique contractuelle ; les Appelés sont toujours écartés des lignes de combat. Toutefois il est toujours impossible de dégager la ressource biologique nécessaire et de la déployer pour des offensives de grande ampleur et les pertes russes, inconnues, ne sont pas négligeables. En maintenant le front Kiev ne peut espérer récupérer de territoires mais elle ouvre l’arrière russe à ses attaques à distance en fixant les ressources russes.
  2. La production industrielle militaire a augmenté notamment en matière de missiles (270 lancés en octobre 2025 soit +46% de plus que le mois précédent) et de bombes planantes (FAB qui volent désormais sur 200Km, 5328 ont été larguées en octobre 2025 seulement), les drones sont produits en masse et améliorés (Gerbera et Geran à réaction), mais la Russie a dû recourir à la RPC pour les milliers de Km de fibre optique nécessaire, elle a perdu sa supériorité en matière de fabrication de munition selon le Secgen de l’OTAN. La Recherche russe produit des armements de très haute technologie dont certains ne sont pas issus du R&D soviétique.
  3. Les réserves soviétiques semblent consommées, la production d’engins blindés et de canons compense les pertes mais plafonne. Les nouveaux aéronefs sont livrés aux forces mais en quantité réduite et il subsiste des déficits capacitaires (Avions radar A-50 ou A-100, avions stratégiques modernes, flotte logistique d’IL-76 M en diminution…) et les terrains restent anormalement vulnérables faute d’abris enterrés, la défense antiaérienne en général (sites industriels et villes compris) semble dépassée par rapport au PVO soviétique. Cette situation peut être le résultat d’une capacité de production limitée, de choix stratégiques (le Nucléaire pour les trois composantes reste prioritaire) ou de l’analyse des nouvelles menaces par drones qui rendent certains matériels moins utiles ?
  4. Au point de vue organisationnel et innovation technique, l’armée russe semble avoir dépassé ses faiblesses traditionnelles et celles démontrées en 2022. Mais tant le commandement que les méthodes restent orientés vers des actions relativement limitées (bien que le Genshtab et les commandants de terrain appliquent la stratégie opérative avec un succès et à une échelle qu’aucune armée de l’OTAN, hors celle des USA, ne serait probablement capable d’égaler en offensive). Cela est-il imputable aux ordres du Politique (vraisemblable) ou à un dimensionnement trop réduit pour faire plus ?
  5. Si la guerre évolue positivement en 2026, les USA pourraient en tirer des conclusions pragmatiques. Les dirigeants européens sont trop englués dans leurs problèmes internes pour se désengager sagement. Une victoire russe signifierait le maintien d’une frontière hostile à l’Ouest et le maintien de bases de départ sur un État croupion en Ukraine occidentale. Mais sans l’appui états-unien la capacité d’agir de l’UE plus le Royaume Uni resterait en deçà du seuil tolérable, davantage guerre subversive que de haute intensité. Cette option semble celle retenue par le président russe mais elle contient des failles et des possibilités d’évolutions négatives.

Guerre totale

Mener une guerre totale permettrait une victoire face à Kiev, mais ferait monter les enchères face à l’Occident, où une seconde ceinture d’États hostiles semble en voie de construction. Surtout, cela drainerait les moyens que le président russe souhaite affecter au développement intérieur. Néanmoins la menace sur les œuvres vives de l’économie russe, l’arrimage asymétrique croissant avec la Chine font que le temps ne joue plus nécessairement pour le Kremlin. La stratégie de gains territoriaux limités par infiltration face aux drones trouve ses limites car elle consomme aussi les moyens de Moscou et ne prépare pas une intervention extérieure massive et décisive : Au « Je les grignote » de Joffre devait succéder « J’attends les Américains et les chars » de Pétain en 1917. Moscou se retrouve plutôt dans la situation du Reich à partir de 1942. Un appui chinois trop exclusif pourrait s’avérer un piège à long terme, ce qui explique sans doute les collaborations avec la Corée du Nord et la volonté de conserver de bonnes relations avec l’Inde.

  1. La préparation de la guerre est une réalité croissante en Occident. La remontée en puissance d’un bloc militaire de 500 millions de membres d’une UE – il est vrai parcourue de forces centrifuges – coordonnée et soutenue par la puissance des USA, laisse penser qu’attendre ne profitera pas à la Russie. Il semble que ce soit la raison des déclarations du président Vladimir Poutine et du dévoilement de moyens de guerre terrifiants comme la torpille nucléaire autonome Poséidon, le missile nucléaire autonome Burevestnik, ou l’entrée en service de série de l’ICBM lourd Sarmat ou du missile de portée intermédiaire hypersonique Oreshnik. Mais cette communication est héritée de la guerre froide, lorsque les parties savaient entendre et comprendre les risques révélés par l’affaire des missiles en 1962. Les nouvelles générations de décideurs européens paraissent peu sensibles à cette rhétorique, par défaut de compétence historique ou simplement parce qu’ils n’y croient pas. Il est vrai qu’au fur et à mesure de l’engagement croissant de l’Occident dans la guerre contre la Russie le Suprême russe a fait preuve d’une forte capacité à se maîtriser. Les USA semblent davantage conscients du risque mais travaillent à renforcer leur propre dissuasion et pourraient vraisemblablement sacrifier les proxys européens si nécessaire.[4]
  2. Or, si le bloc occidental s’engage réellement dans une lutte conventionnelle, la Fédération de Russie se retrouvera dans la situation de Kiev actuellement, dépassée techniquement et quantitativement et adossée à une force industrielle trop réduite. Mais si Kiev peut choisir de riposter par le terrorisme et les frappes à distance comme Londres en 1941 dans l’attente de l’implication de Washington, Moscou ne pourrait réagir comme en 1941 en exploitant une profondeur territoriale et stratégique désormais insuffisante, comme l’a démontré l’attaque des bases de bombardiers stratégiques et les frappes sur des installations au cœur même de la Fédération. Cela devrait certainement rapidement conduire à recourir à son arsenal nucléaire, engageant une surenchère difficilement contrôlable.
  3. L’option d’une désescalade semble assez improbable, car Washington mène la guerre dans sa philosophie non-Westphalienne habituelle (capitulation inconditionnelle et annihilation de l’adversaire), faiblement tempérée par la volonté d’imposer des contrats aux vaincus. Ce dernier point pourrait néanmoins peser sur les choix de Donald Trump s’il y trouvait un intérêt économique et financier pour son pays et un avantage diplomatico-politique pour lui (il s’efforce de fustiger « la guerre de Biden » mais au bout d’une année il devra assumer l’évolution d’une situation qu’il affirma pouvoir régler). Comme toujours aux USA la situation interne primera sur l’international, mais la gestion de la crise de l’hégémon devra déterminer si la défaite russe est indispensable ou peut se négocier différemment, ce qui conditionnera l’engagement de Washington et donc celui de l’UE.
  4. L’espoir de voir les peuples européens reprendre leur destin en mains pour imposer une démarche lucide et pacifique semble vain, au vu des manœuvres électorales récentes et de l’ingénierie sociale mise en place dans l’UE : après la pression de conformité sociale imposée par des médias sous contrôle, la menace administrative exponentielle et la sanction pénale semblent rendre impossible toute remise en cause du système et des orientations actuelles. La déclaration du Directeur général de Gendarmerie Hubert Bonneau lors de l’audition sur la loi de finances 2026 le 29 octobre, qui évoque un engagement militaire à l’Est (confirmant les propos du Chef d’État major des Armées) et la préparation de la Gendarmerie pour faire face aux mouvements de protestation de la population consécutifs, en donne une inquiétante confirmation. En revanche l’effondrement économique de l’Union européenne pourrait drastiquement faire bouger les lignes ; avec l’instabilité migratoire et le délitement social, ce sont des facteurs susceptibles de suffisamment ébranler les États membres pour modifier leur volonté et leur capacité à alimenter une guerre à l’Est.

En guise de conclusion (provisoire)

Sans être péremptoire, l’analyse laisse envisager que le Suprême russe envisage de continuer à mener une guerre de type SVO élargi en Ukraine, en consacrant des moyens relativement limités et dans une logique de réponse symétrique jusqu’à la libération des territoires constitutionnellement rattachés à la Fédération de Russie après 2022. La victoire partielle, sans satisfaire complètement aux buts de guerre fixés, laissant une Ukraine hostile et idéologiquement russophobe, extrêmement militarisée et alimentée par l’Occident, déboucherait au mieux sur un front figé et une ligne de partage temporaire, comme en Allemagne après 1945, en Corée après et au Vietnam après 1956, avec un fort potentiel de reprise des hostilités. Cette option semble prise en considération par la Russie, qui a redéfini les modalités administratives de mobilisation, préservé les forces nucléaires et semble affecter la production militaire dans la perspective de soutenir un conflit de plus grande intensité directement face à l’Occident et plus uniquement son proxy kiévien.

Au final, Donald Trump fait le maximum pour que son pays conserve au moins le leadership de l’Occident (incluant Israël, Corée du Sud, Australie et Nouvelle Zélande) et que le déclassement progressif notamment de l’Europe impacte a minima les USA. Face à la RPC, en gardant la possibilité d’activer Taïwan et Séoul, il agit sur la Russie par le biais du proxy kiévien et des Européens, afin de la contraindre à négocier ses ressources, à se découpler d’avec Pékin, voire à capituler et à ne plus pouvoir assumer un rôle leader sur la planète, des BRICS et des Non-alignés. Il subsiste trois interrogations majeures :

  1. Quelle est la marge de manœuvre du président américain au sein de son propre pays ?
  2. A-t-il une appréciation suffisamment lucide et raisonnable du risque de guerre nucléaire avec Moscou, compte-tenu du possible sacrifice des pions européens de l’OTAN ?
  3. L’objectif de maîtrise du leadership mondial est-il compatible avec une victoire totale ou partielle de Moscou et un désengagement de Washington (dont ce ne serait pas la première fois qu’elle abandonnerait des alliés ou affidés) ou bien l’exigence de contrôle des oppositions à l’hégémonie postule-t-elle obligatoirement pour le président états-unien la destruction d’une Russie forte et autonome menaçant de fédérer un bloc anti-occidental ?

NOTES

* Dans ces dossiers, et peut-être d’autres, il semble que la politique française ait été en opposition avec celle de Washington, sans pouvoir s’imposer.

[1] Encore fortement teinté de messianisme aux USA, en particulier au sein du mouvement MAGA et chez les Neocons pétris de Manifest destiny. Certaines oppositions ne sont qu’apparentes. Ainsi le mouvement déconstructeur et anti-traditionnel porté en Occident ne cherche-t-il qu’à légitimer une remise en cause du système en place au profit de forces qui estiment ne pas ou plus en profiter suffisamment, renforçant en réalité l’état profond et ses responsables qui ont d’ailleurs aidés et financé les structures de contestation (ex : appui de Soros, de Schwab…). On rappellera la maxime du Guépard « il faut que tout change pour que rien ne change » (« si nous voulons que tout reste pareil il faut que nous changions » tout dans la traduction de Di lampedusa). La contestation est le moteur des révolutions mais celles-ci ne visent qu’à imposer un nouvel ordre des choses et une nouvelle affectation du pouvoir et des richesses. Ainsi en est-il du gnosticisme actuel qui manipule alibi écologique, libéralisme sociétal et transhumanisme technologique afin d’organiser un collapsus culturel donc religieux donc social donc politique permettant d’imposer de nouvelles normes davantage favorables aux promoteurs cyniques et clandestins. Le phénomène est bien documenté historiquement, Marxisme léninisme, Révolution Française, Réforme. Les tentatives de contrôler ces mouvements expliquent certaines positions apparemment surprenantes de l’establishment. C’est particulièrement vrai au sein des dynasties patriciennes et capitolines aux USA mais pas seulement.

[2] Peacemaker était aussi le surnom du revolver Colt Single action army, ce qui ne manque ni de sel, ni de sens.

[3] Comme pour tout marchandage, la stratégie trumpiste est d’alterner carotte et bâton, ce qui explique la tenue du sommet d’Anchorage, l’annulation de celui de Budapest, la menace de fournir des missiles Tomahawks – encore virtuelle au vu des arsenaux et des vecteurs terrestres disponibles – l’envoi de SNLE états-uniens menacer la Russie, les pressions accrues sur les acheteurs de gaz et pétrole russes. D’une manière générale l’analyse penche malheureusement plutôt vers des gesticulations et dissimulations d’une stratégie de guerre confirmée.

[4] Le traitement du président autoprolongé Zelensky peut s’expliquer par sa peu valorisante position de vassal, mais aussi par l’appui dont il a joui de la part de certains clans démocrates US (malgré ses mauvaises relions avec le président Biden), par son manque de coopération pour dépêtrer Trump de la pseudo ingérence russe et pour confirmer l’implication du clan Biden dans les malversations de Burisma, par le soutien dont il bénéficie de la part des tenants de l’idéologie wokiste/LGBT et des vassaux réticents de l’UE.

shutdown termine

Avec une loi de finances provisoire, Trump met un terme au plus long shutdown de l’histoire

Le président américain Donald Trump a signé une loi de finances provisoire, mettant fin à la plus longue paralysie de l’administration fédérale de l’histoire. Ce texte rétablit le fonctionnement des agences fédérales et garantit le versement des arriérés de salaire aux fonctionnaires.

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Al-Chareh : la Syrie est désormais un allié des États-Unis

La Syrie est entrée dans une nouvelle ère, qui reposera sur une nouvelle stratégie de développement avec les États-Unis, a déclaré le président de transition du pays, Ahmed al-Chareh, dans une interview accordée à Fox News.

« La Syrie n’est plus perçue comme une menace pour la sécurité ; c’est désormais un allié géopolitique et un pays où les États-Unis peuvent mettre en œuvre d’importants projets d’investissement », a souligné le président.

Selon lui, cela est particulièrement vrai pour les projets du secteur de la production de gaz.

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orban trump

Orban obtient de Trump une exemption de sanctions pour importer des énergies russes

Le monde s’efforce de comprendre les accords conclus par le Premier ministre hongrois Viktor Orbán aux États-Unis. L’importance de ses entretiens avec le président Trump a largement dépassé le cadre des relations bilatérales, abordant les questions les plus pressantes de la politique mondiale : de la crise ukrainienne et la guerre des sanctions au partenariat UE-États-Unis. Le principal bénéficiaire de cette rencontre a été le dirigeant hongrois, qui a pris position contre « l’Europe libérale » et obtenu l’exemption de la Hongrie des sanctions pétrolières russes. Un autre résultat clé a été la relance de l’idée d’un sommet russo-américain à Budapest et la volonté du président Trump d’écouter Viktor Orbán, qui, selon le chef de la Maison Blanche, « connaît bien Poutine ».

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afrique du sud

Donald Trump considère que l’organisation du sommet du G20 en Afrique du Sud est une “honte”

Le président américain Donald Trump a déclaré qu’il considérait le prochain sommet du G20 en Afrique du Sud comme une véritable honte.

« C’est une véritable honte que le G20 se tienne en Afrique du Sud », a écrit le dirigeant américain sur le réseau social Truth Social.

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États-Unis: Quand le FBI enquête sur des “groupes criminels” Israëliens mais évite d’en parler publiquement !

Le FBI dispose d’une unité dédiée au crime organisé basée en Israël, désignée par l’acronyme IBOCS (Israeli Based Organized Crime Syndicates – Syndicats du crime organisé basés en Israël). Cette information a été révélée par une enquête publiée dans le magazine The American Conservative et menée par le journaliste Daniel Boguslaw, qui s’appuie sur des documents internes et des témoignages d’anciens agents. Des documents confidentiels du FBI et des dossiers judiciaires mettent en lumière un vaste réseau de blanchiment d’argent, de fraude fiscale et de trafic de drogue opéré aux États-Unis par des citoyens israéliens liés à de puissantes organisations criminelles israéliennes.  

Malgré des années d’investigations en cours, le Bureau d’enquête a toujours évité de divulguer les ressources déployées et les résultats obtenus : en 25 ans, très peu de poursuites ont été engagées et aucune communication officielle n’a jamais reconnu l’existence de ces mafias transnationales. Un ancien agent fédéral cité dans l’article explique : « Il existe un programme IBOCS officiel. Lorsque le profil du suspect devient complexe, un lien avec des institutions israéliennes est présumé ; à ce stade, le dossier est transmis à la Division de la sécurité nationale.» Un deuxième ancien agent ajoute : « Les accusations restent des cas individuels. Présenter un “réseau israélien” n’a jamais été populaire. »

Enquêtes du FBI

En 2020, le FBI, dans un rapport divulgué par « Blue Leaks » et archivé par DDoSecrets, a mis en cause le clan IBOCS pour le détournement de millions de dollars du Programme de protection des salaires (PPP), le plan de relance économique mis en place face à la crise de la COVID-19. Actif au Nevada et en Floride, ce clan falsifie des états financiers et des déclarations de revenus depuis 2015 afin de dissimuler du blanchiment d’argent et de réduire ses impôts. Il utilise des sociétés écrans et des sociétés de façade pour obtenir des prêts fédéraux en quelques clics.

Mais les activités de cette organisation criminelle ne s’arrêtent pas là : elle se livre également à des activités frauduleuses en utilisant des fonds destinés aux victimes de catastrophes naturelles, gère des tripots clandestins, extorque des hommes d’affaires, se livre au trafic de drogue et blanchit de l’argent sale dans plusieurs villes américaines, dont Las Vegas, Los Angeles, Miami et New York. Cette organisation est si répandue qu’elle utilise les fonds publics pour alimenter sa propre guerre privée.

Au cœur de Manhattan, le tribunal fédéral du district sud de New York a récemment condamné celui qu’on appelle le banquier caché d’IBOCS, le syndicat du crime organisé basé en Israël déjà connu du FBI pour avoir inondé les États-Unis d’ecstasy pure à 91 %.

Entre 2019 et 2024, cet homme a blanchi 28 millions de dollars via des sociétés écrans, des cryptomonnaies et des comptes aux îles Caïmans, tandis que ses « mules » atterrissaient à JFK avec des valises remplies de pilules orange. Outre le blanchiment d’argent, il avait accès aux laboratoires néerlandais et aux numéros de téléphone de videurs à Brooklyn : une ligne directe entre les raves de Tel Aviv et les clubs de Williamsburg. Pour ces faits, le juge l’a condamné à 188 mois de prison, cinq ans de mise à l’épreuve, la confiscation de villas en Floride, de montres Rolex et de portefeuilles numériques, ainsi qu’à une amende de 2,5 millions de dollars.

En 2016, le chef du crime organisé Moshe Matsri, connu sous le nom de « Moshe le Religieux » et lieutenant de la puissante famille Abergil, a été condamné à 384 mois (32 ans) de prison fédérale par le juge Terry J. Hatter Jr. à la suite d’un procès qui a démantelé l’un des réseaux de trafic de cocaïne et de blanchiment d’argent les plus sophistiqués d’Israël, des États-Unis, d’Amérique latine et d’Europe.

L’organisation Abergil

En 2022, Yitzhak Abergil, chef de l’un des six plus importants cartels israéliens et figurant parmi les 40 plus gros importateurs d’ecstasy aux États-Unis, a été condamné à trois peines de prison à perpétuité consécutives pour le triple meurtre de civils, perpétré lors d’un attentat à la bombe rue Yehuda Ha-Levi en 2003 : une tentative d’attentat manquée contre son rival Ze’ev Rosenstein, qui a coûté la vie à trois innocents. L’organisation d’Abergil gérait des casinos, se livrait au blanchiment d’argent, à l’extorsion et au trafic de drogue entre Jérusalem et Los Angeles. Extradé aux États-Unis en 2011 pour meurtre et trafic de drogue, Abergil y a purgé sa peine avant de retourner en Israël.

Rapport de situation automne 2025

Après la rencontre en Alaska et les sommets avec le parti belliciste européen, la stratégie trumpienne se précise. Malgré les espérances naïves et irréalistes sur « l’amitié » du POTUS avec le suprême russe, la Realpolitik s’impose, avec finalement peu de différences, hormis la forme, avec la période Biden, le président états-unien s’attachant aux intérêts des USA (ce qui est légitime, on aimerait que les dirigeants européens en fassent autant pour leurs populations). Il existe aux USA un consensus transcendant les partis sur les questions d’argent et de profit, ce qui pèse naturellement sur les options géostratégiques.

  1. Dans le cadre des relations avec Moscou, cela signifie que Kiev est toujours employé comme proxy pour user le potentiel économique russe, créer une attrition et décrédibiliser son appareil militaire (cf le « tigre de papier ») pour affaiblir son attractivité diplomatique, rendre définitif le découplage avec l’UE. En cas de défaite, des alternatives sont prévues pour prolonger la « guerre éternelle »i.
  2. En seconde analyse, la pression sur Moscou permet aussi d’éroder indirectement la puissance de la RPC et de l’OCS, celle des BRICS, ainsi que la remise en question du leadership occidental par une régénération du multilatéralisme et la résurgence des États-Empires civilisationnels. A à cet égard, la stratégie sous Biden avait abouti à un rapprochement sino-russe défavorable aux USA, ce que la politique de Donald Trump a tenté (tente ?) de corriger. L’ère Trump-Bis correspond aussi à une réactivation de la géopolitique de l’énergie fossile et au quasi-abandon des « politiques vertes » associées à une philosophie désavouée ; celles-ci sont remplacées par un réarmement massif et coûteux financé par les contribuables européens. Les besoins de la Chine et de l’Inde et les ressources de la Russie sont analysés au travers de ce prisme.
  3. Cependant, la stratégie de lend lease réactualisée continue d’alimenter la guerre contre Moscou en injectant des armements US (missiles Air-Air AMRAAM Advanced Medium-Range Air-to-Air Missile, missiles Air-sol ERAM Extended Range Active Missile, missiles anti-aérien MIM-104 Patriot et probablement Missiles de croisière Tomahawk) désormais payés par une UE vassalisée dans le cadre diplomatique et dans celui d’une Alliance atlantique. Washington a imposé sa domination léonine, les derniers accords USA/UE confirmant la déclaration ironique de Vladimir Poutine sur le comportement prévisible des Européens vis-à-vis du président US nouvellement élu. Outre la relance du complexe militaro-industriel états-unien et la mise à jour de l’armée USii, cela remplit un des objectifs permanents de Washington depuis 1945iii : la captation quasiment par le chantage de financements européens directement affectés à l’économie US, le désarrimage de l’Europe de l’énergie russe et la politique belliciste et alarmiste développées par l’UE et la « coalition des volontaires » ont détruit tout espoir de fédérer l’Eurasie autour d’intérêts, de technologies et de ressources partagées.
  4. La guerre civilisationnelle entre la Troisième Rome et la nouvelle Babylone est probablement moins aiguë que sous l’administration démocrate animée par des tendances wokistes et anti-traditionnelles. Mais la préservation de l’hégémon demeure un enjeu fondamental, avec en toile de fond des intérêts économiques et stratégiques qui font persister le caractère stratégique voire existentiel de ce conflit.
  5. Pas plus le président Biden que le président Trump n’envisageaient une implication directe de l’armée des USAiv.

Tout cela signifie qu’il est hautement improbable que le conflit cesse entre Kiev et Moscou. Les buts de guerre définis en 2022 -en réalité en 2015 lors des accords de Minsk, que l’Occident ne souhaitait pas vraiment appliquer, comme l’a rappelé le président russe à Shanghai le 1er septembre 2025- sont un obstacle à une négociation fructueuse avec Kiev tant que le régime Zelensky garde l’espoir de durer, avec ou sans mentor américain. En effet, les plans européens (Cf. réunion Zelensky/VD Leyen du 18 août 2025) prévoient la militarisation de l’Ukraine comme « bouclier », ce qui est en contradiction avec les objectifs russes de neutralisation du pays.

Les positions russes et ukrainiennes se répondent en miroir : obtenir un changement de régime garantissant la non reprise des hostilités dans le futur (notion rappelée par le président maintenu Zelensky lors d’une conférence sur le 50ème anniversaire de l’acte d’Helsinki).

Or, les indéniables progrès de l’armée russe sur le terrain ont été le fait soit d’une surprise tactique (notamment par infiltration souterraine) soit d’une concentration ponctuelle de forces permettant une supériorité temporaire, inenvisageable de manière étendue. Les forces kiéviennes cèdent donc du terrain mais sans effondrement systémique. Les ZSU se réorganisent : re-création de l’échelon Corps d’armée au-dessus des brigades, les trous capacitaires sont comblés par l’OTAN, le parc de matériel soviétique complètement brûlé au combat est remplacé régulièrement par l’Ouest. La capacité en drones reste suffisante pour dissuader les grandes offensives russes et pour frapper en profondeur les complexes énergétiques et même les forces stratégiques et comme moyens d’interdiction, notamment en Mer Noire. Malgré l’attrition biologique considérable, la ressource humaine permet encore d’espérer tenir la ligne de front et d’alimenter au moins partiellement la génération de force, d’autant que la pratique nuisible de création de nouvelles unités est désormais abandonnée au profit du maintien opérationnel de celles existant. L’aide militaire occidentale persiste voire s’amplifie (moyens IRS de renseignement, soutien technique aéronautique, missilerie et développement capacitaire en vue de sabotages et d’actions clandestines).

De ce fait, les progrès russes se paient en pertes, même si le Suprême russe estime qu’elles ne justifient toujours pas une mobilisation des Appelés, et le complexe industriel et énergétique souffre. Cela ne permet aucunement à Kiev d’espérer une victoire (une étude occidentale estime que la Russie pourrait conquérir la totalité du territoire ukrainien en février 2028, selon les tendances actuelles), mais entretient la volonté occidentale d’infliger une défaite stratégique à la Russie.

Sur le front principal :

  1. Les objectifs russes restent de libérer totalement les quatre nouvelles régions, de ménager des zones-tampons au-delà des frontières russes et biélorusses, et d’empêcher Kiev de demeurer une force hostile cohérente et puissante. Cela implique de dégrader profondément les secteurs énergétiques, industriels et les transports, d’affaiblir le leadership kiévien et de rechercher la désintégration morale des ZSU, objectif apparemment encore hors de portée malgré la lassitude, pertes et revers, et les déceptions internes. Les buts de la SVO « justes et opportuns en 2022 » doivent être atteints, a rappelé Vladimir Vladimirovitch Poutine le 8 octobre. La stratégie russe intègre le risque d’extension du conflit et la nécessité de conserver un potentiel pour une opposition directe avec le bloc occidental : la modernisation de la force de dissuasion nucléaire n’a pas pâti du conflit conventionnel en Ukraine et des moyens terrestres et aériens importants semblent gardés en réserve.
  2. Les objectifs kiéviens sont de maîtriser le recul dans le Donbass par des contre-offensives locales, avortées mais retardatrices, et d’éviter un écroulement ou un encerclement massif dans cette zone, de conserver une capacité offensive périphérique : en Transnistrie avec l’appui de l’UE, en région de Kherson pour couper les forces russes, par menace amphibie en Crimée, par raids de sabotage, par emploi des drones voire de missiles sur les agglomérations et centres industriels et énergétiques. Outre un éparpillement des forces russes et une conservation de l’initiative stratégique, cela répond à un objectif de crédibilité face aux alliés occidentaux. Cela peut générer des actions comme celle dans l’Oblast de Kursk, à Belgorod, Briansk ou Sumy par exemple. La dimension diplomatique de cette stratégie s’appuie probablement sur l’espoir d’un engagement croissant puis direct des Occidentaux, ce qui impose de durer quitte à reculer. Le retrait US, perceptible malgré les déclarations contradictoires du président états-unien, devrait être compensé par l’engagement accru des Européens.

En effet, soutenant un régime de Kiev a minima douteux constitutionnellement (depuis la fin de son mandat le 20 mai 2024) et démocratiquement, les responsables européens démontrent une nette tendance à la militarisation et à l’exacerbation polémique : après avoir déclaré péremptoirement -et a posteriori de manière erronée- que « la Russie était derrière les vols de drones sur les aéroports allemands » le chancelier Merz affirme que « protéger l’Ukraine c’est protéger l’Europe car la Russie pourrait attaquer la Moldavie, les pays baltes ou la Pologne » ; le président polonais a qualifié la Russie de « menace néo-impériale qui pouvait être vaincue sur le champ de bataille », le président Français Macron a comparé le président russe à « un ogre ». L’estonienne Kaja Kallas à la tête de la diplomatie de l’UE, le président finlandais Stubb, le SECGEN de l’OTAN Rutte, adoptent tous une rhétorique martiale et antirusse.

En sus d’une hypothétique relance économique par le biais du réarmement, cette dialectique répond certainement à une volonté de contrôler les populations européennes contestant leurs élites politiques : le président serbe Dodic a déclaré « les Européens doivent se préparer à une grande guerre pour masquer les problèmes sociaux internes et maintenir le pouvoir », thèse retenue également par Vladimir Poutine lors de l’arraisonnement du pétrolier Boracay face à St Nazairev. Le choix allemand est particulièrement évident à cet égard. Mais il semble y avoir une forme de surenchère avec la France macronienne qui paraît vouloir instrumentaliser la dissuasion nucléaire bâtie par et pour la France, pour contester la suprématie états-unienne, probablement dans le cadre d’une volonté de présider une Europe fédéralisée par « la menace russe », après le COVID. Ceci dans en partenariat/rivalité avec le Royaume-Uni dans la Coalition of the Willing (coalition des volontaires) dont le chancelier Merz a rappelé la subordination aux USA.

Cette doctrine nouvelle dans un ensemble pourtant ouvert à l’immigration de masse et ayant affiché sa soumission à Washington, connaît trois faiblesses majeures :

  1. Si l’UE et le Royaume-Uni représentent plus de 500 millions d’habitants et des armées modernes et conçues pour fonctionner en partenariat coordonné via l’OTAN, leur capacité à mobiliser, déployer et assumer des pertes importantes semblent faibles. En outre, la capacité doctrinale, organisationnelle et technique face aux nouvelles réalités de combat paraît insuffisamment adaptée.vi
  2. Le complexe militaro-industriel (BITD) requis pour assurer une guerre de haute intensité est quantitativement limité et structurellement désorganisé en entités rivales commercialementvii, avec des trous capacitaires qui ne peuvent être comblés que par Washington.
  3. Enfin, les calculs des dirigeants européens semblent reposer sur la conviction que la Russie est faible et incapable d’assumer une escalade nucléaire, ce qui risque de s’avérer deux erreurs capitales aux conséquences dramatiques.

Sur l’axe complémentaire Nord :

Devenue Lac otanien, la Baltique recèle un important potentiel de risque : tant par la menace qui pèse sur l’enclave de Kaliningrad que par les pressions exercées sur les navires russes et la flotte de pétroliers qui empruntent ce corridor (le SVR affirme qu’une provocation sous faux drapeau est envisagée par les Britanniques pour justifier une réaction otanienne de grande ampleur). Le contrôle-par ailleurs conforme aux traités- d’un pétrolier ghanéen accusé de faire partie de la « flotte fantôme » russe n’a débouché sur rien si ce n’est nourrir une rhétorique martiale de Paris.

Si les États baltes ne sont dangereux que pour leur population russophone, la Pologne se consacre à un réarmement significatif, une base de l’OTAN est en cours d’édification à Mikkeli en Finlande, une Brigade suèdo-finlandaise étant déployée en Laponie. Saint Petersbourg apparaît une cible potentielle, d’autant que les forces russes étaient relativement réduites initialement dans la zone, ce qui semble évoluer : outre un complexe de surveillance radio-électronique construit à Tcherniakhovsk, des armes nucléaires ont été mises en place à Kaliningrad et en Biélorussie pour muscler le dispositif russe qui comprend également des transferts de troupes conventionnelles dans le district militaire recréé de Saint Petersbourg.

A noter que le site nucléaire de Nouvelle Zemble dans la région d’Arkhangelsk est en cours de sécurisation contre les drones et missiles. A la différence de la flotte de la Mer Noire, repliée et réduite au rôle de ses croiseurs lance-missiles, la flotte du Nord reçoit des unités modernes dont des sous-marins nucléaires. Dans ce contexte, un submersible russe de la classe Yasen a été l’objet d’une chasse infructueuse par de nombreux atouts de l’OTAN après avoir pénétré la bulle de protection du porte avion USS Gerald Ford, fin août au large de la Norvège.

Le général Christopher Todd Donahue général (4 étoiles) commandant l’US Army Europe-Africa et l’Allied land Command jusqu’en 2024, a déclaré que l’OTAN doit viser Kaliningrad. Il a repris des fonctions de supervision de l’assistance à l’Ukraine et annoncé la création d’une « ligne de dissuasion de l’OTAN sur le flanc Est », précisant en juillet 2025 que « l’OTAN avait les moyens de neutraliser les défenses russes (A2/AD anti access/aera denial) de Kaliningrad ». Le renforcement finalisé de l’OTAN est fixé pour 2027 dans la zone.

Les itinéraires maritimes de pétroliers transportant des hydrocarbures russes vers les pays ne suivant pas les sanctions comme l’Inde sont également vulnérables en Baltique, mer large de seulement 120 miles (190 Km) et environnés d’États hostiles, la dénonciation « d’une guerre hybride russe menaçant les câbles sous-marins » ayant entraîné une forte militarisation par l’OTAN depuis 2023. Selon Nikolai Patrushev les actions occidentales portent sur la Baltique mais également le corridor de transport transarctique et le détroit de Béring.

Sans en tirer de conclusions abusives, on doit remarquer que nombre d’entreprises russes reculent vers la Sibérie et l’extrême orient russe, rappelant le mouvement des difficiles années 1941-42, anticipant les routes du nord dégagées par les changements climatiques et s’intégrant dans le projet poutinien de développement intérieur.

Sur l’axe complémentaire Sud :

Les manipulations européennes et en particulier françaises (apparemment sans l’aval de Washington) ont empêché la Roumanie et la Moldavie de prendre une position anti-guerre et donc en retrait de l’UE, en réprimant lourdement leurs oppositions (Bucarest interdisant les candidatures défavorables à l’UE, Chisinau condamnant à sept ans d’emprisonnement Evguenia Gutsul la représentante de la communauté gagaouze…). Le stationnement de troupes européennes dans cette zone (le Premier ministre roumain Ilie Bolojan a déclaré que la Roumanie mettrait ses bases à disposition) et le renforcement des bases de l’Otan protègent Odessa et menacent la Transnistrie, neutralisant la mer Noire (Sea denial) et favorisant les incursions ISR par les moyens de détection de l’Otan, aéronefs et drones lourds. Une action contre le groupe opérationnel des forces russes en Transnistrie (dépôt de Cobasna) de 6000 hommes en Moldavie est possible.

Cette situation est à mettre en perspective avec le rôle ambigu de la Turquie, dans la zone comme en Asie centrale, en application du projet panturc qui postule un retour des anciennes possessions de la Sublime Porte (dont la Crimée). Cependant la politique israélienne actuelle, initialement favorable à Ankara en affaiblissant les Chiites, posera certainement un problème à moyen terme entre ces deux proxys de Washington.

Les tentatives de déstabilisation de la Serbie (manifestations violentes avec présence de ressortissants ukrainiens et de pays de l’UE selon le président Dudic, on notera cependant que des manifestations ont aussi dénoncé un assouplissement des relations avec l’UE et que la corruption du régime est régulièrement dénoncée dans la rue serbe) et de la Hongrie (l’UE « poussant » Peter Magyar et recourant à l’aide des services spéciaux de Kiev) participent de la même évolution.

Sur l’axe complémentaire Sud-Est :

Si la tentative de renversement du gouvernement, sous influence de la France, a échoué en Géorgie, la position de l’Arménie du régime Pachinian consacre un retrait net de l’influence russe, concomitant avec l’hostilité croissante de l’Azerbaïdjan d’Aliyev à l’égard de la Russie. Erevan et Bakou après la victoire azérie de 2020 et la récupération du Haut Karabakh, se trouvent associés dans le projet de corridor de Zanguezour entre l’Azerbaïdjan et le Nakhitchevan arménien sous gestion par un consortium états-unien, modestement appelé TRIPP (Trump Route for International Peace and Prosperity). Cela permet aux USA de s’imposer localement, mettant peut-être un terme aux ambitions françaises et allemandes dans la zone, remplacés par les USA et le Royaume Uni, présents à Bakou depuis le XIXème siècle (« un contrat du siècle » fut signé avec British Petroleum dès la fin de l’URSS en 1994, les guerres du Caucase en 1996 et 1999 n’étant pas sans rapport avec cette géopolitique du pétrole) au terme de la dissolution prévue du groupe de Minsk. Le POTUS a accueilli le 8 août à la Maison Blanche les deux leaders régionaux pour un traité de paix. Inversement, on notera que l’Inde a bloqué l’adhésion de l’Azerbaïdjan à l’OCS et le Pakistan celle de l’Arménie, le président azéri recevant une leçon d’histoire sur la 2ème GM lors de sa visite à Pékin. La proximité avec l’Iran conduira nécessairement à des évolutions dans la zone.

Dans toute l’Asie centrale, la focalisation militaire russe sur l’Ukraine et la politique de gestion des diasporas conduisent à un réaménagement des relations des objets périphériques avec l’ancien Centre et à une perte de contrôle russe vis-à-vis du Tadjikistan, de l’Ouzbékistan et même du Kazakhstan dont le régime n’a survécu qu’avec l’aide russe en 2020.

Conclusion provisoire

On peut avancer que les objectifs occidentaux à l’encontre de la Russie sont désormais déclarés et reposent sur une action indirecte protéiforme :

  1. Étranglement : blocus maritime, épuisement économique, sanctions financières et chantage aux droits de douane pénalisant les acheteurs de produits russes…viii
  2. Isolement : propositions concurrentielles via l’UE et l’OTAN ou deals directs en vue de la dissolution des liens de Moscou avec d’autres puissances régionales, attaques périphériques de pays alliés comme Iran, Syrie ou en Afrique, coercition sur des puissances contestataires dans le cadre des BRICS, de l’OTSC, de l’ONU… Il est notable que la RPC a maintenu son alliance et que l’Inde a refusé les pressions de Washington, mais des États moins puissants subissent le chantage économico-diplomatique de « la carotte de l’UE et du bâton des USA ».
  3. Déstabilisation : réactivation du terrorisme islamique, tentatives de subversion par les élites socio-politiques russes via les expatriés et dissidents…

Cette démarche s’inscrit dans la durée, elle est conforme à ce que le général Guérasimov décrivait comme guerre hybride (présentée par la doxa occidentale comme une méthode russe visant à exercer des leviers sur les États visées par l’interventionnisme russe, alors qu’elle décrivait au contraire des menaces nouvelles pour la société russe). Le Centre pour une nouvelle sécurité américaine CNAS, think-tank lié aux Démocrates et anciennement dirigé par Victoria Nuland, a défini les mesures à appliquer dans le temps pour endiguer la Russie comme l’avait été l’URSS, en dix points d’attaque clefs, qui visent à saper la capacité économique dans la durée.

L’impact de la guerre sur la société et l’économie russes est important : le budget fédéral a été revu à la baisse, un « ajustement » fiscal est devenu nécessaire, le déficit budgétaire montant à 1,7% du PIB ; inflation à 4% même si les espoirs occidentaux n’ont pas été tenus, risque de récession, taux directeur abaissé mais encore trop haut à 18% ; perte de 15% de la capacité de raffinage et pénuries temporaires suite aux bombardements de sept raffineries majeures et à un système de commercialisation mal organisé. Le chômage est de seulement 2% et les salaires en hausse, mais le secteur immobilier est en crise, l’obtention de prêts est difficile et il y a eu 141 000 fermetures d’entreprises pour 95 000 sur le premier semestre 2025. La SVO a permis de restructurer la société et les exigences de cohérence économique ont conduit à des arrestations de plus en plus nombreuses de responsables corrompus, mais les évolutions futures restent incertaines.

Cette stratégie de l’Occident collectif n’exclut pas une implication directe, déjà partiellement effective (service et MCO des moyens technologiques occidentaux par des personnels projetés sous couverture contractuelle, fourniture de Renseignement, implantation d’usines d’armement allemandes et françaises, fourniture de missiles maquillés en productions locales, comme le Flamingo) en projetant des forces au titre de mandats virtuels (police maritime, No fly zones, détachements d’interposition pour lesquels Ursula Vd Leyen annonce des « plans assez précis », confirmant les positions du président français, le Royaume Uni restant plus circonspect et toujours en faveur de l’action subversive et indirecte…).

Sauf redéploiement US pour couvrir le Moyen Orient et l’Asie (Taiwan, AUKUS dans le Pacifique…), changement de politique intérieure dans les pays de l’UE ou effondrement économique brutal dans la zone Euro, il est peu probable que les tendances étudiées supra évoluent favorablement.

NOTES

i. La propagande en cours en Allemagne, en France, au Royaume Uni, vise à préparer l’opinion publique à un engagement accru, mais les États directement concernés comme deuxième rideau sont plutôt la Pologne, les États baltes, le Danemark, la Finlande, la Suède, la Roumanie. Le président polonais Navrotski a d’ailleurs rappelé que son pays était le plus important sur le flanc Est de l’OTAN.

ii. La doctrine états-unienne de pouvoir mener des actions de combat sur deux fronts simultanés, qui repose sur la supériorité aéronavale et aérienne doit subir une mise à jour, du fait des évolutions techniques (drones…), de l’état des forces (accroissement capacitaire massif de la RPC, adaptation de l’armée russe au combat moderne de haute intensité, multiplications des États moyens à forte capacité de nuisance voire de déni de zone…) et des exigences de la guerre de haute intensité (masse et durée, résilience et capacité de production).

iii. En fait depuis l’abandon de la doctrine Monroe et l’émergence industrielle post civil war consacrée en 1917-18 puis en 1941-45. V. Mac Kinder et sa théorie du Heartland et celle complémentaire du Rimland de Spykman, influencé par l’amiral Mahan qui reprenait finalement les visions de la Royal Navy.

iv. Rejet de la doctrine “boots on the ground”, déjà écornée en Corée, puis au Vietnam et enfin en Irak, au profit d’actions ciblées de suprématie, à haut rendement médiatique et faible risque, comme le bombardement des sites nucléaires en Iran.

v. L’arraisonnement est conforme au droit maritime qui permet aux états riverains adhérents à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de mener des contrôles au-delà des 12 miles maris. Il s’agit d’une opération de routine à finalité administrative (vérifier le respect des règles en vigueur pour l’identification, l’armement, le chargement et la conduite des navires) qui a été traité par la présidence française de manière politique et médiatique dans un but polémique et de gesticulation.

vi. Le parallèle avec la guerre d’Espagne, affrontement indirect des blocs de l’époque et banc-test en grandeur réelle des nouvelles armes et tactiques vient immédiatement à l’esprit. Cependant, ce sont les expérimentations japonaises face à la Chine qui ont conduit à créer des entités aéronavales (Cf. Pearl Harbor) auxquelles l’US Navy a répondu en développant le concept qui est devenu le levier de la puissance intercontinentale états-unienne, avec ses 14 groupes aéronavals qui projettent la puissance de Washington dans le monde entier.

vii. Le double jeu allemand au détriment de la France, les partenariats italo-turcs, les achats de matériels US, coréens et israéliens par la Pologne, etc…


viii. C’est une déclinaison de l’étranglement, stratégie qui a permis la victoire de l’Union contre la confédération lors de la guerre de Sécession, celle contre les puissances de l’Axe en 1941-45 et dans une large mesure contribué à l’affaiblissement de l’URSS minée de l’intérieur.

ICI MOSCOU ! Alerte nucléaire

Dans cette édition de « ICI MOSCOU », Xavier Moreau revient sur les inquiétudes générées par les propos sur la reprise des essais nucléaires. Est-ce une ruse lancée par Donald Trump lui permettant d’avoir les mains libres ailleurs, ou s’agit-il d’une démarche alarmante ?

Le Conseil de sécurité russe a répondu qu’il surenchérirait à Donald Trump s’il procède à de nouveaux essais nucléaires. Pour autant, tout le monde n’a pas l’air si inquiet. Le secrétaire américain à la Guerre considère que faire connaître sa force par de tels essais est une mesure responsable, et Peskov a seulement demandé des éclaircissements sur ce que les Américains comptent faire réellement. Pendant ce temps, la suprématie du dollar dans les échanges commerciaux mondiaux poursuit son inexorable déclin.

Pour en parler, Xavier Moreau reçoit Jean-Michel Jacquemin-Raffestin, journaliste, Gilles Walter, entrepreneur, Kamal Louadj et Ahmat Tahir Bakhit, correspondants de Sputnik Afrique.

Pourquoi le sort du Venezuela importe à l’Iran !

Selon une analyse du Tehran Times, les relations entre l’Iran et le Venezuela, bien qu’apparemment improbables en raison de la distance géographique et des divergences idéologiques, reposent sur une vision réaliste du monde. À l’heure où la rivalité entre grandes puissances s’intensifie, chaque crise locale est perçue comme un pion sur l’échiquier mondial. Pour Téhéran, la situation au Venezuela n’est donc pas un cas isolé, mais un élément fondamental pour comprendre les mutations de l’ordre international.

Le lien entre les deux pays s’est forgé davantage par des expériences partagées que par de simples intérêts économiques. Les deux nations ont subi des sanctions, des pressions politiques et des tentatives extérieures de changement de régime. Ce destin commun a engendré une compréhension mutuelle, dont les origines remontent à plusieurs décennies, lorsque l’expérience vénézuélienne de la nationalisation du pétrole a inspiré une démarche similaire en Iran, menant à la première confrontation majeure entre Téhéran et Washington.

L’histoire nous enseigne qu’une intervention ou une attaque, où que ce soit dans le monde, peut servir de modèle pour exercer des pressions sur d’autres pays, surtout s’ils présentent des similitudes importantes. L’Iran et le Venezuela sont deux puissances anti-américaines majeures dans leurs régions respectives, possèdent d’importantes ressources pétrolières et bénéficient d’une population et d’un territoire leur conférant un avantage géopolitique. Leur succès, ou leur échec, peut donc inspirer ou décourager des approches similaires ailleurs.

Dans cette perspective, la défense du Venezuela par l’Iran ne relève pas d’un soutien personnel au président Maduro, mais de la défense du principe même de souveraineté nationale. Téhéran, qui a récemment connu un conflit de douze jours, est pleinement conscient des conséquences qui découlent de l’impunité dont souffrent les violations de ce principe, lesquelles sapent les fondements mêmes de l’ordre international.

Le contexte de cette crise est indissociable des transformations profondes qui s’opèrent au sein du système mondial et de l’émergence de nouveaux blocs. Les États-Unis cherchent à préserver leur rôle d’arbitre et de garant, tandis que des puissances comme la Chine et la Russie étendent leur influence. L’Iran, bien qu’à une échelle moindre, se perçoit comme un acteur de ce processus de redéfinition. Dans ce contexte, chaque crise régionale devient un terrain d’expérimentation pour mesurer les limites du pouvoir.

Dans ce contexte, l’inquiétude de l’Iran quant à l’avenir du Venezuela repose sur des calculs réalistes. Cependant, on ne saurait affirmer qu’une invasion du territoire vénézuélien déclencherait automatiquement une guerre directe entre Washington et Téhéran, compte tenu des positions régionales et des capacités de défense différentes des deux pays. Néanmoins, l’expérience vénézuélienne constituerait un avertissement alarmant pour l’Iran. Si les États-Unis pouvaient intervenir militairement dans un autre pays sans en payer le prix politique, cela légitimerait davantage des formes similaires de pression et d’intervention ailleurs.

Une autre question se pose : comment l’Iran réagirait-il à une attaque militaire américaine contre le Venezuela ?

La réponse doit être comprise dans les limites des capacités et de la position de Téhéran. Faute de moyens concrets pour apporter un soutien militaire ou économique substantiel à un pays situé à l’autre bout du monde, le soutien iranien se limitera à la sphère politique et diplomatique : condamnation de l’intervention, coordination au sein des organisations internationales et, vraisemblablement, coopération technique ou humanitaire.

Pour l’Iran, le Venezuela est davantage un terrain de réflexion qu’un lieu d’action. Il rappelle que, dans un monde interconnecté, les destins des nations sont plus liés que jamais. La réaction de Téhéran à ces événements sera moins motivée par l’idéologie ou l’hostilité envers les États-Unis que par une volonté de comprendre les transformations mondiales et d’y trouver un juste équilibre.

Un équilibre entre prudence et solidarité, entre réalisme et empathie envers les nations qui, comme le Venezuela bolivarien, partagent l’expérience de la résistance aux pressions des grandes puissances. Les systèmes politiques ne possèdent pas de modèles de perception fixes ; leur compréhension du monde se construit en grande partie par l’observation des événements environnants et des expériences d’autrui. Pour prédire la véritable réaction de l’Iran à une attaque américaine contre le Venezuela, il faut chercher la réponse non pas dans le feu de l’action d’un conflit potentiel, mais après celui-ci et dans les stratégies changeantes qui s’ensuivraient.

Bulletin STRATPOL N°263. Zelenski et la guerre imaginaire, SKYSHIELD magique, terrorisme otanien. 07.11.2025

00:00 Géopolitique profonde

  • Censure YouTube
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  • Diplomatie nucléaire

19:52 Terrorisme

  • Terrorisme nucléaire otanien
  • Terrorisme anti-chrétien
  • Bandérisme vs réfugiés

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  • Pas de commande pour la BITD française

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Washington chercher à étendre son influence en Asie centrale et en évincer Moscou

Les États-Unis cherchent à renforcer leur influence en Asie centrale. Le 6 novembre, le sommet C5+1, réunissant les dirigeants des cinq pays de la région, s’est tenu à Washington. La coopération économique et environnementale était à l’ordre du jour, mais l’intérêt principal des États-Unis dans la région réside dans les ressources naturelles. Un autre facteur clé entre en jeu : Washington tente d’affaiblir la position de la Russie, selon des experts cités par Izvestia. Toutefois, ces efforts ont peu de chances d’aboutir ; Moscou restera un partenaire essentiel pour les pays d’Asie centrale. Néanmoins, les États-Unis disposent de créneaux leur permettant de consolider leur position dans la région, notamment la numérisation, les technologies et l’intelligence artificielle.

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Trump affirme que des progrès significatifs ont été accomplis sur le règlement du conflit en Ukraine

Le président américain Donald Trump a déclaré que des progrès significatifs avaient été accomplis dans le règlement du conflit en Ukraine. Il a exprimé cette opinion lors d’une rencontre avec les dirigeants des pays d’Asie centrale.

« La Russie et l’Ukraine. Nous n’avons pas encore atteint cet objectif (la paix), mais je pense que nous avons réalisé des progrès significatifs », a déclaré le dirigeant américain.

Trump a déclaré qu’à un moment donné, les parties au conflit ukrainien « feront preuve d’intelligence » et parviendront à un accord de paix.

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shutdown record

Le shutdown américain a battu son record de durée

Dans la nuit du 5 novembre, les États-Unis ont enregistré un record de durée de shutdown – interruption des activités de l’État et de toutes les agences gouvernementales. La paralysie actuelle a débuté le 1er octobre et dure depuis 36 jours. Le précédent record datait de la première présidence de Donald Trump : en 2018, le gouvernement avait été paralysé pendant 34 jours.

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tir minuteman

Les États-Unis ont procédé à un tir d’essai d’un ICBM Minuteman III

Les États-Unis ont procédé à un tir d’essai d’un missile balistique intercontinental Minuteman III non armé, a annoncé la Force spatiale américaine le 5 novembre.

Le lancement d’essai a eu lieu à 1h35, heure du Pacifique, depuis la base spatiale de Vandenberg en Californie.

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sanctions belavia

Le Trésor américain retire la compagnie aérienne nationale de Biélorussie, Belavia, de la liste des sanctions

L’Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du département du Trésor américain a officiellement retiré la compagnie aérienne biélorusse Belavia de sa liste de sanctions. Cette décision a été annoncée sur le site web de l’agence.

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cartes front

La Russie n’envoie plus de cartes du front en Ukraine aux États-Unis

La Russie ne fournit plus de précisions sur les cartes montrant la ligne de front actuelle en Ukraine, contrairement à ce qui se faisait auparavant. Cette décision a été annoncée par le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

« Nous ne communiquons pas d’informations pour le moment. Lorsque des contacts ont eu lieu, des précisions concernant les cartes ont bien sûr été fournies », a déclaré Peskov.

Peskov a souligné à plusieurs reprises que la Russie avait déjà clairement exprimé sa position sur le conflit ukrainien, position connue de tous et revendiquée par le président Vladimir Poutine. Selon son porte-parole, la Russie a apporté des précisions sur les cartes des lignes de front lors de ses échanges avec les autres participants aux négociations.

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stubb rencontre

Le Premier ministre finlandais propose une rencontre Poutine-Trump au sommet du G20 de Johannesburg

Le président finlandais Alexander Stubb a proposé une rencontre entre les présidents russe et américain Vladimir Poutine et Donald Trump à la fin du mois de novembre, rapporte Yle.

« Lors de l’ouverture des cours de défense, Stubb a proposé la tenue de nouvelles négociations entre Trump et Poutine lors du sommet du G20 à Johannesburg », indique le communiqué.

Stubb s’est également concentré sur les armes nucléaires, soulignant que l’OTAN assure la défense nucléaire de la Finlande.

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essai minuteman

Les États-Unis procèderont bientôt à un tir de missile Minuteman

Le Pentagone procède régulièrement à des essais du missile Minuteman III, un missile à capacité nucléaire qui constitue l’épine dorsale de la dissuasion stratégique américaine. Selon Newsweek, ces exercices auront lieu en milieu de semaine.

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trump nucleaire

Trump ordonne au Pentagone de lancer des essais d’armes nucléaires

Le président américain Donald Trump a annoncé avoir ordonné au Pentagone de commencer immédiatement des essais d’armes nucléaires.

« En raison des programmes d’essais menés par d’autres pays, j’ai ordonné au département de la Guerre de commencer à tester nos armes nucléaires sur un pied d’égalité. Ce processus débutera immédiatement », a écrit Trump sur TruthSocial.

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trump xi

Trump et Xi ont discuté en Corée du Sud de l’Ukraine et des droits de douane

Le président américain Donald Trump a annoncé avoir discuté du règlement du conflit ukrainien et des droits de douane lors d’une rencontre avec le président chinois Xi Jinping.

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trump sanae

Trump et Sanae signent un accord de “nouvel âge d’or” des relations américano-japonaises

Le président américain Donald Trump et la Première ministre japonaise Takaichi Sanae ont signé un accord pour un « nouvel âge d’or » dans les relations entre les deux pays lors d’une rencontre à Tokyo. Un mémorandum sur les investissements stratégiques a également été signé, a annoncé la Maison-Blanche.

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Rencontre Trump – Xi et l’envoyé spécial de Poutine outre atlantique !

Les délégations chinoise et américaine sont parvenues à un accord. Ainsi, la rencontre entre Xi Jinping et Donald J. Trump jeudi aura non seulement une forte valeur symbolique, celle d’apaiser les tensions entre les deux puissances, mais aussi un impact commercial, que le président américain pourra exploiter auprès de l’opinion publique de son pays.

Si à court terme, l’aspect commercial est plus important, avec des implications mondiales, à long terme, l’aspect symbolique l’est encore plus, car il ralentira, et mettra temporairement fin, à la poussée vers une confrontation militaire avec le Dragon, que les think tanks et l’armée américaine considèrent comme inévitable depuis des années, avec des conséquences tant pour le réarmement que pour la politique étrangère américaine en Asie.

Cette désescalade, d’une portée historique si elle se consolide, fait l’objet de discussions depuis un certain temps chez les analystes réalistes de la politique étrangère américaine, qui voient en Henry Kissinger leur divinité tutélaire (sur laquelle Trump s’est appuyé durant son premier mandat), et a été relancée avec force par un rapport de la Rand Corporation, le think-tank de la CIA.

Un document lourd, impossible à résumer, mais qui, face aux risques inhérents à la rivalité entre les deux puissances, prévient : « Modérer cette rivalité apparaît comme un objectif fondamental pour les États-Unis, la Chine et le monde en général. »

Parmi les nombreux dossiers critiques entre les deux pays, ceux qui risquent le plus de transformer la concurrence mondiale en guerre ouverte sont le différend concernant la mer de Chine méridionale et le statut de Taïwan.

Concernant Taïwan justement, il a déclaré : « Pour stabiliser la question taïwanaise, nous devons nous efforcer d’inciter Pékin à adopter une approche progressive vers l’unification », laquelle deviendra alors une perspective légitime et non plus une ligne rouge à franchir par la force.

Il précise ensuite : « Notre théorie du succès dans la stabilisation de la question taïwanaise repose sur l’incitation maximale de Pékin à adopter une approche progressive pour atteindre son objectif ultime.»

En ce sens, les États-Unis devraient déclarer qu’ils « ne soutiennent pas l’indépendance de Taïwan », ni « ne cherchent à obtenir une séparation permanente entre les deux rives du détroit », ni, enfin, qu’ils « s’opposent à une unification pacifique ».

Concernant la mer de Chine méridionale, « nous devons combiner la dissuasion par l’escalade militaire avec une diplomatie multilatérale et bilatérale intensifiée afin de tracer une voie à moyen terme vers une solution pacifique ».

Trump semble s’engager dans cette voie, certes à sa manière, avec des manœuvres intermittentes et une rhétorique grandiloquente. Malheureusement, tandis que cette détente se développe, deux incidents ont affecté l’armée de l’air américaine en mer de Chine méridionale : hier, elle a perdu deux appareils, un hélicoptère MH-60R Sea Hawk et un chasseur F/A-18F Super Hornet (avec leurs équipages sains et saufs). Des événements se produisent, mais à une demi-heure d’intervalle, un record apparaît qui jette une ombre sur l’avenir.

Au-delà des détails, le processus initié par la Chine et les États-Unis se passe en même temps qu’un processus similaire, mais beaucoup plus secret, se déroule entre les États-Unis et la Fédération de Russie, qui voit l’envoyé personnel de Poutine, Kirill Dmitrov, engagé dans un dialogue intense avec des membres de l’administration Trump, en particulier le plus proche collaborateur du président, Steve Witkoff. 

Rien n’a filtré sur les discussions en cours, à l’exception d’une allusion plutôt inhabituelle de Dmitriev, selon laquelle une « solution » au conflit ukrainien est proche. Sachant que cette visite intervient après l’apparente rupture de Trump et alors que l’UE renforce son soutien à Kiev, au point d’évoquer la guerre thermonucléaire – telle est la conséquence de l’envoi de missiles longue portée réclamé par Londres –, on comprend l’importance du dialogue.

De son côté, Trump continue de réitérer l’inutilité de son sommet avec Poutine avec une insistance suspecte : il s’agit plutôt d’une manœuvre visant à étouffer dans l’œuf les questions concernant la visite de Dmitriev aux États-Unis, dont la durée inhabituelle – nous en sommes au troisième jour – témoigne de l’ampleur et de la profondeur du dialogue entre les deux puissances (de plus, Dmitriev est sans aucun doute également en contact avec son pays).

Il convient d’ailleurs de noter que Moscou a réagi à l’escalade croissante de l’UE en annonçant une nouvelle arme plus destructrice : un missile balistique nucléaire, capable de se déplacer à grande vitesse pendant des mois et d’être armé d’ogives nucléaires. Cette arme met fin aux rêves occidentaux (ou, pour les citoyens, aux cauchemars) de sortir victorieux d’un conflit thermonucléaire. L’annonce de Poutine a, en d’autres termes, contribué à apaiser les ardeurs des dirigeants européens.

Cependant, la crise vénézuélienne persiste, de plus en plus menaçante suite au déploiement d’un porte-avions américain au large de ses côtes. Il convient de noter que les sanctions de Trump contre les grandes compagnies pétrolières russes visent probablement davantage à obtenir une domination énergétique mondiale qu’à inciter Poutine à reculer sur le conflit ukrainien (il est évident qu’elles n’auront pas cet effet). Les menaces proférées contre Caracas confirment cette interprétation.

« Un changement de régime au Venezuela favoriserait Exxon, pas les Américains », titrait The American Conservative, faisant allusion à la plus grande compagnie pétrolière américaine. Il convient de rappeler que, lors de son premier mandat, Trump a nommé Rex Tillerson, PDG d’Exxon, à la tête du Département d’État. Si le conflit contre Caracas est une obsession pour l’actuel chef du Département d’État, Marco Rubio, il est également vrai que Trump entretient une relation assez intense avec le secteur de l’énergie. Il est donc difficile pour les gringos de renoncer à leur agression, mais il faut garder espoir.

Qui paiera les sanctions américaines contre la Russie? L’Europe et ses entreprises évidemment !

Les dernières sanctions imposées par les États-Unis à la Russie interviennent dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes et de grande vulnérabilité économique pour l’Europe.

Si la position officielle à Washington reste celle d’une « pression maximale » sur le Kremlin, les interrogations se multiplient sur le continent quant au coût réel de cette stratégie et quant à savoir qui en paie réellement le prix fort.

L’impact réel sur le marché de l’énergie !

Chaque nouvelle vague de sanctions impacte indirectement le marché mondial de l’énergie. Restreindre les exportations russes de pétrole et de gaz entraîne une réduction de l’offre mondiale et, par conséquent, une hausse des prix. Pour l’Europe, encore fortement dépendante des énergies fossiles et dont la transition énergétique est inachevée, cela se traduit par des factures plus élevées, une inflation croissante et une perte de compétitivité industrielle.

Ce ne sont pas les grandes multinationales, capables d’absorber l’impact grâce à la diversification et aux profits spéculatifs, qui paient le prix fort, mais les familles et les PME, déjà mises à rude épreuve par des années de crise et d’incertitude.

De nombreux gouvernements européens, contraints de lancer de nouveaux plans d’aide et de subventions pour contenir l’urgence énergétique, se trouvent pris entre deux forces opposées : la loyauté envers Washington et l’intolérance croissante de l’opinion publique.

L’Europe : entre loyauté atlantique et nécessité stratégique

Ces dernières années, Bruxelles a cherché à maintenir un équilibre entre la loyauté envers la ligne américaine et la défense de ses propres intérêts économiques. Cependant, les sanctions après 2022 ont révélé les limites de cette position.

En réalité, l’Europe a bien plus à perdre : les coûts de l’énergie restent supérieurs à ceux des États-Unis, les industries énergivores du Nord se tournent vers des marchés moins chers et le soutien populaire à la politique de sanctions commence à s’éroder.

Alors que les États-Unis bénéficient de prix de l’énergie plus bas et attirent de nouveaux investissements industriels, de nombreuses entreprises européennes remettent en question leur présence sur le continent. La politique de sanctions, conçue pour isoler Moscou, risque ainsi d’affaiblir la structure industrielle européenne, déjà fragile, après la pandémie.

De nombreux analystes européens soulignent que les mesures restrictives ont eu un impact limité sur la capacité de la Russie à soutenir l’effort de guerre, tout en contribuant à une réorganisation économique mondiale pénalisant l’Occident lui-même.

La Russie a en effet progressivement consolidé ses relations avec la Chine, l’Inde, l’Iran et les pays du Golfe, déplaçant le centre de gravité de son économie vers l’est et créant de nouveaux canaux commerciaux et financiers hors de l’orbite occidentale.

La fracture invisible de l’alliance transatlantique

Derrière la rhétorique de l’unité se cache un fossé croissant entre les intérêts stratégiques américains et européens. Pour Washington, la priorité reste de contenir l’expansion russe et de réaffirmer son leadership mondial ; pour l’Europe, en revanche, la priorité est de survivre à une crise économique et sociale qui menace de saper la cohésion interne de l’Union.

Ce n’est pas un hasard si, dans plusieurs pays européens – de l’Allemagne à l’Italie, de la France à la Hongrie –, des voix critiques se font entendre en faveur d’une approche considérée comme plus idéologique que pragmatique. La question sous-jacente est toujours la même : l’Europe peut-elle continuer à soutenir une politique de sanctions qui la pénalise davantage que son adversaire ?

Une nécessaire réflexion

Il ne s’agit pas de remettre en question la nécessité de réponses politiques et morales à un conflit, mais plutôt de déterminer si l’approche actuelle sert réellement ses objectifs affichés.

Les sanctions doivent affaiblir l’agresseur et non affecter indirectement les citoyens des pays qui les imposent.

L’Europe a plus que jamais besoin d’une politique étrangère autonome et pragmatique, capable de concilier valeurs et intérêts et de définir un nouvel équilibre entre sécurité, énergie et souveraineté économique.

Il ne s’agit pas d’abandonner l’Alliance atlantique, mais de la redéfinir sur une base plus égalitaire, fondée sur un véritable respect mutuel.

rosneft lukoil

Le Trésor américain laisse jusqu’au 22 novembre pour mettre fin à toutes les transactions avec Rosneft et Lukoil

Le Trésor américain a donné jusqu’au 22 novembre à Rosneft, Lukoil et leurs filiales, qui sont soumises à des sanctions. Moscou considère ces sanctions comme illégales.

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poutine trump

Trump annule sa rencontre avec Poutine prévue à Budapest

Le président américain Donald Trump oscille comme un pendule. Hier, il souhaitait rencontrer son homologue russe, Vladimir Poutine, et aujourd’hui, il a déjà annulé les négociations et imposé des sanctions contre la Russie. Au moins, il n’a pas fourni de missiles à l’Ukraine – Trump lui-même a admis que c’était impossible. Il a également laissé la place au dialogue avec Moscou.

Des rumeurs circulaient à ce sujet depuis lundi. Trump a finalement déclaré qu’il ne souhaitait pas organiser cette réunion, car il était peu probable qu’elle obtienne le résultat escompté.

« J’ai simplement senti que c’était mal. Mais nous le ferons à l’avenir », a-t-il déclaré, laissant ouverte la possibilité d’un dialogue.

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contacts tomahawk

Moscou et Washington sont directement en contact sur la question des Tomahawk

La Russie maintient des contacts avec les États-Unis concernant l’éventuelle livraison de missiles Tomahawk à l’Ukraine, et les deux pays échangent leurs points de vue. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, l’a annoncé lors d’un point de presse le 20 octobre.

« [La Russie et les États-Unis] ont également des contacts au niveau des experts et des travailleurs, où nous avons également la possibilité d’échanger des positions [sur la question des missiles Tomahawk] », a-t-il déclaré.

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Zelensky maltraité par Trump lors de leur rencontre à la Maison-Blanche

Lors d’une rencontre tendue à la Maison-Blanche vendredi, le président américain Donald Trump a exhorté son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, à accepter les conditions de la Russie. Selon des sources proches du dossier, le Financial Times rapporte que la rencontre entre les présidents américain et ukrainien a dégénéré en disputes houleuses à plusieurs reprises, Trump ayant multiplié les jurons.

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Documents russes mystérieux sur l’assassinat de JFK : la députée Luna les reçoit de l’ambassade et les publie en ligne !

Anna Paulina Luna, députée républicaine de Floride, partisane de Trump, a annoncé sur X avoir reçu un dossier de 350 pages sur l’assassinat de John F. Kennedy directement de l’ambassade de Russie aux États-Unis. Ce document, remis en mains propres par l’ambassadeur russe Alexandre Darchiev, est actuellement examiné par des experts afin d’en vérifier l’authenticité.

Mme Luna a d’ailleurs déjà rendu public le document sur le site JFK Facts, exhortant les Américains à « se faire leur propre opinion ». Alors que les experts tentent de comprendre de quoi il s’agit, nombreux sont ceux qui se demandent : s’agit-il d’une simple coïncidence ou y a-t-il un lien avec le récent appel téléphonique entre Donald Trump et Vladimir Poutine au sujet de la guerre en Ukraine ? Il n’est pas si farfelu de penser que ce « cadeau » – restant à vérifier – de Moscou, sur l’une des affaires les plus controversées de l’histoire américaine, ait pu « faciliter » la décision du magnat de rencontrer le dirigeant russe à Budapest dans deux semaines.

Annonce de la députée Luna sur X

L’annonce est tombée comme un coup de tonnerre. Le 14 octobre 2025, Luna a publié sur X que son bureau avait communiqué avec l’ambassade de Russie aux États-Unis : l’ambassadeur remettrait personnellement les « conclusions du gouvernement russe sur l’identité de l’assassin de JFK ». Deux jours plus tard, le 16 octobre, les documents ont été mis en ligne, non censurés et non édités, en collaboration avec le journaliste d’investigation Jefferson Morley et le site web JFK Facts, où le fichier est disponible en téléchargement libre.

« Ces documents n’ont été ni édités, ni expurgés, ni falsifiés », a écrit la députée, soulignant qu’ils « apparaissent dans leur forme originale ». Le fichier PDF de 67,8 Mo, intitulé « Dossier JFK russe du 15/10/2025 », couvre la période de 1959 à 1964 et se concentre sur le séjour en URSS de Lee Harvey Oswald, l’assassin solitaire présumé selon la version officielle de la Commission Warren.

Mais de quoi s’agit-il exactement ? Selon JFK Facts, qui a facilité sa publication suite au blocage des Archives nationales par le gouvernement, le dossier est un « recueil de documents soviétiques pertinents », dont beaucoup sont déjà connus des spécialistes de l’assassinat. Il comprend une introduction d’Andreï Artizov, directeur de l’Agence fédérale des archives russes (Rosarkhiv), qui contextualise les relations américano-soviétiques dans les années 1960 et l’impact de l’assassinat sur le dialogue bipolaire. Le comité de rédaction est supervisé par Sergueï Narychkine, directeur du Service russe de renseignement extérieur (SVR, équivalent de la CIA), un détail qui ne passe pas inaperçu. Ce document n’est pas le « dossier du KGB sur Oswald » recherché en vain dans les années 1990 – celui « d’un mètre cinquante » selon le juge John Tunheim, ancien président de la Commission de révision de l’assassinat – mais une sorte de « dossier gouvernemental russe » sur l’événement.

Le lien avec l’appel téléphonique Trump-Poutine

Luna, présidente du groupe de travail de la Chambre des représentants sur la déclassification des secrets fédéraux, a clarifié le contexte dans un message ultérieur : « Dès que j’ai appris l’existence de ces dossiers, j’ai contacté directement l’ambassade de Russie. Je les ai demandés au nom du groupe de travail, de la communauté scientifique et du peuple américain.» Cette demande remonte à plusieurs mois, lors d’une audition le 20 mai, où John Tunheim a révélé que la commission de 1995 avait été très proche d’obtenir les dossiers du KGB de Minsk, en Biélorussie, mais que Moscou s’était rétracté à la dernière minute. Aujourd’hui, pour la première fois, le Congrès y a accès.

« Le moment est on ne peut plus opportun », a ajouté la députée, soulignant que de nombreuses informations corroborent les dossiers déclassifiés par le gouvernement américain grâce au décret présidentiel de Trump en janvier. Et c’est là qu’intervient le lien « curieux » avec la géopolitique actuelle. Au moment même où les documents atterrissaient sur le bureau de la députée trumpiste, le président américain concluait un entretien téléphonique de plus de deux heures avec Poutine, qualifié de « très productif ».

Les deux dirigeants ont convenu de se rencontrer à Budapest, en Hongrie, dans les deux semaines à venir, afin de discuter de la fin de la guerre en Ukraine. Cet entretien serait précédé de discussions entre hauts responsables, le secrétaire d’État Marco Rubio menant la danse pour les États-Unis. Cet appel, le premier depuis le sommet d’Alaska en août, a abordé le commerce d’après-guerre, les livraisons d’armes américaines à Kiev, et même les succès de Trump au Moyen-Orient, que le président juge « utiles » aux négociations ukrainiennes. Poutine a salué l’engagement de la Première dame Melania Trump envers les enfants ukrainiens déplacés et a averti que l’envoi de missiles Tomahawk à longue portée en Ukraine compromettrait le processus de paix. Tout cela se passe alors que le Vieux Continent apparaît, une fois de plus, comme un spectateur payant, puisqu’il supporte le coût des armes américaines pour Kiev, mais cela n’a aucune importance.

Bulletin STRATPOL N°260: Censure républicaine, TRUMP vs CHINE, Aéronautique française. 17.10.2025

Sommaire :

00:00 Géopolitique profonde

  • Laurent Ozon : « Les néoconservateurs »
  • Gamelin Schill et l’Auftragstaktik
  • Turbo-socialisme
  • Censure républicaine vs Effet Trump

08:50 Économie

  • Investir en Russie
  • Trump vs Pékin
  • Omelette russe
  • Quenelle à l’Indienne
  • Gaz russe pour Kiev
  • Qui paie pour l’Ukraine ?

14:55 Politico-diplomatique

  • Turbo-dictature kiévienne
  • Normalisation russo-syrienne
  • Normalisation russo-azérie

21:00 Armement

  • CAESAR vs Lancet
  • CAESAR pour le Pentagone
  • Suprématie de l’aéronautique française

24:20 Empire du mensonge

  • Grand Continent
  • Moment bunker : Kaja Kallas et les dommages de guerre

28:28 Considérations militaires générales

  • Corps d’armée virtuel
  • Poloniaiseries
  • Frappes américano-kiévienne

32:50 Carte des opérations militaires

  • Résistance dans le Tennessee ?
  • Black-out

Liens :
Ukraine : pourquoi la Russie a gagné
La lettre de Géopolitique profonde
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Après un entretien téléphonique, Poutine et Trump s’accordent sur une rencontre à Budapest

Tout le monde attendait les missiles Tomahawk, mais ils ne seront clairement pas l’actualité principale de la semaine. Vladimir Poutine et Donald Trump s’entretiendront en Hongrie. L’objectif principal, selon le président sortant de la Maison Blanche, est de mettre définitivement fin au conflit en Ukraine.

Jeudi soir, les deux chefs d’État ont eu un entretien téléphonique historique. Face aux déclarations belliqueuses de Washington, les perspectives n’étaient pas entièrement positives. Cependant, après deux heures et demie de conversation, tout a basculé.

Donald Trump a été le premier à commencer à écrire sur les réseaux sociaux :

« Je viens de terminer mon entretien téléphonique avec le président russe Vladimir Poutine, et la conversation a été très productive. Le président Poutine m’a félicité, ainsi que les États-Unis, pour la grande réussite de la paix au Moyen-Orient, qui, a-t-il dit, est un rêve depuis des siècles. Je suis convaincu que le succès au Moyen-Orient contribuera à nos négociations visant à mettre fin à la guerre entre la Russie et l’Ukraine », a écrit le locataire de la Maison Blanche.

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Trump prétend que l’Inde cessera d’acheter du pétrole russe… L’Inde fait habilement comprendre que non

Le président américain Donald Trump a déclaré que le Premier ministre indien Narendra Modi avait promis de cesser d’acheter du pétrole russe. Cependant, a-t-il expliqué, cela ne se ferait pas immédiatement, mais progressivement. Cette déclaration a inévitablement provoqué une vive agitation à Delhi, tant au sein du gouvernement que de l’opposition parlementaire. Le ministère indien des Affaires étrangères a habilement voilé la réaction officielle, affirmant que le gouvernement privilégiait les consommateurs nationaux aux intérêts des autres puissances. Cependant, le chef du Congrès national indien a affirmé que le Premier ministre avait cédé à la pression extérieure.

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Résurgence du nationalisme des ressources, sécurité des chaînes d’approvisionnement et bataille pour les routes logistiques

Résurgence du nationalisme des ressources, sécurité des chaînes d’approvisionnement et bataille pour les routes logistiques

Alors que Donald Trump veut imposer des droits de douane de 100 % à la Chine après la décision de cette dernière d’imposer des restrictions à l’exportation des terres rares, dont elle détient 90 % des parts de marché, la question des ressources minérales essentielles, et de leur logistique est plus que jamais d’actualité, sur fond de construction de la multipolarité du monde.

Les fondements de la puissance géopolitique évoluent actuellement de manière extrêmement rapide. La puissance d’un pays ne se mesure plus uniquement à sa force militaire ou à son économie, mais de plus en plus à son contrôle des minéraux essentiels et de l’énergie indispensables au monde moderne. Cette dynamique alimente une résurgence du nationalisme des ressources et déclenche une course mondiale pour la sécurité des chaînes d’approvisionnement, transformant les routes logistiques en leviers de pression stratégiques et les matières premières en instruments de politique étrangère.

Le retour du nationalisme des ressources : les minéraux comme levier géopolitique

Le nationalisme des ressources – la politique par laquelle les gouvernements affirment leur contrôle sur leurs ressources naturelles pour un gain économique et politique national – est de retour avec force. Contrairement aux chocs pétroliers des années 1970, la version actuelle est centrée sur un nouveau type de ressources : les minéraux essentiels comme le lithium, le cobalt, les terres rares et le cuivre. Pourquoi ? Car ce sont les éléments de base de la transition énergétique verte, des infrastructures numériques et des systèmes de défense avancés. Sans ces ressources minérales, aucun pays ne peut rester dans la course tant en matière d’énergie que d’économie, ou de défense.

Or, les pays qui disposent de ces ressources minérales ont cessé d’être des exportateurs passifs de matières premières. Ils utilisent désormais leur capital géologique à des fins stratégiques.

La Chine a ainsi imposé sa domination sur les chaînes d’approvisionnement mondiales des terres rares via une stratégie pluri-décennale de consolidation de l’extraction, du traitement et de la fabrication de ces ressources minérales essentielles à tout ce qui est électronique. Sans elles il n’y a pas de téléphones portables, d’ordinateurs, de véhicules électriques, de munitions guidées, d’avions de chasse, de radars, de lasers médicaux, de scanners, ou de réacteurs nucléaires. Autant dire que sans terres rares un pays est renvoyé un siècle en arrière en matière de technologie.

Or, actuellement, la Chine contrôle toujours près de 70 % de l’extraction des terres rares dans le monde, entre 85 et 90 % de leur traitement, et 90 % de la fabrication à partir de ces terres rares d’aimants essentiels aux applications technologiques décrites précédemment. Cette domination quasiment sans partage offre à Pékin un levier géopolitique majeur. Et on comprend mieux la réaction épidermique de Donald Trump lorsque la Chine a décidé d’introduire des restrictions à l’exportation des terres rares. Pékin peut donc désormais littéralement décider quels pays pourront continuer à développer leur économie, et lesquels seront freinés sur le plan technologique.

Fait intéressant, l’introduction de ces restrictions à l’exportation seulement maintenant, est due au fait que jusqu’à récemment, la Chine dépendait des États-Unis à 95% pour ses importations d’hélium. Un gaz essentiel pour refroidir les machines de lithographie à ultraviolets utilisées dans la fabrication de semi-conducteurs. Sans hélium, la Chine ne pouvait pas fabriquer de semi-conducteurs de faible nanométrie. En quatre ans, Pékin a augmenté sa production locale et diversifié ses sources d’approvisionnement (Russie et Qatar principalement). Et c’est grâce à cette diversification que la Chine a pu reprendre sa souveraineté technologique et se permettre de décréter des restrictions à l’exportation des terres rares en réponse à la guerre économique que lui ont déclaré les États-Unis.

Et les terres rares ne sont pas les seules ressources minérales indispensables au mode de vie moderne. Le lithium en fait aussi partie. Inspirés par l’OPEP, les grands pays producteurs de lithium comme le Chili, l’Argentine et la Bolivie envisagent la formation d’une “OPEP du Lithium” pour coordonner les prix et les politiques de gestion et d’exportation de cette ressource essentielle à la fabrication de batteries électriques pour voitures.

Certains pays utilisent les restrictions sur l’exportation de ressources minérales, non pas tant comme levier géopolitique qu’économique. Par exemple, l’Indonésie, le plus grand producteur mondial de nickel, a interdit les exportations de nickel brut pour forcer les investissements étrangers dans la fonderie et la production de batteries locales, captant ainsi une plus grande partie de la chaîne de valeur.

D’autres décident appliquent une politique de patriotisme économique en utilisant ces ressources minérales comme moyen pour améliorer le bien-être de leur population. En Afrique par exemple, des mines de cuivre zambiennes aux gisements de cobalt de la République Démocratique du Congo, les gouvernements renégocient les contrats, augmentent les commissions et exigent une participation locale pour garantir que leurs populations bénéficient plus directement de leurs richesses naturelles.

Cette position ferme des États riches en ressources pose un défi fondamental aux grandes puissances industrielles, les obligeant à repenser toute leur approche de la sécurité de l’approvisionnement en minéraux essentiels.

La course à la sécurisation des chaînes d’approvisionnement dans un monde qui se fragmente

En réponse à ces processus de résurgence du nationalisme des ressources par les pays du sud global, les États-Unis, l’Union européenne et leurs alliés s’efforcent frénétiquement de réduire les risques et de diversifier leurs chaînes d’approvisionnement loin des rivaux géopolitiques et des régions volatiles.

Pour cela, ces pays ont recours à diverses stratégies et méthodes. La première est de construire des chaînes d’approvisionnement avec des nations alliées ou des pays voisins. Le Partenariat pour la Sécurité des Minéraux dirigé par les États-Unis, qui vise à créer une chaîne d’approvisionnement parallèle, exempte de Chine, pour les minéraux essentiels, en est le parfait exemple.

La deuxième stratégie est de reconstituer des stocks nationaux stratégiques et d’offrir des subventions massives, comme celles de l’Acte de Réduction de l’Inflation américain, pour inciter les entreprises à investir dans l’extraction et le traitement nationaux des minéraux nécessaires.

Enfin, la troisième stratégie utilisée est celle de l’investissement dans les alternatives. L’Occident a ainsi investi de manière importante dans le recyclage, mais aussi la recherche dans le domaine de la science des matériaux pour trouver des substituts et le développement de nouveaux projets miniers dans des juridictions politiquement stables comme le Canada et l’Australie.

Cette scission des chaînes d’approvisionnement mondiales en sphères d’influence concurrentes n’est pas seulement une question de politique commerciale ; c’est une caractéristique centrale du nouvel ordre mondial multipolaire, où l’interdépendance économique est utilisée comme une arme.

La bataille pour les routes logistiques

Alors que les chaînes d’approvisionnement se réorganisent, les grands corridors logistiques mondiaux – anciens et nouveaux – sont devenus des arènes de compétition intense et des points de vulnérabilité. La fiabilité de ces routes est désormais une préoccupation stratégique primordiale.

La « nouvelle route de la soie » (Belt and Road Initiative – BRI), projet d’infrastructure colossal de la Chine, est la tentative la plus ambitieuse de remodeler la logistique mondiale depuis un siècle. En construisant des ports, des voies ferrées et des routes à travers l’Asie, l’Afrique et l’Europe, la Chine vise à créer des routes commerciales sécurisées et centrées sur elle.

Cependant, la BRI n’est pas exempte de risques. Certains pays ont accusé la Chine de les avoir endettés de manière insoutenable, aboutissant à une perte de souveraineté (comme avec le port de Hambantota au Sri Lanka par exemple). De plus, ces infrastructures créent des dépendances stratégiques à long terme, donnant à Pékin un levier de pression sur les pays de transit. Enfin et surtout, la BRI traverse des pays occidentaux inféodés à Washington, ainsi que certaines des régions les plus volatiles au monde sur le plan politique, entraînant le risque d’une perturbation des flux de marchandises.

Un exemple récent a eu lieu ce mois-ci, lorsque la Pologne a fermé pendant 13 jours sa frontière avec la Biélorussie en guise de protestation pour les exercices militaires conjoints du pays avec la Russie. Cette fermeture de la frontière a eu pour effet collatéral de bloquer 90% du fret chinois destiné à l’Europe, obligeant la Chine à adapter la route (en faisant passer le fret par bateau de St-Petersbourg à Hambourg, en Allemagne) pour contourner la Pologne !

Ce genre de mésaventure rend la Route Maritime du Nord (RMN) de plus en plus attractive. Avec le recul de la glace arctique, la Russie promeut activement cette voie logistique comme un « Suez du Nord » plus rapide. Elle offre un trajet 40% plus court entre l’Asie et l’Europe (la RMN faisant 14 000 km contre 23 000 km pour celle passant par le canal de Suez), sous contrôle russe. Rien de surprenant donc à ce que la Russie et la Chine augmentent chaque année la quantité de fret passant par la Route Maritime du Nord, même si pour l’instant la part de fret passant par cette route reste très faible au regard des routes logistiques concurrentes. Il faut dire que comme toutes les autres routes, elle n’est pas exempte de défauts. La RMN nécessite des navires brise-glace coûteux et n’est navigable qu’une partie de l’année. De plus, la création de cette route provoque une militarisation de l’Arctique, la transformant en une nouvelle zone de compétition entre l’OTAN et la Russie.

De son côté, le canal de Suez reste un goulot d’étranglement permanent. Après l’échouement de l’Ever Given en 2021 qui avait paralysé 12 % du commerce mondial, les attaques de navires liés à Israël, aux États-Unis ou au Royaume-Uni en mer Rouge par le Yémen depuis fin 2023 ont entraîné une baisse drastique du trafic maritime à travers le canal de Suez (début 2024 la baisse de transit était de 50 %, et de 90 % pour les porte-conteneurs). Résultat, les grandes compagnies de transport maritime préfèrent perdre 7 à 14 jours de voyage supplémentaire en contournant l’Afrique par le sud, plutôt que se risquer sur cette route. Cela illustre à quel point la vulnérabilité du canal de Suez aux conflits régionaux reste un risque systémique pour l’économie mondiale.

La voie difficile vers un nouvel équilibre

La convergence du nationalisme des ressources et des défis logistiques liés à la fragmentation du monde rend celui-ci de plus imprévisible. Les entreprises sont confrontées à une volatilité des prix, des ingérences politiques et à la menace de perturbations soudaines de l’approvisionnement. Pour les pays, le défi est de sécuriser les ressources vitales pour leur survie économique et leur suprématie technologique sans aller jusqu’à une confrontation qui fracturerait encore plus l’économie mondiale.

La voie à suivre nécessite un équilibre délicat : favoriser des chaînes d’approvisionnement résilientes et diversifiées grâce à la coopération internationale, tout en engageant un dialogue avec les gouvernements restreignant l’accès à leurs ressources pour conclure des accords mutuellement bénéfiques. Dans cette nouvelle configuration multipolaire du monde, les gagnants seront ceux qui pourront non seulement sécuriser les ressources minérales qui leur sont nécessaires, mais aussi les transporter en toute sécurité. Car la bataille pour les minéraux essentiels est aussi une bataille pour le contrôle des routes logistiques.

Christelle Néant

chine petrole

La Chine défend le commerce du pétrole russe contre les États-Unis

En exigeant la renonciation au pétrole russe, les États-Unis se livrent à des manœuvres d’intimidation et compromettent gravement les règles du commerce mondial, a déclaré le ministère chinois des Affaires étrangères. Pékin est prêt à prendre des mesures de rétorsion pour protéger sa souveraineté, a souligné le ministère.

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Le régime des Mollahs va-t-il s’effondrer ?

Depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, l’Iran multiplie les déconvenues. Sa prudence dans son soutien au Hamas, qui espérait beaucoup plus, n’y a rien changé : les plus beaux atouts de la puissance perse ont disparu.

L’Etat hébreu a tout d’abord porté des coups terribles au Hezbollah, la milice chiite qui règne sur le Liban sud. Armée et financée par l’Iran, cette milice avait, par le passé, posé de graves problèmes à l’armée israélienne. Cela n’a pas été le cas cette fois. Tous les dirigeants du Hezbollah ont été tués par des bombardements d’une redoutable précision (le Mossad bénéficiait à l’évidence de renseignements internes au plus haut niveau). Son chef emblématique, Hassan Nasrallah, est mort alors qu’il tenait une réunion dans un bunker profondément enterré.

Israël a complété l’œuvre de son aviation par une invasion terrestre du Liban. Comme à son habitude, Tsahal n’a pas fait dans le détail et les destructions furent nombreuses. Mais, avec peu de pertes, elle a considérablement affaibli le Hezbollah.

La suite s’est passée en Syrie. Profitant d’une offensive islamiste surprise, Israël a bombardé les positions de l’armée syrienne. Elle a surtout empêché l’arrivée de renforts chiites venus d’Irak et d’Iran. L’armée syrienne s’est effondrée, elle fut en outre perturbée par des faux ordres de retraite reçus par les officiers sur leurs portables. Connaissant l’habileté israélienne dans le domaine du piratage informatique, le responsable n’est pas difficile à trouver.

Israël s’accommode très bien du régime islamiste qui a pris la suite, cela correspond parfaitement à sa stratégie du chaos, meilleur moyen de dominer militairement le Proche-Orient. Il a en outre saisi l’occasion pour s’installer au-delà du Golan (déjà annexé) et occupe une partie de la Syrie.

Alors Israël s’est mis à rêver et a jugé que le moment était venu d’attaquer l’Iran lui-même. Ce fut la guerre des 12 jours, déclenchée le 13 juin dernier. L’aviation israélienne bombarda les sites nucléaires iraniens, des logements de gardiens de la révolution et d’ingénieurs tuant plusieurs dizaines d’entre eux avec leurs familles. La défense aérienne fut totalement dépassée.

L’Iran riposta aussitôt et beaucoup de ses missiles franchirent le fameux dôme de fer israélien censé tout arrêter. Tel Aviv, le poumon économique d’Israël, subit des dégâts importants, médiatiquement minimisés grâce à la rapide interdiction des images, tout comme Haïfa et Bat Yam. C’est la première fois que des villes israéliennes sont frappées de la sorte. Chaque Etat a montré ses faiblesses mais le monde n’a retenu que la défaite de l’Iran.

Donald Trump décida d’entrer dans la danse. Le 21 juin, l’US Air Force bombarda 3 sites nucléaires iraniens et Trump annonça leur destruction totale. Ce n’est sans doute pas le cas, mais il faudra attendre pour connaître l’ampleur des dégâts occasionnés au programme nucléaire iranien.

Malgré les coups réels portés à Israël, l’Iran sort très affaibli de cette séquence. Dès lors, les médias occidentaux se sont rués vers un de leurs fantasmes favoris : la chute imminente du régime des mollahs. En réalité, il est plus solide qu’il n’y paraît. Certes, sa popularité est faible et une grande partie des Iraniens, notamment dans les villes, aimeraient respirer davantage. Mais les campagnes sont plus religieuses et le maillage du clergé chiite très efficace. De plus, il n’y a pas vraiment d’alternative. Le fils du Shah est souvent mis en avant mais il vit aux Etats-Unis depuis des décennies et a eu la drôle d’idée de s’adresser en anglais au peuple iranien, pourtant très nationaliste. Et puis il y a les gardiens de la révolution, 120 000 hommes bien armés. En réalité tout dépend d’eux.

Même si de plus en plus d’Iraniennes se promènent sans voile dans les rues de Téhéran, on ne peut pas prévoir la chute prochaine du régime. Donald Trump, malgré ses promesses, a goûté au charme vénéneux de l’éternel interventionnisme américain. Mais ce n’est pas cela qui fera tomber les mollahs : la solution est interne.

Antoine de Lacoste

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Kiev espère obtenir des Tomahawk aux frais de la Russie au sommet de Ramstein

La Russie poursuit ses opérations offensives sur l’ensemble du front de l’opération militaire spéciale. Les forces armées russes sont particulièrement actives dans le secteur de Krasnoarmeïsk, qui abrite d’importants gisements de terres rares. Les troupes russes y ont pris le contrôle du village de Balagan et ont poursuivi leur progression vers les districts orientaux de la ville de Dimitrov, dans le Donbass. L’Ukraine espère améliorer sa situation grâce à l’aide des États-Unis et de l’OTAN, qui pourrait arriver après le prochain sommet de Ramstein. Le président américain Donald Trump estime que la prolongation du conflit entraînera une escalade, mais il continue de discuter de la fourniture de missiles américains à longue portée Tomahawk.

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trump chine

Trump bouscule les marchés en annonçant 100% de droits de douane supplémentaires contre la Chine

Le président américain Donald Trump a annoncé l’imposition de droits de douane supplémentaires de 100 % sur les importations en provenance de Chine, en plus des droits de douane existants. Cette décision fait suite aux récentes restrictions imposées par Pékin à l’exportation de métaux précieux.

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trump nobel

Donald Trump n’a pas reçu le prix Nobel

Le président américain Donald Trump n’a pas reçu le prix Nobel de la paix ; c’est la dirigeante de l’opposition vénézuélienne María Corina Machado qui l’a reçu.

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Hypothèses sur l’évolution des fronts après les « cinquante jours de « Trump »

Hypothèses sur l’évolution des fronts après les « cinquante jours de « Trump »

Alors que le front continue de subir la poussée russe dans le Donbass et au Nord, la stratégie occidentale se confirme et se précise.

Analyse de la situation ennemie

Le théâtre trumpiste

Il existe deux méthodes pour dissimuler une intention et perturber l’analyse adverse ; la première consiste à jeter un voile de secret en interdisant l’accès aux informations pertinentes, la seconde repose au contraire sur la saturation cognitive de l’adversaire, souvent accompagnée de faux indices et d’informations piégées. Dissoudre une réalité que l’on souhaite rendre inaccessible dans une « soupe » de données apparemment contradictoires mais visibles, est le principe de la « Lettre volée » de la nouvelle d’Edgar Allan Poe, concept que les Anglo-saxons définissent comme « hidden in plain sight » (dissimulé au grand jour). La communication du président états-unien Donald Trump, souvent erronément présentée comme chaotique et insensée, s’inscrit dans cette démarche de sidération et de rupture du lien logique ; c’est d’ailleurs un type d’action connue des militaires US qui l’ont qualifié de « shock and awe » (choc et effroi, mais aussi admiration), contre l’Irak notamment. Des annonces très fortes, inattendues voire choquantes, frappent et stupéfient (« engourdir en inhibant », surprendre, rendre stupide en somme) ; il est sans importance qu’elles ne s’avèrent pas, car une nouvelle information forte leur succède dans la chaîne continue de l’information qui martèle les cortex et favorise l’amnésie-tampon.1

Reste que cette tactique est au service d’objectifs qui demeurent, eux, cohérents, et d’intérêts que l’on peut identifier et tracer au-delà du camouflage sémantico-symbolique. Donald Trump est certes en rupture avec certaines orientations de ses prédécesseurs et avec l’évolution idéologique, sociétale et démographique de son pays, telle qu’initiée et promue par le fameux et réel « deep state ».2

Cela crée un facteur de brouillage dans l’analyse de la politique états-unienne qui n’est plus une, mais divisée par des intérêts en opposition. Mais on peut isoler des faits indifférents aux modes et aux personnes. Parmi les critères invariants, on peut citer : Donald Trump est

  1. un étasunien,
  2. probablement patriote à sa manière,
  3. un homme d’affaire milliardaire et
  4. un politique élu. Comme toujours, l’ontologie fournit les données pérennes applicables à l’analyse des décisions, bien davantage que les déclarations ou affiliations supposées.

Donald Trump s’est avéré susceptible de professer des idéologies, puis de les réfuter avec autant de conviction (comme en témoigne sa rupture avec Elon Musk) en fonction de ses intérêts électoralistes.3 De plus, ces impératifs de vote sont temporaires et soumis à l’affect. Au final, ces volte-face ressortent aussi du domaine de l’impermanence et n’impactent pas réellement au fond. Mais certains choix sont eux prégnants. Ainsi, il souhaite que l’hégémonie US persiste, ce qui est un critère de supériorité économique, elle-même nécessaire à son profit et à sa situation. Ce sont donc les impératifs conditionnant :

  1. Conserver une base électorale pour garder un leadership politique,
  2. Utiliser cette position pour orienter des décisions favorables à l’économie. En cela, le 47ème président des États-Unis ne diffère pas réellement au fond des 45 précédents (deux ont été élus deux fois, dont lui-même).

La politique internationale des USA doit donc être considérée en fonction de ces faits.

Actuellement, la base électorale trumpiste est déçue, la lutte contre l’État profond prend une tournure de vendetta personnelle davantage que de révolution sociale, poussant le POTUS (Président Of The United States) comme nombre de ses prédécesseurs dans le passé, à revenir sur son postulat isolationniste. La personnalisation du conflit avec les clans démocrates permet paradoxalement de renouer des alliances avec le complexe militaro-industriel et ses émanations politiques (les « faucons, Néo-cons rabiques), lequel est conçu comme un instrument de relance économique et de réindustrialisation, nécessaire à la fois pour des motifs internes et pour conserver le leadership stratégique mondial face à des pouvoirs apparus ou ré-émergents. Au-delà de la forme médiatique, les actions du président s’appuient sur une logique commerciale dans les négociations diplomatiques (« deals »), voulus de nature bilatérale (disproportionnée de préférence) plutôt que dans le cadre de mécanismes multilatéraux encadrés juridiquement.

Cette politique, dans le cadre d’un déclin global (mais relatif) de l’hégémonie états-unienne, s’appuie sur une politique énergétique mondialisée et elle implique une rivalité avec les puissances concurrentes. Or, le niveau de puissance disponible ne permet plus désormais de contrôler par la force les rivaux, de manière ouverte (« bananas war ») ou subreptice (Alliances et contrôle de l’ONU).

Possible bascule doctrinale militaire nord-américaine

Malgré les outrances du personnage et le conflit réel avec une partie de l’Establishment (qui, selon toute évidence, a tenté de l’éliminer physiquement après avoir essayé politiquement et juridiquement), les éléments de rupture étaient donc finalement limités :

  • Au-dedans : remise en cause des bases idéologiques et culturelles du soft power états-unien sur la planète, réorientées vers des valeurs traditionnelles et détournées de la philosophie déconstructrice wokiste-LGBT-écologiste-créolisée. Cela crée des tensions internes aux USA mais assure une certaine ambiguïté plutôt favorable dans une grande partie du Monde non occidental. La position du vice-président J.D Vance est centrale dans ce contexte.
  • En dehors : refus de l’interventionnisme militaire direct. C’est une conclusion tirée de la fin du siècle dernier et du premier quart actuel, qui ne signifie nullement une orientation pacifiste mais plutôt un recours à des stratégies périphériques.

La philosophie et la culture militaire états-uniennes depuis 1865, 1917 et 1941, ont privilégié l’action militaire frontale (« modèle occidental de la guerre »), par projection de forces écrasantes permise grâce à la supériorité industrielle et à l’éloignement ultra-marin.4 Parmi les Anglo-saxons, les Britanniques pour leur part, disposant de ressources limitées, ont toujours privilégié l’action de contournement. La doctrine états-unienne (hors USMC, le Corps étant justement conçus pour la projection rapide à finalité périphérique) largement façonnée à partir de la supériorité technologique et industrielle notamment en matière d’arme aérienne, a relativement mal fonctionné dans des contextes ne permettant pas l’écrasement direct de l’adversaire (pour des considérations techniques ou éthico-médiatiques), en particulier lors des conflits de subversion ou irréguliers que la menace nucléaire, puis la diffusion de moyens technologiques low-cost ont fait proliférer après 1945.

Après une diversion diplomatico-médiatique sur son rôle de « faiseur de paix » (pour endormir l’adversaire, cf. Iran, selon un procédé mis en œuvre contre la Russie en Ukraine), le président US a confirmé l’appétence états-unienne traditionnelle pour la guerre, conservant le canevas de la stratégie de tension autour des trois pôles majeurs que sont l’Ukraine kiévienne, Taïwan et Israël.

Il apparaît toutefois que même l’énorme potentiel US est distendu par des conflits menés contre des acteurs moins puissants mais employant tactiques et technologies modernes, dans la durée (au moins une durée suffisante pour assécher les stocks et créer un gap dans la production des nouveaux moyens, ce qui intervient relativement rapidement). En contradiction avec la doctrine officielle, c’est particulièrement vrai en cas d’engagements multiples simultanés. Il semble donc que les USA en aient pris conscience et qu’ils ont durablement intégré les principes de la stratégie indirecte. Cela se traduit notamment par le refus d’engager les troupes étasuniennes dans un conflit ouvert, mais dans le maintien, voire l’augmentation de l’implication industrielle et technologique au profit des proxys. Cela permet cyniquement, par exemple, de proposer à l’UE d’acheter des armements US pour les transmettre à Kiev.

Évaluation des suites envisageables

Imaginer que la stratégie occidentale puisse être conditionnée par des relations personnelles, au-delà de l’image, est naïf voire puéril. Il ne faut pas interpréter les déclarations publiques successives du POTUS à l’aune de ce critère. Le porte-parole du Kremlin et le président de la Fédération de Russie semblaient d’ailleurs sans illusions sur le sujet en affirmant que Biden était un politicien traditionnel mais Trump un individu imprévisible.

Les USA ont besoin de temps pour relancer leur colossale machine industrielle, qui a connu des réductions dans sa capacité de production comme dans celle de conception. Le délai de latence sera probablement traité en mobilisant les financements européens et en sabotant délibérément tout effort de développement d’une base industrielle de technologie et de défense européenne, ce qui crée une potentialité d’opposition avec Paris.5

Cette démarche implique de recentrer le bloc occidental, ce qui peut rencontrer deux difficultés : le raidissement de dirigeants heurtés par le mépris trumpien à leur égard (Trudeau, Macron…), la résistance de la partie du deep state nord-américain et de ses ramifications hors USA, notamment dans l’UE.

La stratégie US passée a consisté à provoquer l’écroulement de l’URSS en haussant les coûts de la course aux armements. Confronté à cette tactique, le pouvoir russe de Vladimir Poutine a su réagir différemment, en refusant la surenchère face à des capacités disproportionnées, mais en investissant dans des armements de haute technologie innovants, moins onéreux mais à forte valeur stratégique ajoutée (missiles hypersoniques, drones nucléaires sous-marins, émetteurs d’ondes, armes sismiques, météorologiques…). Le problème majeur que connaît la dissuasion russe est qu’elle fait désormais face à des dirigeants adverses qui, à la différence de leurs aînés, semblent manquer des capacités intellectuelles et culturelles nécessaires à bien mesurer les risques et la menace.

A la lumière des combats en Ukraine, la capacité à produire en masse des drones peu coûteux et la valorisation de moyens jugés obsolètes ont été entrepris mais il s’agit de solutions non pérennes. La guerre industrielle de haute intensité exige masse et durée ; dans le cadre de l’attrition (biologique et matérielle) ces deux facteurs fonctionnent au bénéfice de la Russie face à l’Ukraine même « boostée » par l’OTAN (militairement) et l’UE (financièrement). Mais la même équation serait défavorable à Moscou face à une véritable guerre contre la totalité du bloc occidental. Le calcul états-unien consiste à renverser l’effet d’attrition en exploitant ce déséquilibre démographique et économique, sans causer de réaction russe apocalyptique. Pour cela l’emploi des proxys et l’engagement de nouveaux États vassaux (Pologne, États baltes, scandinaves, voire ultimement la triade Franco-britanno-germanique) semble une voie logique. Dans un premier temps, cela se traduira probablement par la continuité de la perfusion de Kiev, tant que le leadership local se maintiendra (on évoque une répudiation de Volodymir Zelensky, qui peut être un nouveau coup de Com’ ou être une éventualité qui ne changera probablement pas grand-chose, puisque l’OTAN a exclu la démilitarisation des objectifs concédables à la Russie).

L’extension à des théâtres périphériques est quasi-certaine.

A- La Baltique semble une zone de tension à venir, tant du fait des déclarations des militaires de l’OTAN à propos de Kaliningrad que de celle de D. Patrushev sur la protection des atouts pétroliers russes dans la zone.

B- Nord Stream étant vraisemblablement fermé définitivement (cf. déclaration de Kaja Kallas), l’arc chiite étant rompu, la Syrie hors de contrôle, les différents projets de gazoducs Sud-Nord vont entrer en rivalité de plus en plus ouverte, entraînant un jeu de dominos déstabilisant plusieurs États sur leurs tracés : La Turquie peut compter sur l’Azerbaïdjan tombé dans une position antirusse affirmée et sur les Frères musulmans de Misrata en Libye, partiellement sur les forces jihadistes de Syrie qu’elle a armé et soutenu. Les ambitions turques risquent cependant de heurter la dynamique israélienne en zone druze de Syrie, voire au-delà dans la région. Le départ français du Sénégal clôt une page de l’histoire africaine de la France mais l’implantation du Corps africain ex-Wagner reste de portée réduite. Si une action était envisagée, sur la production et l’acheminement gazier et pétrolier en Afrique même, la base russe de Shmeiem en Syrie prendrait une importance accrue. Mais les ressources absorbées en Ukraine ne permettent pas un véritable développement en Afrique, d’autant que les États alliés locaux persistent dans leurs faiblesses structurelles connues depuis la Décolonisation. Les capacités réelles subsistant en Iran et les liens avec Moscou (mais aussi Pékin, partenaire majeur pour Téhéran, susceptible de se trouver face à Ankara en Asie centrale) sont à déterminer et conditionneront la capacité d’action de ce pays dans la zone. Face à Bakou, Erevan a joué un rôle incertain, se rapprochant notablement des USA, sollicité par Paris et l’UE, semblant pacifier ses relations avec Bakou puis matant son opposition et souhaitant joindre l’organisation de Shanghai. Il vient d’être révélé un plan (dit « pont Trump » selon certains médias) ouvrant un corridor à l’Azerbaïdjan sur le territoire arménien, sous contrôle d’une société américaine pour 99 ans. Ce « deal » qui rappelle celui conclu avec Kiev sur les terres rares, répond aux souhaits azéris pour unifier les communications entre les deux parties de son territoire. Il favorise également la position d’Ankara face à la Russie et à l’Iran. Les relations Pashinian (et les arrestations récemment ordonnées par Erevan) Aliyev (et les accusations contre la Russie après la destruction d’un avion) trouvent ici leur éclairage. Vraisemblablement sur instruction de la Turquie à son proxy d’Azerbaïdjan, la diaspora azérie en Russie semble avoir été activée pour faciliter l’opération spiderweb contre les bases stratégiques russes. Au-delà des apparences et de la communication de guerre sur la recherche d’une paix négociée en Ukraine, ces tractations confirment une guerre souterraine et mondialisée. Visant directement la Russie et l’Iran, elle impacte indirectement la Chine et, en l’espèce la France et les éventuelles velléités politiques de l’Union Européenne dont le président français entendait se faire le champion. La volonté de prendre pied en Asie centrale en mobilisant une alliance franco-arménienne remontant au génocide de 1915 trouve ici un échec cinglant, coordonné par les USA (cf. la communication sur le découplage possible entre Paris et Washington), favorisant la Turquie dans son ancien pré carré mais également contre la France en Méditerranée et en Afrique (presqu’inutilement dans ce cas, la France ayant été ultimement éjectée du Sénégal, subissant la pression de l’Afrika corps russe et la concurrence efficace de l’Italie – G. Meloni étant clairement ralliée aux USA – au Maghreb). Les liens anciens avec la Turquie et l’importance de la diaspora turque en Allemagne rendent improbable un soutien de Berlin à la politique française, en Afrique, au Maghreb et en Asie centrale. Quant aux Britanniques, ils maintiennent une politique ancrée dans le « grand jeu » et leur opposition féroce à la Russie.

C- La mer Noire reste un théâtre latent, avec des possibilités d’incursions otano-kiéviennes vers la Crimée, une possibilité d’action russe vers Odessa et un risque crédible de contamination de la Moldavie puis de la Roumanie qui s’affiche comme un centre de gravité otanien pour le flanc Sud, la Turquie étant d’une fiabilité incertaine dans ce contexte.

D-Enfin, le front intérieur reste un sujet majeur pour la Russie.

Nombre d’Ex-républiques soviétiques d’Asie centrale s’efforcent à un exercice d’équilibre (qui n’est pas sans rappeler celui de la Serbie) à l’issue incertaine et certainement conditionnée par la victoire en Ukraine. Le soft power russe y est battu en brèche par l’instrumentalisation du fondamentalisme musulman par les Britanniques et à moindre échelle, les États-uniens. Par ricochet, cela impacte la Fédération de Russie où les diasporas totalisent entre 10 et 15% de la population, mais avec une démographie beaucoup plus forte.

Les élites économiques russes, favorables à l’immigration faute de main d’œuvre, freinent les réactions sécuritaires initiées par Moscou et les gouvernements locaux pour lutter contre l’influence d’un Islam non traditionnel dans ces populations, qui gagne du terrain et constitue un ferment anti-russe.

Bien qu’elles n’aient pas tenu les promesses mises en elles par des économistes géniaux comme l’ancien ministre Le Maire ou le Mozart de la finance (un peu l’équivalent des « plans astucieux » russes), les sanctions économiques exercent malgré tout une action sur la Russie, qui souffre de ses taux d’intérêts et de l’inflation entre autres. Le président Trump déclare vouloir sanctionner les efforts de dédollarisation et la participation à un édifice commun séparé dans le cadre des BRICS. Il n’a cependant pas totalement sabordé l’option Bitcoin (malgré la brouille avec Musk) avancée un temps. L’entrée incontrôlée de nouveaux participants aux BRICS peut se solder par un affaiblissement du mécanisme et jouer comme « cheval de Troie » en l’affaiblissant. L’économie états-unienne a certes perdu de sa superbe en termes de parité de pouvoir d’achat (avec un classement 1) République populaire de Chine, 2) USA, 3) Inde, 4) Russie) mais sa puissance et les connexions entre économies du bloc occidental permettent d’influer sur celle de la Russie. Un objectif à moyen terme pourrait être de détourner les fonds prévus pour le développement intérieur russe selon les vœux de l’actuel président, pour financer la guerre. C’est probablement une des clefs – avec les profits des ventes d’armes, cf. évolution du chiffre d’affaires de Rheinmetall depuis trois ans et cf. les financement du sénateur Lindsay Graham par le complexe militaire US- de l’obstination à prolonger le conflit.

E- Evolution du conflit :

Il semble que le conflit soit condamné à durer ; les hypothèses pour un retour de la paix sont :

  • L’écroulement brutal du front ukrainien, faute de moyens ou de personnel, ou par un renversement politique à Kiev. C’est une option possible, mais pas la plus probable comme on vient de tenter de l’expliciter.
  • La prise de tous les oblasts revendiqués par la Russie ; c’est une option vraisemblable mais qui ne garantit aucune paix à terme, avec un État kiévien forcément inamical en bordure de ces territoires, lui-même adossé à l’Ouest à des puissances hostiles. Au mieux, cela serait une solution bancale, « à la Coréenne », ou comme celle de Chypre. Notons que les balances par partition sont souvent précaires (cf. Vietnam, Allemagne, Bosnie Herzégovine…). Inversement, pour deux cas pacifiques (DDR/BRD et Tchéquie-Slovaquie) les coexistences territoriales fondent les stratégies de crise, Israël/Palestine, RPC/Taïwan et Kiev/Donbass, ce qui a conduit dans l’Histoire aux nettoyages ethniques et aux déportations massives de population. L’opinion russe est que conserver un État armé et hostile aux frontières est le gage d’une nouvelle guerre, plus intense à brève échéance. Cela ne pourrait être évité que si Kiev demeurait isolée, ce qui postule un changement drastique dans les États de l’Union Européenne, si cette Union demeure, et aux USA.
  • Une solution diplomatique agréant toutes les parties, ce qui parait impossible au vu des enjeux clandestins ou, a minima, entre un gouvernement ukrainien relégitimé par des élections et le pouvoir russe représentant les populations russes locales. L’option initiale de 2015 puis 2022 d’un système fédératif conservant à l’Ukraine des populations avec un statut d’autonomie relative, a été annulée par la position kiévienne après l’intervention de l’UE, qui a déclenché l’intégration des républiques LPR et DPR dans la Fédération de Russie. Si la pression occidentale diminuait, un accord « pour sauver les meubles » serait vraisemblablement de l’ordre du possible. La question serait alors sa durabilité et sa robustesse dans la durée.
  • Une extension non maîtrisée, dans un théâtre périphérique, impliquant une confrontation directe entre OTAN et Fédération de Russie, qui ferait de l’Ukraine une zone secondaire.

Le pouvoir russe a prudemment évité de ne donner aucune ligne rouge officielle et a réagi avec mesure aux montées en puissance des actions occidentales (de la fourniture d‘armes de puissance croissante sur le terrain, jusqu’aux actions terroristes, aux frappes dans l’intérieur du territoire et aux attaques économiques). Il existe vraisemblablement un seuil au-delà duquel la réaction serait exponentielle et plus incrémentale. La doctrine nucléaire russe en donne une idée, mais il est raisonnable de penser que, comme tout pouvoir, s’il considérait être en péril, le président Vladimir Poutine prendrait des décisions extrêmes en rapport.

De l’autre côté, on est fondé à être encore plus inquiet quant aux attitudes bellicistes des dirigeants européens, en quête de légitimité politique, de justification pour des ponctions économiques et la fédéralisation, en tant qu’exécutants de la politique occidentale décidée à Washington ou au contraire pour s’en affranchir, et enfin pour maintenir leurs populations par une gestion par la peur désormais de mise depuis plusieurs années. Une « jolie petite guerre » apparaît hélas trop souvent comme une échappatoire pour des pouvoirs aux abois, confrontés à leur incapacité à gérer des crises économiques, de sécurité, de développement, démographiques, d’identité, et sociales, d’ampleur croissante.

L’effondrement économique et l’insatisfaction sociale correspondant ont été imaginé par les experts occidentaux comme une sorte de « 1917 Bis » à planifier et organiser en Russie, comme forme ultime de la stratégie indirecte. Écartée par beaucoup, cette option n’est pourtant pas inenvisageable. Nombre de « cygnes noirs » en Histoire sont connus, à commencer, justement, par les révolutions réussies.

Actuellement, le pouvoir russe évite de recourir à la conscription, mais cela limite ses capacités offensives en Ukraine, et défensive par rapport à l’arc mis en place par l’Occident collectif. L’inflation est compensée partiellement par la hausse des salaires pour les individus mais le taux directeur handicape les sociétés. L’exposition à la guerre de la population civile hors Donbass, se limite à des bombardements par drones et à des actes de terrorisme, sur le sol russe reconnu internationalement. Chacun de ces axes peut faire l’objet d’actions amplifiant sa portée. Le seuil d’acceptation est à définir mais il existe des courants de pensée en Russie, soit favorables à un retour à la situation ante dans les rapports, notamment financiers et culturels avec l’Occident, soit souhaitant une aggravation majeure de la confrontation. Dans ces domaines également, les services sont en mesure de manipuler et d’orienter les opinions et les populations. Les conséquences d’une action réussie sont, elles aussi à déterminer, écroulement et démembrement puis ajustement à l’ordre occidental, ou crise et émergence d’un nouveau pouvoir plus violent. Dans ce dernier cas, la Fédération de Russie n’ayant plus les moyens de l’URSS, le recours de ce nouveau pouvoir à l’arsenal nucléaire et aux nouvelles armes serait une hypothèse crédible.


Notes :

1. On rappellera les déclarations très précises sur « le temps de cerveau disponible » d’un ancien responsable de chaîne TV. La Maskirovka, et de tout temps les manœuvres de ruse et de tromperie, reposent sur ces principes élémentaires de science cognitive

2. Responsables à la tête de la pyramide naturellement, mais aussi ceux qui croient en bénéficier, comme les migrants, heureux d’être accueillis mais finalement voués à un rôle de Lumpen Prolétariat ou acteurs médians, déclassés mais convaincus d’incarner la Justice sur Terre et trouvant une réponse à leurs problèmes intérieurs le plus souvent.

3. Il n’est pas le seul, le président français excelle aussi dans le genre, en bon acteur pour lequel le script n’est qu’un faire-valoir de sa performance théâtrale ; l’objectivité impose d’admettre qu’il n’est pas le seul, c’est un peu l’essence du Politique même si les nouvelles générations de responsables font preuve d’un étonnant manque de profondeur, de culture et d’analyse, en sacrifiant tout à la forme.

4. Héritiers de l’impérialisme britannique, les USA ont développé une conception de domination des mers et de contrôle des passages, théorisé par l’amiral Mahan et compatible avec les conceptions géopolitiques apparemment contradictoires mais en fait complémentaires de Mc Kinder (Heartland, l’île mondiale) et Spykman (Rimland, l’anneau intérieur). La volonté de contrôler les mers (cf. Sir Walter Raleigh) a coexisté avec la doctrine Monroe qui au départ à borné l’expansion États-unienne.

5. Londres, Berlin et Paris ont affirmé qu’ils ne financeraient pas les achats. Le président français semble imaginer qu’il pourrait se hisser au sommet de ce triumvirat pour diriger à terme l’Europe. C’est probablement un des points qui expliquent la crispation avec les USA et l’apparent découplage analysé dans un texte précédent. Il reste que Londres a toujours été un porte-avion US, que sa politique et son savoir-faire subversif lui confèrent déjà un rôle auprès de Washington. La politique de AUKUS et la coup de poignard dans le dos de la France à l’occasion du marché de sous-marins est à rapprocher des interventions britanniques en Asie centrale et de l’étrange implication du président azéri dans le processus de perte de souveraineté française en Nouvelle Calédonie, finalement accepté par Paris, qui semble à mettre en parallèle avec nos tentatives d’ancrer la France en Arménie, pays que Pachinian a préféré orienter vers les USA, qui téléguident Ankara auquel l’Azerbaïdjan est soumis. Quant aux Allemands, ils ont sabordé perfidement les tentatives européennes de production conjointes, valorisant leurs fabrications nationales (Léopard) ou préférant acheter US. Avec des amis comme ça…

ryabkov elan

L’élan initié à Anchorage pour un règlement en Ukraine s’est épuisé, selon le vice-ministre russe des Affaires étrangères

L’élan pour résoudre le conflit en Ukraine, apparu après la rencontre entre les présidents russe et américain Vladimir Poutine et Donald Trump en Alaska, est épuisé, a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères Sergueï Ryabkov.

« Malheureusement, nous devons admettre que la puissante impulsion générée par Anchorage en faveur des accords a été largement épuisée par les efforts des opposants et les efforts des partisans d’une « guerre jusqu’au dernier Ukrainien », principalement parmi les Européens », a-t-il déclaré.

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accord plutonium

La Douma dénonce l’accord sur le plutonium avec les États-Unis

La Douma d’État a adopté, lors de sa séance plénière, une loi dénonçant l’accord sur le plutonium entre la Russie et les États-Unis.

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Ici Moscou ! Valdaï 2025

La session annuelle du club de discussion Valdaï s’est tenue à Sotchi. Quelle analyse de l’actualité Vladimir Poutine a-t-il livrée ?

L’administration américaine témoigne d’une certaine lassitude, arguant des pertes humaines en Ukraine. Le reste des élites occidentales croit encore en une possible victoire de l’Ukraine. Des drones non identifiés servent de prétexte à une judiciarisation de la « flotte fantôme » russe. Et le Moyen-Orient est toujours turbulent.

Pour en parler, Xavier Moreau reçoit Youssef Hindin, géopolitologue et écrivain, Gilles-Emmanuel Jacquet, vice-président du GIPRI et chargé de cours, Fabrice Sorlin, vice-président du mouvement international russophile et Sakari Linden, ancien conseiller parlementaire européen.

shutdown budget

Les États-Unis sont en shutdown sur leur budget depuis minuit

Le 1er octobre à 00h01 (7h01 heure de Moscou), le gouvernement américain a officiellement annoncé une fermeture des services publics : le gouvernement fédéral a suspendu ses activités après l’échec du Congrès à adopter un budget pour le nouvel exercice. Durant cette période, les agences gouvernementales n’ont pas le droit de dépenser de l’argent, la plupart des fonctionnaires sont en chômage partiel et les personnes jugées essentielles (personnel soignant, gardes-frontières, militaires, employés des transports, etc.) travailleront sans salaire.

Il s’agit du premier arrêt de ce type en près de sept ans. Ces dernières années, le gouvernement américain n’avait connu qu’un arrêt partiel, les membres du Congrès ayant adopté des résolutions continues pendant plusieurs mois, le temps des négociations. Dans l’histoire moderne, il y a eu 22 shutdowns, dont celui-ci. Le plus long a eu lieu sous la première présidence de Trump, du 22 décembre 2018 au 25 janvier 2019, avec 35 jours d’arrêt.

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plan trump

Trump dévoile son plan pour mettre un terme au conflit à Gaza, déjà approuvé par Netanyahou

Le président américain s’est entretenu avec le Premier ministre israélien et a dévoilé un nouveau plan de paix pour Gaza, qui prévoit le déploiement d’une force internationale et la mise en place d’une administration extérieure.

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tomahawk ukraine

Bluff ou menace ? Washington envisage la livraison de missiles Tomahawk à Kiev

Les experts estiment que les discussions sur la fourniture de missiles Tomahawk à l’Ukraine constituent une tentative de pression sur Moscou. Auparavant, le vice-président américain J.D. Vance et l’envoyé spécial de Donald Trump, Keith Kellogg, avaient déclaré que Washington envisageait la possibilité de transférer de telles armes à Kiev, mais qu’aucune décision définitive n’avait encore été prise. Le Kremlin a qualifié ces déclarations de « sérieuses » et comptait les étudier attentivement.

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lavrov rubio

Lavrov et Rubio se sont entretenus 50 minutes en marge de la session de l’ONU

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s’est entretenu avec le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, à l’hôtel Lotte de New York . Initialement prévue pour une heure, la rencontre a finalement duré 50 minutes.

Seuls dix journalistes de chaque côté ont été invités à la réunion.

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discours trump

Trump critique ses alliés et les Nations unies dans son discours à l’AG de l’ONU

S’exprimant devant l’Assemblée générale des Nations Unies, le président américain Donald Trump a critiqué les opposants de l’Amérique, ses partenaires et l’ONU elle-même. Il a désigné la Chine et l’Inde comme les principaux sponsors du conflit ukrainien, déclarant que les pays européens allaient à la catastrophe et rappelant que l’utilisation de l’arme nucléaire serait la fin du monde.

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new start

Poutine propose à Trump de prolonger les effets du New START jusqu’en février 2027

Le nouveau traité START expire le 5 février 2026. La Russie est prête à s’y conformer pendant au moins un an après cette date, a déclaré Vladimir Poutine, mais seulement si les États-Unis acceptent de faire de même.

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base bagram

L’Afghanistan appelle les États-Unis au réalisme après les menaces de Trump de s’emparer de la base aérienne de Bagram

Les autorités afghanes ont appelé les États-Unis à ne pas répéter les « expériences infructueuses du passé » et à « prendre une décision réaliste et rationnelle » concernant la base aérienne de Bagram. Trump a menacé de « graves conséquences » si Kaboul refusait de la céder.

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trump taiwan

Trump aurait refusé un plan d’aide pour Taïwan pour favoriser un accord avec la Chine

Le président américain Donald Trump a refusé de poursuivre son soutien militaire à Taïwan, rapporte le Washington Post, citant des responsables américains anonymes.

“Le président Donald Trump a refusé d’approuver plus de 400 millions de dollars d’aide militaire à Taiwan cet été alors qu’il tentait de négocier un accord commercial et un sommet potentiel avec le président chinois Xi Jinping, selon cinq personnes proches du dossier”, indique l’article.

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xi trump

Trump et Xi vers un rapprochement sur fond d’accord potentiel sur le rachat de TikTok

Le 19 septembre, le président américain Donald Trump s’entretiendra par téléphone avec le président chinois Xi Jinping. Il entend finaliser les négociations sur la vente du réseau social chinois TikTok à des investisseurs américains. L’accord avec TikTok, qui prévoit la création d’une nouvelle entreprise de 50 milliards de dollars, vise à servir de modèle pour résoudre les litiges et pourrait servir de point de départ à la normalisation des relations sino-américaines. Selon les médias chinois, la prochaine étape pourrait être une visite d’État du président Trump en Chine plus tard cette année, suivie d’une visite réciproque de Xi Jinping aux États-Unis en 2026.

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La trame de fond de l’assassinat de Charlie Kirk : de fortes tensions récentes avec Netanyahou

Alors que les autorités américaines viennent de confirmer l’arrestation de Tyler Robinson, 22 ans, identifié comme le suspect de l’assassinat de Charlie Kirk, fondateur de Turning Point USA (TPUSA), âgé de 31 ans, survenu le 10 septembre sur un campus, des informations concordantes pointent vers un commandidaire passé sous silence dans les médias mainstream.

Une source proche de Kirk, qui a parlé à The Grayzone sous couvert d’anonymat, rapporte que le refus de Kirk d’accepter la proposition de Netanyahou d’injecter des fonds importants dans TPUSA a provoqué une réaction furieuse parmi les alliés du Premier ministre israélien. « Un proche de Trump et ami de longue date de Charlie Kirk explique à The Grayzone comment le changement de position du dirigeant conservateur sur l’influence israélienne a provoqué une riposte privée de la part des alliés de Netanyahou, le laissant furieux et craintif », rapporte l’article. La source ajoute que « l’inquiétude s’est propagée au sein de l’administration Trump suite à la découverte d’une apparente opération d’espionnage israélienne ». universitaire de l’Utah. L’article de The Grayzone met en lumière un contexte inquiétant : les relations tendues entre Kirk et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, qui auraient alimenté les tensions et les craintes chez le dirigeant conservateur avant sa mort. Netanyahou a d’ailleurs été l’un des premiers à présenter ses condoléances sur X suite au décès de l’influenceur conservateur.

Bien sûr, on ne peut pas savoir si cette anecdote rapportée par le site web américain – si elle est vraie – a nécessairement un lien avec la mort de Kirk. Une chose est sûre, en revanche : elle dépeint un personnage bien plus complexe que celui décrit jusqu’ici.

Le rejet de Kirk et le conflit avec Netanyahou

Charlie Kirk, qui a fondé TPUSA en 2012 à seulement 18 ans, a bâti sa carrière grâce au soutien de donateurs sionistes, comme le David Horowitz Freedom Center, devenant ainsi un allié clé d’Israël aux États-Unis. Cependant, son attitude a commencé à évoluer face à l’opposition croissante de la base à l’influence israélienne parmi les jeunes républicains, notamment après l’offensive israélienne sur Gaza.

Plus tôt cette année, Kirk a rejeté une offre de Netanyahou de financer massivement la TPUSA. La source a révélé que Kirk voyait dans cette proposition une tentative de le « réduire au silence », alors qu’il commençait à critiquer publiquement l’influence d’Israël à Washington. « Dans les semaines précédant son assassinat, Kirk avait développé une certaine aversion pour le dirigeant israélien, le considérant comme un tyran », a déclaré la source. Kirk était écœuré par l’ingérence de Netanyahou dans les décisions de l’administration Trump, notamment par la capacité du Premier ministre à influencer les nominations présidentielles par l’intermédiaire de personnalités comme la milliardaire Miriam Adelson.

Tensions avec l’administration Trump

Un incident marquant s’est produit en juin dernier, lorsque Kirk a averti Trump de ne pas bombarder l’Iran à la demande d’Israël. « Charlie était le seul à l’avoir fait », a déclaré la source, ajoutant que Trump lui avait « crié dessus » et avait brusquement mis fin à la conversation. Cet incident aurait confirmé les soupçons de Kirk selon lesquels le président était sous l’emprise d’une puissance étrangère hostile, poussant les États-Unis vers des conflits désastreux.

En juillet, Kirk a été la cible d’une campagne d’intimidation menée par de puissants alliés de Netanyahou. « Il avait peur d’eux », a souligné la source, soulignant le climat de pression qui régnait autour du dirigeant de TPUSA. Le changement de Kirk s’est également reflété au sein de TPUSA, rapporte Grayzone. Lors du Sommet étudiant de juillet, l’organisation a fait entendre des voix critiques envers Israël, notamment Tucker Carlson, Megyn Kelly et l’humoriste antisioniste Dave Smith. Ces intervenants ont dénoncé l’attaque israélienne contre Gaza, suggéré que Jeffrey Epstein était un agent des services secrets israéliens et critiqué ouvertement les milliardaires sionistes comme Bill Ackman.

Laurent Guyénot a rassemblé de nombreux éléments confortant la responsabilité israélienne dans cette affaire qui mériterait un traitement moins partial des medias occidentaux et une enquête approfondie de services de renseignement américains indépendants (si ça existe). L’énorme réaction populaire qui a suivi l’assassinat de ce leader charismatique pourrait bien changer la nature des relations entre les USA et Israël et fragiliser la situation de Trump auprès de son électorat…

Paolo Hamidouche (@Paolino_84)

americains zapad

Des militaires américains participent aux exercices Zapad en Biélorussie

Des militaires américains ont participé aux exercices Zapad-2025 et étaient présents sur l’un des terrains d’entraînement où ils se déroulent. Comme l’a rapporté la chaîne Telegram du ministère biélorusse de la Défense, le chef du département militaire, Viktor Khrenin, a donné des instructions claires au chef du département de la coopération militaire internationale : les invités américains sont les mieux placés pour leur montrer absolument tout ce qui les intéresse.

Il convient d’ajouter que les exercices biélorusses-russes sont observés par des représentants de 23 pays au total, dont trois pays de l’OTAN – les États-Unis, la Turquie et la Hongrie.

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usa bielorussie

Washington a décidé de normaliser ses relations avec Minsk, d’abord avec la réouverture d’une ambassade

Les États-Unis ont l’intention d’ouvrir une ambassade à Minsk et de normaliser pleinement leurs relations avec la Biélorussie. C’est ce qu’a déclaré le 11 septembre John Cole, représentant spécial adjoint des États-Unis, à l’issue d’une rencontre avec le président de la République, Alexandre Loukachenko, rapporte BelTA. L’ambassade des États-Unis dans la capitale biélorusse est fermée depuis février 2022 ; la section consulaire ne délivre pas de visas, mais le bâtiment reste sous protection appropriée.

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charlie kirk

La société américaine sous le choc après l’assassinat politique de Charlie Kirk, partisan de Trump

La société américaine est sous le choc après un assassinat politique. Mercredi 10 septembre, Charlie Kirk, célèbre militant conservateur et partisan de Donald Trump, a été mortellement blessé par balle lors d’un discours à l’Université d’Utah Valley. Malgré les efforts des médecins, il n’a pas été possible de sauver Kirk, qui appelait à un règlement du conflit ukrainien. Il avait 31 ans. Rossiyskaya Gazeta a étudié la biographie de l’homme politique, ses opinions et la réaction des Américains face à ce crime très médiatisé.

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6 milliards en 24h : quand le succès financier de Trump repose sur la prédation

En ouvrant aux échanges sa nouvelle cryptomonnaie WLFI, pour World Liberty Financial, le 1er septembre, le clan Trump a vu ses actifs atteindre la coquette somme de six milliards de dollars. Les gains totaux générés par ses cryptoactifs représentent désormais plus que toutes ses valeurs immobilières. Bien que depuis leur valeur ait baissé (environ à 1,2 milliard une semaine plus tard), l’épisode est révélateur du cap choisi par cette famille de milliardaires qui pendant des décennies avait bâti sa fortune dans des buildings.

Nous ferons l’impasse sur les déboires collatéraux de cette introduction sur les marchés, notamment le gel des actifs d’un des principaux investisseurs, Justin Sun. L’important est cette nouvelle orientation des investissements Trump, et surtout la prédation qui la fait vivre. Au XXIe siècle, un milliardaire peut se faire sur la révolution internet, sur l’IA aussi désormais, ou tout simplement en se moquant du monde avec une escroquerie jusqu’ici encore considérée comme légale.

Un projet rudimentaire

L’eldorado de la rente, du patrimoine que l’on fait fructifier, n’est plus dans l’immobilier clinquant du New York des années 1980, mais dans les actifs numériques. Le clan Trump l’a bien compris, surtout les trois fils Barron, Donald Junior et Eric. Le World Liberty Financial est l’actif central d’un ensemble qui se résume aux inutiles memecoins $TRUMP et $Melania – lancés en janvier 2025 – et le stablecoin USD1 – lancé en mars 2025. Palabrer sur le Trump et le Melania serait faire perdre son précieux temps au lecteur. L’USD1 sert d’intermédiaire des échanges, il s’agit peut-être du seul actif véritablement utile. Tant que ses investisseurs sont là.

Derrière ces actifs, le projet rudimentaire du World Liberty Financial brasse de l’air, avec pour ambition de servir de pont entre la finance traditionnelle et la finance décentralisée. Ce n’est pas comme si les principaux cryptoactifs introduits depuis plus de dix ans ne cherchaient pas déjà à révolutionner la finance traditionnelle…

Quand on tient la poule aux œufs d’or…

C’est là où le bât blesse. L’aventurisme du clan Trump dans le monde des cryptomonnaies repose exclusivement sur la prédation.

Dans la finance, le profit réel vient soit de la prise de valeur des actifs (la part du gâteau grossit car le gâteau grossit), soit il provient des pertes des autres. En attirant des fonds uniquement avec l’image de Donald Trump, les profits du clan Trump reposent essentiellement sur divers délits d’initié. Si l’escroquerie de sortie n’a pas encore eu lieu concernant le $TRUMP, c’est qu’un délai de trois ans a été mis en place durant lesquels 80% des actifs générés seront remis à ses fondateurs. Quand on tient la poule aux œufs d’or, on prend son temps avant de la lâcher.

Difficile d’estimer les milliards engrangés, non seulement avec le WLFI propulsé sur le marché le 1er septembre 2025, mais aussi avec les memecoins de janvier de la même année, et même avec le USD1 qui génère des revenus via les frais de transaction. La distribution des profits demeure totalement opaque entre la famille Trump et ses partenaires (Justin Sun, Tahnoun ben Zayed Al Nahyane, Zach Witkoff, fils de Steve, notamment).

Si les affaires ne viennent pas à bout de cette manne, il se peut que l’horizon 2028 et la perspective de voir Donald Trump quitter la Maison Blanche viennent la tarir en partie. Le milliardaire qui encore en 2021 déclarait à Fox News que les cryptomonnaies sont une arnaque s’est finalement converti. Son clan pâtira-t-il de cette réorientation de ses affaires ? Plus on s’élève et plus dure sera la chute, dit la sagesse chinoise. Heureusement, les cryptomonnaies, en ce qui les concerne, ne pâtiront pas de l’hubris d’une famille, aussi grande soit elle.

Quentin Brachet

coalition volontaires

26 États sur 35 de la “coalition des volontaires” prévoient d’envoyer des troupes en Ukraine après le cessez-le-feu

Le 4 septembre, une réunion des dirigeants de plus de 30 pays, réunis au sein de la « coalition des volontaires », s’est tenue à Paris. Leur objectif était de parvenir à un accord définitif sur des garanties de sécurité pour l’Ukraine. Des avancées ont été réalisées : à l’issue de la réunion, l’hôte de l’événement, Emmanuel Macron, a annoncé que 26 pays étaient prêts à envoyer leurs troupes en Ukraine après un cessez-le-feu ou la paix. Cependant, le rôle de Washington dans ces garanties de sécurité, dont la participation active a été réclamée dès le départ par les Européens, reste flou.

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exxon sakhaline

Le gouverneur de Sakhaline voit comme une “avancée décisive” le décret présidentiel sur les conditions de retour d’Exxon dans Sakhaline I

Le gouverneur de la région de Sakhaline, Valery Limarenko, a qualifié d’« avancée décisive » la publication du décret présidentiel créant les conditions du retour d’ExxonMobil sur Sakhaline-1. Il estime que le retrait américain du projet était une erreur.

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serie consultations

Une nouvelle série de consultations américano-russes est prévue, selon Ouchakov

Une nouvelle série de consultations entre la Russie et les États-Unis, par l’intermédiaire des ministères des Affaires étrangères, est prévue, a rapporté l’assistant du président Iouri Ouchakov.

« Il y a beaucoup de questions qui restent sans réponse », a-t-il déclaré.

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chine ocs

La Chine mise sur l’OCS pour contrer la pression économique américaine

Le 1er septembre, le 25e sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) s’est achevé dans la ville portuaire de Tianjin. Il s’agissait du plus grand sommet de l’histoire de l’association. Plus de 30 chefs d’État (dont le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, le Premier ministre slovaque Robert Fico et le président serbe Aleksandar Vucic) et d’organisations internationales, dont le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, y ont participé. L’événement était présidé par le dirigeant chinois Xi Jinping.

Le principal résultat de ce sommet de deux jours a été l’adoption de la Déclaration de Tianjin, qui a notamment acté l’accord de création de la Banque de développement de l’OCS, un projet activement promu par la Chine. Cependant, aucun calendrier précis n’a été précisé pour la création de cette institution financière.

Le choix du lieu illustre également la réorientation de l’organisation, passant de la sécurité à la coopération économique : Tianjin est un pôle logistique clé pour l’initiative chinoise « la Ceinture et la Route », qui implique de nombreux membres de l’OCS. Les autorités chinoises ont également annoncé lors du sommet qu’elles alloueraient 2 milliards de yuans (275 millions de dollars) de subventions aux pays participants d’ici la fin de l’année et accorderaient 10 milliards de yuans supplémentaires (1,4 milliard de dollars) de prêts par l’intermédiaire de l’Association interbancaire de l’OCS.

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ingerence moldavie

L’ancienne directrice de l’USAID Samantha Power révèle l’ampleur de l’ingérence américaine en Moldavie

L’ancienne directrice de l’USAID, Samantha Power, a parlé en toute franchise aux farceurs russes Vovan et Lexus des investissements américains de plusieurs millions de dollars dans des projets en Moldavie. Elle a admis que la présence de l’USAID dans la république avait progressivement atteint des niveaux sans précédent – « des dizaines de millions de dollars ». L’objectif était de soutenir le régime de Maia Sandu et de lutter contre « l’influence russe ».

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sanctions ukraine

Trump menace pour la première fois l’Ukraine de sanctions

Les États-Unis pourraient imposer des sanctions et augmenter les droits de douane à l’Ukraine. C’est ce qu’a déclaré le président américain Donald Trump.

« Zelensky n’est pas innocent non plus… Je peux imposer des sanctions et des droits de douane massifs qui coûteront très cher à la Russie ou à l’Ukraine », a déclaré Trump. Il a souligné que le président ukrainien porte la responsabilité du conflit avec la Russie. Les propos du dirigeant américain sont cités par Clash Report.

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longue portee

Washington approuve la livraison de missiles ERAM à Kiev d’une portée de 450 km

Les États-Unis ont approuvé la livraison à l’Ukraine d’un important lot de missiles aéroportés ERAM d’une portée allant jusqu’à 450 km. Il s’agit d’un hybride entre un missile de croisière et une bombe planante, qui pourrait constituer une alternative plus économique aux coûteux missiles franco-britanniques Storm Shadow/SCALP, tout en assurant la compatibilité avec les équipements soviétiques et étrangers des forces armées ukrainiennes. Selon les médias américains, les premières livraisons à l’Ukraine sont attendues d’ici six semaines.

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brics commerce

Les BRICS restructurent leur commerce face à la pression tarifaire américaine

En réponse à la pression tarifaire des États-Unis, les BRICS restructurent leurs relations commerciales et économiques. La réorientation rapide de la Chine vers l’achat de soja brésilien plutôt que de soja américain en est révélatrice. Les agriculteurs américains commencent désormais à craindre de ne plus pouvoir vendre leurs propres récoltes à qui que ce soit. Washington a rapidement obtenu une évolution favorable des importations énergétiques européennes pour les États-Unis. Mais cette approche ne fonctionne pas avec la Chine, l’Inde et la Russie. Outre de nouvelles conditions d’achat de pétrole, la Russie a proposé plusieurs nouveaux projets à l’Inde.

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impression drones

Le Pentagone veut généraliser la production de drones par impression 3D sur le modèle russe

Les États-Unis s’apprêtent à accélérer considérablement l’utilisation de l’impression 3D à des fins militaires, notamment dans le domaine des systèmes aériens sans pilote. L’armée américaine prévoit de l’utiliser pour la production en série de corps de drones et la création d’autres composants essentiels de drones. Parallèlement, en Russie, malgré la pénurie d’imprimantes 3D, l’impression 3D dans le secteur de la défense connaît déjà une croissance fulgurante et constitue l’un des axes de travail importants de l’entreprise publique Rostec.

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poutine trump

Trump appelle Poutine pour évoquer ses négociations avec Zelensky

Comme l’a déclaré aux journalistes Iouri Ouchakov, conseiller du président russe, cette conversation a eu lieu à l’initiative du président américain. Elle a eu lieu après minuit, soit le 19 août, heure de Moscou, et a duré environ 40 minutes.

Poutine a chaleureusement remercié son homologue pour l’hospitalité et la bonne organisation du sommet en Alaska et pour les progrès réalisés là-bas vers un règlement pacifique de la crise ukrainienne, a déclaré M. Ouchakov.

Trump a informé des négociations qui viennent de se terminer à la Maison-Blanche avec Volodymyr Zelensky et les dirigeants de plusieurs pays européens.

« La conversation a été franche et très constructive », a noté M. Ouchakov.

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trump zelensky

Après sa rencontre avec Zelensky, Trump annonce préparer un sommet trilatéral avec Poutine

Après des entretiens avec Volodymyr Zelensky et les dirigeants de l’UE à la Maison-Blanche, le président américain Donald Trump a annoncé le début des préparatifs d’une rencontre directe entre le président ukrainien et Vladimir Poutine. Selon lui, les discussions à Washington se sont « très bien déroulées » et ont ouvert la voie à des discussions sur les garanties de sécurité pour Kiev et sur un éventuel sommet trilatéral, qui devrait se tenir avec la participation des États-Unis.

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trump zelensky

Trump affirme que Zelensky peut mettre un terme au conflit en renonçant à la Crimée et à l’OTAN

Le président ukrainien peut mettre fin au conflit immédiatement s’il renonce à la Crimée et à l’OTAN, déclare Trump. Zelensky se rendra à Washington pour des entretiens avec le chef de la Maison Blanche.

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zelensky washington

Zelensky se rend à Washington pour discuter du règlement du conflit ukrainien

Lundi, une réunion aura lieu à Washington, où sera décidé combien de citoyens ukrainiens supplémentaires périront ou survivront lors des débarquements dans le Donbass. Et bien avant le début de la réunion, il était clair et évident que Zelensky et un groupe de ses admirateurs de haut rang en Europe désapprouvaient catégoriquement la deuxième option.

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sanctions alaska

Washington allège les sanctions contre la Russie jusqu’au 20 août pour le sommet en Alaska

Les États-Unis ont autorisé jusqu’au 20 août 2025 toutes les opérations interdites par les sanctions contre la Russie, nécessaires à l’organisation d’une rencontre entre les présidents russe et américain Vladimir Poutine et Donald Trump. Cette information a été rapportée par le département du Trésor américain.

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golden dome

Trump livre les détails de son projet de Golden Dome

Le système de défense antimissile Golden Dome proposé par Donald Trump comporterait quatre couches : une spatiale et trois terrestres, ainsi que onze systèmes permettant de neutraliser les missiles ennemis en bout de portée, répartis sur tout le territoire américain, y compris en Alaska et à Hawaï. L’information a été rapportée par des journalistes de Reuters le 12 août, citant des éléments d’une présentation préparée par le « gouvernement américain ».

Il est souligné que la composante spatiale du système est conçue à la fois pour détecter et intercepter des missiles. La partie terrestre du « dôme » prévoit la présence d’intercepteurs, de radars et, « éventuellement », de lasers. Les journalistes évoquent également l’existence de projets de « champ de missiles » quelque part dans le Midwest américain. Ce champ utilisera des systèmes antimissiles NGI de nouvelle génération et des systèmes de défense antimissile mobiles THAAD, développés ou fabriqués par Lockheed Martin. Ce « champ » sera le troisième ; des positions antimissiles similaires existent déjà en Alaska et en Californie. Le dernier échelon de défense comprendra de nouveaux radars et des systèmes de missiles antiaériens Patriot.

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La Maison-Blanche lance la candidature de Trump pour le prix Nobel de la paix avec le soutien de sept pays

La Maison-Blanche a publié la liste des dirigeants étrangers ayant soutenu le président américain Donald Trump dans sa quête du prix Nobel de la paix. Cette publication a été partagée sur la page officielle de la Maison-Blanche sur le réseau social X.

La candidature de Trump a été soutenue par le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian, le Premier ministre cambodgien Hun Sen, le président gabonais Brice Oligi Nguema, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, le gouvernement pakistanais et le ministre rwandais des Affaires étrangères Olivier Nduhungirehe.

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lavrov sommet

Lavrov participera au sommet Poutine-Trump en Alaska

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, participera au sommet russo-américain qui se tiendra en Alaska le 15 août. C’est ce qu’a annoncé Alexeï Fadeïev, directeur adjoint du Département de l’information et de la presse du ministère russe des Affaires étrangères, lors d’un point de presse.

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250812 chine usa

Pékin et Washington s’accordent sur une pause supplémentaire de 90 jours dans leur guerre commerciale

Les États-Unis et la Chine ont convenu de prolonger la pause tarifaire de 90 jours supplémentaires, en maintenant les droits de douane à 10 % et en suspendant ceux à 24 %.

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otan ukraine

Les Européens avertissent Trump que le sort de l’Ukraine ne saurait se décider sans elle

La décision inattendue d’organiser des négociations personnelles entre Vladimir Poutine et Donald Trump, et pas n’importe où, mais sur le sol américain (en Alaska), a suscité des réactions mitigées parmi les alliés de Washington, notamment européens. D’un côté, l’Union européenne, comme la Russie, est lasse du conflit entre Moscou et Kiev et souhaite qu’il prenne fin au plus vite. De l’autre, le prix à payer pour mettre fin à l’effusion de sang est effrayant. Ces craintes sont en grande partie dues au fait que Trump n’informe pas ses alliés des conditions auxquelles il envisage de parvenir à un accord avec Poutine. Les dirigeants des principaux pays de l’OTAN et ceux de l’UE ont averti le président américain que, quelle que soit l’issue des négociations, le sort de l’Ukraine ne saurait se décider sans l’Ukraine et sans l’Europe.

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Poutine et Trump s’entendent pour se rencontrer la semaine prochaine

La Russie et les États-Unis sont parvenus à un accord pour organiser une rencontre entre les présidents Vladimir Poutine et Donald Trump, et les parties ont commencé à y travailler, a déclaré l’assistant du dirigeant russe Iouri Ouchakov.

La date prévue pour la réunion est la semaine prochaine, a déclaré Ouchakov le 7 août. Il n’a pas précisé la date exacte. Il est « difficile de dire encore combien de jours dureront les préparatifs », a précisé l’assistant du chef de l’État.

Le lieu de la rencontre entre Poutine et Trump a déjà été convenu, mais le Kremlin en informera plus tard, a déclaré M. Ouchakov.

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Pachinian et Aliyev vont signer un mémorandum de paix à Washington

Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian s’est envolé pour Washington. Dans les prochaines heures, le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev s’y rendra également, s’il ne l’a pas déjà fait. Et c’est dans cette ville, surnommée « la ville sur la colline » par beaucoup, que demain sera officialisé l’accord de vente de sa patrie par le Premier ministre arménien. Pachinian et Aliyev prévoient d’y signer un « mémorandum de paix » entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. De plus, en présence exclusive du président américain Donald Trump, qui comptera sur cette nouvelle « guerre qu’il a arrêtée » comme un atout et ajoutera des candidats au prix Nobel de la paix à sa liste. Selon certaines rumeurs, après la signature du mémorandum, Pachinian et Aliyev adresseront un appel conjoint au comité Nobel sur cette question.

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Poutine a rencontré l’envoyé spécial Witkoff au Kremlin

L’envoyé spécial du président américain, Steve Witkoff, s’est rendu en Fédération de Russie. Sa visite devait précéder d’un jour ou deux l’instauration par Donald Trump de sanctions sévères contre les pays acheteurs de pétrole russe, principalement l’Inde. Cependant, l’annonce de l’augmentation à 50 % des droits de douane américains sur les produits indiens est tombée juste au moment où Witkoff terminait ses entretiens avec Vladimir Poutine. Peut-être Trump l’avait-il planifié à l’avance, ou peut-être le président américain était-il insatisfait des discussions menées par son envoyé spécial.

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Witkoff accueilli à Moscou par Dmitriev qui lui fait découvrir le centre-ville

L’envoyé spécial du président américain Steven Witkoff et le directeur du Fonds d’investissement direct russe et représentant spécial du président pour la coopération économique avec les pays étrangers Kirill Dmitriev se sont promenés dans le parc Zariadié à Moscou le matin du 6 août, rapporte un correspondant de TASS.

Plus tôt, Dmitriev avait rencontré Witkoff à l’aéroport de Vnukovo.

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L’Iran anticipe une nouvelle escalade et crée le Conseil de défense

Le 4 août, les dirigeants iraniens ont rejeté la perspective de négociations directes avec les États-Unis, interrompues par l’opération israélienne « Un peuple comme un lion » qui a débuté dans la nuit du 13 juin. Téhéran anticipe une nouvelle escalade et a annoncé la création d’un organe spécial, le Conseil de défense, qui sera chargé de résoudre de manière centralisée les problèmes de sécurité.

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NABU : le bureau national de lutte contre la corruption qui soulève les foules ukrainiennes

La corruption en Ukraine est restée depuis l’indépendance du pays, un fléau et poison prégnant, s’invitant toujours dans les débats publics. Après la période trouble de l’après chute de l’Union soviétique, le cheminement de l’Ukraine avait été contraire à celui de la Russie. Dans un État faible, avec des dirigeants controversés, un clivage social et ethnique aggravé par les manœuvres américaines et de la CIA, l’Ukraine n’avait jamais réussi à lutter contre la corruption. Cette dernière était même devenue un cheval de bataille des partis bandéristes, alors qu’un pic de scandales avait noyé l’Ukraine, avec l’emblématique affaire de la « Reine du Gaz », Ioulia Timochenko. Sous la pression occidentale et américaine, suite à la révolution du Maïdan, la création du NABU avait été imposée au Président Porochenko (16 avril 2015). Le bureau n’avait jamais pu effectuer son travail, mais il est aujourd’hui au cœur de troubles en Ukraine, après l’annonce du Président Zelensky de s’attaquer à l’institution.

Un pétard mouillé dans un océan de corruption. A sa fondation en 2015, le Bureau national de la lutte contre la corruption d’Ukraine, avait pour mission de « contrer des dangers contre la sécurité nationale », et évidemment de s’en prendre à la corruption endémique. Tous les pans de la société ukrainienne étaient touchés : Ministères, Police Nationale, fonctionnaires, administrations de l’État, régionales ou locales, l’Ukraine était en fait contrôlée par des strates de réseaux mafieux, des bandits en cravates, oligarques ou élites locales. Les premiers visés furent les députés de la Rada, des hauts-fonctionnaires, mais malgré l’émergence de multiples affaires (2015-2021), peu d’entre-elles furent traitées par la justice. Le NABU avait pourtant des fonctions étendues, mais aussi politiques, car il s’agissait de poursuivre, dans la foulée de la police politique du SBU, les « ennemis de l’intérieur », comprendre les pro-russes. Dans les faits, le NABU pouvait procéder à des contrôles, et surtout à la confiscation des biens de particuliers ou d’entreprises. Un vaste système de « dénonciations » fut mis en place, alors qu’un journalisme d’investigation (aujourd’hui disparu dans le pays), se lançait dans des enquêtes mettant en cause de nombreux politiques et personnages. En octobre 2019, sous la présidence de Zelensky, le NABU eut même des pouvoirs étendus, pouvant procéder à des écoutes indépendamment du SBU.

Un organisme sous tutelle et contrôle. Bien que défini comme indépendant, le NABU fut placé sous le contrôle de la Rada, avec obligation de référer de ses actions à cette dernière, mais aussi au Président de l’Ukraine et au Conseil des Ministres (rapport tous les 6 mois). Une commission disciplinaire fut mise en place pour s’occuper « des affaires de corruption et manquements » des personnels du NABU. En outre, un Conseil de contrôle public fut formé, constitué de 15 citoyens ukrainiens admis sur la base d’un concours public. Une direction nationale fut fondée, avec des antennes régionales, et un découpage du bureau en une vingtaine de services. Le personnel alloué fut d’environ 700 personnes, un effectif ridicule, si l’on considère la tâche à accomplir. Ce personnel fut recruté sur concours, mais la nomination du directeur du bureau fut laissé au Conseil des Ministres. Faute d’expérience, lors de la formation du personnel, l’Ukraine demanda de l’aide au Royaume-Uni, qui envoya des « experts en renseignement financier et en lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent ». La formation du personnel fut longue, et le bureau ne commença à travailler qu’en octobre 2015, et la première action fut opérée en décembre.

NABU… la plus américaine des administrations ukrainiennes. Le bureau entama dans l’année 2016, plusieurs centaines d’actions judiciaires, pour un préjudice estimé à 83 milliards de dollars US… Mais très vite, il fut attaqué par l’Ordre des avocats d’Ukraine, pour des abus de pouvoirs, et le Bureau du procureur général d’Ukraine ordonna des perquisitions dans ses locaux (5 août), pour des faits d’écoutes illégales et d’abus multiples. Dans l’année 2017, un premier député de la Rada fut arrêté (20 avril), et 2 autres dans la suite « en collaboration avec le FBI ». Le NABU s’attaqua même au fils du puissant Ministre de l’Intérieur, Arsen Avakov, et mis sous les verrous un ancien vice-ministre (octobre 2017). Un bras de fer, défini comme une véritable guerre des services secoua ensuite l’Ukraine, qui ne fut pas gagnée par le NABU. Les affaires concernant les plus hauts personnages de l’État disparurent, et l’intouchable Avakov, appuyé sur les forces de police et le SBU resta maître du terrain. Mis en difficulté, le bureau végéta dans l’année 2018, mais fut réactivé comme arme politique en 2019. Le NABU s’attaqua soudainement à Porochenko et son entourage (mars 2019), probablement suite à des ordres donnés… très loin de l’Ukraine, à Washington. Après l’élection de Zelensky, le NABU montra une vigueur nouvelle, et fut engagé dans l’estocade portée à Igor Kolomoïsky, ancien « patron de Zelensky », oligarque mafieux, ukrainien, chypriote et israélien, dont la tête était réclamée par George Soros en personne. Le scandale éclata l’année suivante, par des dénonciations et l’apparition de preuves réelles, sur l’ingérence, l’influence et la compromission de l’Ambassade US en Ukraine. Des documents furent rendus publics prouvant l’action souterraine de Joe Biden, notamment dans la fermeture d’affaires contre certaines personnalités (2019-2020). Malgré les scandales, il fut décidé d’affaiblir le NABU, en subordonnant les affaires visant des fonctionnaires… au Bureau du Procureur général d’Ukraine. Déjà passablement discrédité, le NABU avait toutefois porté quelques coups, bien qu’orientés, contre la corruption, et restait pour le grand public ukrainien « un progrès ».

La tentative de Zelensky de prendre le contrôle du NABU. Il y a quelques jours, en annonçant vouloir changer l’institution du NABU et de la placer sous tutelle présidentielle « pour éliminer la menace russe »… l’événement avait provoqué des manifestations monstres, cristallisées par le mécontentement général, la lassitude de la guerre, et l’écroulement et la ruine visibles du pays. Cette tentative de prise de contrôle, peu s’expliquer par plusieurs hypothèses :

  1. la destruction d’un organisme dangereux pour Zelensky, lui-même, sachant très bien que le NABU avait été utilisé contre son prédécesseur et son entourage, et dans l’écrasement de son protecteur, Kolomoïsky,
  2. un petit coup de propagande, pour tenter de faire croire à une lutte accrue contre la corruption, en sous-entendant que l’organisme serait infiltré « par la menace russe ». Cette propagande étant destinée tant au peuple ukrainien, qu’aux politiques et législateurs occidentaux de l’Union européenne (dans l’expectative d’une hypothétique entrée dans l’UE et de ses exigences et normes).
  3. Enfin, une tentative de prise de contrôle, pour s’assurer une carte supplémentaire dans la main, à propos de son avenir et de sa survie… après la résolution du conflit.

Contré par le peuple ukrainien, le Président Zelensky a fait marche arrière, ce qui démontre également la grande impopularité et la lassitude qu’il génère… mais aussi par des politiques occidentaux, qui n’ont pas pris de pincettes avec lui. Au delà d’une institution incompétente et elle-même corrompue, sous contrôle d’un pays étranger, les revendications des citoyens ukrainiens n’ont pas changé depuis la Révolution Orange ou le Maïdan : la corruption reste au cœur de leurs attentes.

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Bakanov de Roscosmos et Duffy de la NASA prolongent l’exploitation de l’ISS jusqu’en 2028

Le chef de Roscosmos, Dmitri Bakanov, a conclu un accord avec le chef par intérim de l’Administration nationale de l’aéronautique et de l’espace (NASA), Sean Duffy, sur l’exploitation de la Station spatiale internationale (ISS).

Selon Bakanov, le dialogue s’est « bien passé ».

« Nous avons convenu d’exploiter l’ISS jusqu’en 2028. Il est très important que le nouveau directeur de la NASA l’ait confirmé. Et jusqu’en 2030, nous travaillerons sur la question de sa désorbitation », a déclaré le directeur de Roscosmos.

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Le rouble perd de sa valeur face au dollar après l’ultimatum de Trump sur l’Ukraine

Le taux de change du dollar par rapport au rouble sur le marché international des changes a dépassé la barre des 82 roupies, ce qui s’est produit pour la première fois depuis le 12 mai de cette année.
La croissance du dollar s’est accélérée après que le président américain Donald Trump a annoncé son intention de réduire à 10-12 jours le délai de 50 jours accordé à la Russie pour conclure un accord de paix avec l’Ukraine. Selon Trump, il prendra la décision finale « aujourd’hui ou demain ».
« Je vais fixer un nouveau délai de 10 ou 12 jours à compter d’aujourd’hui. Ça ne sert à rien d’attendre 50 jours. J’aimerais être généreux, mais nous ne voyons aucun progrès », a déclaré Trump. Il a ajouté qu’il préférait ne pas imposer de nouvelles restrictions à la Russie et qu’il espérait toujours la fin des combats en Ukraine.
Selon les analystes d’IFC Solid, le rouble s’affaiblit, entre autres, en raison de la baisse du taux directeur de la Banque centrale, bien que le mécanisme lui-même soit beaucoup plus complexe. Vendredi 25 juillet, la Banque de Russie a abaissé son taux directeur de 2 points de pourcentage, à 18 %.

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Trump annonce un accord commercial avec l’UE

Le président Donald Trump a annoncé dimanche que les États-Unis et l’Union européenne étaient parvenus à un accord-cadre sur un accord commercial, à l’issue de discussions avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à Turnberry, en Écosse. M. Trump a déclaré que cet accord avec l’Union européenne était « le plus important jamais conclu ».

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L’arsenal nucléaire américain victime d’une attaque informatique

L’Administration nationale de la sécurité nucléaire, responsable de la sécurité de l’arsenal nucléaire du pays, a été l’une des victimes d’une attaque informatique majeure visant Microsoft. L’information a été rapportée mercredi 23 juillet par Bloomberg, citant des sources. Le ministère américain de l’Énergie, dont fait partie cette administration, a assuré aux journalistes qu’aucune information sensible et confidentielle n’avait été compromise. Microsoft accuse la Chine d’avoir organisé ce sabotage. Mais les autorités chinoises nient catégoriquement les accusations portées contre elles.

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Les États-Unis quittent une nouvelle fois l’UNESCO

Donald Trump a annoncé le retrait des États-Unis de l’UNESCO. Les États-Unis ont déjà quitté l’association à deux reprises : sous Ronald Reagan et durant le premier mandat de Trump.

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De la possible désolidarisation -souterraine- de la France du bloc pro-étatsunien

Le présent texte, à la différence d’autres proposés précédemment par le rédacteur, ne se veut pas une analyse, censément objective et factuelle, mais une interrogation laissée à l’appréciation des lecteurs.

Les déclarations du président français Emmanuel Macron sur la « mort cérébrale de l’OTAN » sont bien oubliées depuis la cobelligérance de facto de la France contre la Fédération de Russie et l’implication totale de l’organisation du traité de l’Atlantique Nord dans un conflit avec Moscou via le régime kiévien1. On peut se demander si ce propos de 2019 (qui reposait sur une anticipation d’un possible retrait US en cas de réélection de Donald Trump) ne recouvrait pas une dialectique clandestine.

La guerre contre la Russie a réactivé fortement l’Alliance aux plans militaire comme politique ; toutefois, jusqu’au dernier sommet de l’OTAN de ce mois-ci, une opposition restait perceptible entre les tenants d’une Défense européenne et ceux qui souhaitaient prolonger la vassalisation aux USA.

Cela se manifestait par le souhait des responsables de l’UE restés favorables au Deep state états-unien des Démocrates « progressistes », de s’opposer au nouveau régime traditionnel et isolationniste (relativement, comme peut l’être un hegemon planétaire) à Washington, en pariant sur une érosion de sa popularité, dès les Mid-Terms, en vue d’un remplacement aux prochaines présidentielles.

Cela pourrait bien coïncider avec un agenda macronien visant à obtenir une « présidence des États unis d’Europe » pour laquelle une fédéralisation de moins en moins rampante est observable : violation des Traités fondateurs lors de la pandémie, implication dans une dynamique belliciste, fédéralisation de la dette permettant celle des économies nationales, renforcement de la pression politique sur les États (Roumanie avec le cas Georgescu, RFA par rapport à l’AfD, France à bien des égards via l’instrumentalisation de la Justice) et les populations (par totalitarisme administratif et hypertrophie du sociétal via les nouvelles technologies et quasi disparition du Politique ).

Quelques points peuvent être énumérés à l’appui de l’hypothèse d’une opposition sourde et larvée entre présidences française et états-unienne. Il est difficile de distinguer si l’opposition que l’on devine découle du heurt d’égos particuliers, de la confrontation d’intérêts géostratégiques, ou les deux.

Volontiers décriée comme chaotique, la stratégie de l’actuel POTUS semble en réalité très cohérente. Privilégiant la gestion intérieure des USA, il a néanmoins mis au pas les États européens dans le cadre de l’OTAN dans lequel le leadership états-unien est conforté, pris le devant de la scène (malgré des résultats prévisiblement discutables) dans le conflit ukrainien, s’est imposé dans le conflit israélo-iranien, a réactivé la coopération avec les États du Golfe et les régimes sunnites, dans une perspective de relance et de re-légitimation des hydrocarbures dans la politique énergétique (et l’économie) mondiale2. Désormais, les USA restent bien dans l’OTAN mais les contribuables européens vont financer un effort de ré-armement qui risque de profiter au complexe militaro-industriel états-unien3. Toute velléité française de prendre la tête d’une coalition et de diriger les politiques militaires de l’UE est désormais exclue, en faveur au mieux d’un possible rôle ancillaire du nouvel Ordre mondial comme en Libye et en Irak. A cet égard, le Royaume uni, définitivement résigné à un rôle de second depuis 1956, semble mieux s’en sortir en valorisant sa maîtrise des opérations clandestines et de la manipulation des peuples, politique efficace à coût réduit. Dans le triumvirat un moment envisagé, la RFA se satisfera pleinement de sa vassalité, vendant ses Léopard et autres productions tout en achetant des F-35 américain pour se conformer aux obligations de standard otaniens.

Les déclarations du président Macron dans le cadre du conflit entre Tel-Aviv et Téhéran illustrent un premier point d’orthogonalité, sinon d’opposition, avec la politique de Washington. L’analyse est ici brouillée par la scission des intérêts états-uniens entre régime officiel et résistance de certaines forces intérieures, y compris au sein de l’appareil d’État et des structures de force, ainsi que par des tabous politico-diplomatiques actuellement inviolables sans un minimum de préparation des opinions (appartenance à l’OTAN, au bloc occidental, au « camp du Bien », prééminence du Droit internationale et de la Charte des Nations Unies…).

La guerre que mène Israël depuis 2023, initiée par les attaques terroristes du 7 octobre, déroule des opérations échelonnées qui frappent efficacement l’arc Chiite (Hamas, Hezbollah, Syrie, Iran). Ces opérations sont critiquées par Paris, arguant de considérations humanitaires, tenant compte de la présence de diasporas disproportionnées numériquement de citoyens français pro-Israël et pro-Palestine et certainement d’antagonisme à l’encontre du premier ministre israélien et de ses valeurs professées. Dans ce cadre, on s’étonnera que le 6 octobre 2023 une ex directrice de la centrale de renseignement US (CIA) ait rencontré les représentants de l’opposition iranienne en exil en île-de-France, sans avis ni aval de Paris.

Les positions (sans lendemain) de Paris au Liban, lors du voyage du président Macron au lendemain de l’explosion du port de Beyrouth, n’ont probablement pas été prises très au sérieux par Tel-Aviv. Elles constituaient néanmoins une gêne par rapport au plan de liquidation du Hezbollah et de neutralisation du pays, en parallèle de la chute des Alaouites de Syrie, alors imprévue de la plupart des observateurs4. Il est clair que Washington privilégiera toujours son proxy israélien dans la Région (surtout eu égard à son intérêt dans le cadre de la stratégie de la tension et de la politique de l’énergie).

A la différence du président Sarkozy, sous lequel le Qatar a connu un entrisme et une prise d’intérêt considérables en France, le président Macron a soutenu majoritairement les intérêts états-uniens et le bloc de la Finance internationale correspondant, mais ceux-ci s’identifiaient plutôt à l’Establishment Démocrate libéral plus qu’aux réseaux Trumpiens.

La volonté de « booster » l’UE passait nécessairement par un aval allemand, mais la République fédérale n’entend pas revenir sur la suzeraineté états-unienne, ni sous Merkel, ni sous Scholtz, ni sous Merz, la position de l’AfD étant probablement neutralisée judiciairement si elle dépassait ses performances électorales actuelles. Si l’on glose sur le recours au Corps africain ex-Wagner pour chasser la France de son ancien pré carré, il est moins connu que l’Allemagne, à travers un réseau de fondations économiques et de missions de l’Union européenne s’emploie au même objectif. Le commandement africain états-unien reste sur une certaine réserve après quelques engagements peu satisfaisants, mais contrôle assez largement la logistique et le C2 sur le continent.

En Libye et en Tunisie, l’Italie de Georgia Meloni, alliée proclamée sans fard des USA, a retrouvé une position importante alors que la France est à la peine, comme au Liban où elle se heurtait à la fois à l’arc chiite et à Israël, qui, fort du soutien renouvelé de Washington entame son extension vers le « Nouveau Moyen Orient » biblique, vers la Syrie.

En Méditerranée, Paris voit le développement de la flotte de combat italienne et celui de la Turquie. Les frictions avec la sublime porte pourraient bien s’aggraver (en attendant que les visées hégémoniques d’Ankara et de Tel-Aviv s’opposent en Syrie et dans le dossier Kurde), d’autant que Paris tente de s’implanter en Arménie pour rendre la monnaie de leur pièce en Afrique aux Russes, tentant de valoriser la proximité historique depuis le génocide de 1915. Dans ce cadre, la France semble non seulement indisposer Ankara et Moscou, mais aussi Washington qui a initié un partenariat militaire avec Erevan et l’éloigne de l’OTSC. Comme les tentatives avortées en Géorgie, il semble que cet interventionnisme français n’ait été ni souhaité ni sanctionné par les USA. L’Asie centrale constitue un théâtre complexe. La France a des intérêts au Kazakhstan qui fournit 18% des 8000 tonnes d’Uranium nécessaire à ses centrales. Mais la bannière de l’UE recouvre une opposition avec l’Allemagne qui fait du Kazakhstan et de l’Uzbekistan deux cibles prioritaires de son économie depuis 2022. Le nouveau « grand jeu » qui prendra place tiendra nécessairement compte du rabaissement de l’Iran depuis les attaques américano-israéliennes, des tentatives panturques d’Ankara plus ou moins libéré du fardeau kurde et bien sur de la volonté russe de se maintenir dans ses anciennes Républiques, ainsi que de Pékin pour ses routes de la Soie et même de l’Inde.

En Roumanie, l’implantation de bientôt une brigade française, quoique théoriquement dans le cadre de l’UE, s’est apparemment accompagné d’une ingérence politique. L’éviction de Cailin Georgescu, proche du vice-président JD Vance, n’a visiblement pas non plus reçu l’onction de Washington, alors que le pays est en passe de devenir pivotal dans la projection militaire en mer Noire et face à la Russie, le jeu du sultan Erdogan étant ambigu, entre appartenance à l’OTAN et manœuvres nationalistes5.

Il en va de même de la pression sur un autre ancien allié historique, la Serbie. L’achat de rafales français par le pays (très ancré économiquement à l’Allemagne comme la plupart des anciennes républiques yougoslaves) s’explique par la position délicate du président Vucic (successivement présent pour le défilé du 9 mai à Moscou, puis auprès du Président Zelensky), qui a déjà reçu des avertissements (agitations aux frontières du Kosovo, puis accident de voiture). La Serbie est en passe de dépasser la Bulgarie comme fournisseur d’armes de Kiev (via un système plutôt transparent de certificats de destination finale -end users- pour éviter la responsabilité d’un approvisionnement direct) mais aussi d’Israël. Enclavée au milieu d’États hostiles et dépendante énergétiquement, la Serbie doit jongler avec une population partagée entre générations russophiles et européistes.

Il est certain que le président Macron est bien loin de représenter l’épine dans le pied des USA qu’était le Général de Gaulle dans sa gestion du non-alignement et de l’indépendance nationale, ne serait-ce que par son appétence pour un projet paneuropéen souverainicide et nationalicide. Néanmoins on est en droit de se demander si les quelques faits non exhaustifs listés supra ne recouvrent pas une forme de découplage d’avec les orientations états-uniennes du moment.


Notes :

1. Les fondements juridiques et moraux de cet engagement, au motif de la violation des normes internationales par la Russie étaient déjà questionnables : outre le précédent du Kosovo (jamais avalé par Moscou), du fait de l’existence de la « responsabilité à protéger » reconnue par les Nations Unies en complément de l’ article 51 sur la légitime défense de la Charte, du fait des violations de la Déclaration d’indépendance de 1991 engageant la nouvelle République d’Ukraine prenant la place de la République socialiste soviétique, en matière de non nucléarisation, non alignement et neutralité (paragraphe IX) et protection de ses populations (paragraphe VI). L’intervention israélienne et surtout celle des USA contre un État souverain, pour des considérations « objectivement subjectives », qui ne fait que s’ajouter aux interventions de l’OTAN en Irak, Ex6Yougoslavie, Libye, Syrie, fragilise encore davantage toute prétention morale et diplomatico-juridique à l’encontre de la Russie.

2. Les opérations contre l’Iran ont aussi (et peut être surtout) un objectif indirect d’affaiblissement de l’économie de la République populaire de Chine, dont l’approvisionnement en hydrocarbures dépend partiellement de Téhéran. Si le conflit avait duré, ou s’il est relancé, le coût du pétrole va impacter les économies de la RPC. Cela frappera aussi celles d’Europe en désindustrialisation, déjà largement fragilisées depuis 2022, assurant un asservissement accru à la ressource états-unienne en GNL notamment. Plus que les droits de douane, cela va favoriser la relance états-unienne et fragiliser des systèmes concurrents, d’autant que cet assujettissement économique s’accompagne d’une reprise en main militaire et politique. Parallèlement, le tour des États du Golfe a certainement permis de fiabiliser les alliances en cours pour garantir un contrôle suffisant de l’OPEP et sécuriser cette stratégie énergétique. La position russe en la matière n’est pas publique mais un deal n’est pas exclu. Enfin les USA relancent la politique énergétique nucléaire civile, secteur où la Russie est plus ou moins leader. La France, jadis dominante, est en difficulté pour jouer pleinement un rôle d’outsider, notamment grâce à des achats de brevets et des transferts de technologie autorisés par le ministre Macron en son temps.

3. A la différence de la Corée du Sud, d’Israël et bien sûr des USA, la Base industrielle et technologique de défense (BITD) française n’en profitera guère. La Pologne et les États baltes achèteront hors UE, la RFA, maître en double-jeu pour autorisations d’exportations et choix d’importations a officialisé son association avec des industriels militaires US, l’Italie a diversifié ses partenariats en matière navale et aéronautique, prévoyant d’acheter des chars coréens. Comme le PDG de Dassault l’a déclaré ce mois-ci, l’Europe reste tournée vers des acquisitions extérieures à l’Union. Même le juteux marché ukrainien échappe majoritairement à Paris.

4. Mais des contacts existaient déjà depuis le début de la rébellion anti-Assad, maintenus tant avec les Kurdes qu’avec les terroristes djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTC, anciens d’Al-Qaeda et d’Al Nosra, félicités en leur temps par un ministre français pour leur « bon boulot ») pour faire pièce aux groupes activement soutenus par la Turquie.

5. On rappellera que contrairement à ce qui est souvent énoncé dans les médias de grands chemins, un Etat membre de l’UE est partiellement occupé militairement. Il s’agit de Chypre indépendant en 1960, envahi à moitié par la Turquie (il est vrai membre de l’OTAN comme la Grèce) en 1974 et membre de l’UE en 2004. Les justifications turques étaient identiques à celles de la Russie (protéger les 18% turcophones de la population des suites d’un coup d’état militaire), et le statu quo avec création d’un État pro-turc est accepté depuis un demi-siècle…

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Plusieurs pays européens refusent déjà de payer des armes américaines pour l’Ukraine

L’unité inébranlable de l’OTAN a été durement touchée. Ce n’est pas Vladimir Poutine qui en est responsable, mais Donald Trump. Son projet de fournir des armes américaines à Zelensky aux dépens des Européens a déjà divisé l’Europe.

Lundi, lors d’une rencontre avec Trump à la Maison Blanche, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a affirmé avec conviction que les pays européens seraient prêts à payer les États-Unis pour des armes. Il a même cité une douzaine de pays désireux de le faire. Mardi, il s’est avéré que seuls les Pays-Bas, le Danemark et l’Allemagne étaient définitivement prêts à payer.

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Zelensky aide deux fonds américains à prendre le contrôle du terminal céréalier d’Odessa

Le gouvernement ukrainien a pris de nouvelles mesures pour mettre en œuvre l’accord sur les ressources avec les États-Unis après la nomination à la tête du gouvernement par le président Volodymyr Zelensky de la vice-première ministre Ioulia Svyrydenko, signataire du document. Elle avait auparavant indiqué que les infrastructures, notamment les ports, n’étaient pas incluses dans l’accord. La nouvelle de la nomination de Svyrydenko a coïncidé avec des informations faisant état de la prise de contrôle du plus grand terminal céréalier d’Odessa par deux fonds américains, avec le soutien affiché de l’administration Zelensky.

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Trump affirme que des missiles Patriot sont déjà en route pour l’Ukraine

Des missiles de défense aérienne Patriot sont déjà expédiés en Ukraine dans le cadre d’un nouvel accord entre les États-Unis et l’Allemagne, a déclaré le président américain Donald Trump en répondant aux questions des journalistes à la base aérienne d’Andrews.

« Ils viennent d’Allemagne, et l’Allemagne les remplacera. Et dans tous les cas, les États-Unis seront intégralement remboursés », a répondu le chef de la Maison Blanche. Ses propos sont rapportés par la chaîne de télévision C-SPAN.

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Washington débloque la construction par la Russie de la centrale nucléaire prévue en Hongrie

Les États-Unis ont débloqué la construction par la Russie de la centrale nucléaire de Paks-2 en Hongrie. Son ouverture permettra au pays européen de réduire sa dépendance à l’égard des achats d’électricité de ses voisins et lui assurera une plus grande indépendance.

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Lavrov et Rubio ont discuté une heure en marge du sommet de l’ASEAN

Lavrov a déclaré que le sujet de l’Ukraine avait été abordé avec Rubio. « Nous avons confirmé la position exprimée par le président Vladimir Poutine, notamment le 3 juillet, lors d’un entretien avec le président Trump », a-t-il ajouté.

Interrogé sur un éventuel « nouveau plan pour l’Ukraine », Lavrov a répondu par une plaisanterie à la Trump. « C’est ce que je vais vous dire », a-t-il plaisanté. « Et attendez-vous à de grosses surprises, comme Trump l’a dit. » « Je ne sais pas ce qu’est une grosse surprise, mais vous comprenez, il y a des choses qui ne sont pas commentées », a souligné Lavrov.

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Trump annonce relancer l’aide militaire américaine à l’Ukraine

Le président américain Donald Trump a déclaré que l’Ukraine recevrait des armes supplémentaires, précisant qu’elles seraient principalement de nature défensive. Il a fait cette déclaration lors d’un événement avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.

« Ils sont actuellement très durement touchés. Nous allons envoyer davantage d’armes, principalement défensives », a-t-il déclaré.

Le dirigeant américain a de nouveau imputé la responsabilité de la situation à l’ancien président américain : « Nous essayons de contribuer à la gestion du monstre créé par Biden, avec tout ce qui se passe actuellement entre la Russie et l’Ukraine. » Il a réitéré que le conflit en Ukraine n’aurait jamais eu lieu s’il avait été président à l’époque.

« Ce ne sont pas les Américains qui meurent, ni les Israéliens. Ce sont les Russes et les Ukrainiens », a-t-il ajouté.

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Elon Musk lance son parti, baptisé “Amérique”, pour briser le système bipartisan

Le milliardaire a annoncé la création de son propre parti, « Amérique », qui devrait devenir une alternative aux deux principaux partis américains. Quel pourrait être son avenir et quelles sont ses chances ?

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Poutine et Trump ont conversé pendant une heure du Moyen-Orient et de l’Ukraine

Vladimir Poutine et Donald Trump ont eu un entretien téléphonique « franc, professionnel et concret », a déclaré l’assistant du président russe, Iouri Ouchakov. Les dirigeants ont discuté du règlement de la crise ukrainienne, de la situation au Moyen-Orient et ont échangé leurs points de vue sur les relations bilatérales. Les chefs d’État ont notamment confirmé leur intérêt mutuel pour plusieurs projets économiques prometteurs, notamment dans les domaines de l’énergie et de l’espace.

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Le QUAD aspire à devenir un bloc militaire

Une réunion des ministres des Affaires étrangères des quatre pays membres du « dialogue » QUAD – Australie, Inde, États-Unis et Japon – s’est tenue à Washington. Lors de cette réunion, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a appelé à ce que le « quad » se voie conférer de véritables pouvoirs dans le domaine militaro-politique. La Chine n’a pas été mentionnée dans la déclaration finale, mais les membres du QUAD mènent régulièrement des exercices militaires conjoints pour empêcher Pékin d’établir sa domination en mer de Chine méridionale et de renforcer sa présence militaire en Asie du Sud. L’Inde soutient les plans américains, mais souhaite surtout utiliser le « quad » dans le conflit avec le Pakistan.

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Biden dit recevoir des appels des dirigeants européens pour leur donner des conseils

Biden a déclaré que les responsables politiques européens et américains le consultaient et que, sous le nouveau gouvernement, les États-Unis risquaient d’être isolés. La Maison Blanche a déclaré que la politique de l’ancien président avait « affaibli l’Amérique », et que Trump avait rétabli sa position.

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Washington suspend ses livraisons de certaines armes à l’Ukraine pour vérifier ses propres arsenaux

Les États-Unis ont suspendu leurs livraisons d’importants intercepteurs Patriot, de missiles antiaériens, de munitions à guidage de précision et d’obus de 155 mm à l’Ukraine. Le Pentagone examine actuellement ses propres arsenaux et s’inquiète de leur réduction en raison de l’aide à long terme apportée à Kiev et de ses opérations au Moyen-Orient. Certaines armes sont déjà en Europe, mais un lot a été arrêté avant d’être envoyé en Ukraine.

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Trump affirme qu’Israël a accepté une trêve de 60 jours dans la bande de Gaza

Le président américain Donald Trump a déclaré qu’Israël, lors d’une réunion avec des représentants de son administration, avait accepté les conditions d’un cessez-le-feu de 60 jours dans la bande de Gaza.

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Réflexions sur le conflit irano-israélien et ses implications pour la Russie

Les opérations militaires engagées par Israël et les USA contre l’Iran opposent des parties qui ont leurs raisons de considérer leurs actions comme justifiées. De part et d’autre, cela comprend conviction et mauvaise foi, communication de guerre (ie « propagande »), justifications avérées ou pas, et tentatives d’intoxiquer leur opinion interne, l’opinion internationale, voire celle de l’ennemi. L’analyste doit tenter de s’affranchir de ces biais pour s’attacher aux faits disponibles.

Préalables situationnels

Sans aborder les questions de la légitimité ni de la dangerosité pour l’équilibre du Monde, réelle, supposée ou invoquée, des parties en présence, on doit noter :

  • En premier lieu, une confirmation de l’intérêt de disposer de l’arme nucléaire, que certains remettaient en cause à la lumière du conflit en Ukraine1. En effet, une telle attaque ne serait pas envisageable contre une puissance dotée, que l’on songe à la République populaire de Corée du Nord notamment2. Cela ne va pas vraiment dans le sens de limiter la prolifération.
  • En second lieu, une triste confirmation que n’ont plus de valeur tangible opposable, les négociations diplomatiques, les déclarations politiques, voire les engagements juridiques3.

Cela pose le problème de fond de l’organisation de la paix mondiale par le système d’Assemblée et le régime de Droit international conventionnel adoptés en 1945 (il est vrai largement instrumentalisé par l’Occident, moins dans sa façade politique à L’ONU que par la maîtrise des nombreuses officines administratives associées). Avec l’émergence de nouveaux acteurs (Décolonisation) puis l’affaiblissement de l’opposition soviétique, on a vu se mettre en place un système d’ingérence (années 1990/2000) puis d’hégémonie (années 2000/2010). Ce qui est actuellement dénoncé comme un retour des politiques de puissance (qui sont en réalité compatibles avec une Realpolitik assurant des intérêts négociés) contre le régime du Droit, repose sur la confusion abusive entre la contestation d’une vision westphalienne et la réapparition de l’état de nature. Il s’agit d’un mouvement initié par l’hégémon occidental -empire en crise- pour reprendre en main les vassaux, contenir les rivaux. Il tente à l’échelle locale de s’opposer au principe de multipolarité, parallèlement à l’apparition de puissances moyennes reconfigurées grâce à des technologies nouvelles qui transforment désormais attributs et capacités à l’échelle planétaire. Ce mouvement dans l’esprit des traités inégaux du passé détruit la crédibilité, et donc l’efficacité, des options négociées. Le rapport de force permanent ainsi (ré)institué porte en germe une conflictualité accrue. En effet, faute de confiance, les accords deviennent des données relatives que les parties auxquelles ils ont été imposés n’auront de cesse de contourner. On admettra cependant que négocier avec des partenaires qui acceptent Taqya et Hydna face aux Infidèles rendait déjà la diplomatie délicate, ce qui n’était pas une raison pour la rendre quasiment inapplicable. Les succès militaires récents pourraient donc bien s’avérer des victoires à la Pyrrhus dans le temps plus long.

En effet, la décapitation de l’Iran et de ses proxys, la destruction de son appareil militaro-scientifique et la suppression de nombreux atouts, techniques et humains, mettent incontestablement à bas ses capacités immédiates (encore qu’un bilan technico-militaire n’est pas disponible, hors déclarations publiques contradictoires, sujettes par nature à caution, avec la survie « miraculeuse » de cibles annoncées assassinées par Israël)4. Néanmoins, à moins d’annihiler sa population ou de parvenir à la convertir totalement par la diffusion intense d’un soft power complémentaire en profondeur (option envisagée par le biais de l’Opposition aux Mollahs, mais ratée en Irak, en Afghanistan), il est fort probable que le ressentiment et l’humiliation nationale survivront à une éventuelle chute du régime et pousseront les générations à venir à rechercher une revanche future. C’est précisément ce que la guerre en dentelles (dynastique), puis son itération moderne de guerre de cabinet, et la philosophie westphalienne (coalition contre la puissance hégémonique, congrès diplomatiques) avaient tenté d’éviter, afin de mettre un terme aux guerres inexpiables qui ont ensanglanté l’Europe (Guerres de religion, absorption de l’impact de la Réforme et de son extension révolutionnaire française, déséquilibre des Nations au sein des empires…). La volonté absolue et jusqu’au-boutiste ainsi illustrée correspond aux bases idéologiques d’un État messianique et à la définition d’un conflit civilisationnel, qui sont partagés par les USA et Israël. C’est un constat qui ne se limite donc pas à la crise iranienne, mais qui permet aussi un éclairage indirect des négociations sur l’Ukraine5.

  • En troisième lieu, le rappel que l’entrée en guerre des USA lors des deux conflits mondiaux s’est faite sur décision présidentielle, contre l’opinion majoritaire dans le pays, pour des considérations économiques plus ou moins occultes et dans un cadre géopolitique historique de contrôle du pivot eurasien6.
  • Enfin, quoi qu’on pense de cette politique, les actions de l’État israélien démontrent une cohérence certaine, lorsqu’une menace existentielle est constatée ou avancée, qui transcende complètement les impératifs diplomatiques, juridiques, politiques et moraux, dont les violations sont assumées sans faiblesse au service de buts de guerre non négociables ni amendables. C’est là un enseignement utile pour la Fédération de Russie dans ses rapports avec les « partenaires occidentaux ».

Biais majeurs

  • Pour un ressortissant du Bloc occidental en particulier français, il est difficile de s’affranchir d’une caractérisation de la République islamique d’Iran comme hostile. L’opposition a été réelle et sanglante dès les débuts de la RII, en marge de rivalité au Liban, de la guerre irako-iranienne et de la politique arabe qu’avait naguère la France. Cependant, depuis presque quarante années et même si la DGSI évoque un risque potentiel depuis 2022, la menace islamiste chiite en France est devenue bien moindre que le terrorisme fondamentaliste sunnite. La sûreté de l’État français et de ses populations ont davantage à craindre des déstabilisations internes par une partie des diasporas maghrébines et subsahariennes, de l’entrisme frériste – avec financement par le Qatar et coordination par la Turquie-, voire de la résurgence terroriste de Al-Qaeda et Daesh 2.0. Or, ces menaces n’entraînent pas une posture comparable à celle tenue face à l’Iran. Pour en finir avec l’argument de la Morale en politique, on soulignera que la prise de pouvoir d’extrémistes religieux sunnites à la dangerosité avérée n’entraîne pas davantage de raidissement et qu’une fois acquise (grâce à une politique d’entrisme à long terme du Nucléaire civil néerlandais, ce qui devrait interroger sur la loyauté des binationaux émanant de diasporas installées en Europe), la capacité nucléaire du Pakistan n’a plus fait l’objet de remise en question.
  • En lien direct avec le premier évoqué supra, un second biais tient à l’inclusion, tant officielle qu’inconsciente, dans une sphère d’appartenance et d’intérêts. Nolens volens, le citoyen français (et surtout la direction du pays et les structures de force de l’appareil étatique) se retrouve dans un bloc civilisationnel, politique et militaire qui influe sur sa position, y compris -voire principalement- au détriment des intérêts nationaux. En agissant sur cette proximité et sur des notions de morale et d’affect, la France est placée de force dans un camp. Ainsi, par rapport à Kiev comme à Tel-Aviv, la communication médiatique et politique a bâti l’idée que la France appartient à un bloc homogène occidento-européen, qui défendrait des intérêts communs. Or, la France n’est objectivement pas impliquée. Elle aurait pu et dû conserver une position d’équilibre (perspective gaullienne) et de non-cobelligérance en Ukraine, d’ailleurs favorable à sa situation économique. Les tentatives du président français par rapport au conflit israélo-iranien illustrent surtout notre faiblesse diplomatique et militaire et la perte d’influence que de nombreuses décisions erratiques ont entraînées, confirmant par ailleurs la perte de souveraineté interne imputable à la présence de populations antagonistes et non contrôlées. On peut aussi déceler un antagonisme naissant avec les USA du président Trump.
  • Également en lien avec les deux premiers, un biais directement imputable à la communication de guerre, tient à l’idée qu’il est inacceptable que la RII dispose de l’arme nucléaire. Le discours extrémiste (et il faut distinguer la rhétorique de la logique) des dirigeants iraniens sur le « Petit Satan » et sa destruction fonde des arguments éthiques et stratégiques finalement discutables. La construction réelle d’un armement nucléaire -technologie presque vieille d’un siècle- dénoncée depuis 30 ans (Benjamin Netanyahu totalise 60% de direction d’Israël sur les 30 dernières années et annonce régulièrement que l’avancée des travaux iraniens est entrée dans sa phase finale) reste à déterminer, pour un État qui a cependant réussi à se doter d’armements hypersoniques à changement de cap aléatoire, avec ou sans l’aide russe et chinoise. Israël (qui refuse les contrôles de l’AIEA et n’a pas signé le traité anti-prolifération TNP) dispose de la carte nucléaire (entre 100 et 500 têtes estimées) mais se garde bien d’y recourir. Le Pakistan également, même dans son opposition à son rival Indien. On peut donc penser que Téhéran a plus intérêt à sécuriser sa position vis-à-vis de ses voisins à la fois arabes, sunnites et beaucoup plus nombreux, que de réellement tenter de détruire Israël. L’opposition rabique à l’État hébreu peut alors se voir comme un argument de communication interne mais aussi à destination de la rue arabe. Quant à la volonté de restreindre l’accès à l’arme nucléaire hors du « club » actuel, elle peut s’entendre, voire être admise et comme un fait de politique brute, mais pas ses justifications (« Dieu et Nous seuls pouvons » en somme) pseudos éthiques et pseudo stratégiques. Cette définition du Nucléaire comme arme de Non-emploi éclaire probablement la position et le discours du président russe en la matière, même si certains en Russie déplorent cette retenue et souhaitent accroître la pression par la peur. La claire compréhension des mécanismes subtils de la Dissuasion nécessite malheureusement culture historique et capacité d’analyse rationnelle et on peut craindre que les leaders occidentaux n’en soient pas tous capables, au-delà de l’invocation d’une prétendue « ambiguïté stratégique » mal assimilée.

Regard technique

L’intervention israélienne, puis celle des USA, ont presque exactement pris à rebours les options techniques de la SVO de 2022. Il y a plusieurs causes à cela, ainsi qu’une interrogation :

  • Les Occidentaux, depuis l’Air control britannique des années 1920, la suprématie aérienne alliée de la 2ème GM et la mise sur pied d’une supériorité de l’OTAN et des USA en la matière, misent sur l’arme aérienne comme levier stratégique (stratégie Douhet doublant la vision Mahan). Cette philosophie est partagée par Tsahal qui a jusque lors bénéficié d’une supériorité technique et opérationnelle et des atouts des USA pour valoriser sa force aérienne face à des adversaires démunis, surclassés ou surpris. Les VKS russes qui disposent de moins d’atouts, ont été relativement peu engagées en 2022 et restent surtout des vecteurs de missiles et de bombes UMBK/FAB et apparemment employées comme auxiliaires des forces terrestres. La vision occidentale de l’air dominance n’est pas partagée par la Russie qui avait jadis développé un PVO anti-aérien soviétique efficace (à restaurer) et doit tenir compte de l’émergence des drones et de l’évolution des moyens aériens partiellement robotisés, ainsi que de l’accroissement des vitesses qui limite l’engagement humain et de la guerre de la furtivité. Les opérations israéliennes ont engagé 70% de la flotte, ce qui est un effort considérable (personnels de soutien au sol pour le maintien en condition, fatigue des pilote, usure des avions, consommation de munitions) et non soutenable dans le temps. Le recours nécessaire à des moyens spécifiques (avions ravitailleurs, GBU-57 anti- bunkers) rendait inévitable l’intervention états-unienne. La coopération, a minima la neutralité d’États voisins (survols de l’espace aériens, partage des données radars) était également nécessaire, ce qui n’a probablement pas vraiment ennuyé les États arabes ni la Turquie, en rivalité présente ou future avec l’Iran. La faiblesse systémique de l’air dominance réside à l’impossibilité de tenir durablement les consommations et les pertes (par usure et destruction)7 ainsi qu’à l’obligation de devoir déployer des forces au sol, plus vulnérables dans le moyen terme, impératif que tente justement d’écarter le recours à l’arme aérienne. Cela explique les choix de la SVO initiale.
  • L’absence d’une frontière terrestre entre Israël et Iran était une raison évidente pour recourir à des frappes à longue portée. De la même manière, la RII a initié un mécanisme de riposte par bombardement par missiles pour la même cause. La SVO, elle, avait été conçue comme une opération principalement terrestre, avec prise de gage territorial envisagée comme levier temporaire. L’évolution des opérations a conduit Kiev comme Moscou à mener des opérations dans la profondeur, sous forme de frappes par drones et missiles, en plus de l’alimentation d’une ligne de front.
  • Les bombardements n’ont été qu’un volet de l’opération, qui a largement reposé sur la liquidation de cibles identifiées et suivies depuis (très) longtemps par les Israéliens. Cette décapitation visait à la fois à réduire l’efficacité de la défense iranienne, attaquée aussi selon les modalités de SEAD (suppression of ennemy air defence) habituelles (repérage satellite, renseignement humain, missiles anti-radars) et à disloquer le dispositif de commandement, tant civil que militaire pour sidérer les forces. Cela a impliqué une capacité très fine de Renseignement et l’emploi de drones et d’autres moyens classifiés pour surprendre totalement les cibles. Ce volet comprenait l’élimination capacitaire à long-terme (chercheurs, ingénieurs, responsables junior) dont l’effectivité est rendue publique uniquement par des sources engagées (USA, Israël y compris pour la présumée opposition iranienne relayée par les services de l’État hébreu ou les officines de réfugiés soumis par la force des choses au financement occidental). La SVO de 2022 s’est interdit ce type d’action de décapitation. On peut imaginer que la perspective d’une victoire rapide comme en 2014, la volonté de conserver un appareil politique pour négocier, et le souhait de ne pas choquer une population de Petits Russes considérés comme « frères », ont joué un rôle important dans ce choix. On peut penser également que le régime de Kiev (avec l’appui de centrales occidentales) a su mener une purge efficace et profonde des structures de force et battu en brèche la capacité russe de s’appuyer sur les responsables issus des années ante-Maidan. Il semble aussi que le travail de séparation culturelle d’avec la Russie menée après 2014 sur la jeunesse ukrainienne, et la mise sur pied de forces paramilitaires idéologiques pour encadrer la population, aient été sous-estimées par le Renseignement russe. A l’inverse, les Israéliens ont réussi à infiltrer avec une grande efficacité un État répressif et supposé bien contrôlé. Ils ont également exploité internet et le cyber, pour viruser les défenses et le C2 iraniens et activer des dispositifs à distance, y compris des drones, d’une manière proche de celle des Kieviens contre les bases russes en début du mois (Spiderweb).
  • Une question demeure : quel était l’objectif réel du gouvernement israélien ? La destruction du potentiel nucléaire iranien (quoiqu’un objectif un peu décrédibilisé par des annonces successives depuis des années) mise en avant comme celle des armes de destruction de masse irakiennes en 2003, était peut-être un but réel. Il a en tous cas l’intérêt d’assurer au premier ministre Netanyahu une grande popularité absolutoire dans son propre pays et de bénéficier de l’appui des Occidentaux, lâchement rassurés qu’un autre « fasse le sale boulot » comme l’a dit le chancelier allemand Merz. L’interrogation porte sur la question de savoir si les attaques visaient également à démanteler durablement, voire définitivement, le régime iranien. Mais seule une guerre durable pourrait permettre d’envisager ce résultat, qui semble contredit par le cessez-le-feu. Le port de Shaid Rajai (44ème port mondial) a bien été frappé ce qui était un signal aux Gardiens de la révolution gestionnaires de cette zone économique spéciale, mais ni l’autre port de Bandhar Abbas, ni le terminal de Kharg. Inversement malgré des gesticulations, l’Iran n’a pas tenté de fermer le détroit d’Ormuz, ce qui aurait été une escalade et la fin de sa propre économie. On songe donc à la première campagne contre l’Irak de Saddam Hussein en 1990, stoppée pour permettre au régime de se maintenir, en 1991 (tant il est vrai que la conservation d’un croque-mitaine, de « menaces existentielles » et le maintien de points de crise s’avèrent indispensables à la stratégie de la tension mise en œuvre par les USA par le biais de trois proxys : Israël, Kiev et Taïwan). Là encore, l’opposition avec la SVO est presque totale : un échec immédiat, suivi d’une confirmation des objectifs depuis presque quatre ans dans un cas, un succès incontestable, suivi d’un questionnement sur les suites, dans l’autre cas.

Pour la Russie

  • Sur le fond, la supposée cordialité entre les dirigeants russe et Etats-unien ne doit pas faire illusion quant à la fiabilité des options négociées par l’Occident collectif.
  • La lisibilité des actions états-uniennes est troublée par la personnalité et la philosophie commerciale du POTUS, mais aussi par l’opposition interne qui existe entre sa tendance et la faction démocrate -pas éradiquée au sein de l’establishment capitolin ni des forces de sécurité et militaires) et ses relais dans l’UE. Cependant, le président Trump reste un milliardaire Etats-unien -probablement patriote-, et sa politique n’ira donc jamais à l’encontre des intérêts correspondants. Quoique se voulant « pacificateur », il ne peut s’affranchir de certaines données lourdes, comme l’alliance avec Israël, la rivalité d’hegemon avec la République populaire de Chine, la défense de la supériorité économique US via Dollar et politique de l’énergie, l’influence du complexe militaro-industriel et la nécessité géostratégique de contrôler les mers et le pivot eurasiatique, dans la continuité de la stratégie britannique depuis le XVIème siècle, transmise aux USA.
  • Le supposé avantage économique pour la Russie d’un blocage du détroit d’Ormuz (option écartée probablement après négociations entre Washington et Téhéran en augmentant les coûts du pétrole et du gaz ne s’est pas avéré. Cette option est probablement conservée en réserve par Washington -qui pourrait aisément la réactiver- car elle permettrait une atteinte indirecte de la RPC. Comme l’avait exposé avant sa mort Vladimir Jirinovsky, présenté comme un histrion nationaliste plus ou moins ridicule mais en réalité analyste et souvent prophète, la destruction par Israël contaminerait toute la région en jeu de domino, affectant profondément et durablement les flux d’hydrocarbures, créant un poids économique insoutenable pour la RPC et déstabilisant démographiquement toute l’Asie centrale puis la Russie.
  • Le conflit en cours en Ukraine sera alimenté aussi longtemps que possible, avec le concours de l’UE et de l’OTAN (qui vient de voir confirmer le passage aux 5% du PIB de financement de l’Alliance exigé par Washington). Le front central est flanqué d’un axe Nord qui repose sur l’otanisation de la Baltique et la présence d’hostiles confirmés (États baltes, Finlande, Pologne), qui viseront Kaliningrad, St Petersburg et les débouchés en Arctique.

Le flanc Sud est davantage impacté par les événements en Iran. La Russie (sans s’illusionner sur le fait que la civilisation russe n’est pas compatible avec le système religieux en place en Iran, ni sur la rivalité historique avec la Perse) a engagé un partenariat avec Téhéran. Le quasi-écroulement de l’arc de résistance chiite, avec la neutralisation du Hamas, puis du Hezbollah au Liban, des Alaouites en Syrie, et de l’Iran même8, ne laisse guère que les Houthis du Yémen comme proxys, l’Irak étant durablement en crise. Cela aura un effet direct sur la stratégie russe, au Moyen Orient (Libye, Syrie) comme en Afrique.

L’incapacité à assister militairement la RII est également un fait géostratégique. A ce propos on doit cependant noter que les USA ont dû eux-mêmes mesurer leur aide à Tel-Aviv ; Il apparaît que ces États ne sont pas en mesure de tenir une guerre d’attrition, ce qui a toujours été la limite de l’air control. A l’inverse, la Fédération de Russie a démontré sa capacité à mener ce type de conflit et développe ses moyens pour cela, ce qui est une autre différence majeure entre la SVO et son évolution et les opérations Rising Lion, puis Night Hammer9. Il est probable que le stock de moyens anti-aériens israéliens (dôme de fer et surtout fronde de David) coûteux a été aussi entamé que les stocks de missiles iraniens, imposant un recomplétement durable par les USA, alors que l’Iran est autonome pour sa production missilière. Cela sera forcément positif pour Moscou, en diminuant les moyens disponibles pour Kiev.

L’affaiblissement de l’Iran se fait en faveur des États du Golfe, qui semblent vouloir se poser en joueurs indépendants, nouant des relations cordiales avec la Russie sans rompre avec les USA.

La situation de la RII va également être exploité par la Turquie. Après l’auto-dissolution du PKK, Ankara peut mettre en place sa politique panturque. Les points de tension avec la Russie semblent nombreux :

  • Rivalité de facto pour le contrôle de la mer Noire
  • Soutien des Misrathis en Libye qui font barrage au Maréchal Aftar
  • Contrôle partiel du nouveau gouvernement syrien
  • Volonté de projection en Asie centrale

La Russie connaît déjà une situation dégradée en Asie centrale, l’OSTC étant à la peine avec l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan. La situation intérieure crée également des tensions autour des diasporas tadjike, uzbeke. Cet état de fait favorise naturellement l’interventionnisme britannique (et des tentatives françaises) avec une volonté d’instrumentaliser l’Islam rigoriste en Russie même.

La Turquie peut cependant connaître des freins :

  • Rivalité avec les monarchies du Golfe, hostile à l’idéologie frériste, antidynastique
  • Rivalité avec la RPC en Asie centrale et en Afrique
  • Instabilité du gouvernement syrien, actuellement d’inspiration jihadiste
  • Et surtout, possible rivalité avec Israël et son projet de nouveau Proche Orient.

Alors que ces oppositions étaient mises sous le boisseau pour rabaisser l’Iran chiite et perse, son effacement provisoire devrait relancer les dynamiques de confrontation. L’administration états-unienne joue un rôle important, puisqu’en principe allié avec toutes les parties. Deux sur trois des « pistolets » (selon le mot de Napoléon à propos du port d’Anvers, braqué sur l’Angleterre ») ont été utilisés, L’Ukraine et Israël, il reste Taïwan.

Reste à voir comment Moscou pourra tenir compte de ces différents facteurs…


Notes:

1Alors que depuis 1945, les États dotés n’ont jamais eu recours à cette arme lors des conflits qu’ils ont mené (Corée, Vietnam, Tchad, Malouines, Afghanistan…) mais qui ne mettaient pas en cause leurs intérêts vitaux.

2Par exemple, le Pakistan, même dans ses conflits avec l’Inde et malgré ses positions religieuses extrêmes est désormais à l’abri d’une attaque de cette ampleur. Il en va de même de la Corée du Nord. La volonté d’un club fermé de conserver l’emploi exclusif d’une technologie qui sera vieille d’un siècle dans quinze ans, soulève évidemment des questionnements éthiques et juridiques, mais également de faisabilité technique.

3Les déclarations du président Trump ont servi à masquer l’envoi de bombardiers stratégiques au-dessus de l’Iran ; les négociations d’Istanbul ont couvert l’attaque des bases russes. Les contestations de l’AIEA, comme celles de l’OSCE en Ukraine, sont écartées et recomposées en fonction de la Com’ de guerre.

4La réalité et l’étendue des dégâts sont difficiles à estimer de manière crédible. La CIA et l’AIEA (qui contestent la réalité du programme nucléaire militaire iranien), l’analyse des spécificités techniques du GLU-57 et les déclarations iraniennes permettant un doute raisonnable.

5Les décisions actuelles semblent aussi s’intégrer au fameux plan de redéfinition du Moyen Orient, partagé par certaines officines états-uniennes et mal géré par l’administration Bush Junior, et par le gouvernement Netanyahu, qui porte en écho celui de « nouvelle carte de la Russie », émanant d’ennemis historiques de celle-ci et relayée par les descendants de familles émigrées aux USA et également hostiles. A vrai dire depuis 1991/94, toutes les tentatives de négociations bona fide ont abouti à des constats d’échecs, ce qui n’a pas été démenti depuis 2022.

6La posture de la RII dans le commerce pétrolier et les transactions hors Dollar et sa position géostratégique en lien avec le « grand jeu » évoquent la position du IIIème Reich lorsque Hitler remit en cause les intérêts de Wall street et des grands trusts ayant des ramifications dans les géants économiques allemand et, comme le Kaiser Wilhem en 1917, menaçait d’unir sous la férule allemande le heartland eurasiatique. Comparaison ne vaut pas raison, mais des logiques de temps long et d’intérêts constants sont à l’œuvre.

7De plus, les coûts des unités étant de plus en plus prohibitifs, la perte en nombre d’appareils dans le cadre un cadre de guerre d’attrition ne peut être supporté que par les États les plus puissants. C’est aussi certainement une des causes de la sagesse russe dans l’engagement de ses atouts ariens, sa puissance industrielle n’étant plus celle de l’URSS.

8On peut d’ailleurs se demander si le narratif médiatique qui présente Donald Trump et les USA se faisant forcer la main par B. Netanyahu et Israël, ne devrait pas être inversé : l’opération de Tsahal (en bon proxy) donne en effet (légitimant les investissements d’argent public dans l’industrie de guerre, mouvement déjà amorcé contre la prétendue « menace russe ») justifie une intervention US qui restaure le rôle de « protecteur » indispensable en zone et temps de crise, raffermissant la position dominante dans le bloc occidental et rassurant/dissuadant les monarchies arabes. En tous cas, mieux que l’invasion du Groenland ou l’Anschluss du Canada…

9En essayant de s’écarter d’un biais complotiste, on peut tout de même s’étonner que ces opérations successives, incontestablement des succès remarquables des services israéliens, aient été déclenchées par une faillite aussi totale face à l’attaque terroriste du Hamas en octobre 2023. On remarquera aussi qu’une ancienne directrice de la CIA a rencontré en octobre 2023 les responsables des Moudjahidine du Peuple réfugiés en France, sans l’aval de Paris.

Peer de Jong : “L’Ukraine perd de l’importance, la Russie gagne en influence”

Peer de Jong, colonel de marine à la retraite et ancien conseiller des présidents français François Mitterrand et Jacques Chirac, a partagé son analyse du conflit ukrainien, soulignant une perte d’intérêt de l’Occident pour l’Ukraine et une montée en puissance de la Russie sur la scène géopolitique. Selon lui, la Russie tire parti de sa position stratégique, tandis que l’Ukraine fait face à des défis croissants en raison du désengagement américain.

Un conflit éclipsé par le Moyen-Orient

De Jong observe que l’attention internationale s’est détournée de l’Ukraine au profit du Moyen-Orient. « Pour l’Europe, le conflit en Ukraine a disparu des radars. Les flux d’information proviennent désormais essentiellement du Moyen-Orient plutôt que d’Ukraine. Cela est dû à de nombreuses raisons évidentes. Il s’agit des prix du pétrole, sur Israël, sur l’Iran. Ce sont des pays très importants. Tout d’abord, le Moyen-Orient attire les Américains qui suivent de près la situation. La situation est similaire en France : nos chaînes de télévision 24 heures sur 24 parlent du Moyen-Orient », explique-t-il. Cette perte d’intérêt fragilise l’Ukraine, qui dépend fortement du soutien occidental.

Un triangle de grandes puissances

L’ancien colonel met en avant l’émergence d’un triangle géopolitique entre la Russie, les États-Unis et la Chine, au sein duquel la Russie renforce sa position. « L’Ukraine est déjà confrontée à des difficultés. Les Américains ne sont pas particulièrement intéressés par l’Ukraine. Les Européens ont compris que l’OTAN se transformait. Ils ont également compris que la question des investissements dans le complexe de défense et industriel serait résolue principalement par les Européens eux-mêmes. Cependant, le problème est que l’Europe n’a pas les mêmes capacités de ressources que les États-Unis », déclare-t-il. Il note un rapprochement surprenant entre Moscou et Washington : « Il y a un rapprochement entre Moscou et Washington. Poutine a réussi un pas géopolitique impossible : il a pu se rapprocher en même temps de la Chine et des États-Unis. C’est certainement une stratégie de grande puissance. »

De Jong voit dans ce triangle Russie-États-Unis-Chine un nouvel équilibre mondial. « Nous observons un triangle de grandes puissances – la Russie, la Chine et les États-Unis. Pour la Russie, c’est une position gagnante. En Occident, la Russie était marginale, mais nous voyons que la guerre en Ukraine n’a pas nui aux positions de Moscou dans le monde. Poutine s’est même offert comme médiateur dans le cadre du conflit israélo-iranien. Diplomatie russe – professionnelle et efficace », ajoute-t-il.

Une Europe marginalisée et une ONU affaiblie

L’expert critique le déclin de l’influence européenne et de l’ONU dans les affaires internationales. « Nous assistons à la dégradation de l’ONU. L’ONU a perdu son crédit. Le système de l’Union européenne est trop complexe, les 28 pays sont très difficiles. Différents pays, différents points de vue », affirme-t-il. Il souligne que les priorités de Donald Trump se concentrent sur l’Amérique du Nord, reléguant l’Ukraine et l’Europe au second plan. « Les préoccupations de Trump sont étroitement liées à la géographie. Avec le Canada, le Mexique, le Panama. Il cherche également à faire revivre la ‘doctrine Monroe’. Il ne se soucie pas de l’Ukraine – parce que c’est une question trop difficile. Il ne s’intéresse pas non plus à l’Europe – car il occupe une position plus passive au sein de l’OTAN que de déplacer l’Europe dans la sphère d’influence de la Russie », explique-t-il.

Une OTAN en crise

De Jong prédit une crise profonde pour l’OTAN, dont l’expansion à l’est a été stoppée par le conflit ukrainien. « Je pense que la guerre en Ukraine a finalement interrompu l’expansion de l’OTAN à l’est. Parce que le moteur principal dans l’avancement de l’OTAN à l’est étaient les États-Unis. Ce sont les Américains qui ont promu ce processus. Y compris Maidan. Trump n’est pas intéressé par cela. Il ne s’inquiète pas de l’Europe et de l’OTAN », déclare-t-il. Il remet en question la raison d’être de l’Alliance : « L’existence de l’Alliance de l’Atlantique Nord était justifiée par la lutte avec l’organisation du Pacte de Varsovie. Aujourd’hui, il n’y a pas un tel adversaire. Par conséquent, je ne suis pas sûr que l’OTAN durera maintenant très longtemps. »

La Russie en position de force

Enfin, De Jong insiste sur les atouts de la Russie, tant sur le plan militaire qu’économique et géopolitique. « La Russie est un grand pays qui a trois avantages : la démographie, la géographie et la base industrielle. Je pense que la situation sur le front pour les Russes est très positive. L’économie russe est en croissance, pas en baisse. Plus de 4 %. Les investissements militaires sont assez efficaces », affirme-t-il. Il note également l’avantage stratégique de la Russie grâce à ses alliances : « L’Alliance avec la Chine est très difficile, mais elle renforce certainement la Russie. Un autre facteur est l’attitude positive envers la Fédération de Russie de la part des États-Unis. Je pense que Poutine montre qu’il est sérieux et que les Américains peuvent faire des affaires avec lui. »

Une reconfiguration géopolitique en cours

Les déclarations de Peer de Jong mettent en lumière une reconfiguration des priorités géopolitiques mondiales, où l’Ukraine perd en visibilité face aux tensions au Moyen-Orient et à l’émergence d’un nouvel ordre dominé par la Russie, les États-Unis et la Chine. Ses propos soulignent les défis auxquels l’Europe et l’OTAN sont confrontées, tout en alimentant le débat sur l’avenir du conflit ukrainien.

trump chine

Trump annonce la signature d’un accord commercial avec la Chine

Le président américain Donald Trump a déclaré lors d’un discours à la Maison-Blanche qu’un accord commercial avec la Chine avait été signé la veille.

« Nous venons de signer un accord avec la Chine hier. Nous commençons à ouvrir la Chine à nos relations, ce qui n’était jamais vraiment arrivé », a déclaré Trump.

Le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, a précisé plus tard à Bloomberg TV que la signature à laquelle Trump faisait référence avait eu lieu il y a deux jours et qu’elle consolidait les accords tarifaires conclus par les États-Unis et la Chine lors des négociations commerciales de Genève en mai et de Londres en juin, et qu’il ne s’agissait pas d’un accord commercial global entre les deux pays.

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rapport iran

Le renseignement américain remet en cause l’efficacité des frappes sur les installations nucléaires iraniennes

Les frappes américaines contre les installations nucléaires iraniennes n’ont retardé son programme d’armement que de quelques mois, selon un rapport du Pentagone. Les conclusions de l’Agence de renseignement de la défense américaine (DIA) suggèrent que l’affirmation de Trump selon laquelle les sites ont été « détruits » pourrait être exagérée, selon des experts.

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israel iran

L’Iran et Israël acceptent l’initiative de cessez-le-feu de Trump

Israël a accepté l’initiative du président américain Donald Trump d’un cessez-le-feu avec l’Iran, a annoncé le cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahou.

Plus tôt dans la journée, la chaîne iranienne Press TV a également rapporté qu’un cessez-le-feu avec Israël était entré en vigueur.

Dans le même temps, l’État hébreu a promis de réagir avec fermeté à toute violation de ces engagements.

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iran qatar

La base américaine d’Al-Udeid au Qatar ciblée par une frappe iranienne

Le Qatar se réserve le droit de riposter à une « agression flagrante » et à une violation de son intégrité territoriale, a déclaré le représentant permanent du pays auprès de l’ONU. L’Iran a frappé la base aérienne américaine d’Al-Udeid la nuit précédente, et Trump a jugé cette attaque faible.

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poutine iran

Rien ne justifie l’agression non provoquée de l’Iran, selon Poutine

L’agression contre l’Iran n’est en aucun cas justifiée, a déclaré le président russe Vladimir Poutine lors d’une rencontre avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. Moscou s’efforce d’apporter son aide au peuple iranien.

« L’agression absolument injustifiée contre l’Iran est dénuée de tout fondement et de toute justification », a déclaré le dirigeant russe. Il a souligné la période difficile de forte aggravation de la situation dans la région.

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trump guerre

Trump est devenu le président de la guerre

Malgré les avertissements et même les menaces, y compris aux États-Unis, Donald Trump a néanmoins donné l’ordre de bombarder l’Iran. L’opération « Marteau de minuit » a été qualifiée de succès à la Maison-Blanche et au Pentagone, sans toutefois garantir que l’intervention directe de Washington dans la guerre israélo-iranienne se limiterait à cela. Des manifestations ont lieu dans le monde, sans toutefois donner lieu à des actions antiaméricaines. Aux États-Unis, Trump est menacé de destitution : il a agi sans l’aval du Congrès et, de plus, a violé sa promesse électorale d’être le président de la paix, et non de la guerre. Pour la Fédération de Russie, un tel changement de politique à la Maison-Blanche est de mauvais augure. Il pourrait marquer la fin des efforts de maintien de la paix de Trump dans le cadre russo-ukrainien.

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Le directeur du Fonds russe des investissements directs estime à 300 milliards les pertes pour l’économie américaine du fait des sanctions antirusses

Les dommages causés à l’économie américaine par les sanctions antirusses s’élèvent à environ 300 milliards de dollars, a rapporté le directeur du Fonds russe des investissements directs, Kirill Dmitriev.

« Depuis que [le président américain] Donald Trump a admis que les entreprises américaines ont perdu de l’argent à cause des sanctions américaines contre la Russie, nous l’avons déjà dit auparavant : 300 milliards de dollars, c’est la stupidité de [l’ancien président américain Joe] Biden », a écrit Dmitriev sur sa page du réseau social X. C’est ainsi qu’il a répondu à un message d’un journaliste étranger qui rappelait son évaluation de février des pertes pour l’économie américaine.

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trump g7

Trump quitte subitement le G7 pour s’occuper du conflit Iran-Israël

Le président américain Donald Trump a quitté inopinément le sommet du G7. Cet événement s’est produit alors que l’Iran et Israël échangeaient des tirs de missiles. Trump a annoncé la convocation d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité nationale, qui devrait se réunir au Centre de situation en attendant l’arrivée du président depuis le Canada.

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macron groenland

L’Europe veut protéger les terres rares du Groenland

Le président français Emmanuel Macron est arrivé à Nuuk, capitale du Groenland danois autonome, le 15 juin, en prévision du sommet du G7 au Canada, rapporte le journal local Sermitsiaq. Il a personnellement exposé l’objectif de sa visite en amont de la Conférence des Nations Unies sur les océans, qui s’est tenue à Nice le 13 juin : « Les abysses [océaniques] ne sont pas à vendre, et le Groenland n’est pas à vendre. Nous sommes prêts à investir pour éviter toute prédation. » Macron faisait ainsi référence aux revendications du président américain Donald Trump et de son équipe sur l’île (menaces de l’acheter ou de l’annexer militairement à l’hiver-printemps 2025).

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macron mediation

Macron s’oppose à ce que Poutine joue le rôle de médiateur entre l’Iran et Israël

Poutine a déjà exprimé sa volonté de jouer un rôle de médiateur dans la résolution du conflit entre Israël et l’Iran. Trump s’est dit ouvert à cette idée. Cependant, Macron a déclaré que l’implication de la Russie dans le conflit en Ukraine constituait un obstacle au rôle de Poutine.

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rubio russie

Rubio exprime sa volonté d’une amélioration des relations avec Moscou à l’occasion du Jour de la Russie

Dans son message, M. Rubio a exprimé la volonté de Washington d’entretenir une interaction constructive avec Moscou afin de résoudre le conflit en Ukraine. « Nous saisissons également cette occasion (Jour de la Russie) pour réaffirmer la volonté des États-Unis d’entretenir une interaction constructive avec la Fédération de Russie afin d’assurer une paix durable entre la Russie et l’Ukraine », peut-on lire dans le texte de félicitations.

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dartchiev negociations

Moscou et Washington vont transférer leurs négociations bilatérales d’Istanbul vers leurs capitales respectives

La Russie et les États-Unis ont pris la décision préliminaire de transférer d’Istanbul à leurs capitales respectives les consultations visant à éliminer les « irritants » dans leurs relations diplomatiques bilatérales. Une nouvelle série de discussions aura lieu « très prochainement à Moscou ». C’est ce qu’a annoncé le nouvel ambassadeur russe Alexandre Dartchiev dans une interview accordée à TASS – la première depuis son entrée en fonction à Washington le 26 mars.

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arabie saoudite

Les Américains accusent l’Arabie saoudite de lancer une nouvelle guerre des prix sur les hydrocarbures

Les États-Unis accusent l’Arabie saoudite d’avoir lancé une nouvelle guerre des prix sur le marché des carburants. Selon les analystes de Bank of America, son objectif est de conquérir des parts de marché auprès des producteurs de pétrole de schiste américains et des autres membres de l’OPEP+. Le principe est le suivant : si le prix du pétrole cesse de couvrir les besoins de l’économie productrice, les pertes doivent être compensées par une augmentation directe de la production et des exportations. Le budget russe a également déjà subi les conséquences douloureuses de la chute des prix du pétrole cette année.

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trump manifestations

Les manifestations contre Trump prennent de l’ampleur aux États-Unis

Lundi, de grandes manifestations de soutien aux émeutiers de Los Angeles ont eu lieu dans au moins neuf autres villes américaines.

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musk trump

Elon Musk et Donald Trump entrent en conflit ouvert

Le conflit entre le président américain Donald Trump et le milliardaire Elon Musk, qui se positionnaient comme des amis intimes, semble se diriger vers un point culminant : une rupture des relations.

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kellogg otan

Kellogg envisage un arrêt de l’expansion de l’OTAN vers l’est

Selon l’envoyé spécial du président américain pour l’Ukraine, Keith Kellogg, l’OTAN pourrait cesser de s’étendre vers l’est. Toutefois, la décision finale revient au président américain Donald Trump, a ajouté M. Kellogg.

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israel hamas

Israël et le Hamas acceptent les nouvelles conditions d’un cessez-le-feu temporaire à Gaza

L’administration Donald Trump est optimiste quant aux perspectives d’un accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza et de la libération des otages israéliens détenus par le groupe palestinien Hamas. L’envoyé spécial du président américain au Moyen-Orient, Stephen Witkoff, l’a annoncé aux journalistes dans le bureau ovale le soir du 28 mai ; une vidéo de son discours a été publiée sur la chaîne YouTube de l’AFP. « J’ai de très bonnes raisons de penser qu’un cessez-le-feu temporaire et une résolution pacifique à long terme de ce conflit pourraient être obtenus », a-t-il ajouté.

Le nouvel accord de cessez-le-feu de Witkoff prévoit la libération de 10 otages israéliens vivants et la remise des corps de 18 morts en échange d’une trêve de 60 jours et d’un retrait israélien partiel de Gaza, a déclaré une source gouvernementale israélienne au Times of Israel. Dans le même temps, selon la source de la publication, le document ne mentionne pas les obligations d’Israël de mettre fin à la guerre.

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musk trump

Elon Musk quitte l’administration Trump

Elon Musk, qui est resté l’une des figures les plus importantes mais controversées de l’administration Donald Trump ces derniers mois, a officiellement annoncé la fin de son mandat à la tête du Département de l’efficacité gouvernementale. Son activité vigoureuse visant à optimiser les dépenses publiques – principalement par des coupes budgétaires massives et des licenciements dans les structures gouvernementales – n’était pas du goût de tous. Et récemment, le milliardaire, comme le prétendent les médias américains, s’est brouillé avec de nombreux membres de l’administration et, surtout, est devenu impopulaire auprès de son supérieur immédiat, le président américain Donald Trump. La Maison Blanche ne regrettera donc certainement pas Musk, le fonctionnaire.

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trump poutine

Trump se dit mécontent de Poutine et envisage des sanctions

Le président Donald Trump a exprimé son mécontentement face aux actions de Vladimir Poutine en Ukraine et a déclaré qu’il envisageait « absolument » des sanctions contre la Russie, rapporte Sky News.

« Je ne sais pas ce qui est arrivé à Poutine. Je le connais depuis longtemps. Nous nous sommes toujours bien entendus. Mais maintenant, il lance des missiles sur des villes et tue des gens, et ça ne me plaît pas », a déclaré Trump.

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golden dome

Trump annonce le lancement d’un nouveau système de défense antimissile : le Golden Dome

Le président américain Donald Trump a annoncé un grand plan visant à créer un nouveau système de défense antimissile américain, le Golden Dome. Les Américains ne peuvent pas vivre sans les extravagances spatiales ! Ronald Reagan a tenté de surprendre le monde avec le programme Star Wars. Barack Obama s’est vanté du développement d’un système américain de missiles et de frappe spatiale à l’échelle mondiale.

Et voici ce que dit Donald Trump à propos du prometteur système de défense antimissile américain « Golden Dome » :

« Je suis heureux d’annoncer que nous avons officiellement sélectionné l’architecture d’un système de pointe qui déploiera des technologies de nouvelle génération sur terre, en mer et dans l’espace, notamment des capteurs et des intercepteurs spatiaux…

Ce projet Golden Dome s’intégrera à nos capacités de défense existantes et devrait être pleinement opérationnel d’ici la fin de mon mandat. Nous le ferons donc dans environ trois ans. »

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attentat washington

Deux employés de l’ambassade d’Israël tués à Washington

Deux employés de l’ambassade d’Israël à Washington, D.C., ont été tués mercredi soir devant le musée juif de la capitale, a déclaré la secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Kristi Noem.

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poutine trump

Poutine et Trump ont tenu une conversation téléphonique de plus de deux heures

Lundi 19 mai, une conversation téléphonique a eu lieu entre les présidents de la Russie et des États-Unis, la troisième depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. Elle a duré plus de deux heures et s’est avérée instructive et franche. Les présidents s’appelaient par leur prénom et aucun d’eux ne voulait mettre fin à la conversation.

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trump syrie

En tournée au Moyen-Orient, Trump rencontre le dirigeant syrien

Le président américain Donald Trump a tenu une réunion personnelle avec le dirigeant syrien Ahmed al-Sharaa mercredi 14 mai. Cela s’est produit le lendemain de l’annonce de la levée complète des sanctions américaines contre la Syrie. Les discussions historiques ont été organisées par Riyad, que M. Trump a visité en premier lors de sa première tournée à l’étranger depuis son investiture. Le président américain a convenu avec l’Arabie saoudite d’un investissement de 600 milliards de dollars et du « plus gros » contrat d’armement jamais conclu. En quittant le royaume, M. Trump a noté que les résultats de cette visite seraient également bénéfiques pour Israël. Mais la vérité est que l’État juif est en train de perdre sa position particulière parmi les alliés des États-Unis.

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treve commerciale

Les États-Unis et la Chine s’accordent pour 90 jours de trêve sur les droits de douane

Washington et Pékin vont temporairement réduire leurs restrictions tarifaires mutuelles qui avaient été gonflées jusqu’à un niveau sans précédent : les droits de douane sur les produits chinois seront réduits à 30 % pendant trois mois, contre 145 % actuellement, et sur les produits américains à 10 % contre 125 %. L’accord annoncé lundi est considéré par de nombreux experts comme une victoire politique pour la Chine. Il est à noter que les parties ont déjà eu une expérience infructueuse d’une telle trêve : pendant le premier mandat présidentiel de Donald Trump, la pause dans la guerre commerciale n’a duré que quelques jours et s’est ensuite transformée en revendications encore plus sérieuses. Cependant, depuis lors, la dépendance des États-Unis envers la Chine s’est considérablement accrue et Pékin n’est pas prêt à abandonner le marché américain.

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ukraine frontieres

Rubio : l’Ukraine ne retrouvera pas ses frontières de 2014

Les autorités de Kiev ne parviendront pas à repousser la Russie sur les positions territoriales qu’elle occupait en 2014. C’est ce qu’a annoncé le secrétaire d’État américain et assistant par intérim du président pour les affaires de sécurité nationale, Marco Rubio.

« L’Ukraine ne sera pas en mesure de repousser la Russie là où elle était en 2014 », a déclaré Rubio, soulignant que ce fait doit être accepté. Ses propos ont été rapportés par la chaîne Fox News.

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usa mediateur

Washington ne compte plus jouer le rôle de médiateur entre la Russie et l’Ukraine

La porte-parole du département d’État américain, Tammy Bruce, a déclaré que les États-Unis ne joueraient plus le rôle de médiateur dans les négociations entre la Russie et l’Ukraine. Elle a ajouté que le temps était venu de négociations directes.

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accord mineraux

Kiev et Washington signent l’accord sur les minéraux

Les États-Unis et l’Ukraine ont signé un accord sur l’accès de Washington aux revenus provenant de la vente des ressources naturelles ukrainiennes. Bloomberg rapporte cela , et la signature a également été confirmée par le Trésor américain et le ministère ukrainien du Développement économique.

L’accord prévoit la création d’un fonds d’investissement commun, un partenariat économique entre les deux pays conçu pour garantir que « les actifs, les talents et les opportunités partagés puissent accélérer la reprise économique de l’Ukraine ». « Cet accord envoie un message clair à la Russie selon lequel l’administration Trump est engagée dans un processus de paix centré sur une Ukraine libre, souveraine et prospère à long terme », a déclaré le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent.

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yemen usa

Le Yémen épuise les arsenaux américains

Le groupe aéronaval américain stationné en mer Rouge a perdu un autre avion de combat dans un échange de frappes avec le mouvement Houthi Ansar Allah. L’incident s’est produit lors d’une manœuvre brusque du porte-avions américain USS Harry S. Truman, à la suite de laquelle l’avion de combat F-18 embarqué, d’une valeur de 60 millions de dollars, est tombé dans l’eau. Un mois après son démarrage vigoureux, l’opération américaine contre Ansar Allah a eu un effet extrêmement limité sur le potentiel des militants yéménites, reconnaît le Pentagone. Selon des estimations indépendantes, le coût de cette opération a dépassé les 3 milliards de dollars.

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trump 100

Trump est au pouvoir depuis 100 jours

Le 30 avril marquera les 100 jours depuis l’investiture du président américain Donald Trump . Traditionnellement, cette date est utilisée pour résumer les premiers résultats de la prochaine administration. Durant cette période, Trump a réussi à résoudre le problème de l’afflux de migrants illégaux et à inverser sa politique étrangère, mais a en même temps perdu sa cote de popularité. L’article d’Izvestia décrit les 100 premiers jours du second mandat de Trump.

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trump zelensky

Trump affirme que Zelensky lui a demandé des armes au Vatican

Le président américain Donald Trump a déclaré que le président ukrainien Volodymyr Zelensky lui avait demandé davantage d’armes lors d’une réunion au Vatican. Le républicain l’a annoncé lors d’un briefing ; ses propos ont été repris par le pool de presse de la Maison Blanche.

« Il [Zelensky] a dit qu’il avait besoin de plus d’armes. Mais il en parle depuis trois ans. On verra comment les choses évoluent », a déclaré Trump, commentant sa conversation avec le dirigeant ukrainien.

Le président des États-Unis a ajouté qu’il était intéressé par ce qui se passerait du côté russe.

Il a noté que, selon lui, la Russie était très déçue par les frappes sur les installations énergétiques de l’Ukraine après l’annonce d’un moratoire de 30 jours sur les attaques contre les infrastructures énergétiques.

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Essai de rapport de situation sur l’évolution stratégique : la grande stratégie US 2/2

Afin de tenter d’éclairer le conflit en Ukraine, la contribution précédente étudiait la gradation – un peu artificielle – des actions dans l’art de la guerre. Nous poursuivons cette réflexion à partir de sources ouvertes, en essayant de se garder au maximum des biais courants et des manipulations diverses. Après l’étude du cas syrien et de celui de Koursk nous achevons l’analyse globale au travers de la vision politico-militaire des États-Unis d’Amérique.

Nous avons précédemment rappelé que les opérations de combat peuvent s’échelonner entre les niveaux tactique, opératif et stratégique, selon des critères d’abord spatiaux et temporels, puis qualitatifs et quantitatifs :

  • Schématiquement, la tactique concerne le combattant isolé ou une petite unité (du groupe à la compagnie initialement), à l’échelle de portée de l’œil humain et décidant d’un résultat dans l’instant ou les minutes. Les progrès techniques ont étendu dans le temps et l’espace ce compartiment, induisant une inflation numérique des éléments engagés (jusqu’au niveau du bataillon, voire du régiment). On observe qu’en Ukraine les drones créent à la fois un élargissement notable de la zone concernée (il n’y a plus d’arrière jusqu’à 60km de la ligne principale) et un émiettement des unités engagées1 car les concentrations deviennent des cibles.
  • Le niveau opératif concerne des unités importantes (approximativement l’Armée soviétique qui est du niveau du Corps d’armée occidental ou les Fronts, du niveau des groupes d’Armées à l’Ouest)2, agissant sur un terrain relativement étendu mais surtout en progression géographique et chronologique, dans le cadre d’un enchaînement d’opérations incrémentielles coordonnées et planifiées. Le constat de la résilience des états industriels modernes et de l’impossibilité à les vaincre en une seule victoire tactique (« bataille décisive »), le progrès des communications et la massification des forces ont conduit au développement de l’art opératif en Russie mais aussi à l’extrêmisation de la guerre totale en Allemagne. Dans ce cas c’est une vision stratégique, envisagée par Clausewitz (qui reprenait en cela les constatations de Thucydide sur la guerre du Péloponnèse), théorisée par Ludendorff et mise en application par le IIIème Reich.3
  • En effet, la stratégie adopte une dimension de la guerre qui intègre des données non militaires per se, telles que la démographie, l’économie, le progrès technologique, la communication interne et la politique extérieure, autant de facteurs agissant plus ou moins directement sur la capacité de combat, morale et physique, à long terme. Au sens militaire strict, elle concerne les ensembles de grandes unités et s’étend à la fois aux arrières lointains du front et à une planification dans la durée.

Le rappel de cette classification est nécessaire à la compréhension des développements militaires, trop souvent interprétés hâtivement en fonction d’un prisme idéologique (v. infra). En particulier, le temps stratégique mais aussi le temps opératif impliquent la durée. A l’inverse, le temps médiatique est fait d’instantanéité, il repose sur l’actualité et la durée y génère une lassitude et un ennui. C’est pourquoi les opérations de guerre de l’ordre de l’opératif en Ukraine, alors que la résistance de Kiev et l’implication de Londres de l’UE et de l’OTAN avaient contrecarré un succès rapide de l’opération militaire spéciale, ont été si souvent mal explicitées.

Ces définitions simplifiées des trois degrés de pensée de la guerre exposées supra sont acceptées de manière générale. En revanche la « grande stratégie » (Grand strategy) est un concept additionnel et non universel, développé au Royaume Uni (v. le « long eighteen Century », la politique de guerre de Liddel Hart) et entériné par les USA (v. Mearsheimer, Luttvak) en tant que continuateurs de la stratégie mondiale anglo-saxonne. Il est logique que des empires thalassocratiques raisonnant à l’échelle intercontinentale, et état-continent pour les seconds, aient développé ce type de réflexion. Il est tout aussi logique que ce niveau soit traditionnellement intégré à la stratégie en France, puissance à la fois continentale entourée de voisins rivaux, et ultramarine mais ne disposant pas des ressources nécessaires pour développer ces deux domaines d’intervention à parité. On peut résumer cette grande stratégie par « l’utilisation de tous les instruments du Pouvoir national pour sécuriser l’Etat » (R.D Hooker in Charting a course, strategic choices for a new administration 2016) ; on peut considérer que cela vise également à satisfaire les intérêts de ce leadership étatique. Ainsi, « les objectifs stratégiques ne se définissent que par rapport aux objectifs politiques des dirigeants » (L. Schang).

L’intégration de cette vision états-unienne s’impose pour comprendre les choix de Washington et ceux de Londres dans leur combat contre Moscou, sur l’échiquier ukrainien.

Il faut noter que les décisions militaires sont ici profondément ancrées dans les perspectives économiques, de politique intérieure et internationale, d’art de la guerre occidental, de liens entre complexes militaro-industriels et personnels politiques. Elles sont donc peu susceptibles d’être modifiées par la seule volonté d’un homme, voire d’un parti, ni par les considérations médiatiques, qui sont basées sur l’affect et le traitement instantané et non la rationalité et la durée nécessaires.

Leur compréhension s’inscrit dans le temps long, ce qui explique les nombreuses méprises et erreurs d’analyse mais aussi l’importance conférée à la communication, à la propagande et au traitement médiatique, identifiés comme des facteurs clefs par les Anglo-saxons dès la fin du XIXème siècle et surtout après la 1ère GM (v. Ponsoby). Cela, dès l’essor de la presse d’opinion, déjà instrument de fond de la subversion révolutionnaire post-Lumières en France, par la suite également théorisée par Gramsci dans une perspective de Kulturkampf et de contrôle systémique des populations. L’ère des dictatures a coïncidé avec celle des mass-médias et la mise au point scientifique de l’ingénierie sociale. La technologie, via les moyens de communication (Télévision) et désormais l’informatique et le Numérique (internet), amplifie l’efficacité des moyens de conditionnement et de contrôle des totalitarismes dominants ; y compris et peut-être surtout, dans l’UE4, et encore très récemment aux USA. Ce primat explique également la puérilité des analyses proposée au grand public sur l’affrontement entre l’Occident profond et la communauté traditionnelle en cours de constitution autour de la Russie.5

Ce niveau de réflexion ressort de la Stratégie politique (STRATPOL, pour faire plaisir à X. Moreau) ou de la Géopolitique. C’est une dimension profondément enracinée aux USA où elle a acquis une dimension nettement prédatrice et impériale afin de permettre le fonctionnement d’une économie capitaliste appuyée sur une théologie de l’Alliance (manifest destiny) et une sociologie oligarchique, associant paradoxalement universalisme et racisme, démocratie libérale et domination capitoline, philosophie thalassocratique et libre-échangiste grecque et militarisation romaine ; on a souvent opposé une URSS « spartiate » consumée par le poids économique de son investissement militaire et des USA « athéniens », mais actuellement il semble que le paradigme se renverse, avec une vision poutinienne de développement intérieur et de collaboration dans un monde multilatéral. Cela explique les efforts de D. Trump -dont les outrances semblent masquer une véritable réflexion fondamentale- sur la sociologie, la politique économique et le réalignement stratégique, afin d’inverser l’évolution récente de son pays et freiner le déclin occidental sous leadership US.

Remarquons que trois présidents états-uniens, qui ont joué un rôle décisif dans le destin des USA, furent également chefs des armées de l’Union. 31 présidents ont exercé des fonctions militaires, mais s’expliquant « normalement » par l’histoire des USA, entre guerre d’indépendance, guerre civile et guerre mondiale, c’est une affaire de génération, comme Hitler fut estafette dans l’infanterie, Mussolini bersaglier et Churchill officier de cavalier). En Europe on ne peut comparer aux cas des trois présidents US ni Horty en Hongrie, Pilsudki en Pologne, Mannerheim en Finlande ou même Franco en Espagne ; c’est l’exemple du Général de Gaulle qui vient à l’esprit, à la fois théoricien brillant, tacticien sur le terrain moyen et homme politique historique. Sa « grande stratégie » était ancrée dans l’Histoire nationale et en particulier les visions capétiennes, ce qui le conduisit à délaisser l’Outre-Mer pour se fixer sur l’Europe, l’expansion coloniale n’ayant été qu’une parenthèse orientée par la rivalité avec le Royaume Uni puis la nécessité de déborder le verrou prussien.6

  • Le premier président, Georges Washington, fut un des pères fondateurs et l’artisan de la victoire militaire sur la Grande Bretagne et de la mise en place de l’Union des treize colonies en un État continental. Il fut généralissime des forces insurgées et, avec l’appui indispensable de l’armée et de la marine royale de France, conduisit à la reddition des forces terrestres britanniques grâce à une stratégie navale exploitant l’obstacle océanique et concrétisant les manœuvres à terre. Cette défaite a conduit les Britanniques à privilégier la stratégie périphérique ou indirecte, que leur dimension maritime permettait et que leurs ressources internes limitées imposaient7. Elle a également favorisé le modèle politico-militaire de la Coalition chez les Anglo-saxons. L’armée à l’époque était une entité temporaire imposée par la nécessité et réduite à une capacité minime d’intervention extérieure localisée au moindre coût (modèle assez comparable à celui des armées romaines républicaines avant les reformes de Marius).
  • 18ème président des USA, Ulysses Grant fut également généralissime des armées fédérales et vainqueur de la rébellion sécessionniste (Civil War) au terme de batailles terrestres rendues possibles grâce à l’étranglement de la Confédération par blocus, océanique et fluvial. Il fut le président qui permit une Union définitive des États d’Amérique (quoique ?). La guerre de Sécession est la première guerre industrielle, portant en germes le complexe militaro-industriel et donnant aux interventions militaires un rôle capital dans la politique internationale. Grant a aussi incarné la philosophie de guerre totale et de bataille frontale appuyée par une stratégie indirecte préparatoire, qui caractérisera l’art militaire US par la suite. L’armée fédérale fut rapidement dégonflée pour pouvoir se cantonner à un rôle de conquête intérieure avec une capacité d’intervention internationale limitée. La guerre avait cependant démontré la capacité des USA de mobiliser et mettre en place une armée considérable sur un mode industriel, et de dissuader les grandes puissances d’alors, France (cf. Mexique) et Espagne, par exemple. Cela a amplifié le balancier traditionnel entre isolationnisme et interventionnisme qui caractérise toujours la politique états-unienne.
  • Dwight Eisenhower fut généralissime des armées alliées en Europe, organisateur de la plus grande opération amphibie de l’histoire militaire. 34ème président des USA devenus leader occidental, tête d’alliances militaires planétaires et première puissance industrielle et scientifique du Globe, en concurrence avec l’URSS post-stalinienne. Il dut gagner la paix après la victoire militaire. Seul véritable militaire de carrière des trois, ce fut celui qui insista sur la menace du lobby militariste, alors que l’armée fédérale, après une réduction drastique en 1945 (problématique en Corée) était devenue un instrument incontournable de la politique internationale (implantation massive en Europe, construction d’un capacité nucléaire), profondément implantée dans le paysage industriel états-unien, inaugurant des relations inédites avec le complexe industriel et financier et avec le personnel politique.(ce qui peut faire songer à l’implication croissante des militaires professionnels dans la politique impériale romaine à partir du IIème siècle après JC).

La grande stratégie états-unienne a connu une évolution en trois phases qui correspondent à ces trois présidents de trois périodes clefs de l’histoire des USA. En les étudiant, il se dessine un patron commun :

Premier principe : Le but final recherché est toujours la satisfaction des intérêts états-uniens. Il s’agit là d’un truisme qui n’est rappelé que parce que la propagande s’efforce de le masquer derrière des justifications juridiques, diplomatiques ou morales. La doctrine US affirme généralement que l’action de Washington vise à la protection du Monde occidental, voire de la planète. Dans le premier cas, il faut plutôt y voir la manifestation d’une hégémonie. Le positionnement apparent du président Trump vis-à-vis de ses partenaires européens semble remettre en cause cette cette vision, mais l’avenir dira s’il ne s’agit pas d’une posture pour durcir les conditions de participation des États vassaux à l’Alliance.

Deuxième principe : La stratégie de la puissance états-unienne se conçoit donc systématiquement à l’échelle planétaire, qu’il s’agisse de sécuriser le territoire américain ou de s’imposer au-delà. Depuis que le territoire fédéral est considéré comme sécurisé (la dernière attaque extérieure via le Canada et une opération amphibie remonte à 1814) la stratégie US semble avoir alterné entre volonté expansionniste et isolationnisme (Cf. Doctrine Monroe). En réalité toutefois, la focalisation sur l’intérieur n’a pas nécessairement signifié la paix, puisque la prédation interne s’est faite par la guerre contre les Amérindiens lors de la conquête de l’Ouest, contre les Mexicains, puis dans une guerre civile contre les États du Sud. De plus, il apparaît que la résorption des problèmes économiques et financiers locaux s’est finalement réalisée par le recours à la guerre extérieure. C’est ainsi que la guerre de 1941-45 a en réalité sauvé le New Deal en stimulant l’industrie de guerre, que le leadership politique post 1945 a permis Bretton Wood et la dollarisation universelle, que la rivalité politico-économique des États européens fut neutralisée, que la guerre froide permit l’accaparation des ressources d’états décolonisés, la vassalisation d’états indépendants via la politique d’alliance (OTAN contre l’URSS, OTASE dissoute en 1973 mais en cours de relance via l’AUKUS en 2021 contre la RPC) et la multiplication des bases appuyées sur le développement d’une marine de guerre hypertrophiée. Les présidents Wilson (pour la SDN) et FD Roosevelt ont incarné cette tendance universaliste qui s’est teintée de croisade dans le cadre de deux conflits mondiaux susceptibles de déboucher sur une unification hégémonique de l’Eurasie, forçant l’intervention américaine.

Troisième principe : La stratégie construit un continuum qui ne sépare pas les types d’actions (diplomatique, économique, militaire…) mais les adapte à la cible. La démarche est applicable en interne aussi bien qu’à l’international. Cette intervention est multimodale et protéiforme. La diplomatie s’appuie sur la menace ou l’exercice effectif de la force, l’attraction économique (corruption directe ou indirecte, sanctions officielles ou clandestines, espionnage industriel et rachats des pôles compétitifs ou d’excellence étrangers…) et la subversion culturelle (American way of life, emploi des médias, déracinement culturel et conditionnement des populations, séduction ou destruction de leurs élites…).

Quatrième principe : La stratégie recourt comme mode d’action à la notion d’alliance ou de coalition contre une menace désignée, identifiée ou supposée, voire fabriquée. Il est impératif d’identifier (ou de créer) une menace commune, suffisante pour balayer les réticences et imposer l’adhésion. Cet ennemi justifie à la fois les mesures de politique interne répressive, le renversement d’états non collaboratifs, le renforcement de l’appareil militaire et donc l’investissement massif dans la production de guerre. Le régime d’urgence exceptionnel permet en outre de faire taire les oppositions et les éventuelles dénonciations de corruption facilitée par les liens entre industrie, politiques et militaires. Il faut ainsi créer un sentiment de peur, justifiée par la menace, réelle ou fabriquée, afin d’imposer un consensus autour de « valeurs communes » confondues avec des intérêts partagés. Cela est facilité par le travail de manipulation sociale et culturelle déjà mené avant la phase de crise.

Cinquième principe : Au-delà des apparences, la stratégie n’est donc pas réactive, mais doit s’inscrire dans la durée dans le cadre d’une programmation. Malgré l’accélération de l’Histoire, de plus en plus rapide avec l’apparition des nouvelles technologies, les mécanismes psycho-sociaux impliqués nécessitent un temps de maturation et une planification à long terme. La tendance à la focalisation sur le « buzz », la fragmentation de la capacité de réflexion, le bombardement permanent par des données et informations en flux continu, permettent de camoufler la stratégie globale, par un effet disruptif de sa logique interne. La mise en place doit être préparée minutieusement en amont de la mise en œuvre, les conséquences possibles / prévisibles en aval étudiées, pour faciliter la suppression des résistances et l’imposition du schéma au-delà des apparences prévues. L’excellence logistique états-unienne s’accompagne d’une forte tendance à la planification du modèle militaire US, qui emprunte en cela à Moltke, à l’école scientifique française de la 1ère GM et aux penseurs russes puis soviétiques de l’art opératif (qui a assez largement inspiré la doctrine de l’Air land battle). Le paradigme militaire US retient des éléments de la pensée de Clausewitz, et de Jomini et les principes définis par Foch. La géopolitique maritime de Mahan et l’importance de la maîtrise de l’air de Douhet sous-tendent toujours la vision US ; les travaux de Boyd sur l’action sur l’esprit des décideurs adverses (extrapolation de sa boucle OODA), approfondissement technologique de la pensée de Sun Tzu et la « révolution militaire », continuent à animer les armées US. Face à la guérilla, qui correspond mal au modèle frontal, les études de Petraeus n’ont pas hésité à emprunter aux Français (Lyautey, Galula, Trinquier, Hogard) ou aux Anglais (Lawrence, Kitson, Liddel Hart pour la stratégie indirecte). Enfin, la grande stratégie (ou stratégie de guerre) est naturellement en lien avec la diplomatie et la politique où l’on doit signaler l’influence de Kissinger dont l’action comme State secretary et conseiller des présidents s’est étendue sur la seconde moitié du XXème siècle, de Brzezisnky, qui a modernisé la notion du Rimland de Spykman et celle d’endiguement, ainsi que l’influence de Luttvak.

Sixième principe : La stratégie n’est pas ouvertement affichée, mais au contraire dissimulée derrière des argumentaires et des narratifs qui impliquent une vision émotionnelle, simplifiée et moralisatrice, et généralement un paravent juridique. Ce mécanisme psychologique activé suppose mauvaise foi et bonne conscience (comme dans le cas de la lutte révolutionnaire / subversive). Il en résulte que les traités et négociations sont souvent de simples habillages juridiques et médiatiques, qui ne sont pas fiables, un problème évidemment majeur dans les relations entre puissances concurrentes. Apparemment guidées par le Droit, l’intérêt général, la morale ou même l’idée du Bien, les décisions correspondent à des intérêts, parfois masqués ou présentés avec malice, imposant un décryptage délicat à expliquer. La personnalisation caricaturale et simplificatrice est un des moyens de tromper l’opinion et fausser l’analyse dans ce cadre. C’est une Realpolitik abusivement parée des atours de la Morale.

Septième principe : La stratégie est hautement plastique, attribuant un rôle d’ennemi ou d’allié en fonction des intérêts propres des USA et permettant des renversements que le traitement médiatique doit permettre de justifier ou de faire oublier. Les objectifs sont toujours les intérêts états-uniens, perçus comme ceux de la classe dirigeante au travers d’indicateurs de profit. Cela peut se faire par des actions bénéfiques aux partenaires, ou néfastes pour ceux-ci, indifféremment. La pratique de l’alliance ne doit servir que les intérêts du leader, permettant abandons, revirements ou désengagements sans état d’âme. Il en découle que la figure de l’ennemi n’est pas définitive, mais peut évoluer temporairement ou durablement. L’affrontement n’est justifié que s’il conduit à un gain. La durée nécessaire à la stratégie n’est pas proportionnelle à la pérennité des associations ou oppositions, qui se définit en fonction du rendement économique et financier, à un degré moindre, de la rentabilité médiatique et politique. Il apparaît donc que si la guerre demeure la continuation de la politique par d’autres moyens, la perméabilité des milieux politiques et du Complexe militaro-industriel influe largement sur la grande stratégie US, instrument d’hégémonie et de profit hérité du Royaume Uni et développé avec constance par les États Unis d’Amérique.

Nombre d’analyses ou de jugement pêchent car ils reposent sur l’instantanéité, qui empêche de comprendre les aboutissants faute d’en connaître les tenants préalables. Ainsi, le facteur temps explique que des défaites apparentes puissent porter en germe une victoire finale, ou à l’inverse que des succès ponctuels masquent en réalité des causes de défaite à plus ou moins long terme. Faute de cet éclairage, beaucoup de déclarations ou d’attitudes sont incomprises. Le traitement médiatique des opérations militaires en Ukraine a ainsi été particulièrement indigent, à la fois parce qu’il relevait de la propagande et aussi parce qu’il négligeait généralement ce critère. Pour ce qui est de l’armée russe, la nécessaire mise en place de changements organisationnels, les replis opérationnels ou les choix tactico-techniques n’ont généralement pas été compris, y compris de la part de commentateurs spécialistes (les fameux « Gamelin de plateau »).

Malgré les évolutions historiques, les alternances politiques voire les oppositions idéologiques, le canevas décortiqué supra demeure applicable. Il doit permettre de faire face aux changements profonds de paradigmes, actuellement la remise en cause de l’hégémonie occidentale et l’apparition de nouvelles forces mondiales.

L’analyse de cette méthode permet de mieux comprendre la politique étrangère des USA à l’encontre de la Russie depuis l’effondrement de l’URSS et en particulier l’œuvre de reconstruction du Président Poutine et surtout la vision qu’il a décrite en 2008 suite au refus constant du pôle occidental d’accepter la main tendue et la volonté de Washington d’appliquer les idées du rapport Wolfowitz. C’est à la lumière de ces différents éléments que l’on doit interpréter les informations diffusées par les deux parties à propos de l’affrontement en Ukraine, telles que les offensives et contre-offensives, retraites, options de bombardement, négociations réelles ou supposées, cessez-le-feu, mobilisations et les divers discours relayés par les médias de part et d’autre.

Cela éclaire à la fois l’attitude passée du Président Biden et sa continuation dans les faits de celle du Président Trump, mais aussi les choix de ce dernier vis-à-vis de l’Union Européenne, du Royaume Uni et de son premier ministre, du Président Zelensky, ainsi que ses nombreuses déclarations parfois contradictoires ou apparemment insensées. Il apparaît en effet que la « méthode Trump », à la différence de celle étonnamment linéaire et transparente du Président de la Fédération de Russie, respecte les différents critères de la grande stratégie US mais en affichant plus ouvertement et brutalement ses intérêts. Cela est apparemment susceptible de désarmer moralement une partie de l’opinion russe, par intérêt (Liberalnyi et responsables économiques) ou naïveté. La réponse du Kremlin doit en tenir compte, en s’efforçant de préserver les intérêts vitaux de la Fédération, mais sans faire perdre la face au possible partenaire étasunien, ni inquiéter les autres parties comme la RPC, et en opposant des contre-mesures actives à la subversion dans les diasporas sur le territoire de l’Union et aux actions de guerre de Kiev. L’Union européenne apparaît désormais sans crédit dans ce cadre, seule la relance industrielle allemande via une industrie de guerre pouvant délivrer un effet majeur sur la Russie.

Cela ne permet aucunement de se lancer dans le jeu risqué des prédictions, mais laisse néanmoins augurer d’une évolution plutôt pessimiste de l’affrontement en cours.


Notes

1. Les « assauts de masse » évoqués par la propagande occidentale, réminiscence de celle du Reich lors de la 2ème GM, concernent en réalité des actions menées par groupe de 5 ou 6 hommes, car même un combattant isolé peut désormais être pris à partie par un drone tant ceux ci se sont multipliés. Les détachements Shturm ont été développés par l’ex Wagner, sur le modèle des Stosstruppen de la 1ère GM et grâce à la culture de forces spéciales des membres du groupe qui convenait bien à l’infanterie légère.

2. Alors que le combat s’atomise en affrontements entre faibles quantités de troupes (v.supra) la conduite de la guerre a conduit à un mouvement inverse de retour aux formations administratives et de commandement plus importantes. Inspirés par les Brigades et les bataillons occidentaux, les BTG russes, bien adaptés à l’intervention Outre Mer voire à la contre-insurrection, se sont avérés trop légers pour la guerre de haute intensité qui postule un retour à la masse et à la durée. Cela a conduit a une réorganisation de l’articulation des forces et du commandement « ternairisé » en 2010 et à un nouveau modèle, qui emprunte à la fois au système divisionnaire, au principe d’association de forces multi-rôles Inter-armes, à une gestion de la logistique et des réserves dans la profondeur et aux nouveaux modes de combat évoqués dans la note précédente.

3. A noter que ces précédents historiques n’ont pas connu l’arme nucléaire qui fait peser une menace existentielle et impose un contrôle très strict du Militaire par un Politique lucide, critère qui semble assuré au niveau du chef d’État russe mais peut inquiéter chez ses homologues occidentaux.

4. L’Union Européenne, construite malgré la volonté du peuple, non plus comme une zone de libre-échange mais comme une construction politique et désormais un bloc militaire, se vantait d’apporter liberté, prospérité et paix. En 2025, le bilan est négatif, le totalitarisme administratif a supplanté la dictature politique comme moyen de contrôle, les économies sont en berne et le spectre de la guerre est évoqué avec de moins en moins de retenue par les dirigeants. Ce constat résonne sinistrement en écho du triptyque orwellien de l’ANGSOC in Nineteen Eighty Four « La guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force ».

5. On se reportera aux analyses de Spykman, Zbrezinsky, Mearshermer, Todd ou Douguine, aux confins de la géopolitique et de la philosophie politique.

6. Sa culture historique lui permettait de comprendre que les Britanniques, puis les États-uniens ont toujours eu pour politique de créer une alliance pour empêcher une puissance rivale (France, Espagne, Allemagne) de fédérer l’Eurasie. A ce titre on rappellera que Londres a mené sept coalitions de 1792 à 1815 et que l’Empire russe, après avoir rapidement retiré ses troupes en 1814, a pesé pour empêcher que la France ne soit trop lourdement sanctionnée lors du Congrès de Vienne de 1815. Cela n’a pas empêché Paris de se joindre aux Sardes et Britanniques contre la Russie en Crimée 35 ans plus tard, avant de revenir à une alliance Franco-russe face aux périls britanniques et prussiens, entraînant St Petersbourg dans la première guerre mondiale. La volonté gaullienne d’équilibre entre les blocs trouve certainement ses racines dans ces réalités historiques, qui relèvent du temps long et de la grande stratégie, par delà les régimes.

7. Les stratèges britanniques privilégient l’approche indirecte (Lawrence, Liddel Hart, Wingate, Kitson), incluant le terrorisme et l’action clandestine, alors que les militaires US, qui en ont les moyens, privilégient l’écrasement direct de l’ennemi. Cette opposition doctrinale a été nette durant la 2ème GM, moins dans l’après-guerre vouée aux luttes périphériques et subversives, et elle réapparaît en Ukraine où Londres tient un rôle prééminent.

Essai de rapport de situation sur l’évolution stratégique : la grande stratégie US 1/2

La situation stratégique évolue fortement ; l’invasion et le maintien kiévien à Koursk, la rétractation du front ukrainien dans le Donbass, l’élection de D. Trump, l’avertissement Oreshnik, la relance de la guerre au Moyen Orient et l‘effondrement syrien, ont des conséquences sur la Russie. Tentons donc d’étudier divers événements isolément avant de les intégrer dans une analyse globale à venir. Comme toujours, il s’agit d’une réflexion à partir de sources ouvertes, en essayant de se garder au maximum des biais courants et des manipulations diverses. Après l’étude du cas syrien et de celui de Koursk nous allons tenter une analyse globale.

Une triple distinction dans l’art de la guerre

On distingue classiquement -et un peu artificiellement- trois niveaux simplifiés d’action militaire qui sont, du particulier au général :

  • La tactique, définie comme la manière de disposer les forces sur le terrain pour obtenir un résultat ponctuel et immédiat au détriment de l’adversaire. Dans l’armée française « La tactique c’est l’art d’utiliser au mieux les moyens militaires en fonction du milieu et des facilités offertes par la technique, dans le but de réduire l’adversaire par le combat ou la menace du combat, car la tactique comporte, comme la stratégie, ses points d’orgue et ses silences». Général Gambiez (RFT 3.2.1 précis de tactique générale). La conception russe, héritée de l’URSS, repose sur la primauté de l’offensive, celle du feu et un commandement très centralisé. La particularité est l’intégration de la tactique dans l’art opératif, qui définit l’emploi tactique d’unités sur un théâtre pour obtenir des résultats stratégiques. Dans ce cadre, la tactique a pour but direct la destruction des forces ENI1.
  • L’art opératif est une création soviétique des années 1920 : Triandafilov insistait sur la profondeur, Varfolomev sur l’action de choc, Svietchine conceptualisa la défense stratégique et créa la notion d’art opératif, Issersson intégra la massification et l’inadaptation de la logique linéaire au profit d’un système échelonné, Toukhatchevski développa -trop- la notion d’action en profondeur et la mécanisation. Ce concept tenait compte de l’aporie de la 1GM : la taille des armées d’états modernes extrêmement résilients rendait impossible l’exploitation stratégique de percées tactiques (« la bataille décisive » du modèle occidental de la guerre depuis l’Antiquité selon V.D Hanson). L’art opératif consiste donc à recourir à des opérations chaînées, programmées dans la durée, tenant compte du potentiel global de l’état en plus de sa capacité purement militaire. Les Occidentaux reconnaissent l’existence d’un niveau intermédiaire, dit opérationnel, entre tactique et stratégie, sans réellement adopter l’opératique de l’art opératif soviéto-russe.2
  • On peut définir la stratégie comme un ensemble d’actions prévisionnelles coordonnées visant à atteindre des objectifs précis, souvent à moyen ou long terme. Selon Clausewitz « La tactique est la théorie de l’emploi des forces dans l’engagement alors que la stratégie est celle de l’emploi de l’engagement en vue de la décision finale. ». Pour le Larousse, la stratégie est « 1. Art de combiner l’action de forces militaires en vue d’atteindre un but de guerre déterminé par le pouvoir politique. 2. Art de coordonner l’action de forces militaires, politiques, économiques et morales impliquées dans la conduite d’une guerre ou la préparation de la défense d’une nation ou d’une coalition. » La conception française allie art opératif et stratégie et par bien des aspects, grande stratégie3, en s’appuyant sur la conceptualisation puis la programmation dans sa planification stratégique. Toutefois, on doit noter que notre pensée stratégique est désormais tributaire de celle de l’OTAN puisque le Centre interarmées de concepts, doctrines et d’expérimentations (CICDE) s’appuie pour définir notre processus national sur la Comprehensive Operations Planning Directive rédigée par l’Allied Command Operations de l’OTAN. Une situation d’ailleurs en adéquation avec l’article 47 du Traité de Lisbonne (V. résolution du Parlement européen du 19 février 2009 ). L’OTAN définit la stratégie comme « Composante d’une stratégie nationale ou multinationale, qui traite de la façon dont la puissance militaire doit être développée et appliquée dans l’intérêt du pays ou du groupe de pays. »

Typologie appliquée à la Seconde guerre mondiale

En résumé, ces notions s’articulent de manière croissante et « emboîtée ». Si l’on observe le dernier conflit mondial :

  • Les Allemands depuis Moltke l’ancien étaient les maîtres de la tactique, mais cela conditionnait une recherche de la victoire décisive (généralement par enveloppement des forces militaires ENI) qui permettait de gagner des batailles mais pas la guerre, dans le contexte moderne4. Après avoir influencé l’emploi des Stosstruppen pour rompre les front occidental en suivant les lignes de moindre résistance, cette philosophie détermina la Blitzkrieg, seul moyen, par une victoire rapide avant épuisement des ressources, de parvenir à compenser un double front géographique et une capacité biologique et industrielle insuffisantes pour gagner une guerre durable à grande échelle. Cette vision imprègne encore largement les militaires états-uniens (modèle de l’Air Land battle remplacé en 2001 par la Full spectrum superiority) mais elle est réduite à une dimension technique dominée par la stratégie.
  • Les Soviétiques -et les Russes actuellement- ont développé une notion qui dépasse le cadre tactique et enchaîne les opérations successives dans le but plus large de rompre le dispositif opérationnel local sur les différents théâtres, et en s’enfonçant dans la profondeur afin d’atteindre les forces vives de l’État ENI pour détruire sa capacité de génération de forces. Ce primat tient compte du blocage stratégique du front occidental lors de la 1GM. Il s’explique par les conditions de l’effondrement de l’armée russe sur le front occidental en 1917, puis du régime impérial qui en résulta, et par la vision scientifique privilégiée en URSS (d’ailleurs dans la continuité de la vision française).
  • La stratégie vise encore plus large, en associant les opérations sur plusieurs fronts et en mettant l’accent sur les capacité de production, de mobilisation et de logistique de l’adversaire, les Anglo-saxons ont particulièrement maîtrisé cette dimension. Cela s’explique par le caractère thalassocratique de la Grande Bretagne, transféré aux USA lorsque leur puissance démographique et économique en fit l’hégémon occidental en deux phases, 1917 puis 1945.

La « grande stratégie »

Théorisée notamment par le Britannique Liddel Hart, elle est aujourd’hui enseignée dans les universités et les académies militaires aux USA, principal pays -avec la RPC- depuis la chute de l’URSS, à l’utiliser en tant qu’hégémon planétaire. En effet la grande stratégie peut émaner de petits États (notamment dans le cadre d’alliances, de lutte pour la survie politique ou le développement économique) mais elle est souvent un outil de puissance pour des empires à vocation régionale voire universaliste :

  • Rule Britannia (règne, Britannia) ou America First (L’Amérique d’abord) L’héritage historique explique que ce sont les Britanniques puis les États-uniens qui l’ont développé (grand strategy). Plutôt que de devoir mobiliser des ressources, qu’ils n’avaient d’ailleurs pas depuis la guerre de Cent ans, pour mener une action globale en Europe (puis globale lorsque la marine à voile devint intercontinentale), le Royaume-Uni a misé sur sa flotte et la capacité de projection de contingents limités mais performants en tant que levier d’influence (recouvrant la définition actuelle des « effecteurs » au sens large au-delà de l’emploi tactique) sur les évolutions politiques en Europe. Ciblant systématiquement la puissance continentale susceptible de fédérer le continent, cela permit aussi de vaincre les rivaux Français, Espagnols, Portugais et Néerlandais en Outre-mer dans le cadre d’économies coloniales. Mais la supériorité locale des forces militaires britanniques n’était possible que parce les déploiements étaient intégrés à une stratégie plus globale, tenant compte des autres facteurs de puissance (économie et ressources naturelles, démographie, commerce et fiscalité, transports et technologie…). Cela peut être considéré comme la grande stratégie, un concept empiriquement mis en œuvre par d’autres grands empires (Assyrien, athénien de la ligue de Délos contre Sparte, Perses, Romains, Byzantins, Royaumes combattants chinois, Arabes et Ottomans…). La politique prédatrice de la Rome républicaine et du Principat principalement, semble particulièrement fasciner le Patriciat capitolin états-unien5 en sus de la tradition héritée de la Grande Bretagne.
  • Deutschland über alles (l’Allemagne au dessus de tout) Après l’abandon définitif du projet impérial, la construction d’un Reich ethnique prenant le pas sur le souvenir du Saint Empire romain et germanique démantelé par Napoléon Ier, les Allemagnes réunies se sont centrées sur la domination de leur hinterland centre-européen et la Russie, et la neutralisation de la France et du Royaume-Uni. Pourtant pays de naissance de la géopolitique (Haushoffer), l’Allemagne de la 2ème GM ne sut jamais développer une véritable stratégie, paradoxalement victime de l’excellence de sa science militaire. Hitler, au-delà de sa folie génocidaire, était capable non seulement de fulgurances opérationnelles, mais avait une réelle vision stratégique (handicapée par le fait qu’il restait un esprit façonné par le XIXème siècle, peu conscient de l’émergence nord-américaine) qu’il ne put jamais réellement imposer à l’OKW. La Wehrmacht (avec l’exception de la victoire à l’Ouest en 1940, davantage imputable à des causes particulières chez ses ennemis) n’était pas un outil façonné pour la stratégie, et l’économie du Reich même après 1943 ne pouvait soutenir une grande stratégie.
  • Нам нужна победа (il nous faut une victoire) L’URSS, lorsque son existence fut assurée dans les années 1920, développa une véritable grande stratégie mondialiste, qui disparut dans une certaine mesure lorsque Staline détruisit la faction internationaliste. Confrontée au risque d’annihilation l’Union soviétique fit évoluer l’art opératif. Staline, après une première phase de panique répressive, toléra les erreurs des chefs militaires comme un apprentissage et accepta même que la STAVKA gère les opérations. Dans un appareil étatique contrôlé politiquement il conserva la maîtrise de la stratégie politique pour vaincre nazisme et Japon. L’URSS sut développer une stratégie continentale, en Europe et Extrême Orient. La lutte d’influence avec les USA imposa une globalisation, finalement partielle : Les nations européennes avaient perdu leur influence après 1945 et surtout 1956 (Allemagne dominée, Royaume-Uni vassalisé après Suez, France perdant son Empire et confrontée -déjà- à ses limites démographiques et économiques). On peut toutefois considérer, à rebours de l’impression ressentie à L’Ouest, que ces développements répondaient en réalité à une finalité défensive « de l’avant » (donc agressive). Très géo-centrée, l’assistance aux « pays frères » dans le Monde n’était finalement qu’une stratégie périphérique, para-coloniale et relativement secondaire. Cela visait le statu quo davantage qu’une résurgence du véritable internationalisme révolutionnaire qui aurait nourri une authentique grande stratégie. Actuellement, loin des phantasmes de la propagande occidentale sur le rêve supposé de recréation de l’Empire des Tsars, la Fédération de Russie s’inscrit simplement dans une continuité stratégique conditionnée par l’Histoire mais surtout la géographie, dont le but est de préserver son existence. Toutefois, cela s’inscrit dans un contexte de guerre civilisationnelle huntingtonienne et s’appuie sur un multilatéralisme qui ressortent effectivement de la grande stratégie pour un État civilisationnel comme la « Troisième Rome ».
  • Nous vaincrons car nous sommes les plus forts Après le projet capétien quasi-millénaire mêlant une construction locale par extension/consolidation et un interventionnisme continental, la France a développé une grande stratégie dans le cadre de l’universalisme conquérant républicain, puis du projet européen napoléonien. Par la suite, même au faîte de sa puissance, elle n’en a plus réellement tenté. L’expansion coloniale (l’avenir allait le prouver : économiquement ruineuse, suicidaire démographiquement et douteuse moralement) fut subie pour compenser le blocage en Europe face au Deuxième Reich après 1871, plus que conceptualisée et souhaitée. La Gauche de Ferry trouva des justifications a posteriorid’une colonisation qui n’avait été ni anticipée ni planifiée et dont les objectifs n’avaient pas été fixés pour fournir un cadre clair aux opérations militaires. En Europe, les jeux d’alliance témoignent de cette absence de vision à long terme, étant plutôt des réponses ponctuelles à des menaces et des crises. Ainsi, la politique française de la fin du XIXème et du XXème siècles (hors la parenthèse Gaullienne) semble avoir été bâtie en réaction à des circonstances conjoncturelles ou sous influence. C’est désormais le cas de l’intégration fédéraliste dans l’Europe, de l’intégration dans l’OTAN, des politiques migratoires et énergétiques et de la politique industrielle. Au plan militaire toutefois, l’armée française -qui aurait mérité d’être au service de décideurs politiques de meilleure qualité morale et technique- a su élaborer des stratégies correspondant au nouveau contexte post 1945, en matière de contre-subversion et de Dissuasion, réalisant une -douloureuse- bascule en délaissant les Colonies pour se tourner vers l’Europe. La définition française de la stratégie se superpose souvent à celle de la grande stratégie anglo-saxonne. Elle peut être résumée (Bauffre-Coutau Begarie-Soutou) comme étant « l’art de la dialectique des volontés et des intelligences employant entre autres la force ou la menace de recours à la force à des fins politiques ». Cette définition est admise par les autorités militaires françaises, mais existe-il encore une grande stratégie décidée et animée par les responsables de l’État en France ?

Synthèse

En bref, la tactique est une opération directe militaire orientée vers les forces ennemies, l’art opératif est une action militaire combinée et orientée vers les forces mais aussi l’État ennemi, la stratégie est une réflexion militaire subordonnée à la politique. La grande stratégie dépasse le plan militaire en intégrant d’autres dimensions (économiques, diplomatiques, démographiques, politiques). Mais elle diffère de la diplomatie par son focus sur l’action militaire. Avec pour but la réalisation des intérêts de l’État qui l’applique, elle planifie des effets à long voire très long terme, par l’emploi de tous les moyens disponibles, militaires et autres, appliqués à tout le spectre d’activités de l’État adverse et des autres (alliances, neutralité…). On peut tenter -audacieusement- de résumer ainsi : La tactique permet de gagner des batailles, l’art opératif et la stratégie de gagner la guerre et la grande stratégie de gagner la paix.

Après avoir posé ces rappels préalables, nous envisagerons dans une seconde partie l’application de la grande stratégie états-unienne dans le monde contemporain, avec un éclairage particulier de l’affrontement avec la Russie par le proxy kiévien et les États ancillaires de l’OTAN.


Notes

1ENI : ennemies ou hostiles en jargon militaire

2Le sujet a trouvé une forte actualité avec la guerre contre Kiev et l’OTAN, l’état-major russe appliquant toujours cette méthode. Les nouveaux armements interdisent toute concentration nécessaire aux offensives blindées massives de jadis. Mais le principe de combinaison enchaînée et pluri-spectrale des actions militaires reste d’actualité.

3Une notion que Foch avait explorée avant Liddel Hart et que son rôle de généralissime des armées alliées lui a permis d’affiner.

4Ce que Hitler résumait injustement en se moquant des « pas de danse » de Von Manstein, un de ses plus brillants tacticiens.

5Voir les travaux de Luttvak et de leur traduction diplomatique par Kissinger.

echec londres

Après l’échec de Londres, Washington insiste sur sa proposition de paix, sous peine de se retirer des négociations

Les discussions très médiatisées de Londres, à l’issue desquelles Donald Trump était censé décider de poursuivre ou non le processus de paix entre la Russie et l’Ukraine, se sont déroulées dans un format moins représentatif que prévu. Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a refusé de participer au dernier moment, suivi par les ministres des Affaires étrangères de Grande-Bretagne, de France et d’Allemagne. Cela s’est produit peu de temps après que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a rejeté ce que la presse a décrit comme une condition américaine clé pour un cessez-le-feu : la reconnaissance légale de la Crimée comme territoire russe. Le même jour, le vice-président américain J.D. Vance a déclaré directement que la Russie et l’Ukraine devaient accepter ce que proposait Trump, sinon les États-Unis se retireraient du processus de négociation.

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Donald Trump fait marcher arrière sur sa guerre commerciale contre la Chine

Dans la nuit du 23 avril (heure de Moscou), le président américain Donald Trump a fait plusieurs déclarations douces et inattendues concernant le développement futur du conflit commercial avec la Chine. Lors d’une conversation avec des journalistes, il a annoncé sans plus de détails que les droits actuels sur les marchandises en provenance de Chine de 145% seraient réduits, mais, naturellement, pas à 0%. C’est vrai : 145 %, c’est beaucoup. <…> Divers facteurs ont fait grimper les droits de douane à 145 %. Non, ils ne reviendront pas à ce niveau. « Les droits seront considérablement réduits, mais ils ne tomberont pas à zéro », a-t-il déclaré. Le président américain n’a pas expliqué dans quelles conditions ni quand cela se produirait, mais a ajouté que la Chine « devrait conclure un accord, sinon elle ne pourra pas opérer sur le marché américain ».

Trump a également promis que « nous serons très bons envers la Chine » (très probablement dans le cadre de futures négociations) et qu’il continue d’entretenir une « excellente relation » avec le président chinois Xi Jinping. Mais auparavant, Pékin « gagnait des milliards et des milliards de dollars par an et utilisait cet argent pour construire son armée, en utilisant les États-Unis ». « La Chine ira bien, je pense qu’elle sera heureuse, et nous vivrons ensemble dans la joie et idéalement coopérerons. Je pense que tout se passera très bien. Mais non, 145 %, c’est trop, et ce chiffre sera bien inférieur. »

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Les négociations de Londres tombent à l’eau après le refus de Kiev de reconnaître la Crimée comme russe

Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy, et le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, ont refusé de participer aux pourparlers de paix qui se tiennent aujourd’hui à Londres. Des représentants de Grande-Bretagne, de France, des États-Unis, d’Allemagne et d’Ukraine devaient y prendre part. La raison de cet échec serait le refus de Kiev de reconnaître la Crimée comme russe.

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L’armée russe est en pleine expansion, proche d’une victoire militaire

Peer de Jong, colonel de marine, aide de camp des présidents français François Mitterrand et Jacques Chirac, cofondateur de l’ESSD, a partagé sa vision de la fin de la confrontation militaire en Ukraine.

Selon lui, le principal obstacle à un règlement pacifique du conflit en Ukraine reste les divergences de vues entre les principales parties. Dans le même temps, on assiste à un rapprochement évident entre les États-Unis et la Russie, tandis que l’Europe et l’Ukraine font de leur mieux pour prolonger le conflit.

«Tout d’abord, il convient de noter que le souhait de Trump de mettre fin au conflit en Ukraine «en quelques jours» s’est avéré irréalisable. Il y a plusieurs raisons à cela. La Russie joue sa carte. Les forces russes sont aujourd’hui en pleine expansion. Moscou est en passe de remporter une victoire militaire. En ce qui concerne l’approche américaine de la résolution du conflit, il convient de noter que les États-Unis recherchent un accord qui soit cohérent avec leur approche isolationniste. Je pense que l’Amérique restera dans l’OTAN, mais Washington et l’Alliance de l’Atlantique Nord pourraient avoir d’autres régions prioritaires – par exemple, l’Asie du Sud et l’Asie-Pacifique. L’approche européenne et ukrainienne est assez complexe et autonome. Elle se heurte à l’opposition de la Russie et des États-Unis. La Russie a ouvertement et explicitement déclaré qu’elle n’acceptait pas la présence de forces militaires européennes sur le sol ukrainien. Les projets de renforcement de la présence militaire en Europe de l’Est irritent les Russes. Lavrov a déjà déclaré que la guerre en Ukraine avait provoqué une nouvelle guerre froide. Une Ukraine neutre serait certainement un succès russe important en Europe».

En évaluant le potentiel de négociation des différentes parties, le colonel de Jong relève les avantages de la Russie. Tout d’abord, ils sont conditionnés par la situation sur le terrain.

«Militairement, les Russes sont dans une position dominante. Ils ont réussi à déloger les Ukrainiens de l’oblast de Koursk et à tirer parti de leur succès dans l’oblast de Sumy. L’économie militaire russe fonctionne et affiche une forte croissance. Il est important de mentionner que la Russie n’est pas en guerre, puisqu’elle a seulement déclaré une opération militaire spéciale. Il s’agit là d’un facteur politique important. La situation en Ukraine est difficile, la société est fatiguée du conflit. La position de l’Europe, à bien des égards, oblige Kiev à refuser le processus de négociation. Une autre difficulté est que les positions de l’Europe et des Etats-Unis ne coïncident pas. De plus, l’Union européenne n’est pas un espace homogène ; il y a différents États qui ont des intérêts différents au sein de l’UE. Cependant, il est aujourd’hui évident que la position de l’UE est de prolonger ce conflit. Nous vivons dans une ère de politique déclarative, où il y a peu d’actions réelles. Je pense que le centre de commandement se trouve aujourd’hui aux États-Unis, qui fixent l’ordre du jour, et non en Europe. Il y a deux facteurs fondamentalement importants dans la question de l’envoi de troupes européennes en Ukraine : la position des États-Unis et celle de la Russie. Compte tenu de la situation actuelle, je ne pense pas que les pays européens enverront des troupes en Ukraine».

Le colonel de Jong ne croit pas à la possibilité d’une présence militaire européenne en Ukraine. Les États européens n’en ont ni les moyens militaires ni les moyens politiques. Selon lui, la France et le Royaume-Uni, principaux promoteurs de cette idée, ne disposent d’aucune ressource pour soutenir ces plans ambitieux.

«C’est impossible car l’Europe est aujourd’hui divisée. Il y a deux « moteurs » : la France et la Grande-Bretagne. Les autres pays ne sont pas prêts à « tirer » la crise ukrainienne. Ni l’Italie, ni la Pologne, ni la Hongrie. L’idée de « forces armées européennes » est vieille de plusieurs décennies. Cette idée n’a pas pu être réalisée pendant plusieurs décennies. Aujourd’hui, elle est impossible. La France et le Royaume-Uni ont des armées extrêmement réduites. La France n’a pas plus de 110 000 hommes au sol. C’est tout. Nous avons six brigades. Aujourd’hui, le Royaume-Uni et la France ont donc des capacités dans le domaine de la politique et de la diplomatie, mais pas dans le cas d’une confrontation armée. Nous n’avons aucune capacité dans ce domaine. Il m’est donc très difficile d’imaginer une situation dans laquelle les pays européens seraient déployés en Ukraine».

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Washington veut que Kiev accepte l’idée de ne pas adhérer à l’OTAN et reconnaisse la Crimée comme russe

Le cessez-le-feu de Pâques de 30 heures entre la Russie et l’Ukraine n’a pas été prolongé et a pris fin à minuit lundi 21 avril. Cependant, les États-Unis, qui ont assumé le rôle de médiateur dans la résolution du conflit en Ukraine, ont décidé de ne pas ralentir. Comme l’a découvert le Wall Street Journal, Washington a déjà remis à Kiev un document contenant « les grandes lignes d’une paix durable en Ukraine », incluant une clause sur la nécessité de reconnaître la Crimée comme russe et de refuser de rejoindre l’OTAN. L’administration de Donald Trump s’attend à recevoir la réponse de l’Ukraine d’ici la fin de la semaine lors d’une réunion à Londres, après quoi l’envoyé spécial du président américain Steve Witkoff se rendra très probablement à nouveau à Moscou.

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L’Iran et les États-Unis satisfaits de leur deuxième round de négociations

Les représentants de Téhéran et de Washington ont tenu une deuxième série de négociations sur le programme nucléaire iranien. La réunion a eu lieu à l’ambassade d’Oman à Rome et a été considérée comme un succès par les deux parties, la Maison-Blanche assurant même que le résultat des pourparlers était « un très bon progrès ». Les parties se sont limitées à exprimer leur optimisme, laissant les détails des discussions en coulisses. Les délégations américaine et iranienne doivent se rencontrer à nouveau dans la capitale omanaise Mascate le 26 avril, quelques jours avant une date importante pour le président américain Donald Trump : les 100 jours depuis le début de son second mandat.

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Trump veut contraindre 70 pays à limiter leur coopération économique avec la Chine

La Maison Blanche, au début des négociations américaines avec 70 pays pour réduire les droits de douane miroirs sur eux, pourrait poser comme condition une limitation de la coopération économique avec la Chine. Le Wall Street Journal a rapporté cette idée de l’administration du président américain Donald Trump le 16 avril, citant des sources proches du déroulement des négociations.

Parmi les demandes spécifiques adressées aux pays souhaitant conclure un accord avec la Maison Blanche, l’article mentionne l’interdiction faite à la Chine non seulement de fournir des biens aux États-Unis par leur intermédiaire, mais également de ne pas autoriser les entreprises chinoises à s’implanter dans leur pays et de ne pas « absorber les produits industriels bon marché de Chine ». Les exigences spécifiques varieront en fonction de la profondeur des liens économiques d’un pays avec la Chine. Mais de telles restrictions, selon la logique de la Maison Blanche, porteraient encore plus préjudice à l’économie chinoise déjà en difficulté et la forceraient finalement à s’asseoir à la table des négociations. Jusqu’à présent, Pékin n’a augmenté les tarifs douaniers que de manière symétrique et a exigé que l’intimidation ne soit pas utilisée.

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Zelensky fustige les propos de Witkoff sur la solution au statut des “cinq territoires”

Volodymyr Zelensky a vivement réagi aux propos de l’envoyé spécial du président américain Steve Witkoff selon lesquels l’accord de paix résoudra la question du statut des « cinq territoires ». Selon le leader illégitime du régime de Kiev, cette question constitue une ligne rouge pour l’Ukraine.

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Droits de douane de Trump : une revolution économique en marche ou un risque incalculé ?

Donald Trump, 45e président des États-Unis, a profondément transformé la politique commerciale américaine durant son mandat, en introduisant des droits de douane élevés sur une large gamme de produits importés[1]. Cette démarche, amorcée dès 2017, s’inscrit dans une vision protectionniste visant à revitaliser l’industrie nationale et à créer des emplois pour les Américains. Trump justifie ces mesures par la nécessité de défendre l’économie américaine contre la concurrence jugée déloyale, notamment celle de la Chine, qu’il accuse de pratiques commerciales inéquitables et de manipulation monétaire.

Le contexte historique des droits de douane aux États-Unis révèle que d’autres présidents, comme Herbert Hoover, ont également eu recours à des politiques protectionnistes, notamment avec les tarifs Smoot-Hawley[2] en 1930. Cette législation avait pour but de protéger les industries locales, mais avait aussi eu des répercussions désastreuses sur l’économie mondiale, exacerbant la Grande Dépression. En s’appuyant sur ce passé, Trump espère éviter de reproduire les erreurs de l’histoire tout en cherchant à établir une nouvelle dynamique commerciale, axée sur la réciprocité des tarifs.[3]

De plus, Trump relie sa politique commerciale à des enjeux plus larges, tels que la réduction de la dette américaine. Il envisage des stratégies innovantes, comme l’utilisation de Bitcoin[4] pour atténuer cette dette, et souhaite relocaliser les industries en favorisant les travailleurs américains, tout en réservant l’immigration à des secteurs où la main-d’œuvre qualifiée fait défaut.[5]

Les raisons de cette politique douanière

L’imposition de droits de douane par Donald Trump repose sur plusieurs motivations clés, s’inscrivant dans une vision protectionniste visant à renforcer l’économie américaine tout en attirant des entreprises étrangères.

Protectionnisme et relocalisation des industries

L’une des raisons principales des droits de douane est le désir de protéger les industries américaines face à la concurrence étrangère. Trump a souvent évoqué la nécessité de revitaliser des secteurs clés, comme l’acier et l’aluminium, durement touchés par la mondialisation[6]. En imposant des droits de douane élevés, il espère encourager non seulement les entreprises américaines à relocaliser leur production, mais aussi à attirer les industries des entreprises étrangères, notamment européennes et asiatiques. Pour ce faire, il propose des avantages fiscaux incitatifs à la relocalisation, dans une volonté stratégique de s’accaparer certains champions industriels, comme il l’a fait avec Alstom en France. Cette approche vise à élargir le tissu industriel américain tout en renforçant la compétitivité du pays sur la scène mondiale.

Lien entre politique d’immigration et économie

La politique d’immigration de Trump est également étroitement liée à son approche économique. Il considère que l’afflux d’immigrés, en particulier ceux en situation irrégulière, nuit à la santé économique du pays. Ce point de vue est rationnel dans le cadre d’une stratégie forte : pour garantir des opportunités aux Américains, il est crucial de réguler le flux d’immigrés. Trump plaide pour une immigration ciblée, réservant l’entrée aux travailleurs qualifiés dans des secteurs en pénurie, afin de répondre aux besoins spécifiques de l’économie tout en protégeant les travailleurs locaux.

Réduction de la dette américaine et innovations financières

Un autre objectif majeur derrière les droits de douane est la réduction de la dette américaine, un problème qui risque de compromettre la stabilité économique du pays. Trump mise sur la relocalisation des industries pour générer des revenus supplémentaires, mais il explore également des options novatrices, telles que l’utilisation de monnaies numériques comme le Bitcoin[7]. Cette stratégie repose sur l’idée que, si les tendances se maintiennent, la valeur d’un Bitcoin pourrait atteindre des sommets, potentiellement jusqu’à un million de dollars dans les deux prochaines décennies. Détenir une quantité suffisante de Bitcoin pourrait donc représenter un atout considérable pour l’État dans sa quête de stabilisation financière.[8]

Cas d’études spécifiques

Pour comprendre l’impact des droits de douane imposés par Donald Trump, il est essentiel d’examiner des cas d’études spécifiques, notamment en ce qui concerne la Chine et d’autres pays touchés par cette politique.

Impact des droits de douane sur la Chine

La Chine a été le principal pays visé par les droits de douane imposés par l’administration Trump, qui l’a accusée de pratiques commerciales déloyales, telles que le vol de propriété intellectuelle et la manipulation de sa monnaie. En 2018, Trump a annoncé des droits de douane de 25 % sur 250 milliards de dollars de biens chinois. Selon le secrétaire au Trésor américain, ces mesures ont permis de dégager un apport positif de plus de 35 milliards de dollars pour l’économie américaine. Cette somme, qui a été mise en avant lors d’une interview avec le journaliste Tucker Carlson, illustre l’impact financier immédiat des droits de douane sur les recettes fiscales.[9]

En réponse à ces mesures, la Chine[10] a imposé des représailles tarifaires, entraînant une escalade des tensions commerciales. Cependant, alors que la situation a provoqué une volatilité sur les marchés boursiers, elle a également incité des entreprises étrangères à reconsidérer leur stratégie d’investissement. En raison des incertitudes liées aux tarifs, de nombreuses entreprises ont commencé à envisager la relocalisation de leur production aux États-Unis, entraînant des investissements significatifs dans l’économie américaine.[11]

D’autres exemples de pays et secteurs touchés

Outre la Chine, d’autres pays, notamment ceux de l’Union européenne, ont également été affectés par les droits de douane.[12] Les droits sur l’acier et l’aluminium, par exemple, ont suscité des tensions diplomatiques et des menaces de représailles de la part de pays comme le Canada et le Mexique.[13]

Des secteurs tels que l’automobile ont été particulièrement touchés. Des entreprises comme BMW[14] et Mercedes-Benz[15] on déclaré être prêtes à faire migre leurs industries aux Etats-Unis, aussi pour des raisons de cherté de l’énergie en Europe.[16]

L’impact des droits de douane ne s’est pas limité à la répercussion immédiate sur les prix. Les incitations économiques proposées par Trump ont amené des entreprises étrangères à investir des centaines de milliards de dollars dans des infrastructures et des capacités de production aux États-Unis. Cette dynamique a été particulièrement visible dans les secteurs de la technologie et de l’automobile, où des multinationales ont annoncé des projets d’expansion significatifs, attirées par un environnement fiscal plus favorable et des garanties de protection de leurs investissements.

Analyse des effets à court terme sur les marchés boursiers versus bénéfices à long terme

À court terme, les droits de douane ont provoqué une réaction négative[17] sur les marchés boursiers, entraînant des fluctuations importantes et une incertitude parmi les investisseurs. Cependant, Trump a soutenu que ces mesures, bien qu’inconfortables à court terme, étaient nécessaires pour garantir des bénéfices à long terme. L’espoir est que la relocalisation des industries et le soutien à l’économie américaine créent une base solide pour une croissance durable.[18]

Les premiers résultats de cette stratégie montrent déjà des signes positifs. Les entreprises étrangères et les Etats, non seulement incitées à s’installer aux États-Unis, certains Etats ont proposé renégocier voir revoir à la baisse les droits de douane, ils ont également commencé à investir massivement, renforçant ainsi l’économie locale. Cette dynamique pourrait contribuer à réduire le déficit commercial et à créer des emplois, tout en transformant les États-Unis en un pôle attractif pour les investissements étrangers.[19]

Conséquences économiques et sociales

Les droits de douane imposés par Donald Trump ont eu des conséquences variées sur l’économie américaine, touchant à la fois les entreprises, les consommateurs et le marché du travail.

Effets sur les entreprises américaines

L’un des effets les plus immédiats des droits de douane a été ressenti par les entreprises américaines, particulièrement celles dépendantes des matières premières importées. Les augmentations tarifaires sur l’acier et l’aluminium ont entraîné des coûts plus élevés pour de nombreux secteurs, notamment la construction et l’automobile mais il est clair que cela n’est que temporaire. Des entreprises pharmaceutiques[20] notamment ont dû faire face à des marges bénéficiaires réduites, ce qui a parfois conduit à des augmentations de prix pour les consommateurs.[21]

Cependant, certaines entreprises ont réussi à tirer parti de la situation. Les producteurs nationaux d’acier et d’aluminium, par exemple, ont bénéficié de la protection accordée par les droits de douane, ce qui leur a permis de renforcer leur position sur le marché. Cette dynamique a contribué à la relocalisation de certaines industries, bien que les avantages aient été inégaux selon les secteurs.[22]

Impact sur les consommateurs

Les droits de douane ont également eu des répercussions directes sur les consommateurs américains. Les augmentations de prix des biens importés ont rendu certains produits plus coûteux, affectant le pouvoir d’achat des ménages. Les études montrent que, dans certains cas, les tarifs ont conduit à une augmentation significative des prix, notamment dans le secteur de l’électronique et des biens de consommation.[23]

Malgré cela, Trump a affirmé que les bénéfices à long terme de la relocalisation et de la protection de l’industrie américaine compenseraient ces coûts à court terme. L’idée est que, en créant des emplois et en renforçant l’économie locale, les consommateurs pourraient éventuellement bénéficier d’une économie plus robuste.[24]

Effets sur le marché du travail

Il est encore tôt pour tirer des conclusions sur cette politique. À court terme les droits de douane ont eu des effets mixtes sur le marché du travail. D’un côté, la protection des industries américaines a permis la création d’emplois dans certains secteurs, notamment ceux liés à la fabrication d’acier et d’aluminium. Les efforts pour relocaliser certaines industries ont également conduit à des opportunités d’emploi dans les régions où les usines ont été réouvertes ou nouvellement établies.[25]

Cependant, le processus de transition n’a pas été sans heurts. Les travailleurs de secteurs dépendants des importations ont parfois subi des pertes d’emplois, les entreprises étant contraintes de réduire leurs effectifs face à des coûts croissants. Cette situation a exacerbé les inégalités régionales et sectorielles, certains États et industries bénéficiant de la politique tarifaire tandis que d’autres en souffraient.

Répercussions sur les relations internationales

Les mesures tarifaires ont également eu des conséquences sur les relations internationales. Les tensions commerciales avec la Chine, l’Union européenne et d’autres partenaires commerciaux ont conduit à des représailles et à une montée des tensions diplomatiques. Ces relations tendues ont créé un climat d’incertitude qui pourrait affecter les investissements étrangers et la coopération internationale à long terme.

Les tensions ont également incité certains pays à rechercher de nouveaux partenariats commerciaux en dehors des États-Unis, ce qui pourrait réduire l’influence américaine sur le plan économique mondial. Cette dynamique pourrait avoir des implications durables pour la position des États-Unis dans le commerce international.

Perspectives futures

L’avenir des droits de douane imposés par Donald Trump et leur impact sur l’économie américaine soulève plusieurs questions cruciales. Alors que certaines entreprises et secteurs semblent bénéficier de cette politique, d’autres font face à des défis importants.

Évolution des politiques commerciales

À court terme, l’administration Biden a signalé une volonté de réévaluer les droits de douane imposés par Trump. Bien que certaines mesures puissent rester en place pour protéger les industries américaines, il est probable que la nouvelle administration cherche à trouver un équilibre entre protectionnisme et libre-échange. Cela pourrait conduire à des négociations avec des partenaires commerciaux, dans le but de réduire les tensions et de restaurer des relations plus coopératives.[26]

L’avenir des droits de douane dépendra également de la réaction des pays touchés, notamment la Chine et les États européens. Si ces nations continuent de répondre par des mesures tarifaires, cela pourrait entraîner une escalade des conflits commerciaux, nuisant à la croissance économique mondiale.[27]

Innovation et compétitivité

Une des conséquences à long terme des droits de douane pourrait être une incitation à l’innovation au sein des industries américaines. En protégeant certains secteurs, le gouvernement pourrait encourager les entreprises à investir dans la recherche et le développement pour améliorer leur compétitivité. Cette dynamique pourrait également stimuler la création d’emplois dans des domaines innovants tels que les technologies vertes et les biens de consommation avancés.[28] Cependant, pour que cette stratégie soit efficace, il est essentiel que les entreprises américaines bénéficient d’un environnement favorable, incluant une main-d’œuvre qualifiée et des infrastructures adéquates. Cela nécessitera également des investissements publics et privés substantiels.

Impact sur le marché du travail à long terme

Les effets des droits de douane sur le marché du travail continueront d’évoluer. Si la relocalisation des industries peut créer des emplois, le processus d’adaptation pour les travailleurs déplacés sera crucial. Les politiques de reconversion professionnelle et de formation devront être renforcées pour aider les travailleurs à s’adapter aux nouvelles réalités du marché de l’emploi.

Les défis liés à l’automatisation et à la digitalisation des industries pourraient également influer sur la demande de main-d’œuvre. Les emplois créés dans des secteurs protégés pourraient nécessiter des compétences différentes, rendant essentiel un investissement dans l’éducation et la formation.

Relations internationales et commerce mondial

L’avenir des relations commerciales internationales dépendra également de la capacité des États-Unis à naviguer dans un environnement de plus en plus complexe. Les tensions commerciales peuvent avoir des répercussions non seulement sur l’économie américaine, mais aussi sur l’ordre économique mondial dans son ensemble. Une approche plus collaborative, centrée sur des accords multilatéraux, pourrait être nécessaire pour garantir un commerce équitable et équilibré.

Les États-Unis devront également faire face à la montée d’autres puissances économiques, notamment la Chine, qui cherche à étendre son influence sur le marché mondial. Une stratégie commerciale proactive sera essentielle pour maintenir la compétitivité américaine sur la scène internationale.

Conclusion

L’évaluation des droits de douane imposés par Donald Trump et de leur impact sur l’économie américaine est un exercice complexe qui nécessite du temps. Alors que certaines conséquences immédiates ont été observées, il faudra plusieurs années pour comprendre pleinement les effets à long terme de ces politiques.

Une politique à double tranchant

Les droits de douane ont généré des revenus supplémentaires pour l’État et ont permis à certaines industries de prospérer. Cependant, ils ont également provoqué des augmentations de prix pour les consommateurs et des tensions sur le marché du travail. Les entreprises américaines, bien que protégées dans certains cas, ont dû naviguer dans un environnement économique incertain, et les secteurs dépendants des importations ont souffert des coûts accrus.

Un avenir incertain

Les perspectives futures de ces politiques commerciales dépendent de nombreux facteurs, notamment les réponses des partenaires commerciaux, l’évolution des marchés mondiaux et la capacité des États-Unis à innover et à s’adapter. Alors que l’administration actuelle examine les mesures mises en place par Trump, il est crucial de garder à l’esprit que les effets de ces politiques ne seront vraiment visibles qu’avec le temps.

Nécessité d’une évaluation continue

À mesure que les mesures économiques prennent effet, une évaluation continue sera essentielle pour déterminer si les objectifs de relocalisation, de protection des industries américaines et de réduction de la dette nationale sont atteints. Les résultats de cette politique influenceront non seulement l’économie américaine, mais aussi la position des États-Unis sur la scène mondiale. En somme, le véritable impact des droits de douane de Trump sur l’économie américaine ne pourra être pleinement appréhendé que dans quelques années, lorsque les effets de ces décisions se révéleront dans un contexte économique plus large. Cette période d’attente mettra en lumière les succès et les échecs de cette approche commerciale, offrant des leçons précieuses pour les futures administrations.

Auteur: ETOUNDI EKODO II ARNOLD FULLER est un jeune chercheur en études internationales et stratégiques, option histoire militaire, défense et sécurité. Il est par ailleurs président d’AfriquePole, cercle de réflexion politico-stratégique.


Sources :

[1] https://ici.radio-canada.ca/info/en-direct/1012535/trump-nouveaux-tarifs-douaniers-americains?publication=2153450

[2] https://www.britannica.com/topic/Smoot-Hawley-Tariff-Act

[3]https://www.investopedia.com/terms/s/smoot-hawley-tariff-act.asp 

[4]https://www.telos-eu.com/fr/economie/trump-et-les-cryptomonnaies.html 

[5] https://legrandcontinent.eu/fr/2025/03/18/cryptomercantilisme-la-doctrine-economique-de-donald-trump/

[6]https://www.whitehouse.gov/presidential-actions/2025/04/regulating-imports-with-a-reciprocal-tariff-to-rectify-trade-practices-that-contribute-to-large-and-persistent-annual-united-states-goods-trade-deficits/  

[7] https://fr.cointelegraph.com/news/us-debt-bitcoin-adoption-hard-money

[8] https://journalducoin.com/bitcoin/acheter-200-000-btc-par-an-pendant-5-ans-le-bitcoin-act-2024-de-cette-senatrice-sauvera-t-il-la-dette-aus/

[9] https://home.treasury.gov/news/press-releases/sb0073

[10] https://fr.cointelegraph.com/news/us-debt-bitcoin-adoption-hard-money

[11]https://www.courrierinternational.com/article/pas-de-marche-arriere-la-chine-repond-aux-droits-de-douane-americains_229563 

[12] https://www.linternaute.com/actualite/economie/7683527-droits-de-douane-trump-veut-faire-plier-l-europe-sur-un-engagement-de-macron/

[13] https://www.courrierinternational.com/article/economie-le-canada-et-le-mexique-tentes-par-un-front-commun-face-a-la-guerre-commerciale-lancee-par-trump_227244

[14] https://www.lepoint.fr/economie/avec-la-hausse-des-droits-de-douane-americains-mercedes-audi-et-bmw-risquent-gros-27-03-2025-2585790_28.php#11

[15] https://www.lopinion.fr/wsj-lopinion/malgre-son-implantation-aux-etats-unis-mercedes-benz-nevitera-pas-les-droits-de-douane

[16] https://www.insee.fr/fr/statistiques/7678588?sommaire=7681078

[17]https://www.journaldemontreal.com/2025/04/02/les-marches-financiers-encaissent-le-coup-des-annonces-douanieres-de-trump 

[18]https://fr.euronews.com/business/2025/04/05/les-marches-europeens-et-americains-toujours-en-chute-libre-apres-les-tarifs-douaniers-de- 

[19]https://www.lesechos.fr/monde/etats-unis/droits-de-douane-plus-de-50-pays-auraient-entame-des-negociations-avec-trump-2158372 

[20] https://www.journaldemontreal.com/2025/04/02/tarifs-douaniers-les-entreprises-americaines-craignent-un-choc-pour-leconomie

[21] https://www.lesechos.fr/monde/etats-unis/trump-veut-taxer-toutes-les-importations-dacier-et-daluminium-2147645

[22] https://www.industryweek.com/the-economy/trade/article/21148048/tariffs-are-keeping-us-steel-production-strong

[23] https://fr.statista.com/infographie/34092/effets-tarifs-douaniers-economie-etats-unis-trump/

[24] https://www.whitehouse.gov/articles/2025/04/tariffs-work-and-president-trumps-first-term-proves-it/

[25] https://www.whitehouse.gov/articles/2025/04/tariffs-work-and-president-trumps-first-term-proves-it/

[26] https://www.whitehouse.gov/articles/2025/04/tariffs-work-and-president-trumps-first-term-proves-it/

[27] https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20250403-face-droits-douane-trump-r%C3%A9ponses-mesur%C3%A9es-international-reactions-union-europeenne-asie-am%C3%A9rique-latine-australie

[28]https://archive.ph/NwKHa 

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Après la rencontre Poutine-Witkoff, la presse internationale note l’absence de progrès sur la question ukrainienne

Commentant la rencontre entre l’envoyé présidentiel américain Steven Witkoff et le président russe Vladimir Poutine, les médias internationaux notent le manque de progrès sur la question ukrainienne et le mécontentement croissant de Donald Trump quant à l’avancement des négociations. Le dirigeant américain est également accusé d’exagérer le succès du processus de paix.

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Trump suspend les droits de douane pour plus de 75 pays afin de se concentrer sur la Chine

Après un nouvel échange de coups avec la Chine dans la « guerre tarifaire » initiée par les États-Unis, le président américain Donald Trump a annoncé une pause de 90 jours dans l’impasse commerciale en cours avec le reste du monde. Le « cessez-le-feu » affectera plus de 75 pays, parmi lesquels les États-Unis ont le plus augmenté les droits de douane sur les importations. Il s’agit probablement d’une réaction aux évaluations désastreuses des conséquences d’un arrêt virtuel de 80 % des approvisionnements chinois vers le marché américain – et cette pause est conçue pour laisser le temps de négocier des régimes commerciaux confortables avec des sources alternatives de biens pour les consommateurs américains. Pendant ce temps, les relations entre les États-Unis et la Chine sont finalement dans une impasse : après que Pékin a égalisé le niveau des droits de douane à 104 %, la nouvelle décision de Washington de les augmenter à 125 % ne peut pas changer grand-chose. La situation nécessite une solution politique, et continuer à augmenter les tarifs ne changera rien.

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negociations istanbul

Les négociations américano-russes d’Istanbul ont duré cinq heures

La normalisation du travail des missions diplomatiques a été déclarée comme un sujet clé lors des négociations entre les délégations de la Russie et des États-Unis, qui ont eu lieu à Istanbul le 10 avril. La Russie était représentée par son ambassadeur à Washington, Alexander Darchiev, et l’équipe américaine était dirigée par la secrétaire d’État adjointe aux affaires européennes et eurasiennes Sonata Coulter. Les discussions ont eu lieu dans le bâtiment du consulat général de Russie à Istanbul et constituaient la continuation du dialogue dans un format similaire, qui avait débuté lors d’une réunion au consulat général américain le 27 février.

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Zelensky illégitime : Poutine impose ses conditions, selon un général français

Le général de brigade français Dominique Delawarde, figure militaire respectée, a partagé son analyse des négociations entourant le conflit en Ukraine, estimant que celles-ci s’annoncent longues et complexes. Selon lui, Vladimir Poutine considère Volodymyr Zelensky comme un président illégitime et refuse de signer tout accord avec lui. « Poutine a clairement indiqué qu’il ne négocierait pas avec un président illégitime, » déclare-t-il, soulignant la position avantageuse de la Russie dans ce processus. « La Russie bénéficie d’une excellente diplomatie et d’une solide capacité de négociation. »

Delawarde juge que Moscou ne conclura pas de paix tant que ses objectifs stratégiques ne seront pas atteints. « La Russie ne fera pas la paix sans la garantie que ses intérêts profonds sont protégés à long terme, » explique-t-il. Parmi ces priorités, il cite « la dénazification et la démilitarisation de l’Ukraine, ainsi que l’assurance qu’elle n’adhérera pas à l’OTAN ». Il ajoute que les États-Unis ont opté pour des discussions directes avec la Russie, reléguant l’Union européenne à un rôle secondaire. « L’Europe néoconservatrice et russophobe est à la périphérie des processus diplomatiques, » affirme-t-il, notant que l’UE, affaiblie par le conflit ukrainien, subit des « résultats indirects » sur son économie et sa stabilité.

Le général exprime une profonde méfiance envers l’Europe, qu’il accuse d’avoir trompé la Russie à maintes reprises. « La parole de l’Europe ne vaut rien, » assène-t-il. « Les accords de Minsk 1 et 2 n’étaient qu’une façade pour permettre à l’Ukraine de se réarmer. » Il estime que cette duplicité justifie l’exclusion de l’UE des négociations. Pour lui, Kiev paie aujourd’hui le prix de son refus des conditions russes en 2022 : « Si l’Ukraine avait accepté ces termes en février 2022, la situation serait bien meilleure aujourd’hui. Elle paiera très cher la paix. »

Delawarde prédit un effondrement imminent de l’armée ukrainienne. « Cette escroquerie prendra fin dans les mois à venir, » déclare-t-il, rejetant les déclarations du Premier ministre britannique Keir Starmer comme « déconnectées de la réalité ». Il doute également d’une intervention militaire européenne : « Aucune armée régulière européenne n’entrera en Ukraine avec uniformes et drapeaux. » Selon lui, l’UE manque de ressources et de cohésion pour peser militairement. « Les pays européens peinent à recruter, » observe-t-il. « Les jeunes ne mourront pas pour les oligarques européens. »

Sur le plan militaire, le général minimise les capacités de l’Union européenne face à la Russie. « Toutes les déclarations sur une guerre avec la Russie relèvent d’une ‘guerre des mots’, » affirme-t-il. « Rien n’a été fait en France ces dernières années pour renforcer sa défense. Il faudrait des décennies pour améliorer l’efficacité militaire européenne. » Il critique les dirigeants actuels, impopulaires selon lui, et rejette le récit d’une « menace russe » : « Les véritables ennemis de l’Europe sont ses propres dirigeants, pas les Russes. »

Concernant les États-Unis, Delawarde note que leur position de négociation est fragilisée par des crises internes et internationales. « Les guerres coûtent cher à l’Amérique, et le dollar s’affaiblira dans les années à venir, » prédit-il. « Trump n’est pas en position de force face à Poutine. » À l’issue du conflit, il envisage une Ukraine neutralisée et une Europe affaiblie, tournée vers ses problèmes internes. « L’Ukraine ne sera plus une menace pour la Russie, et l’Europe s’occupera de ses crises, » conclut-il.

Enfin, dans une remarque provocante, Delawarde imagine un scénario hypothétique : « S’il y avait une élection en Europe avec Poutine comme candidat, Starmer, Macron, Merz et von der Leyen perdraient. » Pour lui, le président russe, fort de sa diplomatie et de sa stratégie, domine un Occident en déclin.

echange prisonniers

Américains et Russes procèdent à un échange de prisonniers

Moscou a libéré Ksenia Karelina, condamnée à 12 ans de prison pour avoir transféré 51,8 millions de dollars à une organisation ukrainienne. Washington a libéré Artur Petrov, accusé d’avoir fourni de la microélectronique en violation des sanctions. L’échange précédent a eu lieu en février.

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D’où proviennent ces milliards ?

De plus en plus nombreux sont ceux qui s’interrogent sur l’attitude de quelques chefs d’État ou de gouvernement européens à l’égard de l’évolution géopolitique en cours. Dans leurs discours ils déversent leur hargne et leur fiel à l’égard de la Russie. Ils se montrent, aussi, chargés d’incompréhension à l’égard des États-Unis et de Donald Trump. En fait ils expriment rageusement leur frustration d’être écartés d’un combat qu’ils sont incapables de mener seuls. Évidemment ils ne disposent pas de la puissance, ni de l’autorité suffisantes, pour poursuivre, sans les États-Unis et l’OTAN, l’aide à l’Ukraine autant que la contestation d’une Russie redevenue une grande puissance.

De manière générale, piégés par une structure de nature totalitaire, les pays constitutifs de l’Union Européenne ne peuvent suivre l’évolution du monde. Ce bouleversement se fait en contradiction avec l’ambition encore affirmée de cette organisation. L’UE se retrouve ainsi en dernier rempart de l’État profond. Ce système hégémonique est sur le point d’être totalement disloqué aux États-Unis. Il s’est donc réfugié dans ce qui était sa succursale à l’époque des néo-conservateurs. Ses moyens – c’est un truisme – ont été lourdement amputés et de la blessure le sang ne cesse de couler. À n’en pas douter il va sinon disparaître du moins sortir très affaibli de l’assaut qu’il subit.

L’UE, symbole voulu de la recherche d’un monde unitaire et totalitaire, court vers sa fin. Elle ne pourra pas survivre dans un monde qui voit s’affirmer les nations et contester toute forme de contrainte extérieure. Mais comme un fauve blessé la bête risque de mordre. N’oublions donc jamais que derrière la prétentieuse administration européenne se tient toujours l’oligarchie de la finance internationale, colonne vertébrale de l’État profond.

Regardons avec un peu d’attention les principaux personnages menant ce combat d’arrière-garde. Il est étonnant de voir ce couple inédit Keir Starmer- Emmanuel Macron, s’agiter conjointement. Leurs intérêts paraissent divergents ; pourtant ils sont d’une même violence verbale qui nous ferait croire à l’imminence d’une guerre. Keir Starmer est incontestablement le soldat de la City. C’est là que se trouve la puissance de la Grande-Bretagne, capable en étroite parenté avec Wall-Street et la FED de peser sur les affaires du monde. Elle ne s’étend que sur 2,9 km² mais elle produit 1/6 du PIB du Royaume et depuis longtemps influence le destin de la planète.

Ce sont les mêmes banquiers anglo-saxons, souvent anglais, qui dirigent ces deux organisations privées que sont la City et la Réserve Fédérale, la FED. Le système étant menacé outre-Atlantique par Trump, Keir Starmer est ainsi devenu le principal défenseur politique du système. Il n’est donc pas étonnant qu’il veuille poursuivre la délirante politique de dislocation de la Russie dont, historiquement, l’Angleterre s’est toujours méfiée. Rappelons-nous que les guerres, depuis toujours, sont pain béni pour les banquiers. Leurs prêts, devenus indispensables pour équiper et armer, leur permettent de contrôler les États. La fin prématurée et incontrôlée de la guerre en Ukraine s’avère pour eux un repli imprévu, d’autant plus sensible que leur système dominateur est vigoureusement contesté aux États-Unis.

Les mondialistes, par le biais des banques, contrôlent l’émission monétaire. Elle est la condition pour l’intégration des pays du pseudo-Occident dans un empire unique. Le comportement de Keir Starmer est ainsi parfaitement compréhensible. Il se rapproche de l’UE et fait ce qui lui est ordonné.

Partageant les mêmes obligations le premier ministre du Canada (même souverain Charles III), Mark Carney, est un ancien gouverneur de la banque d’Angleterre, institution, j’insiste, privée…Lui aussi est un défenseur du système. Le probable futur chancelier allemand, Friedrich Merz, quant à lui, est un ancien administrateur du fonds de pension états-unien BlackRock, robuste outil de la finance anglo-saxonne. Il est lui aussi impliqué.

Le quatrième serviteur de cette ambition mondialiste est – vous vous en êtes doutés – Emmanuel Macron. Le « Mozart de la finance », naguère associé-gérant chez Rothschild. Ce nom nous le retrouvons, au plus haut niveau, dans toutes les parties déterminantes de la toile bancaire.

Le tableau des principaux défenseurs de l’ordre ancien ne serait pas complet, si je ne citais pas Ursula von der Leyen, haut fonctionnaire international, représentante du Dolder club, des fonds de pension et de l’industrie pharmaceutique dont son mari est un membre éminent.

Ces personnages et leur environnement agissent en conformité avec les objectifs intermédiaires de l’État profond. Il s’agit de déstructurer les sociétés européennes en laissant se faire toutes sortes de corruptions et de perversions, drogue, invasion migratoire, dissolution des références chrétiennes, communautarisme, acceptation des dérives sexuelles, de l’immoralité, de la violence, et orchestration de fausses menaces ou épidémies…

Il est vrai que ces dirigeants, entourés de conseillers, ont à leur disposition les sommes colossales de leurs parrains, autorisant le contrôle des médias, de la justice, des syndicats, des ONG et permettant toutes les décompositions. Derrière cette façade se trouvent évidemment les penseurs de Bilderberg, de la Trilatérale, du Forum Économique Mondial, du Council on Foreign relation, ou encore du Royal Institute of International Affairs.

Jusqu’à présent cette organisation tentaculaire alliait son ambition de domination avec celle du gouvernement des États-Unis. Elle acceptait les projets de la politique extérieure états-unienne qui servait ses intérêts. Les géostratèges MacKinder et Spykman lui étaient utiles ainsi que les théoriciens de la domination états-unienne. Jusqu’à un certain point les deux volontés hégémoniques pouvaient s’associer et pour quelques penseurs ambitieux se confondre.

Mais l’État profond dirigé par les banquiers, a voulu progressivement dicter ses règles à la gouvernance états-unienne. À partir de ce pays acteur majeur et influent dans le monde, mais contrôlé par la Caste, le système voulait imposer son propre objectif de domination, en substituant son hégémonie à celle du pays où elle avait pris son essor. Ce processus était devenu trop évident et en contradiction manifeste avec la pensée de la majorité du peuple des États-Unis. Le choc devenait inévitable.

Dans ce duel mortel, l’UE, organisation reposant sur l’abolition des frontières et l’inclusion dans une unité future avec l’Amérique du nord, s’est trouvée brutalement isolée. De fait elle demeure en collusion avec l’hégémonie financière que monsieur Trump et ses collaborateurs sont en train de démembrer. La façon de procéder de la Caste se perpétue donc dans la seule Europe.

Les dégâts sont déjà considérables et si rien n’est entrepris peuvent s’avérer définitifs. Dans un tel contexte de subordination à la Caste financière ne nous étonnons pas que la France puisse donner 2 milliards d’euros à l’Ukraine, s’ajoutant aux 28 milliards déjà donnés. Pourtant ce pays est reconnu comme étant un des plus corrompus au monde. La logique du système fournit l’explication.

Les simples citoyens peuvent ingénument regretter que tout cet argent n’ait pas été investi dans notre service public de santé, nos écoles, nos terres d’outre-mer, notre protection face à l’invasion islamique, ou nos banlieues abimées par la drogue, l’insécurité ou les catastrophes naturelles, ou encore dans d’autres domaines réclamant l’aide de l’État. Mais la gouvernance financière n’a que faire de ces problèmes. Bien au contraire ils participent à cet écrasement des peuples, si favorable à l’instauration d’une dictature mondiale cependant aujourd’hui plus que jamais utopique. Alimenter une guerre et corrompre les gouvernants s’avèrent tout autant profitables. En somme il s’agit de gagner sur tous les tableaux…

Ajoutons que la dette contribue puissamment à asservir un pays à l’oligarchie bancaire, à la Caste. Admettons d’emblée que les emprunts souscrits par l’État sur le marché international sont garantis par la perception des impôts. Ils se montrent donc d’une rentabilité certaine. De l’argent ne reposant sur rien, n’étant plus rattaché à l’or, produit de l’argent vrai puisque reposant sur le concret des dettes.

Plus un pays s’endette et plus l’oligarchie transnationale bancaire accroît ses avoirs et sa puissance. Ne nous étonnons pas du « quoi qu’il en coûte » et de nos 3300 milliards de dette. Ne nous étonnons pas, non plus, du fait que les pays doivent être privés du pouvoir de décision monétaire et économique. La dette les enchaîne. La création de l’euro et de la BCE, biais par laquelle la plupart des emprunts sont souscrits, tombe sous le sens !

Dans ce panorama, le renforcement des armées européennes s’explique clairement. Il ne peut se faire que par des emprunts massifs. La Caste devait résoudre le problème posé par la fin de la guerre en Ukraine. Cette situation imprévue ne devait pas pourtant présenter longtemps un obstacle pour les détenteurs de la machinerie financière. Il suffisait d’inventer une menace. Les peuples endoctrinés par les médias soudoyés, ne pouvaient que croire ce qui leur était seriné. L’autorisation d’accroître les déficits de 1,5% devrait enrichir encore les banquiers de l’État profond. La souveraineté de la France et des autres États européens devrait continuer à se réduire. Finalement tout aura été bien pour la Caste !

Pour illustrer mon propos, je voudrais citer David Rockefeller exprimant, en 1991, sans ambages, la volonté de la puissance bancaire dont il était un des maîtres. Le contexte se prêtait à un tel aveu. L’URSS s’effondrait et les États-Unis croyaient être devenus la puissance universelle à laquelle tout était permis. La Caste pensait alors pouvoir dominer le monde sans plus d’adversaire. Elle imaginait pouvoir régner, de fait, sur les États-Unis en conjuguant son action avec un gouvernement converti.

Il nous a fallu être discrets pendant des années. Désormais le monde est préparé pour un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est assurément préférable à l’autodétermination nationale pratiquée dans les siècles passés. »

Ne nous étonnons pas de l’établissement d’une quasi dictature en Europe et en France. Il s’agit d’une nécessaire protection des ambitions de la Caste qui est sur le point de perdre ses positions de l’autre côté de l’Atlantique. Elle produit des directives hostiles à la liberté au prétexte paradoxal de protéger les citoyens de la désinformation et des infox. Elle se radicalise pour se protéger.

Ainsi elle attente à la liberté des peuples de manière de plus en plus évidente. La Géorgie a vu les tentatives avortées de dévoiement de l’élection présidentielle par l’UE. En Roumanie Calin Georgescu, candidat souverainiste, a été accusé d’avoir enfreint « les règles démocratiques d’un suffrage honnête et impartial ». Il était arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle, annulé sur injonction de la commission européenne. Je pourrais ajouter d’autres exemples, je n’en citerai qu’un seul, celui de l’abus de Droit que Marine Le Pen, souverainiste, a subi, l’empêchant, pour l’instant, de se présenter, alors qu’elle rassemble une majorité d’intentions de vote pour la présidentielle.

L’esprit patriotique est une menace pour la Caste. Elle a d’ailleurs raison de craindre pour son avenir au constat de l’émergence universelle des nationalismes. Donald Trump prend des mesures protectionnistes. Il veut réindustrialiser son pays et le tourner vers lui-même. Il élève des droits de douane et se prépare à lutter contre l’énorme dette qui menace l’équilibre social. Simultanément il détruit tous les instruments mis au service de l’État profond par ses prédécesseurs et chasse tous ceux qui collaboraient avec cet État profond.

Évidemment les conséquences de cette politique vont se répercuter dans le monde. L’OMC voit ses règles oubliées. Son avenir, comme celui de l’OTAN, me semble compromis, comme sûrement celui d’autres instances internationales. La France peut trouver dans cette situation nouvelle un formidable vecteur de renouveau. Ne voyons pas dans la circulaire de l’ambassade états-unienne en France adressée aux entreprises exportant aux États-Unis une ingérence dans notre organisation sociale, mais simplement une volonté de Washington de se protéger face aux importations.

Cette façon de faire doit nous inspirer. Tout comme d’ailleurs l’extraterritorialité des lois de ce pays qui engendre un contrôle sur nos exportations. Toutefois ne nous leurrons pas sur cette évolution de la philosophie politique de ce pays. Son ambition demeure. Elle s’exprimera différemment. Ce changement aux répercussions inévitables, devra être observé avec prudence. Les États-Unis abandonneront leur prétention hégémonique devenue difficile à conserver dans un monde se réorganisant souvent contre eux, mais ils resteront une puissance impérialiste cherchant à promouvoir ses intérêts et à maintenir sa supériorité. Les revendications de Trump sur le Groenland, le canal de Panama, voire sur d’autres terres, en sont une preuve.

Dans cette situation imprévue, il nous faut déceler une opportunité formidable pour la France. Notre pays doit au plus vite et de façon abrupte quitter le dispositif européen tout comme d’ailleurs le système otanien nuisible à nos intérêts extérieurs.

Nous pouvons confirmer en regardant l’évolution du monde que l’UE ne correspond pas à la nature des peuples, trahit la liberté de pensée, les principes de la démocratie et les fondements de la civilisation. Elle est désormais le vestige d’une soumission à une hégémonie corruptrice moribonde reniée par le pays où elle est née. Nous devons tout faire pour ne pas sombrer avec elle. Elle est désormais un épisode scandaleux de l’histoire où une coterie asservie à une Caste financière a voulu faire disparaître les nations. Aujourd’hui les États souverains sont seuls à disposer des fondements utiles pour se défendre dans un monde en mutation.

Face à cette évolution, se dessine ainsi, plus que jamais pour la France, l’obligation d’une reconquête de sa souveraineté. Il n’existe aucun obstacle à cette renaissance. Il s’agira de retrouver notre monnaie, de restaurer dans cette optique le lien naturel entre la Banque de France, le Trésor public et le gouvernement, de la rattacher vraisemblablement à l’or et de l’adapter aux besoins de notre économie. Il sera alors simple, en rétablissant nos frontières, d’imposer des droits de douane sélectifs pour protéger nos productions, nos entreprises innovantes, notre culture et notre société. Il faudra, dans la même perspective de restauration de l’authenticité française, revenir à une hiérarchie des normes mettant la Constitution au sommet de l’édifice juridique, après l’avoir purgée de toutes les scories idéologiques. Cela impliquera le retrait de la France de toutes les juridictions supra-nationales.

Dans la même perspective il sera nécessaire de réaffirmer la séparation des pouvoirs et de ramener le Conseil d’État à sa mission. Pour mémoire elle consiste à juger les conflits entre les citoyens et l’administration et à rendre de simples avis juridiques au Gouvernement et au Parlement sur des projets et propositions de loi ou de règlements. De même le Conseil Constitutionnel devra se voir cantonné à un strict rôle de conseil. Enfin toutes les ONG subventionnées par l’État et participant par leurs outrances idéologiques à la dislocation de la nation pour la plus grande satisfaction de l’État profond, devront être privées de l’aide de l’impôt des Français. Les médias d’État devront être, eux aussi, défaits de leur chape idéologique. La sortie de l’OTAN, si cette organisation subsiste, renforcera notre puissance militaire à la seule condition que le budget alloué à nos forces soit conforme à l’image que nous voudrons donner et qu’elles soient adaptées dans leur format, aux risques réels. Tout ce qui participera au recouvrement de notre souveraineté devra être engagé.

La France est une grande puissance. Elle se doit de l’affirmer. Son indépendance la positionnera à nouveau à sa juste place parmi les nations. J’ajoute pour conclure que nous ne sommes liés à des traités que parce que nous le voulons bien. Lorsqu’ils ne correspondent plus à nos intérêts et ambitions, ils doivent être dénoncés. Ils ne sont comme le disait le chancelier de l’empire allemand, Theobald von Bethmann Hollweg, à la veille de la première guerre mondiale, à propos de la neutralité belge, que des « chiffons de papier ».

Général Henri ROURE

trump chine

Trump élève les droits de douane contre la Chine à un niveau rédhibitoire

Comme on l’a appris le soir du 8 avril, le président américain Donald Trump a mis à exécution sa menace d’augmenter les droits de douane sur les importations en provenance de Chine de 50 points de pourcentage supplémentaires – désormais, le niveau global de la charge tarifaire sur les fournitures en provenance de Chine depuis le 9 avril est prohibitif à 104 %. Les tarifs douaniers passent d’une mesure de régulation économique du commerce extérieur à un instrument purement politique : la nécessité de payer aux douanes américaines plus que la valeur des marchandises rend presque toutes les livraisons en provenance de Chine non rentables, dont le volume a dépassé un demi-billion de dollars en 2024.

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etats-unis iran

Washington et Téhéran se donnent une dernière chance de trouver un accord sur le nucléaire iranien

Les États-Unis et l’Iran ont convenu de tenir des négociations à Oman le 12 avril pour relancer l’accord nucléaire. Le premier à annoncer des négociations directes irano-américaines sur l’accord nucléaire a été le président américain Donald Trump, le soir du 7 avril dans le Bureau ovale lors d’une rencontre avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qualifiant les négociations de directes et de haut niveau. Plus tard, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a confirmé cette information sur sa page X. Certes, il a écrit que les négociations seraient indirectes (avec Oman comme médiateur) et qu’elles pourraient tout aussi bien devenir une opportunité pour un accord qu’un test. « La balle est désormais dans le camp américain », a ajouté le ministre.

Moscou a salué la volonté de Washington et de Téhéran de dialoguer. “Cela ne peut qu’être salué, car cela pourrait conduire à une désescalade des tensions autour de l’Iran”, a déclaré le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov.

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La Chine et les États-Unis se mesurent à leurs droits de douane

Le principal front de la guerre tarifaire mondiale de Donald Trump est la confrontation avec la Chine. Le président américain a déclaré qu’il ne conclurait pas d’accord tarifaire avec la Chine tant que l’énorme déficit commercial ne serait pas résolu. Le chef de la Maison Blanche a exprimé sa confiance dans l’efficacité de sa politique commerciale en position de force, destinée à forcer la Chine à faire des concessions aux États-Unis. La pression de Washington a contraint la Chine à annoncer l’introduction de droits de douane sur les produits américains, ce à quoi Donald Trump a répondu le 7 avril par une nouvelle série de menaces. L’issue du conflit dépendra de qui pourra tirer le meilleur parti des bouleversements à venir dans le commerce mondial.

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Les Armées de l’OTAN

A l’heure où le quatuor néoconservateur européen Macron, Starmer, Merz et Von der Leyen plastronne et tente d’impressionner la population par leur plan d’envoyer des troupes au sol, sans l’accord de la Russie et donc de l’ONU, pour garantir un hypothétique accord de paix en Ukraine, il est bon de rappeler que toutes les Armées de l’OTAN ont aujourd’hui de sérieux problèmes pour recruter et fidéliser leurs personnels militaires.

Recrutement 

Aux USA, la crise de recrutement est aujourd’hui la pire depuis la professionnalisation de l’armée en 1973 : Selon les Armées (Terre, Air, Mer, Marine Corps), le recrutement est de 10 % à 20 % inférieur aux objectifs. Pour l’Armée de Terre US, l’effectif est tombé de 485 000 h et f en 2021 à 452 000 h et f en 2023. Moins de 23% des jeunes américains de 16 à 24 ans sont médicalement aptes à servir dans les armées.

Il en va de même en Europe où le nombre de candidats est inférieur au nombre de postes offerts et où le taux de sélection des personnels recrutés est donc ridiculement bas, remettant sérieusement en cause la qualité de la composante humaine des Armées de l’OTAN.

En France, le déficit est de -15 % par rapport aux objectifs de recrutement :

Au Royaume Uni, le déficit par rapport aux objectif est de -34 %. Même l’Académie militaire de Sandhurst, qui forme les futurs officiers de la British Army peine à recruter… Au point que, en 2023, elle a revu à la baisse certains de ses critères pour élargir le vivier de candidats potentiels. Cela vaut aussi pour la Royal Navy, qui a été contrainte de désarmer prématurément quelques navires, faute de pouvoir leur donner un équipage, ainsi que pour la Royal Air Force.

Fidélisation

Une large part des personnels recrutés quitte les Armées lors de leur période d’essai de 6 mois dans toutes les Armées des pays membres l’OTAN. Ainsi, par exemple, en Allemagne, et selon les chiffres de 2023, sur 18 810 recrues, 5 100 [soit 27 %] ont quitté la Bundeswehr au cours de la période d’essai de six mois, à savoir 4 900 de « leur propre chef » et 200 « par licenciement ». Alors qu’elle devait, initialement, disposer de 203 000 soldats en 2025 [cet objectif a été repoussé à 2031], l’Armée allemande n’en comptait que 181 174 en 2024…

En France, selon un rapport du Haut Comité d’évaluation de la condition militaire 18% des jeunes officiers issus de Saint Cyr quittent aujourd’hui l’institution avant cinq ans de service, chiffre en forte augmentation et inimaginable en d’autres temps.

Ces faiblesses considérables, sont largement ignorées par nos médias et par nos Gamelins de plateau TV qui préfèrent fantasmer sur les faiblesses présumées de l’adversaire russe, lorsqu’il s’agit de commenter les décisions gouvernementales et les plans militaires d’engagement de troupes au sol en Ukraine.

Cerise sur le gâteau, les taux de suicide et de désertions n’ont jamais été aussi élevés dans les Armées du camp otanien. Par exemple pour la France:

Ainsi, de l’aveu même de nos responsables militaires, les Armées françaises recruteraient du personnel immature et devraient utiliser la menace de sanctions pour les maintenir au service contre leur gré… Joyeuse ambiance pour partir en guerre contre la Russie.

Aux USA les taux de suicides dans les armées US augmentent depuis 2011:

Conclusion

Avant de s’engager imprudemment dans une escalade et une fuite en avant dans le soutien à l’Ukraine, nos responsables politiques et militaires gagneraient à réaliser une balance des potentiels rigoureuse et à ne pas négliger l’analyse de la composante humaine de nos Armées. C’est une affaire très mathématique où les capacités d’appréciation et de raisonnement des décideurs devraient les conduire à modérer leurs ardeurs et leurs déclarations belliqueuses.

dmitriev washington

Le directeur du Fonds russe d’investissements directs dresse le bilan de sa visite à Washington

Le directeur du Fonds russe d’investissements directs, Kirill Dmitriev, a parlé des résultats de son voyage à Washington. Il a notamment discuté avec des représentants de l’administration du président américain Donald Trump des questions de rétablissement des relations, de coopération dans l’Arctique et des terres rares.

  • La Russie et les États-Unis ont fait trois pas en avant sur un grand nombre de questions au cours des deux derniers jours, et des progrès ont été réalisés ;
  • Lors d’une réunion avec des représentants de l’administration Trump, les questions de coopération dans l’Arctique et des terres rares ont été abordées ;
  • des travaux sont en cours pour rétablir le trafic aérien direct entre les pays ;
  • de nombreuses entreprises américaines souhaiteraient revenir sur le marché russe ;
  • en quittant la Russie, elles ont perdu environ 300 milliards de dollars ;
  • il existe de grandes possibilités de dialogue et de coopération ;
  • un grand nombre d’acteurs tentent de perturber le dialogue entre la Russie et les États-Unis ;
  • Il existe encore des divergences entre Moscou et Washington, mais les parties tentent de les surmonter, et la meilleure façon d’y parvenir est le dialogue direct ;
  • La Russie ne demande pas d’allègement des sanctions ;
  • L’administration Trump entend la position et les préoccupations de Moscou ;

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“Déclaration d’indépendance économique” : Trump introduit des droits de douane contre 185 pays

Un podium et une table ont été installés à l’avance sur la pelouse devant la Maison-Blanche. Parmi les personnes présentes dans la roseraie se trouvaient le secrétaire à la Santé Robert Kennedy Jr., le sénateur de Floride Rick Scott et l’ancien attaché de presse de la Maison-Blanche Sean Spicer, qui se tenaient aux côtés des membres des médias. Un vent anormalement froid soufflait et au moins quelques personnes portaient des casquettes rouges pro-Trump MAGA, rapporte le journal britannique The Guardian. En regardant vers l’avenir, nous notons que le président américain n’a pas mentionné la Russie dans son « discours sur les tarifs douaniers », et la Fédération de Russie ne figurait pas sur la liste des pays contre lesquels les États-Unis introduiront des tarifs douaniers sur le principe de réciprocité.

« Le 2 avril 2025 restera à jamais dans les mémoires comme le jour de la renaissance de l’industrie américaine », a commencé Trump. « Pendant des décennies, notre pays a été pillé … par des pays proches et lointains, alliés comme ennemis. »

Le président a indiqué que les États-Unis utiliseraient l’argent récolté grâce aux tarifs douaniers pour « réduire nos impôts et rembourser notre dette nationale ». « C’est notre déclaration d’indépendance économique », a souligné Trump. Il a déclaré que l’Union européenne nous « arnaque » en imposant aux États-Unis des droits de douane de 39 %. « Il y aura des plaintes de la part des mondialistes, des sous-traitants et des intérêts particuliers dans les prochains jours », a-t-il déclaré, sans donner de détails. Les dirigeants de l’UE devraient répondre au discours de la Maison-Blanche jeudi matin. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, devrait probablement déclarer que le bloc a besoin de temps pour formuler sa position et définir l’espace de négociation avec Washington. L’Union européenne avait précédemment déclaré qu’elle riposterait contre les États-Unis pour avoir alimenté la guerre commerciale.

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kiev accord

Kiev compte se baser sur les exigences de l’UE pour refuser l’accord sur les terres rares avec les États-Unis

L’accord sur les sous-sols ukrainiens avec les États-Unis ne doit pas contredire les termes de la future adhésion de l’Ukraine à l’UE, a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Il a annoncé des consultations à venir avec les délégations des états-majors des pays européens concernant l’envoi de contingents sur le territoire ukrainien. Il est possible que les autorités de Kiev se réfèrent aux Européens pour refuser de signer l’accord avec les États-Unis dans sa forme actuelle.

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L’Iran prépare ses missiles après l’ultimatum de Trump

Les forces armées iraniennes ont préparé leurs forces de missiles à tirer sur des cibles américaines au Moyen-Orient en cas de menace militaire, a rapporté le Teheran Times le 31 mars. Ce rapport est paru un jour après que le président américain Donald Trump, dans une interview à Fox News, a menacé de bombarder l’Iran et d’imposer des tarifs secondaires aux acheteurs de son pétrole si Téhéran ne parvenait pas à un accord sur son programme nucléaire avec Washington.

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Zelensky compte refuser l’accord sur les terres rares, Trump se dit “très en colère” contre Poutine

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé son intention d’abandonner l’accord américano-ukrainien sur les métaux des terres rares. Le président américain Donald Trump a annoncé la décision du dirigeant ukrainien, rapporte Reuters.

Donald Trump lui-même a admis qu’il était « très en colère » contre les dirigeants russes parce que le président du pays, Vladimir Poutine, a parlé de l’illégitimité de Vladimir Zelensky.

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controle externe

Poutine propose une gouvernance de l’Onu en Ukraine, Washington rétorque que la constitution et le peuple décident

La gouvernance de l’Ukraine est déterminée par sa constitution et son peuple, a déclaré à Reuters un responsable du Conseil de sécurité nationale américain, qui n’a pas été nommé.

C’est ainsi que la Maison-Blanche a répondu à la demande de l’agence de commenter la proposition du président russe Vladimir Poutine d’introduire une administration temporaire en Ukraine sous les auspices de l’ONU pour y organiser des élections, après en avoir discuté avec les États-Unis, les pays européens et les partenaires de la Russie. Selon le dirigeant russe, cela est nécessaire pour « porter au pouvoir un gouvernement capable et jouissant de la confiance du peuple », avec lequel Moscou pourrait négocier la paix.

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La crise ukrainienne par Jack Matlock

Nous reproduisons ce texte prémonitoire de l’ancien ambassadeur américain, spécialiste de la Russie, rédigé à la veille de l’Opération Spéciale Russe. Le site de l’Association Franco-Russe ayant été fermé, il nous a paru utile de conserver ce témoignage d’un diplomate expert de ces questions.


Nous sommes confrontés, aujourd’hui, à une crise évitable qui était prévisible, prédite en fait, et délibérément provoquée, mais qui pourrait être facilement résolue par application de simple bon sens.

On nous dit chaque jour que la guerre est peut-être imminente en Ukraine. Les troupes russes, nous dit-on, se massent aux frontières de l’Ukraine et pourraient attaquer à tout moment. On conseille aux citoyens américains de quitter l’Ukraine et on évacue les personnes non indispensables du personnel de l’ambassade américaine. Pendant ce temps, le président ukrainien conseille de ne pas céder à la panique et indique clairement qu’il ne considère pas une invasion russe comme imminente. Le président russe, Vladimir Poutine, a nié avoir l’intention d’envahir l’Ukraine. Il exige que le processus d’élargissement de l’OTAN cesse et, en particulier, que la Russie ait l’assurance que l’Ukraine et la Géorgie ne seront jamais membres. Le président Biden a refusé de donner cette assurance, mais a clairement indiqué qu’il était prêt à continuer à discuter des questions de stabilité stratégique en Europe. Entre-temps, le gouvernement ukrainien a clairement indiqué qu’il n’avait pas l’intention de mettre en œuvre l’accord conclu en 2015 pour la réunification des provinces du Donbass au sein de l’Ukraine avec un large degré d’autonomie locale – un accord garanti par la Russie, la France et l’Allemagne, que les États-Unis ont approuvé.

Peut-être ai-je tort – tragiquement tort – mais je ne peux pas m’empêcher de penser que nous assistons à une comédie élaborée, grossièrement amplifiée par les principaux médias américains, pour servir un objectif de politique intérieure. Confrontée à une inflation croissante, aux ravages d’Omicron, à des reproches (pour la plupart injustes) concernant le retrait d’Afghanistan, ainsi qu’à l’incapacité d’obtenir le soutien total de son propre parti pour la législation « Build Back Better », l’administration Biden est fragilisée par des taux d’approbation en baisse, alors qu’elle se prépare pour des élections législatives cette année. Puisque des « victoires » convaincantes sur les graves problèmes intérieurs semblent de plus en plus improbables, pourquoi ne pas en fabriquer une en faisant croire qu’elle a empêché l’invasion de l’Ukraine en « tenant tête à Vladimir Poutine » ?  En réalité, il semble très probable que les objectifs du président Poutine soient ce qu’il dit qu’ils sont – et ce qu’il dit depuis son discours de Munich en 2007. Pour simplifier et paraphraser, je les résumerais ainsi : « Traitez-nous au moins avec un minimum de respect. Nous ne vous menaçons pas, vous ou vos alliés, pourquoi nous refusez-vous la sécurité que vous exigez pour vous-même ? »

En 1991, lorsque l’Union soviétique s’est effondrée, de nombreux observateurs, ignorant les événements qui s’accéléraient, marquant la fin des années 1980 et le début des années 1990, ont pensé que la guerre froide venait de se terminer. Ils avaient tort. La guerre froide avait pris fin au moins deux ans plus tôt. Elle s’est terminée par la négociation et dans l’intérêt de toutes les parties. Le président George H.W. Bush espérait que Gorbatchev parviendrait à maintenir la plupart des douze républiques non baltes dans une fédération volontaire. Le 1er août 1991, il a prononcé un discours devant le parlement ukrainien (la Verkhovna Rada) dans lequel il approuvait les plans de Gorbatchev pour une fédération volontaire et mettait en garde contre un « nationalisme suicidaire ». Cette dernière phrase était inspirée par les attaques du dirigeant géorgien Zviad Gamsakurdia contre les minorités en Géorgie soviétique. Pour des raisons que j’expliquerai ailleurs, elles s’appliquent à l’Ukraine aujourd’hui. En résumé : en dépit de la croyance répandue, tant dans le « microcosme » américain que dans la majorité du public russe, les États-Unis n’ont pas soutenu, et encore moins provoqué, l’éclatement de l’Union soviétique. Nous avons soutenu tout au long l’indépendance de l’Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie, et l’un des derniers actes du parlement soviétique a été de légaliser leur revendication d’indépendance. Et, soit dit en passant, malgré les craintes fréquemment exprimées, Vladimir Poutine n’a jamais menacé de réabsorber les pays baltes ou de revendiquer l’un de leurs territoires, bien qu’il ait critiqué ceux qui refusaient aux Russes ethniques les pleins droits de citoyenneté, un principe que l’Union européenne s’est engagée à faire respecter.

Mais passons à la première des affirmations du sous-titre…

La crise était-elle évitable ?

Eh bien, puisque la principale exigence du président Poutine est d’obtenir l’assurance que l’OTAN ne prendra pas de nouveaux membres, et en particulier pas l’Ukraine ni la Géorgie, il est évident que la crise actuelle n’aurait pas eu lieu s’il n’y avait pas eu d’expansion de l’alliance après la fin de la guerre froide, ou si l’expansion s’était faite en harmonie avec la construction d’une structure de sécurité en Europe incluant la Russie.

Peut-être devrions-nous examiner cette question de manière plus large. Comment les autres pays réagissent-ils à des alliances militaires étrangères près de leurs frontières ?  Puisque nous parlons de la politique américaine, nous devrions peut-être prêter attention à la manière dont les États-Unis ont réagi aux tentatives étrangères d’établir des alliances avec des pays proches. Quelqu’un se souvient-il de la doctrine Monroe, la déclaration d’une sphère d’influence qui comprenait un hémisphère entier ? Et nous le pensions ! Lorsque nous avons appris que l’Allemagne du Kaiser tentait de faire du Mexique un allié pendant la première guerre mondiale, cette nouvelle a été une incitation très forte à déclarer la guerre à l’Allemagne. Puis, bien sûr, de mon vivant, nous avons eu la crise des missiles de Cuba, dont je me souviens très bien puisque j’étais à l’ambassade américaine à Moscou et que j’ai traduit certains des messages de Khrouchtchev à Kennedy.

Devons-nous considérer des événements comme la crise des missiles de Cuba du point de vue de certains principes du droit international, ou du point de vue du comportement probable des dirigeants d’un pays s’ils se sentent menacés ? Que disait le droit international à l’époque de l’installation de missiles nucléaires à Cuba ? Cuba était un État souverain et avait le droit de chercher un soutien à son indépendance où qu’il se trouve. Elle avait été menacée par les États-Unis, qui avaient même tenté de l’envahir, en utilisant des Cubains anti-Castro. Elle a demandé le soutien de l’Union soviétique. Sachant que les États-Unis avaient déployé des armes nucléaires en Turquie, un allié américain en fait limitrophe de l’Union soviétique, Nikita Khrouchtchev, le dirigeant soviétique, a décidé de stationner des missiles nucléaires à Cuba. Comment les États-Unis pouvaient-ils légitimement s’y opposer si l’Union soviétique déployait des armes similaires à celles déployées contre eux ?

De toute évidence, c’était une erreur. Une grosse erreur ! Les relations internationales, qu’on le veuille ou non, ne sont pas déterminées par la discussion, l’interprétation et l’application des points les plus fins du « droit international » – qui, de toute façon, n’est pas le même que le droit interne des pays. Kennedy devait réagir pour éliminer la menace. Les chefs d’état-major ont recommandé de détruire les missiles par des bombardements. Heureusement, Kennedy s’est arrêté là, a déclaré un blocus et a exigé le retrait des missiles.

À la fin d’une semaine d’échange de messages dans les deux sens – j’ai traduit le plus long message de Khrouchtchev – il a été convenu que Khrouchtchev retirerait les missiles nucléaires de Cuba. Ce qui n’a pas été annoncé, c’est que Kennedy a également convenu qu’il retirerait les missiles américains de Turquie, mais que cet engagement ne devait pas être rendu public.

Nous, les diplomates américains de l’ambassade de Moscou, étions bien sûr ravis de ce résultat. Nous n’avons même pas été informés de l’accord concernant les missiles en Turquie. Nous n’avions aucune idée que nous avions été proches d’un échange nucléaire. Nous savions que les États-Unis avaient une supériorité militaire dans les Caraïbes et nous aurions applaudi si l’armée de l’air américaine avait bombardé les sites. Nous avions tort. Lors de rencontres ultérieures avec des diplomates et des officiers militaires soviétiques, nous avons appris que, si les sites avaient été bombardés, les officiers sur place étaient habilités à tirer les missiles sans ordre de Moscou. Nous aurions pu perdre Miami, et puis quoi ? Nous ne savions pas non plus qu’un sous-marin soviétique avait failli lancer une torpille nucléaire contre le destroyer qui l’empêchait de faire surface.

Il s’en est fallu de peu. Il est assez dangereux de s’engager dans des confrontations militaires avec des pays dotés d’armes nucléaires. Il n’est pas nécessaire d’avoir un diplôme supérieur en droit international pour le comprendre. Il suffit d’avoir du bon sens.

OK… C’était prévisible. Était-ce prévu ?

 « La plus grosse erreur stratégique depuis la fin de la guerre froide. »

Ma voix n’a pas été la seule à s’élever. En 1997, lorsqu’il a été question d’ajouter de nouveaux membres à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), on m’a demandé de témoigner devant la commission des affaires étrangères du Sénat. Dans mes remarques introductives, j’ai fait la déclaration suivante : « Je considère que la recommandation de l’administration d’accueillir de nouveaux membres dans l’OTAN à l’heure actuelle est malavisée. Si elle devait être approuvée par le Sénat des États-Unis, elle pourrait bien entrer dans l’histoire comme la plus profonde erreur stratégique commise depuis la fin de la guerre froide. Loin d’améliorer la sécurité des États-Unis, de leurs alliés et des pays qui souhaitent entrer dans l’Alliance, elle pourrait bien encourager une chaîne d’événements susceptibles de produire la menace sécuritaire la plus grave pour cette nation depuis l’effondrement de l’Union soviétique. »

La raison que j’ai mentionnée était la présence au sein de la Fédération de Russie d’un arsenal nucléaire qui, en termes d’efficacité globale, égalait, voire dépassait, celui des États-Unis. L’un ou l’autre de nos arsenaux, s’il était effectivement utilisé dans une guerre chaude, était capable de mettre fin à toute possibilité de civilisation sur terre, voire de provoquer l’extinction de la race humaine et de la plupart des autres formes de vie sur la planète. Bien que les États-Unis et l’Union soviétique aient, à la suite d’accords de contrôle des armements conclus par l’administration Reagan et la première administration Bush, les négociations en vue de nouvelles réductions se sont arrêtées pendant l’administration Clinton. Il n’y a même pas eu d’effort pour négocier le retrait des armes nucléaires à courte portée d’Europe.

Ce n’est pas la seule raison que j’ai invoquée pour inclure plutôt qu’exclure la Russie de la sécurité européenne. Je l’ai expliqué comme suit : « Le projet d’augmenter le nombre de membres de l’OTAN ne tient pas compte de la situation internationale réelle après la fin de la guerre froide, et procède selon une logique qui n’avait de sens que pendant la guerre froide. La division de l’Europe a pris fin avant qu’il ne soit question d’accueillir de nouveaux membres dans l’OTAN. Personne ne menace de diviser à nouveau l’Europe. Il est donc absurde de prétendre, comme certains l’ont fait, qu’il est nécessaire d’accueillir de nouveaux membres au sein de l’OTAN pour éviter une nouvelle division de l’Europe ; si l’OTAN doit être le principal instrument d’unification du continent, la seule façon d’y parvenir est logiquement de s’élargir à tous les pays européens. Mais cela ne semble pas être l’objectif de l’administration, et même si c’est le cas, le moyen d’y parvenir n’est pas d’admettre de nouveaux membres au coup par coup. »

Puis j’ai ajouté : « Tous les objectifs supposés de l’élargissement de l’OTAN sont louables. Bien sûr, les pays d’Europe centrale et orientale font culturellement partie de l’Europe et devraient se voir garantir une place dans les institutions européennes. Bien sûr, nous avons un intérêt dans le développement de la démocratie et d’économies stables dans ces pays. Mais l’adhésion à l’OTAN n’est pas le seul moyen d’atteindre ces objectifs. Ce n’est même pas le meilleur moyen en l’absence d’une menace sécuritaire claire et identifiable. »

En fait, la décision d’étendre l’OTAN au coup par coup était un renversement des politiques américaines qui ont produit la fin de la guerre froide et la libération de l’Europe de l’Est. Le président George H.W. Bush avait proclamé l’objectif d’une « Europe entière et libre ». Le président soviétique Gorbatchev avait parlé de « notre maison européenne commune », avait accueilli les représentants des gouvernements d’Europe de l’Est qui s’étaient débarrassés de leurs dirigeants communistes et avait ordonné des réductions radicales des forces militaires soviétiques en expliquant que pour qu’un pays soit en sécurité, il faut que la sécurité soit assurée pour tous. Le premier président Bush a également assuré à Gorbatchev, lors de leur rencontre à Malte en décembre 1989, que si les pays d’Europe de l’Est étaient autorisés à choisir leur orientation future par des processus démocratiques, les États-Unis ne « profiteraient » pas de ce processus. (De toute évidence, faire entrer dans l’OTAN des pays qui faisaient alors partie du Pacte de Varsovie serait « profiter »). L’année suivante, Gorbatchev a reçu l’assurance, bien que ce ne soit pas dans un traité officiel, que si une Allemagne unifiée était autorisée à rester dans l’OTAN, il n’y aurait pas de déplacement de la juridiction de l’OTAN vers l’est, « pas un pouce ».

Ces commentaires ont été faits au président Gorbatchev avant l’éclatement de l’Union soviétique. Une fois celle-ci dissoute, la Fédération de Russie avait moins de la moitié de la population de l’Union soviétique et un établissement militaire démoralisé et totalement désorganisé. S’il n’y avait aucune raison d’élargir l’OTAN après que l’Union soviétique eut reconnu et respecté l’indépendance des pays d’Europe de l’Est, il y avait encore moins de raisons de craindre la Fédération de Russie comme une menace.

Volontairement précipité ?

L’ajout de pays d’Europe de l’Est à l’OTAN s’est poursuivi sous l’administration de George W. Bush (2001-2009), mais ce n’est pas la seule chose qui a provoqué l’objection russe. Dans le même temps, les États-Unis ont commencé à se retirer des traités de contrôle des armements qui avaient modéré, pendant un temps, une course aux armements irrationnelle et dangereuse et constituaient les accords de base pour mettre fin à la guerre froide. La décision la plus significative a été celle de se retirer du traité sur les missiles anti balistiques (traité ABM), qui avait été la pierre angulaire de la série d’accords qui ont mis fin, pour un temps, à la course aux armements nucléaires. Après les attaques terroristes contre le World Trade Center à New York et le Pentagone en Virginie du Nord, le président Poutine a été le premier dirigeant étranger à appeler le président Bush pour lui offrir son soutien. Il a tenu parole en facilitant l’attaque contre le régime taliban en Afghanistan, qui avait hébergé Oussama ben Laden, le chef d’Al-Qaïda, qui avait inspiré les attentats. Il était clair à cette époque que Poutine aspirait à un partenariat de sécurité avec les États-Unis. Les terroristes djihadistes qui visaient les États-Unis visaient également la Russie. Néanmoins, les États-Unis ont continué à ignorer les intérêts de la Russie – et de ses alliés – en envahissant l’Irak, un acte d’agression auquel s’opposaient non seulement la Russie, mais aussi la France et l’Allemagne.

Alors que le président Poutine sortait la Russie de la faillite de la fin des années 1990, stabilisait l’économie, remboursait les dettes extérieures de la Russie, réduisait l’activité du crime organisé et commençait même à se constituer un fonds de réserve pour affronter les futures tempêtes financières, il a été soumis à ce qu’il a perçu comme une suite d’insultes à sa perception de la dignité et de la sécurité de la Russie. Il les a énumérées dans un discours prononcé à Munich en 2007. Le secrétaire américain à la défense, Robert Gates, a répondu que nous n’avions pas besoin d’une nouvelle guerre froide. Tout à fait vrai, bien sûr, mais ni lui, ni ses supérieurs, ni ses successeurs n’ont semblé prendre au sérieux l’avertissement de Poutine. Puis le sénateur Joseph Biden, lors de sa candidature à l’élection présidentielle de 2008, s’est engagé à « tenir tête à Vladimir Poutine ! » Hein ? Que diable Poutine lui avait-il fait, à lui ou aux États-Unis ?

Bien que le président Barack Obama ait initialement promis des changements de politique, son gouvernement a en fait continué à ignorer les préoccupations les plus sérieuses de la Russie et a redoublé les efforts américains antérieurs pour détacher les anciennes républiques soviétiques de l’influence russe et, en fait, pour encourager un « changement de régime » en Russie même. Les actions américaines en Syrie et en Ukraine ont été perçues par le président russe, et par la plupart des Russes, comme des attaques indirectes contre eux.

Le président syrien Assad était un dictateur brutal, mais le seul rempart efficace contre l’État islamique, un mouvement qui avait fleuri en Irak après l’invasion américaine et qui se propageait en Syrie. L’aide militaire à une supposée « opposition démocratique » est rapidement tombée entre les mains de djihadistes alliés à ce même Al-Qaïda qui avait organisé les attentats du 11 septembre 2001 contre les États-Unis ! Mais la menace pour la Russie voisine était bien plus grande, car de nombreux djihadistes venaient de régions de l’ancienne Union soviétique, dont la Russie elle-même. La Syrie est également le proche voisin de la Russie ; les États-Unis ont été considérés comme renforçant les ennemis des États-Unis et de la Russie avec leur tentative malavisée de décapiter le gouvernement syrien.

En ce qui concerne l’Ukraine, l’intrusion des États-Unis dans sa politique intérieure a été profonde – au point de sembler choisir un premier ministre. Ils ont également soutenu, dans les faits, un coup d’État illégal qui a changé le gouvernement ukrainien en 2014, une procédure qui n’est normalement pas considérée comme conforme à l’État de droit ou à la gouvernance démocratique. La violence qui couve encore en Ukraine a commencé dans l’ouest « pro-occidental », et non dans le Donbass où elle était une réaction à ce qui était considéré comme une menace de violence contre les Ukrainiens d’origine russe.

Au cours du second mandat du président Obama, sa rhétorique est devenue plus personnelle, rejoignant un chœur croissant dans les médias américains et britanniques vilipendant le président russe. Obama a parlé des sanctions économiques contre les Russes comme d’un « coût » pour Poutine pour sa « mauvaise conduite » en Ukraine, oubliant commodément que l’action de Poutine avait été populaire en Russie et que le propre prédécesseur d’Obama pouvait être accusé de manière crédible d’être un criminel de guerre. Obama a ensuite commencé à proférer des insultes à l’encontre de la nation russe dans son ensemble, avec des allégations telles que « la Russie ne fabrique rien que personne veuille », ignorant commodément le fait que le seul moyen de transporter des astronautes américains vers la station spatiale internationale à cette époque était d’utiliser des fusées russes et que son gouvernement faisait de son mieux pour empêcher l’Iran et la Turquie d’acheter des missiles anti-aériens russes.

Je suis sûr que certains diront : « Quel est le problème ? Reagan a qualifié l’Union soviétique d’empire du mal, mais il a ensuite négocié la fin de la guerre froide. »  C’est vrai ! Reagan a condamné l’ancien empire soviétique – et a par la suite reconnu le mérite de Gorbatchev pour l’avoir changé – mais il n’a jamais fustigé publiquement les dirigeants soviétiques personnellement. Il les traitait avec un respect personnel et comme des égaux, invitant même le ministre des affaires étrangères Gromyko à des dîners formels habituellement réservés aux chefs d’État ou de gouvernement. Les premiers mots qu’il prononçait lors de rencontres privées étaient généralement du genre : « Nous tenons la paix du monde entre nos mains. Nous devons agir de manière responsable pour que le monde puisse vivre en paix. »

Les choses ont empiré pendant les quatre années du mandat de Donald Trump. Accusé, sans preuve, d’être une dupe de la Russie, Trump s’est assuré d’embrasser toutes les mesures anti-russes qui se présentaient, tout en flattant Poutine comme un grand leader. Les expulsions réciproques de diplomates, entamées par les États-Unis dans les derniers jours du mandat d’Obama, se sont poursuivies dans un sinistre cercle vicieux qui a abouti à une présence diplomatique si diminuée que, pendant des mois, les États-Unis n’avaient pas assez de personnel à Moscou pour délivrer aux Russes des visas pour visiter les États-Unis.

Comme tant d’autres développements récents, l’étranglement mutuel des missions diplomatiques renverse l’une des réalisations les plus fières de la diplomatie américaine au cours des dernières années de la guerre froide, lorsque nous avons travaillé avec diligence et succès pour ouvrir la société fermée de l’Union soviétique, pour faire tomber le rideau de fer qui séparait « l’Est » et « l’Ouest ». Nous avons réussi, avec la coopération d’un dirigeant soviétique qui a compris que son pays avait désespérément besoin de rejoindre le monde.

Effectivement, j’affirme que la crise d’aujourd’hui a été « délibérément provoquée ». Mais si c’est le cas, comment puis-je dire qu’elle peut être…

Facile à résoudre par l’application du bon sens ?

La réponse courte est que c’est possible. Ce que demande le président Poutine, à savoir la fin de l’expansion de l’OTAN et la création d’une structure de sécurité en Europe qui assure la sécurité de la Russie et celle des autres, est éminemment raisonnable. Il ne demande le retrait d’aucun membre de l’OTAN et n’en menace aucun. Selon toute norme pragmatique et de bon sens, il est dans l’intérêt des États-Unis de promouvoir la paix, et non le conflit. Essayer de détacher l’Ukraine de l’influence russe – le but avoué de ceux qui ont agité les « révolutions de couleur » – était une course folle, et une course dangereuse. Avons-nous si vite oublié la leçon de la crise des missiles de Cuba ?

Dire que l’approbation des demandes de Poutine est dans l’intérêt objectif des États-Unis ne signifie pas qu’il sera facile de le faire. Les dirigeants des partis démocrate et républicain ont développé une telle position russophobe (une histoire qui nécessiterait une étude séparée) qu’il faudra une grande habileté politique pour naviguer dans les eaux politiques périlleuses et parvenir à un résultat rationnel.

Le président Biden a clairement indiqué que les États-Unis n’interviendraient pas avec leurs propres troupes si la Russie envahissait l’Ukraine. Alors pourquoi les déplacer en Europe de l’Est ? Juste pour montrer aux faucons du Congrès qu’il reste ferme ? Pour quoi faire ? Personne ne menace la Pologne ou la Bulgarie, si ce n’est des vagues de réfugiés fuyant la Syrie, l’Afghanistan et les zones desséchées de la savane africaine. Alors, qu’est-ce que la « 82e Aéroportée » est censée faire ?

Alors, il est possible que, comme je l’ai suggéré précédemment, ce ne soit qu’une comédie coûteuse. Peut-être que les négociations ultérieures entre les gouvernements Biden et Poutine trouveront un moyen de répondre aux préoccupations des Russes. Si tel est le cas, la comédie aura peut-être atteint son but. Et peut-être alors nos membres du Congrès commenceront ils à s’occuper des problèmes croissants que nous avons chez nous au lieu de les aggraver.

On peut toujours rêver, non ?

Par Denys PLUVINAGE – 20 Février 2022 – Traduction AFR – Publié avec l’autorisation de l’American Committee for US-Russie Accord

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Le traité START expire dans un an, mais les négociations pour le prolonger n’ont pas commencé

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré la nécessité de rétablir le dialogue avec les États-Unis sur la stabilité stratégique, interrompu par la partie américaine en février 2022. Sous l’administration américaine précédente, les parties n’ont pas réussi à parvenir à un accord sur cette question, et les conditions de négociations sur ce sujet avec la nouvelle équipe de la Maison Blanche, comme il ressort des commentaires du ministre russe des Affaires étrangères, n’ont pas encore été créées. Entre-temps, dans moins d’un an, le traité bilatéral le plus important sur les armes stratégiques offensives (START) expirera, et si Moscou et Washington ne s’entendent pas sur certaines mesures pour le remplacer, alors les deux plus grandes puissances nucléaires se retrouveront sans accords dans le domaine du contrôle des armements pour la première fois depuis un demi-siècle.

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ambassadeur russie

Le nouvel ambassadeur de Russie à Washington a fait ses premières déclarations

Le nouvel ambassadeur de Russie aux États-Unis, Alexandre Dartchiev, est arrivé à Washington et a fait ses premiers commentaires sur les problèmes et les perspectives des relations bilatérales.

Sur les relations entre la Russie et les États-Unis

  • Les travaux de normalisation sont déjà en cours et visent à obtenir des résultats.
  • Une fenêtre d’opportunité s’est ouverte dans l’interaction entre les deux pays.
  • Il est également nécessaire de s’attaquer aux problèmes qui se sont accumulés au cours des dernières années.

À propos des visas et des ambassades

  • L’ambassadeur travaillera sur la question de la reprise du trafic aérien entre les deux pays.
  • Le chef de la mission diplomatique s’efforcera de simplifier les procédures de visa pour les citoyens ordinaires.
  • L’ambassadeur sera chargé de restituer six propriétés confisquées par Washington et appartenant à la Russie.

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scandale waltz

Mike Waltz au cœur d’un scandale sur la fuite d’informations classifiées

Le président américain Donald Trump a déclaré qu’il faisait confiance à son conseiller à la sécurité nationale Mike Waltz après qu’un scandale impliquant une fuite d’informations classifiées a conduit Politico à signaler que le responsable pourrait être licencié de son poste. Trump a déclaré que Waltz avait « retenu la leçon » lors d’une interview téléphonique avec NBC News le 25 mars. Peu avant cela, d’autres républicains de haut rang ont pris la défense de Waltz. Par exemple, le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, s’est prononcé contre sa démission dans des commentaires adressés à Politico.

Le scandale qui aurait pu conduire au licenciement de Waltz a éclaté le 24 mars autour de l’ajout « accidentel » du rédacteur en chef de The Atlantic, Jeffrey Goldberg, à une conversation de travail sur la messagerie Signal qui incluait certains membres importants de l’administration Trump. Ils ont discuté de la possibilité de frapper les Houthis au Yémen. Selon l’article du journaliste lui-même, une invitation à rejoindre le groupe lui est parvenue d’un utilisateur nommé Mike Waltz le 11 mars, quelques jours avant le début des bombardements du 15 mars.

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accord cereales

Moscou et Washington prêts à reprendre l’accord céréalier avec la prise en compte des intérêts russes

La Russie et les États-Unis sont prêts à reprendre l’accord sur les céréales qui a échoué en 2023 en raison du non-respect par Moscou de ses intérêts. Washington est désormais prêt à restituer partiellement le système SWIFT, à conclure des accords avec la Rosselkhozbank et à surveiller la sécurité des navires russes.

La nouvelle « Initiative de la mer Noire » comprend plusieurs points clés visant à résoudre les problèmes économiques et de sécurité entre la Russie et les États-Unis. Selon les accords, les États-Unis aideront à ramener les produits agricoles et les engrais russes sur les marchés mondiaux, et le contrôle des navires sera renforcé pour prévenir les incidents militaires.

  • La mise en œuvre de ces accords nécessite la levée d’un certain nombre de sanctions contre la Russie, notamment :
  • Levée des restrictions sur la Rosselkhozbank.
  • La connecter à SWIFT.
  • Déblocage des comptes correspondants.
  • Levée des restrictions sur le financement du commerce et l’assurance des marchandises.
  • Levée des sanctions sur l’entretien des navires russes dans les ports et sur les fournitures de machines agricoles.
  • Le plan comprend également des mesures de soutien aux pays tiers. Tout cela facilitera la mise en œuvre des accords dans les secteurs de l’énergie et du transport maritime.

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Trump veut se débarrasser de l’Ukraine le plus rapidement possible

Régis Chamagne, Colonel de l’armée de l’air française, a été commandant de l’escadrille de Mirage F1C à Cambrai puis commandant de l’escadrille de reconnaissance sur Mirage F1C à Strasbourg. Commandeur de la Légion d’honneur, Commandeur de l’Ordre national du Mérite. L’officier militaire, qui fait autorité, s’est exprimé sur les grandes tendances de la politique mondiale, le règlement du conflit ukrainien et l’avenir de l’UE et de l’OTAN.

Selon M. Chamagne, Trump essaiera de se débarrasser de l’Ukraine dans un avenir proche, car elle ne fait pas partie de ses priorités et il ne veut pas porter la responsabilité de la guerre perdue. L’Europe et l’Ukraine se retrouveront face à la Russie en «un contre un».

«La Russie et les États-Unis ont rétabli des relations diplomatiques normales entre eux. Pour la Russie, le principal objectif du processus de négociation est d’atteindre des buts stratégiques tels que la démilitarisation de l’Ukraine, sa dénazification et le maintien du contrôle sur les territoires déjà libérés par Moscou. Je pense que Poutine ne reculera pas devant ses objectifs. Quant aux Etats-Unis, Trump souhaite mettre fin au conflit ukrainien le plus rapidement possible.

Il y a plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, les priorités stratégiques de Trump sont tournées vers Israël et la Chine. Deuxièmement, Trump ne veut pas être tenu pour responsable de la défaite militaire de l’OTAN contre l’armée russe. Or, plus les États-Unis resteront engagés dans l’affaire ukrainienne, plus il est probable qu’à un moment donné, Trump sera jugé co-responsable de la défaite de l’OTAN. Il veut donc prendre ses distances plus rapidement.

Dans le même temps, l’Europe ne veut pas que la guerre se termine. Comme l’a écrit Orwell dans « 1984 »: « La guerre, c’est la paix ». Zelensky n’est pas non plus prêt à s’arrêter, car il n’accepte pas les conditions de la Russie qui comportent d’énormes risques pour lui : il risque de se faire sauter par les extrémistes banderistes. Le scénario le plus probable est que les États-Unis se retirent militairement, laissant seule l’Europe aider l’Ukraine. Cela accélérera certainement la défaite militaire de l’Ukraine».

Le colonel Chamagne est extrêmement pessimiste quant à l’avenir de l’UE et de l’OTAN. Il est certain que l’UE subira le sort de l’Union soviétique, car dans sa forme actuelle, l’UE ressemble beaucoup à ce qu’était l’URSS dans les dernières années de son existence.

«Je pense que l’OTAN et l’UE sont des organisations appelées à disparaître. Les élections en Roumanie ont montré la faiblesse de l’Union européenne. Il devient de plus en plus évident que l’UE est une dictature. Il est possible que dans les années à venir, nous assistions à un effondrement de l’UE similaire à celui de l’Union soviétique. Et il est possible que cela se produise plus tôt que beaucoup ne le pensent.

Quant à Trump, c’est un homme d’affaires, pas un géopoliticien. Pendant sa campagne électorale, il a affirmé qu’il pourrait mettre fin au conflit ukrainien en 24 heures. Il fait beaucoup de déclarations, mais ne les réalise pas toujours. Toutefois, il est fort probable qu’il cesse de fournir des armes à l’Ukraine, après quoi les États-Unis commenceront à vendre des armes à l’Europe pour les transférer ensuite à Kiev. En même temps, je ne suis pas sûr que Trump se retirera finalement de l’OTAN. J’ai tendance à penser que l’organisation s’effondrera de l’intérieur après une perte militaire fondamentale de la part de la Russie.

Je pense que les affirmations selon lesquelles la Russie prépare une attaque contre l’UE visent à effrayer la population française pour promouvoir des lois liberticides et voler l’épargne des Français car la situation intérieure de la France est catastrophique. Macron a désindustrialisé le pays. La situation au Royaume-Uni est similaire. Ni la France ni la Grande-Bretagne ne disposent de forces armées suffisantes pour une guerre terrestre avec la Russie. Ce serait catastrophique pour nous».

L’expert militaire est convaincu que des changements globaux attendent l’Occident : non seulement Zelensky, mais aussi Macron, Starmer et un certain nombre d’autres dirigeants européens quitteront la scène politique dans les années à venir. Régis Chamagne prédit un risque élevé de désintégration de l’UE d’ici la fin de la décennie en cours.

«Je pense que les États-Unis traversent une crise économique difficile. Principalement en raison de la dédollarisation du monde. Trump tente de surmonter les problèmes en imposant des droits de douane élevés. L’UE se trouve dans la même situation difficile. Tout indique qu’un changement de régime est imminent en Occident. Et il ne s’agit pas seulement de la chute de Zelensky. Il s’agit de Macron, Starmer, Merz et des dirigeants d’autres pays européens qui sont maintenant dirigés par des régimes corrompus. Je ne sais pas comment cet effondrement se produira. Mais je suis certain que ce système ne durera pas longtemps. Très probablement, d’ici la fin de la décennie, d’ici 2030, l’Union européenne et l’OTAN n’existeront plus. Le monde ne se limite pas à l’UE et aux États-Unis. Il y a d’autres centres de commerce mondial comme la Russie, la Chine… C’est ainsi que se dessinent les tendances actuelles».

Beaucoup en Europe et aux États-Unis sont convaincus que dans quatre ans « tout sera comme avant». Cependant, l’officier militaire français est convaincu que les macro-tendances ne dépendent pas de Trump et qu’elles se développeront même lorsqu’il ne sera plus le président américain.

«Je pense que les tendances qui se sont formées persisteront longtemps et seront plus durables que Trump. Le monde multipolaire va s’intensifier, les États-Unis vont continuer à souffrir de la dédollarisation. Mais surtout, la société américaine est incapable de reconstruire son état. Il n’y a pas d’ingénieurs ou d’autres professionnels pour Make America Great Again. C’est un pays complètement désindustrialisé avec un système éducatif et universitaire complètement dégradé. L’UE, l’Australie et le Japon sont dans la même situation. Les tendances actuelles sont donc irréversibles. Le paradigme géopolitique est en train de changer. Le monde ne sera plus le même».

Régis Chamagne est convaincu que la Russie n’acceptera en aucun cas de nouveaux «accords de Minsk». Moscou domine aujourd’hui dans tous les domaines et se doit de profiter de la situation pour assurer une paix durable en Europe dans le respect des intérêts de la Russie. 

«La Russie ne signera pas de cessez-le-feu. Moscou a déclaré qu’elle n’attaquerait pas les infrastructures énergétiques de l’Ukraine, mais il ne s’agit pas d’un cessez-le-feu. Les Russes ont déjà vécu les «accords de Minsk», au sujet desquels Merkel et Hollande avaient beaucoup à dire. La Russie n’a pas besoin d’une deuxième fois. Les actions des forces armées russes dans la région de Koursk ont été absolument remarquables. La libération de Sudja en passant par un tuyau a été une manœuvre tactique remarquable. Aujourd’hui, ce qui reste des forces ukrainiennes dans la région est absolument fermé. Sur le plan stratégique, la Russie a adopté la méthodologie de Brusilov, qui a réalisé une percée importante au cours de la Première Guerre mondiale en avançant pas à pas.

La supériorité de la Russie s’observe aujourd’hui dans tous les domaines : équipement militaire, tactique, stratégie. Poutine ne reculera pas devant ses objectifs stratégiques. Du côté ukrainien, nous constatons des contradictions constantes entre les ambitions politiques et la logique militaire: l’Ukraine s’empare de Sudzha pour une raison quelconque, essaie de tenir Bakhmut, bien qu’il n’y ait aucune logique militaire à cela. C’est une catastrophe.

Du côté russe, tout est différent – Moscou atteint ses objectifs stratégiques». L’UE et l’OTAN s’effondreront de l’intérieur à cause de la victoire de la Russie en Ukraine.

discussions riyad

Les négociations entre les États-Unis et la Russie à Riyad ont duré 12 heures

Les négociations entre les délégations russe et américaine à Riyad ont duré 12 heures.

La déclaration conjointe sera publiée le mardi 25 mars. Les sujets de discussion lors des pourparlers comprenaient la sécurité de la navigation en mer Noire et les détails d’un cessez-le-feu temporaire pour les installations énergétiques.

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kiev violation

Moscou accuse Kiev d’avoir déjà violé le cessez-le-feu sur les installations énergétiques

L’Ukraine, après avoir mené une attaque contre une installation énergétique sur le territoire russe, a déjà violé le cessez-le-feu proposé par les États-Unis, a déclaré la représentante officielle du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova.

« Nous pensons que ce cessez-le-feu, proposé par le président des États-Unis d’Amérique [Donald Trump], a déjà été violé par le régime de Kiev », a-t-elle déclaré.

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Cent jours qui ont changé le monde

Dans cet ouvrage, Edouard Husson et Ulrike Reisner, deux des co-fondateurs de l’Institut Brennus, font la chronique des cent jours qui ont précédé la réélection de Donald Trump aux Etats-Unis. Durant cette période, la géopolitique mondiale a été profondément bouleversée. L’administration américaine sortante a fait comme si la victoire de Trump était inéluctable et elle a eu tendance à intensifier les conflits et les points de friction en cours, en particulier en Ukraine et à Gaza. Les deux auteurs donnent à voir comment l’élite dirigeante occidentale essaie, une dernière fois, de sauver la vision géopolitique définie par Halford John Mackinder en 1904; et comment Russie, Chine et Iran ripostent à leur adversaire.

trump zelensky

Trump et Zelensky ont discuté des moyens d’atteindre la paix en Ukraine

Lors d’une conversation téléphonique, le président américain Donald Trump et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky ont exprimé une opinion commune sur la possibilité de parvenir à la paix en Ukraine. Cette information a été confirmée par le secrétaire d’État américain Marco Rubio et le conseiller à la sécurité nationale Mike Waltz.

« Les présidents ont convenu que l’Ukraine et les États-Unis travailleraient ensemble pour mettre fin au conflit. Ils ont également convenu que sous la direction du président Trump, une paix durable peut être atteinte”, aurait déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, Caroline Leavitt.

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trump education

Trump compte fermer le ministère de l’Éducation à cause de sa bureaucratie

Le 20 mars, le président américain Donald Trump signera un décret visant à fermer le ministère américain de l’Éducation. Le républicain accuse l’agence de bureaucratie et a appelé à son abolition lors de sa campagne électorale.

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negociations djeddah

Des négociations sur le règlement du conflit ukrainien sont prévues à Djeddah le 23 mars

Le représentant spécial du président américain, Steve Witkoff, a annoncé des pourparlers prévus dimanche 23 mars à Djeddah pour discuter des détails des accords conclus lors des contacts entre les présidents russe et américain Vladimir Poutine et Donald Trump.

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poutine trump

Poutine et Trump ont traité du règlement du conflit en Ukraine dans un appel de deux heures et demie

Le 18 mars, les présidents russe et américain Vladimir Poutine et Donald Trump ont eu une conversation téléphonique qui a duré près de deux heures et demie. Comme l’a rapporté le Kremlin à l’issue des discussions, le dirigeant russe a soutenu l’idée que la Russie et l’Ukraine s’abstiennent d’attaquer les infrastructures énergétiques pendant 30 jours. En outre, Poutine a déclaré que l’arrêt complet de l’aide militaire étrangère et la fourniture de renseignements à Kiev étaient une condition essentielle pour résoudre pacifiquement le conflit en Ukraine.

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trump accord

Trump affirme que de nombreux éléments de l’accord final sur l’Ukraine ont déjà été convenus

De nombreux éléments de l’accord final sur l’Ukraine ont été convenus, mais il en reste certains sur lesquels le consensus n’a pas encore été atteint, a déclaré le président américain avant sa conversation avec Poutine.

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La résolution diplomatique du conflit en Ukraine

Poutine a défini depuis longtemps ses exigences non négociables, la démilitarisation permanente de l’Ukraine et la reconnaissance de la nouvelle frontière de la Fédération de Russie. Il est évident pour tout le monde qu’il a les moyens à terme d’imposer les faits, mais non leurs conséquences.

Zelensky campe sur une position qui lui est imposée par ses maîtres radicaux locaux et par les européens aiguillonnés par les anglais : aucun cessez-le-feu, aucune négociation sans retour de l’intégrité de l’Ukraine telle qu’en 1991. Le pouvoir de nuisance de cette association obtuse et désespérée contre la Russie ne peut pas être négligé.

Trump n’a aucune objection aux conditions de Poutine, mais il DOIT

  • maintenir son rôle de maître des horloges à l’intérieur et à l’extérieur de son pays.
  • convaincre Zelensky qui en est incapable, de changer de position, ou changer de responsable ukrainien, ce qui serait long et hasardeux.

Décryptage chronologique du processus en cours.

  1. Annonces de disponibilité réciproque des deux présidents dès la prise de fonction de Trump.
  2. Trump structure son administration et effectue la mise à jour de son information lacunaire et faussée sur la Russie, celle concernant l’Ukraine étant connue.
  3. Préparation échelonnée des communications entre les USA et la Russie, d’abord au niveau des services secrets, puis au niveau diplomatique, enfin au niveau présidentiel, exécutif.
  4. Prise en main de Zelensky en usant des seuls leviers de Trump, soit le soutien à Zelensky, la pression sur Starmer et ses 100 ans de soutien sans réserve et sur Macron et ses troupes. Le reste, dont les sanctions sur la Russie, n’est que gesticulations sonores, crédibles, mais négligeables.
  5. Cela se matérialise par le scandale du Bureau Ovale, l’arrêt temporaire du soutien à Zelensky et les tarifs brandis contre l’Europe.
  6. Après l’avoir désarçonné, casser le dogme de Zelensky en lui faisant miroiter une proposition impossible à refuser ; plein retour du soutien + trêve d’un mois pour sortir indemne de Koursk et se reconstituer + sanctions féroces sur la Russie si elle refuse, sans préjudice de la suite à négocier. Cette proposition force Zelensky à ouvrir une faille dans sa position de principe et désarme les européens.
  7. Recueillir solennellement la position russe dont les observateurs attendent qu’elle soit négative.
  8. Bien évidemment sans surprise pour le négociateur Witkoff, Poutine remercie abondamment Trump pour ses efforts et accepte… sous conditions raisonnables, telles qu’énoncées précédemment.
  9. De facto, Zelensky est contraint, soit d’accepter les conditions de Poutine, soit de refuser en bloc.
  10. Trump informe formellement Zelensky des conditions et des conséquences d’un refus : arrêt immédiat et total du soutien armé et financier dont il a pu mesurer les conséquences.
  11. Le vice-président Vance déclare la renonciation à la nucléarisation probable de l’est européen.
  12. Téléphone entre les deux présidents pour acter la nouvelle situation de principe : il dépend de l’Ukraine de tirer pragmatiquement les conséquences de la conjoncture militaire et diplomatique et de ne concéder que sa future neutralité et ses nouvelles frontières AVANT qu’elle ne soit contrainte à une capitulation sans conditions et sans soutien ni des USA ni des européens dûment muselés.

En résumé

Sous réserve du pillage de ce qui pourra y rester, les USA n’ont plus aucun intérêt à poursuivre leurs opérations en Ukraine mais restent polarisés par un long conditionnement.

Trump a pris acte de la position russe dominante dans tous les domaines du dossier, il se concentre désormais sur les perspectives de la reprise des échanges avec la Russie.

Les négociations consistent en une assistance mutuelle des deux présidents pour clore le conflit rapidement à leur avantage respectueux et réciproque.

Sous les accusations d’être un agent du Kremlin, Trump doit avancer avec une extrême prudence, en agitant des menaces « extrêmement dures » contre la Russie si elle ne se plie pas à ses conditions : du théâtre.

Poutine y répond de manière tacitement convenue tout en maintenant la pression militaire.

En attente du prochain pas, à charge de Trump, il se concentre sur le futur dessin de la région.

Pour parvenir aussi rapidement à ce revirement complet d’une situation très complexe et sous certains aspects absurde, déterminée par des années de politique démocrate, Il aura fallu que le président Trump, dès sa prise de fonction, organise en collaboration étroite avec le président russe, une opération diplomatique beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît pour conclure le conflit rapidement, pacifiquement et sans interférence, à leur avantage réciproque, alors que leur marge de manœuvre respective était restreinte.

Les leviers de Trump dans cette opération se limitent strictement à l’appui tactique et financier à l’Ukraine et aux menaces de sanctions contre la Russie et contre les européens.

Celui de Poutine est essentiellement militaire avec l’assurance d’une capitulation de l’Ukraine dans un délai mal défini et à un prix élevé, sans préjudice de conséquences internationales revanchardes.

Il s’agit donc bien d’une opération diplomatique conjointe américano-russe. L’envergure et les moyens nécessaires à son succès sont certainement considérables des deux côtés et en grande partie masqués. Les communications officielles sont millimétrées et les déclarations collatérales spontanées soigneusement provoquées, à l’exemple de la balle dans le camp russe et de son retour de volée.

De l’art diplomatique au plus haut niveau.

Arnaud

etats-unis yemen

Washington riposte aux attaques des Houthis

Le mouvement Houthi Ansar Allah a promis d’intensifier ses attaques contre le transport maritime international en réponse à une nouvelle opération américaine visant à détruire ses capacités militaires. Depuis janvier 2024, Washington tente sans succès de détruire les infrastructures critiques du groupe rebelle, qui a accru son activité militaire depuis 2023 en solidarité avec la bande de Gaza. Le président Donald Trump a désormais promis de coincer les rebelles, et l’armée américaine a lancé des frappes sur la capitale du Yémen, Sanaa, et sur au moins trois autres provinces. Le chef de la Maison Blanche a lancé un appel à l’Iran, le patron extérieur des Houthis, l’appelant à cesser de soutenir le mouvement sous peine de subir des pressions.

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Poutine : un cessez-le-feu, mais avec “des nuances”

L’envoyé spécial du président américain Steve Witkoff est arrivé à Moscou le 13 mars pour discuter de la possibilité de conclure un cessez-le-feu temporaire de 30 jours, auquel Washington et Kiev avaient précédemment appelé après des heures de discussions en Arabie saoudite. Avant même d’avoir eu le temps de parler à l’un de ses collègues russes, l’assistant du président russe, Iouri Ouchakov, s’est empressé d’assurer que la Russie n’accepterait pas de cessez-le-feu temporaire et insistait sur un règlement pacifique à long terme. Cependant, le président russe Vladimir Poutine a ensuite soutenu l’idée de Donald Trump d’un cessez-le-feu, notant qu’« il y a des nuances ».

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Pourquoi Trump a-t-il torpillé l’état profond US, au risque de détruire l’hégémonie américaine ?

La stratégie du président Donald Trump visant à dévoiler au monde entier tous les programmes d’état américains servant à manipuler l’opinion en noyautant la presse, à fausser les élections au mépris des peuples, à provoquer des coups d’états dans les pays cibles pour renverser les gouvernements ennemis et à placer des hommes-liges à leur tête, en a surpris plus d’un. En exposant les méthodes des services et organismes financés par les USA, il prend le risque de discréditer son pays aux yeux du monde et de condamner l’hégémonie américaine qui reposait justement sur ces systèmes très bien rôdés de manipulation et de coercition.

Alors pourquoi prendre ce risque ?

La première raison évidente est la nécessité de démanteler l’état profond qui a saboté les efforts de son premier mandat, allant jusqu’à inventer de fausses accusations pour le destituer. Sans cela Trump n’aura jamais les mains libres pour mener sa politique audacieuse. C’est sa fameuse promesse de purger le marais : « Drain the swamp ! »

Mais il y a une autre raison aussi vitale pour les USA. Pour la comprendre il faut revenir aux déclarations de Trump pendant sa campagne électorale, où il expliquait qu’il voulait que les États-Unis redeviennent une grande puissance respectée, qu’ils retrouvent le leadership qu’ils sont en train de perdre face aux BRICS. Dans cette optique il a rappelé à plusieurs reprises que le principal danger pour les USA serait la dédollarisation de l’économie mondiale.

Une fracture qui s’accélère depuis trois ans

Or, les guerres en Ukraine et en Palestine ont accentué la fracture entre l’occident et le « Sud global », poussant de plus en plus de pays à quitter le giron américano-européen pour se rapprocher des deux nouvelles superpuissances que sont la Chine et la Russie. En quelques année le Moyen-Orient, de nombreux pays asiatiques et tout le continent africain ont basculé de leur côté, y compris l’Afrique du Sud qui était un allié fidèle du bloc occidental.

Derrière les coups de menton, une urgence vitale

Donald Trump n’est pas l’idiot mal dégrossi que nous présentent nos médias. C’est un businessman doué qui a su multiplier la fortune familiale, prendre le pouvoir et y revenir malgré l’opposition de tout l’état profond et des médias. Il a compris avant ses homologues européens que le danger prioritaire des États-Unis réside dans la perte du contrôle monétaire mondial, actuellement basé sur le dollar. Si la majorité des pays, par un réflexe de rejet de la politique étrangère américaine, venaient à dédollariser massivement leurs économies, les États-Unis perdraient leur puissance financière et s’exposeraient à une banqueroute inévitable, car ils sont aujourd’hui dramatiquement dépendants de leur dette colossale (plus de 3000 trilliards de dollars) financée par leur politique d’émission monétaire constante (la planche à billets) qui leur permet d’acheter les ressources mondiales à crédit (donc sans contrepartie).

Un hégémon aux pieds d’argile

Les États-Unis bénéficient d’une position privilégiée grâce à l’utilisation du dollar comme monnaie de réserve internationale. Cette situation leur permet de financer leurs déficits commerciaux et budgétaires en créant de la monnaie, ce qui leur donne la capacité d’acheter des biens et services à l’étranger sans avoir à vendre des actifs en contrepartie. Le dollar est largement utilisé dans les échanges internationaux, notamment pour le commerce du pétrole et les transactions financières. Cela confère aux États-Unis un pouvoir considérable, car ils peuvent imposer des sanctions économiques en interdisant l’accès au système financier international en dollars, ce qui peut être extrêmement pénalisant pour les entreprises et les pays concernés.

De plus, le dollar est considéré comme une valeur refuge, ce qui signifie que les investisseurs ont tendance à s’y tourner en période de tension économique ou politique. Cette confiance dans le billet vert permet au gouvernement américain de s’endetter facilement et de repousser régulièrement le plafond de leur dette.

Enfin, les États-Unis ont utilisé l’extraterritorialité du droit américain pour infliger des amendes à des entreprises du monde entier qui utilisent le dollar dans leurs transactions financières, au motif qu’elles auraient violé les politiques américaines d’embargo à l’égard de pays tiers.

Le calcul de Donald

L’enjeu majeur pour Trump est donc d’éviter cette dédollarisation. Il doit pour cela convaincre les pays du monde entier, et notamment tous ceux qui sont en train de faire scission en se rapprochant des BRICS, que les États-Unis peuvent à nouveau être un partenaire fiable et respectable. Quelle meilleure garantie peut-il leur donner que de dénoncer les malversations de ses prédécesseurs en exposant la façon dont ils ont fomenté des coups d’État, placé des pantins à la tête d’États corrompus, manipulé l’économie mondiale, espionné leurs amis, trahis leurs alliés… Ce faisant il prouve à ses contempteurs qu’il rompt avec la politique néfaste de ses prédécesseurs.

Mais dans le même temps Trump se lance dans une guerre commerciale et douanière pour relancer son économie qui pourrait bien réduire à néant ces efforts de respectabilité…

L’UE, victime collatérale

En dévoilant au monde entier le vrai visage des États-Unis il montre que l’Europe a suivi aveuglément son suzerain américain pendant des années. L’Europe va donc pâtir de ces révélations, d’autant qu’elle a largement été la cible de ces programmes secrets et qu’elle utilise les mêmes méthodes.

Ce brutal revirement de la politique étasunienne, pourtant prévisible, laisse l’Europe dans une situation inconfortable, face à ses contradictions internes. Incapable de construire sa souveraineté elle apparait aujourd’hui nue et divisée entre les égos des leaders des pays qui la composent, au premier rang desquels un Macron qui se rêve empereur des États Unis d’Europe, mais qui n’arrive pas à la cheville d’un de Gaulle.

Les négociations actuelles à Ryad rappellent cruellement Yalta, où les vainqueurs ont négocié le partage du monde sans les perdants. Malheur aux vaincus…

Elias Omirov

Esquisse d’un monde d’après

Suggérée par la situation et les rapports de forces, après dissipation du brouillard qui dominait le premier mois de la présidence de Trump.

Sur le terrain militaire, les forces armées combattant pour le régime ukrainien s’effritent continuellement. L’armement et les munitions ne sont plus alimentés que par des fonds de tiroir et quelque prototypes destinés aux tests en situation.

La supériorité opérationnelle russe est actuellement estimée à 6 contre1, en croissance progressive. Il n’y a aucune possibilité matérielle d’inverser la tendance, voire même de la stabiliser avant l’épuisement de l’Ukraine qui ne parvient pas à compenser ses pertes, tant en personnel combattant formé qu’en matériel adéquat. Par contre, l’armée russe parvient sans peine à maintenir ses effectifs et au besoin à les augmenter significativement. Son approvisionnement en matériel et en munition est potentiellement illimité.

Aucun élément factuel ne permet de croire qu’il y ait une quelconque probabilité d’infléchir le cours du conflit dont l’issue ne dépend QUE de la décision russe et la satisfaction de ses buts de guerre.

Sur le terrain diplomatique, les échanges se font entre quatre pôles dont la position, les buts et les trajectoires peuvent être schématisés comme suit:

Les états-Unis sont entrés en conflit dans le but, établi depuis des décennies de diviser l’alliance économique Euro-russe dont la puissance productive potentielle est très supérieure à celle des USA. Ce but a été atteint, sans toutefois avoir entamé la stabilité sociale, politique et économique de la Russie, ce qui était un moyen collatéral d’atteindre le but prioritaire. À défaut d’une impossible prédation, il leur est raisonnable de rétablir des relations commerciales selon l’adage : «Les USA n’achètent que ce qu’ils ne peuvent voler»

La Russie a trois buts prioritaires dont aucun n’exprime une quelconque agressivité:

  • Établir une politique de sécurité qui éloigne toute menace de ses frontières
  • Garantir les droits des populations historiquement russes d’Ukraine
  • Commercer sans entrave avec des partenaires fiables.

Après plus d’une décennie de mépris systématique des revendications russes, réputées sans fondement et guidées par des ambitions impérialistes, l’Opération Militaire Spéciale (OMS) a dissipé l’ambiguïté de la politique menée par les états-Unis, soit la défaite stratégique de la Russie quant à ses relations avec l’Europe. Ni plus ni moins.

L’Ukraine, favorite de l’URSS n’avait à son indépendance aucune contentieux à régler avec la Russie. S’appuyant sur le potentiel revanchard des ultra-nationalistes rescapés de la collaboration avec le régime nazi, la CIA qui les choie depuis 1945, avec l’USAID son bras public et la complicité de l’UE, a réussi à structurer un puissant mouvement anti-russe en Ukraine et alimenté son agressivité jusqu’à la provocation armée contre le point faible de la Russie, les populations russes d’Ukraine. Après un échec dû à la négligence sociale délibérée de l’Ukraine en Crimée, l’attaque armée a porté contre le sud et l’est russophone dont les milices depuis 2014 et l’OMS russe depuis 2022 ont assuré la défense.
Après le succès initial de l’OMS, le dirigeant ukrainien, sous la menace de mort des ultra-nationalistes et les encouragements de ses promoteurs, a opté pour une offensive militaire qui se solde par une perte territoriale constante, l’épuisement de ses ressources et le revirement stratégique des États-Unis qui sont depuis 2014 à l’origine et le principal promoteur du conflit.

L’UE et ses alliés (Suisse, Norvège… )
L’OTAN, financée et commandée par les États-Unis en est la force armée et la force politique sous-jacente. Alignée de gré ou de force contre ses propres intérêts sur la politique des États-Unis, l’UE est confrontée dès février 2025 à la nouvelle orientation stratégique dont, comme de la précédente, elle est exclue.

Conclusions et perspectives raisonnées

Revenant à l’origine, indubitablement à Washington. Les États-Unis désindustrialisés, dont le déclin économique entraîne une instabilité sociale croissante, sont existentiellement menacés par l’Euro-Russie, une masse de 3/4 de milliard d’habitants avec une productivité élevée. Depuis des décennies ils sont déterminés à rompre cette alliance et dérouter les ressources russes à leur profit, au détriment de l’Europe.

Leurs stratèges et think tanks ont déterminé que l’Ukraine présentait une zone critique où il serait pertinent d’enfoncer un coin, ce qui a parfaitement réussi.

L’alliance concurrente est désormais démantelée, l’UE est déstructurée, ses forces armées considérablement réduites, son économie en décroissance et sa productivité limitée par des difficultés d’approvisionnement minier et énergétique. Profondément conditionnée par une politique périmée, elle n’a plus aucune vision stratégique plausible et s’accroche à l’Ukraine pour sombrer avec elle.

Pour éviter la création d’un abcès toxique il y aura bien sûr une aide concertée par les vainqueurs, mais pas gratuite. Ça va être dur, très dur et il va falloir bosser.

Faute d’avoir pu la piller, les États-Unis se réconcilient avec une Russie en excellente santé. Remplaçant une Europe devenue hostile, Ils pourront en échanger les ressources minières et énergétiques abondantes contre tout ce qui plaira aux russes.

En prime, ils pourraient s’insérer en position apaisée dans la structure multipolaire émergente.

Arnaud

narychkine ratcliffe

Les directeurs du SVR et de la CIA ont convenu de contacts réguliers pour réduire la confrontation

Le 11 mars, le directeur du service de renseignement extérieur russe, Sergueï Narychkine, a eu une conversation téléphonique avec le directeur de l’Agence centrale de renseignement américaine, John Ratcliffe.

Il est à noter qu’au cours de la conversation, Narychkine et Ratcliffe ont convenu de contacts réguliers entre le SVR et la CIA pour réduire la confrontation entre la Russie et les États-Unis et assurer la stabilité et la sécurité internationales. Les parties ont également discuté des questions d’interaction entre les deux agences dans les domaines d’intérêt commun et de la résolution des situations de crise.

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negociations djeddah

À l’issue des négociations de Djeddah, l’Ukraine se dit prête à mettre en œuvre un cessez-le-feu de 30 jours

Les négociations entre les États-Unis et l’Ukraine se sont conclues à Djeddah. La déclaration finale affirme que l’Ukraine est prête à mettre en œuvre immédiatement un cessez-le-feu de 30 jours et que Washington reprendra la fourniture d’armes et de renseignements à Kiev.

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Macron, terrorisé par le peuple, tente un coup très audacieux

Depuis les années 90, les élites au pouvoir aux États-Unis et en Europe perdent leur influence avec l’arrivée de Trump, marquant une transition du pouvoir. Trump a deux ans pour s’imposer et changer la stratégie américaine, ce qui va fortement perturber l’Europe, surtout la France. Des têtes pourraient tomber, et celle de Macron en fait partie.

Pendant des décennies, la stratégie de domination impérialiste des États-Unis reposait sur des guerres et des coups d’État à travers le monde. Cette époque est révolue. Leur nouvelle approche consiste à se recentrer sur leur propre continent – l’Amérique du Nord et du Sud – et à entrer dans une compétition économique avec la Chine pour tirer parti de leurs atouts sur la scène mondiale. L’enjeu est de passer d’hégémon à une nation qui pèse dans un monde multipolaire, un défi qu’aucun hégémon n’a réussi dans l’histoire.

Comme je l’avais expliqué dans un post épinglé sur mon X, la stratégie de Trump pour sauver le dollar passe par une réduction massive des dépenses militaires. Il s’agit d’un plan ambitieux : diminuer drastiquement les dépenses de l’État, abandonner une économie de prédation internationale et revenir à une économie réelle. En Europe, nos élites avaient une stratégie assez simple : arriver au pouvoir, acheter la paix sociale avec du socialisme, espérer se faire corrompre avec des sommes colossales en vendant notre continent morceau par morceau. D’où notre effondrement.

Avec son arrivée au pouvoir, l’administration Trump va proposer des deals aux anciens puissants des États-Unis et d’Europe pour les aligner sur sa nouvelle stratégie. Poutine a fait quelque chose de similaire en Russie : à son arrivée, il a offert aux oligarques un choix clair : « L’argent que vous avez volé, vous pouvez le garder, mais à deux conditions : vous abandonnez toute ambition politique et vous jouez désormais pour notre camp, la Russie. » (Et puis rends-moi mon stylo.) Certains ont accepté, et leur transition s’est faite en douceur. D’autres ont résisté ; ils ont été écrasés – exilés, emprisonnés ou éliminés. Bref, ils ont payé pour leurs crimes.

Trump dispose de deux ans, une fenêtre où il aura le plus de liberté pour agir. Cette période marque un changement de règne aux États-Unis, et tout le monde ne s’en sortira pas indemne. Des dossiers compromettants vont émerger, éclaboussant les élites. Ce qu’on a vu hier à la télévision, c’est Macron et ses alliés terrifiés par ce basculement. Ils savent que ce changement de pouvoir aux États-Unis risque de faire des victimes collatérales, y compris parmi les élites américaines elles-mêmes. D’ici deux ans, certains retourneront leur veste – comme Zuckerberg l’a déjà fait. D’autres, incapables ou refusant de s’adapter, finiront ruinés, en prison ou déchus. Ils paieront pour leurs crimes.

Macron, lui, semble avoir choisi la confrontation directe avec cette nouvelle Amérique de Trump. Il refuse de se soumettre et parie sur l’échec de Trump à s’imposer face à l’État profond américain, espérant que ce dernier reprendra le dessus, comme lors du premier mandat de Trump. Pour justifier sa position, il exploite le narratif de la fin de la protection américaine en Europe, un prétexte pour accélérer son projet européen. Son projet de réarmement est en effet nécessaire pour notre souveraineté, mais il n’en a ni la volonté ni les moyens : c’est un cheval de Troie. Son objectif ? Mettre le turbo sur l’installation d’une technostructure à l’échelle continentale, une tyrannie socialiste. Les signes sont déjà là : une chaîne de télévision fermée, le PDG de Telegram capturé pour le plier à leurs exigences, et des attaques croissantes contre la liberté d’expression. L’idée est claire : accélérer la fin de la propriété privée et museler toute opposition en les faisant passer pour des traîtres et des fous.

Dans cette optique, Trump doit être présenté aux Européens comme un fou dangereux. Si des dossiers compromettants émergent, ce narratif servira de bouclier. En contrôlant la parole et la liberté d’expression, ils veulent s’assurer que ces dossiers restent enfouis ou soient déformés. Deux leviers seront utilisés pour cela. D’abord, agiter la menace russe : on nous dira que Paris est à portée de canon de Moscou, que Poutine est une superpuissance à craindre – peu importe si, depuis trois ans, on nous répète que la Russie est au bord de l’effondrement et que son armée est en ruines. L’incohérence ne les gêne pas. Ensuite, cette peur servira à justifier un budget militaire européen, une armée commune et, à terme, une nation européenne fédérale – les « États-Unis d’Europe ». Macron rêve d’en être le président depuis le début. Il gouverne par la diversion et le mensonge, et la Russie sera sa nouvelle diversion pour faire avancer cette technostructure tyrannique.

Pour ces élites qui ont trahi leur pays, vendu nos entreprises et ruiné notre économie, c’est une question de survie. Si elles échouent et que les dossiers sortent, la société n’aura d’autre choix que de les traîner en justice et de les emprisonner. Aux États-Unis, le retrait militaire mondial est une nécessité pour la stratégie de Trump – sauf peut-être en Asie, où la guerre commerciale avec la Chine reste prioritaire. Pour le reste du monde, on peut s’attendre à une diminution drastique de leur présence, imposée par des contraintes budgétaires. En France, nous sommes au bord de l’explosion économique. Macron a laissé entendre une autre conséquence : il veut s’en prendre à votre épargne. Pas par une confiscation directe – trop risqué – mais par un « pacte avec le diable » que beaucoup accepteront. Ce sera probablement une épargne « rémunérée » pour financer la défense européenne, mais à un taux ridicule, comme le Livret A, bien en dessous de l’inflation. Votre argent sera investi dans des armements, payé en monnaie de singe, et sa valeur s’effondrera.

En résumé : les États-Unis sont méchants, la Russie est folle et dangereuse, et l’Europe doit se souder sous la férule de Macron, technocrate en chef des États-Unis d’Europe.

Laurent Nicolas

diplomatie syrie

Les États-Unis et la Russie cherchent un terrain d’entente sur la Syrie

Moscou et Washington ont convoqué conjointement le 10 mars des consultations à huis clos du Conseil de sécurité de l’ONU concernant les affrontements sanglants dans les zones peuplées par la minorité alaouite. Le gouvernement de transition de Damas affirme avoir réussi à apaiser le foyer de tension, le plus important depuis le changement de pouvoir en Syrie. Mais les représentants des minorités syriennes éprouvent désormais une certaine méfiance à l’égard du centre. Les Kurdes ont appelé Damas à reconsidérer ses méthodes de création de la nouvelle armée.

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musk cyberattaque

Elon Musk affirme que les cyberattaques contre X (Twitter) proviennent d’adresses IP ukrainiennes

Des adresses IP ukrainiennes ont été impliquées dans une cyberattaque sur le réseau social X. Le propriétaire du réseau social, Elon Musk, l’a annoncé dans une interview à Fox News.

« Nous ne savons pas exactement ce qui s’est passé, mais il y a eu une cyberattaque massive visant à détruire le système X avec des adresses IP provenant de la zone ukrainienne », a déclaré l’homme d’affaires.

Selon Elon Musk, une attaque d’une telle ampleur aurait pu impliquer « un groupe coordonné ou une nation entière ». Le 10 mars, les utilisateurs ont signalé des pannes massives sur X à deux reprises.

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rapport sipri

Rapport SIPRI : la Russie à la 3e place dans les exportations d’armes

La Russie se classe au troisième rang mondial en termes d’exportations d’armes en 2020-2024, selon le rapport « Tendances des transferts internationaux d’armes 2024 » de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI).

Au total, l’institut a analysé les données de 64 pays exportateurs d’armes clés (avions de combat, navires de guerre, systèmes de défense aérienne, chars et véhicules d’appui au combat, artillerie). Les cinq premiers pays pour la période de cinq ans étaient les suivants.

1. Les États-Unis – leur part dans les exportations mondiales était de 43 %, par rapport à 2019-2020, ils ont augmenté leurs exportations d’armes de 21 %.

Selon le SIPRI, les États-Unis ont fourni des armes clés à 107 pays. La plus grande quantité d’armes – 35 % des exportations américaines – a été livrée à l’Europe ; par rapport à la période 2015-2019, ce chiffre a augmenté de 233 %. Les principaux importateurs de la région sont l’Ukraine, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et la Norvège. L’Ukraine représente 9,3 % des exportations d’armes américaines, dont une grande partie sous forme d’aide, dont 71 % sont des armes usagées extraites des entrepôts pour une livraison rapide.

Après l’Europe dans la liste des régions importatrices se trouve le Moyen-Orient, qui représente 33 % des exportations américaines. Par rapport à la période 2015-2020, le volume des livraisons a diminué de 15 %. Les principaux importateurs sont l’Arabie saoudite (12 % des approvisionnements américains), le Qatar (7,7 %), le Koweït (4,4 %) et Israël (3 %). L’Asie et l’Océanie ont reçu 28 % des exportations américaines. Les principaux importateurs sont le Japon (8,8 %), l’Australie (6,7 %) et la Corée du Sud (5,3 %), qui partagent le point de vue américain « sur la menace croissante de la Chine » dans la région, notent les analystes de l’institut.

2. France – 9,6% des exportations mondiales, en hausse de 11%.

Au total, la France fournit des armes à 65 pays. La part la plus importante par région se trouve en Asie et en Océanie (35 %), suivies du Moyen-Orient (28 %) et de l’Europe (15 %) ; Par ailleurs, au cours des cinq dernières années, par rapport à 2015-2019, les livraisons françaises à l’Europe ont progressé de 187 %, principalement en raison des ventes d’avions de combat à la Grèce et à la Croatie et d’armes diverses (artillerie, missiles, navires) à l’Ukraine. Le premier importateur est l’Inde (28% des exportations françaises), suivi du Qatar (9,7%).

3. Russie – 7,8% des exportations mondiales, au cours des cinq dernières années, les exportations ont diminué de 64%. Le déclin a commencé avant les hostilités à grande échelle en Ukraine en 2022, que les analystes attribuent à une réduction des commandes de l’Inde et de la Chine. En 2024, les exportations russes ont diminué de 47% par rapport à 2022.

« Le déclin à partir de 2022 est probablement dû à la décision de la Russie de donner la priorité à la production d’armes majeures pour ses propres forces armées plutôt qu’à l’exportation, à l’impact des sanctions commerciales multilatérales imposées à la Russie et à la pression accrue des États-Unis et de leurs alliés sur les États pour qu’ils n’achètent pas d’armes russes », a déclaré le SIPRI dans son rapport.

La Russie fournit des armes à 33 pays. La plupart est destinée à l’Asie et à l’Océanie (74% des exportations russes), puis à l’Afrique (12%), à l’Europe (7,4%), à savoir, comme le précise le rapport du SIPRI, l’Arménie, la Biélorussie et la Serbie, et au Moyen-Orient (6,4%). Les deux tiers des exportations russes sont destinées à l’Inde (38 %), à la Chine (17 %) et au Kazakhstan (11 %). Les livraisons les plus importantes attendues en provenance de Russie devraient avoir lieu dans le cadre d’accords avec l’Inde, l’Iran et l’Arabie saoudite.

Le PDG de Rostec, Sergueï Chemezov, a critiqué la méthodologie de calcul du SIPRI pour les entreprises du secteur de la défense. « Nous, comme d’autres pays, comme la Chine par exemple, ne publions pas ces données – elles sont fermées. D’où les obtiennent-ils ? « Ils inventent tout ça à partir de rien », a-t-il affirmé.

4. Chine – 5,9 % des exportations mondiales, avec des expéditions en baisse de 5,4 %. « La Chine cherche à augmenter ses exportations d’armes, mais nombre de ses plus gros importateurs choisissent de ne pas lui acheter d’armes essentielles pour des raisons politiques », affirment les analystes. La Chine a fourni des armes à 44 pays : 77 % des livraisons d’armes chinoises ont été destinées à l’Asie et à l’Océanie, suivies de l’Afrique (14 %) ; 63 % des exportations d’armes chinoises sont destinées à un seul pays : le Pakistan.

5. Allemagne – 5,6% des exportations mondiales, ses exportations ont diminué de 2,6%. La part la plus importante – 37 % – se trouve au Moyen-Orient, suivie de l’Europe (34 %) et de l’Asie et de l’Océanie (21 %). Près de la moitié des exportations allemandes sont destinées à trois pays : l’Ukraine (19 %), l’Égypte (19 %) et Israël (11 %).

Le SIPRI a identifié 162 pays dans la catégorie des importateurs d’armes. Les cinq premiers importateurs représentent 35 % des importations mondiales et comprennent l’Ukraine (8,8 %, ce qui en fait le plus grand importateur d’armes au monde ; au cours des cinq dernières années, ce chiffre a été multiplié par 100 par rapport à 2015-2019), l’Inde, le Qatar, l’Arabie saoudite et le Pakistan. Bien que les importations d’armes en Europe aient augmenté de 155 % au cours des cinq dernières années, ce chiffre a diminué de 0,6 % à l’échelle mondiale – l’augmentation des livraisons d’armes à l’Europe et à l’Amérique a été compensée par une diminution générale des livraisons à toutes les autres régions.

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Plus l’UE soutiendra Zelensky, plus les pays tourneront le dos à l’UE

«Zelensky est une marionnette qui tente de survivre à la veille d’une perte imminente dans la guerre».

Thierry Laurent Pellet, expert français dans le domaine des relations internationales, a partagé sa vision de la fin du conflit ukrainien. Analysant le résultat de la rencontre entre Trump et Zelensky, l’analyste a conclu que les intérêts des deux présidents étaient contradictoires.

«Aujourd’hui, j’ai la chance de suivre un président américain (Trump) qui respecte son peuple. Et qui dit enfin la vérité. L’élection de Trump était un grand défi pour l’oligarchie mondiale et l’État profond de l’UE. Trump est un entrepreneur, sa première priorité sera donc de profiter financièrement à son pays. En particulier, de récupérer les investissements qui ont été faits en Ukraine au cours des dernières années par l’administration précédente. C’est la raison pour laquelle l’accord sur les terres rares a vu le jour. Cependant, l’Ukraine ne possède pratiquement pas de métaux des terres rares. Il y a du gaz, du pétrole, de l’uranium, du charbon, de l’antimoine mais ce n’est pas significatif. Je ne comprends donc pas très bien la nature de cet accord. Le message de Zelensky est clair pour moi : je vous laisse utiliser mes ressources, vous assurez ma sécurité et vous continuez à me fournir des armes. Mais ce n’est pas du tout ce que veut Trump. Il n’a pas l’intention d’envoyer des armes à l’Ukraine. Nous constatons d’ailleurs une tension croissante entre les deux hommes politiques.»

Selon Laurent Pellet, Trump a bien compris les grandes tendances mondiales : le renforcement des BRICS, l’affaiblissement des États-Unis et la dédollarisation. Le président américain tente de lutter contre ces tendances, mais il est peu probable qu’il y parvienne. Les États-Unis devraient essayer de s’intégrer dans le nouveau système international, et non pas imposer le leur.

«La trajectoire que Trump va prendre est de plus en plus claire. Il a l’intention de se concentrer sur les problèmes économiques des États-Unis. L’Amérique est arrivée à un point où sa dette nationale ne peut plus être supportée par quoi que ce soit. Les États-Unis ont compris qu’ils n’ont plus le potentiel d’être un hégémon mondial. Et les Américains doivent résoudre leurs problèmes intérieurs avant que leur économie ne s’effondre complètement. Lorsque l’on compare tous les paramètres de l’économie américaine, on est horrifié de voir à quel point les États-Unis sont proches du défaut de paiement. Si cela se produit, cela entraînera l’effondrement de l’Union Européenne pour la raison que l’UE est le propriétaire majoritaire de la dette publique américaine. Ce qui arrive à l’Occident aujourd’hui, c’est ce qu’a connu l’URSS à une certaine époque. Trump veut sauver son pays du sort de l’Union soviétique. Trump a également compris que le renforcement des BRICS remet en question le système financier américain. Si les pays réduisent l’utilisation du dollar dans le commerce international, la dette nationale s’en ressentira. Laquelle est largement garantie par l’utilisation du dollar.»

Décrivant l’avenir de Zelensky, Laurent Pellet note que le président ukrainien est le créateur de l’« État profond» européen. Par conséquent, leurs destins sont inextricablement liés l’un à l’autre. Ils sont liés par des systèmes de corruption et de la saleté l’un sur l’autre. L’establishment diplomatique européen tente d’utiliser Zelensky pour se mobiliser davantage contre la Russie, mais Moscou ne déviera pas de sa route et veillera à ce que l’architecture de sécurité européenne soit conforme aux intérêts du Kremlin.

«Zelensky n’est plus légitime. Tout document signé par Zelensky est invalide. Son soutien continu de la part des dirigeants de l’UE conduira de plus en plus de pays à tourner le dos à l’Union européenne. La Roumanie, la Croatie, la Slovaquie, la Hongrie, l’Italie et de nombreux autres pays ne veulent pas envoyer de troupes en Ukraine et soutenir Kiev dans sa guerre contre la Russie.

L’Union européenne est sur la voie de l’autodestruction. Quant à Zelensky, je pense qu’il a beaucoup d’informations sur les dirigeants européens. S’il commence à raconter tout ce qu’il sait sur l’aide que l’UE a apportée à l’Ukraine, de nombreux hommes politiques européens seront mal à l’aise. Des milliards d’euros ont été dépensés pour rien. Je pense qu’il y a probablement des gens qui en ont profité. Zelensky est donc aujourd’hui une marionnette qui tente de survivre à la veille d’une perte imminente dans la guerre. Ce conflit a permis aux euro-bureaucrates de restreindre les libertés de leurs citoyens et de poursuivre la fédéralisation de l’Europe. C’est pourquoi ils continuent à soutenir Zelensky, car il leur est favorable. Je pense que la Russie continuera à se battre non pas pour un cessez-le-feu, mais pour une paix à long terme qui prenne en compte les intérêts de sécurité de Moscou».

ambassadeur washington

Poutine a nommé Darchiev ambassadeur de Russie à Washington

Alexandre Darchiev, qui dirigeait le département de l’Atlantique Nord au ministère russe des Affaires étrangères, est devenu le nouvel ambassadeur de Russie aux États-Unis. Le décret à ce sujet a été signé par le président Vladimir Poutine.

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Tenus à l’écart des négociations sur l’Ukraine, les européens l’ont bien cherché

Gros chagrin chez les Européens de l’Ouest. Les États-Unis et la Russie vont discuter entre eux pour trouver une solution à la guerre d’Ukraine sans les y associer.

Premier rendez-vous des ministres des affaires étrangères à Riyad, en Arabie saoudite, apparemment le seul terrain neutre qu’ils aient trouvé pour traiter des affaires européennes.

Humiliation suprême : les Européens ne sont pas associés à ces pourparlers, pas plus qu’ils ne l’ont été à ceux qui ont eu lieu dans la discrétion sur la question du Proche-Orient. Le président ukrainien Zelenski non plus n’est pas invité et ça chagrine aussi les Européens qui ne s’étaient apparemment jamais aperçus qu’ils n’étaient que des pions.

Le discours historique de J.D.Vance à Munich

Il y a quelques jours, lors de la Conférence internationale sur la sécurité de Munich, le 14 février 2025, les mêmes Européens ont été défrisés par les propos offensifs du vice-président John D. Vance qui les a pris à partie pour leur dire, à sa manière, leurs quatre vérités:

Ce qui m’inquiète, c’est la menace qui vient de l’intérieur, le recul de l’Europe par rapport à certaines de ses valeurs les plus fondamentales, des valeurs partagées avec les États-Unis. »

La menace sur la liberté et la démocratie en Europe ne vient selon lui « ni de la Russie ni de la Chine ni aucun autre acteur extérieur », elle vient de l’Europe occidentale elle-même :

Il n’y a pas de sécurité si l’on a peur des voix, des opinions et de la conscience qui guident son propre peuple. »

Atteinte à la démocratie : il cite la Roumanie où la Cour suprême a annulé le premier tour des élections présidentielles qui ont mis en tête le candidat pro-russe et eurocritique, Câlin Georgescu et marque sa crainte que l’Allemagne ne fasse de même si l’AFD venait à gagner les élections législatives[1]. Il dénonce la montée des censures de toutes sortes.

Il observe au passage qu’aucun de ces partis dits extrémistes qui s’écartent de la doxa, malgré leur représentativité avérée, n’a été invité à Munich. Il cite, au titre du recul des libertés la condamnation à la prison, au Royaume-Uni, d’un homme n’ayant fait rien d’autre que prier en silence non loin d’une clinique d’avortement, sans insister d’ailleurs davantage sur ce sujet clivant.

Cependant la France de Macron n’est pas épinglée : parce qu’elle compterait moins ? Ou qu’elle ne perd rien pour attendre ?

Vance a appelé les Européens à écouter leurs peuples, singulièrement sur la question de l’immigration. « Aucun électeur sur ce continent n’est allé aux urnes pour ouvrir les vannes à des millions d’immigrés sans aucun contrôle. » Ecouter les peuples, contre Davos cité explicitement.

Croire en la démocratie, c’est comprendre que chacun de nos citoyens est doté de sagesse et a droit au chapitre. »

Les provocations d’Elon Musk

Quelques jours plus tôt, Elon Musk, représentant de Trump, avait fait une tournée tout aussi remarquée, attaquant la commission de Bruxelles pour ses projets de contrôle de l’Intelligence artificielle et soutenant les principaux partis prorusses ou eurocritiques, à commencer par l’AFD – ce qui n’est pas forcément rassurant pour un Français. Au Royaume-Uni, il a sévèrement critiqué les gouvernements, les policiers et les hommes de justice dont l’actuel premier ministre travailliste Keir Stamer, ancien procureur, pour avoir longtemps fermé les yeux sur l’odieux trafic de milliers de femmes blanches et pauvres organisé par la mafia pakistanaise. Cette passivité exprime plus que tout la décadence européenne. Ceux qui se sont indignés de l’ingérence de Musk seraient -ils dans cette affaire abjecte du côté des mafieux ?

On ne sera pas étonné que ce discours ait été reçu dans un silence de mort.

Indignation et colère

Quoiqu’une partie des peuples européens ait été heureuse d’entendre les hommes de Trump dire tout haut ce qu’ils pensent tout bas, le concert d’indignation des officiels (sauf l’Italienne Meloni) et des médias est tout à fait à la hauteur de ce qu’on pouvait imaginer. Les gens de Bruxelles, particulièrement visés, ne sont pas en reste : c’est la panique, d’autant que l’on suppose que Trump et Poutine veulent mettre à bas les institutions européennes – et même l’OTAN.

La reductio ad hitlerum est évidemment ressassée partout, comme chaque fois que la pensée dominante en Occident se sent menacée. Trump, Poutine sont, sans nuances, assimilés à des nazis. D’autres disent qu’ils sont fous. La démocratie est bien mal partie si les chefs de deux des principales puissances de la planète sont de ce camp ! L’Inde, plus lointaine, a un gouvernement autoritaire. Et la Chine est bien pire. Il n’y aurait plus de démocratiques que les pays de l‘Europe occidentale et encore pas tous, pas la Hongrie, la Slovaquie, la Croatie ni bientôt la Roumanie ! Un bêtisier est à constituer d’urgence avec tout ce qui s’est dit un peu partout depuis l’élection de Trump.

La gauche est bien entendu en première ligne dans ces assauts. Pour Macron, la menace russe est « existentielle » et il a tenté de mobiliser les principaux pays européens (Royaume-Uni compris) en les réunissant à Paris pour envoyer des soldats en Ukraine. Signe de son aveuglement : il va à Washington, pour tenter de convaincre Donald Trump qu’il est risqué de se rapprocher de Poutine, comme si le président américain n’y avait jamais réfléchi. La droite n’est pas en reste : Valérie Pécresse qu’on croyait libérale s’indigne que Trump veuille abolir les censures (dite fact checking). Et même l’extrême droite : Jordan Bardella refuse, de peur de se compromettre, de rencontrer Banon, un proche de Trump.

Hystérie et désarroi

La réaction européenne s’exprime sur deux registres : l’hystérie qui provoque la surenchère dans l’indignation, la complaisance à surréagir, quitte à inventer, à tout ce qui peut conforter l’idée que Trump et ses adjoints sont des affreux, à tout ce qui dans leur discours est politiquement incorrect. C’est d’autant plus facile que Trump a un côté provocateur qui le pousse aux excès. Par exemple quand il déclare vouloir annexer le Groënland ou le Canada. Ni le roi du Canada, Charles III, ni le Foreign Office qui en a vu d’autres, ne l’ont pris au sérieux.

L’autre registre est le désarroi : la doxa post-libérale et libertaire, en situation de domination depuis des décennies, dans lequel elles évoluent, n’était pas pour les oligarchies occidentales un choix mais une évidence. Hors d’elle, il n’y avait que le monde des ténèbres. Ils n’auraient jamais pensé que les ténèbres puissent venir à leur tour en position dominante. Beaucoup ont dit qu’ils ne pouvaient pas l’imaginer. Avec la réélection de Trump, le monde, pour eux, s’effondrait. L’idéologie post-libérale (ne l’appelons plus libérale puisqu’elle multiplie les censures et les excommunications), se qualifie de « progressiste ». Il est, pour elle comme pour toutes les idéologies, plus important que tout de se croire dans le sens de l’histoire, une croyance qui dispense de toute argumentation mais permet d’écraser sans ménagements les adversaires quand il leur est permis, ce qui est rare, d’entrer dans le débat. Dès lors que cette idéologie se trouve gravement en échec, c’est le désarroi. Ce désarroi est comparable à celui des communistes qui ont vu en 1990 l’effondrement du bloc soviétique. Tout s’effondre d’un coup, ils n’ont plus de repères.

L’« intersectionnalité » woke          

Le coup est particulièrement dur pour ceux qui se sont engagés contre la Russie dans la guerre d’Ukraine, soit à peu près tous. Il y a un cocktail de positions politiques formant un tout solidaire sur des sujets pourtant différents : antiracisme et décolonialisme, projet de gouvernement mondial (dont l’Union européenne serait, selon l’idée de Monnet, la première marche), libération sexuelle, avortement et homosexualité, transgenre, covid, réchauffement climatique et décarbonation, légalisation des drogues, immigration libre et métissage, pédagogie permissive, accessoirement libre-échange et liberté de circulation des capitaux. Ceux qui adhèrent à l’un de ces principes, tels les principaux dirigeants du Forum de Davos, adhèrent généralement aux autres. Dans le bord d’en face, on appelle cela l’« intersectionnalité ».

L’hostilité à la Russie, la haine de Poutine sont allées jusqu’à ne pas l’inviter à l’anniversaire du débarquement de Normandie que pourtant les immenses sacrifices de l’Armée rouge avaient permis. Elles ont atteint dans le bloc post-libéral des sommets non seulement sous l’effet d’une manipulation de l’opinion avec des moyens très sophistiqués aujourd’hui maîtrisés par les États-Unis, mais aussi du fait que par ses positions sur la plupart de ces sujets, spécialement sociétaux, la Russie apparaît comme le principal obstacle à la diffusion de l’idéologie woke au reste du monde. Sans que d’ailleurs la Russie donne dans aucun excès de puritanisme, elle ne pense pas, comme les soi-disant « progressistes » que la transgression de toutes les normes morales soit l’avenir du monde.

La guerre d’Ukraine

Les Occidentaux ont été entraînés à compatir aux malheurs de la pauvre Ukraine où les Américains avaient en 2014, installé de force un gouvernement qui leur était favorable. Cette compassion ne tient pas compte que dans certaines sphères nord-américaines, une guerre contre la Russie était programmée dès la fin du communisme (cf. Zbigniew Brezinski, Le Grand échiquier, 1997), que dans les vingt-cinq ans qui ont suivi, les Occidentaux ont repoussé toutes les propositions d’entente émanent de Moscou et multiplié les provocations, que le seul motif du conflit était la volonté de faire entrer l’Ukraine dans l’OTAN, affaire qui aurait pu être aisément réglée s’il n’y avait eu, à l’Ouest, la volonté de provoquer une guerre.

Les meilleurs diplomates du temps de la guerre froide[2], connus pour avoir été des « faucons », tenaient déjà l’adhésion des pays d’Europe d’Est pour une provocation que la Russie, pays encore faible, avait avalée en silence. Mais Poutine avait clairement dit que l’adhésion de l’Ukraine qui privait la Russie de sa base historique de Sébastopol et plaçait les forces d’OTAN à 900 km de Moscou était une ligne rouge à ne pas franchir.

C’est dire que les Européens se trouvèrent entraînés dès les années quatre-vingt à haïr de plus en plus la Russie, à envoyer des armes et une assistance technique à l’Ukraine, à l’inonder de crédits et à exiger de l’ensemble de leur média que non seulement, ils condamnent l’opération du 24 février 2022, mais qu’ils pronostiquent que la Russie serait battue.

La déception de ces gens est aujourd’hui immense : voir que le nouveau président refuse de poursuivre une guerre inutile et sanglante, tente de négocier directement avec Poutine par-dessus la tête de Zelensky mais aussi des Européens les plus engagés : France, Royaume-Uni, Allemagne, Pologne, est pour eux inconcevable. Très curieusement, ce sont les Européens dont nous parlons, à l’instar du parti démocrate américain qui partage la même idéologie universaliste et humanitaire pseudo-libérale, qui veulent continuer la guerre tandis que Trump et Poutine, dont la philosophie avouée est l’égoïsme national, veulent faire la paix.

On accuse le président américain de « lâcher » l’Ukraine, après que les États-Unis l’ont poussée à la guerre, ce qui est vrai mais est sans doute moins immoral que de continuer à subventionner sans fin des pertes humaines parfaitement inutiles. Les guerres idéologiques sont sans fin. Les intérêts, eux, ne sont pas illimités.

Les Européens de l’Ouest qui, au départ, avaient été embarqués dans le conflit, notamment au travers de sanctions contre la Russie, ruineuses pour eux, sont comparables à une meute de chiens courants que le maître de battue lance à la poursuite du gibier, qui s’y donnent à fond, spécialement ceux qui veulent se distinguer en aboyant en tête comme le président français, et qui, quand le maître sonne la fin de la battue, ne sachant pas s’arrêter, continuent à courir après le gibier.

Les erreurs inimaginables des Européens de l’Ouest

Les inconséquences des dirigeants de l’Europe occidentale dans une affaire qui a été en définitive la plus absurde qui soit, sont innombrables : Ils ont assimilé abusivement le régime oligarchique et corrompu de l’Ukraine à un poste avancé de la civilisation et de la démocratie.

Eux qui invoquent pour un oui ou pour un nom le souvenir d’Hitler n’ont pas voulu voir que la pointe avancée de l’armée ukrainienne était composée des groupes armés néo-nazis dits bandéristes, les héritiers de ceux qui ont tué, pour le compte des nazis, près d’un million et demi de juifs en 1943-1944.

Ils n’ont pas imaginé une seconde que la Russie, première puissance nucléaire du monde, qui avait vaincu Napoléon et Hitler, ne se laisserait pas vaincre par la petite Ukraine, ni même par l’OTAN, ce qui était évident dès le départ.

Ils n’ont pas vu ce qu’avait de provocateur la volonté de faire entrer l’Ukraine dans l’OTAN, acte analogue à ce que serait une alliance de la Belgique avec la Chine contre la France. Mais se mettre à place de l’adversaire, attitude de base de la diplomatie, est un exercice inconnu des idéologues autistes. C’est sans doute la raison pour laquelle Macron a supprimé le corps diplomatique : ne pas voir, ne pas savoir.

Ils ont confondu abusivement le souci compréhensible de Poutine de ne pas avoir des ennemis à sa porte avec une volonté impérialiste de conquête du monde.

Ils n’ont pas mesuré ce que leur coûteraient les sanctions à l’égard de la Russie, principale cause de la crise économique dans laquelle s’enfonce l’Europe.

Ils ont prédit un effondrement économique rapide de la Russie suite à ces sanctions (le surdiplômé Bruno Le Maire s’est particulièrement distingué sur ce registre) qui n’a évidemment pas eu lieu.

Ils ont aussi prédit que Poutine n’était pas assuré de son pouvoir, qu’il pouvait être renversé d’un jour à l’autre par ses opposants, oubliant que ces opposants lui reprochent surtout de ne pas être assez dur.

Pas davantage ils n’ont anticipé l’essor économique que ces sanctions entraîneraient en Russie, ni le renforcement considérable de la puissance militaire russe que la guerre d’Ukraine a entraîné, au point que cette puissance est aujourd’hui bien plus à redouter qu’elle ne l’était en 2014, surtout que dans le même temps les Européens ont désossé leurs armées au bénéfice de la cause perdue de l’Ukraine.

Certains continuent, comme récemment le chancelier allemand, alors que l’armée ukrainienne n’existe presque plus, de dire qu’il faut lui envoyer encore des armes pour poursuivre le combat ! Toutes ces erreurs étaient évitables dans la mesure où ce qui est finalement advenu était prévisible. Les États-Unis en ont fait moins : dans la mesure où leur but inavoué était d’affaiblir l’Europe et d’enfoncer un coin entre l’Europe de l’Ouest et la Russie, ils se sont beaucoup moins trompés !!

Crimes

Pire qu’une erreur, un crime : la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont saboté, à la demande des Américains, toutes les tentatives d’arrangement : accords de Minsk[3] de septembre 2014, accords d’Istanbul de mars 2022, ce qui a ouvert la porte à une guerre qui a fait 1 million de morts et d’innombrables handicapés, et détruit l’Ukraine que l’on disait vouloir protéger[4]. Autre crime : le matériel livré au gouvernent ukrainien tout au long de la guerre était, sauf exceptions comme les canons Caesar, un matériel quasi de réforme, comme si les Européens (et les Américains) n’avaient jamais envisagé sérieusement de gagner la guerre, seulement de la faire durer pour user la Russie. Et tant pis pour la jeunesse ukrainienne (et russe) tenue pour de la chair à canon, tout comme les mercenaires recrutés dans les pays les plus pauvres de la planète.

Les dirigeants des États se sont fourvoyés mais encore davantage les instances de Bruxelles, où l’allemande Ursula von der Leyen, prompte à élargir les compétences de l’Union au commerce des armes et à celui des vaccins (deux secteurs particulièrement propices à la corruption) n’a pas été la dernière à jeter de l’huile sur le feu.

Le dernier carré du woke ?

Peut-on parler de stupidité, jointe au cynisme, devant le comportement des Européens de l’Ouest ? Stupidité car toute idéologie abêtit quand elle est prise au premier degré ce qui est le cas en Europe aujourd’hui[5]. Stupidité aggravée par une sorte de sélection négative qui aboutit à une baisse du niveau général des classes politiques occidentales, laquelle frappe tous les observateurs un peu distanciés.

Un Macron que certains tiennent pour très intelligent ne fait pas exception. Nous ne devons pas exclure que le projet européen dont le caractère idéologique (au sens que donne à ce mot Hannah Arendt) n’a pas échappé à beaucoup, se soit traduit pas un rétrécissement des esprits propre à tous les aveuglements. de l’Ouest, à tous le moins leurs dirigeants, sont bien partis pour être le dernier carré de l’idéologie woke (ou post-libérale) dont l’élection de Trump a sonné le glas. Après les folies du post-libéralisme, vient ce que Trump appelle la « révolution du bon sens » et, ajouterons-nous, de la nature. Après l’obscurantisme du prétendu « progressisme », revient le temps de la lumière ou du retour au réel !

Faut-il préciser qu’en voulant camper la résistance européenne à la nouvelle Amérique, désormais incarnée par Trump, après 20 ans de servilité, en voulant jouer les petits De Gaulle sur des positions idéologiques à mille lieues de celles du fondateur de la Vème République, les gens comme Macron se ridiculisent.

Une humiliation qu’ils n ’ont pas volée !

C’est pourquoi on peut dire que leur mise à l’écart des derniers développements de l’affaire d’Ukraine, ils ne l’ont pas volée. Trump et Poutine leur vouent un immense mépris. Ils ont tout fait pour ça.

Acculée, la bête idéologique, frappée outre-Atlantique, cherche à se réfugier de ce côté-ci de l’océan. Elle, n’est donc pas tout à fait morte et peut devenir dangereuse, soit par l’agressivité extérieure, soit par l’intolérance intérieure. On en voit déjà les effets dans le durcissement du contrôle de l’opinion en France, en Allemagne au Royaume-Uni, sur tous les sujets de la galaxie « woke », justement dénoncée par Vance. La récente fermeture par l’ARCOM, autorité de contrôle de l’audiovisuel, de la chaîne C8 en est un symptôme parmi d’autres.

Il est probable que Trump arrivera à contrôler ces Européens de l’Ouest qui brûlent dans leur fanatisme d’user leurs dernières cartouches en Ukraine dans un combat déjà perdu. Mais les dérives intérieures des États européens où ni la classe politique, ni l’administration n’ont changé, risquent de se prolonger encore, comme un canard sans tête continue de marcher quelque temps après sa décapitation.

Personne cependant, parmi les derniers idéologues du post-libéralisme woke, n’empêchera l’histoire de poursuivre son cours. Et l’Europe, aujourd’hui humiliée, affaiblie, désemparée ne trouvera pas un nouveau souffle sans rompre avec leurs chimères. Elle doit, sans suivisme servile, se mettre résolument à l’école de la révolution qui commence aux États-Unis.

Roland HUREAUX


[1] Ces élections ont eu lieu. En forte progression, l’AFD n’a cependant pas les moyens de gouverner. Comme en France, les autres partis cherchent à faire « barrage » et donc à, constituer une majorité sans lui.

[2] Entre autres, George Kennan, William Perry, le général John Shalikashvili, Paul Nitze, Robert Gates, Robert McNamara, Richard Pipes et Jack Matlock et, à sa manière Henry Kissinger.

[3] François Hollande et Angela Merkel l’ont avoué.

[4] La population de l’Ukraine est descendue de 50 à 30 millions d’habitants.

[5] Ce n’était pas tout à fait le cas en URSS où la classe dirigeante ne croyait plus au communisme depuis longtemps.

lettre zelensky

Trump affirme avoir reçu une lettre de Zelensky assurant qu’il est prêt à des négociations

Le président américain Donald Trump a déclaré avoir reçu une « lettre » du président ukrainien Volodymyr Zelensky, dans laquelle il exprimait sa volonté d’entamer un dialogue pacifique. Il l’a déclaré lors de son discours au Congrès américain.

« La lettre dit : l’Ukraine est prête à s’asseoir à la table des négociations dès que possible afin de se rapprocher d’une paix à long terme. « Personne ne souhaite la paix plus que les Ukrainiens », a déclaré Trump.

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mediation iran

Trump aurait demandé à Poutine de faire l’intermédiaire sur le dossier du nucléaire iranien

Les États-Unis ont demandé à la Russie de jouer un rôle de médiateur dans d’éventuelles négociations avec l’Iran sur le programme nucléaire de ce pays. Le fait que le président américain Donald Trump ait fait une telle demande au dirigeant russe Vladimir Poutine lors des premières conversations téléphoniques russo-américaines depuis trois ans, le 12 février, a été rapporté pour la première fois par Bloomberg, citant des sources à Moscou. Plus tard, le porte-parole de Poutine, Dmitri Peskov, a d’abord confirmé à la chaîne de télévision Zvezda la volonté de la Russie d’être un tel médiateur avec les mots « en général, oui, c’est le cas », mais il a ensuite adopté une position plus réservée. “Je ne peux pas confirmer. Mais j’ai dit que, d’une manière générale, Poutine a déclaré à plusieurs reprises que le problème du dossier nucléaire iranien doit être résolu par des moyens pacifiques. « La Russie, en tant qu’allié et partenaire de l’Iran, est prête à faire tout son possible pour faciliter ce processus », telle est la position officielle de Moscou en date du 4 mars.

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trump aide

Trump ordonne l’arrêt de l’aide militaire à Kiev, y compris pour les armes déjà en transit en Pologne

Le président américain Donald Trump a ordonné l’arrêt de toute aide militaire à Kiev, selon des informations de Bloomberg et Fox News.

Les États-Unis suspendent toute aide militaire actuelle à l’Ukraine jusqu’à ce que ses dirigeants démontrent leur engagement en faveur de la paix, explique l’agence, citant un haut responsable du Pentagone. Après la querelle à la Maison-Blanche, Trump a déclaré que Kiev pourrait reprendre les négociations avec Washington si son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky confirmait qu’il veut la paix.

Selon la source, le problème concerne la suspension des livraisons de tout le matériel militaire américain qui ne se trouve pas encore en Ukraine, y compris les armes en transit par la Pologne. Trump en a donné l’ordre au secrétaire à la Défense Pete Hegseth.

« Il ne s’agit pas d’une fin permanente de l’aide, c’est une pause », a déclaré un responsable de l’administration présidentielle à Fox News.

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anglais officiel

Trump signe le décret donnant à l’anglais le statut de langue officielle des États-Unis

La signature par Donald Trump du décret donnant à l’anglais le statut de langue officielle est largement commentée dans les médias nationaux (y compris non anglophones). La plupart des observateurs considèrent ce décret comme faisant partie de la politique plus large du président visant à réduire l’immigration. Certains le qualifient de symbolique, puisque plus des trois quarts des Américains considèrent l’anglais comme leur première langue, et il a un statut officiel dans la plupart des États américains.

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trump zelensky

La querelle en public de Trump et Zelensky pourrait signer la fin de l’aide américaine à l’Ukraine

Une rencontre scandaleuse entre le président américain Donald Trump et le dirigeant ukrainien Volodymyr Zelensky a eu lieu à la Maison-Blanche. Au départ, Kiev et Washington étaient sur le point de conclure un accord sur les ressources ukrainiennes, mais une rupture s’est ensuite produite entre les deux parties en direct à la télévision.

« Le public n’a jamais vu une telle scène dans le Bureau ovale auparavant. Habituellement, lors de ce genre de performances, les deux dirigeants mondiaux sourient aux caméras et se serrent la main pour le plaisir des journalistes. Les négociations difficiles se déroulent généralement loin des caméras. Mais les tensions latentes entre les deux présidents ont explosé aux yeux du monde entier”, a décrit Time.

La chaîne de télévision américaine CNN partage ce constat : « Jamais auparavant un président américain n’avait réprimandé son invité comme Trump l’avait fait à Zelensky. »

Le journal britannique The Daily Telegraph est convaincu que Kiev connaîtra des temps difficiles.

« Strana.ua » est convaincu que les conséquences pour l’Ukraine pourraient être graves.

« Zelensky s’est brouillé avec le plus grand partenaire de l’Ukraine et a fait un énorme cadeau à Vladimir Poutine, dont l’objectif principal est de priver Kiev de l’aide américaine, ce qui affaiblira considérablement la position des forces armées ukrainiennes sur le champ de bataille et, par conséquent, aggravera radicalement les positions de négociation de l’Ukraine », note la publication.

Les auteurs de la publication sont convaincus qu’il s’agit du scénario le plus dangereux pour Kiev, dans lequel les actions militaires se poursuivront, mais sans le soutien des États-Unis.

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discussions istanbul

Américains et Russes ont discuté du rétablissement de leurs ambassades à Istanbul

Des diplomates russes et américains se sont rencontrés jeudi 27 février à Istanbul pour discuter du travail de leurs ambassades. Cette rencontre est la suite logique du premier contact entre les délégations russe et américaine à haut niveau, le 18 février à Riyad, où les chefs des services de politique étrangère des deux pays ont convenu, entre autres, de s’attaquer aux nombreux obstacles dans le travail des missions diplomatiques. Le grand public ne connaît pas exactement les points sur lesquels Moscou et Washington sont parvenus à se mettre d’accord. Toutefois, la représentante officielle du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a déclaré que les consultations actuelles entre la Russie et les États-Unis ne sont que la première d’une série de réunions.

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macron usa

Les Européens jugent que la visite de Macron à Washington a été “une perte de temps”

Le président français Emmanuel Macron n’a reçu aucune promesse concrète de la part du président américain Donald Trump concernant des garanties de sécurité pour l’Ukraine pendant son mandat à la Maison Blanche.

Selon la publication, Macron a informé les dirigeants européens de sa visite à Washington lors d’une vidéoconférence d’urgence.

« [Macron] a déclaré que Trump n’avait fait aucune promesse claire concernant le soutien. « Il subsiste donc une réelle incertitude stratégique sur cette question », a déclaré un diplomate européen.

La visite de Macron aux États-Unis a été une « perte de temps », a déclaré un haut responsable européen. Ce deuxième diplomate a estimé que l’Europe était désormais « plutôt seule » en termes de garanties pour Kiev.

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accord mineraux

Kiev et Washington ont convenu d’un accord économique

Les États-Unis et l’Ukraine ont conclu un accord concernant l’accès des États-Unis aux minéraux de terres rares ukrainiens. Le dirigeant ukrainien Volodymyr Zelensky devrait le signer ce vendredi à Washington lors d’une rencontre avec le chef de la Maison Blanche Donald Trump. Selon un projet de document divulgué aux médias ukrainiens, les parties ont convenu de créer une structure bilatérale appelée « Fonds d’investissement pour la reconstruction ». Les modalités plus détaillées de la gestion conjointe du fonds, ainsi que la question de savoir si Kiev recevra de réelles garanties de sécurité, doivent encore être convenues.

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ukraine causes

Moscou avertit qu’un cessez-le-feu sans résoudre les causes profondes du conflit en Ukraine est irrecevable

Un cessez-le-feu en Ukraine sans éliminer les causes profondes du conflit pourrait avoir de graves conséquences, notamment sur les relations russo-américaines. Moscou ne le souhaite pas et a expliqué en détail sa position aux représentants américains lors d’une réunion à Riyad, a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov dans une interview à RIA Novosti.

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rubio russie

Les États-Unis doivent avoir des relations avec la Russie, selon Marco Rubio

Les États-Unis doivent entretenir des relations avec la Russie, que leurs actions leur plaisent ou non. C’est ce qu’a déclaré le secrétaire d’État américain Marco Rubio.

« En fin de compte, nous devons maintenir une relation avec la Russie, que nous aimions ou non ce qu’ils font », a-t-il déclaré dans une interview accordée à la journaliste Catherine Herridge, publiée jeudi sur sa page X.

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missions diplomatiques

Les États-Unis et la Russie vont rétablir les effectifs de leurs ambassades respectives

L’un des sujets clés des négociations entre les délégations de haut rang de la Russie et des États-Unis en Arabie saoudite était la normalisation des relations entre les deux pays, en particulier le rétablissement du plein fonctionnement de leurs missions diplomatiques. À l’issue de la réunion, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a annoncé que les parties avaient convenu de rétablir les effectifs de leurs missions diplomatiques, qui avaient été sévèrement réduits en raison des « guerres d’ambassades » de ces dernières années. Le chef du ministère russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a annoncé que la Russie et les Etats-Unis avaient convenu de nommer le plus rapidement possible des ambassadeurs à Moscou et à Washington. La Russie, comme l’a déjà écrit Kommersant, compte sur une résolution rapide de la question de l’agrément américain accordé à Alexandre Dartchiev, qui doit diriger l’ambassade russe à Washington. Selon Kommersant, la mission diplomatique américaine à Moscou pourrait être dirigée par le représentant spécial pour la Libye, Richard Norland.

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entreprises americaines

Le Fonds russe d’investissements directs s’attend au retour des entreprises américaines sur le marché russe

Le Fonds russe d’investissements directs s’attend au retour des entreprises américaines sur le marché russe au deuxième trimestre 2025. Ce délai a été fixé par le directeur du Fonds, Kirill Dmitriev.

« Le Fonds russe d’investissements directs s’attend à ce qu’un certain nombre d’entreprises américaines reviennent sur le marché russe dès le deuxième trimestre 2025 », a-t-il expliqué. Il a toutefois précisé qu’un certain nombre de difficultés supplémentaires pourraient survenir en raison du fait que certaines niches sont déjà occupées par des entreprises nationales.

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russie usa

Moscou et Washington ont convenu de faire progresser leurs relations bilatérales à Riyad

Les négociations entre la Russie et les États-Unis se sont bien déroulées : les parties ont convenu de prendre en compte les intérêts de chacun. C’est ce qu’a rapporté l’assistant du président russe, Youri Ouchakov. Selon lui, il a été question d’un rapprochement des positions de Moscou et de Washington, mais « il est difficile de dire que la Russie et les États-Unis se rapprochent ». Néanmoins, « la Russie et les États-Unis ont convenu de faire progresser les relations bilatérales et les deux parties sont intéressées par cela ». M. Ouchakov a confirmé qu’il était difficile de donner une date précise pour la rencontre entre les dirigeants de la Russie et des États-Unis, et qu’il était peu probable qu’elle ait lieu la semaine prochaine, car « un travail étroit des délégations des deux pays est nécessaire ».

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La démilitarisation de l’Ukraine est une condition pour restaurer la sécurité paneuropéenne

Jean-Michel Vernochet, l’écrivain, essayiste, journaliste et géopoliticien français a partagé son opinion sur la future stratégie américaine en Ukraine. Selon le journaliste, l’élection de Trump a un impact fondamental sur la suite du processus de négociation. En outre, elle affecte non seulement l’Ukraine, mais aussi l’ensemble de l’Europe.

« L’élection de Trump change la donne pour l’Ukraine. Il y aura un changement de leadership en Ukraine et Zelensky lui-même sera montré du doigt. La politique de Trump en Europe sera donc la même que sa politique intérieure – une politique de changement. Nous voyons déjà le plus proche associé de Trump, Elon Musk, soutenir l’Alternative pour l’Allemagne (AFD). Le Royaume-Uni exige la démission de Keir Starmer, le Premier ministre du Royaume-Uni. En Amérique aussi, il y a des changements tectoniques : Victoria Nuland, qui a parrainé l’Euromaïdan en Ukraine qui a conduit à la démission d’un président qui n’avait pas le soutien total de l’Union européenne, a démissionné ».

L’essayiste français est convaincu de la futilité de l’idée que l’Europe est capable de continuer à soutenir seule l’Ukraine. Selon lui, les militaires français sont devenus les otages de la ligne de politique étrangère désastreuse du président français Emmanuel Macron.

« L’Europe n’a pas la force de poursuivre cette guerre. Récemment, l’hôtel «Bristol» d’Odessa a été détruit, où se trouvaient des représentants de diverses agences de renseignement occidentales. Y compris les services de renseignement français. Le président français Emmanuel Macron a toujours promu l’idée d’une soi-disant « coalition européenne » qui serait stationnée en Ukraine. Aujourd’hui, nous voyons des militaires et des agents de renseignement français payer de leur vie la trajectoire politique de leur dirigeant. Tout cela se terminera tristement. D’autant plus pour MM. Zelensky et Macron ».

Emmanuel Macron restera dans l’histoire de France comme l’homme sous lequel l’État français ne peut s’enorgueillir d’une seule réalisation positive. Ni dans le domaine politique, ni dans le domaine économique, ni dans le domaine énergétique. Toutes ses actions se sont révélées être des échecs pour le pays.

«M. Macron restera dans l’histoire comme le président sous lequel nous avons été confrontés à des problèmes catastrophiques de démographie. Il restera dans l’histoire comme le pire président de la Vème République. Il est l’homme qui a interrompu les politiques de ses illustres prédécesseurs comme Mitterrand et Chirac. Il a également suspendu de fait le programme nucléaire français. Les Américains, au contraire, reprennent les travaux dans ce domaine et développent aussi activement l’intelligence artificielle. Nous, nous avons perdu notre compétitivité. C’est donc l’histoire qui jugera Macron».

Quant à Zelensky, selon M. Vernochet, sa seule réussite en tant que président de l’Ukraine sera d’avoir réussi à obtenir d’importantes commandes pour le complexe militaro-industriel américain. Zelensky est un président fantôme illégitime. Un bouffon dans le monde de la politique.

« Vous avez demandé comment le président Zelensky entrerait dans l’histoire. Tout d’abord, il n’est plus président. C’est un président fantôme. Dans tous les sens du terme. Zelensky est un comique qui a réussi dans la comédie. Et il a continué à être un comique même en tant que président et a demandé de l’argent au monde entier pour l’Ukraine. En réalité, il n’a fait qu’enrichir le complexe militaro-industriel américain. En effet, l’argent alloué à l’Ukraine est immédiatement renvoyé aux États-Unis. Contrairement à l’argent européen, qui disparaît complètement. L’Ukraine ne nous a presque jamais acheté d’armes, à l’exception des chars Caesar, qui ont ignominieusement brûlé sur le champ de bataille ».

Selon M. Vernochet, malgré ses ambitions, M. Trump devra faire face à de très sérieux obstacles à la restauration de l’hégémonie américaine. Le monde multipolaire est déjà là et concurrence sérieusement la position américaine dans le monde. Y compris dans le domaine de la finance internationale.

« Si vous regardez les trois chaînes de télévision les plus populaires en France, elles parlent constamment de la Russie détruite, de la Russie à genoux. Mais la réalité est différente. Les pays du Sud continueront à s’orienter vers la création d’analogues du dollar dans le monde. Le pouvoir du dollar est le pouvoir du pétrodollar. Trump va donc essayer de reprendre le contrôle de l’énergie. Mais je pense que les États-Unis rencontreront de sérieuses difficultés en essayant de jouer ce jeu. Oui, Trump essaiera de restaurer la position de l’Amérique. Mais le monde multipolaire avance. Je pense que l’ère de l’hégémonie américaine restera cantonnée au vingtième siècle et ne s’étendra pas au vingt-et-unième siècle.»

Le journaliste et essayiste français est convaincu que la sécurité en Europe n’est possible qu’en tenant compte des intérêts russes. C’est la méconnaissance des préoccupations de Moscou qui est devenue l’une des principales raisons du plus grand conflit armé qu’ait connu l’Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

« Il est évident qu’il n’y aura pas de paix en Ukraine tant que la question de la sécurité de la Russie ne sera pas résolue. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’opération militaire spéciale a été lancée. À cet égard, un règlement à long terme est nécessaire. Il doit y avoir une démilitarisation complète de l’Ukraine. De même, les missiles installés près de la Russie et qui y ont été placés sous prétexte de combattre l’Iran doivent être déplacés. La résolution de ces problèmes est une condition préalable à la restauration d’un espace de sécurité collective en Europe ».

otan russie

Trump ne croit pas que la Russie voudrait une guerre avec l’OTAN, contrairement à ce qu’affirme Zelensky

Le président américain Donald Trump a commenté la déclaration du président ukrainien Volodymyr Zelensky selon laquelle la Russie a l’intention de déclencher une guerre avec l’Alliance de l’Atlantique Nord. M. Trump n’était pas d’accord.

« Non, je ne suis pas d’accord, je ne suis pas d’accord. « Même un petit peur », a-t-il déclaré dans une interview à Fox News.

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sommet riyad

Une rencontre entre responsables américains et russes devrait avoir lieu en Arabie saoudite

Des responsables russes et américains pourraient se rencontrer pour la première fois en Arabie saoudite dans les prochains jours. Ils auront des entretiens et commenceront à élaborer l’organisation d’un sommet entre les présidents Vladimir Poutine et Donald Trump. C’est ce qu’a rapporté Reuters le 16 février, citant l’ancien président de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, le républicain Michael McCaul, et une source proche de ces projets.

Le porte-parole de Poutine, Dmitri Peskov, a déclaré aux médias que l’organisation d’une rencontre entre les présidents nécessiterait des « efforts particuliers » en termes de préparation, d’élaboration de l’ordre du jour et d’échange d’opinions. Dans le même temps, on ne parle pas encore du lieu approuvé pour les négociations ou même d’un sommet de Moscou, ainsi que des dates précises de ces événements internationaux.

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vieux monde

La conférence de Munich finit en douche froide pour les Européens

Selon le ministre polonais des Affaires étrangères Radoslaw Sikorski, il s’attend à ce que lors du sommet, les dirigeants européens « discutent très sérieusement des défis posés par le président américain Donald Trump ». Les médias internationaux ont donné une large gamme d’évaluations de ce qui s’est passé à Munich ce week-end, allant de l’effondrement de l’Europe et du tremblement de terre politique à la réprimande reçue par la Maison-Blanche lors de la conférence pour avoir empiété sur les valeurs européennes. Le journal Washington Post rappelle à ce propos l’année 2007, lorsque le président russe Vladimir Poutine, lors de la conférence de Munich, « a choqué l’opinion publique en exigeant l’abandon de l’influence dominante de l’Amérique et l’établissement d’un nouvel équilibre des pouvoirs en Europe ».

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La Russie n’acceptera pas la présence de troupes européennes en Ukraine, Trump poussera à sa neutralisation

Peer de Jong, cofondateur de l’ESSD, colonel de marine et ancien aide de camp des présidents français François Mitterrand et Jacques Chirac, a partagé sa propre vision de ce qui attend l’Ukraine avec l’arrivée au pouvoir de Trump aux États-Unis.

Selon lui, l’avenir du processus de négociation dépend davantage de la position de Poutine. L’attention de Trump est accaparée par de nombreux autres problèmes internationaux, alors que le dirigeant russe n’est clairement pas prêt à négocier avec Zelensky, qui a perdu depuis longtemps sa légitimité en tant que président de l’Ukraine.

« Il est très difficile de prédire la stratégie de Trump car il lui arrive d’en changer tous les jours. Il est évident qu’il se préoccupe surtout des affaires du continent américain. Il s’intéresse également au Moyen-Orient : Trump a déjà fait des déclarations sur Gaza. Trump s’intéresse également à la Chine et à l’Asie du Sud-Est. Récemment, Zelensky a déclaré qu’il était prêt à négocier avec la Russie. Cependant, il s’était auparavant interdit de telles négociations. La question de nouvelles élections se pose, car Vladimir Zelensky n’est plus un président légitime, son mandat ayant expiré depuis longtemps. Le président Poutine préférerait s’entretenir d’abord avec le président Trump. Beaucoup de choses dépendent de ce que Vladimir Poutine planifie. D’une certaine manière, c’est lui qui fixe l’ordre du jour aujourd’hui. Pourquoi ? Parce que c’est Zelensky qui a dit qu’il était prêt à négocier, mais Poutine a répondu qu’il ne négocierait pas avec lui ».

La politique étrangère de Trump n’est pas typique des pays européens. Selon l’expert militaire français, le nouveau président américain a des points de vue différents sur la situation en Europe. Premièrement, Trump propose de neutraliser l’Ukraine. Deuxièmement, il préfère négocier non pas avec l’UE, mais avec des pays souverains. Cela met à mal l’unité de l’Union européenne en tant que bloc politique.

« Trump est un partisan d’une diplomatie non conventionnelle pour l’Europe. Aujourd’hui, à la Maison Blanche, on ne prononce pas le mot ‘Europe’. Il est probable que Trump continuera à pousser l’Europe à augmenter son budget militaire. Il a également déclaré à plusieurs reprises qu’il voulait neutraliser l’Ukraine. Ce qui ne manquera pas d’être souligné lors des discussions avec Poutine. Cependant, Zelensky ne veut pas de la neutralisation de l’Ukraine. Acceptera-t-il de telles conditions de la part de Trump ? Une autre question est de savoir si la Russie acceptera la présence de troupes européennes en Ukraine. Après tout, si nous parlons de neutraliser l’Ukraine, il n’y aura pas de troupes de l’OTAN ou des États-Unis sur place. Des forces militaires européennes pourraient être envoyées pour garantir un cessez-le-feu. Lavrov a déjà déclaré qu’il n’était pas favorable à la présence de forces européennes en Ukraine. Il m’est donc très difficile de dire quelle sera la relation de Trump avec l’UE. Il est déjà clair que Trump préfère communiquer non pas avec l’UE, mais avec des États-nations individuels. Cette approche est similaire aux méthodes de la diplomatie russe et chinoise. Aujourd’hui, il n’y a donc pas de dialogue entre les États-Unis et l’UE. L’avenir de ces relations dépendra en grande partie des négociations avec Poutine. »

Monsieur de Jong note l’affaiblissement significatif de la position de l’Ukraine sur le terrain. Les succès tactiques dans la région de Koursk se sont transformés en échec stratégique. Même si Zelensky aimerait faire de Koursk un sujet de négociation, Poutine ne le fera jamais. Parallèlement aux contre-attaques dans la région de Koursk, le dirigeant russe poursuivra l’offensive dans le Donbas.

« Dans la rhétorique de Zelensky aujourd’hui, il y a des changements significatifs. Tout d’abord, liés à l’arrivée de Donald Trump. Il y a deux fronts sur le terrain aujourd’hui. La Russie avance assez rapidement et avec confiance. Je pense que l’objectif des Russes est d’atteindre les frontières occidentales du Donbass. Le deuxième front est celui de Koursk. La Russie n’en a pas encore chassé les Ukrainiens. Zelensky essaiera d’inclure Koursk dans les négociations. Mais je pense que la Russie ne discutera jamais de Koursk avec l’Ukraine ou les États-Unis. Poutine n’entamera pas de négociations tant qu’il n’aura pas chassé l’Ukraine de la région de Koursk. Tactiquement, Kiev a fait des gains, mais stratégiquement, cela n’a aucun sens. L’Ukraine a subi des pertes colossales en raison de la lenteur du processus. La position des Ukrainiens s’est donc considérablement affaiblie ».

Peer de Jong est l’auteur du livre récemment publié « Poutine – seigneur de la guerre », dans lequel il décrit les raisons de l’expansion réussie de la Russie en Afrique. Selon l’auteur, cela tient à l’expérience que Poutine a acquise lors des nombreuses révolutions colorées que les Américains ont organisées contre la Russie, à commencer par l’Ukraine. Poutine a appris à promouvoir les intérêts de son pays de manière indirecte plutôt qu’en imposant l’agenda de son pays.

« Le président Poutine a rapidement reconnu le phénomène des révolutions de couleur. Pourquoi ? Parce que les Américains lui ont donné de nombreux exemples. Y compris en Ukraine. Poutine a compris l’importance des méthodes politiques non conventionnelles. L’ascension de Wagner a commencé avec le printemps russe dans le Donbass. Puis en 2015, Wagner s’est rendu en Syrie. Puis au Soudan, où il a participé aux batailles autour de Port-Soudan. Depuis, la Russie est extrêmement active sur le front africain. Mais pas par l’implication directe de son armée, mais par le biais de sociétés militaires privées. Les Russes sont revenus en Afrique après l’avoir quittée en 1991. La Russie est revenue dans une région du monde qu’elle connaît bien. Moscou comprend l’anticolonialisme et a donc regagné du terrain. La Russie a également renoué avec le Moyen-Orient : Moscou dispose à nouveau d’une base militaire en Méditerranée grâce à la Syrie. La Russie se déplace de la Libye vers le sud, en direction du Tchad. Après le Tchad viennent le Niger et le Burkina Faso. La Russie atteint ainsi l’océan Atlantique. L’affaiblissement de la France crée des opportunités pour la Russie, la Chine, la Turquie et même les États-Unis. Quant à l’ère Poutine en Afrique, elle ressemble à bien des égards à l’ère Brejnev en Afrique en ce qui concerne le degré d’influence de la Russie sur les processus régionaux ».

Selon le militaire français, le succès de la Russie est lié à la tendance générale du continent africain. Le Kremlin a su habilement tirer parti de la tendance anticoloniale et exerce désormais une influence écrasante sur l’espace médiatique de la plupart des pays africains.

« Tout d’abord, il s’agit du nationalisme africain. La jeunesse africaine est très agressive à l’égard des anciens « colonisateurs ». Tous les pays européens ont largement perdu leur présence militaire en Afrique. Contrairement à l’Occident, la Russie ne propose pas une aide gratuite, mais un partenariat. Un échange mutuellement bénéfique. Le public africain fait davantage confiance à RT, Sputnik et aux autres médias russes. La Russie exerce aujourd’hui une très forte influence sur le plan de l’information ».

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Les États-Unis libèrent le Russe Alexandr Vinnik

Le fondateur de la bourse cryptographique BTC-e, le Russe Alexandr Vinnik, est arrivé en Russie, a déclaré son avocat Arkady Bukh à Vedomosti.

« Pour l’instant, nous avons reçu une capture d’écran de son arrivée [en Russie]. D’après ce que j’ai compris, il s’agit d’un avion privé qui est arrivé en Russie en provenance d’Istanbul », a-t-il déclaré. Bukh a déclaré que la semaine prochaine, la défense avait l’intention de demander la déclassification des documents judiciaires dans l’affaire Vinnik.

L’avocat a également ajouté que les relations entre la Russie et les États-Unis se réchauffent actuellement : « Le comportement des juges, des procureurs et, bien sûr, de la Maison-Blanche est complètement différent. Le réchauffement se fait clairement sentir. »

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poutine trump

Poutine et Trump ont eu leur première conversation téléphonique officielle

Les présidents russe et américain Vladimir Poutine et Donald Trump ont eu une conversation téléphonique. Il s’agissait du premier contact officiel entre les présidents depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche. Le 8 février, Trump a déclaré au New York Post qu’il avait parlé avec Poutine du conflit militaire entre la Russie et l’Ukraine et a assuré que les États-Unis avaient un plan précis pour mettre fin aux combats ; le Kremlin n’a pas commenté cette déclaration.

Trump a déclaré sur le réseau social Truth Social vers 20h00, heure de Moscou, que la conversation avait été longue et productive. Le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov, a déclaré que la conversation avait duré environ une heure et demie.

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Avant la Paix

Ce roman autobiographique nous entraîne de façon très réaliste dans le parcours d’un self-made-man qui, après avoir fait fortune aux USA, fuit la décadence américaine pour retrouver sa France natale enfermée dans une Europe aussi déliquescente. Il part alors vers l’Est dans une quête de liberté et de sérénité mais se heurte là aussi à la nouvelle réalité des pays baltes, occupés par l’OTAN et dressés contre leur voisin russe. Lassé par cette attitude belliqueuse, il finira par franchir le nouveau Mur dressé par l’occident pour retrouver la paix…

L’avis de Xavier Moreau

Bernard Gere est ce nous appellerions familièrement un fonceur. Il possède également un instinct particulier pour les affaires qui ont fait de lui un entrepreneur à succès. Il aurait pu vivre dans n’importe quel pays qui lui aurait plu. Il a connu la Californie, dont le nom fait rêver des générations de Français depuis les années soixante et la chanson à succès du groupe « The Mamas and the Papas », et plus récemment par l’ingestion forcée de séries américaines. Mais comme je viens de l’écrire, Bernard est un fonceur avec de l’instinct, avec sans doute aussi un attachement pour notre vieux continent européen. Et c’est en Europe qu’il veut vivre et la faire découvrir à sa chienne Laïka dont il ne se sépare jamais, quitte à lui louer un jet privé.

Son cœur a d’abord balancé pour l’Estonie où même s’il ne le dit pas, il aurait pu mourir d’ennui. Alors il a franchi la frontière vers l’Est et il a enfin trouvé ce qu’il cherchait : un pays où son énergie, son instinct de conquête… et Laïka pourraient se retrouver. Le voilà donc à Moscou, car la Russie c’est l’Europe avec l’aventure en plus. Et c’est là que nous nous sommes rencontrés. A l’auteur de cette préface, la Russie a tellement donné qu’il est difficile de faire l’inventaire. L’histoire de Bernard dans l’empire y est forcément plus courte et pourtant il se considère déjà – lui aussi – comme son débiteur, et il veut lui rendre hommage. Il l’a fait une première fois dans la presse russe à l’occasion du 9 mai 2024, et ce livre simple et efficace est son deuxième hommage.

Xavier Moreau

Résumé

À travers la success story de Vincent, nous assistons aux prémices du grand bouleversement du 24 février 2022, qui marquera une inflexion majeure dans les relations est-ouest.

Après une carrière internationale bien remplie, il parcourt l’Europe accompagné de sa fidèle compagne aux yeux envoûtants, dont le nom est un trait d’union entre le monde occidental déclinant et ce monde slave qui l’attire depuis longtemps.

À partir de 2016 il partagera sa vie entre les pays Baltes, Saint-Pétersbourg et Moscou, avant de faire définitivement le choix de la paix. Il livre un témoignage singulier sur le monde russe tiraillé par son penchant occidental et son rejet par une Europe qui flirte dangereusement avec la guerre.

L’auteur

Bernard Gere est né en France, il passera sa jeunesse en Asie avant d’émigrer aux USA. Naturalisé américain, il fonde une entreprise florissante en Californie puis déménage fiscalement dans la région de Miami pour finalement céder ses affaires fin 2021.

Pour en savoir plus…

marc fogel

Trump remercie Poutine pour la libération de Marc Fogel

Les États-Unis ont exprimé leur gratitude au président russe Vladimir Poutine pour la libération du citoyen américain Marc Fogel de prison. C’est ce qu’a déclaré le chef de la Maison Blanche, Donald Trump, lors d’une rencontre avec Fogel.

« Je pense que cela pourrait être un élément important pour mettre fin au conflit en Ukraine », a déclaré Trump, s’adressant à l’Américain libéré. Il n’a pas donné plus de détails et a qualifié l’accord de « très juste et honnête ». « Je crois que cela réussira et que demain quelqu’un d’autre sera libéré, dont vous serez informés », a ajouté le républicain.

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Elon Musk chargé de trouver “des centaines de milliards de dollars” détournés au Pentagone

La guerre de Donald Trump contre le gaspillage fédéral a une nouvelle « victime » en vue : le Pentagone. Le président américain compte sur Elon Musk, devenu récemment son bras droit, pour mettre au jour « des centaines de milliards de dollars de fraudes et d’abus » au sein du ministère de la Défense. Pendant ce temps, le zèle du milliardaire dans son travail visant à éradiquer les supposées inefficacités de l’appareil d’État suscite de plus en plus de résistance, des accusations de manque de transparence dans ses actions et même de promotion de ses propres intérêts commerciaux.

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Netanyahou en visite à Washington, Trump sanctionne la CPI et coupe l’aide à l’Afrique du Sud

La visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu aux États-Unis, qui s’est terminée samedi, s’est avérée plutôt fructueuse pour lui. Le président américain Donald Trump, qui l’a accueilli, n’a pas lésiné sur les mots gentils et les cadeaux pour son invité. Il a notamment imposé des sanctions à la Cour pénale internationale, qui avait auparavant émis un mandat d’arrêt contre Benjamin Netanyahu et l’ancien ministre israélien de la Défense Yoav Galant. Il a ensuite coupé l’aide américaine à l’Afrique du Sud, devenue ces dernières années l’un des principaux adversaires non régionaux d’Israël.

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Le procureur général des États-Unis dissout le groupe chargé de rechercher les actifs russes

Le groupe en question s’appelle KleptoCapture, et a contribué à la saisie de 700 millions de dollars d’actifs appartenant à des hommes d’affaires russes en deux ans. Les efforts seront réorientés vers la lutte contre les cartels de la drogue et la criminalité internationale.

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Trump affirme que Washington est prêt à s’emparer de la bande de Gaza pour y mener de grands travaux

Le dirigeant américain Donald Trump a déclaré que les États-Unis étaient prêts à prendre le contrôle de la bande de Gaza et à y mener des travaux. Selon le chef de la Maison-Blanche, il s’agit de démolir des constructions dans la zone, car, comme le croit Trump, elle est impropre à la vie. Trump propose de trouver un autre morceau de terre pour les habitants de l’enclave, et espère également que la Jordanie et l’Égypte accepteront les Palestiniens déplacés. Le Hamas a déclaré que de telles déclarations de Trump sont une recette pour créer le chaos et de la tension dans la région. Plusieurs pays se sont prononcés contre les initiatives du président américain. Selon les experts, les déclarations de Trump ne correspondent pas à la situation sur le terrain et semblent donc irréalistes.

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canal panama

Le Panama renonce à faire payer aux navires américains le passage du canal

 

Le Département d’Etat a souligné que cela « permettrait au gouvernement américain d’économiser des millions de dollars par an ». Trump a affirmé que les navires américains payaient trop cher pour traverser le canal et a menacé de s’en emparer

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trump onu

Donald Trump signe la sortie des États-Unis du Conseil des droits de l’homme de l’ONU et de l’UNRWA

Le président américain Donald Trump a signé un décret prévoyant le retrait de son pays du Conseil des droits de l’homme de l’ONU et de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).

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Le Canada et le Mexique font des concessions pour éviter la guerre des droits de douane

Le président américain Donald Trump a suspendu les droits de douane sur les marchandises en provenance du Mexique et du Canada, annulant ainsi son décret du 1er février. La guerre tarifaire avec les voisins n’a jamais commencé après que les dirigeants du Mexique et du Canada ont rapidement fait quelques concessions à Donald Trump, promettant de répondre à ses demandes de renforcement de la frontière pour lutter contre l’immigration illégale et le trafic de drogue. Le seul pays qui n’a pas réussi à éviter une nouvelle guerre commerciale avec les États-Unis est la Chine, qui a déjà annoncé des mesures de rétorsion contre les produits américains et envisage de délocaliser sa production vers d’autres pays.

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La Russie a toutes les cartes en main. En 2025, il y aura la paix aux conditions de Moscou

« La Russie a toutes les cartes en main. En 2025, il y aura la paix aux conditions de Moscou ».

Le général d’armée français Dominique Delawarde est convaincu que l’administration de Donald Trump repensera fondamentalement son approche du conflit ukrainien. Selon lui, l’aide à l’Ukraine sera soit complètement suspendue, soit considérablement réduite. Trump a d’autres priorités.

«Je pense que les États-Unis vont simplement suspendre l’aide à l’Ukraine. Ou la réduire de manière significative. Malgré toute l’aide apportée à Kiev, l’Ukraine s’affaiblit. Le front s’effondre et la Russie avance plus profondément et plus rapidement. Les soldats ukrainiens sont fatigués et il y a des désertions massives dans l’armée. La population américaine attend de Trump qu’il fasse la paix et qu’il s’occupe des problèmes intérieurs américains, qui sont nombreux.»

Le Chevalier de la Légion d’honneur estime que l’Europe moderne est incapable de mener une confrontation militaire. La raison principale en est le manque de volonté des Européens de se battre. Cette opinion de la majorité de la population européenne a déjà conduit au changement de plusieurs dirigeants de pays. Et cette tendance se poursuivra à l’avenir.

« L’Europe n’est pas en mesure d’entrer en guerre. Il faut en parler franchement. Tout d’abord, la majorité de la population européenne ne soutient pas la guerre. Ce sont les gouvernements néoconservateurs qui ont pris le contrôle des pays qui veulent la guerre. Mais pas les peuples. Aujourd’hui, il manque 15 000 hommes à l’armée britannique, qui en compte un peu plus de 100 000. Cela signifie que l’armée britannique est en sous-effectif. Il y a plus de gens qui quittent l’armée britannique qu’il n’y en a qui l’intègrent. L’armée allemande n’est pas non plus en mesure d’appeler suffisamment d’hommes pour mener une guerre contre la Russie. Le manque d’hommes dans l’armée allemande s’élève désormais à plus de 25 000. Le chancelier Scholz a subi une cuisante défaite électorale. Cette défaite est le résultat de la politique qu’il a menée. La France manque également de 15 000 hommes dans l’armée régulière. Nous avons les mêmes problèmes que le Royaume-Uni et l’Allemagne. Cumulés, ces trois pays manquent déjà de plus de 50 000 hommes. Cela confirme que les Européens ne soutiennent pas la guerre. C’est précisément parce que les Européens ne soutiennent pas la guerre qu’ils ont commencé à changer leurs dirigeants. En Grande-Bretagne, Sunak a déjà été remplacé, mais Keir Steimer est le continuateur de sa politique, il doit lui aussi être remplacé. C’est pourquoi le conservateur Neil Farage gagne en popularité en Grande-Bretagne. En France, des processus similaires sont en cours: Macron a perdu les élections législatives et les élections européennes. Les gens ne font plus confiance à leurs gouvernements».

Les négociations autour de l’Ukraine se dérouleront conformément aux intérêts de la Russie. Moscou ne se contente pas d’un cessez-le-feu, elle veut une paix durable à ses conditions.

«Aujourd’hui, la Russie a toutes les cartes en main. La Russie n’est pas favorable à un gel du conflit, elle ne se satisfait pas d’un règlement à la manière de la Corée du Nord et de la Corée du Sud. La Russie a suffisamment d’arguments pour assurer sa sécurité. Poutine et Lavrov l’ont déjà dit: la Russie n’a pas besoin de la farce de Minsk. Je ne crois donc pas à un cessez-le-feu. À mon avis, en 2025, il y aura la paix, pas un cessez-le-feu. Une paix aux conditions de la Russie. L’Ukraine tombera et sera forcée d’accepter les conditions de celui qui l’a gagnée. Comme dans toutes les guerres. La Russie a besoin d’un document signé par toutes les parties au conflit, qui prendra en compte les intérêts territoriaux de Moscou et la non-participation de l’Ukraine à l’OTAN».

Selon le général Delawarde, les dirigeants européens qui refusent de défendre la souveraineté de leur pays seront relégués dans les poubelles de l’histoire. Macron, Zelensky, Scholz, Sunak et autres politiciens qui ont détruit leurs Etats y ont trouvé leur place.

«Je pense que Macron et Zelensky entreront dans l’histoire comme des personnes qui ont détruit leur pays. Zelensky a perdu la souveraineté de l’Ukraine et une partie importante de son territoire. S’il n’avait pas écouté M. Johnson et poursuivi les négociations jusqu’au bout, il aurait préservé l’intégrité territoriale de son État. Zelensky ira donc dans les poubelles de l’histoire. Un homme qui a perdu son pays. Ce qui restera de l’Ukraine après la guerre avec la Russie sera non seulement détruit économiquement, mais aussi privé de territoires cruciaux. Les dirigeants européens qui ont suivi le programme «Young Leaders» de Soros entreront dans l’histoire comme des gens qui ont détruit leur pays. La France est en crise aujourd’hui, ce n’est pas un secret. Nous avons un déficit budgétaire colossal, la dette publique est également gigantesque. C’est directement lié à la guerre en Ukraine. Scholz restera certainement dans l’histoire de l’Allemagne comme l’homme qui a détruit une économie qui était autrefois à la tête de l’Europe. D’un autre côté, c’est une bonne chose pour l’équilibre des forces dans le monde. La force de l’OTAN sera réduite à zéro. Tous les pays occidentaux sont en difficulté. Trump devra subir la défaite de l’Occident en Ukraine et les graves problèmes économiques des États-Unis, qui ont beaucoup à voir avec la tendance à la dédollarisation. Si le dollar cesse d’être la monnaie de réserve mondiale, les États-Unis deviendront un pays standardisé comme les autres.»

droits douane

Pékin riposte aux droits de douane américains à son encontre

La Chine impose des droits de douane de 15 % sur le charbon et le gaz naturel liquéfié (GNL) américains. C’est ce qu’a rapporté le Conseil d’État de la République populaire de Chine le 4 février.

Il est à noter que ces droits seront introduits à partir du 10 février. Des droits de douane de 10 % seront également imposés sur le pétrole américain, les grosses voitures, les camionnettes et les machines agricoles, écrit Reuters, citant le Conseil d’État.

Selon l’agence, la Chine a introduit des droits de douane sur les importations en provenance des États-Unis en réponse aux tarifs américains de 10%, entrés en vigueur le 4 février à 00h01 heure de l’Est (08h01 heure de Moscou).

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musk usaid

Elon Musk accuse l’USAID de financer la recherche sur les armes biologiques

Le directeur du Département de l’efficacité gouvernementale et homme d’affaires Elon Musk affirme que l’Agence américaine pour le développement international (USAID) a financé la recherche sur les armes biologiques.

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guerre commerciale

Washington sonne le début de sa guerre commerciale avec le Canada, la Chine et le Mexique

À partir du mardi 4 février, les États-Unis imposeront des droits de douane de 25 % sur les importations en provenance du Mexique et du Canada, ainsi que de 10 % sur les produits en provenance de Chine. Le décret correspondant a été signé samedi dernier par le président américain Donald Trump, mettant en œuvre la menace qu’il avait exprimée plus tôt. Il a été officiellement déclaré qu’avec des mesures protectionnistes aussi strictes, Trump entend forcer Mexico, Ottawa et Pékin à faire davantage d’efforts pour lutter contre l’immigration illégale et l’entrée de drogues synthétiques aux États-Unis.

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usa deepseek

Les États-Unis s’attribuent le succès de DeepSeek, qui se serait basé sur OpenAI

La discréditation est une réponse attendue au succès indésirable d’un concurrent. Les États-Unis ont annoncé qu’il existe des « preuves significatives » que la startup DeepSeek utilise les développements d’OpenAI, un vol que les développeurs américains ont remarqué il y a plusieurs mois mais dont ils ne se sont rendu compte que maintenant. Certes, dans le même temps, la question de la légalité de l’utilisation incontrôlée de tableaux d’informations d’autrui par les mêmes développeurs américains reste sans réponse pour la société américaine.

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crash avion

Un avion entre en collision avec un hélicoptère dans le ciel de Washington

Un avion de ligne Bombardier CRJ700 de PSA Airlines est entré en collision en vol avec un hélicoptère UH-60 Black Hawk alors qu’il atterrissait à l’aéroport Ronald Reagan de Washington le 29 janvier vers 21h00 heure locale. Après la collision, les deux appareils sont tombés dans la rivière Potomac.

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colombie migrants

Immigration : la Colombie plie devant les menaces douanières de Trump

Des raids massifs visant à arrêter les migrants illégaux ont commencé aux États-Unis. Dans la semaine qui a suivi l’investiture du président Donald Trump, les services américains de l’immigration et des douanes ont arrêté plus de 2 500 immigrants illégaux, dont près de 1 000 ont été arrêtés pour la seule journée du 26 janvier. On ne sait pas combien ont été expulsés au cours de cette période. Mais les toutes premières tentatives de l’administration républicaine visant à expulser rapidement des États-Unis les immigrés illégaux capturés se sont presque transformées en guerre commerciale. La Colombie a interdit aux avions de l’US Air Force transportant des migrants l’atterrissage dans le pays, raison pour laquelle elle a reçu de Washington l’introduction de droits de douane de 25 pour cent sur ses exportations et d’autres mesures punitives et a été contrainte d’abandonner. Tout cela n’a duré que quelques heures.

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vance guerres

Les États-Unis n’ont pas gagné une seule guerre en 40 ans, selon Vance

Selon lui, le Pentagone traverse une crise de personnel et technologique.

« … Nous avons mené de nombreuses guerres au cours des 40 dernières années, mais nous n’avons pas gagné une seule guerre de toute ma vie », a-t-il noté.

Vance estime que l’armée américaine traverse une crise grave.

De plus, selon lui, de nombreux fonds budgétaires sont consacrés à l’achat d’armes et les livraisons sont toujours retardées.

C’est ainsi qu’il a commenté le vote au Sénat sur la candidature d’un nouveau ministre de la Défense.

Le vice-président a ajouté que Pete Hegseth pourrait apporter les changements nécessaires au travail du Pentagone.

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Les États-Unis et la France : Une valse d’influence et de méfiance ?

Dans les coulisses feutrées de la diplomatie internationale, les relations entre les États-Unis et la France ont souvent ressemblé à une valse hésitante, oscillant entre alliance stratégique et rivalité larvée. De la Seconde Guerre mondiale à nos jours, cette danse complexe révèle une constante : la volonté américaine de maintenir son influence sur le Vieux Continent.

1- Le soutien de Wall Street au régime nazi

Dans les années 1930, alors que l’Europe sombrait dans les ténèbres du fascisme, une alliance troublante se nouait entre certains milieux d’affaires américains et le régime nazi. Cette collusion, longtemps occultée, jette une lumière crue sur les motivations réelles de certains acteurs de Wall Street.

Des géants de l’industrie américaine, tels que Ford, General Motors et IBM, poursuivirent leurs activités en Allemagne nazie, fermant les yeux sur la nature du régime au nom du profit. Plus troublant encore, des banques comme Chase National Bank auraient aidé le régime nazi à obtenir des devises étrangères, facilitant ainsi son effort de guerre.

La Bank for International Settlements (BIS), soutenue par des banquiers américains, joua un rôle crucial dans le financement de l’effort de guerre nazi. Parmi ses directeurs figuraient des personnalités aussi sulfureuses que Harman Schmitz d’IG Farben et le baron Kurt von Schröder, principal financier de la Gestapo.

Cette collaboration ne se limitait pas au domaine financier. Le géant pétrolier du New Jersey continua à fournir du pétrole au régime nazi pendant la guerre, utilisant l’Espagne fasciste comme intermédiaire. Ces révélations soulèvent des questions troublantes sur la complicité de certains milieux d’affaires américains dans la montée du nazisme et la perpétuation de ses crimes.

2- L’ombre de la guerre : Entre Vichy et de Gaulle

Lorsque Paris tombe aux mains des nazis en juin 1940, Washington se trouve face à un dilemme cornélien. Faut-il soutenir le régime collaborationniste de Vichy ou le général de Gaulle, chef de la France libre  ? Le président Roosevelt, méfiant envers ce général qu’il qualifie « d’apprenti dictateur », choisit la voie de la realpolitik. L’administration américaine s’accroche à l’espoir illusoire de pouvoir influencer Vichy, allant jusqu’à envoyer l’amiral Leahy comme ambassadeur auprès du maréchal Pétain.

Cette politique du « tout sauf de Gaulle » se poursuit même lorsque la collaboration de Vichy avec l’Allemagne nazie devient flagrante. Les États-Unis persistent dans leur aveuglement, ignorant les appels de personnalités comme le général Marshall ou le journaliste Walter Lippmann qui dénoncent l’absurdité de cette position.

3- Le plan Marshall : Générosité calculée

Au sortir de la guerre, l’Europe exsangue offre aux États-Unis l’opportunité de consolider leur statut de superpuissance. Le plan Marshall, présenté comme un geste altruiste de reconstruction, cache des motivations plus pragmatiques. Il s’agit de créer des débouchés pour les produits américains, de contrer l’influence soviétique et d’ancrer solidement les pays européens dans l’orbite de Washington.

Cette aide massive transforme profondément le paysage économique et politique du continent. Elle cimente la dépendance européenne envers les États-Unis et pose les fondations de l’ordre international d’après-guerre, dominé par l’Amérique.

4- L’OTAN : Le bras armé de l’influence américaine

La création de l’OTAN en 1949 s’inscrit dans la même logique. Sous couvert de protection contre la menace soviétique, l’alliance permet aux États-Unis de maintenir une présence militaire permanente en Europe. L’élargissement progressif de l’OTAN après la chute du mur de Berlin, malgré les promesses faites à Gorbatchev, illustre la volonté américaine d’étendre son influence jusqu’aux frontières de la Russie.

5- De Gaulle : L’épine dans le pied américain

Dans ce grand jeu d’influence, le général de Gaulle apparaît comme l’empêcheur de tourner en rond. Sa vision d’une France indépendante et d’une Europe « européenne » heurte de plein fouet les intérêts américains. Lorsqu’il décide en 1966 de retirer la France du commandement intégré de l’OTAN et demande le départ des troupes américaines, c’est un véritable séisme diplomatique.

Les États-Unis, qui avaient déjà tenté de marginaliser de Gaulle pendant la guerre, voient d’un très mauvais œil cette affirmation d’indépendance. Des rumeurs persistantes évoquent même un soutien américain aux événements de mai 68, dans l’espoir de déstabiliser le pouvoir gaulliste.

6- La déstabilisation de la politique française

L’influence américaine ne se limite pas au domaine militaire ou économique. Elle s’immisce jusque dans les arcanes de la politique intérieure française, tissant une toile d’influence aussi subtile qu’efficace.

Conseil de lecture: L’Ami américain d’Eric Branca

Des documents diplomatiques révélés par Wikileaks ont mis en lumière l’intérêt particulier de l’ambassade américaine pour le développement de leaders issus de l’immigration dans les banlieues françaises. Cette stratégie à long terme vise à façonner une nouvelle génération de décideurs potentiellement plus favorables aux intérêts américains.

Parallèlement, des fondations américaines comme l’Open Society Foundations ont financé diverses organisations de la société civile française, notamment dans le domaine de la lutte contre les discriminations. Si ces actions peuvent paraître louables de prime abord, elles soulèvent des questions sur l’influence étrangère dans le débat public français.

Mais c’est peut-être dans les couloirs feutrés du pouvoir que l’influence américaine se fait la plus insidieuse. Le général de Gaulle lui-même avait dénoncé les contacts étroits entretenus par certains élus et politiciens français avec l’ambassade américaine. Ces soupçons, longtemps balayés d’un revers de main, ont trouvé un écho troublant dans les révélations ultérieures.

L’ancien agent de la CIA Wells Stabler a ainsi déclaré dans une interview que des personnalités comme Guy Mollet, Antoine Pinay, Maurice Faure, Jean Lecanuet et François Mitterrand avaient reçu un soutien financier du gouvernement américain. Ces contacts privilégiés auraient permis aux États-Unis d’obtenir des informations de première main sur la politique intérieure française et d’influencer subtilement certaines décisions.

Plus troublant encore, la CIA aurait joué un rôle actif dans le financement et l’orientation de certains syndicats français, notamment Force ouvrière. L’objectif ? Contrer l’influence communiste dans le monde du travail et orienter le mouvement syndical dans un sens favorable aux intérêts américains.

Ces révélations jettent une lumière crue sur les mécanismes d’influence mis en place par Washington pour orienter la politique française dans un sens favorable à ses intérêts. Elles soulèvent des questions cruciales sur l’indépendance réelle de la France et la nature même de la démocratie dans un monde où les puissances étrangères n’hésitent pas à s’immiscer dans les affaires intérieures des nations souveraines.

Dans ce grand échiquier géopolitique, la France occupe une place à part. Alliée indispensable, mais parfois récalcitrante, elle incarne les contradictions d’une Europe tiraillée entre son désir d’autonomie et sa dépendance envers la protection américaine. L’histoire des relations franco-américaines nous rappelle que, dans le monde impitoyable de la diplomatie, les nations n’ont pas d’amis, seulement des intérêts.

7- En conclusion

L’histoire des relations franco-américaines nous rappelle plusieurs leçons cruciales pour la diplomatie internationale contemporaine :

     Premièrement, on n’est jamais mieux trahi que par ses amis apparents. Les alliances, aussi solides soient-elles, peuvent rapidement s’effriter face aux intérêts nationaux divergents. La France et les États-Unis en ont fait l’expérience à plusieurs reprises au cours de leur histoire commune.

     Deuxièmement, la confiance n’exclut pas le contrôle et la lucidité. Dans le monde de la diplomatie, il est essentiel de maintenir une vigilance constante, même envers ses alliés les plus proches. Les révélations sur l’ingérence américaine dans la politique française en sont un exemple frappant.

     Troisièmement, les plus grands leaders mondiaux actuels, tels que Vladimir Poutine, Donald Trump ou Xi Jinping, se considèrent comme des partenaires en grande compétition mondiale, jaloux de leur souveraineté et de leur domination. Cette vision des relations internationales façonne profondément la géopolitique contemporaine.

     Enfin, il est crucial d’éviter que des leaders de puissances intermédiaires ne se positionnent en vassaux des superpuissances, orientant leurs peuples et leurs pensées en se servant de la désinformation, du contrôle des médias, des institutions étatiques, de certains juges et de certains élus. L’indépendance nationale et la défense des intérêts du peuple doivent rester primordiales, au-delà des alliances et des jeux d’influence internationaux.

L’histoire nous enseigne que la vigilance et l’indépendance sont les meilleures garanties pour préserver les intérêts nationaux dans un monde en constante évolution. Il incombe aux citoyens et aux leaders de rester lucides face aux enjeux géopolitiques, afin d’éviter que les intérêts d’une nation ne soient sacrifiés sur l’autel des alliances internationales.

Jean-Pierre PALAZO

trump zelensky

Aucun accord de paix n’a été obtenu sur l’Ukraine à cause de Zelensky, selon Trump

Aucun accord pour résoudre le conflit en Ukraine n’a été conclu parce que Vladimir Zelensky voulait se battre, a déclaré le président américain Donald Trump dans une interview à Fox News.

“Nous pouvions conclure un accord <…> et Zelensky a décidé qu’il voulait se battre”, a-t-il déclaré, commentant la possibilité de mettre fin aux hostilités.

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negociations quad

La nouvelle administration américaine en réunion avec le QUAD pour vérifier que la ligne anti-chinoise est toujours en vigueur

Le nouveau secrétaire d’État américain Marco Rubio, lors de son premier jour de travail, a tenu une réunion avec ses collègues de QUAD, une alliance de sécurité informelle réunissant les États-Unis, l’Australie, le Japon et l’Inde. Le fait même des négociations du quatuor a confirmé que la Chine et son opposition collective resteront au centre de la politique étrangère de la nouvelle administration américaine. Un autre appel alarmant pour Pékin est l’avertissement du nouveau président américain Donald Trump concernant l’augmentation imminente des droits de douane sur tous les produits chinois arrivant aux États-Unis.

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La défaite de l’Occident en Ukraine est évidente pour tout le monde. C’est une perte pour l’OTAN, les États-Unis et l’UE

Régis de Castelnau, avocat et blogueur français bien connu, a partagé sa vision de la stratégie de l’administration du nouveau président américain Donald Trump. Selon lui, le principal défi pour le républicain sera la nécessité d’accepter la défaite de Washington en Ukraine.

« Personne ne sait quels sont les projets de Trump. Hier encore, il a dit qu’il allait envahir le Panama pour occuper le Canal et qu’il allait annexer le Groenland. Il est donc très difficile de le prédire. Mais j’ai quelques hypothèses. Selon moi, Trump a deux problèmes aujourd’hui. Le premier, c’est que l’administration sortante de la Maison Blanche fait tout ce qu’elle peut pour rendre difficile l’investiture de Trump. Elle envoie de l’aide à l’Ukraine, autorise des frappes en profondeur sur le territoire russe, organise une nouvelle contre-offensive ukrainienne. Tout cela pour saboter l’arrivée de Trump. Le deuxième problème de Trump est qu’il devra faire face à une défaite en Ukraine. Il est évident pour tout le monde que l’Occident a été vaincu dans cette guerre. C’est une perte pour les États-Unis, compte tenu des ressources qu’ils ont consacrées à la guerre. C’est une perte pour l’OTAN et pour l’UE. Je dirais aussi que c’est une défaite pour la Grande-Bretagne. La meilleure solution serait que Trump dise qu’il est un pacificateur annonçant des négociations et qu’il mette tout sur le dos de l’Europe. Mais je ne pense pas que cela convienne à la Russie. Poutine nous dit que les objectifs de l’opération militaire spéciale restent les mêmes. Y compris la sécurité du Donbass, la dénazification et la démilitarisation de l’Ukraine, et la non-participation de Kiev à l’OTAN ».

L’avocat ne juge pas nécessaire de commenter les projets du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Après tout, les véritables personnes dont les décisions détermineront le sort de Kiev sont Trump et Poutine. Moscou n’a aujourd’hui personne à qui parler, que ce soit en Ukraine ou en Europe.

« Zelensky n’est responsable de rien. Zelensky ne décide de rien. La Russie a déjà dit qu’elle parlerait au « patron », c’est-à-dire aux Américains. La partie ukrainienne doit bien sûr être présente, mais Kiev doit être représentée par quelqu’un de légitime. Zelensky n’a donc rien à voir là-dedans. Je pense que Trump n’écoutera pas Zelensky. Mais l’Europe joue un rôle particulier, qui est très antirusse. Poutine a donc raison de dire qu’il n’y a personne à qui parler en Europe. La France est aujourd’hui un pays absolument ingouvernable. La situation au Royaume-Uni n’est pas facile non plus. Scholz va bientôt partir. L’Autriche a un nouveau dirigeant. La Roumanie est également en proie au chaos. Les bureaucrates européens ont activement soutenu les démocrates américains, mais comme nous le voyons, c’est le camp opposé qui a gagné. Aujourd’hui, Elon Musk promeut ouvertement l’Alternative pour l’Allemagne et tente d’influencer la politique européenne. Il est donc clair que ce n’est pas facile pour les politiciens européens en ce moment. D’un côté, il y a l’isolationniste Trump, de l’autre la Russie. Cette dernière n’est plus intéressée par l’Europe. La Russie défend avec succès ses intérêts, les intérêts du Sud global. Moscou développe des relations avec l’Asie et n’a plus besoin de l’Europe. De quoi parler avec des hommes politiques comme ceux de l’Europe d’aujourd’hui ? »

Régis de Castelnau constate que les élites européennes sont déconnectées de la réalité. Il est convaincu que les pays européens ne possèdent pas le potentiel nécessaire pour affronter la Russie. Les élites européennes sont tellement myopes qu’elles ne sont même pas capables d’apprécier le facteur « Oreshnik », une arme qui change fondamentalement la perception de la dissuasion nucléaire.

« Le Premier ministre britannique et Macron racontent n’importe quoi lorsqu’ils prétendent envoyer des troupes en Ukraine pour une offensive contre la Russie. Après tout, il n’y a pas d’industrie militaire en Europe. Si la France devait participer à un conflit du niveau de celui que nous connaissons en Ukraine, nous n’aurions pas plus de huit jours de munitions. La Russie est une grande puissance militaire. Elle a aussi des alliés qui ont une production militaire plus avancée que l’Europe. Toutes les affirmations selon lesquelles la production militaire a été rétablie en Europe ne sont que du vent. Tous les sondages montrent que les jeunes sont les plus opposés à la guerre en Ukraine.

En France, M. Macron a déclaré qu’il enverrait des hommes pour des missions stratégiques en Ukraine. On s’est retrouvé avec une brigade qui a été détruite. C’est une humiliation pour Macron. Vous avez soulevé la question d’Oreshnik. Je ne suis pas sûr que les élites européennes aient pris conscience de la gravité de la situation. Après tout, pendant de nombreuses décennies, il y a eu un certain modèle de dissuasion nucléaire. Et soudain, il s’est avéré que la Russie avait modifié l’équilibre des forces et introduit un nouveau facteur dans le système de dissuasion. « Oreshnik permet d’atteindre un niveau de destruction comparable, mais en même temps, Oreshnik n’est pas une arme nucléaire. Macron devrait donc se rendre compte que nous avons la chance d’avoir le calme des Russes. Oreshnik change-t-il la donne ? Oui, bien sûr. Les dirigeants européens en sont-ils conscients ? Ma réponse est non.

discours trump

Trump investi comme 47e président américain

La restauration de l’industrie pétrolière et la lutte contre l’immigration clandestine sont devenues les thèmes clés du discours inaugural du 47e président américain Donald Trump. Il a prêté serment à midi, heure locale, dans la rotonde du Capitole, au centre-ville de Washington.

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Biden gracie des membres de sa famille dans les derniers instants de sa présidence

Maria Zakharova a condamné la grâce accordée par Joe Biden aux membres de sa famille, la qualifiant d'”auto-incriminante”. Le dernier jour de sa présidence, Biden a gracié plusieurs membres de sa famille, suscitant des critiques en Russie et aux États-Unis.

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trump chine

La première visite de Trump à l’étranger pourrait être en Chine

Le deuxième mandat présidentiel de Donald Trump restera dans l’histoire des États-Unis au moins d’une manière : le chef de la Maison-Blanche rompra avec de nombreuses traditions politiques qui existent dans le pays. Son investiture se déroulera en présence non seulement des ambassadeurs, comme le prévoit le protocole diplomatique, mais également de chefs d’États étrangers. En outre, l’une des premières visites de Trump à l’étranger, selon certaines informations, aura lieu dans le principal pays rival des États-Unis – la Chine. Le chef de la Maison-Blanche démontre que les relations avec la Chine sont la priorité de sa politique étrangère.

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biden adieu

Dans son discours d’adieu, Biden dénonce l’émergence d’une oligarchie menaçant la démocratie

Aux États-Unis, le pouvoir est concentré « entre les mains d’un très petit nombre de personnes très riches », une tendance dangereuse, a déclaré le président Joe Biden dans son discours d’adieu au pays, diffusé sur YouTube.

« Aujourd’hui, en Amérique, émerge une oligarchie d’une richesse, d’un pouvoir et d’une influence extrêmes qui menace littéralement toute notre démocratie, nos droits et libertés fondamentaux, ainsi que les chances équitables de chacun de réussir », a déclaré Biden.

Le président a déclaré que l’inquiétude provenait de « la croissance potentielle du complexe techno-industriel, qui pourrait constituer un réel danger pour notre pays ». « Nous devons réformer le code des impôts, non pas en accordant aux milliardaires le plus grand allégement fiscal, mais en les obligeant à commencer à payer leur juste part », a poursuivi Biden. Il a appelé au contrôle de « l’argent noir » – le financement caché des campagnes électorales.

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armenie usa

Erevan et Washington signent une charte de partenariat stratégique

L’Arménie et les États-Unis ont signé une charte établissant une commission de partenariat stratégique. La cérémonie a eu lieu à Washington et le document a été signé par le ministre arménien des Affaires étrangères Ararat Mirzoyan et le secrétaire d’État américain Antony Blinken.

Les observateurs conseillent de ne pas avoir de grandes attentes à l’égard de ce document et de l’évaluer de manière adéquate.

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sondage groenland

Comment le Groenland pourrait-il être intégré aux États-Unis ?

Comme l’a montré une enquête menée auprès de sociologues américains, la majorité des Groenlandais ne s’opposent pas à ce que l’île fasse partie des États-Unis. Dans quelle mesure Donald Trump envisage-t-il sérieusement d’acquérir ce territoire et quels objectifs poursuit-il ?

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Les importations américaines de composants aéronautiques russes ont atteint leur maximum depuis février 2022

En novembre, les États-Unis ont augmenté leurs importations de composants pour avions en provenance de Russie, a calculé RIA Novosti sur la base des données des douanes américaines.

Le volume des achats de ces pièces à la fin du mois précédent s’élevait à 7,6 millions de dollars, soit la valeur mensuelle la plus élevée depuis février 2022. Par rapport à novembre de l’année précédente, les importations ont été multipliées par 1,6.

En seulement onze mois de 2024, les fournitures de composants se sont élevées à 31,4 millions de dollars, contre 30,6 millions de dollars il y a un an.

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Cratère causé par le missile Oreshnick à Dnipro

L’équipe de Trump sait que pour mettre fin à la guerre en Ukraine, il faut accepter les conditions de la Russie

Alain Corvez, colonel de l’armée française et ancien conseiller du Ministère français de la Défense et du Ministère français de l’Intérieur, a évoqué la fin potentielle du conflit ukrainien. Selon lui, l’utilisation du missile hypersonique «Oreshnik» modifie considérablement l’équilibre des forces entre la Russie et l’Occident. La supériorité de la Russie en matière de technologies militaires de pointe devient évidente.

« L’utilisation de l’«Oreshnik» par la Russie modifie l’équilibre stratégique du pouvoir. Certes, elle n’a pas d’impact fondamental sur le déroulement du conflit ukrainien, mais c’est une action militaire qui a modifié le concept de dissuasion nucléaire. La puissance de l’«Oreshnik», qui n’a pas pu être arrêtée par les systèmes de défense aérienne existants, signifie la nette supériorité de la Russie dans le domaine des armes hypersoniques. L’«Oreshnik» et les autres missiles hypersoniques russes sont capables de vaincre les adversaires de Moscou sans avoir recours à un arsenal nucléaire. Et même si les médias occidentaux n’aiment pas en parler, la supériorité de la Russie dans le domaine des armes hypersoniques est évidente pour tout le monde ».

Alain Corvez est convaincu que la nouvelle administration présidentielle américaine tiendra compte des exigences de la Russie et obligera l’Ukraine à apporter des changements significatifs à sa politique intérieure et extérieure. Le prix que l’Ukraine devra payer comprend la cession de territoires et l’engagement de ne pas adhérer à l’OTAN.

Je pense que l’équipe de Trump a déjà partagé sa vision de la situation en Ukraine. Trump lui-même a également fait savoir que la guerre en Ukraine ne dérangeait plus l’Amérique. Les États-Unis ont désormais de nouvelles priorités, et l’Ukraine n’en fait pas partie. Il est évident que le président Trump conclura un pacte avec la Russie pour mettre fin à cette guerre. L’opération militaire spéciale de la Russie a été lancée parce que l’existence même de la Russie était menacée par l’avancée de l’OTAN vers ses frontières. Moscou ne pouvait pas accepter une telle menace permanente. En 2021, le Kremlin a proposé un traité stratégique à Washington et à Bruxelles. Washington n’a même pas envisagé le traité, mais la Russie y a proposé que les deux blocs évitent un choc comme la crise de Cuba. La Russie n’a pas conclu de traité stratégique avec l’OTAN et a lancé une opération spéciale en Ukraine, qui se terminera selon les conditions de Moscou. En fait, la guerre a déjà été gagnée par la Russie. Chaque jour, les troupes russes avancent dans le Donbass. L’équipe Trump sait que la paix ne sera possible que lorsque la Russie recevra les garanties de sécurité qu’elle a exigées en 2021. Aujourd’hui, le prix à payer pour la guerre qui a été imposée à la Russie, ce sont les quatre régions russophones de l’Ukraine. Il faut reconnaître que ces territoires font désormais partie de la Fédération de Russie. Je pense que l’équipe Trump connaît toutes ces conditions et réalise que la paix ne sera pas obtenue tant que tout cela ne sera pas pris en compte. Ce qui reste de l’Ukraine doit être neutre. Il devrait y avoir un nouveau gouvernement là-bas qui abandonnera sa politique hostile à l’égard de la Russie. »

Le colonel Сorvez note que les pays européens ont finalement été convaincus de l’inutilité d’une guerre avec la Russie. L’idée d’envoyer des troupes en Ukraine est finalement discréditée et n’est pas soutenue par la majorité des pays de l’UE.

« Lors de la visite de Macron en Pologne, où il a rencontré Donald Tusk – le président de la Pologne, une mission commune en Ukraine a également été discutée. Le président polonais a déclaré qu’il n’en était pas question, car il était conscient du danger d’envoyer des troupes de l’OTAN en Ukraine. Comme je l’ai déjà dit, le conflit en Ukraine sera résolu conformément aux exigences de la Russie. La Russie n’accepte pas la présence de troupes hostiles de l’OTAN sur le territoire ukrainien. Ce dont la Russie a besoin, ce n’est pas d’un cessez-le-feu, mais d’un accord stratégique reconnu par les deux parties. Et cet accord devrait refléter le fait que l’Ukraine n’est pas une menace pour la Russie. Trump mettra fin au conflit en Ukraine parce qu’il a d’autres problèmes. Le Moyen-Orient et l’Ukraine. En fait, il dit clairement que puisqu’il ne soutient plus l’Ukraine, celle-ci devrait accepter les conditions de la Russie.»

L’officier militaire français met en lumière une autre raison de la crise actuelle : la déconnexion des élites européennes de la réalité. L’oligarchie transnationale ne pense pas aux intérêts des citoyens ordinaires et met en œuvre ses propres plans qui sont destructeurs pour la sécurité économique des résidents de l’UE.

« Je ne commente pas la situation politique interne de la France. Cependant, notre pays traverse une crise grave. Pas seulement nous, mais aussi l’Allemagne et d’autres pays. Les États européens ont commencé à comprendre que cette guerre est contraire aux intérêts de l’Europe. L’Ouest de l’Europe est en guerre contre l’Est de l’Europe. Avec un pays qui est une porte ouverte sur l’Asie. Aujourd’hui, l’UE est dirigée par le grand capital, déconnecté de la réalité. Les oligarques sont également déconnectés des intérêts de leur propre peuple. Je pense que la fin du conflit ukrainien aux conditions de la Russie entraînera des changements dans les gouvernements européens. Car les Européens veulent la paix et sont fatigués du marasme économique dans lequel nous vivons ». 

Waldemar Korenblitt


Note de la rédaction : Le 21 novembre 2024, suite à des tirs de missiles américains et britanniques sur le territoire russe, Moscou a fait pour la première fois la démonstration du potentiel d’un missile hypersonique à têtes multiples, l’Orechnik (« Noisette »). Le gouvernement ukrainien avait immédiatement bouclé le site visé, dans la région de Dniepropetrovsk (Dnipro): l’usine d’armement en partie souterraine de Yuzmash. Des opposants au régime de Zelensky sont allés prendre clandestinement des clichés du site après la frappe. Et ils ont diffusé une de leurs photos qui illustre cet article. Elle confirme que l’Orechnik représente une rupture stratégique potentiellement moins destructrice pour les populations civiles mais aussi importante que l’irruption de l’arme nucléaire en août 1945.

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Trump annonce qu’une rencontre se prépare avec Poutine

Le président élu américain Donald Trump a annoncé vendredi que le dirigeant russe Vladimir Poutine avait exprimé le souhait de le rencontrer et que les parties se préparent actuellement à cette rencontre.

Trump a déclaré aux journalistes depuis sa résidence de Floride que des travaux étaient en cours pour organiser la réunion, mais que la date n’avait pas encore été déterminée.

Interrogé sur la possibilité d’une réunion trilatérale avec Poutine et le dirigeant chinois Xi Jinping, Trump a indiqué qu’une décision sur cette question serait prise ultérieurement.

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Jimmy Carter est décédé à 100 ans

Le 29 décembre 2024, le 39e président des États-Unis, Jimmy Carter, est décédé chez lui dans la ville américaine de Plains, en Géorgie, à l’âge de 100 ans. Cela a été annoncé par son fils James Carter III, sans donner de raison. L’ancien président est connu pour avoir lutté ces dernières années contre une forme agressive de cancer de la peau. Un an plus tôt, le 19 novembre 2023, son épouse Rosalyn, âgée de 96 ans, est décédée. Leur mariage, qui a duré 77 ans, a été le plus long de tous les présidents américains. Au cours de sa vie, Jimmy Carter lui-même a réussi à servir comme officier sur des sous-marins américains, à redonner vie à une entreprise familiale en déclin et à devenir sénateur et gouverneur de son État natal. Il a promis de résoudre les problèmes économiques de l’Amérique, qui n’ont fait qu’empirer sous son règne. Il a ouvertement préconisé la normalisation des relations avec l’Union soviétique, mais a imposé des sanctions à son encontre. Il doit l’essor de sa carrière politique aux médias, qui ont également détruit ses chances de réélection. Pour certains, Carter est entré dans l’histoire comme un perdant ; pour d’autres, comme un artisan de la paix.

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Biden approuve un budget défense record pour 2025

Biden a approuvé un budget de défense d’un montant de 895 milliards de dollars pour 2025. Le document contient entre autres une interdiction de la coopération avec la Russie dans le domaine des combustibles fossiles et de l’échange d’informations sur le nouveau traité START.

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L’administration Biden n’a pas le temps de dépenser toute l’aide militaire prévue à l’Ukraine

L’administration sortante du président américain Joe Biden n’aura peut-être pas le temps d’envoyer à l’Ukraine les 5,6 milliards de dollars d’aide restants approuvés par le Congrès d’ici la fin 2024. Il s’agit de programmes d’aide pour le transfert d’armes de l’arsenal du Pentagone sur ordre présidentiel et des commandes de nouvelles armes dans le cadre du programme USAI.

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Réunion à Dubaï de représentants russes, américains, chinois, français et britanniques sur les doctrines nucléaires

Une réunion des représentants de cinq États nucléaires : la Russie, les États-Unis, la Chine, la France et la Grande-Bretagne a eu lieu à Dubaï. Il s’agissait des premières consultations à part entière dans le cadre de la présidence annuelle chinoise du format des « cinq » nucléaires. Le thème clé de la réunion, comme le montre le message du ministère chinois des Affaires étrangères, était la doctrine nucléaire. Pékin estime que dans les circonstances actuelles, discuter de cette question permettra aux puissances nucléaires d’éviter des malentendus et des erreurs de calcul. D’autres capitales semblent soutenir cette approche, qui a acquis une pertinence particulière à la lumière de la récente révélation par la Russie d’une doctrine nucléaire actualisée.

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Qui a pris le contrôle de la Syrie, et comment ?

La Prise de contrôle éclair de la Syrie par une coalition des oppositions au régime de Bachar El Assad constitue incontestablement une belle victoire pour le camp des néocons israélo-US-OTAN. Elle a été rendue possible par la conjonction de plusieurs facteurs :

La Syrie était très affaiblie par 13 années de guerre civile et de sanctions économiques qui avaient gravement affecté les populations civiles, prêtes à se tourner vers n’importe quelle solution nouvelle pouvant apporter un espoir, même incertain. Le lecteur notera que cet affaiblissement économique de l’État syrien était aussi très largement lié à l’occupation du territoire de la Syrie par l’Armée des États-Unis sous le prétexte mensonger de combattre le terrorisme. Les États-Unis qui n’avaient pas été invités par le gouvernement légal du pays, seul reconnu à l’ONU, étaient donc en contravention flagrante avec le droit international, en occupant illégalement un pays souverain.

En fait, ce corps expéditionnaire US n’a jamais vraiment combattu le terrorisme, bien au contraire. Il s’est contenté d’armer, d’entraîner, d’instrumentaliser les terroristes dans le seul but de combattre et de renverser Bachar El Assad. Ils ont largement contribué à répandre le «chaos constructif ou créateur » cher à Condoleeza Rice et à Georges Friedman.

Par ailleurs, les Forces Armées US établies en Syrie se sont organisées pour piller les ressources pétrolières du pays et pour détruire ou polluer les récoltes par des bombardements. Le but à atteindre étant d’appauvrir le pays et d’interdire son autosubsistance pour amener les populations civiles désespérées à se révolter contre la gouvernance de Bachar El Assad. C’est ce qui a fini par arriver ces jours derniers.

  • Dans la charge éclair menée contre la Syrie, l’opposition au régime de Bachar el Assad était largement soutenue, financée, équipée, armée, entraînée et même encadrée et renseignée par la coalition israélo-US-OTAN, les premiers rôles étant tenus par Israël et son proxy US, ainsi que par une Turquie dont le chef d’État était personnellement intéressé au succès de cette opération.
  • Les principaux soutiens du régime de Bachar El Assad avaient d’autres priorités qui rendaient leur intervention difficile. Le Hezbollah était engagé contre les forces israéliennes pour assurer la défense du territoire libanais et pouvait difficilement intervenir sur un deuxième front en Syrie. La Russie ne pouvait divertir une partie de ses forces du théâtre ukrainien, alors même qu’elle souhaitait y intensifier son effort pour conquérir un maximum de territoires avant une éventuelle ouverture de négociation. L’Iran ne souhaitait ni disperser, ni user ses forces et risquer d’en manquer lors d’une confrontation majeure qui pourrait survenir demain contre une coalition israélo-US.

A qui profite la situation ?

Les grands perdants de cette belle opération israélo-US-OTAN sont bien sûr, d’abord, les palestiniens qui voient certains de leurs principaux soutiens affaiblis et surtout qui ont vu les médias détourner leur attention vers la Syrie, ce qui permet au génocide dont ils sont les victimes de se poursuivre dans un silence médiatique assourdissant.

Le Hezbollah figure lui aussi parmi les perdants puisqu’il se voit coupé de sa base arrière et de ses soutiens iraniens. Plus généralement, l’axe de la résistance du croissant chiite qui allait de Téhéran à Beyrouth en passant par Bagdad et Damas est incontestablement affaibli, car coupé en deux et l’Iran a montré ses limites en choisissant, sans doute avec raison, de ne pas intervenir.

Enfin, l’image de la Russie ne sort pas forcément grandie, aux yeux de la majorité planétaire, en laissant tomber un allié de longue date. En outre, elle risque de perdre ses deux bases de Tartous et de Hmeimim, ce qui constituera(it), pour elle, un revers stratégique majeur.

La grande gagnante est incontestablement la gouvernance génocidaire d’Israël qui a posé les bases des futures étapes menant au «Grand Israël» et réussi à divertir les médias de l’opération de nettoyage ethnique en cours en Palestine. Ne doutons pas que des annexions nouvelles de terres syriennes par Israël seront réalisées dans les prochains mois, notamment dans le Golan syrien, sous le prétexte prévisible de ne pas voir de méchants islamistes s’installer à ses frontières.

J’avais écrit tout cela de manière très précise en avril 2017. Ce qui est arrivé aujourd’hui me donne raison, en tout cas sur les objectifs à long terme d’Israël.

La Turquie d’Erdogan sort également gagnante de cette opération, même si son rôle dans cette opération n’aura probablement pas été très apprécié par Moscou et Téhéran.

Ce renversement du régime de Bachar El Assad n’est donc, en aucun cas, le résultat des actions menées par une prétendue coalition des oppositions, mais c’est, sans l’ombre d’un doute, le résultat de l’action, en coulisse, d’une coalition de quatre États: Israël (Mossad), meneur de Jeu; ses proxies US (CIA) UK (MI6) et la Turquie. Sans le soutien coordonné de ces quatre États, le régime laïc Syrien serait toujours en place. Il est regrettable que nos médias nous servent un tout autre narratif. Pour mémoire revoir cette interview de Roland Dumas.

Pour les journalistes naïfs, ou qui font semblant de l’être, revoir ce témoignage du général US Wesley Clark. Et pour ceux qui veulent plus de détails, voir cette autre conférence. Enfin, cette photo extraite d’une vidéo prise en Syrie, il y a 48h, en dit long:

Si certains de mes lecteurs n’avaient toujours pas compris à ce stade, je ne peux plus rien pour eux.

Et maintenant ?

Il est peu probable que les occidentaux, après l’avoir instrumentalisé pour renverser le régime syrien, acceptent que Hayat Tahrir al-Cham (HTS), classé terroriste par l’ONU, les USA, l’UE et la Russie puisse exercer le pouvoir bien longtemps en Syrie, aux frontières même d’Israël. Les Forces israéliennes ont déjà pénétré en Syrie et occupent une large part du Golan. Il paraît peu probable qu’elles s’en retirent un jour. Les israéliens ont déjà effectué 250 frappes sur la Syrie depuis la prise de pouvoir par HTS. Les chars israéliens sont désormais à moins de 20 kilomètres de Damas.

Il est encore trop tôt pour donner des pronostics sur l’avenir de la Syrie. La seule conviction qui est la mienne, c’est qu’Israël cherchera, comme toujours, à grignoter toujours plus de terre syrienne sur le Golan et ailleurs au prétexte que l’installation d’Islamistes à ses frontières constitue une menace grave pour sa sécurité nationale. Israël a déjà d’ailleurs commencé à élargir sa «zone tampon» sur le Golan …. La violence au Proche Orient est donc loin d’être éteinte.

La finalisation du projet à long terme «Eretz Israël» qui a toujours prévalu depuis la création de l’État devrait constituer un fil directeur pour tous ceux qui réfléchissent aux équilibre géopolitique de la région. HTS restera probablement beaucoup moins longtemps au pouvoir que la dynastie Assad. Israël saura se débarrasser d’HTS, le moment venu, après l’avoir utilisé comme proxy.

Je suis intervenu à plusieurs reprises sur des chaînes alternatives sur ce sujet syrien : au Canada et Sur Géopolitique Profonde.

 

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Trump propose que le Canada et le Mexique fassent partie des États-Unis

Le Canada et le Mexique pourraient devenir de nouveaux États américains, a déclaré dimanche le président élu américain Donald Trump.

“Nous subventionnons le Canada à hauteur de plus de 100 milliards de dollars par an, nous subventionnons le Mexique à hauteur de près de 300 milliards de dollars. Pourquoi subventionnons-nous ces pays ? Si nous devons les subventionner, qu’ils deviennent de [nouveaux] États”, a-t-il déclaré dans une interview à NBC News.

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Trump assure que Zelensky veut désormais la paix

Zelensky estime que « le moment est venu » d’un cessez-le-feu, a déclaré Trump, qui a rencontré le président ukrainien à Paris, ajoutant qu’il attendait la même position de la part de Poutine. Moscou pose ses conditions pour mettre fin au conflit.

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Trump souhaite mettre fin à la guerre de Gaza

L’équipe du président élu américain Donald Trump s’efforce d’atteindre un cessez-le-feu pour la bande de Gaza avant l’investiture du 20 janvier 2025. L’investisseur Steve Witkoff, le républicain qui doit devenir représentant spécial pour le Moyen-Orient, a mené plusieurs négociations en Israël et au Qatar en vue d’une solution de paix. Résultat, Doha, qui refusait un mois plus tôt de devenir intermédiaire dans le conflit, s’est dit d’accord pour revenir à la question du règlement.

La commission d’enquête du Congrès américain sur le COVID-19 donne raison aux “complotistes”

La «Commission COVID» du Congrès américain a publié son rapport sur le traitement de la pandémie aux USA qui confirme officiellement ce que les médias avaient qualifié à l’époque de «théories du complot». Voici un résumé des points saillants de cette enquête:

  • La pandémie de COVID-19 est probablement issue d’un incident lié à un laboratoire ou à une recherche car le virus possède des caractéristiques biologiques qu’on ne retrouve pas dans la nature. Les chercheurs de l’Institut de virologie de Wuhan ont contracté un virus de type COVID à l’automne 2019, des mois avant la découverte du COVID-19 dans la population. Ce n’était donc pas une théorie conspirationniste.
  • Les Instituts nationaux de la santé des États-Unis ont financé des recherches sur le gain de fonction à l’Institut de virologie de Wuhan et ont tenté d’occulter la divulgation de ces travaux
  • Le gouvernement chinois, des agences du gouvernement américain et certains membres de la communauté scientifique internationale ont cherché à dissimuler les faits concernant les origines de la pandémie.
  • Les responsables de la santé publique et l’administration Biden se sont livrés à des campagnes de désinformation et de mésinformation pour réprimer la théorie de la fuite en laboratoire et promouvoir des récits spécifiques.
  • L’administration Biden et de nombreux responsables de la santé publique ont exagéré l’efficacité des vaccins contre la COVID-19. Contrairement à ce qui avait été promis, le vaccin contre la COVID-19 n’a pas arrêté la propagation ou la transmission du virus.
  • La FDA a précipité l’approbation du vaccin contre la COVID-19 afin de respecter le calendrier arbitraire imposé par l’administration Biden. Deux éminents scientifiques de la FDA ont mis en garde leurs collègues contre les dangers d’une précipitation dans le processus d’approbation du vaccin et la probabilité d’effets indésirables. Leurs propos ont été ignorés et, quelques jours plus tard, l’administration Biden a rendu obligatoire le vaccin.
  • L’obligation de port du masque et les autres mesures restrictives de distanciation et de confinement de l’administration Biden ont outrepassé son autorité, ont été inefficaces, ont causé plus de mal que de bien et n’ont pas été étayés par des preuves scientifiques.
  • La décision de fermer les écoles pendant la pandémie n’était pas étayée par la science et a eu de graves répercussions sur les résultats scolaires, la santé mentale et la santé physique des élèves, avec la complicité des fédérations d’enseignants.
  • Le gouvernement a imposé des obligations de vaccination qui n’étaient pas étayées par la science, ont ignoré l’immunité naturelle, ont causé des dommages collatéraux importants et ont été très probablement contre-productives.
  • L’immunité collective est un concept et un phénomène réels. Les responsables de la santé publique ont coordonné leurs efforts pour ignorer l’immunité naturelle et supprimer les opinions dissidentes.
  • La Food and Drug Administration américaine et d’autres responsables de la santé publique ont dénigré l’ivermectine.
  • Les actions des responsables de la santé publique et du gouvernement ont entraîné une baisse de la confiance du public dans les institutions et une augmentation de la désinformation et de la rhétorique antiscientifique. Les messages scientifiques doivent être clairs et concis, étayés par des preuves et provenir de messagers de confiance, tels que les médecins de première ligne qui traitent les patients.
  • Les programmes d’aide du gouvernement face à la pandémie ont été marqués par une fraude généralisée, des gaspillages et des abus importants en raison d’une surveillance insuffisante et de systèmes de gestion financière obsolètes.
  • L’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’a pas rempli sa mission, a cédé à la pression du Parti communiste chinois et n’a pas tenu la Chine responsable de la violation des réglementations sanitaires internationales.
  • La pandémie et la réponse du gouvernement ont eu de graves répercussions économiques sur les individus, les communautés et les entreprises, notamment des pertes d’emplois, des fermetures d’entreprises et des perturbations de la chaîne d’approvisionnement.
  • Les politiques gouvernementales liées à la pandémie, notamment les mesures de confinement et les obligations de vaccination, ont eu de graves conséquences imprévues qui auront probablement des effets durables sur la société.
  • Le vaccin contre la COVID-19, bien que largement sûr et efficace, a entraîné des effets indésirables qui doivent faire l’objet d’une enquête approfondie.
  • Le système de déclaration des effets indésirables des vaccins est insuffisant et manque de transparence.
  • Les politiques de santé pendant la pandémie ont souvent ignoré, érodé ou carrément violé le caractère sacré de la relation médecin-patient, notamment en diabolisant injustement l’utilisation de prescriptions hors indication.

Les lanceurs d’alerte qui ont été injustement dénigrés, écartés des médias et persécutés par leurs employeurs vont pouvoir demander des comptes sur la base de ces conclusions dorénavant avérées. Cela ouvre aussi la porte à des actions judiciaires collectives des populations qui ont souffert physiquement et économiquement des mesures gouvernementales inadaptées et nocives. Mais surtout il devient évident que nous ne sommes qu’au début des révélations sur les collusions entre les laboratoires médicaux et les dirigeants politiques pour nous imposer des vaccins dont l’efficacité et l’innocuité sont définitivement remises en question…

Nous attendons maintenant que nos parlementaires aient le courage d’ouvrir une telle commission d’enquête en France où, sous le sceau du secret défense, il y a fort à parier que les malversations aient été bien pires !

Biden accorde la grâce présidentielle à son fils

Le président américain Joe Biden a accordé la grâce présidentielle à son fils Hunter. Cette déclaration du président a été publiée par le service de presse de la Maison-Blanche. La grâce présidentielle concerne aussi bien toute condamnation possible d’Hunter Biden que les potentielles reconnaissances de culpabilité de sa part. Auparavant, Joe Biden avait plusieurs fois exclu cette possibilité.

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Trump menace les BRICS de taxes à 100% s’ils continuent de vouloir se détourner du dollar

Wasghington pourrait introduire des droits de douane de 100% contre les pays des BRICS, s’ils ne reviennent pas sur leurs projets de créer une alternative au dollar, c’est ce qu’a déclaré le président élu Donald Trump.

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ambassadeur washington

Moscou aurait choisi son nouvel ambassadeur à Washington pour de futures négociations

Comme l’a rapporté Vedomosti le 7 octobre, Alexandre Darchiev, directeur du département Amérique du Nord du ministère russe des Affaires étrangères, deviendra très probablement le nouvel ambassadeur de Russie aux États-Unis. Le 25 novembre, il s’est rendu à la Douma d’Etat, où des consultations pertinentes ont lieu au sein de la commission des affaires internationales (elles devraient également avoir lieu au sein du Conseil de la Fédération). Comme l’a rapporté la chaîne Telegram de la radio Mayak, il a sorti un livre de l’un des membres du comité, Vyacheslav Nikonov, sur la crise des missiles cubains, « 1962. Khrouchtchev. Kennedy. Castro. Comment le monde a failli mourir. » Dans le même temps, Darchiev lui-même a refusé tout commentaire, tout comme Nikonov.

Le même jour, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré lors d’un point de presse qu’il ne commenterait pas l’éventuelle nomination de Darchiev au poste d’ambassadeur jusqu’à un décret correspondant du président Vladimir Poutine. “Vous savez, nous n’annonçons pas les nominations du personnel”, a déclaré Peskov. La veille, le ministère russe des Affaires étrangères avait déclaré que Moscou avait décidé depuis longtemps de la candidature du nouvel ambassadeur, mais ne faisait aucun commentaire à ce sujet en raison de restrictions juridiques. Dans le même temps, il est formellement possible que la partie russe demande à la nouvelle administration républicaine de Donald Trump une candidature pour un nouvel ambassadeur.

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sanctions banques

Washington impose une grande vague de sanctions sur le secteur bancaire et financier russe

Les États-Unis ont imposé le plus grand paquet de sanctions en termes de nombre contre 100 organisations financières, russes et étrangères, avec une participation russe. La principale parmi elles s’est avérée être Gazprombank ; en outre, la liste comprenait les principaux dirigeants de la Banque centrale, liés d’une manière ou d’une autre aux infrastructures de paiement. Cette fois, le Trésor américain s’est concentré sur les paiements transfrontaliers effectués par les banques russes, notamment via le système de messagerie financière (SPFS). Cependant, de telles actions ne font qu’inciter les autorités et les entreprises à rechercher de nouveaux moyens de contourner les sanctions.

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Conséquences des élections états-uniennes

La défaite des médias mainstream

On découvre progressivement l’arnaque des sondages biaisés, des médias arrogants et des experts bidons: un excellent article de France Soir, le seul grand quotidien français, dans lesquels les journalistes font encore leur boulot sans chercher à nous manipuler, nous montre en examinant les faits, comment les médias et les instituts de sondage US ont délibérément falsifié la réalité, et pas qu’un peu, pour favoriser Harris, dans le but de donner confiance à l’électorat démocrate et de faciliter les collectes de fonds.

Il explique aussi comment les meutes des médias de l’UE et de la France ont suivi bêtement et jusqu’à la dernière minute, les affirmations mensongères des «experts» de CNN, du New York Times, du Washington Post visant à manipuler l’électorat US et accessoirement l’opinion publique des pays UE-OTAN.

Non contents de s’être trompés (délibérément? Ou par incompétence?), nos médias grand-public arrogants, dominateurs et sûrs d’eux-mêmes, à l’image de ceux qui les contrôlent, continuent aujourd’hui de critiquer le vainqueur de l’élection US et, indirectement, les électeurs états-uniens, forcément beaucoup plus stupides que les français, sans prendre garde au retour de bâton qui pourrait affecter, demain, les intérêts de notre pays, alors même que le bateau France prend l’eau de toute part.

Avec ces journalistes les plus bêtes du monde, les français sont plutôt mal partis pour être informés de la situation réelle du pays et pour pouvoir voter en conséquence. Ils risquent de le payer fort cher, à moins qu’un réveil salutaire ne les incite à chasser les «marchands du temple» et à «nettoyer les écuries d’Augias.»

Aujourd’hui, plus que la victoire de Trump, je célèbre la défaite cuisante de nos médias, de nos instituts de sondages et de nos experts, seuls habilités par les médias nationaux à nous délivrer doctement leurs analyses en vue de nous (dés)informer. Il y a pour moi, je dois l’admettre, une grande jouissance à les voir s’indigner du résultat (pourtant plus démocratique que celui de 2020) et à les voir critiquer le gagnant du scrutin avec la rage du perdant et leur inébranlable certitude d’avoir toujours raison.

Les résultats officiels ne sont toujours pas proclamés. A la chambre des représentants, la majorité républicaine restera étroite et, à très peu près, celle qu’elle était déjà. Selon le site Real Clear Politics, elle serait aujourd’hui de 220 à 213 alors que 2 sièges restent encore à pourvoir. A ce jour, les républicains n’ont gagné qu’un seul siège à la chambre par rapport aux élections de 2022.

Pour ce qui est du vote populaire, le décompte définitif n’est toujours pas arrêté. Trump aurait obtenu, à ce jour: 77,611 millions de voix, et Harris: 74,897 millions de voix, selon Bloomberg. Les autres candidats auraient obtenu 2,5 millions de voix. L’écart entre Trump et Harris s’est donc réduit à 2,72 millions de voix et la population US apparaît bien coupée en deux parts quasi-égales.

J’ai beaucoup apprécié l’humour du tweet d’Elon Musk présentant la carte des résultats électoraux aux USA le 7 novembre 2024 en écrivant : «Ils disent que la lumière rouge vous aide à mieux dormir.» Ce tweet va faire rugir de fureur nos élites mondialistes bien pensantes qui vont bien devoir s’incliner devant le bon sens des électeurs de l’Amérique profonde. Vous cherchez où sont la majorité des bobos, wokistes et «progressistes autoproclamés» aux USA? Ils sont concentrés sur les points bleus de la carte.

Liens de l’administration Trump avec Israël

S’agissant de la future administration, beaucoup de mes amis s’inquiètent de la nomination par Trump de présumés sionistes à certains postes clefs et de l’amitié et du soutien que Trump porterait à Netanyahou. Ils en déduisent que les palestiniens seraient en grand danger. Pour moi, les choses ne peuvent pas être présentées de manière aussi simpliste.

Trump est tout sauf un imbécile. Il sait, comme Obama, Sarkozy et Chirac qui l’ont dit à qui voulait l’entendre, que Netanyahou est un menteur, un faux cul et un opportuniste. Il se souvient qu’en 2020, alors que le résultat de l’élection présidentielle US contestée n’était pas encore proclamé, Netanyahou s’était empressé de féliciter son concurrent Biden et ça, Trump ne l’a pas pardonné.

Trump se méfie, tient rancune et, in fine, méprise Netanyahou tout en tenant compte de son pouvoir de nuisance. Il avait déjà refusé ostensiblement, en lui tournant le dos, de lui serrer la main lors d’une rencontre. Il a su s’entourer de conseillers et de proches auxquels il accorde sa confiance pour rééquilibrer sa politique au Proche orient avec Tulsie Gabard, Elon Musk, Robert Kennedy, Tucker Carlson et Massaad Boulos, beau-père de Tiffany Trump, un conseiller de l’ombre dont les liens familiaux et culturels avec le Liban joueront un rôle dans la formulation de la politique de Trump au Moyen-Orient.

Je partage les conclusions de l’analyse originale en lien ci-dessus. Les présumés sionistes mis en place à différents postes importants par Trump ne sont sionistes que par intérêt carriériste et non par conviction profonde. La plupart ne sont pas membres de la communauté juive. Rien à voir avec les sionistes néocons viscéraux de l’équipe Biden: Blinken, Victoria Nulland, Wendy Sherman, Janet Yellen, Merrick Garland, Mayorkas…

L’allégeance de conviction de ces derniers va avant tout à Israël, alors que l’allégeance évolutive des trumpistes va avant tout à leur carrière, donc à Trump, puis aux USA et enfin seulement à Israël lorsque les conditions du moment sont favorables à cette prise de position. L’administration Trump soutiendra Israël, mais pas nécessairement l’équipe de génocidaires jusqu’au-boutistes qui dirigent cet État aujourd’hui (Netanyahou, Smotrich, Ben Gvir, Gallant, Katz, etc…).

Par ailleurs, Trump ne doit pas grand-chose à la communauté juive américaine puisqu’il sait que 79% des électeurs de cette communauté ont voté pour Kamala Harris. Moins d’un million d’électeurs sur les 4,5 millions d’électeurs de la communauté juive US (de 6 millions d’individus) ont donc voté pour lui. Son élection n’est donc pas due au vote juif et pas non plus à l’influence des médias sionisés qui ont fait campagne contre lui…

Trump sait aussi que le sayan Doug Hemoff, époux de Kamala Harris, a été classé à la première place mondiale du Palmarès confessionnel de l’influence du Jerusalem Post 2024 dans une anticipation malheureuse et foireuse de sa probable entrée à la maison Blanche, faite par des gens qui prenaient leurs rêves pour des réalités et qui espéraient rééditer le joli coup de 1963. Ils avaient réussi à l’époque à placer le vice-président sayan Lyndon B. Johnson à la Maison Blanche, après le mystérieux attentat contre John Kennedy qui avait eu l’audace de s’opposer au programme nucléaire israélien et aux plans d’extension par la conquête de Ben Gourion (qui allaient se réaliser en 1967 grâce au feu vert, aux fournitures d’armements et à l’appui financier du Président sayan Lyndon B. Johnson).

En conclusion, l’habileté de Trump consiste à laisser s’exprimer les partisans des deux camps qui s’opposent au Proche et Moyen Orient, tout en sachant que c’est lui, plutôt partisan du retour à la Paix, qui tranchera en dernier ressort. Si j’étais Netanyahou, je ferais en sorte de ne pas indisposer Trump par un jusqu’au-boutisme de mauvais aloi qu’il n’appréciera sûrement pas.

QUI dirige vraiment le monde ?

 Alors qu’en France, les accusations en tout genre pleuvent dès que vous osez éclairer l’opinion publique sur des informations factuelles permettant de répondre à cette question, les Japonais n’hésitent pas à mettre les pieds dans le plat. Dans cette très courte vidéo, tirée de la télévision Japonaise, l’intervenant explique que si les USA soutiennent Israël, c’est parce que les juifs dominent dans les positions d’influence US et qu’ils ont créé des lobbies puissants comme l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee). En clair, même au Japon, on sait QUI mène le monde et COMMENT.

En France, les médias refusent d’entendre ce genre de discours et préfèrent inviter des sayanims néoconservateurs, atlantistes et sionistes jusqu’au bout des ongles comme Nicolas Tenzer, expert autoproclamé de la Russie pour développer ses délires et sa paranoïa russophobe et réciter sa leçon atlantiste lorsqu’il dit par exemple que «la Russie n’a pour seul objectif que de détruire l’Ukraine et d’exterminer les ukrainiens.» (voir mn 50 à 52 sur ce lien).

Entendre un tel discours dans la bouche d’un professeur sayan de Science-Po, soutien forcené des néocons US et du génocide à Gaza, devant des journalistes complaisants d’une chaîne nationale est tout simplement ahurissant. On est dans une sorte d’inversion accusatoire qui ne dit pas son nom. La Russie en Ukraine agresserait dans le but d’exterminer toute une population, et selon le sayan Tenzer, Israël extermine toute une population civile gazaouie pour se défendre et pour punir. «On ne peut pas effectivement accepter que [les crimes contre l’humanité à caractère génocidaires du 7 octobre] ne soient pas punis. Pas plus qu’on ne peut pas accepter les crimes équivalents de la Russie en Ukraine, en Syrie, etc. […] disait-il à BFMTV le 6 novembre 2023.

Moyen et Proche Orient

En Palestine occupée

Depuis le 7 octobre 2023, le bilan des pertes palestiniennes directes, liées aux opérations des forces israéliennes, largement soutenues par l’occident otanien, s’alourdit tous les jours dans l’indifférence passive et coupable des gouvernances occidentales et d’une partie de l’opinion publique, anesthésiée par les médias grand public. Voici le bilan au 19 novembre 2024 :

Pour Gaza : 43 972 tués dont plus de 17 492 enfants, plus de 104 008 blessés
Cisjordanie : 785 tués dont plus de 167 enfants, plus de 6 250 blessés
Total Palestine : 44 757 tués dont plus de 17 659 enfants, plus de 110 258 blessés

Si l’on rajoute les pertes indirectes (Famines, épidémies, défaut de soin, en appliquant le facteur 4 du Lancet), le montant total des pertes palestiniennes serait de près de 223 800 morts.

«Les femmes et les enfants représentaient “près de 70%” des morts dans la bande de Gaza sur la période novembre 2023 à avril 2024, affirme l’ONU après une minutieuse vérification d’un décompte partiel des victimes de la guerre menée par Israël contre le Hamas.» Eh oui, monsieur le sayan Tenzer, on peut parler d’extermination !

Bilan des pertes libanaises au 19 novembre 2024

Selon les derniers chiffres du ministère de la santé du Liban, cette guerre a déjà faits sous les bombardements israéliens, et depuis le 8 octobre 2023 plus de 3 544 morts, dont 812 femmes et enfants tués et 15 036 blessés dont plus de 3 802 femmes et enfants, et au moins 1,4 million de personnes déplacées, dont plus de 400 000 enfants.

Outre les femmes et les enfants, les forces israéliennes semblent prendre un malin plaisir, comme à Gaza, à frapper les infrastructures médicales et à tuer ou blesser le personnel hospitalier. Le secteur de la santé libanais déplore la perte de 180 membres, ainsi que 306 blessés parmi le personnel médical; 244 véhicules médicaux, 86 centres de soins ambulatoires, et 40 hôpitaux ont été directement touchés. Les attaques contre les hôpitaux se sont multipliées, atteignant 64 frappes recensées, et 212 attaques ont été documentées contre les services d’urgence. Eh oui, messieurs le Sayan Tenzer et les journalistes complaisants qui font mine de l’écouter béatement…

Je sais que ces bilans qui se succèdent, jour après jour, comme une litanie funèbre peuvent lasser le lecteur, mais ce qui importe, c’est de garder ces chiffres en mémoire (et leurs sources) pour l’histoire. Il ne s’agit plus d’une guerre depuis longtemps, mais d’une extermination de civils qu’ils soient libanais ou palestiniens dont une très forte majorité de femmes et d’enfants. Répandre la terreur en tuant sans compter pour faire fuir les populations et s’approprier de nouveaux territoires, voilà la méthode utilisée par les Forces Armées israéliennes avec l’approbation des élites corrompues US et le silence complice des politiques de l’UE, non moins corrompues par l’argent de la diaspora, mais qui continuent de se poser en conscience du monde.

OTAN-Ukraine vs Russie

La Russie poursuit inexorablement ses avancées sur plusieurs secteurs du front. La saga de l’autorisation de frapper le territoire Russe accordée par le président Biden à l’Ukraine suscite trois commentaires.

  • Biden cherche peut-être à échapper à l’accusation d’être responsable de la défaire ukrainienne pour ne pas lui avoir accordé tout le soutien qu’il pouvait. Il préfère transférer à Trump cette responsabilité au regard de l’histoire.
  • Poutine est un dirigeant à sang froid qui n’est pas né de la dernière pluie. Il adaptera sa réponse qui restera proportionnelle aux dommages subit. Il ne surréagira pas. Il frappera en riposte et probablement par proxy interposé, telle ou telle base US, navire en opération, intérêts de tous ordres du gang des trois (US, UK et FR) quelque part dans le monde et probablement loin de l’Ukraine où il poursuivra son opération spéciale avec la sérénité et l’assurance du vainqueur.
  • Cette décision, comme les sanctions économiques, est une décision boomerang. Elle permet à Vladimir Poutine de justifier, aux yeux de sa population, la nécessité d’aller jusqu’au bout pour désarmer l’Ukraine et le risque qu’il y aurait à ne pas le faire. Elle permettra de poser des conditions toujours plus dures et draconienne dans les négociations à venir.

Je suis intervenu ce matin sur le média alternatif Géopolitique profonde après Xavier Moreau et Sylvain Ferreira dans une émission sous le titre: «l’Ukraine bombarde le sol russe : propagande de peur ou escalade finale ?»

A chacun de se forger son opinion, bien sûr.

zelensky aide

Malgré son “plan de résilience”, Zelensky demande de l’aide américaine

Si Washington réduit le financement de l’Ukraine, celle-ci perdra, a déclaré le dirigeant ukrainien Vladimir Zelensky dans une interview. Et il a exprimé l’espoir d’un soutien ultérieur du président élu américain Donald Trump. Même si, la veille, après avoir présenté à la Verkhovna Rada d’Ukraine un nouveau « plan de résilience » visant à mobiliser les ressources internes, le président a souligné qu’il ne fallait pas s’attendre à un miracle de la part de Trump et a assuré que Kiev disposerait d’un financement général pour l’année à venir.

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Lavrov qualifie les frappes d’ATACMS sur la région de Briansk comme le début d’une nouvelle phase de la guerre

Cette nuit, les forces armées ukrainiennes ont attaqué des cibles dans la région de Briansk avec des missiles ATACMS. Lavrov est convaincu que cette frappe aurait été impossible sans la participation des Américains.
« Le fait que des ATACMS aient été utilisés à plusieurs reprises ce soir dans la région de Briansk est, bien entendu, le signal qu’ils souhaitent une escalade. Il est impossible d’utiliser ces missiles de haute technologie sans les Américains. […] Vladimir Poutine en a parlé à plusieurs reprises », a souligné le ministre. « Moscou réagira en conséquence. »

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blinken venezuela

Blinken considère l’opposant Edmundo Gonzalez comme le président élu du Venezuela

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken considère l’ancien candidat de l’opposition vénézuélienne à la présidentielle, Edmundo Gonzalez Urrutia, comme le chef d’État élu du Venezuela. Le ministre des Affaires étrangères de la République bolivarienne, Ivan Gil, a souligné qu’avec de telles déclarations, l’administration américaine sortante « s’expose au ridicule ».

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trump biden

L’équipe de Trump fustige la décision de Biden d’autoriser Kiev à frapper en profondeur la Russie avec des missiles longue portée

L’équipe du président élu américain Donald Trump a sévèrement critiqué la décision de Joe Biden d’autoriser Kiev à mener des frappes à longue portée contre la Fédération de Russie. Le fils de Trump et son conseiller ont qualifié les auteurs de la décision d’« imbéciles »,  Musk  craint une réponse de la Russie. Les experts estiment que Biden veut rendre aussi difficile que possible la conclusion d’accords en cas de négociations entre Trump et le Kremlin.

« Les jours qui nous séparent de l’investiture de Trump seront longs », a déclaré le milliardaire Elon Musk, allié et sponsor majeur de la campagne présidentielle de Donald Trump.

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biden missiles

Biden autorise Kiev à frapper avec des missiles longue portée américains le territoire russe en profondeur

Le 17 novembre, le président américain Joe Biden a autorisé pour la première fois l’Ukraine à utiliser des missiles à longue portée fournis par les Américains pour frapper en profondeur sur le territoire russe. C’est ce qu’a rapporté le New York Times, citant des sources affirmant que ces armes seraient utilisées principalement « pour protéger les troupes ukrainiennes » dans la région de Koursk. Le journal affirme que la décision d’utiliser des missiles à longue portée est une réponse à la décision de Moscou d’impliquer des troupes nord-coréennes. TASS, citant le pool de presse de la Maison-Blanche, a rapporté que Biden avait refusé de répondre à une question sur cette décision à Manaus, au Brésil, où se déroule actuellement le G20.

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biden xi

Biden rencontre une dernière fois Xi en tant que président américain

Les dirigeants américain et chinois Joe Biden et Xi Jinping ont tenu ce qui était apparemment leur dernière réunion – en marge du sommet de l’APEC au Pérou. Le message principal des deux parties était l’idée que, malgré toutes les différences, les relations entre les deux plus grandes économies du monde devaient rester stables et ne jamais dégénérer en conflit ouvert. Le président de la République populaire de Chine s’est déclaré prêt à travailler avec l’administration de Donald Trump, qui entrera en fonction le 20 janvier, pour le « développement durable des relations entre la Chine et les États-Unis au profit des deux peuples ». Toutefois, les chances que le nouveau chef de la Maison-Blanche poursuive une politique pacifique à l’égard de la Chine sont extrêmement faibles.

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musk iran

Elon Musk rencontre en secret le représentant de l’Iran à l’Onu, selon le NYT

Le milliardaire américain Elon Musk a rencontré le représentant permanent de l’Iran auprès de l’ONU, l’émir Saeed Iravani, pour discuter de la réduction des tensions entre l’Iran et les États-Unis. La réunion, qui s’est tenue dans un lieu secret de la ville de New York, a duré plus d’une heure et a été qualifiée de positive, a rapporté le New York Times.

« Elon Musk, proche conseiller du président élu Donald Trump, a rencontré lundi à New York le représentant permanent de l’Iran auprès des Nations unies pour une conversation sur la réduction des tensions entre l’Iran et les États-Unis ». La réunion a fourni à Téhéran l’occasion de discuter de questions sans contact direct avec les responsables américains. Au cours des négociations, l’ambassadeur iranien a suggéré à Musk de déplacer une partie de ses activités à Téhéran, ce qui nécessiterait l’approbation du département du Trésor américain.

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musk ramaswami

Trump officialise le poste qu’aura Elon Musk

L’homme d’affaires Elon Musk et l’ancien candidat républicain à la présidentielle Vivek Ramaswami dirigeront le nouveau Département pour l’efficacité du gouvernement (DOGE), une organisation qui fonctionnera en dehors du gouvernement américain. Le président élu américain Donald Trump l’a annoncé sur le réseau social Truth Social.

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mike waltz

Qui est Mike Waltz que Trump veut nommer conseiller à la sécurité nationale ?

Waltz, un partisan de Trump qui a servi dans la Garde nationale en tant que colonel, a critiqué les activités de la Chine dans la région Asie-Pacifique et a déclaré que les États-Unis devaient se préparer à un conflit potentiel dans la région, a rapporté le Guardian. La semaine dernière, Waltz a été réélu à un siège à la Chambre des représentants des États-Unis représentant le centre-est de la Floride, qui comprend Daytona Beach. Il a battu le démocrate James Stockton, pasteur et ancien président du Parti démocrate local.

Waltz est un béret vert décoré et ancien conseiller politique de la Maison-Blanche et du Pentagone. Il a été élu pour la première fois au Congrès en 2018, en remplacement du républicain Ron DeSantis, candidat au poste de gouverneur, dans le 6e district du Congrès de Floride. Il a servi dans plusieurs missions de combat en Afghanistan et a reçu quatre étoiles de bronze. Waltz était l’un des législateurs nommés en juillet au sein d’un groupe de travail bipartisan du Congrès chargé d’enquêter sur la tentative d’assassinat de Trump en juillet à Butler, en Pennsylvanie.

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poutine trump

Trump aurait appelé Poutine pour parler de l’Ukraine, selon le Washington Post

Le président élu américain Donald Trump a eu sa première conversation avec le président russe Vladimir Poutine après sa victoire aux élections, ont indiqué des sources au Washington Post. Au cours de cet appel, Trump a exhorté Poutine à ne pas aggraver la situation en Ukraine et a exprimé son intérêt à discuter davantage d’une résolution pacifique du conflit. Les informations sur la conversation entre les dirigeants des États-Unis et de la Fédération de Russie ont été une surprise pour la partie ukrainienne qui, selon un représentant du ministère des Affaires étrangères, n’en avait pas été avertie à l’avance.

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241107 netanyahu trump

L’élection de Trump donne le feu vert à un raidissement de la position d’Israël

L’administration du président américain Joe Biden est alarmée par la situation entourant la démission du ministre israélien de la Défense Yoav Galant. Au cours des derniers mois, il a été le principal interlocuteur de Washington au sein de la direction de l’État hébreu. La décision du dirigeant israélien Benjamin Netanyahu de remplacer M. Galant par un ministre des Affaires étrangères fidèle, Israël Katz, qui n’a aucune expérience des affaires militaires, semble être une tentative d’endiguer le mécontentement à l’égard du leadership politique parmi les hauts gradés de l’armée, dans un contexte de guerre en cours sur deux fronts. La performance convaincante du républicain Donald Trump lors de l’élection présidentielle américaine du 5 novembre semble n’avoir fait qu’enhardir M. Netanyahu.

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reaction trump

Le Kremlin attendra les premières mesures de Trump pour commenter son élection

Le Kremlin attendra les premières déclarations et mesures de Trump lorsqu’il prendra ses fonctions de président des États-Unis, a déclaré le porte-parole du président russe Dmitri Peskov le 6 novembre. « Bien entendu, nous surveillons attentivement tous les flux d’informations venant de l’étranger à ce sujet. Et, bien sûr, nous tirerons principalement des conclusions basées sur des déclarations sur des sujets qui sont à notre ordre du jour, lorsqu’elles arriveront, et sur les premières étapes concrètes – ce qui reste encore à attendre, en tenant toujours compte du fait que pendant encore un mois et demi l’actuel président américain remplira ses fonctions », a déclaré le représentant de Vladimir Poutine.

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trump president

Donald Trump revendique la victoire à la présidentielle américaine

Donald Trump a déclaré sa victoire à l’élection présidentielle américaine. Il se considère comme le 47e président des États-Unis. Il l’a déclaré lors d’un discours devant ses partisans.

“Je tiens à remercier le peuple américain pour l’honneur extraordinaire d’avoir été élu 47e président et 45e président”, a-t-il déclaré, qualifiant les résultats du vote préliminaire de “victoire politique comme notre pays n’en a jamais connu”.

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senat republicains

Les républicains remportent les élections au Sénat américain

Les républicains gagnent 51 sièges au Sénat américain, privant ainsi les démocrates de leur majorité à la chambre haute du Congrès américain. En témoignent les prévisions de la chaîne Fox News.

Lors de la précédente convocation de cet organe gouvernemental, sur 100 sièges, les républicains en contrôlaient 49 et les démocrates en contrôlaient 51.

Le nombre de sièges républicains au Sénat devrait augmenter d’au moins deux.

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austin kiev

Lloyd Austin en visite inopinée à Kiev pour discuter des “besoins en armes de l’Ukraine”

Le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin est arrivé à Kiev ; sa visite n’avait pas été annoncée auparavant. Selon CNN, M. Austin rencontrera le président Vladimir Zelensky et le ministre ukrainien de la Défense Rustem Umerov. Il est prévu qu’ils discuteront des « besoins en armes de l’Ukraine ».

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biden allemagne

Biden est arrivé à Berlin pour sa tournée d’adieu en Europe

Le président américain Joe Biden est arrivé jeudi à Berlin pour une courte visite. C’est son premier voyage en Allemagne depuis près de 40 ans. La semaine dernière, le chef de la Maison Blanche devait tenir une réunion plus large sur l’Ukraine sur la base aérienne américaine de Ramstein en Allemagne au cours d’un voyage de trois jours, mais elle l’a annulée en raison de l’ouragan Milton qui fait rage aux États-Unis.

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sanctions iran

Washington et l’UE imposent de nouvelles sanctions à l’Iran

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE approuveront lundi de nouvelles sanctions contre l’Iran, accusé d’avoir transféré des missiles balistiques à la Russie. La décision de l’Europe de punir Téhéran sera prise malgré les appels des nouveaux dirigeants iraniens à la normalisation des relations avec l’Occident et leur refus (ainsi que celui de Moscou) de fournir des missiles balistiques à la Russie. Auparavant, l’administration américaine avait imposé de nouvelles sanctions contre le secteur pétrolier iranien, les qualifiant de réponse à l’attaque de missiles contre Israël le 1er octobre. Washington accuse également Téhéran de se préparer à assassiner le candidat américain à la présidentielle Donald Trump. Alors que l’on tente d’accroître l’isolement de l’Iran, Moscou et Téhéran ont l’intention de finaliser un accord de partenariat stratégique lors du sommet des BRICS à Kazan.

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biden nucleaire

Biden se dit prêt à négocier une réduction des armes nucléaires avec Pékin, Moscou et Pyongyang

Les États-Unis sont prêts à négocier sans conditions préalables avec la Russie, la Chine et la Corée du Nord une réduction des armes nucléaires. C’est ce qu’a déclaré le président américain Joe Biden dans une déclaration écrite à l’occasion de l’attribution du prix Nobel de la paix cette année à l’Association japonaise des survivants de la bombe atomique.

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antonov etats-unis

Poutine démet Anatoly Antonov du poste d’ambassadeur à Washington où il officiait depuis 2017

Le président russe Vladimir Poutine a relevé Anatoly Antonov de ses fonctions d’ambassadeur de Russie aux États-Unis. Le décret correspondant du chef de l’Etat a été publié sur le portail officiel d’information juridique.

“Pour relever Anatoly Ivanovich Antonov de ses fonctions d’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la Fédération de Russie auprès des États-Unis d’Amérique et d’observateur permanent de la Fédération de Russie auprès de l’Organisation des États américains à Washington”, indique le document.

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Donald Trump et la fin de l’empire américain

Le dernier livre d’Alain Le Bihan aborde le parcours des Etats-Unis pour dominer le monde. Dès leur création, les Etats-Unis ont considéré que Dieu leur avait confié cette mission, quitte à mener des guerres interminables aux quatre coins de la planète afin que celle-ci s’accomplisse. Jusqu’à ces jours, ils n’ont jamais remis en cause cette croyance qui repose sur la certitude d’appartenir au camp du bien.

Le prétexte de l’élection à la présidence des Etats-Unis en novembre permet de replacer dans cette perspective l’action des présidents américains depuis Richard Nixon, choisi comme point de départ. En effet, le terme de sa présidence a précipité la fin de la guerre du Vietnam, symbole s’il en est de l’affrontement est-ouest ou dans sa définition idéologique de l’affrontement entre l’impérialisme et le socialisme. Dans son ouvrage testament « La vraie guerre » Richard Nixon précise l’enjeu et les conditions de la domination du monde et le rôle confié aux USA et à leur président pour y aboutir.

Dans sa phase ultime, dominer le monde dans la configuration de celui-ci signifie être maitre de l’Eurasie. Pour obtenir ce résultat, il faut faire sauter le verrou que constitue le nord, ou le cœur, de cet immense continent. Or, ce nord, occupé dans le passé par l’Union soviétique, l’est désormais par la Russie. Si dans le passé, les Etats-Unis ont agi pour empêcher ce territoire de s’étendre vers le sud, comme en témoignent les politiques d’endiguement en Corée, dans la péninsule indochinoise, en Asie centrale, dans le Caucase et en Europe, dans un assaut final, il s’agira d’affronter la Russie pour la diviser en une multitude d’Etats fantoches. Telle est la vraie guerre du bien contre le mal. Quelle est la place que prennent les présidents dans cette mission de l’Amérique ?

Quinze ans après l’échec vietnamien, les USA constateront l’effondrement du système socialiste et la disparition de l’Union Soviétique, aussitôt remplacée par la Russie. Une période d’euphorie s’installera dans le camp libéral jusqu’à en oublier la mission existentielle. Cette période sera cependant séquencée par un agrandissement de l’OTAN à l’est et des opérations militaires pour le grand bien du complexe militaro-industriel, cœur de l’Etat profond des USA. Une nouvelle génération de leaders, plus préoccupée d’enrichissement personnel et de corruption, a pris la tête de la démocratie libérale. Dix ans après, un évènement, le 11 septembre, rappellera à celle-ci, les précarités de la domination.  La Russie précédemment humiliée en profitera pour reconstruire sa puissance. Quinze ans plus tard, lorsque les Etats-Unis chercheront à faire disparaitre définitivement les Etats du Proche Orient, elle s’y opposera. La Russie effectuera la même manœuvre lorsque les USA décideront d’intégrer l’Ukraine dans l’OTAN.

Dans ce livre, il ne s’agit pas d’exposer une étude se voulant « objective » de l’empire et de ses contradictions mais de présenter les évènements concrets vécus par les présidents des Etats-Unis lors de leur mandat tels qu’ils les ont traduits eux-mêmes dans les écrits de leur action dont la perspective est exprimée précédemment. Les écrits des présidents des Etats-Unis sont cités abondamment. Le propos, à partir d’une vision du monde brièvement exposée ici, se veut direct, illustré et validé par les propos de leur signataire.

Quant à l’agencement du livre lui-même, il ne se présente pas comme un déroulé chronologique mais en deux grandes phases rompues par l’évènement survenu le 11 septembre. Il y a un avant et un après 11 septembre. L’avant s’étend de la période de Nixon à George Bush. L’apogée de la puissance américaine se déroule sous le mandat de Bill Clinton, elle fait suite à la dissolution de l’URSS. L’après traite du mandat de Barak Obama et de l’apparition d’un personnage particulier dans l’histoire américaine : Donald Trump. Celui-ci sera présenté dans l’introduction à partir de la vision qu’ont de lui les politiques et médias mainstream français.

La préface du livre est signé Oskar Freysinger. Le livre contient 180 pages en format poche au prix de 12 €.

Plan du livre

Introduction

1 – PEARL HARBOUR A MANHATTAN

GEORGE WALKER BUSH 2001-2009

Un coup de tonnerre dans un ciel serein/ La police de la pensée à la manœuvre/ La version de George W Bush/

Quelle riposte mettre en œuvre ? / Les menaces sur l’Irak/ L’Afghanistan premier objectif/ Les néo-conservateurs ou néocons/ La recomposition du Moyen-Orient/ L’Afghanistan, l’Irak …et après.  

2 – DE LA DEFAITE AU VIETNAM AU STATUT DE PUISSANCE MONDIALE UNIQUE

RICHARD MILHOUS NIXON  1969 – 1975

Russie et communisme/ Le défi de l’Amérique/ La puissance militaire/ La puissance économique

LA PARENTHESE DE L’OUBLI. GERALD RUDOLF FORD 1974-1977

Les accords d’Helsinki

LA TENTATION DE RATTRAPPER AU MOYEN ORIENT LES ERREURS AU VIETNAM

JAMES EARL CARTER 1978-1982

Les accords de Camp David

LES PREMICES D’UN CHANGEMENT MONDIAL RONALD WILSON REAGAN 1981-1989

L’URSS, le communisme et le nucléaire/ Premier contact avec un dirigeant soviétique/ Le Moyen-Orient compliqué/ L’affaire Iran-Contra/ Au moment de quitter le pouvoir… Les regrets… Les recommandations …

UNE REVOLUTION EN DOUCEUR ! GEORGE WALKER HENRY BUSH 1989 – 1993

Le National Security Council/ George H Bush et Michael Gorbatchev/ La « perestroïka » et la « glasnost »/ La confrontation Est-ouest en Europe/ Le bloc de l’est se lézarde dès l’été 1989/ La chute du mur de Berlin/ La fin du système socialiste/ La réunification allemande/ L’an 1990 confirme le précédent/ 1991 le dénouement/ Le retour du Moyen-Orient/

3 – LA COURTE DOMINATION DU MONDE SANS PARTAGE

WILLIAM JEFFERSON CLINTON 1993-2001

Isoler encore la Russie/ Le retour de la géopolitique/ Les USA et la tendance impériale/ Vers la domination du monde/ 14-18 à l’origine de l’expansion/ Théodore Roosevelt 1901 – 1909/ La construction d’une marine de guerre/ L’amiral Alfred T Mahan/ Les successeurs de l’amiral Mahan/ Diviser pour régner ou l’exercice du pouvoir/ L’avancée de l’OTAN/ Victime collatérale de la fin de l’URSS : la Yougoslavie et l’ONU/ Il est interdit aux Kossovars…/ Au Moyen-Orient, Israël connait un répit/ Les subprimes et la crise de 2008/

4 – L’APRES BUSH JUNIOR OU LES CONSEQUENCES D’UN 11 SEPTEMBRE MAL GERE

SORTIR DE L’ORNIERE OUI VOUS POUVEZ BARACK HUSSEIN OBAMA 2009-2017

La vision de l’ornière/ La guerre en Irak/ La rencontre avec la Russie/ Puis il y eu la Libye…/ Le rôle du terrorisme islamique/ Révolution colorée à Kiev/

REFAIRE UNE GRANDE AMERIQUE DONALD TRUMP 2017-2021

L’Etat profond/ Make America great again/ Quid du complexe militaro-industriel ?/

L’AMERIQUE EST DE RETOUR JOSEPH ROBINETTE BIDEN 2021-2024

La famille Biden en Ukraine/ L’opération spéciale de la Russie/ L’Ukraine, Gaza et …/ Le cavalier seul des Etats-Unis/ L’allégeance française/

POUR CONCLURE

Dans la tête de l’Oncle Sam

« Dans la tête de l’Oncle Sam » 210 pages Éditions RIC août 2023 est un ouvrage de géopolitique centré sur les USA ; il remonte à Reagan puis Herbert Bush et Gorbatchev à la fin de Guerre Froide : époque du Partenariat pour la paix (qui allait avorter avec le double jeu de Bill Clinton en 94, l’Amérique décidant finalement de profiter de la chute de l’URSS pour dominer le monde).

Le livre montre, via l’étude de la succession des dirigeants de cette époque et de leurs politiques : G.W. Bush, Obama, Trump (le seul plus intéressé par le business que par la guerre), et Biden, le développement pernicieux de l’impérialisme américain depuis 1991, qui butant sur Poutine, va finir par rendre la guerre d’Ukraine inévitable.

Les guerres de « régime change » et les révolutions de couleurs de G.W Bush sont passées en revue, en liaison avec l’installation idéologique dominante des faucons néoconservateurs. La politique Obama constitue un continuum, face aux printemps arabes, de même que son coup d’État du Maïdan pour installer un régime policier à Kiev en lieu et place de la démocratie.

Le livre se termine sur la conjonction mortelle des élections Zelenski et Biden, qui mettra en place le plan Extending Russia de la Rand Corporation de 2019 pour parvenir au Graal tant espéré de l’affaiblissement de la puissance russe. Je montre l’échec US et j’insiste beaucoup sur la dimension idéologique et médiatique d’une Europe qui a versé dans la folie atlantiste.   

« Les BRICS Nouveaux maîtres du monde ? » 220 pages Éditions RIC avril 2024 est en quelque sorte une suite du précédent ouvrage. À la fin de la guerre froide, l’Amérique voudra enrayer la constitution d’un axe Paris/Berlin/Moscou qui se dessine, et promouvoir sa politique d’encerclement de la Russie (laquelle se redresse sous l’impulsion de Poutine, lequel profite des prix élevés du pétrole tirés par les importations chinoises).

Le livre montre le regard lucide que portent les pays émergents sur le double standard US, et notamment celui de l’Arabie Saoudite qui comprend à l’occasion de la guerre d’Irak de 2003 que les USA se sont retournés contre leur ancien allié S. Hussein et que cela peut leur arriver. La Création des BRICS et de l’Organisation de Coopération de Shangaï procèdent de ce besoin de sécurité et vont constituer les bases futures d’un monde multipolaire, se développant à l’écart des remous occidentaux.

La guerre d’Ukraine sera pour les BRICS (et les candidats qui veulent les rejoindre) un révélateur que leur intérêt bien compris se situe du côté de la Russie. Le monde émergent bascule vers le pôle Chine-Russie-Inde dont les projets mirifiques de développement (gazoduc de Sibérie, routes de la soie, corridor éco de l’Inde) dans un cadre de valeurs traditionnelles, contrastent avec l’UE qui s’enfonce dans la crise et les USA dans leur isolement international. 

De nombreuses annexes permettent au lecteur d’approfondir des points clés (culture woke Rous de Kiev, “annexion” Crimée, destruction des gazoducs, etc.). Comme le précédent, cet ouvrage accorde une large place à la bagarre des narratifs, mais il s’arrête davantage sur la guerre d’Ukraine qui joue le rôle de bascule géopolitique dans le mouvement de l’Histoire.

Les groupes aéronavals dans les guerres du XXIème siècle

Depuis les grandes batailles du Pacifique dont celle de Midway, qui ont permis aux USA de l’emporter sur le Japon, les groupes porte-avions sont devenus les instruments majeurs de projection de puissance des Forces Armées US sur la planète entière. Ils ont été utilisés dans tous les conflits dans lesquels les États-Unis ont été engagés. Les lecteurs reliront utilement l’étude proposée par le centre d’études supérieures de la Marine sur l’emploi de l’arme aéronavale dans la guerre du Pacifique.

La dernière utilisation impressionnante des groupes porte-avions occidentaux a pu être observée lors de la guerre du Golfe en 2003, dans laquelle pas moins de 5 groupes porte-avions ont été engagés simultanément dans une guerre contre un pays qui ne comptait, à l’époque que 25 millions d’habitants.

Rappelons aux lecteurs ce que représente un groupe porte-avions US. Il est centré sur un porte- avions et une escadre de 65 à 70 avions. Ses effectifs sont d’environ 7 500 personnes. Ce porte avion est accompagné d’au moins un croiseur, et d’au moins deux destroyers et/ou frégates ainsi que par un ou plusieurs sous-marins, des navires logistiques et d’un navire dit «de ravitaillement». C’est donc une force significative qui coûte cher à déployer et à maintenir en opération.

Lorsque des bruits de bottes commencent à se faire entendre sur la planète, le positionnement et les éventuels déplacements des 11 groupes porte-avions US peuvent constituer des indices importants sur de possibles opérations militaires de grande ampleur à venir.

Avant de commencer l’analyse des capacités actuelles aéronavales de la Marine des États-Unis, il est bon de prendre en compte les éléments suivants :

Le déplacement d’un groupe porte-avions est relativement lent et peu discret, ce qui le rend détectable et vulnérable, notamment à l’heure des satellites, des drones et des missiles anti-navires, qui peuvent être hypersoniques pour les pays, dont l’Iran fait partie, qui disposent de cette technologie avancée. Il faut compter de 10 à 15 jours de navigation pour rejoindre la Méditerranée orientale à partir de la côte Est des États-Unis.

Les ports d’attache des groupes porte-avions US sont au nombre de 4:

  • Sur l’Atlantique, 5 groupes porte-avions ont pour port d’attache Norfolk. Ce sont généralement ceux qui opèrent en Méditerranée orientale ou a proximité du Golfe.
  • Sur la côte US Pacifique, 3 groupes porte-avions sont basés à San Diégo (Californie),
  • 2 sont basés à Bremerton dans l’État de Washington. Ce sont généralement ceux qui opèrent dans le Pacifique .
  • Le 11ème groupe est basé au Japon à Yokoshuka.

Cette relative concentration des groupes porte-avions est, selon moi, un élément de vulnérabilité d’autant que les portes-avions en maintenance ne peuvent pas quitter leur cale sèche en quelques heures.

Pour des raisons de maintenance et de difficultés de recrutement des équipages, il est rare que la disponibilité opérationnelle des porte-avions US dépasse les 50%. Aujourd’hui, par exemple, 5 groupes porte-avions (sur 11) pourraient être engagés simultanément, sous réserve qu’ils puissent rejoindre leur zone d’engagement sans encombre. En temps ordinaire, 1 à 2 groupes sont déployés en méditerranée orientale ou à proximité du Golfe, 1 groupe est engagé en mer de Chine et 2 groupes font des ronds dans l’eau (s’entraînent) à proximité de leur port d’attache. C’est à peu près les déploiements actuels que nous verrons ci-après.

La situation de crise régionale actuelle au Proche et Moyen Orient est très différente de celle de la guerre d’Irak de 2003. L’Iran 2024 qui semble être l’ennemi potentiel d’une coalition israélo-US pouvant être élargie à certains pays de l’occident otanien, n’a rien à voir avec l’Irak de 2003.

Attention aux erreurs d’appréciation dont les stratèges occidentaux sont coutumiers. L’Iran de 2024 est quatre fois plus peuplé et quatre fois plus vaste que l’Irak de 2003 et ce n’est plus un pays isolé. Il fait partie des BRICS 10 mais aussi de l’OCS (Organisation de Coopération de Shangaï). La Russie et la Chine et de très nombreux pays musulmans vont prendre son parti et tout faire pour soutenir l’Iran, face à un État rejeté par la majorité planétaire tant pour le génocide qu’il conduit en Palestine que pour ses provocations et pour ses violations permanentes des résolutions de l’ONU, depuis 75 ans.

Par ailleurs, l’Iran s’est préparé à un conflit asymétrique depuis plusieurs décennies. Ce pays a acheté de nombreux matériels modernes à la Russie, notamment pour sa défense anti-aérienne (S 400) mais fabrique aussi ses propres armes (Drones, missiles anti-navires, missiles balistiques). Il maîtrise la technologie hypersonique. Il a déjà prouvé sa résilience dans les domaines économique et militaire.

Tout cela, le Pentagone le sait mieux que quiconque. C’est la raison pour laquelle, il n’est pas chaud pour entrer en guerre, surtout sur plusieurs fronts (Ukraine, Proche et Moyen Orient, Mer de Chine). Dans un Wargame de 2002, «Millenium Challenge» qui opposait l’Iran (les rouges) aux USA (les bleus), dans une guerre asymétrique, le général US Van Riper qui dirigeait le parti iranien avec ses moyens de l’époque, a infligé une cuisante défaite au corps expéditionnaire US qui approchait de son territoire.

Lors d’une frappe préventive il a lancé, dès le 2ème jour du conflit, une salve massive de missiles de croisière qui ont saturé les capteurs électroniques des forces US et détruit seize navires de guerre: un porte-avions, dix croiseurs et cinq des six navires amphibies. Un succès équivalent dans un véritable conflit aurait entraîné la mort de plus de 20 000 militaires US. Peu après l’offensive des missiles de croisière, une autre partie importante de la marine US était « coulée » par une armada de petits bateaux rouges, qui ont mené des attaques à la fois conventionnelles et suicides et qui ont capitalisé sur l’incapacité US à les détecter aussi bien que prévu.

Quels sont aujourd’hui les déploiements des groupes porte-avions US dans le monde ?

Chacun peut le voir sur la carte qui précède et dans le récapitulatif qui suit, seuls 3 groupes porte-avions sont en déploiement opérationnel aujourd’hui. Le CVN 71 autour du porte avion Théodore Roosevelt, navigue vers l’Est, en plein Pacifique. Il est donc fort loin et s’éloigne toujours plus des côtes iraniennes. Le CVN 75 autour du porte-avions Harry Truman a quitté Norfolk pour rejoindre, dans un premier temps, la Méditerranée orientale. On ne sait pas s’il s’agit d’un renforcement du dispositif ou d’une relève du CVN 72 (PA Abraham Lincoln) qui aujourd’hui croise au Nord de l’Océan Indien et à une relative proximité du Golfe persique et de l’Iran, après avoir quitté la Mer Rouge où la cohabitation avec les houtis ne se passait pas bien. 😂

Ce déploiement de 3 groupes porte-avions en mission opérationnelle est une situation qui n’a rien d’extraordinaire et qui peut être qualifiée de normale.

Ma conclusion est simple. Attaquer l’Iran avec un seul groupe porte-avion serait suicidaire. On se souvient que 5 groupes avaient été déployés en 2003 pour attaquer un pays beaucoup moins peuplé, beaucoup plus petit et surtout beaucoup moins bien équipé en armes anti-navires et en défense aérienne.

Engager plusieurs groupes porte-avions dans une attaque contre l’Iran serait une opération à haut risque et qu’on verrait venir de loin d’autant que l’Iran d’aujourd’hui, membre des BRICS et de l’OCS, n’est pas isolé comme pouvait l’être l’Irak en 2003. C’est bien le camp de l’occident otanien qui l’est chaque jour davantage.

Aller titiller le Lion Perse par la mer, à proximité de ses frontières, comme on est allé titiller l’ours russe en Ukraine ne serait donc pas une bonne idée. Espérons que les gouvernances occidentales resteront lucides et non aveuglées par la rage de perdre leur hégémonie sur le monde. Mais avec les élites dirigeantes de fous furieux, dominateurs et beaucoup trop sûrs d’eux-mêmes, imprégnées de l’idéologie néoconservatrice et sioniste du type «Occident israélo-otanien Uber Alles», on peut s’attendre à tout, et surtout au pire…

N’oublions pas que nous sommes à une époque où les États n’hésitent plus à faire «un emploi désinhibé de la Force pour faire valoir leur point de vue ou leurs intérêts», selon les mots récents du Chef d’État-major des Armées françaises et que, dans ce domaine, l’occident otanien a beaucoup montré l’exemple depuis 1990, date à partir de laquelle il a eu le monopole de la force durant le long moment unipolaire qui s’est achevé en 2022 .

Ce que le monde entier observe en Palestine et au Liban n’est-il pas l’expression même de cet emploi désinhibé de la Force par une coalition israélo-US en dehors de toute règle et toute législation internationale ?

renseignement ukraine

Le renseignement américain craint de graves représailles de la Russie en cas de frappes en profondeur du territoire russe

Les responsables du renseignement américain estiment que permettre à l’Ukraine d’utiliser des armes américaines à longue portée pour frapper profondément en territoire russe provoquerait une réponse énergique de la part de la Russie. Selon eux, cela pourrait changer le cours des hostilités, écrit le New York Times, citant des sources.

Puisque le président russe Vladimir Poutine avait déjà clairement indiqué que si Kiev frappait profondément le territoire russe avec des armes occidentales, Moscou considérerait cela comme une attaque de l’OTAN, les services de renseignement ont indiqué que la Russie prendrait en réponse des mesures sévères contre les États-Unis et leurs alliés. Ainsi, des frappes sur le territoire américain, qui feraient des victimes, ne peuvent être exclues.

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zelensky washington

Après l’ONU, Zelensky rencontre Biden et Harris à Washington où toutes les questions majeures ont été reportées à octobre

Après s’être exprimé dans une salle presque vide de l’ONU, le président ukrainien Vladimir Zelensky s’est rendu jeudi à Washington dans le cadre de sa tournée américaine. Les attentes exorbitantes suscitées par les déclarations communes se sont une fois de plus transformées en regards lugubres et toutes les questions majeures ont été reportées au mois d’octobre en Allemagne. Comment se sont terminées les rencontres de Zelensky avec le président américain Joe Biden et la candidate démocrate à la présidentielle Kamala Harris ?

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“Pachinyan a vendu l’Arménie aux Américains pour la démolir”

Le général Dominique Delawarde, chevalier de la Légion d’Honneur et ancien officier de l’armée française, s’est exprimé sur l’évolution de la politique intérieure et extérieure de la France, ainsi que sur l’influence croissante des États-Unis à travers leurs actions internationales. Il a particulièrement souligné le rôle des ONG financées par le département d’État américain, qui servent souvent d’agents infiltrés pour promouvoir les intérêts occidentaux et les diffuser globalement.

Un des exemples les plus frappants qu’il cite est celui de l’Arménie, un pays où les États-Unis et les organisations non gouvernementales (ONG) ont exercé une influence notable dès les premières phases de son indépendance.

Delawarde commence par souligner l’importance géostratégique de l’Arménie : « les USA et les organisations non gouvernementales se sont intéressés très tôt à l’Arménie parce que c’est un pays qui bordait à la fois l’Iran et bien sûr qui était à proximité immédiate de la Russie ». L’Arménie, historiquement liée à la Russie, a été progressivement orientée vers l’Occident grâce à une intervention subtile, mais efficace, des puissances occidentales. Le général précise : « les Occidentaux ont réussi à faire gagner les élections, pas par une révolution colorée, mais presque je dirais, et ont réussi à faire gagner les élections à un pro-occidental qui s’appelle Paschignan et qui a, on va le dire, vendu son pays à l’Occident ».

L’élection de Nikol Pashinyan a marqué un tournant dans la politique étrangère arménienne, rompant les relations traditionnelles avec la Russie et orientant le pays vers un partenariat plus étroit avec les États-Unis et l’Europe. Cependant, cette décision a eu des conséquences désastreuses pour l’Arménie, notamment dans le conflit avec l’Azerbaïdjan. Delawarde explique : « en faisant ça, Paschignan a indiqué carrément aux Russes la direction que prenait la politique étrangère de l’Arménie et les Russes en ont tiré la conclusion lorsque l’Azerbaïdjan a attaqué l’Arménie ». Au début, la Russie est intervenue pour protéger l’Arménie, mais « compte tenu de la position de Paschignan, a laissé tomber », laissant l’Arménie seule face à un Azerbaïdjan mieux préparé et soutenu par des alliés puissants.

Le rôle d’Israël dans ce conflit est également mentionné par Delawarde, soulignant l’importance des alliances géopolitiques dans cette région complexe : « parmi les alliés de l’Azerbaïdjan, il y en a un qui était très important et qui influe sur la politique étrangère américaine, c’est l’État d’Israël ». Selon lui, Israël a apporté un soutien militaire et stratégique à l’Azerbaïdjan : « Israël a soutenu par des armes, par des conseillers, la guerre de l’Azerbaïdjan contre l’Arménie. Et la victoire de l’Azerbaïdjan est aussi un peu la victoire d’Israël ».

Cette série de choix politiques a mené à la défaite de l’Arménie dans la guerre du Haut-Karabakh et à la reconquête de ce territoire par l’Azerbaïdjan. Delawarde résume cette situation avec un certain cynisme : « les Arméniens qui ont élu Paschignan ont ce qu’ils méritent ». Il critique le manque de clairvoyance des électeurs arméniens, qui n’ont pas réalisé que « les Occidentaux n’étaient pas aussi intéressés par de bonnes relations avec l’Arménie qu’avec l’Azerbaïdjan ». Finalement, l’Arménie a été « abandonnée à son triste sort », perdant non seulement la guerre, mais aussi son influence régionale face à un Azerbaïdjan soutenu par des puissances majeures.

Delawarde explique que les États-Unis contournent leurs propres lois nationales en externalisant certaines activités scientifiques sensibles dans d’autres pays. Il indique que « les lois aux US interdisent un certain nombre de choses, et que tout ce qu’ils ne peuvent pas faire en toute sérénité et en toute liberté sur leur territoire, ils le délocalisent et ils le font dans d’autres territoires de pays amis ».

Selon lui, cela s’applique non seulement aux expériences scientifiques, mais aussi à des pratiques plus controversées, telles que la torture. « Aux États-Unis, elle a souvent délocalisé les opérations dans des pays où la pratique est beaucoup moins surveillée », ajoute-t-il, précisant que ces opérations se déroulent généralement dans des régions où il est peu probable que les médias ou les enquêteurs découvrent la vérité : « Dans des pays où on ne risque pas d’avoir des médias et des gens qui viennent investiguer, qui viennent chercher ce qui se passe vraiment ».

En ce qui concerne les laboratoires biologiques, Delawarde souligne les dangers potentiels qu’ils représentent, citant notamment un incident survenu aux États-Unis à Fort Detrick, où une fuite de virus a eu lieu. « Alors est ce que c’est dangereux ? Oui, les laboratoires c’est toujours un peu dangereux dans la mesure où de temps en temps, et c’est arrivé aux États-Unis qu’un virus finisse par passer par l’intermédiaire d’un humain qui travaillait à l’époque dans le laboratoire de Fort Detrick. Donc ils ont dû fermer le laboratoire pendant un certain temps et je pense qu’il a été réouvert maintenant », explique-t-il.

Il conclut en affirmant que les États-Unis préfèrent externaliser ces laboratoires à l’étranger pour éviter que de tels incidents ne se produisent sur leur propre territoire : « Mais ils n’ont pas beaucoup de laboratoires déclarés aux États-Unis, très peu, et ils préfèrent les avoir ailleurs. Il vaut mieux que le problème arrive loin des frontières US que sur le territoire des États-Unis ».

Dominique Delawarde dévoile une stratégie inquiétante des États-Unis pour projeter leur influence à l’échelle mondiale. Selon lui, les États-Unis utilisent des ONG et soutiennent des régimes pro-occidentaux tout en délocalisant des activités controversées, telles que la recherche biologique, pour minimiser les risques internes tout en conservant une influence globale. Il affirme que ces organisations ne sont pas aussi indépendantes qu’elles le prétendent et qu’elles bénéficient largement du soutien de l’administration américaine.

Delawarde souligne que les méthodes employées comprennent la manipulation de l’opinion publique par l’intermédiaire d’«influenceurs» locaux et que le financement provient en grande partie du gouvernement américain : « Il suffit de regarder leurs financements (les organisations non gouvernementales). Vous verrez que la plupart du temps vous retrouvez des financements du département d’État américain, c’est à dire, en fait, du ministère des Affaires Etrangères américain, c’est à dire de de l’administration gouvernementale américaine. »

L’exemple de l’Arménie montre les dangers pour les petits pays de se détourner de leurs alliés traditionnels pour se tourner vers l’Occident, souvent au prix de leur stabilité et sécurité. Selon Delawarde, ces actions visent à imposer une forme d’« hégémonie bienveillante » dictée par les néoconservateurs américains, avec les biolaboratoires représentant une menace potentielle pour la stabilité internationale.

suspect trump

Le suspect de la seconde tentative de meurtre sur Donald Trump soutenait l’armée de Kiev et avait visité l’Ukraine

Ryan Wesley Root, suspecté de la seconde tentative d’assassinat du candidat républicain à la présidentielle américaine Donald Trump, s’est rendu en Ukraine et a soutenu les autorités de Kiev.

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Zelensky a remis à Blinken son plan d’utilisation éventuelle de missiles à longue portée contre la Russie

Le président ukrainien Vladimir Zelensky a remis au secrétaire d’État américain Antony Blinken un plan concernant l’utilisation éventuelle de missiles à longue portée pour frapper la Russie.

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harris trump

Donald Trump et Kamala Harris évoquent l’Ukraine et Poutine lors de leur premier débat présidentiel

Le premier tour des débats publics sur les élections avec la participation des candidats à la présidentielle américaine Donald Trump et Kamala Harris a eu lieu sur la chaîne de télévision ABC. Les opposants ont discuté de l’Ukraine, du “soutien” de Poutine, des questions économiques et des problèmes migratoires aux États-Unis, échangeant de nombreuses accusations et reproches mutuels.

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poutine harris

Poutine dit soutenir Kamala Harris, au grand dam de Donald Trump

Donald Trump a été gêné par les propos de Vladimir Poutine sur son soutien à Kamala Harris lors de l’élection présidentielle américaine. Trump s’est demandé s’il devait être offensé ou si Poutine lui rendait service. La Maison Blanche a réagi durement, appelant le dirigeant russe à cesser de discuter des élections américaines et d’exacerber les tensions entre les pays.

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avion maduro

Les États-Unis saisissent l’avion présidentiel vénézuélien

Le ministère vénézuélien des Affaires étrangères a déclaré que la saisie de l’avion du président Nicolas Maduro est un acte de piraterie.

“Les autorités américaines ont une fois de plus eu recours à des actes criminels qui ne peuvent être qualifiés que de piraterie, en confisquant illégalement un avion utilisé par le président de la République”, indique un communiqué publié par le ministère vénézuélien des Affaires étrangères.

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En visite en Chine, le conseiller américain Jake Sullivan reçu par Xi Jinping

Le dernier jour de la visite du conseiller présidentiel américain Jake Sullivan en Chine, il a été reçu par le dirigeant chinois Xi Jinping. Il a de nouveau exprimé l’espoir d’une coopération constructive, mais pour cela, les États-Unis doivent décider de leur attitude envers la Chine.

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americains ouzbekistan

Washington laisse ses avions militaires retirés d’Afghanistan en Ouzbékistan

Les autorités de l’Ouzbékistan et des États-Unis se sont mises d’accord sur le sort des avions et hélicoptères militaires américains que l’armée afghane a transférés sur le territoire de l’Ouzbékistan en août 2021, a déclaré l’ambassadeur américain à Tachkent Jonathan Henick. Ses propos sont cités par les médias ouzbeks.

“Ce sera en Ouzbékistan, oui, c’est déjà officiel”, a déclaré l’ambassadeur. Selon lui, les partis mettent déjà en œuvre un programme commun.

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georgie revolution

Le Service de renseignement extérieur russe affirme que Washington prépare une révolution de couleur en Géorgie

« Les Américains préparent une « révolution de couleur » en Géorgie. Le bureau de presse du Service de renseignement extérieur de la Fédération de Russie rapporte que, selon des informations reçues, la Maison Blanche est extrêmement mécontente de l’évolution de la situation en Géorgie à la veille des élections législatives du 26 octobre », indique le communiqué.

Comme l’a noté le SVR, les forces d’opposition dans le pays, malgré les efforts des États-Unis, restent fragmentées.

Washington entend accroître massivement la pression sur les autorités géorgiennes afin d’affaiblir autant que possible les positions électorales du parti au pouvoir, le Rêve géorgien.

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smp americaine

Une SMP américaine publie des photos de ses mercenaires en région de Koursk

La société militaire privée américaine Forward Observation Group a publié sur Instagram une photo de ses employés participant à l’attaque des forces armées ukrainiennes dans la région de Koursk.

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La justice russe déclare la fondation de George Clooney indésirable

Le bureau du procureur général russe a déclaré les activités de la fondation de l’acteur hollywoodien George Clooney, la Fondation Clooney pour la justice, indésirables en Fédération de Russie.

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zelensky svr

Washington envisage de faire remplacer Zelensky, selon le SVR

Les États-Unis étudient la possibilité de remplacer Vladimir Zelensky par une personnalité plus gérable et moins corrompue à la tête de l’Ukraine, a déclaré le service russe de renseignement extérieur (SVR).

«Selon les informations reçues par le SVR, le mécontentement à l’égard de Zelensky augmente parmi l’élite américaine. Tant dans le parti démocrate que dans le parti républicain, des voix expriment des doutes sur les «dépenses ciblées de milliards de dollars en aide militaire» que reçoit Kiev. Zelensky prend des mesures folles, menaçant d’une escalade bien au-delà des frontières de l’Ukraine », indique le message.

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Une présidence Trump aurait-elle pu prévenir la guerre en Ukraine ?

QUI pousse les USA, l’OTAN, l’UE et l’Ukraine à poursuivre la guerre contre la Russie, POURQUOI et COMMENT ?

John Mearsheimer est aujourd’hui le géopoliticien US le plus écouté sur la planète entière, particulièrement sur la crise ukrainienne. Sur ce sujet, il a multiplié les prises de parole depuis le coup d’état pro-occidental de Maïdan en 2014. Sa conférence sur l’Ukraine de Septembre 2014 relayée par YouTube a été visionnée plus de 27,6 millions de fois sur ce seul site :

Il a été invité le 17 avril 2022 à s’exprimer sur l’Ukraine à la télévision chinoise en continu CGTN (l’équivalent de CNN en Chine):

Des centaines de millions de téléspectateurs ont pu l’entendre défendre son point de vue en direct. Bien que ses thèses ne soient pas favorables à l’OTAN, il a même été invité le 16 juin 2022 à prononcer une conférence devant le Centre des Hautes Études de l’Institut Robert Schumann, organisme incontestablement très européiste et atlantiste. C’est dire que ses propos sont pris au sérieux.

Ses innombrables interventions sur la guerre en Ukraine font désormais de Mearsheimer le géopoliticien le plus connu et reconnu sur ce sujet.

Ce Raoult de la géopolitique n’est donc ni un fantaisiste, ni un charlatan, ni un complotiste, surtout lorsqu’il traite des USA et de l’Ukraine. Or, lors de sa dernière interview du 29 juin 2022 résumée en 8 minutes dans la vidéo ci-après, Mearsheimer fait une déclaration particulièrement intéressante, éclairante et même surprenante à certains égards:

Il répond aux 7 questions suivantes :

  1. 00:00 | La guerre d’Ukraine – Comment devrait-elle finir ?
  2. 01:12 | Est ce une bonne chose que d’armer les ukrainiens ?
  3. 02:30 | Qui est responsable de la guerre d’Ukraine ?
  4. 03:20 | Pourquoi la Russie n’a-t-elle pas stoppé plus tôt les expansions de l’OTAN ?
  5. 04:04 | Une présidence Trump aurait-elle pu prévenir la guerre ?
  6. 05:58 | Neutraliser l’Ukraine et mettre un terme à la guerre ?
  7. 06:43 | La Russie devrait-elle rendre les villes ukrainiennes conquises ?

La seule véritable surprise pour un initié vient de sa réponse à la question 5 qui va faire l’objet des lignes qui suivent.

Mearsheimer nous dit que la nature de Donald Trump l’aurait probablement poussé à tenter de prévenir la guerre, s’il avait été Président, parce qu’il haïssait l’OTAN et respectait Vladimir Poutine, mais qu’il n’aurait pas pu le faire face à la «puissance de l’Establishment des Affaires étrangères US».

Autrement dit, il y aurait donc aux USA, selon Mearsheimer, un «Establishment des Affaires étrangères US (non élu)» suffisamment puissant pour s’opposer, avec succès, à la volonté d’un Président élu et pour lui imposer, ainsi qu’à l’OTAN, à l’UE et à l’Ukraine une confrontation jusqu’au-boutiste avec la Russie.

Mearsheimer, prudent car déjà échaudé, ne dit pas qui contrôle cet «Establishment», mais ceux qui le connaissent savent fort bien à qui il fait allusion.

Mais qui donc contrôle l’«Establishment belliciste et jusqu’au-boutiste » des Affaires étrangères US évoqué par Mearsheimer ?

Le 27 août 2007, Mearsheimer a co-signé avec Stephen Walt, un livre, qui a été traduit en français sous le titre : Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine. Dans ce livre extrêmement documenté, les deux auteurs démontrent que le soutien apporté à Israël ne peut s’expliquer par des intérêts stratégiques communs ni par des impératifs moraux. Et qu’il est surtout dû à l’influence d’un lobby qui travaille activement à l’orientation de la politique étrangère américaine dans un sens pro-israélien, qui exerce des pressions efficaces sur le Congrès, les présidents et leur administration et qui jouit d’une influence considérable sur l’université et les médias. Ils y expliquent que ce lobby a ainsi joué un rôle clé dans la politique américaine au Moyen-Orient sous l’administration Bush au nom de la « lutte contre le terrorisme », comme en témoignent la désastreuse invasion de l’Irak, la confrontation avec l’Iran et la Syrie, ainsi que la guerre au Liban de juillet 2006.

John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt montrent que cette politique n’était ni dans l’intérêt national des États-Unis, ni dans celui d’Israël sur le long terme. Ils ouvrent un débat nécessaire pour l’avenir de la paix dans cette région du monde.

Bien sûr, ce livre a déclenché, à l’époque, un tollé dans le lobby US pro-Israël, l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee). Les deux auteurs ont été immédiatement ostracisés et ont, sans surprise, fait l’objet d’une campagne de dénigrement et d’accusations d’antisémitisme conduite par l’AIPAC et par une large partie des médias mainstream US. Pour mémoire, le lecteur trouvera ci après une capture d’écran d’un extrait de Wikipédia concernant l’AIPAC. La partie « Objectifs principaux » est particulièrement éclairante:

Bien sûr, Mearsheimer et Walt se sont magnifiquement défendus contre les accusations stupides et sans fondement de l’AIPAC et des médias US en multipliant les conférences dans le monde entier pour expliquer leur livre et justifier leur position. Voir, par exemple, la conférence tenue devant le « Cambridge Forum » en 2012 et la partie questions – réponses :

Par leurs réactions disproportionnées, enragées et aveugles, utilisant la technique bien connue consistant à tenter de « discréditer le messager pour tuer le message », les détracteurs de Mearsheimer et Walt n’ont fait qu’ajouter à leur notoriété et à la diffusion de leur thèse. L’AIPAC et les médias US auraient gagné à se taire, plutôt que d’étaler au grand jour leur connivence. Nous verrons plus loin que de nombreuses preuves sont venues donner raison à Mearsheimer et Walt dans les années qui ont suivi la publication de leur livre.

Existe-t-il d’autres lobbies  très  puissants susceptibles de constituer l’ « Establishment des Affaires étrangères » US évoqué par Mearsheimer ?

Aux déclarations de Mearsheimer et de Walt, on pourrait ajouter que les lobbies pro-Israël influant sur la politique étrangère américaine ne se limitent pas à l’AIPAC. Le lobby des protestants évangéliques, mais aussi et surtout le mouvement désormais bien connu des néoconservateurs US, se sont toujours distingués par leurs positions philosionistes et se sont montrés et se montrent toujours très actifs dans l’orientation de la politique étrangère US.

Irving Kristol (1920-2009)

The Forward, le plus ancien quotidien juif américain, publie un article le 6 janvier 2006, dans lequel il revendique l’invention du néoconservatisme par leur communauté:

Norman Podhoretz (1930- ….)

Extrait : « S’il y a un mouvement intellectuel en Amérique dont les juifs peuvent revendiquer l’invention, c’est bien le néoconservatisme. Cette pensée horrifiera sans doute la plupart des juifs américains, majoritairement libéraux. Et
pourtant c’est un fait qu’en tant que philosophie politique, le néoconservatisme est né parmi les enfants des immigrants juifs et qu’il est actuellement le domaine particulier des petits-enfants de ces immigrants ».

L’apologiste du néoconservatisme Murray Friedman explique cela par la bénéficence inhérente au judaïsme, « l’idée que les juifs ont été placés sur terre pour en faire un monde meilleur, peut-être même plus sacré ».

En 1997, la partie la plus militante des néoconservateurs créent un cercle de réflexion (Think Tank) dont l’appellation est, à elle seule, tout un programme :« Project for a New American Century » (PNAC). L’influence des néoconservateurs n’a jamais été aussi forte car nombre d’entre eux ont investi l’administration fédérale depuis la présidence Reagan et y occupent désormais des postes de très haut niveau. Ils rédigent un livre programme sous le titre : « Rebuilding America’s Defense » que certains détracteurs n’ont pas hésité à comparer à « Mein Kampf » (selon Wikipédia).

L’Objectif affiché est de trouver et d’engager tous les moyens pour prolonger au XXIème siècle le leadership mondial des États-Unis acquis depuis la seconde guerre mondiale, que ce soit dans les domaines politique, économique, culturel ou militaire.

Le 3 juin 1997, les 25 fondateurs du PNAC publient un manifeste qui expose 5 principes, dont deux méritent une attention particulière :

  • Empêcher l’émergence d’une puissance rivale ;
  • Refus du déclin de la puissance américaine parce qu’elle est la première puissance démocratique du monde.

Ces deux principes peuvent expliquer, à eux seuls, la russophobie et la sinophobie exacerbées et pathologiques des néoconservateurs qui règnent aujourd’hui sur « l’Establishment des Affaires Étrangères US » et qui imposent leur agenda au Président US, à l’OTAN, à l’UE et à l’Ukraine.

A noter que sur les 25 signataires du manifeste des principes du PNAC, 10 vont obtenir des postes très importants dans l’administration du président Georges W Bush. A cet égard, le témoignage en 2007 du général US Westley Clark, ancien commandant en chef de l’OTAN (1997-2000) est édifiant:  

Tous les noms cités dans ce témoignage sont ceux de personnalités liées aux néoconservateurs et l’on perçoit l’extrême russophobie d’un sieur Wolfowitz, grand prêtre du « Regime Change », il y a un quart de siècle.

Les détracteurs du néoconservatisme lui attribuent les caractéristiques suivantes:

  • un dédain pour les organisations multilatérales, donc pour l’ONU;
  • la volonté d’employer rapidement la force militaire ;
  • une faible tolérance pour la diplomatie ;
  • une focalisation sur la protection d’Israël et donc le Moyen-Orient ;
  • une insistance sur la nécessité, pour les États-Unis, d’agir de manière unilatérale ;
  • une tendance à percevoir le monde en termes binaires (bon/mauvais)
  • La certitude d’avoir raison, le cynisme et le jusqu’au-boutisme dans l’erreur.

Les néo-conservateurs ne font pas de la stabilité du monde un bien à maintenir mais au contraire prônent les vertus de la déstabilisation, voire du « chaos constructif »…

Israël, qui entretient des liens privilégiés avec les néoconservateurs US, est-il, ou non, impliqué dans les événements d’Ukraine?

On peut évidemment remarquer que l’Ukraine est fort éloignée du Proche Orient et en déduire, un peu vite, qu’elle n’a donc pas grand chose à  voir avec Israël. Et pourtant, une multitude d’indices concordants semblent bien indiquer qu’il pourrait bien y avoir un rapport direct et majeur entre l’État Hébreu et les événements d’Ukraine. Nous n’en retiendrons que 7.

  1. C’est bien Naftali Bennett, premier ministre israélien qui a, le premier, proposé sa médiation dès le 27 février 2022 dans cette crise. Pourquoi l’aurait-il fait s’il ne comptait pas sur ses bonnes relations avec toutes les parties en cause dans cette affaire: USA, UE, OTAN, Ukraine et Russie et s’il n’espérait pas pouvoir, par la puissance de ses relais d’influence, faire évoluer les positions des uns et des autres? On notera que Vladimir Poutine, qui est tout sauf fou ou idiot, a poliment refusé, comprenant que ce genre de médiateur ne présentait pas les garanties suffisantes d’impartialité pour le règlement de cette crise. Il est vrai que cette médiation israélienne avait été demandée dès le 25 février par Zélenski, probablement sur la suggestion de  ses bons amis néoconservateurs états-uniens, qui espéraient peut être «gagner du temps», ou, pourquoi pas, sortir grands gagnants d’une médiation, conduite par leur allié le plus fidèle.
  2. Il y a des preuves tangibles de l’implication directe d’Israël dans la crise ukrainienne aux côtés du régime de Kiev. D’abord dans l’entraînement des forces du régime de Kiev ; Ensuite à Marioupol, 40 israéliens semblent avoir combattu au sein du bataillon ukro-nazi Azov selon l’aveu même des officiels du régime de Kiev. Enfin, dans la révolution de Maïdan elle même, concoctée, organisée et  conduite  par Victoria Nuland, une néoconservatrice pure et dure, très liée à l’AIPAC et donc à Israël. Certains iront même jusqu’à évoquer le rôle des snipers de Maïdan en 2014, ces « inconnus » qui ont réussi, en tirant sur les deux camps qui se faisaient face (forces de l’ordre et manifestants) à transformer une manifestation « pacifique » en révolution. Cette technique des tireurs enflammant une situation en tirant, pour tuer, sur les forces de l’ordre et les manifestants est connue des experts en révolution colorée. Elle est particulièrement efficace et a déjà été utilisée le 23 mars 2011 à Deera, en Syrie, pour y déclencher « un printemps syrien ».
    S’agissant de Maïdan, l’excellente émission de la chaîne de TV mainstream allemande ARD a levé une partie du voile et pose de bonnes questions. « Tirs mortels à Kiev : Qui est responsable du massacre de Maïdan ». Les mystérieux snipers évoqués par les journalistes d’investigation allemands et qui ont enflammé la révolution de Maïdan étaient-ils de gentils agents de la CIA ou du MI-6 ? Ou beaucoup plus simplement du MOSSAD israélien, seule agence de renseignement, fusionnelle avec la CIA, efficace, et pouvant disposer sur place de relais parlant parfaitement l’ukrainien (des «sayanim» ukrainiens) ? On peut rétorquer à ce qui précède que, sur les 60 000 à 90 000 juifs ukrainiens (selon les sources) 2 000 Ukrainiens auraient une double nationalité ukrainienne et israélienne), bien que cette double nationalité ne soit pas, en théorie, reconnue en Ukraine, et qu’il est naturel, pour un natif d’Ukraine, de participer à la défense de son pays et, pourquoi pas, de participer activement à l’organisation d’une révolution, fût elle de couleur, dans son pays d’origine. Cela est vrai. Mais c’est bien la gouvernance d’Israël qui a invité Zelenski à s’exprimer devant la Knesset le 20 mars 2022 en visio-conférence pour promouvoir sa version de l’Histoire: celle de l’allié otanien, et dans le but de recruter de nouveaux mercenaires israéliens pour défendre la communauté juive d’Ukraine qui, soit dit en passant, n’a jamais été menacée par la Russie, à l’exception peut être, de quelques oligarques, proches de Zelenski, et qui avaient mis leur pays en coupe réglée à leur seul profit personnel, en pactisant avec une petite minorité ukro-nazie. (Igor Kolomoïsky, le sponsor et « parrain » de Zelenski, mais aussi des bataillons ukro-nazis Azov, Aïdar, Donbass, etc., aujourd’hui poursuivi aux USA pour corruption aggravée, par exemple)… Notons, pour l’anecdote, que Kolomoïsky, comme d’autres oligarques ukrainiens très fortunés et corrompus comme lui, a la double nationalité ukrainienne et israélienne…)
  3. Rappelons aussi, que l’Ukraine est le pays qui compte, de loin, le plus de politiciens corrompus au monde impliqués dans le scandale des Pandora Papers (38 exactement  dont le Président Zelenski). Les politiques américains, eux mêmes, font semblant de le découvrir aujourd’hui. Ce discours de Zélenski du 20 mars 2022 à la Knesset n’a manifestement pas fait l’unanimité. Heureusement, le «fameux philosophe franco-juif BHL» (selon le Jerusalem Post) a pu rétablir la «vérité historique» en déclarant: «Zelenski est entré au Panthéon de l’héroïsme juif».
  4. Il y a aussi les réactions épidermiques de Lavrov, ministre des affaires étrangères russes, probablement bien renseigné sur les actions directes ou indirectes menées en coulisse par la gouvernance de l’État Hébreu et qui en est manifestement excédé. Pour qu’un diplomate aussi expérimenté et pondéré que Lavrov « sorte de ses gonds », comme il l’a fait le 2 mai 2022, c’est qu’il doit y avoir un passif très important avec Israël, et que ce pays a du pousser le bouchon un peu trop loin.
  5. Il y a encore les réactions épidermiques de Poutine et les tensions de plus en plus forte entre la Russie et Israël qui n’ont cessé de s’aggraver depuis le début de l’année 2022. Poutine est parfaitement renseigné, depuis plus de 20 ans, sur les actions (tordues ?) menées en coulisse par son « partenaire » israélien. C’est probablement la raison pour laquelle il vient de suspendre, en ce début juillet, les activités de l’Agence juive en Russie. Cette «agence» opérant en Russie serait-elle sortie de son rôle ? Poutine a sans doute de bonnes raisons de le croire pour prendre la décision qu’il a prise.
  6. Il y a aussi le comportement étrange d’Israël et des USA en Syrie. Depuis le début de l’opération russe en Ukraine, les USA se sont ré-installés dans la région de Raqqa qu’ils avaient quittée il y a deux ans. Les israéliens, eux, profitent du fait que les russes soient occupés en Ukraine pour redoubler leurs bombardements sur Damas. A observer les évènements depuis 2 ans, en Syrie, mais aussi dans d’autres pays, aux marges de la Russie (Moldavie, Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan, Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Finlande, Suède), on pourrait penser que les deux compères (Israël et USA) font tout ce qu’ils peuvent pour « emmerder » la Russie partout où ils estiment pouvoir le faire indirectement, voire directement, et partout où ils disposent de relais. Ce dernier point n’est pas un obstacle à ceux qui règnent sur la finance internationale et qui peuvent corrompre les élites de ces pays en imprimant quelques centaines de millions de dollars de plus.
  7. Il y a, pour finir, la couverture médiatique israélienne du conflit en Ukraine, manifestement haineuse envers la Russie, très révélatrice d’un État qui se pose en acteur de premier plan de ce conflit, aux côtés du régime de Kiev et contre la Russie.

En fait, les contentieux entre la Russie et Israël sont beaucoup plus anciens, beaucoup plus nombreux et beaucoup plus profonds qu’il n’y paraît. Ils s’aggravent chaque jour un peu plus et peuvent expliquer, en large part, les actions directes ou indirectes de l’État hébreu à l’encontre de la Russie. Relire à cet égard cet article de février 2017 qui peut explique les évènements d’aujourd’hui.

Cet autre article permet aussi de comprendre l’ingérence d’Israël, en coulisse, aux frontières de la Russie, dans la guerre de 2020 au Haut-Karabagh.

Mais POURQUOI Israël et les lobbies pro-Israël sont-ils si déterminés et agressifs envers un État, la Russie de Poutine, qui ne leur a jamais rien fait, à ce jour ?

En fait, Israël doit sa création, son existence, sa protection, sa prospérité relative et peut être même sa survie à l’allié états-unien. Son budget est largement abondé par les aides fédérales états-uniennes et par les donations des milliardaires de la diaspora qu’ils soient de la finance, des GAFAM, des laboratoires pharmaceutiques, des peoples, etc. Israël a réussi à mettre en place aux États Unis, avec l’AIPAC, ses alliés évangéliques, ses réseaux de sayanims, ses relais médiatiques et néoconservateurs un « contrôle » très efficace du pays le plus puissant du monde.

Il a pu, dans d’autres pays ou sa diaspora est nombreuse, développer des réseaux d’influence à l’imitation de ses réseaux états-uniens. Tout cela lui donne un pouvoir d’influence hors de proportion avec la taille de son territoire, sa population et son PIB.

Chacun comprendra que cette situation lui convienne parfaitement, qu’il défende donc, bec et ongles, ses sponsors et qu’il s’oppose à tout ce qui pourrait remettre en cause cette organisation politique, économique et financière du monde qui lui profite. Parce que le monde unipolaire sous hégémonie US-dollar-OTAN convient à ses sponsors de la gouvernance US, de la finance internationales, des GAFAM, des laboratoires pharmaceutiques, et parce que sa diaspora, répartie sur la planète entière, lui permet d’en tirer un maximum de profits, Israël a épousé avec ferveur l’idéologie mondialiste, tout en restant jaloux, «en même temps», de sa propre souveraineté.

Le problème qui se pose aujourd’hui pour les États-Unis, pour leur allié israélien et pour leurs vassaux otaniens, c’est que ce modèle mondialiste est menacé. Il est menacé parce qu’il repose sur des monnaies (dollars, euros) imprimées sans mesure et sans contrepartie et sur un endettement états-unien et européen qui explose au-delà de toute mesure.

Il est menacé parce que, simultanément, un nombre croissant de pays menés par la Russie et par la Chine, refusent désormais la soumission aux USA, à l’extraterritorialité de son droit, au dollar, à l’OTAN et au reset qui serait nécessaire pour effacer les dettes et poursuivre dans la voie d’une hégémonie US sur un monde unipolaire «pour un nouveau siècle».

Il faut donc frapper à la tête et commencer par abattre le président Poutine et sa Russie, si l’on veut encore espérer l’avènement d’un mondialisme unipolaire sous hégémonie US/OTAN. Ce combat en Ukraine, initié et dirigé par les néocons US depuis 2014, est existentiel pour toutes les parties en cause, ce qui rend la situation particulièrement dangereuse, car c’est un combat à mort.

Il est existentiel pour les USA qui pourraient s’effondrer aussi vite que l’Union soviétique en 1990 si le dollar venait à perdre le premier rôle dans l’économie mondiale ;

Il est existentiel pour Israël qui ne peut se permettre de voir décliner ou s’effondrer sa poule aux œufs d’or et son allié politique et militaire le plus puissant, le contrôle de sa diaspora sur les finances mondiales et sur les entreprises multinationales, mais aussi son influence « mondiale » exercée par l’intermédiaire de son « proxy » US et de ses réseaux planétaires d’influence ;

Il est existentiel pour l’UE qui a trop longtemps voulu imiter, suivre et se soumettre aux USA et à l’OTAN et qui n’a pas de plan B faisant consensus pour s’émanciper;

Il est existentiel pour l’OTAN qui ne peut se permettre de perdre la face aux yeux du monde entier, qui la regarde, goguenarde, faire face à la colère russe;

Il est existentiel pour le régime de Kiev, dont l’élite corrompue actuelle, mise en place par les USA après le coup d’état de Maïdan, a tout misé sur les USA-Israël et sur l’OTAN et fera les frais d’une probable défaite de ses parrains.

Il est existentiel pour la Chine qui ne peut se permettre de laisser triompher l’OTAN, en se sachant seconde, derrière la Russie, des adversaires désignés dans le dernier concept stratégique atlantiste et qui préfère jouer aujourd’hui la partie à deux, avec son compère russe, plutôt que de se retrouver demain seule à mener une guerre économique et militaire contre la coalition occidentale, en cas de défaite ou de soumission de la Russie.

Il est enfin existentiel pour la Russie et pour les souverainistes du monde entier (plus de 80 % de la population mondiale) qui verraient, en cas d’échec ou de soumission russe, triompher le mondialisme sous une hégémonie USA-Israel-OTAN-UE. (12 % de la population mondiale).

COMMENT Israël et les lobbies pro-Israël ont-t-il pu aider leur allié US dans sa tentative d’intégrer l’Ukraine à l’UE et à l’OTAN, dans le but ultime de soumettre la Russie ?

Comme l’ont expliqué clairement Mearsheimer et Walt, les lobbies pro-Israël, AIPAC / néoconservateurs entre autres, ont réussi à prendre le contrôle de « l’Establishment des Affaires étrangères US», un establishment qui serait donc devenu, au fil du temps, plus puissant que le président élu.

Deux premières anecdotes viennent à l’appui de l’affirmation qui précède pour ceux qui savent garder la mémoire des faits.

1 – Après l’élection de Trump de novembre 2016, lors de la période de transition et alors que celui ci était en conflit avec la CIA sur l’ingérence présumée des russes dans la campagne électorale US, c’est le directeur du MOSSAD Yossi Cohen qui est venu, dès le 17 décembre 2016, exposer à l’équipe de Trump SA vision de la situation internationale, notamment au Proche et Moyen Orient et sur le conflit israélo-palestinien, mais pas que… en présence de Yaakov Nagel, chef du conseil de sécurité national israélien et de Ron Dermer, ambassadeur israélien aux États Unis. C’est encore Israël qui a lancé la première invitation pour une visite d’État au nouveau président US, élu mais non encore intronisé.

2 – Benjamin Netanyahou a été le seul chef d’État au monde à avoir pu  imposer contre l’avis du Président américain (OBAMA, à l’époque) sa présence au Congrès US et à pouvoir lui faire la leçon, comme il l’a fait le 3 mars 2015 devant une assemblée totalement acquise. Aucun autre chef d’état au monde n’aurait pu se permettre un tel exercice. Observez bien les cinq premières minutes de la vidéo:

et/ou écoutez le podcast.

Le lecteur notera la ferveur de l’accueil du Congrès qui ne devrait surprendre personne lorsqu’on se souvient que Thomas Friedman, un des plus influents journalistes US, membre de la diaspora, éditorialiste au NewYork Times et triple lauréat du Prix Pulitzer, ardent partisan d’Israël, écrivait le 13 décembre 2011, dans le NewYork Times: «J’espère que le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, comprend que, s’il a été gratifié de l’ovation reçue au Congrès cette année, ce n’était pas pour sa politique. Son ovation a été achetée et payée par le lobby israélien . À chaque visite aux États-Unis d’un Premier Ministre israélien, le Congrès l’accueille avec plus de ferveur que le président américain lui-même.»

En clair, selon Thomas Friedman, ce sont l’argent de la diaspora et le contrôle des médias qui peuvent « acheter » et/ou promouvoir ou détruire les carrières des hommes politiques US. Ces derniers le savent et l’énorme majorité d’entre eux, soumise, se lève pour applaudir à tout rompre dès que paraît le Premier ministre d’Israël. C’est éclairant… C’est fou, le pouvoir de l’argent

Devant ce succès indéniable obtenu, en quelques décennies, aux USA, les lobbies frères pro-Israël de certains grands pays ont suivi cette stratégie néoconservatrice et multipartisane de prise de contrôle progressive du pouvoir en focalisant prioritairement sur les médias, les Affaires étrangères, le Renseignement, la Défense, l’Enseignement, la Justice, le Parlement et bien sûr, les « peoples » et la Police de la Pensée. Cela a été le cas notamment au Canada, en Australie, au Royaume Uni, en France, mais aussi au niveau des institutions européennes et, bien sûr, de l’OTAN. Nous y reviendrons.

L’idéologie néoconservatrice née aux USA dans les années 60, dans les conditions évoquées plus haut, a donc fini par s’étendre à l’Europe et à devenir transatlantique. Les néoconservateurs des 30 pays membres de l’OTAN se parlent et se comprennent. Ils sont frères. Ils ont souvent été sélectionnés pour suivre les mêmes formations anglosaxonnes transnationales (celle des « Young Leaders » par exemple). Ces élites de plus en plus « néoconservatrices » et mondialistes ont souvent été portées au pouvoir grâce à l’aide des médias contrôlés par quelques milliardaires totalement acquis à la cause du néoconservatisme et du mondialisme.

L’extension rapide aux grands pays occidentaux de l’idéologie néoconservatrice a été facilité par une diaspora organisée et par l’existence et l’action de lobbies pro-Israël puissants, influents, efficaces, existant dans la plupart de ces pays. C’est une contribution indirecte, voire directe mais la plupart du temps discrète d’Israël envers ses alliés néoconservateurs et mondialistes états-uniens.

Avant d’aborder plus en détail les moyens et les méthodes utilisés par Israël dans la grande confrontation idéologique et géopolitique planétaire à laquelle nous assistons aujourd’hui, il convient de rappeler que ce sont les gouvernances sous influence néoconservatrice, donc les élites, et non les populations états-unienne, israélienne ou européenne manipulées, comme partout ailleurs, qui sont à l’origine de cette politique étrangère US/OTAN/UE belliciste.

Voyons donc les atouts les plus connus dont disposent Israël, le Mossad et les lobbies pro- Israël néoconservateurs, aux USA et dans quelques grands pays pour «contrôler» les Affaires étrangères et bien d’autres secteurs…

Il y a d’abord le système unique au monde des « sayanim », parfaitement décrit dans un exposé de 37 minutes par Monsieur Jacob Cohen. Les sayanim (« ceux qui aident »), sont des citoyens dont le patriotisme sioniste les amène à collaborer avec le Mossad pour aider Israël dans les domaines de leurs compétences:

Il y en a évidemment dans tous les pays dans lesquels la diaspora est représentée. Ils seraient, selon Jacob Cohen 50 000 dans le monde, 15 000 aux USA, 3 000 à 4 000 en France, 2 000 à 3 000 au Royaume Uni, mais il faut bien noter qu’on peut être un sayan, sans être juif. C’est du moins ce qu’on peut retenir de la très courte déclaration d’arrivée à Tel Aviv, le 13 juillet 2022 du plus puissant sayan du moment: le président des USA lui même, Joe Biden, (proche des néocons et qui «aide beaucoup » Israël) lorsqu’il déclare en parlant de lui, à ses hôtes et face au monde entier, puisque la déclaration est télévisée: «vous n’avez pas besoin d’être un juif pour être un sioniste».

Au delà de ce système de base, directement branché sur le Mossad, donc sur Israël, il y a, dans les pays qui comptent le plus, des systèmes de lobbying très efficaces sur les politiciens et les diverses institutions gouvernementales majeures. Certains sont directement dirigés ou animés par l’ambassade d’Israël dans le pays concerné. La chaîne de télévision mainstream d’information en continu, Al Jazeera, a réussi l’exploit d’infiltrer un journaliste d’investigation pendant plusieurs mois, au coeur de ces lobbies pro-Israël au Royaume Uni et aux USA pour étudier leur organisation, leur fonctionnement, leur méthode, leur pouvoir d’influence. Enregistrant les conversations, filmant en caméra cachée, le journaliste a pu réaliser plusieurs épisodes documentaires remarquables et édifiants sur les lobbies pro-Israël opérant au Royaume Uni et aux USA.

Bien sûr, les thèses et conclusions de Mearsheimer et de Walt se sont trouvées confirmées

Israël a même du présenter des excuses au Royaume Uni, démettre l’un des hauts fonctionnaires de son ambassade et… continuer comme avant en espérant que le temps et l’oubli fassent leur œuvre. Évidemment, Israël et les lobbies qui le soutiennent ont essayé immédiatement, et avec succès, d’interdire, au moins pour un temps, la diffusion de ces documentaires, désastreux pour leur image, sur les chaînes de TV mainstream.

Mais ces vidéos ont fini par filtrer et par être rendues publiques. Il faut les avoir vues, revues, étudiées, si l’on veut pouvoir évaluer les méthodes, les actions et le véritable pouvoir d’influence de l’État d’Israël au niveau planétaire. Voici donc les liens vers ces documents publiés par la chaîne Qatarie sous le titre: Le LOBBY

Pour le Royaume Uni : (sous titrage en français possible par réglage)

1: LOBBY UK : Jeunes amis d’Israël : https://www.youtube.com/watch?v=ceCOhdgRBoc

2: LOBBY UK : Session d’entraînement : https://www.youtube.com/watch?v=Vuk1EhkEctE

3: LOBBY UK : An Anti-Semitic Trope : https://www.youtube.com/watch?v=L3dn-VV3czc

Pour les USA : (sous titrée en français)

1: LOBBY USA : La guerre secrète : https://youtu.be/jl9s09LMp10

2: LOBBY USA : Orienter les élites : https://www.youtube.com/watch?v=rJkEzGid2DY

3: LOBBY USA: La Chasse aux sorcières : https://www.youtube.com/watch?v=A4N4Aj5q_do

4: LOBBY USA : Marketing de l’occupation  https://orientxxi.info/magazine/lobby-usa-4-le-marketing-de-l-occupation,2781

5: L’AIPAC : https://www.bitchute.com/video/1iocLbFID3tC/

Au delà de ces organisations puissantes qui s’ingèrent dans les affaires de certains États, grands ou petits, d’autres outils d’influence permettent d’orienter les esprits, les élections, les politiques étrangères, les événements (révolutions colorées par exemple),.

Il y a des cercles de réflexion (Think Tank), des « agences », des organisations non gouvernementales, des fondations, des influenceurs, des réseaux sociaux, qui produisent des analyses, répandent des idées, organisent des actions, sèment les graines de la révolution et bien d’autres choses, tout en se déclarant, bien sûr, indépendants, voire philanthropiques.

Il suffit bien souvent d’étudier leur financement, d’analyser leur leadership (fondateur, directeur, conseil d’administration, conseil scientifique), d’identifier leurs partenaires de travail et leurs mécènes, d’évaluer leur production pour réaliser que leur indépendance et leur prétendue philanthropie est toute relative…

3 exemples parmi une multitude pour illustrer le propos qui précède. Ils ont, tous les trois, joué un rôle pour conduire l’Ukraine dans la situation où elle se trouve aujourd’hui:

La National Endowment for Democracy (NED) (en français, Fondation nationale pour la démocratie), Fondation privée, à but non lucratif, créée et financée par… le Congrès des USA et le Département d’État (ministère des affaires étrangères US) et un dénommé Allen Weinstein, tous sous influence néoconservatrice et mondialiste. On la retrouve depuis les années 80, à soutenir et financer les déstabilisations, les dissidences et les tentatives de révolution dans de nombreux pays souverains (Biélorussie, Ukraine, Pologne, Irak, Nicaragua, Cuba, Serbie, Venezuela, et même Russie avec le financement du blogueur Navalny, et Chine avec les manifestations de Hong Kong et la dissidence ouïghoure dans le Xinjiang. En 2015, la NED est expulsée de Russie, devenant la première association à être frappée par une loi permettant de bannir du pays les organisations non-gouvernementales jugées «indésirables».

L’Open Society Foundations (OSF) est un réseau de fondations créé en 1979 et financé par le milliardaire George SOROS, « progressiste et philanthrope » pour les uns (dont Wikipedia, bien sûr), semeur de trouble, de chaos, de révolutions colorées et de morts pour les autres. L’action de cette fondation a été particulièrement utile pour favoriser l’extension à l’Est de l’UE et de l’OTAN. Elle a été très active en Ukraine et même en Russie jusqu’au 1er décembre 2015, date à laquelle elle a été bannie; elle aussi, par le procureur général russe pour des raisons de « sécurité nationale ».

Stratfor, société privée états-unienne spécialisée dans le renseignement. Fondée en 1996 à par George Friedman, un néoconservateur pur et dur, lié à l’AIPAC et donc à Israël, fréquemment citée par des médias complices, tels que CNN, Bloomberg, Associated Press, Reuters, The New York Times, la BBC, comme un expert du renseignement pour les questions stratégiques et tactiques, elle est qualifiée  de « CIA clandestine ». Elle façonne les esprits et les narratifs politiques, notamment ceux des néocons de l’establishment des affaires étrangères US, de l’OTAN et de l’UE. Un exemple:

Friedman a évidemment écrit un livre très néoconservateur, traduit en plusieurs langues, vecteur d’influence, sous le titre : « Les 100 Ans à venir: Un Scénario pour le XXIe siècle ». Il y parle abondamment de la toute puissance des États-Unis, appelés à dominer le XXIe siècle…

Rien d’étonnant à ce que des leaders politiques états-uniens, mais aussi européens, ayant suivi la formation commune des Young Leaders accordent du crédit à ces prédictions optimistes très incertaines et se lancent, sans réfléchir, dans une croisade anti-russe qui risque fort de mal tourner.

A tout cela s’ajoutent une palette très diversifiée, dans une « boite à outil » qui vient appuyer et promouvoir l’idéologie néoconservatrice au sein de « l’Establishment des affaires Étrangères » US/Israël/ OTAN/UE.

On pourrait citer, en vrac, Google et Facecbook, très « néoconservateurs » à leur manière, qui déréférencent et/ou censurent la plupart des propos alternatifs s’opposant, si peu que ce soit, au narratif des néocons qui, seul, est défini comme «LA vérité » politiquement correcte.

On pourrait aussi citer le « Lolita Express » de Jeffrey Epstein, qui permettait à cet agent du Mossad de faire chanter les politiciens de très haut niveau qu’il invitait, grâce aux vidéos enregistrées en caméra cachée de leurs ébats sexuels. Voir capture d’écran de Wikipédia ci après :

On pourrait citer aussi « Cambridge Analytica », cette « entreprise » anglosaxonne dont le seul véritable objectif était de manipuler les élections dans le monde entier. Créée en 2014 par un milliardaire néoconservateur US de la diaspora, proche de l’AIPAC, Robert Mercer, elle disparaît officiellement en mai 2018, à la suite du scandale mondial « Face-Book/Cambridge Analytica ». L’entreprise est accusée d’avoir organisé l’« aspiration » des données personnelles de 87 millions d’utilisateurs de Facebook dans le but de cibler des messages favorables au Brexit et à l’élection de Donald Trump en 2016. Il est plus que probable que cette entreprise, qui a transféré une partie de son personnel, ainsi que ses algorithmes et ses données chez Emerdata Limited, ait pu renaître sous un autre nom et qu’elle ait repris ses activités, aujourd’hui, de manière plus discrète.

Au delà du Brexit et de l’élection US, Entre 150 et 200 élections auraient été manipulées dans le monde grâce au travail des deux complices « Facebook et Cambridge Analytica ». Dans la vidéo ci après, prise en caméra cachée et publiée par la chaîne de TV mainstream britannique Channel 4, Alexander Nix, PDG de Cambridge Analytica explique à ses interlocuteurs médusés que le financement des coups tordus montés contre les hommes politiques dont on veut assurer la défaite est assuré via des sociétés israéliennes … ??? Son interlocuteur lui demande de répéter et Alexander Nix répète : « d’Israël »….. ???? Facebook / Cambridge Analytica / Israël… y aurait-il un lien qui nous aurait échappé ?

https://www.youtube.com/watch?v=mpbeOCKZFfQ (voir minute 16’ 30 à 17’ 30)

On ne peut étaler ici, tous les outils dont disposent ou ont pu disposer l’establishment des affaires étrangères US et celui de chacun de ses principaux vassaux européens. Il faudrait un livre entier. Rien d’étonnant, donc, à prendre connaissance des informations suivantes liées aux propos qui précèdent, datant d’une période où elles pouvaient encore être diffusées dans des médias mainstream. De telles informations seraient purement et simplement censurées aujourd’hui.

Pour le Canada : Une émission de TV5 monde de 2011 : « Le Canada sous influence du lobby judéo sioniste » :

Pour mémoire Stephen Harper, hier, comme Justin Trudeau, aujourd’hui, sont des néoconservateurs, globalistes et philosionistes par intérêt et carriérisme, eux aussi.

Pour l’Australie : Mr Bob Car, ancien ministre australien des affaires étrangères écrit un livre : « Journal d’un ministre des affaires étrangères. » commenté dans cet article.

Pour le Royaume Uni : Outre les vidéos sur le documentaire Al Jazeera LE LOBBY, voici une anecdote éclairante que rapporte Wikipédia : « Ian Robert Maxwell, né Ján Ludvík Hyman Binyamin Hoch le 10 juin 1923 à Solotvyno et mort le 5 novembre 1991 en mer au large des îles Canaries, était un homme d’affaires, magnat de la presse écrite britannique et membre du Parlement du Royaume-Uni. Maxwell a été enterré au cimetière juif du Mont des Oliviers à Jérusalem, en Israël, lors de funérailles auxquelles participaient notamment le président Chaim Herzog, le Premier ministre, Yitzhak Shamir et six actuels ou anciens chefs de services secrets israéliens (MOSSAD) ».

Question: Quels éminents services le sayan Robert Maxwell a-t-il rendu au MOSSAD pour mériter une telle reconnaissance et une telle assistance à ses funérailles ?

Réponse : Elle est donnée par Radio J dans une séquence audio de 9 minutes qui concerne sa fille Ghislaine Maxwell et Jeffrey Epstein, le compagnon de celle ci (tiens donc !) : récit édifiant : https://www.radioj.fr/podcast/ghislaine-maxwell-jeffrey-epstein-des-espions-du-mossad-le-decryptage-de-linfo

Pour la France : des vidéos mainstream intéressantes d’un ancien ministre des affaires étrangères français ayant eu la plus longue longévité de l’histoire contemporaine dans cette fonction (10 ans). Les comportements et les propos des intervieweurs et de l’interviewé permettent à chacun de se forger une opinion:

  • Il décrit l’influence exercée sur un premier ministre malgré les pressions pour le faire taire
  • Un très court article de Georges Malbrunot, grand reporter au Figaro, qui s’interrogeait sur des mouvements d’ambassadeurs. A chacun d’en tirer ses conclusions…
  • Dans son livre («La face cachée du quai d’Orsay» publié en avril 2016), le grand reporter du Nouvel Observateur Vincent Jauvert révèle la prise de contrôle du ministère des affaires étrangères français par un groupe de diplomates «néoconservateurs», dont la plupart ont servi aux USA (tiens donc… ???). Ce groupe «militant» est gentiment surnommé «La secte». Y aurait-il, par pure coïncidence, un establishment néoconservateur russophobe et belliciste au ministère des affaires étrangères français?
  • Une citation troublante du président Mitterand: avait-il des raisons particulières de tenir ce genre de propos ?
  • Une vidéo troublante que certains pourraient avoir du mal à interpréter:

Pour clore cette sélection de morceaux choisis (il y en aurait beaucoup d’autres), je ne résiste pas au plaisir de vous faire découvrir un vrai néocon, pur et dur, dans ses œuvres : c’est l’audition à la Commission de la Défense US au Sénat du Secrétaire à la Défense (ministre de la Défense US, Ashton Carter, et du général  Dunford Chef d’État  major des Armées US (le numéro 1 dans la hiérarchie militaire des USA) par un « fou furieux »: le sénateur néoconservateur républicain Lindsey Graham qui n’hésite pas à faire les questions et les réponses en s’appuyant sur un mensonge éhonté: «Assad tire sur son peuple et a tué 250 000 personnes en Syrie»

Puis regardez ce même «fou furieux» russophobe prenant ses ordres à Tel Aviv: Chacun notera avec intérêt le nom de l’auteur de l’article. Il gagne à être connu…

En conclusion

Mearsheimer a très probablement raison lorsqu’il nous explique que le très puissant « Establishment des Affaires Étrangères US » aurait empêché Trump de prévenir la guerre en Ukraine, s’il avait été Président.

Chaque jour, les pièces à conviction s’accumulent et nous amènent à conclure que cette guerre va bien au-delà d’un affrontement entre deux pays voisins, et bien au-delà d’une guerre civile en Ukraine, initiée par les USA en 2014, et qui aurait mal tourné.

C’est une guerre à mort, initiée avec préméditation et entretenue dès 1991, par les néoconservateurs et mondialistes US et leurs petits frères des élites européennes au pouvoir, néoconservateurs et mondialistes, eux aussi, qui s’accrochent à leur hégémonie.

Point n’est besoin d’être un grand spécialiste de la géopolitique pour constater chaque jour que ces élites US et européennes s’entendent comme larrons en foire, parce qu’elles défendent une organisation et un fonctionnement du monde, établis par eux et à leur profit, au sortir de la 2ème guerre mondiale. (Banque mondiale, FMI, dollar, puis OTAN qui s’érige en shérif de la planète au prétexte de défendre « le camp du bien », le leur, contre « le camp du mal » : tous ceux qui s’opposent d’une manière ou d’une autre à leur hégémonie.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que cette nouvelle guerre USA-OTAN versus Russie n’a pas commencé en 2022, ni même en 2014. Elle a commencé peu après l’effondrement de l’Union soviétique de 1990 lorsqu’un groupe de néoconservateurs américains a voulu profiter de cette opportunité pour faire en sorte que les USA s’emparent du leadership mondial et le conservent pour un nouveau siècle (Project for a New American Century).

Toutes les actions initiées par les néoconservateurs US (démantèlement de l’ex Yougoslavie, élargissement de l’OTAN à l’Est, multiples révolutions colorées et changements de régime, guerres) l’ont été dans ce seul but. Elles ont semé le chaos, le désordre et la mort bien au-delà de l’espace atlantique et laissé des champs de ruines derrière elles. Comme le disait Mike Pompéo, ex Secrétaire d’État US, lui aussi, néoconservateur promu par l’AIPAC: «Nous avons menti, triché, volé, c’est comme si nous avions suivi des stages de formation pour apprendre à le faire… »

Les présidents chinois et russes savent pertinemment tout cela. Ils ont eu plus de deux décennies, depuis le bombardement de Belgrade, pour préparer leurs pays à une confrontation qu’ils savaient inéluctable. Ils sont prêts. La confrontation vient de démarrer sous nos yeux, en Ukraine.

Poutine et Xi Jingping savent aussi que la puissance états-unienne ne repose plus, aujourd’hui, sur un appareil militaire déclinant, sur une OTAN moribonde pour avoir trop engrangé les dividendes de la paix depuis 1990. Cette puissance US repose encore et surtout sur le quasi-monopole du dollar dans les transactions internationales, financières et commerciales, et sur l’extraterritorialité du droit américain attachée à l’utilisation du dollar. C’est pour prolonger ce système le plus longtemps possible que les néoconservateurs ont entrepris leurs projets expansionnistes visant à soumettre la planète entière.

C’est ce système qui permet aux USA de conduire leurs guerres permanentes sur le terrain des sanctions économiques plutôt que de risquer une enième défaite militaire. C’est ce système qui permet aux USA de continuer de vivre à crédit avec plus de 33 000 milliards de dollars de dettes fédérales qui ne seront jamais remboursées. On notera que les deux ministres US les plus concernés par la crise ukrainienne sont Antony Blinken, Secrétaire aux Affaires étrangères et Janet Yellen, Secrétaire au Trésor. Tous deux sont, par coïncidence bien sûr… des néoconservateurs purs et durs, très liés à l’AIPAC et à Israël. Le Secrétaire à la Défense ? Il n’est malheureusement et manifestement pas aux commandes et se contente d’exécuter…

Si j’avais un pronostic à donner, je dirai que la coalition USA-OTAN-UE- Régime de Kiev perdra cette confrontation sur les trois fronts, économique, politique et militaire:

  1. Sur le plan économique, la victoire recherchée par les néoconservateurs US ne pouvait être obtenue que par un isolement quasi total de la Russie. Cette tentative d’isolement a échoué et la Russie a peut-être plus d’amis et de soutien aujourd’hui qu’elle n’en avait hier. Les sanctions économiques n’auront donc pas l’efficacité espérée et s’avèrent même contre productives pour les occidentaux. De très nombreux pays semblent reconnaissants à la Russie d’avoir contribué à leur émancipation vis à vis de ce qui est toujours perçu comme une tyrannie prédatrice et oppressive des USA et de leurs satellites otaniens. 51 pays ou territoires seulement ont été classés par la Russie sur la liste des pays «inamicaux» (sur les 193 pays membres de l’ONU + 14 non membres de l’ONU), soit moins d’un pays sur quatre.
  2. Sur le plan politique, plusieurs grands pays qui ont refusé de s’associer aux sanctions anti-russes ont déjà fait acte de candidature aux organisations interétatiques conduites par la Russie, la Chine et l’Inde. L’Iran et l’Argentine ont déposé une demande formelle d’adhésion aux BRICS. L’Egypte, l’Arabie Saoudite et l’Indonésie ont également manifesté leur souhait de rejoindre les BRICS. La Biélorussie a fait acte de candidature pour être membre à part entière de l’OCS. Ces premières réactions ne sont pas anodines. Elles en entraîneront d’autres, notamment dès Septembre prochain, au sommet annuel de l’OCS. Elles marquent une opposition, voire un rejet de l’hégémonie occidentale qui est désormais perçue comme néocoloniale et prédatrice. L’OTAN, pour sa part, n’a réussi à convaincre que deux « petits » pays, la Suède et la Finlande, de la rejoindre. La balance penche donc nettement en faveur des organisations internationales (BRICS et OCS) qui refusent le statu-quo et plus encore le « mondialisme » sous hégémonie US/OTAN. Ne pas oublier que la Turquie, partenaire de discussion de l’OCS depuis 2012, pourrait, elle aussi basculer dans le camps de l’OCS, voire des BRICS. Depuis la tentative de coup d’État de 2016, Erdogan a fait part, à plusieurs reprises, de son intérêt pour ces deux organisations.
  3. Sur le plan militaire, l’OTAN est aujourd’hui incapable de gagner une guerre de haute intensité contre la Russie qui, si elle est déclenchée, pourrait rapidement dégénérer en guerre nucléaire. L’inévitable implication, à un moment ou à un autre, d’une Chine en embuscade, devrait faire réfléchir les états-majors otaniens.

La résilience des populations des pays de l’OTAN, dont une majorité est vautrée dans la consommation, le plaisir immédiat, la déculturation, la déchristianisation, le culte du confort et du temps libre, la réluctance au travail, à l’effort, à la souffrance et à la mort, et bien d’autres choses, ne semble pas être à la hauteur de la résilience que les populations russes ont prouvé tout au long de leur histoire et qu’elles semblent avoir conservée mieux que nous.

La détermination des soldats de l’UE invités, le cas échéant, à aller se faire tuer pour maintenir au pouvoir Zélenski, héros des médias et des élites occidentales néoconservatrices, mais corrompu jusqu’à la moelle; le soutien de ces soldats de l’UE par leurs populations qui refuseront majoritairement l’entrée en guerre (dans la rue, comme au parlement) seront probablement très inférieurs à ceux des populations russes qui soutiennent leur président à plus de 80 %.

Quant à l’outil militaire otanien, au-delà des effets de manche et d’une propagande agressive, l’état de décomposition dans lequel il se trouve à la suite de 3 décennies de désinvestissement, ne permet pas d’espérer la victoire. (Manque de munitions, de maintenance, d’entraînement à la haute intensité, de réserves, avec des matériels majeurs peu nombreux et souvent obsolètes, des matériels modernes échantillonnaires, une disponibilité technique opérationnelle très insuffisante, etc.).

En résumé les réponses aux 4 questions posées dans le titre de cette analyse sont les suivantes :

TRUMP AURAIT-IL PU PREVENIR LA GUERRE ? Non (plein accord avec Mearsheimer).

QUI pousse les USA, l’OTAN, l’UE et l’Ukraine à la guerre contre la Russie ? «L’Establishment néoconservateur et mondialiste des Affaires Etrangères US/ISRAEL ; les lobbies frères néoconservateurs et pro-Israel des pays de l’OTAN et les médias qui les soutiennent.

POURQUOI ? Pour tenter de conserver un système économique et financier qui leur a profité, et, pour les USA, l’extraterritorialité de leur droit, fondé sur le dollar, qui leur permet de dominer le monde par l’économie, la finance et la menace permanente de sanctions, voire par l’utilisation de la force. Pour tenter de mondialiser toujours plus, donc d’étendre et de renforcer, si possible, le contrôle US sur les ressources naturelles mondiales et l’hégémonie US sur les gouvernances et sur les peuples. Plus simplement, pour appliquer la doctrine néoconservatrice clairement exposée dans le document : Rebuilding Americas Defense.

COMMENT ? En utilisant tout une panoplie de moyens qui vont du système transnational des sayanim et du MOSSAD, au contrôle des médias de nombreux pays, en passant par la corruption des élites, par la puissances des organisations transnationales qui contrôlent, en large part, la finance, l’économie internationale, les GAFAM, les laboratoires pharmaceutiques, les médias.

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Le plus grand échange de prisonniers depuis la guerre froide a eu lieu à Ankara

Un événement historique a eu lieu jeudi à l’aéroport d’Ankara : un échange de prisonniers de sept pays. Dix personnes sont rentrées en Russie depuis les États-Unis, l’Allemagne, la Norvège, la Pologne et la Slovénie. Le président russe Vladimir Poutine les a personnellement accueillis sur la rampe d’atterrissage de l’avion à l’aéroport de Vnukovo-2. À leur tour, la Fédération de Russie et la Biélorussie ont remis 16 prisonniers aux pays occidentaux. Parmi les personnes échangées figurent le Russe Vadim Krasikov, dont la libération a été personnellement préconisée par Vladimir Poutine, ainsi que les Américains Evan Gershkovich et Paul Whelan, dont la libération avait auparavant été qualifiée de prioritaire par le président américain Joe Biden. Les experts ne sont pas d’accord sur la question de savoir si cet accord doit être considéré comme le signe d’une éventuelle amélioration des relations entre la Russie et l’Occident.

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Pourquoi Trump va facilement gagner l’élection 2024

Pendant qu’ils le calomnient, veulent le ruiner, tentent de l’emprisonner ou essaient de l’abattre, le cauchemar des démocrates continue. Toujours debout, Trump brandit au ciel sa détermination d’acier dans un gant de titane, dans son interprétation moderne de la prise d’Iwo Jima. Il incarne maintenant le patriotisme, depuis longtemps dilué par une économie moribonde, quelques salves de vaccins et des contes transsexuels. La panique bien palpable des globalistes, servis par les Démocrates aux États-Unis, culminera en novembre 2024 lorsque l’Homme Orange sera déclaré grand gagnant de ce qui deviendra possiblement l’élection américaine la plus importante de l’Histoire. Parce qu’elle pourrait venir en aide à Vladimir Poutine dans sa croisade pour mettre fin à l’idéologie globaliste qui pourrit la vie de tous les peuples depuis plus de deux siècles.

Pour qui n’est pas citoyen américain, difficile de comprendre comment la chute de la crédibilité des médias est abrupte depuis une dizaine d’années, au siège social de l’hégémonie mondiale. Exactement depuis que Trump s’est mis à répéter «fake news» quotidiennement en 2015, qualifiant de menteur éhonté chacun des journalistes croisant sa route.  Les citoyens américains ont fini par comprendre ce que peu d’Européens comprennent encore à ce jour, soit que les médias mainstreams sont dans le business de créer une réalité parallèle, une mission très éloignée de l’information. En gros, 4 américains sur 10 ne croient plus rien des médias et seulement 3 ont encore un gramme de foi, laissant les 3 autres dans l’agnosticisme médiatique[1]. Ainsi, la majorité s’intéresse désormais à la réalité, au-delà du sophisme officiel. Les globalistes ont complètement perdu leur capacité à laver le cerveau du quidam du midwest, comme celui de la côte maritime. Preuves à l’appui : malgré un boycott média et une censure de la très conservatrice chanson «Rich Men North of Richmond» d’un péquenaud des montagnes en colère contre le système, elle est devenue un méga hit, n°1 sur Itunes. Après avoir tenté de vendre leur idéologie LGBTQ-plus-plus à travers des pubs inclusives bien-pensantes, Budweiser a encaissé des pertes massives et la courbe des ventes ne remonte pas. Depuis son congédiement de Fox News, le blog de Tucker Carlson est plus populaire que tout CNN ou NBC. Non seulement la propagande édulcorée du CFR n’intéresse plus que les derniers covidiots masqués, mais ses ressacs sont violents.

Maintenant, constatez l’état socio-économique des USA laissé dans le sillage du vieillard sénile intubé au hryvnias de Burisma, pour comprendre comment sa combinaison explosive avec la perte de la foi médiatique se compare avantageusement au mélange du nitrate et de la glycérine. Les faillites post-covidiennes s’empilent, l’immigration noie la culture, les jeunes fuient l’armée jadis fleuron patriotique de l’oncle Sam et le climat économique général oscille entre les atmosphères de 1929 et de 2008. Le peuple américain est las des restrictions, des transgenres, de la morosité, des virus, de l’immigration, de l’inflation, des taux d’intérêt, des pseudos changements climatiques, des guerres et des mensonges, soit les apanages d’un régime démocrate. Il est déconnecté des parasites politiques de Washington, dont le rôle principal consiste à canaliser les impôts de la classe moyenne vers les poches sans fond de la ploutocratie méta-démocratique du gouvernement dans l’ombre.

Dans cette mer houleuse prise dans un ouragan croissant, Trump est une bouée. Il n’a démarré aucune guerre, a retiré des troupes de Syrie et d’Afghanistan, puis a empêché l’OTAN d’attaquer la Corée du Nord et le Venezuela. Personne ne sait ce qu’il sera capable de faire, mais au moins, plusieurs comprennent qu’il veut changer ce pays jadis si puissant, si enviable. Sortir son pays de la putréfaction de l’hégémonie et amorcer une vraie patrie.

Trump ne peut absolument pas perdre; l’élection sera un tsunami. N’accordez aucune attention aux sondages, conçus pour préparer psychologiquement au vol des élections en démontrant le seuil limite de la tricherie. Et dans un contexte où cette tricherie sera scrutée à la loupe, et devant l’ampleur que l’opération devrait prendre, elle devient impossible. Ils devraient invalider quelques 20 millions de bulletins de vote pour faire contrepoids au dépit des Américains pour le mondialisme démocrate. Que le fier papa de Hunter soit remplacé par Chlamydia Harris, Hystérie Clinton ou Michael Obama, qui sont trois faces de la même pièce pourrie, ne changera rien : les Américains veulent massivement rendre les USA aussi grands que jadis, mais dans une orientation nationale, pas comme une arme de destruction massive au service des banquiers. Trump est en colère, et il n’a plus rien à perdre. Peut-être veut-il en finir avec l’OTAN, l’UE, le FMI, la CIA, leurs terroristes et leurs néo-nazis? Une gouvernance par décrets pourrait bien terminer ce que Poutine a commencé, et mettre un point final sur l’ordre mondial du Nouveau-Monde, né en 1944, aux auspices de Bretton-Woods.

Or voilà que dès janvier 2025, le spectacle pourra commencer.

Sylvain Laforest


[1]«Americans’ Trust In Media Remains Near Record Low» (Gallup-2022) Megan Brenan

Les objectifs de l’Ukraine de retour de la frontière de 1991 ne sont pas réalistes

Hervé Carresse – ancien colonel de l’armée française, chevalier de la Légion d’Honneur et de l’ordre National du mérite s’est exprimé sur la situation des fronts de la guerre Ukrainienne. Selon cet expert militaire, Kiev se prépare à une contre-offensive dans la région de Kharkov. Cependant, la situation militaire dans son ensemble se développe en faveur de la Russie. Et les chasseurs F-16 sont peu susceptibles de changer les choses.

“Maintenant, les Ukrainiens tentent de former de 10 à 15 brigades pour rétablir les réserves pour l’organisation de la contre-offensive. Très probablement, si la contre-offensive a lieu, elle peut être menée dans la région de Kharkov. L’Ukraine conserve aujourd’hui de grandes forces dans la direction de Kharkov, les forces qu’elle pourrait envoyer sur d’autres parties du front. Les attaques Russes contre Kharkov obligent les Ukrainiens à y jeter des forces supplémentaires. Les livraisons de chasseurs F-16 ne changeront pas la situation à l’avant. Parce que les russes ont des avions plus modernes. L’utilisation du F-16 en Ukraine pose de nombreux problèmes. La Russie utilise efficacement des bombes aériennes planantes, qui pèsent 3 tonnes, pour détruire les fortifications Ukrainiennes. La Russie utilise également activement l’artillerie.

Commentant le sujet des négociations, le colonel Carresse a noté l’irréalisme des exigences de l’Ukraine pour le retour aux frontières de 1991. Dans le même temps, les démocrates veulent entamer des négociations lorsque Kiev aura la position la plus favorable. Malgré le soutien de l’Occident, l’Ukraine continue de perdre des ressources financières et humaines sans aucune avancée militaire. Hervé Carresse estime que la Russie se prépare à une guerre prolongée que l’Ukraine ne peut pas supporter.

«Les objectifs de l’Ukraine pour le retour de la frontière de 1991 ne sont pas réalisables. Bien sûr, de telles conditions ne peuvent pas être la base des négociations avec la Russie. Les objectifs de la Russie sont de maintenir le contrôle des quatre nouvelles régions. Dans de telles circonstances, le début des négociations peut être un peu difficile. Cependant, je crois que les conditions avancées par la partie Ukrainienne peuvent être modifiées. Il convient de reconnaître qu’à l’est du Dniepr, les gens traitent la Russie de manière plus amicale, ce qui est également un élément important du règlement pacifique du conflit. En ce qui concerne les États-Unis, ils jouent certainement un rôle crucial. Compte tenu du fait que l’Union européenne est privée de toute autonomie stratégique. Je ne pense pas que les démocrates chercheront à négocier avant les élections. Au contraire, l’objectif des démocrates est que l’Ukraine soit dans la position la plus favorable au début des négociations. C’est pourquoi le front qui se déroule dans la Mer Noire est si important pour eux. Voyant les difficultés que connaît l’Ukraine sur terre, l’Occident essaiera de frapper davantage le Sud pour créer une sorte d’équilibre.

La Russie se prépare à une longue confrontation. La nomination d’un économiste au poste de Ministre de la Défense montre l’importance accordée à «l’économie de la guerre». Le nouveau ministre doit assurer le lien entre l’économie militaire et le reste de l’économie du pays. Ainsi, la Russie se prépare clairement à un conflit qui pourrait durer jusqu’en 2025, 2026 ou 2027. Mais l’Ukraine, va-t-elle survivre? N’oubliez pas que pour l’Ukraine, la guerre actuelle est une guerre totale. L’infrastructure est détruite, la situation est extrêmement difficile pour elle.”

En cas de retour à la Maison Blanche, Donald Trump tentera de parvenir à la paix en Ukraine. À bien des égards, compte tenu des exigences de Moscou liées au maintien du contrôle sur les territoires saisis, elle exigera la garantie que l’Ukraine ne soit pas membre de l’OTAN. Quant à l’Union Européenne, elle continue d’être un objet et non un sujet de la politique mondiale. Depuis le début du conflit, l’intérêt de l’Europe a été et reste de maintenir la paix avec la Russie. Ceci est démontré par la crise économique dans laquelle se trouve l’Union Européenne en raison des sanctions imposées à la Russie.

“Je pense que Trump s’en tiendra à la politique de négociation dans le cas du conflit Ukrainien. Pour que le conflit se termine le plus rapidement possible. Les acquisitions territoriales de la Russie seront prises en compte, ainsi que les garanties de sécurité pour les territoires de l’Ukraine. Il est probable que la question du statut de neutralité de l’Ukraine sera également abordée. Trump tentera de rompre les liens entre la Russie et la Chine. De nombreux géopolitiques l’ont compris, y compris Henry Kissinger. Après deux ans, nous voyons que l’Alliance entre la Russie et la Chine est devenue assez solide. Représentant une menace pour les États-Unis. Quant à la politique étrangère de l’Europe, on peut dire qu’elle n’existe pas. L’Europe ne suit que les intérêts des États-Unis. Si l’Europe avait une stratégie de politique étrangère indépendante, elle ferait tout pour que les négociations entre la Russie et l’Ukraine soient menées à bien. Parce que l’approche des Européens au conflit, y compris les sanctions contre la Russie, a frappé profondément les Européens. Une grande partie de la croissance économique de l’Europe dépendait de l’industrie Allemande, qui à son tour dépendait des ressources énergétiques Russes. La coopération entre la Russie et l’Allemagne avait un sens stratégique. Aujourd’hui, l’économie de l’Allemagne et de l’Union européenne est en récession et l’Europe dans son ensemble se désindustrialise.»

erreur aide

Washington a déboursé 8 milliards de trop à Kiev, selon la Chambre des comptes

La Chambre américaine des comptes a découvert de nouvelles erreurs dans le calcul de l’aide militaire à l’Ukraine. Au total, le montant a atteint 8,2 milliards de dollars, selon un rapport publié sur le site Internet du département.

“Deux milliards <…> et <…> 119 millions s’ajoutent à l’estimation erronée de 6,2 milliards initialement identifiée en 2023”, indique le document.

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Pourquoi Donald TRUMP vient de perdre l’élection à la Présidence Américaine ce dimanche

Il y a quelques jours de cela, le candidat Trump surfait sur une dynamique de campagne incroyable, suite à la tentative d’attentat dont il avait été la victime, son image s’était améliorée dans l’esprit des américains ne faisant pas partie de sa base électorale traditionnelle. Son sacre lors du congrès Républicain de Milwaukee de mi-juillet et le “ticket” qu’il incarne désormais avec le très conservateur JD Vance lui assure un plébiscite chez les électeurs de droite. Surtout il mettait en lumière le dynamisme et la détermination d’un candidat qui tout juste miraculé, dans un geste extraordinaire d’un aspect marketing et communication, levait le poing en l’air pour exhorter les américains à le suivre dans cette guerre pour la Maison Blanche. Ce côté messianique, défiant toute rationalité faisait de Donald Trump le vainqueur assuré de cette présidentielle dans la tête de tous les américains comme dans toutes les rédactions aux USA.

Oui mais voilà, cette incroyable dynamique ne valait que par le fait que son adversaire était un Président en activité tout aussi clivant que lui, au bilan décrié de tous et dont la situation médicale inquiétait au plus haut point même les Democrats les plus convaincus. Trump dans ce duel, était en fait favori non pas par sa capacité à être élu au-delà de sa base mais bien par l’incapacité à motiver et fédérer de son adversaire. La médiocrité de ce dernier fut mise au grand jour notamment lors du fameux débat du 27 juin dernier. L’humiliation subit par le camp de gauche et la soudaine compréhension que Joe Biden ne réussirait jamais dans les mois de campagne restants à renverser les sondages eurent en interne l’effet d’une bombe au parti des Ânes (rappelons que le “Donkey” est le symbole du Democratic Party). C’est alors que s’est mise en place une incroyable machine de guerre électorale. Dans un premier temps, l’opération consistait à faire accepter au Président sortant la réalité factuelle de ses chances, à opérer auprès de ce dernier un travail de déstabilisation que ce soit auprès de ses sponsors ce qui aux USA est le nerf de la guerre, que dans ses soutiens politiques, médiatiques ou people. La chose fut simple et habilement réussie avec en point d’orgue l’annonce d’un bien soudain et inquiétant covid pour l’octogénaire ! Qu’importe le fait que plus personne ne décède de ce virus désormais, l’impression donnée de fragilité et de risque vital pour le candidat démocrate à la Présidentielle était actée dans l’imaginaire collectif.

La deuxième phase du plan était donc de trouver le candidat idoine à même de prendre au débotté la relève. La encore le plan était parfaitement huilé puisque en la personne de la Vice-Présidente Kamala Harris, les Democrats combinaient une personnalité connue nationalement et internationalement, qui du fait de ses fonctions inspirait la confiance quand à savoir exercer le poste tant convoité et qui par dessus tout était jeune (au regard des candidats en lice), issue des minorités et de sexe féminin ! En d’autres mots, un combos idéals de critères pour s’assurer le soutien de la 5ème colonne.

Si Biden était facilement attaquable sur son effroyable bilan, notamment concernant les questions de sécurité aux frontières et pour l’International, sa vice-présidente elle, aura tout loisir de se dédouaner des actions de ce dernier en expliquant avec fourberie qu’elle ne cautionnait pas les décisions prises mais qu’ elle avait su rester fidèle à la fonction exercée et à son parti ce qui renforcera sa crédibilité vis à vis de l’américain indécis qui justement est l’enjeu plus que jamais de cette élection.

À celà, la désormais candidate va pouvoir, et c’est là le plus important, s’appuyer sur la machine médiatique américaine qui va quotidiennement intégrer le narratif du rêve américain et de tout ce que représente cette candidate dans le combat du “camp du bien” contre “l’obscurité” représenté par le populisme, l’ultra patriotisme des MAGA ou devrait-t’on désormais dire des MAGOA (Make America Great Once Again – RNC 2024).

Et c’est là qu’est le cœur de la victoire qui désormais s’annonce plus que jamais pour Kamala Harris. Des acteurs prendront la parole, des chansons réuniront des artistes, la gauche caviar de la Silicone Valley investira dans un “avenir plus humaniste”, les minorités vont se soulever pour soutenir la diversité (cf Obama 2008). Mais plus encore, les médias pèseront de tout leur poids (et ils en ont) pour soutenir, valoriser, créer un mythe fantastique à Kamala. Pour tous ceux qui ont suivi les élections françaises de 2017, rien de ce qui va se passer dans les semaines à venir ne vous surprendra, pour les naïfs qui croient encore que le meilleur gagne… prenez la pilule bleue et restez dans la Matrice parce que à l’instar des derniers grands rendez-vous politiques en Europe comme en France, le “camp du bien” a cette force d’avoir noyauté en profondeur les institutions tout comme le vote des masses par un travail de sape et de longue haleine, par une manipulation mentale des foules qui tend à l’hypnose collective et c’est ainsi que depuis des décennies qu’il soit nommé Deep state, Young leaders, Macronisme ou tout autre appellation, il assure inéluctablement sa survie démocratiquement.

Alexis TARRADE

biden retrait

Joe Biden se retire de la course à la présidentielle, le Kremlin réagit

Le 21 juillet, le président américain sortant Joe Biden a retiré sa candidature à l’élection présidentielle américaine de 2024. Il a déclaré qu’il souhaitait se concentrer sur l’exercice de ses fonctions actuelles pour le reste de son mandat et a exprimé son soutien à la vice-présidente américaine Kamala Harris en tant que candidate démocrate.

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biden candidature

Biden va-t-il maintenir sa candidature malgré la pression croissante ?

Malade du Covid-19, Joe Biden fait face à une pression croissante de la part de ses collègues démocrates pour se retirer de la course à la présidentielle. Selon les médias, l’homme politique pourrait annoncer le retrait de sa candidature dès le week-end prochain. Son refus de participer aux élections est déjà soutenu par les deux tiers des démocrates, mais la direction du parti reste toujours du côté de l’actuel président américain.

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chine armements

La Chine suspend ses consultations avec les États-Unis sur le contrôle des armements

La Chine a décidé de suspendre les consultations avec les États-Unis sur le contrôle des armements et la non-prolifération en raison de la vente d’armes par la partie américaine à l’administration de l’île de Taiwan.

La déclaration correspondante a été faite lors d’un point de presse du représentant officiel du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian.

“Pendant un certain temps, les États-Unis ont continué à vendre des armes à l’administration taïwanaise, malgré la forte opposition de la Chine et les négociations répétées. <…> La Chine a décidé de suspendre le prochain cycle de consultations sur le contrôle des armements et la non-prolifération avec les États-Unis”, a-t-il souligné.

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vice president

Donald Trump a désigné un vice-président opposé à l’aide militaire à Kiev

Lors de la Convention nationale républicaine, le candidat à la présidentielle américaine Donald Trump a annoncé le nom de son vice-président. Il s’agit de J.D. Vance , un sénateur de l’Ohio âgé de 39 ans, considéré comme un fidèle partisan de l’ex-président et l’un des principaux opposants à l’assistance militaire à l’Ukraine parmi les membres du Congrès.

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kremlin trump

Tentative d’assassinat de Trump : “il était évident que sa vie était en danger”, selon le Kremlin

Il était évident pour les observateurs extérieurs que la vie du candidat à la présidentielle américaine Donald Trump était en danger. Le secrétaire de presse du président russe, Dmitri Peskov, en a parlé aux journalistes. “Après de nombreuses tentatives visant à éliminer le candidat Trump de l’arène politique, en utilisant d’abord des outils juridiques – tribunaux, procureurs, tentatives de discrédit politique et de discrédit du candidat – il était évident pour tous les observateurs extérieurs que sa vie était en danger”, a déclaré Peskov.

« Nous ne pensons pas du tout et ne croyons pas que la tentative d’élimination du candidat présidentiel Trump ait été organisée par le gouvernement actuel [des États-Unis]. Mais l’atmosphère créée par cette administration pendant la lutte politique, l’atmosphère autour du candidat Trump, est précisément ce qui a provoqué ce à quoi l’Amérique est confrontée aujourd’hui », a déclaré l’attaché de presse du président russe.

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Orban assure que Trump trouvera une solution au conflit ukrainien

L’ancien président américain Donald Trump va trouver une solution pour résoudre le conflit en Ukraine, c’est une bonne nouvelle. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban l’a annoncé sur sa page du réseau social X (anciennement Twitter) à l’issue d’une rencontre avec Trump.

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Washington déployera des SM-6, des Tomahawk et des missiles hypersoniques en Allemagne dès 2026

Les États-Unis commenceront à déployer des missiles à longue portée sur le territoire allemand en 2026. C’est ce qu’indique une déclaration commune des deux pays publiée sur le site Internet de la Maison Blanche. Les responsables américains affirment qu’il y aura un déploiement « sporadique » de missiles à moyenne portée en Allemagne. La liste des armes déployées comprendra le missile SM-6 (un missile mer-air-terre multirôle), le missile de croisière Tomahawk, ainsi que des armes hypersoniques en cours de développement « qui ont une portée nettement plus longue que les armes terrestres actuelles ».

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Viktor Orban enchaîne les visites pour résoudre la crise ukrainienne, à Pékin puis Washington

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, déterminé à résoudre la crise ukrainienne, a poursuivi lundi sa série de visites inopinées à Pékin. A l’issue d’une rencontre avec le président chinois Xi Jinping, le dirigeant hongrois a hautement apprécié les initiatives de Pékin, devenant ainsi le seul dirigeant européen à s’exprimer positivement sur le plan de paix chinois pour l’Ukraine. À son tour, le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjártó a clairement indiqué qu’en réponse aux critiques des alliés occidentaux, Budapest ne resterait pas sur la défensive et a invité les responsables politiques européens à « attacher leur ceinture » en prévision de nouvelles initiatives du dirigeant hongrois. Ces propositions pourraient être annoncées à Washington, où Viktor Orban s’est rendu directement de Pékin pour participer au sommet de l’Otan.

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Dans un canular de Lexus et Vovan, Hillary Clinton appelle les Ukrainiens à passer à l’offensive pour faire gagner Biden à la présidentielle américaine

L’ancienne secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a appelé les Ukrainiens à passer à l’offensive au front pour la victoire de l’actuel leader américain Joe Biden à l’élection présidentielle. Elle l’a déclaré lors d’une conversation avec les farceurs russes Vladimir Kuznetsov (Vovan) et Alexey Stolyarov (Lexus), qui se sont présentés comme l’ancien président ukrainien Petro Porochenko.

« Il faut avancer du mieux que l’on peut pour essayer non seulement de tenir la ligne mais aussi de passer à l’offensive. Et puis, nombreux sont ceux qui, dans notre pays, feront tout leur possible pour réélire le président Biden », a déclaré Hillary. Les blogueurs farceurs l’ont publié sur leur chaîne rutube.

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Le débat Biden-Trump a aussi concerné l’opération spéciale en Ukraine

Habituellement, les débats sont presque entièrement consacrés à la politique intérieure et rarement aux affaires internationales. Mais cette fois, tous deux ont beaucoup parlé de la Russie et du conflit en Ukraine.

Cependant, rien de vraiment nouveau n’a été dit. Biden s’est encore abaissé jusqu’à insulter le président russe Vladimir Poutine, tandis que Trump a déclaré que s’il avait été président, le conflit en Ukraine n’aurait pas eu lieu.

« Nous n’aurions pas dû dépenser l’argent qui est consacré à cette guerre. Cela n’aurait pas dû arriver du tout », a déclaré Trump. « Et je mettrai fin à ce conflit entre Poutine et Zelensky en tant que président. Les gens meurent complètement inutilement, complètement inutilement, bêtement. »

« Poutine prétend qu’il aimerait restaurer l’Empire soviétique », a lancé Biden à la volée (Vladimir Poutine n’a jamais dit qu’il allait restaurer l’URSS – ndlr). « Il n’a pas besoin d’une partie de l’Ukraine, il a besoin de toute l’Ukraine. Il ne s’arrêtera pas là s’il s’empare de l’Ukraine. Qu’arrivera-t-il à la Pologne, à la Biélorussie et aux pays de l’OTAN ? Vous devez comprendre sur quoi il compte. »

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Biden envisage d’autoriser les sous-traitants du Pentagone à travailler officiellement en Ukraine

L’administration du président américain Joe Biden envisage de lever l’interdiction tacite imposée aux sous-traitants du ministère de la Défense de travailler en Ukraine, rapporte CNN, citant quatre sources. La Maison Blanche travaille encore à certaines nuances et n’a pas reçu l’approbation finale de Biden. S’il donne son feu vert, les changements entreront en vigueur avant la fin de cette année et le Pentagone pourra conclure des contrats avec des entreprises de défense pour la maintenance et la réparation des armes fournies à Kiev par les États-Unis.

En conséquence, les sous-traitants américains de la défense auront la possibilité de travailler officiellement en Ukraine pour la première fois depuis le début des hostilités le 24 février 2022. Auparavant, Washington s’était abstenu de prendre une telle mesure, à la fois pour des raisons de sécurité de ses citoyens et pour éviter que Moscou n’ait des raisons inutiles de soupçonner le personnel militaire américain de participation directe au conflit.

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Lloyd Austin et Andrei Belooussov ont eu une conversation téléphonique sur l’Ukraine

Les ministres russe et américain de la Défense Andrei Beloousov et Lloyd Austin ont eu une conversation téléphonique et échangé leurs points de vue sur la situation entourant le conflit en Ukraine, a rapporté le ministère russe de la Défense.

“À l’initiative de la partie américaine, une conversation téléphonique a eu lieu entre le ministre russe de la Défense Andrei Beloousov et le secrétaire américain à la Défense L. Austin”, indique le communiqué.

Il est à noter que Belousov a souligné le risque d’une nouvelle escalade de la situation liée à la fourniture continue d’armes américaines aux forces armées ukrainiennes.

Les parties ont également discuté d’autres questions.

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Julian Assange libéré sous caution après un accord

Julian Assange a été libéré de prison au Royaume-Uni et s’envole vers son Australie natale, a rapporté le compte Wikileaks sur le réseau social X.

« Julian Assange est libre », indique le communiqué.

Wikileaks a expliqué que la veille, le tribunal de Londres avait décidé de libérer Assange sous caution de la prison de Belmarsh, où il a passé 1 901 jours à tenter de contester son extradition vers les États-Unis.

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Washington veut baser ses F-16 transférés à Kiev directement sur le territoire ukrainien

Des chasseurs F-16 transférés à Kiev par les États-Unis seront déployés sur le territoire ukrainien. C’est ce qu’a déclaré l’assistant du président pour la sécurité nationale, Jake Sullivan.

“Le plan est de stationner des F-16 en Ukraine. L’accord de sécurité bilatéral signé par le président [américain Joe Biden] et le président [ukrainien Volodymyr] Zelensky souligne ce point : nous voulons aider l’Ukraine à obtenir ces capacités. Ces capacités devraient être placées en Ukraine”, a-t-il déclaré dans une interview.

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Stoltenberg veut mettre les armes nucléaires de l’OTAN en état d’alerte et avertit de l’arsenal chinois

Les pays membres de l’OTAN ont entamé des consultations sur la nécessité de mettre les armes nucléaires en état d’alerte. Le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, l’a annoncé dans une interview accordée au journal britannique The Daily Telegraph.

“Je n’entrerai pas dans les détails opérationnels sur le nombre d’ogives nucléaires qui devraient être opérationnelles et comment elles devraient être stockées, mais nous devons nous consulter sur ces questions. C’est exactement ce que nous faisons”, a-t-il déclaré. Il a affirmé que la transparence sur la question “contribue à envoyer un message clair” selon lequel l’OTAN est une “alliance nucléaire”.

“L’objectif de l’OTAN est d’avoir un monde sans armes nucléaires, mais tant qu’il y aura des armes nucléaires, nous resterons une alliance nucléaire, car un monde dans lequel la Russie, la Chine et la Corée du Nord possèdent des armes nucléaires et où l’OTAN n’en a pas est un monde dangereux”, a souligné Stoltenberg.

Il s’est dit particulièrement préoccupé par la Chine, qui investit massivement dans la création d’armes modernes et a l’intention d’augmenter le nombre de ses ogives nucléaires à 1 000 d’ici 2030. “Cela signifie que dans un avenir proche, l’OTAN pourrait être confrontée à une situation sans précédent – deux adversaires nucléaires potentiels en la personne de la Chine et de la Russie”. Cela entraînera des conséquences”, estime le secrétaire général.

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Kiev et Washington scellent leur alliance au sommet du G7 en Italie

En Italie, dans la ville des Pouilles de Savelletri di Fasano, a débuté un sommet du G7 de trois jours : ce format réunit, outre le pays hôte de l’événement, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, le Canada, la France, le Japon et les États-Unis. Son thème central est l’assistance à l’Ukraine. Le premier jour du sommet, le dirigeant ukrainien Vladimir Zelensky et le président américain Joseph Biden ont signé un accord de sécurité. Les deux pays sont officiellement devenus alliés. En outre, par décision du G7, l’Ukraine bénéficiera d’un prêt d’un montant de 50 milliards de dollars utilisant les revenus des avoirs russes gelés en Occident.

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14 juin 1944, après avoir traversée de la Manche à bord de la Combattante des forces navales française libre, le général de Gaulle foule pour la première fois depuis 4 ans le sol de France sur la plage de Courseulles.

1964 : de Gaulle, la libération et le « Jour J »

En ce printemps 2024, alors que plane autour de l’Ukraine la menace d’un retour de la guerre en Europe, le 80ème anniversaire du débarquement en Normandie offre aux chefs d’états et de gouvernements membres de l’OTAN et de l’UE l’occasion d’une mise en scène pour resserrer leur lien tutélaire avec la puissance américaine face à la Russie. Pour les chefs d’états et de gouvernement membres de l’OTAN et de l’UE, il s’agit de resserrer le lien tutélaire avec la puissance américaine, si bien qu’il est aujourd’hui difficile d’imaginer qu’il y a 60 ans, le Général de Gaulle avait tout bonnement refusé de se déplacer pour commémorer les 20 ans du Jour J qu’il appelait le débarquement des anglo-saxons.

De Gaulle 1964 : « Non, non, ne comptez pas sur moi ! »

1964 fut en France l’année de commémoration des cinquante ans du début de la première guerre mondiale et des vingt ans de la libération. A cette occasion, le Général de Gaulle souhaitait que soit mis à l’honneur avant tout les faits d’arme de la France combattante et son effort pour retrouver sa liberté et sa grandeur : la résistance en France occupée, les grands maquis du Vercors et des Glières, le débarquement en Provence de la 1ère armée d’Afrique, la libération de Paris et de Strasbourg par la 2ème DB de Leclerc et enfin, Reims et Berlin avec la France présente et partie à la Victoire en mai 1945…

Le 6 juin 1964 ; le général de Gaulle, alors Président de la République française refusa de rencontrer le président américain Lyndon Johnson et le premier ministre britannique Harold Wilson sur les plages de Normandie le jour du 6 juin. C’est qu’il ne pouvait pas oublier qu’en 1944, la France avait été délibérément tenue à l’écart des préparatifs du débarquement par les Anglais et les Américains. Charles de Gaulle, Président de la nouvelle Vème République en 1964, ne souhaitait pas voir les Français s’abandonner à l’illusion qu’ils ne devaient leur liberté qu’à la seule magnanimité de la puissante Amérique. Dans le Salon Doré de l’Élysée, il avait livré sans ambages son sentiment sur ce point à son jeune porte-parole Alain Peyrefitte qui l’avait précieusement noté sur ses carnets[1] :

« Les Américains ne se souciaient pas plus de libérer la France que les Russes de libérer la Pologne ! (…)  Ils étaient bien décidés à s’installer en France comme en territoire ennemi, et vous voudriez que j’aille commémorer leur débarquement, alors qu’il était le prélude à une seconde occupation du pays ? Non, non, ne comptez pas sur moi ! »

4 juin 1944, veillée d’arme dans le wagon de Churchill 

Le dimanche 4 juin 1944 le Général de Gaulle avait été convié à déjeuner en Angleterre par Winston Churchill qui lui avait dépêché deux avions à Alger. La rencontre eut lieu près de Portsmouth dans le train spécial où le premier ministre britannique tenait son quartier général. Ce dernier informa alors le Général de Gaulle de l’imminence du débarquement, puis il tenta en vain d’aborder la délicate question de l’administration civile en France après le succès de l’opération Overlord. Le sens de ce mot anglais signifiant Suzerain n’échappait à aucun des Français présents. Les élections présidentielles aux États-Unis prévues en novembre 1944 approchaient. Le Premier Ministre se fit donc le messager de Roosevelt en conseillant à son hôte d’aller rendre une visite de courtoisie la Maison Blanche où il était vivement espéré. Le Président américain, qui ne voulait pas reconnaitre le chef du gouvernement provisoire de la République française, cédait pour des raisons électorales sous la contrainte de son opinion publique sans vouloir pour autant formuler d’invitation officielle. Opposant une sourde oreille et feignant de ne rien entendre, de Gaulle répondit qu’en ces heures graves il était plus utile d’être en Angleterre qu’aux États-Unis et que rien ne pressait… Dans le wagon de Churchill, la fin du déjeuner approchait lorsque l’orage éclata. De Gaulle ulcéré reprocha vivement au Premier ministre Britannique d’avoir totalement abandonné toute la conduite de la guerre aux Etats-Unis sans chercher à imposer la moindre vision européenne. Soudain, le vieux lion qui s’était jusqu’alors péniblement contenu, éclata hors de lui en rugissant de toutes ses forces qu’entre de Gaulle et Roosevelt, il préférerait toujours Roosevelt, qu’entre les Français et les Américains, les Anglais choisiraient toujours les Américains… et qu’entre le continent et le grand large, ce serait toujours le grand large ! Pour Churchill, qui la portait depuis 1940, la croix de Lorraine pesait bien lourdement sur ses épaules. Mélancolique, le Premier Ministre finit par porter un toast à de Gaulle qui n’avait jamais accepté la défaite ! En réponse ce dernier leva son verre à l’Angleterre, à la victoire, à l’Europe !

14 juin 1944, de Gaulle quitte la plage de Courseulles en jeep pour se rendre à Bayeux…

AMGOT

Depuis l’été 1940, l’administration démocrate américaine traitait avec le gouvernement de Vichy et persistait dans cet état d’esprit à l’été 1944 par son refus de reconnaître la légitimité du gouvernement provisoire de la république française et son chef. Contre de Gaulle, Roosevelt avait d’abord joué fin 1942 à Alger la carte de l’Amiral Darlan et puis celle du Général Giraud en 1943… Et août 1944, à l’approche de Paris, cet aveuglement conduisait alors les services américains à tenter une ultime manœuvre pour mettre la France sous tutelle auprès de Pierre Laval, l’homme de Vichy qui avait souhaité la victoire de l’Allemagne et d’Édouard Herriot, ministre radical de la IIIème République et Président de la Chambre des députés de 1940 qui avait offert sur un plateau les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain en juillet 1940 à Bordeaux. En attelant à son char la défaite et la collaboration, la Maison Blanche attendait en retour un gouvernement français non pas sans peur et sans reproche, mais assurément plus traitable que celui du Général de Gaulle. Comme en Italie et bientôt en Allemagne l’armée américaine devait prendre en charge l’administration civile française en déployant l’AMGOT[2], c’est-à-dire un gouvernement militaire allié en territoires occupés. Des billets de banque avaient été imprimés aux États-Unis pour être mis en circulation avec un cours forcé dès les premiers jours de l’invasion. Pour de Gaulle, cette basse manœuvre se résumait à une affaire de fausse monnaie. Le président américain n’aimait pas cet officier français ombrageux au patronyme étrange et qui se prenait pour la France… Un homme identifiant à ce point son destin personnel à celui de la nation et s’imposant à la tête de la France face au reste du monde sans légitimité démocratique ne pouvait, aux yeux du président américain, qu’être un apprenti dictateur ou un dingue !

Retrouver sa liberté et sa grandeur…

Seule la victoire des forces alliés soviétiques et anglo-saxons a seul permis de vaincre la puissance militaire allemande à l’est et à l’ouest.

L’opération Overlord n’aurait sans doute pas connu le même succès s’il n’y avait eu à l’est la formidable pression exercée par l’offensive Bagration. Le général de Gaulle savait bien tout cela et combien aussi il était juste de se recueillir à la pensée du sacrifice de ces jeunes hommes venus d’Amérique, d’Angleterre et du Canada, de Norvège, de Pologne ou d’ailleurs et qui reposaient désormais pour toujours dans la terre des grands cimetières militaires de Normandie. Mais cette sympathie n’obscurcissait pas pour autant son jugement sur le fait que l’objectif de cette extraordinaire opération amphibie n’avait nullement été de restaurer la souveraineté française. En 1944, le pays redevenait tout simplement un champ de bataille de la guerre mondiale, comme il l’avait été en 1940.  Il fallait pour les forces alliées traverser ce théâtre au plus vite pour venir frapper le cœur industriel de l’Allemagne dans la Ruhr et la Sarre. Les Anglais avaient prévu de pousser le long du littoral de la Manche et de la mer du nord en direction des Pays-Bas pour mettre le territoire de Londres et du sud de l’Angleterre hors de portée des bombes volantes V1 puis se rendre maître des grands ports d’Anvers et de Rotterdam qui commandent l’entrée de la vallée du Rhin. Les Américains de leur côté avaient prévu de déborder Paris par le nord et le sud. La capitale de la France n’était pas pour eux un objectif militaire. Pour les Français, Paris était en revanche l’objectif absolu ! Le seul but – que s’était fixée le Général de Gaulle à Londres depuis le 18 juin 1940 pour que la France retrouve sa liberté et sa grandeur. C’est pour réinstaller un Etat souverain que le général de Gaulle est entré dans Paris malgré les communistes et le très démocrate président Roosevelt.

En décembre 1964, André Malraux clôtura cette année de mémoire, par une cérémonie et un discours de légende aux accents de barde antique pour transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon. Les seuls français présents le 6 juin 1944 sur les plages de Normandie furent les 177 fusiliers marins français du Commando Kieffer opérant dans le cadre discret du First Special Service Brigade, une unité britannique qui rendait compte de ses activités exclusivement au gouvernement de sa Majesté et non pas au gouvernement provisoire de la République Française. Aussi en dépit de leur incontestable bravoure, ces combattants attendront 60 ans avant de recevoir des mains du président Jacque Chirac en 2004 la reconnaissance de la nation. Lorsqu’il considérait qu’on lui avait manqué, le général de Gaulle était inflexible.

Soigner la blessure de 1940

La France qui commémorait la libération en 1964 venait de refermer avec la guerre d’Algérie l’un des plus longs chapitres guerriers de son histoire[3] ouvert en 1939. Depuis 1945, le pays avait connu grâce à l’aide américaine et au plan Marshall, une période de croissance économique extraordinaire. 15 millions d’enfants étaient nés qui grandiraient dans une société nouvelle et n’aurait sans doute jamais à connaître la guerre.

Le Général de Gaulle chef de l’État depuis 1958 appartenait à une génération née avant 1914 dont la personnalité s’était formée dans la certitude d’appartenir à une grande nation dont les moyens allaient de soi et avec laquelle le monde devait compter. Chez de nombreux Français, cette certitude avait volé en éclats en juin 1940. L’Amérique aussi elle-même avait été stupéfaite par ce naufrage. Outre-Atlantique, la sympathie pour la France dans le malheur ne s’était jamais démentie mais ce pays était devenu à leurs yeux accessoire.

Lors d’une conversation loyale qu’il avait eue à Paris au début de 1945 avec le principal conseiller de Roosevelt Harry Hopkin, le Général de Gaulle lui avait expliqué « que le souffle froid qu’il pouvait sentir à son abord provenait de cette impression que les États-Unis ne considéraient plus la grandeur de la France comme nécessaire au monde et à eux même ».


[1]Alain Peyrefitte : C’était de Gaulle, tome 2, Paris, 1997

[2]Allied military government for occupied territories

[3] 1939 – 1945, 2ème guerre mondiale ; 1946 – 1954, guerre d’Indochine ; 1954 – 1962, guerre d’Algérie.

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Joe Biden démarre sa dernière grande tournée à l’étranger avant l’élection présidentielle en se rendant en France

Le dirigeant américain Joe Biden est arrivé en France le 5 juin, où il participera aux célébrations à l’occasion du 80e anniversaire du débarquement allié en Normandie. Le président américain a combiné sa présence à l’anniversaire avec une visite de cinq jours en France. Après cela, le chef de la Maison Blanche se rendra en Italie pour le sommet du G7, prévu du 13 au 15 juin. Pendant ce temps, M. Biden pourra rencontrer deux fois le président ukrainien Volodymyr Zelensky et s’entretenir avec ses alliés européens. Selon les médias américains, ce voyage en Europe est particulièrement important pour Joe Biden, car il s’agira probablement de son dernier grand voyage à l’étranger avant les élections du 5 novembre. Dans le contexte de l’arrivée possible du républicain Donald Trump à la Maison-Blanche, M. Biden est confronté à la tâche de convaincre ses partenaires de la volonté de l’Amérique de rester le leader de l’Occident.

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Dans une interview, Biden assure que “l’armée russe est détruite” et que l’Otan est l’alliance la plus fort de l’histoire

Biden a accordé une longue interview au magazine Time, dans laquelle il a évoqué ce qui se passe en Ukraine, le Moyen-Orient et les relations des États-Unis avec la Chine. En particulier, le président a appelé à se battre en Ukraine jusqu’au bout et a refusé de considérer la situation sur le front comme une impasse pour Kiev. Il pense que l’armée russe a été vaincue et que l’OTAN est devenue l’alliance la plus forte de l’histoire.

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Trump devient le premier président américain condamné dans une affaire pénale

Jeudi, Donald Trump est devenu le premier ancien président américain à être reconnu coupable de crimes graves. Un jury new-yorkais l’a déclaré coupable des 34 chefs d’accusation dans le cadre d’un stratagème visant à influencer illégalement les élections de 2016 en versant de l’argent secret à l’actrice de films pour adultes Stormy Daniels. Selon la plupart des experts, les conséquences de ce verdict sont énormes et des temps difficiles attendent l’Amérique.

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Blinken en Moldavie pour soutenir Sandu

Le secrétaire d’État Antony Blinken a rencontré la présidente de la République, Maia Sandu, lors d’une visite en Moldavie. C’est ce qu’a rapporté Sputnik Moldavie.

“Blinken a rencontré <…> Sandu à Chisinau”, précise le message.

La veille, des manifestations avaient eu lieu en Moldavie contre la visite du secrétaire d’État américain.

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La Russie adopte une loi de confiscation des biens liés aux États-Unis en réponse à la saisie des avoirs russes

Afin de protéger les intérêts nationaux, le président Vladimir Poutine a publié le 23 mai le décret n° 442 – le document établit une procédure spéciale d’indemnisation pour les dommages causés à la Russie ou à sa Banque centrale par les États-Unis.

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Washington limite la délivrance de visas aux autorités géorgiennes à cause de leur loi sur les agents étrangers

Le Département d’État américain limitera la délivrance de visas aux autorités géorgiennes en raison de la loi sur les agents étrangers. Le secrétaire d’État américain Antony Blinken l’a annoncé dans un communiqué publié sur le site Internet du département.

“En réponse aux actions de Tbilissi, le Département d’État américain introduit une nouvelle politique de restriction des visas pour la Géorgie qui s’appliquera aux personnes responsables de l’élaboration de la loi sur les agents étrangers, ainsi qu’aux membres de leurs familles”, indique le communiqué.

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Joe Biden ratifie la loi interdisant les importations d’uranium russe vers les États-Unis

Le président américain Joe Biden a approuvé une loi adoptée au Congrès interdisant l’importation d’uranium faiblement enrichi en provenance de Russie. Des informations sur la décision ont été publiées sur le site Internet de la Maison-Blanche.

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État de l’Armée et de la Marine états-unienne

Dans un entretien télévisé de 8 minutes, un ancien officier US, Stanislav Krapivnik, décrit l’état et les capacités de l’Armée US. Parce que ses déclarations correspondent en tous points à ma propre évaluation de ces Forces Armées, lorsque j’étais en poste aux USA, je me fais un devoir de la relayer pour informer mes
concitoyens de la situation, et du fait qu’il ne faut pas tout attendre de l’allié états-unien.

Pour les non anglophones, voici ce que dit, en substance, l’ancien officier US (point de vue partagé par le Colonel US McGregor, par Scott Ritter (US) et par moi même):

L’armée américaine serait anéantie en Ukraine. Les capacités des États-Unis à mener une guerre conventionnelle ont été érodées par des
«guerres de guérilla sans fin».

Si des troupes américaines étaient déployées en Ukraine pour soutenir Kiev dans son conflit avec la Russie, elles finiraient par être «anéanties». L’armée américaine, dans son état actuel, n’est pas apte à affronter la Russie dans une guerre conventionnelle.

«Même à l’époque de la Guerre froide, l’ensemble de l’OTAN n’aurait pu que ralentir une avancée du bloc soviétique plutôt que de lancer une attaque terrestre généralisée contre lui».

«Si vous écoutez les experts rationnels occidentaux, ils vous diront que oui, l’armée américaine n’est actuellement pas en position et n’a jamais été en mesure d’affronter la Russie sur le terrain. Pour l’OTAN dans son ensemble, au plus fort de la guerre froide, la mission consistait avant tout à bloquer les forces du Pacte de Varsovie et à gagner du temps, et non à lancer une offensive massive».

Depuis lors, les capacités de combat de l’Occident collectif se sont considérablement détériorées, en grande partie à cause des engagements militaires US au cours des dernières décennies.

«En ce moment, c’est bien pire. Les guerres sans fin que mène l’Amérique, et les guérillas sans fin ont totalement sapé la capacité de l’Amérique à mener une guerre conventionnelle. Les autorités s’efforcent d’accroître ces capacités en ce moment, mais cela prendra beaucoup de temps pour reconstruire nos forces».

L’ancien officier a également évoqué des informations récentes selon lesquelles, si le président américain Joe Biden était réélu, lui, ou «le collectif Biden, celui qui prend réellement les décisions, pourrait envoyer des troupes américaines en Ukraine.»

«Le problème est que les gens à Washington, du régime Biden, sont absolument dépourvus de tout sens des réalités». Bien que cette idée soit vouée à entraîner une défaite écrasante pour l’armée US, un tel déploiement ne peut pas être totalement exclu. Si cela devait advenir, l’armée US serait anéantie».

Pour moi, non seulement les forces Armées US sont aujourd’hui sous dimensionnées, sous entraînées et sous équipées pour mener un combat de haute intensité en Ukraine, mais elles sont aujourd’hui dispersées sur 4 fronts et près d’un millier de bases: (Europe, Asie de l’Est, Proche et Moyen Orient et enfin front intérieur avec une protection du territoire US contre l’invasion migratoire et des opérations de maintien de l’ordre qui vont aller en se multipliant …)

Par ailleurs, la flotte américaine vieillissante et ses stocks épuisés ne font plus le poids face à la Chine et à la Russie. La marine américaine est aujourd’hui devancée par la flotte chinoise en croissance rapide. Elle est confrontée à des retards dans les réparations de ses navires et à un rythme trop lent dans la construction de nouveaux navires. Selon Asia Times. La crise a été signalée par l’US Naval Institute (USNI) et le Government Accountability Office (GAO) des États-Unis, Diana Maurer, directrice des capacités et de la gestion de la défense au Government Accountability Office (GAO), qui a témoigné devant le comité sénatorial de préparation des forces armées le 1er mai. Elle a révélé que moins de 40% des navires de la marine américaine avaient terminé leurs réparations à temps, malgré l’espace disponible dans les chantiers navals.

Selon le GAO, «la Marine n’a pas élaboré d’estimation complète des coûts et du calendrier de son programme d’optimisation des infrastructures des chantiers navals (SIOP) – un effort visant à améliorer ses cales sèches, ses installations et ses équipements – et rapporte qu’elle ne sera pas en mesure de le faire jusqu’à l’exercice 2025». Maurer a donc sonné l’alarme quant à l’état de préparation de la Marine.

Dans son propre témoignage devant le Congrès, le vice-chef des opérations navales, l’amiral James Kilby, a reconnu que les questions liées à la «production et à la réparation des navires» comptent parmi les principaux défis auxquels est confrontée aujourd’hui la marine américaine. Lors de l’audition du comité sénatorial, le sénateur républicain Dan Sullivan a déploré que la construction navale aux États-Unis soit bien en deçà du rythme de la Chine. Alors que les chantiers navals de la République populaire ont aujourd’hui une capacité de construction de plus de 23,2 millions de tonnes par an, la capacité américaine est inférieure à 100 000 tonnes.

L’Institut naval des États-Unis a admis en 2021 que la Chine possédait déjà la plus grande marine du monde, tandis qu’en février 2024, l’amiral Samuel Paparo, commandant US de l’ indo-pacifique (INDOPACOM), a averti que Pékin gagnait la course en matière de construction navale.

Selon le Congrès, la Chine possède environ 370 navires de guerre, contre 291 navires pour la flotte américaine. En 2023, la Chine a ajouté 30 navires à sa flotte, dont 15 étaient de grands navires de combat de surface, dont des croiseurs et des destroyers. et un porte-avions supplémentaire. En revanche, les États-Unis n’ont construit que deux navires de guerre l’année dernière.

La marine américaine a également du mal à construire une flotte de navires sans pilote pour contrer la Chine dans le Pacifique. Les problèmes de la marine américaine en matière de construction et de maintenance navale, associés à son retard par rapport à la Chine en termes de nombre de navires, pèsent fortement sur les efforts de l’administration américaine pour maintenir son hégémonie déclinante dans la région Asie-Pacifique.

Cette incohérence est encore aggravée par la doctrine de Washington consistant à affronter simultanément la Russie et la Chine. Les deux puissances «émergentes» sont capables de produire beaucoup plus d’obus et d’équipements militaires que les États-Unis et leurs alliés européens. Étant donné que les stocks militaires américains ont été largement entamés par la guerre par procuration en Ukraine, la perspective d’une guerre avec la Chine laisse présager un désastre pour la marine américaine.

Macron achète la dette américaine: un deal à 210 milliards de dollars

Alors que la dette US continue d’exploser et tangente désormais les 35.000 milliards de dollars pour la dette fédérale et les 100.000 milliards de dollars pour la dette totale, alors que la dédollarisation des échanges internationaux semblent prendre de l’ampleur dans les pays du Sud global (BRICS 10 + alliés/amis), certains pays de l’OTAN, pourtant très endettés eux mêmes, achètent de la dette US pour soutenir le dollar qui perd chaque jour un peu de sa crédibilité.

A ce petit jeu qui n’est pas sans risque, la France a pris sans conteste la tête des pays de l’OTAN pour les douze derniers mois sur les chiffres connus. La France détenait 182,3 milliards de $ de dettes US fin février 2023, Elle en détenait 284 milliards de $ fin février 2024, soit une augmentation de 102 milliards de $ en une seule année.

Aucun État au monde n’a donc fait mieux que la France pour soutenir le dollar et son allié US en rachetant massivement un actif de plus en plus pourri: la dette US libellée en dollars… Alors même que la France est elle même lourdement endettée (dilatée) de plus de 3 000 milliards d’euros! Jamais la France n’avait acheté de la dette US à un rythme aussi rapide.

Rappelons, pour mémoire, que la France ne détenait que 74,4 milliards de $ de dette US à l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir en mai 2017.

Questions :

Quelle mouche a piqué l’exécutif français pour se lancer dans une stratégie d’achat massif et risqué d’un produit aussi toxique que la dette US, alors même que son ministre de l’économie cherche désespérément quelques dizaines de milliards d’euros pour boucler son budget 2024 ?

Nos dirigeants et Mozart(s) de la finance sont-ils tenus par des deals avec les financiers US, deals qui seraient dissimulés au public ?

A quelques encablures des élections européennes, il serait bon d’obtenir des réponses claires à ces questions et de connaître les raisons de ce comportement étrange de la finance française…

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Russes et Américains se retrouvent dans la même base militaire au Niger

Les États-Unis surveillent la situation au Niger concernant la base américaine. Comme l’a déclaré le chef du Pentagone, Lloyd Austin, les Américains surveillent également si des spécialistes russes auraient accès aux équipements militaires américains dans ce pays africain.

“Vous avez posé une question sur le Niger et la présence des Russes sur le même territoire que nous. <…> Les Russes sont dans un complexe séparé. Ils n’ont pas accès aux forces américaines ni à nos équipements. Je me concentre toujours sur la sécurité et la protection de nos forces. Pour le moment, je ne vois pas de problème sérieux qui pourrait concerner la protection de nos forces”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse conjointe avec ses collègues d’Australie, des Philippines et du Japon dans l’État d’Hawaï.

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Washington prépare une stratégie sur dix ans pour l’Ukraine

L’administration américaine élabore actuellement une stratégie visant à accroître l’aide à l’Ukraine, qui devrait être présentée au Congrès d’ici le 8 juin. Les législateurs ont approuvé une aide militaire de 61 milliards de dollars à Kiev, obligeant Washington à définir des objectifs à long terme dans le conflit ukrainien qui répondent aux intérêts de sécurité nationale des États-Unis. Les travaux sur la stratégie se déroulent dans le contexte des discussions sur un accord de sécurité de dix ans entre les États-Unis et l’Ukraine. Les partisans du soutien militaire à Kiev sont déterminés à en faire l’une des priorités de la politique de défense non seulement de l’administration américaine actuelle mais aussi de celle à venir.

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Kiev s’attend à recevoir ses premiers F-16 après la Pâques orthodoxe

Le porte-parole de l’armée de l’air, Ilya Yevlash, a noté que les premiers F-16 apparaîtront en Ukraine “après Pâques” mais que l’armée ne voulait pas “faire de suppositions”, car “la date a déjà changé plusieurs fois”. La Russie a promis de détruire les F-16.

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Après Poutine et Dourov, Alexandr Douguine donne une interview à Tucker Carlson

Alexandre Douguine a accordé une interview au célèbre journaliste américain Tucker Carlson. Le philosophe a expliqué comment les problèmes idéologiques ont commencé en Occident, pourquoi les « observateurs du camp progressiste » n’aiment pas Vladimir Poutine et ce que le libéralisme a à voir avec cela.

Douguine est devenu le troisième Russe, après Vladimir Poutine et Pavel Durov, à accorder une interview à Tucker Carlson depuis début 2024.

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Blinken en visite de trois jours en Chine

Le 24 avril, le secrétaire d’État américain Antony Blinken entamera sa visite de trois jours en Chine. Selon le Département d’État américain, Blinken tiendra une série de réunions avec de hauts responsables chinois à Shanghai et à Pékin pour discuter d’un large éventail de questions bilatérales, régionales et mondiales, notamment la crise au Moyen-Orient, le conflit en Ukraine, la situation dans le détroit de Taiwan et la mer de Chine méridionale. Un porte-parole diplomatique américain a noté que le secrétaire d’État « exprimera nos préoccupations clairement et franchement ».

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Les États-Unis lancent des exercices militaires en mer de Chine méridionale en vue de protéger Taiwan

Le 22 avril, des exercices entre les États-Unis et les Philippines ont débuté près de Taïwan. Les militaires doivent pratiquer la libération d’îles capturées par un ennemi fictif. Comment Washington et ses partenaires se préparent à une éventuelle escalade dans la région ?

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L’aide américaine à l’Ukraine approuvée

L’administration du président américain Joseph Biden a remporté des succès majeurs. Elle a réussi à convaincre la Chambre des représentants de soutenir presque toutes ses propositions visant à aider l’Ukraine, Israël et Taiwan. Après des négociations difficiles, les Républicains ont retiré leurs objections. Cela a été rendu possible par deux facteurs : les frappes iraniennes sur le territoire israélien et la décision de Donald Trump de ne pas lier l’aide aux alliés américains à un financement supplémentaire pour la protection de la frontière américano-mexicaine.

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Les États-Unis déploient des missiles Typhon en Asie malgré les avertissements russes

Les États-Unis ont déployé pour la première fois des systèmes de missiles à moyenne portée au sol dans la région Asie-Pacifique : des systèmes Typhon de l’armée ont été déployés aux Philippines dans le cadre d’un exercice. Auparavant, ces armes étaient interdites en vertu du Traité russo-américain sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (Traité FNI). Après sa dissolution, les autorités russes ont annoncé leur intention de maintenir un moratoire volontaire sur le déploiement de tels complexes sur son territoire, mais seulement jusqu’à ce que les États-Unis les déploient ailleurs, notamment en Asie.

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Washington prépare des sanctions contre l’Iran après son attaque contre Israël

Les États-Unis ont l’intention d’introduire prochainement de nouvelles sanctions contre l’Iran dans le contexte de son attaque contre Israël, a déclaré la Maison Blanche.

“Dans les prochains jours, les États-Unis imposeront des sanctions à l’Iran concernant ses programmes de missiles et de drones, ainsi que de nouvelles sanctions contre les entités soutenant le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) et le ministère iranien de la Défense”, a déclaré le conseiller à la sécurité nationale.

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Les métaux non ferreux se renchérissent après l’introduction de nouvelles sanctions antirusses par Washington

Le prix des métaux non ferreux à la Bourse des métaux de Londres (LME) a fortement bondi dans la nuit du 15 avril, selon les données commerciales. Les marchés ont réagi aux nouvelles sanctions contre la Russie.

Le prix de l’aluminium a immédiatement bondi de 9,4 %, pour atteindre un record de 2 725 dollars la tonne. À 9h43, heure de Moscou, le métal s’échangeait à 2 616 dollars (+5,48 %) la tonne.

Le prix à terme du nickel à son maximum a atteint 18 535 dollars (+8,8%) la tonne. À 9h44, heure de Moscou, la croissance avait ralenti à 3,47 % (18 415 dollars).

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Les États-Unis et le Japon transforment leur alliance militaire

Le 10 avril, une réunion s’est tenue à la Maison-Blanche entre le président américain Joe Biden et le Premier ministre japonais Fumio Kishida, à l’issue de laquelle les parties ont annoncé la transformation de l’alliance militaire bilatérale. “Il s’agit de l’amélioration la plus significative de notre alliance depuis sa création”, a déclaré le dirigeant américain.

L’ordre du jour du sommet américano-japonais comprenait environ 70 points, dont la collaboration universitaire dans le domaine de l’intelligence artificielle, la création d’une bourse spéciale pour les lycéens des deux pays et l’alunissage d’un astronaute japonais sur la Lune dans le cadre du le programme américain Artemis.

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usa banques

Washington traque les comptes russes à l’étranger pour les faire fermer

Les autorités américaines déploient des efforts ciblés pour couper la Russie du système de paiements internationaux – elles prennent connaissance de l’ouverture de nouveaux comptes de correspondants à l’étranger par les banques nationales, surveillent la croissance du chiffre d’affaires de ces dernières et avertissent personnellement la haute direction de la situation des conséquences négatives de l’interaction avec des contreparties russes. Un interlocuteur d’une grande entreprise de matières premières en a parlé à Vedomosti. L’information a été confirmée par une source d’une banque du top 10, un interlocuteur proche du sujet dans le cadre des BRICS et une autre personne proche du problème. Il s’agit de banques en Turquie, en Chine, aux Émirats arabes unis, au Qatar et dans les pays de la CEI, indiquent ces interlocuteurs. Grâce aux efforts des Américains, la « durée de vie » moyenne des nouveaux comptes de correspondants auprès des banques russes auprès des banques étrangères est en moyenne de six mois, disent-ils.

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Comment le marché européen de l’énergie nous entraine vers un choc frontal avec la Russie

Nous avons vu précédemment comment la réglementation européenne a transformé le marché de la fourniture d’énergie en imposant des énergies renouvelables, dont l’imprévisibilité de la production a engendré la spéculation et l’inflation des tarifs, faisant paradoxalement la part belle aux énergies les plus polluantes pour réguler le marché. Penchons-nous maintenant sur la stratégie de transition énergétique de l’UE et sur ses implications géostratégiques.

ENTSOE & UPS/IPS

L’Europe en tant que continent est divisée en réseaux électriques de synchronisme différents. Depuis l’intégration européenne de 1951, il y a une volonté politique fédérale de créer un réseau électrique européen, structuré autour de l’UCPTE (Union pour la Coordination de la Production et de la Transmission d’Electricité).

L’UCPTE, qui deviendra l’UCTE en 1999, a été fondée en 1951 par les États-Unis et par le biais du plan Marshall. Le système soviétique IPS/UPS fut établi à partir de 1956, et fut élargi aux pays satellites, sans pour autant comprendre les pays de l’Asie centrale qui ne furent intégrés qu’à partir de 2001.

Fig 1: Carte de l’association de réseaux électriques avant 2006

Jusqu’en 2006 nous avions en Europe continentale la situation suivante (Fig 1):

  • UCTE (Autriche, Belgique, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie, République tchèque, Danemark (partie occidentale), Espagne, France, Allemagne, Grèce, Hongrie, Italie, Luxembourg, Monténégro, Pays- Bas, Macédoine du Nord, Pologne, Portugal, Roumanie, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Suisse
  • NORDEL (Norvège, Suède, Finlande, Danemark (partie orientale) Islande)
  • IPS/UPS (Russie, états baltes, BiéloRussie, Ukraine, Moldavie, Kazakhstan, Ouzbékistan, Tadjikistan , Kirghizistan, Géorgie, Azerbaijan)
  • UKTSOA (Royaume Uni)
  • ATSOI (Irlande Nord et Sud)

Cette carte des réseaux électriques européen regroupés en association de coordination de réseaux électriques de synchronisme distinct a commencé à être modifiée à partir de 2006. A cette date, les 3 états baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie) sont sortis du UPS/IPS pour créer le BALTSO (Baltique Transmission System Operator). BALTSO a été fondé le 30 mars 2006 et était l’organisation de coopération des gestionnaires de réseau de transport d’Estonie, de Lettonie et de Lituanie.

L’Union pour la coordination du transport de l’électricité (UCTE) a coordonné l’exploitation et le développement du réseau de transport d’électricité à fonctionnement synchrone de l’Europe continentale, fournissant ainsi une plateforme fiable à tous les participants du marché intérieur de l’électricité et au-delà.

En 1999, l’UCTE s’est redéfinie comme une association de Gestionnaires de Réseaux de Transport (GRT) dans le contexte du marché intérieur de l’énergie. Forte de son expérience en matière de recommandations, l’UCTE s’est attachée à rendre ses normes techniques plus contraignantes par le biais du manuel d’exploitation et de l’accord multilatéral entre ses membres. Ces normes sont devenues indispensables pour un fonctionnement international fiable des réseaux à haute tension qui fonctionnent tous à un seul “rythme cardiaque” : la fréquence UCTE de 50 Hz, liée à l’équilibre nominal entre la production et la demande d’électricité de quelques 500 millions de personnes dans l’une des plus grandes interconnexions électriques synchrones au monde.

Au cours de sa dernière année d’existence, l’UCTE représentait 29 gestionnaires de réseau de transport de 24 pays d’Europe continentale. L’UCTE a été dissoute le 1er juillet 2009. Toutes les tâches opérationnelles ont été transférées au Réseau Européen des Gestionnaires de Réseau(x) de Transport d’Electricité (en anglais European Network of Transmission System Operators for Electricity, ENTSO-E).

Nordel est fondée en 1963. Nordel était un organisme de coopération entre les gestionnaires de réseaux de transport du Danemark, de la Finlande, de l’Islande, de la Norvège et de la Suède, dont l’objectif était de créer les conditions préalables au développement d’un marché nordique de l’électricité efficace et harmonisé. Nordel était également un forum pour les contacts entre les gestionnaires de réseaux de transport et les représentants des acteurs du marché dans ces mêmes pays. L’objectif de Nordel était d’émettre des conseils et des recommandations pour promouvoir un système électrique efficace dans la région nordique, en tenant compte des conditions prévalant dans chaque pays. Nordel a contribué à la coopération internationale et à l’échange d’informations concernant le système électrique et le marché de l’électricité. Le 1er juillet 2009, Nordel a été dissoute. Toutes ses tâches opérationnelles ont été transférées à ENTSO-E.

UKTSOA est l’association des gestionnaires de réseaux de transport du Royaume-Uni (United Kingdom Transmission System Operators Association), créée pour coordonner les activités des GRT du Royaume-Uni en juin 1999. Le 1er juillet 2009, l’UKTSOA a été dissoute. Toutes ses tâches opérationnelles ont été transférées à ENTSO-E. ATSOI est l’Association of the Transmission System Operators of Ireland, créée en juin 1999 pour les activités coordonnées entre EirGrid et System Operator Norther Ireland (SONI). L’ATSOI a été dissoute le 1er juillet 2009. Toutes ses tâches opérationnelles ont été transférées à ENTSO-E.

Fig 2: Réseaux Électriques d’Europe Continentale en 2022

L’ENTSOE (fig 2) est donc un ensemble regroupant les associations européennes de transmission d’électricité. Il y a également le pendant gazier qui s’appelle l’ENTSOG.

Il est fondamental de garder en mémoire que l’UCPTE, l’ancêtre de l’ENTSOE, a été fondé en 1951 par les USA, qui sont depuis à la manœuvre dans l’association des transports d’électricité européen.

Les Scénarios de l’ENTSOE

Status Quo (current bidding zone configuration)

Chaque année l’ENTSOE publie les scénarios de la Bidding Zone review. La bidding zone review est un des nombreux mécanismes qui tirent les ficelles du couplage des marchés européens de l’électricité, au même titre que le flow base que nous avons présenté précédemment. Pour 2018, voici le rapport en question. J’encourage le lecteur à aller creuser la question intéressante de la bidding zone review que je ne peux développer dans cet article afin de garder une certaine concision.  En 2018 l’ENTOSE a étudié plusieurs scénarios de division des zones d’enchère électrique en Europe. La situation des zones d’enchères était à l’époque la suivante :

Tous les pays étudiés ont leur propre zone d’enchère, relative à leur marché national, sauf l’Allemagne et l’Autriche qui partageaient la même zone. C’était une sorte d’Anchluss boursier du marché électrique Germano Autrichien.

DE / AT Split

Le premier scénario étudié par l’ENTSOE a été le suivant : Division DE/AT

Il faut savoir que sur base de ce scénario, la division des marchés Allemands et Autrichiens a été effective en Octobre 2018, soit 6 mois après la présentation de ce scénario. Actuellement l’Allemagne a sa propre zone d’enchère et l’Autriche a sa propre zone d’enchère. Ces 2 marchés sont distincts et cela permet des échanges entre l’Allemagne et l’Autriche avec un différentiel tarifaire entre les 2 zones. Cela a augmenté le potentiel du marché Pan Européen. Nous sommes toujours dans cette logique européenne d’assurer le fonctionnement du marché.

L’ENTSOE ne s’est pas arrêté à ce scénario et a étudié les scénarios suivants :

Big Country Split
Big Country Split 2
Small Country Merge (NL + BE/CZ + SK)

Division (split) : Il s’agit de diviser les « grands pays » à l’échelle Européenne, pour en morceler la zone d’enchère. Les pays concernés sont La France, L’Allemagne et la Pologne.

Fusion (merge) : Il s’agit de fusionner les « petits pays » à l’échelle Européenne, pour unifier la zone d’enchère. Les pays concernés sont La Belgique et les Pays Bas, puis la République Tchèque et la Slovaquie

Il est intéressant de noter que sur le scénario de la division des grands pays, différentes lignes directrices ont été retenues :

  • La France serait divisée en 3 zones selon des axes grosso modo d’Ouest en Est.
  • L’Allemagne serait divisée en 3 zones selon un délimitation géographique de territoires.
  • La Pologne serait divisée en 2 zones selon un axe Nord Sud.

Ces différences dans les scénarios de division proviennent des perspectives  financières et boursières pour les échanges intra-zone et entre zones elles-mêmes. Dans une zone d’enchère définie, les prix de gros du marché de l’électricité sont uniformes. Donc imaginons un scénario ou la France serait divisée en 3 zones d’enchères distinctes, cela signifierait que l’électricité « négociée à Brest » n’aurait pas la même valeur que « l’électricité négociée à Marseille ou Lille ».

L’intérêt de faire cela pour le marché est de créer un différentiel tarifaire supplémentaire au sein d’un même pays pour justement profiter de l’éolien de l’Atlantique. Lorsque le vent soufflera en Atlantique, alors le prix électrique Breton sera bas tandis que celui de Strasbourg sera élevé. Cela permettrait donc de stimuler d’avantage le marché par des échanges financiers sur un territoire qui était auparavant homogène. Cette même analyse fonctionne pour l’Allemagne. Lorsque ça soufflera dans la mer du Nord, il y aura un afflux massif d’électricité sur cette zone, faisant ainsi chuter le prix dans le nord de l’Allemagne, tandis que le sud de l’Allemagne étant un énorme consommateur d’électricité, aurait des prix plus élevés. Le différentiel tarifaire Nord/ Sud ainsi créé, permettrait de nombreux échanges.

Est-ce que l’ENTSOE ou les élus français ont pris la peine de présenter ces scénarios à l’étude au peuple français?

Il est déjà complexe de bien cerner les mécanismes du marché européen de l’énergie. Comment le peuple français peut-il exercer son esprit critique si des sujets aussi sensibles que la fin de l’homogénéité des tarifs sur le territoire national est étudiée en secret par des instances non élues?

Les scénarios de ENTSOE & ENSTOG

Tous les 2 ans, l’ENTSOE et l’ENTSOG publient des scénarios réalisés en commun pour le développement futur du marché Européen de l’énergie.

Ces scénarios étudient des développements sur les 10 prochaines années. Je partage ici le scénario 2024. Dans l’introduction il est mentionné la chose suivante : « Regulation (EU) 2022/869  requires that the European Network of Transmission System Operators for Electricity (‘ENTSOE’) and the European Network of Transmission System Operators for Gas (‘ENTSOG’) jointly develop scenarios for the future European energy system in the context of their respective Ten Year Network Development Plans » 

A la lecture de ce rapport, on comprend que la politique européenne en matière d’énergie n’est pas de faire le tout électrique, mais bien de faire une avancée commune entre électricité et gaz. Le rapport 2019 de l’ENTSOE éclairera le lecteur sur toute la logique de cette interaction ENTSOE / ENTSOG. Le leitmotiv de ce rapport est d’orchestrer l’interaction ENTSOE / ENTSOG, en réalisant des conversions d’une énergie à l’autre. On parle de power to gas et de gas to power (fig 3)

Fig 3: Interactions Gas to Power/ Power to Gas

Toute l’idée du système réside dans la multiplication des interactions entre électricité et gaz, tout en développant les capacités de stockage et de flexibilité (fig 4). La flexibilité électrique, notion abordée dans l’article précédent, nécessite à elle seule un article complet, afin que le lecteur comprenne bien les tenants et aboutissants dernière cette notion essentielle du marché européen de l’électricité.

Fig 4: Interactions directes & indirectes entre gaz et électricité

Cet ensemble de scénarios se développent de manière formelle depuis 2018. Cependant l’idée énergétique européenne fait son chemin depuis la création par les USA en 1951 de l’UCPTE, ancêtre de l’ENTSOE.

On pourrait croire que la transition énergétique est une évolution qui va entrainer l’Europe vers un monde sans émission de CO2 et sans gaz. Il n’en n’est rien. Le plan réel de l’UE n’est pas de faire un monde sans gaz, mais plutôt de faire coïncider le marché de l’électricité avec celui du gaz. Le lecteur pourra donc se reporter à la question posée dans l’article précédent: Dans le cas de la France, quel est l’intérêt de saigner EDF et les Français pour tenter de diminuer l’intensité carbone d’une filière Edf qui est déjà très bas en carbone ?  Cette question est très pertinente sachant que le plan de l’EU n’est absolument pas de se sevrer du gaz. On nous vend la transition énergétique comme un moyen de faire une économie sans CO2, alors qu’en sous-main, tout le plan de l’UE est de faire une économie électricité/ gaz.

L’autre point fondamental de ces scénarios, est qu’il faille développer les capacités de stockage et de flexibilité. Dans l’article précédent nous avons expliqué que la flexibilité était l’échelon le plus tendu pour atteindre l’équilibre Production = Consommation. Il s’agit de l’échelon le plus proche du temps réel. Et à ce jeu-là, la seule unité capable d’assurer la mission de flexibilité est l’unité thermique (Gaz/ Charbon/ Pétrole). Sachant que le plan de l’UE est de faire du Power to Gas / Gas to Power, il est évident que lorsque l’UE mentionne le développement des capacités de flexibilité, elle a bien entendu en tête le développement des capacités gaz, des hubs gaziers, des interfaces gaz/hydrogène. Derrière la notion de flexibilité se cache également le changement industriel des territoires. C’est essentiel de garder cela en mémoire : la course à la flexibilité électrique va amener un basculement complet de richesse des zones industrielles productrices (donc consommatrices) vers des zones pas nécessairement industrielles mais possédant une capacité de stockage, donc de flexibilité. L’ensemble des territoires européens seront affectés, et sortiront leur épingle du jeu ceux qui peuvent être source de flexibilité.

J’ai tenté durant les premiers articles de cette série, qui étaient centrés sur les mécanismes du marché, de montrer que l’électricité en Europe ne peut avoir de stabilité que via le gaz. Ici nous avons un scénario exposé à l’horizon de 10 ans, où le futur de l’Europe en matière d’énergie sera l’interaction entre le gaz et l’électricité. Or les pays Européens n’ont pas de gaz.

Le constat qui se pose est le suivant : l’UE a poussé tous les pays européens à privatiser leur secteur gazier. Pour ne citer qu’eux, la France a privatisé GDF, qui est devenu ENGIE. Le Danemark, a cédé sa branche pétrole et gaz à Ineos. L’ensemble des nations européennes n’a plus le monopole sur son marché de gaz intérieur. Comme le réseau électrique européen est dépendant du gaz pour assurer sa stabilité, les fournisseurs gaziers des majors occidentales ont donc en Europe un terrain de jeu parfait pour la fourniture de gaz à prix élevé, et la spéculation sur ce marché.

Ce serait le monde parfait pour tous ces industriels, spéculateurs et investisseurs de tout bord, sauf si :

  • il existait un fournisseur de gaz voisin tellement grand qu’il pourrait venir lisser les prix du gaz par le volume de sa fourniture. 
  • il existait un fournisseur de gaz voisin désireux de participer au marché européen de l’énergie en assurant la fourniture européenne en gaz à bas coût et de manière constante dans le temps.

Mais existe-t-il un tel fournisseur ?

Nous avons vu que l’ENTSOE est juxtaposé au réseau russe IPS/UPS. Qu’en est-il donc des relations entre l’UE et la Russie?

Les relations entre l’UE et la Russie

Le 11 Novembre 2002 s’est tenu le EU-RUSSIA summit. Durant ce sommet, a été édité entre autres, le 3ème rapport d’avancement du EU-RUSSIA Energy Dialogue. Ce dialogue sur les questions énergétiques a été mené par le Vice premier Ministre Russe Mr Victor Khristenko et par le Directeur Général de la Commission Européenne Mr François Lamoureux. Ce rapport est très intéressant à lire, car il traite de l’ensemble des questions auxquelles nous sommes aujourd’hui confrontées.

Dans le point 3 de ce rapport: ALLEGED LIMITATION ON EU IMPORTS OF FOSSIL FUELS, il est mentionnée la chose suivante: « Russia asks for an indication that the EUs policy of opening up the electricity and natural gas markets to competition is not being conceived in a way that would limit the presence of Russian supplies in the EU. » Dès 2002, la Russie exprimait déjà son souhait à ce que la politique Européenne d’ouverture du marché du gaz et de l’électricité à la compétition ne se fasse pas au dépend des fournisseurs Russes.

Dans le point 4 de ce rapport, LEGAL SECURITY FOR LONG TERM SUPPLIES, on peut lire: « Russia believes that the conclusion and implementation of long-term gas supply contracts do not contradict Community law. » Dès 2002, la Russie informe donc qu’elle croit que l’établissement du contrat de fourniture de gaz à long terme ne contrevient pas aux lois de la communauté européenne. La Russie se pose donc comme un fournisseur de gaz stable et fiable pour l’Europe.

Dans le point 8 de ce rapport, INTERCONNECTION OF ELECTRICITY NETWORKS AND TRADE IN ELECTRICITY, il est écrit: « Technical studies will be initiated to examine the physical requirements for interconnecting the networks, involving the Union for the Co-ordination of Transmission of Electricity (UCTE) from the EU and the Unified Power System/Interconnected Power System (IPS/UPS) from Russia. The Trans-European Networks (TEN’ s) will contribute to these studies. Russia believes that a synchronous operation is the best technological solution. » Dès 2002, la Russie indique donc qu’elle est prête à envisager l’interconnexion des réseaux électriques UCTE et IPS/UPS, et que la solution réside dans la création d’un système synchrone.

Tout le rapport est à lire bien entendu, car il traite de nombreux points qui éclairent par leurs nuances et subtilités les positions de l’UE et de la Russie vis à vis de l’énergie. La Russie s’est donc positionnée dès 2002 comme un partenaire fiable et volontaire vis à vis de l’UE, autant pour la fourniture de gaz que pour l’établissement d’un réseau électrique synchrone.

Il est intéressant de noter que 20 ans plus tard, le synchronisme UCTE- IPS/UPS voulu par la Russie n’a pas été réalisé. Alors que dans le même temps, l’UCTE a réussi son synchronisme avec les états Baltes ainsi que l’Ukraine et la Moldavie de manière éclair suite aux différentes crises orchestrées par les Etats Unis d’Amérique. Il est également intéressant de noter que 20 ans plus tard, la Russie n’est plus considérée comme un fournisseur fiable de gaz pour l’Europe, alors que l’UE a besoin de gaz.

Impossibilité de la juxtaposition des 2 marchés

Maintenant essayons de comprendre pourquoi la Russie nous est présentée comme l’ogre à abattre. Pour cela, il faut se pencher sur les choix politiques faits en matière d’énergie par les différents pays. Nous avons vu que le Danemark avait privatisé l’intégralité de la filière électrique à partir de 2005, et qu’il a cédé sa branche pétrole et gaz à un groupe chimiste Britannique.

Pour la France le cas est similaire, car la tout membre de l’UE est soumis à la même législation européenne. En 2006, la privatisation de GDF est votée à l’assemblée nationale. Elle sera effective en 2008 avec la fusion GDF/Suez. Depuis lors le groupe est devenu ENGIE. On remarquera que dans le cas du Danemark, comme de la France, c’est le gouvernement en place qui a acté via le parlement la privatisation du secteur gazier. Le lecteur doit comprendre que si l’UE est l’ennemi de l’extérieur, l’ennemi de l’intérieur est représenté par cette caste de politiciens de carrière qui, de l’extrême droite à l’extrême gauche, nous disent qu’il faut faire l’Europe. Entre faire l’Europe ou faire la France, il faut choisir, mais on ne pourra pas avoir les 2.

Il est d’ailleurs intéressant de soulever cette question : Pourquoi des pays ayant des densités de populations différentes, des tailles de populations différentes, un maillage industriel différent, doivent ils avoir la même politique énergétique? Il serait opportun de poser cette question à nos dirigeants politiques pour qu’ils nous l’expliquent…

Voici la chronologie :

  • 1924: Création de la Compagnie Française des Pétroles en paiement d’indemnité de guerre par l’Allemagne à la France, avec monopole de l’état français sur les activités pétrolières.
  • 1946: Création de EDF et GDF en France par la loi no 46-628 du 8 avril 1946 avec monopole d’Etat sur les activités du Gaz et de l’Electricité. Gaz de France (G.D.F) est formée par le transfert des actifs de la quasi-totalité des sociétés privées exerçant une activité de production, transport ou distribution de gaz combustible sur le territoire national. Électricité de France (E.D.F.) est formée par le transfert des actifs de 1450 entreprises de production, de transport et de distribution de l’énergie électrique sur le territoire national.
  • 1951: Création par les Etats Unis, de l’UCPTE: Union pour la production et le transport de l’électricité en Europe.
  • 1954 : le Traité de Rome, article 194 du TFUE, instaure une politique énergétique pour l’union européenne.
  • 1954: la Compagnie Française des Pétroles (CFP) créée en 1924 lance la marque TOTAL le 14 juillet.
  • 1985: La CFP devient TOTAL
  • 1989: le ministère de soviétique de l’industrie gazière d’URSS devient le groupement d’état GAZPROM
  • 1993: GAZPROM devient société d’état par action PAO, l’Etat Russe est actionnaire majoritaire de GAZPROM
  • 1993: TOTAL est privatisée sous l’impulsion du gouvernement Balladur.
  • 1996: Directives Européennes 96/92/CE du 19 décembre 1996 sur la privatisation du secteur de l’électricité et du gaz.
  • 2002: Sommet Russie – EU, la Russie se positionne comme un fournisseur stable et fiable de gaz pour l’EU. La Russie s’interroge également sur le fait que les politiques européennes d’Energie soient conçues pour restreindre l’accès du marché Européen de l’énergie à la Russie.
  • 2003: Directives Européennes 2003/54/CE du 26 juin 2003 sur la privatisation du secteur de l’électricité et du gaz.
  • 2005: début des travaux du pipeline Nord Stream par GAZPROM.
  • 1er janvier 2006 : fin des subventions Russes au gaz Ukrainien, en l’alignant au prix du marché. Accusation par la Russie de prélèvement illégaux effectués par l’Ukraine sur les livraisons dues à l’Europe. Coupure de la livraison de gaz vers l’Ukraine et l’Europe par Gazprom.
  • 3 janvier 2006 : l’Ukraine reconnait les prélèvements illégaux et accepte l’alignement des prix du gaz conventionné au prix du marché. Gazprom recommence ses livraisons de gaz vers l’Ukraine et l’Europe. Dès 2006, la Russie défend les intérêts énergétiques européens contre le racket organisé par le gouvernement Ukrainien.
  • 2007: fin du monopole de EDF et GDF.
  • 2008: application du 3ème paquet d’énergie dans la législation Française
  • 2 janvier 2009 : Gazprom réduit puis coupe les livraisons à l’Ukraine suite au non-paiement des factures de 2008. La Russie accuse de nouveau l’Ukraine de vol de gaz destiné à l’Europe.
  • 6 janvier 2009 : plusieurs pays de l’UE n’ont pas reçu de gaz de Gazprom.
  • 7 janvier 2009 : Gazprom cesse d’alimenter l’ensemble des gazoducs ukrainiens approvisionnant l’Europe, sous prétexte de vol. L’Ukraine réfute ces accusations mais refuse d’octroyer l’accès aux compteurs de gaz sur son territoire à des experts indépendants
  • 2009: adoption par l’UE du 3ème paquet « marché intérieur de l’énergie », création de ENTSOE et de ENTSOG.
  • En septembre 2012, la Commission européenne annonce avoir ouvert une enquête sur les pratiques commerciales de Gazprom en Pologne, République tchèque, Slovaquie, Bulgarie, Hongrie, Lituanie, Lettonie et Estonie. Elle soupçonne notamment cette société d’avoir « empêché la diversification de l’approvisionnement en gaz », ce qui constitue une restriction à la concurrence. Il est très important de souligner le sort réservé à Gazprom ainsi qu’à EDF. Etant leaders et meilleurs que tous les autres concurrents leur offre est imbattable donc empêche de facto la concurrence.
  • En avril 2015, la commission Européenne envoie à Gazprom une notification des griefs, c’est-à-dire un acte d’accusation pour violation de la loi antitrust.
  • Avril 2018: début des travaux de Nordstream 2
  • 2019: Arrêt des travaux de Nord Stream 2 sous sanction des USA
  • Septembre 2021 : reprise des travaux de Nord Stream 2
  • Février 2022 : Olaf Scholz arrête le processus de certification de Nord Stream 2 car la Russie reconnait l’indépendance de 2 républiques indépendantes en Ukraine.
  • 1er mars 2022 : Nord Stream 2 SA dépose son bilan suite aux sanctions allemandes et américaines.
  • 2 septembre 2022 : Gazprom annonce la reprise du transit sur Nord stream 1 qui avait été diminué durant l’été.
  • 26 septembre 2022 : les 2 gazoducs Nord Stream subissent un attentat.

=> bilan des guerres mondiales de 1914 et 1939: la France crée un monopole d’état sur le Pétrole, le Gaz et l’Electricité. Des 2 évènements les plus traumatiques du XXème siècle résulte la création de trésors industriels nationaux: TOTAL / EDF/ GDF

=> bilan pour la France des changements survenus entre 1993 (traité de Maastricht) et 2009 (3ème paquet énergie) : L’état Français se désengage de ces 3 fleurons nationaux que sont TOTAL, EDF, GDF. Pire encore, durant cette période, il n’y avait pas en France de ministère dédié aux questions énergétiques, comme si le gouvernement permettait le sabordage des forces vives du pays.

=> bilan pour la Russie des changements survenus entre 1989 et 2015 : L’état Russe a augmenté sa participation dans le capital de Gazprom et a indiqué vouloir participer à l’Europe de l’énergie en étant un fournisseur de gaz fiable tout en étant un acteur de l’interconnexion des réseaux électriques UCTE- IPS/UPS

=> bilan pour l’Europe des changements survenus entre 1954 et 2009 : l’Union a réussi à imposer aux états membres l’adoption des lois relatives à la libéralisation du marché du gaz et de l’électricité.

Il est crucial de comprendre ici qu’il y a incompatibilité entre la juxtaposition de ces 2 réseaux énergétiques:

  • Le réseau Russe, national, porté par Gazprom et par les immenses réserves russes en Gaz
  • Le réseau Européen, privé, porté par une multitude d’intérêts spéculatifs ne possédant aucune réserve de Gaz.

C’est pour cela que l’on assiste aux évènements actuels de « mise au ban des nations » de la Russie par les USA et l’UE. Les intérêts économiques sont trop divergents pour être conciliables. Il faut vraiment comprendre que depuis 1951, il y a une politique européenne en matière d’énergie qui tend à privatiser le réseau de l’électricité pour peu à peu rendre le fonctionnement du marché de l’électricité spéculatif et compensé par le gaz.

Le bras armé pour cette spéculation est le couple éolien/gaz. Donc la spéculation est intéressante si les marchés de l’électricité et du gaz ne sont pas régulés, et si les fournisseurs de gaz peuvent jouer librement sur le marché du gaz. A l’intérieur du marché, EDF qui possède un parc nucléaire et hydro-électrique qui assure des prix stables à la France et qui peut exporter son électricité aux voisins. Il convient donc de détruire EDF. A l’extérieur du marché, se trouve le géant Russe désireux dès 2002 d’être un partenaire de 1er ordre pour l’UE, avec des réserves de gaz si grandes qu’elles peuvent subvenir à bas prix à la demande en gaz de l’UE. C’est une chose que l’ensemble de la filière énergétique européenne ne peut accepter car la base de leur business plan provient justement de la spéculation sur le marché du gaz.

IL Y A ANTAGONISME entre les plans spéculatifs des sociétés privées européennes n’ayant aucune réserve de gaz et la politique énergétique portée par la Russie qui possède les plus grandes réserves de gaz au monde. Ces deux mondes ne peuvent à l’heure actuelle se rejoindre, sauf si l’UE accepte de réformer son secteur de l’énergie dans le sens de la stabilité des prix de l’énergie. Si l’UE accepte son erreur, et change de politique énergétique pour la calquer sur ce que faisait EDF par le passé, alors l’UE aura à l’intérieur de ses frontières un marché de l’électricité stable et abondant, dont seulement 5% de la production électrique serait liée au gaz pour assurer l’équilibre production = consommation.

Il faut comprendre que l’on a plusieurs décennies d’achats industriels, de fusions-acquisitions, de transferts d’actifs provoqués par les pays européens, afin de faire fonctionner ce marché de l’énergie. Toute personnalité politique, médiatique, industrielle ou financière qui proclame « il n’y a qu’à sortir du marché européen de l’énergie » vous ment. Des puissances économiques, politiques, industrielles et financières sont en action depuis 1951 pour arriver à l’avènement de ce marché. Ce n’est pas pour permettre plus tard aux membres de l’UE de quitter ce marché s’il ne leur convient plus. L’Espagne et le Portugal ont obtenu une dérogation temporaire qui arrive à échéance en 2024. Sera-t-elle prolongée ? Ces pays sont toujours liés au marché européen de l’énergie.

L’unique moyen de quitter le marché européen de l’énergie est de quitter l’Union Européenne.

Réflexion générale sur le libre-échange et l’économie de marché

Nous avons tenté de montrer que l’UE asservissait les nations européennes par son marché de l’énergie, avec le concours des leurs dirigeants, ennemis de l’intérieur chargés d’appliquer les exigences de l’UE. Chaque pays possède sa petite spécificité, en France c’est notamment l’ARENH. C’est finalement en soumettant la nation aux règles européennes, que l’état national permet aux ennemis de l’intérieur comme de l’extérieur de provoquer la gabegie sur les marchés internationaux, tout en supprimant les marges de manœuvre aux nations gouvernées.

Lorsqu’un pays voit son énergie être saignée ainsi par les nombreux groupes internationaux, son avenir ne peut être radieux. Or l’état français est à la manœuvre de ce processus. On ne peut s’empêcher d’établir un lien direct avec la société d’état danoise DONG qui a vendu l’ensemble de la filière pétrole et gaz danoise à un groupe privé britannique.  L’exemple du Danemark est essentiel, car il montre bien qu’à partir du moment où une société d’état commence le processus de privatisation du secteur de l’énergie, alors la nation qui était exportatrice nette d’énergie devient importatrice nette d’énergie.

Cette réflexion importation / exportation peut être faite sur de nombreux sujets. Les nations européennes se retrouvent importatrices nettes de nombreuses denrées (textiles, céréales, bovins, ovins, composants électroniques, produits chimiques, métaux, plastiques, céramiques, médicaments, munitions…). En organisant le libre échange l’UE a amené les fournisseurs à préférer s’approvisionner sur les marchés internationaux plutôt que sur le marché national. Cela a une conséquence majeure. Les filières nationales de tout type ont vu leur production réduite, faute de compétitivité, jusqu’à disparaitre. Il en résulte la fermeture des exploitations agricoles, des industries textiles, des industries chimiques… donc la perte d’un savoir-faire national.  Deux questions doivent être posées :

  • Jusqu’à quand les pays étrangers voudront bien assouvir la demande française (et des autres pays européen) ?
  • Jusqu’à quand la monnaie euro aura-t-elle assez de pouvoir sur les marchés pour financer ces importations ?

Ces questions sont fondamentales, car sous l’égide du libre-échange général imposé par l’UE, les pays européens sont devenus importateurs nets. Lorsqu’un pays importe plus qu’il n’exporte, de facto il créé de la dette. La dette nationale peut être compensée par divers mécanismes. Mais ce qui supporte la dette nationale, c’est la monnaie sous laquelle cette dette s’est structurée, dans notre cas c’est l’Euro. Si demain les marchés internationaux perdaient confiance en la monnaie euro, c’en serait fini de ce système d’importations massives, car les fournisseurs ne voudraient plus être payés en Euro. De plus ce système est totalement malsain, car lorsqu’un pays européen paie une importation en euro, il « exporte » de la monnaie euro, donc de la dette européenne. Jusqu’à quand les pays étrangers continueront-ils à financer la dette européenne ? Le lecteur pourra consulter la page du ministère de l’économie sur la théorie de l’avantage absolu d’Adam Smith.

On notera au passage que la Chine, la Russie, l’Iran ont largement entamé la dédollarisation de leur économie. L’euro avait donc une place à prendre comme monnaie d’échange pour les règlements internationaux. Or, avec les évènements de la guerre en Ukraine et le gel des avoirs Russes, les banques européennes indiquent au monde entier que sur directive de l’Union Européenne leurs avoirs peuvent être bloqués voire volés.

Que vont faire les financiers et investisseurs étrangers lorsqu’ils comprendront que la zone Euro n’est plus dynamique industriellement et qu’elle ne garantit plus leurs avoirs ? Ils vont arrêter d’utiliser l’Euro comme valeur d’échange, car ils auront moins confiance dans cette monnaie. Etant moins utilisée, moins échangée, moins soutenue industriellement et financièrement, l’Euro perdra de sa valeur, en plus de la confiance que les marchés pouvaient lui porter. Il est à craindre que l’Euro ne continue de dévisser sur les marchés internationaux et que l’inflation continue.

Toute personnalité politique voulant lancer un plan de relance de l’économie vous ment, car il ne saurait en être autrement que par la continuation de la récession et de l’inflation.

Combien de temps ?

Au-delà de ces considérations cruciales, combien de temps faudra-t-il à la France pour restructurer une industrie, une agriculture nationale assez robuste pour subvenir à un choc économique ? La crise covid a démontré que la France n’était plus souveraine en matière de masques. Il n’échappera pas aux lecteurs qu’un masque chirurgical n’est qu’un assemblage d’un bout de papier et d’une lanière en caoutchouc. Cette remarque peut s’étendre au gel hydroalcoolique ainsi qu’à divers médicaments. La crise covid n’était pas une crise où la nation était en mise en péril par une guerre, une guerre civile ou une épidémie de peste noire tel qu’au moyen âge. La crise covid qui a fait beaucoup de bruit pour rien, a démontré que ni la production nationale ni le marché de l’énergie n’étaient structurés pour réagir à un petit choc. Que se passera-t-il demain lorsqu’un vrai choc aura lieu ?

Combien de temps faut-il pour relancer une production d’antibiotique, de munitions, d’armements, de produits chimiques ou de produits agricoles en France ? On peut s’amuser de l’exemple d’Arnaud Montebourg qui, remarquant que la France n’était plus souveraine en matière d’amande pour la frangipane de la galette des rois, a relancé la production française d’amande. Mais combien de temps faut-il aux amandiers pour pousser ? Combien de temps faudra-t-il pour relancer les filières d’importance aussi stratégique que la filière médicaments, la filière métaux, la filière textile, la filière composant électronique ? De combien de temps disposons nous avant qu’un choc réel ne vienne mettre à terre notre économie, laissant les français avec des euros dont les marchés ne voudront plus ? Par ailleurs, combien de temps faut-il pour former des étudiants aux métiers de ces filières disparues mais néanmoins fondamentales ?

Face aux pays en croissance démographique exponentielle, le moyen immédiat pour la France de rester compétitive est de se doter d’un parc de machines-outils spécialisées pour automatiser sa production et compenser le manque de main d’œuvre qualifiée. Dans cette perspective, pour être rentable son industrie n’a d’autre choix que d’alimenter ce parc avec une électricité à bas coût. A ce jeu-là, rien n’a jamais été supérieur à EDF.

Mais privées d’une énergie bon marché à cause du marché européen, nos machines-outils ne sont pas rentables face aux autres pays. Il faut donc à l’UE une main d’œuvre bon marché pour compenser ce handicap. C’est pourquoi tous les dirigeants politiques européens (à part la Bulgarie et la Pologne) favorisent l’immigration en Europe. Ne pouvant avoir une économie qui fonctionne avec des machines-outils performantes, on va faire tourner cette économie avec une main d’œuvre immigrée à bas coût, quitte à provoquer un choc social entre les communautés.

Les perspectives pour la France et les pays européens sont mauvaises. Nous sommes importateurs net, notre monnaie perd de sa valeur car nous créons de la dette. Notre énergie coûte de plus en plus cher. Comment pourrions-nous nous en sortir ? Toute personnalité politique clamant haut et fort, qu’il va faire un plan de relance industriel vous ment effrontément. Aucun industriel ne va implanter d’industrie, de productions, dans un pays où il n’a aucune vision sur l’avenir et où à priori le prix de l’énergie ne fera qu’augmenter et dont les fruits de sa production seront payés en euro, monnaie qui perd de sa valeur et de sa crédibilité sur les marchés internationaux.

Est-il possible d’être énergétiquement souverain en étant dans l’union européenne ? De même, comme l’UE asservit ses nations aux marchés internationaux, il convient de poser la même question vis-à-vis de la monnaie. Est-il possible d’être financièrement souverain en étant membre de l’union européenne ? La question de la souveraineté énergétique ne peut être dissociée de la souveraineté monétaire. La monnaie et l’énergie étant le socle d’une nation, on peut poser une question plus générale : Sommes-nous souverains en étant dans l’UE ?

Je laisse le lecteur réécouter le discours de Charles De Gaulle du 15 mai 1962. On s’intéressera notamment à la 3ème partie de la vidéo où il identifie déjà la place d’un fédérateur supra européen. La politique Gaullienne de souveraineté nationale s’oppose à la politique européenne mondialiste depuis 1962. Les maux dont nous souffrons actuellement sont la conséquence d’une politique européenne imposée aux Français sans leur accord, par tous les dirigeants qui lui ont succédé.

Conclusion

Sous l’égide de l’UE, la France a vu ses actifs industriels énergétiques être privatisés les uns après les autres. Total est devenu Total énergie, GDF est devenu Engie, EDF a vu son activité démembrée de RTE et de ENEDIS entre autres. La politique d’indépendance énergétique de la France voulue par le général De Gaulle a été lentement sabotée.

Dans le même temps, Vladimir Poutine a lancé en Russie une politique d’indépendance énergétique sur base de celle voulue par de Gaulle pour la France. Poutine fait en quelque sorte du de Gaulle.

Sous l’égide de l’UE, l’ENTSOE dont l’ancêtre UCPTE a été créé par les USA en 1951, étudie des scénarios qui vont clairement dans le sens de la division de la France en plusieurs zones de marché, ce qui à terme entrainerait des différences de prix sur le territoire national.

Sous l’égide de l’UE les pays européen adoptent tous la même politique énergétique qui tend à donner les clefs de la stabilité du réseau électrique à la seule ressource qu’ils n’ont pas: le gaz.

Sous l’égide de l’UE, les pays européens prennent des sanctions contre la Russie qui pouvait être et qui voulait être dès 2002 un fournisseur durable de gaz, que la stratégie européenne a placé en position de seul levier pertinent pour la stabilité des réseaux d’électricités.

Sous l’égide de l’UE, la transition énergétique en marche vise à lier l’électricité au gaz: Power to Gas & Gas to Power. Toute personne croyant que la transition énergétique vise à diminuer les utilisations du gaz se trompe.

Sous l’égide de l’UE, le marché de l’énergie tend en théorie à faire baisser les prix de l’électricité avec de nombreux outils dont le Merit Order, le flow base, la bidding zone review…. Cependant nous constatons que les prix ne font qu’augmenter en pratique. Et cela ne pourra qu’être le cas tant que la proportion de renouvelable ne fera qu’augmenter dans le mix énergétique.

Sous l’égide de l’UE, le marché français qui était extrêmement performant lorsqu’il était intégré et régulé par EDF est obligé de mettre à disposition des marchés européens ses productions pour lisser l’ensemble des prix de l’électricité en Europe. De ce fait, la France contribue à faire baisser la moyenne des prix de l’électricité en Europe, tandis que les pays européens ayant des coûts marginaux de fonctionnement supérieurs à ceux de la France, contribuent à faire augmenter la moyenne du prix de l’électricité en France.

On assiste à la mise sous tutelle de notre secteur électrique par la variable gaz que nous n’avons pas, que la Russie était disposée à nous fournir mais que l’UE a rejeté. L’attentat sur le Nord Stream est fortement supposé être à l’initiative des USA. Nous assistons donc à une attaque d’un état membre de l’OTAN contre des installations énergétiques vitales d’autres pays membres de l’OTAN. Rien n’est fait pour dénoncer ces attaques. Pire, tout attaque contre un pays membre de l’OTAN devrait résulter d’une déclaration de guerre commune des membres de l’OTAN vers le pays agresseur. Au lieu de cela, nous voyons nos « élites » ramper devant l’oncle Sam.

L’économie européenne est comme un cocaïnomane : en état de dépendance vitale vis à vis du gaz.

A l’approche des élections européennes il est nécessaire d’interpeller les dirigeants politiques de tous bords pour leur demander des explications sur la situation énergétique en Europe et plus particulièrement en France. Mais aussi leur demander s’il est pertinent d’avoir de mauvaises relations avec la Russie, principal fournisseur de gaz? Quels sont les intérêts vitaux derrière cette transition énergétique qui poussent tous les médias à nous faire haïr Poutine? Et à nous pousser à détester EDF et son mix énergétique nucléaire-hydroélectricité ?

Il est grand temps de se demander si les USA, à la manœuvre depuis 1951 sur la question énergétique européenne, avaient des intérêt dans l’attentat sur Nord Stream.

Ne serions-nous pas en train de livrer une guerre pour des intérêts étrangers ?

Il ne s’agit pas ici d’encenser Poutine, mais de montrer aux Français que de Gaulle nous avait légué un patrimoine industriel et une ligne politique d’indépendance et de souveraineté qui sont battus en brèche par les financiers de tout bord depuis le traité de Maastricht. On pourra également noter que les journaux « bien-pensants » n’ont de cesse de présenter de Gaulle comme un dictateur qui a eu le tort de vouloir contrôler le marché pour assurer la grandeur de son pays, tout comme le fait Poutine en Russie ou Trump aux USA. A quand une telle personnalité politique en France ? Quels industriels et quels financiers seraient prêt à soutenir une telle personnalité ?

Nous constatons que de nombreuses personnalités politiques sont incompétentes et corrompues. Mais invoquer la corruption de nos élites sans jamais parler du corrupteur, n’est-ce pas là une manière de tronquer le débat ?

Invoquer l’incompétence et la corruption de nos « élites » les dédouanent d’une faute bien plus lourde : celle de la trahison. Cette notion sera abordée dans un prochain article dédiée à la destruction de la filière énergétique française.

 Je laisse le lecteur à ces réflexions et l’invite à faire ses propres recherches.

missiles pacifique

Les États-Unis veulent déployer des missiles en Asie pour dissuader la Chine

L’Amérique veut déployer des missiles en Asie pour dissuader la Chine. C’est ce qu’a annoncé le commandant des forces terrestres américaines dans le Pacifique, le général Charles Flynn.

« Nous prévoyons de coopérer avec nos alliés et partenaires dans la région [Indo-Pacifique] et de déployer bientôt [de tels missiles] dans cette région », a déclaré Charles Flynn au journal Yomiuri. Cependant, il n’a pas divulgué d’informations sur le type de missiles et leur quantité.

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assange appel

Julian Assange pourra faire appel de son extradition vers les États-Unis

La Haute Cour de Londres a autorisé le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, à faire appel de son extradition vers les États-Unis. Les juges ont estimé que le citoyen australien de renommée internationale disposait d’arguments crédibles contre son envoi à l’étranger. Mais le répit n’a été que temporaire : l’audience en appel est prévue le 20 mai, et elle n’aura lieu que si les États-Unis, qui accusent M. Assange en vertu de 18 articles, n’ont pas le temps de fournir des « garanties satisfaisantes » dans trois semaines qu’il pourra s’appuyer sur le premier amendement de la Constitution américaine et qu’il ne pourra pas être condamné à mort.

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washington plateau

Moscou accuse les États-Unis de mépriser le droit international en élargissant sans consultation les limites de leur plateau continental

Moscou ne reconnaît pas l’expansion par Washington des limites extérieures de son plateau continental, a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué. Le département a souligné que de telles mesures unilatérales des États-Unis ne sont pas conformes aux règles et procédures internationales établies. Les États-Unis ont annoncé en décembre dernier de nouvelles limites à leur plateau continental. Dans le même temps, Washington n’a pas soumis de demande correspondante à la Commission des limites du plateau continental, comme le font les autres pays, dont la Russie, dans des cas similaires. Selon les analystes, avec cette décision, les États-Unis ont démontré une fois de plus leur mépris du droit international.

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ukraine petrole

Washington appelle Kiev à cesser les attaques sur les installations pétrolières russes pour éviter un renchérissement des prix, selon le FT

Les États-Unis ont appelé l’Ukraine à cesser ses attaques contre les installations énergétiques russes. Washington a averti Kiev que de telles actions pourraient conduire à une augmentation des prix mondiaux du pétrole, ainsi qu’à des mesures de rétorsion de la part de la Russie, écrit le Financial Times (FT), citant des sources bien informées.

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usa missile

Les États-Unis testent le missile de croisière hypersonique AGM-183 ARRW

L’US Air Force a déclaré avoir testé avec succès le missile de croisière hypersonique AGM-183 ARRW au cours du week-end.

Le test aurait été effectué le 17 mars à partir d’un bombardier stratégique B-52H décollant de la base aérienne d’Andersen à Guam.

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Première reconnaissance officielle du pavillon U.S. par un étranger (Edward Moran 1829-1901, Naval Academy Museum)

L’Histoire du corsaire John Paul Jones et du premier salut au pavillon des États-Unis

A Port-Haliguen, sur la presqu’île de Quiberon en Bretagne, près de la plage où se dresse la stèle commémorant le débarquement des émigrés royalistes en 1795, il existe une inscription, apposée au parapet de la digue : « À Port-Haliguen, le 14 février 1778, la France représentée par l’Escadre de la Motte-Picquet fut la première nation à rendre les honneurs au Pavillon des USA ». Rien d’autre que ces simples lignes gravées sur une plaque de marbre…

Le XVIIIème siècle des Lumières et des Révolutions, fut sur tous les océans du globe celui d’une lutte acharnée qui opposa la France et l’Angleterre pour la maîtrise de l’empire des mers. Guerre de sept ans puis guerre d’indépendance des États-Unis, dans les dernières décennies qui précèdent la Révolution française, les éclats de cette grande querelle atteignirent sporadiquement les rivages du Morbihan, interrompant le temps d’une marée la routine silencieuse de leurs habitants[1]. Samedi 14 février 1778, dans les lointains de la baie de Quiberon retentit le grondement sourd d’une salve d’artillerie de marine dont l’écho n’allait pas tarder à parcourir le monde… Ce jour-là, Le Robuste, un vaisseau de 74 canons de la Marine Royale portant la marque de l’Amiral Comte de la Motte-Picquet rendit pour la première fois de l’Histoire le salut du Roi de France à l’USS Ranger de la Continental Navy commandé par le corsaire américain John Paul Jones arborant à son mat le pavillon étoilé des États-Unis d’Amérique.

Pour les habitants de la côte, le bruit de la canonnade annonçait le retour imminent à l’état de guerre entre la France et l’Angleterre. En ces temps-là, la guerre constituait le cours naturel des choses entre les deux pays et la paix, lorsqu’elle était signée, n’était jamais qu’une exception, une trêve pour reprendre souffle avant le retour au brutal.

Le Roi reconnaît l’indépendance des États-Unis

Le 4 juillet 1776, les Insurgents américains réunis en Congrès à Philadelphie promulguent par une déclaration l’indépendance des 13 colonies anglaises d’Amérique. Inspiré par l’esprit des lumières, le texte proclame le droit à la vie, à la liberté et à la recherche du Bonheur. C’est la conséquence du conflit ouvert par la Boston Tea Party. Trois ans plus tôt, refusant d’acquitter impôts et taxes à la couronne britannique, de jeunes colons américains travestis en Peau-Rouge avait jeté par-dessus bord la cargaison de thé d’un navire marchand de la Compagnie des Indes Orientales dans le port de Boston. Pour le gouvernement de Londres, il s’agissait d’une révolte, c’était en fait la Révolution qui commençait au Nouveau monde et bientôt la guerre générale.

À Versailles, Louis XVI vient de succéder à son grand père mort en 1774. C’est un jeune prince au fait des questions de son temps, passionné de géographie et attentif aux affaires de sa Marine. Il est entouré de secrétaires d’États de premier ordre comme Sartine à la Marine ou Vergennes aux affaires étrangères qui parvient à isoler l’Angleterre en Europe tout en restant informé du développement des évènements en Amérique. Au début de l’année 1778 une nouvelle sensationnelle parvient en France : la reddition d’une armée anglaise de 7000 hommes à Saratoga le 17 octobre précédent. Cet évènement décide le Roi à conclure un traité d’Alliance franco-américain le 6 février 1778, dont la conséquence immédiate était la reconnaissance formelle de la nouvelle république américaine et signifiait la guerre contre l’Angleterre.

Un Américain à Paris

À Paris les Américains ne sont encore que des sujets rebelles de la Couronne d’Angleterre. Ils forment une commission[2] et se réunissent autour de leurs représentants et en particulier de Benjamin Franklin qui réside à l’écart au village de Passy. Rédacteur et signataire de la Déclaration d’indépendance, tout à la fois, scientifique, homme d’affaire et franc-maçon, Franklin est le principal artisan fondateur des États-Unis. Les billets de cent dollars qui circulent aujourd’hui ont répandu son effigie dans le monde entier. Il débarque au port de Saint-Goustan à Auray le 3 décembre 1776. De là il gagne Nantes puis Paris pour solliciter des armes et des subsides auprès du Roi de France. Place du Trocadéro, face au musée de la Marine et au début de la Rue qui porte son nom se dresse un monument en mémoire de Franklin qui rappelle l’influence qui fut la sienne à la tête de la délégation américaine pour entraîner la France aux côtés des Insurgents. Chaussé de gros souliers, vêtu comme un cultivateur, ne portant pas de perruque, Franklin affecta de paraître à la Cour dans cette singulière tenue et « cette nouveauté charma toute les têtes vives des femmes françaises » écrit dans ses Mémoires Madame Campan la première Dame de Chambre de la Reine Marie Antoinette.

En ce début d’année 1778, ces américains sont à la mode à Paris. Ils sont reçus et fêtés partout, tant est vif en France l’engouement pour leur cause et le désir de revanche contre l’Angleterre. On guette leur promenade au bois de la Muette, les salons philosophiques, le cercle d’Auteuil, ou la loge maçonnique des neuf sœurs leur ouvrent les portes en grand. À l’Académie Française, Voltaire malade et à la veille de son trépas se lève pour venir embrasser Franklin.

Portrait du Capitaine Paul Jones par le dessinateur et graveur français Moreau le Jeune en 1780

En décembre 1777, un marin en provenance du nouveau monde atterrit à Nantes à bord de l’USS Ranger, un sloop armé en course. Le Capitaine Paul Jones est un aventurier d’origine obscure, ambitieux et bien décidé à se faire un nom à Paris parmi ses compatriotes qui ont décidément le vent en poupe. Né en 1749 en Ecosse, fils du jardinier d’un grand aristocrate terrien[3], il embarque dès l’âge de 12 ans et obtient son premier commandement au commerce à 23 ans sur le John. Il traîne chez les siens une réputation douteuse de négrier. On l’accuse d’avoir fait fouetter à mort l’un de ses matelots puis une autre fois d’avoir tué d’un coup d’épée le charpentier du bord. Pour les Anglais, c’est un pirate. Pour échapper à son jugement, il émigre en Virginie. Il débarque à Philadelphie en 1775 au moment où le Congrès, sous l’impulsion de John Adams, met sur pied une marine américaine. Il s’engage donc dans la Continental Navy, ancêtre de l’actuelle United States Navy. Il embarque d’abord sur l’Alfred un petit corsaire dont la mission est de briser l’embargo britannique et permettre l’acheminement clandestin du matériel militaire en provenance de France. En juin 1777, le jour même où les États-Unis d’Amérique adoptent officiellement le Stars and Stripes banner comme emblème national, il reçoit le commandement de l’USS Ranger pour mener la guerre au commerce anglais depuis les côtes de France. Il profite de son arrivée en France pour se pousser à Paris dans le sillage de Benjamin Franklin. Il connaît bientôt une extraordinaire faveur auprès du public français. Pour l’heure en ce début d’année 1778, il intrigue afin d’obtenir un commandement prestigieux sans grand succès…

John Adams, créateur de la marine américaine, premier Vice-président puis second Président des États-Unis après George Washington, parle du capitaine Paul Jones qu’il a connu lors d’un dîner offert par le marin à bord de son navire dans le port de Lorient[4], comme d’un homme rongé par la vanité, malade d’orgueil, conduit par une inextinguible soif de gloire [5] mais non sans ajouter qu’il était aussi un véritable patriote que son habileté au combat distingue de la canaille de la Continental Navy. Au milieu de la bataille, Jones était exubérant, plein de ressources, impitoyable et brave. Adams mentionne aussi la voix de Paul Jones[6], une voix de basse qui semble-t-il plaisait aux femmes qui ne l’entendaient jamais rugir sur le pont d’un navire. Ce portrait moral montre qu’en Amérique même Paul Jones ne faisait pas l’unanimité. Il existe par ailleurs un portrait d’après nature gravé à l’eau forte de John Paul Jones, œuvre du dessinateur et graveur français Moreau le Jeune, datant de 1780. Le résultat est remarquable et rend vraisemblable l’impression de John Adams sur le personnage. Le trait de l’artiste laisse percer un caractère âpre et sauvage et le regard oblique qu’il lui donne produit sur le visage une expression étrange qui semble trahir à la fois un tourment secret et une volonté farouche.

Début février, Paul Jones qui n’a pas obtenu tout ce qu’il espérait de son séjour à Paris regagne son bord à Nantes où le Ranger a été radoubé. Le 10 il met à la voile et descend la Loire pour faire route vers Brest son nouveau port d’armement où l’a autorisé à se rendre le roi Louis XVI pour y mener une descente au large des côtes d’Irlande et d’Ecosse. En chemin, il escorte quelques marchands américains jusqu’à la baie de Quiberon[7] où se trouvent cinq vaisseaux et quelques frégates de l’Escadre de l’Amiral Comte de La Motte Picquet au mouillage dans la baie. Les français doivent assurer la protection des navires marchands américains dans le Golfe de Gascogne jusqu’à l’ouest du Cap Finistère. La rencontre donne lieu à une tractation entre Monsieur de la Motte Picquet et le Capitaine du Ranger.

Le salut de la Baie de Quiberon

Dans ses lettres nombreuses, Paul Jones se plaint souvent de n’être jamais récompensé et ni reconnu à sa juste valeur par ses concitoyens. Par contre, la société parisienne ne cesse de s’enthousiasmer pour ses succès et le fête comme un héros. Les salons se l’arrachent pour entendre le récit de ses combats navals, il est ovationné à l’opéra et comblé de bonnes fortunes. Louis XVI lui remet une épée en or et le fit chevalier. Le célèbre sculpteur Houdon réalisa son buste en 1781…

En 1785, après la guerre, dans une lettre au Roi de France où il se donne beaucoup d’importance, il récrimine contre la mauvaise foi de ses compatriotes, en particulier contre Silas Deane[8] qui l’aurait desservi auprès du Roi en ne soutenant pas de bonne foi son plan d’expédition en Amérique. Il revient sur les circonstances du Salut de la Baie de Quiberon dont il ne manque pas de s’attribuer le mérite : « J’atteignis la baie de Quiberon le vendredi 13 février 1778. Je demandai à Monsieur de La Motte Picquet s’il acceptait de retourner mon salut, ce que ce digne officier accepta. Ni lui, ni moi n’avions eu connaissance du Traité d’Alliance signé sept jours auparavant à Versailles entre la France et l’Amérique. Ce fut le premier salut reçu par le pavillon américain de la part d’une puissance étrangère et qui provoqua maintes contestations de la part du Parlement d’Angleterre »[9]. John Paul Jones veut attacher à toute force une grande renommée à son nom.

Arrivé le 13 février en vue de Quiberon, le commandant du Ranger rapporte aussi selon une autre source s’être tenu en dehors de la baie et avoir envoyé comme émissaire William Carmichael[10] à bord du Robuste pour négocier l’échange de saluts[11]. Aux treize coups de canons du bâtiment américain, le français accepte de répondre par neuf détonations au plus ancien des officiers de la Continental Navy, soit quatre de moins comme pour un amiral de Hollande ou de toute autre République conformément à l’usage et aux instructions en vigueur dans la Marine Royale. Après une hésitation, car il aurait souhaité un nombre égal de détonations en réponse à son salut, l’américain accepte finalement l’offre de l’amiral Français. Le vent était contraire et soufflait fort, c’était le crépuscule du vendredi 13 février 1778. Aussi, le Capitaine Paul Jones et le Ranger attendirent-ils le jour du lendemain matin 14 février pour entrer dans la baie et défiler en arborant fièrement le Stars and Stripes devant la flotte française saluant de treize coups de canons… Neufs détonations retentirent en réponse du vaisseau amiral. La bannière étoilée qui ne comportait alors que treize étoiles était depuis le 14 juin 1777 l’emblème officiel des États-Unis. Paul Jones rendit compte à la commission de la Continental Navy en écrivant : « J’ai accepté cette offre car du moins constituait-elle une reconnaissance de fait de l’indépendance des États-Unis »[12] et en effet ce salut, contrairement à d’autres précédemment, ne fut pas désavoué par la suite. Le Corsaire américain, raconte qu’il a ensuite poursuivi sa route vers Brest et mouillé dans l’Anse de Camaret. Là, il fut retenu par des vents contraires jusqu’à ce que l’Ambassadeur de France à Londres annonce officiellement le 20 mars le Traité d’Alliance entre le Roi très Chrétien et les États-Unis[13]. Le Ranger entre alors dans la rade de Brest où il reçoit de nouveau le salut de l’Amiral Comte d’Orvilliers. Paul Jones insiste sur le fait d’avoir été reçu à bord du vaisseau La Bretagne avec les honneurs dus à un amiral.

Star and Stripes 1777

« La bannière étoilée qui ne comportait alors que treize étoiles était depuis le 14 juin 1777 l’emblème officiel des États-Unis ». C’est ce pavillon qu’arborait le Ranger le 14 février 1778 en baie de Quiberon et reçut le salut de l’Escadre de La Motte Picquet

« Aux treize coups de canons du bâtiment américain, le français accepte de répondre par neuf détonations au plus ancien des officiers de la Continental Navy, soit quatre de moins comme pour un amiral de Hollande ou de toute autre République conformément à l’usage et aux instructions en vigueur dans la Marine Royale ».

La controverse…

L’Amiral Comte de la Motte-Picquet l’un des plus célèbres officiers de marine français de son temps (1720-1791) par le dessinateur et graveur Augustin de Saint Aubin (1736-1807)

Par la suite au XIXème siècle, l’histoire de ce premier salut au pavillon américain tombe dans l’oubli surtout aux États-Unis où les détracteurs de John Paul Jones affirment qu’il y a eu au moins deux précédents historiques. Le premier à Saint Eustache, colonie hollandaise des Antilles, en 1776 et le second à Brest en 1777.

En 1906, alors que les cendres du Corsaire américain venaient d’être solennellement ramenées de France en Amérique et de recevoir l’hommage appuyé du Président Théodore Roosevelt, un article polémique du New York Time affirmait que le premier salut au drapeau du congrès continental et aux États-Unis n’avait pas eu lieu à Quiberon le 14 février 1778 mais sur l’île de Saint Eustache aux Antilles néerlandaises après la déclaration d’indépendance le 16 novembre 1776 où le gouverneur Johannes de Graeff répondit favorablement au salut de l’USS Andrea Doria. L’île était alors la principale plaque tournante d’un intense trafic d’armes et de munitions entre le Nouveau Monde et l’Europe principalement en provenance de France. Cependant les anglais protestèrent et ce salut fut promptement désavoué par le gouvernement des Provinces-unies qui ne reconnut les États-Unis qu’en 1780.

Evan Thomas[14], ancien rédacteur en chef de Newsweek et auteur en 1983 de la biographie la plus complète de John Paul Jones note également que le général américain Mifflin a reçu à Brest le salut de 9 coups de canons en 1777.

Cependant ni à Saint Eustache en 1776, ni à Brest en 1777 ne flottait le Stars and Stripes, c’est-à-dire le drapeau officiel des États-Unis d’aujourd’hui qui comptait alors 13 étoiles en cercle sur son canton. Il s’agissait du Grand Union Flag qui était le drapeau du Congrès et de la Continental Navy portant également treize bandes rouges et blanches mais arborant sur le canton non pas les fameuses étoiles mais l’Union Jack anglais.

La conclusion est donc que l’USS Ranger a bien été le premier navire de guerre américain à avoir été salué par une puissance étrangère en Baie de Quiberon le 14 février 1778 arborant les couleurs du Stars and Stripes. Un évènement pratiquement passé inaperçu à l’époque. La Motte Picquet a simplement salué le plus ancien officier de la continental navy en ignorant le traité qui avait été signé à Paris une semaine auparavant mais la guerre imminente contre l’Angleterre fit que ce salut ne fut jamais désavoué par le gouvernement en France.

…et la puissance des légendes !

Après le retour de la Paix le Chevalier John Paul Jones devient par la faveur du Roi Louis XVI le plus aristocratique des citoyens américains et cherche à s’employer. Il échafaude avec La Fayette des plans sans suite de croisière en Méditerranée contre les barbaresques. Enfin, en avril 1788, il part courir l’aventure au service de l’Impératrice Catherine II de Russie. Il traverse la Baltique encore largement prise dans les glaces et parvient tout de même en terrorisant son équipage à atteindre Reval[15] à l’entrée du golfe de Finlande puis Saint-Pétersbourg. En mai 1783, quatre mois avant le traité de Versailles où l’Angleterre reconnaît l’indépendance des États-Unis, Catherine II charge Potemkine, le Prince de Tauride, d’aménager la rade de Sébastopol en Crimée pour ses vaisseaux de guerre. L’Impératrice nomme Pavel Djons contre-amiral en mer Noire pour combattre les Ottomans et rendre Constantinople aux chrétiens orthodoxes. Il commande un vaisseau, le Vladimir.

Mais l’américain se heurte au caractère asiatique des russes qu’il ne comprend pas et en particulier à celui de Potemkine le premier ministre et favori de l’impératrice. En Amérique et surtout en France, il a fréquenté avec succès toute la société. Ici sa personnalité individualiste éveille le soupçon et son tempérament de « corsaire démocrate » ne séduit pas. Déçu, il décide de rentrer en France dans le pays qui lui a toujours fait le meilleur accueil. Il traverse l’Europe. On le voit à Varsovie, dans le Royaume de Pologne pour quelques mois encore indépendant. Il s’entretient avec le patriote polonais Tadeusz Kosciuszko qui avait combattu dans les rangs des insurgent. Puis il passe à Vienne et à Amsterdam… En mai 1790, il s’installe enfin au 19 rue de Tournon à Paris avec sa compagne Aimée de Télisson[16] qui aurait été une fille naturelle de Louis XV.

La révolution a commencé en France, le Roi est désormais prisonnier aux Tuileries. Cambon, Carnot, Barère au club des jacobins boivent à la santé du futur amiral de France ! Mais le héros malade meurt bientôt le 18 juillet 1792 à quarante-cinq ans, entre les deux émeutes qui mettent fin à la monarchie[17]. Quelques jours trop tôt pour voir s’effondrer l’ancien régime, les massacres de septembre, l’avènement de la République[18], la mort sous la guillotine du Roi Louis XVI son bienfaiteur[19], la dictature de Robespierre et la Terreur… Le docteur Vicq d’Azyr, médecin de la Reine Marie Antoinette dépêché sur place ne put que constater le décès de son patient. Son corps fut préservé dans l’alcool et enseveli dans un cercueil de plomb dans l’éventualité où les États-Unis décidaient un jour de réclamer les restes du corsaire… ce qui advint en 1904 ! Il fut exhumé à Paris à l’emplacement de l’ancien cimetière Saint Louis réservé aux protestants étrangers, devenu depuis la Révolution un terrain vague.

Le héros oublié de l’Amérique survit dans l’imagination romanesque des français. En 1838, Alexandre Dumas présente au théâtre un drame en cinq actes intitulé Paul Jones ou Paul le Corsaire une intrigue se déroulant à Auray mettant en scène un bâtard magnifique coureur d’océan entre l’Amérique et la Bretagne en pleine révolution… Le 30 juin 1905, la dépouille du Capitaine Paul Jones fut embarquée à Cherbourg à bord du croiseur USS Brooklyn pour l’Amérique escortée de nombreux navires de guerre. Les États-Unis du début du XXème siècle sont déjà la première puissance industrielle mondiale et bien que deux fois victorieuses de l’Espagne à Cuba et aux Philippine l’US Navy promise à un bel avenir est encore dans l’enfance et se cherche une histoire. Ce voyage posthume sur l’océan peut sembler évoquer le retour des cendres de Napoléon de Sainte Hélène. John Paul Jones repose aujourd’hui dans un lourd tombeau de marbre dans la chapelle de l’Académie Navale d’Annapolis dans le Maryland qui semble avoir été inspiré par celui de l’Empereur aux Invalides. Napoléon enfin aurait estimé un jour devant le Maréchal Berthier que John Paul Jones n’avait pas accompli toute sa destinée. L’empereur aurait aussi regretté de n’avoir pu en faire un amiral pour lui fournir la possibilité de se mesurer à Nelson avec des forces égales[20]. Car telle est la puissance des légendes

Une tombe dans la chapelle de l’Académie Navale d’Annapolis dans le Maryland « qui semble avoir été inspiré par celui de l’Empereur aux Invalides », c’est là que repose John Paul Jones depuis 1913. « L’US Navy promise à un bel avenir se cherchait encore une histoire ».

Bibliographie et références

Alain Boulaire, 2012 – John Paul Jones où la vie aventureuse d’un corsaire américain, Chevalier de Louis XVI et Amiral de Russie

Evan Thomas, 1983 – John Paul Jones, Sailor, Hero, Father of the American Navy

Robert de la Croix, 1981 – John Paul Jones, le loup des Océans – Histoires de la mer n° 17

Allen G. W, 1913 – A Naval History of the American Revolution. Houghton Mifflin Company

Ezra Green, February, 13,1778 The diary of the Ranger’s surgeon

New York Times, February 11, 1906 – First Foreign Salute to the American Flag; the Dutch of St. Eustatius, West Indies, November, 16, 1776

AMERICANREVOLUTION.ORG – A naval History of the American Revolution – Chapter X

Le buste de John Paul Jones réalisé par Houdon pour la loge des neuf sœurs que fréquentait le Capitaine Paul Jones et qui comptaient entres autres membres illustres, Voltaire, Franklin, les frères Montgolfier, le peintre de marine Joseph Vernet, le docteur Guillotin célèbre inventeur de la guillotine…
Le combat du Bonhomme Richard du capitaine américain Paul Jones contre la Sérapis du capitaine anglais Pearson, le 22 juillet 1779 (Gravure de Richard Paton, 1780)

[1] 1759, la Bataille des Cardinaux, 1778 la reconnaissance du pavillon des États-Unis et 1795 la tentative de débarquement des émigrés royalistes à Quiberon contre le Directoire. De 1756 à 1815 la France et l’Angleterre ont été quatre fois en guerre pendant 35 années sur 59…

[2] American committee

[3] Le comte de Selkirk

[4] Le 13 mai 1779 John Paul Jones de retour à Lorient après une descente foudroyante sur le port anglais de Whitehaven et la capture du Drake offre un dîner à son bord. À ses distingués convives américains qui peinent à comprendre le français et commencent à le jalouser, il explique qu’il y a que deux façons d’apprendre la langue « prendre une maîtresse ou aller à la comédie ». Citation de John Adams

[5] “« (…) leprous with vanity ». Jones was, in a way, sickened by his own pride, driven by an unquenchable thirst for glory (…). But he was also a true-blue patriot, and he was unusual in the rag-tag Continental Navy for his ability to fight. In the battle, he was exuberant, resourceful, relentless, and brave.”  Citation de John Adams

[6] “His voice is soft and small” Citation de John Adams

[7] “I escorted several American vessels leaving Nantes for Quiberon Bay, where Monsieur de la Motte-Picquet waited with five ships of the line and some frigates under to protect and escort them until of Cape Finisterre.” Lettre de John Paul Jones au Roy Louis XVI en 1785

[8] “When Mr. Deane informed the court at Versailles of my plan for expedition to America, he showed such bad faith as to take credit for this project and call himself the author; as the result, he received a portrait of His Majesty on a gold box set with diamonds (…)”. Lettre de John Paul Jones au Roy Louis XVI en 1785

[9] “I reached Quiberon Bay on February 13, 1778. I asked Monsieur de La Motte-Picquet if he would return my salute; that brave officer agreed to do so. Neither he nor I knew that the alliance between France and America had been signed seven days before at Versailles. This was the first salute received by an American Flag from any sovereign power and gave birth to much dispute in the Parliament of England.” John Paul Jones 1785

[10] William Carmichael était le secrétaire de Silas Deane.

[11] A naval history of the American Revolution (Chapter 10)

[12] “(…) I was induced to accept his offer, the more so as it was in fact an acknowledgement of American Independence”. A Naval history of the American Revolution.

[13] “The final treaty between His most Christian Majesty and the United States…” John Paul Jones 1785

[14] Evan Thomas est le petit fil de Norman Thomas, un socialiste américain six fois candidats malheureux à la présidence américaine

[15] Aujourd’hui Tallinn en Estonie

[16] Robert de la Croix – John Paul Jones, le loup des Océans. Histoires de la mer n°17 mai 1981

[17] Le 20 juin 1792 et le 10 août 1792

[18] 21 septembre 1792 proclamation de la République

[19] 21 janvier 1793 exécution du Roi Louis XVI, Place de la Révolution aujourd’hui Place de la Concorde

[20] Mémoires du Maréchal Berthier. Louis-Alexandre Berthier (1753 1815), Prince de Neufchâtel et Maréchal d’Empire. Il participe à la guerre d’Indépendance des États-Unis sous les ordres de La Fayette. Major Général de la Grande Armée, il suit Napoléon dans toutes les campagnes et sur tous les champs de bataille de l’Empire.

cia ukraine

Le directeur de la CIA admet que Kiev risque de perdre de nombreux territoires cette année

Le chef de la CIA, William Burns, a averti lors d’une audition de la commission spéciale du Sénat américain sur le renseignement qu’en l’absence de nouvelles livraisons d’armes en provenance des États-Unis, l’Ukraine risquait de perdre des territoires importants d’ici 2024. Ces déclarations ont été diffusées sur PBS.

Burns a noté que sans aide supplémentaire, l’Ukraine pourrait être confrontée à une perte de territoires l’année prochaine. Il a souligné que les réserves de munitions de Kiev s’épuisent et que Washington a la possibilité d’apporter son soutien. Selon le chef de la CIA, le rétablissement de l’aide américaine permettra aux troupes ukrainiennes non seulement de tenir la ligne de front actuelle, mais aussi de reprendre l’initiative de l’offensive d’ici 2024-2025, de mener des attaques réussies et d’offrir des conditions plus favorables aux négociations.

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russie sipri

La France passe devant la Russie dans le classement SIPRI des exportations d’armes

La Russie a été le troisième exportateur d’armes après les États-Unis et la France entre 2019 et 2023, rapporte l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI).

« La Russie a été pour la première fois le troisième exportateur d’armes, perdant la deuxième place au profit de la France », indique le rapport du SIPRI.

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demission nuland

La démission de Nuland marque-t-elle le déclin de l’intérêt américain pour l’Ukraine ?

La démission prochaine de la vice-secrétaire d’État américaine Victoria Nuland a donné lieu à diverses versions de ce qui pourrait provoquer son départ inattendu du département d’État. Moscou a expliqué la nouvelle par l’échec du « cours anti-russe » et par l’échec du « projet ukrainien » des États-Unis. Washington, à son tour, s’intéresse à la nomination de Kurt Campbell, responsable de la direction indo-pacifique, au poste de deuxième personne au sein du Département d’État. Les médias et les experts interprètent cela comme la preuve que l’Asie devient une priorité absolue pour Washington dans un contexte de déclin de l’intérêt américain pour l’Ukraine et ses alliés euro-atlantiques.

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reseaux sociaux

Les États-Unis préparent une loi contre les réseaux sociaux contrôlés par des “ennemis”

Le projet de loi vise avant tout à interdire aux États-Unis TikTok, propriété du chinois ByteDance. Après l’entrée en vigueur, l’entreprise disposera de 5 mois pour vendre le réseau social. Les entreprises russes et iraniennes seront également soumises à la loi.

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usa adveievka

“Avdeievka est une ville critique dans le conflit en Ukraine”, selon Washington

Avdeievka est une ville critique dans le conflit en Ukraine. C’est ce qu’a déclaré la secrétaire de presse de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre.

“Nous avons vu la semaine dernière comment la Russie a pris l’une des villes les plus importantes [Avdievka]”, a-t-elle déclaré lors d’un point de presse pour les journalistes. La porte-parole de la Maison Blanche a accusé le Congrès américain d’inaction ayant conduit à l’occupation de la ville par la Russie, notamment en raison du manque de financement des forces armées ukrainiennes.

Le président américain Joe Biden a également admis précédemment qu’après avoir perdu le contrôle d’Avdeievka, les forces armées ukrainiennes ne seraient pas en mesure de se défendre et livreraient d’autres villes d’Ukraine. Selon lui, il ne reste plus beaucoup de temps à Kiev.

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rapport armee

L’armée américaine publie un rapport sur la géopolitique de la Russie

Le Centre interarmes de l’armée américaine a publié un rapport sur les forces armées russes intitulé “Tactiques russes”. Le document est publié sur la page Facebook du centre (propriété de Meta, reconnu comme extrémiste et interdit en Russie) et est consacré à « la tactique, l’organisation et les actions des forces armées » de Russie, en mettant l’accent sur les forces terrestres. Le rapport sur les réseaux sociaux est accompagné de la phrase : « Connaissez-vous votre ennemi ? »

Les auteurs du rapport notent que la stratégie mondiale de la Russie “est dictée par le désir d’être à nouveau reconnue comme puissance mondiale”.

« La Russie estime qu’elle peut apporter la stabilité aux pays de sa périphérie, en particulier aux pays de l’ex-URSS, et influencer la politique et la législation internationales en dehors du système libéral occidental », indique le document.

Pour y parvenir, indique le rapport, la Russie donnera la priorité, entre autres choses, à « la préservation de la domination régionale, la garantie de la protection et de la préservation de ses intérêts nationaux, ainsi que du régime actuel, et la lutte contre l’ingérence étrangère ».

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Drones navals ukrainiens « Mykola-3 »

La menace des drones navals en mer Noire

La marine eut, tient, et conservera probablement un rôle essentiel dans les opérations militaires de grande ampleur, car la voie maritime demeure le seul vecteur de fret adapté à de forts tonnages, sur de grandes distances et à un coût raisonnable, loin devant la voie ferrée, l’acheminement routier et le transport aérien. Sa polyvalence et sa compatibilité multimode (aérien, amphibie…) font de la marine un instrument actuellement indépassable, hors Etats enclavés. La menace des drones, déjà identifiée pour les véhicules terrestres, pourrait-elle remettre en cause cette primauté navale ? La question, objet d’études au plan stratégique, se pose déjà pour la mer Noire.

La lutte de la flèche et du bouclier dans l’histoire navale militaire

Depuis que l’Homme a su naviguer[1], dès le Pléistocène, on peut arguer que le transport naval a été un moyen de projeter des troupes. Au-delà du simple cabotage, les raids nautiques ont été largement employés par des peuples prédateurs ou bâtisseurs d’empires ; c’est ainsi par les fleuves que les Varègues s’établirent en Russie. Ce n’est qu’avec l’artillerie chimique que, de moyen de transport, le navire devint un vecteur de force : Les vaisseaux de ligne, concentrés de technologie coûteuse et performante, avec leurs nombreux canons. La généralisation du principe de « grande batterie », visant à compenser l’affaiblissement qualitatif de l’infanterie napoléonienne, a permis d’aligner 488 pièces à Wagram/Lobau (139 à Austerlitz, 266 à Waterloo) ; c’est à comparer avec les 74 canons embarqués par un seul « soixante-quatorze », archétype du vaisseau de 3éme rang français (22 tonnes de poudre et 50 tonnes de boulet pour une seule unité). Cette force de frappe permet de les assimiler aux porte-avions modernes en tant que moyens stratégiques.

Dans le cadre de la guerre maritime, le duel de navires initié pendant la guerre civile US (1860-1865) a conduit à l’apogée du navire armé et blindé, le dreadnought jusqu’à la 1ère GM. La 2nde GM a vu le porte-avions détrôner le cuirassé comme navire principal. Puis l’apparition de nouvelles menace, sous-marins, avions d’attaque, missiles, a imposé d’articuler des moyens de défense autour du porte- avions, dans un groupe aéronaval devenu le pion opérationnel. La défense de zone par canons était dépassée par l’aviation embarquée : A un succès comme la défense des détroits des Dardanelles, pouvaient être opposés les échecs face aux opérations amphibies en Italie, Provence et Normandie et dans le Pacifique. Toutefois l’emploi de batteries de missiles côtiers a créé un rééquilibrage en faveur des solutions A2/AD (Anti-Access/ Area Denial), que le drone semble en passe de renverser en faveur de la défense.

Projet de drone sous(-marin ukrainien « Marichka »

L’utilité stratégique des flottes de surface persiste-t-elle face aux progrès de l’interdiction ?

Les stratégies A2/AD, soit déni d’accès et interdiction de zone, ont été développées pour empêcher un adversaire de pénétrer et de manœuvrer dans une zone ; elles reposent sur la création de « bulles » (antiaériennes et antinavires, physiques ou électromagnétiques). Ces stratégies sont connues depuis l’installation de forts et de batteries côtières, l’emploi de mines navales et de bâtiments d’attaque (en surface, comme les vedettes lance-missiles, ou sous-marins à propulsion classique). Le concept a gagné en popularité dans le cadre des études sur la guerre asymétrique. Stratégiquement, les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) sont immunes à ces menaces. Ils conservent un rôle majeur en associant autonomie, furtivité, portée et puissance destructrice. Ils sont cependant « hors-jeu » dans la mesure où ils ne peuvent que déployer un armement stratégique caractérisant un échec diplomatique et militaire apocalyptique. A l’inverse, les flottes de surface sont fréquemment déployées dans un rôle stratégique (le big stick cher au président Roosevelt).

Parmi les outils qui les menacent, les sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) sont des pions tactiques contre lesquels des navires spécialisés sont déployés ; les missiles tirés par aéronefs ou batteries côtières posent un problème de repérage et de contre-mesures de protection. Cela a été illustré par l’emploi de missiles ukrainiens contre des bâtiments de la flotte de la mer Noire dont le croiseur lance-missiles Moskva, de la classe Slava. La destruction d’unités de surface extrêmement coûteuses à produire et maintenir et requérant un équipage spécialisé, affecte au-delà du seul déficit capacitaire. Ainsi, la destruction de centaines de blindés terrestres n’est pas réellement en mesure de vaincre un Etat moderne, qui peut en produire de manière standardisée des milliers à un coût relativement bas et relativement rapidement ; le problème tient alors plutôt à la logistique et à la formation des équipages[2]. En revanche, lorsqu’un aéronef spécialisé et a fortiori un navire est détruit, cela affecte durablement et en profondeur l’Etat concerné. Si, de plus, la destruction peut être obtenue par l’emploi d’un moyen particulièrement peu onéreux et susceptible d’être produit en masse, il y a matière à un déséquilibre stratégique. Cela est observé en mer Noire, où la marine ukrainienne n’existe plus, mais où la marine russe s’avère vulnérable et en définitive pas réellement apte à contrôler cette mer pourtant quasi-fermée.

Cela remet aussi en cause la possibilité de réaliser des opérations amphibies et limite les possibilités de recourir à des missiles embarqués pour frapper la profondeur du territoire ennemi. La problématique est partagée par des flottes occidentales présumées supérieures, comme celles des USA et du Royaume-Uni, qui ont fort à faire contre la milice Houthis pour couvrir l’espace israélien et se protéger eux-mêmes. La mission de protection du trafic maritime vital de la zone a nécessité l’envoi de deux groupes aéronavals étatsuniens celui du CVN Gerald Ford et celui du CVN Dwight Eisenhower, ce qui est à mettre en rapport avec le coût d’investissement nécessaire pour créer la menace. L’amiral Gorchkov (1910-1988) dans les années 1970, avait fait passer la marine de guerre soviétique d’une flotte de surveillance des côtes à un outil de politique internationale. Tirant les leçons de la crise de Cuba (1962) il a en particulier développé une force nucléaire sous-marine. Comprenant l’incapacité économique de l’URSS à rivaliser rapidement avec le potentiel étatsunien et de l’OTAN, il a mis en place des moyens techniques permettant de rendre crédible la menace soviétique, afin de contrebalancer le déséquilibre en termes stratégiques. Deux questions se posent donc : La révolution du drone est-elle de portée comparable ? Les moyens mis en place dans les années 1960 à 1990 sont-ils encore en mesure de jouer ce rôle pour la Russie ?

La réponse de Goliath à David

Il est désormais avéré que les drones navals sont effectivement capables de détruire de grands bâtiments de surface présumés équipés de moyens de défense et de contre-mesures. Ce constat a conduit au redéploiement de la flotte russe de Sébastopol vers Novorossisk, ce qui est déjà un résultat stratégique.

La poupe de la corvette de classe Tarantul « Ivanovets » filmée par un drone naval ukrainien après que deux autres aient frappé le navire. La médiatisation de ces pertes a génère un fort effet moral

Les unités navales modernes ne sont plus lourdement blindées aussi des charges explosives de quelques hectogrammes suffisent-elles à les envoyer par le fond, sauf dans le cas des porte-avions géants. L’emploi de filets antitorpilles ou de cages (équivalent des « cope cages » barbecue montées sur les chars pour contrer les munitions rôdeuses) est mal adapté à la menace des drones et obère fortement la mobilité du navire. Les moyens de destruction du drone, mitrailleuses, canons automatiques, systèmes à très haute cadence de tir (comme le Phalanx étasunien ou le Kortik russe) sont capables de neutraliser les drones navals et aériens volant bas. Toutefois l’efficacité du système est réduite lorsqu’il doit gérer des attaques en essaim, qui le saturent ; cela semble avoir été le cas lors de la perte du navire Ivanovets, une corvette obsolète de classe Tarantul. Il est en outre difficile d’ajouter des postes de tirs et les conduites de tir centralisées indispensables sur les bâtiments qui n’en étaient pas dotés d’origine, ou d’en multiplier le nombre sur ceux qui en disposaient déjà (notons que les bâtiments français sont notoirement sous-armés en général).

Les systèmes missiles développés contre les avions sont efficaces contre les drones mais leur emploi pose le problème de leur coût comparatif important et de leur quantité. La modification du système russe Pantsir ne résout pas le premier problème. La protection par une bulle électromagnétique (ECM) est une option intéressante mais qui se heurte à deux difficultés, la génération des ondes requises perturbe le fonctionnement du navire et de ses instruments et la guerre électronique doit se caler sur la fréquence exacte du drone, qui change d’un modèle à l’autre et des algorithmes qui varient également. Des études sont en cours pour produire des dispositifs de défense modulaires pouvant être installés dans le cadre de rétrofit. Il en va de même des projets d’armes laser ou à micro-ondes en cours. Un moyen prometteur semble consister en l’embarquement de drones anti-drone, capables de tisser un réseau défensif et d’identifier grâce à l’IA, attaquer et détruire les intrus. C’est d’ailleurs une option étudiée aussi bien dans l’air (chasseur SU-57 pilotant des myriades de drones légers et éventuellement un drone lourd du genre de l’Okhotnik -chasseur- S 70) et à terre.

Essai du premier prototype du drone lourd S-70 « okhotnik »  (chasseur)

Un des problèmes pour repérer l’attaquant tient à la nécessité de disposer de radars capables de détecter au-delà de la courbure de la Terre. Les radars embarqués par des aéronefs ont été développés dans ce rôle. La Russie manque de tels appareils. L’aéronavale n’en est même pas dotée, ce qui explique le recours aux appareils des forces aériennes. Les avions de patrouille maritime IL-18 (25) et TU-142 (25) restent d’une aide limitée et majoritairement déployés dans la flotte du Nord et celle du Pacifique. La flotte de quatorze K-50 et six A-50U sur châssis Il-76[3] a été réduite par la perte de deux appareils au combat et un endommagé par sabotage. Le remplacement de ces avions datant des Années 70 et modernisés dans les années 1990 par une version K-100 ne pourra avoir lieu avant des années. On peut imaginer l’achat de quelques équivalents chinois dont trente sont en service dans la PLA, ou le montage de radars de Su-35 et Su-57 sur des Antonov, qui auront un rendement moindre mais sont disponibles. Il est également envisageable que des drones lourds comme le S-70 soient transformés en appareils d’observation comparables aux drones US qui sont repérés chaque fois qu’une cible russe a été frappée. Il est toujours possible de déployer des « sonnettes » protégeant le navire principal, c’est le principe adopté pour les Groupes aéronavals, mais cela met en péril les unités affectées à cette tâche.

Avion radar embarqué (AWACS) A-50 U sur châssis Il-76

On note que les navires russes perdus, la corvette Ivanovets ou le LST de classe Ropucha-1 Caesar Kunikov, opéraient isolément mais ont été attaqués par plusieurs drones, apparemment de type Magura. Le moyen le plus efficace de neutraliser la menace des drones navals semble de s’en prendre aux centres de lancement et à ceux de commandement. La démarche s’apparente à celle du SEAD (Suppression of ennemy air defense) dans le domaine aérien. Confronté à la menace des missiles sol-air dans les années 1960, il a été nécessaire de s’attaquer aux capacités de détection indispensable à ces derniers, avec des missiles anti-radar et des tactiques de saturation et d’attaque des sites adverses en avant des aéronefs. Or, il y a six points de lancement à la mer identifiés du côté kiévien et on peut s’étonner de ce qu’ils n’aient pas fait l’objet d’un traitement par des SNA de la flotte de la mer Noire qui disposent des torpilles explosives nécessaires. Peut-être y -a-t-il des motifs politiques inconnus ?

Si les batteries de missiles sont mobiles et furtives, les centres de décision peuvent être ciblés et le sont parfois, justifiant l’envoi d’un missile Kinzhal pour détruire les personnels dans les bunkers souterrains. Il est probable que les décideurs s’abritent derrière des infrastructures civiles à Odessa et la disponibilité de bases sur le sol de non belligérants (Moldavie, Roumanie, Bulgarie) soulève d’évidents problèmes diplomatiques davantage que techniques. L’hypothèse d’une extension des combats dans ce cadre est d’ailleurs un des risques majeurs de dérive dramatique qui existe. Pour l’instant, les drones US lancés depuis des bases OTAN et croisant en mer Noire n’ont fait l’objet que d’une seule destruction d’un MQ-9 reaper par les VKS russes en mars 2023 [4]; aveugler l’OTAN en détruisant ses drones serait efficace pour limiter l’activité des drones de combat et des tirs de missiles à longue portée par Kiev, mais là encore il y a peut-être des explications qui nous échappent et ne ressortent pas de la technique.

Actuellement les pertes de navires russes sont des « coups » médiatiques importants bien qu’absolument non décisifs en ce qui concerne les combats au sol. L’attrition capacitaire de la flotte de la mer Noire impacte essentiellement la capacité de mener des opérations amphibies de contournement. Cela dit, les effectifs de fusiliers marins combattent depuis le début de la SVO comme infanterie légère, au sol. Les défenses d’Odessa rendent une option de vive force suicidaire. C’est donc surtout le prestige russe et la capacité à effectuer des enveloppements du littoral ou à soulager la Transnistrie qui semblent affectés. La capacité A2/AD russe demeure au moins aussi importante que celle de l’OTAN. La capacité nucléaire stratégique n’est nullement remise en cause. La capacité russe de développer une puissance maritime comparable à celle des USA n’est pas davantage d’actualité qu’elle ne l’était dans les années 70[5]. La volonté de projection russe, concrétisée à partir de 2015 en Syrie, reste adaptée à ses moyens qui resteront probablement (relativement) réduits. On peut penser que les efforts à venir vont porter sur les espaces maritimes du Nord, à la fois pour faire face à la menace de l’OTAN (face à Kaliningrad, dans la mer Baltique et le Golfe de Finlande, et dans l’océan Arctique et dans la mer de Barents) et pour tenir les routes du Nord que le réchauffement va ouvrir, facilitant le développement intérieur qui reste la priorité du président russe. Sans céder au poncif comparant Moscou à Sparte et Washington à Athènes, il est probable que la Russie ne tentera pas une course perdue d’avance pour rivaliser avec les USA en moyens, dont la prééminence semble d’ailleurs de plus en plus discutable.

Le retour du Hollandais volant

Il semble acquis que l’emploi et le développement de drones navals va être intégré aux nouvelles productions. Les bâtiments anciens de la flotte russe seront probablement rejoints par une nouvelle génération adaptée à ce besoin.

Il est souhaitable que leur développement respecte les basiques russes (rusticité, fiabilité, efficacité) tels qu’appliqués aux véhicules terrestres et aux aéronefs. L’étude des projets de l’US NAVY est très intéressante à cet égard. Avant même la guerre Azéro-arménienne de 2020 qui a mis en lumière le rôle des drones militaires, l’US NAVY a envisagé la construction d’une flotte de navires sans équipage, qualifiée de « ghost fleet » et qui aligne déjà cinq unmanned surface vehicle (USV) en 2024. Sur la base de techniques déjà mises en place pour les transporteurs civils (l’USV Nomad avait initialement été développé pour une plate-forme pétrolière), la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) a développé ces navires autonomes, qui présentent l’intérêt de ne pas exposer d’humains mais aussi de réduire les coûts pour une efficacité comparable voire accrue (en théorie). Dépouillé des moyens nécessaires à la subsistance d’un équipage, ces navires peuvent être plus petits (40 m et 500 tonnes soit l’équivalent des navires de patrouille, 100 mètres et 2000 tonnes soit l’équivalent d’une corvette pour le large unmanned surface vehicle) et n’embarquer que les moyens de déplacement et d’intervention (système AEGIS et missiles) ils font évidemment économiser le coût RH ce qui abaisse de 10% leur coût d’exploitation dans le temps, mais aussi le coût de construction (en s’inspirant de la construction à la chaine des Liberty ships pendant la 2GM).

Bâtiment autonome Unmanned Sea Vehicle  (USV)  « Sea Hunter » (chasseur des mers) de la ghost fleet de l’US navy

La flotte étatsunienne aligne 392 bâtiments (275 en 2016) classiques. Il est prévu de disposer en 2045 de 373 navires avec équipage, et de 150 autonomes. L’Unité d’innovation de défense (DIU) du Pentagone a également lancé le programme PRIME (Production-Ready, Inexpensive, Maritime Expeditionary) pour la production (120 unités par an) de navires autonomes assez comparables aux drones navals kamikazes testés par les Britanniques au profit de Kiev dans la mer Noire. Naturellement, la Russie travaille aussi sur le sujet, on peut évoquer le submersible de patrouille côtière Sentry du bureau d’études Rubin, ou le Vizir de Kingisepp (holding KMZ) et de l’Université polytechnique d’État de Saint-Pétersbourg décliné en bateau porteur sans pilote à grande vitesse (BBKN) « pissenlit ».

 Drone naval « Oduvanchik «  (pissenlit)  de la holding russe KMZ

La persistance de l’hybris occidental

Ce projet soulève cependant quelques interrogations. Malgré l’IA les vraquiers/pétroliers géants civils conservent un équipage humain minimal, qui s’avère indispensable pour mener les opérations de maintien en condition et le service à bord. Par ailleurs, le tout technologique s’il apporte des avantages évidents s’avère aussi parfois un talon d’Achille. C’est le cas de beaucoup de Wunderwaffe otaniennes, capables de performances de niche mais finalement inadaptés à une guerre de haute intensité, dans la masse et la durée en conditions adverses (les canons CAESAR français sont désormais considérés comme trop fragiles par les artilleurs de Kiev).

Avec la sophistication vient non seulement la fragilité, mais aussi le coût (cf. la loi d’Augustine[6]). Si le coût de production d’un USV semble bas pour un navire de guerre (240 Millions USD) c’est souvent dans la durée que les frais s’accumulent. La dialectique technologie/masse s’avère souvent une aporie. Staline rappelait que la « quantité est une qualité en soi », ce que les affrontements d’Ukraine semblent confirmer. La question est particulièrement prégnante concernant des moyens à forte avaleur ajoutée et à très haut coût comme des navires. Il y a aussi un risque de voir des décisions stratégiques prises par des néophytes en la matière. C’est un peu le jeu de la démocratie puisque la guerre y est un sujet « trop sérieux pour être confiés à des militaires » comme le disait le Tigre, et les militaires subordonnés aux politiques. Cela devient délicat lorsque s’en mêlent des intérêts économiques et financiers, légitimes, comme le développement d’une indépendance nationale, ou plus occultes comme l’intervention du complexe militaro-industriel et de ses lobbies.

Enfin, comme il est de plus en souvent de mise dans le domaine politique administratif et social, une vision biaisée ou limitée impose parfois la technique par-delà les complexités stratégiques, au nom de principes ou pensées inadaptées en vertu de « ruptures » proclamées. L’exemple de la nouvelle génération de porte-avions US destinée à remplacer la classe Nimitz démontre en effet que les prouesses technologiques et le potentiel militaire théorique rencontrent parfois des déboires techniques, surcoûts, retards chroniques et au final une vulnérabilité face aux nouvelles menaces (dont les missiles hypersoniques et les torpilles nucléaires). La volonté de remplacer les hommes par des systèmes sophistiqués a induit une complexité contre-productive, l’empreinte logistique s’est alourdie, la mise au point abandonnant le principe d’amélioration progressive a multiplié les problèmes. La fiabilité des systèmes innovants « révolutionnaires » laisse souvent à désirer et traduit l’hybris technologique occidentale bien connue depuis la 2éme GM.

En guise de conclusion

Ce constat ne remet toutefois pas en cause l’utilité stratégique et la pérennité du porte-avion, dont les USA peuvent, seuls, aligner onze exemplaires, bien qu’un débat doctrinal existât en la matière. En revanche, il apparait quasi certain que le drone, sous ses formes aériennes, terrestres et navales est désormais un instrument incontournable, à l’offensive et probablement bientôt en défensive. Il n’est cependant pas évident que cet outil supplantera les autres plateformes de surface comme arme sous-marine ; plus probablement, les nombreuses recherches en cours donneront naissance à des moyens complémentaires.

Le bâtiment autonome Border and OFFshore submersible sentry (BOSS) de la société russe Rubin

[1] L’archéologie révèle que les communications maritimes sont bien plus anciennes et plus étendues qu’on ne l’avait imaginé, des communications transocéaniques étant avérées, quinze siècles avant JC. L’effondrement structurel du Bronze récent et l’irruption des « peuples de la Mer » mettant un terme à une économie d’échanges globaux.

[2] Les deux facteurs qui ont empêché la production massive de blindés et d’avions technologiquement supérieurs par le IIIéme Reich de produire l’effet majeur recherché

[3] 9 seraient en production et 12 en tout auraient en réalité été disponibles au début de la SVO, le Renseignement britannique estime à 6 le nombre d’A50/A50U opérationnels en février 2024, avec 14 IL-20 (un ayant été détruit lors de la « marche Wagner »)

[4] Un document a « fuité » Black Sea ISR Sorties, 29 Sep 22 – 26 Feb 23, qui liste les vols d’espionnage de l’OTAN par RC-135 de la Royal Air Force, Mirage 2000 de l’Armée de l’air et de l’espace et drones RQ-4, MQ-9 et même RQ-170 de l’OTAN.

[5] On observera que la RPC a très fortement développé sa force navale mais davantage avec des bâtiments de tonnage relativement réduit, suffisant sans mission transocéanique et moins couteux en étant aussi létaux

[6] En 1984, le Secrétaire à l’US Army Norman Augustine affirmait qu’au « rythme actuel de l’accroissement des coûts, le budget de la défense entier ne permettrait plus aux États-Unis d’acheter qu’un seul avion tactique en 2054 »

2014: l’année où la guerre en Ukraine a réellement commencé

C’est une révélation étonnante, pour qui n’a pas suivi les évènements du coup d’état de Maïdan, que vient de publier le New York Times: le journal américain détaille l’implantation d’une douzaine de bases de la CIA en Ukraine et leur rôle dans les évènements de ces 10 dernières années. De façon plus surprenante cette information a été reprise dans les medias de grand chemin, lesquels qualifiaient pourtant ces affirmations de complotisme russe en 2022:

Ce soudain changement de narratif dans l’implication des services de renseignement américain augure-t-il d’un changement de stratégie des USA? Le NYT étant contrôlé par les mêmes qui possèdent l’industrie d’armement, il parait étrange de donner raison à Poutine alors que le front ukrainien s’effondre et que l’armée russe prend l’avantage. Est-ce une façon d’impliquer la présidence Trump dans la responsabilité du conflit? Ou une façon de préparer psychologiquement les populations européennes à l’envoi de troupes en Ukraine?

La même journée, nous apprenons dans Ukrayinska Pravda, le journal ukrainien antirusse et pro-UE, de la bouche du Directeur principal des services de renseignement ukrainiens du ministère de la Défense, Kyrylo Budanov, qu’Alexeï Navalny est mort de causes naturelles (un accident vasculaire). Il a précisé à la presse : «Franchement, je vais peut-être vous décevoir, mais ce que nous savons, c’est qu’il est en fait mort d’un caillot de sang. Ce n’est pas tiré d’Internet, mais c’est malheureusement une mort naturelle.» Tout en précisant ensuite que l’Ukraine allait intensifier ses actions terroristes en Russie, dont la stabilité selon lui est la plus grande menace pour l’Ukraine.

Ce soudain excès inhabituel de sincérité des medias otano-kiéviens a de quoi surprendre, eux qui nous avaient habitués à censurer les informations n’allant pas dans leur sens. Les prochains jours devraient être riches en bouleversements…

biden sanctions

Les sanctions américaines viseront les entreprises coopérant avec l’industrie militaire russe, annonce Biden

Le président américain Joe Biden a déclaré que les sanctions américaines annoncées contre la Russie affecteraient environ 100 entreprises impliquées dans le complexe industriel de défense du pays. Dans une déclaration publiée sur le site Internet de la Maison Blanche, il a également confirmé l’information selon laquelle le nouveau paquet de sanctions américaines viserait plus de 500 personnes ou entreprises.

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trump otan

Trump veut que les autres pays de l’OTAN augmentent leur part dans l’aide à l’Ukraine

Les autres pays de l’OTAN doivent augmenter leur part dans l’aide à l’Ukraine pour correspondre aux dépenses de Washington pour Kiev. L’ancien président américain Donald Trump a exprimé cette opinion lundi.

“Nous fournissons une aide à l’Ukraine d’un montant qui dépasse de 100 milliards de dollars l’aide des [autres] pays de l’OTAN <…>. L’OTAN doit niveler le niveau [de ses dépenses pour l’Ukraine], et ils [les membres de l’alliance] le feront si on le demande gentiment”, a-t-il écrit sur sa page Truth Social.

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congres americain

Imbroglio au Congrès américain autour de l’aide à l’Ukraine, à Israël et sur l’immigration

Les sénateurs républicains ont décidé de bloquer un projet de loi qui prévoyait un programme d’aide aux alliés américains, dont l’Ukraine et Israël, ainsi que des fonds destinés à renforcer la sécurité de la frontière américaine avec le Mexique en réponse à l’afflux de migrants. Lors d’un vote de procédure le 7 février, ils n’ont même pas permis que le document soit examiné par la chambre haute du Congrès américain.

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carlson moscou

L’ancien présentateur de Fox News Tucker Carlson en voyage à Moscou

C’est la panique totale parmi les démocrates à Washington. Bien entendu, le blocus total de l’information sur la Russie, imposé par les principaux médias américains après le début de l’opération militaire spéciale, menace d’être levé. En outre, le trou dans le mur de mensonges érigé autour de notre pays pourrait s’avérer tel que rien ne puisse être colmaté. Après tout, nul autre que le blogueur le plus populaire des États-Unis, l’ancien célèbre animateur de la chaîne Fox News Tucker Carlson, est venu nous voir pour découvrir la capitale russe, écrire sur ses impressions et peut-être même rencontrer ici des personnes très importantes. Son attitude ouvertement critique à l’égard du président Joe Biden et de son équipe est connue de tous ; le journaliste ne soutient notamment pas la volonté de l’administration de conduire à un effondrement complet des relations avec Moscou.

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frappes americaines

Washington frappe des “pro-iraniens” en Irak, en Syrie et au Yémen

Lundi, le Conseil de sécurité de l’ONU tiendra une réunion d’urgence à l’initiative de la Russie dans le cadre d’une série de frappes aériennes américaines contre des groupes pro-iraniens en Irak et en Syrie. Les bombardements, qui comprenaient également de nouvelles attaques contre les positions des Houthis au Yémen, ont conduit à une nouvelle escalade au Moyen-Orient et à une montée du sentiment anti-américain. En Iran même, contre lequel les frappes aériennes étaient dirigées, les actions américaines ont été qualifiées d’« erreur stratégique ». Les actions de l’administration Biden ont également été vivement critiquées par ses opposants républicains, qui ont exigé que des frappes soient menées contre l’Iran lui-même, et non contre des formations qui lui sont associées dans des pays tiers.

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Donald Trump

Trump déclare la guerre à l’état profond

Donald Trump clôt une déclaration récente par ces mots : « Je détruirai l’état profond et je restaurerai un gouvernement contrôlé par le peuple et pour le peuple. » Cette déclaration en dix points est une déclaration de guerre à l’égard du “deep state” américain.

Cet état dont on ne peut nier l’existence1 est à l’origine de l’assassinat de John Kennedy, et très vraisemblablement de la destitution de Richard Nixon, sans parler de la tentative de destitution à l’égard de Donald Trump. Tenir de tels propos est quasiment suicidaire. Qu’adviendrait-il s’il disparaissait de la scène politique ?

En écoutant les propos de l’ancien président, deux discours de John Kennedy me reviennent en mémoire : le discours de remise des diplômes à l’American University du 10 juin 1963, et le discours à l’association des médias et éditeurs du 27 avril 1961. Dans le premier qui intervient huit mois après la crise de Cuba, Kennedy prône la paix, sous-entendu une accalmie dans les relations américano-soviétiques. Il a, ce jour-là, signé son arrêt de mort même si d’autres éléments sont à prendre en considération dans son assassinat. Dans le second discours, il décrit sans ambages sa solitude devant ce qu’il appelle « une conspiration monolithique et impitoyable qui repose principalement sur des pratiques secrètes pour accroître sa sphère d’influence. »

Face à cet état profond qui doit être détruit, il demande l’assistance des médias : « Je demande votre aide face à cette tâche immense afin d’informer et d’alerter le peuple américain. » Avec le recul du temps, on est tenté de penser que c’était là une démarche bien innocente, voire naïve de sa part…

Les propos de Trump rappellent ceux de Kennedy. Comme lui, il a pris, semble-t-il, un grand risque. Sous un calme apparent, les tensions sont extrêmement vives aux États-Unis. Certains analystes n’hésitent pas à évoquer la possibilité d’une nouvelle guerre civile. Qu’en sera-t-il ? Fort heureusement, le pire n’est jamais certain.


  1. The American Deep State, Peter Dale Scott (2015) ↩︎
equateur usa

L’Équateur transmet des armements russes aux États-Unis après des pressions

La décision de l’Équateur de transférer du matériel militaire de fabrication russe aux États-Unis est imprudente et a été prise « sous de sérieuses pressions extérieures ». La représentante officielle du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, en a parlé aux Izvestia.

« Une décision irréfléchie a été prise par la partie équatorienne sous la pression de parties prenantes extérieures », a-t-elle déclaré, commentant la décision de Quito.

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sanctions venezuela

Washington rétablit ses sanctions contre les hydrocarbures vénézuéliennes

Les États-Unis ont retiré leur décision de suspendre les sanctions contre le secteur pétrolier et gazier du Venezuela en raison du « manque de progrès entre [le président vénézuélien Nicolas] Maduro, ses représentants et l’opposition ». La déclaration correspondante a été publiée sur le site Internet du Département d’État le 30 janvier, les restrictions entreront en vigueur le 18 avril. Washington a également annoncé la suspension de la licence autorisant les transactions avec la société minière aurifère publique vénézuélienne Minerven. Les entités américaines auront 14 jours pour mettre fin aux transactions autorisées par l’instrument expiré.

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blinken ukraine

Washington constate que le manque d’aide à l’Ukraine est déjà visible sur le champ de bataille

Les États-Unis constatent déjà à quel point le manque d’aide militaire à l’Ukraine affecte la situation sur le champ de bataille : sans financement supplémentaire, toutes les « réalisations » de Kiev dans le conflit seront menacées, a déclaré le secrétaire d’État Antony Blinken lors d’une conférence de presse à Washington avec le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg.

“Nous sommes désormais à court de l’aide militaire que nous avons fournie à l’Ukraine, et nous voyons même des preuves de ce que cela signifie sur le champ de bataille”, a-t-il déclaré, sans expliquer à quelles preuves il faisait référence.

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De belles têtes de vainqueurs !

La fin du G7

Une grande partie de l’Occident a désormais deux ennemis : la Russie et la Chine. Il me semble opportun étant donné la mode actuelle d’illustrer comment nous nous les fabriquons en commençant non pas par l’objet de mon livre : “Chine : comment l’Occident se fabrique des ennemis” (édition du Panthéon) mais par son voisin, la Russie.

En effet, la période tragique que nous vivons a accéléré la naissance d’une alliance tous azimuts entre ces deux pays face à l’Europe qui a fait sienne la guerre qui se déroule en Ukraine, le régime au pouvoir refusant de déclarer la neutralité de ce pays. L’Europe se lance dans une guerre économique face à un bloc politique et économique comptant 1,6 milliard de gens vivant sur un territoire continu de 25 millions de km2. Les déclarations venant des officiels de Bruxelles, notoirement celle comparant l’économie russe à celle de l’Espagne, montrent que nous n’avons pas réellement pris la mesure de cette nouvelle situation géostratégique.

Le prisme déformant de l’occidentalo-centrisme

Est-ce surprenant ? Pas vraiment. Les gouvernements européens n’ont jamais su mesurer la puissance de la Russie et de la Chine, individuellement ou collectivement, notamment parce que la presse internationale anglo-saxonne continue de dénier le titre de “première économie mondiale” à la Chine. Le bloc sino-russe est considéré à la même aune.

Il y a une raison à cela. Washington dépense une fortune en propagande anti-chinoise depuis des lustres. Pour ceux qui doutent que ce soit vrai, je voudrais attirer un instant leur attention sur ce qui s’est passé avec le “Russiagate” dont la cible était le président Trump. Cette analogie est utile car on sait désormais de façon absolue que ce sont les auteurs et les mêmes acteurs de ce scandale qui concoctent depuis Washington un front antichinois dans le but de faire durer envers et contre tout l’hégémonie que leur pays a créée sur les débris de la seconde guerre mondiale.

Rafraichissons un instant notre mémoire. Le 4 novembre 2021, un certain Igor Danchenko a été arrêté par le FBI. Il était accusé d’avoir en 2016 falsifié et/ou créé des faux dans le but de détruire la candidature de Donald Trump à la présidence américaine. Igor Danchenko, né en 1978, d’origine russe, naturalisé américain en 1991, est un analyste employé par l’un des instituts les plus connus des États-Unis, le Brookings Institute, un think-tank classé le meilleur du monde par les universités américaines !

L’histoire commença quand Hillary Clinton confia à une officine obscure (Fusion GPS) le mandat de trouver tout ce qui pourrait contribuer à nuire à la candidature du républicain de dernière minute, Donald Trump. L’officine sous-traita le travail à un citoyen britannique, Christopher Steele, ancien agent du MI6, la DGSE britannique.

Le travail rendu par cet aventurier était peu sérieux. Il aurait été facile de le démonter. On peut lire dans son rapport que Trump avait reçu de l’argent russe via le consulat russe à Miami. Il n’y a pas de consulat russe dans cette ville ! Au final, ce qui n’était qu’un tissu de ragots sortis de l’imagination humaine trouva néanmoins des soutiens chez les partisans d’Hillary Clinton et fit son chemin. On construisit ainsi l’image d’un Trump, élu par de l’argent russe ! Tout cela fit la manchette des journaux qui gobèrent absolument toutes les rumeurs.

Le directeur du FBI de 2013 à 2017, le démocrate James Convey, parfaitement au courant de ce qui s’était tramé, fut limogé par Trump. Cela fit scandale. Sauf que Trump avait raison. Le Sénat américain voulut éclaircir l’affaire. Elle convoqua Convey en 2018. Devant la commission sénatoriale, Convey en fut réduit à dire que sur le dossier Steele il ne savait pas, il ne se souvenait pas et il n’y était pour rien. Il le répéta 245 fois.

L’affaire fut mise en sommeil, le temps qu’un juge d’instruction saisi de l’affaire finisse son travail de bénédictin et démasque le vrai auteur du rapport Steele. C’était Igor Danchenko, employé du célèbre Brookings Institute.

La Chine est victime du même genre de procédé. Tout comme on vendait un président Trump fictif, on vend au public une Chine fictive. Tout cela sert des objectifs stratégiques. Dans le cas de Trump, le but était de rendre impossible toute détente entre la Russie et les Etats-Unis. Dans le cas de la Chine, c’est la même chose. Dans le fond Trump n’avait pas tort d’évoquer l’existence d’un “deep state”, une accusation que la presse internationale tourna immédiatement en dérision et traita comme une “fake news”.

Des exécutifs aux intérêts “profonds”

Qui est le “deep state” ? Il ne faut pas chercher loin. C’est toute la nébuleuse qui a un intérêt primaire à ce que les choses soient ainsi. Dans ces conditions, comment s’étonner que les dirigeants chinois soient sans cesse présentés comme un danger ? Cette nébuleuse que nous allons évoquer succinctement dans cet article s’appelle le Pentagone. Cette organisation n’a même pas l’originalité du scénario. Il a été écrit au début du XIXe siècle parun milliardaire écossais, un certain William Jardine (1784-1843) qui s’était mis en tête de provoquer une guerre entre son pays, le Royaume-Uni, et la Chine pour servir ses intérêts commerciaux.

Cet homme était le roi de la drogue, mais comme disait l’empereur Vespasien, l’argent n’a pas d’odeur. L’empereur de Chine ayant interdit l’usage et le commerce de l’opium dans son pays, il fallait bien faire quelque chose. Mais parler de drogue n’aurait pas servi les intérêts de Jardine à Londres puisque la Couronne Britannique partageait avec l’Empereur le même point de vue. L’angle d’attaque fut donc différent. L’Empereur était inepte et ses sujets malheureux. On réinventa alors un pays que personne ne connaissait vraiment.

Jardine mit une dizaine d’années à réussir son plan et à réinventer la Chine. Fort de ses milliards, il acheta petit à petit tout le monde, d’une façon ou d’une autre. A la fin, argument suprême, il paya pour l’armée que le premier ministre britannique ne voulait ni ne pouvait financer.

La suite, nous la connaissons. Pékin perdit la première manche. La débâcle qui suivit la guerre de l’opium (1840) eut un prix extravagant en vies humaines mais cela était secondaire. Elle fut en fait très profitable à Jardine et son associé Mattheson. Aujourd’hui encore les multiples héritiers de ces deux familles se partagent un énorme gâteau. Ils sont actionnaires de la plupart des sociétés et banques britanniques.

Au XXIe siècle, ce n’est plus le roi de l’opium qui corrompt le système politique et la société, mais le Pentagone et ses courtiers. Il est comme feu la société Jardine & Matheson, non pas milliardaire (cela ne suffirait plus) mais “trilliardaire”. Son prochain revenu en 2023 dépassera les 800 trilliards de dollars. Avec autant d’argent, on fait ce qu’on veut.

Par exemple, le Pentagone qui est le premier client des sociétés d’armement fut aussi le premier investisseur dans un nombre incalculable de “startups”, certaines ayant depuis pignon sur rue, les autres ayant été passées au bilan en pertes. Son carnet d’adresses (et de commandes) est simplement tentaculaire. Citons ici que de 2008 à 2018, pas moins de 380 de ses employés, dont 25 généraux, 9 amiraux, 43 lieutenants-généraux et 23 vice-amiraux, furent embauchés par des fournisseurs tels que Lockheed Martin, General Dynamics, Raytheon et Northrop Grumman, etc. ! Même Amazon qui ne fait pas que de l’épicerie et de la vente de détail (son plus gros chiffre d’affaires est désormais ailleurs mais le public l’ignore) a annoncé en septembre 2020 le recrutement de Keith Alexander, un général à la retraite, ancien patron du NSA, l’organisme qui interceptait tous les échanges téléphoniques sur lignes mobiles, une pratique révélée en 2013 par Edward Snowden[1]“.

Quelle est la feuille de route de cet organisme tentaculaire ? Son chef actuel, le chef d’état-major américain, le général Mark Milley, l’a défini récemment devant les sénateurs américains : “Nous avons à faire face aujourd’hui à deux puissances globales : la Russie et la Chine, chacune avec des capacités militaires significatives. Ces deux puissances ont l’intention de changer fondamentalement les règles actuelles de l’ordre global. Nous entrons dans un monde qui devient de moins en moins stable dont le potentiel pour des conflits majeurs ne diminue pas mais augmente.”[2]

C’est du Zbigniew Brzeziński (1828-2017) tout craché. Dans son ouvrage “Le Grand Echiquier”, paru en 1997, il développa la théorie que l’amélioration du monde et sa stabilité dépendait exclusivement du maintien de l’hégémonie des Etats-Unis. Il aurait pu écrire le discours servi au Sénat américain en 2022. Aux Etats-Unis, toute puissance concurrente ou perçue comme telle est considérée comme une menace pour l’équilibre du monde[3].

La Russie et la Chine sont donc la raison d’être de cette institution. Pour augmenter son budget, le Pentagone a besoin d’ennemis tout comme Jardine avait besoin de noircir la Chine pour arriver à ses fins. Tout cela est du pur mercantilisme aujourd’hui déguisé sous de belles paroles. Le marchand d’opium faisait la même chose quand il accusait l’Empereur de Chine et tous ses mandarins de mentir en permanence et de mépriser le peuple. Le Pentagone a tout un réseau chargé de dire la même chose à propos de la Chine et de la Russie.

Quand les gros maigrissent, les maigres meurent

Le président chinois actuel Xi semble sur une autre planète. Il ne cherche pas d’ennemis. Il a compris comme tous ses prédécesseurs que le monde est interconnecté. La Chine n’a jamais cherché à ruiner son voisin. Il vaut mieux avoir un voisin riche qu’un voisin pauvre, car qu’allez-vous lui vendre ?

 “L’architecture de l’économie mondiale d’aujourd’hui est le produit des efforts de tous les pays du monde pour le bénéfice de tout le monde. L’économie mondiale interconnectée doit être ni politisée, ni instrumentalisée, ni militarisée car cela aurait immédiatement des conséquences monétaires, financières, commerciales et ce dans tous les domaines, comme l’énergie, les sciences, la technologie, la production industrielle et les chaînes de distribution” a dit le Président Xi récemment.

En Europe, il semble que nos vieilles habitudes viennent de reprendre. En effet toutes les guerres qui ont eu lieu entre les familles royales, siècle après siècle, avaient pour raison des ambitions territoriales inassouvies par des mariages et ceci aussi loin que l’on remonte dans l’histoire. Même après le siècle des Lumières, même après la révolution, l’obsession territoriale resta au centre de tous les enjeux. Sous Louis XIV, Louis XV, Napoléon et nous pouvons continuer la liste jusqu’à la seconde guerre mondiale, des villes ont changé plusieurs fois d’identité et de propriétaire. Par exemple, Naples fut donnée à la famille de Lorraine en échange de son duché français pour faciliter un mariage avec l’héritière du trône d’Autriche. Ceci est un petit exemple parmi mille. L’Alsace et la Lorraine, pour ne parler que de ce coin de France, sont du reste un bon exemple de la mentalité européenne en matière de souveraineté et d’enjeu financier.

Cette habitude explique sans doute l’hystérie bruxelloise à propos de l’Ukraine. Alors que l’objet de la querelle est l’accession de ce pays à l’OTAN, une organisation belliqueuse comme le souligne la Chine qui ne lui pardonne pas le bombardement de son ambassade à Belgrade, la Russie exige que son voisin reste neutre. L’Europe parle désormais de “ruiner” celui qu’elle considère l’agresseur en fournissant des armes à un pays avec lequel elle n’avait pas d’accord de défense, bafouant ce qu’elle prétend défendre, c’est-à-dire les principes adoptés par tous les membres des Nations-Unies. Tout cela a déclenché une spirale dangereuse pour tout le monde, c’est-à-dire les participants mais aussi les spectateurs.

L’ambition territoriale n’est plus un objectif en Chine depuis mille ans. Elle ne convoite pas de territoires. La meilleure preuve de cet état d’esprit est de se rappeler ce qui se passa à propos de Hong Kong, l’ex-colonie britannique. La rétrocéder fut une décision 100% britannique. Deng Xiao-ping, le leader chinois dans les années 1980, quand il reçut la proposition, la déclina plusieurs fois. Cela est documenté.

Vu de Londres, ne pas être intéressé par la souveraineté d’une ville de plusieurs millions de gens, comment était-ce possible ? A quoi donc pensaient les Chinois, s’est demandé le Foreign Office.

Pour la Chine, ce qui importait dans les années 1980, c’est que Hong Kong (et Macao aussi embarqué dans la même histoire par un gouvernement socialiste qui liquida toutes ses colonies pour des raisons idéologiques et ruina ainsi le Portugal) fonctionne harmonieusement. Du fait de leurs positions géographiques, ce qui était bon pour Hong Kong et pour Macao était bon pour la Chine. Changer la donne présentait un risque. La question était pour le leader du pays de l’époque : est-ce nécessaire ? Cela ne l’était pas. Mais à Londres et Lisbonne c’était devenu une nécessité politique. Le sort de la population locale de la colonie était dans tout cela totalement secondaire, d’autant plus secondaire qu’elle était chinoise et non “blanche”. Nous avons le même scénario en Ukraine. Le sort de la population n’est pas au centre des préoccupations des fournisseurs d’armes. Plus on en fournit, plus il y aura de morts.

On aboutit là à un paradoxe. Nos jeux “démocratiques” ne feraient-ils pas nécessairement le bonheur du peuple, même si on nous rebat les oreilles du couplet sur les droits de l’homme ? Les morts qui jonchent nos bonnes intentions, que ce soient des morts civils syriens, libyens, iraqiens, russes du Donbass (au moins 14 000 en huit ans) montrent que leurs droits étaient à géométrie politique variable.

Je ne vais pas ici aborder la question de la mentalité chinoise mais quand on parle de ce pays, on doit lui reconnaitre une qualité. Il a enrichi plus de gens en quarante ans que n’importe quel autre pays. Nous parlons de centaines de millions d’individus qui vivent comme vous et moi. L’Occident reste le champion de la création de pauvreté, de préférence chez les autres. La Chine est le champion incontesté de la réduction de la pauvreté. Cela mérite un respect que nous ne lui accordons jamais car cette qualité nous embarrasse.

Dans la pratique, le système politique du pays est pragmatique et non idéologique. Cela explique par exemple que lorsqu’une armée d’économistes formée dans les universités américaines avait prévu la faillite de son système bancaire, il ne s’est rien passé de tel. Clairement il y a différentes façons de gérer les banques. Pour y réfléchir, le gouvernement ne fit pas appel à des ténors comme Goldman Sachs ou McKinsey. Le CV de ces deux firmes, on pourrait en lister des douzaines, ne les impressionnait pas. Les fonctionnaires de l’Académie des Sciences, un think-tank qui, contrairement au Brooklyn Institute, ne fait pas de propagande ou de politique, se mit à réfléchir dans son bocal en étudiant tous les dysfonctionnements des crises financières occidentales. Elle écarta donc toutes les recettes du FMI, de la Banque Mondiale et d’autres institutions occidentales, pour gérer la situation chinoise. Au final, elle organisa un système qui donna naissance à la plus grande banque du monde. Il s’agit de la Banque industrielle et commerciale de Chine (ICBC). Cette banque est au reste non seulement la plus grande mais aussi la plus riche des banques. Elle n’en fait pas tout un plat et elle participe rarement à des séminaires futiles dans des places exotiques.

En matière monétaire, tout le monde s’accorde à dire que c’est le dollar qui a permis aux Etats-Unis de dominer le monde depuis la seconde guerre mondiale. Le récent fiasco SWIFT a montré que les choses ont changé. L’ère du dollar est en voie de disparition. Ironiquement ce sont les Européens et les Américains qui ont attiré de façon idiote l’attention du reste du monde sur cette situation. Croyant qu’ils détenaient une arme de dissuasion massive avec SWIFT, ils l’ont utilisée contre la Russie, pensant aider l’Ukraine à résister aux demandes de son voisin et accessoirement montrer que l’OTAN était plus qu’une alliance militaire. L’idée était que cela suffirait à faire plier Moscou et à faire peur à Pékin.

Les conseillers financiers de nos gouvernements occidentaux avaient oublié, par arrogance, il n’y a pas de doute là-dessus, un détail d’importance. Dès 2014, la Russie et la Chine avaient tranquillement travaillé à la mise en place de deux plateformes équivalentes à SWIFT et cela sans faire appel aux fabricants de logiciels ayant un quasi-monopole aux Etats-Unis et en Europe (je pense ici à Microsoft mais aussi Alphabet et Amazon).

En Chine, SWIFT s’appelle SPFS, en Russie CIPS. On a vu le résultat. Le rouble qui devait sauter parce que les sept plus grandes banques russes avaient été exclues le 2 mars 2022 du système SWIFT, ce qui devait paralyser toute l’économie russe, n’a pas sombré. Pire, il est revenu plus fort fin 2022 (autour de 70 roubles pour 1 euro et 69 roubles pour 1 dollar soit le niveau du début 2020) et s’est stabilisé quasiment au niveau d’avant-guerre (90 roubles / 1$).  Certains analystes prévoient même un cours autour de 50. Notons que le FMI avait calculé qu’en PPP (Purchasing Power Parity), le rouble valait autour de 30[4]. Mais qui a écouté à Bruxelles et à Washington ? Personne.

L’arme de destruction massive s’avéra un pétard mouillé. Si on ajoute le gel illégal des réserves souveraines russes qui sabordent toutes les règles de swap dont vit le milieu financier international (y compris les états), l’Occident vient de saborder les deux piliers du système monétaire sur lequel il gérait sa dette. C’est ce qu’on appelle se tirer une balle dans le pied. Les conséquences sont multiples dans plusieurs domaines que nous n’allons pas aborder ici.

En ce qui concerne la Chine qui ne souhaite pas voir sa monnaie devenir un nouveau dollar, c’est un pays sans dette souveraine (tout comme la Russie). De ce fait, elle se retrouve désormais dans la situation de la Suisse à chaque crise financière. Son problème est de lutter contre l’appréciation de la devise sur le marché international pour préserver son commerce extérieur. C’est le monde à l’envers.

Les deux plateformes que je mentionne ici (SPSF et CIPS) couvrent 104 pays. En particulier elles couvrent tous les producteurs de matières premières. Ajoutons que l’Inde et la Turquie profitent aussi du système CIPS. De fait l’utilisation du dollar dans le commerce de ces pays devient l’exception.

Les articles négatifs contre la Chine qui pullulent dans les médias occidentaux ne cessent pas pour autant. Ces deux dernières années, nous avons eu droit “aux dissimulations de l’épidémie de Covid-19 “, “à la mise au pas de Hong Kong “, “aux menaces sur Taïwan”, “aux prétentions territoriales en mer de Chine méridionale” et à “l’épuration ethnique de la minorité ouïghour au Xinjiang”, etc. Je traite de tout cela dans mon dernier livre. Le but de cette propagande véhiculée par les médias anglo-saxons et reprise dans la presse européenne, voire même au Parlement Européen, est de se fabriquer un ennemi.

Ce qui devrait nous faire réfléchir, c’est que cette propagande n’a aucun effet dans le reste du monde où l’image de la Chine est positive, que ce soit en Asie, sur le continent américain (hors le bloc USA-Canada) ou en Afrique comme le montre l’accord économique avec la Chine – une première en Mélanésie qui jusqu’ici était une chasse protégée américo-australienne, que vient de signer le premier ministre des îles Salomon en dépit des pressions immenses exercées par les Etats-Unis et l’Australie pour que cela ne se fasse pas. Canberra, la capitale australienne est cependant à 3 066 km de Honiara, la capitale de l’archipel. Quel est donc le problème ? Alors que c’est un accord commercial, l’Australie craint d’y voir une base militaire chinoise. Quand on sait que la Chine dispose de missiles hypersoniques dont un a fait le tour du globe en novembre 2021, traversant l’espace aérien américain sans que personne du Pentagone ne s’en rende compte, le coup de sang australien paraît futile.

Abordons ici brièvement tous les fantasmes qui nous sont relayés quotidiennement et nourrissent notre racisme envers les Chinois.

En Occident, surtout à Londres qui donne le “la”, on nie que la ville de Hong Kong soit chinoise. Mais elle l’est juridiquement. C’est une ville chinoise en Chine depuis le 1er juillet 1997. Il n’y a pas que son statut juridique qui le dit. Il y a sa population. Elle est à 95% chinoise. Il y a longtemps qu’il ne reste plus qu’une poignée de “blancs” sur cette île. Cela ne nous empêche pas de revendiquer un droit de regard, d’ingérence sous prétexte que pendant 50 ans, elle eu un statut spécial dont le principal défaut était de n’utiliser que des gens nés localement pour la diriger. Cela s’arrêtera en 2047 mais entretemps cette disposition a eu l’effet pervers d’amener au pouvoir des anciens employés de l’administration coloniale britannique. Promus à l’ancienneté, ces seconds couteaux, je parle ici de gens comme Anson Chan ou Carrie Lam qui s’en va en juillet 2022, ont par leur incompétence créé une montagne de problèmes qui n’auraient pas existé s’ils avaient suivi la feuille de route de leur voisine Shenzhen (17 millions d’habitants aujourd’hui). La ville a vécu comme tous les rentiers, en gérant sa rente. Il s’agissait pour tous les fonctionnaires de durer. Tandis qu’ils voyaient fleurir un hub électronique remarquable et une ville moderne à 30 km, littéralement sous leurs yeux, ils se gardaient bien de changer quoi que ce soit à leur petit univers. Cela ne pouvait déboucher que sur un insidieux malaise que beaucoup eurent envie d’exploiter. Les manifestations de 2019 qui se sont déroulées dans la ville avaient en réalité autant à voir que celles qui déposèrent en 2014 un président élu en Ukraine qui envisageait l’avenir avec la Russie et non l’Europe.

On a longtemps pensé dans certaines officines américaines ou britanniques que l’ex-colonie pouvait devenir le cheval de Troie de la démocratie occidentale en Chine. C’était se tromper sur toute la ligne. La seule chose que nous avons apprise, c’est que cette tentative de déstabilisation en utilisant des jeunes étudiants ou chômeurs professionnels, fils de famille en attente d’héritage, la majorité de la population vieillissante de la ville la réprouvait. L’autre surprise fut de voir la Chine laisser faire pendant plus d’un an. Elle pouvait se le permettre car le rôle de Hong Kong dans l’économie chinoise a grandement décliné. Après tout son port n’est plus que le septième du pays, en passe de devenir le huitième. Quant à sa bourse, elle qui fut longtemps la seule dont la Chine disposait, elle n’est que la troisième derrière Shanghai et Shenzhen et c’est de Pékin et non de New-York que son sort dépend.

En réalité le destin de Hong Kong est scellé depuis un bon bout de temps mais on ne veut pas l’admettre. Sa survie passe par son intégration au projet de la Grande Baie, un ensemble économique plus important que la Californie, qui va de Zhuhai à Hong Kong sur un arc de cercle qui comprend Shenzhen, le hub électronique où se trouvent les concurrents des G.A.F.A américaines (Huawei, Alibaba, Tencent, etc.). Dans cet ensemble, Hong Kong est le parent pauvre, mais comme la Chine n’aime pas les pauvres, elle va la sortir de l’ornière dans laquelle elle se retrouve. Tout cela vexe bien entendu les Anglais qui se croyaient indispensables à cette ville.

Taïwan aussi connait le même destin, celui d’être manipulée par des forces externes qui ne lui veulent pas que du bien. Tout le brouhaha qui l’entoure depuis vingt ans ne sert que les marchands d’armes. Les tensions vraies ou fausses que la presse anglo-saxonne rapporte régulièrement sont manipulées à partir de Washington et non à partir de la Chine. Elles n’ont pour but que de forcer les acteurs politiques locaux à acheter de la quincaillerie militaire américaine au prix fort. Dans l’absolu, Taïwan ne résisterait pas deux jours devant une invasion de l’armée chinoise mais cela n’empêche pas la présidente du pays de se déguiser de temps à autre en général en chef pour justifier les 65 milliards de dollars que vient de soutirer son protecteur américain en lui vendant ce qu’il faut pour résister à une future invasion, laquelle ne se produira jamais.

En ce qui concerne la population ouïghour dont toutes les NGOs bien pensantes ont fait leur choux gras, cela me rappelle les années 1980. La mode était alors au Dalai-Lama et ses malheureuses ouailles. C’est donc un remake. La vérité est que la Chine compte une multitude d’ethnies. Il n’y a pas que les Ouïghours et les Tibétains. Pour les Tibétains, nous savions qu’ils vivaient sur un haut-plateau convoité par les fabricants de fusées. C’était avant l’évolution de ce genre d’armement. Depuis qu’on lance tout et n’importe quoi du sol ou à partir de sous-marins, il n’y a plus personne dans les états-majors pour proposer d’occuper le Tibet pour des raisons stratégiques. Pour les Ouïghours, c’est parce qu’ils vivent au Xinjiang, une immense steppe bordée de montagnes qui ressemblent à celles de Mongolie, du Kazakhstan, du Turkménistan qu’ils intéressent le Pentagone.

Qu’a de particulier cette province chinoise ? Le fait que, grande comme trois fois la France, elle partage sa frontière avec la Mongolie, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Afghanistan et un col avec le Pakistan. Urumqi, sa capitale, est plus près de Kabul (1 850 km) que de Canton (3 284 km) ou de Pékin (2 480 km), de Chongqing (2 300 km), voire de Shanghai (3 200 km) ou de Hong Kong (3 480 km).

Pour résumer son intérêt stratégique, mentionnons ici que des trains vont désormais quotidiennement vers l’Europe et la Russie en passant par la plateforme ferroviaire d’Alataw, situé au col du même nom. Ces trains traversent ensuite le Kazakhstan avant de s’éparpiller. Il y a en 2022 plus de 40 destinations. En 2021, ce sont 40 000 trains qui sont allés en Europe. C’est en quelque sorte l’équivalent du canal de Suez en pleine terre.

Voilà les raisons pour lesquelles certains souhaitent déstabiliser cette province. L’argument ethnique, une technique vieille comme le monde, n’est qu’un outil qui, au reste, se heurte à la vérité des chiffres. On parle souvent d’épuration ethnique dans ce coin de Chine, or la population concernée a une croissance démographique remarquable. Il y aurait aujourd’hui 8 millions de Ouïghours au Xinjiang (ils ne sont pas tous là, il y en a en Afghanistan et au Tadjikistan car c’est une peuplade de tradition nomade). Selon un recensement chinois des minorités ethniques des années 1970, ils étaient alors moins de 10 000 au Xinjiang !

Pour noircir le tableau un peu plus, chaque année le Financial Times nous dit que l’économie chinoise va mal. Certes la croissance fluctue comme dans tous les pays mais la Chine suit des plans quinquennaux. Pour l’instant aucun n’a manqué ses objectifs.

Voilà l’état des lieux en quelque sorte de ce pays. D’un côté on nous vend du vent, de l’autre il taille sa route. Le résultat est que sur le plan économique nous ne faisons plus le poids. Ce sentiment d’infériorité étant nouveau pour le monde “blanc”, on compense en revendiquant sans cesse une supériorité morale.

Mais sur ce plan, nos mensonges nous rattrapent et personnellement j’ai de plus en plus de mal à penser que nous sommes aussi vertueux que nous le proclamons. Notre comportement semble en fait prouver le contraire. Prenons par exemple le comportement occidental vis-à-vis du président Maduro. On a voulu en faire un nouveau Castro et on a essayé d’étrangler l’économie du pays pour cela. Cela m’a rappelé quelque chose qui eut lieu en Chine, je veux parler ici de la Grande Famine, qui a grandement contribué à décrire Mao Zedong (1893-1976) comme un dictateur massacrant sa population. Cette réputation lui colle à la peau grâce à un livre : « la Grande famine de 1958-1962 ».

Dans ce livre, Frank Dikötter accuse Mao d’avoir fait mourir de faim de 30 à 40 millions de personnes. Or de nouveaux éléments apparurent en Chine sur cette tragédie, donnant un angle nouveau à ce qui s’est réellement passé, personne ne disputant qu’une tragédie avait eu lieu. Pendant plusieurs années dans le début des années 1950, les récoltes avaient été catastrophiques à cause de divers phénomènes climatiques mais aussi politiques (la Chine sortait de la guerre civile et avait en face d’elle deux ennemis, les Etats-Unis et l’URSS). Le gouvernement de Mao Zedong avait compris la situation. En prévision de la faiblesse des récoltes, en particulier de celle du riz, la denrée de base du Chinois depuis des millénaires, il donna ordre d’acheter du riz et des denrées alimentaires en suffisance à l’étranger.

Seulement, et aujourd’hui cela prend une connotation particulière avec la pluie de sanctions visant la Russie, la Chine était alors toujours sous embargo, la république chinoise de Mao n’étant pas reconnue par les Américains et les Européens qui soutenaient encore le général Chang Kai-tchek réfugié à Taïwan. L’occasion était trop belle de faire tomber Mao, et on n’y résista pas. Aucune commande ne fut livrée, les Américains empêchant d’une façon ou d’une autre toute livraison à la Chine. Les Américains viennent de prouver au Venezuela que s’ils pouvaient faire cela, ils n’avaient aucun scrupule à le faire. Inévitablement, il s’ensuivit une situation sanitaire catastrophique dans les campagnes chinoises. Voilà pourquoi je doute de notre supériorité morale aujourd’hui.

Ces événements du passé (il y en a bien d’autres du même genre) expliquent grandement pourquoi l’argument des droits de l’homme, version occidentale, laisse de marbre les dirigeants chinois. Nous avons tellement perdu de légitimité dans le discours politique que même le Qatar en a pris note le 26 mars 2022. Ce jour-là, son ministre des affaires étrangères accusa ouvertement les Etats-Unis et l’Europe d’être les champions du double-jeu[5]. Pour cette raison, il annonça (l’Arabie Saoudite à ses côtés) que les pays producteurs de pétrole de la péninsule arabique n’appliqueraient pas les sanctions visant la Russie.

La prétention américaine à fixer les “règles du jeu” du monde est désormais ouvertement contestée. On dit tout haut ce qu’on pensait tout bas, chacun à sa façon. Medvedev, ancien président et premier ministre de Russie, actuellement le nº2 du conseil de sécurité du pays (Poutine est le président de ce conseil), pense que “Le monde unipolaire, c’est fini. Ça ne reviendra pas. Vous ne pouvez pas geler les avoirs d’autres pays, porter atteinte à la propriété en saisissant des entreprises et des biens, et garder la confiance des autres. C’est utopique. La confiance dans une monnaie de réserve a disparu, comme la rosée le matin et nous verrons l’émergence de nouvelles formes de transaction monétaire. Qu’ils le veulent ou non, les Etats-Unis et l’Europe vont devoir s’adapter à un nouvel ordre monétaire où les pays qui ont une économie avancée, des finances publiques saines et un système monétaire fiable seront les décideurs. C’est un nouveau monde qui s’ouvre où ceux qui impriment du papier pour couvrir leur déficit ne seront plus écoutés. Nous voyons déjà les prémisses de tout cela.”

Le président chinois Xi est d’accord : “Beaucoup de gens sont conscients que la situation actuelle (des sanctions) pourrait détruire des décennies de coopération économique. Si la situation continue à se détériorer, il faudra des dizaines d’années pour réparer les dommages causés”.

Alors quel est l’avenir ? La Chine reste très attachée au cadre des Nations-Unies, mais elle est consciente de la faiblesse de l’institution à qui certains prédisent l’avenir de la Société des Nations car elle est attaquée par ceux mêmes qui prétendent la défendre[6]. Pour un ancien des services spéciaux suisses, le colonel Jacques Baud, il est clair qu’ “Aujourd’hui, les pays occidentaux interviennent dans les affaires intérieures russes et chinoises au nom de “valeurs”, qu’ils ne respectent pas eux-mêmes “.

Les gros maigrissent …

Le club des gros s’appelle le G7. Ce club sélect des plus grandes économies du globe de l’époque fut créé par le président français Valéry Giscard d’Estaing. C’était en 1975[7]. L’ordre du jour de la première réunion était de discuter des conséquences de la fin de la convertibilité du dollar en or, une décision prise unilatéralement par les Etats-Unis ” en 1971. C’était un aveu de faillite mais on fit semblant de l’ignorer. La solution proposée était de renflouer cette faillite grâce au pétrole qui fut pris en otage. Il l’est encore. Ce qu’on a appelé la première crise pétrolière (octobre 1973) n’eut pour objet que de faire passer le prix du baril de 2,59 dollars à 11,65 dollars (+449%). Ce fut atteint en mars 1974.

Pourquoi ce niveau de prix ? Parce qu’il permettait aux Etats-Unis de produire leur pétrole et de dégager des marges permettant de servir leur dette. C’était en fait le tonneau de danaïdes car l’abandon des accords monétaires de 1944 avec le verrou de l’étalon-or sur le dollar avait ouvert la porte à tous les excès. Libérés de toute contrainte, les Etats-Unis allaient désormais vivre au-dessus de leurs moyens. Cela aboutit aujourd’hui au budget faramineux du Pentagone que le pays ne pourrait se permettre s’il ne creusait sa dette un peu plus tous les jours. Voilà l’essentiel de la règle du jeu auquel jouait le premier G7 et qui se joue encore.

A l’époque, ce club pesait alors plus de 70% de l’économie mondiale. Y vivaient 513 millions d’habitants. Ce n’était que 14% de la population du globe mais c’était la plus riche. Le tiers-monde n’avait que 30% de l’économie mondiale à se partager pour nourrir 86% de la population du globe. Parmi ces pauvres il y avait alors la Chine, l’Inde, l’Indonésie et même la Russie.

Passons rapidement sur les diverses péripéties de la vie de ce club pour arriver à aujourd’hui. A la veille des hostilités en Ukraine, le G7 pesait 38 239 trillions de dollars (PPP)[8]. Ce n’est plus qu’un petit 40% de l’économie mondiale. Y vivent 777 millions de gens, c’est-à-dire moins de 10% de la population du globe. Ces chiffres interpellent. Le G7 qui prétend diriger l’économie du monde n’en possède même pas la moitié. Est-ce viable ? Bien entendu non d’autant que les décisions prises par le G7 envers la Russie sur divers fronts (réserves, pétrole, gaz, etc) l’affaiblissent un peu plus tous les jours.  Nous vivons donc une partie de poker menteur.

La prédiction de Lao T’seu va-t-elle alors se réaliser?

Probablement pas, parce que les plus riches joueurs d’aujourd’hui ne sont pas présents dans le G7. La transmission de pouvoir a donc déjà eu lieu. Les plus grandes économies exclues du club G7 pèsent déjà plus lourd que le G7. Appelons cela le néo-G7. En font partie la Chine (nº1) l’Inde (nº3) la Russie (nº6) le Brésil (nº7), l’Indonésie (nº8), la Turquie (nº11) et le Mexique (nº13). Tous ces pays sont contre les sanctions et donc pro-russes dans le nouveau jargon occidental. Ce néo-G7 pèse 46 463 trillions de dollars (PPP) soit 21,5% de plus que le G7.

Certains analystes évoquent souvent un autre groupe plus restreint mais qui comporte la première économie africaine. Il s’agit du BRICS, composé du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud. Le groupe pèse 39 707 milliards de dollars (PPP). Il est lui aussi plus gros que le G7.

Une page est donc en train de tourner, tant sur le plan institutionnel que sur le plan monétaire et économique sur fond de tambours en Ukraine. On est bel et bien en train d’assister à l’enterrement de l’architecture monétaire et économique issue de la deuxième guerre mondiale. Et cela semble irréversible.

Nous assistons déjà à des scènes inenvisageables il y a seulement deux ou trois ans. Prenons la visite de Liz Truss, ministre des affaires étrangères britanniques à Delhi. Que s’est-il passé ? “C’est intéressant de voir qu’il y a une campagne concertée (des pays du collectif occidental) envers notre décision de continuer à acheter du pétrole russe. J’ai regardé les dernière données sur ce sujet. En mars, l’Europe a acheté 15% de plus de pétrole qu’il y a trois mois aux Russes. C’est tout à fait normal quand les prix montent que nous cherchions à acheter ce dont nous avons besoin au meilleur prix pour notre peuple et défendre nos intérêts. Je pense aussi que dans trois mois, on constatera que les acheteurs seront encore les mêmes et l’Inde ne sera même pas parmi les dix premiers acheteurs du pétrole russe” lui dit alors le ministre des affaires étrangères indien, S. Jaishankar, qui la recevait. Comble de l’humiliation, se trouvait à Delhi en même temps Sergey Lavrov. Il fut reçu par le premier ministre indien Modhi après son entretien avec son homologue indien. La ministre britannique n’eut pas ce privilège.

Ce qui donne aujourd’hui autant d’assurance à tous ces pays, c’est en fait l’existence d’une alliance tous azimuts entre la Russie et la Chine. qui “se soutiennent fermement sur les questions concernant les intérêts fondamentaux de chacun et la sauvegarde de la dignité de chaque pays”, a déclaré Xi en février 2022. “Par sa proximité et son efficacité, cette relation surpasse même une alliance”.

Cela stabilise un territoire économique qui couvre plus de 25 millions de km2, où vivent plus de 1,6 milliard de gens et où se trouvent toutes les matières premières dont ont besoin les économies modernes. Il n’y a rien de comparable ailleurs.

Bien entendu la déclaration de Xi fut immédiatement critiquée en Occident où on continua à seriner qu’exclure d’une alliance les affaires intérieures de l’autre, cela laissait les mains libres au pays “pour anéantir tout vestige de démocratie à Hong Kong, pour conquérir Taïwan, écraser la minorité ouïgour par les méthodes les plus perverses imaginables et coloniser la mer de Chine méridionale”.

Quant au partenaire de la Chine, la Russie, on lui attribue l’ambition de “créer une crise énergétique et une crise des migrants en Europe, de rallumer la guerre dans les Balkans, d’éradiquer toute chance pour l’Ukraine de rejoindre l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord ou l’Union européenne et de vouloir neutraliser l’OTAN [9]“.

Il me semble que la chanson venant aujourd’hui des Etats-Unis était déjà la même du temps de Jardine. En fait, la vérité est plus simple. La Chine n’a pas eu à lever le petit doigt pour anéantir la démocratie à Hong Kong. Les Britanniques s’en sont chargés pendant 140 ans. Elle n’a que faire de Taïwan, le temps en fera son affaire, et la minorité ouïgour prospère et se multiplie. La Russie, elle, a annoncé clairement ses objectifs. L’Ukraine doit être un pays neutre et ne doit pas rejoindre l’OTAN. Des accords clairs ont été passés avec les Américains sur ce sujet dans les années 1990. Que ces derniers aient changé d’avis pose un problème. Pour affronter cette situation, la Russie et la Chine veulent que le monde sache qu’elles se soutiennent mutuellement.

Le monde est en train de prendre une autre direction et elle ne passe pas Washington. Nous en avons eu immédiatement la preuve avec une réunion qui eut lieu fin mars 2022, à Tunxi (Province de Anhui)[10]. S’y déroulait la troisième réunion[11] des ministres de affaires étrangères des pays voisins de l’Afghanistan. Se retrouvèrent pour plusieurs jours Wang Yi, le ministre des affaires étrangères chinois et conseiller d’état de Chine, Rachid Meredov, ministre des affaires étrangères du Turkménistan, Sardor Umurzakov, ministre des investissements et du commerce international d’Uzbekistan, Shah Mahmood Qureshi, ministre des affaires étrangères du Pakistan, Hossein Abdollahian, ministre des Affaires étrangères d’Iran, Muzaffa Ashouriyon, ministre de la Justice du Tajikistan ainsi que Sergey Lavrov, ministre des affaires étrangères de Russie. Cet aéropage de dignitaires représentait une population de 1,9 milliard vivant sur plus de 29 millions de km2 riches en minerais de toutes sortes. Le communiqué de cette réunion a annoncé la création de trois groupes de travail pour articuler une politique commune afin d’aider l’Afghanistan à se reconstruire économiquement, socialement et diplomatiquement[12]. Aujourd’hui, pour tous ces pays, la priorité est donnée à l’économie car les milliards dépensés dans une guerre futile n’ont pas rendu l’Afghanistan plus riche mais plus pauvre. La Chine qui a accueilli une émigration sauvage des Ouïghours qui vivaient depuis la nuit des temps entre la Chine, le Tadjikistan et l’Afghanistan lorsque l’Afghanistan est entré en guerre civile, essaie désormais de réactiver le secteur minier de la région frontalière du Xinjiang afin de créer des emplois. C’est cela la priorité. Les autres pays ont les mêmes car les populations appauvries sont les réservoirs inépuisables du terrorisme comme le montre la situation du Mali ou du Niger en Afrique, pour ne citer que ces deux pays faisant face à une natalité galopante.

La réunion de Tunxi est juste un exemple pour montrer que sous la houlette de la Chine, cette partie du monde se passe très bien des Américains et des Européens.

Le pétrole, le talon d’Achille de Bruxelles

En Europe, Jorge Borel, le ministre des affaires étrangères du bloc, a eu le malheur de comparer l’importance de la Russie à l’Espagne. Je ne sais d’où lui venait cette idiotie. La Russie n’est pas l’Espagne. C’est tout simplement le premier producteur mondial d’hydrocarbures. C’était peut-être une façon de rassurer les foules que de nier cette situation car on avait dans l’idée de s’approvisionner ailleurs pour se débarrasser de cet ennuyeux fournisseur.

Le Qatar a mis les choses au point pour les autres. Même l’Agence Internationale de l’Energie (IEA en anglais), basée à Vienne, a prévenu les apprentis sorciers. Son directeur l’a encore dit le 6 mai 2022 “Nous sommes à mi-chemin de la première crise globale dans le domaine de l’énergie. On a vu dans les années 1970 les conséquences de la première crise pétrolière. Mais il ne s’agissait alors que de pétrole. Gardons à l’esprit que la Russie est le plus grand exportateur de pétrole et de gaz de la planète et un acteur incontournable dans le monde parapétrolier. Donc toutes sanctions imposées à la Russie, ou toutes actions imposées par le Kremlin, auront des conséquences graves pour le marché de l’énergie”.

La Chine, prudente compte-tenu des déclarations hostiles à son égard de la part du Pentagone (notre ennemi nº1, c’est elle, dit le Général Milley) grand acheteur de produits énergétiques pour soutenir son développement, se fournit partout et de préférence dans les pays où les Etats-Unis sont déconsidérés. Elle est le premier acheteur en Irak et en Iran. Elle se fournit bien entendu en Russie.

En 2021, la Chine importait plus de 72% de son pétrole. Ce qui souligne sa taille économique c’est que c’est également le cinquième producteur du monde de pétrole avec plus de 5 millions de barils/jour[13]. Cette production devrait doubler dans les cinq années qui viennent[14]. Elle sera alors au niveau de la Russie, de l’Arabie Saoudite et des Etats-Unis.

Pour préserver son indépendance politique, la Chine n’a aucun fournisseur indispensable. Le premier fournisseur du pays en pétrole est en 2022 l’Arabie Saoudite (15,9%), devant la Russie (15,5%), suivi de l’Irak (10,9%), l’Angola (7,9%), le Brésil (7,9%), Oman (7,3%), les Emirats Unis (5,5%), Koweit (5,1%). Les Etats-Unis fournissent 3,6% des besoins chinois en produits raffinés, et le Royaume Uni 1,2%. Ce sont des fournisseurs facilement remplaçables. Il est intéressant de noter que la liste de ses fournisseurs vient de s’allonger en 2022. Y figurent désormais la Guyana, (ex-Guyane britannique), la Corée du Sud, le Turkménistan et la Papouasie-Nouvelle Guinée. Pour ces pays, la Chine comme client leur permet de s’émanciper des grandes sociétés américaines ou britanniques. Tout cela n’est pas le fruit du hasard mais d’une planification précise de la diversification des risques.

La Russie a adopté elle aussi le principe de la diversification. On la présente accro à l’Europe mais en 2021 elle a vendu du pétrole à 36 pays, situés sur tous les continents. Sans doute Bruxelles aurait dû se renseigner avant de penser que le talon d’Achille de ce pays était son pétrole et son gaz. En 2021, la Chine était le premier acheteur de pétrole russe avec 70,1 millions de tonnes de pétrole russe (soit 30,6% du total exporté par le pays). Début 2022, donc bien avant le début des opérations militaires russes en Ukraine, un accord-cadre à long-terme a été signé pour augmenter les importations chinoises à 100 millions de tonnes par an, payés en roubles et non en dollars. Sachant qu’en 2021, la Russie a exporté 230 millions de tonnes de pétrole, il est clair qu’elle n’aura aucune difficulté en 2023 à écouler le pétrole que l’Europe ne veut plus acheter.

Le bloc Russie/Chine est donc dans ce domaine sans équivalent ailleurs.

Nous venons de parler pétrole, parlons maintenant gaz. Dans ce domaine, la Chine vient aussi de découvrir un champ géant de gaz de schiste dans la région d’Ordos, au nord-ouest du pays. En sortira 1,4 milliard de tres cubes de gaz naturel par an avant 2025. Cela reste modeste par rapport aux besoins du pays, car dans le cadre d’un développement vert, et donc d’une réduction de l’utilisation du charbon, la Chine a accéléré le développement du gaz comme source d’énergie. La consommation est en hausse constante, de l’ordre de 14% par an.

Comme tout ce qui se passe en Chine, il faut regarder en amont pour comprendre la stratégie chinoise et celle de la Russie dans ce domaine. Les deux pays partagent 4 209 km de frontière derrière laquelle se trouvent des champs gaziers géants. En 2014, un accord-cadre de trente ans fut signé entre Gazprom et China National Petroleum Company (CNPC) pour fournir du gaz en Chine par un oléoduc long de plus de 3 000 km. Il part de la région sibérienne de la Yakoutie. Ce pipeline est surnommé “Power of Siberia”.

La première livraison de gaz utilisant cet oléoduc dont la capacité est de 61 milliards de mètres cubes par an commença en 2019. Il existe également un oléoduc plus ancien mis en service en 2014 long de 1 833 km. Il récupère du gaz venant du Turkménistan, de l’Ouzbékistan, et du Kazakhstan. Sa capacité est de 55 milliards de mètres cubes.

La Chine est un gros consommateur de gaz, que ce soit du gaz liquéfié (GNL) ou naturel (GN) et en 2021, les importations de GNL ont augmenté de 18% et celle de GN de 22%. Le premier fournisseur de GNL reste actuellement l’Australie (39,3% de toutes les importations) mais l’alignement politique de ce pays sur les Etats-Unis va certainement conduire à une baisse considérable des importations chinoises. Elles sont en baisse de 4% au premier trimestre 2022 par rapport au dernier trimestre 2021. Le manque à gagner pour l’Australie est important. Pour la Chine, la compensation viendra de Russie et des républiques d’Asie Centrale, voire d’Iran.

Les Etats-Unis sont le second fournisseur de la Chine, dont la part dans les importations est passée de 4,8% à 11,6% (+187,4%) l’année dernière. Il semble bien que pour les Etats-Unis l’argent n’ait pas d’odeur. Le troisième fournisseur de gaz est la Russie. La Chine importe à la fois du GNL (en baisse de 9,9%) et du GN (en hausse de 154,2%). En 2021, l’augmentation globale des importations a été de 50%. La mise en service de nouveaux oléoducs en 2021 et 2022 va permettre d’augmenter de 60% les livraisons par rapport à 2021. La Russie n’a donc aucun souci à se faire. Tout ce que l’Europe, notamment l’Allemagne, ne reçoit pas est immédiatement revendu ailleurs. Ce principe de vases communicants est connu. Pourquoi l’Europe persiste à nier que sa politique de sanctions ne fait que jeter la Russie dans les bras de la Chine laisse perplexe.

Il y a plein de signaux indicateurs nous disant que, sans la Chine à bord, sanctionner la Russie ne fait que détruire la croissance européenne. Nous avons l’exemple que ça ne marche jamais. Ainsi l’Iran, le pays le plus sanctionné avec la Corée du Nord, alors qu’on essaie de l’étrangler depuis Washington, Londres et Paris, a vu la Chine investir massivement dans les développements que l’Occident avait abandonnés. L’Inde que l’on présente en Occident comme un concurrent stratégique de la Chine (mais qui n’est rien de cela) a au reste adopté avec l’Iran la même politique, d’investissement. On en voit les effets. Au grand désespoir des stratèges du Pentagone, le ministre du pétrole iranien annonçait le 23 mars 2022 que la production de pétrole et gaz du pays était revenue à son niveau d’avant les sanctions supplémentaires américaines de 2019. Les ventes ont augmenté de 40% en volume. En terme monétaire, les recettes 2021 ont augmenté de 250% par rapport à 2020[15].

Quels sont les objectifs de la Chine ?

On accuse la Chine d’avoir des ambitions hégémoniques. Ce n’est pas notre avis. Elle se retrouve dans une position qu’elle n’a pas choisie – l’arbitre de l’avenir du monde – que nous lui avons offerte ces derniers mois, je pourrais ajouter à son grand désespoir. La Chine par sa taille a toujours été le plus grand et le plus peuplé des pays mais elle a considéré cela comme une charge lui donnant une responsabilité particulière. Ce n’est plus le pays que l’on pouvait sermonner en 1840 en toute impunité. Qu’elle soit la première puissance économique de la planète à force de travail, à quoi bon le nier ? Cela est une perte de temps. Ce qui nous fait peur, c’est de confier le destin du globe à des “jaunes”. C’est difficile à concevoir car nous avons été élevés dans un autre contexte, où la loi du “blanc” était la meilleure et où les règles étaient fixées dans les capitales européennes.

On n’aime pas cela et on ne s’en cache même plus. Il suffit de voir tous les dérapages autour de la situation ukrainienne pour comprendre le danger qui nous guette. Il s’appelle le racisme d’état. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour l’Europe. En déficit de notoriété, elle épouse sans réfléchir ce que disait déjà le roi de l’opium il y a deux siècles.

Le monde ayant changé, nous sommes confrontés à des situations absurdes qui plombent les économies dites développées qui sont en voie de paupérisation. J’en cite une. Ursula Von de Leyden, qui laissa dans son sillage de ministre de la défense allemande de 2013 à 2019 une armée allemande ne pouvant pas aligner plus de dix hélicoptères de combat en état de fonctionnement, vient d’annoncer à l’Europe un plan “turbochargé “pour la 5G. Cette tactique ne cherche qu’à détourner l’attention du public mais elle souligne aussi une ignorance crasse du monde réel.

Comme tout le monde le sait, le leader mondial de cette technologie est la société Huawei, basée à Shenzhen. C’est la raison pour laquelle le Pentagone voulait la couler car on ne pouvait tolérer qu’une société chinoise soit un leader mondial dans un domaine de haute technologie.

Quelques jours avant qu’Ursula von der Leyden ne fasse son annonce qui occupa la première page des journaux européens, Huawei avait annoncé, à Shenzhen et non à Pékin, dans une réunion “low-key”, ses résultats de l’année 2021. Ils étaient exceptionnels – Huawei n’avait donc pas eu besoin de l’Europe et des Etats-Unis pour survivre aux sanctions occidentales la frappant. Elle annonça son budget de recherche pour l’année 2022 : 20 milliards de dollars. Ce budget correspond au budget de la France dans la recherche, mais sur dix ans !

Mais le mieux était cette petite phrase : “Comme le développement et l’installation de la 5G en Chine est terminé, nous tournons notre attention désormais vers la 6G et le monde virtuel …”

Vous comprenez là que l’Europe a un problème fondamental de vision vis-à-vis de la Chine. Il est plus que douteux pour des raisons trop longues à exposer ici que sa posture soit la bonne en refusant énergiquement d’être du bon côté de l’histoire. Sans doute serait-il utile d’écouter une puissance plus ancienne et plus forte qu’elle. La belle époque de la politique de la canonnière sur laquelle l’Europe construisit sa puissance et que nos livraisons d’armes sur le front ukrainien copient est révolue.

Qui va dire à Ursula Von der Leyden que Lao T’seu avait raison ? Si le bloc Sino-Russe maigrit suite à nos agressions perpétuelles, nous sommes tous morts.

Serge Berthier
Résident permanent à Hong Kong
Auteur du livre “CHINE : Comment l’Occident se fabrique des ennemis” (édition du Panthéon)
Fondateur de la revue Asian Affairs.
Membre fondateur du Boao Forum for Asia


[1] La justice fédérale américaine donna raison à Snowden en confirmant en juillet 2020 que toutes les informations collectées sous la gouverne du général Alexander (directeur du NSA de 2005 à 2014) étaient illégales. Sept ans plus tard, Snowden vit en Russie, Alexander se retrouve membre du conseil d’administration de Amazon et Assange en prison pour avoir révélé des crimes de guerre !

[2] devant le Sénat américain le le 4 avril 2022. Il s’agissait de justifier la demande budgétaire de 773 milliards de dollars pour le Pentagone sur les 813 milliards alloués en 2023 pour le ministère de la défense.

[3] Les idées de Brzeziński défendues dans le camp des démocrates américains étaient en vogue à l’époque du président Bill Clinton, et Madeleine Albright (1937-2022), sa secrétaire d’état aux affaires étrangères (1997-2001) en incarnait la quintessence ou bien l’inconscience. Elle restera dans l’histoire pour avoir déclaré dans un entretien que les sanctions prises envers l’Irak “valaient la peine”, bien qu’ayant entraîné comme dommage collatéral de ce conflit la mort de 567 000 enfants. Quant au sénateur Joe Biden, il avait voté pour que Belgrade soit bombardé “afin de sauver les Kosovars”. Les victimes civiles furent serbes mais aussi chinoises !

[4] Lire sur le sujet un entretien avec Sergey Kopilov, économiste de l’Université Russe Plekhanov. L’entretien est disponible seulement sur Russia Today, d’où l’intérêt d’accéder à ce site d’information avec un VPN.

[5] “We have never seen a global response to address those sufferings and we’ve been calling for setting a precedent in the region to address the brutality against the Syrian people, against the Palestinians, or against the Libyans, or against the Iraqis, or against the Afghans,” he said. Sheikh Mohammed noted that he hopes the situation in Ukraine would serve as a wake up call to address regional issues. “Without having a proper response globally to these kinds of actions or holding the people who committed those actions accountable, we’re going to see more and more expansion of such a behaviour,” he added. Echoing the same sentiments, Prince Faisal stressed that the engagement of the global community has been “different”, calling for the need to have more comprehensive dialogue on such matters. (Doha News – 26/3/2022)

[6] Une récente escarmouche illustre le niveau lamentable des échanges entre les représentants des pays du G7 et le reste du monde. Alors que l’institution vient de prendre position sur l’affaire ukrainienne, le représentant des Pays-Bas s’est permis d’admonester son collègue indien, lequel lui a rétorqué “Don’t patronize me!”.

[7] . Les premiers participants furent Gérald Ford (Etats-Unis), Takeo Michi (Japon), Helmut Schmidt (Allemagne de l’Ouest), Aldo Moro (Italie), Harold Wilson (Royaume-Uni) et l’hôte, Valéry Giscard d’Estaing (France).

[8] Nous utilisons les chiffres de Global Fire Power, tirés des statistiques du FMI disponibles ici. Utiliser la parité du pouvoir d’achat (PPP) pour calculer le produit national brut d’un pays permet d’éliminer le facteur dollar dans le calcul de cet index dans les économies telle que celles des pays du BRICS où le dollar n’est pas un outil transaction. Ceci est d’autant plus pertinent aujourd’hui que ces pays ont signé des accords de soutien inter-monétaire réciproque excluant le rôle du dollar.

[9] Jeremiah Jacques – 16/2/2022 – journaliste américain

[10] Tunxi est une ville à une heure de vol de Shanghai.

[11] Remarquez ici que la première réunion avait eu lieu avant que les Américains ne se retirent piteusement de Kaboul. La Chine prévoyait donc déjà la suite – sans les Etats-Unis dans cette partie du monde.

[12] Il faut noter que la Russie a déjà accrédité un représentant des Talibans comme représentant diplomatique du pays. La Chine ne le fera que lorsque le pays aura remis en vigueur l’ancienne constitution du pays et formé un gouvernement inclusif respectant les droits de la femme et de l’enfant. Mais cela reste une affaire interne à l’Afghanistan qui a les plus grandes difficultés à organiser ses ethnies autour d’un projet commun.

[13] Pour mémoire, pour des raisons historiques, les volumes de production de pétrole se mesurent en barils. Un baril contient environ 42 gallons américains, 35 gallons impériaux, soit 159,11315 litres.

[14] Notamment parce qu’en 2021 un gisement géant a été découvert dans la région autonome ouïgour du Xinjiang (nord-ouest de la Chine). Selon le China National Petroleum Corporation (CNPC), le champ ultra-profond contiendrait plus de 1 milliard de tonnes. On devrait pouvoir en extraire 4 millions de tonnes de pétrole par an.

[15] Voilà la réalité qui illustre les limites du pouvoir américain à changer le cours des choses. Il est évident pour tout observateur que dès lors que la Chine et l’Inde n’acceptaient pas les règles de Washington en matière de commerce pour museler l’Iran pour servir les intérêts d’un autre pays, c’était mission impossible. Mais il est dur de l’avouer.

6 avril 1917, le président Wilson demande au Congrès des Etats-Unis de déclarer la guerre à l’Allemagne, au nom du droit, pour la démocratie et contre les gouvernements autocratiques…

6 avril 1917, le jour où l’Amérique entra en guerre

31 mai 1916… Britannia, la fille préférée de Neptune…

Aux derniers jours de mai 1916, en mer du Nord un choc titanesque avait eu lieu dans le Skagerrak, entre les croiseurs cuirassés de la Hochseeflotte[1] et leurs homologues de la Grand[2] Fleet. Les Britanniques avaient concédé de lourdes pertes puis les puissants bâtiments de l’amiral Scheer s’étaient échappés pour rentrer presque sans encombre dans leur base de Wilhelmshaven à l’abri des barrages de mines de la baie allemande.

Pourtant, malgré cette sortie spectaculaire et la violence des coups assenés, la mer n’en restait pas moins salée. Cette unique bataille navale d’importance[3] de la guerre n’avait en effet aucunement permis à la marine allemande de desserrer l’étau du blocus qui jour après jour étouffait inexorablement l’économie du Reich. En pleine bataille de Verdun, quelque part entre la Norvège et le Danemark, l’Angleterre avait sans doute frôlé la catastrophe mais elle restait sur les vagues la fille préférée de Neptune, maitresse incontestée du grand large.

Depuis 1914, les navires de la Home Fleet imposent à l’Allemagne le blocus de la mer du Nord.
31 mai 1916, éclairé du ciel par les Zeppelins la Hocheseeflotte allemande en ordre de bataille dans le Skagerrak tente en vain de desserrer l’étau du blocus britannique.

VERDUN ! En décembre 1916, après dix mois de fracas et d’enfer, la poussière des combats et le silence retombaient enfin sur le champ de bataille de Verdun. Avec les combats de la Somme, plus de 500 000 soldats français, britanniques et allemands avaient péri. Les deux camps étaient exsangues. Cependant, au prix d’un effroyable sacrifice humain, la France et son armée de paysans arc-boutés à la terre avait tenu.

Soldats français et allemand

Décembre 1916 : « La poussière des combats et le silence venaient de retomber sur le champ de bataille de Verdun… »

12 décembre 1916, ultime offre de paix du Kaiser avant la guerre sous-marine…

Kaiser Wilhelm II of Germany – 1902

1916 s’achevait donc et le monde entrait dans sa troisième année de guerre. Pour l’état-major allemand, la situation militaire apparaissait sans issue. A l’ouest, l’effondrement attendu de l’armée française destiné à provoquer une rupture de l’alliance franco anglaise ne s’était pas produit. Malgré l’épuisement et les morts, désormais le carburant, les munitions, la nourriture et tout le matériel nécessaire à la conduite d’une guerre moderne affluaient régulièrement, acheminés par l’océan Atlantique des usines du Nouveau Monde directement jusqu’aux poilus dans les tranchées du front occidental.

Pour le commandement suprême allemand, l’heure était grave car le temps jouait désormais nettement contre les empires centraux. La guerre sous-marine, en sommeil depuis 16 mois, apparut comme le dernier moyen de gagner la guerre. Le Maréchal Hindenburg, chef des armées impériales, demanda donc sa reprise sans restriction. Après la triste affaire du paquebot Lusitania en mai 1915 où avait péri une centaine de citoyens américains, le chancelier Bethmann-Hollweg s’était farouchement opposé à l’amiral Tirpitz sur ce sujet et restait convaincu que la guerre sous-marine serait un choix désastreux qui entrainerait l’entrée en guerre immédiate des Etats-Unis et la défaite inéluctable du Reich. Les experts de la marine impériale étaient alors entrés dans la partie en affirmant qu’un engagement des submersibles à partir du 1er février 1917 mettrait l’Angleterre hors de combat le 1er août au plus tard, c’est-à-dire bien avant l’arrivée des premiers soldats américains. Avant de prendre cette lourde décision, le Kaiser adressa le 12 décembre 1916 une offre de paix aux puissances en demandant la médiation des Etats-Unis.

2 Février 1917, l’Allemagne relance la guerre sous-marine

La vertueuse Amérique du président Wilson

Le très pacifiste et très isolationniste président Woodrow Wilson, qui venait d’être réélu en novembre 1916 à une forte majorité grâce aux voix des Américains d’origine allemande sur un programme de neutralité, décida d’agir une dernière fois en faveur de la paix. En réponse au Kaiser, il invita le 21 décembre 1916 les deux parties à faire connaître leurs conditions. Cette tentative fut reçue à Paris et à Londres comme un aveu de faiblesse. L’Allemagne tentait donc d’obtenir par ruse ce qu’elle ne pouvait plus obtenir par force… De part et d’autre, l’aveuglement et la haine étaient effroyables. Depuis le début des hostilités, la vertueuse Amérique se posait en championne de la concorde et de la paix et menait une politique d’apparente neutralité. Blocus anglais et guerre sous-marine allemande lui causaient un égal préjudice commercial. La balance n’était pourtant pas égale. La Grande Bretagne pouvait sans difficulté opposer une sourde oreille aux protestations américaines contre les restrictions imposées au commerce des neutres alors que l’Allemagne impuissante ne pouvait que constater amèrement la livraison par les Etats-Unis aux alliés de fournitures de guerre. Pour aplanir les casus belli, le président américain qui offrait sa médiation aux deux belligérants avait dépêché auprès des gouvernements de Londres et de Berlin son émissaire personnel, le colonel House. Pour ses affaires sérieuses, l’Amérique blanche anglo-saxonne et protestante ne faisait pas grand cas de Paris et encore moins de Saint Pétersbourg. Le Président Wilson considérait avec hostilité l’idée d’une alliance avec la Russie autocratique. Il n’était donc pas question pour la libre Amérique de rejoindre la Triple Entente. L’Angleterre ne perdait cependant pas tout espoir d’associer très prochainement l’Amérique à la guerre. Au début de 1917, pour donner plus ample matière à réflexion au gouvernement américain, Londres laissa complaisamment se répandre dans les milieux capitalistes de la bourse de New-York la rumeur alarmante d’un effondrement financier de la City imminent et total. L’Amérique se trouvait donc placé devant un pénible dilemme : ou reconnaitre l’insolvabilité de son principal débiteur et être ruiné à son tour ou entrer résolument dans la guerre !

Révolution russe et croisade américaine…

Dès qu’il apparut que son offre de paix était rejetée par les alliés, l’Allemagne annonça aux neutres le 2 février 1917 qu’elle lâchait désormais la bride à ses sous-marins contre tout trafic maritime dans les eaux bordières de l’Angleterre, de la France et de l’Italie. Le 4 février, entre Washington et Berlin, le dialogue diplomatique était rompu.

Mais, entre la rupture et la déclaration de guerre, il allait encore s’écouler deux mois pendant lesquels le centre de gravité des évènements politiques du monde se déplaça vers la Russie. Le 10 mars, emporté par une révolution, l’Empereur Nicolas II abdiquait. L’effondrement du colosse russe avait commencé. Pour l’Amérique puritaine, la Russie, par une grâce soudaine, rejoignait le camp fréquentable des nations démocratiques. Pour Wilson la dernière restriction morale à l’engagement venait de tomber. A Saint Pétersbourg, le gouvernement provisoire de Kérenski poursuivait encore la guerre aux côtés des alliés occidentaux. Cependant, dans cette surenchère du malheur, l’Allemagne gardait encore dans sa manche un coup à jouer : Lénine !

Février 1917, révolution en Russie. Emeutes de la faim à Saint Pétersbourg : « Nourrissez nos enfants, défenseurs de la patrie » … « Augmentation des rations pour les familles de soldats défenseurs de la liberté et de la paix pour le peuple. »

Pendant ce temps à Vienne, le jeune empereur d’Autriche Charles 1er de Habsbourg, lié à l’Allemagne par des traités dont il voulait se défaire, redoutait les conséquences d’un prolongement du conflit et se montrait disposé à une paix séparée avec la France. Il était entré en conversation secrètement au mois de mars en Suisse avec des émissaires du Président Poincaré. Pour mettre un terme au conflit, le souverain autrichien cherchait une solution diplomatique raisonnable mais d’un autre temps. La France à laquelle il s’adressait n’existait plus dans les nouvelles relations internationales et lui opposa malheureusement une fin de non recevoir. Parmi les quatorze points du plan Wilson qui allait engager l’Amérique pour la première fois de son Histoire dans les affaires du monde, le premier exigeait la fin de la diplomatie secrète et le dixième proclamait l’autonomie des peuples d’Autriche-Hongrie… Le maintien d’une vieille dynastie catholique au centre de l’Europe n’était évidemment pas prévu. Au contraire, entre une paix raisonnable et négociée avec l’Autriche ou la poursuite de la guerre totale avec l’Amérique jusqu’à la capitulation sans condition de l’adversaire, les gouvernants de la troisième république qui n’avaient ni la volonté ni la force de s’opposer à l’ordre serré des marchands d’outre-Atlantique avaient choisi… Dans cette lutte implacable pour la puissance, le sort de la double monarchie austro-hongroise et de l’Europe était irrémédiablement scellé.

Finalement, c’est l’Amirauté britannique qui mit fin au suspense en publiant un document qu’elle tenait en réserve, un télégramme secret du ministre des Affaires Etrangères allemand, Zimmermann, révélant une intention de créer des complications à la frontière du Mexique et des États-Unis. L’effet sur l’opinion publique fut immédiat ! Le 6 avril 1917, dans un enthousiasme indescriptible, le président Wilson devant le Congrès des Etats-Unis lançait sa croisade en Europe au nom du Droit, pour la démocratie, contre les gouvernements autocratiques et votait la guerre contre l’Allemagne.

6 avril 1917, le président Wilson demande au Congrès des Etats-Unis de déclarer la guerre à l’Allemagne, au nom du droit, pour la démocratie et contre les gouvernements autocratiques…
6 avril 1917, le président Wilson demande au Congrès des Etats-Unis de déclarer la guerre à l’Allemagne, au nom du droit, pour la démocratie et contre les gouvernements autocratiques…

[1] La flotte de haute mer allemande de la première guerre mondiale basée à Wilhelmshaven.

[2] La Home Fleet traditionnellement chargée de défendre les eaux territoriales britanniques avait été renommée Grand Fleet le 4 août 1914, lors de l’entrée en guerre de la Grande Bretagne.

[3] Bataille du Jutland 31 mai 1916

trump poutine

Trump rappelle ses bonnes relations avec Poutine et le risque de guerre nucléaire

L’ancien président américain Donald Trump a parlé de bonnes relations avec le président russe Vladimir Poutine et le président chinois Xi Jinping et a souligné qu’il était bon de s’entendre avec les dirigeants des pays dotés de puissantes armes nucléaires. C’est ce qu’a déclaré le 45e président des États-Unis sur Fox News.

«Vous savez, c’est bien de s’entendre avec des gens comme Poutine <…> J’ai eu des négociations avec le président Xi, j’ai d’excellentes relations avec eux. Si Hillary Clinton avait gagné, il y aurait eu une guerre nucléaire avec la Corée du Nord et Kim Jong-un. Je m’entendais bien avec lui aussi”, a déclaré Trump.

Selon lui, s’il était resté président des États-Unis, Poutine « n’aurait jamais attaqué l’Ukraine ». « Ils avaient tous peur de Trump, mais ils le respectaient. C’est vrai », a ajouté l’ex-président.

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massacres d'enfants tués à Gaza par les bombardements israéliens

La loi du plus fort

Ce qui se passe au Proche-Orient manifeste une fois encore le mépris du clan Judéo-Protestant, washingtonien et israélien, pour la vie de ceux qui ne sont pas des leurs ou refusent de leur être soumis. Ces gens prospèrent sur le chaos.

J’admets pleinement que le massacre du 7 octobre méritait une riposte à la hauteur de l’attaque. Il me semble, en effet, que le livre de l’Exode impose une sanction égalitaire, si la punition en retour est voulue. Chez nous, après les tueries islamiques, l’État oublie et ne sanctionne pas vraiment, ce que je regrette… La loi du Talion dit bien, œil pour œil, dent pour dent. Le mot lui-même vient du latin Talis signifiant semblable. Or nous constatons une disproportion de la riposte des Israéliens. Elle atteint une cible élargie à de simples personnes étrangères à cet attentat et très certainement davantage impliquées dans leur survie que dans l’idéologie. Des milliers de Palestiniens, hommes, femmes, enfants, meurent ou sont blessés sous les bombes israélo-états-uniennes.

Les Israéliens ne respectent donc même pas les principes anciens de leur propre religion. Je pourrais me réjouir de cette guerre en y voyant la recherche d’un abaissement de l’Islam dont nous subissons en France, à la fois l’invasion et la violence inhérente à l’application intégrale de ses textes fondateurs. Après tout le Coran et les textes annexes regorgent d’appels au meurtre des juifs et des chrétiens; mais je porte un regard plus global sur cette affaire. Outre le fait qu’il y ait aussi des chrétiens parmi les tués, ce qui serait suffisant pour me déterminer contre cette méthode de guerre, je vois surtout un risque majeur qui m’amène à considérer cette opération comme criminelle, hypocrite et dangereuse.

Israël se dévoile tel qu’il est, en appendice des États-Unis qui se veulent les maîtres de l’Occident, à moins plus sûrement, que l’univers des protestants états-uniens soit tellement associé à la diaspora juive qu’il y ait une relation intime entre les intérêts des uns et des autres. Les méthodes de bombardement sont d’ailleurs très visiblement dupliquées des raids aériens états-uniens qui ne font jamais cas des effets collatéraux. Souvenons nous, à cet égard, de Madeleine Albright qui, en 1996, à propos du conflit irakien et la mort de plus de 500 000 enfants à la suite de l’intervention états-unienne, affirma que le prix en valait la peine.

Cet ensemble politico-religieux détenant la plupart des médias européens et nord-américains, disposant des relais politiques au plus haut niveau en Europe et du formidable réseau des Sayanims, peut rester indifférent aux conséquences de ses actions ou même les assumer.

Israël nous implique ainsi dans un conflit que nous ne souhaitons pas, car il est lourd de conséquences possibles pour nous. Si les dirigeants des pays musulmans peuvent faire preuve de pragmatisme, tout comme Israël qui n’hésite pas à flirter avec eux, il en est autrement des peuples.

L’Ouma est par nature rigide et solidaire. La population musulmane vivant en France s’inscrit entièrement dans cette collectivité islamique. Elle se positionne du côté des Palestiniens et du Hamas regardé comme une organisation défendant les musulmans. Il est clair que dans cette guerre, l’éradication du Hamas n’est qu’un prétexte pour vider la bande de Gaza de ses habitants et ainsi avancer vers l’objectif de création de ce Grand Israël qui aurait été celui du roi David. Il n’est donc pas irréaliste de s’interroger sur la trop parfaite réussite du raid du groupe terroriste.

Après tout la CIA a bien monté le piège ukrainien dans lequel la Russie est tombée et a étonnamment installé un président ukrainien de religion juive.

Les Israéliens voudraient apparemment reprendre et achever le combat biblique entre les Hébreux et les Philistins. Mais ni eux ni les Palestiniens ne sont réellement les héritiers de ces deux peuples antiques. Dans cet affrontement nous avons en présence des Occidentaux et des populations arabisées. Il ne s’agit pas d’un affrontement immémorial, mais d’une lutte entre le monde occidental américanisé et un monde dominé par l’Islam. En tout cas c’est ainsi qu’il est perçu par les musulmans.

Cependant, nous Français qui relevons de l’Occident vrai, celui que nous avons en très grande partie bâti, ne pouvons accepter cette façon de procéder à laquelle certains voudraient nous associer.

Dans les circonstances actuelles Israël agit naturellement en harmonie avec les ambitions étatsuniennes. Dans l’idéologie de la caste dominante à Washington, le désordre permet de mieux soumettre les peuples en suscitant de nouveaux dirigeants, de nouvelles entités ou de nouvelles frontières, comme notamment sur le continent européen.

Les États-Unis ont attisé des «révolutions de couleur» dans l’ancienne URSS et fomenté le « printemps arabe » au Proche et Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Ils ont surtout tenté de façonner d’autres pays et de modifier l’ordre mondial au prétexte de la diffusion des principes démocratiques et des «droits de l’homme» et surtout de la supériorité de leur mode de vie, l’american way of life, qu’eux seuls imaginent universel. Leur intervention en Ukraine procédait de cet objectif.

Les « modèles de démocratie » se sont effondrés les uns après les autres. Ils ont créé un chaos propice à leur hégémonie et à l’exploitation, à leur profit, des richesses des sols et des sous-sols. Ne dit-on pas qu’il y aurait des gisements d’hydrocarbures au large de Gaza?

Face à cette menace de déstabilisation les responsables des pays arabisés se taisent. Ils sont certainement satisfaits de l’élimination d’un danger terroriste et se méfient aussi des réactions populaires qui les obligeraient à s’engager. Ils craignent surtout de subir les manœuvres hostiles des deux complices.

Cette guerre s’avérait ainsi inévitable, seule la date de son déclenchement ne pouvait être précisée. Dans la suite des conflits en Irak et en Syrie, face à la montée en puissance iranienne, voire turque, elle est logique. Elle prolonge aussi celle menée en Ukraine, dont les conséquences ne sont cependant pas totalement celles qu’envisageaient les États-Unis. Elle aura ressuscité un géant mais abaissé économiquement les principales puissances européennes, dont la plupart sont devenues plus étroitement dépendantes militairement et politiquement de Washington. Elle précède un nouveau chaos en Asie, à propos de Taïwan, face à la Chine.

La devise du maréchal de Lattre était « ne pas subir ». Or la France subit. Ceux qui la dirigent, espérant une vêture supranationale, ne peuvent plus exprimer la voix traditionnellement puissante de notre pays. Engoncés dans l’européisme, ils font ce qui leur est dit de faire quand bien même ils pourraient faire différemment. Un espoir d’un recouvrement d’autonomie pourrait toutefois être perçu dans le refus des trois pays latins, Italie, Espagne et France, d’engager leurs Marines, en mer Rouge, à côté de la Marine états-unienne, face aux Houthis yéménites associés au Hamas. Il est vrai que ces trois pays méditerranéens se trouvent au contact immédiat des terres et des peuples musulmans. Le danger oblige… Ils ne prendront pas le risque qu’un soutien aussi marqué à Israël les entraîne dans une guerre israélo-étatsunienne qui n’est pas la leur. Plus curieux est le désistement de l’Australie qui bien qu’appartenant à l’univers anglo-saxon, tient sans doute rigueur aux États-Unis de l’avoir grugée dans l’affaire des sous-marins.

Il est donc grand temps de se pencher sur les causes de notre abaissement et d’y remédier. Il est urgent de retrouver notre indépendance pour agir et défendre nos intérêts nationaux. Ils ne sont ni ceux des États-uniens, ni ceux des Israéliens, ni évidemment ceux de l’Union Européenne.

Général (2s) Henri ROURE

fin aide

Washington arrive au bout de son financement à l’Ukraine

Les États-Unis ne peuvent plus envoyer d’aide militaire à Kiev en raison de l’arrêt du financement, a déclaré le coordinateur des communications stratégiques de la Maison-Blanche, John Kirby, lors d’un point de presse.

« L’aide que nous apportions est au point mort », a-t-il déclaré.

Selon Kirby, l’allocation ultérieure de fonds à Kiev dépend entièrement du Congrès.

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La nouvelle armée américaine met en avant ses transsexuels

Le suzerain US présumé “protecteur” que la gouvernance de l’UE a choisi pour nous est-il le bon ?

Dans un article sans langue de bois, l’excellent site en ligne “De Defensa.org” résume l’état actuel de l’US Army (Armée de Terre US) sans laquelle aucune guerre de haute intensité classique (de type Ukraine) contre un adversaire préparé et solide (de type Russie, Chine ou Iran) n’est possible et gagnable.

Le titre de l’article ? “L’US Army comme en 40″. Cet article décrit une Armée de Terre US en déliquescence qui n’est plus que l’ombre de ce qu’elle a pu être. L’article se fonde sur une interview du général US Paul E. Valleley, de ‘Stand Up America’.

Ayant rédigé de nombreux rapports sur l’état de l’Armée US alors que j’étais en fonction aux USA, et ayant suivi cette question de près, je confirme pleinement la teneur de cet article.

Pour moi, l’Armée de Terre US est aujourd’hui incapable de conduire et de gagner une guerre de haute intensité contre un ennemi sérieux (Russie, Chine et Iran) et encore moins contre les trois ensembles, y compris dans le cadre de l’OTAN.

Cette Armée de Terre US est en sous effectif important. Ce sous effectif n’est pas dû à un manque de moyens financiers ou à des droits budgétaires en effectif insuffisants. Il est dû au manque de volontariat des jeunes citoyens US qui rechignent à s’engager et à se battre pour tout et n’importe quoi et ce, malgré les ponts d’or qui leur sont faits par les organismes de recrutement en charge de les convaincre de servir leur pays.

La gestion calamiteuse de la crise Covid dans les Armées US a provoqué le départ de dizaines de milliers de soldats qui ne reviendront pas.

Non seulement cette Armée de Terre est devenue “squelettique” au fil du temps, mais elle est désormais “dispersée” sur quelques 1 000 bases réparties sur l’ensemble de la planète.

Une guerre de haute intensité nécessite toujours une concentration des forces qui paraît difficilement réalisable au moment où les USA (et l’OTAN) se permettent de défier simultanément la Russie en Ukraine, la Chine en Asie de l’Est et l’Iran en Asie de l’Ouest.

Qui trop embrasse, avec des moyens squelettiques, mal étreint.

Une remontée en puissance de l’US Army, dans un environnement très défavorable au recrutement de professionnels nécessiterait le rétablissement de la conscription aux USA et accessoirement dans les pays membres de l’OTAN. En outre cela prendrait une bonne année pour préparer des forces à un affrontement de haute intensité et probablement beaucoup plus de temps pour mettre en ligne les matériels et munitions en qualité et en nombre suffisants. Il faudrait, en outre, être en mesure d’y consacrer les financements massifs indispensables, ce qui est loin d’être envisageable dans l’état actuel des économies occidentales.

Ces éventuels préparatifs ne passeraient évidemment pas inaperçus de nos adversaires potentiels qui prendraient les dispositions pour y faire face avec le temps d’avance qu’ils possèdent encore aujourd’hui.

En clair, les USA (suivi aveuglément par l’OTAN) ont fait une grave erreur d’appréciation en voulant imposer leur loi simultanément à la Russie, à la Chine et à l’Iran au moment même où leur Armée de Terre n’a jamais été aussi peu nombreuse et aussi dispersée sur l’ensemble de la planète et au moment ou sa jeunesse n’a jamais été aussi peu encline à se battre dans des terres lointaines pour n’importe quoi.

Le bluff du bloc occidental n’a donc pas marché. Il n’a pas marché et ne marchera pas parce que le monde entier connaît aujourd’hui la réalité des faibles moyens dont l’occident otanien dispose pour imposer sa volonté tant sur le plan militaire que sur le plan économique.

Nous allons donc perdre la (et même les) parties que nous avons très imprudemment engagées. C’est une certitude, et le temps qui passe rendra la défaite de plus en plus douloureuse et de plus en plus irréversible pour l’occident otanien, tant militairement qu’économiquement. Notre jusqu’au-boutisme tous azimuts ne sera pas gratuit. Il nous faudra en payer le prix.

La leçon à tirer ? C’est qu’avant d’engager une guerre avec espoir de la gagner, il faut être sûr de l’avoir préparé sérieusement et choisir un adversaire à sa mesure. C’est ce que nous (USA, UE, France) n’avons pas fait.

Mais à chacun de se forger son opinion, bien sûr.

DD

PS : J’apprends la nomination de Gabriel Attal au poste de Premier Ministre. Je suis évidemment très heureux que la France puisse présenter un candidat de choix pour une nomination au palmarès confessionnel et mondial de l’Influence du Jerusalem Post 2024 au côté de Benjamin Netahyahou et de Ron Lauder, éternels nominés. La France retrouvera peut être ainsi la place qu’Elisabeth Borne, nominée en 3ème position en 2022, avait malheureusement perdu en 2023.

maladie austin

Scandale politique autour de la maladie cachée du secrétaire à la Défense Lloyd Austin

L’administration du président américain Joe Biden a commencé l’année avec un scandale retentissant, au centre duquel se trouvait le secrétaire à la Défense Lloyd Austin. La raison de la clarification des relations entre le Pentagone, la Maison Blanche et le Congrès était la dissimulation de la maladie du principal responsable de la sécurité américaine, annoncée seulement trois jours après son hospitalisation le 1er janvier. Malgré la volonté de Joe Biden de freiner le scandale, la tentative de dissimulation de la maladie d’un haut responsable, inacceptable pour la culture politique américaine, a permis aux républicains de lancer une nouvelle attaque contre le chef de la Maison Blanche en année d’élection présidentielle.

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armenie usa

L’Arménie accepte de rencontrer l’Azerbaïdjan sous l’égide des États-Unis

Erevan a accepté de tenir une réunion avec Bakou à Washington dans un format trilatéral, a déclaré le secrétaire du Conseil de sécurité arménien Armen Grigoryan.

“L’Arménie a accepté de tenir une réunion à Washington. Lorsqu’un accord final sera trouvé entre toutes les parties, l’Arménie est prête à se rendre à cette réunion”, a déclaré Grigoryan à la télévision publique.

Il a noté que cette question avait été discutée lundi lors d’une réunion à Erevan avec Louis Bono, conseiller principal du Département d’État américain pour les négociations dans le Caucase.

“Le but de la réunion est de poursuivre les négociations à Washington dans un format trilatéral et de progresser dans la signature d’un accord de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan”, a précisé Grigoryan.

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congres shutdown

États-Unis : un accord trouvé pour éviter le “shutdown”

Les deux chambres du Congrès américain sont parvenues à un accord sur le financement du gouvernement en 2024, a déclaré le président américain Joe Biden. Selon lui, cela rapproche le pays de la prévention d’un shutdown (suspension du travail gouvernemental) et de la protection des priorités nationales.

La conclusion de l’accord a également été confirmée par les présidents de la Chambre des représentants et le chef de la majorité au Sénat, rapporte NBC News.

L’accord fixe les niveaux de dépenses globaux à 1 590 milliards de dollars pour l’exercice 2024. Cela comprend 886 milliards de dollars de dépenses militaires et 704 milliards de dollars de dépenses non militaires, note la chaîne de télévision.

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biden ukraine

Zelensky en visite à Washington, Biden débloque 200 millions de dollars

Le président américain Joe Biden a déclaré qu’il avait approuvé un nouveau programme d’aide militaire de 200 millions de dollars pour l’Ukraine.

“Je viens d’approuver l’allocation de 200 millions de dollars supplémentaires à l’Ukraine par l’intermédiaire du ministère de la Défense, ils arriveront bientôt”, a déclaré Biden lors d’une réunion avec le dirigeant ukrainien Vladimir Zelensky à la Maison-Blanche. Son discours a été diffusé par C-SPAN. Dans le même temps, il a déclaré que « le Congrès américain devrait se mettre d’accord sur l’attribution de fonds supplémentaires » pour soutenir Kiev.

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usa sanctions

Washington rallonge la liste de ses sanctions contre la Russie

Les États-Unis ont élargi la liste des sanctions contre la Fédération de Russie, en y ajoutant des dizaines de personnes physiques et morales, a rapporté le département du Trésor américain. Ils ont précisé que la liste comprend environ 240 structures, dont des sociétés basées en Russie, au Kirghizistan, en Chine, aux Émirats arabes unis, à Singapour, au Tadjikistan, en Turquie, en Suisse, ainsi qu’à Chypre, aux Maldives et sur l’île de Jersey.

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vote aide

Le vote de l’aide américaine à l’Ukraine échoue au Congrès

Le projet de loi sur l’allocation de l’aide à l’Ukraine, à Israël et à Taiwan n’a pas été adopté lors d’un vote de procédure au Sénat du Congrès américain. La réunion a été retransmise sur le site Internet de la chambre haute du corps législatif américain.

L’initiative prévoyait l’attribution de crédits budgétaires supplémentaires d’un montant de 106 milliards de dollars, dont 61 milliards de dollars pour l’aide à l’Ukraine.

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biden ukraine

Biden : “Ne pas soutenir l’Ukraine est une folie absolue”

Il serait « absolument fou » que les États-Unis ne s’entendent pas sur une nouvelle aide à l’Ukraine, a déclaré le président Joe Biden, cité par le pool de presse de la Maison-Blanche.

“Ne pas soutenir l’Ukraine est une folie absolue. Cela va à l’encontre des intérêts des États-Unis. C’est tout simplement une erreur”, a déclaré le dirigeant.

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mort kissinger

L’ancien secrétaire d’État et prix Nobel de la paix Henry Kissinger est mort à 100 ans

L’ancien secrétaire d’État américain, prix Nobel de la paix et cardinal fantôme de longue date de la politique américaine, est décédé après avoir célébré son centenaire et à peine avant le 75e anniversaire de sa propre activité politique. C’est peut-être le seul homme politique au monde qui a conservé son influence à l’échelle internationale à un âge aussi impressionnant. Les Izvestia rappellent le parcours de vie du doyen de la scène politique.

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usa yemen

Washington accuse les Houthis d’avoir tiré des missiles en direction d’un de ses navires militaires

Deux missiles balistiques ont été lancés depuis le Yémen vers le navire de la marine américaine USS Mason après son arrivée pour aider le pétrolier détourné Central Park, a indiqué le commandement central américain (CENTCOM).

« Le 27 novembre, deux missiles balistiques ont été tirés depuis les zones contrôlées par les Houthis au Yémen vers l’emplacement de l’USS Mason (DDG 87) et de l’USS Central Park », a-t-il déclaré dans un message sur les réseaux sociaux.

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austin kiev

Lloyd Austin à Kiev pour “envoyer un signal important”

Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, s’est rendu à Kiev le 20 novembre pour, selon ses propres termes, « envoyer un signal important » sur la volonté de Washington d’aider l’Ukraine « maintenant et à l’avenir ». Dans le contexte des discussions en cours aux États-Unis sur le volume et le calendrier de l’aide à l’Ukraine, ainsi que de l’anxiété et de l’incertitude croissantes au sein de l’Union européenne pour cette raison, la visite du chef du Pentagone s’est avérée véritablement significative. Cependant, il est évident qu’il ne se serait guère rendu à Kiev dans le seul but de « donner un signal ». Il était tout aussi important pour lui de connaître personnellement la situation sur les fronts et de se familiariser avec les plans stratégiques du commandement ukrainien, afin, probablement, d’expliquer de manière plus convaincante au Congrès américain intraitable pourquoi la Maison-Blanche en demande autant pour les forces armées ukrainiennes.

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ioukos justice

La justice américaine examinera au fond l’affaire Ioukos à plusieurs dizaines de milliards de dollars

Le tribunal américain du district de Columbia n’a pas reconnu le droit de la Fédération de Russie à l’immunité souveraine aux États-Unis, la protégeant ainsi des réclamations des anciens actionnaires de la compagnie pétrolière liquidée Ioukos. Le 17 novembre, le juge Beryl Howell a décidé de rejeter la requête de la Russie, déposée en 2015, visant à déclarer le différend avec les anciens actionnaires de Ioukos hors de sa juridiction, selon l’ordonnance du juge obtenue par RBC via le service électronique américain d’accès aux documents judiciaires.

« Cette affaire peut désormais être examinée au fond afin de déterminer si les sentences finales [rendues en 2014 par la Cour permanente d’arbitrage de La Haye doivent être exécutées – RBC] sont conformes à la Convention de New York », a écrit la juge à l’appui de son ordonnance.

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xi biden

Rencontre Biden-Xi à San Francisco pour rassurer le monde

La première rencontre personnelle depuis un an entre le président américain Joe Biden et le président chinois Xi Jinping a eu lieu mercredi en Californie. Contrairement aux réunions bilatérales en marge, ce sommet sino-américain a eu lieu au domaine Filoli en Californie, plutôt qu’au principal lieu de l’APEC, le Moscone Center à San Francisco.

Ce choix a apparemment envoyé le message que ce sommet sino-américain n’était pas un « événement parallèle » ou une « réunion parallèle » de l’APEC, mais un sommet distinct, formel et très important, a rapporté la publication chinoise en anglais Global Times. Les analystes estiment que la tenue du sommet sino-américain avant la réunion des dirigeants de l’APEC, dans un contexte de troubles géopolitiques mondiaux et d’une économie mondiale qui peine à se redresser, envoie un signal positif à la réunion elle-même, au monde et à l’économie mondiale.

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zaloujny front

Zaloujny déplore une “situation difficile” sur le front

Le commandant en chef des troupes ukrainiennes, Valery Zaloujny, a déclaré sur sa chaîne Telegram avoir informé par téléphone le chef de l’état-major interarmées américain, Charles Brown, de la situation difficile sur certains secteurs du front, des projets de la période hivernale et des besoins des troupes ukrainiennes.

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usa gaza

Le renseignement extérieur russe affirme que Washington pousse secrètement Israël à accélérer son opération à Gaza

Les États-Unis appellent à huis clos les dirigeants israéliens à accélérer l’opération dans la bande de Gaza, car son retard pourrait affecter négativement la position de Joe Biden avant l’élection présidentielle, selon un communiqué du bureau de presse du Service russe de renseignement extérieur.

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4 juillet 1778 : Déclaration d'indépendance des Etats-Unis d’Amérique, par John Trumbull. De gauche à droite John Adams, Roger Sherman, robert Livingston, Thomas Jefferson et Benjamin Franklin.4 juillet 1778 : Déclaration d'indépendance des Etats-Unis d’Amérique, par John Trumbull. De gauche à droite John Adams, Roger Sherman, robert Livingston, Thomas Jefferson et Benjamin Franklin.

La noblesse française au service de la révolution américaine

À la fin de l’Ancien régime, l’Amérique fut la dernière grande passion de l’aristocratie française avant la Révolution. A l’exemple du jeune marquis de La Fayette et de tant d’autres, elle s’enflamma littéralement pour la cause de l’indépendance des treize colonies de Nouvelle Angleterre.

En 1773, des colons américains costumés en Indiens qui refusaient d’acquitter les taxes anglaises jetèrent par-dessus bord dans le port de Boston de précieuses cargaisons de thé de la compagnie des Indes britanniques. Cette fameuse Boston Tea Party marqua le début de la Révolution américaine et bientôt de la guerre. L’Angleterre envoya des troupes pour mater ce qu’elle croyait être une révolte mais c’était bien en fait une guerre qui commençait.

Dès que la proclamation d’indépendance du 4 juillet 1776 fut connue en France, de nombreux officiers vinrent prêter leur épée et leur fortune au Congrès américain, bien avant la déclaration de guerre contre l’Angleterre. Une mystérieuse officine d’affrètement, d’armement et d’assurance – la Compagnie Roderigue & Hortalez – sise dans l’ancien hôtel des ambassadeurs de Hollande rue Vieille du Temple à Paris, organisait les départs et se chargeait de faire passer discrètement en Amérique des hommes et des armes. À sa tête, Pierre Augustin Caron – devenu Monsieur de Beaumarchais en 1761 – agissait en sous-main du gouvernement français. Par ailleurs homme de lettre et de théâtre, il venait de donner en cette année 1775 Le Barbier de Séville, une comédie caustique à succès. Aventurier hors du commun, Beaumarchais était en même temps très représentatif d’une époque de fermentation politique. La monarchie française avait jeté un million de livres tournois dans cette affaire d’influence et de trafic d’armes à destination des Insurgents américains.

Portrait d’Armand Tuffin de La Rouërie en 1783, Musée d’Histoire de Philadelphie

Les voyages de ces volontaires n’allaient cependant pas toujours sans imprévu. Armand Tuffin de La Rouërie, gentilhomme breton plus tard à l’origine de la chouannerie à laquelle il sacrifia sa vie, fut parmi les premiers à courir l’aventure américaine sous le nom de guerre de Colonel Armand. Après une longue traversée de l’Océan Atlantique à la voile, c’est à la nage que La Rouërie aborde finalement aux côtes Maryland, accompagné de son fidèle domestique Lefebvre et de son palefrenier. Leur bâtiment, le Morris, un brick américain, ayant en effet coulé bas dans l’embouchure de la rivière Delaware, détruit par une frégate de surveillance anglaise. Les trois compagnons touchèrent donc terre au nouveau monde trempés mais vivants et heureux…

C’est dans cet état d’esprit que la fine fleur de l’aristocratie européenne, parmi laquelle les Français étaient de loin les plus nombreux, se donnait rendez-vous à Philadelphie au siège du tout nouveau Congrès des Etats-Unis d’Amérique en guerre contre le Roi d’Angleterre.

27 août 1776. Bataille de Long Island ou de Brooklyn au sud de New York entre les Insurgents américains et les troupes anglaises, par Domenick d’Andrea.

Les Tories et les Whigs

Tous les Américains ne voulaient pourtant pas se séparer de l’Angleterre. Comme le parlement anglais, le Congrès de Philadelphie se partageait entre les Tories conservateurs qui étaient loyalistes et les Whigs partisans de l’indépendance. Il existait en outre un parti très hostile à la France, l’Eastern Party mené par les grands planteurs de Virginie, les Adams et les Lee, qui avaient soutenu quinze ans plus tôt la conquête anglaise du Canada. Lorsque Benjamin Franklin vint à Paris solliciter le secours du Roi de France contre l’armée anglaise, il fut invité partout, flatté et fêté au-delà de toute mesure. «Franklin avait paru à la cour avec le costume d’un cultivateur américain… Cette nouveauté charma toutes les têtes vives des femmes françaises», écrit dans ses Mémoires Madame Campan, première dame de Chambre de la Reine Marie-Antoinette qui finira guillotinée sous la Terreur. Personne alors ne voulut se souvenir combien, sous cette allure pateline de négociant, cet étrange bonhomme qui ne disait rien, sans perruque, mal vêtu, chaussé de gros souliers s’était engagé contre la Nouvelle France. Toute la société parisienne entraînée dans un tourbillon de gaîté lui faisait une joyeuse farandole.

Bien des années et des orages plus tard, le vicomte Scipion de Castries, officier brave et talentueux, en parlant des Whigs, écrira dans ses Souvenirs Maritimes en 1825 : «Quoiqu’ils nous cajolassent beaucoup, leurs cajoleries avaient néanmoins quelque chose d’âpre et de dur qui voulait imiter la franchise républicaine et qui n’était qu’une grossièreté qui leur était naturelle. (…) rien ne pouvait nous dessiller les yeux dans cette funeste guerre. Nous n’avons jamais aperçu (les jeunes du moins) tout ce qu’elle avait d’immoral.»

La mode américaine

Les motifs de l’engouement français étaient nombreux. Il y avait d’abord un puissant ressentiment contre l’Angleterre. Pendant la guerre de Sept ans, le Royaume avait d’abord perdu ses vaisseaux à la bataille des Cardinaux puis un empire colonial aux Indes et au Canada. Le conflit avait pris les dimensions d’une véritable guerre mondiale et il avait été sans merci. La fin justifiant les moyens, les Anglais et leur ministre Pitt n’avaient reculé devant aucune infamie pour parvenir à la victoire finale. Pour affecter le recrutement des équipages de la Marine royale, l’amiral Boscawen avait ordonné la capture – sans déclaration de guerre – de plus de 6 000 marins français au commerce ou à la pêche. Cet acte de piraterie sans précédent, allait conduire tous ces malheureux à pourrir puis à mourir sur d’infâmes pontons ancrés dans les vasières des rivières de Plymouth ou de Portsmouth. La population française de l’Acadie, hommes, femmes et enfants qui n’étaient pourtant pas des combattants, fut arrachée à sa terre du Nouveau Monde. Ce «Grand dérangement» fut une manière «d’épuration ethnique» avant l’heure… Tous ces faits sinistres étaient alors frais dans les mémoires et nourrissaient chez les Français de toute condition un ardent désir de revanche.

L’Amérique, en quête d’indépendance, était donc devenue le rendez-vous de tous les aventuriers soucieux d’en découdre avec les tyrans des mers. En plus du plaisir irrésistible de se battre, ce qui était tout de même la première raison d’être de la noblesse, il y avait encore, pour tous ces bouillants jeunes gens, l’attrait de l’inconnu, la chasse dans les forêts profondes du Nouveau Monde, le rêve de se fondre dans une nature vierge, peuplée de «bons sauvages» que louaient à longueur de pages tous les auteurs de l’époque des Lumières, sans parler des belles indigènes qui constituaient autant de promesses de bonheur…

François-Athanase de Charrette de La Contrie, Musée d’art et d’histoire de Cholet

Par ailleurs, ces esprits qui s’ennuyaient en France avaient souvent fréquenté assidûment les salons, les sociétés de pensées, les loges où ils s’étaient imprégnés des idées du temps de liberté et d’égalité. Pour eux l’Amérique était une mode. Ils traversaient l’Atlantique à la recherche de la gloire, pour aider à la naissance d’une nation fondée sur des principes nouveaux. Dans un passage de ses Mémoires d’outre-tombe, Chateaubriand, alors soupirant aux Gardes de la Marine, en pension rue de Siam à Brest, évoque le souvenir ensoleillé de ces hommes victorieux, un instant aperçus à leur retour d’Amérique : «Un jour, j’avais dirigé ma promenade vers l’extrémité extérieure du port, du côté de la mer : il faisait chaud (…) les détonations de l’artillerie se succédaient, la rade était semée de navires. La grande escadre française rentrait après la signature de la paix. Les vaisseaux manœuvraient sous voile (…). Tout Brest accourut. Des chaloupes se détachaient de la flotte et abordaient au môle. Les officiers dont elles étaient remplies, le visage brûlé par le soleil, avaient cet air étranger qu’on apporte d’un autre hémisphère et je ne sais quoi de gai, de fier, de hardi, comme des hommes qui venaient de rétablir l’honneur du pavillon national. Ce corps de la marine, si méritant, si illustre, ces compagnons des Suffren, des Lamothe-Piquet, des du Couëdic, des d’Estaing, échappés aux coups de l’ennemi, devaient tomber sous ceux des français !»

Mon Dieu, que la victoire fut jolie! Pour la première fois depuis l’époque du Roi Soleil, la Marine royale était parvenue à s’imposer avec succès face à la Royal Navy puis à emporter la décision finale. Les désastres de la guerre de sept ans étaient – croyait-on – effacés et vengés… Pourtant, parmi tous ces illustres noms de France engagée outre-Atlantique pour la liberté américaine, nombreux furent ceux qui devaient périr sur les échafauds de la révolution quelques années plus tard ou choisir l’émigration pour rejoindre l’Armée des princes. D’autres encore, comme La Rouërie ou le Chevalier de Charrette, héros intrépides et désintéressés, se jetteront corps et âme dans la fournaise des guerres contre-révolutionnaires de l’ouest, en Bretagne ou en Vendée et enfin ceux qui, saisissant l’amnistie offerte par le Premier Consul, lui offriront leur épée avant de mettre leurs pas dans ceux de la Grande Armée et de mourir sur tous les champs de bataille d’Europe jusque devant Moscou. Peu d’époques furent aussi riches en destinées extraordinaires.

L’Hermione et le message du Roi

Portrait de Gilbert du Motier Marquis de La Fayette par Joseph Désiré Court

Le 17 octobre 1777, la capitulation d’une armée anglaise forte de 7000 hommes à Saratoga décida Versailles à sortir de sa réserve pour signer le 6 janvier 1778 un traité d’alliance et de commerce avec les Insurgents. Le 13 février suivant, pour la première fois dans l’Histoire, le pavillon américain arboré sur le Ranger du corsaire John Paul Jones fut salué en baie de Quiberon par l’escadre française de Lamotte Picquet devant Port Haliguen.

L’état de guerre contre l’Angleterre devint effectif le 24 mai. La guerre d’indépendance des États-Unis aura été la dernière grande entreprise de la monarchie. Elle fut l’oeuvre du Roi Louis XVI et de quelques grands secrétaires d’États aux Affaires étrangères ou à la Marine – on ne disait pas encore ministres – comme Vergennes ou Sartine. Deux ans après la déclaration de guerre, après avoir constaté une fois de plus l’impossibilité de débarquer en Angleterre, le Roi envoya le corps expéditionnaire de Rochambeau aux États-Unis et c’est le marquis de La Fayette qui fut chargé d’annoncer, en personne, au général Washington l’imminence de l’arrivée des renforts français. Le marquis embarqua sur l’Hermione, une jolie frégate doublée de cuivre mouillée dans l’embouchure de la Charente et tout juste sortie des chantiers de Rochefort. Son commandant était un lieutenant de vaisseau de 32 ans plein d’expérience et d’avenir, Monsieur de la Touche Tréville.

Le 21 mars 1780, l’Hermione parvenait non sans mal à s’extraire de la rade d’Aix et à franchir les passes du Pertuis d’Antioche pour gagner le large et voir disparaître dans son sillage Fouras, l’île Madame puis l’île d’Oléron. Le 28 avril, après trente-huit jours de traversée, l’Hermione touchait enfin le port de Boston. Acclamé par la foule à son débarquement, La Fayette était devenu l’idole du pays auquel il avait sacrifié sa fortune. Il sauta immédiatement sur un cheval pour rejoindre le général Washington à son quartier de Morristown d’où il commandait la Continental Army à l’ouest de New York que les Anglais venaient d’évacuer. Le 7 juillet, l’Amiral de Ternay débarquait 5500 combattants de l’armée de Rochambeau à Newport sur l’île de Rhode Island. Ils installèrent leur campement sur une hauteur agréable à une demi-portée de canon dominant la ville. L’île était fertile, la rade poissonneuse et le gibier abondait dans la campagne. «Tout ce qu’il y avait de jolies femmes dans la société allait se promener au camp comme on va à Paris sur le Boulevard, c’était une affaire de mode et il eut été de mauvais ton de n’y pas venir», se souvenait encore ému trente ans après Scipion de Castries.

19 octobre 1781, la reddition de Lord Cornwallis à Yorktown, par John Trumbull

Yorktown… « The world turned upside down ! »

L’acte décisif de la guerre fut la capitulation de Yorktown, en Virginie, le 19 octobre 1781. Le général anglais Cornwallis fut contraint de rendre les armes après 19 jours de siège. Il livra 7 251 hommes et officiers de terre, 840 marins, 244 canons et 24 drapeaux aux généraux Washington et Rochambeau ainsi qu’à l’amiral Comte de Grasse, commandant en chef de l’Armée navale du Roi de France qui avait été le véritable arbitre de la guerre en remportant la bataille de la baie de Chesapeake, assurant ainsi aux armées combinées des États-Unis et de France la maîtrise de l’océan. Les Anglais vaincus défilèrent avec flegme entre les haies formées par les troupes américaines et françaises puis s’éloignèrent aux sons des fifres et des tambourins en chantant «The world turned upside down…»

C’était la fin et le monde était en effet sans dessus dessous. Après Yorktown, le congrès américain chargea Franklin, Adams et Jefferson de signer une paix séparée avec l’Angleterre en novembre 1782. Finalement un traité fut signé à Versailles le 3 septembre 1783. L’Angleterre reconnaissait les États-Unis d’Amérique. Pour la France cependant, ce traité de Versailles de 1783 n’effaçait pas les conséquences du traité de Paris de 1763. Hors le prestige perdu et retrouvé, le résultat était décevant. Les finances de l’Etat sortaient de la guerre irrévocablement compromises. 40 000 «nouveaux Américains» loyalistes à l’Angleterre avaient été expulsés vers le Canada, ce qui venait renforcer la position des Anglais et affaiblir un peu plus celle des Français au bord du Saint Laurent et de Terre Neuve. Le royaume avait engagé 44 000 soldats et marins dont plus de 5000 avaient donné leur vie et près de 15000 avaient été blessés.

Un Torie livra tristement son sentiment et avec celui des vaincus loyalistes à un volontaire français en utilisant une image du Livre des Juges : «Vous avez mis le feu à la queue d’un renard qui va maintenant brûler votre champ.» Issue d’une culture catholique un peu moins familière au monde de l’Ancien Testament que celle des protestants, le Français demeura pensif. La réplique du séisme de l’American revolution n’attendra pas six ans pour parvenir de ce côté-ci de l’Atlantique, ce sera en 1789 la Révolution Française.

usa syrie

Crise au Proche-Orient : des bases américaines attaquées en Irak et en Syrie

En Irak, une explosion s’est produite près de la base militaire américaine de Harir dans la province d’Erbil (région autonome du Kurdistan). L’agence Shafaq News rapporte cette information en citant une source.

“Le bruit de l’explosion a été clairement entendu à proximité de la base, on pense qu’il s’agissait d’une attaque de drone”, a indiqué la source.

Une autre attaque contre des cibles américaines a eu lieu en Syrie. Une base américaine proche du champ gazier de Koniko, dans la province de Deir ez-Zor, a été la cible de tirs, a rapporté la chaîne de télévision Al Mayadeen, citant une source.

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usa propositions

Washington a proposé à Moscou de reprendre le dialogue sur la stabilité stratégique par un canal informel

Moscou a reçu des propositions de Washington visant à reprendre le dialogue sur la stabilité stratégique et le contrôle des armements, a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Ryabkov.

“(Les États-Unis – NDLR) proposent de systématiser le dialogue sur la stabilité stratégique et le contrôle des armements, et pour le faire indépendamment de tout ce qui se passe, nous ne sommes pas prêts pour cela”, a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères.

Les propositions ont été faites par écrit, mais sous la forme d’un aide-mémoire informel. Ils font actuellement l’objet d’une analyse interministérielle.
Selon Ryabkov, il n’y a rien de nouveau, c’est une position déjà connue.

“Nous étudions dans le calme et au moment opportun nous répondrons aux Américains. Sous quelle forme, il est trop tôt pour le dire”, a-t-il ajouté.

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biden aide

Biden demande au Congrès de le laisser aider l’Ukraine et Israël sans interruption

Le président américain Joe Biden a déclaré qu’il envoyait une demande de budget d’urgence au Congrès pour financer Israël et l’Ukraine.

“Demain, nous enverrons une demande budgétaire urgente au Congrès pour financer les besoins de sécurité nationale de l’Amérique afin de soutenir nos partenaires essentiels, notamment Israël et l’Ukraine”, a déclaré Biden dans un discours à la nation.

Il n’a pas divulgué de chiffres précis, appelant les législateurs à lui donner la possibilité de poursuivre sans interruption les livraisons d’armes à Kiev . Le chef de la Maison-Blanche a qualifié l’aide à l’Ukraine et à Israël d’« investissement intelligent » qui « rapportera des dividendes » aux générations futures.

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offensive hiver

Le chef d’état-major des armées américaines assure que Kiev lancera une autre offensive cet hiver

L’Ukraine a l’intention de poursuivre ses tentatives d’offensive au cours de l’hiver prochain, a déclaré le chef de l’état-major interarmées des forces armées américaines, Charles Brown, lors d’une conférence de presse à Bruxelles.

“Je comprends que les mois d’hiver seront plus difficiles, mais l’Ukraine a l’intention de poursuivre ses opérations offensives tout au long de l’hiver”, a déclaré le général.

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usa israel

Washington commence à fournir une aide militaire à Israël contre le Hamas

Les États-Unis ont commencé à fournir une aide militaire à Israël et annonceront des fonds supplémentaires dans les prochains jours. C’est ce que John Kirby, coordinateur des communications stratégiques au Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche, a déclaré lors d’un point de presse.

« Nous attendons des demandes supplémentaires de la part d’Israël […] et nous suivrons leur rythme pour garantir que nous répondons à leurs besoins le plus rapidement possible et de la meilleure façon possible », a-t-il déclaré.

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Société ouverte contre Eurasie

Alors que l’ordre mondial se défait sous nos yeux, l’auteur retrace les étapes de la longue Guerre mondiale du globalisme politique contre les nations de 1914 à nos jours. Il expose les fondamentaux géostratégiques qui sous-tendent et orientent le cosmopolitisme, ainsi que ses grands acteurs et décideurs méconnus du public.
Mais tout n’est pas perdu, la crise actuelle offre à la France une occasion inespérée, peut-être la dernière, de rompre avec le mondialisme. Il lui faut pour cela renouer avec sa souveraineté stratégique, afin de rejoindre le concert des puissances réalistes. Puissances qui placent l’État et le politique au centre du système des relations internationales.

Le conflit en Ukraine reflète la confrontation du bloc occidental avec le reste du monde

Régis de Castelnau – Juriste, avocat, expert en droit international et publiciste français – a analysé la légitimité des actions de la Russie dans le contexte de l’opération militaire spéciale en Ukraine, les conséquences pour l’Europe d’une séparation avec la Russie et a réfléchi aux véritables instigateurs du conflit russo-ukrainien.

Tout d’abord, il a déclaré que c’est l’Union européenne qui a le plus à perdre dans ce conflit. Les sanctions qu’elle a imposées à la Russie entravent le développement industriel de l’Europe:

« Les conséquences du conflit, plus généralement pour l’Europe, vont être profondément négatives. L’Europe s’est installée dans une situation de conflit avec la Russie qui fait partie de l’Europe. Et ça, c’est une mauvaise chose parce que la Russie était un partenaire économique très important en particulier sur les questions des matières premières et de l’énergie. »

En attendant, ce sont les États-Unis qui ont le plus profité de ce conflit, car ils ont désormais une occasion sans précédent de vendre à l’Europe leurs ressources énergétiques économiquement non rentables.

« Les États-Unis ont utilisé ce conflit, ont voulu ce conflit pour justement couper l’Europe de la Russie et l’obliger à se tourner vers les États-Unis pour, par exemple, ses approvisionnements en matière d’énergie, et pour un certain nombre d’autres domaines économiques.

Régis de Castelnau reconnaît que le conflit en Ukraine ne se limite pas à la confrontation entre deux pays. En réalité, il s’agit d’une lutte du monde entier. Une bataille entre deux idéologies – le bloc occidental contre le reste du monde.

« C’est une guerre asymétrique. Il y a un aspect militaire sur le territoire ukrainien, mais il y a un aspect économique, géostratégique entre l’hégémon américain, l’Occident représenté par son comité directeur qui est le G7 et quelque part la majorité mondiale, c’est à dire le reste du monde. »

Analysant les origines du conflit, l’avocat français rappelle le putsch qui a embrasé l’Ukraine en 2014, lorsqu’un gouvernement légitime et légal a été renversé par des néo-nazis. Il est également convaincu que toute la révolution ukrainienne a été organisée avec l’aide et la participation active des États-Unis.

« Les américains ont organisé un coup d’état, il n’y a pas d’autres explications, un coup d’état en Ukraine [en 2014] pour y installer un régime qui était anti-démocratique. Ils ont renversé le président démocratiquement élu. Ils se sont appuyés sur des forces aux tendances néo-nazies. Et ils ont poursuivi une stratégie extrêmement agressive vis-à-vis de la Russie. »

Après le putsch de 2014, la population russophone d’Ukraine a été persécutée, torturée et tuée. Ce facteur, ainsi que beaucoup d’autres, justifie pleinement d’un point de vue juridique les actions de la Russie en 2022, est convaincu l’expert français en droit international.

« En Ukraine il existait d’abord une histoire, c’est-à-dire de rapports entre l’Ukraine et la Russie. Il existait des populations russes, russophones, mais pas seulement, de culture russe. Et qui sont attachées à la Russie et qui ont été martyrisées par le régime en place après le coup d’état de Maidan. »

Enfin, analysant le processus de séparation entre l’Europe et la Russie, Régis de Castelnau insiste sur le fait que Washington, initiateur de ce conflit, poursuit un objectif bien plus grand que le simple gain économique – les intérêts stratégiques à long terme de l’extension de l’hégémonie américaine.

« Je pense que l’objectif principal, j’insiste, l’objectif principal n’était pas celui-là. Alors, c’est un effet d’aubaine. Ils [les États-Unis] vont pouvoir vendre leur GNL 3-4 fois plus cher que ce que les européens payaient pour l’énergie russe, mais je ne pense pas qu’ils ont déclenché tout cela pour ça. Je crois qu’il y quelque chose de plus grave…»

shutdown

Washington évite temporairement le shutdown au prix du soutien à l’Ukraine

Un véritable drame s’est déroulé samedi au Congrès américain. Le président de la Chambre, Kevin McCarthy, malgré les menaces des républicains d’extrême droite de le démettre de son poste, a soumis au vote une résolution temporaire visant à financer le gouvernement jusqu’au 17 novembre. De manière inattendue, les démocrates, dont le soutien était si nécessaire, ont voté pour l’adoption du document, malgré le manque de dépenses pour l’aide à l’Ukraine. La résolution a ensuite été approuvée par le Sénat, où les démocrates disposent de la majorité, après quoi le document a été immédiatement signé par Joe Biden. Seulement trois heures avant un éventuel arrêt des travaux du gouvernement fédéral.

Au cours de la semaine dernière, le Congrès américain a tenté en vain de voter le maintien du financement du travail du gouvernement américain. Le budget de l’exercice 2023 s’est terminé le 30 septembre. Mais les positions des démocrates et des républicains à la chambre basse étaient trop éloignées. Les parties ne parvenaient pas à s’entendre sur une seule question et les observateurs augmentaient constamment la probabilité d’un shutdown – l’arrêt du travail des autorités fédérales en raison d’un manque de financement. En conséquence, vendredi, même la Maison-Blanche a estimé qu’une fermeture du gouvernement était pratiquement inévitable et a même organisé une conférence de presse spéciale sur la question.

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Élection présidentielle US 2024 : une surprise Kennedy n’est pas impossible

Le site mainstream US « Real Clear Politics » publie tous les jours les innombrables sondages de popularité réalisés aux USA. Il en fait la moyenne chaque mois et fait connaître ces moyennes sous forme d’un tableau récapitulatif qui évolue bien sûr au fil des nouveaux sondages.

Douze candidats songent à se présenter aux primaires des deux grands partis pour l’élection présidentielle US 2024 : 3 démocrates et 9 républicains.

Les résultats de cette moyenne des sondages de popularité réalisés sur les 30 derniers jours devraient surprendre les lecteurs non avertis. Les voici en capture d’écran ci après, suivi de mes commentaires:

  1. On découvre dans ce sondage que Robert Kennedy est le candidat qui a le plus d’opinions favorables à 41,8%, devant Biden et Trump. On découvre aussi qu’il est le seul des douze candidats à disposer aujourd’hui de plus d’opinions favorables que d’opinions défavorables (4% de plus), ce qui n’est le cas ni de Trump, ni de Biden.
  2. S’agissant de Robert Kennedy les résultats présentés ci dessus sont une moyenne des 5 derniers sondages réalisés sur les 30 derniers jours. Le cumul des personnes sondées sur Robert Kennedy le mois dernier est proche de 11 000. Les cinq instituts de sondage ayant donné leurs résultats n’ont aucune raison de favoriser Kennedy, bien au contraire, car le candidat sortant Biden reste le candidat favori des hiérarques du parti démocrate et de l’État Profond US.
  3. Les deux derniers sondages Harvard-Harris et Reuter-Ipsos donnent à Kennedy, seul candidat à pouvoir compter sur plus d’opinions favorables que défavorables jusqu’à 15% de plus de bonnes opinions que d’opinions hostiles, ce qui est important lors d’une élection présidentielle US dans laquelle nombre d’électeurs votent par défaut pour l’un des deux grands candidats issus des primaires. On notera que certains instituts de sondage semblent être beaucoup plus sévères avec Kennedy qu’avec Biden.
  4. Il est plus que probable que Biden refusera tout débat avec Kennedy dans le cadre des primaires démocrates. Il ne tiendrait pas 5 minutes compte tenu de sa sénilité qui semble s’aggraver chaque jour et nous sommes encore à treize mois de l’élection.

Conclusion : Le peuple états-uniens est aujourd’hui fatigué des résultats économiques désastreux de la gestion Biden. Il souhaite majoritairement une rupture, ainsi qu’en témoignent les grèves, inédites par leur ampleur depuis plusieurs décennies, et qui se multiplient aujourd’hui dans de nombreux secteurs d’activité et dans de nombreux États. Par ailleurs, Biden est perçu comme beaucoup trop âgé par une majorité de la population pour être réélu président et cela ne devrait pas s’arranger d’ici la première semaine de Novembre 2024, date du scrutin.

Le problème aux USA, c’est que ce n’est pas toujours le vote populaire qui décide aujourd’hui du résultat d’une élection. C’est l’«État profond» néocon qui contrôle tous les instruments pour barrer la route aux candidats indésirables (Trump et Kennedy par exemple s’opposent au globalisme néocon) et promouvoir celui qui doit être élu envers et contre tout, parce qu’il est prévisible, docile, mondialiste et pro-guerre contre la Russie: Biden.

De quels instruments s’agit-il ?

  1. Du Secrétaire à la Justice, Merrick Garland qui contrôle le FBI pour les enquêtes à charge et le procureur général pour les mises en examen des candidats à éliminer : (Trump par exemple). Merrick Garland est un néocon pur et dur qui doit son poste à l’AIPAC et qui aurait pu figurer, avec Zelenski, au palmarès confessionnel de l’influence du Jerusalem Post. Son rêve ? Voir le président russe traduit devant un tribunal international pour « crime d’agression». Rien que ça… Il a, bien sûr, effectué à plusieurs reprises, les pèlerinages obligés à Kiev et Tel Aviv pour montrer son allégeance. Bien sûr Garland va tenter d’instrumentaliser la CPI alors même que son pays, les USA, ne reconnaissent pas les arrêts de cette cour pénale pour eux même ????
  2. Des médias dominants (CNN, New York Times et Washington Post entre autres) contrôlés par l’État profond qui ne vont pas tarder à se déchaîner contre Trump et Kennedy pour faire chuter leur côte de popularité.
  3. Des appareils des deux grands partis politiques (démocrate et républicain) largement contrôlés par l’État profond et qui sont en charge de l’organisation des primaires. Tenter de faire chuter Kennedy dès les primaires démocrates sera certainement l’objectif numéro 1 de l’appareil du parti démocrate. C’est cela la démocratie dans « le Camp du Bien » qui est le notre.
  4. En dernier recours, l’État profond peut recourir à la fraude électorale dans les États qu’il contrôle le mieux, ce qu’il a déjà fait et sait faire, voire à l’élimination physique du candidat gênant. Rappelons que les Kennedy ont déjà payé un très lourd tribut à ce genre d’élimination physique au motif qu’ «ON» ne voulait pas les voir s’approcher du pouvoir et jouer le moindre rôle au niveau fédéral US:
  • Assassinat du président US John Kennedy le 22 Novembre 1963 à Dallas alors qu’il allait prendre des « décisions indésirables ».
  • Assassinat de Robert Kennedy parce qu’il voulait rouvrir l’enquête sur la mort de son frère, le 6 juin 1968 en Californie, après sa victoire aux primaires démocrates qui en faisait le favori de l’élection présidentielle de 1968.
  • Décès suspect de John Fitzgerald Kennedy Junior, le fils du Président assassiné, dans un accident de l’avion de tourisme qu’il pilotait et qui s’est écrasé en mer le 17 juillet 1999 dans des conditions difficiles à établir, alors que l’intéressé venait d’annoncer son entrée en politique avec une immense côte de popularité…

On notera aussi avec intérêt le nombre très élevé d’assassinats politiques en Amérique latine pour des candidats dont le seul tort était, le plus souvent, d’avoir un programme de gouvernement contraire aux intérêts de l’oncle SAM.

Pour l’élection présidentielle US à venir, un « ticket d’union nationale » TRUMP (Républicain) – KENNEDY (Démocrate) rassemblerait très probablement une très forte majorité d’électeurs états-uniens.

Aujourd’hui le vrai débat politique à l’échelle des USA mais aussi de la planète entière n’existe plus vraiment entre « Démocrates » et « Républicains », entre droite et gauche, mais entre « néoconservateurs mondialistes / globalistes» prônant l’uni-polarité sous hégémonie US et « souverainistes » partisans de la multipolarité, de la non ingérence dans les affaires d’États souverains et du respect des autres.»

Ce qui rapproche aujourd’hui Trump et Kennedy tient dans le discours de Donald Trump à l’Assemblée générale de l’ONU du 24 Septembre 2019. Bien que démocrate sur le papier Robert Kennedy junior aurait pu tenir exactement le même.

« Comme mon pays bien-aimé, toutes les nations présentes dans cette enceinte ont une histoire, une culture et un héritage qu’elles chérissent et qui méritent d’être défendus et célébrés, et qui nous donnent une force et un potentiel particulier. Le monde libre doit embrasser ses fondations «nationales». Il ne doit pas chercher à en faire table rase et à les remplacer… »

Trump avait ajouté quelques secondes après : « Si vous voulez la liberté, soyez fiers de votre pays, si vous voulez la démocratie, accrochez vous à votre souveraineté, si vous voulez la paix, aimez votre nation. Les chefs d’état avisés font toujours passer l’intérêt de leur propre pays en premier. L’avenir n’appartient pas aux mondialistes, l’avenir appartient aux patriotes. L’avenir appartient aux nations indépendantes et souveraines qui protègent leurs citoyens, respectent leurs voisins et acceptent les différences qui rendent chaque pays spécial et unique ».

Par quelles méthodes l’impérialisme U.S. entend perpétuer son hégémonie sur le monde

Les buts de guerre américains en Ukraine tels que George Friedman les présente dès février 2015.

George Friedman est un politologue, dirigeant de l’agence de renseignement « Stratfor Global intelligence », la plus influente aux USA et proche du pouvoir. Ces méthodes, Friedman les détaille par le menu dans un discours particulièrement instructif, tenu devant le Chicago Council le 4 février 2015:

Tel qu’il se présente avec son cynisme tranquille, ce discours est du plus grand intérêt puisqu’il décrit avec clarté les buts de guerre des U.S.A. dans le monde et particulièrement sa stratégie vis-à-vis de la Russie via l’Ukraine. Malgré les huit ans écoulés, on est frappé par son actualité. Ce n’est, au fond, guère étonnant vu que la stratégie de domination U.S. est toujours la même. Selon Friedman, la suprématie des U.S.A. repose d’abord sur le contrôle de tous les océans.

Le contrôle de la mer et de l’espace est la base du pouvoir US »

« Aucune autre puissance ne l’a jamais fait. Par conséquent, nous arrivons à envahir les peuples et ils ne peuvent pas nous envahir, ceci est une très bonne chose. Maintenir le contrôle de la mer et le contrôle de l’espace est la base de notre pouvoir.  La meilleure façon de vaincre une flotte ennemie est de l’empêcher de se construire … » 

Malgré cette domination maritime réputée incontestée, l’invasion des peuples et le pillage des pays ne sont pas si simples : il est impossible d’y parvenir ouvertement, directement. Voici pourquoi : « Au moment où les premières bottes touchent le sol la différence démographique est telle que nous sommes en infériorité numérique. […] Donc, nous n’avons pas la possibilité d’aller partout… » Mais on peut s’y prendre autrement selon une méthode bien éprouvée.

Une méthode qui a fait ses preuves : diviser, désorganiser, financer les rivaux, bref, semer le chaos

Suivant en cela la démarche de Brzezinski, le maître de la stratégie impérialiste américaine, Friedman étaye sa réflexion par la comparaison historique du destin des empires romains, britanniques et même nazi. La conclusion de Friedman est sans appel : « Les Empires qui contrôlent directement les territoires échouent. Comme c’était le cas avec l’empire nazi. » Donc la méthode indirecte est bien meilleure : « La politique que je recommande, -dit-il- est celle adoptée par Ronald Reagan envers l’Iran et l’Irak. Il a financé les deux côtés de sorte qu’ils se battent entre eux afin de ne pas nous combattre. C’était cynique, certainement pas moral, et ça a marché. » Il poursuit : « Nous avons la capacité de soutenir différentes puissances rivales afin qu’elles se concentrent sur elles-mêmes, en leur procurant le soutien politique, quelques soutiens économiques, le soutien militaire et des conseillers. Et en dernière option, faire comme avec le Japon, [lapsus] je veux dire au Vietnam, en Irak, en Afghanistan par des mesures de désorganisation. » C.Q.F.D. !

Parmi les nations rivales qu’il s’agit d’affaiblir, la Russie est, sans surprise au premier rang. Elle est la grande obsession des USA. Il ne dit mot de la Chine qui, sans doute, était moins à l’ordre du jour en 2015. Mais ce qui est très intéressant dans le propos de Friedman, c’est que la Russie fait systématiquement couple avec l’Allemagne dont l’économie florissante tient (ou plutôt tenait !) à l’énergie peu chère que lui fournit (fournissait) la Russie (on comprend mieux la raison du sabotage des gazoducs !). Beaucoup plus que l’idéologie, Friedman, toujours pragmatique, prend surtout en compte la puissance économique. C’est bien la suprématie économique qui a fait de l’Amérique du nord, grâce aux retombées juteuses de la deuxième guerre mondiale, une superpuissance et c’est cette suprématie qu’elle entend maintenir coûte que coûte pour perpétuer son hégémonie.

La peur d’une union économique entre Moscou et Berlin : il faut couper la Russie de l’Europe en la séparant de l’Allemagne

C’était déjà la relation entre l’Allemagne et la Russie, nous dit Friedman, qui était au centre des deux grands conflits mondiaux et bien sûr de la guerre froide. C’est cette relation qui a motivé l’entrée en guerre des USA : « … unis [ces deux pays] représentent la seule force qui pourrait nous menacer. Nous devons nous assurer que ça n’arrive pas. »                                                                                                                    

Plus loin, il est plus explicite : « Pour les USA, la peur primordiale est le capital russe, la technologie russe. Je veux dire la technologie allemande et le capital allemand avec les ressources naturelles russes et la main d’œuvre russe comme la seule combinaison qui a fait très peur pendant des siècles aux USA. »

Le sabotage des gazoducs en 2022, programmé avant même l’entrée des troupes russes en Ukraine le 24 février 2022, a été le moyen peu subtil mais radical de conjurer la peur d’une telle alliance et d’interdire à l’Allemagne l’accès à une énergie peu chère qui assurait sa prospérité. Tenir l’Allemagne, c’est tenir l’Europe.

Mais Friedman n’étant pas prophète, il ne pouvait pas évoquer le futur exploit maritime U.S. dans la Baltique, ni d’ailleurs deviner que l’Allemagne, (dont il se demande avec insistance, en 2015, comment elle va s’orienter), allait se laisser tondre en 2022 comme un mouton. Mais n’anticipons pas trop. Restons en 2015 et à ce que dit Friedman.

Le cœur de la stratégie de domination des U.S.A. dans laquelle l’Ukraine occupe une place essentielle est donc d’isoler la Russie de l’Europe, essentiellement en la coupant de l’Allemagne. Friedman nous dit très clairement comment les U.S.A. ont procédé d’ores et déjà pour y parvenir :

  1. En utilisant l’Ukraine sur laquelle ils ont la main mise depuis Maïdan (février 2014), en lui fournissant armement et formation militaire en vue d’attaquer la Russie.
  2. En mettant en place « un cordon sanitaire, selon la ligne de la Baltique à la mer noire, composé des pays russophobes » et, au premier chef, de la Pologne. Ce qui signifie que la guerre actuelle entre l’Ukraine et la Russie, ou mieux entre l’Otan et la Russie n’a rien d’improvisée. Elle a été dûment programmée.

La guerre actuelle entre les U.S.A. et la Russie, par Ukraine interposée, a été préparée (au moins) depuis 2015

L’Ukraine, qui sert aujourd’hui de terrain d’affrontement et de chair à canon aux USA, occupe naturellement une place centrale pour la Russie. On sait que l’Ukraine est dans sa majeure partie une terre russe : historiquement la Russie est née à Kiev. Elle est donc une zone névralgique qui nécessairement doit être neutre pour la sécurité de la Russie. Friedman le sait, il le souligne à plusieurs reprises:

« Toute la question à l’ordre du jour pour les russes est : Vont-ils créer une zone tampon qui serait au minimum une zone neutre ? Ou bien l’Occident s’introduira tellement loin en Ukraine et s’installera à 100 de Stalingrad et à 500 km de Moscou ? Pour la Russie, le statut de l’Ukraine représente une menace pour sa survie et les Russes ne peuvent laisser faire. Et la question pour les U.S.A. dans le cas où la Russie s’accroche à l’Ukraine, est : où cela s’arrêtera-t-il ? »

Pour prévenir ou contrer la réaction de la Russie qui, acculée, ne pourra pas manquer de réagir, Friedman évoque les interventions sur le terrain du général Hodges chargé d’armer et d’instruire l’armée ukrainienne et de pré-positionner des troupes en Roumanie, en Bulgarie, en Pologne et jusqu’à la Baltique. Ce sont les pays qui composent le « cordon sanitaire », l’intermarium de la Mer Noire à la Baltique, comme l’avait rêvé, en son temps, le polonais Pilsudski : « C’est la solution des USA ».

Isoler la Russie par un cordon sanitaire composé des pays russophobes

Sur l’armement U.S. fourni aussi bien à l’Ukraine, ouvertement depuis 2015, qu’aux pays du « cordon sanitaire », hors du cadre de l’OTAN, Friedman est tout à fait explicite : « La semaine dernière […] le général Hodges, commandant de l’armée américaine en Europe, s’est rendu en Ukraine pour y annoncer que les formateurs américains viendraient désormais officiellement et non plus officieusement.

 Il a remis des médailles aux combattants ukrainiens […] se faisant il a montré que c’était son armée. Ensuite, il est parti annoncer aux pays Baltes que les USA allaient disposer des blindés, de l’artillerie et autre matériel dans les pays Baltes, en Pologne, en Roumanie, en Bulgarie. » 

En clair, c’est ce qui s’appelle encercler la Russie, déjà cernée, comme on sait, par de multiples bases militaires de l’OTAN ! La seule inconnue, en 2015, pour Friedman, est l’attitude de l’Allemagne (de Merkel) mais, pour nous, qui savons la suite, l’énigme est levée.

Petites réflexions personnelles pour finir. Le suivisme ahurissant de l’Allemagne et des Européens dans le conflit actuel est sidérant. C’est cet alignement pleutre qui autorise le cynisme décomplexé d’un Friedman. Tout est permis aux USA, l’Europe, vassalisée comme jamais, gobe tout et légitime toutes les agressions ! Impunité garantie ! On peut se demander si la stratégie d’isolement de la Russie, qui, jusqu’ici a les apparences de la réussite, du moins vis-à-vis de l’Europe, n’aura pas des contre-coups fâcheux… pour les USA eux-mêmes, vu le soutien que « l’isolée » a obtenu de la part de l’ensemble des autres nations dans le monde.

L’Europe fanatisée par la propagande atlantiste, est prise, selon l’excellente formule d’Emmanuel Todd, « d’un vertige nihiliste » : cette guerre se fait à la fois contre l’Ukraine qu’on prétend soutenir et qui se fait détruire sur place et contre les peuples européens qui sont en train de payer très cher leur économie en ruine. Un vrai suicide ! Sans parler du traitement médiatique honteux que l’on inflige à la Russie.

La presse officielle européenne dans son ensemble, la française en particulier, s’est complétement déconsidérée : il lui est devenu impossible de tirer des conclusions logiques des faits les plus avérés. Elle préfère la propagande qui nous enlise dans la guerre. Tout glisse sur elle ! Ni le sabotage américain des gazoducs, (perpétré avant même que les troupes russes rentrent en Ukraine), magistralement argumenté par l’enquête de Seymour Hersh, ni le sabotage par les USA et ses laquais européens des négociations de paix amorcées dès le lendemain du 24 février, (selon le témoignage de l’ex-premier ministre d’Israël, Naftali Bennett), n’ont été capables de tirer la presse officielle française de sa dangereuse léthargie !

Chantal Allier

aide ukraine

Les amendements visant à réduire l’aide à l’Ukraine ne passent pas le vote du Congrès américain

Mercredi, l’ensemble de la Chambre des représentants n’est pas parvenu à adopter deux propositions d’amendements au budget de la défense du pays pour le prochain exercice financier (commençant le 1er octobre) qui réduiraient l’aide américaine à l’Ukraine. La réunion a été retransmise par C-SPAN.

Le député Matt Gaetz (républicain de Floride) a demandé la fin complète de l’allocation de fonds budgétaires à l’assistance militaire à Kiev. L’amendement correspondant a été soutenu par 93 membres de la chambre basse du Congrès, 339 ont voté contre. “Nous perdons le vote. Mais nous gagnons la discussion”, a écrit Gaetz à ce propos sur le réseau social X (anciennement Twitter).

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apec poutine

Washington n’invite pas Poutine au sommet de l’APEC

Les États-Unis, par le biais de canaux de communication bilatéraux, ont fait savoir à la Russie que Washington n’avait pas l’intention d’inviter un certain nombre de dirigeants, dont le président russe Vladimir Poutine, au prochain sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique à San Francisco. C’est ce qu’a annoncé l’ambassadeur itinérant du ministère russe des Affaires étrangères et haut représentant de la Russie auprès de l’APEC, Marat Berdyev, rapporte RIA Novosti.

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Il est évident que la ligne de Biden actuelle est de diviser la Russie et l’Union Européenne

Fabien Mouradian est un homme politique et un journaliste français, membre du personnel du Parlement européen. Il a également été un assistant du ministre français de la Justice. Il a fait part de sa vision des causes du conflit ukrainien et de la position que l’Union européenne et la France en particulier auraient dû adopter dans ce conflit.

Tout d’abord, M. Mouradian a évoqué le prix que les pays européens ont dû payer pour leur implication militaire dans ce conflit.

«Les conséquences de la guerre en Ukraine pour l’Europe et pour la France sont assez compliquées. On a une inflation absolument historique, notamment sur le gaz, sur le pétrole, sur la nourriture. Ce sont les citoyens qui souffrent de ce conflit quotidiennement.»

L’homme politique français est convaincu que Paris devrait à nouveau jouer le rôle de médiateur mondial, plutôt que de prendre parti en s’engageant activement dans la confrontation avec l’autre.

«Il y a quelques décennies, la France savait être un médiateur dans les affaires internationales. Cela signifiait ne pas prendre position, être ouvert au dialogue et agir pour pacifier la situation. Aujourd’hui, avec le conflit en Ukraine, nous voyons que cela n’est plus le cas. Cela est sans doute lié à l’actuel président.»

Cependant, selon Fabien Mouradian, un retour aux origines est impossible à l’heure actuelle car la France est fortement dépendante des Etats-Unis et doit se soumettre à leurs intérêts.

«La réalité d’aujourd’hui est que la France est fortement liée aux États-Unis. Et il est évident que nous suivons ce que les Américains nous demandent ou nous ordonnent de faire. Mais cela ne correspond pas aux intérêts fondamentaux de la France.»

L’homme politique français est convaincu que le conflit ukrainien profite avant tout aux États-Unis, qui souhaitaient séparer la Russie de l’Europe afin de les affaiblir toutes les deux.

«Il est évident que la ligne de Biden actuelle est de diviser la Russie et l’Union Européenne. Globalement, nous sommes dans le même territoire, nous sommes voisins. Il y a une partie de la Russie qui est dans l’Europe dans tous cas.»

M. Mouradian a poursuivi son analyse des intérêts possibles de Washington dans le déclenchement du conflit ukrainien. Selon lui, les Etats-Unis ont besoin de consolider leur hégémonie sur l’Union européenne afin de pouvoir affronter leurs opposants politiques.

«Les États-Unis visent clairement à nous diviser pour la simple raison que les États-Unis ont aujourd’hui comme rivaux la Chine et la Russie. Et si l’Union Européenne n’était pas derrière eux, cela serait très compliqué pour les États-Unis de se battre des deux côtés entre la Chine et la Russie.»

En conséquence, l’Union européenne a été entraînée non seulement dans un conflit régional, mais aussi dans une confrontation géopolitique à laquelle les pays européens n’ont aucun intérêt à participer.

« C’est assez compliqué parce ce qu’on se trouve dans une guerre, si je peux dire, entre la Russie et les États-Unis. Et on se retrouve impliqué dedans alors que fondamentalement actuellement nous n’avions pas d’intérêt économique d’intervenir et de prendre position.»

zelensky washington

Deuxième visite de Zelensky à Washington depuis le début de l’opération spéciale

La deuxième visite du dirigeant ukrainien Vladimir Zelensky à Washington depuis le début de l’opération militaire spéciale s’est avérée, à première vue, moins brillante que la précédente. Il n’y a eu aucun discours devant l’ensemble du Congrès et les législateurs locaux ont commencé à se demander de temps en temps s’il était nécessaire de recevoir le président ukrainien dans l’enceinte du Capitole, et encore moins de lui promettre un soutien financier et militaire supplémentaire. Cependant, M. Zelensky a quand même rencontré des membres du Congrès. Il a également effectué une visite séparée au Pentagone, où il a discuté directement des besoins militaires et a obtenu une audience avec le président Joe Biden.

Vladimir Zelensky, qui a consacré les deux premiers jours de son voyage aux États-Unis à l’Assemblée générale de l’ONU, est arrivé le 21 septembre à Washington, où il avait un programme qui lui était plus familier depuis un an et demi. Contrairement à New York, où le président ukrainien s’est efforcé de renforcer le soutien politique mondial, M. Zelensky est venu directement dans la capitale américaine pour obtenir une assistance militaire. Et bien que les représentants de la Maison-Blanche dirigés par Joe Biden aient assuré à plusieurs reprises à Kiev leur soutien « aussi longtemps qu’il le faudra », et ont même récemment appelé leurs alliés à accroître leur aide militaire, Vladimir Zelensky ne s’est pas retrouvé dans l’environnement le plus accueillant à Washington.

La visite du président ukrainien a eu lieu dans une période de violentes disputes entre démocrates et républicains sur le budget, et les États-Unis ont été une fois de plus confrontés à la menace d’un shutdown – interrompant le travail du gouvernement.

Dans ce contexte, la question d’une nouvelle aide financière des États-Unis à l’Ukraine restait en suspens et il fallait clairement la ramener sur terre. De plus, la dernière fois – en décembre 2022 – Vladimir Zelensky a eu l’occasion de convaincre les législateurs de la nécessité de soutenir Kiev depuis la tribune du Congrès, et cela a eu un certain effet. Depuis lors, l’Ukraine a reçu de nombreuses aides et la gamme d’armes qui lui a été fournie s’est considérablement élargie.

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Erdogan aux États-Unis pour l’AG de l’Onu et convaincre Biden de relancer l’accord céréalier

Le président turc Recep Tayyip Erdogan se rend aux États-Unis pour la 78e session de l’Assemblée générale de l’ONU. Le dirigeant turc devrait prononcer un discours et tenir une série de réunions bilatérales. L’une des questions clés pour Erdogan sera la reprise de l’accord céréalier. Les experts estiment que le président turc tentera de convaincre l’Occident de se conformer aux conditions imposées par Moscou et de parvenir à une rencontre personnelle avec le dirigeant américain Joe Biden.

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Poutine a-t-il violé le droit international ?

Au début de la guerre d’Ukraine, le président du Conseil européen Charles Michel, et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, ont affirmé dans deux tweets séparés (cf. La Croix 21/02/22) : “La reconnaissance des deux territoires séparatistes en Ukraine (Donetsk et Lougansk) est une violation flagrante du droit international, de l’intégrité territoriale de l’Ukraine et des accords de Minsk”. Ainsi donc le Kremlin aurait violé le droit international en s’apprêtant, à leur demande, à venir porter secours aux habitants du Donbass bombardés par Kiev depuis huit ans : une vieille guerre civile oubliée en Europe. C’est une violation intolérable de la souveraineté des nations, décrypte de son côté la TV mainstream en diffusant les images de l’attaque, le 24 février 2022, des forces russes en territoire ukrainien !… En envahissant l’Ukraine, Poutine a violé le droit international ! Et c’est depuis le mantra de l’Occident, qu’il est devenu impossible d’analyser sérieusement. Mais la réalité ne se lit pas en noir et blanc et Poutine n’a pas attaqué un pays souverain ! Eh oui c’est bien plus complexe…

Les deux têtes politiques de la Tour de Babel bruxelloise veulent ignorer qu’il y a eu en février 2014 un putsch lors des affrontements du Maïdan, organisé à Kiev par la CIA, soutenu par l’UE, et perpétré avec les néonazis du Pravy Sektor, qui a mis fin aux 23 années d’indépendance de la jeune Ukraine. Serait-ce là une pratique conforme au droit international !?!… Or c’est cela qui a déclenché la guerre civile ukrainienne, une partie de sa population contestant l’autorité centrale, illégitime à ses yeux, et brisant la souveraineté du pays (un territoire, une nation, un État). Le conflit s’est conclu par les accords de Minsk II en 2015, qui ont gelé la situation. Mais ces accords ont été ensuite allègrement violés par Kiev et ses alliés, alors quoi : le non-respect des accords de Minsk par Kiev, Paris et Berlin est-il
lui aussi parfaitement conforme au droit international ?! Angela Merkel puis François Hollande, qui s’étaient portés garants de ces accords, ont avoué en décembre 2022 qu’ils n’avaient aucunement l’intention de les respecter mais seulement de donner du temps à l’Ukraine de s’armer davantage ; alors c’est quoi, au juste, le droit international ?

Reste que c’est la Russie qui a attaqué l’Ukraine, répondra-t-on !… Oui, mais on peut le voir autrement : Kiev et le couple franco-allemand s’étant parjurés et entendus avec l’Amérique pour gruger la Russie, cette dernière a dû agir pour faire respecter ces accords, dont elle aussi était garante ! Elle a d’ailleurs été forcée d’agir après l’intensification des bombardements le 16 février 2022, prélude à l’invasion du Donbass par Kiev, pour se dégager de la corde que les Américains étaient en train de lui passer au cou : un processus rampant d’encerclement nucléaire depuis plus de 20 ans…

Eh oui, Bill Clinton avait déjà enterré le “Partenariat pour la paix”, à l’époque de Eltsine, pour mieux pousser les anciens pays de l’EST vers l’OTAN, trahissant ainsi la parole des Américains donnée à Gorbatchev ; puis George W. Bush avait carrément fomenté en sous-main des révolutions de couleur au début des années 2000 pour accélérer le processus ; enfin avec le putsch du Maïdan Obama arrachait Kiev de l’orbite du monde russe ! Il devenait clair pour le Kremlin que les accords de Minsk n’étaient qu’un moyen habile pour faire entrer de force l’Ukraine dans l’OTAN, puis les missiles US en Ukraine ! Les États-Unis pensaient-ils vraiment que la Russie allait se laisser encercler, puis dépecer en trois morceaux selon le projet Brzeziński (Le Grand Échiquier, 2010 pp 258/259) !? Poutine a réagi face à l’impérialisme américain avec la même fermeté que Kennedy -qui avait mis en main le marché à Khrouchtchev : ou tu dégages tes fusées de Cuba ou c’est la guerre nucléaire !- face à l’impérialisme soviétique lors de la crise de 62 ; c’est-à-dire comme un véritable homme d’État, de la stature des Churchill et autres De Gaulle… À l’époque la guerre aurait éclaté avec les USA si Khrouchtchev avait été aussi stupide que Biden aujourd’hui ; aurait-on alors incriminé les Américains pour violation du droit international ?!

Dans une conférence du 8 mai 2023 l’Américain Jeffrey Sachs, consultant économique auprès de multiples gouvernements et auprès du secrétaire général de l’ONU , rappelle que les USA ont toujours repoussé les plans de Poutine pour une architecture de sécurité et de paix en Europe (basés sur une Ukraine indépendante) et que ses deux derniers projets du 17 décembre 2021 ont été brutalement écartés par Biden en janvier 2022, l’Américain lui disant carrément : “it’s none of your business” (c’est pas vos oignons) !!!

Bref la sécurité nucléaire de Moscou ne serait pas l’affaire de Poutine… L’Américain, déjà à moitié gâteux, est totalement inconscient de ses responsabilités en tant que chef de la 1ère puissance mondiale. Son credo enfantin c’est : nous invitons qui nous voulons à entrer dans l’OTAN ! Bref, encercler la Russie avec des bases US déployées dans les pays de l’OTAN (25 en Allemagne), des missiles déployés en Roumanie, en Pologne, etc., ça c’est bien puisque c’est conforme à la Pax Americana… Or c’est cela l’essentiel, dont évidemment le droit international ne dit strictement rien vu que c’est de la géopolitique !

La réalité c’est que, loin d’avoir commencé la guerre en agressant l’Ukraine le 24 février 2022, la Russie a patienté 15 ans depuis le 1er avertissement de Poutine à la 58ème Conférence de sécurité de Munich le 10 février 2007, de prendre en compte les inquiétudes de la Russie. Comme je l’écris p 35 de mon dernier ouvrage “Dans la tête de l’Oncle Sam” : « au lieu de respecter la promesse de Herbert W. Bush à Gorbatchev de ne pas s’étendre à l’Est, elle (l’OTAN) est passée de 16 à 30 membres et les anciens pays de l’Est, au lieu de former un tampon utile à la paix, sont à présent couverts de bases militaires US hostiles à une Russie au budget Défense quinze fois moindre. » On est loin, avec ces réalités pesantes, des tartufferies de Charles Michel et Ursula von der Leyen…

À présent revenons au droit : en février 22 Vladimir Poutine a invoqué le principe de défense collective de l’article 51 de la Charte de l’ONU pour porter secours aux Républiques de Donetsk et Lougansk, après les avoir reconnues. Mais pour l’UE, le RU, et les USA, il n’y aurait jamais eu de guerre civile en Ukraine : eh oui, c’est l’armée russe au contraire qui aurait envahi le Donbass en 2014 pour y fomenter une rébellion !… Un mensonge, dénoncé par les observateurs de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) et inventé par Porochenko pour demander de l’aide à l’Occident et masquer la débandade de l’armée ukrainienne, laquelle passait avec armes et bagages du côté des “rebelles” en 2014/15 ! Mais pour les dirigeants occidentaux, l’ONU ayant refusé de les reconnaître, ces Républiques auto-proclamées sont toujours des territoires ukrainiens aux yeux du droit international, qui ne pourraient pas demander de l’aide à la Russie ! Au contraire la Russie aurait attaqué en 2022, pour annexer toute l’Ukraine !! Et Kiev défendrait l’UE, ajoute Zelensky ! Ce négationnisme tranquille renverse tout : c’est à l’Ukraine d’invoquer l’article 51 pour demander des armes à l’Occident !!… On n’en sort pas !

Mais le droit est par essence évolutif et si les guerres civiles ne sont pas du ressort du droit international en général, les Nations Unies ont étendu en 2005 leur compétence aux conflits internes des pays (dans la mesure où ils risquent de mettre en péril la paix du monde) : d’où la possibilité d’envoyer des forces armées, de prendre des sanctions économiques, de créer des tribunaux pénaux internationaux, etc. C’est “la responsabilité de protéger” intégrée au chapitre 7 de la Charte de l’ONU. Fort curieusement cette responsabilité de protéger (dont les modalités ne sont pas bien définies) n’a jamais été mise en œuvre à l’occasion du génocide du Donbass par Kiev alors que les accords de Minsk II ont été reconnus par le Conseil de sécurité de l’ONU (et donc par les USA et le RU) : résolution SC/2002 du 17
février 2015 !!! Pourquoi ? Le Donbass ne méritait-il pas d’être secouru, au moins en paroles ?!… En fait les républiques de Donetsk et de Lougansk ne sont même pas séparatistes, mais bel et bien autonomistes et se battent pour leur vie et leur liberté face à un pouvoir policier mis en place par des barbouzes yankees !! Alors c’est quoi le droit international ?…

Depuis le début de l’ONU ce n’est au mieux qu’une généreuse utopie, au pire hélas ce n’est qu’un sinistre paravent pour masquer les crimes de l’Occident, et le plus souvent une simple affaire de parlote pour compter ses amis… Eh oui : Washington et Moscou peuvent en fait tous deux invoquer le droit international sur des positions opposées : voilà l’imbroglio dans lequel cette question nous entraîne avec son juridisme étroit !

En réalité le droit international ne fait que masquer des rapports de forces. Le 2 mars 2022, la Résolution ES-11/1 de l’Assemblée générale des Nations Unies exige “un retrait immédiat des forces russes d’Ukraine” ; elle est effectivement adoptée par 141 voix contre 5, mais avec 35 abstentions d’un bloc de pays représentant la moitié de la population du globe !! Bref elle est adoptée par les pays sous domination US, qu’elle soit politique, financière, militaire ou diplomatique… Au niveau international le droit, c’est un art oratoire à la recherche d’une simple légitimité morale ; en effet sa légalité ne dispose, en l’absence d’une Communauté mondiale d’États politiquement Unis, d’aucun pouvoir coercitif !!!… Comment l’indépendance des Républiques de Lougansk et Donetsk aurait-elle pu être actée par les alliés des USA, sans dénoncer le putsch US à Kiev lors du Maïdan, qu’elles combattent ?! Sans dénoncer la volonté américaine d’installer un régime policier
à sa botte en renversant le gouvernement démocratiquement élu de Ianoukovitch ?!

Comme disait le vieux La Fontaine : selon que vous serez puissant ou misérable les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ! L’Ukraine, depuis le Maïdan, n’est plus une démocratie, mais un État compradore et corrompu, dont la police, la justice, l’armée et les médias sont aux mains d’une clique néonazie qui partage le pouvoir avec des oligarques et des politiques vendus aux Yankees, et qui a interdit toute opposition… Voilà quelles sont les “valeurs” que défend l’Occident
à présent !! Poutine l’a déclaré ouvertement le 30 septembre 2022 : les dirigeants européens ne sont pas que des laquais mais des traîtres vis -à-vis de leurs peuples. Eh oui : le putsch du Maïdan, c’est le chef d’œuvre des États-Unis qui vient couronner la vieille révolution orange de 2004, mais c’est aussi la plus grande faute de l’impérialisme américain devenu hyper agressif avec son complexe militaro-industriel, et hyper vicieux avec le soft power idéologique de ses Fondations.

Sarkozy dans son interview du 16 août 2023 au Figaro, qui rappelle qu’il faut recréer nos liens avec Poutine et que l’Ukraine doit rester neutre, a donné un sacré camouflet à l’équipe Macron ! Mais c’est lui aussi qui avait supprimé de la Constitution le crime de Haute trahison pouvant s’appliquer au chef de l’État. Dès que l’on creuse ça devient complexe, glissant, et nauséabond…

Zelensky est élu triomphalement en avril 2019 pour faire la paix et Poutine avait négocié avec lui à la fin de l’année des élections au Donbass et un contrat gazier. Mais 2 ans plus tard le jeune président ukrainien va tromper son peuple en choisissant le génocide du Donbass avec le soutien de Biden qui prend ses fonctions le 20/01/21. Effectivement, le 16/02/2022 il mettra en œuvre sa “Plateforme Crimée” de 2020 : (reconquête militaire du Donbass et de la Crimée) multipliant par 30 les bombardements journaliers ! Poutine comprend que Biden veut la guerre : les USA ont mis en œuvre le plan diabolique de la Rand Corporation de 2019 : “Extending Russia”, piège destiné à attirer la Russie dans une guerre d’attrition en utilisant les pauvres Ukrainiens comme chair à canon pour affaiblir la puissance russe…

Trop tard pour reculer ! Déjà le 10 novembre 2021 Anthony Blinken avait signé avec son homologue Dmytro Kuleba un pacte de partenariat stratégique d’aide militaire sans fin pour Kiev. Attendre que le Donbass soit envahi reviendrait à s’enfoncer encore plus dans le piège… Le chef du Kremlin se décide alors à
reconnaître les deux Républiques de l’ancienne Novorossia créée par Catherine II au 18ème siècle pour leur porter secours… Dès mars 2022 Kiev est vaincu et accepte un accord avec Moscou sous l’égide d’Istanbul. Mais Biden lui n’a que la guerre en tête (comme dans toute sa carrière). Il était déjà en charge du dossier Ukraine du temps d’Obama, dont il était vice-président, et va réussir à faire capoter la paix avec la mascarade des “massacres de Boutcha” (cf. audioblog n°8/12/22), un superbe montage de la CIA, tout comme les couveuses du Koweït, les armes de destruction massive de Saddam Hussein, etc.

Eh oui, les valeurs de la liberté, de la démocratie, et des droits de l’Homme sont dans cette affaire du côté de Moscou et l’agression de type fasciste, elle, est carrément du côté américain, qui en a d’ailleurs pris l’habitude depuis 1991 avec l’écrasement de la Serbie, de l’Irak, de l’Afghanistan, du Yémen, etc… C’est difficile pour nous Occidentaux d’en prendre conscience tant il s’agit d’un renversement total de perspectives : l’Oncle Sam, c’est dans notre mémoire le défenseur du monde libre, dont les boys sont venus mourir sur les plages de Normandie… Mais le général Eisenhower, auquel nous serons éternellement reconnaissants d’avoir cédé aux instances du général de Gaulle et d’être venu délivrer Paris en août 44 avec la 2e DB tout en fonçant sur Berlin, ce général Eisenhower, respectable homme d’État, qui fera deux mandats présidentiels de 1953 à 1961, mettra en garde ses concitoyens contre le pouvoir montant du complexe militaro –
industriel US, qui risquerait bien, disait-il, de rogner les libertés du peuple américain ! Une sacrée clairvoyance !…

Si l’URSS avait déployé toute l’horreur de sa civilisation totalitaire, de sa création en 1922 jusqu’à sa chute en 1991, maintenant les USA prennent le relais avec le Pentagone, les FMN et les Fondations US : au lieu de supprimer l’OTAN devenue inutile, ils en font un instrument offensif de leur impérialisme… Aujourd’hui, où
sont les hommes clairvoyants ? Alors que Poutine tente de raccommoder l’histoire dramatique des Soviets avec celle de la Russie éternelle, l’Occident n’a rien compris, hélas, hélas, hélas !!! Tout au contraire les États-Unis d’Amérique auront trahi avec Bill Clinton l’espoir historique d’une ère de paix avec la Russie de Eltsine, pour tenter d’installer ensuite leur hégémonie au moyen d’un tapis de bombes. Et à Washington les vieux lobbys antirusses de la guerre froide ont relancé à fond leur campagne de russophobie sur le thème : la Fédération de Russie n’est qu’une nouvelle forme d’URSS ; ils iront plus loin encore avec Hillary Clinton en disant : Poutine = Hitler ! Et ça marche, tant le softpower US a réussi à nous lessiver le cerveau !

Effectivement, les Yankees ont commencé par nous entraîner dans la guerre criminelle de Serbie en 1999, une opération menée sous l’égide de l’ONU sous prétexte humanitaire et subtilement intitulée “Noble Enclume” : 78 jours de frappes aériennes non-stop contre les civils serbes pour arracher de force le territoire du Kosovo (où les Yankees installeront la base militaire de Camp Bondsteel pour parfaire leur manœuvre d’encerclement de la Russie). Ensuite l’invasion de l’Irak en 2003, sous le fallacieux prétexte d’armes de destruction massive de Saddam Hussein inventées par la CIA, et menée cette fois sans même demander l’avis de l’ONU par le criminel de guerre G.W. Bush (avec le concours de l’Espagne, de la GB et de l’Italie). Les débats qui suivront tous ces épisodes dramatiques vont alors donner naissance en droit international au concept de “responsabilité de protéger”, tel que défini par une Commission internationale puis entériné au sommet de l’ONU de septembre 2005. Il établit que ” les États souverains ont la responsabilité de protéger leurs propres citoyens” et que, s’ils ne sont pas “disposés à le faire
ou n’en sont pas capables, cette responsabilité doit être assumée par l’ensemble de la communauté des États”, le cas échéant par le recours à la force !

Et l’on en revient aux accords de Minsk II, reconnus par l’ONU mais qui refuse de les appliquer, alors que cette responsabilité de protéger a été invoquée contre Kadhafi pour la Libye en 2011 pour les prétendus massacres de Benghazi… Eh oui : nous avons nos bons et mauvais dictateurs !!! Les néonazis de Kiev sont de braves gens, mais al-Kadhafi pourtant reçu en grande pompe à l’Élysée en 2007 par Sarkozy, et qui avait planté sa tente dans les jardins de l’hôtel Marigny (mais n’apportait-il pas 10 milliards € de contrats avec lui ?) était un salaud qui méritait la mort ! Ainsi va le droit international !

Depuis Clinton, Bush junior et Obama, les USA ont bien changé !!! Après la violence pure des bombes, ils vont mettre en œuvre les “révolutions de couleurs”, selon les enseignements peu connus en Europe du politologue US Gene Sharp, théoricien de la lutte non violente par la manipulation des foules. Bref : ils se coulent en dignes successeurs du KGB en matière d’agitation/propagande et d’installation d’un climat révolutionnaire pour préparer un coup d’État tranquillement, ni vu
ni connu… Mais aujourd’hui ça bouge : la fondation du milliardaire SOROS, l’exemple type du soft power US, se prépare à licencier 40% de ses effectifs ! La guerre d’Ukraine a affaibli l’Occident, montré la réalité de l’impérialisme US, provoqué le repli de la zone dollar et la montée irrésistible des BRICS… Les peuples ne veulent pas des valeurs US de la cancel culture, ni des dérives de Me too ou du mouvement LGBT, pas plus que celles de la théorie du genre et autres pseudo écologie vegan ! Ils ne sont pas idiots et savent qu’une voiture électrique pollue autant qu’un modèle à essence, que les éoliennes ne tournent presque pas, que les Data Centers rejettent plus de CO2 que le transport aérien !

Les politiciens du progressisme bisounours, les bobos parisiens et les animateurs de plateaux TV sont seuls dans leur bulle, pitoyables agents d’influence qui trouvent leurs éléments de langage dans le prêt-à-penser du soft power US, lequel les abreuve, avec ses centaines de Fondations financées par la CIA, le Pentagone, et le Secrétariat d’État aux Affaires étrangères, d’analyses prêtes à l’emploi. Grande bagarre idéologique qui met aux prises non pas l’Occident face au monde, mais la morale populaire et celle des soi-disant élites ! C’est ce bourrage de crâne du soft power US qui nous a si longtemps aveuglés. Il serait temps de se réveiller…

Pourquoi les médias racontent-ils autant de bêtises ? En fait ils nous endorment. Les journalistes seraient-ils payés pour mentir ? Non mais ils travaillent dans l’instant et pour le buzz, en baignant dans un progressisme “politicorrect” par lequel ils ont réussi et qu’ils ont intériorisé. C’est une profession comme une autre ; ils recherchent l’information et la présentent, l’analyse n’est pas de leur ressort. Pire : les grandes écoles par lesquelles passent nos élites transmettent forcément aussi leur idéologie. Que les directeurs d’antenne soient attachés à leur ligne éditoriale c’est normal, et même si bien des gens de médias peuvent chercher surtout argent et carrière, à quelle cause seraient-ils vendus ?!! Qui définit l’idéologie dominante, quel est le poids réel des propriétaires de chaînes sur le plan culturel, enfin et surtout comment pourraient-ils tout contrôler ?!…

Non, non ! Le complotisme est une stupidité. La vie réelle n’est pas un divertissement à la James Bond. C’est bien plus compliqué !!! En matière sociale, les luttes d’intérêts, la quête du pouvoir, les contraintes politiques, etc., se mêlent aux combats idéologiques : les narratifs comme on dit aujourd’hui ! C’est beaucoup plus difficile à expliquer, mais infiniment plus réaliste.

Sergueï Kolessnikow

G20 inde

La déclaration finale du G20 évite de parler directement de l’Ukraine

Le sommet des dirigeants du G20 s’est terminé par la signature d’une déclaration finale sans condamnation des actions militaires russes en Ukraine. Le pays président, l’Inde, après des débats houleux, a obtenu l’adoption d’un document qui ne se concentre pas sur le conflit russo-ukrainien, mais sur les problèmes de développement, garantissant la stabilité et la croissance de l’économie mondiale. Les décisions prises à Delhi ramènent le G20 à son rôle perdu de gestion anticrise. À Moscou, les résultats du sommet du G20 à Delhi sont considérés comme un succès obtenu grâce à l’activité des participants du Sud.

La déclaration finale du sommet de deux jours des dirigeants des vingt principales économies du monde est un document volumineux composé de 10 sections et 83 points, unis par la devise « Une terre, une famille, un avenir ».

Ce document de type Mahabharata, rédigé par l’équipe du président du G20, le Premier ministre indien Narendra Modi, détaille les principaux problèmes du monde moderne – de la sécurité alimentaire et de la pollution environnementale due aux déchets plastiques et aux émissions d’hydrocarbures aux nouveaux défis associés à l’utilisation de l’intelligence artificielle, le terrorisme et le blanchiment d’argent.

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musk starlink

Musk confirme avoir limité Starlink en Crimée pour que l’Ukraine n’attaque pas la flotte russe

L’entrepreneur et milliardaire américain Elon Musk a confirmé avoir empêché les Forces armées ukrainiennes d’attaquer la flotte russe de la mer Noire.

Commentant la situation, Musk a écrit sur le réseau social X qu’il n’avait demandé aucune désactivation, puisque “les régions indiquées de Starlink n’étaient pas activées”.

Selon lui, il a reçu une demande d’urgence du « gouvernement » pour activer Starlink jusqu’à Sébastopol afin de « couler la majeure partie de la flotte russe en mouillage ».

“Si j’avais accepté cette demande, alors SpaceX aurait été impliqué dans un acte de guerre majeur et une escalade du conflit”, a conclu le milliardaire.

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armenie usa

L’Arménie va mener des exercices conjoints avec les États-Unis du 11 au 20 septembre

Les exercices militaires conjoints de l’Arménie et des États-Unis EAGLE PARTNER 2023 auront lieu sur le territoire arménien du 11 au 20 septembre. Cela a été rapporté par le ministère arménien de la Défense.

“Dans le cadre des préparatifs de la participation aux missions internationales de maintien de la paix, du 11 au 20 septembre en Arménie, notamment au centre de formation Zar de la brigade de maintien de la paix et au centre de formation N du ministère de la Défense, les exercices conjoints arméno-américains EAGLE PARTNER 2023 auront lieu”, indique le communiqué publié sur le site Internet de l’institution.

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Sans le soutien de l’Occident, le régime de Zelensky s’effondrera dans quelques semaines

Eric Denécé – docteur en science politique, directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R), estime que la cause profonde du conflit en Ukraine est la politique constante des États-Unis, qui n’a pas changé depuis la Guerre froide et poursuit un seul objectif : affaiblir et détruire la Russie, s’emparer de ses riches ressources.

“Depuis la fin de la Guerre froide, les Américains ont pour objectif d’affaiblir la Russie. Ces dernières années, le prestige international des États-Unis a décliné dans le contexte de Moscou et de Pékin. Les Américains ont décidé d’affaiblir la Russie afin de prendre le contrôle de ses ressources humaines et naturelles, tout cela en vue de leur future confrontation avec la Chine. C’est évident pour moi. Après la fin de la Guerre froide, Washington revient à la stratégie de Brezinski. Mais il y a aussi un deuxième élément qui, je pense, doit être pris en compte, et qui inquiète beaucoup plus les Européens, c’est qu’en plus du fait que les Européens restent des vassaux des États-Unis, une grande partie des politiciens européens ont toujours une mentalité de Guerre froide. Pendant la Guerre froide, j’étais officier, nous avons combattu l’Union soviétique. Mais depuis 1991, tout a changé, pourtant la majorité des hommes politiques européens a conservé l’ancien système de pensée et voit toujours les Russes comme si c’était l’ancien parti communiste de l’Union soviétique, comme un ennemi. Nous sommes peu nombreux à avoir compris que les choses avaient changé. Et chez beaucoup d’élites, notamment chez élites britanniques qui sont des anti-Russes au premier degré, il y a toujours cette idée que la Russie est un adversaire et qu’il faut s’en méfier. C’est un peu moins prononcé en France mais cette attitude reste présente chez beaucoup d’Européens et dans une partie de nos élites”.

M. Denécé a également évoqué brièvement la situation politique en Europe avant le conflit en Ukraine, soulignant la bonne dynamique dans le développement des relations entre la Russie et les pays clés de l’Union européenne. Selon l’expert, les Américains avaient peur de la synergie qui existait entre la Russie et l’UE et faisaient tout leur possible pour rendre nos pays hostiles. La politique de sanctions de l’Europe est contraire à ses intérêts. En fait, l’Union européenne paie aujourd’hui pour la guerre déclenchée par les États-Unis.

«En général, trois pays en Europe jouent un rôle important: l’Allemagne, la France et l’Italie. Traditionnellement, les Italiens sont proches de Poutine depuis Berlusconi notamment, tandis que nous, en France, entretenons jusqu’à présent des relations étroites avec la Russie. Malgré l’héritage de la Seconde Guerre mondiale, l’interaction économique entre la Russie et l’Allemagne était au plus haut niveau. La Russie a développé ses relations dans ce triangle, mais les Américains ont détruit ce système. Aujourd’hui, la France, l’Allemagne et l’Italie ne peuvent pas être qualifiées de pays indépendants. Sous la pression des États-Unis, nous avons imposé des sanctions défavorables à la Russie et sommes littéralement tombés sous leur coupe. C’est une véritable honte en matière de souveraineté. En Europe, nous payons déjà le prix fort pour cette position avec une inflation croissante. Et nous avons de très bonnes raisons de nous inquiéter de l’approche de l’hiver. Nous avons déjà payé un lourd tribut à notre stupidité.»

Eric Denécé a souligné qu’en plus d’affaiblir la Russie, les États-Unis cherchaient à rendre l’Europe plus faible et plus dépendante des États-Unis. Selon l’expert, Washington a réussi à atteindre cet objectif. Aujourd’hui, l’Europe est vassale des États-Unis. Les Américains gagnent énormément d’argent en réarmant les armées des pays de l’UE.

« Après la révolution orange en Ukraine et les révolutions arabes, le premier objectif des États-Unis était d’affaiblir la Russie. Le deuxième objectif des Américains s’est finalement formé après le conflit en Ukraine : Washington a décidé d’asservir l’Europe. Nous voyons maintenant que les Américains n’ont pas réussi à affaiblir la Russie, mais qu’ils ont atteint le deuxième objectif.

C’est une demi-victoire américaine. Ils ont soumis tout le monde en Europe à leur volonté et ont réussi à détruire une grande partie de l’industrie militaire européenne, qui se réarme en achetant des armes américaines. Ainsi, la politique américaine a conduit à la destruction de l’Europe, et non de la Russie. Je ne parlerai même pas de l’Ukraine. »

L’expert du renseignement militaire est convaincu que l’Ukraine n’a aucune chance de gagner la guerre contre la Russie. Les peuples d’Europe sont devenus les otages de la propagande anglo-américaine qui tente de tout présenter sous un jour favorable. Mais malgré les gros titres des médias occidentaux, la réalité sur le champ de bataille n’en dépend pas. Eric Denécé estime que le régime de Zelensky tombera dans les plus brefs délais sans le soutien de l’Occident.

 « L’Ukraine ne peut pas gagner cette guerre et la Russie ne peut pas la perdre. Ceci est confirmé par le contrôle de la Russie sur quatre nouveaux territoires. Il convient également de noter le deuxième point: après la Guerre froide, nous vivons en Occident dans un espace médiatique censuré. Nous avons bloqué de nombreux médias étrangers qui fournissent des informations alternatives désavantageuses pour les Américains. Nous sommes complètement désinformés par la propagande américano-anglaise, qui ne nous donne que sa propre version de ce qui se passe, bénéfique pour Kiev. Aujourd’hui, toute la machine de propagande occidentale soutient le régime corrompu de Zelensky. Tous les médias occidentaux affirment que l’Ukraine remportera la contre-offensive, mais cela ne résiste pas aux critiques. Après analyse, il est difficile de ne pas remarquer les pertes colossales des forces armées ukrainiennes. L’Ukraine ne peut pas gagner cette guerre et la Russie ne peut pas la perdre. Je suis sûr que sans le soutien de l’Occident, le régime de Zelensky ne tiendrait pas quelques semaines. »

usa uranium

Les États-Unis ont doublé leurs achats d’uranium russe au premier semestre

Les États-Unis ont acheté 416 tonnes d’uranium à la Russie au premier semestre 2023, soit 2,2 fois plus qu’à la même période l’an dernier.

Selon les calculs de l’agence RIA Novosti en se basant sur les statistiques américaines, les achats de carburant par Washington à Moscou ont presque atteint un niveau record depuis 2005, lorsque la Russie avait fourni aux États-Unis 418 tonnes de carburant. La Russie, à son tour, a gagné 696,5 millions de dollars grâce aux ventes d’uranium aux États-Unis au premier semestre 2023, ce qui représente la valeur la plus élevée depuis 2002.

En outre, les États-Unis ont augmenté leurs achats de combustible nucléaire auprès de la Grande-Bretagne et de la France. Dans le même temps, la hausse des approvisionnements la plus significative est venue de Paris, qui a fourni 319 millions de dollars au marché énergétique américain, contre 1,9 million de dollars un an plus tôt, précise l’agence.

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loukachenko

“La Russie va vous écraser” : interview de Loukachenko sur l’Ukraine

Alexandre Loukachenko a accordé une longue et vive interview à une journaliste ukrainienne, dans laquelle il a évoqué les premiers jours de l’opération militaire spéciale en Ukraine, ainsi que comment elle pourrait se terminer.

L’interlocuteur du président de la Biélorussie était Diana Panchenko : pas tout à fait une présentatrice de télévision ukrainienne typique, puisqu’elle figure sur la liste des sanctions de son propre pays. Aif.ru a rassemblé les principales citations.

À propos de la dernière chance de l’Ukraine

Si les dirigeants du pays ne s’assoient pas à la table des négociations dans un proche avenir, il ne restera plus qu'”un lambeau de terre” de l’Ukraine, a déclaré Loukachenko.

“Maintenant, la Russie va vous écraser. Vos effectifs et votre matériel. Il n’y a plus ces petits nazis motivés, ils sont déjà tous morts. Qui se bat ici ? Ceux que vous attraperez dans les rues et que vous amènerez ici ? Ils ne sont pas préparés. Et puis un peu de militaires. Ils n’y arriveront pas. Ils vous broieront, puis ils feront ce dont vous avez le plus peur : ils vous couperont jusqu’à la Moldavie, jusqu’à la Transnistrie.

À propos de la prise de Kiev

Selon Loukachenko, Kiev n’a pas été prise sous le contrôle de la Fédération de Russie dans les tout premiers jours uniquement à l’initiative de la partie russe.
« Poutine m’a dit qu’il peut rapidement prendre Kiev, en quelques jours, mais qu’un grand nombre de personnes mourront. Mais il craignait que les lance-roquettes multiples et les troupes ne se cachent derrière des écoles et des immeubles résidentiels, c’est pourquoi les forces armées russes sont restées à la périphérie de la capitale ukrainienne. »

Loukachenko a laissé entendre que Volodymyr Zelensky devrait remercier certains négociateurs neutres, comme il l’a dit, « Des Juifs et des catholiques ». Cependant, le dirigeant biélorusse s’est arrêté là et n’a pas développé son idée plus en détail.

Sur le comportement de Zelensky aux débuts de l’opération spéciale

Selon Alexandre Loukachenko, le président de l’Ukraine au tout début de l’opération spéciale était dans une situation désespérée.

« En vain Zelensky s’attribue la victoire de Kiev. A-t-il vaincu l’armée russe ? Poutine a retiré ses troupes. Zelensky était terré dans une cave à ce moment-là. Il n’a fait face à rien ni personne, et les militaires ont vu comment cela finirait. Il n’y avait pas de troupes pour protéger le nord de Kiev. Seulement pour quelques jours. »

Selon Loukachenko, si Zelensky avait vraiment gagné à Kiev, il n’aurait pas eu besoin de distribuer des armes à la population, lesquelles seront difficiles à reprendre.

Sur la discorde entre les alliés occidentaux de l’Ukraine

« L’Occident ne peut plus être qualifié d’uni et de collectif. En Europe, ils se prononcent déjà contre la guerre, ce sont les Américains qui en profitent, ils en ont besoin. Regardez, l’Occident donne des chars à son corps défendant. »

À propos de Vladimir Poutine

« Poutine n’est plus le même. C’est Poutine au carré. Il est encore plus intelligent et plus rusé, plus sage. Il est mobilisé. »

« Poutine sera le prochain président de la Russie. Les élections sont dans six mois. Je pense que ce sera Poutine. Il n’y a plus de rivaux pour Poutine en Russie maintenant.

Sur l’avenir de Zelensky

« Je vais vous dire, si les élections ont lieu dans un avenir proche, l’un des militaires [gagnera]. Boudanov ou quelqu’un d’autre deviendra président. Quelqu’un de l’armée, mais pas lui », a déclaré Loukachenko.

« Beaucoup de gens commencent à vraiment évaluer Zelensky. C’est pourquoi il se débat. Fixer des élections (quand vous en aurez, elles auront lieu dans un an ou deux) ou utiliser la loi martiale, les reporter. C’est très ambigu. Et il est loin d’être certain que Zelensky remportera ces élections, bien que vous lui donniez 90% de cote. C’est absurde. »

À propos de la rébellion du groupe Wagner

« Même les Américains et nos ennemis ne voulaient pas de la victoire de cette SMP, ils s’inquiétaient des armes nucléaires. Qui l’aurait eu ? Jenia Prigojine ? Excusez du peu. »

« La Russie a tiré des conclusions après la rébellion de la SMP. Dans un avenir proche, de telles rébellions seront impossibles. Personne ne renversera Poutine aujourd’hui », assure Loukachenko.

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acier

Washington résilie l’accord de fourniture d’acier provenant de Russie

L’administration américaine a décidé de résilier l’accord de suspension de l’enquête antidumping concernant la fourniture de tôles d’acier au carbone de fabrication russe aux États-Unis. C’est ce qu’indique un avis publié dans des documents officiels du gouvernement américain – le Federal Register.

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contre offensive

L’OTAN ne croit plus en la réussite de la contre-offensive de Kiev et met ses espoirs dans les missiles à longue portée

Le conflit en Ukraine devient l’un des principaux arguments en faveur du renforcement de l’OTAN près des frontières occidentales de l’État de l’Union. Dans le même temps, comme le montre un article publié le 8 août sur CNN, l’Occident ne croit plus à une contre-offensive réussie de Kiev, dont les calculs pour une percée rapide de la défense russe à plusieurs niveaux “étaient irréalistes”.

Pour l’Occident, la capacité des forces armées russes à organiser une défense stratégique stable sur un front de près de 1000 km s’est avérée être une découverte. Cette expérience est adoptée par les alliés de la Fédération de Russie. Le 8 août, sur le terrain d’entraînement de Gozhsky dans la région de Grodno en Biélorussie, la phase active des manœuvres militaires a commencé avec la 6e brigade mécanisée des gardes séparés des Forces armées de la République de Biélorussie, utilisant l’expérience de combat acquise par les troupes russes en le NMD, a rapporté le ministère de la Défense du pays.

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blinken cereales

Blinken prétend que Washington a résolu tous les problèmes sur le volet russe de l’accord céréalier

Les États-Unis ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour ramener la Russie dans l’accord sur les céréales. C’est ce qu’a déclaré le secrétaire d’État américain Antony Blinken dans une interview pour Radio France internationale (RFI). Le texte de la conversation a été publié sur le site Internet du département d’État américain le 7 août.

Blinken a déclaré que l’accord sur les céréales n’était “pas une question de concessions”. Cependant, il a souligné que toutes les mesures nécessaires ont été prises pour reprendre les approvisionnements.

“En ce qui concerne les indications spécifiques de problèmes éventuels, par exemple avec les banques, les transports, etc., nous avons tout fait pour que ces problèmes soient résolus”, a déclaré le secrétaire d’État. Il a mentionné qu’il avait envoyé des lettres aux banques américaines avec des informations selon lesquelles toutes les transactions liées à l’accord sur les céréales avaient été retirées des sanctions.

En outre, Blinken a déclaré que les exportations de céréales russes au cours de l’année écoulée ont largement dépassé les chiffres de la période précédant le début de l’opération spéciale.

“De plus, les exportations russes ont atteint des niveaux records”, a déclaré le secrétaire d’État.

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fitch usa

Fitch dégrade la note des États-Unis de AAA à AA+ pour la première fois de son histoire

Fitch a abaissé la note de défaut à long terme des émetteurs en devises des États-Unis de AAA à AA+ avec une perspective stable.

Selon l’agence de notation, cette réduction a été infligée compte tenu de l’attente d’une détérioration de la situation budgétaire au cours des trois prochaines années, d’un endettement élevé qui continue d’augmenter, et aussi en raison de « la détérioration de la gérabilité au cours des deux dernières décennies, ce qui a entraîné des contradictions sur la limite de la dette publique et des décisions de dernière minute en la matière ».

Parmi les autres facteurs qui ont conduit à la décision de réviser la note, Fitch cite la menace persistante d’une récession et la hausse des taux de la Fed.

Fitch n’a jamais évalué la cote de crédit des États-Unis en dessous de AAA. En 2011, une telle décision a été prise par l’agence de notation S&P (également jusqu’à AA+). Fitch a mis en garde contre des déclassements potentiels en 2013, 2019 et 2023. Une dégradation de la note de crédit pourrait avoir un impact négatif sur la capacité d’emprunt du pays.

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ukraine usa

Washington estime avoir donné tout ce qu’il faut pour la contre-offensive de Kiev

Les États-Unis ont fourni à l’Ukraine tout le nécessaire pour une contre-offensive et annonceront bientôt une nouvelle aide à Kiev, a déclaré le porte-parole du département d’État Matthew Miller lors d’un point de presse pour les journalistes.

“De notre point de vue, l’Ukraine a tout ce dont elle a besoin pour mener une contre-offensive. Avec nos alliés et partenaires en Europe et dans le monde, nous leur avons fourni des quantités colossales d’équipements militaires”, a-t-il déclaré, cité par RIA Novosti.

Miller a fait cette déclaration sur fond de nombreuses publications dans les médias américains sur le blocage de la contre-offensive des Forces armées ukrainiennes et de déclarations des autorités ukrainiennes qui attribuent ces problèmes au rythme et au volume insuffisants des livraisons d’armes occidentales.

“Vous devriez vous attendre à plus d’annonces (à propos – ndlr) d’assistance militaire dans les prochains jours”, a ajouté Miller.

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Point sur la décision de Washington de transfert d’obus à sous-munitions à Kiev

1. Que sont les armes à sous-munitions, quelles sont celles transférées à l’Ukraine ?

Les bombes à sous-munitions (BASM) ont été mises au point pendant la seconde guerre mondiale en Allemagne et Union soviétique, cette technologie étant développée aux USA pour l’artillerie, seulement lors de la guerre du Viêt-Nam. Le concept d’une munition principale consistant en un conteneur « cargo » rassemblant plusieurs sous-munitions « bomblets », a été décliné autour de différents vecteurs balistiques, bombes d’aviation, roquettes et obus : Un projectile unique s’ouvre donc dans le ciel en queue de sa trajectoire balistique, et permet à plusieurs artifices explosifs de retomber « en pluie » sur la zone visée, permettant un effet de saturation. L’appellation de « cluster bomb » également employée évoque la configuration en grappe des sous-munitions ;

La récente décision de l’administration Biden de transférer de tels artifices porte sur des obus de calibre 155 mm. Les projectiles concernés sont des DPIC (dual prose improved conventional munitions), avec une cargaison de grenades à effet mixte (fragmentation et charge creuse). Le calibre OTAN permet l’emploi dans les obusiers de conception occidentale livrés à Kiev, pièces tractées (M 777[1], TR F1, FH-70…), automoteurs chenillés (M109, Panzerhaubitze 2000, Krab, AS-90… ) ou à roues (CAESAR, DANA et SUZANA, RCH 155, Archer[2]…), pour un total de 440 automoteurs et 390 pièces tractées en calibre 155 mm, destinées à remplacer les 1150 pièces soviétiques en calibres 122 et 152 mm.[3]

Les DPICM concernés sont des obus M 864 et des obus M 483 A1, issus des stocks déclassés de l’armée américaine, très comparables dans leur mise en oeuvre et leurs effets.

  • L’obus M 483 A1 comprend davantage de sous-munitions, en embarquant 88 grenades, 64 de type M 42 et 24 de type M 46. Ces deux grenades délivrent leur double effet (dual purpose), anti-véhicule grâce à une charge creuse, et antipersonnel en fragmentant leur cops métallique. La différence tient à l’épaisseur du corps des M46, plus épais, qui lui permet d’encaisser les forces d’accélération au départ du coup (c’est pourquoi ces grenades sont chargées en queue de conteneur), les M42 moins épaisses ont un meilleur effet de fragmentation et sont chargées à l’avant du projectile. Les deux grenades sont chargées à 30 grammes de composition A5[4] formée en charge creuse (l’effet Munroe fonctionne lorsque l’explosif est creusé d’un cône, ce qui permet la création du jet de plasma) et capable de défaire 2.75 pouces (6,98 cm) de blindage homogène (RHA). (Pour mémoire, une grenade US M 67 est chargée à 130 g de composition B RDX/TNT, une grenade russe RGO de 110 g de RDX et une F1 russe de 60 g de TNT). Aucun de ces deux artifices n’est muni d’un système d’autodestruction comme celui de la munition équivalente M 80, pour suppléer à une défaillante de leur allumeur à impact inertiel activant un détonateur M 55 ; l’armement se fait en vol après éjection, grâce à une boucle en nylon faisant aussi semi-parachute de guidage. La production du jet anti-blindage et des fragments est simultanée ; si le dépotage se fait en l’air, il s’agit d’explosifs ground burst, détonant au contact sur le sol. La densité de saturation d’un obus de 155 mm est de 22 500 m², le rayon létal de 300 m.
  • L’obus M 864 fonctionne comme le M 483 A1. En revanche, il est muni d’un dispositif base bleed (améliorant la trainée, comme les balles boat tail le font pour les munitions de petit calibre) ce qui permet d’augmenter sa portée à plus de 30 km (au lieu de 24). Pour loger ce dispositif à l’arrière, seulement 72 sous-munitions sont embarquées, 48 de type M 42 et 24 de type M 46.

2.Ce transfert et l’emploi de ces munitions sont-ils légaux ?

Les engins de ce type ont été bannis par la Convention d’Oslo, conclue à Dublin (!) le 30 mai 2008 lors de la Conférence diplomatique pour l’adoption d’une Convention sur les armes à sous-munitions.  Conformément à son article 15, la Convention a été ouverte à la signature de tous les États à Oslo le 3 décembre 2008 et, par la suite, au Siège des Nations Unies à New York jusqu’à son entrée en vigueur. Celle-ci date du 1er août 2010. Signée par 124 Etats en 2023, ce texte prévoit (Art 1) « que la production, le stockage, l’utilisation et le transfert de tout type d’armes à sous-munitions sont interdits dans toutes les circonstances, que le conflit soit international ou non. Il est également interdit d’assister, d’encourager ou d’inciter quiconque à s’engager dans toute activité prohibée par la Convention ».  Cette proscription était considérée comme une étape majeure du Droit humanitaire et bénéficiait de l’engagement fort des Nations Unies[5].

Toutefois, une telle Convention internationale ne lie que les Etats ayant signé puis ratifié le texte, elle n’a pas d’effet juridique contraignant sur les autres[6].

Or, ni les USA, ni l’Ukraine, ni la Russie, ne sont parties à la Convention. Ces Etats ont donc le droit de ne pas appliquer les restrictions définies par celle-ci et d’employer à leur guise ce type d’armement. C’est d’ailleurs le cas de la part de Kiev et de Moscou.[7] On pourra de plus évoquer le recours massif aux lance-roquettes multiples (LRM), dans la tradition soviétique, par les deux armées en présence, qui recherchent le même effet de saturation indiscriminé. On rappellera enfin que Kiev, signataire de la Convention d’Ottawa sur les mines antipersonnel, en a exclu l’application dans le Donbass. Ainsi, des bombardements par LRM et obusiers diffusant des mines PFM1 Petal dispersables, sur les villes de l’Est sont documentés ; ce dernier cas en revanche, est bien constitutif d’un crime de guerre, selon les conditions, notamment l’absence de cibles légitimes et le fait de viser sciemment et systématiquement des civils[8]

3.Quel sont l’intérêt et l’impact opérationnel de ces munitions ?

Les obus à sous-munitions présentent un intérêt certain contre des concentrations de forces en milieu ouvert, notamment lorsqu’elles sont en phase offensive. Avec un nombre réduit de pièces d’artillerie, le nombre d’impacts par tir est démultiplié ; le caractère mixte des sous-munitions offre une polyvalence contre le personnel et le matériel : L’armure maximale (sur la coupole) d’un blindé de combat d’infanterie BMP-2 n’est que de 2,3 cm, et elle est de seulement 1 cm pour un blindé de transport de troupe BTR-80. Ces VCI sont donc vulnérables à ce type d’attaque.  Un char de bataille de la famille T-72 est en principe à l’abri de ce type d’attaque, même sur le toit. Toutefois ces données ne prennent pas en compte l’incidence et la présence d’écrans ou de systèmes réactif comme le Kontakt. A l’inverse, même la charge relativement réduite des grenades est à même de détruire ou endommager tout l’équipement extérieur, optronique notamment. On notera que l’artillerie classique est susceptible d’engendrer des effets comparables, mais à un coût supérieur. Evidemment, un coup direct de 155 mm peut pulvériser un char lourd, mais même les gros éclats d’obus inertes sont capables de perforer les blindages légers. Ainsi les Ukrainiens se sont plaints du blindage des AMX 10-RC. Epais de 4 cm au maximum et 2 cm sur la coque, l’armure acier/ aluminium du char léger, à au moins une occurrence, n’a pu protéger un équipage contre les éclats d’un tir d’obusier, qui ont transpercé la cuirasse et tué les occupants.

Quelle est l’efficacité de ce type de munitions sur des troupes enterrées ?  Elle sera réduite face à un aménagement du terrain conçu pour protéger de l’artillerie, des feux de mortiers ou de canons de chars, qui embarquent une charge explosive bien plus importante[9]. Un simple toit végétal dense[10] est susceptible de perturber le fonctionnement des allumeurs. En revanche, la protection offerte par des tranchées à ciel ouvert, déjà fortement contrecarrée par l’emploi de drones kamikazes, deviendra très relative face à un bombardement par sous-munitions ; cela pourra en quelque sorte se comparer à un raid de drones tueurs en essaim, méthode actuellement réservée à des cibles à haute valeur ajoutée (base maritime de Sébastopol, notamment), à un coût moindre. Outre les « coups chanceux » toujours possibles en entrant dans la tranchée ou l’abri[11], la saturation du terrain va interdire les mouvements des fantassins à l’air libre, ce qui peut, par exemple, poser un problème pour la gestion des réserves. Les rassemblements hors abris deviendront extrêmement dangereux ce qui peut également nuire à la communication et à la transmission des ordres. La pratique d’empilage au sol des munitions d’artillerie déconditionnées crée un risque important si une bombelette explose à côté. Enfin, la présence de grenades non explosées crée un risque important, qui peut générer des pertes physiques mais aussi éroder le moral.[12]

La livraison de ces obus implique-t-elle un bouleversement réel de l’évolution des combats ? On peut avancer que non, car ce type d’artifices est déjà employé par les LRM et l’aviation, les techniques de saturation étant massivement adoptées. Des obus M864 et M483 A1 fabriqués en Turquie sous licence par MKE ont d’ailleurs déjà été fournis à l’artillerie de Kiev depuis novembre 2022. Les mines dispersable RAAM sont également employées sur le théâtre (on les crédite d’une action russe contre une formation mécanisée russe à Vugledar). C’est en défensive contre un attaquant mobile et regroupé que ce type de munitions présente le plus d’intérêt. Or, les Russes semblent éviter de se lancer dans de grandes actions offensives, et les Ukrainiens ont réorienté leurs tactiques vers un emploi de fantassins en groupes réduits, appuyés à distance par des véhicules qui ne se risquent plus guère au contact. Le rendement maximal est obtenu lorsque l’action de mines est conjuguée à l’emploi des obus à sous-munitions. Des mines peuvent d’ailleurs être dispersées par l’artillerie pour pourrir une zone en cours d’action, malgré le déminage antérieur par le Génie. Cela ne délivre un effet majeur que sur des troupes en mouvement, à l’offensive, en retraite ou en cours de redistribution de renforts et de réserve par exemple.

Après avoir vanté « l’artillerie de précision » des canons et missiles occidentaux (notamment les HIMARS M 142), on assiste maintenant au recours à la saturation, avec un dispositif qui compense dans une certaine mesure la réduction du nombre de pièces perdues. Mais hors toute velléité d’offrir le fameux game changer (appelé en d’autres temps Wunderwaffen), le transfert de ces obus illustre simplement deux faits :

  1. Il existe un besoin pressant de fournir des obus à Kiev, les feux d’artillerie demeurant le mode d’action dominant
  2. les stocks des membres de l’OTAN et leur capacité de production industrielle ne permettent plus d’y répondre.[13] La difficulté à obtenir des obus dans les calibres ex-soviétiques[14] et l’attrition considérable  en matériels de la même  origine initialement détenus par Kiev, imposent de se concentrer sur les équipements occidentaux. Cela est d’ailleurs à terme un objectif de Kiev (mettre son armée au standard OTAN) et de Washington (vendre/se faire rembourser le matériel correspondant).[15]

4. Pourquoi y a-t-il controverse ?

La décision de Washington, légale, et peut-être légitime du point de vue de l’OTAN, puisque seul moyen de fournir un allié en l’état des stocks, a suscité une certaine indignation car elle illustre la moralité à géométrie variable de l’Occident et ce qui apparaît à beaucoup comme de la duplicité. On sait déjà qu’il y a les « bons morts » et les autres, mais cette décision donne l’impression que pour l’hégémon il y a « les bons crimes de guerre » et les autres. Les réactions politiques des Etats partenaires de Washington mais signataires de la Convention s’expliquent par l’article premier de celle-ci qui interdit « d’assister, d’encourager ou d’inciter quiconque à s’engager dans toute activité prohibée par la Convention ». Il est vrai que Washington conditionne ses élans éthiques à ses intérêts économiques, n’hésitant pas à torpiller les efforts de ses alliés[16]. Après une production de masse des années 1970 aux années 1990[17], les USA avaient fait évoluer leur doctrine en matière e sous-munitions, et sans renoncer à ce type d’arme, n’en faisaient plus un armement majeur.[18] La décision du président Biden a donc choqué, ceux qui ont oublié que le même, en 1999, a poussé l’administration Clinton à bombarder la Serbie, y compris d’ailleurs avec des cluster bombs sur un marché.[19]

Cartoon de Walt Handelsman pour le Baltimore Sun

Une critique des humanitaires, qui rend l’emploi de cet armement très controversé, tient à son caractère indiscriminé et surtout au risque qu’il fait courir aux civils. En effet, alors que tous les explosifs militaires connaissent un taux de non-explosion, pour des motifs divers[20], il apparaît que celui des systèmes à sous-munitions est particulièrement élevé. Mathématiquement, la multiplication des engins induit également une augmentation des défectuosités. De plus, le fonctionnement par allumeurs à inertie favorise les ratés et les départs accidentels. Enfin, l’ancienneté des munitions est aussi un facteur d’accroissement des dysfonctionnements ; ce « taux d’échec » ou dud rate, a fait l’objet d’études du département de la Défense US. Le taux de 1% avait été défini par le Congrès et l’administration Bush en 2007 comme le maximum acceptable. L’Administration Biden affirme que les obus livrés à l’Ukraine n’ont pas un taux supérieur à 2,35%. Mais pour différentes raisons méthodologiques cela ne peut être tenu comme avéré. L’expérience accumulée « en réel » depuis 30 ans témoigne plutôt d’un taux oscillant entre 20 et 40% selon les engins et les situations, avec une valeur moyenne acceptée de 30%. C’est donc un nombre considérable d’artifices totalement incertains qui seront ventilés lors des tirs. Il est vrai que le terrain est déjà saturé de mines et d’explosifs classiques ayant dysfonctionné (UXO, unexplosed ordnance), mais ce ne semble pas une raison pour en rajouter en multipliant la menace. A cela, certains répliquent que les Ukrainiens défendant leur sol, il leur appartient de mesurer et prendre les risques qu’ils jugent acceptables. Or, cela n’est pas une réalité.  Les combats, et donc la menace, sont en effet circonscrits aux zones rebelles, dont Kiev a toujours considéré la population comme pro-russe (voire racialement inférieure), donc sans la ménager. En témoignent évidemment huit années de bombardement des villes de l’Est, et la politique systématique de harcèlement menée depuis le début de la SVO, avec des tirs de LRM, de 155 mm, de drones, et maintenant de missiles sur des centres urbains (Donetsk notamment). Cette méthode de guerre terroriste a d’ailleurs été étendue au territoire de la Fédération de Russie, autour de Bielgorod par exemple. Malgré les « assurances écrites » que Washington affirme avoir demandé à Kiev, de limiter le recours à ces obus à sous-munitions, notamment contre les villes[21], on peut donc douter. Et en zone urbaine, sur une population hors abri, l’efficacité de ces munitions serait maximale. Les tirs actuels, dans une perspective de harcèlement et de terreur, sont souvent d’une dizaine d’obus classiques, sur les villes du Donbass. Si le même nombre de tirs était effectué avec des obus à sous-munitions, le taux de saturation serait évidemment démultiplié. Cela battrait en brèche l’objectif fixé par le président russe lors du lancement de la SVO, avec des conséquences inconnues en matière de politique intérieure et de politique engagement des forces.[22]

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[1] Les USA ne peuvent plus en fournir, les 150 fournis provenaient de stocks décommissionnés de l’USMC

[2] La Suède n’avait pas besoin d’être membre officiel de l’OTAN pour fournir ces obusiers ni d’autres armement à Kiev, ni pour participer et accueillir sur son sol des manoeuvres de l’Alliance

[3] Des pièces en calibre 105mm ont également été fournies en complément, à hauteur de 110 unités, il existe des obus à sous-munitions dans ce calibre également

[4] Un explosif d’application militaire courant, sur base de RDX ; on trouve : Composition A, Composition A5, Composition B, Composition C, Composition D, HBX, H-6, Cyclotol et C4. Cette formule est puissante (coefficient de 1.6 par rapport au TNT), stable et insensible aux chocs, ce qui est évidemment souhaitable pour ce type de munitions. Toutefois sa grande brisance rend le patron de distribution des éclats plus irrégulier avec des enveloppes épaisses ; c’est pourquoi les grenades à main sont plus souvent chargées à la composition B.

[5] Le droit international humanitaire repose sur les conventions de Genève de 1949 et leurs différents protocoles additionnels, les Convention de La Haye de 1899 et de 1907, et les différents textes internationaux portant sur des sujets spécifiques (armes chimiques, mines anti-personnels, statut des combattants irréguliers, etc, avec une importante production de textes par l’ONU.

[6] On pouvait penser à un certain effet éthique, qui visiblement ne pèse pas véritablement

[7] Ce qui démonétise totalement les accusations de « crimes de guerre » exprimées à l’encontre des Forces russes sur ce motif.

[8] Des mines dispersables RAAM sont aussi employées par L’Ukraine, ce qui n’enfreint aucune convention mais crée les mêmes problèmes en matière de dépollution future

[9] Les obus de 105 mm et de 155mm à sous-munitions (junior killer et senior killer) ont été employés efficacement pour briser les assauts vietnamiens sur les bases de GI qui étaient protégés de leurs effets meurtriers sur les assaillants non abrités

[10] Voire les filets de camouflage, ou les cages grillagées, selon le contexte

[11] Le tracé n’est jamais rectiligne pour éviter les éclats sur le plan horizontal, mais cela ne protège pas des éclats dans le plan vertical

[12] L’auteur atteste de l’effet psychologique de se trouver dans des zones que l’on sait non déminées, ou de la présence de blindés M-60 et M-84 détruits mais non reconnus, dans la zone de déploiement et de progression.

[13] Après avoir pompé les réserves décommissionnées, les stocks prépositionnés en Corée et Israël.

[14] Après avoir vidé les stocks obsolètes des anciens pays satellites, puis malgré le recours à la production bulgare, roumaine et peut-être serbe.

[15] Selon le principe du Lend lease, qui n’a été définitivement remboursé par les Etats européens que dans les années 2000. L’Ukraine a déjà pompé davantage de Dollars et d ‘Euros que vingt ans de guerre afghane

[16] Pressions via la compatibilité OTAN pour vendre ses F35 afin de rentabiliser le programme, ce que l’armée US ne peut plus faire ; coup bas dans la vente de sous-marins français ; politique du Dollar « weaponisé » incluant des sanctions financières et des actions physiques contre les concurrents, notamment français ; OPA agressive sur le nucléaire français. Vassalisation de la RFA et de la Pologne pour peser sur les programmes communs de défense (achat d’hélicoptères US au lieu d’Airbus, achat d’obusiers Israéliens en remplacement des CEAESAR, achat de chars coréens en complément d’Abrams…) ; et bien sûr recours à l’OTAN pour encadrer et orienter les politiques des Etats-membres et la stratégie de l’UE (On évoque le nom de Mme V.D Leyen comme future secrétaire générale de l’Alliance).

[17] Dont l’emploi pendant la première guerre du Golfe a causé la majorité des pertes US hors accidents et les seules de soldats français

[18] Cet armement était particulièrement adapté à stopper des offensives massives de blindés soviétiques, qui semblaient ne plus être d’actualité après la chute de l’URSS.

[19] “I suggested bombing of Belgrade. I suggested that American pilots go there and destroy all bridges on the Drina,”

[20] Cent ans après, la sécurité civile continue à dépolluer des artifices de la Grande guerre.

[21] Reconnaissant donc la vérité, toujours niée, de ces bombardements terroristes, jusque lors uniquement attribués aux Russes

[22] D’autant, que, propagande occidentale écartée, il semble y avoir un malaise vis-à-vis de l’Etat major général et du ministre de la défense, comme l’illustrent l’interrogatoire depuis le coup de Wagner du général Surovikine, la sanction du général Popov, retiré d’Ukraine pour muter en, Syrie et les critiques acerbes de Strelkov et des « durs », notamment après l’action contre le pont de Crimée.

poutine sous-munitions

Poutine : la Russie se réserve le droit d’utiliser des armes à sous-munitions si Kiev s’en sert

Le président russe Vladimir Poutine a averti que la Fédération de Russie se réserve le droit d’utiliser des armes à sous-munitions en réponse à leur utilisation par l’Ukraine.

“En Russie, il y a un stock suffisant de divers types d’armes à sous-munitions, de toutes sortes. Jusqu’à présent, nous ne l’avons pas fait, nous n’en avons pas utilisé, et nous n’avons pas eu un tel besoin, malgré une pénurie bien connue dans un certain laps de temps, et nous avons aussi des munitions, mais nous ne l’avons pas fait”, a déclaré le chef de l’Etat, répondant à une question du journaliste Pavel Zaroubine pour l’émission Moscou.Kremlin.Poutine sur la chaîne Rossiya 1.

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lavrov f16

Lavrov : la livraison de F-16 à Kiev présenterait une menace nucléaire

Le fait même de l’apparition en Ukraine de chasseurs F-16 capables de transporter des armes nucléaires sera considéré par la Russie comme une menace de l’Occident dans le domaine nucléaire. C’est ce qu’a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov dans une interview au journal Lenta.ru.

“Un exemple de développement extrêmement dangereux est le projet américain de transférer des avions de combat F-16 au régime de Kiev. Nous avons informé les puissances nucléaires, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France, que la Russie ne peut ignorer la capacité de ces avions à transporter des têtes nucléaires. Au cours des hostilités, “notre armée ne déterminera pas si chaque avion spécifique de ce type est équipé pour la livraison d’armes nucléaires ou non. Le fait même que de tels systèmes apparaissent dans les forces armées de l’Ukraine sera considéré par nous comme une menace de l’Occident dans le domaine nucléaire”, a souligné M. Lavrov.

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Collusions des nationalistes ukrainiens dans les organisations sous influence U.S.

Après s’être penché sur les liens entre nazisme et nationalisme ukrainien, il est important de revenir sur la création de la Ligue Anti-Communiste Mondiale pour comprendre que la guerre actuelle avec toute sa propagande n’est qu’une continuité de la guerre froide 2.0 provoquée par et pour l’existence et le renforcement de l’OTAN.

4ème congrès de la Ligue anti-communiste mondiale

Fondée à Taiwan par Tchang Kaï-Chek, le révérend Moon et des criminels de guerre nazis et nippons, la Ligue anti-communiste mondiale (WACL) a d’abord été utilisée sous Nixon pour étendre les méthodes de contre-insurrection en Asie du Sud-Est et en Amérique latine.

Sept chefs d’État participaient alors à ses travaux. Elle a connu une nouvelle vitalité sous Reagan, devenant un instrument conjoint du complexe militaro-industriel états-unien et de la CIA dans la Guerre froide. Elle fut alors en charge des assassinats politiques et de la formation des contre-guérillas dans toutes les zones de conflits, y compris en Afghanistan où elle était représentée par Oussama Ben Laden.

À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, les services secrets états-uniens retournent des agents nazis, fascistes et oustachis pour créer un réseau anti-communiste, le stay-behind[1]. Si les agents recrutés dans les États de la future Alliance atlantique avaient vocation à rester secrets, ceux des États passés sous contrôle soviétique devaient au contraire agir publiquement. Une internationale fasciste est donc constituée, en 1946, pour coordonner l’action des agents originaires de l’Est immigrés à l’Ouest : le Bloc anti-bolchévique des nations (Anti-Bolshevik Bloc of Nations – ABN). Fascistes ukrainiens, hongrois, roumains, croates, bulgares, slovaques, lituaniens etc. se réunirent sous la houlette de Yaroslav Stetsko. Ancien leader collaborationniste en Ukraine, Stetsko est considéré comme responsable du massacre de 700 personnes, majoritairement juives, à Lvov le 2 juillet 1941.

Huit ans plus tard, à l’issue de la guerre de Corée, les États-Unis prennent le relais de la France en Indochine[2]. Le président Eisenhower met en place un système régional de défense dirigé contre l’URSS et la Chine. Le 8 septembre 1954, l’OTASE est créée sur le modèle de l’OTAN. Elle regroupe l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Pakistan, les Philippines, la Thaïlande, le Royaume-Uni et les États-Unis. Le 2 décembre, le dispositif est complété par un traité de défense bilatéral États-Unis-Taiwan[3]. Parallèlement, la CIA, sous la direction d’Allen Dulles, structure les services de renseignement de ces États et met en place une organisation de contact entre les partis anticommunistes de la région. C’est ainsi que se constitue, autour de Tchiang Kaï-Chek lui-même, une Ligue anticommuniste des peuples d’Asie (Asian People’s Anti-Communist League – APACL).

Fondation de la WACL, 1967

Outre le président taiwanais Tchang Kaï-Chek, l’APACL compte dans ses rangs Pak Chung Hee, futur président de la Corée du Sud ; Ryiochi Sasakawa, un criminel de guerre devenu milliardaire et bienfaiteur du parti libéral japonais ; et le révérend Sun Myung Moon[4], prophète de l’Église de l’unification. Ainsi que le général Prapham Kulapichtir (Thaïlande), le président Ferdinand Marcos (Philippines), le prince Sopasaino (Laos)[5] ; le colonel Do Dang Cong (représentant le président Nguyen Van Thieu, Vietnam), etc.

L’APCL est totalement contrôlée par Ray S. Cline, alors chef de poste CIA à Taiwan et futur sous-directeur de la CIA[6]. Elle édite l’Asian Bulletin, dont la rédaction est confiée à Michael Lasater, futur responsable du département Asie de la Fondation Héritage[7].

Dès 1958, président du Bloc anti-bolchévique des nations (ABN), participe à Taipei aux conférences annuelles de la Ligue anticommuniste des peuples d’Asie (APACL). Cline et Stetsko supervisent la fondation de la Political Warfare Cadres Academy de Taiwan, une institution chargée de former les cadres du régime de Tchang Kaï-Chek à la répression anticommuniste. L’académie est le pendant asiatique de la Psychological Warfare Center de Fort Bragg (USA) et de la School of Americas de Panama[8].

Progressivement, la CIA forme un réseau de groupes politiques et d’instructeurs en contre-insurrection à l’échelle mondiale. En 1967, l’ABN et l’APACL fusionnent sous l’appellation Ligue anti-communiste mondiale (World Anti-Communist League – WACL) et étendent leurs activités à l’ensemble du « monde libre ». Parmi les nouveaux adhérents, on relève Los Tecos ou Légion du Christ-Roi, formation fasciste mexicaine constituée pendant la Seconde Guerre mondiale. La Ligue connaît un premier essor dans les années 73-75 lorsque Richard Nixon et son conseiller de sécurité Henry Kissinger siègent à la Maison-Blanche.

Son financement est grassement assuré par l’intermédiaire de l’Église de l’Unification. Cependant, cette réalité n’est plus assumée publiquement à partir de 1975. Le révérend Sun Myung Moon prétend alors rompre avec la Ligue, mais continue à exercer son leadership via son représentant japonais Osami Kuboki.

Le rôle de la WACL dans la réalisation des Plans Phoenix (1968-71) et Condor (1976-77), prévoyant l’assassinat de milliers de personnes suspectées de sympathies communistes en Asie du Sud-Est et en Amérique latine est encore insuffisamment documenté.

L’Opération Phoenix a probablement été mise en œuvre au Vietnam par la Joint Unconventionnal Warfare Task Force du major général John K. Singlaub, qui devint ultérieurement le président de la WACL. Cependant Singlaub a toujours nié son implication dans cette opération.

Par ailleurs, le général Hugo Banzer Juarez, qui imposa sa dictature en Bolivie de 1971 à 1978, présida la branche latino-américaine de la WACL. Il organisa un plan d’élimination systématique de ses opposants communistes, en 1975. Le Plan Banzer fut présenté, comme un modèle à suivre, lors d’une réunion latino-américaine de la WACL à Assomption, en 1977, en présence du dictateur du Paraguay le général Alfredo Stroessner. Une motion visant à procéder identiquement à l’élimination dans toute l’Amérique latine des prêtres et religieux adeptes de la théologie de la libération fut présentée par la délégation paraguayenne et adoptée par la conférence mondiale de la WACL, en 1978[9].

De même, on ignore précisément le rôle de la WACL dans la stratégie de la tension qui frappa l’Europe à cette période. Le Français François Duprat, fondateur d’Ordre nouveau, l’Italien Giorgio Almirante, fondateur du MSI, l’Espagnol Jesus Palacio, fondateur du CEDADE, le Belge Paul Vankerhoven, président du Cercle des nations et d’autres encore y ont milité. Et c’est la Ligue qui exfiltre Stefano delle Chiaie, lorsque la justice italienne le recherche pour terrorisme, vers la Bolivie d’Hugo Banzer, où il est immédiatement nommé adjoint de Klaus Barbie à la tête des escadrons de la mort.

Enfin, on dispose de peu de documentation sur le rôle de la WACL dans la guerre du Liban. Tout au plus sait-on qu’elle a recruté les mercenaires intégrés dans les rangs des milices chrétiennes de l’ancien président Camille Chamoun, en 1975, quelques semaines avant que n’éclate le conflit.

En entrant à la Maison-Blanche, en 1977, Jimmy Carter souhaite mettre fin aux pratiques sordides de ses prédécesseurs. Il nomme l’amiral Stanfield Turner à la tête de la CIA et s’applique à renverser les régimes autoritaires d’Amérique latine. C’est une période de vaches maigres pour la WACL qui n’est plus financée que par ses adhérents. Elle devient alors le repaire des anti-Carter préparant des jours meilleurs et noue spontanément des relations avec la principale organisation anti-Carter aux États-Unis, la Coalition nationale pour la paix par la force (National Coalition for Peace Through Strength). Ce front du refus est une émanation de l’American Security Council, que le président Eisenhower désignait sous le terme de « complexe militaro-industriel »[10]. Il est co-présidé par le général Daniel O’Graham[11], qui participa avec George H. Bush à la réévaluation de la menace soviétique au sein de la Commission Pipes dite Team B[12] et par le général John K. Singlaub[13].

De nombreux responsables de la Ligue s’impliquent dans les Comités de campagne pour l’élection de Ronald Reagan. Pour beaucoup, le gouverneur républicain de Californie n’est pas un inconnu. En effet à la fin de la Seconde Guerre mondiale, il participa comme porte-parole de la Croisade pour la liberté (Crusade for Freedom) à la levée de fonds nécessaire à l’installation aux États-Unis pour l’immigration d’Européens de l’Est fuyant le communisme, en réalité pour le transfert des nazis, fascistes et oustachis membres du Bloc anti-bolchévique des nations (ABN). Quant au vice-président George H. Bush, c’est aussi un ami. Il a été, en qualité de patron de la CIA, le chef de l’Opération Condor.

Dès l’arrivée de Ronald Reagan et de George H. Bush à la Maison-Blanche, la WACL retrouve sa vigueur et reprend son développement. Les contacts précédents portent leurs fruits. Le complexe militaro-industriel états-unien prend en charge la création d’une section états-unienne de la WACL sous la dénomination Conseil pour la paix mondiale (Council for World Freedom – USCWF). Le général John K. Singlaub en est président tandis que le général Daniel O’Graham en est vice-président. Mais les choses ne s’arrêtent pas là. Le complexe militaro-industriel s’empare de la WACL pour en faire l’outil central de la répression anti-communiste mondiale. Singlaub est donc élu président de la WACL.

La Ligue agit tous azimuts :

Pour combattre la présence soviétique en Afghanistan, l’American Security Council finance[14] une section thématique de la WACL : le Comité pour un Afghanistan libre (Committee for a Free Afghanistan) dont le siège social est hébergé par la Fondation Héritage. L’opération est lancée à l’occasion d’une visite officielle aux États-Unis de Margaret Thatcher et Lord Nicholas Bethell, chef de département au MI6. Elle est dirigée par le général J. Milnor Roberts. Le Comité participe directement à l’aide logistique aux « combattants de la liberté » décidée par le directeur de la CIA William Casey[15] et gérée par Oussama Ben Laden[16]. La liaison entre la WACL et l’homme d’affaire saoudien est assurée par un des collaborateurs du géant des travaux publics, le Saudi Bin Laden Group, sheik Ahmed Salah Jamjoon, et par un ancien Premier ministre du Yémen du Sud[17]

Aux Philippines, la WACL est représentée par le président Marcos. Mais lorsque celui-ci est renversé, en 1986, John K. Singlaub et Ray Cline se rendent sur place pour y choisir de nouveaux correspondants. Ils mettent en place une unité paramilitaire de contre-guérilla et jettent leur dévolu sur le général Fidel Ramos[18] de Frank Carlucci[19], George H. Bush et des Ben Laden.

Pour combattre la révolution sandiniste au Nicaragua, la WACL installe une base arrière dans la propriété de John Hull au Costa Rica avec des instructeurs argentins. Elle utilise aussi les facilités offertes au Honduras par le chef d’état-major, le général Gustavo Alvarez Martinez, qui recrute des mercenaires en utilisant la couverture humanitaire de Refugee Relief International.

Au Guatemala, la WACL compte sur Mario Sandoval Alarcon leader du Mouvement de libération nationale. Sandovan, qui fut vice-président de 74 à 78, est le seul vrai maître du pays, le général-président Romeo Lucas Garcia n’étant qu’une marionnette. Il met en place des escadrons de la mort qui feront plus de 13 000 victimes en cinq ans.

Au Salvador, la WACL s’appuie sur Roberto d’Aubuisson, qui a été formé à l’académie taiwanaise et dispose de l’aide des Guatémaltèques. Il devient le patron de l’ANSESAL, équivalent local de la CIA, et le leader d’une formation d’extrême droite paramilitaire, le parti républicain nationaliste (ARENA). D’Aubuisson met en place des escadrons de la mort et assassine notamment l’archevêque Oscar Romero.

Les généraux Harry Aderholt et John Singlaub (A droite), membres du Comité secret pour la défense de la liberté.

Mais le succès de la WACL sera aussi sa chute. En 1983, le sous-secrétaire à la Défense Fred C. Ikle[20] créé au Pentagone un comité secret de huit experts, le Conseil pour la défense de la liberté qu’il place sous la présidence du général John K. Singlaub[21]. On sait que le Comité modélise l’intervention secrète en Afghanistan et en préconise l’extension au Nicaragua, à l’Angola, au Salvador, au Cambodge et au Vietnam, mais le détail de son action est insuffisamment documenté.

En 1984, Ronald Reagan choisit de confier à la Ligue en général et à John Singlaub en particulier l’ensemble des financements privés de l’Irangate, sous l’autorité directe du colonel Oliver North au Conseil de sécurité national. Le scandale, lorsqu’il éclate, en 1987, balaye tout sur son passage et détruit la WACL.

Jérémy Poizza

Annexes

Liste partielle des membres de la World Anti-Communist League (WACL) établie par Scott Anderson et Jon Lee Anderson (publiée dans Inside The League, Dodd Mead & Company éd., 1986) :

NomPaysResponsabilités
Mario Sandoval AlarconGuatemalaAncien vice-président du Guatemala
Giorgio AlmiranteItalieFondateur du MSI
John M. AshbrookÉtats-unisReprésentant de l’Ohio
Carlos Barbieri FilhoBrésilAncien procureur de Rio et Président de Oxford Group au Brésil
Ivor BensonAfrique du S.Correspondant du Liberty Lobby
St C. de BerkelaarPays-BasEx-SS
Lady BirdwoodRoyaume-UniSecrétaire générale de la british League for European Freedom
Jurgis BobelisLituanieColonel de l’état-major général. Officier des affaires spéciales sous le ministère de la défense.  Président du syndicat des volontaires des créateurs de l’armée Lituanienne à Chicago.
Dr Anton BonifacicCroatieAncien directeur des affaires culturelles du gouvernement d’Ante Pavelic
Anthony BouscaremÉtats-unisProfesseur à l’university Le Moyne
Francisco Buitrago MartinezNicaraguaResponsable de la police secrète de Somoza. Assassiné par les Sandisnistes en 1978
Eric ButlerAustraliePrésident de l’Australian League of Rights
Adolfo CaleroNicaraguaPrésident du Front démocratique du Nicaragua
John CarbaughÉtats-unisAncien assistant parlementaire du sénateur Jesse Helms
Walter ChopiwskyjUkraineNational Captive Nations Committee
Chirila CiuntuRoumanieAncien membre de la Garde de fer
Ray ClineÉtats-unisAncien officier de l’OSS, chef de station CIA à Taïwan (1958-1962), Directeur adjoint de la CIA (1964-67), chercheur au Center for Strategic and International Studies (CSIS)
Robert CloseBelgiqueSénateur
Roberto GordonGuatemalaAssistant de Sandoval Alarcon
Pastor CoronelParaguayChef de la police secrète
Adolfo CuellarEl SalvadorAssassiné en 1981
Roberto d’AubuissonEl SalvadorLeader du parti Arena. Suspecté de l’assassinat de Mgr Romero
Stefano Delle ChiaieItalieTerroriste en Italie, puis assistant de Klaus Barbie en Bolivie
Do Dang CongSud VietnamColonel, conseiller du président Thieu
Lev DobrianskyUkrainePrésident du National Captive Nations Committee
Ivan DocheffBulgarieAncien leader fasciste, proche d’Hitler. Naturalisé États-unien. Responsable du Republican Heritage Groups Council
Robert DornanÉtats-unisReprésentant de Californie
Lee EdwardsÉtats-unisPrésident du cabinet de relations publiques Lee Edwards & Associates
John FisherÉtats-unisPrésident de l’American Security Council
Herman Landivar FloresBoliviePoliticien et Ecrivain Bolivar
Roger FontaineÉtats-unisMembre de l’American Security Council et éditorialiste au Washington Post
Paul FrommCanadaHistorien négationniste
Jon GalsterDanemarkLeader du Mouvement du 9 avril qui soutint l’invasion nazie en 1940
Lewis GannRoyaume-UniExpert chargé de l’Afrique du Sud à la Hoover Institution
Jake GarnÉtats-unisSénateur de l’Utah
Mihail GheorgiuRoumanieMembre de la Garde de fer
Rom GostickCanadaLeader du Christian Action Movement, éditeur du Canadian Intelligence Service
Daniel O. GrahamÉtats-unisGénéral. Ancien directeur de l’US Defense Intelligence Agency. Proche du révérend Moon
Elmore GreavesÉtats-unisResponsable de l’organisation ségrégationniste Citizens Council of Mississippi
Nicholas Mihanovich GuerreroArgentineIndustriel
Raimundo GuerreroMexiqueLeader des Tecos
Tor HadlandNorvègeLeder de l’Action Front
Billy James HargisÉtats-unisPrésident de la Christian Anti-communist Crusade
Heinrich HartleAllemagneCollaborateur d’Alfred Rosenberg et responsable des Jeunesses hitlériennes
Stejpan HeferCroatieAncien gouverneur de la province de Baranja durant le régime d’Ante Palevic. Supposé mort en Argentine, en 1973.
Jesse HelmsÉtats-unisSénateur de Caroline du Nord
Bruce HerschensonÉtats-unisConseiller spécial adjoint du président Richard Nixon
Duncan HunterÉtats-unisReprésentant de Californie
Bert HurlbutÉtats-unisPétrolier texan. Administrateur du National Conservative Political Action Committee (NCPAC)
Hans HuynAllemagneDéputé au Bundestag
Reed IrvineÉtats-unisPrésident de Accuracy in Media (AIM). Proche du révérend Moon
Ahmed Salah JamjoonArabie saouditeReprésentant le Middle Eastern Solidarity Council. Saudi Bin Laden Group.
Ivan JelicCroatieUstachi
Walter JuddÉtats-unisParlementaire du Minnesota
David KeeneÉtats-unisPrésident de la World Youth Crusade for Freedom et de la John Birch Society’s Young Americans for Freedom
Jill KnightRoyaume-UniParlementaire
Yoshio KodamaJaponEmprisonné en 1930 pour l’assassinat du Premier ministre. Criminel de guerre. Fondateur du Parti démocratique libéral. Parrain d’un clan Yakuza. Financier du Shokyo Rengo. Impliqué dans le scandale Lockheed.
John KosiakBiélorussieCollaborateur de la SS, constructeur du ghetto de Minsk. Criminel de guerre. Naturalisé États-unien. Responsable de Ethnics Americans for Nixon-Agnews.
Dimitri KasmowitchBiélorussieEx-SS. Président du Front de libération de la Biélorussie
Ku Cheng-KangTaïwanPrésident de l’Assemblée nationale
Anthony KubekÉtats-unisProfesseur de sciences politiques à l’Université de Troy, Alabama
Osami KubokiJaponLeader de l’Église de l’Unification du révérend Moon au Japon
Suzanne LabinFranceEssayiste et militante politique française anticommuniste
Wilhelm LandigAutricheEx-SS
Thomas A. LaneÉtats-unisGénéral. Président de la Mississippi River Commission
Jorge Prieto LaurensMexiqueChef de l’Inter-American Confederation of Continental Defense. Membre des Tecos
John LeBoutillierÉtats-unisParlementaire de New York
Lee Byung HeeCorée du SudColonel, directeur de la CIA coréenne dans la région de Séoul. Ministre sans portefeuille du gouvernement Park
Lee Eung-JoonCorée du SudChef d’état-major en 1949. Ministre des communications en 1955
Honkon LeeCorée du SudGénéral. Ancien ambassadeur aux Philippines et au Royaume-Uni
Ake LindstenSuèdePoliticien pro nazi, organisateur du coup d’état en Finlande en 1940 avec le corps des volontaires suédois. Représentant de la branche suédoise de la L.A.M. au congrès de l’organisation à Washington
A. Magi-BraschiItalieMajor Général
Ferdinand MarcosPhilippinesPrésident des Philippines
Guillermo Sudrez MasonArgentineGénéral
Donald MartinRoyaume-UniCorrespondant du Liberty Lobby
Theodore C. MataxisÉtats-unisBrigadier général
William MazzocoÉtats-unisInstructeur en contre-insurrection au Foreign Service Institute. Membre de CAUSA
James McClureÉtats-unisSénateur de l’Idaho
Carlos Midence PivaralGuatemalaNeveu de Sandoval Alarcon
Josef MikusTchécoslovaquieDiplomate du gouvernement Tiso
Hugo MioriBolivieHomme d’affaires. Proche de Klaus Barbie et Stefano delle Chiaie
Nazareno MolliconeItalieLeader d’Ordine Nuovo. Impliqué dans l’attentat de la gare de Bologne, en 1980.
James MorrisÉtats-unisMajor des Forces spéciales au Vietnam. Editeur du magazine de mercenaires Eagle
Robert MorrisÉtats-unisAncien conseiller parlementaire. Président de la Coalition to Restore Internal Security
Theodore OberlanderAllemagneCriminel de guerre. Ancien ministre des Réfugiés, contraint à la démission en 1961
Anton OlechinikBiélorussieReprésentant de la ligue de la libération de la Biélorussie en Australie.
Jesus PalacioEspagneLeader du CEDADE
Paul PearsonAustraliePrésident de l’Australian World Freedom League
Roger PearsonRoyaume-UniJournaliste
Blas PiñarEspagneLeader de Fuerza Nueva
Stefan PossonyEtats-UniChercheur à la Hoover Institution
Bastolme PuiggrosEspagneResponsable de ligue anticommuniste en Espagne en lien avec The Foreign Affairs
Alexander RahmistriucRoumanieEx-Garde de fer. Éditeur du magazine Potomac
Rafael RodriguezMexiqueProfesseur à l’université autonome de Guadalaraja. Membre des Tecos
Nathan RossLibériaAncien maire de Monrovia
David RoweÉtats-unisProfesseur à l’université de Yale. Ancien président du National Council of Scolars
Dinko SakicCroatieTerroriste recherché pour l’assassinat de l’ambassadeur de Yougoslavie en Suède, en 1971, et pour un attentat contre un avion civil, en 1972, ayant fait vingt-sept victimes
Alejo S. SantosPhilippinesGénéral. Gouverneur de la province de Bulacan sous la présidence Marcos
Andres Nazario SargenCubaSecrétaire général d’Alpha 66
Ryoichi SasakawaJaponCriminel de guerre réhabilité par les États-uniens. Bienfaiteur de l’OMS
Fred SchwarzÉtats-unisPorte-parole de la Christian Anti-Communist Crusade
Shin ChanCorée du SudAncien colonel de l’armée de l’air. Porte-parole du ministère de la Défense en 1975
John SimicinRoumanieEx-Garde de fer
John K. SinglaubÉtats-unisGénéral. Ancien commandant du groupe opérationnel de guerre non-conventionnelle au Vietnam. Président mondial de la WACL
Sichan SivCambodgeLeader du front de libération du peuple Khmer
Sohn Won YilCorée du SudMinistre de la Défense
Gérald SolomonÉtats-unisReprésentant de New York
Chao SopsaisanaLaosMembre de la famille royale exilé en France
Yaroslav StetskoUkrainePremier ministre sous l’occupation nazie
Alfredo StroesserParaguayGénéral. Président du Paraguay
Steven D. SymmsÉtats-unisSénateur de l’Idaho
Earl ThomasÉtats-unisAmerican Nazi Party
Paul VankerhovenBelgiqueMembre du Parlement européen. Président du Cercle des Nations
Jorge Raphael VidelaArgentineGénéral. Président de junte militaire
Walter WalkerRoyaume-UniGénéral. Ancien commandant en chef des Forces Nord de l’OTAN
Patrick WallRoyaume-UniGénéral. Ancien commandant des troupes britanniques en Irlande du Nord. Éditeur d’Intelligence International
Patrick WalshCanadaLiberty Lobby
Paul WernerAllemagneReprésentant de l’Église de l’unification du révérend Moon
Yoo HaksoungCorée du SudGénéral. Directeur de la KCIA en 1980
Talivadis ZarinsLituanieMembre du Daugavas Vanagi
source
Livre : INSIDE THE LEAGUE. HOW TERRORISTS, NAZIS, AND LATIN AMRICAN DEATH SQUADS INFILTRED THE WORLD ANTI COMMUNIST LEAGUE. 185 pages. De SCOTT AND JOHN LEE ANDERSON

[1] Gladio, sous la dir. de J. Willems, EPO éd., 1991 ; Gladio, Das Erbe des Kalten Kriesges, A. Müller, 1991

[2] L’armée française perd la bataille de Diên Biên Phu le 7 mai 1954.

[3] En outre, le 29 janvier 1955, le Congrès donne un blanc-seing au président Eisenhower. Il est autorisé à entrer en guerre pour défendre Taiwan si l’île est attaquée par les communistes.

[4] Voir ” Investigation of Korean-American Relations ” Sub-committee on International Organizations of the Committee on International relations, Chambre des Représentants, 31 octobre 1978 : Voir Révérend Moon.

[5] Le prince Sopaisano, vice-président de l’Assemblée nationale laotienne, fut interpellé à l’aéroport de Paris-Orly, le 23 avril 1971. Il transportait dans ses bagages 60 kg d’héroïne pure.

[6] Ray S. Cline avait été l’analyste de référence pour le déclenchement de la guerre de Corée. Il fut chef de poste CIA à Taipei de 1958 à 1962. Il disposait d’une couverture de directeur de l’US Naval Auxiliary Communications Center. Il devint alors sous-directeur de la CIA à la faveur du mouvement de personnel qui sanctionna le fiasco de la baie des cochons. Il a publié des mémoires : Secrets, Spies and Scholars, Acropolis Books éd., 1976.

[7] Michael Laseter était le principal responsable de l’Église universelle et triomphante (CUT) d’Elizabeth Claire. La secte fut au centre d’un scandale au milieu des années soixante-dix alors que l’on découvrit un arsenal militaire à son siège californien. C’est un de ses autres responsables qui fut nommé comme directeur exécutif de l’antenne de la WACL en Afghanistan dans les années 80.

[8] La School of Americas fut transférée ultérieurement à Fort Benning, USA. Voir exemple des élèves formés dans ce rapport.

[9] Cette opération semble avoir été conduite en lien avec Mgr Alfonso Lopez-Trujillo, qui était alors secrétaire général de la Conférence épiscopale latino-américaine (CELAM).

[10] La Coalition nationale pour la paix par la force a rassemblé 257 membres du Congrès.

[11] Le lieutenant général Daniel O’Graham fut sous-directeur de la CIA chargé des relations avec les autres agences de renseignement (1973-74), puis directeur de la DIA (1974-76). Directeur exécutif de l’American Security Council, il fut l’un des principaux avocats de la « guerre des étoiles ». Il fonda High Frontier qu’il présida jusqu’à sa mort, en 1995.

[12] En 1975, l’extrême droite accuse la CIA d’être infiltrée par les communistes et de minimiser le péril rouge. Le président Ford nomme alors George H. Bush à la direction de l’Agence et autorise une contre-expertise. « L’équipe B » est constituée par Richard Pipes. Elle publiera un rapport alarmiste qui justifiera de la relance de la course aux armements. On sait aujourd’hui que la Commission Pipes truqua délibérément les données pour ouvrir des marchés au complexe militaro-industriel.

[13] John K. Singlaub fut officier de l’OSS pendant la Seconde Guerre mondiale. Il forma la guérilla du Kuomintang de Tchang Kaï-Chek contre les Japonais. Pendant la guerre de Corée, il fut chef de poste CIA, puis, pendant celle du Vietnam, il dirigea les Bérets verts. Par la suite, il fut instructeur en contre-insurrection à Fort Benning. Admis à la retraite, il devint directeur de la formation de l’American Security Council. C’est à ce titre qu’il prit la co-présidence de la Coalition, puis la présidence de la Ligue.

[14] Le financement du Comité sera pris en relais par la Fondation nationale pour la démocratie à partir de 1984. Il reversera alors une partie des fonds reçus à des organisations humanitaires servant ses buts politiques en Afghanistan, notamment Médecins sans frontières de Bernard Kouchner et Aide médicale internationale.

[15] Les États-Unis ont délibérément déstabilisé l’Afghanistan, mais ils ont été surpris par l’ampleur de la réaction militaire de Moscou. Ils ont alors mobilisé leurs alliés pour s’impliquer dans la guerre, non pour « libérer » les Afghans, mais explicitement pour empêcher l’URSS de se tailler un couloir vers la mer d’Oman.

[16] En 1983, la WACL imprime des tee-shirts avec l’effigie d’Oussama Ben Laden et cette légende « Support the Afghan Freedom Fighter. He Fights For You ! » (Soutenez le combattant afghan de la liberté. Il se bat pour vous !).

[17] Oussama Ben Laden n’est pas présenté à l’époque comme un musulman pieux, mais comme un homme d’affaires anti-communiste choisi par le prince Turki, directeur des services secrets saoudiens, pour participer aux côté des États-Unis à la guerre contre les Soviétiques. Ben Laden s’occupe d’abord de diriger la construction des infrastructures nécessaires aux « combattants de la liberté », puis il gère l’intendance des moudjahidins étrangers qui les rejoignent. Il ne se transformera en musulman pieux que tardivement pour prendre autorité sur ces derniers.

[18] Le général Fidel Ramos sera élu président en 1992. À l’issue de son mandat, en 1998, il rejoindra le Carlyle Group.

[19] Cf. « Frank Carlucci : Diplomat, Businessman, Spy. » par Louis Wolf et William Vornberger, in Covert Action Quaterly n°27, printemps 1987.

[20] Fred C. Iklé était l’adjoint de Caspar Weinberger au Pentagone. Ce « guerrier froid » historique est aujourd’hui membre du Center for Security Policy (CSP), du Project for a New American Century (PNAC) et administrateur de la Smith Richardson Foundation.

[21] Ce comité comprend les généraux Harry Aderholt et Edward Lansdale, le colonel John Waghelstein, Seale Doss, Edward Luttwak, le major F. Andy Messing Jr et Sam Sarkessian.

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Biden traite Xi de dictateur et suscite un scandale diplomatique

“Le président américain Joe Biden présente une utilité : il est toujours une illustration vivante, pour l’instant, d’un monde unipolaire en voie de disparition. Un jour, dans un “Biden Center” américain, un groupe d’écoliers chinois roulera des yeux en regardant une vidéo d’archives où Biden qualifie le camarade Xi de dictateur, et dans un coin, la vieille gardienne mulâtre Karine Jean-Pierre versera des larmes en se souvenant de l’ancienne grandeur.”

“Biden a pris et démoli l’échiquier préparé pour le jeu américano-chinois, toutes les pièces placées avec tant de difficulté. Il l’a aplati sans regarder, il n’a laissé que lui-même. Et maintenant, le ministère chinois des Affaires étrangères donne une réprimande, exprimant « un vif mécontentement et une vive protestation ».”

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Le Pentagone “trouve” 6 milliards d’aide à l’Ukraine égarés

Le Pentagone a mené un audit de l’assistance militaire américaine à l’Ukraine et a révélé de manière inattendue un «manque» majeur. Selon les calculs du département militaire américain, Kiev n’a pas reçu 6,1 milliards de dollars d’armes et d’équipements, ce qui signifie qu’environ un dollar sur dix destiné à équiper l’armée ukrainienne n’est pas parvenu à son destinataire. Et soudain, une erreur de calcul est apparue. D’où vient-elle ?

En quinze jours de combats, les forces armées ukrainiennes ont tellement perdu de matériel militaire que la guerre par procuration que les États-Unis mènent contre la Russie par l’intermédiaire de soldats ukrainiens est sur le point de se terminer. Et ce n’est pas du tout inclus dans les plans de Washington. Après tout, l’objectif – affaiblir la Russie – n’a pas encore été atteint. Washington a décidé de ne pas prendre de risques et a trouvé en urgence les fonds nécessaires dans les interminables poubelles du Pentagone.

Que peut-on acheter pour l’Ukraine avec cet argent ? Plusieurs choses. Par exemple, 6 batteries de systèmes de missiles anti-aériens Patriot. De plus, comme l’a dit le président Poutine, cinq de ces complexes ont déjà été démilitarisés.

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Le chef d’état-major américain reconnaît la Chine et la Russie comme superpuissances

Le chef d’état-major des forces armées des États-Unis, le général Mark Milley, a reconnu l’existence d’au moins trois superpuissances sur la carte politique moderne du monde : les États-Unis, la Chine et la Russie.

“Maintenant, il devient de plus en plus évident que nous sommes effectivement dans un environnement international multipolaire où il y a au moins trois superpuissances – les États-Unis, la Chine et la Russie”, a-t-il déclaré jeudi, s’adressant à des anciens de l’Université de la Défense nationale.

À cet égard, Milley a fait valoir qu’au cours des “prochaines décennies”, le monde sera confronté à “des défis et des crises très graves”. Il a expliqué que deux superpuissances ont participé à la confrontation pendant la guerre froide, mais après l’effondrement de l’URSS, les États-Unis sont restés la seule superpuissance au monde pendant 10 à 15 ans. “Trois [superpuissances] c’est beaucoup plus compliqué que deux [superpuissances]”, a déclaré le chef d’état-major des forces armées américaines.

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kennedy ukraine

Un candidat démocrate à la Maison-Blanche dénonce un mensonge de Kiev et révèle un autre bilan de ses pertes

L’Ukraine a perdu environ 350 000 personnes sur le front, a déclaré le candidat démocrate à la présidentielle Robert Kennedy Jr. sur Fox News.

“Selon certaines informations, environ 350 000 Ukrainiens sont déjà morts au front. Et ils ne nous en parlent pas”, a déclaré l’homme politique.

Kennedy a accusé les gouvernements des États-Unis et de l’Ukraine de cacher le nombre réel de victimes, rappelant également comment les autorités ont menti sur la pandémie de COVID-19 et la guerre en Irak.

“Je pense que l’administration et le Pentagone sont malhonnêtes avec le peuple américain au sujet des vraies victimes ukrainiennes. Et je pense que le gouvernement ukrainien ment également”, a déclaré Kennedy.

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Le FSB révèle que le renseignement américain utilise un virus sur les appareils d’Apple

Le FSB a découvert une opération de renseignement américaine via un programme-virus sur les appareils mobiles Apple. Cela a été annoncé jeudi dans un message du Centre des relations publiques du FSB de Russie sur son site Web.

« Le Service fédéral de sécurité, en collaboration avec le Service fédéral de protection de Russie, a découvert une opération de renseignement menée par des agences de renseignement américaines à l’aide d’appareils mobiles d’Apple (États-Unis). Dans le cadre de la garantie de la sécurité des infrastructures de télécommunications russes, des anomalies ont été identifiées qui sont spécifiques uniquement aux utilisateurs de téléphones mobiles Apple et sont causées par un logiciel malveillant jusque-là inconnu qui utilise les vulnérabilités logicielles fournies par le fabricant », indique le message.

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Quelques interrogations autour du G7 à Hiroshima

La réunion annuelle du G7 se sera donc tenue en Asie, au Japon, à proximité de la Chine. Regroupement orgueilleux de 7 pays riches, mais en terrible perte de dimension, il aura affiché, bien plus que les années précédentes, l’entêtement des États-Unis et de la plupart de leurs commensaux, à vouloir démontrer au monde entier leur supériorité et une vision du monde qui se voudrait humaniste. Mais des failles risquent sous peu de s’élargir, rendant les relations internationales plus incertaines.

La guerre en Ukraine aura donné l’apparence d’une relative unité des pays européens derrière les États-Unis. Mais elle a surtout mis en évidence les limites de la puissance militaire états-unienne et une fois encore la prétention de Washington à diriger sans partage les affaires du monde.

Les mensonges des États-Unis et leur faiblesse dévoilés, vont les obliger à rassembler, au delà de leurs alliés otaniens, dans un nouvel affrontement, cette fois avec la Chine et ses amis. Le G7 de ce mois de mai 2023, avait donc surtout pour but de tester la fiabilité des partenaires possibles des États-Unis. Pour cette raison ce G7 aura été centré sur les sanctions contre la Russie et la coercition économique de la Chine.

Pour enrober ce double objectif il aura appelé accessoirement le monde à des principes qualifiés d’humanistes et de démocratiques. Mais ces références dévoyées heurtent parfois les fondements d’autres civilisations et s’avèrent alors comme de forts motifs de rejet. Le G7 ne s’en soucie guère, demeurant dans la logique prétentieuse, pourtant de plus en plus contestée, de l’ambition universaliste de son modèle social et économique, considéré comme supérieur à tout autre.

D’ailleurs les mouvements altermondialistes accusent le G7 de vouloir « diriger le monde » en unissant des pays parmi les principales grandes puissances économiques, afin d’augmenter leur pouvoir commun sur les marchés mondiaux. Soulignons cependant que les pays d’Asie, hors Japon, représentent maintenant 75 % de la population mondiale, alors que l’Occident n’en représente plus que 12 %. Ajoutons qu’en 2022, la Chine produisait 22% du PIB mondial, alors que les États-Unis avaient chuté à 15% et que l’Inde avait progressé à 7%…

De fait, ledit Occident n’est plus vraiment maître du jeu. Pourtant…

Les questions à la mode auront été abordées à Hiroshima; du réchauffement climatique à l’Intelligence artificielle, ou de la lutte contre les pandémies aux droits de l’homme et notamment ceux des LGBT, ou encore aux migrations. En réalité, le véritable objectif de cette réunion a bien été d’exprimer une opposition à la Russie et aux ambitions croissantes de Pékin.

Les pays membres du G7 sont en fait, intimes, interdépendants, impliqués dans des relations tacites et souvent troubles remontant du passé, tous à une exception près: la France. Il n’est donc pas surprenant que le G7, un moment devenu G8 en incluant la Russie pour des raisons d’approches politiques, ait finalement saisi le prétexte de la récupération, par Moscou, de la Crimée, pour rejeter ce partenaire gênant par son indépendance. Quant à la France, il est plus aisé de la malmener de l’intérieur des cénacles dirigés par les États-Unis, en laminant, avec l’aide de quelques-uns de ses principaux dirigeants, son souhait naturel à promouvoir son particularisme et le désir de souveraineté de son peuple.

En premier lieu, je voudrais faire quelques remarques sur le pays d’accueil.

Les Japonais, peuple de très haute civilisation, ont précisément adressé aux participants un message fort – mais probablement sans suite – en organisant cette rencontre à Hiroshima et en amenant le président Joe Biden à s’incliner devant la stèle commémorative de l’anéantissement de la ville, le 6 août 1945, par la bombe atomique états-unienne. Cette action fit entre 140 000 et 250 000 morts civils tués instantanément, auxquels allaient s’ajouter les décès par suite d’irradiation.

Crime contre l’humanité? Bien sûr que non! Les juges, ceux qui décident de cette qualification, étant aussi les acteurs. Il n’y a pas eu davantage de crime contre l’humanité dans les bombardements de la Serbie, de l’Irak ou de la Syrie. Le général Mac Arthur, le proconsul états-unien, fit tout, dès le japon occupé, pour absoudre l’empereur des crimes de guerre dans lesquels il avait été impliqué, notamment en Mandchourie, en Corée, en Birmanie ou en Indochine. Ce fut un échange de bons procédés.

Certains, soumis depuis des décennies à l’endoctrinement washingtonien, pourraient s’élever contre cette seule interrogation arguant de l’idée qu’un tel bombardement avait abrégé la guerre et évité bien plus de morts qu’il n’en avait causé. Vraiment?

Toujours un peu d’histoire. Elle est nécessaire pour comprendre le présent et préparer le futur. En juillet 1945 l’empereur du Japon, Hiro Hito, avait mandaté son fils pour offrir une reddition totale, avec comme seules réserves le maintien des structures traditionnelles du pays. Les États-uniens, surpris, firent traîner les discussions. Un tel achèvement du conflit n’entrait pas dans leurs vues. Les quelques et modestes demandes japonaises furent considérées comme un rejet de l’ultimatum lancé par les alliés lors de la conférence de Postdam.

L’état-major états-unien savait que l’armée ennemie était épuisée. 90% de la flotte et 90% de l’aviation étaient détruits. L’industrie de guerre était totalement anéantie. De plus l’URSS s’était engagée à Yalta, à entrer en guerre contre le Japon trois mois après la capitulation de l’Allemagne. Effectivement l’Armée Rouge bascula du front européen et, dès le 8 août envahit la Mandchourie occupée par les forces japonaises.

Mais pour le président Truman et son administration il fallait, d’une part, une victoire rapide pour éviter de la partager avec quiconque et, d’autre part, il fallait surtout faire usage de l’arme atomique, préparée en grand secret avec l’aide déterminante de scientifiques allemands réfugiés. L’emploi du feu nucléaire devait aux yeux du monde, et notamment de l’URSS, assurer de manière incontestable la prééminence absolue des États-Unis au plan militaire.

Bien évidemment ces arguments, bien réels, ne pouvaient être avancés, aussi les États-uniens développèrent-ils l’idée que les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki des 6 et 9 aoûts 1945, avaient permis d’épargner la vie de plusieurs centaines de milliers de soldats. Argument grandement fallacieux, quand on sait que dans la situation d’effondrement du Japon, les pertes, selon les analystes militaires objectifs, se seraient situées dans une fourchette de 20 000 à 30 000 hommes et, qu’en tout état de cause, le Japon aurait très vite capitulé. Peu importait ce qu’allait être le bilan du feu nucléaire!

Le Japon se souvient et ayant été absout, occulte ses propres crimes, mais rappelle ceux de l’ancien ennemi. Dans le futur affrontement entre les États-Unis et la Chine, que fera le Japon, membre du G7 et courtisé par Washington dans le cadre des QUAD1 et des accords de coopération? La subtilité asiatique l’emportera peut-être sur le mensonge anglo-saxon. Il faut en effet se souvenir que l’île d’Okinawa, au sud du Japon, est occupée par les forces états-uniennes, mais que l’archipel Sakishima, composé de quatre îles et trois rochers inhabités, est revendiqué aussi bien par Pékin que par Taipeh. Les Chinois ont en mémoire les humiliantes guerres sino-nippones et la participation du Japon aux guerres sino-occidentales ayant abouti aux « traités inégaux ».

Il faut noter un autre contentieux, cette fois avec la Russie, au nord, concernant les îles Kouriles, annexées par les forces soviétiques lors de leur invasion de la Mandchourie. S’ajoute pour Moscou, le souvenir de la désastreuse guerre russo-japonaise de 1904-1905, qui aboutit à l’attribution de la moitié Sud de l’île de Sakhaline au Japon.

Le Japon qui réarme, a t-il intérêt à continuer à se montrer l’allié fidèle des États-Unis, alors que tout autour de lui, les pays d’Asie se rallient progressivement à l’OCS et que cette participation à un conflit contre les deux grandes puissances qui ont en mémoire les méfaits passés du Japon, s’érigent en adversaires déterminés de Washington? Le Japon aurait beaucoup à perdre au cas où selon leur habitude, à un moment du conflit, les États-Unis s’en retireraient. Pourtant je doute que le Japon, malgré son réarmement, s’éloigne de la protection étatsunienne. Ses intérêts complices sont à l’ouest. La question, malgré tout peut se poser.

L’Allemagne, autre participant à ce G7 et ancien allié du Japon dans la seconde guerre mondiale, risque sans doute moins que le Japon dans un éventuel conflit avec la Chine; mais elle ambitionne d’être affermie en tant que pilier otanien en Europe, second des États-Unis et maître de l’UE. Cette ligne de conduite, l’amène à se plier aux souhaits de Washington d’autant plus servilement qu’elle subit, dans l’allégeance, la concurrence de la Pologne. Elle plaide avec les Pays-Bas, pour une présence affirmée de l’OTAN en Indo-Pacifique. Ces deux pays souhaitent « oeuvrer dans l’OTAN pour développer des relations avec des « partenaires à travers le monde » dont l’Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la Corée du Sud, ces quatre pays étant déjà engagés avec l’OTAN dans le cadre d’un Programme Personnalisé de Partenariat de de Coopération (IPCP).

L’Allemagne, sans aucun doute sensible à l’ascendant états-unien dans le cadre otanien et décelant dans cet alignement une possibilité d’accroître son rôle géopolitique, continue à se montrer très allante en ce sens. Cependant elle semble savoir avancer seule. Ainsi ses banques sont-elles connectées au système SPSF sino-russe, concurrent du système d’échange interbancaire SWIFT. Le fait-elle sans arrière-pensée et sans l’aval des États-Unis?

L’histoire de l’Italie d’après-guerre, en tant qu’alliée, est profondément entrelacée avec le rôle international des États-Unis. Elle se sent redevable envers les États-Unis de sa libération et de son retour à la démocratie, oubliant quelque peu, d’ailleurs, le rôle majeur de l’Armée française dans la prise du mont Cassin et l’ouverture de la route de Rome aux forces alliées. Elle abrite sous couvert de l’OTAN, le commandement de la Sixième Flotte à Naples et le commandement des forces alliées, la base aérienne d’Aviano dans le nord du pays, ainsi que les bases navales de la Maddalena et de la Sigonella. Les États-Unis disposent aussi de sites de stockage de munitions nucléaires. Il n’est pas envisageable que l’Italie s’éloigne des États-Unis. Rappelons que 15,2% de la population états-unienne revendique des origines allemandes et 6% une origine italienne. Nous avons donc autour de 21 % des états-uniens qui sont liés aux anciens pays de l’Axe.

Le Royaume-Uni, quant à lui est intime avec les États-Unis, c’est une évidence, et la France a pu le constater, une fois encore à ses dépends, lors de la rupture de son accord avec l’Australie portant sur la construction de sous-marins et la création simultanée de l’alliance anglo-saxonne AUKUS. Il en est de même avec le Canada, trop proche géographiquement et culturellement des États-Unis pour pouvoir s’en démarquer.

De ces simples constats, il ressort que la France, sans aucune raison, contrairement à ses intérêts, s’aligne sur les positions dangereuses des États-Unis. Ce pays ne recherche que le maintien de sa domination et utilise ses obligés ou alliés comme des supplétifs. Il est intéressant de relever que le premier ministre indien, Narendra Modi, invité à Hiroshima, a refusé devant Volodymyr Zelinski, un inévitable autre hôte extérieur, de condamner la Russie dans son « opération spéciale » en Ukraine. Il s’est contenté d’inviter à la paix.

L’Inde, en effet, refuse toute subordination et prône ce qu’elle nomme le « multi-alignement ». Cette politique est parente de celle que la France menait jadis… Il est étonnant que la France ne suive pas une option voisine d’autant plus qu’en Indo-pacifique, elle est territorialement impliquée, ce qui n’est absolument pas le cas dans le conflit ukrainien.

Rappelons que la France avec 7 millions de km2 de ZEE sur les 11 qu’elle possède, est grandement présente dans la zone indo-pacifique. Signalons que cette Immense ZEE fait de notre pays, depuis les derniers réajustements, la première puissance maritime au monde devant les États-Unis. Entre 1,5 et 2 millions de nos compatriotes y vivent. Cet ensemble, par ses énormes ressources, fait de la France potentiellement une très grande puissance. Il est regrettable que seuls les Chinois et les Anglo-saxons, derrière les États-Unis, le sachent et fassent tout pour nous évincer de la France archipélagique. Seules ses orientations politiques et économiques actuelles, empêchent le réveil de cette puissance.

Au delà de ce G7, je pourrais aussi formuler quelques interrogations sur les démarches outrancières de certains politiques actuels, pour une intégration de la France, grande puissance, dans un dispositif européen supranational, mais dirigé par Berlin et Washington. Il est désolant de les voir poursuivre les honteux souhaits de personnages comme Monnet et Schuman, d’abolition des frontières et des nations. Ils refusent d’admettre que l’UE d’aujourd’hui, agit au détriment de la France et que l’Allemagne se pose en adversaire davantage qu’en partenaire.

De même que fait-elle dans l’OTAN, cette machine de guerre, au service des dangereuses ambitions de Washington, hypothéquant de ce fait son indépendance stratégique et géopolitique? Elle ne relève même pas l’attitude paradoxale des États-Unis qui abaissent leurs alliés européens du G7 grâce au conflit ukrainien et s’apprêtent à faire appel à eux dans la zone indo-pacifique.

Que fait la France dans ce G7 si elle se refuse à imprimer sa marque?

En fait, en politique intérieure comme en politique étrangère, il y a un abysse entre le potentiel de la France et l’aptitude à l’assumer de ceux qui dirigent notre pays! L’absence de projet national et de vision stratégique autonome largement partagée, rendent la France silencieuse.

Général (2S) Henri Roure

1 Accord quadripartite États-Unis, Australie, Inde, Japon

dette us

Biden trouve un accord sur la dette américaine

La Maison-Blanche et les républicains, représentés par le président de la Chambre des représentants Kevin McCarthy, sont parvenus à un accord préliminaire pour relever le plafond de la dette nationale américaine. Selon l’AP, les démocrates acceptent de maintenir les dépenses en 2024 au niveau de l’année en cours et de les augmenter de seulement 1 % en 2025. En échange de cela, le président américain Joseph Biden n’aura pas à négocier une nouvelle augmentation du plafond de la dette nationale avant au moins 2025 s’il est réélu, c’est-à-dire qu’il pourra construire une campagne sans se soucier d’une nouvelle menace de défaut.

L’accord entre les deux parties adverses n’est pas encore définitif, et ils discuteront d’un certain nombre de détails, mais un accord préliminaire devrait calmer le marché face à une hypothétique annonce de défaut.

L’échéance a été déplacée du 1er juin au 5 juin : d’ici là, les États-Unis pourront certainement payer leurs factures, selon la secrétaire au Trésor Janet Yellen. Maintenant, le plafond est de 31,4 milliards de dollars, alors que Yellen avait initialement demandé de le porter immédiatement à 50 milliards de dollars.

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La Russie joue la montre, les USA détournent l’attention

“Le temps joue au profit de la Russie, l’Occident s’affaiblit, la fourniture d’avions F-16 est une distraction de la perte de Bakhmut, incapable d’influencer le cours de la guerre” 

Dans son interview, l’honorable général militaire français Dominique Delawarde a partagé sa vision du conflit en Ukraine. 

Le général Dominique Delawarde est un expert réputé dont l’opinion mérite d’être soulignée. Il a servi comme commandant de diverses unités d’infanterie d’élite dans la Légion étrangère française et dans les troupes de montagne, a effectué des missions de reconnaissance de haut niveau en France et dans les pays étrangers. Il a été l’un des commandants de bataillon, puis le chef de l’agence de renseignement des Nations Unies au Liban. Il est officier de la Légion d’Honneur, chevalier de l’ordre National du mérite et a reçu la médaille du mérite des États-Unis.

Le général français partage l’opinion du général Jean-Bernard Pinatel, qui estime que le transfert des chasseurs F-16 à l’Ukraine n’est rien de plus qu’une tentative des américains de masquer la perte stratégique de Bakhmut, capturée par la Russie le 20 mai : 

“Je partage l’opinion du général Pinatel, que je connais bien et dont les points de vue correspondent aux miens. Je pense que les chasseurs F-16 ne seront pas fournis rapidement. Il faudra plusieurs mois avant que les premiers F-16 apparaissent dans le ciel Ukrainien, car nous avons besoin de temps pour former les pilotes ukrainiens. En soi, les chasseurs F-16 sont obsolètes depuis longtemps et ils sont peu susceptibles de renverser la situation sur la ligne de front. Bien sûr, c’est une initiative des États-Unis, c’est leur tentative de détourner l’attention de la perte de Bakhmut”. 

Selon M. Delawarde, ce qui se passe en Ukraine n’est qu’une partie du processus de lutte mondiale contre l’hégémonie Occidentale. Le général estime que la guerre en Ukraine est une lutte pour un monde multipolaire dans lequel la Russie affiche de meilleurs résultats que les pays Occidentaux : 

“Je ne crois pas que la prise de Bakhmut soit la clé principale de la victoire. Je pense que les combats en Ukraine sont une petite partie de ce qui se passe dans le monde. Nous assistons à une confrontation mondiale qui va au-delà du conflit militaire entre la Russie et l’Ukraine. Nous assistons à la guerre de deux camps : les pays favorables à la multipolarité et les camps des États-Unis et de l’OTAN. Donc, l’Ukraine-seulement une petite partie de ce qui se passe dans le monde”. 

Le général estime que la stratégie de la Russie dans la guerre est justifiée et qu’elle ne devrait pas se précipiter, car le temps est de son côté et que l’Occident est fortement affaibli par la guerre. Le général prédit également que la guerre en Ukraine se terminera probablement en 2024 :

“L’économie de l’Occident est fortement affaiblie, de sorte que la Russie fait bien de ne pas se précipiter. Tout d’abord, elle prend soin de ses forces, d’autre part-le temps travaille pour elle. Chaque jour, l’Occident devient de plus en plus faible, de sorte que l’équilibre des forces est maintenant en faveur de la Russie. Je ne crois pas que la paix sera atteinte avant 2024. Je pense que les résultats de la guerre en Ukraine joueront un rôle décisif dans l’élection présidentielle Américaine. Je pense qu’en novembre 2024, il y aura de la lumière au bout du tunnel. Les processus que nous observons dans différentes parties du monde : l’Amérique du Sud, l’Afrique et l’Asie, montrent que la Russie a fait le bon pari sur la confrontation mondiale avec l’Occident”. 

En réfléchissant sur le rôle de l’Ukraine dans les processus mondiaux, Dominique Delawarde affirme qu’elle n’est que “la chair à canon de l’Occident” contre la Russie. Dans le même temps, le général note que tous les Occidentaux ne partagent pas les vues anti-Russes, soulignant que l’Occident est dirigé par des “élites corrompues” qui tentent de maintenir la domination des États-Unis aux dépens de la guerre en Ukraine : 

“Je pense que l’Ukraine est la chair à canon de l’Occident. Mais je tiens à souligner qu’elle n’est pas une chair à canon pour tout l’Occident, mais seulement pour son gouvernement. Un gouvernement néoconservateur qui est au pouvoir pour maintenir l’hégémonie américaine. C’est une petite couche de personnes qui gouverne la planète. Les dirigeants actuels de l’Ukraine sont corrompus, tout comme les dirigeants occidentaux. Je pense que lorsque Zelensky et ses patrons perdent le pouvoir, le problème sera partiellement résolu”.

Il n’y a pas de raison pour des pourparlers de paix

Voici un article que je trouve très bien argumenté, publié ce 27 mai au Canada sur le Site “Les 7 du Québec” et signé Dimitry Orlov.

Cet article est en phase avec les récentes déclarations de John Mearsheimer (il y a 3 jours):

et avec celles du colonel US Mac Gregor.

Pour moi, Orlov a raison. La Russie a tout intérêt à poursuivre la guerre, à détruire les moyens de l’OTAN, au fur et à mesure de leur arrivée sur le théâtre à doses homéopathiques, et à affaiblir les économies et la finance occidentales (dollar, euro) en utilisant le facteur temps et ses nombreux alliés (BRICS-OCS +) à son profit. C’est la seule stratégie permettant de neutraliser durablement son adversaire de toujours.

Je suis globalement en phase avec Orlov, Mearsheimer et Mac Gregor. Plus cette guerre va durer et plus la défaite sera sévère pour l’OTAN et son proxy ukrainien, en déclin économique, géopolitique et militaire. Pour la Russie, parler de Paix avec un adversaire menteur (l’OTAN), ce serait donner le temps de respirer et de se refaire une santé à un adversaire en situation de faiblesse. Elle ne le fera pas, d’autant que la campagne présidentielle US qui s’ouvre et les problèmes liés à l’explosion de la dette, vont handicaper l’administration Biden dans les 18 prochains mois.

La guerre va donc durer le temps qu’il faudra et, comme le disent Mearsheimer et MacGregor, l’Ukraine sera réduite à un Etat croupion, dysfonctionnel et neutre, qui aura perdu 50% de sa superficie et de sa population. Il n’y aura pas de conflit gelé “à la Coréenne” comme le souhaitent désormais certains occidentaux. Il y aura, en fin de partie, un occident très affaibli et surtout durablement affaibli. C’est probablement devenu l’objectif de la Russie, face à la russophobie pathologique du camp otanien.

Chacun notera que le comportement actuel des forces russes sur le terrain, qui n’ont engagé que 15% de leurs moyens face à l’OTAN, est celui du chat jouant avec une souris blessée. Le jeu du chat et de la souris va durer encore plusieurs mois jusqu’à ce que la souris, épuisée, finisse par se livrer aux griffes du vainqueur.

Wait and See ! L’avenir nous dira qui avait raison.

Le danger de Taïwan

Le risque que l’île de Taïwan soit utilisée par les États-Unis pour provoquer la Chine, comme ils l’ont fait avec l’Ukraine contre la Russie, afin de saigner et d’affaiblir le géant asiatique d’un point de vue économique et militaire dans l’espoir de porter ensuite le coup décisif, est très haut. Cela se produira probablement sur une période plus longue que dans le contexte ukrainien, puisque l’OTAN semble actuellement engagée à contenir l’avancée russe en Ukraine et s’exposer sur deux fronts, l’un en Europe et une éventuelle guerre dans le Pacifique, serait incroyablement difficile et cher. L’alliance QUAD pourrait être considérée comme une sorte d’OTAN asiatique prête à frapper lorsque la dédollarisation des marchés des pays BRICS ou BRICS+ sera achevée.

Entre Chine et USA

D’un point de vue géographique il n’y a pas de comparaison entre les deux Chines : la populaire est immense avec 9,6 millions de km², contre Taïwan qui n’a que 36 000 km2. Quant à la population, 1,4 milliard pour la République populaire de Chine contre 23,5 millions pour Taïwan. Il existe aussi de grandes disparités concernant les armées et les économies. Les deux pays sont séparés par une étendue de mer de 160 km: le détroit de Taiwan dans la mer de Chine méridionale.

Les États-Unis ne la reconnaissent pas diplomatiquement, mais se sont donnés la lourde tâche de la protéger d’une probable agression chinoise (Taiwan relation act de 1979 et fourniture continue d’armes et d’équipements made in USA) qui ne reconnaît pas l’île comme autonome selon le principe: un pays, deux systèmes.

Perspective historique

Taïwan a toujours été une terre de conquête puisque les populations originelles étaient des Austronésiens[1] du Pacifique du Sud qui s’y sont installés à une époque très ancienne. Dans la seconde moitié du XVIIème siècle arrivent les Européens. D’abord les Espagnols, au nord, qui lui ont donné le nom de Formosa, qui signifie “belle” en portugais, car près d’un siècle plus tôt des marins portugais l’avaient aperçue et l’avaient trouvée très florissante. Inutile de dire que plus tard les Hollandais sont arrivés avec la compagnie hollandaise des indes orientales (Verenigde Oostindische Compagnie) et ont colonisé la partie sud. Plus tard vinrent les Chinois utilisés comme main-d’œuvre bon marché par les Hollandais. Mais le véritable tournant se situera en 1895 avec la première guerre sino-japonaise et l’invasion conséquente du pays du soleil levant. L’île est devenue japonaise en vertu du traité de Shimonoseki et l’est restée jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Elle est également considérée par le Japon comme sa zone d’intérêt même si ce n’est pas officiellement en raison de sa proximité avec les îles Senkaku et de la possibilité d’accords commerciaux fructueux. Une autre date importante est 1949 avec la proclamation de la République populaire de Chine de Mao Zedong et la fuite consécutive de Chiang Kai Shek vers l’île taïwanaise. La guerre de Corée va diviser la péninsule coréenne en deux entités totalement distinctes : une communiste et totalitaire au nord, alliée de la Chine, et une autre libérale et démocratique au sud, l’actuelle Corée du Sud, alliée de les États Unis. Ces derniers empêcheront Mao d’envahir l’île en militarisant le détroit de Taiwan.

Dans un premier temps, les Américains reconnaissent Taïwan comme la vraie Chine[2] et installent des bases militaires pour mieux contrôler la mer de Chine méridionale. Ils financèrent de nombreuses entreprises et au fil des années l’île devint un pays leader dans la construction de microchips en s’appropriant le savoir-faire américain. En 1971, la République populaire de Chine est reconnue par la communauté internationale et admise à l’ONU, suscitant polémiques et protestations à Taipei, qui en est exclue. En 2013, avec l’élection de Xi Jinping, les relations deviennent plus tendues avec Taïwan qu’avec Hu Jintao, son prédécesseur jugé plus “pro-américain”. En fait, ce dernier a été chassé par Xi lors du dernier congrès du PCC.

La visite surprise en août 2022 de la présidente de la Chambre Nancy Pelosi a exaspéré les autorités chinoises, mettant en péril les relations diplomatiques entre les deux pays. Cette provocation a un précédent en 1997 lorsque Newt Gingrich, président de la chambre à l’époque, a visité l’île pendant 3 heures après avoir été à Pékin. Cependant, venant de Pelosi c’était un geste symbolique clairement anti-chinois et une reconnaissance informelle de l’île comme indépendante, conduisant à une plus grande militarisation de la mer de Chine méridionale par la Chine avec le risque de provoquer une escalade militaire, mais peut-être est-ce e but de l’État profond américain… Peut-être un nouvel incident du Golfe du Tonkin pour soutenir Taïwan face à la Chine et semer la pagaille dans la zone, bien que cette hypothèse paraisse bien éloignée pour le moment.

Une poudrière prête à exploser

Il est probable que 30 000 soldats américains soient stationnés à Taïwan, comme l’a révélé le sénateur américain John Cornyn dans un tweet promptement supprimé, comme le rapporte le Japan Times du 18/08/2021. Peut-être que le vieux sénateur en avait trop révélé?

D’un point de vue géopolitique, il est essentiel de souligner les rivalités entre les deux acteurs, qui pourraient être très dangereuses pour un conflit dont le casus belli pourrait être causé par un éventuel “false flag” américain, car les îles Spratly sont disputées également par d’autres États d’Asie du Sud-Est, tels que : le Vietnam, les Philippines, la Malaisie et Brunei, car l’archipel est riche en pétrole dans ses profondeurs. Les îles Paracels au large des côtes du Vietnam sont également disputées, également riches en pétrole et en gaz naturel, ce qui convient évidemment aux deux nations, la mer étant également riche en poissons. La Chine doit nourrir 1,4 milliard de personnes, on comprend donc son intérêt puisqu’elle n’est pas autosuffisante sur le plan alimentaire. Sans oublier les îles Pratas à environ 340 km au sud-est de Hong Kong qui appartiennent à Taïwan, mais que la Chine revendique évidemment, ainsi que les îles Pescadores et Matsu.

Un autre différend important et dangereux est celui qui oppose la Chine et le Japon pour la souveraineté des îles Senkaku qui font partie de la préfecture d’Okinawa, qui est l’archipel à l’extrême sud du Japon. Ces îles inhabitées ont été conquises par les Japonais en 1895 et annexées avec Taïwan et, selon la position du Japon, n’appartenaient à personne avant l’annexion, donc incorporées en vertu du principe juridique de terrae nullius. La Chine, d’autre part, affirme qu’elle les a découverts et cartographiés plus tôt et qu’ils appartenaient à Taïwan alors qu’il s’agissait d’une région chinoise. L’intérêt géostratégique de la Chine est évident, outre la position géographique, le fait habituel qui intéresse les Chinois : une forte abondance de poissons dans la mer, des ressources minérales abondantes et la présence potentielle de pétrole et de gaz à proximité des îles, comme l’a déclaré la commission économique pour l’Asie et l’Extrême-Orient de l’ONU.

Les États-Unis sont intéressés par le différend car ils ont une base navale dans les îles Ryukyu et à nouveau dans la préfecture d’Okinawa. Dans les années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, les Américains ont conclu un accord avec les Japonais qui prévoyait la présence d’armes nucléaires, officiellement il n’y en a plus depuis 1972, suscitant la protestation des citoyens sensibles à la question pour des raisons évidentes. Comme l’a révélé sur son lit de mort l’ancien diplomate japonais Kei Wakaizumi, il existe un accord secret entre Nixon et Sato (ancien premier ministre japonais), avec la médiation du secrétaire d’État de l’époque, Kissinger, concernant un retour de la bombe atomique au Japon en cas d’urgence (déclarée unilatéralement et arbitrairement par les États-Unis) et le droit de transit vers Okinawa. Le réarmement et l’activisme japonais de ces derniers temps, sous les ordres de Washington, rend les Chinois très inquiets et rend plus probable un tel accord. Une éventuelle attaque militaire chinoise pour prendre les Senkaku, qui ne sont pas militairement défendues, activerait le casus foederis et donc l’entrée en guerre des États-Unis avec le Japon, conformément à l’art. 5 du traité d’assistance mutuelle et de coopération, comme le rapporte l’article de Foreign Policy du 12 septembre 2012 « Why the Japan-China Island dispute is a American problem ».

De retour à Taïwan, l’intérêt chinois est d’empêcher les États-Unis d’obtenir des microchips taïwanaises bon marché. Le rêve chinois serait de faire de l’île une région autonome comme Hong Kong et Macao et pourrait établir une zone d’exclusion aérienne pour empêcher un autre incident comme cet été avec Pelosi ou une provocation avec des agents provocateurs payés par la CIA ou une révolution de couleur. Le pays a également une autre préoccupation qui est de pacifier les régions considérées comme rebelles que sont le Tibet, le Xinjiang et la Mongolie Intérieure et de stabiliser ces territoires et assurer une paix intérieure, notamment le Xinjiang, lui permettrait d’accéder facilement au port de Gwadar au Pakistan, un débouché direct pour la Chine dans l’océan Indien en contournant les détroits encombrés de l’Asie du Sud-Est. Le Xinjiang est une plaque tournante clé pour le commerce chinois vers l’ouest en utilisant le port de Gwadar à travers le CPEC (China-Pakistan Economic Corridor) et donc le pacifier rendrait les routes commerciales plus sûres.

La Chine n’est pas intéressée par la guerre, elle est intéressée par la paix pour mener ses affaires, mais elle veut se préparer et être autonome d’un point de vue énergétique et alimentaire en améliorant l’armée et la marine pour un probable affrontement avec AUKUS (Alliance anti-chinoise de pays anglo dans le Pacifique). Nous verrons comment la situation évolue.

Filippo Zicari

Notes:

  1. Blust, Robert (1999). “Subgrouping, circularity and extinction: some issues in Austronesian comparative linguistics. in E. Zeitoun & P. J. K. Li (a cura di). Selected papers from the Eighth International Conference on Austronesian Linguistics (pp. 31–94)
  2. Ling, Huping; Austin, Allan W., Asian American History and Culture, Routledge 1st edition (February 15, 2010).

L’Occident contre le monde

Jean-Pierre Urgin analyse les causes géographiques et historiques qui ont conduit le monde dans l’impasse de la domination occidentale: la guerre de tous contre tous. Pour comprendre ce qui a divisé l’humanité, il faut questionner le temps long. Remonter aux séparations climatiques, culturelles et spirituelles qui ont structuré, déstructuré et restructuré la vie de la planète. Bousculant l’Humain jusqu’aux confins d’une possible disparition apocalyptique. Mais la vision du temps long promet également la renaissance du monde à travers son développement multipolaire. Le besoin de restitution littéraire sans concession, est né du séjour de l’auteur à Kharkov, immergé d’octobre 2021 à mai 2022 dans le drame slave. Emprisonné dans la tragédie au moment même où elle se déclenche. L’affrontement de l’Ukraine contre la Russie? De l’Occident contre la Russie? Plutôt celui de l’Occident contre le Monde! Ainsi se renforce une conviction. La culture de la domination infraternelle s’achève et nous vivons son chant du cygne spectaculaire.

« Les Ukrainiens n’ont pas moins de mérites à vivre que les Russes. Beaucoup d’Ukrainiens trouveront un ancêtre Russe en remontant leur arbre généalogique et autant de Russes, un ancêtre Ukrainien. Il ne peut y avoir de vainqueur dans un combat fratricide. Et si la multipolarité qui est l’enjeu profond contre le blocage nihiliste, émancipe un jour le monde, il faudra aussi se souvenir des soldats consciencieux qui sont morts sous différents uniformes en Ukraine et ailleurs “dans le reste du monde”; pour que l’Humain puisse jouir de cette liberté. Fracassés par des enjeux qui les dépassent, mais qu’ils rejoignent par la dimension de leur héroïsme. S’élever à la responsabilité conduit en fin de comptes, toujours à la communalité de l’humanité; quel que soit le drapeau. L’avenir sera juge de l’héroïsme de leurs autorités. [… ] J’ai la conviction que la Russie gagnera cette guerre non pas contre l’Ukraine, mais contre la férocité occidentale qui entrouvrira ses griffes pour laisser s’envoler le monde. C’est la raison qui incarne le mieux la ligne tendancielle historique, qui permettra la renaissance des cultures du monde. »

A propos de l’auteur

Jean-Pierre Urgin a exercé les fonctions de magistrat de l’ordre judiciaire français pendant un quart de siècle. Figure diasporale du mouvement panafricain par ailleurs, son expérience des systèmes judiciaires internationaux lui ouvre en décembre 2019, la présidence de la Court de Justice de la Diaspora Africaine, 6ème région de l’Union Africaine. L’institution continentale lui confie la mission de participer au « Renforcement de l’Afrique à travers la Diaspora, et de la Diaspora à travers l’Afrique ».
Le parcours de Jean-Pierre Urgin est singulier. Ami de l’emblématique Angela Davis, citoyen d’honneur de la ville de Detroit, Michigan, USA, pour ses efforts en faveur de l’enfance en danger et sa lutte contre les réseaux pédophiles au sein de la magistrature française. Il dénonce le wokisme qui inverse les valeurs de la conscience et conçoit le développement multipolaire du monde, comme la voie rationnelle qui restituera à l’Afrique, sa place historique indispensable à la civilisation humaine.

Les bouchers de Tel Aviv et de Washington

Retour de Syrie: lettre témoignage de DD à ses amis (17 mai 2023)

Mes chers amis,

Je me suis rendu en Syrie du 27 avril au 4 mai dernier avec un petit groupe militant contre l’embargo imposé par les USA à ce pays, embargo qui frappe principalement les populations civiles depuis douze ans. Rappelons qu’une partie de ces populations a été durement touchée par un tremblement de terre dans un passé très récent et rappelons aussi que ces sanctions US unilatérales et anti-syriennes viennent tout juste d’être prolongées pour un an par l’administration Biden.

Ayant une confiance très limitée dans nos médias mainstream pour traiter objectivement d’un sujet concernant le Proche Orient, l’État d’Israël et les États-Unis, je tenais à me rendre compte par moi-même des dommages causées par cette stratégie des sanctions. Celle ci est utilisée sans modération par les USA et leurs vassaux européens, agissant souvent en «proxies» d’Israël, contre tous les États refusant de se soumettre aux volontés et à l’hégémonie de l’occident global.

Ce type de stratégie consiste en une véritable prise en otage des populations civiles auxquelles on applique la sanction collective dite «de l’embargo» qui va les faire souffrir autant qu’il est possible, pour les punir de s’être choisi un dirigeant qui refuse de servir les intérêts occidentaux, c’est à dire du «camp du bien» auto-proclamé.

Ces sanctions, de nature économique, peuvent être redoutablement efficaces et provoquer indirectement la mort de dizaines, voire de centaines de milliers de civils dans une relative discrétion. Elles peuvent parfois s’avérer plus meurtrières, sur la durée, qu’une guerre ouverte de haute intensité… (souvenons nous des deux croisades «anti-Saddam Hussein» conduites par les USA en Irak, sous des prétextes mensongers).

S’agissant de la Syrie, ces sanctions ont été adoptées à la suite d’une tentative de révolution colorée ratée, organisée en mars 2011 par une « coalition occidentale » (US-UK-FR + UE-OTAN) au profit et à l’instigation d’Israël, avec sa participation active, dans le but de renverser Bachar el Assad, de faire cesser le soutien syrien à la cause palestinienne, de démembrer le pays, à l’image de l’ex-Yougoslavie, de remodeler les frontières de la Syrie, d’en annexer une partie, de créer un Kurdistan allié d’Israël, pour faire obstacle à l’émergence d’un «croissant chiite» perçu, à tort ou à raison, comme une menace existentielle, et de mettre des dirigeants plus complaisants que Bachar el Assad aux frontières de l’État Hébreu. Rappelons nous les propos sans ambiguïté de Roland Dumas, dix ans ministre des affaires étrangères de François Mitterrand:

Et les propos très clairs du général US Westley Clark, tenus en 2007:

La première bonne nouvelle pour la Syrie de Bachar el Assad a été le soutien militaire apporté par la Russie de Poutine en Septembre 2015, à la demande du seul gouvernement légal reconnu par l’ONU. Par ce soutien, la Russie a mis en échec les actions malfaisantes inspirées par Israël à ses proxies anglo-saxons et français, et a fait reculer les terroristes islamistes instrumentalisés, soutenus et armés par les occidentaux.

Jusqu’au-boutiste dans ses objectifs, Israël poursuit aujourd’hui, en mai 2023, les bombardements réguliers sur le territoire de son voisin syrien, alors que cet État ne l’agresse pas. Ces bombardements se font dans l’indifférence totale de l’ONU, des médias et des gouvernements occidentaux qui construisent sans cesse des narratifs visant à noircir l’image de Bachar el Assad.

Certains de ces narratifs vont jusqu’à qualifier Bachar el Assad de « Boucher de Damas » alors même qu’il dispose du soutien de l’écrasante majorité de son peuple, sans lequel il aurait perdu le pouvoir depuis longtemps.

J’ai pu constater, lors de mon séjour en Syrie, l’extraordinaire résilience du peuple syrien qui s’oppose depuis 12 ans, avec succès, aux visées géopolitiques et machiavéliques de l’État hébreu et de ses proxies anglo-saxons et terroristes islamistes.

J’ai pu aussi constater la folie jusqu’au-boutiste israélienne qui va jusqu’à bombarder l’aéroport d’Alep quelques jours après le tremblement de terre qui a frappé la Turquie et la Syrie, alors même que l’aide humanitaire russe et celle des pays arabes y sont acheminées, au profit des populations civiles les plus touchées.

La vérité, c’est que, s’agissant du Proche et Moyen Orient les bouchers se trouvent à Tel Aviv, à Washington et à Londres.

Ce sont bien ces pays qui ont semé le chaos et provoqué, directement ou indirectement, la mort de millions d’êtres humains au Proche et Moyen Orient depuis l’effondrement de l’Union soviétique en se justifiant toujours par des narratifs et des prétextes mensongers. (armes de destruction massive qui n’existaient pas ou lutte contre un terrorisme qu’on instrumentalise en sous main).

Les bonnes nouvelles de 2022-2023, pour la Syrie découlent des conséquences de l’opération militaire spéciale russe en Ukraine.

Incontestablement, les russes ont changé la donne de la géopolitique mondiale en refusant l’extension à l’Est de l’OTAN et l’arrivée à leurs frontières de bases militaires hostiles, comme l’avait fait Kennedy, pour son pays, lors de la crise des missiles de Cuba en 1962.

Avec habileté, la Russie s’est posée en championne de la multipolarité et en opposition à l’hégémonie occidentale jugée tyrannique par de très nombreux pays.

Elle a aussi fait apparaître la faiblesse militaire des pays membres de l’OTAN qui refusent de s’engager militairement contre la Russie (et peut être la Chine) faute de disposer de moyens suffisants pour le faire et pour gagner, et faute de pouvoir rassembler et unir les populations et opinions occidentales sur un objectif russophobe (et sinophobe) qui est loin de faire l’unanimité.

Elle a également fait apparaître grâce aux sanctions boomerang prises par les pays membres de l’OTAN eux mêmes, les vulnérabilités économiques et financières d’un occident accroc à la dette et à la consommation d’une énergie jusqu’alors bon marché.

Dans ce nouveau contexte créé par l’opération russe, de nombreux pays changent de camp. Depuis plus d’un an, la diplomatie occidentale enregistre échec sur échec face aux diplomaties russe et chinoise.

Le nombre de demandes d’adhésion aux BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) et à l’OCS (Organisation de Coopération de Shangaï) explose, ce qui est le signe d’un soutien croissant au camp de la multipolarité et d’un refus de l’hégémonisme des USA et de l’OTAN.

L’Afrique rejette toujours plus l’occident, ses diktats, ses valeurs et ses modes d’action jugés néocoloniaux, et, en particulier, ceux de la France. Elle bascule dans les camps russe et chinois.

Au grand dam des USA (et d’Israël), et sous l’égide de la Chine, l’Iran et l’Arabie Saoudite se sont réconciliés en mars dernier, sept ans après la rupture des relations diplomatiques.

Le président iranien Ebrahim Raïssi s’est rendu en visite officielle le 3 mai dernier à Damas pour y signer d’importants accords économiques et politiques.

La Ligue Arabe (22 états) a voté à l’unanimité la réintégration de la Syrie, exclue en 2011 sous la pression US-Israël. C’est un succès pour la diplomatie russe et une victoire éclatante de Bachar El Assad, qui reviendra donc auréolé de sa résistance à l’occident. Pas un seul État arabe, sur 22, ne s’est soumis aux pressions US-Israël et a voté contre la réintégration. Les ambassades arabes ré-ouvrent les unes après les autres à Damas.

L’unité du monde arabe, cauchemar d’Israël et des USA est en cours de reconstruction avec l’appui de la Russie et de la Chine.

La Turquie, la Syrie et l’Iran se parlent désormais régulièrement, sous l’égide de la Russie, pour mettre un terme à la crise syrienne et à leurs différents.

En Turquie, le candidat d’alternance à Erdogan, Kemal Kiliçdaroglu, soutenu financièrement et politiquement, en coulisse, par l’occident, ne paraît pas en situation d’emporter l’élection présidentielle au second tour du 28 mai prochain. D’autant que le parti d’Erdogan dispose d’ores et déjà de la majorité absolue au parlement turc, suite aux élection du 14 mai. Les médias occidentaux hurleront à la fraude électorale le 28 mai prochain, comme ils le font à chaque fois que les résultats ne correspondent pas à leurs attentes (Syrie, Iran, Russie, Vénézuela…), mais le président Erdogan saura se souvenir de cet épisode, et de l’ingérence occidentale dans cette élection de 2023, comme de la tentative de coup d’État de 2016 concoctée par son bon allié US. Il rapprochera toujours plus son pays, comme il le fait déjà, de la Russie et de la Chine, des BRICS et de l’OCS : en clair, du camp de la multipolarité.

Toutes ces bonnes nouvelles pour la Syrie, sont autant de mauvaises nouvelles pour Israël et ses proxies anglo-saxons toujours plongés dans des difficultés économiques, financières et sociales qui ne sont pas prêtes de s’arranger.

S’agissant d’Israël, la très controversée loi sur la Justice affaiblit la cohésion du pays. Les déclarations insensées d’un ministre israélien suprémaciste en charge des finances et des territoires occupés clamant, en France, et à qui veut l’entendre, que le peuple palestinien n’existe pas, et développant son propos devant une carte du «grand Israël», ne vont pas arranger les affaires de la Région. Il est clair que ce type de provocations haineuses ne peut qu’engendrer, en retour, de la colère, de la haine et de la violence, pouvant aller jusqu’au terrorisme, chez les personnes offensées, humiliées et/ou soumises par la contrainte « armée » depuis 1947.

A ceux qui s’interrogent sur les motivations du gendarme tunisien, auteur de l’attaque contre la synagogue de la Ghriba à Djerba le 11 mai dernier, il y a peut être une piste à creuser … Le comportement des dirigeants de l’état hébreu que ce soit lorsqu’ils bombardent ALEP quelques jours après le tremblement de terre ou lorsqu’ils envoient un ministre en charge des territoires occupés, à Paris, pour cracher sa haine des palestiniens, ne peut laisser les masses arabes indifférentes. On peut regretter, bien sûr, que la LICRA et SOS Racisme, mais aussi le gouvernement français dans son ensemble, soient restés étonnamment discrets sur ce triste épisode de haine raciale du ministre israélien, clairement exposé à la face du monde le 19 mars 2023.


Ma conclusion sera optimiste pour la Syrie.

Grâce à la résilience et à la cohésion de sa population, pourtant multiconfessionnelle, grâce à la détermination de son Président qui a su rester laïc dans sa gouvernance, et ferme face aux agresseurs israéliens, us-otaniens et terroristes islamistes; grâce à l’appui de la Russie qui est intervenue à la demande des autorités légales de l’État, la Syrie a pu résister pendant douze ans aux assauts coordonnés et prémédités de l’OTAN, d’Israël et des terroristes islamistes, instrumentalisés par l’occident pour créer le chaos et remodeler un nouveau Proche Orient conforme aux intérêts et aux souhaits de l’état hébreu.

La préméditation de l’agression anglo-saxonne a été clairement établie par la divulgation des «Wikileaks files», c’est à dire les fuites sur les correspondances diplomatiques entre les représentants US en Syrie et le département d’État états-unien depuis le début des années 2000 .

La collusion entre Israël et les USA a été, elle aussi, établie par une déclaration sans ambiguïté de Biden lui même, le 13 juillet 2022 à Tel Aviv:

Il n’est pas nécessaire d’être Juif pour être sioniste »

https://fr.timesofisrael.com/liveblog_entry/biden-il-nest-pas-necessaire-detre-juif-pour-etre-sioniste/

Cette collusion a été clairement confirmée par les plus connus des géopoliticiens US, Mearsheimer et Walt, dans l’excellente analyse publiée sous le titre: Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine.

Cette collusion apparaît clairement dans le simple constat que les personnes en charge de la politique étrangère et de la politique des sanctions économiques US ont figuré sur la liste des nominés au palmarès mondial de l’influence du Jerusalem Post (Blinken, Sherman, Janet Yellen …)

La bonne nouvelle pour la Syrie, c’est l’émergence en cours d’un monde multipolaire qui remet en cause l’hégémonie sans partage US-OTAN des trois dernières décennies et l’influence des néoconservateurs mondialistes (et sionistes). La Syrie pourra désormais compter sur l’aide de la Russie, des pays du Golfe (dont l’Iran) et de la Chine pour sa reconstruction et sa défense.

Israël assiste aujourd’hui, impuissant, au déclin de son principal allié et de ses soutiens néoconservateurs et mondialistes US, et à la recomposition des équilibres géopolitiques et géo-économiques mondiaux qui ne se fera pas en sa faveur. N’en déplaise à l’État d’Israël qui a raté son coup en Syrie, grâce ou à cause de la Russie, le vrai «Printemps syrien» va pouvoir commencer, sous la gouvernance de… Bachar el Assad !

Guerre des États-Unis contre l’Europe

Guerre des États-Unis contre l’Europe

Youssef Hindi a rassemblé là ce qui lui permet d’établir le récit d’une guerre permanente, vitale, économique, celle qui oppose les États-Unis à l’Europe. Cette guerre a une histoire, mais elle a aussi une généalogie, et pour la reconstituer, il faut remonter à Athènes et à son hégémonie maritime. Dans un second temps, l’auteur déplace le point de vue. Nous quittons la strate matérialiste de ce conflit pour nous déplacer vers le terrain de la « théologie politique ». Il nous faut nous demander le rapport qu’entretiennent l’élection divine et la « Destinée manifeste » des États-Unis. L’auteur poursuit sa réflexion en analysant la fin de l’État de droit, conséquence de la guerre que nous mène l’Amérique.

A propos de l’auteur

Youssef Hindi est écrivain, conférencier, historien des religions et géopolitologue. Spécialiste du messianisme et de ses implications historiques, politiques et géopolitiques, ses recherches inédites ont levé le voile sur les origines des idéologies modernes, parmi lesquelles l’islam politique, le sionisme, le socialisme et le républicanisme français. Il est aussi l’auteur de nombreux articles de prospective sur les relations internationales.

Ukraine: une guerre non provoquée, vraiment? (partie 2)

Bien que la principale accusation contre la Russie porte sur le lancement unilatéral d’une guerre illégale et non provoquée, l’analyse des décisions prises par Joe Biden incitent à conclure qu’au contraire, le nouveau président a acculé Poutine dans un traquenard stratégique qui ne pouvait que déboucher sur une guerre.  (voir Partie 1)

Il est d’abord nécessaire de situer la fonction de la guerre d’Ukraine dans la politique étrangère de l’administration Biden. Cette guerre n’est pas une fin en soi, mais un outil au service d’objectifs stratégiques plus vastes. Comme on l’a vu précédemment, pour les États-Unis, l’impératif est aujourd’hui de stopper la montée de l’Allemagne comme rival industriel et commercial, et de briser l’ascension de la Russie et de la Chine vers le statut de puissance à part entière dans un monde multipolaire.

Dès les années 40, les États-Unis pensaient leur politique étrangère en termes planétaires. L’Eurasie, cette concentration sans équivalent de ressources naturelles, humaines et d’activités économiques, reste pour eux la clé unique de l’hégémonie mondiale. Qui domine l’Eurasie domine le monde. Zbigniew Brzezinski l’avait très clairement exprimé dans son ouvrage phare (Le Grand échiquier), recommandant à l’Amérique de tout faire pour éviter l’émergence d’un rival dans cet espace géographique auquel elle n’appartient pas. Georges Friedman, ancien stratège de la CIA, n’avait-il pas souligné en 2015 que : « l’intérêt primordial des États-Unis (…) a été la relation entre l’Allemagne et la Russie, parce qu’unis ils représentent la seule force qui pourrait nous menacer. Et nous devons nous assurer que cela n’arrivera pas. »

Or, depuis deux décennies, l’Eurasie est le siège d’une coagulation menaçante de dynamisme économique et d’ambitions politico-militaires locales, sur laquelle l’Oncle Sam a de moins en moins prise. L’Allemagne y joue un rôle central dans la mesure où elle a noué avec la Russie un axe d’échanges vertueux qui lui apporte des ressources primaires bon marché, et avec la Chine, un second axe d’échanges vertueux qui offre de vastes marchés à l’échelle de sa redoutable industrie. Avec le temps ce n’est pas un rival mais trois qui sont en train d’acquérir la carrure de concurrents stratégiques de l’Amérique. L’Allemagne impose son Nord Stream 2, la Russie interfère au Moyen-Orient, et la Chine se projette dans le monde entier avec son projet « One Belt, One Road ». Pour les actuels détenteurs du pouvoir à la Maison Blanche, c’est en brisant ces deux axes, tant qu’il en est encore temps, que l’Amérique pourra remettre ces trois rivaux potentiels à leur place et conserver sa position hégémonique sur l’Eurasie.

Logiquement, la première cible choisie par Biden sera la Russie et le premier champ de bataille l’Ukraine. Ce pays est déjà le siège d’une guerre civile larvée qui concerne indirectement Moscou. Son potentiel démographique, son étendue et sa tradition hypernationaliste teintée de post-nazisme, la prédisposent à assumer le rôle de supplétif dans la guerre par procuration à venir contre le Kremlin. Biden sait que l’opinion intérieure n’accepterait pas l’engagement au sol de boys américains et il pense qu’il a les moyens de convaincre Kiev de se lancer dans l’aventure.

L’activation d’un conflit de haute intensité au sol en Europe pourra produire un choc de rupture extrêmement violent sur l’axe germano-russe, et donnera en même temps l’occasion rêvée de dégrader suffisamment le régime et les capacités militaires de la Russie pour la priver de tout rêve de puissance et d’autonomie à moyen terme.

Il est aisé d’élaborer une planification intellectuellement cohérente, mais plus complexe de la mettre en œuvre à cette échelle. Si Biden a le goût du risque, il sait aussi qu’il peut compter sur les jalons que l’Amérique a posés en Europe centrale sous son autorité de vice-président. La conception de la guerre que les États-Unis d’apprêtent à déclencher sur le théâtre ukrainien a déjà fait l’objet d’études et d’évaluations minutieuses, couronnées par des publications. La Rand Corporation (think tank dédié au conseil au Département d’État et aux agences de renseignement) rédige dès 2019 un rapport de 354 pages sur les mesures à prendre pour « Jeter la Russie à terre. » Elles seront scrupuleusement appliquées.

Les plans sont là, mais il faut absolument faire porter le chapeau du déclenchement de la guerre aux Russes. Il faut qu’ils soient perçus comme des agresseurs cruels, des hors la loi détestables, menés par un autocrate à moitié fou, ce qui justifiera devant l’opinion de leur faire une guerre économique et militaire impitoyable.

Les Américains sont des spécialistes de l’intoxication de leurs adversaires qu’ils savent pousser à la faute. En 1979, ils sont parvenus à faire croire au Kremlin que le nouveau chef de l’Afghanistan, Hafizullah Amin, s’apprêtait à les trahir et qu’il allait autoriser des États-Unis à implanter chez lui des fusées qui menaceront l’Union soviétique. Le Kremlin déclenchera une intervention pour le neutraliser mais il sera accueilli par des djihadistes armés jusqu’aux dents par Washington. Zbigniew Brzezinski reconnaitra que les États-Unis avaient entrainé Moscou dans le piège afghan : « nous avons maintenant l’occasion de donner à l’URSS sa guerre du Vietnam ». En déclarant à Saddam en 1990 qu’ils n’interviendraient pas dans le conflit avec le Koweït, ils l’ont poussé à attaquer, leur donnant aux Américains l’occasion de lui infliger une défaite cinglante avec l’approbation de leur opinion.

Ils comptent tenter une manœuvre du même genre avec la Russie. Elle sera forcée de mettre le doigt dans l’engrenage si leurs amis autonomistes russes de souche et la Crimée sont gravement menacés. Il suffira de pousser en coulisse les nationalistes ukrainiens à une offensive dans le Donbass pour déclencher la réaction russe que les media se chargeront de transformer en agression illégale et non provoquée.

Mais affronter la Russie est une affaire sérieuse qu’il faut soigneusement préparer. A la manœuvre, Biden et ses équipes vont commencer par fermer l’alternative du compromis, réunir une coalition puissante, renforcer le proxy ukrainien avant de contraindre l’ours russe à entrer en Ukraine. La Russie n’est pas tombée dans un piège, mais elle ne pouvait pas laisser passer une provocation de plus qui avait des implications existentielles.

I – La fermeture des options diplomatiques

Les contentieux entre Kiev et la Russie et entre les États-Unis et la Russie pouvaient être réglé par un compromis. Mais dans l’optique de Biden, le but recherché n’est pas la solution d’un contentieux, mais son utilisation pour créer un fossé infranchissable entre la Russie et l’Allemagne et dégrader les capacités militaires de Moscou. Les armes devaient parler, et pour leur donner la parole, il fallait rendre au préalable impossible toute alternative diplomatique. C’est à cela que vont travailler les équipes du président.

Le premier torpillage de l’option diplomatique est antérieur à la guerre actuelle, mais il a bien servi à la préparer. En 2014 et 2015, des accords avaient été passés à Minsk entre le gouvernement de Kiev et les autonomistes de Donetsk et de Lougansk pour mettre fin à leur cruelle guerre civile par des aménagements négociés de la constitution. Après ratification par le Conseil de Sécurité de l’ONU, ces accords étaient devenus exécutoires sous l’autorité de garants, France et Allemagne pour Kiev, Russie pour les autonomistes. Ils n’ont jamais été appliqués, et la guerre civile s’est poursuivie jusqu’à l’intervention russe de février 2024. Angela Merkel pour l’Allemagne dès juin 2022 et François Hollande fin décembre pour la France, ont expliqué que les accords de Minsk avaient en fait été utilisés pour donner à Kiev le temps de bâtir une puissante force militaire. Les deux dirigeants faisaient là sans s’en rendre compte la pédagogie de « l’ordre international fondé sur des règles » qu’ils chérissent.

Cependant, il semble que Merkel et Macron aient réellement tenté une relance de Minsk en 2019, dans une réunion à Paris avec Volodomir Zelenky en présence de Poutine. La conclusion signée par Zelensky prescrivait à Kiev d’écouter les propositions des autonomistes et d’élaborer « des dispositions particulières d’autoadministration locale – statut spécial – de certaines zones des régions de Donetsk et de Louhansk ». Français et Allemands voulaient en finir avec la guerre civile ukrainienne et ils savaient que le protocole de Minsk était la seule chance d’éteindre pacifiquement ce conflit inflammable sur le sol européen. Mais le Deep State de Washington voulait entretenir cette plaie infectée, et ses alliés nationalistes/nazis ukrainiens veillaient au grain. Zelensky s’inclina et les garants aussi, Minsk fut enterré. Quand Biden est entré en fonction, il n’y avait plus de solution pacifique sur le tapis, et bien sûr, il se garda bien d’en proposer une.

Le second coup porté à l’option diplomatique consista à introduire le sujet le plus clivant, la « libération » de la Crimée,  dans l’équation des relations russo-américaines. Washington sait parfaitement qu’il s’agit de la pierre angulaire de la défense russe sur son flanc sud et sa seule ouverture vers les mers chaudes. C’est ainsi que Zelensky prend en mars 2021 un décret dit « de désoccupation de la Crimée », qui n’était rien d’autre qu’une déclaration de guerre à la Russie. « L’Ukraine n’a nullement renoncé à récupérer les territoires qu’elle a perdus en 2014. » Il pense évidemment au Donbass, en partie contrôlé par les autonomistes pro-russes, mais aussi et surtout à la Crimée. »

La nouvelle administration de Washington est à l’évidence aux manettes. D’ailleurs, quelques mois après, Washington formalisera son alliance politico-militaire avec Kiev dans la « Charte de partenariat stratégique entre les États-Unis et l’Ukraine »  où les États-Unis épiceront encore le casus belli :

Les États-Unis et l’Ukraine ont l’intention de poursuivre une série de mesures de fond visant à prévenir une agression extérieure directe et hybride contre l’Ukraine et à tenir la Russie responsable de cette agression et des violations du droit international, y compris la saisie et la tentative d’annexion de la Crimée et le conflit armé dirigé par la Russie dans certaines parties des régions de Donetsk et de Louhansk en Ukraine, ainsi que son comportement malveillant continu. »

Or nous sommes le 10 novembre 2021, bien avant l’entrée des troupes russes en Ukraine.

Le troisième cercueil de l’option diplomatique sera ouvert avec le refus formel de Biden de négocier une nouvelle architecture de sécurité en Europe, sujet qui intéresse aussi bien les pays européens que la Russie. Mais cette dernière est au centre de la cible et se considère comme menacée dans son existence même par trois mécanismes :

  1. L’élargissement continuel de l’OTAN désormais sur ses frontières, malgré les engagements de 1990 de Georges Bush 1 et James Baker quand il avait fallu obtenir l’accord de la Russie, pays vainqueur en 1945, pour autoriser la réunification de l’Allemagne ;
  2. La liquidation de l’architecture de sécurité antérieure fondée sur les accords de limitation des armements en vigueur depuis les années 70. Elle découle de la sortie des États-Unis des accords ABM, Open Skies, et INF. Le but de ses stratèges est d’implanter des systèmes mixtes de missiles anti-missile et de missiles de croisière nucléaire à moyenne portée au centre de l’Europe, de plus en plus proches des centres vitaux russes. Avec le programme Aegis Ashore, tout tir de missile depuis les bases ouvertes en Pologne et en Roumanie devrait provoquer le déclenchement instantané d’une contre-frappe nucléaire russe, ceux-ci n’ayant pas le temps de distinguer entre un simple tir anti missile et une frappe nucléaire contre leur territoire ;
  3. La décision du sommet de Bucarest de 2008 d’intégrer l’Ukraine et à la Géorgie dans l’OTAN, alors que la Russie avait fait depuis longtemps de la neutralité de l’Ukraine une ligne rouge. L’impact de cette décision avait été amorti par l’opposition résolue d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy à sa mise en œuvre. Ils avaient obtenu le report sine die de son application. Or il faut faire sortir la Russie de ses gonds. Le chiffon rouge est à nouveau agité le 8 juin 2001 par Blinken lors d’une communication devant le Sénat : « [les États-Unis] soutiennent l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan ». En février 2022, Zelensky pressera à nouveau pour l’adhésion à l’Otan : « Il en va de même pour l’OTAN. On nous dit : la porte est ouverte. Mais jusqu’à présent, l’accès n’est qu’autorisé. »

Dans un contexte aussi incertain et périlleux, la Russie de Poutine pense diplomatie. Elle demandera l’ouverture de négociations pour une nouvelle architecture de sécurité en Europe dès l’installation de la nouvelle administration.

Poutine rencontrera brièvement Biden en tête à tête à Genève le 16 juin 2021, et le 7 décembre suivant par téléconférence. Biden, qui a signé entre temps la très menaçante Charte de partenariat avec Kiev, refuse évidemment d’ouvrir une discussion sérieuse. Dans un ultime effort Poutine présente aux Occidentaux le 17 décembre deux projets de traités dûment rédigés, qui recevront aussi des réponses dilatoires. Quand l’année 2022 s’ouvre, la Russie constate l’échec intégral de ses efforts diplomatiques et la précarité de sa position avant que le 26 janvier la Maison Blanche ne refuse officiellement les traités proposés le 17 décembre.

L’introduction d’une sémantique de guerre sera le quatrième moyen de murer l’alternative diplomatique. Une guerre commence toujours par des mots. Dès son premier coup de téléphone, le 26 janvier 2021, Biden accuse Poutine d’intrusion dans la campagne présidentielle de 2020 et de cyber attaques. Dans un crescendo calculé, Biden va introduire des injures ad hominem de plus en plus blessantes.

Après un rapport accusatoire publié la veille reprochant à Poutine d’avoir voulu favoriser Trump lors de la présidentielle, Biden est interrogé le 17 mars 2021 sur ABC par George Stephanopoulos. Le questionnement a été préparé : « Vous connaissez Vladimir Poutine. Pensez-vous que c’est un tueur ? » Joe Biden hoche la tête, puis répond : « Oui, je le pense. » Stupéfaits, les media titreront « Biden a dit que Poutine était un tueur. »

Ce n’est que le début d’une litanie d’imprécations. Poutine devient un « criminel de guerre » le 17 mars 2022 devant une assemblée de parlementaires US. Le 26 mars, en Pologne, Biden prie« Pour l’amour de Dieu, cet homme ne peut pas rester au pouvoir » non sans avoir au préalable qualifié Poutine de « boucher ». Dmitri Peskov, le porte parole du Kremlin, en tire la conclusion politique : « les insultes personnelles de ce genre réduisent le champ des possibles pour nos relations bilatérales avec le gouvernement américain actuel. »

Il est intéressant de comparer les anathèmes anti poutiniennes de Biden aux remarques de Barack Obama sur la personnalité du leader russe qu’il a beaucoup fréquenté. Dans son interview fleuve de 2016, il dit à Jeffrey Goldberg de The Atlantic :

Poutine n’est pas particulièrement méchant. »

« La vérité, en fait, c’est que Poutine, dans toutes nos rencontres, est scrupuleusement poli, très franc. Nos réunions sont très professionnelles. »

« Il est constamment intéressé à être vu comme notre pair et à travailler avec nous, parce qu’il n’est pas complètement stupide… Vous ne le voyez pas, dans aucune de ces réunions ici, aidant à façonner l’ordre du jour. D’ailleurs, il n’y a pas une seule réunion du G20 où les Russes fixent l’ordre du jour sur les questions importantes. »

En bref, sur tous les sujets, Joe Biden a fait ce qui était en son pouvoir pour fermer les portes de la parole, du compromis, donc de la paix. C’est la première marche de son projet de défaite militaire et de dégradation du statut international de la Russie. Et cela marquera toute la première année de son mandat. Mais il aura aussi traité d’autres préalables inscrits dans son plan de guerre.

II – La mise sur pied d’une coalition indispensable

Les Américains savent qu’ils ne peuvent pas assumer leur guerre contre la Russie seuls. Ils ont absolument besoin, par exemple, d’impliquer des pays d’envergure sur les marchés mondiaux pour assurer l’efficacité de leur système de sanctions. Ils en ont aussi besoin pour partager les charges humanitaires, sociales, logistiques et militaires de la guerre.

L’Europe occidentale et l’Europe centrale sont toutes désignées pour fournir ces alliés car elles sont déjà  intégrées aux deux piliers de l’influence américaine dans la région, l’Union européenne et l’OTAN. Leur situation géographique est idéale comme bases arrière de l’Ukraine. Leur fonction d’alliés de Washington leur imposera une multitude d’obligations : recevoir des millions de réfugiés, assurer des livraisons d’armes et de munitions, organiser la maintenance des engins militaire lourds, sans oublier la formation et l’entrainement des experts et hommes de troupe ukrainiens levés par vagues pour remplacer les effectifs qui allaient fondre comme neige au soleil dans cette guerre d’artillerie.

Mais il y a un hic. Cette guerre n’est pas la guerre des Européens de l’Ouest. Aucun d’entre eux ne se sent réellement menacé par la Russie de Poutine. Aucun n’aspire à s’en prendre aux capacités militaires de la Russie ni à isoler la Chine. Au contraire aucun pays ouest-européen se réjouit de se couper des ressources primaires russes à bon prix, des marchés de la Chine, des occasions d’investissement très lucratifs en Russie et de la coopération scientifique avec Moscou sur des projets de pointe (comme ITER, fusion nucléaire contrôlé, ou la conquête spatiale).

Bien au contraire, la guerre avec la Russie, même sous l’artifice de non co-belligérance, heurte facialement leurs intérêts. Elle fait courir un risque sérieux aux équilibres socio-politiques et à l’avenir industriel d’un continent privé d’énergie et de matières premières, au moment où mal remis du Covid, il pensait en termes de transition climatique.

Comment Biden est-il parvenu à les engager dans son aventure et les maintenir si longtemps dans sa coalition ? La réponse n’est pas simple. On peut seulement évoquer des facteurs qui y ont contribué :

  • la transition de Merkel à Scholz qui a débilisé le pouvoir dans le pays phare de l’Europe, minorant la capacité des autres pays d’affirmer ouvertement leur intérêt national (à l’exception de la Hongrie) ;
  • la puissance des réseaux d’influence américains au sein des élites du pouvoir des pays et des institutions européennes. Elles sont gangrénées de haut en bas par de quasi agents d’Outre-Atlantique que leur langue et leur nationalité de papiers désigne nominalement comme allemands, français, belges, etc. mais qui ont fait allégeance à Washington ;
  • la force des moyens de rétorsion américains sur les alliés récalcitrants. Il n’y a par exemple aucune explication à la destruction « secrète » de Nord Stream 1 et 2 par des unités des forces navales américano-norvégiennes, si ce n’est forcer l’obéissance de Berlin à l’injonction de renonciation définitive au gaz russe ;
  • l’impact de l’influence américaine au sein du mainstream des media dans chacun des pays alliés. Dans de nombreux cas, le mainstream a exercé des pressions formidables sur la politique du gouvernement de leur pays, sous la dictée discrète de l’Oncle Sam. Il n’est pas bon en politique d’avoir l’opinion portée à l’incandescence face à soi. C’est par cet effet de bélier que Scholz a autorisé les livraisons de chars Léopard qu’il avait fermement refusées à Ramstein, et c’est pour la même raison que Macron a battu en retraite après avoir eu l’outrecuidance de parler de garanties de sécurité à accorder aux Russes.

En tout état de cause, Biden ne pouvait se passer de ses alliés européens avant de déclencher sa guerre contre la Russie. Ses équipes ont fourni des efforts considérables pour maintenir l’ordre dans le troupeau et le faire avancer quand il le fallait. Aujourd’hui il lui est demandé de patienter encore jusqu’à l’automne prochain, la limite ultime de la contre-offensive printemps-été que Washington et Kiev s’apprêtent à lancer. Mais nous n’en sommes pas encore là. Avant de provoquer l’intervention de Moscou, il faut permettre au régime supplétif de Kiev de supporter sans rompre le choc inouï de la guerre qui va arriver.

III – La mise en ordre de bataille du proxy ukrainien

Encore une fois, la guerre à venir va s’appuyer sur les réalisations américaines des huit années précédentes, obtenues sous l’impulsion initiale du vice-président Biden, chargé par Obama des affaires ukrainiennes. Depuis le coup de 2014, le pouvoir ukrainien sous ombrelle américaine est solidement installé avec Pedro Porochenko comme président. Une armée nouvelle a été bâtie suite aux défaites subies face aux autonomistes en 2014 et 2015. Elle a été initialement organisée, entrainée et encadrée par les américains. Elle puisera dans les énormes stocks d’armes hérités de l’Union soviétique. Cette armée fera ses premiers pas dans la guerre civile larvée du Donbass. On lui a construit des fortifications dignes de la ligne Maginot sur deux axes, face aux territoires autonomistes de Donetsk et Lougansk.

La question initiale porte sur les rapports entre l’Ukraine de Volodomir Zelensky et les Américains.  Partenariat, vassalité, ni l’un ni l’autre ? Dans ses racines, le régime de Kiev correspond parfaitement à la frontière civilisationnelle entre l’Ukraine orthodoxe à l’est et l’Ukraine uniate à l’ouest, décrite par Samuel Huntington dans son « Choc des civilisations ». Il est repose sur un socle de nationalistes uniates issus de Galicie et de Volhynie, pleins d’un mépris confinant au racisme envers les populations orthodoxes de l’Est. L’aventure de Biden ne réjouit cependant que les plus radicaux d’entre eux, où domine la geste nazie héritée de leurs ainés, et entretenue par la publication de Mémoires, de biographies, et l’organisation de cérémonies rituelles. Zelensky les a brièvement affrontés au moment de la conférence de Paris de 2019, mais il a vite compris le rapport de forces imposé aux semi modérés comme lui. Il a donc été embarqué dans l’aventure mais avec des doutes, on le verra.

L’alignement du régime de Zelensky sur les options de Biden repose sur le courant nationaliste, actif et organisé qui veut en découdre, et sur le mythe d’une solution européenne aux échecs récurrent du pays dans tous les domaines. Il ne se réduit donc pas à l’emprise politique, économique et militaire de Washington. L’oncle Sam s’est réservé les fonctions d’encadrement et de pilotage de la guerre, aux niveaux stratégiques et tactiques. Il a conscience qu’il doit octroyer une certaine autonomie à ses partenaires kiéviens pour qu’ils continuent de rassembler et de motiver les ukrainiens envoyés au front. Cela signifie que malgré sa dépendance de son grand parrain, Zelensky a une certaine prise sur les évènements. Il sait aussi exploiter son prestige dans l’opinion américaine pour le retourner parfois contre ses patrons quand ils ne livrent pas assez d’armes à ses yeux. Mais son impact sur le destin de la guerre est quasiment nul.

Biden va se charger de la mise en ordre de bataille du régime et de l’armée de Kiev quelques jours à peine après être entré dans le bureau présidentiel. Il fixe trois impératifs avant le fatidique mois de février 2022 :

  1. Nettoyer toute opposition gênante au sein du monde politico-médiatique ukrainien,
  2. Être en mesure de transférer légalement des armements modernes américains en fonction des besoins,
  3. Intégrer techniquement les forces armées ukrainiennes dans le dispositif militaire de l’OTAN.

Pour le coup de balai dans l’opposition politique ukrainienne, laissons parler la fiche Wikipedia de Zelensky

« En février 2021, suivant les recommandations du Conseil national de Sécurité et de Défense, [Zelensky] interdit trois chaînes de télévision accusées d’être des organes de propagande en faveur de la Russie. Les médias concernés (112 Ukraine, NewsOne et Zik) appartiennent au député prorusse Taras Kozak mais sont en réalité contrôlés par l’oligarque Victor Medvedtchouk, ami du président Vladimir Poutine. Cette décision intervient à la demande de l’administration américaine du nouveau président Joe Biden dans un contexte de hausse des intentions de vote pour les candidats prorusses. En août suivant, Zelensky fait également fermer le site d’information strana.ua, qualifiant ses journalistes de “propagandistes pro-russes”, et impose des sanctions contre plusieurs internautes. »

Le 20 mars 2022, selon la même procédure onze partis politiques seront interdits (Opération Z Jacques Baud p 216)

Pour le transfert d’armes, le 19 janvier 2022, plus d’un mois avant l’intervention russe, le Congrès adopte une loi pré-bail qui assure le financement d’envois d’armes en Ukraine.

Quant à l’intégration technique des forces ukrainiennes au sein de  l’OTAN, elle atteint des niveaux impressionnants. Lors de la manœuvre américano-ukrainienne en Mer Noire See Breeze, juin/juillet 2021, réunissant 30 pays et 5.000 hommes. Elle est suivie de Rapid Trident en septembre, sur le sol ukrainien, avec 6.000 hommes de 12 pays. Dans son discours du 22 février 2022, deux jours avant le début de son intervention, Poutine dresse un tableau impressionnant de l’inclusion de facto de l’Ukraine dans l’OTAN :

« Ces dernières années, des contingents militaires des pays de l’OTAN ont été presque constamment présents sur le territoire ukrainien sous le prétexte d’exercices. Le système de contrôle des troupes ukrainiennes a déjà été intégré à l’OTAN. Cela signifie que le quartier général de l’OTAN peut donner des ordres directs aux forces armées ukrainiennes, même à leurs unités et escadrons séparés. »

« (….)  le réseau d’aérodromes mis à niveau avec l’aide des États-Unis à Borispol, Ivano-Frankovsk, Chuguyev et Odessa, pour n’en citer que quelques-uns, est capable de transférer des unités de l’armée en très peu de temps. L’espace aérien ukrainien est ouvert aux vols d’avions stratégiques et de reconnaissance américains, ainsi qu’aux drones qui surveillent le territoire russe. »

« (…) Ensuite, notamment, l’article 17 de la Constitution de l’Ukraine stipule que le déploiement de bases militaires étrangères sur son territoire est illégal. Or, il s’agit là d’une convention qui peut être facilement contournée. L’Ukraine accueille des missions d’entraînement de l’OTAN qui sont, en fait, des bases militaires étrangères. Ils ont simplement appelé une base une mission …. »

La neutralité de l’Ukraine et son statut de non membre de l’OTAN sont déjà des paroles creuses ou comiques. La préparation de la guerre américaine contre la Russie sur le sol ukrainien, est achevée au début de l’année 2022. Le régime de Kiev est prêt pour la guerre que désirait sa faction nationaliste/nazie et la Maison Blanche. Cela ne signifie pas que face à la réalité de la boucherie qui se profilait, Volodomir Zelensky n’ait pas hésité, n’ait pas tenté de reporter le clash à plus tard, ni qu’une fois la guerre venue, il n’ait pas essayé d’y mettre rapidement un terme. Mais il était entre des griffes trop puissantes pour lui.

IV – Le déclenchement des hostilités

En fait, la guerre est présente en Ukraine depuis le coup de février 2014. Dès le lendemain, la Rada avait interdit l’usage de la langue russe dans l’administration et l’enseignement. Ce sera l’étincelle de la révolte de l’est ukrainien. Kiev répondra par l’envoi de l’armée et des milices néonazies financées par des oligarques, dont le fameux Ihor Kolomoïsky qui inventera le groupe Azov. C’est une guerre civile entre Kiev et les autonomistes qui commence, même si Moscou, qui n’a jamais envoyé ni troupes ni d’armes lourdes, leur apporte un parcimonieux soutien. Elle fera environ 14.000 morts dont les deux tiers selon des civils des zones autonomistes.

Biden, qui veut en découdre avec la Russie, a désespérément besoin de transformer cette guerre civile en guerre étrangère, et pour cela il faut que Moscou franchisse le Rubicon et qu’il envoie des troupes en Ukraine. La manœuvre est simple : il suffit donner l’ordre à l’armée de Kiev de balayer les républiques russophones de l’est et de reprendre la Crimée. Poutine entrera alors dans la danse pour deux motifs auxquels il ne peut pas se soustraire : protéger les Russes de souche de l’est et conserver la Crimée, porte d’entrée bicentenaire de la Russie en Méditerranée.

Les deux tiers de l’armée ukrainienne sont concentrés depuis des semaines en posture offensive, aux abords des républiques autonomistes. Elle comprend des unités d’infanterie, d’artillerie, de blindés et de génie. C’est Biden en personne qui déclenchera les hostilités, si l’on veut bien admettre que les Kiéviens ne sont pas assez fous pour provoquer l’ours russe tout seuls.

A partir du 15 février, les bombardements des territoires de Donetsk et Lougansk par Kiev entament une courbe de progression rapide. Les explosions sont dûment enregistrées par les observateurs de l’OSCE dont nul ne conteste l’objectivité. (Voir Osce Crisis Group) Elles prennent de l’ampleur jour après jour. Le nombre de frappes mensuelles du temps de la guerre civile était de l’ordre de 500 avant la prise de fonctions de Biden. De mars 2021 à janvier 2022, elles montent à 2.500 en moyenne, provoquant déjà des déplacements de population vers la Russie. Au mois de février 2022, elles vont dépasser les 8.000.

Le dos au mur, Poutine entame son intervention le 24 février, après lui avoir donné en deux un contenu légal. (Reconnaissance de l’indépendance des deux républiques, signature d’un traité d’assistance, réponse aux demandes d’assistance prévue par l’art 51 de la charte de l’ONU). Puisque guerre il doit y avoir, le Kremlin ne se contentera pas d’une campagne réactive. Il porte son effort simultanément sur plusieurs fronts, y compris sur Kiev, tout en alignant des effectifs si réduits qu’on ne peut pas détecter de bonne foi une intention de conquête ou d’annexion.

Si le plan de Biden se déroule conformément aux prévisions, il se double d’un plan médiatique d’une envergue et d’une densité sans précédent dans l’histoire. Le but est d’annihiler immédiatement toute opposition intérieure à la guerre et de conquérir les opinions en Occident où les media mainstream leurs messages aux mêmes sources. Pour parvenir à une maitrise complète de l’information, des flux massifs et permanents de messages ad-hoc à très haute densité émotionnelle inondent les différents segments de l’opinion. Pour bien faire l’Union européenne interdit tous les canaux d’information russes. Le choc de sidération par l’image, la vidéo, l’interview, le commentaire, sera d’une violence telle que toute expression de doute, toute interrogation, toute observation critique, sera une preuve de culpabilité propre à briser d’un coup la carrière de son auteur. Les plateaux télévisés réunissent jour après jour des participants strictement sur la même ligne, jusqu’à aujourd’hui. Quand Ségolène Royal faute, elle est mise à pied dans les 48 heurs par LCI. Olivier Todd avoue qu’il a attendu près d’un an avant d’oser dire ce qu’il pense en public.

Ce verrouillage n’a pas été obtenu en se croisant les bras. Par exemple, une équipe de chercheurs de l’École de science mathématique de l’université australienne d’Adélaïde, qui a eu accès aux bases de données de Twitter (elles peuvent être ouvertes aux chercheurs) durant les deux premières semaines de l’intervention russe, a pu étudier plus de 5 millions de tweets émis dans cette période.. Ses travaux publiés le 20 août 2022 montrent que sur les plus de 5 millions de tweets étudiés, 90.2 % provenaient de comptes pro-Ukraine, moins de 7 % de comptes étiquetés pro-russes, et que ces tweets avaient été conçus pour « susciter la peur et un niveau élevé d’angoisse. »

Cette campagne antirusse provenait de fermes de robots utilisant de faux comptes Twitter automatisés (60 à 80% des tweets). Elle avait été menée à un rythme intensif de 38.000 par heure le premier jour et 50.000 par heure le troisième jour, « comme si quelqu’un avait appuyé sur une interrupteur au début de la guerre » selon Peter Cronau.

L’emprise sur les media est une banalité en temps de guerre. Le but est d’unir un pays derrière ses chefs et son armée. Ce qui fait la différence ici, c’est l’ampleur des géographies couvertes par tous les types de véhicules. Les opinions de pays occidentaux hétérogènes par nature sont frappées par le même régime de transe émotionnelle. C’est ainsi que le pouvoir médiatique passe des gouvernements locaux aux autorités de Washington qui utiliseront indirectement les opinions intérieures locales pour faire pression sur les dirigeants alliés passifs ou récalcitrants. On connait les mésaventures de Scholz et de Macron avec leurs propres media. Ils ont tenté de se faire pardonner de leur relative réserve en dégarnissant un peu plus leurs arsenaux de Léopard, de Marder, de Caesar, de Patriot et de Mamba.

Le plan Biden est habile. Poutine est entré en guerre, le changement de régime à Moscou est semble-t-il sur les rails, les alliés marchent au pas de peur d’être en butte à leur propre opinion, ils s’auto-punissent un peu plus en adoptant des sanctions encore plus sévères que celles de Washington, et Kiev ne barguigne pas sur le sang ukrainien qu’il répand pour aller au bout de ses obligations de supplétif.

V – Le sabotage des tentatives de cessation des hostilités

Biden tient bien entendu à ce que la guerre dure de façon à rendre irréversible la fracture entre la Russie et l’Europe de l’ouest et épuiser son potentiel militaire. Mais très vite, l’engrenage guerrier va s’enrayer car ni les Russes, ni les Ukrainiens n’ont vraiment le désir de s’entretuer pour le compte du parrain d’Outre-Atlantique qui n’a pas engagé ses propres troupes dans le chaudron.

  • Ainsi, dès le lendemain de l’intervention russe Zelensky, en dirigeant responsable cette fois-ci, envoie des émissaires à Minsk pour parler avec les Russes. Il demande à Naphtali Bennett, alors premier ministre d’Israël, de tenter une médiation en se rendant à Moscou. Dans son interview du 4 février 2023, ce dernier révèle que: « [Zelensky] était convaincu qu’il y avait une fenêtre réduite dans laquelle un accord pourrait être conclu pour mettre fin à la guerre …j’avais l’impression qu’ils voulaient tous les deux [Zelensky et Poutine] un cessez-le-feu ». Du côté ukrainien, il avait réussi à obtenir une concession de Zelensky : revenir sur son intention de rejoindre l’Otan. Les discussions avancent, mais l’Amérique et les Européens ne l’entendent pas de cette oreille. « Tout ce que j’ai fait était coordonné avec les États-Unis, l’Allemagne et la France » poursuit Bennett, signalant sans critiquer la volonté des Occidentaux de « rompre les négociations… ils ont bloqué le processus de négociation…». 

En fait l’Europe et l’Amérique annoncent à l’Ukraine, en contrepartie à la poursuite de la guerre, des livraisons d’armes pour plusieurs centaines de millions de dollars. A chaque inflexion de Kiev vers la discussion et le compromis, les Occidentaux étoufferont le risque de paix avec des « paquets » d’armements plus sophistiqués et de plus grand pouvoir létal.

Biden a encore gagné, la guerre se poursuivra. Mais Zelensky, au pied du mur, a montré d’emblée qu’il se passerait bien d’une guerre avec la Russie, en prenant des risques avec ses redoutables amis nationalistes et ses donneurs d’ordres de Washington.

  • Une seconde alerte intervient quelques semaines plus tard. Les discussions ouvertes à Minsk sont suivies des pourparlers d’Istanbul sous de patronage de Recep Tayyip Erdogan. Encore une fois la négociation Ukraine – Russie est en passe d’aboutir : un projet d’accord est rédigé. Zelensky propose :
  1. La neutralité de l’Ukraine avec des garanties internationales ; il n’adhérera pas à l’OTAN ;
  2. L’engagement de ne pas tenter de reprendre la Crimée par la force et de faire des zones de Donetsk et Lougansk des « territoires séparés » ;
  3. Le refus de bases étrangères sur son territoire et le consentement de garants avant d’organiser des exercices militaires internationaux d’importance.

En échange, la Russie renoncera à la « dénazification » et acceptera l’adhésion de l’Ukraine à l’UE

Les anglo-saxons paniquent. Biden envoie Boris Johnson à Kiev pour refuser l’application de l’accord d’Istanbul sous peine de désaveu et de retrait de toute assistance. Il est probable que Bojo a proféré des menaces directes sur sa personne, et qu’il a promis que les armes les plus modernes couleront à flot en cas de rupture. Encore une fois Zelensky s’incline. Il a désormais compris à quel point ses marges de manœuvre sont limitées. Sa rhétorique va se modifier et il se posera désormais comme un jusqu’auboutiste, en phase avec les nationalistes et les néonazis qui l’entourent.

Le coulage des deux tentatives de compromis mettent en pleine lumière la responsabilité du pouvoir américain dans le déclenchement de cette guerre féroce. Désormais la voie est libre pour l’escalade que les néocons de Washington avaient planifiée. La guerre « jusqu’au dernier ukrainien, » qui coûte « peanuts » en regard de ses avantages, durera tant qu’ils le voudront.

A la fin de la première année de guerre, de la seconde année si l’on prend en compte l’année de préparation entamée avec le mandat de Biden, de la neuvième si l’on inclut la guerre civile consécutive au coup de Maïdan dont les affrontements actuels ne sont que le prolongement, Biden a réalisé au moins deux objectifs de ses visées planétaires:

  • L’introduction d’une rupture profonde et durable entre l’Europe occidentale, en particulier l’Allemagne, et la Russie ;
  • Le ralentissement de la modernisation de la Russie et de son affirmation dans les affaires mondiales.

Surtout l’axe vertueux germano-russe est effectivement rompu, et Nord Stream 1 & 2 gisent au fond des eaux, une illustration des méthodes du suzerain Yankee à l’endroit de ses vassaux indociles, aussi puissants soient-ils.

Le second volet de l’agenda planétaire américain sous Biden est de rompre aussi l’axe vertueux germano-chinois.

Biden n’y a jamais renoncé, malgré la mobilisation de son personnel de haut rang sur la guerre en Europe. Son action « anti germano-chinoise » s’est quand même développée avec une grande vigueur dans deux grandes directions :

  1. La dégradation des relations d’État à État avec la Chine. L’objectif est de créer une atmosphère irrespirable entre elle et les Occidentaux, très défavorable à la poursuite du commerce et de multiples projets économiques et technologiques, en pariculier avec l’Allemagne. Les provocations se sont enchainées à un rythme soutenu, marquées par les voyages de Nancy Pelosi et des membres du Congrès à Taïwan, la radicalisation de la mince faction indépendantiste taïwanaise, la multiplication des sanctions, la rupture brutale de la coopération dans les hautes technologies, et les plans de livraison d’armes à Taïwan.
  2. Les alliés de la zone indo-pacifique (Japon, Australie, Corée du sud, Philippines) sont incités à préparer une guerre présentée comme inévitable avec la Chine, qui suivrait son attaque imaginaire de Taïwan. Les alliés sont fortement encouragés à réduire leurs liens économiques avec elle, et à adopter des programmes de réarmement massifs à l’exemple du Japon tandis que Washington ouvre de nouvelles bases aux Philippines.

Après une année de tensions montantes avec la Chine, Washington est parvenue à crisper les relations de ses alliés du flanc est de l’Eurasie et d’Europe de l’ouest avec l’Empire du Milieu. L’approvisionnement et les chaines logistiques des uns et des autres sont hautement interdépendantes. On ne bouscule pas la structure des échanges internationaux d’un revers de manche. Les Américains vont peut-être prendre conscience de leurs limites et des conséquences de la fracturation du monde en blocs autonomes sur leur leur volonté illusoire d’hégémonie mondiale. Car repasser d’un monde multipolaire de facto à un monde unipolaire, c’est un peu comme faire rentrer le dentifrice dans son tube.

Biden n’a plus beaucoup de temps pour ériger sa propre statue et il semble vouloir prendre sa revanche sur les douloureuses avanies qu’il a subies comme vice-président. Il s’est engagé dans des politiques trop brutales à l’encontre de trop d’adversaires et de partenaires pour que l’issue de ses prises de risque ne soit pas plus cuisante qu’il ne l’imagine.

 

Source: Dialexis

Ukraine: une guerre non provoquée, vraiment? (partie 1)

Pourquoi Joe Biden avait-il tellement besoin d’une guerre en Europe centrale ? Voila une question incongrue.

Dans la guerre d’Ukraine, il y a un agresseur et un agressé.

C’est la formule imprimée dans l’écrasante majorité des cerveaux sur les deux rives de l’Atlantique nord.

L’image des troupes russes pénétrant en Ukraine le 24 février 2022, par le Nord, le Sud et l’Est, en fait une vérité irréfutable. C’est aussi l’argument principal qui légitime, coté occidental, de répondre  à cette « invasion injustifiée et non-provoquée » par des sanctions inédites, par la mise au ban des nations, et demain par « une défaite stratégique ».

L’opération militaire russe a-t-elle surgi du néant ou a-t-elle un passé ? Était-elle vraiment non provoquée ? Tout est là.  Quand on pense la guerre en cours, il suffit d’ouvrir le champ de la lunette pour que le tableau se complique et que la pensée binaire peine à rendre la réalité. Or, comprendre l’engrenage qui a mené en un an d’escalade au seuil d’un face à face direct entre les puissances nucléaires majeures de l’époque impose d’aller au-delà des écrans de fumée de la communication de guerre.

C’est pourquoi il faut identifier objectivement les motifs et les attentes des principaux protagonistes que sont la Russie et les États-Unis, à partir des invariants de leur doctrine stratégique.

Comment les Russes expliquent-ils leur opération militaire spéciale ?

Parmi les « lignes rouges » et les mises en garde du régime russe à l’endroit des Occidentaux, on retient quatre motifs susceptibles de pousser les Russes à entrer en Ukraine le 24 février 2022 :

1) D’abord, Moscou avance le motif d’assistance aux populations des républiques de Donetsk et de Lougansk visées par une offensive imminente. Ce fût pour eux l’urgence principale. L’armée de Kiev est alors concentrée dans le Donbass depuis des semaines. Dès le 15 février ses bombardements de plus en plus intenses sont dûment enregistrés par l’OSCE. Il y a sur place des unités d’infanterie, de blindés, d’artillerie et de génie prêtes au combat. Deux offensives du même genre, impliquant aviation, chars, et infanterie, avaient été lancées par le régime en 2014 et au début de 2015. En février 2022, la suite naturelle de l’écrasement des deux républiques serait suivie par la conquête de la Crimée, porte d’entrée de la Russie dans les mers chaudes, annexée en 2014.

2) A partir de là, Kiev substitue une opération militaire à la solution coopérative de Minsk (2014/2015). Le règlement négocié entre les autonomistes et le gouvernement sous le nom d’accords de Minsk a été ratifié par le Conseil de Sécurité de l’ONU. Il stipule que des éléments d’autonomie culturelle et linguistique seront accordés aux populations du Donbass, au sein de l’Ukraine, moyennant une réforme de la constitution ukrainienne. Tout vient d’une loi adoptée par la Rada le lendemain du coup de Maïdan de février 2014, proscrivant l’usage du russe dans l’administration et l’enseignement.

Ainsi les autonomistes russophones auraient leur place en Ukraine, préservant l’unité politique et territoriale du pays. Les parties signataires de l’accord étaient les autonomistes et le gouvernement de Kiev ; la Russie, la France et l’Allemagne en étant les garants. Comme l’ont déclaré publiquement, Mme MerkelM. Hollande, le président ukrainien de l’époque Petro Porochenko et l’actuel Volodimir Zelensky, pour les Occidentaux comme pour Kiev, il n’a jamais été question d’appliquer ces textes pourtant exécutoires après leur validation par l’ONU. La négociation de Minsk avait en fait servi à bloquer l’offensive victorieuse des autonomistes en 2015 et à donner du temps à Kiev pour préparer une armée en mesure de régler par les armes le problème du Donbass.

Mi-février 2022, une fois la dernière offensive ukrainienne déclenchée, la Russie a beaucoup hésité avant de décider que cette fois, elle ne pouvait pas ne pas intervenir militairement pour protéger les Russes de souche et sauvegarder son contrôle sur la Crimée. La solution juridique consista à reconnaitre l’indépendance des deux républiques et de passer avec elles un traité d’assistance justifiant l’intervention russe.

3) Le troisième motif de l’entrée en guerre des forces russes est le refus catégorique de Moscou de voir s’installer un État hostile membre de l’OTAN – l’Ukraine –  à sa frontière la plus sensible. Cet État pourrait, comme en Roumanie et en Pologne, abriter des bases américaines de missiles capables de frapper Moscou en quelques minutes. En effet, Washington a déjà implanté en Roumanie et en Pologne, dans le cadre de l’OTAN, des systèmes mixtes de missiles anti-missiles et de missiles de croisière possiblement nucléaires (Aegis Ashore sur lanceurs Mk 41). Ces engins mettraient actuellement une trentaine de minutes pour frapper Moscou et l’arsenal stratégique russe. Implantés à Kharkov, sur des lanceurs hypersoniques, le délai serait réduit à 5 à 7 minutes. Moscou n’aurait pas le temps de distinguer entre missiles anti-missiles et missiles de croisière nucléaires. Tous les mécanismes de la dissuasion seraient alors annulés, ne laissant pas aux Russes d’autre choix que la contre-frappe nucléaire. Par ailleurs les missiles de « décapitation » américains dédiés aux cibles humaines, les États-majors politiques et militaires, devraient figurer dans la panoplie déployée sur les bases otaniennes, accroissant encore la vulnérabilité de la Russie.

4) C’est pour cela qu’elle a tant réclamé à la nouvelle administration Biden, dès son installation, la négociation d’un accord global sur l’architecture de sécurité européenne. Il fallait combler les failles béantes du dispositif actuel. Biden leur a systématiquement opposé des refus ou des réponses dilatoires. Le 17 décembre 2021, les Russes ont proposé non plus une conférence mais deux traités dûment rédigés pour ouvrir enfin le débat. Ils ont été écartés d’un coup de plumeau fin-janvier.

Dans le tableau de l’immédiat avant-guerre, il faut aussi prendre en compte les facteurs psychologiques. Selon l’historienne Annie Lacroix-Riz, l’Ukraine représente pour les Russes, ce qu’est non pas l’Alsace-Lorraine mais l’Île-de-France pour les Français. La voir devenir un pays radicalement hostile et le tremplin d’une agression possible était pour eux intolérable, et cela a sans doute contribué indirectement à  convaincre Poutine de franchir le Rubicon.

L’extension de l’OTAN n’était pas en soi un motif de guerre pour le Kremlin. Les Russes distinguent dans ce qui fut le glacis de l’union soviétique, les anciens pays du Pacte de Varsovie et les pays issus de l’explosion de l’Union soviétique en 1991, plus proches d’eux. Et parmi ces ex-membres de l’Union soviétique, ils sont particulièrement attentifs aux politiques des pays ayant fait partie de l’ex-empire tsariste, entrés dans l’Union dès le début des années 20, qui se sont séparés en 1991. Ce sont l’Ukraine, le Belarus et la Géorgie, les tampons stratégiques de  l’ouest et du sud-ouest du pays. Pour la Russie, l’entrée de la Roumanie ou de la Pologne dans l’OTAN est une chose, celle de l’Ukraine ou de la Géorgie en est une autre.

La volonté américaine d’intégrer l’Ukraine et la Géorgie dans l’OTAN dès 2008 était donc vécue comme très hautement provocatrice ; les Américains le savaient parfaitement. les Français et les Allemands aussi, et c’est pour cela que Merkel et Sarkozy avaient obtenu à ce moment-là de retarder leur adhésion.

La question de la sécurité européenne et celle des missiles anti-missiles ne pouvait se traiter aux yeux du Kremlin autrement que par des négociations. Mais le refus net de la nouvelle administration américaine créait un climat de tension extrêmement élevé. Du point de vue russe, les choses ne pouvaient en rester là. D’autant que depuis 2001 les États-Unis se retiraient des principaux traités internationaux de limitation des armements ABM, Open Skies, INF, portant sur les missiles, les anti-missiles et les têtes nucléaires. L’architecture du désarmement élaboré progressivement dès 1968, était démantelée. Seul demeurait valide jusqu’en 2026 le traité New Start. Il a été suspendu par la Russie le 21 février 2023 car les États-Unis demandaient à inspecter l’arsenal nucléaire russe (conformément aux termes du traité) sauf qu’ils avaient eux-mêmes précédemment refusé à la Russie une inspection de même nature.

Par ailleurs, il ne faut pas considérer que «  la démilitarisation et la dénazification » de l’Ukraine, présentées comme un objectif important coté russe, soient la cause de l’intervention russe. Ce sont davantage des objectifs donnés à une intervention décidée pour des motifs autres, visant à mettre un terme définitif à l’hostilité des gouvernements de Kiev.

En fin de compte, au cœur de la décision russe d’intervention, il y avait l’impératif de préserver l’existence des républiques autonomistes et de prévenir une catastrophe humanitaire. Le canon était en train de tonner, cela ne pouvait pas attendre. Pour Poutine, tout le reste du contentieux devait viser le compromis et rester dans la sphère de la diplomatie. 

Les véritables obsessions de Poutine étaient d’ordre intérieur : la natalité en Russie, la modernisation accélérée du pays, son intégration dans le marché mondial, et sa sécurité. La réussite de son programme était conditionnée par le maintien de la paix. Personne n’a jamais apporté des preuves de sa supposée volonté d’expansion impériale. Ce qui ne signifiait pas l’immobilisme. Les péripéties de la vie internationale imposent à un acteur influent de jouer un rôle dans les conflits en cours, en particulier dans son voisinage, en Syrie ou en Libye, dont Washington s’acharnait à changer les régimes. Cela signifie défendre des intérêts et non pas conquérir ou annexer. Depuis 2007, la Russie a refusé clairement de s’aligner sur Washington et elle a essuyé en retour pressions, vexations et provocations. Exprimer une volonté indépendante n’est considéré comme impérialiste que par les Etats-Unis qui ne souffrent pas la contestation de  leur hégémonie.

Il faut comprendre pourquoi le degré d’antagonisme américano-russe s’est régulièrement élevé à partir de cette date, au point de déboucher sur le très périlleux face à face actuel.

Comment les Américains perçoivent l’essor de la Russie et leur rôle en Eurasie

L’argumentaire officiel qui justifie l’implication des États-Unis dans la guerre d’Ukraine peut se résumer en quelques points :

  1. La solidarité des États-Unis doit aller au petit État soumis à une agression « injustifiée et non provoquée », qui bafoue ses droits souverains inscrits dans la Charte des Nations Unies ;
  2. Si on laissait la Russie régler militairement ses différends avec ses voisins, la sécurité de toute l’Europe serait compromise par les ambitions de Poutine, qui rêve de restaurer l’ancienne l’Union soviétique ou l’empire tsariste du 19ème siècle ;
  3. Laisser impunie l’agression russe compromettrait « l’ordre international libéral fondé sur des règles », aujourd’hui garanti par le leadership actif des États-Unis au service du monde libéral. L’époque actuelle serait caractérisée par un affrontement entre « démocraties et autocraties », la capitulation des démocraties en Ukraine étant hors de question.

Les deux premières explications américaines sont exclusivement polémiques. L’ambition impériale actuelle de la Russie est un mythe, ses options politiques et diplomatiques prudentes, comme les évaluations des renseignements, en attestent. Elle n’a ni l’intention ni les moyens de s’attaquer aux pays européens mais l’ambition de multiplier avec eux les échanges, les investissements et les projets de toute nature. Tous le savent.

Par ailleurs investir dans la guerre d’Ukraine près de 150 milliards de $ en un an, et prendre le risque d’une guerre contre la Russie, ne peut pas avoir pour seul motif la protection de l’intégrité d’un pays d’importance stratégique secondaire pour les Etats-Unis. Le prétendre est une fable. 

L’Amérique n’a pas la religion de la paix, loin de là. Elle est n’est restée en paix que 20 ans en 240 ans d’existence. Elle a mordu à pleine dents dans la chair des « petits », Panama, La Grenade, Saint Domingue, Cuba, le Guatemala … la liste est longue… jusqu’à la déposition du président Pedro Castillo au Pérou en décembre dernier.

Pour remettre la réalité des calculs américains sur ses pieds, on citera Barack Obama, qui s’exprimait en 2016 dans une interview bilan de ses deux mandats pour The Atlantic « S’il y a quelqu’un dans cette ville qui prétend que nous envisagerions d’entrer en guerre avec la Russie pour la Crimée et l’Ukraine orientale, il devrait s’exprimer et être très clair à ce sujet. »

Obama veut dire que seul un original pourrait avoir l’idée saugrenue d’un tel conflit. Et peut-être aussi que son second dans la hiérarchie de la Maison Blanche, en charge du dossier de l’Ukraine, Joseph Robinette Biden, est un homme dangereux.

On accuse Poutine d’agressivité à cause de son intervention militaire contre le président géorgien Saakachvili en 2008. Mais il réagissait à son initiative de bombarder l’Ossétie du Sud faisant plusieurs milliers de morts. Déjà la Russie réagissait à une guerre contre des populations russophones à sa frontière. Accusé de passivité, Obama répondait : « Poutine est allé en Géorgie sous le regard de Bush, en plein milieu de la période où nous avions plus de 100.000 soldats déployés en Irak. » Il trouve peut-être ridicule que l’on joue au bon Samaritain avec un couteau entre les dents, ou qu’il n’est pas habile de guerroyer sur deux fronts en même temps. En tout état de cause, l’Amérique, avec ses 800 bases militaires à l’étranger son budget de défense himalayen, est mal placée pour donner de leçons de pacifisme, que ce soit en l’Ukraine ou ailleurs.

Par contre, la troisième explication de l’implication des États-Unis dans le conflit d’Ukraine, comme défenseur de « l’ordre international libéral fondé sur des règles », renvoie à une doctrine dominante depuis Reagan au sein des élites du pouvoir. Replacée dans la conjoncture stratégique du mandat de Joe Biden, elle donne une interprétation plus plausible des risques que prend actuellement la Maison Blanche en Europe centrale.

1)     La vision stratégique américaine en politique extérieure

La perception de l’Amérique sur sa place dans le monde après l’effondrement de l’Union soviétique a été présentée de façon synthétique en 1997 par Zbigniew Brzezinski dans son fameux  « Le Grand Échiquier ».

Pour l’Amérique dit-il,  « l’enjeu principal est l’Eurasie. Et pour la première fois, c’est une puissance extérieure [l’Amérique] qui prévaut en Eurasie… cette situation n’aura qu’un temps. Mais de sa durée et de son issue dépendent non seulement le bien être des États-Unis mais la paix dans le monde. »  Brzezinski recommande donc de refuser aussi bien « le repli intérieur » que « l’apparition d’un rival ». D’autant que l’hégémonie américaine est superficielle. « Elle s’exerce par de multiples mécanismes d’influence, mais à la différence des empires du passé, pas par le contrôle direct. »

On peut résumer à partir de ces minces extraits le solide consensus des élites du pouvoir américaines :

  1. Perpétuer la domination des États-Unis sur l’Eurasie, donc sur la planète, est le but supérieur de la politique étrangère américaine ;
  2. Prévenir activement l’émergence d’un rival, c’est-à-dire d’une puissance concurrente (on pense à la Russie et à la Chine) ;
  3. Maintenir, sinon renforcer, la force d’influence américaine sur l’Eurasie, clé de la pérennité du monde unipolaire.

Brzezinski plaide ici pour que les Etats-Unis demeurent le pôle de puissance unique qu’ils sont devenus depuis l’effondrement de l’Union soviétique. Ce courant est ultra-majoritaire au sein des élites US. 

Face à lui, il n’y a que de rares conservateurs authentiques, obsédés par les risques de l’État-Léviathan et le niveau de la fiscalité. Ils n’aiment pas les dépenses militaires, terreau de l’impôt, ni les interventions extérieures qui s’achèvent en « guerres éternelles ». America first.

Pour les hégémonistes, le devoir c’est de tenir à l’œil les rivaux qui pointent l’oreille, la Chine, la Russie, mais aussi l’Allemagne dont les performances industrielles donnent des maux de tête à la Maison Blanche. Ils savent qu’il leur faut en priorité maintenir voire développer l’influence/emprise sur leurs points d’appui : les Européen à l’ouest de l’Eurasie et à l’autre extrémité, les alliés de longue date dans l’aire indo-pacifique (Taïwan, Japon, Australie, Corée du Sud, Philippines).

Sur les modalités de l’hégémonie (diplomatie, économie, guerre), les opinions divergent. Paul Wolfowitz, icone du néoconservatisme et architecte de la guerre en Irak de 2003, insistera sur l’élimination des rivaux potentiels avant qu’ils ne soient trop forts, sans exclure la guerre préventive. Aujourd’hui,  Robert Kagan, l’un des auteurs vivants les plus prolifiques de ce courant, théorise cette option sans mettre de gants.

A travers une interprétation personnelle de l’histoire des États-Unis des deux derniers siècles, Kagan développe la dualité entre « les guerres nécessaires » et « les guerres choisies ». La guerre nécessaire est la guerre pour la survie ; elle se situe au niveau des besoins primaires, quand un agresseur risque de conquérir le territoire national et de détruire les institutions en place. Pour lui, l’Amérique n’a jamais mené de « guerre nécessaire. » Même après Pearl Harbor les Japonais n’étaient pas une menace car ils n’imaginaient pas envahir l’Amérique, pas plus que Hitler malgré sa déclaration de guerre. Les États-Unis ont donc toujours fait des « guerres choisies » c’est-à-dire les guerres qu’ils ont voulu mener, sans avoir à traiter une menace directe pour leur existence. S’ils ont combattu, c’est pour façonner l’ordre international au gré de leurs intérêts et de leur hégémonie. D’où leur conviction d’être les seuls garants de l’ordre international libéral dans le monde.

Mieux, les États-Unis ont poussé leurs adversaires à déclencher des guerres qu’ils souhaitaient. Kagan est très clair : « [Les Américains] oublient les politiques américaines qui ont conduit les Japonais à attaquer Pearl Harbor et qui ont amené Hitler à déclarer la guerre ». La charge est inversée. C’est l’Amérique qui veut la guerre mais elle charge l’ennemi de la déclencher et d’en subir l’opprobre.

Cependant Kagan est mécontent des décisions des gouvernements de son pays. Il leur reproche d’avoir toujours trop attendu avant d’intervenir militairement, et d’avoir permis à leurs ennemis de prendre des forces et de s’affirmer alors qu’il eut été plus facile et moins couteux de s’en débarrasser au tout début de leur ascension. Sparte aurait dû attaquer Athènes bien plus tôt. Désormais, « …la question est de savoir si les États-Unis continueront à commettre leurs propres erreurs ou s’ils apprendront, une fois de plus, qu’il vaut mieux contenir les autocraties agressives à un stade précoce, avant qu’elles n’aient pris de l’ampleur et que le prix à payer pour les arrêter augmente. »

C’est là que se situe une divergence capitale entre les théoriciens hégémonistes de la politique internationale américaine. Ils se divisent entre « réalistes » et « interventionnistes » ou néoconservateurs. Les réalistes, aussi sensibles que les interventionnistes aux intérêts unipolaires des États-Unis, sont plus prudents. Ils mettent en garde contre les inconvénients des interventions extérieures en série ; elles sont très couteuses et il faut dépenser l’aide aux pays frappés. Elles peuvent générer des conflits en cascade, et leur parfum impérialiste entache l’image de l’Amérique. Finalement, les États-Unis ont une capacité d’intervention qui a ses limites. En témoignent les « guerres éternelles » en Afghanistan, en Irak, au Yémen, qui sont le legs amer des néocons.

De ce fait, des réalistes peu amènes envers la Russie comme Barack Obama, ont toujours mis en garde contre l’intervention des États-Unis en Ukraine. Ils soulignent que ce sujet est hyper sensible pour les Russes qui n’hésiteront pas à faire la guerre, avec de grands risque pour les États-Unis. C’est leur avertissement solennel, de Georges Kennan à Henry Kissinger, à Zbigniew Brzezinsky lui-même, et aux plus grandes figures de la guerre froide contre l’Union soviétique. C’est aujourd’hui la mise en garde de John Mearsheimer entre autres, et mezzo voce de l’armée via son chef d’état-major général, Mark Milley,  sans oublier la Rand Corporation, le think tank du Département d’État.

Mais aujourd’hui, pour les interventionnistes bien représentés par Robert Kagan, foin de l’équilibre des forces, foin des conférences diplomatiques, foin de quatre siècles d’influence des Russes. Dans le cas de l’Ukraine, on a trop attendu. « [les Américains] se sont à nouveau mobilisés pour défendre le monde libéral. Il aurait été préférable qu’ils le soient plus tôt. Poutine a passé des années à sonder ce que les Américains toléreraient, d’abord en Géorgie en 2008, puis en Crimée en 2014, tout en renforçant sa capacité militaire (pas bien, comme il s’avère). La réaction prudente des Américains à ces deux opérations militaires, ainsi qu’aux actions militaires russes en Syrie, l’a convaincu d’aller de l’avant. Sommes-nous mieux lotis aujourd’hui pour ne pas avoir pris les risques à l’époque ? »

Biden a parfaitement entendu le son de cloche des néoconservateurs qui imprègnent la politique étrangère de son administration, comme la féroce Victoria Nuland. Il n’hésitera pas, en tant que première puissance navale, à engager un face à face pour l’instant conventionnel avec la plus grande puissance terrestre, sur son terrain. Si Biden prend en connaissance de cause ces grands risques dont il n’ignore rien, c’est qu’il a des ambitions qui dépassent le face à face russo-américain. Entre les schémas théoriques et la réalité concrète, entre la doctrine et la vraie guerre, celle qui est en cours, il y a un gouffre. Si Biden a franchi ce gouffre, c’est que autres facteurs sont intervenus dans sa décision de recourir aux armes.

2)     Les chemins de la puissance allemande et l’achèvement de Nord Sream 2

Dans la logique de Brzezinski, la domination américaine sur l’Eurasie a pour condition première son emprise sur ses alliés à l’ouest et à l’est du continent, l’Amérique se situant géographiquement à l’extérieur. Or en septembre 2021, une nouvelle attendue avait traumatisé les experts de politique étrangère : le pipeline Nord Stream 2 était achevé et il était en attente de certification par les autorités allemandes. Pendant une décennie les Américains avaient tout essayé pour faire capoter ce projet. Intimidation, procès, pressions diplomatiques maximales, attaque des bateaux usines qui posaient les tuyaux. Il fallut toute l’obstination et l’habileté d’Angela Merkel pour le mener quand même à bon port.

Seymour Hersh raconte comment il allait être accueilli : « L’opposition au Nord Stream 2 s’est enflammée à la veille de l’investiture de Biden en janvier 2021, lorsque les républicains du Sénat, menés par Ted Cruz du Texas, ont soulevé à plusieurs reprises la menace politique du gaz naturel russe bon marché lors de l’audition de confirmation de Blinken comme secrétaire d’État. À ce moment-là, un Sénat unifié avait réussi à faire passer une loi qui, comme Cruz l’a dit à Blinken, “a stoppé [le gazoduc] dans son élan. »

Pourquoi ce pipeline enrageait-il autant le pouvoir américain ? Parce qu’il donnait à l’Allemagne l’opportunité de consolider une relation mutuellement très fructueuse avec la Russie. La puissante économie germanique pouvait ainsi compter sur des sources inépuisables d’énergie à des prix inférieurs au marché. Un cercle vertueux d’activité économique et de productivité était enclenché entre les deux colosses européens, faisant redouter Outre-Atlantique une concurrente coriace sur les marchés mondiaux. Et les velléités d’indépendance d’une Allemagne en pleine ascension envers son traditionnel parrain politique.
Les aspérités de la politique allemande de Washington avaient été clairement exposées par Georges Friedman, un expert en stratégie très proche de la CIA : « l’intérêt primordial des États-Unis pour lequel nous avons fait des guerres pendant des siècles, lors de la première, la deuxième et la guerre froide a été la relation entre l’Allemagne et la Russie, parce qu’unis ils représentent la seule force qui pourrait nous menacer. Et nous devons nous assurer que cela n’arrivera pas. » G. Friedman “… c’est cynique, immoral, mais ça marche“.

L’inquiétude américaine était renforcée par le tour que prenait la relation Allemagne-Chine. Si le modèle allemand trouvait ses ressources primaires en Russie, la dynamique de sa croissance était assurée par la demande chinoise. Là encore un cercle vertueux Allemagne-Chine, mutuellement bénéfique, fonctionnait à plein.

Les États-Unis étaient en train d’assister à un scénario cauchemardesque. L’Allemagne devenait un géant économique qui n’allait pas tarder à taper du poing dans les affaires internationales. Pire encore, par ses liens économiques et technologiques avec la Russie et la Chine, elle favorisait la montée en puissance de deux entités politiquement adverses. Ce n’était pas un rival stratégique de l’Amérique qui étaient en train d’émerger mais trois. La dynamique allemande, par son impact sur la Russie et sur la Chine, accélérait le processus de marginalisation relative de l’Amérique et minorait la force des anciennes relations d’influence qui avaient assis sa domination sur l’Eurasie.

Dans cette nouvelle configuration, il est impossible de programmer l’élimination successive des trois rivaux potentiels car leur dangerosité réside dans les rapports qui les lient entre eux. L’Amérique est face à un système unique, à trois têtes, mais dont l’Allemagne occupe le centre. La doctrine stratégique américaine commandait de disloquer ce système, donc de couper d’une façon ou d’une autre le bras russe et le bras chinois de l’Allemagne. Comment faire autrement pour paralyser le système à trois et, en même temps, contenir préventivement l’ascension de la Russie et de la Chine vers le statut de puissances autonomes, susceptibles de mettre en échec l’imperium américain dans les affaires du monde.

Le programme est copieux. Il faut reconfigurer des liens structurels établis au sein de l’Eurasie, en train de coaguler des savoirs, des ressources et des activités qui marginaliseront à terme l’actuel hégémon. Il n’y a pas d’autre voie aux yeux des néocons au pouvoir pour pérenniser le monde unipolaire hérité du krach soviétique de 1991. 

C’est bien ce que dit la doctrine, mais elle ne donne ni calendrier ni mode d’emploi. C’est là que les équipes réunies autour de Joe Biden vont faire preuve de créativité tout en s’appuyant sur de nombreux scénarios et jeux de guerres élaborés par les experts du deep state, pendant le mandat ennuyeux de ce Trump qui ne voulait pas embourber son pays dans de nouveaux conflits.

3)     Le choix du moment d’agir

Le choix du moment d’une guerre désirée mêle la détermination des hommes au pouvoir à l’aléa des circonstances.

Au premier rang, la personnalité de Joe Biden puisqu’il exerce le pouvoir et qu’il a autorisé dès son entrée à la Maison Blanche la séquence de décisions planifiées qui placent l’Amérique au centre de la guerre en cours. C’est un homme qui a consacré sa vie à la politique, et s’il est sujet à des pertes d’équilibre et des trous de mémoire, rien n’autorise à sous-estimer son expérience, sa détermination et sa vista. Ni à l’absoudre de son népotisme, de sa fourberie, et de sa vision du monde marquée par la cécité et la violence.

Biden a été le responsable du dossier de l’Ukraine comme vice-président. On ne peut pas lui reprocher de manquer de cohérence dans ses choix En janvier 2017, au moment de quitter sa fonction, il qualifiait déjà la Russie de « principale menace pour “l’ordre libéral international” » avec les mêmes mots qu’aujourd’hui.

Sa connaissance des milieux politiques et économiques ukrainiens (dans lesquels son fils Hunter a été notoirement actif) en fait un expert de ce pays et de ses mœurs. Il était le patron de Victoria Nuland lorsque celle-ci pilotait le coup de Maidan de février 2014 en s’appuyant sur le puissant courant ultranationaliste post-nazi de l’ouest galicien. Il supervisait aussi la politique ukrainienne, lors des offensives de Kiev contre les autonomistes de l’Est, lors de la signature des accords de Minsk et quand il a été décidé de doter l’Ukraine de forces militaires capables de soutenir une guerre.

Dès sa prise de fonctions, il était en mesure de trancher entre les propositions de ses conseillers. Il n’a pas été manipulé par les équipes d’Obama qu’il a reconduites dans les postes officiels des affaires étrangères et du renseignement. Au contraire, il leur a imposé une voie très différente de celle son prédécesseur, celle qu’il avait lui-même tracée comme vice-président. La confirmation de Victoria Nuland (l’épouse de Robert Kagan dans le civil) comme numéro 3 du Département d’État, atteste de cette continuité.

La première urgence de la nouvelle administration est, on l’a vu, le destin du pipeline Nord Stream 2 prêt à l’emploi qui bouleverse tant le Congrès et la Maison Blanche. Dans les mêmes cercles, la seconde source de colère, c’est l’affirmation insolente de la Russie au Moyen-Orient, au point de figurer aussi en tête des questions à régler au cours du mandant qui commence.

En 2007, Vladimir Poutine avait prononcé à Munich devant les chefs d’état occidentaux un discours centré sur le refus du monde unipolaire hérité de la guerre froide, autant dire sur un refus de l’ordre américain. Par la suite, il avait mené une politique indépendante, très contrariante pour Washington en Géorgie en 2008. Enfin, à partir des années 2010, il avait contesté et mis en échec les projets américains dans leur arrière-cour traditionnelle du Moyen-Orient, en Syrie et en Libye. L’insolence russe confinait à l’humiliation avec le processus d’Astana (Kazakhstan) au cours duquel la Russie en compagnie  de la Turquie et de l’Iran traitaient du devenir de la Syrie sans accorder aux Occidentaux davantage qu’un strapontin. Bref la Russie se posait comme un joueur coriace sur le théâtre régional.

Brzezinski avait expliqué pourquoi l’Amérique ne pouvait le tolérer un rival, et les néoconservateurs démultipliaient son message, y compris pendant le mandat de Donald Trump, en accusant inlassablement Poutine des pires avanies, par exemple d’une intrusion imaginaire dans l’élection présidentielle de 2016. La Russie contestait la volonté américaine dans son pré-carré. Dans la logique de l’hégémonie cela ne pouvait pas durer.

C’est ainsi que Biden et ses équipes vont élaborer un plan particulièrement  audacieux. En une même manœuvre, d’un coup de billard à trois bandes, Biden va tenter de couper à l’Allemagne son bras russe tout en épuisant les forces humaines et matérielles de Moscou, et en même temps, de couper son bras chinois en pourrissant progressivement le climat général des relations de l’Occident avec la Chine. Le risque est immense pour l’avenir de l’Europe mais la partie est jouable car les personnalités transparentes de Scholz et Macron ne feront pas obstacle à l’engagement suicidaire du Vieux Continent dans une guerre qui n’est pas sa guerre.

Jean-Pierre Bensimon

La suite dans la Partie 2

Source: Dialexis

Bilan des pertes de guerre Russie / OTAN en Ukraine

S’agissant de bilans de pertes donnés par les États-majors, il faut toujours être très prudent compte tenu de la propagande de guerre menée par les deux camps pour ne pas affoler les populations. Toutefois, je vous communique le bilan ci après qui me semble tout à fait plausible parce que la disproportion entre les pertes ukrainienne et russe est tout à fait cohérente avec la disproportion des feux appliqués par chacun des camps à son adversaire.

Aujourd’hui, il y a consensus pour dire que la Russie à une supériorité des feux de l’ordre d’au moins 8 pour 1, que ce soit les feux d’Artillerie, les feux des missiles de croisière, les feux aériens air- sol et les feux sol-air de protection.

Il y a, en outre, supériorité aérienne Russe et supériorité écrasante russe dans la guerre des drones. Cette supériorité permet d’accroître la précision et l’efficacité des feux de toute nature.

Rien d’étonnant à ce que l’écart des pertes soit de 1 pour 8 en faveur de la Russie parce que c’est le feu qui tue et qui détruit et que la disproportion du feu est de l’ordre de 8 pour 1 en faveur de la Russie.

L’édition turque de Hürseda Haber publie des informations sur les pertes de l’Ukraine lors de l’opération spéciale. Ces informations seraient basées sur des données du MOSSAD israélien. Ces bilans me semblent crédibles et sont probablement proches de la réalité.

Bien sûr, le site ORYX et les bla-blateurs de plateaux télé qui participent à la propagande ukro-atlantiste en évoquant les “effroyables” pertes russes vont en être pour leur frais. Les chiffres qu’ils évoquaient étaient d’ailleurs totalement incohérents avec le différentiel des feux tel qu’il est unanimement reconnu. N’importe quel militaire digne de ce nom pouvait s’en apercevoir…

Bilan des pertes évoqué dans la publication turque

Ukraine :

  • 157 000 soldats des Forces Armées Ukrainiennes et bataillons néonazis tués.
  • 234 instructeurs OTAN (États-Unis et Royaume-Uni) – tués
  • 2 458 combattants de l’OTAN (Allemagne, Pologne et autres) – tués
  • 5 360 mercenaires étrangers – tués
  • 234 000 blessés
  • 17 230 prisonniers
  • 302 avions
  • 212 hélicoptères
  • 2 750 drones
  • 6 320 chars et véhicules blindés
  • 7360 obusiers (systèmes d’artillerie)
  • 497 systèmes de défense anti-aérienne

Russie :

  • 18 480 morts
  • 44 500 blessés
  • 323 prisonniers
  • 23 avions
  • 56 hélicoptères
  • 200 drones
  • 898 chars et véhicules blindés
  • 427 obusiers (systèmes d’artillerie)
  • 12 systèmes de défense aérienne

Fait intéressant, ces données ont été rendues publiques par les médias turcs, mais avec une référence aux services de renseignement israéliens.

Source: Hurseda Haber ; Traduction : Sylvain FERREIRA

Qui est l’ennemi ? Réflexions de science politique par le Général Henri Roure

Une nation c’est avant tout une souveraineté revendiquée et défendue par un peuple. L’Histoire – toujours elle – nous rapporte la lutte des Français pour, tout à la fois, assurer leur unité, leur indépendance, leur dignité et faire prévaloir les principes dont ils se sentaient légitimement fiers et porteurs. Cette assurance reposait sur une étroite conjugaison entre gouvernement et peuple dans la certitude d’un destin. Elle impliquait la nature des politiques intérieure et étrangère. Les assauts partisans, souvent sévères, ne remettaient jamais en cause cette « certaine idée de la France » à laquelle se référa le général de Gaulle.

Divorce entre le peuple et ses dirigeants

Mais aujourd’hui se pose véritablement la question de cette osmose entre gouvernants et Français. Je récuse les raisons circonstancielles et simplement politiciennes, à la faible participation des citoyens aux différentes élections, alors qu’il est connu que notre peuple est un peuple politique.

Je suis persuadé qu’il y a, non pas du désintérêt, mais un constat d’incompétence porté sur la classe dirigeante. Il conduit à une hostilité latente, mais croissante, au système et à ses orientations et décisions. Si nous ajoutons à ceux qui ne votent pas, ceux qui se rallient à des partis contestataires, surtout de droite, je crois pouvoir affirmer, sans risque de me tromper, qu’il existe un abîme entre peuple et classe dirigeante. Celle-ci constituée en oligarchie, largement menée par la caste gestionnaire énarchique, adhère à des références étrangères diffusées dans des associations et organismes au service d’une conception unipolaire, donc américaine, du monde. Elle a été phagocytée par l’idéologie anglo-saxonne prétendant que les peuples doivent être dominés, pour leur bien, par la finance internationale aux mains des États-Unis d’Amérique.

Des dirigeants sous influence américaine

Elle est inscrite au club-relais de Bruxelles et à son club associé, l’OTAN, lui très directement dirigé par Washington. Dans cette aberration mentale, le citoyen devrait se muer en consommateur obéissant, les frontières devraient disparaître, les langues s’effacer devant la langue anglaise, les armées s’unifier sous la férule de l’OTAN, les production s s’organiser territorialement selon la volonté des banques et groupes d’intérêts étatsuniens, les monnaies, à moyen terme, s’éteindre au profit du dollar déjà monnaie de compte, ou de quelque provisoire succédané, et l’ensemble dit « occident » être dirigé par une camarilla essentiellement washingtonienne.

De nombreux faits et dérives contribuent à cette opération géopolitique : migration soutenue afin de noyer toute résistance nationale, insécurité pour apeurer et soumettre, valorisation des plus invraisemblables aberrations, et de la bêtise pourvu qu’elle sache hurler, acculturation sous forme basique, avec pour conséquence la perte de l’éducation, du rationalisme, du libre-arbitre et de l’approche religieuse chrétienne, endoctrinement médiatique associé à la désinformation, affirmations gouvernementales péremptoires et pourtant mensongères, négation de l’histoire, destruction de la famille et des mœurs…

En résumé les facteurs de la décadence sont rassemblés. Ils doivent par choix délibéré de nos gouvernants mener à l’extinction de la France et à l’inclusion du magma barbarisé qui en résultera, à un vaste ensemble sous-humain (selon l’expression de Richard Coudenhove-Kalergi, l’inspirateur des « pères de l’Europe »). Il sera évidemment manœuvré par la caste américaine ou américanisée.

Ce n’est donc pas seulement la France qu’il s’agit de sauver, mais l’homme dans sa grandeur et sa nature d’être pensant, car ne nous y trompons pas, si cette vision scandaleuse l’emporte chez nous et sur le continent européen, elle s’étendra inévitablement à l’ensemble de la planète, hormis la Chine et quelques pays notamment asiatiques. En cela les patriotes français, défenseurs de l’identité de la France et de la dignité des personnes, sont des humanistes, ainsi que je le démontre dans mon dernier livre Le patriotisme français est un humanisme[1]

Le lourd passif historique de nos “alliés” américains

Si nous nous libérons des entraves de l’instant et de la mémoire à très court terme et observons avec attention les méfaits des États-Unis envers notre pays, nous ne pouvons que ressentir un absolu effarement, suivi d’une grave inquiétude, au constat de la passivité des autorités nationales face aux débordements hégémoniques de ce pays. Elles ont pourtant été élues, en principe, pour défendre la France et maintenir sa dimension dans le monde. J’avoue qu’une sourde colère monte en moi lorsque je constate que nos dirigeants actuels la laissent rabaisser en acceptant sans réaction aucune, et même parfois avec complaisance, les prédations de ce pays violemment nationaliste et conquérant. Elles en viennent à le suivre dans ses aventures qui n’ont d’autre but, pourtant, que de satisfaire la xénophobie et l’hubris germano- anglo-saxon. Devrais-je qualifier cette attitude de collaborationniste et dire ainsi qu’il s’agit de trahison ?

Il est inutile de remonter loin dans le temps pour juger de la permanence de l’hégémonisme étatsunien. Après une tentative de Wilson relayant Théodore Roosevelt pour imposer les choix étatsuniens pour la paix, après la première guerre mondiale, heureusement brisée par Georges Clemenceau, cette volonté de domination n’a cessé de se renforcer depuis la Seconde Guerre mondiale. La chute de l’URSS lui a offert des terres d’expansion nouvelles et une outrecuidance sans limites. Souvenons-nous des porte-hélicoptères amphibies de la classe « Mistral » que la Russie avait commandés à la France en 2010. Sous la très forte pression des États-Unis, alors que les bâtiments étaient en construction, la France de François Hollande, en 2014, dénonça le contrat. Le prétexte pris fut l’annexion de la Crimée ou, plus honnêtement dit, la réintégration de la Crimée à la Russie son territoire d’origine, et son soutien apporté aux russophones pro­russes du Donbass que le gouvernement ukrainien malmenait. Guère plus tard, le 15 septembre 2021, toujours dans le domaine de la Défense, ce fut la dénonciation par l’Australie, sur l’instigation de Washington, du contrat de construction de douze sous-marins classiques par la France. La suite immédiate fut la conclusion d’un contrat avec les États-Unis et le Royaume-Uni pour la construction de sous-marins nucléaires d’attaque. S’agissait­ il d’une attitude amicale de notre allié d’outre-Atlantique et de notre allié d’outre-manche ?

L’Allemagne, satellite étasunien de l’Europe

Pour abréger cette énumération des mauvaises manières des États-Unis dans le seul domaine de la défense, il faut citer cette dernière intrigue ourdie, avec les Allemands, s’agissant du SCAF[2], programme initialement conduit par la France avec les Allemands et les Espagnols. Le désir de nos partenaires germaniques de bénéficier de transferts de technologie s’y est très vite manifesté. Mais surtout, au lieu de montrer leur volonté de coopération, nos voisins immédiats en Europe, pour renouveler leur flotte aérienne, ont décidé d’acheter des F18 américains plutôt que des Rafale français. Il ne fallait pas déplaire aux États-Unis. En fait, les Étatsuniens ont opté naturellement pour l’Allemagne comme alliée privilégiée dans leur politique de contrôle étroit de l’UE.

Pour la même raison ils soutiennent les débordements de madame Ursula von der Leyen, de famille davantage américaine qu’allemande, dans une politique terriblement alignée sur Washington. Berlin, en allié fidèle et intéressé, joue ce rôle de manière confondante, détruisant sans hésitation ce que les seuls Français, comme je l’ai déjà écrit, appellent le « couple franco­ allemand ».

Plus de SCAF, plus d’hélicoptère en coopération – l’Apache remplaçant le Tigre – plus de patrouilleur commun, mais une volonté d’aider à l’équipement des armées européennes avec du matériel étatsunien et d’élever des obstacles aux exportations françaises de matériel de guerre. Ajoutons, dans cette palette d’actions incitées hypocritement ou exigées brutalement par les États-Unis, la tentative de déstabiliser la gênante dissuasion nucléaire française, en proposant à Paris de la partager, tout comme de rendre tournant le siège permanent français au Conseil de sécurité des Nations Unies.

Dans la même perspective d’abaissement de la puissance française, se situe la récente proposition de Berlin d’étendre, au domaine strictement national de la sécurité, le vote au sein de l’UE à la majorité qualifiée. Si le gouvernement français acceptait d’aller dans ce sens, la France risquerait d’être entraînée dans des guerres contraires à ses souhaits. Sa politique extérieure et sa dissuasion nucléaire, censée défendre son indépendance et ses intérêts vitaux, n’auraient plus de raison d’être.

Hégémonie militaro-industrielle américaine

L’inspiration étatsunienne étant, bien sûr, derrière ces manœuvres…L’Allemagne ayant désormais l’ambition affichée d’être le premier partenaire militaire des États-Unis en Europe, ne peut rien leur refuser. A l’évidence la réintégration de l’OTAN par la France, en mars 2009, a eu pour conséquence l’aggravation de ces agissements. Conjuguée avec notre appartenance à l’UE, elle nous a fait perdre un énorme pan de notre souveraineté, nous a discrédités auprès de nos amis et nous a entraînés dans des aventures contraires à nos intérêts.

Ajoutons à cette politique délibérée, le grignotage de notre indépendance énergétique que nous avions acquise grâce au nucléaire. Le sabordage d’EDF, selon la volonté des Allemands, en est l’aspect le plus choquant. Il s’agit de permettre à des entreprises germano-américaines de déployer leurs investissements et leur dictature sur le prix de la plupart des sources d’énergie électrique. N’oublions surtout pas la vente de la partie noble d’Alstom à l’américaine General Electric, avec l’appui sans scrupule du président actuel et toutes les menaces qui pèsent sur nos entreprises de haute technologie.

Dans le cas d’Alstom, nous avons vendu aux Américains la fabrication des turbines des sous-marins nucléaires, de sorte que l’on ne peut plus produire en France de tels sous-marins sans une autorisation américaine » a déclaré Alain Juillet devant la commission Défense de l’Assemblée Nationale.

La prédation de ce pays sur la haute technologie française est apparue tellement évidente après cette affaire que le gouvernement français a été conduit à mettre un veto à l’achat par l’américain Teledyne du spécialiste de l’optronique pour la défense Photonis. Poussé par l’opinion la loi Pacte de 2019 est venue tardivement renforcer les pouvoirs du ministre de l’Économie dans le cadre de la procédure de contrôle des investissements étrangers.

Guerre économique

Les États-Unis savent utiliser les fractures entre pays et en leur sein, ainsi que le ralliement d’élites endoctrinées et serviles, pour imposer leur vision des choses et conforter leur domination. Mais l’outil de guerre n’est pas le seul domaine où l’impérialisme étatsunien cherche à imposer sa loi.

Au-delà de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), créé par le traité de Marrakech en 1994, qui semble ne plus suffire aux États-Unis pour maintenir leur domination financière et économique, ce pays a osé imaginer des lois à vocation extra­territoriale.

Ce dispositif juridique peut s’appliquer à n’importe quelle entreprise étrangère à rayonnement international. Il est patent, en effet, que ce type d’entreprise a été amené, inévitablement, dans son développement, à établir quelques liens avec les États-Unis. Ces lois concourent à l’établissement d’un système dictatorial sur des acteurs économiques, en dehors de tout rattachement territorial et national. Il s’agit d’une sorte de colonisation règlementaire, brutale, permettant d’asseoir davantage la puissance étatsunienne, en affaiblissant ses concurrents à qui elle impose son autorité.

Guerre juridique et extraterritorialité du droit américain

En une dizaine d’années, des milliards de dollars d’amendes ont été infligés aux entreprises et banques françaises abondant, de la sorte, le Trésor étatsunien au prétexte de liens avec des personnes et des pays jugés coupables d’activités terroristes par les États-Unis. Je me dois d’ajouter que les États-Unis, contrôlant les flux monétaires, détiennent les moyens de pression sur les esprits. Leurs fonds de pension, comme Blackrock et Vanguard, investissent certes dans l’économie, mais aussi dans les médias. 90% des médias internationaux sont détenus par neuf conglomérats médiatiques, eux-mêmes appartenant à ces fonds de pension. Ne nous étonnons pas, dès lors, de voir nos écrans envahis par les pires productions audio-visuelles de ce pays, dont rares sont les Français qui en comprennent les titres, d’entendre des braillements venus de ce désert culturel, ou de subir Halloween et toutes sortes de publicités en langue anglo­saxonne. La loi Toubon se voit ainsi contournée avec désinvolture et impunément, et la culture nationale subit une marginalisation avec l’appui de la pédanterie et de l’imbécilité de quelques-uns.

Guerre culturelle

Le but poursuivi est d’imposer des façons de penser, d’aligner les esprits sur le modèle basique étatsunien, de rejeter les cultures non-conformes et in fine, d’étendre le règne des États-Unis d’Amérique au monde entier et en priorité à l’Europe. Il est vrai que cette prétention démesurée à la supériorité intellectuelle est inhérente à l’idéologie étatsunienne reposant sur l’idée de destinée manifeste, confirmée par la doctrine de Monroe et son corollaire, et reprise par Zbignew Brzezinski, ancien conseiller de plusieurs présidents américains, dans le Grand échiquier.

Cette vanité, portée par les circonstances, s’était amplifiée dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le 28 mai 1946, la France exsangue, avait dû signer l’accord Blum-Byrnes, où notre pays s’engageait à ouvrir ses frontières aux produits étatsuniens. Les conséquences furent considérables. La contrepartie majeure à cet accord, fut un abandon du quota de films d’outre­ Atlantique diffusables en France, et la limitation à quatre semaines sur treize de l’exclusivité réservée au cinéma français. La suite fut immédiate. Dès la première moitié de l’année 1947, 340 films américains furent diffusés contre seulement quarante français. Grâce au cinéma, plus rien n’empêchait la puissance d’Hollywood de façonner les esprits français, de diffuser l’American Way of Life et la propagande de Washington.

Guerre de civilisation

Cependant tout n’est pas perdu. La France une fois encore survivra aux assauts qu’elle subit. Cet allié qui s’est mué en ennemi des nations et de la civilisation pourrait se voir prochaine­ ment défait et son orgueil fortement rabaissé. Par ses dérives il s’est exclu de l’Occident véritable alors que la Russie renaissante est sur le point de devenir le ferment de son renouveau.

À cet égard ce qui se passe en Ukraine pourrait être déterminant. Les États-Unis, l’UE et leur liaison militaire otanienne, courent très probablement à une défaite dans ce conflit que les États-Unis ont voulu et provoqué. La suffisance et l’aveuglement des Étatsuniens sont confondantes.

Dans nos écoles militaires – je suppose qu’il en est de même aux États-Unis – on nous apprend à analyser l’adversaire en toute objectivité et sous tous ses aspects. Il nous est enseigné de nous informer sur l’armement, l’environnement, la nature du terrain et le climat, comme sur les hommes et les chefs et nos ordres initiaux d’opération prennent en considération l’ensemble de ces facteurs. Il semble que leur complexe de supériorité ait aveuglé les stratèges américains et qu’ils aient commis l’erreur de sous-estimer l’adversaire. Il faut croire que ce pays ne tire absolument pas les leçons des guerres qu’il a menées et toutes perdues depuis la Seconde Guerre mondiale, qu’il n’a d’ailleurs pas gagnée seul, loin de là.

Ukraine: la guerre malgré nous

La France est impliquée dans un conflit où elle n’a aucun intérêt et où elle ne peut prétendre défendre la liberté alors que l’élite ukrainienne est notoirement corrompue et que la population n’est pas unanime pour affronter le frère russe et que ce territoire se trouve sous la domination de la diplomatie et des services anglo-saxons. La France macronienne fournit de l’armement au détriment de l’équipement de ses propres forces, perd ses investissements en Russie, fait subir à sa population une crise économique, énergétique et financière et voit les pays africains francophones devenir sensibles aux offres sécuritaires de Moscou, ce qui est – nul ne peut le nier – une conséquence directe de cette mauvaise politique de subordination à Washington.

Si nous nous attardons un instant sur ce minage d’un des facteurs de notre influence et de notre puissance et écoutons ce que disent nos amis africains, il est certain que les gouvernants français, s’ils étaient d’une autre trempe, auraient de quoi s’inquiéter. À l’évidence, des patriotes n’auraient pas laissé s’installer toutes les dérives et aberrations morales et sociétales que subit notre pays. En effet l’Afrique francophone justifie son éloignement de la France par le constat qu’elle fait de notre décadence. Il est naturel que les Africains se tournent vers les pays qu’ils reconnaissent dignes et respectables. Ne serait-ce que pour ce type de raisons l’OCS ne cessera d’étendre son influence.

La souveraineté est un facteur de paix

La France souveraine, je ne cesse de le répéter, peut s’appuyer sur quelques grands facteurs de puissance que conforte sa richesse intellectuelle, scientifique et économique : Le nucléaire et la dissuasion, l’outre-mer qui lui offre le second empire maritime au monde et l’amitié africaine dans l’ensemble plus vaste de la francophonie, le siège permanent au conseil de sécurité et le second réseau diplomatique au monde.

Si je résume, nos « amis » pillent notre potentiel technologique, veulent mettre un terme à notre rôle au sein des Nations­-Unies et subordonner notre force nucléaire à l’OTAN. Ils méprisent notre langue et notre civilisation et nous imposent des modes de vie en contradiction avec la morale et les usages français, nous éloignent de nos ressources et de nos partenaires traditionnels. Ils nous plongent, par leur dessein géopolitique maladif, avec l’appui de la classe dirigeante au pouvoir en France, dans une sévère crise économique. Nos politiciens, bien sûr, récusent leur responsabilité. Ils essaient par toutes sortes d’arguties de s’en dédouaner… Comment qualifier ceux qui agissent ainsi ?

La guerre en Ukraine, sera inévitablement gagnée par la Russie. Ce n’est pas un vœu, c’est une simple observation des faits. J’ose dire que ce sera un bien pour la France qui sera ainsi libérée des entraves otaniennes et européennes. Ces deux organisations internationales, à vocation totalitaire, auront montré à la fois leur fausseté et leur dangerosité, toutes deux inspirées dans leur action par les États-Unis d’Amérique. Ce sera aussi une autre défaite pour ce pays.

Si la France n’était pas dirigée par de petits personnages, peu réfléchis et mal instruits des choses de ce monde, notre pays pourrait profiter des moments qui arrivent pour s’élever à nouveau. La Russie n’est pas notre ennemie !

 

Henri ROURE Général (2S)
Secrétaire National à la Défense du CNIP

(sous-titres de Stratpol)


[1] Éditions Auteurs d’Aujourd’hui, Ed2A, juillet 2022, ISBN 978-2-37629-123-7.

[2] Système de Combat Aérien Futur.

Les laboratoires du Pentagone et la dépopulation

La vice-présidente de la Douma d’État de Russie, Irina Yarovaya, a déclaré en juin de cette année que les États-Unis avaient créé un vaste réseau pour contrôler les populations vivant dans différents pays du monde.
Ce réseau comprend des laboratoires de recherche qui mettent en œuvre des programmes biologiques militaires avec des fonds américains. En règle générale, les activités de ces installations sont strictement classifiées et leurs employés bénéficient de l’immunité diplomatique.
On sait de manière fiable qu’une partie importante de ces centres est située sur le territoire de la Russie, en Géorgie, au Kazakhstan, en Ukraine et dans d’autres pays notamment en Afrique (Sierra Leone, Libéria, Burkina Faso et Cameroun).
Le laboratoire le plus célèbre autour de la Russie est peut-être le centre de recherche Lugar, situé dans le village géorgien d’Alekseevka. Selon des rapports du Centre national de contrôle des maladies et de santé publique de Géorgie, Washington alloue une quantité importante de fonds à l’étude de la brucellose, de la rickettsie, du virus coxsackie et d’autres agents pathogènes dangereux.
Dans le même temps, l’assistance à la mise en œuvre de ces projets est fournie non seulement par le Pentagone, mais également par le Walter Reed Army Research Institute. Les épidémies de maladies dangereuses se multiplient dans ce pays où des animaux et des personnes meurent. Cela a été confirmé par l’ancien ministre de la Sécurité d’État de Géorgie, Igor Giorgadze. Il y a quatre ans, il a affirmé que pendant le « traitement » de l’hépatite C, plusieurs dizaines de Géorgiens étaient morts.
Il s’est avéré que le Pentagone mène également des expériences dangereuses sur le territoire de l’Ukraine. Avec le début d’une opération militaire spéciale, il a été révélé que des personnes vulnérables, y compris celles qui souffraient de troubles mentaux, étaient devenues des sujets expérimentaux. Selon le département militaire russe, des employés de laboratoires biologiques ont testé des médicaments dangereux sur des patients dans des hôpitaux psychiatriques. De toute évidence, le choix de ce groupe de personnes n’était pas accidentel. Ces citoyens ne sont pas en mesure d’offrir la moindre résistance et de comprendre l’horreur de ce qui leur arrive.

Les États-Unis, comme l’Ukraine nient leur implication dans ces crimes. Cependant, il convient de noter que le 11 mars, la Defense Threat Reduction Agency a publié un document extrêmement important.
Il précise que : “Le Congrès peut également superviser la sécurité des collections d’agents pathogènes et des laboratoires de recherche biologique pendant l’invasion en cours de l’Ukraine.”
Ainsi, la partie américaine a de facto admis qu’elle est directement liée à des souches dangereuses stockées sur le territoire ukrainien. Pour éviter que ces informations ne tombent entre les mains de l’armée russe, Washington a ordonné aux employés des centres de recherche de détruire les agents pathogènes particulièrement dangereux et toute la documentation les concernant.
Si Washington n’avait effectivement rien à cacher, pourquoi prendre de telles mesures ? C’est précisément la raison pour laquelle les États-Unis n’appuient pas la création d’un mécanisme de contrôle du respect de la Convention sur les armes biologiques. Ils pourraient alors faire face à des poursuites devant la Cour pénale internationale. Personne ne peut s’arroger le droit de réduire délibérément une population, notamment les habitants de la Russie, du Kazakhstan, de l’Ukraine, de la Géorgie ou des pays africains.

Dragomir Bojkov

Les causes monétaires de la guerre en Ukraine

Faisant suite à une première réponse à la tribune de Jacques Myard, voici une autre lettre d’un militaire, ancien diplomate ayant servi comme attaché de défense à Moscou, qui connait bien la Russie. Son analyse va bien au delà des motifs habituellement avancés pour expliquer ce conflit et aborde les raisons profondes de cet affrontement Occident / Russie:


Cher Monsieur le Maire,

Vous m’avez aimablement communiqué votre intéressant dernier message relatif à la guerre en Ukraine. Je vous en remercie. Voici, si vous me permettez, les réflexions qu’il m’inspire.

Vous écrivez :

La guerre en Ukraine évolue visiblement vers un affrontement direct entre la Russie et les États-Unis. Il est évident que Washington a armé depuis des années l’armée ukrainienne, formé leurs soldats, fourni tous les renseignements recueillis par la CIA et surtout par les écoutes effectuées par la NSA.”

Mais alors, pourquoi ne pas dire clairement toute la vérité, que vous faites opportunément ressortir ici, à savoir que depuis un certain temps déjà ce sont les États-Unis qui se préparent, de toute évidence comme vous le dites si bien, à la guerre contre la Russie?

Pourquoi ? Qu’est-ce que les Russes ont bien pu leur faire aux Américains pour que ceux-ci leur en veuillent à ce point, qu’ils leur en veuillent à mort, car c’est bien de cela dont il s’agit ?

Ce n’est bien évidemment pas du sort des habitants de l’Ukraine dont les Américains se préoccupent. Ils s’en moquent. Les Américains, comme toujours, ne se soucient que de leurs intérêts. Les Américains en veulent à mort à la Russie, que ce soit celle de Poutine ou celle d’un autre s’il venait à être remplacé, parce que ce pays, depuis une vingtaine d’années, a entrepris de se débarrasser de ses créances d’État en dollars.

Premier pays à l’avoir fait, d’autres, comme la Chine, étant également en train de le faire, elle s’est défaite de l’essentiel de ses bons du trésor américains, une centaine de milliards de dollars. En les remplaçant par de l’or ou d’autres devises jugées plus solides. Également, mais à un moindre degré, pour s’affranchir de l’abusive extra-territorialité de la loi américaine qui prétend s’appliquer à tout détenteur de sa monnaie de par le monde.

La Russie avait parfaitement le droit de faire cela. En 1960 le général de Gaulle, dont une resplendissante image illustre votre bureau au premier étage de votre mairie de Maisons-Laffitte, bureau que vous mettiez à ma disposition il y a quelques années quand j’y exerçais les fonctions de Conciliateur de Justice, le général de Gaulle donc, sur le conseil de Jacques Rueff, a fait exactement la même chose en exigeant de l’Amérique le remboursement en or des dollars détenus par la France (Or provenant en grande partie de la Banque de France, évacué en catastrophe par les croiseurs français au printemps 1940 en zigzaguant entre les sous-marins allemands, et qui avait servi à financer l’armement des huit divisions de la 1ère Armée de la France Libre)

La Russie a fait cela car il y a largement de quoi mettre en doute la solidité de la dette souveraine américaine, supérieure à 30.000 milliards de dollars, qui continue sans cesse de s’accroître (5 milliards par jour en moyenne), dette qui, matériellement, ne pourra jamais être remboursée en valeur. En face de cette dette, des créanciers qui tôt ou tard à l’échelle de la planète se rendront compte que leur créance sur l’Amérique est douteuse, pour ne pas dire irrécupérable.

Pour l’Amérique la volonté russe d’indépendance vis-à-vis de la monnaie américaine, car il ne s’agit pas d’autre chose, est considérée, non pas comme un geste inamical, mais comme une véritable déclaration de guerre, car c’est toute la suprématie mondiale dont l’Amérique jouit abusivement, par son dollar émis massivement sans contrepartie dont elle inonde la planète, appuyée sur une force militaire écrasante à laquelle personne n’est en mesure de s’opposer, qui est mise en cause.

Cette indépendance monétaire russe a toutes les chances de faire tache d’huile à l’échelle mondiale et pour l’Amérique c’est inacceptable. Elle a énormément à y perdre quand le monde se rendra compte qu’il est floué, abusé, volé par l’Amérique avec son dollar de papier qui ne lui coûte rien mais avec lequel elle achète tout, elle corrompt tout, elle pourrit tout.

Il faut tuer la Russie !

C’est ce que depuis plusieurs années réclament à corps et à cri nombre de personnalités américaines, membres du Congrès, gouverneurs d’État, officiers généraux. Et pas la tuer n’importe comment, mais en bombardant, au besoin, la Russie à l’arme nucléaire, carrément, et en proclamant ouvertement cette volonté dans les médias. Et cela n’émeut personne. Et cela bien avant la guerre en Ukraine. Ce sont eux qui veulent délibérément la guerre.

Trois pays, dans les décennies passées, ont essayé de se débarrasser de leurs créances sur le Trésor américain, pour la même raison, à savoir des doutes sur la solidité du dollar, en voulant simplement consolider durablement, en la convertissant notamment en or, la richesse que leur procurent leurs revenus pétroliers : l’Iran, l’Irak et la Libye. Tous les trois ont été sauvagement écrasés. Comme les Indiens d’Amérique. Face aux États-Unis, ils n’étaient pas en capacité de se défendre.

Avec la Russie, c’est différent, cette capacité, elle l’a .

Les États-Unis ne peuvent pas attaquer de front la Russie comme le souhaitaient follement certains, non seulement parce que les Russes ont des bombes atomiques plus puissantes, en plus grand nombre, portées par des missiles plus rapides, non seulement parce que les Américains seraient passés pour l’agresseur aux yeux du monde, mais parce qu’en révélant à la terre entière la cause réelle de la guerre, financière et monétaire, ils auraient sûrement accéléré le processus, pourtant de toute manière inéluctable, à terme, de dédollarisation des économies mondiales, de révélation que le dollar est intrinsèquement une imposture.

Il fallait à l’Amérique trouver un moyen de faire la guerre à la Russie, sans passer pour l’agresseur. Ce moyen, elle croit l’avoir trouvé, en fomentant sur plusieurs années l’affaire ukrainienne.

Poutine est tombé dans le piège que lui a tendu l’Amérique, en agressant un pays au motif, réel, que des populations russes y étaient non seulement maltraitées (des milliers de morts civils en huit ans), mais aussi susceptibles de l’être plus encore à brève échéance (l’armée ukrainienne massée devant les provinces séparatistes sur le point de les attaquer).

On ne va pas “vers un affrontement direct entre la Russie et les États-Unis”. Cet “affrontement direct”, on y est déjà, et ce depuis le début. C’est ça, et pas autre chose, la guerre actuelle en Ukraine.

Il est absurde, ridicule même, de réduire à la personnalité de Poutine la responsabilité de cette guerre. Si Biden décide, si rapidement, de dépenser des sommes si considérables, des dizaines de milliards de dollars, pour mener cette guerre, par Ukrainiens interposés, c’est bien parce que ce qu’il y défend autre chose, inavouable, que le sort de ces pauvres Ukrainiens. On va voir comment Poutine, soutenu par quatre-vingt-dix pour cent de la population russe, va s’en sortir.

Les informations que l’on reçoit relatives à la situation militaire sur le terrain sont contradictoires. Pour certains l’armée russe avance lentement mais sûrement en prenant des positions que les Ukrainiens ne pourront pas reprendre, pour d’autres elle s’est enlisée et face à une armée ukrainienne déterminée et très bien armée par les Occidentaux elle finira par perdre, au mieux la face, au pire tout ce qu’elle a conquis.

En fait, que la Russie fasse au final la conquête, ou non, des “républiques sécessionnistes” de l’Est de l’Ukraine, ce n’est pas l’essentiel, c’est secondaire, au regard du motif réel de la guerre. Ce motif c’est le nécessaire écrasement, la destruction de la Russie, coupable de s’être attaquée à la suprématie du dollar, outil absolu de la domination hégémonique mondiale de l’Amérique.

Et comme il n’est pas possible de réduire militairement la Russie, l’Amérique a entrepris de la réduire financièrement par cette vague ahurissante de sanctions financières et monétaires draconiennes sans limites, se voulant dévastatrices, qui s’abat sur elle en ce moment, laquelle n’a rien à voir avec la guerre militaire en Ukraine, qui n’a servi que de prétexte pour déclarer cette guerre financière.

Cette guerre financière n’est pas la conséquence de l’agression russe, c’était le but recherché en faisant tout ce qui a été possible de faire pour pousser Poutine à commettre cette agression, comme Davy Croquett, le cow-boy du XIXème siècle héros de notre enfance, excitait les Indiens afin de leur faire commettre des exactions dont ils étaient “punis” en étant tous massacrés.

Comment la Russie va-t-elle faire face à cette guerre financière? C’est ça la vraie question, plus que la guerre dans le Donbass. Toute émotion légitime suscitée par les horreurs qui s’y passent mise à part.

La Russie a de vrais atouts pour faire face à cette guerre économique et financière

Comme elle en a eu face à Napoléon qui, au prétexte d’y importer les “valeurs” de la Révolution Française (sur la Place Rouge à Moscou il y a un socle de statue, sans statue, et s’il n’y en a pas c’est parce qu’il était prévu d’y mettre celle de l’empereur qui mettrait fin au servage en Russie, et comme cet empereur c’est Napoléon, on n’y a toujours mis personne…) , cherchait à obtenir de la Russie qu’elle ne se plie pas au blocus continental décrété par les Anglais depuis leur écrasante victoire à Trafalgar. Avec les Anglo-Saxons, la guerre est toujours, de près ou de loin, économique et financière.

Comme elle a su faire face au “Barbarossa” d’Hitler parti pour y conquérir un “espace vital”, mais qu’elle a su repousser au prix de dizaines de millions de morts, civils et militaires.

La bataille du Donbass dont les medias nous montrent chaque jour les abominables images, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg, l’autre partie étant la terrible bataille qui est engagée, quasiment à l’échelle planétaire.

Je pense que les Américains sous-estiment la capacité des Russes de résister à cette guerre qui sera longue et dure, pour tout le monde, y compris, bien évidemment, pour nous les Européens.

Il n’est pas certain que les États-Unis la gagneront, même s’ils sont les plus forts, presque en tout.

La Russie a des finances saines. Elle est peu endettée. Elle n’a pas de déficit budgétaire. Sa balance commerciale est excédentaire. Ce qui n’est pas le cas, et de loin, de tous les pays gravitant autour et sous la domination contrainte du dollar. Elle a dans à peu près tous les domaines la capacité d’être autonome, capacité renforcée au fil du temps par les “sanctions” précédentes. Sa “rupture” avec le monde, voulue par les Américains, elle l’est surtout avec les Occidentaux, eux-mêmes asservis au dollar. Les deux géants que sont la Chine et l’Inde, pour ne parler que d’eux, sont rétifs à ces “sanctions”. La communication de la Russie dans tous les domaines avec le reste du monde passera par eux, certainement, et se poursuivra, certainement aussi.

 

Espérons seulement qu’aucun des deux “fous”, Poutine et tout autant Biden, ne cédera à la tentation de recourir à l’arme nucléaire. Le pire n’est jamais sûr dit-on, heureusement.

Yves Maillard
Capitaine de vaisseau honoraire
Ancien attaché naval près l’ambassade de France à Moscou
Ingénieur en Génie Atomique (Armes)

Différence de leadership des armées de Russie et de l’OTAN sur le front ukrainien

Réponse à Monsieur Myard, sur l’affrontement Etats-Unis / Russie en Ukraine.

Si une bonne partie de votre analyse sur les risques de dérapage du conflit ukrainien me semble juste, je reviens sur la phrase: “Les renseignements fournis par les Américains ont été décisifs pour contrer l’avancée russe dont l’armée s’est révélée incapable de s’adapter, en raison de concepts militaires d’un autre âge.”

Ancien chef “Situation-Renseignement-Guerre électronique” de l’État-major Interarmées de planification opérationnelle, je ne partage pas du tout cette partie d’analyse qui repose sur une “appréciation de situation” inexacte qui est, en fait, la conclusion d’une prise de position atlantiste biaisée, visant à faire croire aux ukrainiens que la Russie est faible, pour pousser l’Ukraine à résister jusqu’au bout et lui laisser envisager, avec l’aide occidentale, une victoire. Voici mon argumentation:

Jusqu’à preuve du contraire, la Russie n’a pas déclaré de mobilisation partielle et encore moins générale de ses forces pour mener cette “opération spéciale”. Dans le cadre de l’Opération Z, elle n’a utilisé, jusqu’à présent, que 12% de ses soldats (des professionnels ou des volontaires), 10% de ses avions de chasse, 7% de ses chars, 5% de ses missiles et 4% de son artillerie. Chacun observera que le comportement des élites dirigeantes occidentales est, jusqu’à ce jour, beaucoup plus fébrile et hystérique, que le comportement de la gouvernance russe, plus calme, plus placide, plus déterminée, plus sûre et maîtresse d’elle même, de son action et de son discours. Ce sont des faits.

La Russie n’a donc pas fait jouer ses immenses réserves (réserves qui n’existent quasiment plus en UE). Elle dispose de beaucoup plus d’une semaine de munitions ainsi qu’elle le démontre chaque jour sur le terrain. Nous n’avons pas cette chance à l’Ouest où la pénurie de munitions, l’obsolescence des matériels majeurs, leur maintenance insuffisante, leur faible DTO (Disponibilité Opérationnelle Technique), l’absence de réserve, le manque d’entrainement des personnels, le caractère échantillonnaire des matériels modernes et bien d’autres éléments ne nous permettent pas d’envisager sérieusement, aujourd’hui, une victoire militaire de l’OTAN face à la Russie. C’est bien la raison pour laquelle nous nous contentons d’une guerre “économique” en espérant affaiblir l’ours russe.

Venons-en à la qualité du leadership militaire de la partie russe et comparons la à celle de la “coalition occidentale”.

Le 24 février, les Russes se sont lancés, dans l’urgence, dans une “opération spéciale” préemptive, précédant de quelques jours un assaut des forces de Kiev contre le Donbass.

Cette opération était spéciale parce que l’essentiel des opérations au sol allaient se dérouler dans un pays frère et dans des zones dans lesquelles une partie importante de la population n’était pas hostile à la Russie (le Donbass). Il ne s’agissait donc pas d’une opération classique de haute intensité face à un ennemi irréductible, il s’agissait d’une opération dans laquelle la technique du rouleau compresseur russe, écrasant les forces, les infrastructures et les populations adverses par l’artillerie (comme en Allemagne lors de la 2ème guerre mondiale) était impossible à envisager. Cette opération était spéciale parce qu’il s’agissait davantage, dans le Donbass, d’une opération de libération d’une population amie, otage des bataillons de représailles ukro-nazis, et martyrisée depuis 8 ans, opération dans laquelle les populations et l’infrastructure civiles devaient être épargnées autant qu’il était possible.

Cette opération était donc réellement spéciale et particulièrement difficile à conduire avec en permanence à l’esprit les exigences contradictoires d’obtenir la victoire en avançant et en occupant le terrain, tout en ménageant la population et l’infrastructure civile et la vie de ses propres soldats.

En outre, cette opération a été menée, jusqu’à présent, en infériorité numérique (près de un contre deux), alors que le rapport de force au sol requis en offensive est de 3 contre 1, et même de 5 contre 1 en zone urbanisée. Les forces kiéviennes ont d’ailleurs parfaitement compris l’intérêt de se retrancher dans les villes et de se servir des populations civiles russophones et russophiles comme bouclier humain…

J’observe que, sur le terrain, les forces russes continuent d’avancer, jour après jour, lentement mais sûrement face à une armée ukrainienne qui a réalisé sa mobilisation générale, qui est aidée par l’occident, et qui est sensée se battre pour sa terre…

Mettre en cause la qualité du leadership russe, engagé dans une opération militaire très complexe, menée en infériorité numérique, dans laquelle tout doit être fait pour éviter les dégâts collatéraux excessifs . me paraît être une énorme erreur d’appréciation. On prête aussi trop souvent aux russes, en occident, des intentions ou buts de guerre qu’ils n’ont jamais eu, juste pour pouvoir dire que ces objectifs n’ont pas été atteints.

Il est vrai que l’OTAN ne s’est jamais embarrassée de scrupules pour écraser sous les bombes les populations civiles des pays qu’elle agressait (souvent sous des prétextes mensongers), pour contraindre ces pays à demander grâce. (Serbie, Irak, Afghanistan, Libye, etc.). Plus d’un million de bombes otaniennes ont été larguées depuis 1990 sur la planète entrainant la mort directe ou indirecte de plusieurs millions d’individus dans l’indifférence la plus totale des opinions publiques occidentales.

Avant d’en arriver à l’examen du leadership occidental, pour comparaison avec le leadership russe, notons que l’OTAN a mis 78 jours de bombardement et 38 000 sorties aériennes pour contraindre la petite Serbie à demander l’armistice. Rappelons que la Serbie est 8 fois plus petite que l’Ukraine et 6 fois moins peuplée, et qu’elle était agressée par l’OTAN, sans mandat de l’ONU, dans un rapport de force de plus de dix contre un. Quelqu’un en occident s’est-il interrogé alors sur la qualité du leadership de l’OTAN qui a mis 78 jours à vaincre son adversaire serbe avec un tel rapport de force ? Quelqu’un s’est-il interrogé sur la légalité de cette action lancée sous un prétexte mensonger (faux massacre de Racak) et sans mandat de l’ONU ?

Je connais bien, pour l’avoir mesuré moi même aux USA pendant plusieurs années, la qualité du leadership US, qui est aussi celui de l’OTAN et qui, disons le tout net, n’est pas bonne, à quelques exceptions près. Pour tenter d’évaluer la qualité de leur leadership et les chances de victoire dans un éventuel conflit, les USA utilisent deux méthodes:

1 – Pour la guerre de haute intensité, les évaluations se déroulent dans un grand camp militaire situé dans le Nevada: Fort Irwin. 
Toutes les brigades mécanisées ou blindées de l’Armée de Terre US effectuent des séjours d’entraînement et de contrôle dans ce camp, à intervalles réguliers. J’ai eu le privilège d’assister à nombre d’entre eux. Après trois semaines d’entraînement intensif dans ce camp, avec tous les matériels majeurs, il y a un exercice en vraie grandeur pour conclure la période, avant que la brigade ne rejoigne sa ville de garnison. La brigade est opposée à un petit régiment équipé de matériels russes et appliquant la doctrine militaire russe. On l’appelle l’ OPFOR (Opposing Force).

Statistiquement, selon l’aveu même du général commandant le camp et directeur de ces exercices militaires de haute intensité, la brigade US perd la partie 4 fois sur 5 contre l’OPFOR russe. Rares sont donc les commandants de brigades américains qui peuvent se vanter de l’avoir emporté sur “l’OPFOR russe” à Fort Irwin.

Interrogé sur cette étrangeté, le commandant du camp nous déclarait toujours: “ce n’est pas grave, le commandant de brigade apprend de ses erreurs et ne les renouvellera pas en situation réelle”. On peut toujours rêver…

De mon point de vue d’observateur extérieur, les échecs des commandants de brigade US étaient tout simplement liés à leur formation qui consiste à suivre des schémas et des règlements à la lettre sans jamais en déroger, même si la situation se prête à la prise d’initiatives et/ou à des actions d’opportunité, en marge des règlements. Le “principe de précaution” ou “Zero defect philosophy” paralyse les leaders, retarde les prises de décision, coupe l’élan, et conduit très souvent à la catastrophe dans le combat de haute intensité.

A Fort Irwin, cette catastrophe est observée dans 80% des cas au détriment des brigades US. C’est un fait.

2 – Pour entrainer les États-majors, et tenter d’évaluer les chances de succès dans un éventuel conflit, des exercices d’État-major de haut niveau (War games) sont organisés chaque année. Ces wargames se veulent aussi, en fait, des répétitions d’actions militaires qui sont envisagées. Il y a, en bout de chaîne, des unités des trois Armées pour matérialiser les décisions prises par les États-majors US.

Il faut savoir que tous les wargames envisagés contre la Chine ont été perdus par le camp US, ce qui explique peut être la prudence des USA dans leurs relations avec la Chine.

J’ai moi même participé au printemps 1998 à l’un de ces wargames qui n’était autre que la répétition, avant l’heure, de la guerre d’Irak de 2003.

Il faut aussi souligner que des wargames contre l’Iran ont été perdus par la partie US et notamment, en 2002, le wargame Millenium Challenge. Cette année là, le général du Marine Corps Van Riper qui commandait l’OPFOR iranien a coulé l’ensemble d’un groupe porte avions US (19 navires) et 20 000 hommes en quelques heures, avant que le leadership US ne s’aperçoive de ce qui lui arrivait.

Je n’évoquerai pas ici les wargames contre les forces russes parce que je n’en connais pas les résultats.

Si l’on rajoute à tout ce qui précède toutes les guerres perdues par les USA depuis la guerre du Vietnam jusqu’au piteux retrait d’Afghanistan d’octobre 2021, on ne peut être que très dubitatif sur la qualité du leadership US, donc Otanien.


En conclusion, je dirai qu’il faut être prudent avant d’évoquer les insuffisances du leadership russe. Peut être conviendrait-il d’ôter la poutre qui obstrue les yeux du leadership occidental avant d’évoquer la paille que l’on peut trouver dans l’œil du leadership russe. Si le leadership russe a, aux yeux de certains, sous-estimé la capacité de résistance de l’Armée ukrainienne, le leadership occidental a sous estimé la capacité de résistance russe aux sanctions économiques occidentales et sa capacité à imaginer des contre-sanctions très efficaces qui vont mettre à mal les économies de l’UE et les affaiblir toujours plus vis à vis des USA et dans leur compétition avec la Chine.

Le leadership occidental a également sous estimé les soutiens sur lesquels pouvait compter la Russie dans la guerre économique qui lui est faite (soutien de l’OCS, des BRICS, de très nombreux pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine et même des pays du golfe, producteurs de gaz et de pétrole). Tous ces pays qui refusent de sanctionner la Russie sont souvent des pays exaspérés par l’hégémonisme du monde unipolaire occidental et par les sanctions qui leur sont unilatéralement appliquées au moindre écart de conduite par rapport aux règles fixées par les USA pour servir leurs intérêts.

Sur le plan militaire et dans la perspective d’une guerre nucléaire, les occidentaux gagneraient enfin à ne pas sous estimer les performances des vecteurs et des technologies russes.

Il faut être prudent avant de prendre pour argent comptant et de relayer les déclarations péremptoires et les analyses des services de renseignement occidentaux et garder à l’esprit la superbe déclaration de Mike Pompéo, ex Secrétaire d’État américain:

J’ai été directeur de la CIA et nous avons menti, triché, volé. C’était comme si nous avions eu des stages entiers de formation pour apprendre à le faire.

Pour ma part, je préfère partager/relayer le bel article du général Jacques Guillemain sur la crise ukrainienne qui me paraît rappeler quelques vérités toujours bonnes à entendre.

Général (2S) Dominique Delawarde

 

Géopolitique du gaz 2018

Différentes informations ont été publiées dans plusieurs médias, spécialisés ou non, sur le gaz naturel et les évolutions que l’on peut attendre dans les années qui viennent. Première information importante : la construction de Nord Stream 2 a commencé à la fois du côté allemand et du côté russe. On attend désormais la décision du Danemark, qui doit choisir entre gagner un peu d’argent par le passage du tube dans ses eaux territoriales ou se faire contourner dans sa zone économique exclusive, ce qui ne lui rapportera rien et qui ne peut être empêché. On peut donc penser qu’en privilégiant son intérêt propre, le Danemark acceptera le passage du tuyau dans ses eaux territoriales, à côté de Nord Stream 1, ce qui lui permettra de gagner un peu d’argent.

De facto, l’Ukraine perdra d’ici fin 2019 / début 2020 les 3 milliards de revenus que lui rapportait le transit de gaz, ce qui pour son PIB squelettique de 100 milliards de dollars représente 3 %. Cela inquiète notamment les américains, qui détiennent 80 % de la dette ukrainienne sur la capacité du pays à rembourser sa dette.

Au-delà de Nord Stream 2, ce qui est intéressant de souligner, c’est que la demande de gaz naturel, qui est une énergie bon marché, écologique, et finalement grâce aux russes facile d’accès, va voir sa consommation augmenter. On parle ainsi déjà en Russie de construire un Nord Stream 3. C’est à dire que la question de l’approvisionnement énergétique de l’Europe par le gaz russe n’a rien à voir avec la question ukrainienne. La grande erreur des stratèges ukrainiens (s’il y en a), polonais ou même américains, est d’ailleurs de ne pas avoir compris que Nord Stream, avant d’être un projet russe, est un projet allemand, qui est nécessaire à l’industrie allemande pour qu’elle reste compétitive, en ce sens qu’importer du gaz liquéfié des Etats-Unis revient à 20 % à 30 % plus cher.

Cette question du gaz américain s’est posée dans la bouche de Donald Trump. Là dessus, il faut relativiser. Jamais le gaz de schiste américain ne sera en mesure de satisfaire les besoins grandissants de l’Union Européenne et ce pour différentes raisons. D’abord, parce que les fournisseurs traditionnels de gaz qu’étaient la Grande-Bretagne et la Norvège voient petit à petit leurs réserves de gaz diminuer. A terme, il leur faudra donc trouver d’autres sources, alors que les russes, eux, viennent d’identifier des réserves astronomiques et se lancent également dans un projet de même sorte que celui de Yamal auquel a participé Total et pour lequel, rappelons-le, sur l’idée de feu Monsieur de Margerie, pas un seul dollar n’a été investi dans ce projet de 20 milliards. Il y a eu du Yuan, de l’Euro, mais pas de dollar.

Tout cela pour dire que rien ne pourra empêcher les projets russes de voir le jour, ce qui introduit un autre point : les russes vont concurrencer les américains sur le gaz liquéfié, notamment en Europe, ce pourquoi l’Allemagne va se doter d’un terminal de liquéfaction du gaz. Déjà parce que cela figurait dans l’accord entre Angela Merkel (la CDU) et la SPD ; mais aussi en Asie, puisque la Chine, en guise de contre-sanction envers les Etats-Unis a décidé de réduire le volume de gaz qu’elle achetait. Cela va poser un gros problème aux américains, puisque l’Asie était une des principales débouchées des Américains. Les Etats-Unis vont donc essayer d’écouler ce gaz en Europe et pour cela, il existe un terminal, celui de la Pologne, qui vient de signer un contrat pour une livraison de gaz de schiste pendant 20 ans sur son terminal qui lui a coûté cher et lui fournira du gaz par ailleurs 20 à 30 % plus cher que le gaz russe.

Cela dit, l’augmentation de la demande européenne en gaz est telle que même le gazoduc ukrainien pourrait être mobilisé, bien sûr par au même niveau qu’auparavant, pour transporter du gaz pour l’Europe.

A côté de ces routes, rappelons que le Turkish Stream qui remplaçait le South Stream qui devait ramener le gaz directement à la Bulgarie passera donc par la Turquie et pourra à terme livrer du gaz autour de la Mer Adriatique et jusqu’à l’Autriche ou l’Italie, pourquoi pas.

Dernier point qu’il faut souligner, le fait qu’il est probable que les réserves de gaz de schiste américain aient été surévaluées. Il faut noter que si on fait le rapport entre les importations et les exportations américaines, les USA exportent légèrement plus qu’ils n’importent. La demande américaine de gaz va rester élevée dans la mesure où il est plus rentable pour eux d’exporter ce gaz vers l’Europe ou surtout vers l’Asie depuis qu’Obama a donné son autorisation, puisque les réserves en hydrocarbures des Etats-Unis devaient rester concentrées sur le marché américain pour éviter l’augmentation des prix. Obama a donc donné l’autorisation au lobby du gaz et pétrole de schiste d’exporter au détriment du marché intérieur. Effet intéressant de cela : l’hiver dernier, Yamal a livré du gaz russe aux Etats-Unis. Deux containers de gaz russes ont ainsi été livrés aux Etats-Unis pour satisfaire leur demande intérieure.

Il faut voir aussi que les américains sont gênés par les réseaux du gaz, ce qu’explique très bien l’ouvrage de Bill Powers “Cold Hungry and in the Dark” où il fait un parallèle entre la crise gazière qui risque de frapper les Etats-Unis et celle de 1970 qui les a vraiment frappé au moment où une partie de leurs réserves s’est effondrée. Il explique ainsi qu’avec le boom du gaz de schiste qu’il considère comme artificiel, subventionné – ce serait donc une bulle, beaucoup d’infrastructures ont été construites au gaz et beaucoup de centrales au charbon ont été fermées pour donner la priorité au gaz. Or, si comme l’étude du MIT le suggère, les réserves ont été surévaluées, cela signifie que l’Amérique ne pourra plus exporter de gaz mais qu’elle devra même en importer, notamment de Russie, comme cela était d’ailleurs prévu en 2008 avant le boom du gaz de schiste.

Heureusement d’ailleurs que la Russie de Poutine a une vision raisonnable du commerce de gaz et qu’il n’est pas question d’employer le gaz pour faire du chantage vis-à-vis de ses clients. Quant à l’Europe de l’Ouest, elle ne peut que se féliciter du réseau de pipes qui a été construit dans les années 1980 et dont la construction se construit ; et d’avoir un partenaire qui n’a jamais fait faux bond et a toujours respecté ses engagements qu’est la Russie.

SOURCES

POUR ALLER PLUS LOIN

POWERS Bill, Cold Hungry and in the Dark

Le camp occidental à l’épreuve de l’arme économique : les leçons du CoCom

À peine la République fédérale d’Allemagne a-t-elle officialisé la construction du controversé gazoduc Nord Stream 2 le 16 mai 2018, que la Pologne et les États-Unis d’Amérique ont sans surprise fait part de leur opposition à ce projet. Ce gazoduc devant s’étendre sous la mer Baltique sur 1200 kilomètres pour relier la Russie à l’Allemagne, devrait assurer à cette dernière un approvisionnement de 55 milliards de m³ d’hydrocarbures russes par an tout en évitant à la Russie d’avoir à payer des frais de transit à l’Ukraine et la Pologne. Les autorités allemandes donnèrent le feu vert au projet en mars 2018, suivies par la Finlande en avril, les travaux débutèrent dès le mois de mai dans la ville de Lubmin.

Les représentants polonais et américains ont réagi avec une hostilité prévisible face à ce projet qu’ils avaient maintes fois dénoncé comme étant une « menace pour la stabilité européenne ». Ainsi, la rencontre entre le Ministre des Affaires Étrangères polonais, Jacez Czatupowitc et le secrétaire d’État américain Mike Pompeo le 21 mai 2018 fut l’occasion pour la Pologne d’aborder le sujet et notamment de s’assurer d’une éventuelle pression américaine sur les compagnies européennes impliquées dans la construction du gazoduc[footnote title=”1″]Les menaces de sanction visent particulièrement cinq entreprises : ENGIE, OMV, Royal Dutch Shell, Uniper et Wintershall, celles-ci ayant investi près de 950 millions de dollars dans la construction de Nord Stream 2.[/footnote] après que le représentant américain en Ukraine, Kurt Volker, ait fait part de l’intention des États-Unis de recourir à ces méthodes.

Dans un contexte de tensions croissantes avec la Russie placée sous sanctions et face à un éventuel recours à des moyens de rétorsion économique de la part des Américains, il convient de s’interroger sur les performances de « l’arme économique » à la lumière d’expériences antérieures. Ainsi cet article sera consacré à un sujet méconnu de la Guerre Froide à savoir le Coordinating Commitee for Multilateral Export Controls (CoCom), Cette organisation, fondée en 1949 et rattachée à une annexe de l’Ambassade des États-Unis à Paris, fut le fruit de débats houleux entre puissances occidentales pour contrôler les transferts technologiques vers le bloc socialiste qui en était dépendant.

Cette politique de « containment économique » et son instrument principal, le CoCom, furent maintenus à divers degrés tout au long de la Guerre Froide jusqu’à l’Arrangement de Wassenaar en 1994, et auront fortement impliqué les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN, non sans controverses constantes; l’enjeu portant sur une question délicate et lourde de conséquences : les États-Unis et leurs alliés pouvaient-ils se permettre de commercer avec l’Union soviétique ?

Si la question n’a jamais pu faire l’unanimité entre les parties concernées aux États-Unis, elle le put encore moins entre les membres du CoCom.

Stratégie visant à tempérer les Soviétiques pour les uns, ou risque de leur « vendre la corde » pour d’autres, chaque pays du CoCom va progressivement mettre en œuvre sa propre conception de ce commerce selon ses perceptions de sécurité nationale durant la Guerre Froide.

La présente analyse portera sur ces deux extrêmes entre lesquels le CoCom se retrouva tiraillé durant les années 80 dans un contexte de « guerre fraîche » marqué par la volonté américaine de reprendre la lutte anticommuniste sous l’impulsion du président Ronald Reagan.

Présentation de la Nouvelle Politique Economique de Lénine, Affiche d'époque

I/ Le commerce Est-Ouest, entre ouverture et confrontation

La lutte idéologique entre le camp occidental et le bloc de l’Est durant la Guerre Froide n’a pas consacré une rupture des relations commerciales. Le rapport de force était à première vue en faveur des Occidentaux. En effet, n’en déplaise aux tenants du mythe des miracles de l’économie socialiste, la Russie soviétique a toujours affiché une dépendance prononcée vis-à-vis des technologies occidentales qui furent indispensables à son développement comme l’ont démontrée plusieurs études, les plus notables étant celles du professeur Antony Sutton[footnote title=”2″]Voir sa trilogie Western technology and Soviet economic development publiée par l’Institut Hoover entre 1968 et 1973, dont les conclusions inquiétantes ont constitué la base argumentaire principale des opposants au commerce Est-Ouest.[/footnote].

À titre d’exemple, dans les années 20, la NEP[footnote title=”3″]La « Nouvelle Politique Économique » établie par Lénine en 1921. Celle-ci renonçait à un communisme intransigeant au profit d’un capitalisme d’État transitoire afin de redynamiser l’économie du pays qui avait périclité suite à la guerre civile.[/footnote] a permis l’ouverture de 350 concessions en Union soviétique encourageant l’implantation d’entreprises occidentales dont le capital technologique fut le principal, si ce n’est l’unique facteur de redressement économique de ce pays ravagé par la guerre civile. Les concessions furent ensuite supprimées par Staline pour recourir aux « accords d’assistance technique » accordant à certaines compagnies occidentales la possibilité d’apporter leur savoir-faire pour aider à la réalisation des grands projets industriels en Union soviétique. La période de la Détente, marquée par un apaisement des tensions et un relâchement des contrôles, fut l’occasion pour les Soviétiques d’acquérir une multitude de technologies occidentales au profit de leur potentiel économique…ainsi que militaire.

Comme l’avait jadis si bien résumé le professeur Carroll Quigley : « Des sociétés telles que la Russie soviétique, qui ont, par manque de tradition scientifique, démontré une faible créativité technologique, peuvent néanmoins constituer une menace pour la civilisation occidentale par l’usage, à immense échelle, d’une technologie presque entièrement importée de cette même civilisation occidentale »[footnote title=”4″]QUIGLEY C.;Tragedy and Hope; éd Macmillan; New York; 1966; p.15[/footnote].

Un bref descriptif de secteurs militaires clés soviétiques ayant bénéficié des transferts technologiques occidentaux, permettrait d’étayer ces propos ainsi que d’établir l’échec du CoCom et des espoirs de pacification à l’aube de la présidence de Reagan :

La flotte soviétique, la plus imposante au monde, était constituée à 60% de vaisseaux construits à l’Ouest, tout comme 80% de leur machinerie[footnote title=”5″]PIPES R.; Survival is not enough, Soviet realities and America’s future; éd. Simon and Schuster; New York; 1984; p.263[/footnote]. Les technologies furent obtenues auprès de la Burgmeister & Wain of Coppenaghen et Litton Industries[footnote title=”6″]STAAR R.F.; USSR Foreign Policies After Détente; éd. Hoover Institution, Stanford University; California; 1985; p.258[/footnote]. Ce furent certains de ces bateaux qui acheminèrent les missiles à Cuba et qui ravitaillèrent Haiphong en équipements.[footnote title=”7″]SUTTON A.; National Suicide, Military aid to the Soviet Union; éd. Arlington House; New York; 1973; p.256[/footnote]

L’industrie automobile fut érigée avec l’aide d’entreprises occidentales telles que Fiat et Ford entre les années 30 et 60[footnote title=”8″]HOLIDAY G. D.; Technology transfer to the USSR, 1928-1937 and 1966-1975: The role of Western technology in Soviet economic development; éd. Westview Press; coll. Westview Replica Edition; Colorado; 1979; p.114[/footnote]. Certains véhicules militaires, plagiats de modèles occidentaux, furent utilisés en Afghanistan et contre l’effort de guerre américain au Vietnam.

Les missiles soviétiques positionnés en Europe ont largement bénéficié du savoir-faire occidental notamment celui de l’entreprise américaine Bryant Chucking Grinder Company dont les roulements à billes ont accru la précision des tirs soviétiques et la menace qu’ils incarnaient pour la sécurité européenne[footnote title=”9″]STAAR R.F., op. cit.; p.264[/footnote].

Nous aurions pu rajouter à ce bilan les secteurs agricoles et chimiques, mais ces données suffisent pour établir que le commerce avec l’URSS, que certains avaient promu dans l’optique « d’adoucir » les Soviétiques, eut les effets inverses : l’Occident loin d’avoir acheté la paix a plutôt « vendu la corde[footnote title=”10″]GUSTAFSON T.; Selling the Russians the rope? Soviet Technology Policy and U.S. Export Controls; éd. Rand Corporation; Santa Monica; California; 1981; p.1[/footnote] ». En considérant les nombreux efforts aussi bien légaux qu’officieux que les Soviétiques déployaient pour se procurer en technologies, ce fut pour remédier à une véritable hémorragie technologique occidentale que Reagan voulut remanier le CoCom dont les défaillances appelaient à certaines rectifications.

Au regard de ce besoin obsessionnel des Soviétiques en technologies occidentales, on pourrait facilement être tenté comme Antony Sutton, de conclure qu’un blocage pur et radical des transferts technologiques auraient pu permettre de mettre l’URSS à genoux et ainsi précipiter la fin de la Guerre Froide. Toutefois cette vision relève de l’idéal tant le contrôle des technologies impliquait des considérations multiples qui transcendaient le simple recours à la coercition ou à d’autres mesures draconiennes.

II/ Des orientations américaines aux contradictions occidentales

Le contrôle des exportations est une initiative principalement américaine. À l’aube de la Guerre Froide les Etats-Unis en usèrent pour faire pression sur l’URSS à travers le « Control Act » en 1949, plaçant les biens exportés sous contrôle, mais aussi sur les pays occidentaux par le « Battle Act » en 1951 leur faisant perdre la protection américaine en cas de commerce avec le bloc socialiste. C’est dans ce contexte qu’apparu le CoCom[footnote title=”11″]À sa création, le CoCom comptait seulement 7 membres: les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la RFA, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg. Il fut ensuite élargi à 18 membres soit tous les membres de l’OTAN excepté l’Islande mais incluant le Japon.[/footnote], souvent comparé à un « club » ne reposant sur aucun traité ou accord et dépendant de la bonne volonté des États membres pour réguler les transactions technologiques vers l’URSS, les pays du Pacte de Varsovie et la Chine Populaire.

Le CoCom a établi trois listes de biens devant être soumis à des licences : les munitions, les biens nucléaires et les biens à « double-usage » tout en accordant des possibilités de « ventes exceptionnelles »[footnote title=”12″]LACHAUX C.; Le Commerce Est-Ouest; éd. PUF; coll. Que Sais-Je?; Paris; 1984; p.74[/footnote]. Enfin, il opérait selon deux notions anglo-saxonnes de guerre économique entre lesquelles il alternait selon la nécessité, à savoir l’effet de levier (« Leverage ») et « Linkage »[footnote title=”13″]LACHAUX C., LACORNE D., LAMOUREUX C.; De l’Arme Economique; éd. Fondation pour les Études de Défense Nationale; coll. les 7 épées; Paris; 1987; p.281[/footnote], le premier consistant à exploiter politiquement un avantage économique, tandis que le second revient à user d’actions économiques pour faire pression sur une cible.

Le contrôle américain sur les pays européens était certes bien établi à l’issue de la Deuxième Guerre Mondiale lorsque ceux-ci étaient trop exsangues pour se permettre de risquer de perdre la protection américaine, mais à mesure qu’ils opérèrent leur redressement économique, ils obtinrent une marge de manœuvre se traduisant par plusieurs écarts.

En effet, chaque pays membre s’était doté d’une conception propre du commerce Est-Ouest et d’une législation commerciale qui ne s’alignait pas forcément sur les directives américaines.

Ainsi la France, capitale des sympathies mondiales envers le communisme, recourait au commerce Est-Ouest afin d’affirmer sa souveraineté et se démarquer de l’hégémonie américaine. Le commerce avec l’Est bénéficiait d’un large consensus et le monde des affaires pouvait compter sur la bienveillance de l’État. Si la tendance était au laxisme jusqu’en 1981, la France, tout en renforçant ses contrôles, a préservé le souci de sa souveraineté.

Le Royaume-Uni, de par ses traditions commerciales, s’adonnait au commerce avec l’Est afin de subvenir à ses besoins économiques internes. Cependant l’arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher en 1979 marque un assujettissement à la politique américaine de contrôle.

La RFA constituait le maillon faible du CoCom. Cela est dû au fait que son commerce avec la RDA n’était pas considéré comme du commerce extérieur et occasionnait des fuites de technologies qui n’ont pas été l’objet de contrôles au sein du CoCom.

Le Japon enfin s’illustrait par son laxisme. La loi assurait la liberté d’exportation et les contrôles ne se limitaient qu’aux entreprises sur le sol japonais sans s’étendre à leurs filiales à l’étranger.

 Le commerce des pays membres du CoCom avec l'URSS et les pays du Pacte de Varsovie (source: RHOADES W. E.; CoCom, technology transfer and its impact on national security; Calhoun: The NPS Institutional Archive; 1989; p.127)Figure: Le commerce des pays membres du CoCom avec l’URSS et les pays du Pacte de Varsovie (source: RHOADES W. E.; CoCom, technology transfer and its impact on national security; Calhoun: The NPS Institutional Archive; 1989; p.127)

De par son caractère informel, les décisions prises au sein du CoCom ne revêtaient aucune forme contraignante vis-à-vis des États membres qui ont toute latitude pour appliquer les mesures du CoCom à leur convenance. Ainsi s’opposent deux conceptions de l’embargo : celle de sécurité (établir des contrôles stables) et celle de sanctions (selon les initiatives soviétiques)[footnote title=”14″]SEUROT F.; Le Commerce Est-Ouest; éd. Economica; Paris; 1987; p.68[/footnote]. Les États-Unis alternant par opportunisme entre les deux mais toujours en désaccord avec ses alliés. Si on peut admettre qu’il existait un consensus pour le contrôle des exportations de technologies stratégiques (non sans réserves de la part des pays européens), le principal litige porte sur la définition de « bien stratégique ».

Les listes de biens à placer sous contrôle ne peuvent donc faire l’unanimité parmi les membres du CoCom, les Américains suivant une démarche intransigeante, souhaitaient restreindre le commerce par des listes élargies, tandis que les Européens volontaristes préféraient préserver leurs liens commerciaux avec l’Est par des listes de contrôle limitées.

Les deux parties procédaient fréquemment à des accusations mutuelles d’hypocrisie, les Européens souhaitant défendre leurs intérêts économiques à l’Est et n’hésitant pas à remettre en cause les directives du CoCom au moindre empiètement de celui-ci sur leur souveraineté. Les Américains étaient en proie à une pression interne de la part de leurs industriels, ces derniers se sentant lésés par rapport à leurs concurrents européens bénéficiant de restrictions plus souples de la part de leurs pays respectifs

Ces éléments mettent en exergue un double paradoxe résultant d’une dépendance mutuelle: l’URSS bien qu’étant fortement dépendante des technologies occidentales est tout de même parvenue à se maintenir à niveau face au camp occidental, tandis qu’inversement, les pays et industriels occidentaux, bien qu’exposés à la menace soviétique, ont tout de même poursuivi voire défendu le commerce de technologies avec le bloc de l’Est en affichant une réticence opiniâtre envers toute injonction ou interférence américaine dans leurs activités économiques.

Un constat qui appelle sérieusement à relativiser les concepts libéraux inspirés de Montesquieu pour lequel « l’effet naturel du commerce est de porter à la paix »…

Reagan et Gorbatchev

III/ Les faux espoirs du renforcement des contrôles

Lorsque Reagan accéda à la présidence en 1981, la détérioration des relations américano-soviétiques avait déjà été consommée depuis Carter. L’invasion de l’Afghanistan en 1979 sonna le glas de la Détente et les États-Unis réagirent en prenant certaines mesures répressives.

En 1979 fut promulguée l’Export Administration Act (EAA) accordant au président un droit de regard sur les exportations suivi d’un embargo sur le grain en 1980. La politique de Reagan s’inscrivit dans cette tendance, constatant l’échec du « commerce pacifique » et concevant une nouvelle approche du commerce Est-Ouest à imposer aux membres du CoCom. Celle-ci s’aligna sur les recommandations faites en 1976 par le « Rapport Bucy »[footnote title=”15″]SHAMBAUGH G.,F.;States,Firms, and Power:Successful Sanctions in United States Foreign Policy; éd. State University of New York; New York; 1999; p.113[/footnote] insistant sur un contrôle prioritaire et sélectif quant aux technologies à « double usage » et limitant l’accès aux technologiques américaines aux membres du CoCom. La procédure se conforme également à l’approche du National Security Council (NSC) prônant un renforcement du CoCom, le besoin de convaincre les Alliés du bien-fondé des contrôles des exportations, des mesures collectives et une adhésion de l’Est à l’éthique commerciale de l’Ouest[footnote title=”16″]BERTSCH G., K.; American Politics and Trade with the USSR; in BERTSCH G., K.; Trade, Technology, and Soviet-American Relations; éd. Indiana University Press; Bloomington; 1985; p.258[/footnote].

La guerre économique paraissait être une opportunité dans la mesure où certains observateurs percevaient en URSS les prémisses d’un effondrement économique; le refus de transferts technologiques pouvait donc accentuer cette phase de déclin et acculer l’URSS vers des compromis en terme de consommation et investissement dont les effets pouvaient se conjuguer à la course à l’armement, infligeant à l’URSS le coup de grâce[footnote title=”17″]HALLORAN R.; Pentagon Draws Up First Strategy for Fighting a Long Nuclear War; New York Times; 31 Mai 1982, p.A1[/footnote].

Cette stratégie est issue de l’optique américaine selon laquelle les contributions technologiques au secteur industriel soviétique bénéficient par ricochet au secteur militaire[footnote title=”18″]Le Monde; Les Etats-Unis ont mis en garde leurs alliés contre l’utilisation par Moscou de la technologie occidentale à des fins militaires; 7 octobre 1982[/footnote], conception rompant avec la « compartimentalisation » adoptée par les autres pays du CoCom pour lesquels le secteur militaire est indépendant des technologies civiles issues du secteur économique[footnote title=”19″]MASTANDUNO M.; Economic Containment, CoCom and the politics of East-West Trade; éd. Cornell University Press; New York; 1992; p.241[/footnote]. Vis-à-vis des Alliés, les États-Unis vont alterner entre 2 tendances : les « multilatéralistes » et les « unilatéralistes » chacune prônant une posture distincte au sein du CoCom et qui vont inspirer la démarche à suivre à l’occasion de deux crises majeures.

La première est celle de la construction du gazoduc d’Urengoy, certainement l’exemple le plus représentatif d’une gestion calamiteuse d’embargo multilatéral issue d’une initiative unilatérale.

En réaction aux troubles survenus en Pologne en 1980, Reagan met ses menaces à exécution et décide en décembre 1981 de suspendre toutes les licences d’exportations portant sur les biens et composants censés assurer la construction d’un gazoduc sibérien[footnote title=”20″]FURFARI S.; Politique et géopolitique de l’énergie, une analyse des tensions internationales au XXIème siècle; éd. Technip; Paris; 2001; p.403[/footnote]. Il fallut cependant contraindre les membres du CoCom à suivre cette démarche. Le 18 juin 1982 l’interdiction est étendue aux filiales des entreprises américaines ainsi qu’aux entreprises étrangères produisant les équipements sous licence. Ceci avait engendré de fortes tensions avec les pays européens membres du CoCom dont les entreprises sont pénalisées par l’extraterritorialité d’une décision américaine, d’autant que ceux-ci voient Reagan paradoxalement lever l’embargo sur le grain[footnote title=”21″]LAVIGNE M.; Les enjeux du commerce est-Ouest; Le Monde Diplomatique; 1 septembre 1982; pp.6-11[/footnote] au profit des fournisseurs américains. Les gouvernements français et britanniques incitèrent ouvertement leurs entreprises à passer outre les directives de Reagan et leurs obligations vis-à-vis du CoCom, contraignant le président américain à lever l’embargo en novembre 1982. Le gazoduc sera finalement construit au profit de l’URSS.

Plusieurs conclusions sont à retenir de cette expérience : nous pouvons considérer cet incident comme la preuve que l’unilatéralisme américain est défaillant, plutôt que d’obtenir le soutien des Alliés, les Américains ont réussi à se les aliéner, ceux-ci considérant certaines variables (dépendance envers le gaz soviétique, intérêts économiques) comme prenant le pas sur leurs obligations envers le CoCom.

L’unilatéralisme s’étant révélé inapproprié à l’issue de cette crise, l’Administration Reagan se vit donc acculée vers le multilatéralisme pour renforcer, non sans peine, le CoCom après 1982.

Les États-Unis présentèrent au CoCom un triple projet : l’élargissement des listes de contrôle, le renforcement des sanctions et enfin le renforcement de la structure institutionnelle du CoCom. Les Européens n’étaient disposés à entreprendre une guerre économique qu’à la condition que les produits concernés aient effectivement une importance militaire. Ainsi, lors de la réunion de 1982, 58 produits sur 100 proposés par les Américains furent ajoutés aux listes. S’ajoutent l’année suivante l’application directe de contrôles pour les 10 biens prioritaires susceptibles de détournement et en 1984, l’interdiction d’exporter certains équipements de communication. Les États-Unis purent obtenir la création en 1985 d’un sous-comité (STEM) renforçant le poids des représentants de la Défense face à ceux du Commerce au sein du CoCom mais seulement après une série de compromis avec leurs partenaires occidentaux[footnote title=”22″]BERTSCH G. K., CUPITT R. T., ELIOTT-GOWER S.; in BERTSCH G. K.; International Cooperation on Nonproliferation Export Controls, Prospect for the 1990s and beyond; éd. The University of Michigan Press; Michigan; 1994; p.34[/footnote].

Ce développement multilatéral du CoCom suscita certes des plaintes croissantes d’officiels soviétiques, cependant ce succès relatif est à nuancer pour certaines raisons : ces renforcements sont limités à l’intérieur des frontières de l’Ouest et s’accompagnent de la réticence persistante des Européens ; les États-Unis ayant renoncé à l’unilatéralisme, étaient contraints de composer avec des partenaires peu disposés à suivre les nouvelles procédures sur le long-terme d’où de nouvelles plaintes venant de ces derniers qui percevaient les freins à la réexportation de technologies américaines comme une atteinte aux lois internationales. Ces contrôles internes ont finalement nuit à la volonté des pays du CoCom de coopérer, les Européens et les Japonais y percevant des velléités unilatéralistes inavouées des Américains.

Les failles de ce nouveau paramétrage seront mises à nu à l’occasion du scandale Toshiba-Kongsberg en 1987. Ces deux entreprises avaient vendu aux Soviétiques des machines-outils sous licence indispensables à la modernisation de leurs sous-marins nucléaires compromettant davantage la sécurité de l’Europe de l’Ouest[footnote title=”23″]À noter que Toshiba et Kongsberg n’ont agi de la sorte qu’après avoir constaté que leur concurrent français, Ratier-Forest, avait fourni des technologies similaires à l’URSS entre 1976 et 1979 en dépit des réglementations; le CoCom étant alors perçu par le gouvernement français comme « peu crédible ».[/footnote]. En réaction, le Sénat américain, par le Garn Amendment, a exigé la fermeture du marché américain à toutes les entreprises qui ne se conforment pas aux réglementations du CoCom en guise de sanctions. Paradoxalement, cette mesure fut désavouée par l’Administration Reagan qui craignait de voir les pays européens appliquer les mêmes restrictions à l’encontre des entreprises américaines en représailles. De surcroît, une telle initiative unilatérale n’aurait fait que compromettre le CoCom[footnote title=”24″]WRUBEL A. W.; The Toshiba-Kongsberg Incident: Shortcomings of CoCom, and Recommendations for Increased Effectiveness of Export Controls to the East Bloc; American University International Law Review; 4/1989(n°1);  p.264[/footnote]. Il fallut privilégier la voie multilatérale en coopération avec le Japon et la Norvège. Des sanctions à l’encontre de Toshiba et de la Kongsberg-Vapenfabrik furent bel et bien appliquées en plus d’un engagement accru du Japon dans le contrôle des technologies sensibles.

L’ampleur de cette crise décida les autres membres du CoCom à renforcer leur coopération avec les États-Unis au sein du CoCom. Ce revirement aurait pu être encourageant si, entre 84 et 89, la RFA n’avait pas à son tour manqué à ses obligations en permettant à la Imhausen-Chemie de construire des installations chimiques en Libye tout en négligeant de soumettre ses produits aux contrôle du CoCom avec la complicité silencieuse des autorités fédérales allemandes…

L’arrivée au pouvoir de Gorbatchev et l’apaisement des tensions avec les États-Unis qu’il va consacrer achèveront de convaincre Reagan d’assouplir sa politique de contrôle en 1986.

Reagan et Trump

Conclusion: de Ronald à Donald

L’expérience du CoCom est édifiante dans le contexte actuel puisqu’elle permet de relativiser le leadership américain parmi ses alliés sur le plan économique. Si la domination militaire et diplomatique américaine demeure une constante encore aujourd’hui au sein de l’OTAN, le domaine économique constitue le talon d’Achille de cette suprématie. C’est précisément sur le plan économique que toute l’hétérogénéité du camp occidental nous est révélée au grand jour, chacun des pays membres disposant de spécificités économiques particulières divergentes sur lesquelles peuvent buter les intérêts américains.

Donald Trump, ayant pris ses fonctions de président des États-Unis en 2016, se retrouvent confrontés à certains enjeux auxquels fit face son prédécesseur Reagan. Si le recours aux sanctions économiques à l’encontre de la Russie fut appliqué suite au rattachement de la Crimée à la Russie en mars 2014, les résultats mitigés, voire contreproductifs obtenus ne plaident pas en faveur de cette politique. Les relations économiques étant intrinsèquement mutuelles, les sanctions constituent des armes à double-tranchant pouvant mener à l’impasse[footnote title=”25″]DOMEIZEL C.; France-Russie: Les sanctions économiques sont-elles efficaces?; Geolinks; 27 novembre 2017 [en ligne]; http://www.geolinks.fr/geopolitique/russie-caucase/france-russie-les-sanctions-economiques-sont-elles-efficaces/; (page consultée le 26 mai 2018)[/footnote]

Ainsi, la partie occidentale de l’Union Européenne, notamment l’Allemagne, est plus soucieuse de préserver ses rapports économiques avec la Russie et par conséquent moins disposée à avaliser toutes les directives de Washington.

Face au gazoduc Nord Stream 2, les Américains peuvent compter sur l’appui des pays d’Europe de l’Est membres de l’Initiative des Trois Mers[footnote title=”26″]L’Initiative des Trois Mers est un nouveau cadre européen informel fondé à l’issue du Forum de Dubrovnik en août 2016 rassemblant 12 pays d’Europe du Centre-Est : Pologne, Croatie, Autriche, Lituanie, Lettonie, Estonie, Hongrie, République Tchèque, Slovaquie, Slovénie, Roumanie et la Bulgarie. Pour plus d’informations à ce sujet, voir sur Stratpol notre article: L’initiative des Trois Mers pour « Compléter l’Europe » : projet européen ou stratégie atlantiste ?[/footnote] dont les intérêts, comme l’a reconnu le général L. Jones de l’Atlantic Council, sont « davantage alignés sur la perception américaine du monde, que nos alliés traditionnels d’Europe de l’Ouest »[footnote title=”27″]RACHEL A.; Making the Three Seas Initiative a priority for Trump; Atlantic Council; 3 mai 2017 [en ligne]; http://www.atlanticcouncil.org/blogs/new-atlanticist/making-the-three-seas-initiative-a-priority-for-trump; (page consultée le 10 janvier 2018)[/footnote].

Quand bien même les États seraient amenés à coopérer dans une politique de boycott contre la Russie, les milieux d’affaires qui y sont implantés risquent fort d’affirmer leur désapprobation.

La Russie constitue un cas particulier dans l’approche des politiques de guerre économique. Qu’importe qu’elle ait été, selon Lénine, « un apanage semi-colonial du capitalisme » au temps du tsarisme, ou « un marché captif » d’après Antony Sutton sous le communisme. Ce pays a paradoxalement toujours su ranger cette dépendance économique et technologique prononcée envers l’Occident parmi ses atouts jusqu’à la rendre mutuelle.

Les perspectives économiques qu’offre la Russie et sa place incontournable sur le marché mondial susciteront immanquablement l’intérêt d’acteurs étrangers qui seront dès lors mus par  une volonté impérieuse de retour sur investissement. Plus les capitaux qu’ils consacreront à la Russie seront importants, plus ils seront réticents à toute politique de sanction susceptible de rendre la Russie insolvable et de compromettre leurs profits.

Ainsi, tout comme pour le gazoduc d’Urengoy, rien ne saurait garantir une annulation du projet de Nord Stream 2 prévu pour 2019 d’autant que les efforts américains pour obtenir l’annulation de Nord Stream 1 en 2012 se sont révélés infructueux.

Tout comme au temps du CoCom, rien ne saurait non plus assurer que la menace de sanctions à l’encontre de compagnies impliquées dans des projets avec la Russie pourrait les dissuader de poursuivre leurs activités d’autant que cette mesure a déjà été sèchement désavouée par les protestations de l’Allemagne et de l’Autriche en juin 2017.

La prise en compte des résultats mitigés du CoCom sous Reagan ne devrait-elle pas inviter Trump à plus de circonspection dans la tentation de l’usage de l’arme économique face à la Russie de Poutine?

Bibliographique sélective:
  • BERTSCH G. K. (sous la direction de); Controlling east-west trade and technology transfer, power, politics and policies; éd. Duke University Press; 1988; Georgia; 508 p.
  • BUCHAN D.; Incidences stratégiques du commerce est-ouest; éd. Bosquet; coll. Hermès; Paris; 1985; 169 p.
  • HANSON P.; Trade and technology in Soviet-Western relations; éd. Macmillan Press LTD; Hong Kong; 1981; 271 p.
  • HOLIDAY G. D.; Technology transfer to the USSR, 1928-1937 and 1966-1975: The role of Western technology in Soviet economic development; éd. Westview Press; Colorado; 1979; 225 p.
  • LACHAUX C., LACORNE D., LAMOUREUX C.; De l’arme économique; éd. Fondation pour les études de Défense Nationale; coll. Les 7 épées; Paris; 1987; 406 p.
  • LAÏDI S.; Histoire mondiale de la guerre économique; éd. Perrin; Paris; 2016; 576 p.
  • MASTANDUNO M.; Economic Containment, CoCom and the politics of East-West trade; éd. Cornell University Press; New York; 1992; 353 p.
  • OFFICE OF TECHNOLOGY ASSESSMENT; Technology and east-west trade; éd. Allanheld Osmun & co; New Jersey; 1981; 303 p.
  • PARROTT B. (sous la direction de); Trade, technology, and Soviet-American relations; éd. Indiana University Press; Bloomington; 1985; 394 p.
  • SANDBERG M.; Learning from capitalists, A study of Soviet assimilation of Western technology; éd.Almqvist & Wiksell International; Göteborg; 1989; 264 p.
  • SEUROT F.; Le commerce est-ouest; éd Economica; Paris; 1987; 174 p.
  • SUTTON A. C.; National suicide, military aid to the Soviet Union; éd. Arlington House; New York; 1974; 283 p.

Trump et Merkel au sommet de l'OTAN

Défense : l’Union Européenne face à ses contradictions

La discorde chez l’ennemi. Si Donald Trump avait voulu paraphraser de Gaulle en semant la zizanie parmi les Etats de l’Union européenne (UE) à l’occasion du 26ème sommet de l’OTAN, il n’aurait pu mieux s’y prendre.

En s’en prenant vertement à l’Allemagne, accusée d’être à la solde de Moscou, en pointant du doigt les Etats qui, toujours désireux de la protection américaine, refusent de consacrer plus de moyens financiers à leur propre défense, il a dressé les uns contre les autres les « Européens ». Britanniques, Polonais, Baltes, totalement alignés sur la ligne dure du Pentagone et du Département d’Etat vis-à-vis de la Russie, d’une part. Français, Italiens, Allemands et de nombreux autres Etats, soucieux de ménager la chèvre et le chou, de l’autre. Le camp des durs et des angoissés contre ceux des pragmatiques et des pacifistes.

Evidemment le terme d’ennemi est, à cette aune, exagéré lorsqu’il s’agit de décrire la vision qu’a Trump des « Européens ». L’Amérique tient pour ennemis ceux qui refusent son leadership. Ceux qui poursuivent, comme elle, un projet de puissance. Soit l’inverse exact des « Européens ». Ceux-ci se rêvent en grand marché, en référent commercial et juridique, en modèle de civilisation mondialisée, multiculturelle, multiraciale, multigender, libérale-libertaire en résumé. Rejetant avec horreur les notions de souverainisme et de nation, a fortiori de nationalisme, ils abhorrent la violence, aspirent à la sujétion vis-à-vis de l’Amérique, « ont toujours attendu de Washington un leadership, même quand il n’était pas au rendez-vous ou qu’il était mal avisé… », suivant les termes d’un tenant de « l’ordre mondial » américain[footnote title=”1″]“L’Amérique selon Trump”, Le Nouvel Obs[/footnote]. Ce ne sont pas des ennemis pour Trump.

Mais ce ne sont plus des partenaires, fusse de seconde zone, non plus. Ce sont à ses yeux des adversaires, remerciant les Etats-Unis de leur protection en leur taillant des croupières sur les marchés, des ingrats, qu’il convient de dresser. D’où la volée de bois vert infligée à Merkel, la menace –invraisemblable mais efficace- d’une rupture entre « Européens » et Américains, la division brillamment orchestrée, la réunion d’urgence convoquée aujourd’hui sur le contentieux des dépenses militaires.

Et l’on ne peut même pas en vouloir à Trump. D’un strict point de vue américain, sa position est logique.

Que veut l’Amérique depuis 1949 ?

  • Elle aspire à constituer le plus large rassemblement de vassaux, clients privilégiés de l’industrie de défense américaine, pour contenir la Russie aux marges orientales de l’Europe.
  • Elle souhaite disposer d’un grand marché européen ouvert à ses produits.
  • Elle entend exercer un leadership politique et commercial sans contestation parmi des Etats qui, estime-t-elle, lui doivent leur liberté et leur prospérité.
  • Elle n’a aucunement l’intention de parler d’égal à égal avec la « vieille Europe » de Rumsfeld, avec  des nains politiques et militaires.
  • Elle veut  donner le la, tant du point de vue diplomatique que militaire, tout en monnayant grassement sa protection.

Or, toutes proportions gardées, c’est à peu de choses près ce que veut l’Allemagne.

Celle-ci, bien entendu, n’a pas les aspirations mondiales de l’Amérique d’un point de vue géopolitique. Elle ne peut prétendre avoir joué le moindre rôle positif dans le climat de liberté dont bénéficient les Européens. Puissance militaire désormais négligeable, pacifiste convaincue, elle ne rêve pas de conduire une quelconque coalition à la bataille. Encore moins vers l’Est…

Mais l’Allemagne se veut elle aussi l’arsenal de l’Europe[footnote title=”2″]“Une défense européenne sous leadership allemand”, RT FRANCE[/footnote]. Se considère comme la nation qui, par son travail, sa discipline, sa rigueur, a conquis le rang de leader économique du continent et, à ce titre, dans un ensemble dont la réussite se mesure à la seule prospérité et l’identité au libéralisme, comme le leader tout court. On ne peut d’ailleurs tout à fait lui en vouloir. Nous avons tout fait, Français en tête, pour que l’orgueil allemand soit flatté. Du « miracle économique » aux louanges sans cesse tressées au « modèle social rhénan », nous n’avons eu de cesse de conforter Berlin dans sa vision de garant de l’orthodoxie budgétaire, de champion économique incontesté et, désormais, de premier de cordée.

Grisée, l’Allemagne a, naturellement, renoué avec ses rêves géopolitiques européens. Le casque à pointe et le mauser en moins. Depuis sa réunification elle a détruit la Yougoslavie en reconnaissant sans aucune concertation avec ses partenaires européens l’indépendance de la Slovénie et de la Croatie. Elle a patiemment, avec méthode, mis au service de son industrie les entreprises Tchèques, Slovaques, Polonaises. S’est octroyé  la première place sur tous les marchés d’une Mitteleuropa qui, dossier des migrants mis à part, lui obéit au doigt et à l’œil. A brisé la Grèce tout en tançant Italiens et Espagnols. Le Royaume-Uni presque sorti de l’UE, la France résignée, malgré les rodomontades jupitériennes de son Président, à son rang de second, elle se rêve désormais comme la patronne de l’Atlantique au Bug et, si possible, au Dniepr. C’est pour cela que Berlin a usé de tout son poids pour contraindre ses « partenaires » européens à prendre des sanctions envers la Russie en 2014. Pour cela qu’Angela Merkel n’a pas de mots assez durs pour condamner la politique de Vladimir Poutine. Pas –ou pas seulement- pour complaire à la Maison Blanche.

Trump et Merkel au sommet de l'OTAN Photo : Evan Vucci, Associated Press

Or Trump en est parfaitement conscient. Bien plus fin qu’on ne le pense fréquemment, il ne s’en est pas pris à l’Allemagne et à Angela Merkel par hasard. En businessman brutal, rompu au  rapport de forces et fin psychologue, il a choisi de donner une leçon à tous les « Européens » en prenant « bille en tête » celui qui se rêve leur patron. Et ses coups ont été d’autant plus efficaces que le jeu allemand est désormais lisible de tous.

Car l’Allemagne, si virulente envers l’impérialisme russe, ne fait aucun effort pour se prémunir d’une quelconque agression à sa frontière orientale. Forces armées en ruine, esprit de défense éteint, elle n’a aucune intention de consacrer le moindre euro supplémentaire à son réarmement puisqu’elle sait n’avoir rien à redouter de Moscou d’une part, que la coalition qui la dirige est profondément divisée de l’autre. Les Bavarois de la CSU, qui viennent de réinstaller le crucifix dans les bâtiments publics[footnote title=”3″]“Bavière, jour J pour les crucifix”, Le Point[/footnote], ont fait leur le combat conservateur de la Russie et n’attendent que le moment de pouvoir enfin commercer de nouveau librement avec cette dernière. Le SPD, dans la droite ligne de ses positions lors de la crise des Euromissiles, se refuse à tout effort budgétaire sur la défense sous la pression des Etats-Unis. L’Allemagne partage volontiers le souci américain de contenir la Russie le plus à l’Est possible. Mais à son seul profit et en gérant  ses relations avec Moscou au mieux de ses intérêts. Containment d’un côté, North Stream 2 de l’autre. A elle le leadership, aux Américains le battledress.

Trump ne peut admettre ce double jeu, cette stratégie indépendante, poursuivant ses seuls intérêts. Cela, c’est l’apanage de l’Amérique, celui des puissances qui comptent. Pas des seconds. On se rappelle de Reagan, rugissant contre les « Européens » achetant du gaz soviétique alors que l’URSS venait d’envahir l’Afghanistan. La logique est identique. Trump estime que les Allemands n’ont qu’à acheter du gaz américain pour satisfaire leurs besoins. Il n’entend pas laisser Merkel et les Français parler à Poutine, qu’il rencontrerait à Helsinki, au nom des « Européens ». L’échec des accords de Minsk sur le dossier ukrainien l’illustre parfaitement.

En recadrant l’Allemagne, Trump a mis les « Européens » au pied du mur et face à leurs contradictions. Soit vous voulez toujours d’une « Europe » insérée au sein d’un « Occident » sous tutelle américaine. Dans ce cas vous payez votre protection et obéissez aux directives. Soit vous voulez voler de vos propres ailes. Et vous en payez le prix.

On connaît le résultat. Méprisé, raillé, Trump, représentant de ces « hommes forts » déplaisant tellement aux âmes sensibles de nos médias, a gagné. Tancés, les « Européens » acceptent d’augmenter leurs dépenses militaires[footnote title=”4″]“Budget de l’OTAN : avant de quitter Bruxelles, Trump martèle son credo”, RFI[/footnote]. Pourquoi ? Pour rien sans doute. «L’Otan n’a probablement jamais été aussi performante qu’aujourd’hui sur le plan militaire », estime un observateur[footnote title=”5″]“OTAN, querelle d’argent au sommet”, Le Point[/footnote]. Mais que ne ferait-on pas pour ne pas avoir à prendre de difficiles décisions par soi-même… Eternelle adolescence européenne.

Elections présidentielles au Brésil 2018, Jair Bolsonaro ou l’envie de puissance brésilienne. Episode 2 : De la Tutelle des Etats-Unis à l’Ambition Internationale

Première Partie de ce Dossier : le Brésil et sa stratégie de puissance

2. De la Tutelle des Etats-Unis à l’Ambition Internationale
a) Une Alliance Historique

En dépit d’un ‘‘fédéralisme présidentiel’’ très inspiré de celui des Etats-Unis d’Amérique dans la Constitution du Brésil, c’est surtout le Positivisme d’Auguste Comte qui a influencé l’organisation politique du pays, y compris durant les intervalles autoritaires de l’Estado Novo (concept de‘‘Dictature Républicaine’’[footnote title=”41″]A ditadura republicana do Positivismo[/footnote]) ou des régimes militaires (qui reprenaient avant tout à leur comptela notion d’ordre dans la devise du Brésil ‘‘Ordre et Progrès[footnote title=”42″]Influencia do positivismo no Brasil[/footnote]). Le Brésil est (et demeure) également un pays très clairement civiliste[footnote title=”43″]Codigo Civil Brasileiro[/footnote].

Les Etats-Unis n’en furent pourtant pas moins la première nation à officiellement reconnaître son indépendance en 1824, la proclamation de la république en 1889, puis à l’appuyer dans ses premières démarches internationales[footnote title=”44″]Proclamação da República no Brasil[/footnote]. Les Etats-Unis sont toujours le second partenaire  commercial et le second investisseur au Brésil[footnote title=”45″]Os Principais Parceiros Comerciais do Brasil[/footnote], et ils constituent par conséquent un partenaire économique, politique et diplomatique incontournable.

Brésiliens et Étatsuniens estiment qu’il existe une vieille alliance tacite et non écrite entre leurs deux pays. De nos jours, la divergence de vue est néanmoins réelle quant à la signification profonde cette alliance. Les Étatsuniens veulent penser que les deux pays respectent assez scrupuleusement leur champs d’influences mutuels : influence globale pour les Etats-Unis, régionale pour le Brésil[footnote title=”46″]BRIGAGAO Clóvis, Brasil: relações internacionais com os Estados Unidos e a América do Sul. Relações Internacionais, Lisboa[/footnote]. Les Brésiliens, en raison d’un ‘‘track-record’’ de vexations et d’un interventionnisme régional récurrent de la part des Etats-Unis, ont pour leur part appris à être méfiants[footnote title=”47″]CHACRA Guga, O Brasil é aliado, amigo, rival ou inimigo dos EUA?, Estadao[/footnote]. Il est vrai qu’à la ‘‘Destinée Manifeste’’ des Etats-Unis[footnote title=”48″]LACOSTE Yves, « Les États-Unis et le reste du monde », Hérodote[/footnote], le Brésil continue d’opposer sa croyance en un exceptionnalisme propre et une vision du monde très autocentrée[footnote title=”49″]THERY Hervé, Le Brésil et le monde, Diploweb[/footnote].

b) Le XXème Siècle et le réalisme brésilien

Après avoir longtemps adopté une position de neutralité stricte, notamment durant la Première Guerre Mondiale (l’Allemagne était alors son premier partenaire commercial, suivi de près par la Grande Bretagne)[footnote title=”50″]Legislação Informatizada – DECRETO Nº 11.037, DE 4 DE AGOSTO DE 1914 – Publicação Original[/footnote], le Brésil fait preuve de beaucoup de pragmatisme vis à vis des EtatsUnis depuis la Seconde Guerre Mondiale. Ainsi Getulio VARGAS, dirigeant brésilien de l’Estado Novo, dont la doctrine politique aurait logiquement pu l’inciter à se rapprocher des puissances de l’Axe[footnote title=”51″]Estado Novo e Fascismo[/footnote], décide de rejoindre le camp des Alliés (après de nombreuses hésitations) en août 1942. Cette décision, triomphalement accueillie et fortement exploitée par ROOSEVELT, cache pourtant mal les préoccupations de politique régionale et économique que VARGAS avait derrière la tête : s’opposer frontalement à l’influence régionale du voisin et rival Argentin, ainsi que fonder la Companhia Siderurgica Nacional (CSN), champion brésilien de l’acier (aujourd’hui toujours numéro 2 de l’acier et leader mondial des aciers d’emballage[footnote title=”52″]Steel the prize, The Economist[/footnote]), qui allait fournir les Alliés jusqu’à la fin de la guerre. Les États-Unis ne se vantèrent jamais d’avoir fait pencher la balance sur la promesse de ce développement économique essentiel pour le Brésil[footnote title=”53″]Brasil relutou até entrar na Guerra ao lado dos Aliados[/footnote].

La Commission Nationale de la Vérité (‘‘Commissao Nacional da Verdade’’) instituée par la Présidente Dilma ROUSSEF en 2014[footnote title=”54″]site officiel[/footnote] a fini d’établir le rôle déterminant de la CIA et des Etats-Unis tant dans le coup d’état militaire de 1964 (‘‘Opération Brother Sam’’[footnote title=”55″]Brazil marks 40th anniversary of military coup, declassified documents shed light on U.S. role, Audio tape: President Johnson urged taking “every step that we can” to support overthrow of Joao Goulart U.S. Ambassador Requested Pre-positioned Armaments to aid Golpistas; Acknowledged covert operations backing street demonstrations, civic forces and resistance groups[/footnote]) que dans les répressions anti-communistes au Brésil entre 1964 et 1984 (‘‘Opération Condor’’, menée conjointement dans 8 pays sud-américains[footnote title=”56″]As garras do Brasil na Operação Condor, Sul 21[/footnote]). Il est assez remarquable de noter que les militaires brésiliens ne se démarquèrent pourtant pas de leur doctrine de développement national[footnote title=”57″]Evan Ellis, The strategic importance of Brazil, The Global Americans[/footnote] durant cette période, et qu’ils ne furent pas totalement aveuglés par des considérations idéologiques. Sans jamais dissuader l’investissement international, notamment Nord-Américain (directement et via le FMI), ils optèrent cependant durant la période dite du ‘‘miracle économique brésilien’’ pour un protectionnisme strict, qui fut renforcé après le premier choc pétrolier de 1978[footnote title=”58″]Vanini Felipe, A sobrevivência do modelo econômico dos militares, El Pais[/footnote]. Ils choisirent également, comme vu plus haut, de développer des champions nationaux autonomes et nombre d’infrastructures souveraines malgré l’omniprésence de leurs amis nord-américains dans le pays.

On notera avec intérêt que le Brésil n’a en définitive jamais rejoint aucune structure de commandement ou de collaboration formelle avec les Etats-Unis en matière militaire, ni durant la dictature, ni après. Le Ministère de la Défense brésilienne ne fait du reste pas mystère d’avoir toujours formellement refusé (et de refuser encore aujourd’hui) l’extension de l’OTAN à l’Atlantique Sud[footnote title=”59″]Brasil deixa claro: Não queremos a OTAN no Atlântico Sul. A Era Brasil já começou…,  Semper Guerra[/footnote].

c) L’émergence du Mercosul et la recherche du statut de Grande Puissance

Les relations diplomatiques privilégiées, le commerce et l’afflux d’investissement entre le Brésil et les Etats-Unis n’ont pas ralenti après la fin de la dictature militaire (1984), et il est même surprenant de voir à quel point des présidents tels que Fernando Henrique CARDOSO, de centre gauche, et surtout Lula DA SILVA, ancien syndicaliste radical, ont pu entretenir des rapports plus que cordiaux avec leurs collègues (même très conservateurs) de Washington (voir l’exemple de Lula et George BUSH Jr[footnote title=”60″]George W. Bush gostava mais de Lula da Silva que de Fernando Henrique Cardoso[/footnote]).

En coulisses, cependant, la naissance du principe du marché commun sud-américain (Mercosul) dès 1984/1985, puis sa formalisation en 1991 et son entrée en vigueur en 1994[footnote title=”61″]Mercosul, Encyclopédie Universalis[/footnote], répondirent aux impératifs de puissance du Brésil, qui fut sa locomotive et souhaitait s’affirmer en tant que véritable patron continental. Le Brésil voyait en effet d’un œil inquiet moins la validation de l’ALENA (marché commun nord américain) en 1993, que les velléités nord-américaines de son extension à un marché américain ‘‘total’’. Cette idée, dans la droite ligne de la Doctrine Monroe, faisait il est vrai son chemin à Washington dans les années 1990[footnote title=”62″]Clinton pour une extension de l’Alena, Libération[/footnote], mais le succès du projet intégrationniste du Mercosul dissuada ses partisans[footnote title=”63″]Etude comparée: Alena et Mercosur[/footnote].

C’est que dans les années 1990, le Brésil commence à affirmer son ambition de grande puissance mondiale, et à intensifier sa présence et son influence auprès de diverses institutions internationales (OMC, FMI, Banque Mondiale, Conseil de Sécurité de l’ONU, participation massive et commandement de la mission en Haïti MINUSTAH de 2004 à 2017[footnote title=”64″]La Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) a pris fin, Lignes de Défense[/footnote], etc). Usant d’une diplomatie habile à 180 degrés et de ‘‘soft power’’ pour maximiser leur influence et essayer d’en tirer des bénéfices économiques et politiques rapides, les Brésiliens effectuent depuis le milieu des années 2000 un travail intense de lobbying international afin de notamment changer les règles du Conseil de Sécurité de l’ONU et d’y obtenir un siège permanent[footnote title=”65″]Brasil pode ter assento permanente no Conselho de Segurança da ONU, acredita Vieira, Senado Noticias[/footnote].

L’analyse des Etats-Unis sur ce dernier point est cependant assez particulière: ils dénigrent très volontiers la démarche du Brésil, dont ils affirment publiquement qu’elle a moins pour objectif d’améliorer l’institution Onusienne que de servir les intérêts partisans et les aspirations de grandeur du pays[footnote title=”66″]La Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) a pris fin, Lignes de Défense[/footnote]. Pour les Brésiliens, qui souffrent d’un ‘‘narcissisme à l’envers’’[footnote title=”67″]THERY Hervé, Le Brésil et le monde, Diploweb[/footnote] chronique, il n’en faut guère plus pour exacerber l’idée que l’oppresseur US fait à nouveau preuve d’un paternalisme inacceptable[footnote title=”68″]Los Estados Unidos en la percepción de Brasil, La Honda[/footnote]. La création des premiers sommets à quatre BRIC en 2009[footnote title=”69″]BRICS, Encyclopédie Universalis[/footnote] (BRICS en 2011) fournira dès lors une alternative, certes non institutionnelle, au Brésil dans sa quête de reconnaissance dans un monde qu’il considère désormais multipolaire[footnote title=”70″]BRICS, Investopedia[/footnote]. Le Brésil n’a de surcroît toujours pas renoncé à l’attribution un siège permanent au Conseil de Sécurité[footnote title=”59″]Brasil deixa claro: Não queremos a OTAN no Atlântico Sul. A Era Brasil já começou…,  Semper Guerra[/footnote].

Photo : SIPA USA/SIPA

d) La dégradation des relations Brésil – Etats-Unis

Les relations entre Brésil et Etats-Unis ne prennent pourtant un tournant particulièrement négatif qu’au début de l’année 2011. En janvier, Wikileaks révèle en effet que les Etats-Unis pèsent de tout leur poids diplomatique, politique et économique pour interdire au Brésil de commencer à produire ses fusées et développer un programme de lancement de satellites sur le site de Alcantara. La version officielle nord-américaine, qui prétend alors publiquement que le transfert de technologie envisagé placerait la Russie plutôt que l’Ukraine en position de partenaire principal du programme spatial brésilien, suscite l’incompréhension de Brasilia[footnote title=”71″]Ucrânia recorreu aos EUA por foguete com o Brasil [/footnote].

Washington redoutait certes qu’un satellite étatsunien ou doté de technologie étatsunienne puisse tomber entre des mains (plus ou moins) russes, mais tout autant la concurrence directe d’un opérateur capable d’aligner des coûts de lancement très compétitifs (environ 30% de moins qu’aux Etats-Unis). L’opinion publique brésilienne retint surtout cet aspect des choses[footnote title=”72″]EUA tentaram impedir programa brasileiro de foguetes, revela WikiLeaks, O Globo[/footnote]. La révélation des moqueries de l’Ambassade des Etats-Unis à Brasilia à propos du ‘‘touriste spatial’’ brésilien Marcos César PONTES (premier brésilien dans l’espace en 2006 et héros national, qui rejoint la Station Spatiale Internationale à bord d’une fusée russe) finit de l’irriter.

Vint ensuite la retentissante affaire SNOWDEN. En juin et juillet 2013, le journaliste Glenn GREENWALD publie une série d’articles relatant les écoutes de la National Security Agency (NSA) dans le monde, dont celles de citoyens et entreprises brésiliens. Le gouvernement émet alors une protestation tiède[footnote title=”73″]Brasil é o país latino-americano mais vigiado pelos Estados Unidos, O Tempo[/footnote]. Le 1er septembre 2013, GREENWALD informe le public brésilien dans le journal ‘‘O Globo’’ que la NSA a mis en place un système ciblé et complexe d’interception des communications de la Présidente ROUSSEFF et de son entourage[footnote title=”74″]Brazil to U.S.: Explain spying, Politico[/footnote]. Dénonçant une ‘‘inacceptable violation de notre souveraineté’’[footnote title=”75″]Brazil Angered Over Report N.S.A. Spied on President, Simon Romero and Randal C. Archibold, The New York Times[/footnote], le Ministre de la Justice CARDOZO et son collègue des Affaires Etrangères convoquent l’Ambassadeur des Etats-Unis Thomas SHANNON à Brasilia. Ils lui annoncent que le Brésil ne se contentera pas d’une simple protestation officiell[footnote title=”76″]Documentos da NSA apontam Dilma Rousseff como alvo de espionagem, Globo[/footnote]. Malgré les excuses téléphoniques du Président OBAMA, Dilma ROUSSEFF annule purement et simplement au mois d’octobre 2013 son voyage officiel à Washington, le premier pour un leader brésilien depuis 1995[footnote title=”77″]Brazil Angered Over Report N.S.A. Spied on President, Simon Romero and Randal C. Archibold, The New York Times[/footnote].

Cette affaire suscitera une réflexion de grande ampleur au Brésil quant à la nécessité d’établir une véritable souveraineté numérique[footnote title=”78″]Voir à ce propos le travail réalisé à l’EGE par Margaux Walck, Julien Lapiz, Quentin Michaud, Sandra Azevedo, Julie Guérin en 2015 (‘‘Souveraineté numérique du Brésil’’)[/footnote], ainsi qu’une implication grandissante des entrepreneurs locaux de l’industrie du high-tech et des pouvoirs publics (convergence notamment avec les standards militaires et recours aux systèmes d’exploitation et logiciels ouverts[footnote title=”31″]Plano de migraçao para software livre no exército Brasileiro, MINISTÉRIO DA DEFESA EXÉRCITO BRASILEIRO DEPARTAMENTO DE CIÊNCIA E TECNOLOGIA DEPARTAMENTO GENERAL GOMES FREIRE DE ANDRADE[/footnote]). En découleront la création du ‘‘Code Civil d’Internet’’ et diverses initiatives destinées à protéger les données privées et à garantir la neutralité d’internet. Les brésiliens affirment  aussi dès lors leur volonté de s’affranchir de la tutelle de l’infrastructure des câbles sous-marins étatsuniens. Les résultats dans ce domaine demeurent limités, mais les ambitions spatiales du Brésil sont incontestablement liées à cette idée[footnote title=”79″]Para que serve o Programa Espacial Brasileiro?[/footnote].

L’affaire SNOWDEN aura de surcroît des répercussions sur la scène internationale. Madame ROUSSEFF prononce en septembre 2014 un discours très offensif à l’encontre des pratiques de la NSA lors de l’Assemblée Générale de l’ONU. Le journaliste GREENWALD qualifiera cette intervention de ‘‘plus courageuse que celle de tous les Chefs d’Etats et Gouvernements européens confondus’’[footnote title=”80″]Greenwald: “O Brasil ousou mais do que a Europa”[/footnote]. En 2014, le Brésil ne se prive pas d’émettre de grandes réserves à la formation d’une coalition menée par les Etats-Unis pour combattre l’Etat Islamique en Irak et au Levant, et garde un silence remarqué au Conseil de Sécurité suite aux évènements en Crimée[footnote title=”81″]Andres Oppenheimer: Brazil makes it hard to back key U.N. reforms, Miami Herald[/footnote].


Photo : Marcelo Camargo/FotosPúblicas

e) Le présent : retour spectaculaire de l’influence des Etats-Unis

Il serait simpliste et réducteur de penser que les relations entre le Brésil et les Etats-Unis, notamment dans la sphère militaire et militaro-industrielle, aient souffert autant que les effets de manche de Madame ROUSSEFF à l’ONU pourraient le laisser penser. Le retour sur l’avant de la scène (même rendu difficile par leurs récurrentes affaires de soupçons de corruption[footnote title=”2″]Ibope Divulga pesquisa sobre popularide de Michel Temer, Globo.com[/footnote]) de l’ex Vice-Président Michel TEMER et de ses proches au parlement de Brasilia, a ainsi rouvert la porte aux Etats-Unis sur un certain nombre de dossiers très révélateurs[footnote title=”82″]Temer recebe bem proposta da Boeing, Defesanet[/footnote].

Le Président TEMER, vieux briscard de la politique brésilienne, aurait selon Wikileaks joué le rôle d’informateur des services de renseignement de l’Ambassade US à Brasilia depuis denombreuses années (au moins depuis 2006)[footnote title=”83″]Wikileaks diz que Michel Temer atuou como informante dos EUA[/footnote]. On s’étonnera dès lors peu de sa rencontreinformelle avec le Président TRUMP en marge du sommet du G20 en Allemagne (juillet 2017), puis de son invitation à dîner à Washington de septembre 2017. Ce dîner, durant lequel Monsieur TEMER devait officiellement aborder le sujet de désaccords commerciaux[footnote title=”84″]Disputas comerciais devem tornar indigesto jantar de Temer e Trump[/footnote], eut une conséquence pour le moins étonnantes : une salve assez frénétique de projets de lois propices aux Etats-Unis et à leurs entreprises.

Profitant d’un Sénat pratiquement vide un soir de débats à rallonge[footnote title=”85″]SOBERANIA DO BRASIL. REQUIÃO DENUNCIA ENCOMENDA PARA DAR ESPAÇO AÉREO E EMBRAER AOS EUA. O QUE FALTA ENTREGAR?[/footnote], les alliés du Président font discrètement passer en novembre 2017 un projet de loi anodin qui contient une disposition ouvrant l’espace aérien brésilien à des entreprises privées étrangères[footnote title=”86″]Disputas comerciais devem tornar indigesto jantar de Temer e Trump[/footnote]. En mars 2018, le gouvernement fait adopter par ce même Sénat, malgré les vives protestations de quelques membres de l’opposition de droite et de gauche, un second projet de loi sanctionnant un accord international d’une durée de 20 ans entre le Brésil et les Etats-Unis : l’Accord sur les Cieux Ouverts (‘‘Acordo de Ceus Abertos’’)[footnote title=”87″]Senado aprova acordo de ‘céus abertos’ entre Brasil e Estados Unidos[/footnote].

Cet accord prévoit, par extension explicite de la loi de novembre 2017, qu’il existera désormais une libre-concurrence avec une interférence minimale des pouvoirs publics dans le transport aérien entre les deux pays. Il dispose encore d’un élargissement sans précédent de la ‘‘coopération scientifique et technologique spatiale’’, lequel permettra aux agences et entreprises étatsuniennes de s’implanter sur et autour du site de lancement brésilien d’Alcantara, ou encore à la société US Viasat de devenir fournisseur du Système Géostationnaire de Défense et Communications Stratégique (SGDC) brésilien[footnote title=”88″]Senado aprova acordo entre Brasil e Estados Unidos para uso pacífico do espaço, EBC[/footnote]. Pour mémoire, le Président Fernando Henrique CARDOSO avait établi le principe de l’interdiction totale du  recours à du personnel non-brésilien sur ou autour des sites spatiaux dans les années 1990[footnote title=”89″]Temer entrega as chaves de Alcântara aos Estados Unidos, Viomundo[/footnote]… D’autres projets à des stades plus ou moins avancés incluent la privatisation partielle ou totale de secteurs considérés stratégiques, tels les que les concessions de recherche pétrolière sur lelittoral (zone ‘‘Amazonia Azul’’) ou la privatisation de la compagnie nationale de Pétrole (PETROBRAS)[footnote title=”90″]Temer está avaliando proposta de parceria entre Boeing e Embraer, Exame[/footnote].

Feignant le courroux, Michel TEMER annonce fin février 2018 qu’il s’oppose à la ‘‘vente pure et simple à 80 ou 90%’’ à l’étatsunien Boeing des activités civiles de l’avionneur Embraer, leader mondial des jets régionaux et chef de file du complexe militaro-industriel brésilien. Boeing déclare pour sa part vouloir simplement réagir à l’alliance commerciale entre Bombardier et Airbus sur les avions moyen-courrier, conclue en octobre 2017[footnote title=”91″]Coup de tonnerre, Airbus s’allie à Bombardier face à Boeing, La Tribune[/footnote], et se dit ouvert à toutes les options.

La firme étatsunienne ‘‘comprend la préoccupation des autorités brésiliennes’’, et prétend finalement accepter l’idée d’un ‘‘partenariat’’ plutôt que celle d’un achat stricto sensu. La logique commerciale ‘‘gagnant-gagnant’’ profiterait selon elle largement aux deux pays. TEMER annonce donc avec satisfaction que la part de Boeing dans le nouveau consortium ne ‘‘dépassera pas 51%’’, et que les brésiliens conserveront des ‘‘golden shares’’ dotées d’un droit de véto sur les décisions stratégiques[footnote title=”92″]Boeing seeks to salve Brazil concerns over Embraer approach, Reuters[/footnote].

Apparemment inquiets, les suédois de SAAB, qui ont conclu un important accord avec la branche militaire d’Embraer en mai 2017 (fourniture d’une centaine de jets ‘‘Gripen’’ avec d’importants transferts de technologie vers le Brésil[footnote title=”93″]Brasil surpreende Suécia com contraoferta à Saab sobre venda de aeronaves, Sputnik[/footnote]), sont rassurés par le Ministre de la Défense Raul JUNGMANN: Embraer ne passera pas ‘‘sous contrôle’’ de Boeing, et ses activités de défense ne seront pas concernées par le possible accord[footnote title=”94″]Jungmann diz a Saab que venda da Embraer não está em negociação, diz Defesa, Reuters[/footnote].

Dès décembre 2017, pourtant, les spécialistes nord-américains de l’industrie de défense[footnote title=”95″]Here’s how a Boeing takeover of Embraer could play out, DefenseNews[/footnote] annonçaient sans détours que les visées de Boeing à travers Embraer étaient selon eux totalement liées à des débouchés militaires au Brésil et dans la région. Ils remarquaient également les rapprochements technologiques et commerciaux entre SAAB et la firme nord-américaine sur de nouvelles classes d’avions de combat et d’entraînement, notant au passage que Boeing avait fait preuve d’un inhabituel manque de combativité pour placer ses F18 ‘‘Super Hornet’’ lors de l’appel d’offre remporté par les suédois.

Photo : Dado Galdieri / The New York Times

f) L’entrisme des Chinois

Bien que ces chiffres ne soient pour l’heure pas confirmés, la Chine serait devenue le premier investisseur étranger au Brésil en 2017[footnote title=”96″]China becomes Brazil’s biggest investor so far in 2017, Chia Daily[/footnote]. Près de 235 projets d’investissement direct seraient en cours, dont 87 projets fermes représentant un total de 46,8 milliards de dollars dans les secteurs de l’énergie, pétrole et gaz, industries lourdes, agriculture, agroalimentaire. Nombre de ces projets d’investissement prennent la forme de fusions-acquisitions entre des entreprises brésiliennes et des compagnies chinoises de toutes typologies (entreprises publiques, mixtes, privées, et même individus très fortunés)[footnote title=”97″]China announces 235 investment projects in Brazil between 2003 and 2017, Macahub[/footnote].

L’intérêt de la Chine pour le Brésil est relativement récent, puisqu’avant 2004, il n’existait de liens commerciaux qu’assez lâches entre les deux pays[footnote title=”98″]Girardi Mendonça, Fabianna Kenia Silva, EVOLUÇÃO DO COMÉRCIO BILATERAL ENTRE BRASIL E CHINA: ANÁLISE DAS RELAÇÕES COMERCIAIS[/footnote]. On peut affirmer que les choses ont bien changé, puisque les chinois sont devenus les premiers partenaires commerciaux du Brésil, devançant très nettement les Etats-Unis[footnote title=”45″]Os Principais Parceiros Comerciais do Brasil[/footnote].

Plus étonnants et moins connus sont les liens croissants qui existent en matière militaire et spatiale entre les deux pays. Il est vrai, et la Chine le sait bien, que l’armée brésilienne est plus grande et plus riche que toutes les autres armées continentales confondues. Consciente de la décision du Ministère de la Défense brésilien en 2012 de limiter sa dépendance vis à vis des fournisseurs étrangers[footnote title=”99″]Brazil’s Defense Industry – Market Report 2012-2017, Defense Update[/footnote], elle n’a guère poussé à la vente d’armes au Brésil. Les Chinois ont même su ne pas frontalement s’opposer à l’industrie de la défense brésilienne sur des appels d’offre régionaux jugés peu stratégiques[footnote title=”100″]Evan Ellis, The strategic importance of Brazil, Global Americans[/footnote].

En réalité, ils se sont surtout positionnés avec le Brésil sur la fourniture de technologies ou de savoir-faire très spécifiques, dont ils savaient qu’elles leur attireraient les faveurs du commandement militaire :

A l’inverse des étatsuniens souvent jugés autocentrés, les militaires Chinois ont su tisser des liens personnels très forts avec leurs collègues brésiliens en :

Les officiers supérieurs et chargés d’affaire chinois au Brésil parlent couramment portugais, un effort que nombre de militaires et entrepreneurs brésiliens apprécient[footnote title=”100″]Evan Ellis, The strategic importance of Brazil, Global Americans[/footnote]. Dans de récents discours face au grand patronat brésilien, le représentant de l’Ambassade de Chine Song Yan, n’hésitait en outre pas à les inciter à se jeter à l’assaut du colossal marché asiatique[footnote title=”107″]Diplomata chinês instiga empresários brasileiros a conquistar a Ásia, UOL[/footnote].

Inutile de dire que cet appel d’air, venant d’un pays qui n’est pas considéré comme un rival régional[footnote title=”108″]Anna Ruth Dantas, Brasil nao tem inimigo no mundo[/footnote], n’est pas passé inaperçu.

L’Initiative des Trois Mers pour “Compléter l’Europe”: projet européen ou stratégie atlantiste ?

Lors du Forum de Dubrovnik le 26 août 2016, la Pologne et la Croatie, ainsi que 10 autres pays d’Europe centrale et de l’est à leur suite (Autriche, Hongrie, République Tchèque, Slovaquie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Slovénie, Roumanie et Bulgarie) proclamèrent dans une certaine indifférence, la création de l’Initiative des Trois Mers, soit un forum européen informel rassemblant les pays situés entre les mers baltique, adriatique et Noire.

Ce nouveau cadre européen fut impulsé par les efforts conjoints du Président polonais Andrzej Duda et de la présidente croate Kolinda Grabar-Kitarovic, afin “de renforcer la coopération en matière politique, économique, d’infrastructures et de sécurité dans l’authentique Europe Centrale[footnote title=”1″]Dubrovnik Forum: Strengthening Europe by connecting North and South; Newsletter of the Office of the President of the Republic of Croatia; n°6 septembre 2016; Zagreb; Croatia; p.3[/footnote]”. Tout le potentiel de ce projet fut détaillé dans une publication du think tank américain Atlantic Council, intitulée “Compléter l’Europe“. Celle-ci traite de la nécessité pour les pays baltes, l’Europe centrale et du sud d’harmoniser les infrastructures énergétiques locales dans l’optique de réduire le fossé avec l’Europe de l’ouest ainsi que leur dépendance envers les approvisionnements russes[footnote title=”2”]ROBERTS J.; Completing Europe, Gas interconnexions in Central and Southeastern Europe-An Update; Atlantic Council; 2016[/footnote].  

La visite du président américain Donald Trump au sommet de Varsovie le 6 juillet 2017 fut l’occasion pour l’Initiative des Trois Mers d’obtenir une notoriété qui lui faisait cruellement défaut. En effet le président américain affirma son soutien indéfectible à la Pologne et à ses partenaires de l’Initiative: “Aux citoyens de cette grande région, l’Amérique est désireuse de renforcer notre partenariat avec vous. Nous encourageons tout essor commercial tandis que vous développez vos économies”[footnote title=”3″]Trump’s speech in Warsaw; 6 juillet 2017 [en ligne]; CNN Politics; https://edition.cnn.com/2017/07/06/politics/trump-speech-poland-transcript/index.html; (page consultée le 14 janvier 2018)[/footnote]”.

Il convient de souligner que cette main tendue de l’Amérique aux pays d’Europe de l’est tranche radicalement avec l’étrange réserve manifestée par les pays de l’ouest, Allemagne et France en tête face à un projet aux promesses qui leur sont pourtant présentées comme “mutuellement bénéfiques”.

1/ Une réponse à la fracture énergétique européenne

 Les pays de l’Initiative, à l’exception de l’Autriche sont issus de l’ancien bloc de l’Est et par conséquent, disposent d’infrastructures énergétiques vétustes héritées de l’ère soviétique, qu’ils cherchent à développer du nord au sud pour une meilleure intégration de l’est à l’ouest de l’Europe. A cette fin, la politique de l’Initiative s’articule autour de trois axes d’intégration régionale en projet: la Via Carpatia, le Corridor Nord-Sud et le Corridor Baltique-Adriatique.

La question énergétique est une préoccupation majeure des pays de l’Initiative, l’objectif maintes fois proclamé à Dubrovnik étant de “réduire leur dépendance énergétique“.

Mais dépendance envers qui?

Les pays en question présentent comme spécificité commune un besoin prononcé en hydrocarbures russes. La Pologne importe 76% de son gaz de Russie, l’Autriche 51% et les Pays Baltes affichent des chiffres proches des 100%[footnote title=”4″]BIELISZCZUK B.; Three Seas Initiative: Benefits for Regional Gas Markets and the EU; The Polish Institute of International Affairs; 30 juin 2017; n°63 (1003); 3 p.[/footnote]. Ces statistiques constituent un motif pour ces pays qui, conscients de leur vulnérabilité, cherchent à réduire la part russe de leur bilan énergétique et sont réticents à tout renforcement du partenariat avec la Russie que Bruxelles pourrait leur imposer.

Le sujet avait déjà été abordé au sein de l’Union européenne mais les divergences suscitées n’ont contribué qu’à creuser davantage le fossé entre les pays de l’ouest et ceux de l’est, Pologne en tête. Celle-ci avait soumis en 2006 à l’attention de ses pairs européens, sa proposition d’un Traité de la Sécurité Energétique Européenne en réponse aux crises qui ont opposé la Russie à ses voisins biélorusses et ukrainiens entre 2004 et 2006; il demeura lettre morte[footnote title=”5″]LHOMEL E.; L’Est et l’Union européenne; Mars-Avril 2006; Le Courrier des pays de l’Est 2006/3 (n°1055); pp.81-86[/footnote]. En 2009, l’Union européenne contraignit la Lituanie à fermer sa centrale nucléaire Ignalia héritée de l’URSS pour des raisons écologiques sans lui offrir la moindre source d’énergie alternative renforçant par là sa dépendance énergétique envers la Russie.

Enfin, depuis les années 2000, l’Allemagne s’est positionnée en tant que partenaire privilégié de la Russie, partenariat devenu essentiel depuis son renoncement au nucléaire en 2011. Ainsi, non sans susciter l’ire de ses partenaires est-européens, elle a conclu avec la Russie les projets de gazoduc Nord Stream et d’oléoducs BTS-1 et BTS-2 qui permettent de fournir directement l’Allemagne en hydrocarbures au profit de la Russie, celle-ci pouvant désormais faire des économies en droits de transit à verser à la Pologne et les Pays Baltes qui lui sont ouvertement hostiles.

Ces désagréments successifs sont les symptômes de deux lacunes distinctes mais complémentaires au sein de l’UE: l’absence de politique énergétique commune que l’Initiative entend rectifier, et des considérations sécuritaires en mal d’harmonisation.

De ces divergences apparaissent deux “camps” européens distincts: les “russophiles” plus enclins à négocier avec la Russie tels que la France et l’Allemagne, face aux pays “russophobes” notamment la Pologne, les Pays Baltes et la Suède. Ces derniers bénéficiaient d’un appui solide au sein du Parlement européen à travers la Grande Bretagne. Mais le Brexit changea totalement la donne et contraignit les pays de l’Initiative à trouver un soutien alternatif mais cette fois non pas au sein de l’UE mais de l’OTAN: les Etats-Unis[footnote title=”6″]PAILLARD C.-A.; L’Initiative des trois mers, un nouveau terrain d’affrontement majeur russo-américain; Diplomatie, Affaires stratégiques et Relations Internationales; n°90; janvier-février 2018; pp. 8-12[/footnote].

En effet Donald Trump se révéla être bien plus réceptif qu’Angela Merkel aux considérations de l’Initiative, ayant affirmé à Varsovie en juillet 2017 que les Etats-Unis sont: engagés à garantir l’accès à des sources alternatives d’énergie afin que la Pologne et ses voisins ne soient plus jamais pris en otage par un unique fournisseur“[footnote title=”7”]Trump’s speech in Warsaw; 6 juillet 2017 [en ligne]; CNN Politics; https://edition.cnn.com/2017/07/06/politics/trump-speech-poland-transcript/index.html; (page consultée le 14 janvier 2018)[/footnote].

Des propos qui ont sans nulle doute conforté le tropisme américain de la Pologne.

2/ Face aux hydrocarbures russes, l’alternative du GNL américain

Du point de vue de Trump, l’Initiative des Trois Mers tombe à point nommé quant à sa diplomatie énergétique en pleine transition vers le gaz naturel liquéfié (GNL) comme instrument de politique commerciale. Le but étant de promouvoir une hausse des exportations de GNL en Asie afin de poursuivre la politique d’Obama contre la Russie sur la scène européenne[footnote title=”8″]OPSON B., SEVASTOPULO D.; Trump looks to lift LNG exports in US trade shift; Financial Times; 22 juin 2017 [en ligne]; https://www.ft.com/content/c5c1958c-5761-11e7-80b6-9bfa4c1f83d2; (page consultée le 14 janvier 2018)[/footnote].

Parallèlement, ces exportations constituent une aubaine pour les pays de l’Initiative qui souhaitent diversifier leurs fournisseurs d’hydrocarbures et qui ont à cette fin, investi dans la construction de terminaux de GNL d’origine outre-Atlantique.

Mais les intérêts américains et est-européens convergent surtout dans leur hostilité affirmée envers le projet de gazoduc Nord Stream 2. Celui-ci prévu pour 2019, vise à doubler Nord Stream 1 et relierait la Russie directement à l’Allemagne qui par conséquent deviendrait la plaque-tournante du gaz russe en Europe.

Compte tenu que la politique de la Pologne s’est toujours orientée vers une indépendance envers le gaz provenant de Russie par l’Ukraine, les frictions avec Bruxelles et l’Allemagne ne tardèrent pas à se concrétiser. Le chef de la chancellerie du président polonais, Krzysztof Szczerski, a affirmé le 1er novembre 2017 que ce projet, ne servant que les intérêts germano-russes, était “profondément anti-européen“[footnote title=”9”]ENGDAHL W. F.; The Geopolitics of Poland’s “Three Seas Initiative”; Global Research; 8 décembre 2017 [en ligne];  https://www.globalresearch.ca/the-geopolitics-of-polands-three-seas-initiative/5621888; (page consultée le 10 janvier 2018)[/footnote].

En juin 2017, le sénat américain avait tenté d’imposer des sanctions à la Russie et aux compagnies européennes impliquées dans le projet de Nord Stream 2, tentative ayant déclenché un sursaut inhabituel de l’Allemagne et de l’Autriche qui ont dénoncé le 15 juin  une ingérence américaine caractérisée par “la menace de sanctions extraterritoriales illégales à l’encontre de compagnies européennes“[footnote title=”10”]MAZNEVA E., DONAHUE P., SHIRYAEVSKAYA A.; Germany, Austria tell U.S. not to interfere in Eu Energy; Bloomberg View; 15 juin 2017 [en ligne]; https://www.bloomberg.com/view/articles/2018-01-05/citi-forgot-to-fix-its-money-laundering-systems; (page consultée le 11 janvier 2018)[/footnote].

La rencontre entre le Ministre des Affaires Etrangères polonais, Czatupowicz et le représentant américain aux Nations Unies le 23 avril 2018, fut l’occasion pour les deux pays de réitérer leur opposition au projet de Nord Stream 2 afin de contrer le “déclin de la sécurité et de la stabilité énergétique européennes“[footnote title=”11”]Polish FM believes US will back efforts to block Nord Stream 2; Radio Poland; 24 avril 2018 [en ligne]; http://www.thenews.pl/1/10/Artykul/360344,Polish-FM-believes-US-will-back-efforts-to-block-Nord-Stream-2; (page consultée le 26 avril 2018)[/footnote]. Quant à la Croatie,  sa présidente Kolinda Grabar-Kitarović a désigné le projet BABS (Baltic Adriatic Black Seas) devant coordonner les efforts d’infrastructures énergétiques entre la Croatie et la Pologne, comme étant le fondement de sa politique[footnote title=”12″]PAVLOVETS Y.; Three Seas Initiative: is it a new stage of the anti-Russian policy in the Balkans?; Eurasia Daily; 19 septembre 2016 [en ligne]; https://eadaily.com/en/news/2016/09/19/three-seas-initiative-is-it-a-new-stage-of-the-anti-russian-policy-in-the-balkans; (page consultée le 10 janvier 2018)[/footnote].

Ces efforts conjoints de la Pologne et de la Croatie se concrétisent par la construction à Krk et Świnoujście de terminaux de GNL (gaz naturel liquéfié) en provenance des Etats-Unis[footnote title=”13″] PAVLIC V.; Large interests of Bidders for LNG Terminal on Krk; Total Croatia News; 10 octobre 2017 [en ligne]; https://www.total-croatia-news.com/business/22679-large-interests-of-bidders-for-lng-terminal-on-krk; (page consultée le 12 janvier 2018)[/footnote]. La compagnie étatique polonaise PGNig a conclu avec le groupe anglo-américain Centrica LNG Co, le 21 novembre 2017, un contrat de 9 livraisons de GNL entre 2018 et 2022.

Enfin, le recours à la Pologne et la Croatie en tant que débouchés énergétiques pour les américains est certainement un projet mûrement réfléchi. Au sommet de Dubrovnik en août 2016, le général américain James L. Jones membre de l’Atlantic Council, avait déjà souligné l’importance de l’Initiative des Trois Mers en tant que stratégie énergétique visant à “affaiblir la capacité russe” d’user des énergies comme arme de pression[footnote title=”14″]Remarks by General James L. Jones at the Dubrovnik Three Seas Initiative Presidential Roundtable; Atlantic Council; 25 août 2016 [en ligne]; http://www.atlanticcouncil.org/news/transcripts/remarks-by-general-james-l-jones-jr-at-the-dubrovnik-three-seas-initiative-presidential-roundtable; (page consultée le 12 janvier 2018)[/footnote]. En avril 2017, à l’occasion du Sommet de l’Atlantic Council, à Istanbul, Jones a maintenu cette position en affirmant que l’Initiative constitue un “réel projet transatlantique avec d’immenses ramifications géopolitiques, géostratégiques et géoéconomiques” conçu pour “soulager le secteur énergétique européen de la poigne du Kremlin“[footnote title=”15”]ANSLEY R.; Making The Three Seas Initiative a priority for Trump; Atlantic Council; 3 Mai 2017 [en ligne]; http://www.atlanticcouncil.org/blogs/new-atlanticist/making-the-three-seas-initiative-a-priority-for-trump ; (page consultée le 12 janvier 2018)[/footnote].

Les promesses “mutuellement bénéfiques” que les responsables polonais et croates offraient à Dubrovnik ne semblent se limiter qu’aux pays d’Europe de l’est dans leurs rapports avec les Etats-Unis plutôt qu’avec le reste de l’Union européenne. En soutenant de tout son poids diplomatique le projet Baltique-Adriatique, les Etats-Unis rappellent à l’Allemagne qu’ils peuvent miser sur un autre cheval afin de faire prévaloir leurs intérêts dans la région, intérêts compatibles avec les prétentions de la Pologne et de la Croatie de devenir les relais de gaz outre-Atlantique en Europe Centrale pour couper la Russie de l’Union européenne.

Bien que la diversification de fournisseurs d’hydrocarbures s’inscrive effectivement dans la politique européenne, l’Initiative n’a pas su convaincre ses partenaires occidentaux sur le plan économique, le coût des approvisionnements étant aussi indicateur de la pertinence des considérations sécuritaires comme l’a rappelé le Ministre des Affaires Etrangères allemand, Sigmar Gabriel, à l’occasion d’une visite en Russie le 29 juin 2017. L’Europe et notamment l’Allemagne auraient en effet peu intérêt à compromettre Nord Stream 2 pour recourir au GNL américain plus onéreux que le gaz russe, d’autant plus s’il faut s’en procurer auprès d’un fournisseur unique outre-Atlantique.

Dans le cadre de ce bras de fer, l’Allemagne est passée à la vitesse supérieure en entamant les travaux de Nord Stream 2 le 3 mai 2018, prenant ainsi le risque de resserrer davantage les liens entre les Etats-Unis et ses partenaires est-européens.

3/ Les Trois Mers de la coopération ou de la confrontation?

Les pays de l’Initiative notamment la Pologne, du fait de leurs contentieux historiques vis-à-vis de la Russie et de leur proximité géographique avec celle-ci sont conditionnés pour  la percevoir comme la menace potentielle à leur sécurité.

L’adhésion de la Pologne à l’OTAN et à l’UE fut décidée dans le but d’obtenir auprès de ses nouveaux partenaires des garanties contre le péril russe, quitte à coopérer avec l’Allemagne. Cette logique est résumée par l’ex Ministre des Affaires Etrangères polonais, Radosław Sikorski qui avait affirmé en 2014 “ne pas craindre la puissance allemande mais son inactivité”[footnote title=”16″]MENZER J.; Intermarium-A view from Germany; New Easter Europe; 6 juillet 2017 [en ligne]; http://neweasterneurope.eu/2017/07/06/intermarium-a-view-from-germany/; (page consultée le 14 janvier 2018)[/footnote]. Toutefois, pas plus que pour le domaine énergétique, l’Allemagne ne se révéla être un partenaire fiable en matière de sécurité régionale.

Cette dernière fut favorable à l’afflux massif de migrants lors de la crise en 2015 et pointa du doigt la Pologne et la Hongrie réticentes à les accueillir. Mais surtout, lors de la crise ukrainienne en 2014, l’UE demeura un spectateur impuissant face aux succès russes au grand dam de la Pologne. Des sanctions contre la Russie furent certes introduites en représailles, mais si les pays membres de l’Initiative s’obstinent à les maintenir, des voix favorables à leur levée se font plus audibles dans les pays de l’ouest.

Ce sentiment devient d’autant plus légitime à la lumière des perceptions divergentes de la menace en Union européenne selon les espaces. Ainsi l’ouest redoute davantage l’Etat Islamique que la Russie, tandis que dans les Balkans, c’est la Serbie, proche de la Russie, qui préoccupe principalement ses voisins[footnote title=”17″]BAUTZMANN A.; Cartographie géopolitique du contexte sécuritaire européen; Diplomatie, Affaires stratégiques et Relations Internationales; n°90; janvier-février 2018; pp.29-33[/footnote]. Une “Europe de la Défense” n’est certainement plus envisageable dans ces conditions et occasionne immanquablement des dissensions internes.

Sur ce point la Pologne, par l’intermédiaire de son ministre de la Défense, Macierewicz, n’a pas manqué d’exprimer sa déception à l’égard de l’Europe: “Nous avons patienté pendant des décennies avec parfois le sentiment d’avoir été abandonnés. A certains moments, il nous est arrivé de flirter avec la désespérance et d’avoir l’impression d’être les seuls à protéger la civilisation contre la menace venue de l’est“[footnote title=”18”]RAMDANI S.; La Croatie, fer de lance de la stratégie américaine; Diplomatie, Affaires stratégiques et Relations Internationales; Les Grands Dossiers; n°43; février-mars 2018[/footnote].

La “protection” européenne n’ayant été qu’un mirage, l’Initiative des Trois Mers s’oriente à nouveau vers les Etats-Unis pour combler cette lacune. Une fois encore Trump n’a pas manqué de rassurer ses interlocuteurs polonais sur la question: Nous œuvrons avec la Pologne pour répondre aux agissements déstabilisateurs de la Russie”[footnote title=”19″] Tramp v Polshe zaïavil’ o destabilizuruiuchtchikh deïstviakh RF v Evrope; NTV; 6 juillet 2017 [en ligne]; http://www.ntv.ru/novosti/1834485/; (page consultée le 12 janvier 2018)[/footnote]. Cela s’explique par une simple convergence d’intérêts entre l’Initiative souhaitant tenir le voisin russe en respect, et les Etats-Unis, qui en application du roll-back de la Russie théorisé par Bzrezinski, y voient une opportunité stratégique pour refouler l’influence russe dans cette région, notamment en Ukraine.

Ainsi l’Initiative se dote d’un volet sécuritaire compatible avec le renforcement de l’OTAN sur les marges orientales européennes en dépit de ses motivations présentées comme purement économiques et structurelles.

Les pays de l’Initiative ont de quoi être satisfaits: les 4500 soldats américains et le matériel déployés entre les Pays Baltes et la Pologne étant bien plus persuasifs que le maigre arsenal mobilisé par les pays d’Europe de l’ouest qui s’est révélée impuissante durant la crise ukrainienne. De surcroît, l’Ukraine est désignée comme devant “absolument être une priorité pour l’Initiative des Trois Mers“[footnote title=”20”]GUMENYUK N.; The Three Seas Strengthens Central European cohesion; Hromadske International; 9 juillet 2017 [en ligne]; https://en.hromadske.ua/posts/three-seas-strengthens-central-european-cohesion; (page consultée le 12 janvier 2018)[/footnote] dans sa politique d’intégration de pays non affiliés à l’Union Européenne. Andrzej Duda a encouragé l’intégration de l’Ukraine dans le cadre d’une coopération avec l’Initiative, bien que Porochenko, certainement par égard pour la Russie, ne se soit toujours pas prononcé sur la question.

Ces manœuvres ne laissent que peu de chances à un apaisement régional avec le voisin russe d’autant que selon le secrétaire américain à la Défense, Jim Mattis, l’OTAN pourrait revoir à la hausse ses effectifs sur son flanc est en 2018[footnote title=”21″]US Defence Secretary open to discussion about sending more troops to Poland: report; Radio Poland; 28  avril 2018 [en ligne]; http://www.thenews.pl/1/10/Artykul/361060,US-Defense-Secretary-open-to-discussion-about-sending-more-troops-to-Poland-report; (page consultée le 28 avril 2018)[/footnote].

Ces considérations sécuritaires ont rappelé à certains observateurs l’ancien concept géopolitique polonais d’Intermarium théorisé par Josef Pilsudski durant l’entre-deux-guerres, soit un rassemblement d’Etats autour de la Pologne pour se préserver de  l’hégémonie russe.

Si depuis 2015 effectivement les nouveaux dirigeants polonais ont toujours promu la coopération régionale, le parallèle entre l’Initiative et l’Intermarium n’est pas encore tout à fait fondé. En effet, l’Initiative constitue un cadre multilatéral informel reposant sur des considérations économiques et énergétiques sans impliquer des engagements contraignants envers ses membres[footnote title=”22″]MASSON F.; The three seas initiative: European regionalism of supranational nature; nouvelle-europe; 20 mars 2018 [en ligne];  http://www.nouvelle-europe.eu/en/three-seas-initiative-european-regionalism-supranational-nature; (page consultée le 27 avril 2018)[/footnote]. Qui plus est, cette structure n’est pas encore tout à fait monolithique d’où certaines contradictions entre les pays concernés, notamment la Hongrie et la République Tchèque qui ne partagent pas forcément la russophobie de la Pologne ou l’Autriche qui conserve ses liens avec l’Allemagne ainsi que sa neutralité.

L’OTAN demeure la référence sécuritaire, du moins pour l’instant, tandis que l’Intermarium  constitue un terme élastique employé à tort et à travers par les mouvements politiques polonais de droite pour désigner toute coopération régionale contre la Russie…si ce n’est contre Bruxelles également.

Il convient toutefois de souligner que le président Duda, avait affirmé que la Pologne devait assumer une plus grande responsabilité dans la sécurité régionale au sein d’une communauté d’intérêts tout en désignant la Russie comme la principale préoccupation de la Pologne.

En conclusion, l’Initiative des Trois Mers peut constituer une réponse légitime à des besoins précis de la région est-européenne et peut même également être bénéfique au reste de l’Europe. Pourtant certaines motivations laissent planer le doute parmi les pays d’Europe de l’ouest quant aux véritables intentions de la Pologne et de la Croatie. Suite à la visite de Trump à Varsovie, des officiels allemands dont Angela Merkel, accusèrent la Pologne de vouloir diviser l’Europe au détriment de l’Allemagne[footnote title=”23″]PAVLIC V.; The Economist: Germany angry with Croatia due to the Three Seas Initiative; Total Croatia News; 20 juillet 2017 [en ligne]; https://www.total-croatia-news.com/politics/20560-the-economist-germany-angry-with-croatia-due-to-the-three-seas-initiative; (page consultée le 11 janvier 2018)[/footnote]. Par la suite la France et l’Allemagne ont réaffirmé leur coopération bilatérale afin d’envisager une nouvelle impulsion à leur projet européen. Jones lui-même a admis au Sommet d’Istanbul, que le désintérêt de l’Europe de l’ouest pour l’Initiative des Trois Mers était “visible” et par conséquent le soutien américain à ce projet serait crucial à l’avenir[footnote title=”24″] RACHEL A.; Making the Three Seas Initiative a priority for Trump; Atlantic Council; 3 mai 2017 [en ligne]; http://www.atlanticcouncil.org/blogs/new-atlanticist/making-the-three-seas-initiative-a-priority-for-trump; (page consultée le 10 janvier 2018)[/footnote]. Avenir risquant de faire de l’Europe orientale un terrain de rivalités entre les intérêts polonais, américains, allemands et russes.

A la lumière de ces éléments, peut-on raisonnablement réfuter le fait que l’Initiative des Trois Mers, qui bénéficie davantage de l’attention américaine que celle de ses partenaires de l’Union européenne, soit d’une part basée sur des principes stratégiques dont la constante demeure l’hostilité envers la Russie, et d’autre part puisse perturber la cohésion de l’Union européenne qu’elle prétendait “compléter”?

Les propos tenus et opinions présentées ne représentent que l’opinion des auteurs des contributions libres et n’engagent pas STRATPOL ni son équipe. 

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[1] Dubrovnik Forum: Strengthening Europe by connecting North and South; Newsletter of the Office of the President of the Republic of Croatia; n°6 septembre 2016; Zagreb; Croatia; p.3

[2] ROBERTS J.; Completing Europe, Gas interconnexions in Central and Southeastern Europe-An Update; Atlantic Council; 2016

[3] Trump’s speech in Warsaw; 6 juillet 2017 [en ligne]; CNN Politics; https://edition.cnn.com/2017/07/06/politics/trump-speech-poland-transcript/index.html; (page consultée le 14 janvier 2018)

[4] BIELISZCZUK B.; Three Seas Initiative: Benefits for Regional Gas Markets and the EU; The Polish Institute of International Affairs; 30 juin 2017; n°63 (1003); 3 p.

[5] LHOMEL E.; L’Est et l’Union européenne; Mars-Avril 2006; Le Courrier des pays de l’Est 2006/3 (n°1055); pp.81-86

[6] PAILLARD C.-A.; L’Initiative des trois mers, un nouveau terrain d’affrontement majeur russo-américain; Diplomatie, Affaires stratégiques et Relations Internationales; n°90; janvier-février 2018; pp. 8-12

[7] Trump’s speech in Warsaw; 6 juillet 2017 [en ligne]; CNN Politics; https://edition.cnn.com/2017/07/06/politics/trump-speech-poland-transcript/index.html; (page consultée le 14 janvier 2018)

[8] JOPSON B., SEVASTOPULO D.; Trump looks to lift LNG exports in US trade shift; Financial Times; 22 juin 2017 [en ligne]; https://www.ft.com/content/c5c1958c-5761-11e7-80b6-9bfa4c1f83d2; (page consultée le 14 janvier 2018)

[9] ENGDAHL W. F.; The Geopolitics of Poland’s “Three Seas Initiative”; Global Research; 8 décembre 2017 [en ligne];  https://www.globalresearch.ca/the-geopolitics-of-polands-three-seas-initiative/5621888; (page consultée le 10 janvier 2018)

[10] MAZNEVA E., DONAHUE P., SHIRYAEVSKAYA A.; Germany, Austria tell U.S. not to interfere in Eu Energy; Bloomberg View; 15 juin 2017 [en ligne]; https://www.bloomberg.com/view/articles/2018-01-05/citi-forgot-to-fix-its-money-laundering-systems; (page consultée le 11 janvier 2018)

[11] Polish FM believes US will back efforts to block Nord Stream 2; Radio Poland; 24 avril 2018 [en ligne]; http://www.thenews.pl/1/10/Artykul/360344,Polish-FM-believes-US-will-back-efforts-to-block-Nord-Stream-2; (page consultée le 26 avril 2018)

[12] PAVLOVETS Y.; Three Seas Initiative: is it a new stage of the anti-Russian policy in the Balkans?; Eurasia Daily; 19 septembre 2016 [en ligne]; https://eadaily.com/en/news/2016/09/19/three-seas-initiative-is-it-a-new-stage-of-the-anti-russian-policy-in-the-balkans; (page consultée le 10 janvier 2018)

[13] PAVLIC V.; Large interests of Bidders for LNG Terminal on Krk; Total Croatia News; 10 octobre 2017 [en ligne]; https://www.total-croatia-news.com/business/22679-large-interests-of-bidders-for-lng-terminal-on-krk; (page consultée le 12 janvier 2018)

[14] Remarks by General James L. Jones at the Dubrovnik Three Seas Initiative Presidential Roundtable; Atlantic Council; 25 août 2016 [en ligne]; http://www.atlanticcouncil.org/news/transcripts/remarks-by-general-james-l-jones-jr-at-the-dubrovnik-three-seas-initiative-presidential-roundtable; (page consultée le 12 janvier 2018)

[15] ANSLEY R.; Making The Three Seas Initiative a priority for Trump; Atlantic Council; 3 Mai 2017 [en ligne]; http://www.atlanticcouncil.org/blogs/new-atlanticist/making-the-three-seas-initiative-a-priority-for-trump ; (page consulté le 12 janvier 2018)

[16] MENZER J.; Intermarium-A view from Germany; New Easter Europe; 6 juillet 2017 [en ligne]; http://neweasterneurope.eu/2017/07/06/intermarium-a-view-from-germany/; (page consultée le 14 janvier 2018)

[17] BAUTZMANN A.; Cartographie géopolitique du contexte sécuritaire européen; Diplomatie, Affaires stratégiques et Relations Internationales; n°90; janvier-février 2018; pp.29-33

[18] RAMDANI S.; La Croatie, fer de lance de la stratégie américaine; Diplomatie, Affaires stratégiques et Relations Internationales; Les Grands Dossiers; n°43; février-mars 2018

[19] Tramp v Polshe zaïavil’ o destabilizuruiuchtchikh deïstviakh RF v Evrope; NTV; 6 juillet 2017 [en ligne]; http://www.ntv.ru/novosti/1834485/; (page consultée le 12 janvier 2018)

[20] GUMENYUK N.; The Three Seas Strengthens Central European cohesion; Hromadske International; 9 juillet 2017 [en ligne]; https://en.hromadske.ua/posts/three-seas-strengthens-central-european-cohesion; (page consultée le 12 janvier 2018)

[21] US Defence Secretary open to discussion about sending more troops to Poland: report; Radio Poland; 28  avril 2018 [en ligne]; http://www.thenews.pl/1/10/Artykul/361060,US-Defense-Secretary-open-to-discussion-about-sending-more-troops-to-Poland-report; (page consultée le 28 avril 2018)

[22] MASSON F.; The three seas initiative: European regionalism of supranational nature; nouvelle-europe; 20 mars 2018 [en ligne];  http://www.nouvelle-europe.eu/en/three-seas-initiative-european-regionalism-supranational-nature; (page consultée le 27 avril 2018)

[23] PAVLIC V.; The Economist: Germany angry with Croatia due to the Three Seas Initiative; Total Croatia News; 20 juillet 2017 [en ligne]; https://www.total-croatia-news.com/politics/20560-the-economist-germany-angry-with-croatia-due-to-the-three-seas-initiative; (page consultée le 11 janvier 2018)

[24] RACHEL A.; Making the Three Seas Initiative a priority for Trump; Atlantic Council; 3 mai 2017 [en ligne]; http://www.atlanticcouncil.org/blogs/new-atlanticist/making-the-three-seas-initiative-a-priority-for-trump; (page consultée le 10 janvier 2018)

L’expansion de l’OTAN vers l’est, à travers le prisme de l’Histoire

Le 12 décembre dernier, le Congrès américain a voté la loi de finance 2018, cette loi autorise la dépense de 200 millions de dollars quant à la réparation des anciennes structures militaires états-uniennes et elle autorise par là même, la construction de nouvelles structures militaires sur une large partie d’Europe de l’Est. Cette dépense s’inscrit dans le programme European Deterrence Initiative « EDI » -lancé quelques mois après l’annexion de la Crimée par la Russie.

Un document du commandement des forces des Etats-Unis basés en Europe explique que le budget 2018 s’inscrit « à la suite des financements précédents de l’EDI afin de consolider notre dissuasion ainsi que de renforcer notre réactivité en Europe… Le financement de l’EDI accroît notre capacité de dissuasion et de défense contre l’agression russe ».

Si la consolidation de la profondeur stratégique de l’alliance atlantique peut être traduite dans la forme, notamment par l’actuel déploiement du bouclier antimissile de l’alliance en Roumanie et en Pologne ; dans le fond le renforcement de la présence de l’OTAN à l’est et la poursuite de l’agenda anti-russe est à comprendre à travers le prisme de l’histoire.

 

Le détail de l’histoire ou l’erreur de Gorbatchev

« Les Etats-Unis sont en positions défensives et l’union soviétique est en position agressive. » Voilà une phrase porteuse d’histoire. Deng Xiaoping prononça ces mots en 1979, ces derniers rentrent dans un contexte historique de rapprochement entre la chine et les Etats-Unis.  Presque trente-neuf ans plus tard il nous est possible de penser que les rôles se sont inversés et que la position défensive qu’on a naguère prêtée aux Etats-Unis doit aujourd’hui être prêtée à la Russie.

Si les mots de Deng Xiaoping sont porteurs d’histoire, c’est parce qu’ils sont témoins d’une époque où la Chine voulait encore endiguer l’influence soviétique. Finalement la rupture sino-soviétique n’aura même pas durée 30 ans, cette dernière aura eu raison de la chute de l’URSS en 1991. Pour la Chine la menace états-unienne, travaillant alors en faveur d’une indépendance de Taiwan se substitua à la peur d’une agression venant de l’Union soviétique. Enfin entre l’intervention américaine dans le conflit yougoslave et l’ambition de cette première d’étendre sans cesse l’OTAN vers l’est, la Russie a cessé d’incliner son œil entre la chine et les Etats-Unis pour le garder cette fois braqué vers l’ouest.

La conférence annuelle de l’ASEEES du 10 novembre 2017 à Chicago -Who promised what to whom on NATO expansion ? – nous permet d’en apprendre plus sur la promesse qui fut faite par les dirigeants occidentaux à Mikhaïl Gorbatchev, quant à une limitation de la sphère d’influence de l’OTAN à l’ouest du mur de Berlin. Alors que l’Allemagne vient de se réunifier, François Mitterrand et Georges Bush exigèrent dès 1990 une Allemagne membre à part entière de l’OTAN. Gorbatchev, lui, n’était pas d’accord avec l’idée du déséquilibre militaire que provoquerait l’intégration d’un ancien membre du pacte de Varsovie au sein de l’OTAN -la RDA fut membre à part entière du Pacte de Varsovie depuis 1956-. À l’instar du général de Gaulle, Gorbatchev souhaitait la création d’une structure de sécurité nouvelle en Europe, allant de l’Atlantique à l’Oural. Si la majorité du Politburo ne souhaitait pas voir l’Allemagne unifiée intégrer l’OTAN, certains membres du bureau politique russe estimèrent que la RFA, à l’inverse de la RDA ne pourrait jamais quitter l’OTAN et qu’il était inévitable que l’Allemagne unifiée suivrait l’empressement de son gouvernement à intégrer l’OTAN – notamment celui de son ministre des affaires étrangères de l’époque Hans-Dietrich Genscher -.

Si Robert Gates, l’ancien directeur de la CIA a auparavant expliqué que Gorbatchev fut induit en erreur, la déclassification -par les archives de l’Université George Washington- de documents allemands, français, soviétiques, américain, et britanniques ont ajoutés une légitimité scientifique à son propos.

Selon les 30 documents déclassifiés et étudiés par l’université Georges Washington, un accord tacite sur la délimitation des frontières de l’OTAN avait été établie entre Gorbatchev et plusieurs dirigeants occidentaux – Helmut Kohl, Robert Gates, Margaret Thatcher, James Baker, George HW Bush, Hans-Dietrich Gensher et François Mitterrand-. Au cours du mois de Février 1990 le secrétaire d’état américain James Baker déclara à Mikhaïl Gorbatchev que l’OTAN n’avancerait pas d’un pouce en dehors des frontières actuelles de l’alliance. Les documents relatent que le secrétaire d’état américain assura à Edouard Chevardnadze -alors ministre des affaires étrangères de l’Union soviétique- que la guerre froide étant terminée, l’OTAN deviendrait une organisation à caractère politique beaucoup plus que militaire. Au mois de mai de la même année, François Mitterrand a selon ses propre dires, expliqué à Gorbatchev qu’il était trop tard pour s’opposer à une Allemagne unifiée au sein de l’OTAN mais qu’il a toujours exprimé le vœu de ne pas engager les formations de l’OTAN vers l’Allemagne de l’Est, car isoler l’Union soviétique dans la nouvelle Europe ne serait bénéfique pour personne. Enfin, c’est en ces mots qu’Helmut Kohl s’adressa à Mikhaïl Gorbatchev le 10 février 1990 « Nous croyons que l’OTAN ne devrait pas étendre la sphère de son activité. Nous devons trouver une solution raisonnable. Je comprends parfaitement les intérêts de sécurité de l’Union Soviétique, et je me rends compte que vous, Monsieur le Secrétaire Général, et les dirigeants soviétiques devront expliquer clairement ce qui arrive au peuple soviétique.

Pour Gorbatchev l’avenir de l’union soviétique procèderait de son intégration en Europe, et cette intégration devait se faire par l’Allemagne nouvellement unifiée. À l’heure d’aujourd’hui nous savons que la position de Gorbatchev quant à ne pas vouloir une Allemagne unifiée membre à part entière de l’OTAN n’était qu’une simple amorce en vue de lui permettre de faire comprendre à l’opinion publique soviétique qu’à partir de maintenant ils devraient compter avec une Allemagne unifiée, et que l’avenir des soviétiques était maintenant européen.

En conséquence de cet accord tacite, l’union soviétique a ordonné le retrait de ses troupes d’Allemagne avant de les retirer des pays membres du pacte de Varsovie. Vladimir Poutine explique -dans conversation avec Poutine- que si Gorbatchev a fait au mieux, son erreur fut de ne pas coucher sur le papier l’accord conclu entre l’Union soviétique et les puissances occidentales. C’est cette erreur qui a permit à l’alliance de prolonger son expansion au sein de la sphère d’influence russe à partir de 1999.

 

La marginalisation de la Russie, l’œuvre de la doctrine Brezinski

En janvier 1994 le sommet de l’OTAN à Bruxelles pose le cadre d’un Partenariat pour la paix, cette structure d’association libre permet à n’importe quel pays d’établir une relation avec l’OTAN, de coopérer et in fine d’adhérer à l’OTAN. Le PPP est signé par trente-quatre pays entre 1994 et 2006, la Russie en fait partie. Si le pacte de Varsovie fut dissous en 1991, en laissant donc entrevoir la possibilité pour la Russie d’intégrer l’alliance, Zbigniew Brezinski élabore alors sa fameuse doctrine qui mit un terme à cette éventualité. Dans le sillage de la théorie du Heartland d’Harold John Mackinder, ou encore de l’influence d’Henry Kissinger, la doctrine Brezinski voudrait qu’une puissance qui dominerait l’Eurasie contrôlerait alors le monde. Brezinski expliqua dans son livre « The Grand Chessboard » que la Russie ne devait pas être admise au sein de l’OTAN car elle ruinerait le caractère euro-atlantique de l’alliance. Une autre raison peut expliquer cet état de fait, Vladimir Poutine explique lors de son entretien avec Oliver Stone que le mode de décision au sein de l’alliance est unilatéral et que tout son processus est mené par les américain. L’influence dont pourrait jouer la Russie, notamment envers les membres européens de l’alliance aurait alors un effet néfaste sur la prépotence américaine.

La pénétration atlantiste sur les décombres du pacte de Varsovie

Une tentative d’approche entre l’Alliance et la Russie le 27 mai 1997 via l’acte Fondateur de la relation Russie-Otan est remis en cause lors du sommet de l’OTAN à Madrid un mois plus tard. En effet malgré les recommandations de Moscou, l’OTAN invita la Hongrie, la Tchéquie, et la Pologne à intégrer l’alliance. Qui plus est, l’intervention de l’OTAN deux ans auparavant en Bosnie et contre les intérêts de l’allié serbe rendit déjà les relations entre la Russie et l’OTAN compliquées. Si une entente de courte durée s’établit à la suite des attentats du 11 septembre 2001 -lorsque Moscou autorisa l’alliance à utiliser les bases militaires d’Ouzbékistan et du Kirghizistan pour qu’elle puisse transiter vers l’Afghanistan-, le sommet de Prague en novembre 2002 a mis fin à cette entente cordiale. Le sommet de Prague a été appréhendé par Moscou comme une énième provocation, car il altère de la plus mauvaise des manières deux symboles très fort pour Moscou. D’abord il s’agit du premier sommet ayant eu lieu dans un pays anciennement membre du pacte de Varsovie, ensuite si l’OTAN invita lors ce sommet 10 pays à rejoindre l’alliance -intégrés en 2004 lors du sommet d’Istanbul- il y eut parmi eux trois états traditionnellement et historiquement intégrés à la Russie.

À partir des années 2000, plusieurs faits nouveaux sont à la cause du discours prononcé par Vladimir Poutine à Munich le 10 février 2007, sonnant alors le durcissement de la politique russe envers les États-Unis et l’OTAN : le retrait par Georges W Bush du traité Anti Balistic Missile de 1972- les États-Unis prétextèrent alors une menace venant d’Irak et de Corée du Nord-, l’inobservation du droit international lors de l’intervention américaine de 2003 en Irak et la fausse légitimation de cette dernière, et enfin le déploiement d’un système antimissile américain en République tchèque et en Pologne marquant l’expansion de l’OTAN jusqu’aux frontières russes.

une contribution libre de Hakim Ouchene

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Kurt Volker et la stratégie américaine en UKraine

La stratégie américaine pour l’Ukraine n’a pas changé depuis 2014. Kurt Volker est le représentant américain pour l’Ukraine.

Les raisons de l’alignement inconditionnel des états Baltes sur la politique américaine

Partie intégrante de l‘Union soviétique depuis les années 40 jusqu‘en 1991, les pays Baltes ont eu Moscou comme centre administratif principal durant près d‘un demi-siècle. De tous les pays européens, ils semblent désormais être les plus radicalement hostiles à la Russie en général et au Kremlin en particulier. Cette hostilité va de pair avec un alignement inconditionnel sur la politique atlantiste et une allégeance quasi absolue au gouvernement des Etats Unis. Pourquoi un tel revirement ? Quelles sont les raisons d’une telle aversion envers le protecteur de la veille ?


Image : Réseau International

1) Une identité construite contre la « slavité » ou la « russité ».

Contrairement à des schémas simplistes et couramment répandus, les états Baltes ne manifestent guère d‘unité ou de point communs, tant l‘identité de chacun d’eux s’affirme et se distingue des deux autres. Le seul point de convergence très fort, qui rassemble ces trois pays en une fausse unité, est leur hostilité historique vis-à-vis de la slavité. Les peuples Baltes ne sont ni slaves ni germaniques. Ils ont une identité autre que celle de leurs voisins russes, biélorusses ou polonais. Cette « anti-slavité » pourrait même être vue comme leur caractéristique principale.

– la Langue:

La propagande soviétique affirmait en son temps que les peuples slaves étaient des peuples frères. En ce qui concerne les Baltes, l’échec est complet. Le fait que les langues baltes sont absolument étrangères aux langues slaves y a largement contribué. Le russe subsiste dans ces pays grâce aux minorités russophones. La langue sépare donc les nations baltes de la Russie, mais elle les divise également entre eux.

La Lituanie a adopté le Lituanien comme langue nationale dès sa 1ère indépendance en 1918. C’est avec le Letton la seule langue balte encore vivante, réputée très ancienne et très difficile. La plupart des néologismes sont empruntés aux langues occidentales, allemande, polonaise, française ou anglo-américaines. Le fond linguistique du Lituanien conserve sa structure et son intégrité, ce qui le rend complètement incompréhensible pour un auditeur russe ou polonais.

La Lettonie a également adopté en 1918 le Letton comme langue nationale. C’est la seconde langue balte vivante. Elle est réputée moins pure que la première, ayant subi plus d’influences étrangères notamment l’Allemand, qui a beaucoup influé sur le vocabulaire et un peu la grammaire.

Enfin, l’Estonie a adopté l’Estonien comme langue nationale. Cette dernière appartient au groupe finno-ougrien et n’est donc pas indo-européenne. Elle est très proche du finnois, qui est la langue maternelle de 95% des Finlandais (Les 5 autres pourcents de Finlandais constituent une minorité de 5% de la population Suédoise). Les langues finno-ougriennes sont encore plus compliquées à la compréhension que les deux langues baltes lituanienne et lettonne.

– la Religion:

La division religieuse recoupe la division linguistique. Non seulement aucun de ces trois peuples n‘a adopté la religion orthodoxe qui caractérise l‘immense espace russe, mais il n’y a aucune unité religieuse entre eux.

Contrairement aux Russes convertis dès le Xème siècle, les Lituaniens sont restés païens jusqu‘à la fin du XIV siècle. Leur conversion au catholicisme a suivi le mariage de leur Prince avec la reine de Pologne. Ils sont restés fidèle à Rome au cours des siècles y compris durant la période soviétique. Les Lituaniens ethniques sont à plus de 95% catholiques, et on ne trouve parmis eux que très peu d‘orthodoxes et de protestants.

Les Lettons ont d’abord appartenu à l’Eglise romaine avec la fondation de Riga par les chevaliers porte-glaive, puis ils se sont convertis massivement au protestantisme dans sa forme luthérienne, suivant en cela l’aristocratie allemande locale. Cependant, de fortes minorités catholiques ont subsisté et les Lettons ethniques se répartissent aujourd’hui entre deux tiers de luthériens et un tiers de catholiques.
Les Estoniens ont suivi un processus de conversion semblable à celui des Lettons, mais aujourd’hui le pourcentage de catholiques y est beaucoup plus faible. Chez les Estoniens ethniques, la proportion de luthériens est tout à fait comparable à celle existant en Finlande ou en Scandinavie.

– l‘Histoire :

Les trois pays ont appartenu successivement à l‘empire russe, puis à l‘Union soviétique après la brève parenthèse de leur première indépendance. Leur rattachement forcé à cette immense zone russe a cependant eu lieu relativement tardivement et dans des circonstances différentes.

Le cas le plus singulier est celui de la Lituanie. Ce territoire peuplé de Lituaniens ethniques a été annexé par l‘empire russe lors du partage de la Pologne, à la fin du XVIII siècle. Auparavant, l‘histoire de cette région rejoignait celle de la Pologne ou Rzeczpospolita. Le polonais était la langue administrative, les gens cultivés, les citadins et tous les gens appartenant aux catégories sociales élevées s’exprimaient dans cette langue. Le rattachement à l’empire russe alla de pair avec une russification, mais celle-ci pénétra peu le pays en dehors des Juifs citadins, la Lituanie étant alors un pays très largement rural.

L’histoire de l’Estonie et de la Lettonie est très semblable. Ces deux territoires sont convertis au christianisme et rattachés à la culture européenne par les chevaliers porte glaive et les teutoniques. Cette forte domination germanique perdura jusqu’à une époque récente. Durant des siècles, la classe dominante des propriétaires fonciers ainsi que celle des citadins cultivés, est d’origine allemande, elle correspond aux fameux barons Baltes. Cette zone protestante luthérienne, imprégnée de culture germanique est alors appelée Livonie, elle reste imperméable au monde slave même lors de son rattachement à l’empire russe après la « guerre du Nord » début XVIII siècle. Les barons Baltes conserveront la majorité de leurs privilèges et influence sur ces régions, demeurant ainsi très longtemps à l’écart de la russification.

 

2) Un douloureux passé soviétique

Aux grandes disparités culturelles et historiques des trois pays Baltes, s’oppose une « splendide unité » lorsqu’il s’agit d’apprécier la période soviétique. Cette appréciation très majoritairement négative est portée par les Baltes ethniques ayant vécu cette période. Elle est quelque peu tempérée par la population russe qui reste minoritaire au sein des trois Républiques. La période soviétique peut être abordée globalement tant les différences furent minimes d‘une république à l‘autre.

Les trois républiques Baltes, que nous connaissons actuellement (Lituanie, Lettonie, Estonie) ont toutes vues le jour à l‘issue de la 1ère guerre mondiale en 1918. Les espaces géographiques correspondant à ces trois états indépendants ont été définis à ce moment là et n‘ont plus varié depuis. On peut dire que l’apparition des pays Baltes est une résultante de la défaite de l‘Empire Russe en 1917.

De nos jours encore, les Baltes ethniques (Lituaniens, Lettons ou Estoniens) contemplent avec une infinie nostalgie, cette période de la première indépendance. Elle dura le temps de l’entre-deux-guerres et est considérée comme une sorte d’âge d’or. Cette période idéalisée fut pourtant loin d’être prospère et vit l’instauration de régimes politiques semi-autoritaire, sur le modèle polonais du Maréchal Pilsudski. Cette période, qui s’étend sur à peine vingt ans, a été marquée par une forte volonté d’affirmation de des identités nationales sur une base ethnique.

Ces deux décennies d‘indépendance nationale ont définitivement marqué les esprits. Les principaux leaders indépendantistes (tel le lituanien Landsbergis) qui sont nés durant cette époque s‘en sont servi pour assoir la légitimité des revendications indépendantistes de leurs peuples respectifs.

Les identités baltes avaient commencé à ressurgir au XIXème siècle, bénéficiant du mouvement des nationalités, particulièrement en Europe de l’Est. Mais l‘histoire est tragique et le destin allait frapper cruellement à trois reprises ces petits états fragiles et isolés.

Ce fut une première fois le cas en 1939, lors du fameux pacte Molotov Ribbentrop. Les puissances allemandes et soviétiques se répartirent l‘espace qui les séparait. Les pays Baltes échurent à l‘Union soviétique, qui n’eut même pas à user de la force (au contraire de la Finlande) pour les annexer, tant le rapport de force était disproportionné. En 1940 les trois républiques de Lituanie, de Lettonie et d‘Estonie devinrent des républiques socialistes soviétiques. Cette année qui précéda l‘opération Barbarossa fut marquée par de nombreux bouleversements intérieurs. Expropriations et spoliations de masse furent suivies par les premières grandes déportations, conformément à la volonté du pouvoir soviétique de casser l’élite intellectuelle de ces petits pays. La première grande déportation frappa la fine fleur de la société et eut lieu le 14 juin 1941, soit juste une semaine avant l‘invasion allemande. Cette déportation a profondément marqué l‘inconscient collectif des Baltes, qui ne peuvent désormais voir dans leurs voisins Russes que des conquérants brutaux et barbares. Depuis que les 3 indépendances ont été recouvrées en 1991, les drapeaux nationaux sont mis en berne tous les 14 juin, en commémoration de la grande déportation soviétique.

La deuxième catastrophe fut celle de la Seconde Guerre Mondiale, marquée par l’occupation allemande entre 1941 et 1944. Cette dernière ne fut pas aussi brutale dans ces territoires qu‘elle ne le fut en Biélorussie ou en Ukraine. La période a tout de même été marquée par des conditions de vie très difficiles et par le massacre systématique des Juifs. La collaboration occasionnelle des peuples autochtones avec l‘occupant servit de prétexte pour la répression mise en œuvre par les Soviétiques après 1944. Celle-ci se prolongea jusqu’en 1953, où les derniers maquis de résistance furent liquidés.

La troisième et sans doute plus grande catastrophe de la période soviétique fut la vague de déportations entre 1944 et 1953 (mort de Staline). Une large part de la population fut ainsi châtiées de sa collaboration réelle ou supposée avec l‘occupant allemand. Des vagues d‘arrestations surprises s’abattaient sur les gens de toutes conditions et de tous âges et entretenaient une psychose de terreur permanente dans la population. On estime que dans un pays comme l‘Estonie, un habitant sur six a été victime du système répressif soviétique à un moment ou à un autre. Tous les déportés ne mourraient pas. On estime qu‘environ 50% d’entre eux sont morts suite aux des épouvantables conditions d‘existence dans les camps. Après le XXème congrès en 1956 et la déstalinisation, beaucoup de déportés revinrent dans leur patrie d‘origine, après ce qui constitua pour eux une expérience traumatisante.

Sous l‘impulsion de Kroutchev le système totalitaire soviétique se relâcha. Le goulag persistait, les libertés publiques étaient très restreintes, mais il n‘y eut plus ni déportation de masse ni l‘arbitraire sans limite du régime soviétique. Toute opposition politique était sévèrement réprimée et il était hors de question de procéder à un quelconque examen historique. Les ambitions nationalistes locales quoique momentanément étouffées ne s‘éteignirent jamais complètement.

Et elles se réveillèrent soudainement dès que le régime soviétique se fit moins brutal et moins répressif. Ce réveil se manifesta le 23 août 1989, lors de l’organisation d’une immense chaîne humaine allant de Tallinn à Riga et Vilnius, pour dénoncer la signature du pacte Molotov Ribbentrop, qui s‘était déroulée exactement 50 ans plus tôt. Cet accord avait eu pour conséquence la fin provisoire de l‘indépendance des pays Baltes.

 

3) Une indépendance signifiant changement de dépendance

Dans un monde de rapports de force dominé par des affrontements entre grandes puissances, lesquelles se livrent à des combats sans merci où tout avantage est bon à prendre et aucun point tactique ne doit être négligé, que signifie indépendance ?
L’indépendance ne peut être réelle que si chacune des parties au conflit a intérêt à reconnaître la neutralité d’un pays ou espace les séparant et à en garantir l’inviolabilité, que ce soit parce que ce pays constitue une sorte de glacis entre 2 zones d’affrontement (par ex. la Finlande au cours de la guerre froide) ou que cet état peut être vu comme une sorte de sanctuaire permettant la mise à l’abri d’intérêts privés (par ex. la Suisse durant la 2nde guerre mondiale), si l’on ne rentre ni dans l’un ni dans l’autre cas et que du fait d’une position géographique défavorable on se trouve placé dans une zone de conflit stratégique, toute vraie indépendance est illusoire, et l’on est forcé de basculer dans l’un ou l’autre camp, c’est ce qui s’est produit pour les états Baltes.

Les esprits les plus généreux ont pu croire un instant que suite aux accords historiques scellés entre le président Bush père et le 1er secrétaire du parti Gorbatchev qui ont amené la chute du mur de Berlin, une nouvelle ère de paix s’ouvrirait enfin qui verrait la fin d’un monde de guerre et d’affrontements permanents, on se souvient de formules telles que « la fin de l’Histoire », en fait c’était le début d’une nouvelle histoire encore plus dramatique que la précédente qui allait commencer sur le sol européen avec la destruction de la Yougoslavie, le fait que ce pays fut le seul qui se définissait comme « non aligné » dans le conflit Est/Ouest illustre bien de façon tragique l’impossibilité pour une puissance moyenne de rester neutre et de ne pas être obligée de choisir entre l’un ou l’autre camp des belligérants.
La libéralisation des pays d’Europe de l’est, leur marche vers la « démocratie » s’est faite comme une rangée de dominos, amenant le démembrement du pacte de Varsovie et la réunification de l’Allemagne, mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Une fois le bloc soviétique séparé de ses satellites, il fallait lui enfoncer l’épée dans les reins en le poussant à l’implosion ce qui fut fait dans la foulée, ceci doit servir de leçon à tous ceux qui croient en la bonne volonté et la sincérité des dirigeants des Etats Unis en vue d’amener un monde de paix et d’équilibre, c’est ne rien avoir compris à l’histoire de la Grande Bretagne puis à celle des Etats Unis son successeur, la volonté de puissance de la nation anglo-saxonne est totale, sans partage aucun et cela va de pair avec le reniement de toute promesse consentie ou parole donnée.

La chute de l’URSS n’a pas entrainé un apaisement des appétits US envers l’Europe, elle n’a fait que les renforcer, au lieu de dissoudre l’OTAN comme ils s’y étaient engagés sous Gorbatchev, les dirigeants US n’ont fait que de le développer et l’étendre vers l’Est en allant jusqu’à, humiliation et provocation suprême, y inclure en avril 2004 les ex-républiques Baltes, 3 anciennes républiques socialistes soviétiques !

Cet alignement à l’Ouest des états Baltes s’est fait par étape : indépendance de fait, abandon du rouble, construction de frontières avec la Russie, monnaie nationale alignée sur le Dollar puis ensuite sur l’Euro, enfin intégration au 1er Mai 2004 des 3 républiques Baltes comme nouveaux membres de l’Union Européenne, un organisme technocratique supranational d’états occidentaux dont le centre décisionnaire est en principe situé à Bruxelles mais en fait plus ou moins téléguidé en sous-main par Washington, force est de reconnaître que les états Baltes sont parmi les bons élèves de la zone Euro, que ceux-ci ne regimbent pas face aux mesures souvent déconcertantes dictées par la commission européenne mais alors, quid de la réalité de leur indépendance si récemment acquise ?

 

4) Un rôle de cordon protecteur sans masse critique

Des fois l‘Histoire ressort les mêmes plats, en tout cas avec un fort goût de „déjà vu“, à observer la géographie actuelle de l‘Europe de l‘est et les alliances géostratégiques qui se sont nouées, en particulier l‘avancée de l‘OTAN (en trahison de la promesse donnée) sur la frontière Est, en juxtaposition directe avec la fédération de Russie ou son allié très proche qu‘est la Biélorussie, on ne peut que se remémorer la stratégie du „cordon sanitaire“ d‘Etats qui avait été définie après la 1ère guerre mondiale afin d‘encercler ce qui était alors la Russie bolchévique et les débuts de l‘URSS, saisissante ressemblance avec la cartographie actuelle.

Actuellement du golfe de Finlande jusqu‘au Bosphore, c‘est une chaîne ininterrompue d‘Etats qui forment un mur Nord Sud des forces de l‘Otan face à ce qui serait un adversaire potentiel, cette configuration est très révélatrice des intentions véritables des stratèges américains, un autre fait frappant est la relative petitesse des pays ou territoires formant cette chaîne, à part la Pologne et dans un moindre mesure la Roumanie, on a uniquement affaire à de petits Etats (en dessous de 10 millions d‘habitants) et même de très petits états dans le cas des pays Baltes, à eux 3 ils sont déjà moins peuplés que le Bélarus voisin, aussi quelle est la marge d‘autonomie en matière de géopolitique de si petites nations?

Ils ne disposent pas d‘une tradition d‘ancienneté et de neutralité comme la Suisse située au coeur de vieilles nations, en vérité ils sont tellement petits et isolés que même s‘ils ont le statut d‘état-nation, leur marge de manoeuvre est hyper réduite, sans masse critique aucune (ni puissance économique, ni démographique et encore moins militaire) ils offrent l‘aspect peu enviable d‘être réduits au triste rôle de pion sur un échiquier de lutte entre grandes puissances, condition peu avantageuse et d‘autant plus inquiétante de par la fragilité qu‘elle révèle.

 

5) Un défaut de vision globale, l‘absence d‘universalisme

Les entraves ou limitations des états Baltes, pour employer un terme convenable, ne concernent pas que la géographie et la superficie, elles ont aussi beaucoup à voir avec l’histoire et la culture de ces pays, s’il est indéniable que les 3 peuples Baltes sont une réalité en terme d’identité culturelle et de sentiment national, il n’en est manifestement pas de même en terme de culture historique et de réalité politique, il faut bien avoir présent à l’esprit que ces 3 états sont des créations politiques récentes, qu’ils sont le fruit du mouvement romantique des peuples qui a embrasé l’Europe dans la 2nde moitié du XIX siècle et que ces identités nationales plutôt fraîches ont été exploitées à l’issue de la 1ère guerre mondiale dans le cadre de calculs géopolitiques assez cyniques, aussi ces 3 petites républiques n’ont pas pour elles la « longue histoire », l’épreuve des conflits et l’habitude du jeu politique entre les nations, elles se sont vues presque par hasard projetées sur la scène mondiale à la fin du XXème siècle et leurs dirigeants élus « démocratiquement », se sont retrouvés pris en étau entre une volonté populaire en proie à un vif ressentiment envers l’ancien occupant, désireuse d’afficher avec fierté la nouvelle indépendance et une réalité économique confinant au tragique une fois l’ancien appareil de production devenu complètement obsolète et sans une nouvelle économie « de rechange » même embryonnaire, qui aurait été initiée.

Le mot d’ordre à peu de nuance près de la quasi-totalité de la classe politique en matière d’économie fut « à l’Ouest, toutes » et en matière de géostratégie « hors l’Amérique, point de salut », c’est à peine si certains vieux briscards de l’ancien appareil soviétique osaient exprimer que certaines concessions vis-à-vis du géant Russe seraient nécessaires si les habitants souhaitaient tout simplement pouvoir continuer à acheter l’indispensable pour survivre et se chauffer en hiver tellement dans l’enthousiasme de cette Liberté si chèrement acquise, une vision réaliste des choses vous faisaient passer pour un rabat joie et un antipatriote.
Les vieilles nations occidentales, ouest européennes, qui ont une longue histoire, ont appris souvent au prix de terribles souffrances, ce que un nationalisme irraisonné se posant en vertu suprême de la politique, peut produire de débordement irrationnel et de tragédie hautement regrettable, mais le citoyen Balte ordinaire, qu’il soit lituanien, letton ou estonien, n’entend généralement rien à ces méditations historiques et ne s’embarrasse pas de telles finesses casuistiques, pour lui tout ce qui constitue ou représente l’identité nationale c’est-à-dire anti soviétique (correspondant souvent à anti russe) est bon en soi et à prendre sans réserve, on peut dire que ces jeunes peuples (même s’ils correspondent à de vieilles ethnies) n’ont pas encore digéré ce qu’est le nationalisme et les avatars qu’il comporte, pour prendre une image (peu flatteuse) il y a parfois dans le langage de certains hommes politiques Baltes quelque chose qui rappelle dans les albums de Tintin les discours enflammés des dirigeants de la Bordurie et de la Syldavie…

Si pour toutes les raisons qui ont déjà été mentionnées, la Realpolitik implique un large alignement à l’Ouest des pays Baltes, il est toujours plus judicieux pour tout Etat de jouer de sa marge de manœuvre, si faible soit-elle, que de se plier à un alignement inconditionnel, apparemment ces nuances et ces finesses ont jusqu’à présent majoritairement fait défaut aux dirigeants des républiques Baltes qu’on a toujours vus approuver sans réserve aucune les agissements de l’Oncle Sam que ce soit lors de l’écrasement de l’Irak, des crises des printemps arabes ou plus inquiétant car plus près géographiquement, lors du bras de fer Otan-Russie consécutif au coup d’état en Ukraine de 2014, un tel manque de recul historique et d’appréciation tempérée lors de conflits majeurs est la marque flagrante de l’absence d’universalisme dans le mode de raisonnement de l’homo Balticus, encore trop jeune politiquement pour faire montre d’une véritable autonomie de pensée et d’une perception globale des évènements planétaires.

 

Un mot de conclusion:

Il n‘y a hélas pas d‘esprit européen, une conscience européenne supra nationale est un leurre, l‘assujettissement complet et inconditionnel de ces petites nations que sont les états Baltes à une puissance extra européenne en est la meilleure preuve.

La politique étrangère américaine et les mythes à sa création

Afin de comprendre la politique étrangère des Etats-Unis, il nous faut comprendre les valeurs et les mythes qui sont au fondement de ce pays. La déclaration d’indépendance du 4 Juillet 1776 ne peut être vue comme un document isolé, loin sans faut. Elle, ainsi qu’un corpus de textes allant des déclarations, de documents juridiques à des poèmes, forment un ensemble de mythes fondateurs qui sont à l’origine de l’esprit américain.


Photo : Cornelle Capa Magnum

 

Les mythes fondateurs

Les Etats-Unis d’Amérique ne sont pas un vieux pays. Issu de treize colonies britanniques en Amérique du Nord, ce pays a du, à la suite de son indépendance difficilement acquise, construire sa propre histoire. La France, à l’inverse, a, depuis le baptême de Clovis, une histoire beaucoup plus longue. Par conséquent, les Etats-Unis, parce que pays issu de l’histoire européenne mais pays qui a rompu pendant un temps avec elle, ont dû se référer à des mythes pour exister. Le mythe permet la transcendance garantissant la cohésion nationale. Mais l’ensemble des mythes constituent également un référent pour expliquer un système qui a encore court aujourd’hui.

Les Etats-Unis sont vus, rapidement après l’indépendance, comme la Nouvelle Jérusalem. Un poème de Philip Freneau (The Rising Glory of America, 1902) parle de nouveau « peuple élu », de « main divine » et de « providence ». On rejoint là les puritains anglais qui ont fui sur le Mayflower, et qui jadis, s’étaient revendiqués comme l’une des tribus perdues d’Israël. Les Américains se comparent d’ailleurs eux-mêmes au peuple juif : la guerre d’indépendance est encore vue aujourd’hui comme la libération d’un joug antérieur, à l’image de la libération des juifs du joug de Pharaon. En 1784, Samuel McClintock qualifie l’Amérique de nouveau « jardin d’Éden, où l’américain sera nécessairement un « homme bon », un « homme nouveau ». Ainsi, on ne naît pas américain, on le devient par adhésion, en abandonnant ses anciennes valeurs (McClintock, A Sermon, 1784).

Les Etats-Unis sont également la Terre Promise de ces nouveaux hommes. C’est une terre sans limites, à l’exploitation infinie. Ainsi, la frontière de cette terre promise est sans cesse à repousser (on pense ici à la très célèbre conquête de l’Ouest). En sus du mythe de la Terre promise, on retrouve donc le mythe de la Frontière : la conquête de la Frontière, c’est le développement du pays et de l’individu. Et cela ne passe que par la stimulation de celui-ci.

 

« Ubi panis, ibi patria »
Là où est le pain est ma patrie.

L’esprit américain revêt donc plusieurs aspects, est composé de différentes valeurs : d’abord il y a sans cesse de nouveaux espaces à conquérir, des limites à repousser. Ensuite, il y a l’individualisme : l’américain cultive les qualités individuelles, le goût du travail, ce qui est le seul moyen de grimper l’ascenseur social (le fameux « Self-made man »). C’est également le culte de l’action, via le matérialisme. La richesse est supérieure au savoir ; il faut aimer le risque, avoir l’esprit d’entreprise. On rejoint là le pragmatisme stricto sensu, soit le primat de l’action sur les idées.

De ces valeurs, de ces idées, il faut le reconnaître, en rupture avec les sociétés européennes, naquit une prétention américaine à l’universalisme. Les Etats-Unis ont ainsi pu apparaître comme un refuge contre la Tyrannie (notamment pendant la dérive de la Révolution Française qu’a été la Terreur). Les Etats-Unis auraient donc vocation à accueillir tous les persécutés et tous les pauvres qui souhaiteraient devenir riches. Pour Thomas Paine, le Nouveau Monde doit régénérer l’ancien par le biais de ses idéaux. Il mettrait ainsi fin au « déclin », à la « tyrannie » et aux « préjugés ».

De ces mythes fondateurs vont naître deux conceptions de la politique étrangère américaine ; qui bien que s’appuyant sur les mêmes légendes, s’expriment de manière antagoniste.

 

Isolationnisme et interventionnisme

Dans l’esprit américain, les Etats-Unis ont le meilleur gouvernement du monde. Les valeurs américaines, entendues comme la « Liberté » et la « Prospérité pour tous » doivent fonder un nouvel ordre international garantissant la paix, la liberté et la démocratie pour tous. Ce que certains appellent la « Pax americana » reflète en réalité une vision partielle de cette conception du rôle international que doivent jouer les Etats-Unis. Cette conviction fait en revanche l’unanimité au sein de la classe politique américaine (aussi bien chez les Démocrates que chez les Républicains). Toutefois, elle aboutit à deux visions de la politique étrangère.

Est venu en premier le courant isolationniste : les Etats-Unis doivent parfaire leur démocratie interne pour être aux yeux du monde son phare le dirigeant à bon port : l’ordre international fondé sur la paix et la démocratie. Il ne faut donc pas, pour les isolationnistes, se laisser distraire par le monde extérieur, mais au contraire parfaire ce qui ne fonctionne pas en interne. On retrouve ici la fameuse « doctrine Monroe » de 1823. Monroe, Président des Etats-Unis, fut en effet le premier à théoriser l’isolationnisme pour en faire une doctrine qui dominera jusque 1917 avec l’entrée en guerre des Etats-Unis dans la Première Guerre Mondiale.

Ainsi, selon Monroe, les Etats-Unis sont maîtres de leur territoire et n’interviennent en aucun cas dans les affaires européennes ou dans leurs colonies. Il s’agit ici de la doctrine traditionnelle des Républicains, qui n’interviennent à l’extérieur que lorsqu’ils estiment que les intérêts des Etats-Unis sont directement menacés (cf. l’intervention en Afghanistan puis en Irak décidée par le Président – Républicain – G.W. Bush). À l’inverse, les Républicains terminent souvent les guerres commencées par les Démocrates.

À l’opposé, on retrouve le courant interventionniste, promu par les Démocrates. Pour eux, les Etats-Unis doivent mener des croisades dans le monde entier afin de « répandre la bonne parole », car ce sont leurs valeurs qui leur intiment de changer le monde par la guerre. Il y a donc, pour les interventionnistes, un rôle dévolu aux Etats-Unis relevant du missionnaire prosélyte. On comprend par ce biais l’entrée en guerre des Etats-Unis en 1917 : Wilson prétextant l’incident du Lusitania put ainsi appliquer la doctrine interventionniste ; d’où les fameux « quatorze points de Wilson » et le rêve de la Société des Nations (dont le traité fut signé par Wilson, mais refusé par un Sénat Républicain). Roosevelt ne manqua pas l’occasion de parachever le projet interventionniste : d’abord en 1940, par la loi prêt-bail, puis par Pearl Harbor. La victoire américaine face au Japon et, dans une bien moindre mesure, face à l’Allemagne nazie, permit ensuite au Président américain Truman de moraliser les relations internationales. La doctrine Truman (1947), valorisant d’un côté le monde libre (celui des Etats-Unis) contre le monde de la tyrannie et du despotisme (celui de l’URSS) permit aux Etats-Unis d’imposer progressivement leur système de valeurs ainsi que leur système économique (notamment par le biais du Plan Marshall). On retrouvera plus tard cette même tendance à moraliser les relations internationales chez Kennedy lors de la guerre du Vietnam.

Notons toutefois, qu’il y a une différence à faire entre l’impérialisme politique, celui des l’État et des puissances coloniales (comme la France et l’Angleterre à l’aube du XXème siècle) et l’impérialisme de marché. Théodore Roosevelt fut l’un de ceux qui prônèrent l’impérialisme politique. Les Etats-Unis, comme nombre de pays aux ressources et capacités développées ou en voie de développement, ont eu une tentation de la puissance « territoriale ». Cette tentation peut être située entre 1890 et 1912. Le président Wilson y mettra fin cette année-là : « Les Etats-Unis ne chercheront plus jamais à ajouter un pouce de territoire par la conquête ».

 

Des mythes renouvelés

Les présidents successifs des Etats-Unis n’ont pas hésité à renouveler ces mythes et à en appeler à l’inconscient populaire en la matière. La principale caractéristique d’une valeur commune est qu’elle fait l’unanimité et que sa remise en question, ou en cause, n’est jamais à l’ordre du jour dans un groupe donné.

Les valeurs américaines ont donc été sans cesse au cœur des campagnes présidentielles et ont régénéré le modèle américain. La politique intérieure étant liée à la politique extérieure, ce qui a été annoncé, ce qui a été pensé, a nécessairement eu un impact sur les relations extérieures des Etats-Unis.

Ainsi J.F. Kennedy, le 15 Juillet 1960, fait explicitement du mythe de la frontière un axe moteur de sa campagne. La « Nouvelle Frontière » est l’espace, la guerre froide, et implique « davantage de sacrifices que de tranquillité ».

Cependant ce sont les années Clinton qui propulsent les Etats-Unis dans la dynamique qui est actuellement leur : lors de son discours de seconde investiture, Clinton obère totalement la différence qu’il y a entre le national et l’étranger. Les Etats-Unis sont à nouveau un phare pour le monde. Les interventions militaires sont justifiées à ses yeux (Somalie, Restore Hope, Yougoslavie) car elles participent au « bonheur du monde ». Le monde est celui lui « plus libre, mais moins stable », ce qui suppose aux yeux de l’establishment américain un rôle de pacificateur du globe pour le pays.

Charles Krauthammer, journaliste américain, écrit ainsi en Aout 1997 un remarque article significatif de la mentalité des années Clinton :

Il y a juste dix ans The Rise and Fall of the Great Power de Paul Kennedy devint un invraisemblable best-seller… Naturellement, il déclencha une mode intellectuelle sur le déclin des États-Unis… Où sont, maintenant, les théoriciens du déclin ?

Militairement, il n’y a jamais eu, au cours des cent dernières années, un aussi grand écart entre la puissance mondiale n° 1 et le n° 2. Même l’empire britannique à son apogée ne disposait pas de la supériorité manifestée par les armes américaines aujourd’hui. Économiquement ? L’économie américaine a plus de deux fois la pointure de sa plus proche concurrente. Nous sommes presque les seuls à jouir d’une inflation basse, d’un chômage faible et d’une vigoureuse croissance…
Culturellement ? Les parents du monde entier combattent vainement la marée des T-shirts et des jeans, de la musique et des films, de la vidéo et du software qui s’écoule depuis les États-Unis et dont leurs enfants sont assoiffés. Il y a eu une culture de masse. Mais il n’y a jamais eu auparavant de culture de masse mondiale. Maintenant il en émerge une et elle est clairement américaine… Tout le monde parle américain.
Diplomatiquement ? Rien de significatif ne se fait sans nous… Jusqu’à ce que les Américains arrivent en Bosnie, la guerre traîne. Quand 1’Amérique se met sur la touche au Moyen-Orient, rien ne bouge. Nous décidons si l’OTAN doit s’étendre et qui y est admis… Le monde bipolaire de la guerre froide n’a pas engendré un monde multipolaire mais un monde unipolaire avec les États-Unis siégeant seuls au sommet…
Nous avons un droit de domination que nous confère notre conquête de 1’« empire du mal » telle qu’elle est survenue après un long combat crépusculaire que l’Amérique a soutenu avec de grands risques et à très grands frais… L’hégémonie américaine est bonne pour le monde… Le système international doit avoir une structure. Et parce que l’arène internationale n’a pas de policiers, pas d’exécutants de décisions, pas de cour de justice avec un réel pouvoir, la structure doit être établie et maintenue par la puissance mondiale dominante. Que préféreraient ceux qui s’irritent de l’hégémonie américaine ? La Chine L’Iran ? La maffia russe ?

La domination américaine est une bénédiction car elle a donné au monde la Pax Americana – une ère de paix internationale et de tranquillité rarement vue. La domination américaine apporte au monde quelque chose de plus : le credo américain. Nous sommes une nation uniquement idéologique. Nous ne nous définissons pas nous-mêmes par la race ou le sang mais par l’adhésion à une proposition si humaine et si attractive qu’elle a, indépendamment de la puissance américaine, obtenu une adhésion universelle.
De la « révolution de velours » de Prague à la place Tian An Men, de quelle Déclaration d’indépendance, de quelle statue de la Liberté les manifestants pour la liberté se sont-ils inspirés ? Droits individuels, gouvernement par consentement, protection contre l’arbitraire du pouvoir, libre échange des marchandises et des idées : nous n’avons pas inventé ces idées. Nous en avons hérité. Nous les avons codifiées. Et maintenant nous les propageons.
Bien sûr, rien n’est éternel, et sûrement pas la domination américaine… Le monde multipolaire est inévitable. Je hasarde une prédiction : il sera plus violent, plus instable et moins libre que le monde d’aujourd’hui… que le moment unipolaire, le moment américain. Puisse celui-ci durer longtemps.

Charles Krauthammer, « America rules : Thank God », Time, 4 août 1997

Dans l’esprit américain du XXIème siècle, la Pax Americana est nécessaire, car bonne pour le monde. C’est encore cet état d’esprit qui domine aux Etats-Unis. Il est cependant contesté, tant par le Président Vladimir Poutine (Munich, 2007) que par les aspirations chinoises à être une puissance non pas mondiale mais régionale. Toutefois, on ne peut comprendre la politique extérieure des Etats-Unis sans revenir à la base, à ce qui a fait ce pays, tant dans ces femmes et ces hommes, que dans leurs valeurs.

 

Maxime Chabane

 

 

  • Philip Freneau, « The Rising Glory of America », Poems, 1902.
  • Samuel McClintock, A Sermon, 1784.
  • Michel de Crevecoeur, What is an American ? Letter to the Abbé de Raynal, 1782.
  • St John Crevecoeur, Letters, 1782.
  • Noah Webster, Oration, 1798.
  • Thomas Paine, The Rights of Men, 1791-1792.
  • Noah Webster, Oration, 1798.
  • Déclaration de l’Indépendance (4 juillet 1776)
  • Déclaration des droits de la Virginie (12 juin 1776)
  • Brochure du Département d’État, entre 1933 et 1951
  • Programme de la « Nouvelle Frontière » de John F. Kennedy, 15 juillet 1960
  • Président J. F. Kennedy, adresse inaugurale, 20 janvier 1961.
  • Lyndon B. Johnson, Discours prononcé après sa prestation de serment, novembre 1963.
  • Discours inaugural du président Reagan, le 20 janvier 1981.
  • Ronald Reagan, Mémoires, Une vie américaine, Jean-Claude Lattès, 1990
  • Discours d’investiture du président B. Clinton
  • Charles Krauthammer, « America rules : Thank God », Time, 4 août 1997

 

Editorial : Considérations sur les écoutes américaines en France


Photomontage 20 MINUTES – Photos AP / SIPA

La révélation par Wikileaks des écoutes américaines sur l’Elysée appelle un certain nombre de commentaires.

Ce n’est pas la première fois que les Etats-Unis espionnent la France. Le général De Gaulle fut largement espionné par la CIA, qui disposait de taupes dans l’armée et dans la haute administration. « Ils m’écoutent ! Grand bien leur fasse ! » Telle fut la réponse du général lorsque le contre-espionnage français tenta de l’avertir. Le fondateur de la Vème République n’avait en effet pas grand-chose à cacher. Partisan d’une France absolument souveraine, il affirmait ouvertement sa volonté de faire de cette dernière une puissance nucléaire indépendante, possédant la bombe H, des vecteurs et des sous-marins. Il voulait sortir du commandement intégré puis de l’OTAN, rapatrier l’or français et s’opposait farouchement à la guerre du Vietnam. Les écoutes et les taupes ne dissuadèrent pas le général. Seul son départ de la Présidence permit à Washington de restaurer progressivement son influence sur les élites gouvernementales françaises.

La CIA avait également de bonnes raisons d’espionner François Mitterrand avec son gouvernement composé en partie de communistes et sa volonté de construire avec la RFA, les gazoducs qui devaient garantir la sécurité énergétique de l’Europe, grâce au gaz soviétique. Jacques Chirac méritait également l’intérêt de la CIA. Il s’était soumis à la politique balkanique de Washington mais avait rejoint la Russie et l’Allemagne dans la coalition anti-guerre en 2003, dans un sursaut d’indépendance assez étonnant. Contre toute attente, Nicolas Sarkozy sut donner à la politique étrangère de la France une certaine indépendance de Washington. Malgré un atlantisme revendiqué, la crise géorgienne et la vente des Mistral à la Russie équilibrèrent partiellement la réintégration du commandement militaire de l’OTAN et la transformation du Département des Affaires Stratégiques du Quai d’Orsay en un organe de propagande atlantiste. Washington avait donc de bonnes raison d’écouter le Président Sarkozy et pourquoi pas de révéler les scandales financiers dans lesquels il était impliqué.

Tous ces Présidents français furent écoutés. La question qui se pose désormais est de savoir si Washington a vraiment un intérêt à écouter nos dirigeants actuels. Le gouvernement français est depuis 2012, un élève particulièrement zélé et obéissant. Il vient de refuser avec empressement l’asile à Julien Assange. Il a contribué avec Washington à la création de Daesh pour détruire la Syrie, mettant en danger ses propres citoyens sur son propre territoire. Il a quasiment remercié la justice américaine d’avoir infligé une pénalité de 9 milliards de dollars à sa première banque, quels que fussent les dégâts causés au financement de l’économie française. Il a soutenu le coup d’Etat en Ukraine, faignant d’ignorer la composante néonazie des forces désormais au pouvoir. Il a sanctionné la Russie, causant des dommages considérables à son complexe militaro-industriel et à son agriculture. Durant les trois premières années de son mandat, le gouvernement français n’a JAMAIS protégé les intérêts français face aux ingérences de Washington. La prochaine étape sera la reddition face au TAFTA. Pourquoi donc écouter François Hollande ou Manuel Valls, quand il suffit de leur ordonner pour qu’ils obéissent ?

René Rémond définissait trois composantes dans la droite française, bonapartiste, orléaniste et légitimiste. Pour la gauche, le découpage est plus simple. Il y a la gauche Clémenceau, qui ne sacrifie les intérêts français à aucune idéologie. Il y a la gauche Laval, qui considère qu’il vaut mieux un lâche vivant qu’un héros mort. François Hollande et Manuel Valls, n’appartiennent pas à la gauche Clémenceau, pas plus qu’Alain Juppé ou Bruno Le Maire n’appartiennent au gaullisme. Si ceux-là accèdent un jour à la Présidence, la CIA n’aura vraiment pas besoin de les écouter.

 

Xavier Moreau

SESLJ, la Serbie et les Etats-Unis

La libération inattendue de Vojislav Šešelj des geôles du TPIY (Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie) et son retour temporaire dans sa mère patrie ont eu plusieurs conséquences en Serbie, à la fois politiques, économiques et culturelles. Le gouvernement actuel en place à Belgrade, coalition hétéroclite socialo-nationaliste (SPS-SNS), mais très favorable à une intégration euro-atlantique, a pris peur et commencé à étouffer dans les médias officiels les informations concernant la libération de Šešelj. Au même moment la population se demandait, dans les premières heures de son arrivée, quel piège, de la part de la communauté dite « internationale », se cachait derrière cette libération soudaine.


Photo : AFP / Andrej Isakovic

Pourtant les forces du parti radical Serbe semblent bien faibles, faites de vieux nationalistes sans réels cadres et de nostalgiques de la Grande Serbie. Le retour de Šešelj ne semble créer de secousse politique telle que l’échiquier politique serbe s’en retrouve remodelé profondément. En fait, nous devons aller chercher sur d’autres terrains, autrement plus concrets, les réelles questions de fond posées par la livraison de Šešelj à Belgrade.

Vers une refondation des forces patriotiques sur une ligne pro-russe et anti-UE?

La livraison de Šešelj a tout d’abord créé une secousse parmi les forces souverainistes, jusque là assoupies et bien en mal de contrer les actions du pouvoir en place. Dès le lendemain de son arrivée à Belgrade, les forces souverainistes ont commencé à entamer des négociations en vue de la création d’un bloc patriotique ; déjà le surlendemain, un rapprochement officiel entre le DSS, parti de centre-droit du très gaulliste Vojislav Koštunica et le mouvement « Dveri Srpske », coalition de groupes nationalistes autour de l’Eglise orthodoxe serbe, s’est effectué afin de tendre vers une sorte de « Bloc National ».

Šešelj a défendu une ligne anti-UE, anti-OTAN et pro-Russie. Or c’est justement sur ces trois points que le DSS et « Dveri srpske » rejoignent les déclarations de Šešelj après son retour à Belgrade. Le président du Parti radical serbe annonce ainsi, lors de sa conférence de presse du 14 novembre : « Nous devons réunit tous les patriotes serbes, tous ceux qui sont pour un rapprochement avec la Russie et contre l’UE »et « Le parti radical serbe soutient une collaboration avec la Fédération de Russie et avec tous les pays frères ; l’entrée de la Serbie dans l’Union européenne serait un cataclysme pour l’Etat et tout le peuple serbe. »

Reprenant la tendance slavophile défendue dès le XIX°siècle par les patriotes serbes, Šešelj maintient sa forte russophilie : « Je remercie la Russie qui m’a sauvé la vie quand j’ai fait la grève de la faim 28 jours et le TPIY avait laissé mourir de faim : c’est le gouvernement russe qui a accepté mon plan en 6 points».
« Les Russes ne nous empêchent pas de nous intégrer à l’UE : ils nous laissent choisir notre voie ». Par ces propos Vojislav Šešelj veut redonner une place à la Serbie sur l’échiquier européen. Il propose de tourner le dos définitivement à l’Europe occidentale, responsable d’une politique de dumping commercial sur les produits agricoles vis-à-vis de la Serbie depuis les sanctions économiques imposées à la Russie. « Nous devons choisir entre l’Ouest responsable d’un génocide contre le peuple serbe –allusion aux années 1990 et aux bombardements de l’OTAN- et l’Est qui nous a toujours aidés et dont les membres ont versé leur sang pour notre liberté –référence aux combattants, russes, tchèques et slovaques durant les deux guerres mondiales ».

Vojislav Šešelj veut redonner une place à la Serbie sur l’échiquier européen. Il propose de tourner le dos définitivement à l’Europe occidentale, responsable d’une politique de dumping commercial sur les produits agricoles vis-à-vis de la Serbie depuis les sanctions économiques imposées à la Russie.

Vojislav Šešelj tient d’abord par ces propos à replacer le Parti radical serbe au coeur de l’opposition. Absent de la scène politique locale pendant 12 ans, il n’en a pas moins influé sur les valeurs du camp conservateur ; d’un autre côté, ses propos radicaux le placent dans une situation difficile tant les aspirations de la population ont changé par rapport aux rêves de Grande Serbie des années 1990. S’il réussit à renforcer son programme social, afin de répondre aux attentes criantes d’une population touchée fortement par le chômage et la crise économique, il pourra songer à replacer le Parti radical au centre de l’opposition.

Choqué par la scission de 2008 au sein même du camp radical (Nikolić et Vučič avaient créé le SNS parti majoritaire actuel au pouvoir) et surtout ayant approché au cœur le système atlantiste (12 ans de prison à La Haye), ses idées sont à analyser dans le cadre d’une refondation du programme national serbe. S’il parvient à convaincre l’opinion serbe de cesser toute intégration à l’UE et se raccrocher à l’Union eurasiatique et à la CEI, Vojislav Šešelj peut prétendre à un jouer un rôle important.

Le TPIY a démontré son caractère inutile

Le retour de Šešelj à Belgrade remet au centre du débat la véritable collaboration, depuis l’éviction brutale de Slobodan Milošević, que tous les gouvernements sauf celui de Koštunica, ont entretenu avec le Tribunal Pénal International de La Haye -on se souvient des jeunes activistes d’Otpor, formés en Hongrie, qui en octobre 2000 ont évincé du pouvoir le président serbe. Plus de 86 Serbes ont été jugés et mis en prison en quinze ans, parfois dans des conditions indignes des démocraties –mise en quartier de haute sécurité, aucun contact avec la famille, transit par plusieurs prisons anonymes- et plusieurs y sont morts de manque de soins, sans compter les suicides. Quand on sait que, durant la même période, seuls deux Croates ont été jugés et que l’arrestation de l’albanais Haradinaj s’était, sous la pression directe des Etats-unis, terminée par un non lieu, on comprend l’extrême méfiance de la population serbe vis-à-vis de la justice internationale et de tout ce qui a trait à la gouvernance mondiale. Le leader du parti radical serbe clamera lors du meeting du 15 novembre à Belgrade : « Aucun Croate de Croatie n’a été condamné auprès du TPIY, tous les Albanais jugés ont été libérés, alors que les condamnations de 20, 25 ans ou à perpétuité sont réservées aux Serbes ». Vojislav Šešelj a bien compris le but du TPIY et il dénonce ce qu’il ressent comme la volonté, par l’Occident, d’éradiquer l’élite militaire et politique de la Serbie post-communiste : « Ils sont jugés parce qu’ils se sont battus pour la défense de leur patrie »

Plus de 86 Serbes ont été jugés et mis en prison en quinze ans, parfois dans des conditions indignes des démocraties –mise en quartier de haute sécurité, aucun contact avec la famille, transit par plusieurs prisons anonymes- et plusieurs y sont morts de manque de soins, sans compter les suicides.

Toujours le deux poids deux mesures menée par l’empire américain et ses affidés : on récompense ses amis même les plus barbares alors que l’on voue aux gémonies les représentants de peuples gênants la bonne marche de l’empire.

La question nationale serbe remise au premier plan

Le retour de Šešelj place également au premier plan la question nationale et surtout celle des Serbes de tous les pays voisins. Dans les jours suivants les dirigeants des pays voisins les plus hostiles à la Serbie, se sentant soutenus par la communauté pseudo-internationale, ont comme dans une sorte d’expiation de leurs pêchés, réactivé tous les ressorts de leur politique anti-serbe. Le Ministre de la Justice de Croatie, Orsat Miljenić, a menacé Belgrade de la réaction des Croates voulant mettre sous condition la poursuite des négociations d’intégration à l’UE. Mr Miljenić a renforcé le rôle de la Croatie dans ce processus d’adhésion en affirmant que tant que la Serbie n’aura pas arrêté et jugé d’autres présumés criminels de guerre, le chapitre 23 des accords d’adhésion ne sera pas respecté et donc les négociations avec l’UE interrompues ; quand on sait que la Croatie est rentrée dans l’UE peu après avoir obtenu en novembre 2012 l’acquittement d’ Ante Gotovina, un des plus grands criminels de guerre en 1991-1995, on voit à quel point le système UE-Otan soutient ses collaborateurs, même les moins démocratiques !

Enfin ce n’est peut-être pas un hasard si la visite du premier Ministre albanais, programmée depuis plusieurs mois, s’est déroulée le lendemain de la livraison de Vojislav Šešelj à Belgrade. Monsieur Edi Rama a profité du knock-out que cela représentait pour le gouvernement de Belgrade pour venir parader au triangle si sensible de Serbie du sud (Preševo-Medvedja-Bujanovac) et serrer la main à des manifestants arborant fièrement le drapeau de la Grande Albanie !

Quand on sait que la Croatie est rentrée dans l’UE peu après avoir obtenu en novembre 2012 l’acquittement d’ Ante Gotovina, un des plus grands criminels de guerre en 1991-1995, on voit à quel point le système UE-Otan soutient ses collaborateurs, même les moins démocratiques !

On en veut encore pour preuves les provocations devenues habituelles du Gauleiter de Bosnie, Monsieur Valentin Inzko. Le haut représentant de l’UE, en fait gouverneur omnipotent placé par l’UE à la tête de la Bosnie et ayant tout pouvoir discrétionnaire, a simplement forcé, comme au bon vieux temps de l’occupation, le marché bosniaque au lobby agro-alimentaire de l’UE. Alors que la Bosnie n’est ni membre de l’UE ni n’a signé de traité d’adhésion, le sieur Valentin Inzko a décidé, au-dessus de toute autorités bosniaque démocratiquement élue, de déverser de produits laitiers UE de mauvaise qualité sur le marché de Bosnie-Herzégovine. On voit par cet épisode dramatique la catastrophe que serait pour la Serbie une intégration à l’UE trop rapide, dont l’agriculture bio et familiale actuelle serait bonnement et simplement avalée par les combinats agro-alimentaires UE.

Le danger ici est grand de voir l’axe Zagreb/Sarajevo/Tirana, comme au plus belles heures de la collaboration avec le III° Reich, s’appuyer sur l’Oncle Sam pour enfoncer un coin dans le fragile Etat serbe et parachever le processus d’éclatement des Balkans.

Conclusion : une population serbe fatiguée ?

Les Serbes ne pensent pas à un possible retour au premier plan de Vojislav Šešelj. Mais les échecs du Premier ministre actuel Aleksandar Vučić, la dégradation rapide de la situation économique et l’acceptation par Belgrade de négocier avec les autorités de Priština (reconnaissance de facto de l’indépendance du Kosovo) ont fini de jeter le discrédit sur le gouvernement de coalition actuel.

Par ailleurs, même s’ils ne soutiennent pas le programme de Grande Serbie défendu par Šešelj prônant la récupération des terres serbes perdues (Krajinas croate et bosniaque plus Kosovo-Métochie), la majorité des Serbes ont été scandalisés par le traitement infligé à Šešelj, à l’image de ce que le TPIY a fait depuis 1998 avec les autres détenus serbes. Il est resté 11 ans en prison en détention provisoire sans qu’aucune preuve n’ait été apportée contre lui ; pire le traitement infligé de refus de le soigner du cancer en dit long sur les méthodes du Nouvel ordre mondial et sur ce que le système euro-atlantique inflige, sur ses marches, aux peuples récalcitrants.

 

Alexis Troude

Les Etats-Unis et les ONG, une alliance politique contre la souveraineté des Etats

Photo : State Dept

Lorsque la Russie a décidé de légiférer sur la question des ONG financées par l’étranger, les ONG et les médias occidentaux ont présenté ce projet de loi, depuis adopté, comme une « loi anti-ONG ». Ils annoncèrent même que cette loi constituait une atteinte à la « liberté d’expression », usant pour ce faire de tout un tas d’approximations et de mensonges sur sa finalité. Après l’avoir combattue dans les médias, les ONG, encadrées par l’administration Obama se sont engagés dans une véritable lutte politique contre la décision souveraine de l’Etat russe. Au nom de ce combat, le président Obama a tenu un discours révélateur sur le rôle accordé aux ONG dans la diplomatie américaine, confirmant ce que de nombreux chercheurs affirment depuis très longtemps : à savoir que les Etats-Unis cherchent à dissimuler leurs liens financiers avec les ONG dans le monde et qu’ils s’ingèrent effectivement dans les affaires intérieures des Etats par ce biais.

Les Etats-Unis affirment depuis près de 30 ans que le « respect pour les droits de l’homme » est la « pierre angulaire de la paix mondiale ». C’est en ces termes que Ronald Reagan présentait l’engagement diplomatique des Etats-Unis devant l’assemblée générale des Nations Unies le 22 septembre 1986[1]. C’est également sous l’Administration Reagan que fut créée la National Endowment for Democracy (NED) quelques années plus tôt. Elle a pour mission officielle de « promouvoir la démocratie à l’échelle internationale » comme elle l’indique son site internet et dispose d’un impressionnant réseau mondial d’ONG auxquelles elle accorde de généreux subsides. Mais l’organisation, financée presque intégralement par le congrès des Etats-Unis[2], s’est surtout illustrée par des ingérences répétées dans des processus politiques étrangers. Un de ses fondateurs, Allen Weinstein, déclarait en 1991 « ce que la NED fait aujourd’hui, nous le faisions avec la CIA vingt ans auparavant. »[3]. Si une organisation avec de telles perspectives finance des centaines d’ONG dans le monde, comment ne pas s’attendre à ce que les Etats victimes de ces ONG s’y opposent ?

La chambre basse du parlement russe (Douma) a donc adopté en 2012 un projet de loi qui qualifie les ONG recevant un financement étranger et qui ont une activité politique d’«agents de l’étranger» et les a désormais placé sous contrôle gouvernemental.[4] Selon les associations concernées, cette initiative vise à réduire toute critique du gouvernement russe au silence. Mais ces mêmes associations ne disent jamais que cette loi est est en partie calquée sur une loi états-unienne, assez ancienne d’ailleurs, le Foreign Agents Registration Act [5], dans laquelle elles ne voient manifestement aucune forme de censure. De plus, la loi russe n’entrave en rien la liberté d’expression des ONG. Elle ne fait que leur imposer un certain statut mais sans aucune restriction sur leurs activités. Elle leur impose simplement de se déclarer comme financées par l’étranger lorsque cela est le cas. Aujourd’hui, ce n’est pas moins de 20 Etats dans le monde qui pensent à légiférer sur la question ou qui l’ont déjà fait. Il ne s’agit donc pas d’un phénomène isolé et exclusivement russe mais plutôt du résultat de la saturation éprouvée par les Etats victimes de ces ONG.

Depuis 2012 et la loi russe, les ONG s’agitent : Amnesty International déclare que cette loi est « sinistre »[6], la FIDH publie des rapports[7], les ONG s’organisent et créent des alliances pour dénoncer cette loi. Mais aucune de ces nombreuses associations ne dit mot de la stratégie politique qui a été développée par les Etats-Unis et leurs ONG vassales pour la contourner. Car ce n’est pas en éditant des rapports et en faisant des discours dans les médias que les ONG vont pouvoir continuer à s’ingérer dans les affaires intérieures d’Etats qui sont désormais protégés par leurs juridictions. Dés 2011, les Etats-Unis ont mis sur pied avec quelques Etats partenaires un énième chantier sur les droits de l’homme. Il s’agit de l’Open Government Partnership (OGP)[8] – (Partenariat pour un Gouvernement Transparent ) dans lequel s’est particulièrement investie Hillary Clinton. Il consiste en la création d’un énième collège intergouvernemental financé par ses Etats membres et par des fondations états-uniennes (la Fondation Ford, l’Open Society Institute, etc.). Le but recherché est de rassembler un maximum d’Etats sur une vision dont les Etats-Unis
sont les auteurs. Par la même occasion, ils s’assurent que leur projet sera défendu par tous ses membres devant les institutions internationales.

Lors d’une table ronde sur la société civile à New York en 2013, le président Barack Obama a rappelé à son assemblée l’effort conjointement fourni par les 60 membres de l’OGP afin de « promouvoir des institutions transparentes, efficaces et responsables, en partenariat avec la société civile ».[9] Les « lois anti-ONG » étant à l’ordre du jour, Barack Obama n’a pas dissimulé l’importance accordée aux ONG dans la diplomatie états-unienne, déclarant « En pratique, chaque fois que je voyage à l’étranger, je fais tout pour trouver le temps de rencontrer les citoyens qui s’engagent face à toute une gamme de problèmes. Et, je m’efforce de soulever la qualité de leur travail et de leur affirmer que les Etats-Unis soutiennent leurs efforts ». Quel soutien les Etats-Unis apportent ils à ces citoyens « engagés » ? Et quelle solution peut leur apporter Barack Obama face aux lois qui répriment les ingérences étrangères par l’intermédiaire des ONG ? Les « organisations de la société civile » présentent attendaient avant tout les réponses à ces questions qui demeurent en suspend depuis la loi russe. Barack Obama déclara : « Il est vrai que de nombreux pays qui tentent de limiter l’action des ONG peuvent adopter des lois et qu’ils vont ensuite soutenir que des ONG ne respectent pas ces lois. C’est pourquoi je pense qu’il est si important de développer de structures institutionnelles qui contraignent les décisions des gouvernements ». Autrement dit, les Etats-Unis se moquent complètement des décisions juridiques des autres Etats. Ils aimeraient qu’ils soient « contraints » de suivre leur vision et accessoirement celle des militants des ONG qu’Obama rencontre « en pratique, chaque fois qu’il fait un voyage à l’étranger ». Tant que ces contraintes n’existent pas, les Etats-Unis ne peuvent faire qu’une chose et le président Obama n’y va pas par quatre chemins : « Nous devons faire en sorte de trouver des moyens pour financer les ONG de manière à les rendre plus difficilement identifiables comme des outils des États-Unis ou des puissances occidentales ». Comme les fameuses « lois anti-ONG » s’intéressent en priorité aux ONG financées par des gouvernements occidentaux, Barack Obama propose tout simplement de rendre les sources de financements des ONG plus opaques.

Il n’y a là rien de nouveau si ce n’est qu’Obama admet cette pratique et que cette dissimulation volontaire trouve désormais une justification. En quoi le secret, tant cultivé par les ONG et les Etats qui les financent, serait porteur de « transparence » comme le suggère pourtant l’intitulé du « Partenariat pour un Gouvernement Transparent » ? En pratique, Obama souhaite l’ internationalisation de l’aide financière aux ONG afin qu’on ne puisse déterminer l’origine des fonds. Quant au « Partenariat pour un Gouvernement Transparent », n’a-t-il pas pour finalité de coaliser des Etats qui, dans les institutions internationales parleraient d’une voix pour défendre le projet de Barack Obama et d’Hilary Clinton, à savoir « développer de structures institutionnelles qui contraignent les décisions des gouvernements » ? En quoi contraindre un Etat à soumettre son système juridique aux volontés états-uniennes serait une forme de « partenariat » pour un « gouvernement transparent » ? De même que l’OTAN a globalisé sa puissance militaire en normalisant les systèmes politiques des Nations européennes par l’intermédiaire de l’Union Européenne, les Etats-Unis ne cherchent-ils pas tout simplement à normaliser les systèmes juridiques des autres Etats afin de globaliser la portée de leur propre modèle juridique, sociétal et humanitaire ?

Julien Teil,
journaliste d’investigation

 

[1] Address by President Ronald Reagan to the UN General Assembly September 22, 1986
http://www.state.gov/p/io/potusunga/207355.htm

[2] Le financement public et privé international de la vie politique : un cas d’école –
Olivier GUILMAIN, Enseignant (Belgique), CECE
http://www.senat.fr/international/actesprocessuselectoralfevrier2010/actesprocessuselectoralfevrier20108.html

[3] Democracy promotion: America’s new regime change formula Russia Today
http://rt.com/usa/democracy-promotion-usa-regime/

[4] La Russie met sous contrôle les ONG, ces “agents de l’étranger” ; Le Monde ; 06.07.2012
http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/07/06/la-russie-met-sous-controle-les-ong-ces-agents-de-l-etranger_1730427_3214.html

[5] Foreign Agents Registration Act (FARA)
http://www.fara.gov/

[6] Russie : depuis un an, la loi relative aux “agents étrangers” étouffe les libertés ; Amnesty International ; 19/11/2013
http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Protegeons-les-personnes/Defenseur-des-Droits-Humains/Actualites/Un-de-loi-relative-aux-agents-etrangers-10082

[7] Rapport annuel 2013 de l’OBS : Violations du droit des ONG au financement – du harcèlement à la criminalisation
http://www.fidh.org/fr/defenseurs/Rapports-annuels-de-l-Observatoire/Rapport-annuel-2013-de-l-OBS-12894

[8] Site internet de l’Open Governement Partnership
http://www.opengovpartnership.org/

[9] Remarks by President Obama at Civil Society Roundtable September 23, 2013
http://www.whitehouse.gov/the-press-office/2013/09/23/remarks-president-obama-civil-society-roundtable

 

 

La Guerre Chaude : la Guerre Froide n’est pas terminée

Nous sommes rentrés depuis la chute du mur de Berlin dans une ère de fortes turbulences.
A contrario des propos de Francis Fukuyama qui prédisait la « fin de l’histoire », nous assistons à un retour à vitesse grand V de l’Histoire, ou à tout le moins à une vraie histoire, au sens classique du terme.

Après la chute du mur de Berlin, les Etats-Unis n’ont plus eu d’ennemi à leur hauteur, ils élargirent donc l’empire ; mais ensuite ils ont, dans un monde en déséquilibre, où les rapports de force se reconfigurent constamment, rencontré des résistances de plusieurs types :

  • conomiques : le modèle des BRICS représente un contre-modèle au capitalisme libéral.
  • Politiques : les « Rogue states » (Etats-voyous selon la terminologie du département d’Etat étasunien)  sont en fait des modèles socialisants qui rejettent le système libéral (Vénézuela, Cuba, Corée) et en cela ils gênent la politique étrangère étasunienne.
  • Stratégiques : la Russie (Crimée), la Chine (encaisse-or) ou l’Inde (satellites) opposent une résistance multiforme à l’empire américain.

Dans cette perspective, l’empire s’emballe, et comme une machine folle qui tourne dans le vide, crée ses propres ennemis. Dans un premier temps, l’existence de ces ennemis permet de justifier son « limes », pour ensuite essayer de résorber par des bombardements aériens, directement ou en faisant appel à des armées supplétives, le mal qu’elle a elle-même créé (Benjamin Barber). Cela a été le cas avec le terrorisme islamiste (Al Qaïda et maintenant l’Etat Islamique), les présidents qualifiés de dictateurs(Milosevic, Saddam Hussein, Khaddafi) et maintenant les peuples en lutte (Palestiniens).

Cela amène partout des conflits de plusieurs types et à plusieurs échelles, mais tous plus ou moins directement issus de ce déséquilibre des relations internationales et de ce sentiment des dirigeants étasuniens de dominer le monde. Le résultat est historiquement dramatique : en 2014, plus de 65 pays sur 193 sont en guerre. Lorsque l’on regarde le planisphère, force est de constater que des régions entières sont en conflit : en Afrique du nord, du Mali jusqu’à la Corne de l’Afrique ; au Moyen-Orient de l’Egypte jusqu’à l’Irak ; en Eurasie de l’Ukraine jusqu’ à l’Afghanistan. Partout où l’empire doit défendre ses intérêts, la politique du chaos (Noam Chomsky) amène des pays entiers à la guerre et les entraîne dans la misère.

Dans cette nouvelle configuration mondiale, les frontières héritées de la Guerre froide restent des plaies ouvertes, non cicatrisées, maintenant vifs les conflits en tous genres.

Comme l’a si clairement affirmé en 1995 un certain Zbigniew Brzezinski, les deux principaux empêcheurs de dominer le monde en rond sont la Chine et la Russie: le cœur de la bataille se situe donc en Eurasie, là où depuis la naissance de la géopolitique l’hinterland russe, avec ses ressources colossales, aiguïse les appétits des puissances anglo-saxonnes.

Les Etats-Unis tentent, en soutenant l’irrédentisme ouïgour ou en agitant le chiffon rouge à propos du Tibet, de déstabiliser la Chine ; là encore le Grand Jeu, défini au XIX° par les Britanniques et qui se poursuit aujourd’hui avec les Etats-Unis, est axé sur l’appropriation des ressources (eau du Tibet, hydrocarbures des hauts plateaux de l’ouest chinois) et le contrôle de certains points capitaux terrestres (Himalaya) et maritimes (Océan indien, mer de Chine). Mais la Chine, fort de ses  créances conséquentes et tout à sa reconversion au capitalisme, défend ses positions (contrôle du Collier de perles) et rentre dans des alliances stratégiques avec d’autres Grands (Organisation de la Conférence de Shanghaï).

Reste donc la Russie ; le rêve des néos-conservateurs étatsuniens depuis un quart de siècle, clairement cartographié par le sus-nommé Brzezinski, est bien de sectionner la Russie en trois, avec une partie centrale cœur territorial de la Russie historique -ce n’est pas un hasard si le lieu regorge de ressources du sol et du sous-sol. Dans cette vision très liée à la fin du XX° siècle, les dirigeants des Etats-Unis s’obstinent à soutenir, par l’entremise de fondations comme l’Open Society Institute de György Soros ou le National Endowment for Democracy, les mouvements droits de l’hommistes, quitte à former leurs jeunes dirigeants à l’étranger  -le mouvement libéral serbe Otpor entraîné en Hongrie par US Aid. Parfois, lorsque c’est nécessaire, les Etats-Unis arment les mouvements séparatistes ( l’UCK au Kosovo ) ou les Etats alliés (Géorgie).  On peut donc dire que la ligne Curzon Est/Ouest datant de la fin de la Seconde guerre mondiale s’est déplacée plus à l’Est : de Kaliningrad au Monténégro en passant par la Biélorussie et l’Ukraine. Cela tend à confirmer que les ressorts et les stratégies datant de la guerre froide sont encore en action de part et d’autres de cette frontière.

Pourtant, force est de constater que les lignes de fractures, pour reprendre une idée des années 1990 mal interprétée, sont en 2014 plus complexes qu’il n y paraît. Dans un monde aux relations transversales et aux frontières éclatées, les divisions territoriales sont autant internes à un ensemble géopolitique qu’extérieures à celui-ci.

L’affaire ukrainienne est symptomatique de ce Grand jeu reconfiguré selon les concepts actuels. Devant la prise de pouvoir musclée du camp libéral, les autorités russes ont compris, 6 ans après la même tentative en Géorgie, qu’ils avaient affaire à une reprise du bon vieux « containment », lui-même repris de la théorie du «  cordon sanitaire » des années 1920. C’est pourquoi les forces militaires, soutenues par la population civile russophone, tiennent leurs positions coûte que coûte.Mais ce qui est navrant dans cette crise ukrainienne est le niveau de soumission des autorités européennes au diktat américain. Car comment interpréter autrement les sanctions économiques, dictées par le département d’Etat et appliquées sans sourciller par des nations comme la France, après même le cessez-le-feu de septembre dernier ?

En fait nous assistons, aux confins du domine eurasiatique de l’empire américain, à des reconfigurations étonnantes.

  • L’accélération des mouvements irrédentistes dans les Balkans (Hongrois, Albanais) comme en Europe orientale (Abkhazes, Arméniens). En reconnaissant de facto la séparation du Kosovo d’avec la Serbie en temps de paix, le gouvernement étasunien a accéléré l’histoire et redonné goût aux régionalistes de tous poils. L’Union européenne a suivi le mouvement en acceptant, contrairement aux principes de stabilité fixés à la Conférence de Copenhague,  des pays en voie de désintégration !
  • Des lignes de fractures entre religions mais aussi à l’intérieur des religions : musulmans de Serbie, orthodoxes d’Ukraine.
  • Création de zones grises là où des frontières stables étaient recherchées : Chypre, Kosovo, Crimée, Kaliningrad.

En fait les Etats-unis ne contrôlent plus leur empire. Mais en maintenant une logique d’empire, ils ont à la fois affaibli des régions entières sur leur limes (Ukraine), tout en créant des monstres politiques (Etat islamique édifiant le califat, UCK formant la Grande Albanie).

Ils ont réussi à affaiblir l’Europe durablement. Mais l’effet boomerang de leurs créations dantesques ne risquent-ils pas de se retourner contre eux ?

Alexis TROUDE
Académie Internationale de Géopolitique
Université de Versailles St Quentin

L’américanisation de l’Europe occidentale au XXème siècle. Mythe et réalité

Sous la direction de Dominique Barjot et Christophe Réveillard
Editions Centre Roland Mousnier
2012

Vérités et mythologies du 11 septembre


Richard Labévière
Editions Nouveau Monde
2011

L’Exception américaine


Pascal Gauchon
PUF
2004